13 novembre 2018

Cible : zéro arme à feu!

Je me souviens qu’on disait aux jeunes étourdis en classe : «on va vous mettre un peu de plomb dans la tête». Quand on avait du plomb dans la tête, on était supposément réfléchi, calme et raisonnable. Or certains prennent l’expression à la lettre, à la manière de Mme de Sévigné qui lui donnait le sens de tuer avec une arme à feu...  

«L'Amérique ne sera jamais détruite de l'extérieur. Si nous vacillons et perdons nos libertés, ce sera parce que nous nous serons détruits.» ~ Abraham Lincoln 

Cette citation de Lincoln est très appropriée compte tenu de ce qui se passe chez nos voisins américains. Parfois je me demande si nous ne devrions pas ériger un mur entre le Canada et les États-Unis pour nous protéger de cette population armée jusqu’aux dents (1). Les pro-armes à feu semblent incapables de comprendre que la finalité d’une arme, quelle qu’elle soit, est de tuer – des humains et des animaux.

Parkland, un clou dans le cercueil de la NRA

Selon le professeur d'histoire Francis Langlois, la tragédie de Parkland, aux États-Unis, a ébranlé les puissantes fondations de la NRA, le lobby pro-armes américain.
   «Parkland est un tournant, soutient-il. Plusieurs entreprises qui faisaient affaire avec la NRA ont décidé de retirer leur partenariat. Beaucoup d’argent a cessé d’entrer dans les coffres de l’association.»
   Francis Langlois ajoute que la décision de plusieurs États américains de rendre illégale l’assurance en cas de négligence ou d’accident vendue par la NRA a elle aussi fait mal au lobby.
   Preuve des problèmes financiers de l'association : pour la première fois, le mouvement anti-armes a dépensé plus d’argent que la NRA au cours des élections de mi-mandat. De nombreux candidats ouvertement anti-armes se sont d’ailleurs fait élire.

Les médecins prennent d’assaut les réseaux sociaux
Des médecins américains ont publié, à la fin d'octobre, une étude dans laquelle ils pressent le gouvernement de resserrer le contrôle des armes à feu. Ils estiment avoir le devoir de faire de la prévention contre les armes, qu’ils voient comme un problème de santé publique.
   La NRA a répliqué sur Twitter en leur demandant de «se mêler de leurs affaires» :  
   «Quelqu'un devrait dire aux médecins anti-armes à feu de «se mêler de leurs affaires». La moitié des articles d’Annals of Internal Medicine préconisent le contrôle des armes à feu. Le plus troublant, cependant, c'est que la communauté médicale ne semble avoir consulté PERSONNE d'autre qu'elle-même.» https://t.co/oCR3uiLtS7
– NRA (@NRA) 7 Novembre 2018
   Les médecins ont alors riposté en publiant diverses photos montrant des salles d’opération, des pansements tachés de sang, accompagnées du mot-clic #StayInMyLane («Je me mêle de mes affaires») pour illustrer les conséquences de l’utilisation d’armes à feu. «Ils ont décidé de répondre avec ce qui frappe : la réalité», fait remarquer Francis Langlois.

Source :

Image: Gini Fischer; 10 nov. 2018, #ThisIsMyLane

Commentaire d’une internaute : «Puisque les médecins doivent ‘se mêler de leurs affaires’, on devrait peut-être soigner les membres de la NRA victimes de blessures par balle avec des pensées et des prières.»

Medscape @Medscape 9 nov.
Les médecins parlent des séquelles physiques des blessures par balle. http://ms.spr.ly/6015rCQJf #Docs4GunSense


Mahua Dey @Goru78 
Une balle que j'ai prélevée dans le cerveau d'un enfant de 6 mois. @NRA vous avez créé «je me mêle de mes affaires»! #stayinmylane #ThisISMyLane #GunControlNow #Docs4GunSense 


Arps @paediatrix 10 nov.
Quand un tout-petit est hospitalisé à l'USI avec la moitié du cerveau hors du crâne parce qu'il s'est «accidentellement» tiré une balle – parler de la sécurité des armes à feu pour essayer d'éviter cela dans l'avenir – c’est précisément me mêler de mes affaires. #ThisIsMyLane

Dr Howie Mell @DrHowieMell 10 nov  
Des moments dont vous vous souviendrez toujours. Les klaxons stridents dans le hangar des ambulances. Ramasser un enfant de 12 ans sans vie sur le siège avant, et qui ne pèse rien. Le mettre sur une civière... Tant de trous. Aucune respiration, thoracotomie digitale, tellement de sang gicle sur mon bras. Il est mort. #ThisIsMyLane

Dr Howie Mell @DrHowieMell 10 nov.  
Des moments dont vous vous souviendrez toujours. Les médecins font furieusement de la réanimation cardio-pulmonaire sur un enfant de 8 ans, juste un petit trou au-dessus de l'œil gauche. Le meilleur ami montrait le pistolet de son père. Asystolie, aucun espoir. Un si petit corps, un si petit trou. Il est mort. Vous n'avez aucune idée de ce qu'on voit quand on ferme les yeux. #ThisisMyLane

Source : #ThisIsMyLane

La National Rifle Association, le lobby des armes à feu le plus puissant du pays, est dans la mire des médecins pour un Tweet que plusieurs qualifient d'insensible et insensé

Quelques heures à peine avant qu'un homme armé n'entre dans un bar en Californie et ne tue 12 personnes (307e tuerie de masse en 2018), la NRA attaquait l'American College of Physicians sur Twitter pour avoir proposé des politiques pouvant réduire le nombre de morts et de blessés par balle. La veille, les Centers for Disease Control and Prevention révélaient que le nombre de décès par arme à feu augmente dans tout le pays à un rythme jamais vu depuis une décennie. Le document appelait à une «approche globale et multidimensionnelle pour réduire la violence par arme à feu qui soit compatible avec le deuxième amendement».
   Un médecin a demandé : «Où êtes-vous quand je dois dire à toutes ces familles que leurs proches sont morts?»
   Le docteur Cedric Dark a été l'un des premiers à souligner le timing des commentaires de la NRA. «Ce tweet n'a même pas survécu 12 heures avant qu’une autre fusillade de masse ne se produise», a-t-il écrit.

