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24 mai 2020

La notion de liberté illimitée

Une fausse conception de la liberté et des droits individuels et collectifs s’est propagée comme la peste via le libre-marché, le libertarisme, le survivalisme, etc.; cette interprétation de la liberté ne respecte rien ni personne, permet de tout détruire et de polluer sans vergogne, de voler autrui, de violer et de tuer à volonté, et de se ficher du monde entier.

Des radicaux armés pour dénoncer le confinement aux États-Unis

Fabien Deglise
Le Devoir, 14 mai 2020

Photo : Chandan Khanna Agence France-Presse. Des Floridiens participaient à un «Freedom Rally», une manifestation anti-confinement, dimanche dernier. Des mouvements en opposition aux mesures d’urgence mises en place pour contrer la pandémie ne cessent de gagner en vigueur aux États-Unis.

De la démonstration de force à la menace de mort. Les milices d’extrême droite opposées au confinement décrété au Michigan, durement touché par la pandémie de COVID-19, ont décidé de faire monter la tension d’un cran de plus cette semaine en appelant au lynchage et à l’assassinat de la gouverneure démocrate de cet État voisin du Canada, Gretchen Whitmer. Une montée en violence décriée par les élus locaux des deux camps politiques, à la veille d’une nouvelle manifestation prévue jeudi dans la capitale, Lansing, et baptisée par ces radicaux lourdement armés le «jugement dernier».

«Chaque fois que des milices armées apparaissent dans le débat public, le phénomène est à prendre au sérieux, résume à l’autre bout du fil le stratège politique républicain Mike Madrid, joint par Le Devoir à Sacramento, en Californie. Le mouvement est certes marginal, mais il est nourri aussi par les déclarations du président Donald Trump qui, fin avril, a appelé à libérer les États gouvernés par les démocrates. Il est un élément dangereux dans cette équation, et comme républicain, je trouve ça plutôt consternant.»


Le film Jusqu'au déclin vu par 21 millions de personnes, selon Netflix
Louis-Philippe Ouimet
Radio-Canada nouvelle


Premier film québécois produit par Netflix, Jusqu'au déclin a été vu par 21 millions de personnes, selon le géant numérique. Faites le calcul, c'est plus de deux fois la population du Québec. Ce succès fracassant marque un nouveau chapitre pour le cinéma d'ici qui rêve d'être vu partout sur la planète.
   Parmi les 21 millions de personnes abonnées qui ont regardé Jusqu'au déclin, un suspense haletant à propos de survivalistes qui s'entredéchirent, 95 % vivent à l'extérieur du Canada. Nous avons appris la nouvelle de ce succès planétaire à Réal Bossé, un des comédiens principaux du film. Il n'en revenait tout simplement pas : «Vingt et un millions, c'est beaucoup de monde [...].» ...

Ce film québécois ne peut pas mieux tomber. Le suspense suit des survivalistes qui craignent une catastrophe économique ou écologique, voire... une pandémie! Reclus pour une fin de semaine dans une base autonome pour un exercice mené par un gourou-entraîneur, ils vont devoir mettre la théorie en pratique pour sauver leur peau! (Journal Le Soleil)

Le pouls qui s’accélère, les mains tellement crispées qu’elles se mettent à trembler : il faut avoir les nerfs solides pour passer à travers le film Jusqu’au déclin. En effet, le réalisateur Patrice Laliberté offre là un thriller survivaliste de fort calibre, haletant, et qui fait un usage inspiré de l’impitoyable hiver québécois. On a fait grand cas de ce qu’il s’agit du premier long métrage d’ici produit par le géant Netflix, mais au-delà de l’anecdote, c’est d’abord et avant tout un excellent exemple de film de genre réussi.

Le texte qui suit se veut une satire. Il s'agit d'un regard ironique sur certaines des choses que les gens disent lorsqu'ils tentent d'écarter les préoccupations concernant l'éthique de l'utilisation des animaux à des fins personnelles. Lorsque ces mêmes déclarations sont utilisées pour défendre d'autres formes de comportement non éthique, on peut clairement voir à quel point elles sont absurdes.



Ne me dites pas quoi faire
Angel Flinn (Gentle World, 2 mars 2013)

Je n'ai aucun problème avec votre mode de vie. Je respecte votre point de vue. Vous avez droit à votre opinion, et j'ai droit à la mienne.

Ne vous méprenez pas. J'admire les gens qui ont de fortes valeurs morales. Mais je n'aime pas qu’ils me les enfoncent dans la gorge.

Moi, par exemple, je ne vois rien de mal à l'esclavage. Certaines personnes sont nées pour servir les autres. C'est comme ça, voilà tout. Vous n’êtes pas obligé d’en posséder un, si vous ne voulez pas. Je n’ai aucun problème avec ça. Mais ne me dites pas que je ne peux pas en avoir.

Et ne me dites pas que je ne devrais pas frapper ma femme quand je le dois. Je ne vous dis pas de frapper la vôtre. Ça ne me dérange pas, d'une façon ou d'une autre. Si vous ne voulez pas frapper votre femme, c'est votre choix. Mais ne me dites pas que je dois m’en priver.

Je vis ma vie selon mes propres valeurs. Je comprends que nous voyons les choses différemment, et j'accueille la diversité qui fait en sorte que les individus sont différents.

J’en ai marre des bien-pensants qui disent par exemple que c'est mal si des adultes ont des rapports sexuels avec des mineurs. Vous pensez peut-être que les enfants ne devraient pas être soumis sexuellement, mais cela ne signifie pas que je dois le voir de cette façon. De quel droit me dites-vous ce que je devrais et ne devrais pas faire? Qu’y a-t-il de si mauvais dans la sexualité non consensuelle, de toute façon? Certains peuvent considérer le viol comme quelque chose de mal, mais ce n'est pas le cas pour tout le monde. Les non-violeurs ne devraient pas s’attendre à ce que tout le monde vive selon leurs règles.

Est-ce que ça vous regarde?

Alors, ne me dites pas quoi penser, ou quoi manger, ou quoi porter, ou comment vivre. Ne m'attaquez avec vos notions de bien et de mal, de justice et d'injustice... Ces concepts sont sujets à interprétation, et personne n'a le droit d'imposer sa morale à quiconque. Occupez-vous de vos affaires... Vivez votre vie comme vous l’entendez.

Vous croyez que nous devrions vivre sans opprimer les autres animaux. Formidable, tant mieux pour vous.

Vous croyez que nous ne devrions pas obliger des êtres sensibles à se reproduire dans le but de les exploiter, et qu'il est immoral d’user de violence pour les plier à notre volonté. Vous croyez que marquer, castrer et mutiler leurs corps est inexcusable. Vous croyez que c’est mal d'exploiter le système reproducteur des femelles, d’arracher les nourrissons aux mères en pleurs et de les abattre tandis que le cordon ombilical est encore attaché. Vous croyez que manger de la chair et boire du sang sont des pratiques barbares et dégueulasses, et que la peau écorchée de l’un ne devrait pas servir à vêtir le corps d’un autre. Vous croyez que ces pratiques sont archaïques et qu’elles n’existeraient pas dans une société véritablement civilisée.

