21 mai 2017

À bas les CALÈCHES (bis) et le RODÉO du 375e MTL


Deux chevaux de calèche indisposés en moins d'une heure
Collaboration spéciale Steve Jolicoeur
Le Soleil, 20 mai 2017

(Québec) Deux chevaux de calèche ont été indisposés en moins d'une heure samedi, et ce, à quelques centaines de mètres l'un de l'autre dans le Vieux-Québec. 
   Le premier aurait pris «le mors aux dents» samedi après-midi alors qu'il circulait tout près du Château Frontenac, selon ce que rapporte le lieutenant Marc-André Desbiens, du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). La conductrice, blessée lors de l'incident, «n'était pas capable de le contrôler», ajoute-t-il.
   Le cheval a terminé sa course dans la pente entre la rue des Carrières et la terrasse Dufferin. La caléchière a été transportée à l'hôpital pour y traiter des blessures mineures aux jambes. 
   Le deuxième événement s'est produit très peu de temps après, devant la place d'Armes. Un cheval de calèche est demeuré étendu sur la chaussée pendant plus de deux heures après avoir trébuché sur la chaîne de trottoir, indique le lieutenant Desbiens. 
   Plusieurs responsables ont tenté de le relever, sans succès. C'est finalement un vétérinaire qui y est parvenu en lui administrant une dose d'adrénaline. Le cheval n'a pas été blessé, assure le SPVQ. 
   Un cheval de calèche est demeuré étendu sur la chaussée devant la place d'Armes pendant plus de deux heures après avoir trébuché sur la chaîne de trottoir.

Voyez la vidéo : 
http://www.lapresse.ca/le-soleil/justice-et-faits-divers/201705/20/01-5100007-deux-chevaux-de-caleche-indisposes-en-moins-dune-heure.php

Les chevaux sont toujours prisonniers de l’inconscience des promoteurs et des touristes. C’est horrible et révoltant. Hé, on est en 2017!

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Tradition n’est pas synonyme de bon sens... Beaucoup de grandes villes dans le monde ont banni la stupide tradition des tours de calèches.

En mai dernier, le maire Coderre avait tenté en vain de les bannir (1). Mais, les cochers ont eu gain de cause... L’avocat Audi Gozlan a invoqué la défense des droits de la personne et le droit au libre commerce. On n'a pas invoqué la nouvelle loi pour le bien-être et la protection des animaux, adoptée en décembre 2015. Celle-ci condamne les mauvais traitements, et les menaces à la santé et à la sécurité des animaux; d'après la nouvelle loi, les propriétaires doivent s'assurer que leurs animaux reçoivent des soins correspondant à leurs besoins biologiques.
   Plus stupide encore : en juillet dernier un cocher a commencé à utiliser une calèche électrique. Une idée brillante que l’administration de la ville, qui se prétend innovatrice, a désapprouvée.

Calèche électrique


Jacques Prud'homme, un cocher de Montréal, a voulu mettre en circulation dans les rues du Vieux-Montréal une calèche électrique sans chevaux, mais il s'est vu refuser son projet en raison de la non-conformité de son véhicule. 
   «Ce n’est pas une calèche», déclara la Ville. Après avoir été averti verbalement par des inspecteurs de l'arrondissement de Ville-Marie, le cocher Jacques Prud'homme a dû retirer sa calèche des postes d’attente pour les véhicules hippomobiles.
   Il ne peut pas non plus «circuler sur la voie publique étant donné qu’il n’a pas fait la démonstration qu’il détenait les autorisations et certificats d'homologation requis à cet effet», a expliqué Anik de Repentigny, porte-parole de l'arrondissement de Ville-Marie. (ICI Radio-Canada Première, TVA nouvelles, 21 juillet 2016)

On attend toujours une forme «d’illumination» chez les membres de l’administration de l’arrondissement Ville-Marie...  

Festival Western de St-Tite (lien de cause à effet...)

Imaginez que NomadFest Rodéo Urbain, vivement désapprouvé par la SPCA, des vétérinaires (objectifs) et le public, a réussi à se faufiler dans la programmation! Les promoteurs ont peut-être attrapé M. Coderre avec un quelconque lasso...

Du site de la ville de Montréal – Le Quai Jacques-Cartier sera le port d’attache de la première édition du NomadFest Rodéo Urbain du 24 au 27 août 2017. Durant quatre jours, cowboys et cowgirls pourront évoluer dans un environnement immersif country «nouveau genre». Conçu par TKNL Productions, en collaboration avec le Festival Western de St-Tite, ce festival se décline en trois volets : la programmation musicale, le volet gastronomique ainsi que le rodéo.
   Cet événement urbain a pour but de faire vivre une expérience authentique et instructive aux visiteurs. La zone interactive permettra d’explorer, à travers plusieurs activités, la vie d'un cowboy dans son quotidien et dans ses racines les plus profondes. C'est là que les visiteurs pourront s'adonner au lancer du fer ou encore se familiariser avec le lancer du lasso. Plusieurs exposants complèteront le menu de ce rendez-vous festif unique en son genre. 
   RODÉO – Aussi, les activités se déploieront autour de la présentation de quatre soirées de rodéos de haut calibre au sein d’une arène pouvant accueillir plus de 5000 spectateurs. Des épreuves de dressage et d’habileté seront présentées : la monte de cheval avec et sans selle, la monte du taureau, la course entre barils, la course de sauvetage, et l’échange de cavaliers. Sur leur monture, quelques 150 professionnels issus de plusieurs villes en Amérique du Nord démontreront tout leur savoir-faire.

Ce n’est rien d’autre que de la cruauté déguisée en divertissement. Il y a de quoi ruer dans les brancards... À quoi servent ces spectacles sinon à prouver que les cow-boys et les spectateurs sont sadiques?   

