Aucun message portant le libellé Mestengo; Boudabla. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Mestengo; Boudabla. Afficher tous les messages

28 septembre 2013

Ça chauffe et ça coule

Effet inattendu du réchauffement climatique…  

Voulez-vous voir ce qui peut arriver à deux pas de chez vous?  

Conduite à risque (version web – transcriptions, cartes et vidéos) :
http://www.radio-canada.ca/special/enquete/pipeline9B/index.shtml

La question de la sécurité du transport du pétrole se pose avec acuité au Québec depuis la catastrophe de Lac-Mégantic. Les pipelines, l’autre principale option, sont sous les projecteurs de l’actualité avec la demande d’Enbridge d’inverser le sens de sa ligne 9B au Québec et en Ontario. L’entreprise veut ainsi transporter jusqu’à 300 000 barils par jour de pétrole issu, entre autres, des sables bitumineux. C’est un autre oléoduc d’Enbridge qui est à l’origine de l’un des plus importants déversements terrestres de pétrole enregistrés aux États-Unis. Enquête se penche sur les similitudes entre les deux pipelines.

En passant : 117 des 125 sites de pompage d’Enbridge ne sont pas conformes aux normes de sécurité. Comme dit l’une des victimes : «Le profit avant la sécurité.»


La terre s’est tue...

Gavé de junk food
L’obèse morbide s’épand,
Se remplit la panse
Au point d’exploser

Gavée de junk industriel 
La terre craque, fend 
Se vide les tripes
Avant d’exploser

Irruptions cutanées
Vidange et remplissage
Fukushima mon amour… 
Aux entrailles stériles

Vents, pluies et océans
Crachent du césium   
Partout sur terre
Vive le nucléaire!

Une poignée d’individus  
Aveugles, sourds, insensibles 
Réduisent les peuples à la famine 
Pour satisfaire leurs vices délétères

La terre s’est tue…

Cris et gémissements
Ont cessé d’étourdir

Sang et pétrole
Ont cessé de couler

Silence des silences
Paix des paix

L’humanité s’est tue…

~ Boudabla, mars 2012

------- 

Le Misanthrope
Molière (1622-1673)

[Extraits] 

ALCESTE  

Je ne me moque point,
Et je vais n’épargner personne sur ce point.
Mes yeux sont trop blessés ; et la cour, et la ville,
Ne m’offrent rien qu’objets à m’échauffer la bile :
J’entre en une humeur noire, en un chagrin profond,
Quand je vois vivre entre eux, les hommes comme ils font ;
Je ne trouve, partout, que lâche flatterie,
Qu’injustice, intérêt, trahison, fourberie ;
Je n’y puis plus tenir, j’enrage, et mon dessein
Est de rompre en visière à tout le genre humain.

PHILINTE
Ce chagrin philosophe est un peu trop sauvage,
Je ris des noirs accès où je vous envisage ;
Et crois voir, en nous deux, sous mêmes soins nourris,
Ces deux frères que peint l’École des maris,
Dont...

ALCESTE
Mon Dieu, laissons là, vos comparaisons fades.

PHILINTE
Non, tout de bon, quittez toutes ces incartades,
Le monde, par vos soins, ne se changera pas ;
Et puisque la franchise a, pour vous, tant d’appas,
Je vous dirai tout franc, que cette maladie,
Partout où vous allez, donne la comédie,
Et qu’un si grand courroux contre les mœurs du temps,
Vous tourne en ridicule auprès de bien des gens.

ALCESTE
Tant mieux, morbleu, tant mieux, c’est ce que je demande,
Ce m’est un fort bon signe, et ma joie en est grande :
Tous les hommes me sont, à tel point, odieux,
Que je serais fâché d’être sage à leurs yeux.

PHILINTE
Vous voulez un grand mal à la nature humaine !

ALCESTE
Oui ! j’ai conçu pour elle, une effroyable haine.

PHILINTE
Tous les pauvres mortels, sans nulle exception,
Seront enveloppés dans cette aversion ?
Encor, en est-il bien, dans le siècle où nous sommes...

