23 mars 2019

La route de la soie : une hécatombe environnementale

Les Asiatiques sont obsédés par les soi-disant propriétés médicinales et aphrodisiaques qu’ils attribuent aux organes et autres parties anatomiques des animaux. «Tant que quelqu'un est prêt à payer cher, des gens désespérés continueront à tuer des gorilles simplement pour leur couper les mains. [...] Fin 2006, Zhang Gongyao, professeur d'histoire médicale à l'Université Central South du Hunan, a enflammé la Chine lorsqu'il a écrit : «La médecine traditionnelle chinoise n'a ni fondement empirique ni fondement rationnel. C'est une menace pour la biodiversité. Et elle utilise souvent des poisons et des déchets comme remèdes. Nous avons donc suffisamment de raisons pour lui dire adieu.»

Le deuxième volet de l’émission Enquête portait sur le commerce illégal de la bile d’ours noirs. Les Asiatiques sillonnent le monde entier pour s’en procurer. Facile de trouver des fournisseurs en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick où la chasse et le piégeage des ours sont permis à l’année. Au Québec, même si les prises sont limitées et doivent être déclarées, le braconnage se pratique quand même en toute saison. Et c’est encore mieux quand un fonctionnaire fédéral est soudoyé; ce fut le cas de Marc Langlois, qui était en plus responsable de l’Association des trappeurs et chasseurs dans le secteur Chaudières-Appalaches. Il a été condamné à une amende de 48 000 $ pour possession de 300 vésicules d'ours – il approvisionnait un commerçant coréen de Toronto qui lui les exportait aux États-Unis. Ensuite un «scientifique» les achetait et les envoyait au Vietnam. Une fois exportée à l’étranger la vésicule peut valoir jusqu’à 10 000 $. Lors d’une saisie au Québec, les agents ont trouvé trois congélateurs remplis de bébé ours noirs, parmi de la viande de gibier, des faucons, etc.
   Les Chinois ont décimé leurs populations d’ours noirs. Alors en plus de s’en prendre à des ressources en dehors de leur pays, ils ont créé des fermes d’ours encagés de telle sorte qu’ils ne peuvent ni lever la tête ni jamais s’allonger; ils ne sortent jamais de la cage. À l’aide d’un cathéter on leur pompe la vésicule biliaire. Dans le documentaire d'Enquête un trafiquant asiatique dit à une fausse cliente vietnamienne infiltrée pour le documentaire : «ne les tuez pas trop rapidement, les faire souffrir leur fait peur et ils sécrètent plus de bile». Ils disent la même chose à propos de la viande chien (Festival de Yulin) : «plus un animal souffre plus la viande sera tendre à la cuisson».

Des ours et des hommes
Qu’ont en commun l’ours noir, l’éléphant et le rhinocéros? Une partie de leur anatomie vaut de l’or. Sur le marché international, les défenses d’éléphants, la corne de rhinocéros et la vésicule biliaire de l’ours noir sont très recherchées. Elles sont réduites en poudre, transformées en élixir aphrodisiaque ou en remède utilisé en médecine traditionnelle chinoise. Malgré les opérations de démantèlement de réseaux de braconnage, Enquête a constaté qu’il est facile de se procurer des vésicules biliaires sur le marché québécois.

Bonne chance aux Chinois qui comptent se soigner avec de la bile d'ours. Il y a quelques années, après plusieurs autopsies pratiquées sur des ours décédés de mort naturelle, plusieurs études scientifiques ont révélé que les ours étaient affectés par la pollution et qu'ils développaient des cancers, tout comme nous bien entendu! Selon eux, les organes les plus touchés étaient le trio foie/rate/pancréas et... la vésicule biliaire. 
    J’éprouve une répulsion incontrôlable envers la culture chinoise, et asiatique en général, en raison de son irrespect des droits humains fondamentaux et de sa façon de traiter les animaux – il va de soi qu'on ne peut demander à des gens qui ne respectent pas les humains, de respecter les animaux. Le répertoire d'atrocités est volumineux, puisqu'ils ne sont pas les seuls à en commettre.
   Tandis que la Chine boycotte le canola canadien qu’elle prétend contaminé, moi j’encourage les Canadiens à boycotter les aliments provenant d’Asie – on ignore totalement ce qu’ils peuvent contenir. Ça s'appelle de l'autoprotection. À lire :

Le commerce illégal d’espèces sauvages ou l’apocalypse de la biodiversité

Par Leslie Anthony
Photographe : Peter Power
Canadian Geographic | le 2 décembre 2017

Article intégral (en anglais) très documenté :

[Extraits]

Le commerce illégal d'espèces sauvages, dont le chiffre d'affaires annuel est estimé à 175 milliards de dollars, est la quatrième plus grande entreprise criminelle du monde. Elle va radicalement altérer le règne animal.

Un pied d'éléphant / tabouret et éléphant en ivoire sculpté, deux produits illégaux de la faune (entrepôt de pièces à conviction de la Direction de l'application de la loi sur la faune d'Environnement Canada). Photo : Peter Power/Canadian Geographic  

«Le trafic d'espèces sauvages et le braconnage ont considérablement augmenté au cours de la dernière décennie», affirme Sheldon Jordan, directeur général de la Direction de l'application de la loi sur la faune pour Environnement et changements climatiques Canada et président du groupe de travail d'Interpol sur la criminalité liée aux espèces sauvages. Compte tenu de son double rôle, Jordan a un aperçu particulier des raisons de cette poussée. «La demande accrue de produits de la faune et de la flore sauvages est due en grande partie à l'augmentation du revenu disponible en Asie et dans d'autres parties du monde qui ont des traditions alimentaires, médicinales et spirituelles autour de ces articles.»

