19 février 2018

«Blood money»

L’étudiant Cameron Kasky (un survivant de la fusillade, FL) disait au journaliste de CNN : «Les seuls qui ne se soucient pas des 17 personnes dont le cœur a été troué par balle sont ceux qui font les lois.» Une journaliste lui demandait : «Mais si les sénateurs refusent l’argent de la NRA, comment vont-ils financer leurs campagnes? Et vous, que pouvez-vous faire?» Question stupide à laquelle il a répondu : «Bien sûr, nous sommes des étudiants, nous n’avons ni emploi ni argent. Mais ‘l’argent du sang’ (blood money) n’est pas l’unique source de financement disponible.»

Les étudiants planifient donc des marches à Washington D.C. (et autres villes) jusqu’à ce qu’une loi sur le contrôle des armes à feu soit adoptée. Ce n’est pas une mince tâche, mais ils sont courageux et déterminés parce que je crois qu’ils sont réellement écoeurés. En effet, comment vivre avec la crainte perpétuelle de se faire tuer n’importe où et n’importe quand dans des lieux publics ou par son voisin? c’est insupportable.

Students hold gut-wrenching protest at White House while Trump golfs
Eric Boehlert | February 19, 2018


Students nationwide are sending a loud message: They want gun control now.
While Trump was playing golf for the 93rd time as president on Monday, students from the Washington, D.C., area were staging a lie-in front of the White House to demand immediate action on gun control legislation.


And A Child Shall Lead Them
Linda Sharp  
Monday, February 19, 2018

[...] The occurrence is not the surprise. It's just a sad, tragic, blood soaked lottery that our children are entered into against their will and nobody wants to win.
   It's become our Hunger Games. Or perhaps SHAMES is a better word.
   We have watched in horror as this scenario is played out again and again. Shock, blood, vigils, funerals. Parents shoved into the nightmare of child-death from which they will never awaken. Thoughts and prayers the impotent, bullshit extended by politicians who truly could not care less if they tried. And the admonition from them, their gun fetish constituents, and their NRA cash overlords, that it is “too soon” to talk about gun regulation.
   And so a headline comes, the above takes place, the headline fades, the media moves on, and we wait to see who wins the next Powerfall.
   Yet this time, something very different is taking place. Something amazing, heartening, and shameful all at once.
   The children who were there are refusing to let this fade. The survivors, the friends of the dead - the ones who had to walk through the blood and past their fallen classmates - are saying to the politicians, to the world, “NO, YOU WILL NOT GET AWAY WITH IT THIS TIME.”  And, “It is not TOO SOON, it is TOO LATE!”
   Listening to how articulate these students are, how fed up they are with the fear all students feel these days, and how angry they are no one in charge gives a damn about protecting them? I am humbled. I am also filled with shame. Shame because we adults have systematically, right down the line, failed them over and over and over. [...]
   So our children, still in shock, suffering PTSD, recovering from wounds are now pushing us aside. They now know, beyond any doubt, that they must be the ones they have been waiting for.
   Marches have already been planned. Nationwide walk outs are being coordinated at schools across the land. And most impressively, these kids are calling literal BULLSHIT on Trump. Kids are doing what leaders are afraid to do. They are standing tall, taking to the media, staring directly into the cameras and saying without blinking or stuttering:  THE EMPEROR HAS NO CLOTHES.


Si Donald Trump veut protéger les Américains contre les terroristes étrangers, il devra déporter ses propres terroristes américains «pure laine».


Why “they” seem more violent than “we” are

Between 54 and 63 percent of the mass shootings since 1982 were committed by white men. A hypothetical outside threat is seen as far more deadly than a very real internal one. How do we account for these seemingly contradictory impulses? [...]
   With regard to safety and security, demonizing refugees, Muslims, Mexicans and so on does the important work of seeming to take action while leaving the existing order (and the incredible profits of gun manufacturers) intact. In a world that can undoubtedly feel like a scary place, we might want to believe that our biggest threats come from without. That they might already be walking among us is apparently too much to swallow.


Saviez-vous que le deuxième amendement avait été ratifié en 1788 pour préserver l’esclavage?

The Second Amendment was ratified to preserve slavery

"A well regulated Militia, being necessary to the security of a free State [emphasis mine], the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed." (Madison)

Little did Madison realize that one day in the future weapons-manufacturing corporations, newly defined as “persons” by a Supreme Court some have called dysfunctional, would use his slave patrol militia amendment to protect their “right” to manufacture and sell assault weapons used to murder schoolchildren.

Nos gamelles remplies de poisons chimiques

Les «grands prédateurs financiers qui contrôlent la planète minière» multiplient les «poubelles chimiques», avec la bénédiction de nos décideurs. Il y aurait moins de trous dans le ventre de la terre si ces tyrans détenaient un «Advanced Degree in AWARENESS»... Il n'est pas trop tard pour un «crash course» d’immersion – avec dégustation de cuisine locale, comme la soupe de poisons (des poissons, il n'y en a plus).


TROU STORY, un documentaire à voir ou revoir. Un tableau sombre qui n’inclut même pas le trou noir albertain...  

