25 septembre 2018

Changera, changera pas

«Il n’est pas nécessaire d’éteindre la lumière de l’autre pour que brille la nôtre.» ~ Gandhi

Toutes nos formations politiques affirment représenter «le» changement. Oui, «faisons du neuf avec du vieux»! Ainsi entendons-nous des tonnes de promesses emballées sous vide et réchauffées au four à micro ondes.

Où nous mènera la prochaine cohorte au pouvoir? 


Qu'est-ce que la proportionnelle mixte?

Le PLQ est le seul à s'opposer à la refonte du mode de scrutin. 

«C'est encore nous, dans les régions, qui allons passer à la casserole.» ~ Philippe Couillard, chef du PLQ
   Les Québécois votent actuellement pour le candidat d'un parti dans une circonscription, et le parti qui réussit à faire élire le plus de députés est appelé à former le gouvernement.
   Avec un mode de scrutin mixte, le projet envisagé par les trois autres partis, les électeurs voteraient toujours pour un député dans leur circonscription, mais il y aurait également des candidats proposés par les partis sur des listes régionales, élus en fonction du pourcentage des votes obtenu par chacune des formations.
   Un autre chef de parti avait promis que les élections fédérales de 2015 seraient les dernières sous ce mode de scrutin : Justin Trudeau. Le gouvernement Trudeau avait toutefois renoncé à l'idée, ce qui a suscité la colère de plusieurs électeurs.
(Source : ICI Radio-Canada Info)

Il n’y a malheureusement pas de candidats du Parti vert dans toutes les circonscriptions. Et, le Parti Nul n’a pas eu le temps d’inscrire des candidats. Si la réforme du scrutin n’a pas lieu, nous verrons encore les mêmes têtes sur les poteaux dans quatre ans. Mais, peut-être que la Parti nul réussira à présenter plusieurs députés – ce qui serait une option par défaut des plus respectables.

Mission du Parti nul
La démocratie, au Québec comme dans plusieurs pays occidentaux, est en perte de légitimité, au point où de plus en plus de citoyens jugent inutile d’exercer leur droit de vote. Il y a là un grave problème qui demande toute notre attention.
   Pourquoi un Parti nul? Parce que l’électeur ne dispose d’aucun moyen d’exprimer son vote de manière à signifier sans équivoque son insatisfaction à l’égard des partis politiques, du système électoral ou des institutions politiques en général. D’une part, l’abstention consiste à ne pas se prévaloir de son droit de vote, ce qui, même lorsqu’il s’agit d’un geste de protestation volontaire et réfléchi, risque toujours d’être interprété comme un simple désengagement politique ou, pire encore, comme un acquiescement tacite à la situation sociale et politique actuelle. D’autre part, le bulletin de vote délibérément annulé sera assimilé à la catégorie des «votes rejetés», non considérés dans le résultat de l’élection.
   On comprend donc la nécessité de mettre en place un medium d’expression de l’insatisfaction citoyenne efficace qui ne trahisse pas l’opinion authentique de l’électeur. C’est précisément cette faille démocratique que le Parti nul se donne comme mandat de corriger. Pour que l’insatisfaction populaire puisse être prise en compte de façon significative dans les résultats électoraux, le Parti nul propose de présenter un candidat nul dans chaque circonscription électorale. Ainsi, une case «Parti nul», symbolisant l’annulation du vote, apparaîtra sur chaque bulletin de vote, permettant aux électeurs désireux d’exprimer leur insatisfaction d’être réellement considérés dans le résultat de l’élection.
   Le Parti nul existe pour mettre au jour un malaise démocratique dont il faut selon nous tenir compte. Nous croyons que cette insatisfaction est significative et qu’elle mérite d’être exposée puisqu’elle est la manifestation du fossé qui sépare la classe politique, qui exerce dans les faits le pouvoir, et la volonté du peuple, qui est sensé, dans une démocratie, exercer ce pouvoir. Reconnaître collectivement l’existence de ce malaise démocratique, notamment par la comptabilisation des votes annulés, n’est qu’une des étapes qui peut nous mener vers l’instauration d’une véritable démocratie. 

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Prenons donc un moment pour réfléchir à tous nos défis individuels, collectifs et planétaires, à la lumière de cet article.

[Les passages en bold sont de mon initiative.]

Parlons du changement
Patrick Estrade (psychologue, écrivain)  


J’adore parler du changement. J’en parle dans tous mes livres. J’adore parler du changement, dis-je, parce dans le mot changement, j’entends : transformation, évolution, mûrissement, grandissement, bref tous ces mots qui indiquent qu’une personne est vivante, qu’elle vit dans un monde bien vivant lui aussi. J’aime le changement car j’aime le nouveau. Le nouveau, c’est ce qui n’est pas encore là, mais qui pourrait – ou qui pourra – bientôt arriver. Le nouveau, c’est comme un voyage, comme une aventure. Le nouveau, c’est la vie

Changer ou ne pas changer telle n’est pas la question

À la base de toute nécessité de changement, il y a une «crise». Ce mot vient du grec «krisis». Attention : Krisis, ce n’est pas la galère, la catastrophe. Krisis signifie : en examen. Et, par extension, ce sera le jugement, le choix, la décision. On est en crise, donc tant mieux, il va falloir s’arrêter pour réfléchir et faire le point. On est en crise? Tant mieux, c’est que quelque chose doit changer, qui va nous conduire à adopter une autre attitude ou un autre regard sur les choses ou sur la vie.