Parallèlement au «commerce des espèces sauvages», défini comme la vente ou l'échange d’animaux ou plantes sauvages (y compris les arbres), on peut aussi pointer du doigt la forte croissance démographique et une forte augmentation de la mondialisation du commerce. Selon TRAFFIC – un réseau créé en 1976 pour surveiller le commerce mondial des espèces sauvages – la valeur des produits légaux d'espèces sauvages au début des années 1990 se situait autour de 160 milliards de dollars par an; en 2009, elle avait doublé pour atteindre 323 milliards de dollars, ce qui comprend tout, des fruits de mer au bois. Un indice du reste se trouve dans une liste du commerce légal, compilée par CITES de 2005 à 2009 : 317 000 oiseaux vivants, plus de six millions de peaux de reptiles, 1,1 million de peaux de castors, 73 tonnes de caviar, l’équivalent d’un récif corallien et 20 000 trophées de chasse de mammifères. Bien que le marché noir de ces mêmes articles soit de par sa nature même difficile à évaluer, les estimations des Nations Unies sont stupéfiantes : entre 7 et 23 milliards de dollars US pour le seul trafic de la faune, et entre 57 et 175 milliards de dollars si l’on ajoute la flore et le bois – au point que sur l'échelle des entreprises mondiales illicites, la faune se classe maintenant quatrième derrière la drogue, la contrefaçon et le trafic humain.    
   L'important commerce légal de la faune au Canada – foresterie, pêche commerciale et récréative, récolte de plantes sauvages, chasse guidée – aide les collectivités lorsqu'il est pratiqué de façon durable. Mais la poursuite de la récolte non durable et l'exportation et l'importation illégales des ressources fauniques, tant ici qu'à l'étranger, menacent de saper tout effort plus vaste d'intendance, touchant les collectivités et les économies du monde entier. «Qu'on le veuille ou non, nous dépendons tous de la Terre pour notre survie», dit Jordan. «Plus on prélève sans régulation, moins les écosystèmes sont capables de perpétuer les services qu'ils fournissent à toute vie, y compris la nôtre.»

Une tête de tortue montée. Photo : Peter Power/Canadian Geographic  

En pratique, le commerce des espèces sauvages s'inscrit dans une catégorie plus large de «crimes environnementaux» connexes qui comprend la pollution, la pêche illégale et l'exploitation forestière (avec jusqu'à un tiers du papier mondial obtenu à partir de bois provenant de sources illégales, les impacts économiques s'accumulent dans des pays comme le Canada qui réglementent strictement ces secteurs).

Bruce scanne l'inventaire de l'entrepôt. Photo : Peter Power/Canadian Geographic  

Au début des années 1980, un conservateur du Musée de la nature d'Ottawa m'a invité à visiter un dépôt de l'autre côté de la rivière à Gatineau, au Québec, où étaient entreposés des articles illicites de la faune saisis dans les aéroports, les ports maritimes et les postes frontaliers canadiens. Je me souviens d'une morgue faiblement éclairée avec des étagères métalliques remplies du sol jusqu'au plafond de crocodiliens et d’oiseaux aux yeux vitreux, de carapaces de tortues de mer, de coquillages de conques, de peaux de serpents roulées, de beaucoup d’ivoire, et de peaux de lions, de tigres et d'ours. Même si cet entrepôt a été détruit depuis longtemps, la Direction de l'application de la loi sur la faune entretient actuellement de petites salles d'exposition près de Toronto et d'Ottawa où l'on trouve des articles semblables et une pharmacopée composée d'espèces végétales et animales interdites. Bien que l'étendue du matériel reste inquiétante, une seule corne de rhinocéros trône sur une étagère, on ne peut s'empêcher de voir apparaître l’image macabre de son propriétaire en train de mourir et saignant par terre, la corne sectionnée. Et cela soulève une question troublante : combien de temps avant que ces grandes bêtes ne disparaissent de notre milieu?
   Peu de temps, si l'on considère l'augmentation de 8000 % du braconnage des rhinocéros : en 2007, 13 de ces animaux ont été tués, alors qu'au cours des quatre dernières années, plus de 1000 ont été éliminées de la nature, sous l'effet des prix du marché noir pouvant atteindre 350 000 dollars par corne. «Il y a dix ans, quelqu'un a lancé une rumeur selon laquelle la corne de rhinocéros en poudre guérit le cancer – sauf que ce n'est que de la kératine comme dans les cheveux et les ongles, note Jordan. Vous avez autant de chances de guérir du cancer ou de dysfonction érectile avec de la corne de rhinocéros qu’en vous rongeant les ongles.» 
   Les pangolins, des fourmiliers à écailles d'Asie et d'Afrique, sont également abattus à raison d'un million ou plus par an pour les propriétés fantasques de leurs écailles. Les populations d'éléphants diminuent chaque année d'environ 8,5 pour cent (contre un taux de reproduction qui ne permet une augmentation optimale que de 4 pour cent). Dans la Corne de l'Afrique, l'ivoire est introduit clandestinement de la République démocratique du Congo, pays anarchique, en passant par le Sud-Soudan instable, puis en Somalie dont les ports sont contrôlés par l'organisation djihadiste Al-Shabaab qui taxe avantageusement son passage. «Avec la mobilité des collectionneurs des économies émergentes qui paient le prix fort pour les sculptures décoratives en ivoire, nous pourrions n'avoir plus que très peu d'éléphants sauvages d'ici une génération», dit Jordan. «Beaucoup de ces pays sont au stade où nous en étions il y a 50 ans en matière de tabous culturels, donc ça prendra du temps.»
   Pendant ce temps, les enclaves asiatiques des grandes villes nord-américaines continueront de suivre leurs croyances traditionnelles malgré les interdictions culturelles – et légales – de l'Occident. «Il y a un grand commerce de tout ce qui est charismatique ou utile aux médecines traditionnelles dont les clients sont majoritairement des Canadiens d'origine asiatique», dit Jordan, faisant écho aux reportages sur ce qu'on peut trouver en faisant une tournée des marchés et apothicaires chinois à Toronto et Vancouver où toutes sortes d’animaux vivants (tortues, poissons), séchés (geckos, concombres de mer, ailerons de requins) et en poudre (morceaux de gros mammifères en voie de disparition) sont vendus illégalement. Néanmoins, la Chine elle-même est peut-être en train de changer de comportement puisqu’elle a promis, au moins, d'interdire l'ivoire d'ici la fin de l'année. Jordan lui souhaite bonne chance, sachant que le commerce va tout simplement passer dans la clandestinité pendant quelques années.

