20 juin 2018

La liberté en déroute

La Journée mondiale des réfugiés – c’est du quotidien depuis des décennies. Personne ne veut être un réfugié, personne.  


Dernière heure – Sous la pression venant des quatre coins des États-Unis et du monde, l’administration Trump met fin au supplice des familles de migrants. «Cela me tient particulièrement à cœur. [...] Nous n’aimons pas voir des familles séparées», a affirmé Trump en signant le décret mettant fin à cette pratique qui lui a valu une avalanche de critiques, y compris au sein de son propre camp. «Nous allons avoir des frontières très fortes, mais nous allons garder les familles ensemble», a encore dit le président américain qui a lui-même décrété début mai une «tolérance zéro» sur l’immigration illégale qui s’est traduite par la séparation des familles. (Agence France-Presse)
   Une bonne nouvelle parmi le lot quotidien de mauvaises nouvelles qui viennent de nos voisins. En espérant que Trump ne fasse pas volte-face – c’est une manie. Néanmoins, les familles continueront de se retrouver encagées dans centres de détention ou des villages de tentes. Plusieurs enfants n’ont même pas d’identité, comment pourrait-on les ramener à leurs parents, si ces derniers ont déjà été expédiés dans leur pays d’origine? Deviendront-ils la propriété de l’État? En fera-t-on des esclaves?
   S’indigner, contester et manifester, donne parfois des résultats, mais ne remisons pas les pancartes.

Illustrateur : Francesco Bongiorni, Madrid, Espagne
 
Si tu vis dans un pays où tout marche relativement bien, t’as pas besoin de chercher refuge ailleurs. Beaucoup de migrants quittent leur pays pour fuir la misère et aider leurs familles, même au risque de mourir. Certains sont parfois kidnappés et vendus à des réseaux clandestins d’esclavage et de prostitution. «Chaque jour de nouvelles personnes disparaissent. Il y a une immense souffrance au sein de centaines de milliers de familles. Je crois que nous devrions être une armée à rechercher les disparus. Il n’existe pas de douleur plus grande que la disparition d’un être cher, d’un enfant», dit l’enquêteur. «Si je devais disparaitre je voudrais qu’on me cherche. Qu’on aide ma mère à me trouver.»
Ce documentaire est bouleversant.


Mexique : La recherche des migrants disparus – ARTE Reportage
L'histoire d'un homme à la recherche des migrants latino-américains disparus sur la route des États-Unis. Réalisation : Alex Gohari et Léo Mattei, montage Matthieu Besnard. NovaProdTv 14 févr. 2018


Des déplacements de populations sans précédent

Selon le rapport annuel de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, les guerres, les violences et la persécution ont propulsé les déplacements forcés dans le monde vers un nouveau record, avec 68,5 millions de personnes déracinées en 2017, soit une toutes les deux secondes, soit environ la population de la Thaïlande.
   Le terme «réfugié» fait référence à toute personne qui, «craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays; ou qui, si elle n'a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner», d'après l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
   Les réfugiés qui ont fui leurs pays pour échapper au conflit et à la persécution représentent 25,4 millions sur les 68,5 millions de personnes déracinées, soit un accroissement de 2,9 millions par rapport à 2016 et aussi la plus forte augmentation jamais enregistrée par le HCR pour une seule année. Parallèlement, le nombre de demandeurs d’asile qui étaient toujours en attente de l’obtention du statut de réfugié au 31 décembre 2017, a augmenté d’environ 300 000 pour atteindre 3,1 millions. Les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays sont au nombre de 40 millions, soit un peu moins que les 40,3 millions de déplacés internes en 2016, et les pays en développement sont les plus affectés.


Insécurité politique, économique. Et climatique – les réfugiés environnementaux sont des personnes exposées à des catastrophes naturelles (montée des eaux, avancée des déserts), qui ne sont pas considérés comme des réfugiés même s’il s’agit de déplacements forcés : leur nombre est estimé à 40 millions et risque fort, sans mesures pour contrer les effets du changement climatique, de se multiplier à l’avenir.
   Les éruptions volcaniques, les tremblements de terre, les coulées de boue, ainsi que le phénomène géologique appelé doline (sinkhole) ne sont pas des «actes de Dieu». Le plus souvent ce sont des répercussions des activités humaines, telles que le forage, la fracturation hydraulique et le minage. Les dolines peuvent être corrélées aux pratiques d'utilisation des sols, en particulier au pompage de l'eau souterraine, et aux pratiques de développement et de construction. Elles peuvent aussi se former lorsque les structures naturelles de drainage de l'eau sont modifiées et que de nouveaux systèmes de déviation sont créés. D’autres se forment quand le sol est modifié, comme lorsque l'industrie crée des bassins de stockage/ruissellement. Le poids considérable du nouveau matériel peut déclencher un effondrement souterrain des supports. Tout ce que l’homme construit est éphémère et voué à la destruction ou à l’effondrement, surtout quand il construit sur du remblaiement de sable parce que ça coûte moins cher... Mais, le climat joue un rôle – par exemple, avec les longues périodes de sécheresse suivies de pluies torrentielles et persistantes, on peut facilement prédire que de tels incidents seront de plus en plus fréquents dans le futur à mesure que le climat de la terre change.
   Enfin, la surpopulation – la planète a ses limites en matière d’hébergement. Encourager la planification et la limitation des naissances, en particulier dans les pays où l’on se reproduit comme des lapins en raison de croyances religieuses ou superstitieuses, aurait pu freiner l’explosion démographique. Mais, les tyrans préfèrent les guerres et les génocides.