Vous croyez que les 56 milliards de morts horribles, à chaque année, sont moralement répréhensibles, d’autant plus que ce massacre continuel n’a pas d’autre but que de satisfaire l'appétit humain pour des saveurs et des textures spécifiques? Vous croyez que les désirs et les préférences d’une personne ne devraient pas se substituer aux droits moraux fondamentaux d’une autre?

Je vois, je comprends. Et je respecte que vous viviez selon vos principes. Mais vous devez me respecter. Vous ne pouvez pas imposer vos croyances aux autres. Personne n'est en mesure de décider ce qui est bien ou mal pour nous, alors pour l’amour du ciel, je vous en prie...

Ne me dites pas quoi faire.

Source: Don’t Tell Me What To Do http://gentleworld.org/dont-tell-me-what-to-do/

18 février 2020

Le «viagra» asiatique au temps du coronavirus

Les Asiatiques sont obsédés par les prétendues propriétés aphrodisiaques et médicinales qu’ils attribuent aux organes et à diverses parties anatomiques des animaux. En 2006, Zhang Gongyao, un professeur d'histoire médicale à l'Université Central South du Hunan, a enflammé la Chine lorsqu'il a écrit : «La médecine traditionnelle chinoise n'a ni fondement empirique ni fondement rationnel. C'est une menace pour la biodiversité. Et elle utilise souvent des poisons et des déchets comme remèdes. Nous avons donc suffisamment de raisons pour lui dire adieu.» 

La chronique de notre ami Boucar Diouf résume les conséquences funestes de ces croyances superstitieuses. C'est comme la prière, si ça marchait on n'aurait pas besoin de signaler le 911. 

COVID-19 et libido-anxiété
Boucar Diouf, biologiste, humoriste, conteur et animateur
La Presse 15 février 2020

Ce qui se passe en Chine est aussi une crise environnementale qui nécessite des réponses bien plus globales que médicales. Quand cette catastrophique et triste épidémie autour du coronavirus de Wuhan, désormais appelé le COVID-19, sera derrière la Chine, il faudra que ce pays se pose des questions autour du commerce d’animaux sauvages sur ses marchés.
   Au cœur du problème, il y a aussi la destruction de l’habitat qui favorise le contact avec les animaux sauvages porteurs de microbes, dont des bactéries, des virus et des parasites capables de nous refiler ces maladies appelées des zoonoses. Le virus Ebola, le sida, le SRAS et probablement le COVID-19 appartiennent tous à ce groupe de maladies humaines d’origine animale. Les spécialistes de la question s’accordent désormais pour dire que les solutions durables à ces problèmes comme celui que traverse actuellement la Chine passent par des approches intégrant à la fois la santé animale et humaine, mais aussi la santé environnementale, notamment la protection de la biodiversité et de son habitat. Cette approche, mise de l’avant au début des années 2000 et dénommée One World, One Health, est certainement la médecine préventive la plus efficace que la Chine devra adopter.

Pour cela, il faut que le pays de Xi Jinping donne un solide un coup de barre dans ces marchés où on vend des animaux sauvages pour la consommation humaine.

Sinon, à la fin de cette bataille qu’elle livre contre le COVID-19, il faudra que la Chine se prépare pour une autre offensive microbienne dans un avenir pas lointain.
   Tant qu’à attaquer le problème de front, la Chine devrait aussi faire un sérieux ménage dans les départements de sa médecine traditionnelle, surtout ceux consacrés aux aphrodisiaques qui font aussi certainement partie du problème. Les pannes de libido de ce populeux pays semblent être un problème sérieux qui coûte très cher à la biodiversité planétaire. Pensez ici à la corne de rhinocéros qui, une fois réduite en poudre, agrémente des soupes ou est encapsulée et vendue à fort prix à des hommes convaincus que toute la force du pachyderme sera miraculeusement transposée dans leur zigounette.

Pourtant, toutes les études scientifiques sur le sujet ne trouvent absolument rien dans ces cornes qui puisse significativement donner du corps au corps caverneux. Depuis 1970, 90 % des populations de rhinocéros de la planète ont disparu, en grande partie à cause de ces pratiques absurdes qui enrichissent des criminels barbares empochant des dizaines de milliers de dollars pour chaque corne vendue sur le marché noir. La corne de rhinocéros est constituée principalement d’une protéine fibreuse appelée la kératine. Celle-ci abonde dans tous les phanères, dont les ongles, les cornes des ongulés, les sabots, les cheveux, les carapaces de tortue ainsi que les plumes et les becs d’oiseau. Autrement dit, si la kératine avait la capacité de lever le bambou, tous les anxieux de la terre qui se rongent les ongles à longueur de journée devraient toujours avoir la pine debout!
   Le cas des hippocampes est aussi préoccupant que celui des rhinocéros. Même si ce petit cheval de mer figure sur la liste de la Convention internationale sur le commerce d’espèces sauvages menacées d’extinction (CITES), le massacre des hippocampes continue impunément en Chine où des quantités astronomiques de ces poissons atypiques sont, encore une fois, déshydratées, réduites en poudre ou transformées en gélules. L’organisme Save Our Seahorses estime à 150 millions le nombre d’hippocampes qui sont capturés annuellement et mis en grande partie au service de la libido-anxiété du continent asiatique.

Et que dire des tigres qui sont braconnés pour leur os, mais surtout pour leur pénis qui, lorsque consommé avec les testicules, est censé remettre au garde-à-vous des petits soldats de l’empire du Milieu.

Pour cette espèce, c’est au moins 97 % de sa population qui a été massacrée au XXe siècle.
   Cornes de rhinocéros, pénis et testicules de tigre, pénis de yak, ailerons de requin, pénis de phoque, vésicules biliaires d’ours… nombreux sont ces produits de contrebande censés régler la débandade et des pannes de libido mâles. Malheureusement, ces croyances solidement ancrées ont des conséquences dramatiques.
   Dans leur désir de comprendre l’explosion du COVID-19, des scientifiques chinois ont déjà, à tort ou à raison, montré du doigt les pangolins comme réservoir potentiel du virus de Wuhan. Ce qui voudrait dire que la Chine n’a pas vraiment tiré une leçon durable de la crise du SRAS de 2003 qui l’avait amenée à bannir les civettes des marchés et à en abattre au moins 10 000. Même si la piste du pangolin est contestée, le simple fait qu’on suspecte ce petit mammifère des régions chaudes d’Afrique et d’Asie du Sud-Est en dit long sur un problème que la Chine ne peut plus ignorer.

Que font ces animaux sauvages déjà inscrits sur la liste des espèces menacées de disparition dans un marché chinois?

Pour trouver la réponse, il faut encore penser aphrodisiaque. Le pangolin, cet animal qui ressemble à un artichaut vivant, a aussi la malchance de faire partie de ces stimulus à quatre pattes dont une certaine croyance chinoise considère les écailles sur le corps porteuses de vertus curatives et aphrodisiaques. Or, quand la médecine chinoise soupçonne un animal porteur d’une force sexuelle transférable à l’humain, cette créature peut tout de suite aller s’inscrire sur la liste des espèces en voie en disparition.

