23 septembre 2017

Notre voix menacée d’extinction

Il n’existe pas d’antibiotiques contre le virus de l’aphonie civile propagé par les régimes totalitaires (ou à tendance).  

La démocratie bafouée

En juin dernier, j’ai publié quelques extraits d’un article de Danielle Beaudoin :
De plus en plus de citoyens bâillonnés dans le monde. Je cite : «Il y a des prisonniers d’opinion dans une soixantaine de pays. Parmi les États les plus répressifs figurent notamment la Chine, la Syrie, l’Arabie saoudite, la Russie et la Corée du Nord.» (1) 

Les grandes puissances et les dictatures ne sont pas les seules à bafouer la démocratie et les populations civiles.


Voilà que l’Espagne se joint au peloton : 14 responsables du gouvernement indépendantiste catalan ont été arrêtés... «Le problème au moment où nous sommes, c’est qu’il y a une répression de la part de l’État, contre des gens qui demandent légitimement et pacifiquement la nécessité, le besoin de faire un référendum. En ce moment, la question n’est pas de savoir si les gens sont favorables ou non à faire de la Catalogne un État indépendant, mais de constater qu'un État de droit tente d’empêcher la tenue d’un débat politique à ce sujet. Nous avons des gens qui ont dormi en prison ce soir pour avoir demandé, pour avoir organisé, pour avoir répondu à la demande majoritaire de tenir un référendum», déplore M. Raul Romeva, ministre des Affaires étrangères de la Catalogne. 


Comment se porte la démocratie dans le monde? 
La réponse en carte (à voir!!)

Moins de la moitié de la population mondiale vit dans une démocratie. Les libertés individuelles sont en recul depuis 10 ans et la Corée du Nord et la Russie n'en sont pas les seules responsables. De nombreux régimes autoritaires passent complètement inaperçus. État des lieux.

Selon l’ONG américaine Freedom House, 50 pays sont encore gouvernés sous des régimes autoritaires, alors que 56 autres sont seulement «en partie libres». Réunis, ces États, qui offrent très peu de liberté à leur population, surpassent les 86 où l’organisme estime que les institutions démocratiques permettent à leurs résidents de jouir de droits politiques et civiques. [...] Constat alarmant : la démocratie périclite depuis 10 ans, pendant que moins de pays parviennent à faire des gains pour rompre avec les régimes politiques autoritaires. [...]  

«Ce qu’on observe, c’est le retour des hommes forts, comme Vladimir Poutine en Russie ou Recep Tayyip Erdogan en Turquie. Même les États-Unis ont élu Donald Trump, qui a tout le caractère d’un politicien populiste. Le concept de dictature, où tout le pouvoir politique est concentré entre les mains d’un seul individu – ou d’un petit groupe d’individus – a beau avoir évolué, plusieurs pays présentent encore des caractéristiques qui collent à la peau des régimes autoritaires. ... Des élections ne riment pas nécessairement avec la démocratie.» André Laliberté, professeur titulaire à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa  

«Le développement économique se fait au nom du musellement de la liberté d’expression. Ça n’empêche pas les pays d’évoluer économiquement parlant, mais sous le joug d’une liberté d’expression complètement muselée», déplore Béatrice Vaugrante, DG d’Amnistie internationale pour le Canada francophone.  Le bilan en matière de droits de la personne – la liberté d’expression, de religion, d’association et de circulation – est donc très peu reluisant dans les pays où sont établis des régimes autoritaires. Ces droits ne sont tout simplement pas respectés dans une longue liste dressée par l’organisme. «C’est la misère. Il y a des inégalités assez flagrantes dans ces pays», se désole Mme Vaugrante, alors que les populations y vivent dans un climat de peur. 

Un texte de Daniel Blanchette Pelletier 

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(1) Extraits complémentaires de l’article de Danielle Beaudoin  (17 juin 2017)

Quels outils pour bâillonner les citoyens?

Des législations aux termes généraux, qui donnent aux autorités une grande latitude pour faire ce qu’elles veulent.
Le renforcement des lois antiterroristes, qui permettent à certains gouvernements de cautionner des mesures répressives.
Coupures d’Internet, au nom de la sécurité nationale, avant des élections ou lors de manifestations, comme en Turquie ou en Ouganda.
Surveillance des communications personnelles en ligne au nom de la sécurité nationale, notamment en Russie, en France, en Royaume-Uni et au Brésil.
Manque de transparence de nombreux États qui restreignent l’accès à l’information d’intérêt public au nom de la sécurité nationale.
Criminalisation de la critique, comme au Vietnam, en Iran, en Azerbaïdjan et en Thaïlande, où des personnes sont détenues et poursuivies pour avoir critiqué les autorités.
Des lois sur l’apostasie et le blasphème dans de nombreux États.
Des lois qui restreignent la liberté d’expression des femmes, des LGBT et des artistes.

Source : Rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’expression et d’opinion

Risquer sa vie pour défendre les droits de la personne
Les défenseurs des droits de la personne sont de plus en plus persécutés, qu’ils soient avocats, journalistes, syndicalistes, lanceurs d’alerte ou encore paysans. En 2016, 281 militants ont été tués pour avoir défendu pacifiquement les droits de la personne, comparativement à 156 en 2015, selon les données de l’ONG Front Line Defenders.
   En 2016, les trois quarts de ces meurtres ont été commis dans les Amériques. Le Honduras et le Guatemala sont parmi les pays les plus dangereux du monde pour les militants des droits liés à la terre et à l’environnement. Ces derniers sont souvent l’objet de menaces, de fausses accusations, de diffamation ou de meurtres. [...] 

Elles brûlaient pendant que nous marchions – Le 8 mars 2017, 56 jeunes filles brûlaient vives dans un foyer pour mineurs géré par l’État du Guatemala sous les yeux et l’indifférence de la police nationale. La veille, elles avaient voulu s’échapper à cause des violences psychologiques, physiques et sexuelles qu’elles subissaient. Contre tous les féminicides. Ni oubli, ni pardon. Exigeons justice et vérité.

Trump et la désinformation
L’élection du président américain Donald Trump représente une menace à la liberté d’expression, selon Louis-Philippe Lampron, professeur en droits et libertés de la personne à l’Université Laval. «Avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, la frontière se brouille de plus en plus entre le mensonge, la propagande et la réalité. Il est plus difficile d’avoir accès à une information factuelle et crédible. Sans compter la campagne de Donald Trump et ses ‘sbires’ contre les médias américains. En lançant des mensonges encore et encore, en envoyant le message que les faits n’ont plus d’importance, on revient presque à une situation où c’est : “crois ou meurs”. Je vous dirais que c’est le principal enjeu sur la liberté d’expression.»

Surtout ne pas se taire
L’année 2017 a besoin de héros des droits de la personne, déclare Amnistie dans son rapport. L’organisation y vante la ténacité des citoyens, qui malgré tous les dangers, manifestent, prennent la parole et s’affirment. «Si on veut regarder un côté plus positif, plus lumineux, c’est que, plus que jamais aujourd’hui, la société civile peut s’organiser et a les moyens de s’organiser. Les gens sont de plus en plus au courant de leurs droits, et l’information circule mieux qu’avant grâce aux réseaux sociaux», observe Mireille Elchacar, d’Amnistie internationale.