Nous n’avons aucune tradition «Rodéo» à Montréal. Il est sans doute trop tard pour faire annuler les représentations, mais vous pouvez au moins manifester votre désaccord en signant la pétition de la SPCA http://www.nonaurodeo.com/

Extrait de la lettre de Marc Bekoff adressée au maire Coderre 
(Source : SPCA de Montréal) 

   ...Personnellement, j'ai rapporté en 2013 le cas horrible d'un cheval de rodéo qui, sous l'effet des électrochocs qu'on lui avait fait subir pour l'agiter, était si terrifié au moment d'entrer dans l'arène qu'il s’est précipité contre un mur, avant de mourir quelques instants plus tard. Des cas si flagrants d'abus et de souffrance ne se voient évidemment pas dans tous les rodéos, mais toujours lors de ces événements, les animaux éprouvent un stress et une peur énormes, et subissent aussi des blessures. De plus, comme c'est le cas pour la plupart des sports, il y a de la triche dans les rodéos. Dans les coulisses, de façon dissimulée, toutes sortes d'incitatifs sadiques sont utilisés pour agiter les animaux; ce type d’événement éveille le «goût du sang» à la fois des participants et des spectateurs. En un mot, les animaux de rodéo n'aiment évidemment pas être traités de la sorte et ils en éprouvent de la douleur profonde et intense, qui perdure bien au-delà de l’événement. (...)

C'est de la torture. Photo : Avant leur course, les chevaux sont souvent forcés d'ingérer un mélange de liquides et de bicarbonate de soude pour améliorer leurs performances. Ce mélange élève leur rythme cardiaque, les faisant courir plus vite, mais il peut aussi provoquer des crises cardiaques sur la piste ou peu après la fin de la course. Le saignement de nez indique qu’on a administré ce mélange au cheval.

Un rodéo n'est pas une façon de souligner fièrement l'histoire d'une ville, d'autant moins si cette ville n'a pas historiquement de lien avec une activité si cruelle, comme c'est le cas de Calgary. (...) 
   Nous ne permettrions jamais que nos chiens ou nos chats adorés soient traités de la sorte. Les animaux forcés de participer à ces divertissements inutiles ne sont pourtant pas différents : ils ne ressentent pas moins la souffrance que les animaux avec qui nous partageons nos maisons. Eux aussi ont un système nerveux leur permettant d’éprouver la peur et la douleur. Ce sont des êtres conscients et sensibles. (...) 
   Je comprends que plusieurs organismes internationaux voués à la protection des animaux font actuellement pression sur la ville, et sur les commanditaires du 375e, pour que le rodéo soit annulé et remplacé par un autre événement à saveur éthique et positive, qui reflète réellement l'héritage de Montréal.
   J'espère que vous les écouterez. Annuler publiquement le rodéo serait non seulement très favorable à l'image de Montréal à travers le monde, mais cela viendrait également appuyer les efforts visant à mettre fin à cette activité barbare et archaïque ailleurs dans le monde. Je vous demande de montrer l’exemple et d’exiger l’annulation de ce rodéo. Ce geste de compassion vous honorerait et rejaillirait sur votre si belle ville. Et de mon côté, c'est avec plaisir que je le ferais connaître au monde entier.

Bien à vous,

Marc Bekoff, Ph. D.
Professeur émérite d’écologie et de biologie évolutive, Université du Colorado, Boulder

 
«Le rodéo n’est pas un hommage à Montréal mais une insulte à la ville et au Québec. Le rodéo est fondé sur la violence, ainsi que le stress et la peur engendrés chez les animaux qui sont utilisés dans les épreuves de lutte et de domination par l’être humain. Ces activités brutales engendrent une réponse de fuite chez les animaux et c'est de la peur ainsi que de cette fuite du danger que dépend le succès du spectacle. ... Les animaux utilisés lors des rodéos sont des êtres sensibles, capables de ressentir la souffrance, aussi bien psychologique (trop souvent ignorée ou négligée) que physique, et c'est cette capacité de ressentir la souffrance qui est exploitée par les adeptes des rodéos, c'est une caractéristique hautement désirée et nécessaire pour la réussite de ce genre d'activité brutale. En effet, quel intérêt y aurait-il à faire des épreuves sur des animaux figés, statiques, qui ne fuiraient pas ni ne se débattraient!» ~ Dr Jean-Jacques Kona-Boun, vétérinaire 
Sa lettre adressée au maire de Montréal : 
https://situationplanetaire.blogspot.ca/2017/02/svp-pas-de-rodeo-au-375e-de-montreal.html

La SPCA de Montréal vous encourage à choisir des activités récréatives ou des loisirs qui ne sont pas basés sur l’exploitation des animaux.

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(1) Des faits sur cette tradition barbare qui n’a aucune raison d’être dans la circulation et la pollution du Vieux Montréal (du Vieux Québec ou autre...). 

Ces fameuses calèches «patrimoniales» 
https://situationplanetaire.blogspot.ca/2016/05/ces-fameuses-caleches-patrimoniales.html
Suite :
https://situationplanetaire.blogspot.ca/2016/05/ces-fameuses-caleches-suite.html

À bas les calèches
https://situationplanetaire.blogspot.ca/2016/12/a-bas-les-caleches.html

Les calèches en ville : une institution barbare et désuète
https://situationplanetaire.blogspot.ca/2015/07/les-caleches-en-ville-une-institution.html

19 mai 2017

Les Géants de Nantes à Montréal (375MTL)


La petite géante et son chien se réveillent au Parc Jeanne-Mance (Photo ICI Radio-Canada)

J'ignore ce que la venue des Géants de Nantes coûte, mais tant qu’à donner dans la grandeur, au moins en matière de créativité, ce spectacle est à la hauteur de ses personnages. C’est une œuvre collective où chacun joue un rôle indispensable. J’aime voir le travail colossal des nombreux Lilliputiens responsables de faire bouger les yeux et les membres, de créer des expressions faciales, des mises en situation. Lorsque que les géants s’animent et nous regardent, il y a quelque chose d’indéfinissable qui se produit en nous. On est touché. En tous cas, si vous avez la possibilité d’aller les voir, ça vaut le déplacement. Le directeur/concepteur et ses collaborateurs ont ma plus grande admiration.

Pour connaître le parcours des géants (samedi et dimanche) :
http://www.375mtl.com/wp-content/uploads/2017/05/MM3P17-041-LesGeants_Dep_telechargeable_FR_REV1_HRC-compressed.pdf

Le suivi proposé par la ville est diffusé uniquement sur application téléphone intelligent. Mais les youtubeurs ont commencé à publier des vidéos – pratique pour les gens qui ne peuvent pas se rendre à Montréal ou qui n’ont pas de smartphone.