Photo : Binsar Bakkara. Le pangolin est le mammifère le plus braconné au monde – une certaine croyance chinoise considère les écailles sur son corps porteuses de vertus curatives et aphrodisiaques.

Ainsi, en novembre 2019, l’ONG WildAid a révélé que près de 100 000 pangolins sont victimes chaque année d’un trafic illégal. Ce qui en fait le mammifère le plus braconné au monde. Le même organisme a rapporté que les saisies illégales de cette espèce sur la planète sont passées de 21 kg en 2011 à plus de 68 tonnes en 2019. Malgré le fait que la CITES leur accorde un haut degré de protection depuis 2016, les pangolins africains sont encore massivement embarqués pour l’Asie à partir d’un réseau de trafiquants solidement installé en Afrique du Sud. Tout ça en grande partie pour l’industrie de la béquille pénienne.
   Pour une solution globale et durable, je pense que la Chine devrait investir massivement dans des programmes de sexologie et de psychologie plutôt que de rester éternellement complice d’activités criminelles au service de croyances et de pratiques rétrogrades et à l’efficacité douteuse. Comment le gouvernement de Xi Jinping, disposant d’un système de surveillance si sophistiqué qu’il arrive à voir un citoyen se décrotter le nez dans sa voiture à un feu rouge, peut-il ignorer les drames écologiques qui se jouent dans ses marchés?

Source :

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En complément 

Le commerce illégal d’espèces sauvages ou l’apocalypse de la biodiversité
Rédactrice : Leslie Anthony / Photographe : Peter Power
Canadian Geographic, 2 décembre 2017

Wildlife trade © Peter Power. L'éléphant réduit à un tabouret et à une insignifiante sculpture en ivoire...  

Le commerce illégal d'espèces sauvages, dont le chiffre d'affaires annuel est estimé à 175 milliards de dollars, est la quatrième plus grande entreprise criminelle du monde. Elle va radicalement altérer le règne animal. 

Wildlife trade © Peter Power. Entrepôt de pièces à conviction de la Direction de l'application de la loi sur la faune d'Environnement Canada.

En pratique, ce commerce s'inscrit dans une catégorie plus large de «crimes environnementaux» connexes qui comprend la pollution, la pêche illégale et l'exploitation forestière (avec jusqu'à un tiers du papier mondial obtenu à partir de bois provenant de sources illégales, les impacts économiques s'accumulent dans des pays comme le Canada qui réglementent strictement ces secteurs). 
   Les enclaves asiatiques des grandes villes nord-américaines continueront de suivre leurs croyances traditionnelles malgré les interdictions culturelles - et légales - de l'Occident. Il y a un grand commerce de tout ce qui est utile aux médecines traditionnelles dont les clients sont majoritairement des Canadiens d'origine asiatique, dit Sheldon Jordan, faisant écho aux reportages sur ce qu'on peut trouver en faisant une tournée des marchés et apothicaires chinois à Toronto et Vancouver : toutes sorte d'animaux vivants (tortues, poissons), séchés (geckos, concombres de mer, ailerons de requins), et en poudre (morceaux de gros mammifères en voie de disparition). Avant de rencontrer les braconniers de Khe Môi, j'avais vu comment l'appétit insatiable de la Chine pour la nourriture, les aphrodisiaques et les remèdes traditionnels menaçaient de nombreuses espèces au Vietnam - et plusieurs suivront bientôt. Le traffic que j'ai observé avec les serpents et les grenouilles consommables était stupéfiant - des milliers entassés dans des sacs de jute traversaient la Chine chaque jour. Ajoutez les lézards, les tortues, les poissons, les oiseaux, les mammifèreset les invertébrés, et la même chose dans une centaine de pays, et vous avez une crise mondiale majeure. C'est là le véritable syndrome de la Chine - non pas l'effondrement nucléaire du film éponyme d'hollywood de 1979, mais une apocalypse de la biodiversité, maintenant.
   Tant que quelqu'un est prêt à payer cher, les gens désespérés continueront à tuer des gorilles pour leur couper les mains.

Article intégral en anglais :

Extraits traduits en français :

Des crimes écologiques impardonnables 

La population de la Chine était estimée à la mi-2019 à 1 441 800 000 d’individus, soit 18,7 % de la population mondiale de 7,7 milliards selon les estimations de l'Institut national d'études démographiques. Considérant la démographie de l’Extrême Orient (Chine, Corée Nord / Sud, Indonésie, Japon, Malaisie, Philippines, Taïwan, Thaïlande, Vietnam et autres), si les habitants de ces contrées continuent à exterminer des espèces animales et végétales au rythme actuel, on peut s’attendre à ce que d’ici 10 ans il ne reste presque plus rien de la biodiversité...

Les gros trafiquants s’en prennent à tout ce qui vit. Ils ne semblent pas comprendre les conséquences irréversibles de leur rapacité à court et moyen terme. Le fait que les ressources soient limitées et ne se renouvellent pas à la même vitesse qu’ils les déciment ne les dérange pas du tout. Les profits du commerce illégal des espèces sauvages sont estimés à plusieurs milliards de dollars annuellement. Ce commerce est souvent organisé par de très grands réseaux de criminels qui font aussi le trafic illicite de drogues, d'armes et de personnes.
   Malgré les efforts de conservation au cours des dernières décennies, le braconnage illégal est en augmentation dans de nombreuses régions du monde. En 2011, 23 tonnes d'ivoire illégal ont été saisies. Cela représente environ 2 500 éléphants tués pour leurs défenses.
   Le braconnage des rhinocéros en Afrique du Sud est passé de 13 rhinocéros tués en 2007 à 1175 en 2015 (sans compter ceux qui ne sont pas recensés). L’augmentation est largement attribuable à une rumeur venant de pays asiatiques qui prétend que la corne de rhinocéros guérirait le cancer.
   Les pangolins sont en effet traqués sans relâche pour leurs écailles vendues sur les marchés asiatiques pour leur pseudo vertu thérapeutique. Actuellement, ce sont les mammifères les plus braconnés dans le monde. Entre 2006 et 2015, plus de 1,12 million de pangolins ont été victimes du trafic d'animaux à l'échelle mondiale, ce qui représente plus de 120 000 pangolins tués par an. 