Le mythe du progrès
Nicolas Casaux

«“Ils ne valaient pas mieux que des chiens“, déclarait en 1835 le révérend Williams Yates, “et vous n’agissiez pas plus mal en tirant sur eux qu’en abattant un chien qui aboie après vous“. Justifiant l’utilisation du fouet, l’un des premiers colons dans l’ouest de l’Australie notait pour sa part : “Rappelons-nous qu’un natif avait un cuir et non une peau ordinaire comme les êtres humains ordinaires“. Les cadavres des Aborigènes abattus étaient suspendus aux branches des arbres et servaient d’épouvantails. “Leur destinée est d’être exterminés et le plus tôt sera le mieux“, écrivait en 1870 Anthony Trollope. En 1902 encore, un élu, King O’Mally, pouvait se lever au Parlement et déclarer froidement : ”Il n’existe aucune preuve scientifique que l’aborigène soit même un être humain”.» ~ Wade Davis, Pour ne pas disparaître (Albin Michel, 2011)

Cette description de la manière dont les Aborigènes d’Australie étaient considérés jusqu’à il n’y pas si longtemps et sont encore considérés par certains en évoque bien d’autres. La plupart des peuples «sauvages» du continent africain (Pygmées, Sans, etc.), de l’Amérique, de l’Asie et des autres continents du globe, ont été perçus de la sorte par les dirigeants des nations dites «civilisées». Leurs cultures étaient considérées comme des sous-cultures, des arriérations.

«Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. Le paysan africain qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.» Nicolas Sarkozy, 26 juillet 2007

Artiste inconnu. Même drame, seuls les gens et les décors changent.

Et puis, au cours du XXe siècle, cette perspective raciste, paternaliste et suprémaciste a progressivement laissé place à une perspective plus respectueuse. Les cultures dites «civilisées» ont cessé du moins en partie, disons que la perspective officielle de la Science civilisée a cessé, mais pas les Sarkozy du monde de considérer ces peuples comme des arriérés, des populations (au mieux) jamais sorties de l’enfance de l’humanité, «préindustrielles» ou «précapitalistes» (dans le sens où elles n’avaient pas encore inventé la bombe atomique, le Roundup, la centrale nucléaire et la Rolex, mais qu’elles allaient un jour y parvenir, car tel était le destin et l’unique voie de développement de l’humanité).
   La nouvelle perspective officielle stipulait que ces peuples avaient simplement choisi des modes d’existence différents, tout aussi valides que les nôtres que LE nôtre en réalité : le «développementisme-civilisé» qui, loin d’être valide, constitue la catastrophe socio-écologique que l’on sait (ou que l’on devrait savoir).
   Or de Prachuap Khiri Khan à Marseille, de New-York à Tokyo, de Hong-Kong à Lagos, de Buenos Aires à Phnom Pen et de Kuala Lumpur à Casablanca, les êtres humains partagent désormais en grande partie si ce n’est totalement les mêmes coutumes, les mêmes croyances, les mêmes morales, les mêmes habitudes. C’est-à-dire que d’un bout à l’autre de la planète, une seule et même culture s’est imposée, et s’impose, celle des fausses démocraties (ou des vraies dictatures), de la voiture, des routes, du travail en usine pour les mêmes multinationales ou les mêmes banques, celle de la télévision, des smartphones, des ordinateurs et des écrans partout, celle de Facebook, Instagram, Amazon, Google, Apple, HSBC, Goldman Sachs, Monsanto, Total, ExxonMobil, BASF et Dow Chemical.
   Et non, le fait que subsiste encore une mince surcouche de folklore (cuisine, musique, vêtements, etc.) issu des cultures qui existaient auparavant en chacun de ces endroits ne permet certainement pas d’affirmer, par exemple, que le Japon a préservé sa culture parce qu’on y mange des sushis (qu’on peut désormais manger à Paris ou à New-York, et n’importe où dans la civilisation industrielle, ou presque). Ce folklore, qui n’a parfois plus rien de pittoresque (comme l’illustre l’internationalisation des sushis), ne sert plus que d’argument de vente pour le tourisme mondialisé, qui est le même partout.
[...]
   Ainsi que le formule Wade Davis : «Il s’agit de trouver une inspiration et un réconfort dans l’idée qu’il existe des chemins différents du nôtre et que notre destinée n’est donc pas écrite à l’encre indélébile sur un ensemble de choix dont il est prouvé scientifiquement et de manière démontrable qu’ils ne sont pas les bons.»