J’ai trouvé quelques vidéos sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=vtMWTPAxX68
https://www.youtube.com/watch?v=uEQ-CCsqkLM
https://www.youtube.com/watch?v=hjPUSeUYYX0


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Par contre, l’illumination du Pont Jacques-Cartier... ouille. Une prouesse technologique de clics lumineux vraiment ennuyante, que j’ai regardée sur le net vu le marketing médiatique. Rien de saisissant, de touchant ou de magique. Esthétique et froid. 


Le coût de 40 millions de dollars est assumé par le gouvernement fédéral semble-t-il. Quoiqu’il en soit ce sont toujours les contribuables qui paient la note. Mais, il y a aussi une facture environnementale non amortissable causée par les feux d’artifice accompagnant la démonstration. D’abord la pollution sonore (entre 130 à 190 dB), puis le cocktail de produits chimiques (non filtrable) directement largué dans le fleuve. 
     RAPPEL : Le souffre, le baryum, le magnésium, le chlore et le sulfure sont les principaux éléments entrant dans la fabrication des pièces pyrotechniques. Placées dans des mortiers, les bombes sont propulsées dans l’air grâce à une poudre noire – un mélange de souffre (10%), de charbon (15%) et de salpêtre (75%). Cette poudre, originaire de Chine, permet la propulsion, la couleur, le bruit, l’allumage, la propagation et le retardement. Elle permet aussi la combustion qui fait particulièrement souffrir l’environnement. En explosant, la bombe libère des millions de particules de poussières très fines et du gaz qui peuvent se rabattre sur les spectateurs en raison du vent où se maintenir dans l’atmosphère quelques jours puis se déposer dans l’environnement (cours d’eau, forêts, champs, mer…).Ces particules issues de l’explosion d’un feu d’artifice, seraient 5 fois plus polluantes que celles du smog, selon une étude menée par la ville de Montréal
     Donc, ils le savent, mais ils s’en fichent. Pourquoi cette pollution toxique et pétaradante pour quelques minutes de Hooooo/Haaaaa ahuris? C’est comme attraper le sida pour 5 minutes de fun sans protection...  

Un proverbe dit : «ne critique pas ce que tu n’as pas fait toi-même». Bien d’accord, mais il y a des limites. Le coût de cette «œuvre d’art» prétendument géniale sera amorti sur dix ans, à coups d’illuminations répétées, dit-on.

Faut-il perpétuer des traditions à contre-courant de l’amélioration de notre qualité de vie? Comment faire entendre raison à une administration qui mise sur le divertissement polluant – courses de Formule1, compétition de feux d’artifice à la Ronde, concerts en plein air abrutissants et bousilleurs de système nerveux, calèches en pleine pollution urbaine, etc. Il existe une multitude d’autres façons créatives d’attirer des touristes. Dommage que le conseil d’administration de la ville ne soit pas «illuminé».

18 mai 2017

Dow Jones de la folie institutionnalisée

Complètement fou. Les Canadiens sont comme les Américains, tout aussi «déterminés à détruire la vie sur terre», comme disait Noam Chomsky à propos des Républicains – Has anyone ever been this committed to ending life on Earth?

InfEAU spéciale – Un dépotoir nucléaire menace l’eau de la rivière des Outaouais. Un promoteur privé, Laboratoires Nucléaires Canadiens, veut aménager dès l’an prochain un immense dépotoir nucléaire d’un million de mètres cubes au milieu d’un marécage à 1 km de la frontière du Québec. Le site proposé n’est pas adapté pour l’entreposage à long terme de déchets radioactifs, vu son emplacement. Ce marécage se draine dans la rivière des Outaouais qui approvisionne en eau potable Ottawa, Laval et la couronne nord de Montréal. De plus, le site proposé est situé sur une ligne de faille majeure au-dessus d’un substrat rocheux poreux et fracturé. Cette «installation de gestion des déchets près de la surface» devrait recevoir 10 000 mètres cubes de déchets très dangereux. Le promoteur, un consortium de sociétés multinationales à but lucratif, a éliminé toutes les options plus sécuritaires sous prétexte qu’elles coûteraient des dizaines ou des centaines de fois plus chères et qu’elles ne pourraient pas être opérationnelles dès 2020, comme l’a exigé le gouvernement.

http://eausecours.org/2017/05/infeau-speciale-un-depotoir-nucleaire-menace-leau-de-la-riviere-des-outaouais/

Fuites des installations de mazout résidentielles Souvent en tentant de soulever les citernes de la crue des eaux, les raccordements cèdent pouvant laisser fuir de petites quantités mais aussi la vidange complète du réservoir. Quantités impossibles à déterminer sur l'ensemble du territoire. (Lacs et rivières du Québec où il y a eu des inondations.) 

Image : Ramirez

«Il [l’homme] a aussi inventé une industrie dont les rejets amènent aujourd'hui une foule des scientifiques à hisser le drapeau rouge d'un dérèglement climatique d'origine anthropique majeur. Ce crachat envoyé dans l'air risque d'emporter le cracheur en retombant, ce qui serait la chronique d'une existence qui a commencé et qui s'est terminé par un bouleversement climatique.» ~ Boucar Diouf (Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres)

Folie institutionnalisée et crise existentielle de l'humanité

Steve Bhaerman (18 décembre 2013) 

«Je sais ce que vous pensez. Je propose un monde sain – je dois être fou.»

Le Japon vient de rendre la réalité illégale. 

