22 septembre 2018

C’est fou ce que l’ignorance fait des progrès ces temps-ci

Ouragan Florence : «C’est un ouragan désastreux (tough), l’un des plus humides du point de vue de l’eau.» ~ Donald Trump

Citations de Frédéric Dard (alias San-Antonio) :

«Ne pas pouvoir revenir en arrière est une forme de progression.»  

«L’illusion est trompeuse mais la réalité l’est bien davantage.»

«Le politicien ne peut faire carrière sans mémoire, car il doit se souvenir de toutes les promesses qu’il lui faut oublier.»

«L’hypothèse la mieux élaborée ne saurait prévaloir sur la réalité la plus bancale.»  

Je dédie le message de Harrison Ford à nos politiciens.

Harrison Ford Urges America To Do More To Address Climate Change

September 14, 2018 4:38 PM EDT

Harrison Ford urged America to do more to address climate change. The actor stated at the Global Climate Action Summit, “Stop giving power to people who don’t believe in science, or worse than that, pretend they don’t believe in science for their own self-interest.”

Video:

Transcription: 
Stop, for God’s sake, the denigration of science. Stop giving power to people who don’t believe in science, or worse than that, pretend they don’t believe in science for their own self-interest. They know who they are. We know who they are. We are all rich or poor, powerful or powerless – we will all suffer the effects of climate change and ecosystem destruction. And we are facing what is quickly becoming the greatest moral crisis of our time. Those least responsible will bear the greatest costs.


   So never forget who you’re fighting for. It’s the fishermen in Colombia, the fisherman in Somalia who wonders where their next catch is coming from and wonders why the government can’t protect them. It’s the mother in the Philippines who’s worried that the next big storm is gonna rip her infant out of her arms. It’s the people right here in California, people on the East Coast, people in California who are fleeing from unprecedented fires. People on the East Coast are facing the worst storms in recorded history. It’s our own country, our own community, our own families.
   I beg you don’t forget nature because today, the destruction of nature accounts for more global emissions than all the cars and trucks in the world. We can put solar panels on every house, we can turn every car into an electric vehicle, but as long as Sumatra burns, we will have failed. So long as the Amazon’s great forests are slashed and burned, so long as the protected lands of tribal people, indigenous people are allowed to be encroached upon, our climate goals will remain out of reach and we will be sh*t out of time. This is the core truth.
   If we are to survive on this planet, the only home any of us will ever know, for our climate, for our security, for our future, we need nature now more than ever. Nature doesn’t need people. People need nature. So let’s – turn off our phones, roll up our sleeves, and let’s kick this monster’s ass.

[By the way: About 3.4 million chickens and turkeys and 5,500 hogs have been killed in flooding from Florence as rising North Carolina rivers swamped dozens of farm buildings, according to state officials. Source: Global News, September 20, 2018]

Affirmer, nier, renier... 

Déformation des résultats scientifiques, amalgame entre problèmes politiques et scientifiques, refus de reconnaître le consensus, répétition d’arguments déjà réfutés, etc. : des stratégies surfant sur l’ignorance, aussi redondantes qu’épuisantes, qui ne tiennent pas la route et «ne risquent pas de faire avancer le schmilblick». Au contraire, elles portent plutôt secours aux industriels et politiciens sans scrupule, à la botte de l’industrie pétrolière qui, de son côté, n’hésite pas à corrompre les scientifiques. (ConsoGlobe)

Si vous avez envie de «dialoguer» avec des climatosceptiques voici quelques réponses à leurs allégations. Mais comme disait Amin Maalouf : «un argument se discute, une superstition ne se discute pas» (Le Périple de Baldassare).  

Les arguments climatosceptiques : objections et réponses

Objection : La fonte de l'arctique n'entraine pas plus l'élévation du niveau des mers que la fonte d'un glaçon dans un verre d'eau. C'est une question de bon sens!