Annales d'Int Med (@AnnalsofIM) 8 novembre 2018
Des médecins comme Dena Grayson n'ont pas hésité à souligner que la violence armée était «de leurs affaires» car ce sont eux qui «arrêtent le sang de couler» quand les gens se font tirer dessus.

jjaylynny (@jjjaylynny) 8 novembre 2018
La gynécologue Jen Gunter a dit : «Qui pensez-vous retire les balles logées dans la moelle épinière...? La fée des dents? C'est littéralement l’affaire des médecins.»

Joseph Sakran (@JosephSakran) 7 novembre 2018
La Dre Mary Brandt a mentionné plusieurs études montrant un lien clair entre le relâchement des règles sur les armes à feu et l'augmentation du nombre de décès par arme à feu, et elle a lancé un hashtag : #ItIsOurLane.

Mary L. Brandt MD (@drmlb) 8 novembre 2018
L'American Academy of Pediatrics s'est jointe au mouvement en déclarant sur Twitter : «Tant que la violence armée demeurera une menace pour la santé publique des enfants et des familles, les pédiatres ne ménageront pas leurs efforts pour assurer leur sécurité.»

Amer Acad Pediatrics (@AmerAcadPeds) 8 novembre 2018
Malgré le fait que la NRA représente moins de 20 % de tous les propriétaires d'armes à feu aux États-Unis, le groupe de lobbying est extrêmement influent à Washington. La NRA réclame des lois qui limitent la façon dont l'argent fédéral peut être dépensé pour étudier la violence armée, ce qui fait qu'il est difficile pour les législateurs de trouver des moyens de réduire le nombre de décès par balle.

Les États-Unis dépensent moins pour la recherche sur la violence armée que pour toutes les autres causes majeures de décès aux États-Unis – et c'est volontaire.

«Même une réglementation fondée sur le bon sens constituerait une violation des droits constitutionnels et empiéterait sur notre liberté, elle constituerait un pas vers le socialisme et un contrôle gouvernemental de main de fer.» 
~ Wayne LaPierre, directeur général de la National Rifle association. 
[Oliver North, l’ancien officier américain impliqué dans le scandale des ventes d'armes à l'Iran pour financer les Contras au Nicaragua, est le président du premier lobby des armes à feu aux États-Unis depuis mai 2018.]


(1) Selon une étude du Pew Research :  
30 % des Américains détiennent au moins une arme à feu 
Et parmi cette dernière population, deux tiers en possède deux ou plus, et 30% cumulent... au moins cinq armes. 27 % des 18-29 ans disent posséder une arme, un chiffre quasiment équivalent aux 30-49 ans (28 %) et très légèrement au-dessous de la moyenne pour tous les adultes possesseurs d’armes (30 %).
   Les 50 ans et plus sont tout de même un peu plus nombreux à posséder une arme (33 %). On observe ainsi un écart de 6 points entre les jeunes adultes et leurs parents. Mais cet écart pourrait se resserrer avec le temps puisque selon les chiffres du Pew Research Center, 16 % des 18-29 ans se voient bien avec une arme plus tard.
   Une inclinaison qui n’est pas sans lien avec le fait d’avoir vécu avec des armes dans son enfance. 67 % des possesseurs d’armes ont en effet grandi avec un membre de leur famille possédant lui-même des armes. Un chiffre qui tombe à 40 % pour ceux qui ont choisi de ne pas en avoir.


Le possesseur d’armes type serait un homme blanc proche des Républicains
L'institut de recherche observe que les hommes sont presque deux fois plus nombreux que les femmes à posséder une arme (39 % contre 22 %). Et plus particulièrement, les hommes blancs : 39 % des hommes blancs possèdent une arme; contre 28 % des hommes de couleur.
   Cet écart ethnique se retrouve aussi chez les femmes. 24 % des femmes blanches américaines sont armées, contre 16 % des femmes de couleur.
   Notre possesseur d’armes type aurait en outre de fortes chances d’être proche du Grand Old Party (GOP). 41 % de ceux qui se déclarent officiellement Républicains possèdent une arme contre 16 % des Démocrates affirmés. Un décalage qui se retrouve auprès des simples sympathisants du GOP, avec 44 % des «tendance-Républicains» détenant une arme. C’est plus du double de ceux se disant proches des Démocrates.
   L’arme chouchou des Américains, c’est le revolver. Près de 72 % des possesseurs ont jeté leur dévolu sur cette machine courte et portative. Parmi ceux qui ne possèdent qu’une arme, 62 % ont choisi le pistolet au reste de l'offre. Autres grands favoris : le fusil (62 %) et la carabine (54 %).

Échos START, 26 février 2018

12 novembre 2018

Éloge de l’orgie carnivore

J’ai écouté les chefs du resto Joe Beef, David McMillan et Frédéric Morin, à Tout le monde en parle (ICI Radio-Canada). Les deux ambassadeurs de la viande, plutôt sympathiques, présentaient leur livre de recettes Joe Beef : Survivre à l’Apocalypse. Assez ironique ce titre à l’heure où le dernier rapport du GIEC suggère fortement de réduire notre consommation de viande si l’on veut éviter l’Apocalypse.
   Bonne nouvelle, McMillan a cessé de boire, ce qui a énormément réduit sa masse corporelle. C’est évident qu’on ne pourra pas compter sur la contribution de ces deux chefs pour réduire les GES de la production de viande. Néanmoins, je les encouragerais à explorer la cuisine à base de plantes en y mettant l’imagination dont ils sont capables. «On jase là», comme dirait Guy A. Lepage.

Honnêtement, vous ne trouvez pas qu’il y a trop de laitue?