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Dans la même veine : L’érosion de nos droits et libertés 

21 septembre 2017

Une nouvelle forme de maltraitance ignoble dans les foyers d’hébergement

Être inapte, atteint d’Alzheimer ou de sénilité, signifie qu’on est à la merci du personnel soignant pour tous ses besoins de base. Ce qui est en soi déjà rabaissant. Eh bien, figurez-vous que certains préposés ajoutent méchanceté et horreur à cette condition en publiant des photos humiliantes pour les résidents, sur les réseaux sociaux.

Ouais, ce qu’on raconte dans l’article ci-après se passe aux États-Unis. Mais, qui peut nous assurer que cette pratique n’existe pas dans nos merveilleux CHSLD?! À mon avis, on devrait interdire les smartphones aux préposés, quitte à les mettre sous clé durant leurs quarts de travail.

Ce qui ramène aussi le débat sur le consentement anticipé au droit de mourir dans la dignité, en cas d’Alzheimer et de sénilité. L’option a été approuvée par la Cour suprême, mais qui n’a pas pris effet à cause d’un groupe de médecins récalcitrants. Le Québec a produit une espèce de simulacre remplis de restrictions, qu’il ne garantit rien.

Plus je vieillis, plus j’ai envie de déménager aux Pays-Bas où si l’on a le droit de naître, on a aussi le droit de mourir (1).    

Voulez-vous finir vos jours dans un CHSLD?
Si la réponse est NON, joignez le mouvement, signez les pétitions, battez-vous pour vos droits, exigez l’inclusion du consentement anticipé, devenez membre de l’une ou l’autre de ces associations :
Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité (AQDMD)
Dying With Dignity Canada (DWDC)

Voyez aussi le libellé «Euthanasie»; j’ai abondamment couvert le sujet étant donné le vécu de ma mère. 

«Qu'est-ce donc que la vie humaine sinon un collier de blessures que l'on passe autour de son cou? À quoi sert d'aller ainsi dans les jours, les mois, les années, toujours plus faible, toujours meurtri? Pourquoi faut-il que les lendemains soient toujours plus amers que les jours passés qui le sont déjà trop?» ~ Philippe Claudel (La petite fille de Monsieur Linh)

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Une nouvelle forme de maltraitance scandaleuse dans les foyers d’hébergement

Safer America | Care2

Quand on parle de maltraitance reliée aux centres d’hébergement de soins de longue durée pour les personnes âgées ou physiquement inaptes, on pense à négligence, violence (psychologique et physique), isolement et exploitation financière. Mais il y a une forme de maltraitance que plusieurs parmi nous ignorent, et qui, malheureusement, est en croissance.
   Dans certains centres d’hébergement, les employés pratiquent ce qu’on appelle maintenant «maltraitance via les médias sociaux». Cela consiste à prendre des photos ou des vidéos inappropriées de patients âgés durant leurs soins et à les afficher sur Snapchat, Instagram et Facebook.
   Selon ProPublica, qui traque ce genre de publications depuis 2015, 65 cas ont été dument documentés entre 2012 et 2015. Mais l’on présume que ce n’est qu’une fraction de tous les messages explicites de cette nature. L'un des cas les plus odieux, était une photo publiée sur Snapchat montrant les fesses souillées d'un patient et la main gantée d'un préposé tenant des matières fécales, et qu’il avait titré ainsi : «Voilà ce que je fais comme job». Un autre message incluait des photos des organes génitaux de patients, tandis qu’un autre montrait une relation sexuelle entre résidents.
   La nature extrêmement choquante et explicite de ces messages constitue une violation du droit à la vie privée des patients. Ces messages représentent non seulement une atteinte à la dignité de la personne, mais ils sont carrément illégaux; et, ils ont parfois mené à des accusations criminelles.
   La plupart des 65 cas identifiés par ProPublica impliquait le réseau Snapchat, où les photos et vidéos sont montrées l'espace de quelques secondes puis disparaissent. La violence psychologique associée à ce genre de publications sur les réseaux sociaux dure malheureusement beaucoup plus longtemps pour la victime et ses proches.
   L'été dernier, dans le but de freiner cette tendance inquiétante chez les travailleurs des établissements, les Centers for Medicare and Medicaid Services ont demandé l’instauration de politiques interdisant la prise et la publication de photos ou de vidéos avilissantes pour les patients. La nécessité de politiques strictes a été reconnue en 2016, après qu’un infirmier auxiliaire en Iowa ait diffusé une photo particulièrement humiliante d'un patient âgé avec son pantalon baissé couvert d’excréments; à l’époque aucune politique ne permettait d’incriminer le préposé.
   L’analyse de ces cas de maltraitance a de quoi faire frémir. Ces messages blessants ridiculisent des patients extrêmement vulnérables, dont plusieurs souffrent de démence ou d'Alzheimer. L’on s’attend à ce que les employés des centres d’hébergement respectent la vie privée de leurs patients, et ces messages indécents démontrent un flagrant mésusage de leur position.
   Considérant toutes les formes de maltraitance envers les personnes âgées ou atteintes d’une maladie dégénérative, on estime que sur 14 cas, un seul est rapporté aux autorités; cela laisse supposer que le nombre de messages violents publiés sur les médias sociaux est beaucoup plus élevé que les 65 retrouvés par ProPublica. Même si quelques centres d’hébergement de soins de longue durée ont adopté des politiques exigeant la dénonciation de ces cas de maltraitance, la plupart des rapports d’inspection gouvernementale indiquent que les normes standards ne sont pas maintenues.
   Le blâme ne repose pas seulement sur les établissements. Le sénateur de l'Iowa, Charles Grassley (l’état compilait les pires cas) tient les propriétaires de plateformes numériques responsables de l’augmentation des cas de cette nature. En ce moment, si quelqu’un rapporte un abus sur le site d’un réseau, il reçoit un message indiquant que la plateforme n'est pas en mesure de faire quoi que ce soit; ce qui laisse de nombreuses victimes de maltraitance incapables de se défendre elles-mêmes. Confrontés à cette question, Facebook et Snapchat ont déclaré publiquement qu'ils s'employaient à freiner la diffusion de ce genre de photos et vidéos sur leurs sites.
   Plus il y aura de cas dénoncés et d’établissements vigilants et punitifs envers de tels comportements, plus nous aurons des politiques strictes et une meilleure surveillance des médias sociaux. La maltraitance des personnes âgées sur les médias sociaux est un autre moyen pour les gens de s'attaquer à nos citoyens les plus vulnérables, et en tant que société, il est de notre devoir de protéger ceux qui ont besoin de protection.


ProPublica:

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COMMENTAIRE : Au lieu d’augmenter le salaire des médecins, notre gouvernement devrait mieux payer les préposés qui font le sale boulot (à salaire de crève-faim). Peut-être y aurait-il moins de grossières indécences ou de violence envers les patients. Ah oui, notre généreux ministère de la santé a délié les cordons de sa bourse afin que les patients aient deux bains par semaine. Wow!