Le mythe du progrès et la toxicité de la monoculture mondialisée


Le progrès dans tous ses états…
Daniel Laguitton

Si le passé n’est jamais garant de l’avenir, savoir d’où l’on vient n’en est pas moins utile pour comprendre un peu mieux où l’on va. Cela vaut pour les individus comme pour les sociétés et le «Connais-toi toi-même» inscrit quatre siècles avant notre ère sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes semble indiquer que ce constat ne date pas d’hier. Ignorer son histoire est en effet une forme d’oubli de soi-même qui s’accompagne, chez l’Homo sapiens, d’un mal-être et d’une quête identitaire qui le rendent particulièrement vulnérable à une multitude d’identités d’emprunt comme les modes vestimentaires ou culturelles, les manies et phobies en tous genres, les psychotropes, le fanatisme politique et idéologique, les carrières valorisantes aux yeux des autres, le prestige de l’uniforme, etc. En rendant identiques ceux qui le portent, l’uniforme renforce bien sûr l’identité au sens de similitude et peut créer un sentiment d’appartenance, mais l’habit ne fait quand même pas le moine. L’attrait de tous les palliatifs identitaires est l’illusion qu’ils procurent d’être «in» sans pour autant cesser de se sentir viscéralement «out». L’adolescence est une période particulièrement vulnérable aux emprunts identitaires, mais elle n’en a pas l’exclusivité.
   Ce qui est vrai pour les individus et les sociétés l’est aussi pour les mots : quand ils oublient leur histoire, certains mots en viennent à perdre leur sens originel. Par exemple, lorsqu’une compagnie recrute en affichant «Avec nous, venez vivre votre passion», le mot «passion» n’a certainement pas, tout au moins pour l’employeur, le sens originel de souffrance qu’il a gardé dans «la Passion selon saint Matthieu».
   Un mot qui exprime à lui seul bien des aspirations individuelles et collectives est le mot «progrès» qui, sous le règne de la quantité, est devenu synonyme de «mieux», lui-même confondu avec «plus». Il ne désigne pourtant, à la lettre, qu’un pas en avant (du latin pro = devant et gradus = le pas), sans en préciser la direction ou la destination. Les maladies progressent, la décadence aussi. On attribue à Sully Prudhomme (1839-1907), premier prix Nobel de littérature, cette perle : «Nous sommes au bord du gouffre, avançons donc avec résolution». Prudhomme peut-être, prudent, c’est moins certain! Un progrès qui néglige l’éclairage du passé n’est souvent qu’un pas en avant dans le noir.
[...]
   Selon la tradition hindoue, l’histoire du monde passe répétitivement par quatre ères cosmiques (yugas) qui durent chacune plusieurs centaines de millénaires : 1) un âge d’or béatifique ne connaissant ni haine, ni envie, ni peur; 2) une ère ritualiste où le sang commence à couler dans des guerres et dans des sacrifices visant à amadouer les dieux; 3) une ère de détérioration des mœurs et de banalisation des rituels; 4) une ère du démon Kali, porteur de souffrance et de destruction (le Kali Yuga). Selon ce calendrier cyclique, nous en serions à la fin de cette quatrième ère et le métaphysicien René Guénon (1886-1951) écrit à ce propos : «Si le monde moderne, considéré en lui-même, constitue une anomalie et même une sorte de monstruosité, il n’en reste pas moins vrai que, situé dans l’ensemble du cycle historique dont il fait partie, il correspond exactement aux conditions d’une certaine phase de ce cycle, celle que la tradition hindoue désigne comme la période extrême du Kali-Yuga».
[...]
   Le vingtième siècle et les deux premières décennies du vingt et unième se sont soldés par un déclin prononcé sur plusieurs fronts, dont celui du rapport avec la nature et celui du lien social, n’en déplaise aux Facebook et Twitter de ce monde.
   ...Ludwig Klages (1872-1956) a brossé une caricature mordante des progressistes de son temps : «Le progressiste actuel est stupidement fier de ses succès, car il s’est en quelque sorte persuadé lui-même que chaque accroissement du progrès de l’humanité entraîne un accroissement de la valeur de cette humanité». Dans Mench und Erde, paru en 1913 et publié chez RN éditions en 2016 sous le titre L’Homme et la Terre, Klages s’affirme en précurseur de l’écologie moderne : «Implacable vis-à-vis du concept de progrès (“le progrès n’est rien moins que la destruction de la vie”), il prophétise la destruction des paysages, la pollution environnementale ou encore l’exploitation des ressources naturelles dans un texte bouillonnant de vie. L’un des tout premiers manifestes du genre, ce texte qui s’abreuve aux sources de la rationalité rigoureuse comme à celles du romantisme allemand est une lecture obligatoire d’aujourd’hui pour penser l’écologie». [...] Il dénonce avec virulence le viol de la Terre Mère et déplore que l’humanité matérialiste s’enferme de plus en plus dans un univers conceptuel aux dépens de sa propre vitalité et de celle des espèces avec lesquelles elle partage la biosphère. Bien que déplorant la stérilité du règne du mental, Klages n’en reste pas moins convaincu que l’âme résiliente du monde triomphera.
[...]
   Pour la première fois depuis que la Terre existe, les phases d’évolution des sociétés humaines affectent aujourd’hui les mécanismes profonds de la géosphère, de l’hydrosphère, de l’atmosphère et de la biosphère. Toute l’œuvre de l’historien des cultures Thomas Berry (1914-2009), en particulier The Dream of the Earth et The Great Work, porte sur la reconnaissance que l’évolution de l’humanité ne peut plus être dissociée de celle de la Terre. L’activité humaine a mis fin à l’ère cénozoïque (ère de la nouvelle vie) amorcée il y a 65 millions d’années avec la cinquième extinction (celle des dinosaures) et une sixième extinction est en marche, signée Homo sapiens, au rythme actuel d’une centaine d’extinctions d’espèces par jour. L’humanité fait donc face à un choix crucial : périr en s’en tenant à une conception insoutenable du progrès ou entrer courageusement dans une ère que Thomas Berry appelle «écozoïque» caractérisée par une reconnaissance de la Terre en tant que «communion de sujets plutôt que collection d’objets».   
[...]