À l’émission Midi info (ICI Radio-Canada Première), le tandem de journalistes Yves Boisvert / Lise Bissonnette se sont exprimés sur le Pacte pour la Transition. Bissonnette a servi un avertissement à Dominic Champagne, le comparant à un croisé de l’écologie. Elle n’a pas lâché le micro et c’est à peine si Boisvert a pu placer quelques mots. J’ai transcrit, c’est trop drôle.
– Bissonnette : Personnellement j’étais plutôt bien disposée, mais je reste un peu sur la réserve en me demandant s’il s’agit d’un jalon majeur. Je doute que les Québécois deviennent les champions du monde comme le dit M. Champagne, soit qu’on va mener la conscience écologique universelle. Sommes-nous devant un jalon majeur ou un phénomène de réseaux sociaux? Et là, je vais me faire excommunier, c’est comme le bucket challenge, et là je vais vraiment affirmer ma réserve ici, parce que la façon dont la chose se présente en partie. Je me méfie toujours depuis très longtemps en fait des appels (ou chapelles?) religieux. Y’a quelque chose qu’on voit tout le temps. Je l’ai entendu M. Champagne dire c’est moi, moi, moi, moi, je, je, je, je vais changer la face du monde, je ne suis pas comme les autres, vous ne vous occupez pas de ça, mais moi, je vais faire la différence. L’Apocalypse c’est pour demain. Y’a des péchés mortels, des péchés véniels, et si vous n’êtes pas d’accord, vous devriez vous taire parce que vous êtes d’une certaine façon excommuniés. Je caricature à peine. Et là, je trouve qu’il y a un côté dans ça qui ressemble beaucoup à ces églises où on répète la doctrine et où on vous menace de l’effondrement de la vie sur terre; le jugement dernier vous menace. Si vous n’êtes pas d’accord, vous êtes des méchants. Alors là, y’a danger. Je dis que les gens qui ont signé et qui accompagnent M. Champagne dans cette croisade devraient se demander s’il ne faut pas rajuster le tir pour qu’il soit plus collectif. 
– Boisvert : Mais c’est vrai que l’heure est grave. 
– Bissonnette : Il évoque souvent l’Apocalypse, la fin de la vie sur terre et la fin des espèces. Il a parlé de Berlin 1937 [à l’émission La soirée est encore jeune]. Les gens qui s’opposent un peu ou qui se posent des questions ou qui ne sont pas sûrs qu’il faut y aller si rapidement que ça, c’est Berlin 37. C’est du zèle religieux, vous commettez des péchés mortels, et véniels si vous achetez des choses biologiques et si vous ne diminuez pas votre consommation d’essence. Mais il y a aussi des gens qui commettent des péchés mortels, et je vous dis que ce côté croisade risque de nuire à ce mouvement qu’il veut élargir.
– Boisvert : La métaphore avec Berlin 37 a une connotation criminelle, sans accuser personne.
– Bissonnette : C’est fasciste, vous êtes un peu fasciste si vous refusez de signer, des complices des assassins.
– Boisvert : Calmons-nous! En fait, ne nous calmons pas, parce que le GIEC et l’ONU nous le disent, ce n’est pas une question d’opinion, c’est une matière factuelle. Donc, c’est important de passer le message. Il n’y a pas matière à débat sur la réalité des changements climatiques.

En réalité, Lise Bissonnette semblait s’inspirer des propos de Denise Bombardier dans le Journal de Montréal de ce matin, présentés à sa sauce et en y ajoutant beaucoup de beurre... Je ne veux pas excuser Dominic Champagne, c’est vrai qu’il arbitrait un peu sec et qu’il a pété l’ambiance de La soirée est encore jeune. Mais pour lui, arriver directement de la marche devant des humoristes qui posent des questions pour gnochon et se comportent comme des hybrides entre la fougère et le navet – on leur explique un machin un peu technique et ils s’évanouissent – faisait sans doute trop contraste.

Pourquoi tirer sur le messager? Allons-nous cracher sur un mouvement qui pourrait nous aider à nous libérer des débiles profonds qui gouvernent la terre et s’en croient les propriétaires? On regarde l’arbre sans voir l’Himalaya de merde derrière. Il y a beaucoup de gens qui sont réellement écoeurés d’ingurgiter du pétrole et du plastique, et de respirer du gaz. Aussi simple que ça. Mais, il est aussi vrai que personne ne change avant d’être prêt, pas même un millième de seconde avant.

Commentaires d’internautes :
– Le changement climatique ne peut pas faire l’objet d’une série webtélé en continu parce qu'elle sera stoppée par... le changement climatique.
– Allons-nous prendre des mesures audacieuses et historiques pour prévenir les changements climatiques catastrophiques, ou continuer à ignorer le problème le plus important de la civilisation?

On ne peut pas marcher en regardant les étoiles quand on a une roche dans son soulier.


Manger moins de viande pour lutter contre les changements climatiques?

Alexandre Shields
Le Devoir | 11 octobre 2018 | Environnement

La lutte contre les changements climatiques passe inévitablement par un changement majeur de notre régime alimentaire. Cela implique surtout de réduire substantiellement notre consommation de viande, conclut une nouvelle étude publiée mercredi dans le magazine scientifique Nature (en anglais).

Selon les constats de cette étude qui analyse la croissance de la demande alimentaire dans un contexte d’augmentation de la population mondiale, le passage à une diète «flexitarienne» serait nécessaire afin notamment de réduire les importantes émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à la production de viande.

En clair, les chercheurs suggèrent un virage vers un régime quotidien davantage «à base de plantes». En moyenne, les habitants de planète devraient ainsi réduire de près de 75 % leur consommation de viande rouge. Pour les Canadiens, ce recul serait davantage de l’ordre de 85 %, en tenant pour acquis un passage à un seul repas à base de viande par semaine.

L’étude évoque aussi le besoin de réduire notre consommation de viande blanche (comme le poulet) et de produits laitiers. Mais les chercheurs précisent qu’il faut en contrepartie ajouter au menu davantage de légumes, de noix et de végétaux.

Production en hausse

La production mondiale de viande a été multipliée par quatre depuis cinquante ans, passant de 75 millions de tonnes à plus de 300 millions de tonnes. Résultat : un citoyen issu d’un pays industrialisé consomme aujourd’hui 76 kg de viande par année (167 lb), contre 43 kg en moyenne dans le monde.

Les émissions de GES du secteur agricole dépassent quant à elles les 5,5 milliards de tonnes à l’échelle planétaire (huit fois les émissions totales du Canada).

Si la trajectoire actuelle se maintient, les émissions devraient augmenter de plus de 30 % d’ici 2050, alors que le plus récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) plaide pour des émissions mondiales de CO2 de «zéro» d’ici trente ans.