ALCESTE
Non, elle est générale, et je hais tous les hommes :
Les uns, parce qu’ils sont méchants, et malfaisants ;
Et les autres, pour être aux méchants, complaisants,
Et n’avoir pas, pour eux, ces haines vigoureuses
Que doit donner le vice aux âmes vertueuses.
De cette complaisance, on voit l’injuste excès,
Pour le franc scélérat avec qui j’ai procès ;
Au travers de son masque, on voit à plein le traître,
Partout, il est connu pour tout ce qu’il peut être ;
Et ses roulements d’yeux, et son ton radouci,
N’imposent qu’à des gens qui ne sont point d’ici.
On sait que ce pied plat, digne qu’on le confonde,
Par de sales emplois, s’est poussé dans le monde :
Et, que, par eux, son sort, de splendeur revêtu,
Fait gronder le mérite, et rougir la vertu.
Quelques titres honteux qu’en tous lieux on lui donne,
Son misérable honneur ne voit, pour lui, personne :
Nommez-le fourbe, infâme, et scélérat maudit,
Tout le monde en convient, et nul n’y contredit.
Cependant, sa grimace est, partout, bienvenue,
On l’accueille, on lui rit ; partout, il s’insinue ;
Et s’il est, par la brigue, un rang à disputer,
Sur le plus honnête homme, on le voit l’emporter.
Têtebleu, ce me sont de mortelles blessures,
De voir qu’avec le vice on garde des mesures ;
Et, parfois, il me prend des mouvements soudains,
De fuir, dans un désert, l’approche des humains.

PHILINTE
Mon Dieu, des mœurs du temps, mettons-nous moins en peine,
Et faisons un peu grâce à la nature humaine ;
Ne l’examinons point dans la grande rigueur,
Et voyons ses défauts, avec quelque douceur.
Il faut, parmi le monde, une vertu traitable,
À force de sagesse on peut être blâmable,
La parfaite raison fuit toute extrémité,
Et veut que l’on soit sage avec sobriété.
Cette grande raideur des vertus des vieux âges,
Heurte trop notre siècle, et les communs usages,
Elle veut aux mortels, trop de perfection,
Il faut fléchir au temps, sans obstination ;
Et c’est une folie, à nulle autre, seconde,
De vouloir se mêler de corriger le monde.
J’observe, comme vous, cent choses, tous les jours,
Qui pourraient mieux aller, prenant un autre cours :
Mais quoi qu’à chaque pas, je puisse voir paraître,
En courroux, comme vous, on ne me voit point être ;
Je prends, tout doucement, les hommes comme ils sont,
J’accoutume mon âme à souffrir ce qu’ils font ;
Et je crois qu’à la cour, de même qu’à la ville,
Mon flegme est philosophe, autant que votre bile.

***
ALCESTE
Allons, c'est trop souffrir les chagrins qu'on nous forge:
Tirons-nous de ce bois et de ce coupe-gorge.
Puisque entre humains ainsi vous vivez en vrais loups,
Traitres, vous ne m'aurez de ma vie avec vous.

***
ALCESTE
Trahi de toutes parts, accablé d’injustices,
Je vais sortir d’un gouffre où triomphent les vices ;
Et chercher sur la terre, un endroit écarté,
Où d’être homme d’honneur, on ait la liberté.

COMMENTAIRE
À l’époque de Molière, je suppose qu’il était facile de trouver un lieu isolé, non touché  par les affaires humaines. Il n’y a pas si longtemps, je pensais fuir à Anticosti; mais là, on s’apprête à vider l’île de ses entrailles…  

14 janvier 2013

Elle pourra se passer de nous...



À voir plein écran de préférence...

-------
Imagination
 
Apparemment sans destination
Comme bernache en migration
Ma pensée pivote et s’envole
Dans les cieux de mon mental frivole

Par-delà le béton urbain et la montagne
Comme montgolfière en pays de cocagne
Ma tête s’enrichie, s’embellie et suscite
Des rapprochements interdits, illicites

Par-delà cette folichonne virée
Comme cassette royale en pâture à la curée
Mon imagination s’enflamme et se défait
De l’étau, de la gangue qui l’étouffait

Par-delà l’imagination affranchie de la servitude
Comme folle du logis en altitude
Mon esprit détale, fugue et vagabonde
Dans des univers qui ne sont pas de ce monde

Boudabla; 2004

10 janvier 2013

Le masque humain

Source photo : Captain Grub; Patrick Burg

Il y a de ces livres où l’on se retrouve de par une harmonie de pensée flagrante. C’est ce que je ressens en relisant des passages de L’espèce fabulatrice. Sans doute parce qu’il réaffirme ma propre perception du «sens» et du «pas de sens». En outre, je trouve que c’est une fabuleuse démonstration de la manière dont nous créons notre réalité par l’imagination. Le tout donne en effet du Sens à bien des choses qui semblent n’en avoir aucun.
 