 


Début juin 2017, trois semaines après la dernière saisie massive de pangolins à Kuala Lumpur, sept autres tonnes d'écailles de pangolins en provenance du Nigeria ont été saisies à Hong Kong. Une telle quantité d'écailles signifie la mort de milliers de pangolins.
   Les Asiatiques sillonnent le monde entier pour se procurer de la bile d’ours noirs. Mauvaise nouvelle pour eux : des chercheurs ont examiné le foie et la vésicule biliaire de nombreux ours noirs déjà morts et découverts que ces organes étaient souvent atteints de cancer. L’arroseur arrosé...
   La Presse canadienne 10 juillet 2019 – Des agents ont saisi le mois dernier des dizaines de parties du corps d’ours noirs, de pilules amaigrissantes à base de plantes africaines menacées d’extinction et les carcasses de deux fourmiliers écailleux, dans le cadre d’une vaste campagne internationale ciblant braconniers et trafiquants, a indiqué mercredi Environnement et Changement climatique Canada.
   Plusieurs des accusations ont été portées contre des citoyens américains, qui ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de faire passer clandestinement des testicules, des pattes et des os péniens d’ours noirs à la frontière après être venus au Canada pour la saison de la chasse à l’ours, au printemps.
   «La criminalité liée à la faune ne dépouille pas seulement notre environnement de ses ressources, elle a aussi des répercussions qui se traduisent par de la violence, du blanchiment d’argent et de la fraude, a fait valoir dans un communiqué Jürgen Stock, du Secrétariat général d’Interpol. Des opérations comme Thunderball sont des mesures concrètes qui ciblent les réseaux criminels transnationaux qui tirent profit de ces activités illicites.»
   La police a également mis la main sur 440 défenses d’éléphants, plus d’une demi-tonne d’objets en ivoire, 2550 mètres cubes de bois et 2600 plantes. Au total, à Singapour, ont été saisis 23 primates, 30 fauves, plus de 4300 oiseaux, près de 10 000 animaux marins dont du corail, des hippocampes, des dauphins et requins, près de 10 000 tortues et quelque 1500 autres reptiles.
   Agence France-Presse, 30 janvier 2018 – Des contrebandiers ont été arrêtés dans l'Extrême-Orient russe alors qu'ils s'apprêtaient à passer en Chine, a annoncé une organisation de protection des animaux. Les malfaiteurs ont été arrêtés ce week-end par des douaniers russes dans la région de Primorie, en Extrême-Orient russe, en possession de «plus d'une tonne de pattes d'ours (environ 870 pattes), de la graisse et des organes génitaux de grenouilles, des restes d'au moins quatre tigres de Sibérie», a annoncé dans un communiqué une ONG russe de protection du tigre de Sibérie, une espèce rare et menacée.
   À bord de trois véhicules conduits par «des citoyens russes et chinois», ont été également trouvées des dents d'ours, des queues et pénis de cerf, mais aussi un butin plus classique d'armes, de munitions et d'ambre, précise l'ONG «Centre du tigre de l'Amour».  Le tigre de Sibérie, également appelé tigre de l'Amour, est la plus grande espèce de tous les tigres. Il est menacé d'extinction avec un effectif de seulement 450 spécimens répartis en Chine, en Russie et peut-être en Corée du Nord.
   Associated Press, 20 juin 2018 – Les autorités canadiennes ont intercepté un conteneur qui cachait 18 tonnes de chair d'anguille en provenance d'Asie, dans le cadre d'une opération mondiale contre le commerce illégal de la faune et du bois.
   Environnement Canada précise que des agents dans plusieurs provinces ont intercepté des ailerons de requins et des serpents réglementés, de même que des produits commerciaux comme des valises et des sacs à main fabriqués avec des espèces en voie de disparition.
   Ces efforts s'inscrivaient dans le cadre de l'opération Thunderstorm, une enquête d'un mois menée par l'agence de police internationale Interpol.
   Le gouvernement affirme que des agents fédéraux et provinciaux ont mené des activités d'inspection de transports d'animaux vivants, de vérification de plaintes concernant la destruction de l'habitat et d'espèces sauvages, et de contrôle des chasseurs et des pêcheurs à la ligne. Ils ont aussi participé à des opérations éclair pour intercepter des passages aux frontières.
   La chair d'anguille serait celle d'une espèce ayant été désignée comme une espèce en voie de disparition et dont l'exportation a été interdite par l'Union européenne en 2010.
Les crimes contre les espèces sauvages dans le monde – comme le braconnage, la contrebande et le trafic d'animaux, de plantes et d’arbres – atteindraient actuellement plus de 200 milliards par année, ce qui place ce type de crimes au quatrième rang des crimes les plus lucratifs du monde, selon les Nations unies et Interpol.
   1400 suspects à travers le monde – En plus de la chair d'anguille interceptée au Canada, l'opération a permis la saisie de milliers d'animaux vivants et de tonnes de viande et d'ivoire, a indiqué Interpol.
   Des agents de bord qui transportaient des tortues dans leurs bagages et un chasseur qui affichait ses trophées illégaux sur les médias sociaux ont notamment été arrêtés. L'enquête a identifié quelque 1400 suspects à travers le monde, a dit Interpol.
   Les autorités ont notamment mis la main sur 43 tonnes de viande sauvage - ours, éléphant, crocodile, baleine et zèbre –, 1,3 tonne d'ivoire d'éléphant, 27 000 reptiles, près de 4000 oiseaux, 48 primates, 14 grands félins et les carcasses de sept ours, dont deux ours polaires. Plusieurs tonnes de bois ont également été saisies.
   Et puis la mafia chinoise des mers ratisse et vide les fonds marins. Tout y passe, petits et gros poissons, plancton, coraux, etc. Partout leurs bateaux de pêche sillonnent les côtes océaniques. En 2017, un navire chinois, le Fu Yan Yu Leng 999, a été saisi en zone interdite aux Galapagos avec à son bord 300 tonnes de poissons et plus de 6000 requins, notamment des requins marteaux en voie d’extinction, pêchés illégalement.

Comme par hasard, depuis l’arrestation de Meng Wanzhou, la Chine boycotte les produits canadiens qu’elle prétend contaminés. Eh bien moi, j’encourage les Canadiens à boycotter tous les aliments provenant d’Asie – d’autant plus qu’on ignore ce qu’ils contiennent. C’est simplement de l'autoprotection. 

J’éprouve une répulsion viscérale envers le non respect des droits humains qui prévaut dans la culture chinoise et asiatique en général. Il est évident qu’en Chine la populace n’étudie pas la philosophie, l’humanisme et le respect des droits de la personne. Un individu qui pense par lui-même est une menace pour un régime totalitaire. Internet est une plaie en matière de vie privée. Par contre le fait que les manifestations et la répression militaire par Pékin à Hong Kong aient été largement diffusées à travers le monde a peut-être évité un sinistre massacre comme celui de la Place Tian’anmen en 1989. Selon Alan Donald, ambassadeur du Royaume-Uni à Pékin «À 5 h 40 le 4 juin, la Place est vidée. Le matin du 5 juin, des manifestants tentent de pénétrer sur la place. Les blindés ont roulé sur les corps à de nombreuses reprises, faisant comme une ‘pâte’ avant que les restes soient ramassés au bulldozer. Restes incinérés et évacués au jet d’eau dans les égouts.»

16 février 2020

Le Guide alimentaire asiatique au temps du coronavirus

Le dernier Guide alimentaire canadien recommandait de réduire la consommation de protéines animales (viande et sous-produits) et d’augmenter la consommation de protéines végétales (tofu, légumineuses) et de légumes/fruits. Beaucoup de gens étaient horrifiés, en particulier les carnivores inconditionnels pour qui se priver de viande une fois par semaine est impossible.  