Une tortue de mer taxidermisée confisquée par des agents de la faune et maintenant conservée comme pièce à conviction. Photo : Peter Power/Canadian Geographic

Avant de rencontrer les braconniers de Khe Môi, j'avais déjà vu comment l'appétit insatiable de la Chine pour la nourriture, les aphrodisiaques et les remèdes traditionnels menaçait de nombreuses espèces au Vietnam – et plusieurs suivront bientôt. Un seul cobra royal pouvait rapporter 200 $ US – l'équivalent du salaire annuel moyen au Vietnam à l'époque – et pourvoir aux besoins d'une famille affamée était plus important que tout. Le trafic que j'ai observé avec les serpents et les grenouilles consommables était stupéfiant – des milliers entassés dans des sacs de jute traversaient la Chine chaque jour. Ajoutez les lézards, les tortues, les poissons, les oiseaux, les mammifères et les invertébrés, et la même chose dans une centaine d'autres pays, et vous avez eu une crise mondiale majeure. C'était là le véritable syndrome de la Chine – non pas l'effondrement nucléaire du film éponyme d'Hollywood de 1979, mais une apocalypse de la biodiversité maintenant.
   Selon Jordan, le commerce des espèces sauvages attire le crime organisé en raison de ses marges de profit scandaleuses – plus élevées, dans de nombreux cas, que pour les drogues illicites (voir l’encadré ‘Produits de la criminalité’ ci-dessous). «Cet élément a définitivement augmenté au cours des 15 années où j'ai travaillé. Tous les deux ans, un réseau de trafic de vésicules biliaires d'ours est démantelé... Lors d’une opération au Québec, 80 personnes étaient impliquées.»
   Lorsqu'il s'agit de commerce illégal d'espèces sauvages, endiguer la marée de l'offre exige d'abaisser le niveau de la demande, ce qui est difficile lorsque l'on se heurte à la nature humaine, aux croyances culturelles bien ancrées et au profit considérable. Bien que cette équation ait toujours existé, elle est aggravée par les nouveaux riches des économies émergentes qui peuvent maintenant se permettre des produits autrefois considérés comme du luxe.
   Tant que quelqu'un est prêt à payer cher, les gens désespérés continueront à tuer des gorilles simplement pour leur couper les mains. Et la demande de soi-disant aphrodisiaques est aussi susceptible de disparaître que la médecine traditionnelle chinoise qui repose sur les parties animales, malgré l’origine largement superstitieuse des deux. Fin 2006, Zhang Gongyao, professeur d'histoire médicale à l'Université Central South du Hunan, a enflammé la Chine lorsqu'il a écrit : «La médecine traditionnelle chinoise n'a ni fondement empirique ni fondement rationnel. C'est une menace pour la biodiversité. Et elle utilise souvent des poisons et des déchets comme remèdes. Nous avons donc suffisamment de raisons pour lui dire adieu.» 

La collection de pièces à conviction de la Direction de l'application de la loi sur la faune comprend également des articles fabriqués à partir d'animaux sauvages, comme le vin de bile d'ours. Photo : Peter Power/Canadian Geographic

PRODUITS DE LA CRIMINALITÉ

La valeur marchande d'un faucon gerfaut vivant illégal? Environ 360 000 $. La valeur d'un kilo d'héroïne, le narcotique le plus cher au poids? Environ 135 050 $. Le tableau suivant compare les prix (en dollars canadiens) de certaines espèces sauvages et drogues illicites d'après un rapport récent de la Direction générale de l'application de la loi sur la faune d'Environnement Canada – une preuve supplémentaire que la criminalité liée aux espèces sauvages est un énorme business.

ESPÈCE/DROGUE    PRIX CAN

– Faucon gerfaut        360 000 $ vivant
– Bile d'ours                200 430 $ le kilo
– Héroïne brune          135 050 $ le kilo
– Méthamphétamine   109 165 $ le kilo
– Cocaïne, sels             79 805 $ le kilo
– Ginseng sauvage       46 110 $ par racine entière
– Opium                        30 695 $ le kilo
– Peau d'ours polaire    17 000 $
– Haschisch                  14 735 $ le kilo
– Ecstasy                        8 045 $ par 1000 comprimés
– Marijuana                     7 365 $ le kilo
– Défenses de narval      3 935 $ le mètre

21 mars 2019

Les chiens ne plaquent jamais les humains


Peu lui importe que vous ayez tort ou raison, que vous soyez chanceux ou non, riche ou pauvre, cultivé ou ignare... Vous êtes son compagnon et cela lui suffit .Il restera toujours près de vous pour vous réconforter, vous protéger et il ira jusqu'à sacrifier sa vie pour vous. Il vous sera fidèle dans les bons et les mauvais moments. ~ J.K. Jérome


«Si tu es seul, je serai ton ombre.
Si tu pleures, je serai ton épaule.
Si tu veux un câlin, je serai ton oreiller.
Si tu as besoin de joie, je serai ton sourire.
Mais lorsque tu auras besoin d'un ami, je serai moi.»


L’espèce humaine a du chemin à faire en matière de respect et de compassion envers les animaux; elle en manque déjà largement à l’égard de ses pairs. 
De tous les animaux, l’animal humain est le plus dangereux...

Un chien trouvé mort attaché à un arbre au Parc Angrignon
La Presse, le 21 mars 2019

Photo : Facebook de la SPCA de Montréal

Un appel au public a été lancé en fin de journée, mercredi, pour localiser des personnes qui pourraient aider à résoudre un cas apparent d'abandon d'animal au Parc Angrignon dans le quartier Ville-Émard, dans le sud-ouest de Montréal.
   La veille, mardi, un chien a été trouvé sans vie par une passante qui se promenait dans le parc avec ses propres chiens. Le cadavre de l'animal était enseveli dans la neige et il était attaché à un arbre.
   Des agentes de protection de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA de Montréal) se sont déplacées sur les lieux et ont constaté le décès du chien. Elles ont récupéré le corps avec l'assistance d'agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avant de le transporter à ses locaux de Montréal.
   Des expertises vétérinaires seront effectuées sur le cadavre afin de d'élucider les circonstances du décès.
   Dans un message Facebook accompagné d'une photographie, la SPCA de Montréal signale que le chien est un mâle adulte non stérilisé de grande race, aux oreilles tombantes et au pelage majoritairement gris avec du blanc sur le poitrail et autour du cou.
   Le bureau des enquêtes de la SPCA de Montréal a ouvert une enquête sur cette affaire.

T’aurais mieux fait d’rester amibe, l’Homo Sapiens!

[...]
Narcisse à relents de cloaque,
par ton nombril, hypnotisé,
mais que n’es-tu resté macaque!
Ou bien crapaud! Poisson! Amibe!
Qu’ainsi n’y eût ni faits ni scribes
et nulle Histoire à raconter!

(De la pensée aux mots, 1997)   

T’es pas beau, l’Humain!