Je l’ai acheté il y a deux ans  après avoir entendu la comédienne  Micheline Lanctôt en réciter un extrait à la radio; elle concluait : «tout l’monde devrait lire ça!». Entièrement d’accord.
 
[N.d.É. : j’ai souligné quelques phrases en gras.]
 
L’espèce fabulatrice
Nancy Huston
Actes Sud / Leméac; 2008

Chapitre Persona, personnage, personne [extrait]

Derechef : aussi loin que l’on remonte dans le temps, aussi profond que l’on s’enfonce dans la jungle ou le désert, on ne trouve aucune trace d’un groupement humain ayant vécu ou vivant dans la seule «réalité», la constatant et la commentant, sans (se) raconter d’histoire à son sujet.
       Si les fictions avec personnages sont omniprésentes dans notre espèce, c’est que nous sommes nous-mêmes les personnages de notre vie – et avons besoin, à la différence des chimpanzés, d’apprendre notre rôle.
       Personnage et personne viennent tous deux de persona : mot bien ancien (les Romains l’ayant emprunté aux Étrusques) signifiant «masque».
       Un être humain, c’est quelqu’un qui porte un masque.
       Chaque personne est un personnage.
       La spécificité de notre espèce, c’est qu’elle passe sa vie à jouer sa vie.
       Les rôles qu’on nous propose seront plus ou moins divers, plus ou moins figés, selon la société dans laquelle nous naissons. On nous montrera, comment nous y prendre pour les jouer, on nous apprendra à imiter des modèles et à intégrer les récits les concernant.
       L’identité est construite grâce à l’identification. Le soi est tissé d’autres.
       Oui : nous avons tous besoin (comme le disait Beckett) de compagnie.
       Notre cerveau, même celui du philosophe rationaliste le plus misanthrope et monacal, grouille littéralement de la présence des autres. […]

Aujourd’hui comme hier, une des façons les plus courantes de chercher et de trouver du Sens est de se projeter imaginairement dans l’esprit d’un autre. Se produit alors : cristallisation, essentialisation – une «précipitation», en quelque sorte, d’affects demeurés jusque-là flous et insaisissables.
       Tout au long de l’histoire humaine, les personnes ont tiré des leçons morales des personnages tels qu’ils apparaissaient dans les fabulations culturelles, grandes (religions) ou petites (contes et fables). «Et la morale de l’histoire, c’est…»
       L’identification engendre l’éthique.
       […]
       La science nous montre que, derrière les faits, il y a non une raison, mais une cause. Cela change tout.
       Les valeurs fondées sur les anciennes contraintes (religion, clans, familles) ne s’imposant plus aux Européens comme naturelles, il leur fallu en trouver, en inventer d’autres.
       D’où : mariage d’amour au lieu de mariage arrangé; littérature et philosophie au lieu de religion.
       L’individu est le résultat de cette évolution.
       L’avènement du roman est lié de façon nécessaire à celui de l’individu.
       Pour la première fois dans l’Histoire, ayant pris conscience du caractère arbitraire de sa présence au monde (mais aussi de sa liberté), l’homme se sent entièrement responsable de son destin. Vertige. De ce vertige surgit le romantisme – sous deux formes contrastées, l’une sociale, l’autre individuelle –, l’utopie politique (que j’appelle le Y a qu’à) et le nihilisme (le N’est que).
       La science ne produit pas de Sens, seulement des corrélations, indépendantes de nous. Or nous restons fragiles et le monde reste menaçant. Aucune découverte scientifique ne peut nous rendre immortels, ni même éliminer de notre existence conflits et douleurs.
       On ne s’exclame plus, quand survient une éclipse de la Lune : La fin du monde approche! Mais l’explication rationnelle de l’éclipse de la Lune – ou des maladies, ou de la foudre, etc. – n’entame en rien notre besoin de chercher et de trouver du Sens dans notre vie.
       De nos jours encore, bien sûr, les religions remplissent très largement cette fonction. Mais, en plus de ces grands récits traditionnels pourvoyeurs de Sens, l’on assiste depuis deux siècles à une prolifération sans précédent de récits profanes, véhiculés par toutes sortes de médias (romans, pièces de théâtre, cinéma, jeux vidéo, Internet…).
       Du coup, chaque individu du monde moderne (qui n’est pas le monde entier) a sa petite tête à soi, avec ses propres associations, sa propre manière de combiner les fictions pour se tenir compagnie.  