En matière de réduction d’émissions de GES, le fait de diminuer l’apport de produits d’origine animale serait donc d’autant bénéfique pour le climat que cette production est responsable à elle seule de 72 à 78 % de toutes les émissions de GES du secteur agricole mondial, selon les données présentées dans l’étude.

À titre d’exemple, la production d’un seul kilogramme de boeuf génère 32,5 kg de CO2. Pour l’agneau, on évalue le bilan à 33 kg par kilogramme produit, et à 2,9 kg pour le porc. A contrario, le bilan est de 0,1 kg pour le soya, 0,06 kg en moyenne pour les légumes, 0,7 kg pour les noix et 1,18 pour le riz.

Déforestation

En plus des émissions de GES, les produits d’origine animale monopolisent d’importantes superficies de terres cultivables, pour une moyenne de quatre à six mètres carrés pour chaque kilogramme de boeuf, de poulet, d’agneau ou de porc. Or, les nouvelles terres agricoles sont bien rendues disponibles en recourant à la déforestation. En Amazonie, par exemple, près de 75 % des vastes régions naturelles perdues l’ont été au profit de la production de viande ou des céréales nécessaires pour nourrir les animaux.

Qui plus est, ces terres agricoles risquent de reculer, voire de devenir impropres à l’agriculture dans plusieurs régions du monde, en raison des bouleversements climatiques, selon ce qui se dégage du plus récent rapport du GIEC. Le rapport souligne d’ailleurs le besoin de revoir notre diète, afin de se tourner collectivement vers un régime alimentaire moins «intensif» du point de vue d’utilisation de ressources et d’énergie.

Il faut dire que la population mondiale pourrait atteindre neuf milliards d’individus en 2050, et continuer de croître par la suite. Une situation qui, sans changement, ferait grimper l’ensemble des impacts environnementaux du «système agricole» de 50 à 90 %. Selon Marco Springmann, chercheur à l’Université Oxford et superviseur de l’étude publiée dans Nature, il est donc urgent de changer nos pratiques agricoles et notre régime alimentaire.

«Nourrir une population mondiale de 10 milliards de personnes est possible, mais seulement si nous modifions la façon dont nous produisons la nourriture et la façon dont nous la consommons», précise pour sa part le professeur Johan Rockström, chercheur au Potsdam Institute for Climate Impact Research, coauteur de l’étude, cité dans le quotidien The Guardian.

Tant cette nouvelle étude que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture plaident par ailleurs pour une réduction du gaspillage alimentaire. À l’heure actuelle, 30 % de toute la production planétaire se retrouve à la poubelle. La FAO estime qu’en éliminant ce gaspillage, qui équivaut à 1,3 milliard de tonnes chaque année, il serait possible de régler une partie des problèmes de faim dans le monde.

Avant je pouvais éliminer les suggestions à la fin des vidéos, mais l'option n'existe plus. Dommage, on peut se retrouver avec toutes sortes de choses sans rapport, voire, carrément stupides. Désolée. 

The Animal Holocaust depicted through Art.
Artist: Jo Frederiks

11 novembre 2018

Survie ou suicide?

Qui est responsable de l’écosuicide planétaire?
Personne et tout le monde.

Camus disait : «Quand nous serons tous coupables, ce sera la démocratie.»

Je salue l'initiative «Pacte pour la Transition» lancée jeudi dernier. Je suis aussi d’accord avec l’idée que l’addition des actes individuels en matière de consommation peut avoir des retombées positives à long terme. Et l’engagement n’est pas contraignant, un peu comme la COP, chacun est libre de se priver ou non de bœuf et de bacon et d’un tas de choses inutiles, dépendant de l’emprise de ces dépendances. Néanmoins, si les gestes individuels ne sont pas soutenus par des changements législatifs radicaux, c’est peine perdue sur le plan global. Par contre, la simplicité volontaire a l'avantage de nous rendre plus libres... 


J’entendais des commentateurs parler de «crédits compensatoires», qui signifient en réalité «la Nature que l’on détruit à cet endroit sera récréée et sauvée à un autre». De sorte que «je vais payer pour continuer à vivre de la même façon et ainsi me sentir moins coupable ou responsable». Un autre évoquait les gobelets à café en amidon de maïs remplaçant les gobelets en plastique sur un plateau de tournage devenu «écolo». Comme disait George Monbiot : «On ne sauvera pas la terre avec un gobelet à café «écolo» jetable. Nous devons défier les entreprises qui cherchent des moyens «plus écologiques» de nous maintenir dans le système de consommation «acheter/jeter». Personne ne s’interroge sur la quantité de terres agricoles requises pour la monoculture du maïs, reconnue pour causer l’érosion des sols et nécessiter de fortes doses de pesticides et d’engrais. Le problème ne concerne pas uniquement le plastique, mais aussi la masse de choses jetables. Le plastique est certes un fléau environnemental majeur, et les campagnes pour limiter son utilisation sont bien intentionnées et parfois efficaces. Cependant, nous ne pouvons pas faire face à notre crise environnementale en troquant une ressource surutilisée par une autre. La vraie question est : comment devrions-nous vivre?»  

À voir : «Détruisons la planète dans la joie et la bonne humeur» :

Les folles dépenses en GES des G7-8-20... :

Des milliers de tonnes de gaz à effet de serre causées par le G7

David Rémillard | Le 10 novembre 2018  

Les activités du G7 sous la présidence du Canada ont généré plus de 8600 tonnes de gaz à effet de serre (GES) en 2018. Ottawa promet d'en compenser la vaste majorité, voire la totalité.
   Selon l'inventaire réalisé par la firme WSP pour Affaires mondiales Canada, dont Radio-Canada a obtenu copie, au moins 8635 tonnes de GES ont été émises dans l’atmosphère.
   Le rapport tient compte du sommet des 8 et 9 juin à La Malbaie, incluant les activités satellites tenues à Québec. S'ajoutent les quatre rencontres ministérielles du G7 tenues cette année à Montréal, Whistler, Toronto et Halifax, ainsi que quatre réunions préparatoires en vue du Sommet.
   Sans surprise, le sommet de La Malbaie a de loin généré la plus importante quantité de GES. Plus des trois quarts (77 %) des GES sont attribuables aux activités diplomatiques, et 23 % aux mesures de sécurité. Le transport aérien a été le plus important générateur de GES, loin devant tous les autres.