Les deux besoins fondamentaux

Pour ma part, j’en distingue deux : un chez la femme, un chez l’homme. Bon, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne suis pas en train de prétendre que les besoins humains se réduiraient à ces deux seules questions. Je dis juste que si l’homme et la femme vivant en couple conjugal comme le disait si élégamment Marguerite Yourcenar, pouvaient reconnaître ce besoin respectif, un grand pas serait fait dans leur compréhension réciproque et dans leur respect mutuel, seuls ferments véritables de l’amour.

Pour définir la crise, je n’ai jamais trouvé de meilleure définition que celle d’Antonio Gramsci : «La crise, c’est quand le vieux ne veut pas mourir et que le neuf ne peut pas naître». Là est le noeud gordien du changement. Si celui-ci nous paraît si difficile, c’est parce que nous essayons toujours de remettre au plus tard possible le moment où il nous faudra effectivement faire mourir l’ancien pour que le nouveau puisse naître, pensant naïvement que tant que nous n’agirons pas, rien ne se passera. Or, ne rien faire a un nom, c’est s’abstenir. C’est donc une action, et elle a des conséquences.

Le changement, c’est troquer hier pour demain

Par conséquent, le vrai problème n’est pas de savoir si je peux m’abstenir de changer mais de savoir que, que je m’abstienne ou non de changer, les deux auront des conséquences. Si j’opte pour changer de mon plein gré, je pourrai choisir mon moment, mes modalités et surtout, développer mes efforts de changement au rythme qui me convient de façon à en garder la maîtrise. À l’opposé, si j’attends que la vie m’y contraigne, cela se fera généralement dans les pires circonstances et dans un moment où je n’aurai pas le choix des modalités. Mon obligation de changement se fera dans une telle urgence qu’il y a fort à parier que je le vivrai très mal et qu’il me déstabilisera, chose que, précisément je voulais éviter en reculant le moment de changer. C’est ainsi que nombre d’entre nous se cantonnent dans des positions masochistes et frileuses, perpétuant au quotidien des mondes de frustrations et de perspectives gâchées juste parce qu’ils n’ont pas vu – ou pas su voir – les perspectives que pouvait contenir la crise qu’ils traversaient.

Le changement est une épreuve, mais ce n’est pas une plaie.

Plus nous inscrirons notre vie dans une perspective d’évolution, moins nous aurons à le redouter. Et de même, plus nous irons de notre plein gré vers lui, l’accueillant comme une vitale nécessité, moins nous nous sentirons frappé par ce que nous croyons être le destin.

Lorsque nous nous angoissons à l’idée de changer quelque chose dans notre vie, nous devrions nous arrêter un moment sur cette angoisse et nous demander si c’est réellement le changement que nous redoutons, ou si ce ne serait pas plutôt la perte de quelques «fantômes» du passé ou de quelques privilèges que la vie nous a consentis plus longtemps qu’elle ne l’aurait dû. En analysant avec un autre oeil ces situations, peut-être nous apercevrons-nous que ce que nous considérions comme des «avantages acquis» n’en étaient plus depuis longtemps, mais étaient devenus de bien mauvais compagnons de vie entravant la route d’un épanouissement bien plus prometteur. Alors, cette crise existentielle qu’est le changement deviendra pour nous une porte qui pourra s’ouvrir vers un autre avenir.

Copyright © Francis mise à jour du 01 Juin 2017

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«Il ne faut jamais se tromper de vie. Il n’y a pas de marche arrière.»
~ Jean-Paul Dubois (La succession, 2016)
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En complément

Je crois que ce livre peut être utile à tous, alors que les agressions physiques, verbales, et les misérables trolls du web, sont monnaie courante...


Être soi 
Et ne plus se faire tondre la laine sur le dos
Patrick Estrade
Éditions Robert Laffont – Collection Réponses (2017)

Pourquoi est-on vulnérable? Comment se laisse-t-on fragiliser?
Comment reconquérir son territoire et son identité?

Dans une société de plus en plus dure et concurrentielle, chacun d’entre nous est soumis quotidiennement à des rapports de force et à des luttes de territoires. Quand certains sortent magistralement leur épingle du jeu, d’autres peinent à s’affirmer et à prendre leur place, malgré des efforts jugés démesurés. Pour eux, bien sûr, «l’enfer, c’est les autres».
   Or, pour Patrick Estrade, l’humanité ne se partage pas entre d’un côté «les écraseurs», et «les écrasés» de l’autre. Force est de constater, au contraire, que les premiers ne sont forts que dans la mesure où les seconds acceptent d’être faibles et de leur concéder du terrain. En raison d’une éducation trop stricte, de traumatismes ou d’accidents de parcours, on peut laisser la loi des autres s’imposer et sombrer dans la culpabilité, la frustration et l’autodénigrement. Pour échapper à ce cercle vicieux, Patrick Estrade nous guide pas à pas dans un nécessaire travail de recentrage sur soi émotionnel, relationnel et intentionnel. Grâce à des analyses de cas, des outils faciles à utiliser et des exercices pratiques, il nous aide à déjouer les stratégies invasives et les mécanismes psychologiques invalidants, de façon à trouver un terrain sur lequel jouer enfin à égalité avec les autres. Et donner le meilleur de soi-même!

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