Eh bien, peut-être que j'exagère, juste un peu. La réalité a toujours le droit d’exister au Japon c'est juste illégal d'en parler. Selon la nouvelle loi sur les secrets d'état heureusement très impopulaire il est illégal de dénoncer (et de rapporter les fuites des dénonciateurs), et l’acte est passible de dix ans de prison!
     Si cette loi a été adoptée pour empêcher les «secrets d'état» d'être transférés aux «ennemis», il est beaucoup plus probable que le lot actuel de secrets d'état serve à couvrir la méga-catastrophe de Fukushima, et que les ennemis soient le peuple japonais lui-même et les gens de partout ailleurs. Ainsi, tandis que TEPCO peut continuer à laisser fuir le poison des matières radioactives dans l'océan, les journalistes ne peuvent pas laisser fuir des informations à ce propos. 
     Bienvenue dans le monde de la folie institutionnalisée où les  médias officiels, vendant des histoires officielles, insistent pour que nous ignorions ce que nous disent nos yeux, nos oreilles et nos sens sans mentionner les rapports internationaux sur l'augmentation du niveau de radiation en Alaska et en Californie, ni la mystérieuse et massive extinction des étoiles de mer dans le Pacifique.
     Heureusement, nous pouvons compter sur des organisations telles que Project Censored qui publie des nouvelles plus e, et sur le respectable écologiste David Suzuki qui nous sert de sombres avertissements. 
     En effet, plusieurs parmi ceux qui restent en état d’alerte voient la catastrophe de Fukushima comme ce qui pourrait être le début de la fin de la vie humaine sur terre, et même plus probablement comme l'effondrement de la civilisation telle que nous la connaissons.
     Bien qu'il existe des gens qui extraient un «jus» étrange des récits de catastrophes, je ne suis pas l’un d’eux. Et... je ne suis pas non plus disposé à mettre la tête dans le sable et à prétendre que ce qui est fou est en quelque sorte sain. Voici mon évaluation sérieuse de la situation : l'humanité vient de recevoir des résultats de laboratoire alarmants qui indiquent que nous sommes atteints d'une grave maladie pouvant s'avérer fatale si nous n’agissons pas collectivement dès maintenant. 
     Nous pouvons nous demander si les dirigeants du monde ne sont pas hébétés et confus, ou s'il n’y a pas un effort concerté en vue de contrôler et droguer la population de façon appropriée dans son processus de mort pour «le temps qui reste». De toute façon, maintenant, il appartient aux peuples du monde entier de choisir : voulons-nous vivre, ou voulons-nous mourir tranquillement?
     Je ne dis pas cela à la légère. 
     Personne ne veut dire à ses enfants et petits-enfants «Je suis désolé de tout ça. Je suppose que nous avons laissés avec des défis menaçants dans un monde de plus en plus toxique et appauvri. Mais ne vous inquiétez pas. Vous pouvez toujours regarder la téléréalité pour éviter de regarder la réalité.»
     Oui, la crise est une occasion d'évoluer. Et... la fenêtre ne restera ouverte qu’un certain temps. Lorsque la fenêtre sera fermée, eh bien... il sera trop tard.

Attention! Bébé à bord! Photo : Tony LePrieur (Via Tree Hugger)

La crise existentielle de l'humanité

L’humanité connaît une véritable crise existentielle, très tangible. Nous sommes en train de décider si nous voulons vivre ou non. Comme nous sommes de plus en plus nombreux à naviguer dans ce passage évolutif, nous devrons commencer à nous percevoir comme les cellules d'un organisme. Après avoir passé les derniers 5 000 ans à mettre l'accent sur la survie du plus fort (nous savons tous que le darwinisme social date d'environ 4 850 ans avant Darwin), nous devons maintenant passer au mode adaptation et ajustement. Si nous nous ajustons au réseau de la vie, nous survivrons et prospérerons. Pas d’ajustement, pas de survie. Et pour ceux qui s’inquiètent des coûts financiers reliés à ces changements fondamentaux, voici une sombre mise en garde : si l'humanité s'éteint, il n’y aura pas de PIB! 
     J'admets avoir eu des pensées sombres la semaine dernière en apprenant que les étoiles mer mouraient, que les niveaux de radiation étaient élevés sur la côte ouest (où je vis), et que les dangers croissants étaient dus à la mauvaise gestion du «nettoyage» de Fukushima. [...] 
     Nous devons maintenant faire face à ce terrible pronostic avec lucidité, sensibilité, conscience, courage et ingéniosité. [...] Nous devons maintenant (collectivement et individuellement, bien sûr) faire face à nos démons, et travailler ensemble pour surmonter les obstacles. Cela signifie jouer un jeu totalement différent, et bien que l'issue du nouveau jeu reste indéterminé, nous savons que l'ancien jeu mène à la mort. [...] 
     Le grave pronostic requiert un changement évolutif. Nous devons nous rassembler avec la «ferme intention» d'utiliser notre intelligence collective intelligemment, et nos ressources avec ingéniosité. Nous disposons des moyens technologiques pour mobiliser le village global. Cependant, nous avons besoin de la collaboration et de la bonne volonté de tout un chacun. [...]
     Notre civilisation a perdu ses amarres spirituelles et elle qui insiste sur le fait que seul le monde matériel est «réel», de sorte que nous éprouvons une profonde peur de la mort. Un peu de bon sens à cet égard se manifeste à travers une conscience élargie du processus de la mort. Néanmoins, les héroïques interventions de fin de vie, restent les formes de médecine les plus coûteuses et futiles.
     Et... avec le changement d'histoire, l'un des marqueurs pour surmonter les conditions qui menacent la vie est d'avoir une raison de vivre. Alors, que se passerait-il si l'humanité choisissait un futur dans lequel elle aimerait vivre? Sérieusement. Et l’on proposait une orientation positive et proactive pour l'humanité, un vecteur pointant vers plus de santé, de bien-être et de santé mentale?
     Les entreprises rédigent des énoncés de mission, tout comme les individus qui veulent réaliser «un projet». Et si les collectivités, les nations et même l'ensemble de notre communauté humaine exprimaient ce qu'elles cherchent à apporter au monde? N'est-il pas logique que chaque région, chaque état, chaque nation ait quelque chose qu'il fait ou crée mieux que quiconque? Que se passerait-il si un ou deux ou trois milliards d’individus déclaraient qu'ils choisissent un monde où tous pourront survivre? 
     Ensuite, pourrions-nous créer une véritable structure et faire quelque chose pour démontrer sa faisabilité?
     Il y a environ 70 ans, les États-Unis ont réuni les plus grands scientifiques et des ressources pour un projet secret, le projet Manhattan, en vue de construire les premières armes de destruction massive avec l'énergie nucléaire.
     L'humanité, aujourd'hui, pourrait-elle utiliser ses ressources actuelles et créer de l'énergie non polluante, renouvelable, et si abondante que l’armée n’aurait pas besoin de la défendre? [...] Imaginez si cela était fait sans le contrôle d'un gouvernement ou d'une société unique, mais simplement par une nouvelle entité qui aurait énoncé sa mission et rassemblé les ressources nécessaires. 
     Le temps est venu. Et... ce ne sera possible que par l'intermédiaire de notre conscience collective, de notre intention et de notre orientation pratique. Sachons reconnaître que l'évolution suit son cours. Sortons de l'apathie et du désespoir. Utilisons les mauvaises nouvelles provenant du Japon et de l'Océan Pacifique comme un carburant pour nous propulser vers un destin et un environnement sains pour toutes les espèces.[...]

http://notesfromthetrailblog.com/

16 mai 2017

Quel enfirouâpeur!