Les romanciers suscitent souvent l’incrédulité lorsqu’ils affirment que, pour eux, leurs personnages sont aussi réels que des personnes en chair et en os.
       Mais cela n’a rien d’étonnant dans la mesure où, dans notre cerveau, les personnes vivantes sont des personnages.
       Pensez aux êtres humains qui vous sont plus ou moins proches, plus ou moins connus : vos parents, voisins et amis, les politiciens de votre pays, les commerçants de votre quartier, les acteurs de cinéma, Les foules vues à la télévision… À ceux-là, ajoutez ceux que vous n’avez jamais vus, mais dont vous savez qu’ils existent ou ont existé : les fermiers du Zimbabwe, les ouvriers des centrales nucléaires russes, vos ancêtres, le frère de votre copine […]. De tous ces humains, vous portez en vous une image plus ou moins détaillée, image que vous révisez, retouchez, réadaptez spontanément, automatiquement, chaque fois que vous retrouvez ces personnes ou repensez à elles. Ces images sont par définition incomplètes mais, à tout moment donné, elles vous paraissent «complètes».

C’est sur ce processus automatique de remplissage que compte le romancier quand il campe en quelques phrases un personnage.
[…]

-------

Ainsi, me dis-je, ce grime serait moi? Il suffit de quelques centimètres carrés de peau lésée pour que ma personnalité physique s’abolisse, en esthétique,
tout au moins.
À cela je vis, une fois de plus, à quoi tiennent les identités charnelles.
Je ne sais qui disait que, de la femme la plus belle, il resterait peu de chose si le derme était absent.
~ Georges Barbarin

-------

Esprits de la nature

Nos yeux admirent les fleurs,
nos sens en apprécient la douceur et le parfum.
Les petits jardiniers du royaume des dévas
les garderont vivantes pour un temps. 

Chaque chose ne tient-elle pas
dans l’espace comme par magie?
Même si nous ne les voyons plus
ceux qu’on appelait autrefois lutins, fées ou
esprits de la nature n’ont jamais cessé
de coopérer avec bienveillance
à la réalisation matérielle des choses.

L’arbre est toujours debout au même endroit
et l’eau ne s’envole pas soudainement du ruisseau.
Je sais que si je quitte ma maison,
elle n’aura pas disparu à mon retour.
Tout le monde se plie aux conventions
de solidité et de permanence,
fixées dans le temps et l’espace.

L’on ne peut trop espérer que l’humanité,
dans un accès subit d’illumination ou de clairvoyance,
se mette à préférer l’arbre, la fleur, l’oiseau et l’or bleu
au béton, à l’asphalte et à l’or noir,
car beauté et survie de la planète
ne tiennent plus qu’à un fil.

Boudabla; 2003
 
Vous aimerez peut-être :
 
-------

Pensée du jour :

L’art saisit la vie et la rend disponible à la contemplation.
L’art capture l’éternité au quotidien.
À son tour l’éternité nourrit l’âme.
L’univers entier est contenu dans un grain de sable.  
~ Thomas Moore, Le soin de l’âme

6 octobre 2012

Gratitude

Lundi 8 octobre
Une autre raison de remercier - si vous aimez la lavande :
 
 
On n’imagine pas trouver raisons
De remercier par un matin si gris
 
Cessant de ruminer mon déplaisir
Je vois soudain des mésanges
Voleter dans le feuillage jaune
Tels de petits anges gracieux
 
J’entends des corbeaux
Croasser leur partance prochaine
Une pomme tombe de haut
Dans la mouvance, sans faire de bruit 
 
Une odeur de terre noire s’élève
Mêlée du parfum des dernières fleurs
Le vent pousse sur les nuages et
Des pans de ciel bleu surgissent
 
La gamine danse dans l’eau
Comme Billy Elliot! 
Le chien est tout crotté   
Ils sont heureux
 
Et moi aussi…
 
Un delta de bernaches!
Merci mère Nature
Pour tes somptueux présents  
Mon cœur est à toi!
 