Et la facture des mesures de sécurité ont coûté une méchante beurrée. Je crois qu'ils se préparaient au déclenchement d'une troisième guerre mondiale. 

Jessica Séguin, porte-parole d'Affaires mondiales Canada, confirme que le fédéral achètera des crédits compensatoires sur le marché du carbone pour les 8635 tonnes calculées. «Le processus est en cours afin d'effectuer l'achat de crédits.»
   Le fédéral s’est allié à la Coop de l’Arbre, un organisme de Charlevoix, pour mettre en place un projet de plantation de 100 000 arbres à travers le réseau des réserves de biosphère au pays.
   Ces arbres, affirme Mme Séguin, compenseront 15 000 tonnes de GES supplémentaires. «Les 16 plantations sont encadrées par une entente de suivi sur un horizon minimal de 50 ans, pour laisser le temps à l’arbre d’atteindre sa maturité et de jouer pleinement son rôle de séquestration du carbone », avance-t-elle.
   Ces 15 000 tonnes supplémentaires permettront, dit-on, de compenser les émissions non répertoriées.

Article intégral :

Payer pour avoir le droit de polluer plus

Dans son ouvrage, Ce que l’argent ne saurait acheter, Les limites morales du marché, le philosophe américain Michael Sandel réfléchit sur notre société hyper mercantile. L’entreprise qui achète le droit de polluer, se dédouane-t-elle d'une faute morale envers l'environnement? Peut-on vendre un enfant à l'encan au plus offrant ou faire le commerce d'organes humains? Selon lui, la vie, l'eau et l'air ne devraient jamais être des valeurs marchandes.
   «Avec le protocole de Tokyo sur le changement climatique en particulier, les économistes ont trouvé dans le marché une méthode encore plus éloignée de tout ce qui pourrait ressembler à une mesure vexatoire. Chaque agent pollueur est tenu de rester dans les limites d'un plafonnement décidé à priori mais il peut acheter le droit de dépasser ces limites en payant un autre agent qui, lui, restera en deça de celles qui lui ont été affectées. ... C'est précisément l'avantage que les économistes attribuent au marché qui pose problème : il ne ferait pas de morale. En réalité, il recouvre un mal qui devrait être perçu comme tel (la destruction de l'environnement) par un bien (le droit de polluer) que l'on peut acheter.» ~ Jean-Pierre Dupuy (au sujet de la taxe de carbone)
   Si tous les membres de la secte «Économie marchande» et les politiciens lisaient cet ouvrage, peut-être que la manière de gouverner pourrait s’améliorer.

Ce que l'argent ne saurait acheter; Les limites morales du marché
Michael J. Sandel Traduit par Christian Cler
Préface de Jean-Pierre Dupuy
Sciences humaines (H.C.) Seuil (02/10/2014)

Article intégral :

J’ai découvert ce document crucial sur Le Partage. À lire, pour mieux comprendre ce que signifie «payer pour polluer et détruire à volonté».  http://partage-le.com/


Le commerce des écosystèmes : lorsque le «paiement pour services environnementaux» équivaut à l’autorisation de détruire

Par Jutta Kill
World Rainforest Movement 2014

Les raisons de publier un document d’information sur le PSE, ou paiement pour «services environnementaux»

Aujourd’hui, les agences de l’ONU, l’industrie, les économistes de l’écologie, un nombre croissant de consultants et d’ONG écologistes, profitent de cet espace pour nous rappeler que le maintien de fonctions telles que la filtration d’eau que remplissent les forêts et les sols, le stockage de carbone que font les sols et la végétation, la biodiversité, la pollinisation des cultures agricultures par les abeilles, etc., est crucial pour l’humanité et que ces fonctions doivent donc être conservées. La démarche qu’ils proposent part de l’idée que le seul moyen d’obtenir que la Nature soit appréciée et protégée est de rendre visible, en termes économiques, la valeur de ces fonctions que   la Nature assure gratuitement. Ils affirment que lorsque les marchés de capital, les politiciens et les grandes entreprises verront l’énorme valeur économique de ce qu’ils appellent les «services écosystémiques», il sera plus facile d'exiger d'eux qu'ils protègent  la  Nature. Certains proposent aussi d’utiliser cette valeur économique qui, apparemment, n’a pas été perçue par les gouvernements, les transnationales  et  le  capital financier, comme moyen de financer  la protection de la Nature, en payant pour  ces  «services écologiques» (PSE). Suivant  ce raisonnement, tout ce qu’il faut pour mettre fin à la destruction de l’environnement est une nature que le capital puisse percevoir.

Cependant, on  peut regarder autrement le paiement pour «services environnementaux» : le PSE fait partie d’un processus par lequel le capital financier déterminera encore  plus comment la nature est utilisée et qui contrôle l’accès aux territoires; ce processus est dénommé «financiérisation» de la nature. Dans cette optique, plutôt que de diminuer la destruction, une nature que le capital puisse percevoir est indispensable  pour  maintenir un système économique qui dépend de la nature pour survivre : d’abord on la réduit à des unités de «services écosystémiques», puis ces services deviennent un nouvel item que les marchés de capital peuvent commercialiser.

Le présent bulletin vient s’ajouter aux numéros 175 [1] (février  2012)  et  181
[2] (août 2012) sur La financiérisation de la nature et le paiement pour services  écologiques.  Ces bulletins portaient sur le développement de la notion de «paiement  pour  services de l’environnement» et sur le rôle et le contenu de certaines études  importantes souvent citées par les défenseurs de cette idée, comme l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (EM) et l’Économie des écosystèmes et de la biodiversité (TEEB). Ces deux rapports en particulier ont été essentiels à la diffusion du concept de PSE ces dernières années, en contribuant à créer l’espace politique nécessaire pour le faire avancer au plan international. Beaucoup de nouvelles tendances  et de développements sont apparus depuis que le WRM a publié ces deux bulletins, et une nouvelle forme du PSE se fait jour : les gouvernements ont commencé à élaborer des «comptabilités du capital naturel»;  le Brésil a changé son Code forestier   pour  permettre le commerce de «crédits de restauration des forêts»; la Commission européenne, le Royaume-Uni et plusieurs autres pays européens étudient des modifications de leur législation environnementale pour créer un marché de crédits de  compensation de biodiversité; l’État brésilien d’Acre a adopté toute une loi dénommée «Système d’incitations pour services environnementaux» (SISA) et, avec le soutien financier du gouvernement allemand, il est en train de créer des institutions,  des  réglementations  et des commissions pour appliquer cette loi SISA, en commençant par l’infrastructure nécessaire  à la  commercialisation de la capacité des forêts à stocker du    carbone, le programme ISA-Carbono. Autrement dit, des gouvernements, de grandes entreprises et le secteur financier, qui ne se sont jamais distingués par leur défense de la nature, ont l’air de s’intéresser beaucoup au PSE.