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(1) Le gros bon sens d’Hector Berlioz (1803-1869)

L'inutile torture

Les choses et les hommes changent cependant, il est vrai, mais si lentement que ce n’est pas dans le court espace de temps embrassé par une existence humaine que ce changement peut être perceptible. Il me faudrait vivre deux cents ans pour en ressentir le bienfait.
   J’ai perdu ma sœur aînée, Nanci. Elle est morte d’un cancer au sein, après six mois d’horribles souffrances qui lui arrachaient nuit et jour des cris déchirants. Mon autre sœur, ma chère Adèle, qui s’était rendue à Grenoble pour la soigner et qui ne l’a pas quittée jusqu’à sa dernière heure, a failli succomber aux fatigues et aux cruelles impressions que lui a causées cette lente agonie.
   Et pas un médecin n’a osé avoir l’humanité de mettre fin à ce martyre, en faisant respirer à ma sœur un flacon de chloroforme. On fait cela pour éviter à un patient la douleur d’une opération chirurgicale qui dure un quart de minute, et on s’abstient d’y recourir pour le délivrer d’une torture de six mois. Quand il est prouvé, certain, que nul remède, rien, pas même le temps, ne peut guérir un mal affreux; quand la mort est évidemment le bien suprême, la délivrance, la joie, le bonheur!...
   Mais les lois sont là qui le défendent, et les idées religieuses qui s’y opposent non moins formellement.
   Et ma sœur, sans doute, n’eût pas consenti à se délivrer ainsi si on le lui eût proposé. «Il faut que la volonté de Dieu soit faite.» Comme si tout ce qui arrive n’arrivait pas par la volonté de Dieu... et comme si la délivrance de la patiente, par une mort douce et prompte, n’eût pas été aussi bien le résultat de la volonté de Dieu que son exécrable et inutile torture...
   Quels non-sens que ces questions de fatalité, de divinité, de libre arbitre, etc.!! c’est l’absurde infini; l’entendement humain y tournoie et ne peut que s’y perdre.
   En tout cas, la plus horrible chose de ce monde, pour nous, êtres vivants et sensibles, c’est la souffrance inexorable, ce sont les douleurs sans compensation possible arrivées à ce degré d’intensité; et il faut être ou barbare ou stupide, ou l’un et l’autre à la fois, pour ne pas employer le moyen sûr et doux dont on dispose aujourd’hui pour y mettre un terme. Les sauvages sont plus intelligents et plus humains.

Mémoires de Hector Berlioz; chap. LIX

Deux cents ans plus tard on n’est guère plus avancé...

20 septembre 2017

Diable, que faire de tout ce chaos?

«Non seulement je ne sais pas ce qui se passe, mais je ne saurais pas quoi faire si je le savais.» ~ George Carlin

«Comment pouvons-nous parler de progrès alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles manifestations de la vie? Nos artistes, nos architectes, nos savants, nos penseurs suent sang et eau pour rendre la vie plus belle et en même temps nous nous enfonçons dans nos dernières forêts, la main sur la détente d’une arme automatique. [...] Il faut lutter contre cette dégradation de la dernière authenticité de la Terre et de l’idée que l’homme se fait des lieux où il vit. [...] Il faut absolument que les hommes parviennent à préserver autre chose que ce qui leur sert à faire des semelles, ou des machines à coudre, qu’ils laissent de la marge, une réserve, où il leur serait possible de se réfugier de temps en temps. C’est alors seulement que l’on pourra parler de civilisation.» ~ Romain Gary; 1914-1980 (Les racines du ciel)

Quand on voit la désolation après les catastrophes, en des endroits où la concentration démographique est très dense, le problème des sans-abris ou des réfugiés fait frémir. Songeons aux clandestins mexicains aux États-Unis, aux migrants en Europe, aux Rohingyas fuyant la Birmanie, aux victimes d’ouragans et de séismes, aux murs qui s’affaissent ou s’élèvent un peu partout : comment et où caser des centaines de milliers de personnes en détresse? C’est horrible, colossal, insensé, étriqué et si peu «maniable». Il suffit d’un changement politique, économique, climatique, géophysique, ou d’une guerre civile, pour que tout bascule.

Toute destruction importante fait monter à la surface déchets, saleté, boue, puanteur. Au propre et au figuré. Ces désastres sont peut-être des baromètres qui nous signalent que nos vieux systèmes ancrés dans la peur, l’avidité, la corruption, le racisme, la ségrégation, l’égoïsme, le mensonge et l’injustice s’écroulent et doivent être transformés. Or, plusieurs s’agrippent à ce qui n’a pas d’avenir. Comme dit le proverbe, ‘si ça brasse sur le navire, ne t’accroche à rien qui traîne sur le pont’.

«Nous, les pays de la Caraïbe, ne sommes pas les grands émetteurs de gaz à effet de serre mais aujourd'hui, nous payons les pots cassés.» ~ Jovenel Moïse, président d’Haïti, commentant le changement climatique. (20 septembre 2017) 

Les arbres de la croissance économique. On reconnaît l'arbre à ses fruits, dit-on... Photo : AFP | Chanchung, mars 2016

Ce texte a été publié en novembre 2008. Neuf années cruciales de perdues. Nous avons attendu après les décideurs politiques en vain. Santé Canada «étudie» depuis 2012 le dossier du glyphosate (pesticide Roundup de Monsanto, un cancérigène avéré), et celui des néonicotinoïdes qui tuent les abeilles et de nombreuses espèces de la chaîne (insectes favorables, oiseaux, grenouilles, poissons), pour finalement atteindre l’espèce humaine. Santé Canada ne prendra pas décision avant 2018 et celle-ci ne prendrait effet qu’en 2021 – quatre années supplémentaires de perdues et encore plus d’animaux disparus. Combien de rapports supplémentaires faudra-t-il à nos décideurs politiques? Les bonnes intentions, les belles paroles et les rapports ne changent rien. Encore moins les mensonges. Il faut donc agir individuellement, à travers nos choix de consommation. Ce qui ne nous protégera pas contre les conséquences délétères accumulées dans l'air, l'eau et le sol. Maigre consolation : nous engraisserons moins les ogres de l’agrobusiness et de la pétrochimie, et peut-être que la force du nombre aura un effet... 

À relire attentivement :

NOUS Y SOMMES!
Fred Vargas, archéozoologue et auteure de romans policiers

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis «nous», entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles : faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s'est marrés. Franchement on en a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes. Mais nous y sommes. À la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. «On est obligés de la faire, la Troisième Révolution?» demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.

C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix. On s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance. Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille, récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés). S'efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d'échappatoire, allons-y. Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible. À condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie – une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.

À ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. À ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

18 septembre 2017

Le pétrole est une denrée comestible

En dépit des ouragans Harvey et Irma qui ont bouleversé le sud des États-Unis, les pétrolières continuent d’extraire du pétrole tandis que les réserves de brut en excès stagnent dans des conteneurs (de plus en plus nombreux) en attendant que les prix montent suffisamment à la bourse. Or la ressource n’est pas illimitée, il faudra nous passer des énergies sales un jour ou l’autre.