~ Boudabla, 6 octobre 2012
 

15 août 2012

Flipper

Note concernant le traitement inadéquat des mammifères marins à Marineland en ce 15 aout :
Les show-rooms animaliers (zoos ou aquariums) – en fait des camps de concentration – devraient être abolis. Nous ne sommes plus à l’époque où il n’y avait ni écrans de télé ni Internet. Les enfants visionneront des documentaires de National Geographic et autres; ce qui sera plus éthique et par ailleurs ils apprendront davantage à les voir évoluer dans leur habitat naturel.

***
Une raison de plus aujourd'hui pour republier ce billet écrit au moment où les dauphins agonisaient lentement dans la glue de pétrole du Golfe du Mexique, et qu'on n'aidaient même pas.




NOUS NE MÉRITONS PAS LA COMPAGNIE DES ANIMAUX.

Flipper s’en va-t-en guerre!

Dédié aux dauphins et otaries entraînés par les Marines américains pour détecter des mines en eaux ennemies*

Indigne usage qu’on fait de toi, Flipper…

Génie de la mer d’une intelligence supérieure, bien que différente de celle des hommes. Toi, qui es souvent guidé par la solidarité et la coopération, sans méfiance, tu cherches l’amour et la compagnie des hommes, toujours prêt à servir. Combien de vies humaines as-tu sauvées bénévolement? On ne le saura jamais. Mais, que t’enseignent donc les hommes, Flipper? De grâce, quitte cet enfer!

Je partage avec tous nos compagnons de voyage terrestre qu’on dit inférieurs, le goût de disparaître d’une planète exploitée par des gérants funestes, obsédés par le gain. Nous quitterons un désert de missiles, de polystyrène, de ferraille, de détritus, de béton et d’asphalte, où l’air est irrespirable, l’eau imbuvable et la nourriture immangeable, où clones, bactéries et virus lutteront pour la suprématie.

Forts de leur complexe de supériorité et de leur titre de «rois de la création», les hommes, encouragés par des générations de patriarcat, se donnent le droit de s’approprier et de violer nature, animaux, enfants et femmes.

Ces mêmes hommes se permettent de tuer pour défendre des idéologies et des croyances.

Présentez-moi le «Dieu» qui commanderait massacres humains et animaux pour apaiser son courroux ou justifier son parti pris. À mon avis, ce dieu-là n’existe nulle part ailleurs que dans l’imaginaire déviant et sadique des hommes.

Je ne peux m’empêcher d’éprouver une immense tristesse. J’aimerais croire que l’amour et la compassion puissent un jour être plus contagieux que la cruauté.

   Boudabla, 2002

* J’ai écrit ce texte à la suite d’un reportage sur le sujet. On entraîne les dauphins à cet effet à cause de l'extrême sensibilité de leur propre "sonar", mais on leur attache en plus des détecteurs de mines autour du corps. La plupart des dauphins explosent durant ces opérations.

Avant d'aller à Marineland

Addenda 1er novembre 2006 : Un autre documentaire nous montre cette fois le trafic des dauphins destiné aux innombrables delphinariums qu’on trouve partout dans le monde. À chaque année, dans la Baie de Taiji, quelque 23 000 dauphins sont capturés – un vrai bain de sang, la mer rouge! On garde les plus beaux spécimens pour les parcs aquatiques tandis que les autres (mâles, femelles et nouveaux-nés) sont achevés à l’abattoir pour leur chair, très prisée par les Asiatiques. Les rescapés du massacre travaillent 7 jours sur 7 à tourner en rond et à exécuter des pitreries, dans des bassins trop petits en plein soleil ou dans des centres commerciaux, pour gagner leur pitance. Leur espérance de vie en captivité est de 10 ans; libres, dans la mer, ils peuvent vivre jusqu’à 30 ans. Le Mexique est le royaume du dauphin en captivité (une vingtaine de parcs aquatiques).