[...]
Car te comparant au félin,
tu es l’ivraie, et lui l’or fin.
Le cheval a plus de noblesse
en chaque patte, en chaque fesse
que toi déployant ton meilleur.
Total aveugle à ta laideur,
tu ris pourtant comme un p’tit fou
en regardant les singes au zoo.
Vrai, pour te dire les choses en gros,
t’es pas beau, l’Humain! T’es pas beau!…

(Je cours après mon ombre, 1981)

~ Esther Granek

Poèmes complets : http://www.poetica.fr/a-propos/


"Tout au début de la Genèse, il est écrit que Dieu a créé l'homme pour qu'il règne sur les oiseaux, les poissons et le bétail. Bien entendu, la Genèse a été composée par un homme et pas par un cheval. Il n'est pas du tout certain que Dieu est vraiment voulu que l'homme règne sur les autres créatures. Il est plus probable que l'homme a inventé Dieu pour sanctifier le pouvoir qu'il a usurpé sur la vache et le cheval. Oui, le droit de tuer un cerf ou une vache, c'est la seule chose sur laquelle l'humanité toute entière soit unanimement d'accord, même pendant les guerres les plus sanglantes.
   Ce droit nous semble aller de soi parce que c'est nous qui nous trouvons au sommet de la hiérarchie. Mais il suffirait qu'un tiers s'immisce dans le jeu, par exemple un visiteur venu d'une autre planète dont le dieu aurait dit : "Tu règnerais sur les créatures de toutes les autres étoiles" et toute l'évidence de la Genèse serait aussitôt remise en question. L'homme attelé à un charroi par un Martien, éventuellement grillé à la broche par un habitant de la Voie lactée, se rappellera peut-être alors la côtelette de veau, qu'il avait coutume de découper sur son assiette et présentera (trop tard) ses excuses à la vache.
[...]  
   Déjà dans la Genèse, Dieu a chargé l'homme de régner sur les animaux mais on peut expliquer cela en disant qu'il n'a fait que lui prêter ce pouvoir. L'homme n'était pas le propriétaire mais seulement le gérant de la planète, et il aurait un jour à rendre compte de sa gestion. Descartes a accompli le pas décisif : il a fait de l'homme "le maître et le possesseur de la nature". Que ce soit précisément lui qui nie catégoriquement que les animaux ont des droits à une âme, voilà à coup sûr une profonde coïncidence. L'homme est le propriétaire et le maître tandis que l'animal, dit Descartes, n'est qu'un automate, une machine animée, une "machina animata". Lorsqu'un animal gémit, ce n'est pas une plainte, ce n'est que le grincement d'un mécanisme qui fonctionne mal. Quand la roue d'une charrette grince, ça ne veut pas dire que la charrette a mal, mais qu'elle n'est pas graissée. Il faut interpréter de la même manière les plaintes de l'animal et il est inutile de se lamenter sur le chien qu'on découpe vivant dans un laboratoire.
[...]  
   C'était une anticipation de tout ce qui est arrivé ensuite : dans les deux premières années qui suivirent l'invasion russe, on ne pouvait pas encore parler de terreur. Étant donné que presque toute la nation désapprouvait le régime d'occupation, il fallait que les Russes trouvent parmi les Tchèques des hommes nouveaux et les portent au pouvoir. Mais où les trouver, puisque la foi dans le communisme et l'amour de la Russie était chose morte? Ils allèrent les chercher parmi ceux qui nourrissaient en eux le désir de se venger sur la vie. Il fallait souder, entretenir, tenir en alerte leur agressivité. Il fallait d'abord l'entraîner contre une cible provisoire. Cette cible ce furent les animaux.
   Les journaux commencèrent alors à publier des séries d'articles et à organiser des campagnes sous formes de lettres de lecteurs. Par exemple, on exigeait l'extermination des pigeons dans les villes. Exterminés, ils le furent bel et bien. Mais la campagne visait surtout les chiens. Les gens étaient encore traumatisés par la catastrophe de l'occupation, mais dans les journaux, à la radio, à la télé, il n'était question que des chiens qui souillaient les trottoirs et les jardins publics, qui menaçaient ainsi la santé des enfants et qui ne servaient à rien mais qu'il fallait pourtant nourrir. On fabriqua une véritable psychose. [...] Un an plus tard, la haine accumulée (d'abord essayée sur les animaux) fut pointée sur sa véritable cible : l'homme. Les licenciements, les arrestations, les procès commencèrent. Les bêtes pouvaient enfin souffler.
   [...] On ne pourra jamais déterminer avec certitude dans quelle mesure nos relations avec autrui sont le résultat de nos sentiments, de notre amour, de notre non-amour, de notre bienveillance ou de notre haine, et dans quelle mesure elles sont d'avance conditionnées par les rapports de force entre individus.
   La vraie bonté de l'homme ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu'il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. Et c'est ici que s'est produite la plus grande faillite de l'homme, débâcle fondamentale dont toutes les autres découlent.
   [...] Le monde a donné raison à Descartes.
   J'ai toujours devant les yeux Tereza assise sur une souche, elle caresse la tête de Karénine [son chien] et songe à la déroute de l'humanité. En même temps, une autre image m'apparaît : Nietzsche sort d'un hôtel de Turin. Il aperçoit devant lui un cheval et un cocher qui le frappe à coups de cravache. Nietzsche s'approche du cheval, il lui prend l'encolure entre les bras sous les yeux du cocher et il éclate en sanglots.
   Ça se passait en 1889 et Nietzsche s'était déjà éloigné, lui aussi, des hommes. Autrement dit : c'est précisément à ce moment-là que s'est déclarée sa maladie mentale. Mais selon moi, c'est bien là ce qui donne à son geste sa profonde signification. Nietzsche était venu demander au cheval pardon pour Descartes. Sa folie (donc son divorce d'avec l'humanité) commence à l'instant où il pleure sur le cheval.
   Et c'est ce Nietzsche-là que j'aime, de même que j'aime Tereza, qui caresse sur ses genoux la tête d'un chien mortellement malade. Je les vois tous deux côte à côte : ils s'écartent tous deux de la route où l'humanité, "maître et possesseur de la nature", poursuit sa marche en avant.

~ Milan Kundera  (L'insoutenable légèreté de l'être)

17 mars 2019

Le décontamineur est-il une ordure?

Le ministère de l’Environnement ne fait peur à personne parce qu’il n’intervient pas : laisser polluer coûte moins cher que faire respecter les normes de protection environnementale.

Chaque année, des tonnes de débris et de terre contaminée voyagent des chantiers de construction de Montréal jusqu'à certaines terres agricoles du Québec. À Enquête, on a cherché les coupables.
   Des sols contaminés excavés sur des chantiers de construction à Montréal seraient déversés sur des terres agricoles autour de la Métropole. Une équipe d’Enquête a suivi des camions, tourné des déversements et documenté l’état de ces terres agricoles. Mais le vrai défi a été de tenter de trouver qui est responsable.