Nous avons donc pensé qu’il était temps de reprendre cette question, de regarder la  notion  de  «paiement  pour  services  environnementaux» telle qu’elle se présente à l’heure actuelle, d’examiner les arguments de ceux qui affirment que la seule manière  de sauver la nature est de lui apposer un  prix, de montrer quels  sont les protagonistes  et ce qui les pousse à s’intéresser au PSE. Surtout, ce document aspire à documenter comment cette nouvelle version de la théorie du PSE se comporte sur le terrain, dans les territoires dont les communautés forestières dépendent pour leurs moyens d’existence et leur mode de vie.


Introduction

«Il faut mettre fin à l’invisibilité économique de la nature», [3] écrit dans son blog Pavan  Sukhdev, auteur de l’étude TEEB. Beaucoup d’économistes, d’entreprises et d’ONG de conservation se font l’écho de cette déclaration. La valeur de la nature n’est pas visible, affirment-ils; c’est pourquoi les fonctions que la nature accomplit – la filtration d’eau dans les forêts et les sols, le stockage de carbone dans les sols et la végétation, la biodiversité, la pollinisation des cultures par les abeilles, etc. – sont sacrifiées sans cesse pour réaliser les bénéfices économiques visibles que l’on peut obtenir en la détruisant. «[S]i au moins nous avions  les  outils  nécessaires  pour  mesurer  ces  valeurs et les intégrer aux décisions des entreprises», écrit le World Business Council for Sustainable Development, un groupe industriel de pression très influent auprès de l’ONU, dans son Guide pour l’évaluation des écosystèmes par les entreprises. [4] Des agences de l’ONU, des transnationales, des ONG de conservation et des économistes de l’écologie affirment que le seul moyen de faire en sorte que la nature soit appréciée et protégée est de rendre visible, en termes économiques, la valeur de ce qu’ils appellent «services écosystémiques», c’est-à-dire les fonctions et les processus que le nature fournit à l’humanité. Ils affirment que lorsque les marchés de capitaux, les politiciens et les transnationales verront l’énorme valeur économique de ces «services  écosystémiques», il sera plus facile d’exiger que la nature soit protégée. Les économistes  ont  avancé  quelques  estimations  de  la  valeur  économique  des  «services écosystémiques», et beaucoup d’initiatives, de programmes et de subventions d’aide à la recherche et au développement sont mis en place pour se préparer à la commercialisation future de ces «services».

Dès que les premiers programmes de PSE ont été formulés, les défenseurs du paiement pour «services écologiques» ont affirmé que les communautés tributaires des forêts et les peuples des forêts en seraient les principaux  bénéficiaires.  Mais le sont-ils vraiment? Même les premiers programmes ont eu tendance à bénéficier surtout aux membres les plus fortunés de la communauté. Ils ont montré aussi que la valeur intrinsèque de la Nature tend à être évaluée à la baisse lorsque les valeurs financières des plans de PSE sont introduites. Des exemples concrets suggèrent que ces tendances  se renforceront lorsque le PSE deviendra un marché de «services écosystémiques». Certains Quand le «paiement pour services environnementaux » équivaut à l’autorisation de détruire WRM 2014 proposent aussi d’utiliser cette évaluation économique pour financer la conservation de la nature, en payant pour ces services.

Le  PSE devient de plus en plus un «paiement qui autorise à détruire». Afin de mettre en place ces paiements qui donnent la permission de détruire, la Nature, dans toute sa  complexité, ses interconnexions, sa diversité et son caractère unique, est présentée en unités de «services écosystémiques» à un point tel que cela dépasse largement la marchandisation nécessaire aux programmes PSE précédents. Des certificats (souvent dénommés «crédits de compensation»), utilisés pour garantir que le «service» en question est protégé quelque part, peuvent être achetés par des entreprises, en  échange du permis de détruire un morceau «équivalent» de Nature situé ailleurs. Une  entreprise minière ne pourrait obtenir un permis pour élargir sa  mine dans une zone  protégée où l’extraction est interdite par la loi qu’en achetant des «compensations de biodiversité», de manière à sauver davantage de biodiversité à un autre endroit, pour  compenser celle du parc national que le nouvelle mine va détruire; un aménagement urbain ne peut avoir lieu dans la ceinture verte d’une ville, où il est interdit, à moins que la société immobilière n’achète des «compensations  de  biodiversité»; un éleveur ou  une entreprise forestière peuvent ne pas être obligés de restaurer la forêt qu’ils ont éliminée s’ils achètent à la Bourse des «crédits de restauration forestière». Une fois emballée en unités de «services écosystémiques» comparables entre eux, la Nature peut aussi être commercialisée comme un  actif  financier.  Ainsi, le «service écologique» est ouvert à la spéculation, et la Nature, unique et interconnectée, est  divisée en unités de «services» séparés qui  peuvent être comparés entre eux, mélangés et différenciés, achetés et vendus, parce que chacun est considéré comme un équivalent et un substitut approprié de l’autre. Cette abstraction a transformé la Nature incontrôlable, toujours changeante et interconnectée en unités linéaires, mesurables et comparables de «services écosystémiques».