Ce reportage nous montre comment la cruauté et l’égoïsme humains n’ont pas de limite. J’ai beau savoir et comprendre qu’une majorité d’humains sont encore particulièrement inconscients, ces comportements ignobles et inutiles viennent me chercher. Tout ça parce qu’on croit dur comme fer que seul l’humain est intelligent, que les animaux n’ont pas d’âme, ne souffrent pas et sont à notre service. "La seule façon de faire cesser ce commerce est de ne plus visiter les delphinariums", recommande Rick O’Barry – ex entraîneur repenti (entre autres de Flipper) qui dénonce la corruption, la brutalité et toute l’horreur qui se cachent derrière cette attraction touristique.
(Référence : Radio-Canada, Enjeux; journaliste – Josée Dupuis, réalisatrice – Geneviève Turcotte)

Si vous souhaitez contribuer à réduire cette souffrance :
- http://www.onevoiceear.org/campagnes/cetaces/ 
- http://www.ammpa.org/index.html 
- http://www.seashepherd.org/ - Paul Watson
- http://www.imdb.com/name/nm0639337/ - Rick O’Barry

16 mars 2012

La terre s’est tue...

Gavé de junk food
L’obèse morbide s’épand,
Se remplit la panse
Au point d’exploser

Gavée de junk industriel 
La terre craque, fend 
Se vide les tripes
Pour ne pas exploser

Irruptions cutanées
Vidange et remplissage
Fukushima mon amour… 
Aux entrailles stériles

Vents, pluies et océans
Crachent du césium 
Partout sur terre
Vive le nucléaire !

Une poignée d’individus 
Aveugles, sourds, insensibles 
Réduisent les peuples à la famine 
Pour satisfaire leurs vices délétères

La terre s’est tue…

Cris et gémissements
Ont cessé d’étourdir

Sang et pétrole
Ont cessé de couler

Silence des silences
Paix des paix

L’humanité s’est tue…

~ Boudabla, mars 2012

***

Cet écrit a émergé après avoir vu un reportage à Radio Canada sur les taux de radiation au Japon. Vous aimerez peut-être :

La nourriture reste la préoccupation numéro 1, en raison des catastrophes certes, mais aussi en raison de l’excès et du manque (le premier engendrant le second…).

Extrêmes opposés, mais symboliquement, un cri identique manifesté différemment : ai-je le droit d’exister en tant qu’individu sur cette planète? Et cette question en soulève une autre : à qui appartient cette planète? Nous sommes tous des locataires, et nul n'est propriétaire, bien que certains croient l'être.




Vous aimerez peut-être :

http://situationplanetaire.blogspot.com/2011/03/gastronomie-fastfood-et-faim.html

http://situationplanetaire.blogspot.com/2011/06/tas-faim.html

http://situationplanetaire.blogspot.com/2011/11/au-bout-du-chaos.html

http://situationplanetaire.blogspot.com/2010/07/revolution-interieure.html

http://situationplanetaire.blogspot.com/p/introduction.html 

http://situationplanetaire.blogspot.com/2010/08/terre-aux-abois.html

22 février 2012

Saletés d’hiver…

Nous y sommes…

Neige, pluie  
Fonte des bancs
Particules noires
Ciel gris
 À croire
Que le «vert»
A disparu
Pour toujours

Vivement le retour
Des Perce-neige!

25 décembre 2011

Les oiseaux meurent-ils quand il fait trop froid?

Il semble que non… Ces minuscules boules de plumes dont les pattes ne sont pas plus grosses que des aiguilles de pin s’affairent autour des mangeoires par des moins 25°C comme si de rien n’était. Et je n’en reviens jamais.


Amarelle

Je me souviens d’une tourterelle triste qui, par un froid de canard, avait eu l’aile abîmée par un prédateur. Probablement le très vorace chat du voisin. Je l’ai prise sous mon aile et baptisée Amarelle.

Selon les instructions du vétérinaire, je devais la mettre dans une petite cage où elle ne pourrait pas voler pendant trois semaines. Ainsi, l’aile avait des chances de se réparer d’elle-même. J’allais la voir à toute heure du jour, prenant soin de bien fermer la porte derrière moi car ma chatte avait terriblement envie de faire sa connaissance.