À VOIR :
Ou sur le site de l’émission :

Les vidanges dans nos campagnes

Marie-Maude Denis et Jacques Taschereau
Enquête | Radio-Canada |14 mars 2019

Surplombant un champ de laitue, un dépotoir à ciel ouvert rempli de déchets de construction. En tentant de trouver le coupable, Enquête a découvert une guerre de marché où bons et méchants sont difficiles à départager. Le gouvernement, lui, peine à sévir pour empêcher la pollution de nos campagnes.
   Depuis plusieurs années, on creuse le centre-ville de Montréal pour y construire des condos, des édifices publics, des ponts et des routes. Le ballet des pelles excavatrices remplit des milliers de camions avec des sols souillés par l’héritage industriel de la métropole.
   Mais où vont ces camions? En partie là où ils ne devraient pas : sur des terres agricoles.
   Enquête a trouvé une montagne déchets de démolition en tout genre surplombant un champ, en pleine zone agricole. Voici des photos, prises en novembre dernier, de la terre du maraîcher A. Barbeau et fils, à Saint-Rémi, en Montérégie.
   «C'est clairement un dépôt sauvage de matériaux secs qui devraient être envoyés ailleurs», estime l’avocat spécialisé en environnement Michel Bélanger en regardant les images.
   Ce dépôt est parfaitement légal, se défend Benoît Barbeau, l’un des propriétaires de la terre agricole, spécifiant qu’il se constituait un «fond» pour y construire des serres.
   Cette explication fait sursauter Michel Bélanger : «Ce n'est pas parce qu'un propriétaire veut construire une grange ou un autre bâtiment que ça justifie d'y mettre n'importe quoi.»
   Vérification faite, la terre agricole ne dispose d’aucun permis pour accueillir des débris de démolition. Le ministère québécois de l’Environnement confirme également avoir trouvé des sols contaminés sur place en juin dernier, mais n’a pas voulu en préciser la provenance, puisque l’enquête est toujours en cours.
   Quant à M. Barbeau, il a offert de montrer des documents sur l’origine et la qualité des sols qu’il a reçus sur sa terre, mais il s’est ensuite désisté.

Les débris de l’hôpital Saint-Luc

Les déchets observés sur la terre agricole de Saint-Rémi proviennent notamment du chantier du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), a découvert Enquête. Plus précisément, les débris retrouvés en zone agricole sont ceux de l'hôpital Saint-Luc en démolition.
   L’entrepreneur général Pomerleau, responsable du chantier certifié LEED pour son souci environnemental, soutient que son sous-traitant a assuré que tout était légal parce que le maraîcher a le droit de se construire un « chemin de ferme » avec de la brique et du béton. Or, l’ensemble des débris retrouvés à Saint-Rémi ne sont pas admis pour une telle construction, indique le ministère de l’Environnement.
   Pomerleau promet qu’il apportera les correctifs nécessaires si son sous-traitant a contrevenu aux règles.
   En plus des déchets de l’hôpital Saint-Luc, des chargements de terre provenant du site du projet de condominiums NOCA, dans le quartier Griffintown à Montréal, ont été déversés sur la terre agricole du maraîcher Barbeau. Le responsable du chantier, DevMcGill, rejette aussi la responsabilité sur les sous-traitants.
   La loi est pourtant claire. «La responsabilité demeure sur le générateur du déchet», explique Me Michel Bélanger, qui ajoute que les propriétaires d’une terre agricole n’ont pas le droit de polluer leur terrain.
   L’industrie des sols contaminés dans le sud du Québec ressemble au Far West depuis plusieurs années. Dès 2016, une entreprise de décontamination de l’est de Montréal se plaignait à Radio-Canada d’un compétiteur qui lui raflait une partie de ses contrats.
   «Il est arrivé un nouveau joueur dans le marché qui prétend être un courtier en sols contaminés. Ce sont des gens qui, de toute évidence, n’ont pas de permis et qui n’ont pas de technologie pour traiter les sols», expliquait Marlène Girard, présidente d’Énergie Carboneutre.
   Pour en avoir le coeur net, la femme d’affaires a embauché des détectives privés qui ont filé des camions à partir de chantiers de construction au centre-ville de Montréal, jusqu’à des lieux de déversements illégaux, selon elle.
   «Ma motivation première, c’était ma business, mais je ne pensais pas trouver quelque chose d’aussi gros», dit Mme Girard, qui estime que la dispersion illégale des sols contaminés représente un danger pour la santé du public et pour la faune. «Ça se retrouve dans les cours d’eau, ça se retrouve dans l’air et ça se retrouve dans notre assiette.»
   Enquête a suivi des camions pendant quelques semaines à l’hiver 2016 et observé des déversements dans la nature. Certains des échantillons prélevés sur des terres agricoles se sont avérés contaminés, d’autres pas.
   Les propriétaires des terrains confrontés par Radio-Canada soutenaient que les sols étaient propres et que les débris de démolition observés ne devaient pas provenir de chez eux.

L’enquête Naphtalène

La police a aussi enquêté sur les sols contaminés. Or, après deux ans de travail, la Sûreté du Québec a fait chou blanc avec l’enquête baptisée Naphtalène. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales a pris la décision, au printemps dernier, de ne pas porter d’accusations.
   La Presse a publié plusieurs révélations sur la question des sols contaminés et sur cette enquête policière.

Photo aérienne : Sûreté du Québec. Terrain à Sainte-Sophie, dans les Laurentides, lors de l’opération Naphtalène en 2015.

Cet échec des autorités à sévir contre les pollueurs a profondément choqué Alain Robichaud, coprésident d’Englobe, un joueur majeur dans la décontamination des sols au Québec : «Je n'ai toujours pas compris pourquoi les accusations n'ont pas été portées dans ces dossiers-là, c'est une catastrophe.»
   Comme son compétiteur Énergie Carboneutre, Alain Robichaud a embauché des détectives privés pour suivre des camions au printemps et à l’été 2018. Il a remis une copie des vidéos de filature à Enquête.
   Outre les débris de l’hôpital Saint-Luc, les vidéos montrent d’autres chantiers et d’autres sites où sont déposés des sols, dont à Ormstown et à Pointe-Fortune, en Montérégie. On y retrouve des déchets, a constaté Radio-Canada.