Peut-être que la diète asiatique leur plairait davantage.

Quand je me rappelle les buffets chinois montréalais «all you can eat» que nous fréquentions il y a 30 ans, le cœur me lève. L’Agence canadienne d’inspection des aliments a été créée en 1997 et les inspecteurs ne visitaient pas les restaurants...   

Ce qui suit n’est pas une fausse nouvelle, encore moins une parodie.  

Indonésie : les chauves-souris toujours au menu malgré le coronavirus
Agence France-Presse, 12 février 2020

(Tomohon) Les amateurs de viande de chauve-souris, de rat et de serpent continuent à venir se ravitailler sur des marchés spécialisés en Indonésie malgré les recommandations officielles de bannir ces animaux sauvages des menus de crainte d’une contamination par l’épidémie de Covid-19.

Sur l’île de Célèbes, les vendeurs d’un marché de Tomohon connu pour son choix époustouflant d’animaux exotiques, à consommer grillés ou en ragoût, disent que les affaires vont bien et que les touristes curieux viennent toujours pour observer leur marchandise qui scandalise les défenseurs des animaux.

Les scientifiques pensent que le nouveau virus, qui a tué plus de 1100 personnes en Chine et s’est répandu dans une trentaine de pays, est sans doute né chez la chauve-souris. Mais il serait passé par une autre espèce avant de se transmettre à l’homme, peut-être le pangolin.

La diète Coronavirus

Un marché de fruits de mer et d’animaux exotiques de Wuhan, la ville à l’épicentre de l’épidémie, est considéré comme la source probable de la transmission à l’homme. Mais ces inquiétudes ne sont pas sur le radar de ceux qui fréquentent ce marché indonésien.

Ses étals proposent un large choix d’animaux destinés à être cuisinés, des serpents géants, des rats empalés sur des bâtons, des chiens grillés dont le pelage est brûlé à la torche. Et seuls les touristes qui ont le cœur bien accroché peuvent visiter ce marché jusqu’au bout.

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Si vous avez le cœur solide, il y a des reportages sur YouTube : un massacre, un carnage perpétuel, pour satisfaire les indécrottables carnivores amateurs de chair animale exotique. Les chiens et les chats sont brûlés à la torche VIVANTS!





À Yulin, il y a un Festival de la viande de chien à chaque année! 

Heureusement, tous les Asiatiques n’appartiennent pas à cette catégorie de brutes cruelles et impitoyables.

Stop the killing

On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains.
On a un cœur ou on n’en a pas.  
~ Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Récemment, j’ai revu le film «Le vieux fusil» (1975), librement inspiré du massacre d’Oradour-sur-Glane.

Résumé : En 1944 à Montauban,  le chirurgien Julien Dandieu (Philippe Noiret), décide de mettre sa femme et sa fille à l’abri en attendant la fin de la guerre. Il les installe à la campagne, dans son château familial. Quelques jours plus tard, il décide de les visiter. Il découvre alors avec horreur que les SS sont passés par là. L’église du village est jonchée de cadavres. Au château, il constate que Clara (Romy Schneider) a été brûlée vive au lance-flammes. Selon les historiens, cette séquence du film n’a pas de rapport avec Oradour, car les SS impliqués ne disposaient pas du Flammenwerfer (FmW) lors du massacre.  

«Je viens de lire le journal. Je le fais à chaque matin – sachant très bien que je vais y trouver les habituelles dépravations, bassesses, hypocrisies et cruautés qui font la civilisation; de sorte que je passerai le reste de la journée à supplier pour que la race humaine soit damnée. Mes prières ne semblent pas exaucées, mais je ne désespère pas.
    L'homme fut créé tel un animal sanguinaire et je crois qu'il aura toujours soif de sang, et qu’il s’organisera pour en avoir. Je pense qu'il est de loin le pire animal qui existe; et le seul qui soit indomptable.
     L’homme est le seul animal qui donne dans l’atrocité des atrocités : la Guerre. Il est le seul qui rassemble ses frères pour aller calmement exterminer ses pairs de sang froid. Il est le seul animal qui, pour un salaire minable, marche et tue des étrangers de sa propre espèce qui ne lui ont fait aucun mal et avec lesquels il n'est pas en conflit. Et pendant les intervalles entre les guerres, il lave ses mains souillées de sang en travaillant pour la ‘Confrérie universelle de l’homme’.» 
~ Mark Twain (Lettre à William Dean Howells, 1899; My Father Mark Twain; What Is Man?)

«En suivant sa propre voie, l’humain a maîtrisé les éléments, repoussé ses prédateurs, combattu la faim et la maladie pour survivre puis s’épanouir. Et enfin conquérir. Il a inventé la philosophie, l’art, la science. Il a développé l’altruisme, changé d’échelle la portée et le volume de sa communication, de ses échanges et de sa réflexion. Il s’est imposé des valeurs, une morale, une éthique. Progressivement, il a aussi inventé la religion, le commerce, la politique.
   Mais également... la discrimination, la haine et la torture. Il a développé le consumérisme, la destruction des terres et des mers, l’exploitation des autres espèces, en même temps que de la sienne.
   L’homme a réussi la prouesse de souiller les plus hauts sommets du monde et les plus profonds océans, l’intérieur des espèces et l’extérieur de sa planète.» 
(Documentaire «Une espèce à part / L’homme n’est pas unique»; ARTE)

9 septembre 2019

La samba des chainsaws en Amazonie

Ce que les tyrans politiques et économiques redoutent comme la peste :
– la Charte des droits et libertés de la personne  
– la Charte de la Terre
– la libre expression
– les écologistes et les scientifiques authentiques
– les journalistes rigoureux (qui vérifient et rapportent des faits avérés)
– la justice et l’équité socioéconomique  
– le partage de la richesse et le bien-commun

Depuis l’élection de Bolsonaro le scénario amazonien prend l’allure d’une catastrophe humanitaire et environnementale galopante. Une tragédie, un massacre, dans l'enfer de la maltraitance des humains, des animaux et de la nature. Assassinats d’autochtones et de militants, abattage illégal d’arbres, monocultures, élevage intensif de bétail. Des empires industriels amassent des fortunes. En 2017 : 8,75 millions de tonnes de carcasses de bovins – imaginez 2019...  

Un travailleur brésilien qui protégeait des tribus indigènes assassiné en Amazonie

BBC News 9 septembre 2019

Au Brésil, la police enquête sur l'assassinat d'un fonctionnaire qui s'était employé à protéger les autochtones contre les agriculteurs et les bûcherons qui tentaient de s'emparer de terres.


Maxciel Pereira dos Santos aurait reçu deux balles dans la tête dans la ville de Tabatinga, près des frontières du Brésil avec la Colombie et le Pérou.
   Les responsables du syndicat ont déclaré que M. Santos a été abattu devant des membres de sa famille.
   Cet assassinat intervient dans un contexte d'indignation internationale face au rythme de destruction de la forêt amazonienne au Brésil.
   Au moins 80 000 incendies y ont été enregistrés entre janvier et août de cette année, soit plus du double du nombre enregistré à la même période l'an dernier. 
   Le président populiste brésilien Jair Bolsonaro a fait l'objet de vives critiques nationales et internationales pour son incapacité à protéger la région.
   Il a souvent affirmé son soutien aux agriculteurs et aux bûcherons travaillant dans la région, tout en critiquant les défenseurs de l'environnement et en réduisant le budget de l'agence de protection environnementale du pays.