Bref, en ce moment, du pétrole y’en a tellement qu’on ne sait plus quoi en faire. On dit souvent que le pétrole ne se mange pas. Faux. Le pétrole est comme «dieu», partout, dans tout, omniprésent, parfois subtilement caché dans les vêtements, la nourriture, les médicaments, etc. En réalité on mange, on boit, on porte, on manipule du pétrole 24/24. Nous avons été drogués, pourquoi ne pas nous sevrer maintenant? 
Image : Let’s Pollute : Détruisons la planète dans la joie et la bonne humeur

Une autre carcasse de baleine noire repérée au Nouveau-Brunswick
   ÎLE MISCOU, N.-B. — La carcasse d’une autre baleine noire a été repérée vendredi au large du Nouveau-Brunswick, rapporte Pêches et Océans Canada.
   Depuis juin, 11 baleines noires sont mortes dans le golfe du Saint-Laurent — un nombre sans précédent pour cette espèce en danger.
   Les scientifiques et les groupes de protection de la faune signalent que la baleine noire de l’Atlantique Nord risque de disparaître, avec seulement quelque 500 baleines restantes dans le monde.
   Le ministère canadien a annoncé qu’on tentera de récupérer la carcasse flottant à proximité de l’île Miscou et d’effectuer une nécropsie la semaine prochaine.
   On ignore s’il s’agit de la même baleine aperçue non loin de la péninsule de Gaspé, enchevêtrée dans des filets de pêche en août.
(La Presse Canadienne; 16 septembre 2017) 

Feb. 14, 2017 photo provided by the Center for Coastal Studies, a pair of right whales feed just below the surface of Cape Cod Bay off shore from Provincetown, Mass. Fisheries officials are trying to figure out what caused the recent deaths of several endangered right whales in the waters off eastern Canada. THE CANADIAN PRESS/AP-Center for Coastal Studies via AP

Merci à la pollution, au pétrole, aux cargos, aux filets de pêche au crabe, etc. Nous pourrons nous vanter d’avoir participé efficacement à l’extinction d’une autre espéce.

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Nous associons principalement le pétrole au carburant destiné au transport. Cependant, sur les 42 gallons de pétrole contenus dans un baril, seulement 19,4 gallons servent à produire de l’essence.

Où vont les 22,6 gallons restants?

En 1872, le chimiste Robert Chesebrough proposa une méthode pour fabriquer une gelée cireuse avec les résidus des puits de pétrole. Comment s’appelle cette substance aujourd'hui? Vaseline. Quelques années plus tard, en 1913, la soeur d'un dénommé Thomas Williams a commencé à ajouter des agents pour transformer et colorer cette substance – la compagnie s’appelle Maybelline. Très bientôt, des centaines d'autres produits dérivés du pétrole apparurent sur le marché : bougies, cires d'étanchéité, ammoniac et... gomme à mâcher!

Les produits dérivés du pétrole Eco-Friendly sont-ils sécuritaires?
Voilà une question à un million de dollars.

Nous sommes nombreux à travailler fort pour contribuer à réduire la production de pétrole et limiter notre utilisation de carburants fossiles : nous éliminons les déplacements inutiles en voiture, nous utilisons les transports en commun et nous évitons autant que possible les matières plastiques. Le problème c’est que les dérivés du pétrole sont infiltrés dans beaucoup plus de produits qu’on ne le soupçonne.

C’est aussi une question de sécurité.

La gelée de pétrole, par exemple, est un sous-produit de l'extraction et du raffinage pétrolier. Tandis que l'industrie des cosmétiques et des soins corporels prétend avoir supprimé de ses produits tous les éléments nuisibles à base de pétrole, les chercheurs en trouvent encore. Vos produits de beauté sont-ils sécuritaires? Vérifiez si l’un de ces noms figure dans la liste des ingrédients : huile minérale, petroleum, huile de paraffine, paraffine liquide. Les produits pétroliers comme l'huile minérale ne peuvent pas être métabolisés (ce qui signifie qu'une fois introduits dans le corps ils n’en sortent jamais), et certaines études démontrent qu'ils peuvent être cancérigènes.

Dix produits, parmi la multitude, qui contiennent du pétrole.

1. Cosmétiques
De nombreux produits cosmétiques tels que le rouge à lèvres et les lotions sont fabriqués avec des dérivés du pétrole. Par exemple, la paraffine permet au bâton de rouge à lèvres de garder sa forme et de glisser facilement dans le tube. Il serait peut-être temps de remplacer ce rouge à lèvres, compte tenu de la quantité qu'une femme peut avaler au cours de sa vie.

2. Bas de nylon
Les bas de nylon proviennent d’une fibre textile thermoplastique tirée du pétrole.

3. Les tissus synthétiques
La plupart des tissus synthétiques résistant au froissement sont en polyester – une substance qui tire son origine du raffinage de pétrole. Toutefois, dans ce cas, ce n'est pas totalement mauvais. Les tissus en polyester peuvent être facilement recyclés pour produire de nouvelles fibres de polyester de haute qualité.
   Note : Par contre, le lavage libère avec la charpie des particules de polyester qui vont aux égouts et qui ne sont pas filtrées.

4. Gomme à mâcher
Dommage les amis, mais c'est vrai! Sa texture moelleuse provient d'un dérivé de pétrole composé de cires, de petroleum, d’acide stéarique, de glycérine, de lanoline et d’autres ingrédients inscrits sous l'appellation "gum base".

5. Dentifrice
Les dentifrices courants contiennent des ingrédients à base de carbone comme n'importe quel autre produit. Le poloxamére 407 (glycol), par exemple, est une substance qui aide les ingrédients à base de pétrole à se dissoudre dans l'eau. Elles ont un effet sur les cellules cancéreuses multirésistantes. Les fabricants de pâte dentifrice ajoutent aussi des colorants fabriqués à partir de pétrole : D&C Jaune #10, DYC Rouge #30, et FD&C Bleu #1. Le Rouge 40 est aussi très présent. Raison de plus pour commencer à faire votre propre dentifrice!

6. L'aspirine
L'aspirine est le médicament le plus utilisé à travers le monde. Aujourd'hui il contient du benzène, un hydrocarbure dérivé du pétrole. À la recherche d'une alternative naturelle? Essayez l'écorce de saule blanc.
   Note : Dans les conditions usuelles, le benzène est un liquide incolore, d'odeur caractéristique, volatil, très inflammable et un cancérigène avéré. C'est un précurseur important pour la synthèse de nombreux composés organiques : matières plastiques, caoutchoucs, solvants, plastifiants, détergents, parfums, colorants, additifs alimentaires, médicaments, pesticides, explosifs, etc. Il est également utilisé comme solvant dans différentes industries, et comme additif antidétonant dans l'essence. Il est produit par l'industrie pétrochimique. L'industrie du pétrole permet de nos jours de synthétiser de nombreux médicaments. Par exemple, le paracétamol et l'aspirine, qui sont très proches l'un de l'autre pour leurs effets thérapeutiques similaires (anti-inflammatoires, analgésique), et pour leur synthèse à base de benzène. La démarche pour obtenir du phénol reste toujours la même et provient du benzène.