Le spectre de Louis-Pierre Lafortune

Louis-Pierre Lafortune, ancien vice-président de Grues Guay, a été condamné en 2016 pour avoir comploté pour recycler les produits de la criminalité. Il est toujours en appel du verdict.
   Plus récemment, il a travaillé pour une entreprise dans la mire de la Sûreté du Québec lors de l’enquête Naphtalène. Louis-Pierre Lafortune est aujourd’hui consultant chez K.L. Mainville, une compagnie dont les camions apparaissent dans les vidéos de filature d’Englobe.
   Plusieurs sources font le parallèle entre le passé de Louis-Pierre Lafortune, dépeint comme un proche des Hells Angels, et la croissance de K.L. Mainville dans le transport de sols contaminés. «J’ai été impliqué dans la disposition de sols, mais je nie totalement avoir été impliqué dans la disposition illégale de sols contaminés. Non seulement je ne fais pas partie de ça, mais je suis contre ça», se défend Louis-Pierre Lafortune. «J’ai côtoyé des gens du crime organisé, mais ça fait quand même 10-15 ans. À ce moment-là, c’était autre temps, autres moeurs.»
   Aujourd’hui, M. Lafortune affirme qu’il n’a plus aucun lien avec des gens du crime organisé.
   Enquête a confronté Marlène Girard d’Énergie Carboneutre aux mêmes questions, puisque son entreprise a déjà été associée aux mafieux Raynald Desjardins et Domenico Arcuri. «Il n'y a aucune mafia dans Carboneutre, d'aucune façon.»
   Elle assure que Desjardins et Arcuri n’ont plus d’intérêts financiers dans sa compagnie.
   Serge Mainville, le patron de Louis-Pierre Lafortune, estime que ses concurrents multiplient les plaintes pour tenter d’écraser son entreprise.
   «J'ai eu beaucoup de visites», dit-il, en nommant l'Autorité des marchés financiers, le Bureau de l’inspecteur général de Montréal, l’Agence du revenu et les contrôleurs routiers. «[Le ministère de] l'Environnement vient à tous les mois ou deux mois parce qu'ils disent qu'ils ont des plaintes. Ils prennent des analyses et tout est conforme», ajoute Serge Mainville, qui dénonce un traitement inéquitable des autorités par rapport à ses compétiteurs.
   Quant aux vidéos de filature qui montrent ses camions déversant le contenu de sites contaminés sur une terre agricole, M. Mainville se défend. «Je n'ai aucun contrôle sur les dompes que les clients choisissent. Moi, je suis comme un taxi [...], c'est le client qui choisit ce qu'il met dans le camion et où on va disposer.»

Les dompes à coupons

Tout comme son consultant Louis-Pierre Lafortune, Serge Mainville reconnaît que la dispersion de sols contaminés dans la nature est une réalité. «C'est une petite minorité qui salit des terres agricoles», dit-il.
   Il a montré à Radio-Canada plusieurs terres dans la région des Basses-Laurentides où les propriétaires vendraient un accès à leur terrain sans se soucier de la provenance et de la qualité des sols. Des «dompes à coupons», selon l’expression consacrée dans le milieu.
   «Ils mettent une personne à l'entrée de la dompe avec un bulldozer pour pousser, puis ils vont voir les entrepreneurs et ils vendent leurs coupons 20 $, 30 $, 40 $ du voyage», explique Serge Mainville.
   Sur un poteau, on voit une boîte avec un cadenas. «C'est ça qui fait qu'on est pointés du doigt. C'est ces gens-là qui sont en train de détruire le marché», plaide-t-il.
   MM. Mainville et Lafortune croient aussi que de grandes entreprises de décontamination et les sites d’enfouissement exagèrent le problème de la dispersion de sols contaminés parce qu’ils craignent un assouplissement des règles.
   Alors que les différents acteurs de l’industrie des sols contaminés se renvoient la responsabilité, les déversements illégaux se poursuivent.
   «Aujourd'hui, je suis convaincu qu'il y a encore des centaines de camions qui parcourent nos routes au Québec et qui vont impunément décharger leur contenu de sols contaminés dans différents endroits qui ne sont pas autorisés», croit Alain Robichaud, coprésident d’Englobe. «C'est ça le drame dans cette histoire-là : c'est que ça continue.»
   Pour l’avocat Michel Bélanger, le ministère de l’Environnement n’est pas craint, car il n’a pas les ressources suffisantes pour exercer les contrôles nécessaires. «Si on avait des exemples qui aboutissaient à des poursuites, à terme, il y a beaucoup plus de propriétaires et d'entrepreneurs qui feraient les choses différemment», croit-il.
   Le ministre de l’Environnement du Québec, Benoît Charette, a refusé la demande d’entrevue de Radio-Canada, invoquant des enquêtes en cours de son ministère.

Article et photos :

Gestion des matières dangereuses et radioactives
Il s’agit d’un problème international, on le comprendra. Le documentaire d’Arte Le poison de la mafia et la loi du silence nous fait découvrir le degré de connivence et de servilité des gouvernements envers le crime organisé. Les pratiques de la mafia calabraise en Italie, main dans la main avec les multinationales et les états du monde entier (d’autres mafias), organise la gestion des déchets nucléaires. Noyés au fond des mers dans des épaves sabordées, enfouis dans des décharges légales et illégales sur terre, ces déchets empoisonnent les humains et les non-humains des milieux qu’ils intoxiquent. Derrière le politicien véreux se cache toujours une entreprise véreuse.

À VOIR (horrifiant)  

Carte des navires (connus) transportant potentiellement des déchets toxiques, parfois nucléaires, coulés en mer par la mafia (source http://www.infondoalmar.info/)

Second volet de l’émission Enquête

Les clients douteux de Bombardier

Par Julie Dufresne
Enquête | ICI Radio-Canada | 14 mars 2019

Dans le luxueux monde des jets d'affaires...

Vols à haut risque
Bombardier est l’un des plus importants fabricants de jets privés au monde. Mais qui sont ses clients? Des documents confidentiels consultés par Enquête montrent que la compagnie a multiplié les efforts pour vendre un avion à une riche famille d’Afrique du Sud au coeur d’un scandale de corruption.
   L’industrie de l’aviation d’affaire comporte des risques : qui peut s’offrir des avions qui valent plusieurs dizaines de millions de dollars? Des documents confidentiels consultés par Enquête montrent que la multinationale québécoise a vendu des appareils à des clients qui sont loin d’être sans tache. Notre équipe lève le voile sur un monde où la logique du développement des marchés, semble parfois avoir préséance sur l’éthique.


Citations du jour

Auteur : Michael Parenti, professeur en sciences politiques et écrivain http://www.michaelparenti.org/quotes.html

«Le but d'une bonne société est de structurer les relations sociales et les institutions de sorte que les impulsions coopératives et généreuses soient récompensées, tandis que les impulsions antisociales soient découragées. Le problème du capitalisme c'est qu'il récompense le pire de nous-mêmes : des pulsions impitoyables, compétitives, machiavéliques, opportunistes, cupides, et qu’il récompense peu et même punit – ou du moins freine – l'honnêteté, la compassion, le fair play, le travail honnête, l'amour de la justice et l’aide à ceux qui sont dans le besoin.»