J’observais minutieusement ses progrès. Au bout de trois semaines, j’ouvris la cage pour faire un test. Amarelle sortit prudemment et fit une première tentative. Le lendemain, elle en fit quelques autres avec succès. J’étais ravie, mais je décidai de la garder une semaine de plus étant donné le froid extrême qui sévissait. 

À la fin du mois de pension, la température étant plus clémente, je sortis la cage dehors. Amarelle scrutait les alentours d’un œil vigilant. J’ouvris doucement la porte de la cage et l’invitai à s’envoler. Elle s’avança, me regarda, hésitante, puis s’envola gracieusement. Quelle joie de la voir retrouver sa liberté!


Une semaine passa et voilà que la température dégringolait à nouveau. Je surveillais la communauté de tourterelles avec anxiété car la froidure était cassante. Par un beau matin tandis que je me dirigeais vers la mangeoire à l’autre bout du terrain, je distinguai de loin quelque chose qui gisait par terre, à l’intérieur du grillage de protection où se trouvait le fast-food des oiseaux. Peut-être qu’Amarelle n’était pas totalement rétablie et qu’elle était morte de froid?


Je m’approchai, inquiète. Je vis alors le chat du voisin, gisant là, mort, sans doute victime d’un prédateur affamé ... et c'était peut-être un aigle. Ah la prédation!

Boudabla © 2004  

***
Ces superbes photos proviennent d'un pps et les noms des photographes ne sont pas indiqués malheureusement.

7 novembre 2011

Thérapie nature


I just love to sit there
And shut up
Listening, observing
Feeling
Among the horrors
We did create
Beautiful things
Wonders
Nature is my heaven
And I will enjoy it
Till my last breath
It’s a promise
No gold iPod
Silver Mercedes
Or gigantic cruiser
Can compete
With the feathers of a bird
The petals of a flower
The cascade running free
The trees shimmering in the sky

Boudabla, 6 novembre 2011 ©

Après quatre heures passées en forêt, je ne suis plus la même personne. En fait, c'est mon activité préférée - de toutes! Satish Kumar a raison, ainsi que tous ceux qui le disent et l’ont dit. La nature reste le meilleur «centre de thérapie» où décanter nos soucis. Les problèmes qui semblaient insurmontables se réduisent à néant; c’est miraculeux.

Profitez-en tandis qu'il y a encore de tels refuges... accessibles aux gens de toutes classes sociales. Car les promoteurs de parcs à condos grugent sauvagement tous les flancs de montagne, toutes les berges de lacs, tous les espaces verts intacts pour les offrir aux classes "supérieures", financièrement s'entend.











Photos Boudabla.
Toutes les photos d'automne se ressemblent mais sont uniques; comme les humains...

25 septembre 2011

TANKAFAIRE

Ou quant à ne pas savoir quoi faire après un plein de nature.

Pas facile d’exprimer des sentiments, d’éveiller une émotion, avec une telle économie de mots!
Quand même amusant à pratiquer.


TANKAS

[Le tanka combine les 17 syllabes (5 / 7 / 5) du haïku plus 14 autres syllabes (7 / 7); certains comptent les syllabes muettes, d’autres non – ?? – hum, je les compte quand ça fait mon affaire… ouah.]  


Ni le temps ni l’éphémère
Ne compte aux yeux du
Photographe de l’invisible
Car les manteaux de lumière
Ne disparaissent jamais

---
Panne de pacemaker
Cœur battant à petits coups
Quatre-vingt-onze ans
De boum-boum-toc-toc-boum-boum
Dodo; congé mérité…  

---
Milliers de chevaux,
Nobles alliés, finissant
En coupes de viande
À l’impitoyable abattoir
Amis cédés au profit

---
Verrouillé du cœur
Tient amour comme poison
Mortel, maléfique. 
Fais sauter ta banque d’amour
La Source est inépuisable!  

---
Le Soi prisonnier
Otage du moi étriqué
Observe silencieux
Ce fou courant à sa ruine
Par le chemin des acquis

---
Deux pas en avant..
Puis l’amour s’effiloche par
Trois pas en arrière
Une gerbe d’immortelles
Aplaties sur un divan

~ Boudabla, 2011

***

Mon coeur vous suivra

À mon grand regret
Je ne puis me partager en deux
Mais, invisible,
Mon cœur vous suivra
En tous lieux.