Réponse : Cet argument joue sur une confusion de nature à perturber celui qui n’a pas l’habitude des discussions relatives au climat. Il mélange la fonte des glaciers et des inlandsis, qui reposent sur terre, avec la fonte de la banquise qui elle, flotte sur l’eau.

La fonte de la banquise ne provoquera pas de hausse sensible du niveau de la mer parce que les masses de glaces flottantes, qui sont au-dessus du niveau de l’eau, ont une densité plus importante et donc un volume plus faible une fois transformée en eau. On peut effectivement faire l'expérience avec un glaçon dans un verre d'eau. Une fois fondu, le glaçon occupera exactement le même volume que le volume d'eau qu'il occupait auparavant... cela découle du fameux principe d’Archimède. Ceci dit, la banquise est constituée d’eau douce et donc une fonte importante diminuera la salinité de l'océan, et donc sa densité, ce qui provoquera une légère hausse du niveau de l’eau. Mais l’essentiel n’est pas là.
   Lorsque les glaces qui sont sur la terre fondent, comme la calotte du Groenland et les glaciers de montagne, cela produit un déversement considérable d’eau dans l’océan. Celle-ci n'y était pas auparavant, et par conséquent le niveau de la mer augmente.
   Or la calotte glaciaire du Groenland représente une masse d’eau colossale et elle est particulièrement sensible au réchauffement. Si le Groenland fondait, cela provoquerait une hausse du niveau des mers de 6 mètres. Mais ce mouvement serait très lent et la fonte totale se ferait en plusieurs siècles. Toutefois, une fois que le mouvement est enclenché, il est difficile de revenir en arrière à cause de certaines rétroactions positives. La fonte des glaces entraine une augmentation de l’absorption des rayons du soleil, et lorsque l'épaisseur des glaces diminue, sa surface perd de l'altitude et donc se réchauffe.
   Il faut également prendre en compte la dilation des océans. C’est pourquoi ont observe déjà une augmentation du niveau des mers.
   Mais même une élévation de quelques dizaines de centimètres ou d'un mètre d'ici la fin du siècle peut avoir des conséquences très importantes.

Utiliser un tel argument ne peut pas relever d'une erreur chez un scientifique. Il manifeste une stratégie de communication par le mensonge, délibérément élaborée. Elle mise sur la méconnaissance des mécanismes du réchauffement de la part d'une partie du public qui n'a pas de bagages scientifiques, et sur la faiblesse des médias face à ce type de démagogie.
   De ce coté, une naïveté moindre et une meilleure préparation, à l'aide d'équipes ayant une culture scientifique au sein des radios, télévisions et journaux serait la bienvenue. Le phénomène climatosceptique, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en France, révèle des lacunes importantes des médias en ce domaine.
   Les médias professionnels devraient pourtant être garants des informations qu'ils diffusent. Si en sciences humaines ou en politique, les théories sont très subjectives, cela n'est pas le cas pour les sciences de la nature. A-t-on le droit de laisser quelqu'un, même s'il est scientifique, prononcer mensonges et contrevérités à la pelle, sans rappeler au public les vérités factuelles? A-t-on le droit d'inviter un scientifique au nom du «débat» et pour des raisons d'audience alors qu'il refuse d'être confronté sur le plateau à d'autres personnes, comme cela a été le cas pour Claude Allègre?

Objection : Quand vous respirez, vous émettez du carbone. Pour le climat, il faudrait cesser de respirer!

Réponse : La respiration provoque en effet une émission de CO2 à cause de la combustion des sucres ou des graisses qui se produit dans notre organisme. Mais ce CO2 ne contient pas de carbone fossile; il ne contribue donc pas à l’effet de serre.