Meurtre dans une rue très fréquentée
Le syndicat qui représente le personnel de l'agence brésilienne de protection des indigènes, Funai, a déclaré que M. Santos avait reçu deux balles dans la tête alors qu'il conduisait sa moto dans une rue passante.
   Des responsables de l'INA ont déclaré qu'il avait été tué en représailles de son travail dans la réserve de Vale do Javari, où il a contribué pendant des années à empêcher les chasseurs, les agriculteurs et les bûcherons d'entrer illégalement dans la région.
   La réserve abriterait la plus forte concentration au monde de tribus indigènes jamais contactées.
   M. Santos a servi plus de 12 ans à Funai, dont cinq en tant que chef des services environnementaux dans la réserve de Vale do Javari, a déclaré l'INA.
   Le syndicat a appelé le gouvernement brésilien à démontrer que le Brésil «ne tolérera plus la violence contre ceux qui s'engagent, dans le cadre de l'état de droit, à protéger et promouvoir les droits des autochtones».
   Les militants brésiliens pour la préservation des territoires et de l'environnement sont depuis longtemps la cible de l'industrie minière et forestière. Selon Global Witness, le Brésil a été le pays le plus meurtrier en 2017, avec un nombre record de 57 militants assassinés sur 201 morts dans le monde.
   Le Brésil a été éclipsé l'an dernier par les Philippines, où 30 militants ont été tués sur 164 dans le monde, selon Global Witness.
   Le mois dernier, des centaines de fonctionnaires brésiliens travaillant dans le domaine de l'environnement ont signé une lettre ouverte les avertissant que leur travail avait été entravé par le président Bolsonaro.
   Depuis l'entrée en fonction de M. Bolsonaro le 1er janvier, l'organe gouvernemental chargé de la protection de la forêt tropicale a vu son budget réduit de 25 %, tandis que le financement pour la prévention des incendies de forêt a été réduit de 23 %, selon les données recueillies par l'agence de presse Reuters.
   Au cours de la même période, le nombre d'amendes infligées à des criminels environnementaux a diminué de 29 % et la valeur collective des amendes a diminué de 43 %, selon les données Reuters.
   Lors d'un sommet qui s'est tenu vendredi en Colombie, sept pays d'Amérique du Sud ont convenu de mesures pour protéger le bassin de l'Amazonie.


Photo : menu du Heart Attack Grill. L’insatiable appétit de l’Homo Carnivorus pour les «homburgers» et les steaks porte une grande part de responsabilité vis-à-vis des massacres. La chaîne internationale McDonald’s et ses clients contribuent largement à l’hécatombe.

Parenthèse

Les Chinois s’enrichissent et réclament du bœuf. Peut-être que la production brésilienne pourrait satisfaire leur demande pendant un temps. Mais considérant la population chinoise qui approche 1 500 000 000 (croissance en 2019 : 4 964 600), combien d’autres forêts faudra-t-il déboiser (peut-être la terre au complet) pour fournir le peuple chinois en viande?
   On sait désormais que si Pékin investit dans un pays, cela signifie dépendance ou mainmise économique pour le bénéficiaire...  En 2014, lors d’une tournée, Xi Jinping multipliait les accords de coopération avec le Brésil, l’Argentine, le Venezuela et Cuba. La région est un marché clé pour la Chine. Le commerce bilatéral avec l’Amérique latine atteignait 262 milliards de dollars en 2013. Le Brésil et l’Argentine sont d’ailleurs devenus les principaux partenaires de Pékin sur ce continent. Certains analystes y voient une tentative de la Chine pour élargir son influence dans une région qui a toujours été la «cour arrière» des États-Unis.

La recette chinoise pour conquérir le monde d'ici 2049

ICI Radio-Canada Nouvelles 

Du Pakistan au Panama, en passant par le Nigeria et la Grèce, la Chine aurait déjà investi au moins 70 milliards de dollars américains pour encourager ces pays à lui ouvrir leurs marchés, à faciliter les échanges et à connecter leurs marchés financiers aux marchés chinois.
    «C’est un projet qui a pris des dimensions mondiales et qui reflète le désir de Pékin d’étendre son influence politique et géostratégique sur une grande portion du monde.
~ Nadège Rolland, chercheuse au Bureau national de la recherche sur l’Asie à Washington
   Les Chinois ne s’en cachent pas : la BRI (Belt and Road Initiative) devrait leur permettre, d’ici le centenaire de la Révolution, en 2049, d’atteindre le statut de première puissance mondiale. Ce que veut la Chine, en plus d’accéder à de nouveaux marchés pour exporter ses biens manufacturés et d’importer plus facilement des ressources, c’est accroître ses sphères d’influence et redéfinir les normes et règles internationales.
   Les projets ne correspondent pas toujours aux besoins des pays ou alors les termes des ententes signées avec les entreprises chinoises ne sont pas nécessairement dans leur intérêt.
   En 2017, le gouvernement du Sri Lanka a remis 80 % de la propriété du port de Hambantota à la Chine, dans le cadre d'un bail de 99 ans, pour éponger sa dette envers Pékin.  Ce n’est pas le seul cas d’un pays financièrement dépendant de la Chine, incapable de rembourser son emprunt et coincé avec un éléphant blanc.
   Le gouvernement chinois manipule l’espace informatif pour censurer tout ce qui le fait paraître sous un mauvais jour et n’hésite pas à faire circuler de fausses nouvelles et de la propagande à son avantage, en investissant dans des entreprises de presse qui lui seront favorables et en mobilisant sa diaspora pour contrôler l’information.
   La Chine est également une experte de la cybersurveillance, un domaine dans lequel elle forme les gouvernements des pays émergents.
   La Chine étouffe ainsi l’Union européenne et les États-Unis en profitant de leurs sociétés ouvertes, tout en veillant à renforcer le contrôle sur sa propre société fermée et à promouvoir le modèle autocratique dans différentes régions du monde.
   Quelques États ont réussi à s’opposer aux pressions chinoises, notamment l’Australie. Dans ce pays, les médias et la société civile ont joué un rôle crucial en exposant les tentatives d’influence de Pékin, ce qui a poussé le gouvernement à adopter des lois pour mieux encadrer les agents étrangers.