Encyclopédie de l’Agora

18 juin 2018

Ce monde où le respect des droits humains est une anomalie

Donald Trump a eu le culot de faire l’éloge du dictateur nord-coréen Kim Jong-un : «Il parle et son peuple se met au garde-à-vous. Je veux que mon peuple fasse la même chose». Les journalistes de la Maison Blanche l’ont interrogé aussitôt après son entretien avec Steve Doocy. Trump aurait rétorqué : «Je plaisantais, vous ne comprenez pas la moquerie.» Chine, Corée du Nord, Russie, un trio d'alliés menaçants que l’administration Trump ne veut sans doute pas se mettre à dos. «If you can’t beat them, join them», dit l’adage.


Vladimir Poutine a lui-même rendu hommage au dictateur nord-coréen : «C'est un homme politique tout à fait compétent et déjà mature», avait déclaré en janvier 2018 le président russe, lors d'une rencontre avec les rédacteurs en chef des médias russes. «Je pense que Monsieur Kim Jong-un a sans doute gagné cette partie. Il a résolu sa tâche stratégique: il a une charge nucléaire, un missile d'une portée globale – jusqu'à 13 000 km – qui peut atteindre pratiquement n'importe quel coin de la Terre, en tout cas n'importe quel coin du territoire de son probable ennemi», avait-il souligné.

Si nous avions sincèrement l’intention d’améliorer notre monde, il faudrait propager et appliquer les principes de la Charte de la Terre et de la Charte des Droits de l’Homme, sinon c’est foutu. Ils devraient être affichés dans les institutions gouvernementales, les écoles, collèges, universités, entreprises, etc.

Dans la Charte de la Terre, on dit :
   Nous nous trouvons à un moment déterminant de l’histoire de la Terre, le moment où l’humanité doit décider de son avenir. Dans un monde de plus en plus interdépendant et fragile, le futur est à la fois très inquiétant et très prometteur. Pour évoluer, nous devons reconnaître qu’au milieu d’une grande diversité de cultures et de formes de vie nous formons une seule humanité et une seule communauté sur Terre partageant une destinée commune. Nous devons unir nos efforts pour donner naissance à une société mondiale durable, fondée sur le respect de la nature, les droits universels de l’être humain, la justice économique et une culture de la paix. Dans ce but, il est impératif que nous, les Peuples de la Terre, déclarions notre responsabilité les uns envers les autres, envers la communauté de la vie ainsi qu’envers les générations futures.
   Les modes de production et de consommation qui prévalent actuellement causent des dommages considérables à l’environnement, l’épuisement des ressources et la disparition massive de nombreuses espèces. Les communautés locales sont affaiblies. Les bénéfices du développement ne sont pas partagés d’une manière équitable et l’écart entre les riches et les pauvres est de plus en plus grand. L’injustice, la pauvreté, l’ignorance et les conflits violents sont généralisés et causent de grandes souffrances. Une augmentation sans précédent de la population a surchargé les systèmes écologiques et sociaux. Les fondements de la sécurité planétaire sont menacés. Ces tendances sont dangereuses - mais non inévitables. 

Dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme on dit :
   Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,
   Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme,
   Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression, [...]
   Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande, [...]
   L'Assemblée générale proclame La Présente Déclaration Universelle des Droits de l'Homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des États membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.
   Article 3 Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
   Article 4 Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
   Article 5 Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
   Article 6 Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.
   Article 7 Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration ou contre toute provocation à une telle discrimination.
   Article 8 Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.


Les familles migrantes séparées choquent l’Amérique
Laurence Defranoux – Libération, 18 juin 2018

Depuis deux mois, le gouvernement Trump envoie systématiquement les immigrés illégaux en prison, et les mineurs en centre de rétention. Une application stricte de la loi américaine qui scandalise et déplaît jusque dans le camp républicain.

Photo : Getty Images

Saint Paul, qui selon la légende avait dû fuir avec ses parents les violences de l’armée romaine, a dû se retourner dans sa tombe. Jeff Sessions, ministre de la Justice américain, l’a appelé à la rescousse pour justifier la décision de séparer les enfants de leurs parents arrêtés à la frontière : «Je pourrais vous renvoyer à l’apôtre Paul et à son commandement clair et sage […] qu’il faut obéir aux lois du gouvernement, car Dieu les a décrétées afin d’assurer l’ordre.» Avant d’assurer : «Entrer illégalement aux États-Unis est un délit. […] Et avoir des enfants ne vous protège pas.» Depuis, on peut voir à la télévision des débats surréalistes où, Bible en main, les invités se demandent s’il est chrétien de parquer des enfants, parfois âgés de 2 ans, dans des centres de rétention surpeuplés.
   Chaque mois, plusieurs milliers de personnes tentent de pénétrer aux États-Unis par la frontière avec le Mexique, protégée par des clôtures et des obstacles naturels. Nombre d’entre eux fuient la violence qui ravage les pays d’Amérique centrale. D’après une loi déjà en vigueur sous le gouvernement Obama, ceux qui se font arrêter sont envoyés en prison dans l’attente de poursuites criminelles. Mais les autorités précédentes faisaient des exceptions pour ceux qui étaient accompagnés de mineurs, les relâchant avec une citation à comparaître. Une pratique qui, selon des membres du gouvernement Trump, encourageait les migrants à émigrer en famille aux États-Unis.


L’application de la loi est devenue systématique après que, le 7 mai, Jeff Sessions a déclaré que «le département de la Justice des États-Unis allait poursuivre chaque personne qui traverse la frontière du sud-ouest illégalement». «Si vous ne voulez pas que votre enfant soit séparé de vous, alors ne l’emmenez pas», avait prévenu le ministre. Depuis, les parents sont envoyés en prison et les mineurs, qui ne peuvent pas être emprisonnés, en centre de rétention. Selon des chiffres donnés en mai par Kirstjen Nielsen, secrétaire à la sécurité intérieure, le nombre de familles arrêtées à la frontière a bondi de 600 % par rapport au printemps précédent. Et rien qu’en six semaines, entre le 19 avril et le 31 mai, 1995 mineurs ont été séparés des adultes avec lesquels ils voyageaient.
   Depuis plusieurs jours, l’histoire d’un bébé encore nourri au sein séparé de sa mère, ou d’enfants soustraits à leurs parents sous prétexte de les envoyer à la douche, bouleverse l’Amérique. Les autorités nient que ces pratiques existent, et affirment «afficher parmi les plus hautes normes de détention du monde pour les mineurs».