Enfirouâpeur, euse – Vient de l’anglais «in fur wrapped» ou «infrawrapped» : emballé pour protéger contre le bris. Cette injure québécoise signifie : personne vile qui cherche toujours à mentir, duper, tromper les autres pour leur soutirer de l’argent, des biens, des avantages. (Dictionnaire des injures québécoises, Yvon Dulude & Jean-Claude Trait, Stanké; 1996)

Tous les réseaux mènent-ils à Moscou? Peut-être :
Une banque d'État russe impliquée dans le financement de la tour Trump de Toronto VEB, une banque d'État russe, a financé une transaction impliquant l'homme qui a construit la tour Trump de Toronto, selon le Wall Street Journal (WSJ). Alexander Shnaider, un Russo-canadien qui a construit la tour de 65 étages, aurait financé le projet après avoir reçu des centaines de millions de dollars pour la vente de ses parts dans une compagnie de fabrication d'acier en Ukraine. Le WSJ affirme que l'achat aurait été fait par un tiers pour le gouvernement russe, et que VEB se serait occupé de la transaction, qui serait sous la loupe des enquêteurs américains. La tour Trump de Toronto n'appartient pas au président américain. Elle porte son nom en vertu d'un accord commercial. (ICI Radio-Canada Info,17/05/2017)
 
Cartoonist: Ramirez, 2017

Il est évident que nous allons éventuellement être écrasés comme des grenouilles par les taureaux qui gèrent la planète.

Les deux Taureaux et une Grenouille
Jean de La Fontaine

Deux taureaux combattaient à qui posséderait
Une génisse avec l'empire.
Une grenouille en soupirait.
«Qu'avez-vous?» se mit à lui dire
Quelqu'un du peuple coassant.
«Eh! ne voyez-vous pas, dit-elle,
Que la fin de cette querelle 
Sera l'exil de l'un; que l'autre, le chassant,
Le fera renoncer aux campagnes fleuries?
Il ne régnera plus sur l'herbe des prairies,
Viendra dans nos marais régner sur les roseaux;
Et nous foulant aux pieds jusques au fond des eaux,
Tantôt l'une, et puis l'autre, il faudra qu'on pâtisse
Du combat qu'a causé Madame la Génisse.»

Cette crainte était de bon sens.
L'un des taureaux en leur demeure
S'alla cacher, à leurs dépens :
Il en écrasait vingt par heure.
Hélas, on voit que de tout temps
Les petits ont pâti des sottises des grands.


En leur demeure : la demeure des grenouilles.
Les petits ont pâti des sottises des grands : chez Phèdre, la maxime était «Les maux publics retombent sur le peuple». Horace, quant à lui avait écrit dans sa Lettre à Lollius : «Les Grecs expient toutes les folies de leurs rois.» («Épitre I, lettre 2, vers 14).

Les deux Taureaux et une Grenouille / The two bulls and a frog (H. 160, S. 106). Original etching with hand coloring by Chagall, 1927-30. Plate 14 of The Fables of La Fontaine. 

The two Bulls and a Frog

Two bulls engaged in shocking battle,
Both for a certain heifer's sake,
And lordship over certain cattle,
A frog began to groan and quake.
"But what is this to you?" 
Inquired another of the croaking crew.
"Why, sister, don't you see, 
The end of this will be,
That one of these big brutes will yield,
And then be exiled from the field?
No more permitted on the grass to feed,
He'll forage through our marsh, on rush and reed;
And while he eats or chews the cud,
Will trample on us in the mud.
Alas! to think how frogs must suffer
By means of this proud lady heifer!"

This fear was not without good sense.
One bull was beat, and much to their expense;
For, quick retreating to their reedy bower,
He trod on twenty of them in an hour.
Of little folks it oft has been the fate
To suffer for the follies of the great.

http://www.worldoftales.com/fables/LaFontaine_fables.html

13 mai 2017

SOS en morse : … - - - …

Au nom du Père et du Fils. Amen.
(Photomontage : auteur inconnu)  


En 1980, Pierre Elliott Trudeau donnait son accord à la mise en place du Programme énergétique national destiné entre autres à promouvoir l'autosuffisance pétrolière du Canada tout en favorisant des bas prix. Ce programme comprenait également la nationalisation des actifs canadiens de cinq entreprises pétrolières dont Gulf, British Petroleum et Fina. L'entreprise fut fondée sous le nom de Pétro-Canada. 
   Remontons dans l’histoire : Pierre E. Trudeau nait en 1919, peu de temps après que son père eut fondé l’Automobile Owner’s Association. Le réseau de stations-service Champlain de son père prospère jusqu’à ce qu’il le vende pour la somme de 1,4 million de dollars à l’Imperial Oil. À partir de ce moment, les Trudeau peuvent vivre dans un confort financier.

Compte tenu de l’attitude de Justin Trudeau face au gaz de schiste de l’Alberta et aux pipelines, on est en droit de se demander s’il n’est pas indissolublement lié, de par son héritage, aux pétrolières. 

J’ai malheureusement omis de noter la source de l’extrait suivant.

Pierre Fortin, professeur émérite  
Département des sciences économiques
Université du Québec à Montréal, 2010


«J’ai confiance que les Canadiens français rateront encore une fois le tournant.» ~ Pierre Elliott Trudeau (janvier 1960)

En 1960, l’État était porteur de tous nos espoirs. Aujourd’hui, devenu omniprésent, il est source de beaucoup de frustration. Les viaducs s’effondrent, un trop grand nombre de nos enfants décrochent encore de l’école, l’accès aux soins de santé est aléatoire, les milliards pour la santé semblent disparaître dans un trou noir, les grands projets de construction sont lents à démarrer et, une fois lancés, coûtent trois fois plus cher que prévu.

Ces ratés multiples font percevoir l’État comme une grosse machine sans âme, sous-performante, étouffée par des bureaucraties administratives, syndicales et professionnelles qui se bloquent mutuellement. On a l’impression que les groupes d’intérêts ont kidnappé le gouvernement, chacun cherchant à extraire le maximum d’avantages de l’État en faisant payer le reste de la collectivité.