7. Revêtements antiadhésifs
Vos poêlons recouverts de Téflon, que vous aimez tant, sont fait d'une combinaison de substances chimiques appelées PFC, dites lipophobes. Ces composés perfluorés sont très résistants à la chaleur et se dissolvent facilement dans l'eau et les graisses. Les industriels les utilisent dans de nombreux domaines, même s’ils sont fortement soupçonnés d'être toxiques pour l'homme et l'environnement. Ils ont été associés à de nombreuses maladies, comme le cancer, notamment du foie. Besoin d'un remplaçant? Revenez à la fonte ou à l’acier inoxydable.
   Note : On utilise un fluoropolymère, similaire au Téflon, pour les écrans «tactiles» des téléphones et tablettes afin de les rendre lipophobes. Comme ils suivent leurs utilisateurs à cœur de journée, même sous l’oreiller, imaginez les possibles conséquences.

8. Crayons de cire
Tous les crayons de cire Crayola sont fabriqués avec de la paraffine tirée du pétrole. Cette cire est également utilisée pour fabriquer des bougies, ajouter une couche de lustre aux pommes ou rendre le chocolat reluisant.

9. Équipement de sports
Les balles de golf et de basketball, les raquettes de tennis, et les skis sont tous fabriqués avec du pétrole sous une forme ou une autre.
   Note : J’ajouterais les jouets. Que d’horribles bébelles en plastique on trouve dans les maisons et les garderies! Les fabricants n’ont aucun souci des conséquences sur la santé des tout-petits.

10. Prothèses dentaires
Les prothèses modernes sont teintées avec des pigments à base de carbone (charbon et sous-produits pétroliers). Voulez-vous éviter les prothèses en plastique à base de pétrole? Essayez la soie dentaire (ni en plastique ni cirée) au quotidien.

Source : 10 Products You Won’t Believe Are Derived From Petroleum; Care2

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Les motifs pour mépriser les carburants fossiles sont nombreux

   Premièrement, la combustion du pétrole, du charbon et du gaz naturel emprisonnent la chaleur à l'intérieur de l'atmosphère et créent ce qu’on appelle l’effet de serre à l’origine du réchauffement climatique.
   Deuxièmement, les processus d’extraction sont très préjudiciables. La fracturation hydraulique, par exemple, provoque des tremblements de terre, introduit des produits chimiques dangereux dans le sol, contamine les précieuses sources d'eau potable et relâche des contaminants dans l'air.
   Troisièmement, le forage pétrolier et gazier bouleverse les cycles naturels de la faune. Les animaux sauvages dépendent de la terre pour leur subsistance et leur habitat. Quand l’industrie installe un puits de forage et des oléoducs, elle perturbe les routes migratoires, ainsi que les modes de reproduction, de nidification, et de communication entre les animaux.
   Tout cela, en plus des horribles déversements de pétrole en mer (tels que l'explosion de Deepwater Horizon de BP, golfe du Mexique), les fuites d’oléoducs (terres et cours d’eau). Les graves conséquences sanitaires font de l'extraction pétrolière/gazière une très vilaine industrie.

Que faire pour réduire notre consommation de pétrole?  

En tant que consommateurs, notre pouvoir se trouve dans nos portefeuilles. «À chaque fois que vous dépensez de l'argent vous votez pour le genre de monde que vous voulez», disait l’auteur et éducatrice Anna Lappé.
   Tant que nous resterons dépendants des énergies fossiles, les beaux endroits que nous chérissons seront menacés. Mais, si nous choisissions de nous sevrer du pétrole, d'opter pour des solutions énergétiques alternatives et d'acheter des produits qui concordent avec nos valeurs, nous pourrions renverser la vapeur.
   Dans cet esprit, voici quelques idées pour réduire individuellement notre dépendance aux carburants fossiles.

Renseignez-vous sur l'industrie pétrolière/gazière et les conséquences de la dépendance aux carburants fossiles à long terme sur l’environnement, la santé et la politique.
Évitez d'acheter des matières plastiques. Choisissez plutôt des produits fabriqués avec des matériaux durables et biodégradables.
Réduisez votre consommation d’électricité. Éteignez les lumières et les radiateurs dans les pièces que vous n’utilisez pas; débranchez les appareils inutilisés qui pompent de l'énergie fantôme.
Limitez vos déplacements en voiture. Marchez si la distance est raisonnable ou utilisez votre vélo; pensez au covoiturage et au transport en commun.
Renseignez-vous sur les options «énergie propre» pour votre propriété. Vous seriez surpris de constater que certaines de ces solutions sont abordables. Si vous ne pouvez pas assumer l’investissement, choisissez un fournisseur d'électricité qui fonctionne uniquement à l’énergie renouvelable.
Choisissez des produits de beauté qui ne contiennent aucun sous-produit pétrolier. Voulez-vous vraiment appliquer du pétrole toxique sur votre peau?
Le projet Zéro Déchets / Zéro Gaspillage nous donne l'occasion de réduire considérablement notre empreinte en choisissant la durabilité au lieu  de la commodité. C’est aussi une façon de dire un gros «non» aux produits dérivés du pétrole.
Cessez d’acheter de l'eau embouteillée pour de bon. Sauf exception, l’eau du robinet est potable. Les bouteilles, fabriquées avec des dérivés de pétrole, ajoutent à l’insulte, car souvent l’eau provient du robinet, sinon il s’agit d’eau de source «volée légalement» par des compagnies comme Nestlé, Coca-Cola, etc., en divers pays du monde.
Achetez des produits locaux. Une grande part de l’essence produite est utilisée pour le transport de marchandises. L'achat local signifie que les marchandises que vous achetez n'ont pas besoin d'être transportés sur de longues distances par camion, train, bateau ou avion, d’un bout à l’autre de la planète.
Contactez vos représentants pour exprimer et défendre vos valeurs. Bien qu'il existe un certain nombre d'avantages fiscaux pour les ménages qui passent à l'énergie propre, nous avons besoin de plus de soutien politique.

Source : Care2

15 septembre 2017

Rappel de véhicules humains

Une publicité réalisée par l’agence Brad pour SOS Violence conjugale : 
 "Rien n'excuse la violence". (Février 2016) 

Brad a choisi de déployer cette offensive principalement dans les publications destinées à un jeune public en raison des statistiques indiquant qu’au Québec, près de 40 % des victimes de violence conjugale sont âgées entre 18 et 29 ans.
   Selon Joane Turgeon, directrice générale de SOS Violence conjugale, chaque année, plus de 25 000 personnes frappent à la porte de l’organisme. Si le nombre demeure sensiblement le même, leur âge diminue, d’où l’importance de s’adresser directement à un public plus jeune. www.infopresse.com

Il n’y a pas si longtemps, au Québec, si un homme violait son épouse, ce n’était pas considéré comme un viol vu qu’il était marié. L’Église cautionnait implicitement ce comportement puisque la femme était la propriété du conjoint. Un bien-meuble en quelque sorte. 

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Ce qui suit s’inspire d'un mail en anglais non signé, adapté et laïcisé car l’original était orienté «prosélytisme biblique».