Ancien supermarché

D’après le New York Times, «des milliers d’enfants ont été retirés à leurs parents à la frontière depuis l’an dernier [...], y compris une centaine de moins de 4 ans». En tout, environ 11 000 enfants, arrivés seuls ou non, se trouvent désormais répartis dans une centaine de centres de rétention des États-Unis. Le plus grand, qui compte 1500 garçons de 10 à 17 ans, est installé dans un ancien supermarché Walmart au Texas, les rayons transformés en dortoirs, les stationnements en terrains de sport et les quais de chargement en salle de cinéma. Débordé, le département d’État à la santé a annoncé, jeudi 14 juin, l’installation d’un village de tentes pour 360 jeunes dans la ville frontière de Tornillo. Un centre temporaire de rétention avait été également érigé en 2016 au Texas, sous la présidence Obama. Mais il servait à loger des familles de migrants.
   Faisant semblant de croire que la loi oblige à séparer les familles, Donald Trump, qui avait promis la «tolérance zéro» sur l’immigration durant sa campagne, a déclaré vendredi : «C’est horrible de devoir prendre les enfants. Les démocrates doivent changer leur loi.» Ajoutant un peu plus tard dans un tweet : «Les démocrates forcent la séparation des familles à la frontière avec leur programme législatif horrible et cruel.» Le président américain, qui avait fait de la lutte contre l’immigration clandestine le point fort de sa campagne électorale, compte sur le scandale pour faire voter sa réforme de l’immigration, toujours en discussion au Congrès.
   En mai, une polémique avait déjà éclaté quand un haut responsable avait révélé devant le Sénat américain que, sur 7635 mineurs arrivés seuls à la frontière et placés en foyers d’accueil, les services d’immigration avaient perdu la trace de 1475 enfants.
   Des pédiatres s’inquiètent des traumatismes vécus par les petits privés de leurs parents. Face à la position ultradure du gouvernement, de plus en plus d’élus républicains énoncent publiquement leur malaise. Ce à quoi la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a rétorqué en déclarant qu’il est «très biblique de faire respecter la loi».


Quelle bande d’abrutis dépourvus de coeur! Diable, la série The Handmaid’s Tale se concrétise de plus en plus.

Jeff Sessions (ou plutôt ses enfants -- le bonhomme ne doit plus être capable de se reproduire...) et Sarah Sanders pourraient être éligibles à un Darwin Award (Prix Darwin). [Les Darwin Awards saluent l'amélioration du génome humain en récompensant ceux et celles qui se sont accidentellement retirés du patrimoine génétique global en mourant à la suite de comportements particulièrement stupides de leur part. Les prix sont donc le plus souvent décernés à titre posthume, mais parfois aussi à des individus devenus stériles pour la même raison. Il y aussi une catégorie de prix «Numb Nuts».] http://www.darwinawards.com/ 

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Tent Cities to Imprison Child Migrants

Photo: John Moore / Getty Images. On comprend que cette photo ait fait le tour du monde. Je crois qu'il n'y a rien de plus triste et de plus révoltant.  

‘Despicable’: Outrage Over Trump's Plans for Tent Cities to Imprison Child Migrants
“U.S. authorities should focus on keeping families together, ensuring due process in asylum adjudications, and protecting the rights of children.”
By Julia Conley, staff writer https://www.commondreams.org/

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Exploitation abusive des ressources pétrolières en Alaska  

Complètement dingue. C’est peut-être l’histoire la plus folle de tous les temps :
Les compagnies pétrolières cherchent une façon de regeler temporairement le pergélisol (en train de fondre) afin de continuer à forer plus de pétrole... et le forage fait fondre le pergélisol! – également éligibles à des Darwin & Numb Nuts Awards

Photo : Mark Thiessen / AP. Des installations comme celle-ci sur le versant nord de l'Alaska sont conçues pour des conditions de gel. Mais comme le pergélisol dégèle, des entreprises créent de nouveaux produits pour aider l'industrie pétrolière à faire face.

[...] «Pour être honnête, le changement climatique est très bon pour notre société», déclare Ed Yarmak qui gère Artic Foundations et dont la moitié de son travail provient des compagnies pétrolières du versant nord. «Notre travail consiste à refroidir les choses.» Par ‘choses’ il entend le pergélisol qui recouvre le versant nord de l'Alaska.
   L'industrie pétrolière a construit un vaste réseau de pipelines et de bâtiments sur du pergélisol, et elle a toujours eu recours à l'ingénierie pour s’ajuster. Les opérateurs pétroliers utilisent le produit de Yarmak depuis les années 1970, mais il dit que la hausse des températures signifie qu’ils ont encore plus besoin de lui.
   «À mesure que le pergélisol dégèle, les portes ne ferment plus, le revêtement mural se fissure et les planchers ne sont plus au niveau. Les choses ne sont pas telles qu’ils les avaient planifiées.»

Oil Industry Copes With Climate Impacts As Permafrost Thaws
Elizabeth Harball | NPR June 11, 2018
Article intégral en anglais :
https://www.npr.org/2018/06/11/617240387/oil-industry-copes-with-climate-impacts-as-permafrost-thaws    

Dans le même filon : Le secret de Woody (Guthrie)

L’histoire se répète avec ses promesses de prospérité et de bonheur grâce au pétrole et autres industries qui tuent tout le vivant. On ne mise que sur le profit à court terme, et la terre n’a pas le temps de panser ses blessures!