«Les implications écologistes pour le capitalisme sont trop importantes pour que le capitaliste puisse les envisager. [Les ploutocrates] sont plus attachés à leur richesse qu'à la Terre sur laquelle ils vivent, plus préoccupés par le sort de leur fortune que par celui de l'humanité. La crise écologique actuelle a été créée par une minorité d’individus au détriment du plus grand nombre. En d'autres termes, la lutte pour l'environnementalisme fait partie de la lutte des classes elle-même, un fait qui semble avoir échappé à de nombreux écologistes mais qui est bien compris par les ploutocrates – c'est pourquoi ils ne se privent pas de ridiculiser et de dénoncer les ‘éco-terroristes’ et les ‘protecteurs des arbres‘.

«Dans les sociétés qui vénèrent l'argent et le succès, les perdants deviennent des objets de mépris. Ceux qui travaillent le plus dur et reçoivent le moins sont appelés paresseux. On pense que ceux qui sont forcés de vivre dans des logements insalubres sont responsables de leur vie insalubre. Ceux qui ne terminent pas leurs études secondaires ou qui n'ont pas les moyens d'aller à l'université sont considérés déficients ou incompétents.» 
[On croirait entendre Macron à propos des Gilets Jaunes...]


«Le principe directeur des élites dirigeantes était – et est toujours : quand le changement menace de régner, alors les règles sont changées.»  

«Si l'on examine les généalogies de nombreuses ‘vieilles familles’, on découvre des épisodes de trafic d'esclaves, de trafic d'alcool, de trafic d'armes, de trafic d'opium, de falsification des revendications territoriales, d'acquisition par la violence des droits sur l'eau et les mines, d'extermination de peuples autochtones, de vente de marchandises de mauvaise qualité et dangereuses, de fonds publics utilisés pour des spéculations privées, d'ententes malhonnêtes sur des titres et des bonds gouvernementaux, et de pots de vin en échange de faveurs politiques. On trouve des fortunes bâties sur le travail forcé, le travail sous contrat, le travail en prison, le travail des immigrés, le travail des femmes, le travail des enfants et le travail des briseurs de grève – soutenus par la force meurtrière des bandits armés et des milices. ‘L'argent ancien’ n'est souvent que de l'argent sale blanchi par plusieurs générations de possession.»

«Une nation n'aide pas une autre nation comme tel. En réalité, les citoyens ordinaires de notre pays, par leurs impôts, donnent aux élites privilégiées d'un autre pays. Comme quelqu'un l'a dit un jour : l'aide étrangère, c'est quand les pauvres d'un pays riche donnent de l'argent aux riches d'un pays pauvre.»  

15 mars 2019

Les mensonges qu’on a pris pour des vérités

Je ne commenterai pas ici les attaques en Nouvelle-Zélande, mais j’ai ajouté un mot à la fin de l’article «En lambeaux, mais vivant pour raconter» :


«On nous chante sans cesse qu'il faut se responsabiliser si on veut sauver la planète, comme si les individus sans cesse bombardés par l'hégémonie culturelle les obligeant à consommer toujours plus en des termes toujours plus courts avaient le choix de leur mode de vie quand tout un chacun est évalué en terme de possessions et de dépense, quand les banques vous exhortent à utiliser le plus de crédit possible pour vous accuser ensuite de n'être pas raisonnable dans votre budget. Quand la seule façon d'exister aux yeux de l'œil hégémonique est de consommer.
   On vient de découvrir tout à coup qu'on dépense beaucoup trop d'argent dans les vêtements et que les dépenses dans ce secteur sont bien plus élevées qu'autrefois. Et les curés de la consommation responsable de nous enjoindre : «Avant de vous acheter des vêtements, regardez ce que vous avez dans votre garde-robe!» Comme si les bourgeois se posaient ces questions! Comme si c'était monsieur et madame Panet de la rue Panet qui avaient inventé l'effet de mode.
   De la même manière qu'on a prétendu responsabiliser les pauvres avec la proposition de modulation des tarifs d'Hydro-Québec (et la réponse stupide d'Hydro-Québec à l'effet que les gens ont le choix n'a aucune valeur puisque, justement, ce choix n'existe que pour les mieux nantis), on prétend reporter sur les épaules des consommateurs démunis enchaînés à leurs besoins nécessaires de base (logement, chauffage, nourriture, vêtement) le fardeau de protéger l'environnement que les minières, l'industrie agro-alimentaire, les pétrolières et autres producteurs se plaisent à défuntiser allègrement.
   Encore une fois, ce sont les méchants pauvres qui s'habillent chez Winners qui sont responsables du gaspillage orchestré par les ploutocrates du vêtement. Les pauvres s'habillent chez Walmart, Costco et Winners parce que leurs salaires sont toujours plus bas et que ces bannières se vantent d'avoir les prix les plus bas. Et comme elles vendent des cochonneries qui sont complètement déglinguées après trois mois, ben les pauvres y retournent de plus en plus souvent. Après, on les accuse d'être responsables du gaspillage auquel ils sont obligés.
   Si on est de classe inférieure ou moyenne inférieure, non seulement on est totalement absent des médias sur lesquels on n'a absolument rien à dire, mais en plus on est responsable de tous les maux de la planète!
   Les pseudo-écolos verts et autres capitalistes déguisés sont passés maîtres dans l'art de culpabiliser les individus pour les catastrophes causées par le système capitaliste. Même si tout le monde se mettait à recycler demain matin et même si tout le monde se mettait à composter demain matin, ce qui n'est guère possible, la planète serait autant en danger qu'aujourd'hui. Cela ne signifie pas qu'il ne faille pas recycler ni composter, cela signifie simplement que les actions individuelles ne suffiront jamais à compenser les effets d'un système de production basé sur la destruction, la prédation et la consommation à outrance. Les bourgeois excellent dans l'art de rendre les pauvres responsables de leur gabegie. Pas parce qu'ils sont plus méchants que la moyenne des ours, mais parce qu'ils sont les rouages d'un système dont ils sont incapables d'imaginer le dépassement.
   Que tout le monde composte et recycle ne mettra pas fin à l'obsolescence programmée, ne mettra pas fin à l'utilisation du glyphosate et autres pesticides dans l'agriculture, ne mettra pas fin au suremballage, à l'abondance excessive de sucre dans les aliments, à l'utilisation de l'huile de palme dans les produits transformés et donc à la destruction des forêts, à la publicité pour les automobiles consommatrices de pétrole, à la vente sous pression des VUS, à la généralisation des concours, lesquels surstimulent la consommation et produisent l'effet de mode, à l'extraction minière des terres rares nécessaires pour la production des téléphones et tablettes stupides présentées comme intelligentes, au tourisme destructeur dans les habitats fragiles, à l'utilisation des hydrocarbures, à la surpêche des ressources halieutiques, à la compétitivité entre les États pour attirer les entreprises les plus polluantes et les plus destructrices, à l'utilisation des plastiques dans toutes les productions, à la surexploitation des sources d'eau, etc. La liste est infinie.
   Aucune mesure individuelle ne remplacera des lois et règlements gouvernementaux qui obligeront les industries à restituer l'environnement dans son état premier et à inclure ces coûts dans les coûts fixes d'opération. Aucune mesure individuelle ne remplacera la transformation des processus de production en processus respectueux de l'environnement et l'obligation de la production agricole écosociale. Rien de tout cela ne peut se faire sans intervention étatique.    
   Et cela exige une pression sociale importante. Contrairement à ce que prétendent les fondations philanthrocapitalistes, il n'est pas toujours vrai que tout seul ça va plus vite et qu'ensemble on va plus loin, il arrive qu'ensemble, on aille mauditement plus vite parce que la responsabilité individuelle ne sera jamais aussi efficace que des obligations législatives. Il faut savoir penser collectif et systémique.»