RAPPEL DE SÉCURITÉ 

Les fabricants de véhicules humains rappellent tous les modèles, indépendamment de la marque et de l'année, en raison d’un grave défaut de fabrication d’une pièce : le cœur. Cette dysfonction est due à certains codes intégrés dans les prototypes d’origine, Adam et Ève, qui se sont automatiquement reproduits dans tous les modèles subséquents. Ce défaut met en péril le bon fonctionnement du véhicule et présente de hauts risques à la fois pour le conducteur et d’autres personnes. En cas d’urgence, veuillez contacter le fabricant ou votre concessionnaire.

Principaux symptômes :
1. Perte du sens de l’orientation
2. Haine, rage, peur maladive
3. Absence de maîtrise
4. Dépression ou confusion
5. Absence de paix et de joie
6. Mémoire défectueuse 
7. Attitudes égoïstes et violentes
8. Intolérance
9. Comportements pervers

Les fabricants ont besoin de la collaboration des propriétaires pour corriger ce défaut; si votre véhicule fait l’objet d’un rappel, suivez leurs instructions. Beaucoup de gens qui reçoivent un rappel l’oublient ou décident de ne pas en tenir compte. Cette négligence peut avoir des conséquences graves. La réparation en usine est gratuite : les fabricants assument complètement les coûts particulièrement élevés vu le nombre de véhicules à modifier. Pour toutes les régions composez 1-000-C-O-E-U-R.

Les fabricants apporteront les mesures correctives suivantes :
1. Amour
2. Joie
3. Paix
4. Patience
5. Bonté
6. Tolérance
7. Bienveillance
8. Gentillesse
9. Maîtrise de soi

AVERTISSEMENT : Continuer à utiliser ce modèle sans les correctifs expose le véhicule à de graves sinistres et annule la garantie des fabricants. Les propriétaires qui ne répondront pas au rappel ne seront pas autorisés à circuler afin d’éviter tout accident malencontreux; les véhicules seront confisqués et recyclés.

En complément

Y a-t-il des colères justes?
La violence : les humains sont-ils mauvais jusqu’à l’os?
https://situationplanetaire.blogspot.ca/2017/06/y-t-il-des-coleres-justes.html

13 septembre 2017

Nos vacanciers dans les Caraïbes

Si quelqu’un part en vacances au Moyen-Orient, il s’expose à des dangers et devra assumer les conséquences de son choix de destination si malheur lui arrive.
   Pourquoi en irait-il autrement ailleurs? J’ai peine à croire que les touristes qui vont aux Caraïbes entre août et octobre ignorent que c’est la saison des ouragans. Les prix à la baisse peuvent certes séduire, mais l’assurance de désastres potentiels n’est-elle pas plus élevée à cette période? Beaucoup de Canadiens vont à Cuba parce que c’est beau, bon, «pas cher».

Les Canadiens coincés aux îles Turks et Caïcos reviennent au pays Daniel Dancause, conseiller en mesures d'urgence pour l'entreprise Prudent Groupe, se questionnait sur la gestion locale des vols et sur la volonté d'Ottawa de venir en aide à ses ressortissants à l'étranger. Selon lui, le Canada avait tout à fait les moyens de dépêcher des vols militaires. ... Il comprenait mal la tiédeur des autorités canadiennes à déployer des mesures pour ramener au pays leurs concitoyens pris dans les Caraïbes. «De toute évidence, là, on est dans la bureaucratie», disait-il.

Je comprends la peur-panique des vacanciers, mais dépêcher des vols militaires semble hors de proportion. Les compagnies aériennes civiles les auraient rapatriés, si? Ces touristes avaient l’air d’enfants gâtés – «Papa, papa, viens me chercher, je suis tombé dans un trou!». Pourquoi un traitement de faveur?

Impasse bureaucratique ou impasse éthique? Cela fait penser au «dilemme du tramway» de la philosophe britannique Philippa Foot (1).

Comme disait un journaliste, il y a deux Irma, celui des riches et celui des pauvres. Il y a ceux qui partent et ceux qui restent. Les insulaires laissés à eux-mêmes devront composer avec de graves problèmes de relocalisation, seront privés des services essentiels non pas pour quelques jours, mais pour des semaines, peut-être des mois. En outre, les médias n’avaient d’yeux que pour la Floride. C’est à peine si l’on a effleuré le tremblement de terre au Mexique. Un choix éditorial déroutant.

Cuba dévastée

Des rues de La Havane inondées après le passage de l'ouragan Irma. Photo : Radio-Canada

Éric Guilbert, un Québécois qui vit depuis plusieurs années à La Havane, a indiqué à RDI que les effets d’Irma ont été d’autant plus ravageurs à Cuba que le pays est pauvre.
   «La spécificité, c’est le Cubain lui-même, qui n’est pas prêt, qui n’a pas de ressources pour faire face à ça avec son pauvre petit salaire de 17 $ par mois qu’il reçoit de l’État cubain […]», témoigne-t-il.
   Il explique que «quand on a à faire face à un ouragan qui arrive, on n'a aucun moyen d’acheter du contreplaqué pour les fenêtres, de la nourriture ou de l’eau en bouteille».
   L’autre spécificité, c’est la « décrépitude » des bâtiments «parce que les gens n’ont pas d’argent pour réparer, pour faire de la maintenance sur leur propriété».
   M. Guilbert rappelle qu’il est fréquent de voir des murs et des toits s’effondrer en temps de fortes pluies.
   Selon lui, la priorité est de rétablir l’électricité, car le courant est indispensable pour faire fonctionner les pompes qui permettent aux Cubains d’avoir de l’eau en remplissant les réserves installées sur les toits des maisons.


Dans les Antilles, l’extrême richesse côtoie l’extrême pauvreté. La déforestation, les plantations de canne à sucre*, l’utilisation du bois comme combustible, l’agriculture sur brulis, le tourisme de masse (gros cruisers polluants stationnés sur les côtes), et les stations balnéaires ont fragilisé les îles déjà vulnérables. L’augmentation de la quantité de dioxyde de carbone libéré dans l’atmosphère, et le réchauffement des océans, devrait accroître l’intensité des ouragans et des orages tropicaux.

Les insulaires, majoritairement des descendants d’esclaves, sont dépendants du tourisme. Outre le tourisme, leur économie repose principalement sur le secteur bancaire étranger et les sociétés offshore ou paradis fiscaux, notamment les îles Turks et Caïcos... Ou encore Saint-Barthélemy : ce lieu de villégiature des stars, accueille de nombreux riches résidents étrangers, surtout américains; grâce à son statut de port franc, les habitants sont non imposables sur le revenu.