Article intégral :

Il est clair que Pékin s’inspire du traité L’Art de la guerre rédigé vers le Ve siècle avant J.-C. par le Chinois Sun Tzu qui disait :
«L’art de la guerre est l’art de duper, et en donnant toujours l’apparence contraire de ce que l’on est, on augmente les chances de victoire.» Il recommandait de semer la division en territoire ennemi, de se faire des complices chez ces ennemis, de répandre l’argent à pleines mains dont on retire un gros intérêt, de se défier de tous, d’être extrêmement secret et de ne rien faire à découvert, de multiplier les espions partout, d’avoir une liste des officiers en service – connaître le nombre de leurs enfants, les noms de leurs parents, de leurs amis, de leurs domestiques, et d’être instruit de tout ce qui se passe chez eux. «Quand le temps de faire des sièges sera venu, vous pourrez faire des conquêtes, sans être obligé de monter à l’assaut, sans coup férir, sans même tirer l’épée», assure-t-il.

Sautez à l’Article XIII du traité qui résume la stratégie de Pékin, le parallèle est fascinant. Aujourd’hui, avec Huawei 5G, c’est un jeu d’enfant! 

Fin de la parenthèse

Retour au Brésil. Radio-Canada a publié des archives de reportages réalisés par Jean-Michel Leprince. Voyez le triste reportage de 2008 où le journaliste conclut en disant : «c’est la colonisation de l’Amazonie par le bétail...»

Un correspondant de Radio-Canada témoigne depuis 30 ans de la déforestation en Amazonie

Radio-Canada, 5 septembre 2019

Cet été, le monde s’indigne des très importants incendies qui ravagent l’Amazonie. Le phénomène n’est pas inédit, comme nous le rappellent des reportages du correspondant de Radio-Canada, Jean-Michel Leprince.

Un phénomène déjà constaté il y a 30 ans...

«Des milliers d’hectares de forêt tropicale ont déjà été brûlés en Rondonia. Pour faire l’élevage du bétail d’abord. Pour produire un steak d’un quart de livre, il faut défricher six mètres carrés de forêt.» Jean-Michel Leprince, 1989
   «Pendant la durée de ce reportage (8 minutes 41 secondes), l’équivalent de 62 terrains de football de forêt a été détruit. À ce rythme, d’ici 2030, il ne restera plus que la moitié de la forêt amazonienne.» Jean-Michel Leprince, 2008

En l'espace de 20 ans, le correspondant de Radio-Canada Jean-Michel Leprince a constaté la progression de la destruction de la forêt amazonienne.

Pour décrire la forêt de l’Amazonie, il faut utiliser des superlatifs.
• Elle couvre 6,7 millions de kilomètres carrés. Elle représente 50 % des forêts tropicales du monde entier.
• Elle produit 15 % de toute l’eau des rivières et l'on y retrouve 10 % de tous les animaux et des plantes qui existent sur Terre.
• Cette immense forêt constitue un des grands puits de CO2 du monde. La végétation séquestre ce dernier.
• En revanche quand elles brûlent, les plantes libèrent le CO2 dans l'atmosphère, aggravant ainsi le réchauffement climatique.

Et l’Amazonie flambe depuis des décennies...

Il y a 30 ans, le journaliste Jean-Michel Leprince s’est déplacé au Brésil pour y produire une série de reportages : Le Brésil au-delà de la samba.
   Un de ces reportages, présenté au Téléjournal le 2 novembre 1989, analyse les raisons qui expliquent les incendies dans la forêt amazonienne.
   Jean-Michel Leprince s’est rendu à Porto Veilho, capitale de l’État brésilien de Rondonia près de la frontière avec la Bolivie.
   Neuf pays se partagent la forêt de l'Amazonie, mais plus de 60 % de cette dernière se trouve sur le territoire du Brésil.
   Dans l’État de Rondonia, c’est la ruée sur les terres pour produire principalement du bétail. Les fermiers coupent et brûlent la forêt, une pratique qui est autorisée par le gouvernement brésilien sur 50 % des parcelles.
   Puis, il y a toute l’activité illégale qui contribue grandement à la destruction de la forêt. Jean-Michel Leprince rapporte cependant qu’en 1989, les incendies avaient diminué. Les inspections avaient augmenté et les amendes imposées aux contrevenants étaient très salées.
   Le pire, suggère le journaliste, c’est qu’avec la déforestation on est entré dans un cercle vicieux. Sous la forêt amazonienne, le sol est très pauvre. Les fermiers peuvent y faire une ou deux récoltes. Après, il n’y a plus grand-chose qui pousse. Alors les fermiers cultivent ailleurs. On pourrait presque ajouter à l'analyse du journaliste «en brûlant au passage de nouvelles parcelles de forêt».  

...et qui n’est pas qu’un feu de paille

Presque 20 ans plus tard, en 2008, Jean-Michel Leprince retourne en Amazonie. Il se rend cette fois-ci dans l’État du Mato Grosso limitrophe de celui de Rondonia.
   Le reportage qu’il produit est diffusé au Téléjournal le 12 décembre 2008. Dans ce reportage, Jean-Michel Leprince nous présente Victoria Da Riva Carvalho qui possède un centre écotouristique en pleine jungle. «Ils occupent les terres publiques, volent le bois et le vendent. Puis ils rasent la forêt et mettent les vaches sur ces terrains. Ces illégaux sont le plus grand problème de l’Amazonie», affirme-t-elle.
   À l’époque, le gouvernement brésilien tente bien de contrer toutes les activités illégales. Les moyens sont cependant limités. L’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables (IBAMA), le bras administratif du ministère de l’environnement national, a peu d’inspecteurs sur le terrain. De plus, ces inspecteurs ne travaillent pas la fin de semaine. Les contrebandiers transportent donc les bois précieux coupés illégalement les samedis et les dimanches sans être inquiétés!
   La crise de la déforestation amazonienne pourrait-elle être résolue?
   Deux intervenants dans le reportage de Jean-Michel Leprince nous proposent des pistes de solution.
   Le premier est Gustavo Müller. Il est inspecteur pour l’IBAMA. Gustavo Müller souligne que c’est la pression exercée par la demande intérieure et internationale pour les bois précieux qui encourage la contrebande. L’imposition d’une certification des ressources serait une amorce de solution selon lui.
   La deuxième piste est suggérée par Milton Braga. C’est un gros exploitant agricole de l’État du Mato Grosso. Selon lui, il n’y a pas assez d’aide de la part du gouvernement brésilien pour les petits et moyens producteurs pour augmenter leur productivité. Il faut rappeler aussi qu’à l’époque, seulement 36 % des terres arables du Brésil étaient exploitées.
   En 2008, malgré toutes ces agressions, la forêt amazonienne possédait un allié : le gouvernement fédéral brésilien. Le Brésil était même à l’époque le seul pays en voie de développement qui avait pris des engagements chiffrés en matière de protection de l’environnement.

Quel contraste avec l’administration du président Jair Bolsonaro qui a pris le pouvoir le 1er janvier 2019.
• Le budget d'IBAMA a été amputé de 25 %, selon des documents internes du gouvernement brésilien.
• Celui pour la prévention des incendies a été réduit de 23 %.