Je lisais dans la biographie de Woody, qu’en 1920, un «boom d’or noir» à Okemah, avait fait en sorte que des milliers d’ouvriers, de spéculateurs et prospecteurs avaient envahi la petite ville fermière jadis paisible. Après quelques années, le forage pétrolier cessa soudainement et Okemah subit un dramatique revers économique qui laissa ses habitants «déçus, dégoûtés, plus pauvres et suspicieux».

La vidéo donne peut-être un aperçu de ce qui nous attend.

17 juin 2018

Changer notre culture est primordial

«Je viens de lire le quotidien. Je le fais chaque matin – sachant très bien que je vais y trouver les habituelles dépravations, bassesses, hypocrisies et cruautés qui font la civilisation; de sorte que je passerai le reste de la journée à implorer que la race humaine soit damnée. Mes prières ne semblent pas exaucées, mais je ne désespère pas.» ~ Mark Twain, Lettre à William Dean Howells, 1899

On doit cette perle d’ironie à Rita Rudner :
Someday I want to be rich. Some people get so rich they lose all respect for humanity. That's how rich I want to be.

“In an interview, the comedian and actor Jim Carrey talked about “getting to the place where you have everything everybody has ever desired and realizing you are still unhappy. And that you can still be unhappy is a shock when you have accomplished everything you ever dreamed of and more.” [...]
   In fact, as Carrey points out, in many ways achieving all your goals provides the opposite of fulfillment: It lays bare the truth that there is nothing you can purchase, possess or achieve that will make you feel fulfilled over the long term. [...]
   Most Americans are depressed, anxious or suicidal because something is wrong with our culture, not because something is wrong with them. Changing our culture is critical.” ~ Kirsten Powers (Bourdain’s suicide) USA TODAY June 9, 2018

Comment se fait-il qu’il y ait tant d’esclaves et de pauvres à travers le monde? Le documentaire The Tax Free Tour (Évasion fiscale) est clair et facile à comprendre pour les analphabètes en fraude fiscale mondialisée...


«Où les multinationales paient-elles leurs impôts, et combien paient-elles? La réalisatrice de Backlight, Marije Meerman («Quants» et «Money & Speed»), s'interroge sur les paradis fiscaux, les personnes qui y vivent et les moyens d'éviter les impôts à l'échelle mondiale. Ces itinéraires passent par des noms retentissants comme «Cayman Special», «Double Irish» et «Dutch Sandwich». Le monde financier opère dans l'ombre et dans le plus grand secret. Un milieu où des flux considérables de capitaux parcourent le monde entier à la vitesse de la lumière afin d'éviter de payer des taxes. The Tax Free Tour est un thriller économique cartographiant le risque systémique pour les gouvernements et les citoyens. Est-ce là le prix que nous devons payer pour le capitalisme mondialisé? Dans le jeu en ligne gratuit «Taxodus» de Femke Herregraven, le joueur peut sélectionner le profil d'une multinationale et chercher l'itinéraire global parcouru par cette multinationale afin de payer le moins de taxes possible. Initialement diffusé par VPRO en 2013. 

Sous-titrage français

The Tax Free Tour  
Marije Meerman 2013 51:35

The Tax Free Tour travels the globe to expose the workings of offshore tax havens and the elite banking systems of the world’s billionaires which operate in extreme secrecy. Using examples from multi-national corporations such as Apple Computer and Starbucks, the film traces sizeable capital streams that travel the world literally in milliseconds all to avoid local laws and paying tax. Such routes go by resounding names like ‘Cayman Special’, ‘Double Irish’, and ‘Dutch Sandwich’. The Tax Free Tour is a sobering look at how the world’s rich live in an entirely different world than the rest of us…

Sur vpro broadcast, vous trouverez des vidéos de non-fiction sous-titrées en anglais, mais aussi en français et espagnol : des documentaires, des interviews courtes et des séries documentaires.
   Vpro Documentary – La mondialisation pousse nos sociétés, économies et cultures à chercher un nouvel équilibre. VPRO Documentary pose la réflexion à ce propos par le biais de nouveaux sujets proposés chaque semaine. Nous explorons des sujets tels que la politique, l’économie mondiale, la société et les sciences avec des experts et nous essayons de saisir l’essence même des développements et tendances proéminents.


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«Chaque civilisation porte les semences de sa propre destruction, et le cycle apparaît dans toutes. Une République naît, s’épanouit, se délabre dans un régime ploutocratique, puis, un cordonnier s’en empare aidé de mercenaires et de millionnaires qui feront de lui un souverain. Les gens inventent leurs oppresseurs, et les oppresseurs s’acquittent du rôle pour lequel ils ont été inventés.» ~ Mark Twain, Eruption

Des décennies de tentatives pour éduquer les gens en matière de droits humains fondamentaux, d’environnement, de conscience morale, de justice sociale, d’égalité femmes/hommes, de contrôle des armes à feu, d’acceptation des différences... ont été balayés du jour au lendemain par Donald Trump et sa clique de «milliardaires blancs suprémacistes».