* La culture commerciale de la canne à sucre génère des impacts négatifs sur l'environnement partout où on la cultive massivement. La demande en sucre et en éthanol entraine notamment une progression de la monoculture de la canne, accroissant la déforestation, en Amazonie par exemple. Ailleurs, ce sont des terres marécageuses jugées improductives qui sont asséchées et canalisées pour y installer des champs de cannes à sucre, détruisant ces milieux fragiles et polluant les eaux en raison des épandages de pesticides et fongicides.  (Source : Wikipédia)

Îles les plus touchées par Irma (liste non exhaustive)
États souverains :
Antigua-et-Barbuda; Bahamas; Cuba;  République dominicaine; Haïti
Dépendances :
Anguilla; Porto Rico; Saint-Barthélemy; Saint-Martin; Îles Turks-et-Caïcos; Îles Vierges des États-Unis


(1) Extrait de «Mangeriez-vous votre chat?» 25 dilemmes éthiques et ce qu’ils révèlent sur vous; JEREMY STANGROOM; Les éditions de l’Homme 2015

Une variante de l’expérience de Philippa Foot :  

Êtes-vous prêt à sacrifier une personne pour en sauver cinq?

Conducteur de train chevronné, Bernard vit actuellement un véritable cauchemar. Il vient d’apprendre que sa locomotive présente une grave erreur de conception et que, s’il réduit sa vitesse à moins de 80 jm/h avant la prochaine station, le moteur explosera, tuant du même coup les 500 passagers du train. Comme si cela ne suffisait pas, on l’informe que cinq personnes sont attachées à un rail à quelques centaines de mètres devant lui. La bonne nouvelle est que Bernard a la possibilité d’appuyer sur le bouton pour dévier le train et épargner ces cinq malheureux individus. La mauvaise nouvelle est que, dans ce cas, le train écrasera un homme collé au rail de la voie secondaire, à la suite d’un enterrement de vie de garçon ayant tourné à la mauvaise blague...
   Si Bernard appuie sur le bouton, l’homme accroché au rail de la voie secondaire mourra. S’il ne le fait pas, les cinq personnes attachées au rail de la voie principale mourront. Il n’existe aucun moyen de ne tuer personne.

Bernard doit-il appuyer sur le bouton?

Pourquoi notre intuition morale varie-t-elle selon les circonstances sans que nous puissions l’expliquer?
   La majorité des personnes interrogées estiment que le conducteur doit appuyer sur le bouton afin de ne tuer qu’une seule personne au lieu de cinq. Un adepte de l’éthique utilitariste, qui privilégie le bonheur collectif, aura en effet tendance à considérer qu’il est du devoir du conducteur de faire le moins de morts possible.

La variante de la passerelle
Les choses se corsent lorsqu’on modifie légèrement le scénario d’après un exercice proposé par la philosophe américaine Judith Jarvis Thompson. Imaginons que vous vous tenez sur une passerelle au-dessus de la voie ferrée, avant l’arrivée du train, et qu’un homme de forte corpulence se trouve à vos côtés. La seule façon de sauver cinq personnes est de jeter le malheureux sur les rails à l’arrivée du train afin de le stopper. Est-ce un bon choix? Sur un plan mathématique, le résultat reste le même que précédemment : vous sauvez plus de vie si vous jetez l’homme sur la voie. Or, lorsque les faits sont présentés en ces termes, les personnes interrogées répondent le plus souvent qu’il serait mal d’agir ainsi – ce qui revient à contredire l’éthique utilitariste.
   Le fait que ces deux scénarios provoquent des réactions opposées appelle des explications. Deux éléments sont à considérer. En appuyant sur un bouton pour changer de direction, le conducteur du train n’agresse pas directement l’homme collé à la voie secondaire, contrairement à celui qui pousse l’homme obèse sur les rails. Aucune explication n’est satisfaisante, il semblerait que la divergence des réactions relève davantage de la psychologie que d’un raisonnement à strictement parler.

Baromètre moral

Si vous pensez que Bernard doit appuyer sur le bouton... alors, probablement :
Vous pensez que la moralité d’un acte est déterminée, au moins en partie, pas ses conséquences.
Vous considérez comme un devoir moral de limiter les préjudices si vous en avez la possibilité.

Si vous pensez que Bernard ne doit pas appuyer sur le bouton... alors, probablement :
Vous estimez que les conséquences jouent un rôle mineur, pour ne pas dire nul, dans un raisonnement éthique.
Vous ne pensez pas que l’on soit moralement tenu de limiter les préjudices.

L’ouvrage propose cet autre dilemme :

Faut-il interdire l’escalade en montagne?
Dans quelle mesure est-on libre de mettre sa vie ou celle des autres en danger?

Transposons : Faut-il interdire les voyages aux Caraïbes durant la saison des ouragans?

Où s’arrêtent nos libertés?

Droits et responsabilités
Les limites de la liberté individuelle soulèvent un débat vieux comme le monde. Aujourd’hui encore, le sujet continue de susciter polémiques et crispations.
   Avons-nous le droit de critiquer les autres pour leurs convictions religieuses? Doit-on légaliser le suicide assisté? Peut-on regarder des images sadomasochistes? Devrions-nous avoir le droit de téléphoner au volant?
   Si toutes ces questions sont d’actualité ou ont récemment fait l’objet d’un débat public, elles sont loin de faire consensus. En premier lieu, parce que nous les examinons à travers le prisme de nos convictions politiques et morales : un esprit progressiste, par exemple, n’a pas la même approche du suicide assisté qu’un esprit conservateur. En second lieu, parce que le problème des libertés individuelles est extraordinairement complexe.

Un manque de cohérence
Il convient de distinguer les activités dangereuses pour soi-même et celles qui mettent en péril la vie d’autrui. Ainsi, la conduite en état d’ivresse est illégale parce qu’elle met en danger à la fois le conducteur, les passagers et les personnes se trouvant sur son chemin; l’escalade, en revanche, devrait être une activité légale parce que périlleuse uniquement pour celui qui la pratique. À y regarder de plus près, cependant, cette distinction tend à devenir floue. Un grimpeur, surtout s’il est novice, met sa propre vie en danger, mais aussi celle de ses sauveteurs qui seraient amenés à le secourir; sans parler de ses proches qu’il expose au chagrin et à la souffrance si les choses tournaient mal pour lui. [...]

L’attitude libertaire
Le discours libertaire offre une issue, en partant du principe que l’État n’a pas à intervenir dans ce qui concerne, par exemple, la consommation de drogue ou l’escalade, puisqu’il s’agit de choix fondamentalement personnels. L’inconvénient de ce type d’approche est qu’elle ne tient pas compte du fait que, dans uns société moderne, les activités relevant purement de la sphère privée sont très peu nombreuses; d’autre part, toute activité individuelle impliquant une autre personne peut avoir un coût social. La solution serait ici de trouver un juste équilibre entre liberté individuelle et responsabilité personnelle.

10 septembre 2017

Changement climatique : un tueur en série (suite)

[Non textuel] «Les leçons n’ont pas de portée. La mémoire s’atrophie sous la pression économique et les intérêts financiers. Les désastres dynamisent l’économie; la reconstruction rapporte. L’incurie des gouvernements fait en sorte qu’on ne réfléchit pas à l’étalement urbain et à la bétonisation, comme au Texas, et à l’aménagement des zones littorales, comme en Floride. L’éducation est une nécessité.»
~ Rodolphe de Koninck, géographe (Université de Montréal)  

«La mémoire s’efface devant l’appétit du profit.»
~ Michel Desautels

Source : Desautels le dimanche, Radio-Canada Première | 10/09/2017  
Spécial «Irma» (excellente émission) :

C’est vrai que les sinistres sont particulièrement lucratifs pour les industries – réseaux routiers, aqueducs, édifices, habitations, services essentiels, etc., doivent être reconstruits. «Ça fait rouler l’économie», disent les élus et les travailleurs. Pourquoi prévenir alors? On rebâtit donc aux mêmes endroits, sachant que le même genre de désastre se reproduira tôt ou tard. Payant.