Ce que nous avons à faire désormais est assez évident. Si nous voulons sortir de ces crises financières à répétition et bien nous préparer au changement démographique qui est imminent, il est clair que nous devrons revoir en profondeur nos façons de faire en santé, en éducation et en gestion des infrastructures. Il faudra mieux protéger l’État contre les vautours, défaire les monopoles qui nous étouffent et privilégier partout l’émulation, puisque le seul moyen d’être forcés à l’excellence, c’est d’être mis au défi par d’autres qui font aussi bien ou mieux que nous.

IStockphoto

Faisons payer les cracheurs de carbone
Pierre Fortin ǀ L’actualité, le 2 mai 2017

Nous avons le choix entre mal ou pire : ou bien nous payons maintenant pour arrêter le réchauffement du climat, ou bien nous refusons de payer, la planète va cuire, et nos enfants devront payer encore plus cher.

Article :
http://lactualite.com/lactualite-affaires/2017/05/02/payer-pour-cracher-du-carbone-est-incontournable/

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Pretty impressive that the Dakota pipeline is starting to leak before it's even fully up and running. https://twitter.com/billmckibben

Tap: https://www.theguardian.com/us-news/2017/may/10/dakota-access-pipeline-first-oil-leak?CMP=share_btn_tw

Et pendant que nous dormons au gaz...

Caricature de Serge Chapleau; le 2 mai 2017, La Presse

Le Laboratoire national de Hanford n'est que l'une des parties du vaste Complexe nucléaire militaro-industriel sur la rive du fleuve Columbia. Photo: United States Department of Energy.

Les biologistes de Hanford nourrissaient des moutons avec une nourriture radioactive. Puis, ils mesuraient la radioactivité thyroïdienne des moutons expérimentalement contaminés. USGov-DOE (work of the U.S. federal government). Dégueulasse. On a aussi utilisé les gens des îles Marshall pour tester les effets radioactifs des bombes nucléaires lancées à  proximité.  

Mardi le 9 mai 2017. L'état d'urgence a été déclaré au complexe nucléaire de Hanford, au centre-sud de l'État de Washington, aux États-Unis, après qu'un tunnel d'entreposage de wagons chargés de déchets nucléaires se fut partiellement effondré. 
   L'accident s'est produit dans une installation connue sous le nom de PUREX, a précisé Randy Bradbury. Celle-ci est située au milieu du vaste complexe nucléaire de Hanford dont la superficie est de 1500 kilomètres carrés, soit trois fois la grandeur de l'île de Montréal. Hanford se trouve près de Richland, à quelque 300 kilomètres au sud-est de Seattle. 
   Une source affirme que les équipes qui effectuent des travaux routiers à proximité ont pu provoquer des vibrations qui ont conduit à l'effondrement. Un message a été envoyé à tout le personnel pour qu'il «sécurise la ventilation dans le bâtiment» et qu'ils «s'abstiennent de manger ou de boire».
   Durant des décennies, le complexe de Hanford a fabriqué du plutonium pour les armes nucléaires, notamment pour la bombe lancée sur Nagasaki, au Japon. C'est aujourd'hui le plus grand dépôt de déchets radioactifs des États-Unis. Le complexe renferme environ 211 millions de litres de déchets stockés dans des réservoirs souterrains. Certains réservoirs remontent à la Seconde Guerre mondiale et ont des fuites.

Hanford Nuclear Waste Site.
An emergency at a sprawling nuclear waste site located near a major river in Washington state led federal officials to order hundreds of workers to take shelter Tuesday morning. The collapse of a tunnel at the Hanford Nuclear Reservation, located 170 miles southeast of Seattle, follows years of allegations of ignored safety concerns, whistleblower retaliation and obstruction of government investigations.

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What the World Would Look Like if All the Ice Melted
National Geographic

En bleu plus pâle : zones touchées.

If we keep burning fossil fuels indefinitely, global warming will eventually melt all the ice at the poles and on mountaintops, raising sea level by 216 feet. Explore what the world’s new coastlines would look like. 
   The maps here show the world as it is now, with only one difference: All the ice on land has melted and drained into the sea, raising it 216 feet and creating new shorelines for our continents and inland seas.
   There are more than five million cubic miles of ice on Earth, and some scientists say it would take more than 5,000 years to melt it all. If we continue adding carbon to the atmosphere, we’ll very likely create an ice-free planet, with an average temperature of perhaps 80 degrees Fahrenheit instead of the current 58.

Voyez les cartes par continent : http://www.nationalgeographic.com/magazine/2013/09/rising-seas-ice-melt-new-shoreline-maps/

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Citations du jour :

«La plupart de mes problèmes n’ont pas de solution; ou bien les solutions sont pires que les problèmes eux-mêmes.» ~ Ashleigh Brilliant

“To be sure of winning, invent your own game, and never tell any other player the rules.” ~ Ashleigh Brilliant (Try to take one day at a time...)

9 mai 2017

Inondations et affaissement urbain

Au début d’une catastrophe, on voit de merveilleux élans de générosité et de solidarité et c'est extrêmement touchant. Dans la durée cependant, l’épuisement, le sentiment d’impuissance et la peur réveillent le gène égoïste qui, chez certains , suscitent le vandalisme et le vol. Ainsi va la double nature de l’homme.

Pour ceux qui croient encore que les activités humaines n’ont aucune influence sur la nature, le climat et les désastres : le documentaire Inondations : une menace planétaire (et ce n’est pas Nostradamus qui parle).

Le développement urbain le long des grands cours d’eau et de la mer (pour des motifs économiques – au profit des promoteurs) se retourne contre nous. 

Plus de 136 métropoles côtières sont menacées d’affaissement – Montréal est sur la liste.

Principales causes? 
Urbanisation frénétique et continuelle malgré les menaces
Multiplication des gratte-ciels (toujours plus nombreux et plus hauts)
Bétonisation des métropoles
Constructions sur des zones artificielles (fonds sablonneux)
Liquéfaction des sols
Barrages, détournements de cours d’eau
Pompage dans la nappe phréatique
Disparition des mangroves
Piscicultures
Surpopulation urbaine
Changements climatiques
Et non les moindres : mégalomanie, sociopathie, orgueil, arrogance, avidité.

À voir ou revoir (documentaire complet, 2 :30)
https://www.youtube.com/watch?v=eG6aLDm1c58

Quelqu’un peut-il envoyer le lien du documentaire au maire Denis Coderre?! (Je ne suis pas abonnée à Twitter.)