L’abstraction permet aussi aux négociants en certificats de «services écosystémiques» de faire semblant que les unités existent indépendamment de leur entourage, qu’il n’y a aucune interaction entre elles et les cultures, les pratiques sociales et l’utilisation de la terre qui ont évolué avec cette partie de la Nature devenue un simple «service écosystémique» et qui dépendent d’elle. Par conséquent, le concept de PSE et, en particulier, le commerce des «services écosystémiques», impliquent que la dimension environnementale de la destruction peut être séparée de la dimension sociale. Les  plans de compensation qui  incluent  la permission de détruire pourvu que le «service écologique» soit remplacé ailleurs acceptent volontiers la destruction non compensée et impossible à compenser des rapports sociaux, de la culture et des pratiques sociales liées à la Nature. En cours de route, les lois sont modifiées de manière à remplacer l’obligation d’éviter toute perte de biodiversité par l’obligation, bien plus faible, d’éviter toute «perte nette» de biodiversité. Là où  la règle était d’éviter toute perte, les nouvelles  lois permettront la destruction à un endroit pourvu que le promoteur puisse montrer qu’il n’y aura aucune perte nette parce que, apparemment, la Nature que l’on détruit à cet endroit sera récréée et sauvée à un autre.

4 WBCSD Guide to Corporate Ecosystem Valuation. Page 12, en anglais.

Table des matières
Les raisons de publier un document d’information sur le PSE, ou paiement pour «services environnementaux»

Introduction
Du «paiement pour services environnementaux» au «commerce des services écosystémiques
- Des types différents du PSE
- ENCADRÉ : Qu’est-ce qu’on échange dans les marchés des «services écosystémiques»?
- Du simple échange à des transactions financières complexes
- ENCADRÉ : Les projets de compensation et la prétention de savoir ce qui se serait
passé
- Pour repérer les différences

Pourquoi ces différences sont importantes

Les principaux promoteurs du PSE
- Les institutions multilatérales
- Les sociétés multinationales
- ENCADRÉ : Des compagnies minières essaient des plans de PSE compensatoires
- Les ONG écologistes
- Les fonds d’investissement spécialisés, les créateurs de marchés et les systèmes de certification
- Les universités et les cabinets de consultants

Sur les traces des échecs du PSE
- Le PSE compensatoire de biodiversité avance vite malgré la série d’échecs constatés
- Pourquoi le commerce des services environnementaux augmentera les injustices écologiques et socio-économiques
- Les droits des communautés au territoire – de l’accès à l’utilisation – deviennent encore plus précaires
- Les contrats de compensation mettent en grave danger le mode de vie traditionnel des communautés

Les avantages de la destruction
- Le commerce des services écosystémiques a besoin que la destruction continue parce que, sans elle, il n’y aurait rien à «compenser».
- Droits de la nature vs permis de destruction
- Le PSE est un moyen de dépolitiser la lutte pour un modèle différent d’économie et de développement

Se mobiliser pour dire NON au commerce des services écologiques

Après 100 ans de guerres et de carnages

«L'homme fut créé tel un animal sanguinaire et je crois qu'il aura toujours soif de sang, et qu’il s’organisera pour en avoir. Je pense qu'il est de loin le pire animal qui existe; et le seul qui soit indomptable.
   L’homme est le seul animal qui donne dans l’atrocité des atrocités : la Guerre. Il est le seul qui rassemble ses frères pour aller calmement exterminer ses semblables de sang froid. Il est le seul animal qui, pour un salaire minable, marche et tue des étrangers de sa propre espèce qui ne lui ont fait aucun mal et avec lesquels il n'est pas en conflit. Et pendant les intervalles entre les guerres, il lave ses mains souillées de sang en travaillant pour la ‘Confrérie universelle de l’homme’.» ~ Mark Twain (Lettre à William Dean Howells, 1899; My Father Mark Twain; What Is Man?)

Heureusement pour lui, Twain est décédé peu avant la Grande Guerre (en 1910). S’il avait été vivant, la colère aurait probablement eu raison de lui de toute façon...

Suggestion : la série audio 14-18, La grande Guerre des Canadiens

En compagnie de Claude Legault, le narrateur de la série, revivez les moments marquants de la participation des Canadiens français à la Première Guerre mondiale. De l'enrôlement à l'Armistice, de la bataille de Courcelette aux émeutes de Québec, des soldats, des infirmières, des citoyens et leurs descendants livrent leurs témoignages, complétés par des analyses d'historiens.
Audiofil :

Il y avait un site incluant des documents d’archives (photos, lettres, etc.), mais il est introuvable. Dommage. Mais celui-ci comporte plusieurs vidéos :

L’HORREUR est humaine

Photo : Reuters / Yves Herman. Les cérémonies en hommage aux victimes de la Grande Guerre se sont déroulées sous haute surveillance dans la capitale française où quelque 10 000 membres des forces de l'ordre ont été mobilisés dans un contexte de menace terroriste.

«Je ne comprends décidément pas pourquoi il est plus glorieux de bombarder de projectiles une ville assiégée que d’assassiner quelqu’un à coups de hache.» ~ Fiodor Dostoïevski (1821-1881)

Moi non plus!

Combien en faudra-t-il encore pour donner un sens à notre insignifiance?  

Devoir de mémoire mon œil. On se souvient pour mieux récidiver avec des tactiques militaires plus efficaces et sophistiquées pour éliminer l’ennemi. Les guerres ont toujours la même origine – rivalités politiques, économiques et colonialistes, et sont financées par ceux qui ne se battent jamais mais élaborent des stratégies sur des cartes géographiques maintenant modélisées. Les États tirent grand profit de la guerre pour accroître leurs pouvoirs et leurs domaines de compétences. À la tête des forces armées on trouve des hauts-gradés dont plusieurs semblent avoir des caractéristiques de psychopathe, les budgets alloués à l’industrie de la guerre ne cessent d’augmenter et les humains adorent tuer. Alors, l’espèce la plus sanguinaire (l’humain) perpétue les mêmes boucheries écoeurantes, à pied, à cheval, en chars d’assaut, en bombardiers, en sous-marins et à drones. Bien sûr, les militaires ne font pas que tuer des ennemis. Ils participent à des opérations de sauvetage en cas de catastrophes naturelles – incendies, inondations, famines, etc. Mais les pompiers, les membres de la Croix rouge et de Médecins sans frontières le font aussi sans suivre de formation pour tuer du monde.

Article intégral :

Le vendeur d’armes peut-il se soucier des «fourmis»?
On a beau savoir que l’industrie des armes contrôle une très grande part de l’économie mondiale, en voir la réelle ampleur dans les coulisses donne quand même froid dans le dos.