L'illusion responsable | Francis Lagacé, 8 mars 2019 

Voilà ce que les jeunes ont compris. J’avoue que les vidéos m’ont émue aux larmes. Il y avait même des enfants de l’école primaire qui avaient demandé à leurs parents de les accompagner. Un adolescent disait «nous n’avons pas le droit de voter, mais nous voulons être entendus». Comme je l’espère! Car même avec le droit de parole et de vote, on se fait passer des sapins (et des pipelines) dans notre fausse démocratie.

Photo : Radio-Canada / Stéphane Lamontagne. Des jeunes ont manifesté à Québec. «La grève démontre que nous, les étudiants, on est prêts à se mobiliser pour exiger une responsabilisation des institutions et des gouvernements face à l’urgence climatique et que c’est quelque chose qui nous tient à cœur.» ~ Andréane Moreau, co-porte-parole du collectif La planète s’invite à l’Université du Québec

Photo : Getty Images/AFP / Martin Ouellet-Diotte. Les étudiants ont marché par dizaines de milliers dans les rues de Montréal.

«Nous déclarons une urgence environnementale», a lancé une voix, vendredi après-midi, tandis que des dizaines de milliers d'écoliers et d'étudiants des niveaux secondaire, collégial et universitaire venaient d'entreprendre leur marche dans les rues de Montréal. Une manifestation pour le climat s'inscrivant dans le mouvement planétaire inspiré par les actions de la jeune Suédoise Greta Thunberg.
   «On va finir par avoir une hécatombe à cause de l’inaction gouvernementale, parce qu’on met les profits des multinationales devant les droits de la personne et devant les droits de l’environnement», s'est indigné une jeune femme.
   «Les décisions qui vont être prises aujourd’hui vont influencer notre avenir, a plaidé Sophie Montpetit, élève de l’école Robert-Gravel. Si on ne prend pas [les bonnes] aujourd’hui, tout l’avenir qu’on est censé bâtir, innover et rêver ne sera plus accessible pour moi ou pour les générations qui vont suivre. Beaucoup de gens nous pointent en disant qu’on a tout, qu’on n’a pas de raison de se plaindre, mais on se bat pour notre avenir et pour celui de tout le monde», a-t-elle lancé avec beaucoup d'émotion. «C’est le temps de changer, c'est le temps de s’unir et de faire le changement. Il ne faut plus l’attendre. C’est nous, le changement.»

Photo : Radio-Canada. La marche pour le climat a pris son départ au pied du Monument à George-Étienne Cartier, en face du parc Jeanne-Mance. Une véritable marée humaine s'étendait sur l'avenue du Parc.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Touchette. Les étudiants ont marché par milliers dans les rues de Montréal.

Un seul mensonge découvert suffit pour créer le doute sur chaque vérité exprimée  

Il est parfaitement normal d'en avoir marre des jeux  et de la bêtise de notre monde. Beaucoup de gens commencent à reconnaître la manipulation omniprésente dans le milieu des affaires, en politique, dans les religions, les relations interpersonnelles, etc. Les jeux naissent toujours de concepts de séparation qui justifient la manipulation des personnes et des circonstances par la publicité, les discours, les nouvelles, la prédication, etc., comme étant parfaitement acceptables pour obtenir ce dont on a «besoin».
   Jusqu'à maintenant, nous nous sommes laissés berner, hypnotiser, par les croyances des autres, surtout quand les paroles, présentées dans de beaux et dispendieux emballages, venaient des autorités. Nous ne savions pas que notre acceptation aveugle, par ignorance, ne servait qu’à remplir les coffres des égoïstes.
   Mais de plus en plus de gens se réveillent et découvrent que «l'Empereur est nu». Le conte de Hans Christian Andersen Les habits neufs de l’empereur fut publié en 1837, mais le parallèle avec nos premiers ministres actuels est éclatant : Un empereur, qui aimait par-dessus tout être bien habillé, se laissa convaincre de se faire confectionner un nouvel habit par deux charlatans. Ces escrocs prétendaient savoir tisser une étoffe que seules les personnes sottes ou incapables de remplir leurs fonctions ne pouvaient voir. Un jour de fête, l’empereur se revêt de ce nouvel habit et ainsi, vêtu de rien, se promène nu devant la foule. Par peur de paraître sotte ou incapable de remplir ses fonctions, la foule ne dit rien, jusqu’au moment où un petit garçon s’écrie «L’empereur est nu!».   
   Nous comprenons maintenant que les croyances que nous prenions pour des vérités étaient en réalité des mensonges, et nous nous demandons comment nous avons pu y croire. Dès lors, nous ne devrions pas nous décourager si nous ne sommes plus en résonance avec certaines personnes, certains aliments ou certaines activités.
   Notre système de croyances était basé sur des concepts qui prônent le droit de faire n’importe quoi pour atteindre l’ultime but de la vie : être heureux, riches, beaux, et se procurer un maximum d’objets de luxe inutiles. Lorsque les gens constatent qu'ils sont incapables d'atteindre ces objectifs, ils se tournent souvent vers les drogues ou l'alcool. Le sentiment d’échec ne fait que renforcer le manque, la limitation et la souffrance dont ils voulaient se débarrasser. En général, ces expériences sont des «appels au réveil» destinés à développer un esprit plus critique, à s'ouvrir à des valeurs différentes et à une plus grande perspicacité.