Patrick Lalonde était loin de s'imaginer qu'en une seule journée son sous-sol se remplirait d'eau. Photo Robert Skinner. (La Presse)

Je comprends que les gens veulent préserver leurs possessions, mais comme dit le proverbe, «si ça brasse sur le navire, ne t’accroche à rien qui traîne sur le pont»; ta vie est plus importante.

Bilan des inondations, 9 mai 2017 
171 villes et municipalités sinistrées;
10 municipalités en état d’urgence (Deux-Montagnes, Gracefield, Île-Cadieux, Laval, Mandsfield-et-Pontefract, Montréal, Pincourt, Pontiac, Saint-Eustache et Terrasse-Vaudreuil);
2733 résidences sont inondées par la crue des eaux;
1940 personnes ont évacué leur résidence;
486 routes sont touchées par la crue des eaux au Québec.
(Source : Urgence Québec)  

Et Moïse qui n'est même pas dans les parages.   

L’asphalte et le béton n’absorbent pas l’eau qui bifurque, contourne, dérive. On le sait. Une fois sortie de son lit elle n'y retourne pas. Autrefois, les villes incluaient des cours d’eau (zones naturelles de ruissellement) à ciel ouvert, des chemins de terre, des terres arables cultivées et des espaces de verdure pouvant absorber l’eau.

Que voyons-nous aujourd’hui? Des gratte-ciels collés les uns contre les autres, des parcs de condos et résidences cossues (faux châteaux), des méga complexes commerciaux, des îles créées de toute pièce pour le divertissement (course automobile, spectacles à grand déploiement, jeux, etc.) Et l’on croit qu’on s’en tirera à bon compte. 

Au lieu de combattre la nature, il aurait fallu s’y harmoniser. Mais nous sommes trop stupides.

Libérer les rivières souterraines enfouies sous nos déserts de béton citadins, serait un projet révolutionnaire en matière d’environnement. Si les glaciers continuent de fondre aussi rapidement, ce serait un moyen de composer avec les changements géophysiques qui se produiront inévitablement. On a beau essayer de contrôler et d’enclaver l’eau, quand vient la fonte des neiges ou lors de pluies torrentielles (de plus en plus fréquentes et abondantes) les égouts refoulent. Alors, M. Coderre, qui veut remettre Montréal sur la «map» (sic) devrait modifier ses orientations mégalomanes, avant que l’île ne s’effondre. En outre, il y aurait beaucoup d’emplois en perspective, entre autres pour les entreprises d’ingénierie et de construction.

Voyez Patrimoine perdu (exemple d'une ville américaine qui l'a fait) :
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2015/02/patrimoine-perdu-les-rivieres-sous-les.html

Documentaire Rivières perdues
http://www.catbirdproductions.ca/2010/04/22/lostrivers/?lang=fr
http://rivieresperdues.radio-canada.ca/
 

Effondrement au cœur du Plateau-Mont-Royal, mars 2016. L'arrondissement avait indiqué que c'était une conduite d'aqueduc vieille de 125 ans qui avait cédé et entrainé cet effondrement. Sous la pression de l'eau, la terre sous la chaussée a été liquéfiée si bien que plus rien ne soutenait la rue qui a fini par céder. (La Presse)

«Parce qu’on ne ressent que très peu les effets des changements climatiques, un nombre de plus en plus important de gens croient que toute cette histoire, pourtant 1000 fois expliquée et prouvée, est une arnaque : «Nous ne vivons pas dans nos quartiers et villages des tremblements de terre, des ouragans et des inondations chaque année!» L’ennemi avance lentement, mais sûrement. Il ronge le rocher, il monte de quelques millimètres par année, il repousse de plus en plus les limites, il avance doucement. Il avance… rapidement dans les faits ~ Gérald Filion (Blogue économique, ICI Radio-Canada)

Alors, que se passera-t-il au Canada?

Cet article a été écrit avant la conférence de Paris... et rien de concret n’a été fait. Il ne faut surtout pas compter sur les États-Unis et le Canada – des cancres en écologie! Nous souffrons de glaucome environnemental. 

Votre ville est-elle menacée par la montée des océans?
(Vancouver, Québec, Montréal, Est du Québec, Halifax) 

Le monde que nous connaissons pourrait changer. La montée des océans, l'un des effets les plus inquiétants du réchauffement du climat, est déjà en cours. Des pays insulaires craignent de disparaître. Mais qu'en est-il du Canada? Serons-nous épargnés? Aucunement. Tour d'horizon des régions qui pourraient écoper.

Un texte de Gaétan Pouliot

La température du globe devrait augmenter de 4 degrés Celsius d’ici la fin du siècle si on ne fait rien pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. À long terme, cela signifie une montée des océans de près de 9 mètres, selon les calculs de chercheurs. Cela menacerait d’inonder les territoires où vivent actuellement plus d’un million de Canadiens. 
     Ce scénario n’est pas une fatalité. Lors de la conférence de Paris sur le climat, la communauté internationale tentera d’en arriver à une entente afin de limiter le réchauffement à 2 degrés. Cela provoquerait tout de même une hausse moyenne des océans de 4,7 mètres!

Qu'est-ce qui cause la montée des mers?
Le réchauffement des eaux de surface des océans provoque un phénomène que l'on appelle la dilatation thermique. Lorsqu'elle se réchauffe, l'eau prend de l'expansion. À cela s'ajoute la fonte des glaces continentales du Groenland et de l'Antarctique qui se retrouvent soudainement dans les océans, alors qu'elles reposaient auparavant sur la terre ferme. Ces phénomènes sont responsables de la montée des mers.

Et Montréal?
Les marées du golfe du Saint-Laurent ne remontent pas jusqu'à la métropole québécoise, ce qui la protégera de la montée des mers. Le niveau du fleuve pourrait même diminuer, en raison d’une baisse des Grands Lacs et du débit de la rivière des Outaouais. Mais Montréal n'est pas à l'abri de tout danger. La ville sera touchée de multiples autres façons par le réchauffement de la planète.