Article intégral :

Photo : AFP / Getty Images / Ludovic Marin. Plus de 70 dirigeants mondiaux réunis sous l'Arc du Triomphe à Paris à l'occasion du 100e anniversaire de l'Armistice.

Un excellent article au sujet de ces commémorations qui nous rappellent que nous sommes perpétuellement en guerre :

11 novembre, le triomphe de l’amnésie
Par Fausto Giudice et Nicolas Casaux

Nous sommes le 11 novembre 2018, et ce sont quelque 72 chefs d’État et de gouvernement qui sont réunis à Paris pour célébrer le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. L’hypocrisie est insupportable, quand on sait que ce massacre à entre autres choses été organisé, délibérément, par les classes dominantes, pour conjurer la menace de la révolution sociale (et nationale dans certaines situations) et mettre fin au processus de démocratisation en cours dans les puissances occidentales.


Les auteurs de l'article mentionnent le livre d’Éric Baratay, Bêtes des tranchées, que je réfère étant donné mon grand respect envers mes amis animaux, «ces oubliés qui ont fait parti de l’incroyable massacre : 11 millions d’équidés, 100 000 chiens, 200 000 pigeons, les animaux enrôlés en masse dans la Grande Guerre, pour porter, tirer, guetter, secourir, informer... Les tranchées ont également abrité des milliers d’animaux domestiques ou de ferme, abandonnés par des civils en fuite, d’animaux sauvages coincés au milieu du front, mais aussi des rats, des mouches, des poux, attirés par l’aubaine.»

Quand on y pense, 11 millions d’équidés. Yack, bande de malades!

Tous les animaux peuvent être conscrits... s’ils ont le moindrement des aptitudes particulières. Nous tuer entre humains à la guerre ne suffit pas. Nous contraignons des êtres intelligents comme les chevaux, les chiens... à collaborer à nos actes les plus morbides, ignobles et psychotiques. Ce que nous faisons à nos meilleurs amis est méprisable. Si vous avez le cœur solide je vous suggère cet ouvrage.

«Tous les animaux ont un comportement décent... hormis les Hommes.»
~ Martin Monestier

Les hommes, non contents de se faire la guerre tout au long des siècles, ont dressé des animaux à leur image afin que ceux-ci participent aux luttes armées.
   Des oies du Capitole aux dauphins de la marine américaine, en passant par les éléphants d'Hannibal et à ceux des Khmers rouges, les renards hébreux, les chiens de guerre japonais, les rats du Mossad, les pigeons, les ânes, les otaries, les cheveux, etc., peu d'animaux ont échappé à l'embrigadement.
   Pendant la Première Guerre mondiale, plus de 14 millions d'animaux furent enrôlés dans les armées belligérantes, et 120 000 d'entre eux décorés pour faits de guerre. Le second conflit mondial verra 30 millions d'animaux servir sur tous les terrains d'opération. Aujourd'hui, les laboratoires militaires de parapsychologie animale continuent à étudier le comportement des animaux pour les éventuelles guerres à venir.
   Martin Monestier, avec force documents – pour la plupart inédits – à l'appui, évoque, depuis les origines jusqu'à nos jours, les missions et les actes d'héroïsme de ces auxiliaires malgré eux des armées.

Les animaux-soldats
Histoire militaire des animaux des origines à nos jours
Martin MONESTIER
Collection Documents; Cherche-Midi, mai 1996

Lloyd Swick et les animaux de guerre

Chiens de guerre

Le vétéran canadien A. Lloyd Swick, décédé le 14 janvier 2017 à l'âge de 94 ans, a servi en Normandie peu après le jour J, ainsi qu'en Corée, en Inde, au Pakistan et à Haïti. Il voulait faire ériger un monument commémoratif en hommage aux animaux de guerre, et il a réussi.

Article intégral :

Encore des illusions au sujet des humains?

Je suis plutôt d’accord avec les arguments de John Gray, car lorsqu’on étudie l’histoire, il est difficile de s’illusionner sur notre espèce. Mais je garde toujours un petit fond d’espoir – j’appartiens à la branche «apôtres de l’humanisme» comme il appelle ceux et celles qui le prêchent, mais qui, selon lui, s’illusionnent. Il perçoit l’humanité comme «une espèce rapace déterminée à détruire toutes les autres formes de vie; les humains ne peuvent pas détruire la terre, mais ils sont capables d’anéantir totalement l’environnement qui les soutient».

Extraits d’un article sur son ouvrage The Silence of Animals (2013) : 

«Les Napolitains affamés en 1944 chassaient et consommaient des chats errants, ou se nourrissaient de poissons tropicaux trouvés dans l'aquarium de la ville; les prisonniers soviétiques internés par les Nazis bouffaient les cadavres des autres détenus tels des meutes de chiens voraces. Voilà ce qui arrive quand les faux-semblants de civilisation et d'humanisme dégringolent – ils ne sont guère plus qu’une prétention qui procure un support moralisateur à la religion. Dans le jardin d’Éden, Dieu a flatté l’homme en lui accordant la suprématie sur les autres animaux; la vérité est que notre capacité de rationalisation nous a effectivement permis de nous comporter comme des bêtes.
   La barbarie est une maladie de la civilisation. Toutes nos institutions – les familles et les Églises, les forces policières – sont impliquées dans la mesquinerie humaine. Il est absurde de croire à l'évolution de notre espèce ou à l'amélioration progressive de la société : au Congo Belge ou dans la Russie stalinienne ou en Iraq, en Iran et en Syrie, des idéologues qui s'extasient sur la régénération du monde entier comptent sur les massacres à grande échelle pour établir leur version personnelle du ciel sur terre.» (John Gray)
   Les fictions et les mythes que nous élaborons afin de nous sentir à l'aise dans cet univers hostile ou indifférent sont au mieux des ‘nuages de poussière’ facilement dissipés par les explosions d’invectives de Gray, commente l’auteur de la critique, Peter Conrad. Et il conclut : j’ai bien peur que Gray finisse comme le Gulliver toqué de Swift qui, dégoûté de ses semblables, alla vivre avec ses chevaux dans son écurie.

Source :