Caricaturiste : Serge Chapleau, La Presse 28.08.2019

Dans le Far West amazonien, le face-à-face entre Autochtones et cowboys

Agence France-Presse, 3 septembre 2019

Le hameau, dans lequel les Uru-eu-wau-wau rôtissent un porc sauvage chassé aux flèches de bambou, se trouve à quelques kilomètres de l'exploitation où trois cowboys rassemblent leur bétail, en ce début de soirée de l'Amazonie brésilienne, au sud de Porto Velho.
   «Nous n'avons pas de problèmes avec eux», explique à l'AFP Awapy Uru-eu-wau-wau, 38 ans, chef de cette communauté de 19 personnes vivant dans la forêt, au centre de l'État du Rondonia.
   Mais ces bons rapports sont inhabituels. Comme dans beaucoup d'endroits de la plus grande forêt tropicale du monde, la très riche communauté indigène Uru-eu-wau-wau, d'une superficie de 1,8 million d'hectares (presque le double du Liban), est menacée par les pilleurs de terres, les commerçants de bois, les propriétaires terriens et les mineurs qui misent sur la déforestation pour exploiter ses ressources.
   Les quelques centaines d'habitants de la réserve, divisée en sept hameaux dont certains sont à l'écart, résistent depuis longtemps avec de maigres moyens. Pour des questions de surveillance et de protection, ils vivent aux frontières de leur territoire, délimitées au début des années 1990.
   «Je fais face à cette invasion depuis que j'ai 19 ou 20 ans, et ces types nous menacent parce qu'on leur tient tête. Je n'ai pas peur de risquer ma vie», affirme Awapy.
   Le hameau consiste en une demi-douzaine de maisons précaires, certaines en bois avec un toit de paille, d'autres en ciment, au toit en tuiles. Les cinq familles s'approvisionnent principalement dans la jungle, où elles s'aventurent chaque jour pour chasser et combattre «les envahisseurs», souvent des groupes organisés, dans des affrontements parfois violents.
   Vus du ciel, les pâturages et les clairières grandissent à mesure que la déforestation avance, toujours annoncée par des incendies comme ceux qui ont bouleversé le monde entier ces dernières semaines.
   L'absence de l'État transforme ces zones en vivier pour tout type de gangs et favorise les occupations de terres, souvent regroupées dans des exploitations de bétail.
   Le procureur a formulé plusieurs plaintes contre des producteurs ruraux pour avoir occupé, divisé en parcelles et vendu des terres dans cette réserve et dans d'autres endroits.
   Les Uru-eu-wau-wau assurent que les envahisseurs se sentent protégés depuis l'arrivée au pouvoir en janvier du président Jair Bolsonaro, partisan de l'ouverture des zones protégées à des activités agricoles et minières et qui croit que les Autochtones ne veulent pas vivre dans des réserves «comme des animaux dans un zoo».
   «Avant, ce n'était pas comme ça, mais aujourd'hui ils déboisent tout», s'exclame Awapy, entouré d'Autochtones allongés dans des hamacs, depuis son «oca», l'habitacle où se réunissent les familles.
   À une heure et demie de là, dans la petite commune de Monte Negro, le secteur agroalimentaire roule des mécaniques avec un rodéo de taureaux où une vingtaine de cowboys exhibent leur talent en montant l'animal effrayé pendant plusieurs secondes d'affilée.
   Vêtus de chapeaux, de jeans bleus et de bottes de cowboy, venus d'énormes propriétés qui comptent plusieurs milliers de têtes de bétail et qui grignotent la forêt depuis des décennies, les spectateurs profitent du spectacle.
   C'est le Brésil rural et conservateur, fief du bolsonarisme, dont les habitants appartiennent au «BBB» (boeuf, bible et balles), les puissants soutiens du secteur agroalimentaire, des Églises évangéliques et le lobby pro-armes au Congrès, dont l'appui fut vital pour propulser le dirigeant d'extrême droite au pouvoir.
   Les propriétaires terriens sont dans le viseur des militants écologistes, qui les accusent d'être en partie responsables de la ruine du «trésor» amazonien, vital à l'avenir de la planète, pour leurs bénéfices propres et au détriment des territoires publics et des réserves indigènes.
   Eux affirment qu'ils n'outrepassent pas les limites de leurs terrains et rappellent l'importance de la croissance agricole pour l'économie brésilienne.
   «Les gens doivent respecter cela : les réserves sont les réserves, les Autochtones sont les Autochtones, chacun doit garder son propre espace et ne pas envahir les autres», assure Marconi Silvestre, le propriétaire d'une exploitation agricole à Monte Negro, qui a organisé le rodéo.
   Un autre propriétaire venu à la foire vendre des taureaux reproducteurs affirme sous condition d'anonymat que les Autochtones eux-mêmes déboisent et vendent du bois et des terrains.
   «Ils font la même chose que quand Pedro Alvares Cabral est arrivé», dit-il en faisant référence au premier Portugais qui, en 1500, débarqua sur les côtes du futur Brésil. «Ils échangent des richesses contre des miroirs.»
   Plusieurs agriculteurs affirment que les médias dramatisent les incendies. Ils rejettent la préoccupation internationale qui a conduit le président français Emmanuel Macron à évoquer une internationalisation de l'Amazonie.
   «L'Amazonie, elle est à nous, dites bien ça à Macron!», lance l'un d'entre eux à l'AFP.

Photo : la pure tradition macho-gaucho. Ah, si seulement les bovins de boucherie avaient encore leurs cornes et n’étaient pas si dociles... Dans la nature, les cornes des herbivores sont leur arme de défense contre les prédateurs carnivores; en mode d’élevage elles sont inutiles évidemment. Les herbivores mangent des plantes; les carnivores mangent des herbivores. Peut-être qu'un jour les carnivores humains mangeront des végétariens...!  

Le Brésil est le plus grand exportateur de viande bovine du monde

L’OBS | 26 novembre 2017

Photographies : Carolina Arantes

Élevage intensif, bétail cloné... Depuis 2012, le Brésil est devenu le plus grand exportateur de viande bovine au monde, devant les Etats-Unis. Et l’agro-industrie du pays ne compte pas s’arrêter là : elle prévoit de doubler son cheptel, aujourd'hui estimé à 210 millions de bêtes, d’ici à 2025.

Une vache, en route pour l’abattoir, tente de s’échapper de son enclos. Un steak sur quatre consommé dans le monde est d’origine brésilienne.

Un veau cloné tout juste né récupère, enveloppé d’une lumière infrarouge. La croissance du marché brésilien de la viande, qui représente 25 % du marché international, s’appuie notamment sur une recherche génétique de pointe. Certains reproducteurs génétiquement modifiés peuvent se vendre jusqu'à 1 million de dollars.

Ces entrecôtes halal, déjà étiquetées par le ministère de l’Agriculture, sont destinées à l’export. Le Brésil exporte 350 000 tonnes de viande halal chaque année.

Enquête exclusive au cœur de l’incroyable Far West amazonien

Le tournage date de 2009. Néanmoins, ce documentaire témoigne de la samba des chainsaws des exploitants forestiers, miniers et agroalimentaires en Amazonie – et l’on pourrait dire que ce modèle existe aussi ailleurs dans le monde.
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En complément : la note sur la colossale multinationale brésilienne JBS-Friboi, article «L’Amazonie en feu : sommes-nous tous fautifs?» du 31 août 2019