Le gouverneur de la Floride, Rick Scott, exhortait les gens à prier pour les Floridiens : “Pray, pray for everybody in Florida.” (Fox News Sunday)  

Si «Dieu» existe, il ne peut rien contre la folie des hommes. «Contre la stupidité, les dieux eux-mêmes luttent en vain», disait Friedrich Schiller. «Dieu» n’empêchera pas les hommes de bétonniser les bayous, les essuie-tout qui épongent les dégâts d’eau littoraux... Ces riches écosystèmes, contrairement au béton, absorbent à la fois l'eau et le dioxyde de carbone.  


À mon avis, les climatosceptiques sont soit des ignorants (manque d’éducation scientifique s’entend) , des ignorants crasses, ou des naïfs qui croient les professionnels du déni grassement payés pour désinformer le public. Plus d’éducation, moins de climatosceptiques. 


Voyez le documentaire (complet) «Montée des eaux, une menace planétaire» :
 

En 2012, à l’occasion de l’ouragan Sandy, Bill McKibben disait que les ouragans devraient porter les noms des producteurs d’énergies fossiles. Pas fou, j’approuve. Harvey aurait pu s’appeler KOCHTOPUS (voyez l’article précédent, 09/09/2017).

Why we should name hurricanes after fossil fuel corporations
Hurricane Sandy's intensity is connected to global warming caused by fossil fuel use so let's pin the blame where it belongs

Bill McKibben
The Guardian | Tuesday 6 November 2012

As gutsy New Yorkers begin the task of drying out the city, here's one thought that occurred to me last night watching the horrifying pictures from a distance. It's obviously not crucial right now – but in the long run it might make a difference. Why don't we stop naming these storms for people, and start naming them after oil companies?
   Global warming didn't "cause" the hurricane, of course – hurricanes are caused when a tropical wave washes off the coast of Africa and begins to spin in the far Atlantic. But this storm rode ocean waters five degrees warmer than normal, so it's no great shock that it turned into a monster. By the time it hit land, it had smashed every record for the lowest barometric pressure and the largest wind field.
   Most of its damage, of course, came from the savage storm surge, washing over the Rockaway, into Holland Tunnel. It was astonishing to watch on TV as the Lower East Side became a part of the East River. And one reason that surge was so high? The sea level in New York harbour has gone up a foot as the climate has warmed. Sandy had a big head start on flooding out the city.
   The fossil fuel companies have played the biggest role in making sure we don't slow global warming down. They've funded climate denial propagandists and helped pack Congress with anti-environmental extremists, making sure that commonsense steps to move toward renewable energy never happen. So maybe it's only right that we should honour their efforts by naming storms for them from now on. At the very least it's fun to imagine the newscasters announcing, “Exxon is coming ashore across New Jersey, leaving havoc in her wake”, or “Chevron forces evacuation of 375,000”.
[...]


Season of smoke
In a summer of wildfires and hurricanes, my son asks “Why is everything going wrong?”

Naomi Klein
The Intercept | September 9, 2017

Whatever You Do, Don’t Talk About Oil

Yet anyone holding out hope that the fires might jolt Trudeau into serious climate action has been gravely disappointed. Canada’s prime minister loves being photographed frolicking in British Columbia’s spectacular wilderness (preferably shirtless), and his wife Sophie Grégoire recently unleashed a hurricane of emojis by posting a picture of herself surfing off Vancouver island (it was during the fires and the sky looked hazy).
   But for all his gushing about British Columbia’s forests and coastal waters, Trudeau is slamming his foot on the accelerator when it comes to pipelines and tar sands expansion. “No country would find 173 billion barrels of oil in the ground and just leave them there,” he told a cheering crowd of oil and gas executives in Houston last March. He hasn’t budged since. Never mind that Houston has since flooded and a third of his country is on fire. This month, one of his top ministers said of the Kinder Morgan pipeline approval: “Nothing that’s happened since then has changed our mind that this is a good decision.” Trudeau is on fossil fuel autopilot and nothing, it seems, will make him swerve.
   Then there is President Donald Trump, whose climate crimes are too comprehensive and too layered to delineate here. It does seem worth mentioning, however, that he chose this summer of floods and fires to disband the federal advisory panel assessing the impacts of climate change on the U.S. and to greenlight Arctic drilling in the Beaufort Sea.
[...]
   During disasters, you hear a lot of praise for human resilience. And we are a remarkably resilient species. But that’s not always good. It seems we can get used to almost anything, even the steady annihilation of our own habitat.
[...] 


Que feraient les victimes si le naufrage du Titanic se déroulait aujourd'hui? C’était le thème choisi par le caricaturiste Pierre Brignaud au Concours international d'arts visuels Juste pour Rire 2015, catégorie humour noir (3e place sur 200 participations).

Le naufrage du Titanic ressemble à une répétition générale du naufrage planétaire qui se déroule sous nos yeux en temps réel.
Après 160 minutes, l’insubmersible paquebot a disparu.
Après 160 ans d’industrialisation à toute vapeur, pouvons-nous faire demi-tour et éviter le mur? Comme pour le Titanic, nos vigiles n’ont pas de jumelles, nos opérateurs radio ne transmettent pas les avertissements de danger imminent et le bateau file trop vite... Prenons des photos tandis qu’on le peut.

Depuis les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), on s'est rendu compte que les émissions de gaz à effet de serre par la civilisation industrielle constituent un facteur commun du développement des sociétés actuelles. C'est en effet depuis la révolution industrielle que les sociétés humaines extraient des énergies fossiles (charbon, puis pétrole et gaz naturel), dont la combustion rejette dans l'atmosphère des quantités très importantes de dioxyde de carbone, dont l'accumulation dans l'atmosphère est responsable de l'effet de serre et du réchauffement climatique global.
   Même si les diverses formes de combustion d'énergies fossiles constituent la source des émissions les plus évidentes, elles ne sont pas les seules : il y a aussi la combustion de la biomasse, la déforestation, la concentration urbaine (déchets), l'agriculture (émissions azotées causées par les engrais), l'élevage, etc. Même si certains facteurs préexistaient à la révolution industrielle, il est indéniable que l'augmentation des émissions du carbone fossile depuis 1860, et surtout depuis la Seconde Guerre mondiale, a provoqué une accélération du changement climatique.
   Le réchauffement climatique n'est pas la seule conséquence environnementale. Il faut citer également la perte de biodiversité, liée en grande partie à la déforestation, et aux diverses formes de pollution de l'eau, de l'air ou des sols. (Source : Wikipédia)

La nef humaine : ce navire perdu (article intégral, septembre 2016) :