~ Ikago no Atsuyuki

***

AUTRE

Nul besoin de chercher le réel,
À l’origine, l’esprit est Bouddha.
Le familier devient étrange,
L’étrange semble familier.

Jour et nuit,
Tout est merveilleux.
Rien ne peut te troubler.
Voilà l’essentiel de l’esprit.

~ Han Shan Te Chin’ga (1546-1623)

***

La «Dame» des troubadours 

      Né sitôt l’an mil passé, l’art des troubadours s’étend sur quatre siècles. Il apporte à la culture d’Oc l’une de ses plus brillantes expressions en même temps que la plus conventionnelle. Lorsque viendront les tempêtes, les troubadours se feront les chantres du Catharisme martyrisé et donneront à leur temps et à la postérité nombre de messages à comprendre en un sens second dissimulé. 
      Lorsque vinrent la croisade et l’Inquisition, nombreux parmi les troubadours mirent leur talent au service des persécutés. Beaucoup y perdirent la vie, comme Bernard de Laurac, brûlé vif en 1244. 
      Trobar clus 
      Le génie des troubadours, leur sympathie pour la cause des martyrs, devaient leur inspirer les chants à double entrée, la tradition du «Trobar clus», où il s’agit pour l’auditeur de trouver la clé dissimulée. 
      Tout au long de l’Inquisition naissent ainsi des chants d’allure anodine. L’amour courtois les inspire toujours et s’est teinté de mélancolie. Mais le chant s’adresse maintenant à une Dame qui n’est ni de chair ni de sang. La Dame, c’est l’âme, la vierge de lumière que chacun porte en soi et qu’il s’agit d’éveiller et de joindre. «Un sens caché a d’autant plus de prix qu’on lui reproche d’être non-sens échevelé», écrivait Guiraud de Borneilh. Entre 1220 et la fin de l’Inquisition par extinction de «l’hérésie», plusieurs centaines de troubadours vont écrire et dire des poèmes plus ou moins inspirés mais tous dédiés à «La Dame», la «mie» présente et absente, bien suprême en ce monde. 
      Le «Se Canto», attribué à Gaston, comte de Foix au début du XIVe siècle, plus connu sous le nom de Gaston Phébus, a franchi les siècles. De nos jours, combien de solistes et membres de chorales l’interprétant en soupçonnent-ils le sens?

S’il chante, qu’il chante
Se canto que cante
Ne chante pas pour moi
Canto pas per iou
Chante pour ma mie
Canto per ma mio  
Qui est loin de moi
Qu’es allenc de iou

Devant ma fenêtre
Dejoust ma finestra
Il y a un oiselet 
I a un auselou
Toute la nuit chante 
Toto la neyt canto
Chante sa chanson
Canto sa cansou

S’il chante… 
Se Canto…

Devant ma fenêtre
Dejoust ma finestra
Il y a un amandier 
I a un amelhié
Qui fait des fleurs blanches 
Que fa de flous blancos
Comme du papier 
Coumo de papié

S’il chante… 
Se Canto…

Ces montagnes
Aquelhos mountagnos
Qui tant hautes sont
Que tan nautos soun  
M’empêchent de voir 
M’empachou de beyré
Où sont mes amours 
Mas amours oun soun

S’il chante… 
Se Canto…

Si je savais où la voir 
Se sabi oun la beyré
Où la rencontrer 
Oun las rencountra
Je passerais l’eau
Passarey l'aigueto
Sans peur de me noyer
Sens pou de m’néga

S’il chante… 
Se Canto…

Hautes, bien sont hautes
Nautos, bé soun nautos
Mais s’abaisseront 
Mès s’abaïssaran
Et mes amourettes
E mas amouretos
De moi s’approcheront 
D’iou s’approucharan

S’il chante, qu’il chante 
Se canto que cante

Ne chante pas pour moi 
Canto pas per iou
Chante pour ma mie 
Canto per ma mio
Qui est loin de moi 
Qu’es allenc de iou

Source :
Mystère et Message Cathares
JEAN BLUM  
Éditions du Rocher