«C’est le principe d’un groupe humain : si vous êtes dans le vrai mais que tout le monde est dans le faux, ça ne sert à rien. C’est aussi la limite de nos démocraties. Quand le nombre de crétins est plus important que le nombre de gens intelligents, ça ne sert à rien, c’est les crétins qui gagnent. La démocratie est le moins mauvais des régimes. Mais il y a des dysfonctionnements dans la démocratie qui amènent des prises de décision qui s’avèrent des erreurs vitales, alors que quelques personnes, peut-être, avaient l’intelligence de trouver des bonnes solutions, mais elles sont minoritaires.» ~ Philippe Claudel, L’archipel du Chien, Stock, Paris, 2018. (Source de la citation : Le Devoir)

«Nous ne sommes que des échos. Nous n'avons aucune pensée propre, aucune opinion propre, nous ne sommes qu’un tas de compost constitué d'hérédités pourries – morales et physiques.» ~ Mark Twain, Notebook

Les étudiants de Parkland en tournée contre la NRA
Leila Macor | Agence France-Presse | Miami, juin 2018

Photo: Mario Tama Archives Getty Images / AFP. Les élèves de Parkland sont à l’origine d’une mobilisation pour exiger une régulation plus stricte des armes à feu qui avait conduit plus d’un million de personnes à défiler dans les rues fin mars.

Les étudiants de Parkland, où un ancien élève a tué 17 personnes en février, organisent à la mi-juin une tournée à travers les États-Unis pour inciter les jeunes Américains à voter contre la NRA.
   L’objectif est «de s’assurer que les hommes politiques rendent des comptes» en persuadant les électeurs de voter massivement lors des élections parlementaires en novembre contre les candidats soutenus par le puissant lobby des armes, a assuré lundi Cameron Kasky, l’un des étudiants rescapés de la fusillade du 14 février perpétrée par un jeune de 19 ans aux antécédents psychologiques connus.
   La tournée nationale intitulée Route vers le changement (Road to Change) traversera 20 des 50 États du pays, parmi lesquels le Texas, un État conservateur où les armes sont reines et le droit de les porter protégé par les autorités, jusqu’aux scrutins du 6 novembre.


La carapace masculiniste formatée par la culture

Dominant, violent, intimidant, en contrôle, menaçant, puissant, respecté, dur, athlétique, voilà ce qui définit, entre autres, le «vrai» homme... Et «si vous n’avez pas la force physique nécessaire, achetez-vous un gun», scande la NRA.

Tough Guise 2 

Tough Guise
Sut Jhally  | 1999 | 53:53

Tough Guise Violence, Media and the Crisis in Masculinity examines the relationship between the images pervasive in popular culture, and the construction of so-called masculine identities from them.
   While the social construction of femininity has been widely examined, the dominant role of masculinity has until recently remained largely invisible. Tough Guise is the first educational video geared toward college and high school students to systematically examine the relationship between pop-cultural imagery and the social construction of masculine identities in the U.S. at the dawn of the 21st century. In this innovative and wide-ranging analysis, Jackson Katz argues that widespread violence in American society, including the tragic school shootings in Littleton, Colorado, Jonesboro, Arkansas, and elsewhere, needs to be understood as part of an ongoing crisis in masculinity. This exciting new media literacy tool utilizing racially diverse subject matter and examples will enlighten and provoke students (both males and females) to evaluate their own participation in the culture of contemporary masculinity.



TED Jackson Katz : Violence faite aux femmes – c’est un problème d’homme, 2013

La violence domestique et les abus sexuels sont souvent appelés «problèmes de femmes». Mais dans cette conférence courageuse et pleine de franc-parler, Jackson Katz montre que ce sont des sujets intrinsèquement masculins et montre comment les comportements violents sont liés aux définitions de la masculinité. Un coup de clairon pour nous tous femmes et hommes pour critiquer les comportements inacceptables et être les leaders du changement.



Choking women is all the rage. It's branded as fun, sexy 'breath play'
Gail Dines | The Guardian | May 13, 2018

Eric Schneiderman, New York state’s attorney general, who announced he was pursuing a lawsuit against Harvey Weinstein for what he described as “despicable” behavior, was just forced to resign after four women accused him of choking them, as well as other types of physical assault. Schneiderman disputed the allegations, claiming that he had only consensual sexual relations. [...]
   It is ironic that as women are speaking out loud and clear, the porn industry, together with mainstream pop culture, is promoting choking. In so many ways, choking women is a perfect metaphor for how women have been silenced. Women cannot speak the truth of their lives as long as men have their hands round our necks, or their penises down our throats. [...]