Le carbone fossile est un carbone stocké depuis des millions d’années sous terre sous forme de combustible fossile et que l’on va brûler en deux cents ans. Cela a pour effet d’augmenter brusquement le taux de CO2 dans l’atmosphère. Par contre le carbone que nous expirons provient de notre nourriture, qui est issue soit d'un végétal, soit d'un animal qui s’est lui-même nourri de végétaux. Ceux-ci ont capté quelques années auparavant leur carbone dans l’atmosphère, grâce au processus de la photosynthèse. Le carbone que nous émettons quand nous respirons n'est donc qu'un simple retour à l’envoyeur au sein d'un cycle très court. Le bilan est donc neutre : cela n’augmente pas la quantité de GES. À moins de boire du pétrole et de manger du charbon. Si ça vous dit... Mais peut-être est-ce le cas de certains climatosceptiques?
   C’est pour la même raison que la combustion du bois n’augmente pas la teneur en GES. Mais à la condition expresse que celui-ci provienne de forêts exploitées durablement, c’est-à-dire sans déforestation, en respectant les écosystèmes ainsi que les populations qui vivent sur place.
   Ainsi les 150 milliards de tonnes de carbone émis chaque année par la biomasse, qui représentent 30 fois plus que les émissions humaines, ne sont pas considérés comme des gaz à effet de serre car ils ne font que rendre à l’atmosphère ce qui a été puisé quelques années auparavant. En effet les végétaux absorbent du carbone grâce à la photosynthèse, ce qui permet leur croissance. Puis ils se décomposent ou servent de nourriture à des animaux qui réémettront ce carbone dans l’atmosphère lors de la respiration. C’est pourquoi si les écosystèmes sont stables, le bilan des émissions de carbone par la biomasse est neutre, même si les échanges sont quantitativement très importants.
   Par contre s’il y a déforestation, le carbone contenu dans la biomasse de la forêt est émis en grande quantité dans l’atmosphère, ce qui contribue à l’accroissement du taux de GES. C'est pourquoi la déforestation qui a lieu dans les forêts primaires est un facteur important d'émission de GES.
   La fluctuation du taux de CO2 selon les saisons montre l'importance des échanges entre la biomasse et l’atmosphère. Elle est due à la dissymétrie entre les hémisphères nord et sud : il y a davantage de terres émergées au nord qu'au sud, et pendant l'été l'hémisphère nord capte une quantité importante de CO2, qui sera réémise ensuite. 
   Avant l’ère industrielle, le taux de CO2 moyen dans l’atmosphère était remarquablement stable d’une année sur l’autre, et cela depuis plusieurs milliers d’années. Cela montre bien que ce sont les émissions de CO2 fossiles depuis l’ère industrielle qui ont perturbé cet équilibre.

Accueil : http://23dd.fr/

De la psychologie du climatosceptique et de l’art de lui répondre

Source : Énergie et développement 

D'abord il convient de bien nommer les choses : je ne vais pas vous parler de doute scientifique. Ici il ne s'agit pas de personnes qui demandent des preuves avant d'adopter une opinion mais, au contraire, de personnes qui ont déjà une opinion arrêtée et qui évaluent la validité des arguments qui leur sont présentés en fonction de leurs convictions. Sauf exception, le "climatosceptique", paradoxalement, n'est pas un sceptique : il est certain d'avoir raison et le doute dont il se réclame ne s'applique qu'aux thèses qu'il rejette.
   Pour faire cette distinction, l'anglais a deux termes climate skeptic et climate denier. Le second pourrait se traduire par «climato-négationniste», une expression qui n'a pas encore fait son chemin en français mais qui reflète bien la réalité du phénomène : comme  le négationiste historique, le négationniste scientifique défend une thèse manifestement erronée («le changement climatique n'existe pas», «l'homme a été crée il y a 6000 ans», «il n'y a pas de lien entre HIV et SIDA», «les vaccins causent l'autisme», etc.), malgré un consensus scientifique écrasant soutenu par de nombreuses preuves.
   Vous ne pourrez jamais convaincre un climatosceptique par un argument scientifique : en réalité, même s'il place la discussion sur le plan scientifique, ses objections sont d'ordres politiques, moraux ou religieux...

«Dans un monde entièrement fait pour l’homme, il se pourrait bien qu’il n’y ait pas non plus place pour l’homme.» ~ Romain Gary

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