Les mers montent, le Canada aussi!
Lors de la dernière période glaciaire il y a plus de 10 000 ans , le Canada était recouvert par deux énormes glaciers. Leur poids écrasait le sol. Depuis le retrait de cette glace, la masse terrestre se soulève tranquillement, comme un oreiller de plumes aplati par votre tête tout une nuit. C'est ce qu'on appelle le rebond postglaciaire. Aujourd'hui, une grande partie du Canada se soulève, réduisant l'impact de la hausse du niveau des mers. Par contre, la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard, les Îles-de-la-Madeleine et le Grand Vancouver ne profitent pas du rebond postglaciaire. Ces régions s'enfoncent plutôt dans le sol, accentuant la montée de la mer.

Le Canada, tout comme le reste du monde, est à la croisée des chemins. Selon l’équipe de chercheurs de Climate Central, une hausse de 4 degrés veut dire que la montée des eaux submergerait, à long terme, les territoires où vivent actuellement près de 627 millions de personnes dans le monde. Si la communauté internationale stoppe la hausse des températures à 2 degrés, ce nombre baissera à 280 millions de personnes.

La Chine, l'Inde et le Bangladesh figurent en tête de liste des pays qui seront touchés. Mais le Canada sera aussi affecté et doit se préparer à la montée des océans.

Article intégral incluant les deux scénarios pour le Canada sur des cartes élaborées par le groupe américain Climate Central. (Climate Central est une organisation sans but lucratif qui regroupe des spécialistes du climat et des journalistes scientifiques.)

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/special/2015/12/climat-rechauffement-montee-des-eaux/

7 mai 2017

Accident, grande perte ou tragédie?

Cours 101 «faits alternatifs»

Une tragédie
(Auteur inconnu)

Le Président des États-Unis, Donald Trump, visite une école primaire.

Le professeur demande au Président s'il veut bien mener la discussion autour du mot «tragédie». Trump demande qui connait un exemple de tragédie.

Un petit garçon se lève et propose :
- Si mon meilleur ami se fait tuer sur la route par une automobile, c'est une tragédie.
- Non, dit Trump, c'est un accident.

Une petite fille leva la main :
- Si un autobus transportant 50 enfants tombe d'une falaise et que tout le monde est tué, c'est une tragédie!
- Je crains que non, explique le Président. C'est ce qu'on appelle une grande perte.

Le silence se fit dans la classe. Trump demande alors :
- N'y a-t-il personne ici qui puisse me donner un exemple de tragédie?

Finalement, au fond de la salle, un petit garçon lève la main et dit :
- Si l'avion présidentiel vous transportant est frappé par un tir de missile et est complètement désintégré, c'est une tragédie.
- Formidable!, s'exclama Trump, c'est exact. Et peux-tu nous dire pourquoi?
- Eh bien, dit le garçon, il faut bien que ce soit une tragédie, car ce ne serait certainement pas une grande perte, et probablement pas un accident non plus!

La vraie tragédie : Trump au pouvoir. Le clown orange et sa clique de climatosceptiques vont continuer d'affirmer qu'il n'y a pas de changements climatiques. Grrrr.


Cela dit, il faudrait plutôt demander aux sinistrés, dans l’eau par-dessus la ceinture, comment ils qualifient leur situation. La fonte des neiges et la pluie continuelle (à chaque jour s’ajoutent 15 à 20 centimètres d’eau) ont accéléré le débit à grande vitesse et inondent les rivages du fleuve, des rivières et des lacs. Plusieurs citoyens ne manquent pas de courage, mais l’épuisement physique et psychologique finit par avoir raison de l’espoir. Une sinistrée racontait qu’elle va continuer de résister car si elle abandonne, elle perd tout – très peu de compagnies d’assurance couvrent les dommages ou la reconstruction quand il s’agit d’un «fait de Dieu». Les autorités tentent de rassurer la population en disant que c’est de l’eau «propre» et qu’il n’y a aucun danger d’épidémie. Néanmoins, les digues se rompent, de sorte que les refoulements d’égouts et l’engorgement des stations d’épuration constituent une sérieuse menace à la salubrité. L’eau n’a pas de frontières, les bactéries et les virus non plus.

Mes amis qui habitent sur une île située sur la Rivière-des-Prairies sont sur le qui-vive depuis des lunes et ne dorment plus. Horrible. C'est tout le Québec et les provinces de l'Est qui sont touchés. Le sentiment d'impuissance finit par saper le moral des plus résilients. Ce n'est pas seulement une tragédie, c'est une crise d'une ampleur quasiment ingérable. Tout ce qu'on peut espérer, c'est qu'au moins la pluie cesse.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Débordements de la rivière des Outaouais


Ville de New York, vendredi 5 mai

Le Missouri et l’Arkansas n’ont pas été épargnés; il semble qu’il s’agit d’un record selon le Washington Post. Photo : Missouri, St. Louis.

La liste pourrait s’allonger indéfiniment.

En marge des mouvements de population dus aux conflits politiques, il y a ceux causés par les bouleversements climatiques, amorcés depuis déjà longtemps. Sécheresses, inondations et grands incendies en alternance. Certaines régions ont été jusqu’à maintenant relativement épargnées. Mais, je crois qu’en définitive les éléments l’emportent toujours sur les tentatives humaines de les contrôler. Il est quasi impossible d’être adéquatement préparés pour résoudre les immenses problèmes encourus par une chaîne de désastres. «La Nature parle mais le genre humain n’écoute pas.» ~ Victor Hugo (Je la répète souvent celle-là, mais...)

«Nous vivons sur une planète rude et inhospitalière. Aucun organisme, aucune espèce, aucun règne n’échappe aux catastrophes et à la mort. Bactéries, plantes, insectes, animaux et humains s’entretuent, et ironiquement, dans la chaîne des actions et réactions, en définitive, les bactéries et les virus nous tuent. Mère Nature utilise sans doute ce genre d’astuce au profit de l’évolution biologique sélective. Conséquemment, tout au long de notre vie (quel que soit le règne), nous devons composer avec la survie.» (Blogue Air Karma) Ce qui suit tant à le prouver.  

Photo : BBC

Fonte du pergélisol : bacilles, bactéries et virus, «congelés» dans la couche de glace depuis plusieurs siècles, se réveillent et se mettent à gigoter...

Via le site de Bill McKibben : https://twitter.com/billmckibben
There are diseases hidden in ice, and they are waking up (Long dormant bacteria and viruses, trapped in ice and permafrost for centuries, are reviving as Earth’s climate warms.
http://www.bbc.com/earth/story/20170504-there-are-diseases-hidden-in-ice-and-they-are-waking-up