TROU STORY disponible à https://ici.tou.tv/trou-story


L’histoire minière au Canada est faite de profits faramineux réalisés au mépris de l’environnement et de la santé des travailleurs. C’est une histoire qui passe par le nickel de Sudbury, l’argent de Cobalt, l’or de Timmins, le cuivre de Rouyn. À coups d’images chocs, à l’aide d’archives rares, en s’appuyant sur des entretiens et avec l’humour social qui a fait leur marque, ce documentaire expose avec clarté le dossier des mines au Canada.

Durée : 1 h 19
Production : ONF, 2011
Pays : Canada
Réalisateurs / auteurs : Richard Desjardins et Robert Monderie  
Narrateur : Richard Desjardins

Cette vidéo est en quelque sorte la conclusion logique de TROU STORY :  
Pourquoi tout va s’effondrer
4emesinge | le 15 nov. 2017

Si vous pressentez que l'avenir s'annonce morose, qu'il y a peu de chance que tout ce bazar termine dans la joie et la bonne humeur, qu'il existe une infime chance que nous échappions à un effondrement systémique de la civilisation thermo-industrielles, vous n'êtes pas loin du compte. Dans cette vidéo, nous essayons en nous appuyant sur les données disponibles d'expliquer pour quelles raisons nous pensons que la situation est inextricable et qu'un effondrement systémique est aujourd'hui inévitable.


17 février 2018

Pas d’armes à feu... pas de fusillades!!

«J'ai deux enfants, et je pense que la seule façon pour que ça arrête, c'est d'éloigner les lobbyistes des armes à feu des politiciens.» ~ Tighe Barry, qui a participé à la veillée funèbre (fusillade en Floride)

We're Averaging One School Shooting Incident Every 63 Hours In 2018
Wednesday's shooting at a Florida high school is the 17th school shooting incident of the year. List:

Students are released from the lockdown outside of Stoneman Douglas High School in Parkland, Fla., after a shooting on Wednesday, Feb. 14, 2018. (John McCall / Sun Sentinel / TNS)

L’assassin a sans doute choisi le jour de la Saint-Valentin intentionnellement c’est la journée où l’on célèbre l’amour et l’amitié.

Les 17 victimes (dont un entraîneur et un professeur ayant tenté de sauver des élèves) auraient pu continuer de vivre, d’aimer, de rire, chanter, danser...

Ce que j’ai appris de la mort
Anita Moorjani

Quand je suis arrivée dans ce monde,
Tout ce que je savais,
c’est aimer, rire et faire briller ma lumière de tous ses éclats.

Puis, en grandissant, les gens m'ont dit de cesser de rire :  
«Prends la vie au sérieux, si tu veux aller de l'avant dans ce monde.»
J'ai donc cessé de rire.

Les gens m’ont dit :
«Choisis bien qui tu aimes, si tu ne veux pas avoir le cœur brisé.»
J'ai donc cessé d'aimer.

Ils m’ont dit :
«Ne faits pas briller ta lumière autant, tu attires trop d'attention sur toi.»
Alors j'ai cessé de briller.

Et je devins petite
Et flétrie
Et je suis morte

Seulement pour apprendre à ma mort
Que tout ce qui importe dans la vie
C’est aimer, rire et faire briller notre lumière de tous ses éclats!

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Contributions reçues de la NRA par ces représentants au Sénat

Tuerie en Floride : entre santé mentale et contrôle des armes à feu
Yannick Donahue ICI Radio-Canada Info | 15 février 2018

Professeur et directeur au Département de sociologie de l'Université de Georgetown, à Washington, Frédéric Lemieux reconnaît que les antécédents de problèmes de santé mentale semblent une caractéristique commune des auteurs de tueries. Toutefois, il observe une instrumentalisation politique de ce facteur à l'heure actuelle.
   «Dans le cas qui nous occupe en ce moment, ça devient plus une politisation de la santé mentale. En ce sens qu’on essaie de rediriger le débat au lieu de parler de politiques publiques sur les armes à feu, de restrictions et de lois», estime-t-il, en entrevue à l'émission Le 15-18. «Aux États-Unis, surtout venant de l’administration Trump, c’est un peu hypocrite de faire cette remarque», ajoute-t-il.
   L'idée d'une politisation des troubles mentaux trouve écho chez Rafaël Jacob, chercheur associé à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM. Il constate que le terme «santé mentale» revient souvent quand les républicains parlent de ce type de tragédie, alors que les démocrates, eux, vont plutôt orienter le débat vers le contrôle des armes à feu.
    «Ce qu’on a, c’est essentiellement un dialogue de sourds depuis des années. Après chaque fusillade, ce sont les mêmes sparages. Les démocrates ne veulent pas parler de santé mentale et parlent de contrôle des armes à feu, et les républicains ne veulent pas parler de contrôle des armes à feu et parlent de santé mentale. Et au final, il n’y a rien qui se fait.» Rafaël Jacob, chercheur associé à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand

Contrôle des armes à feu
Certains observateurs attribuent l'absence de changement à Washington au sujet du contrôle des armes à feu au fait que la NRA [National Rifle Association, le lobby des armes à feu] finance beaucoup de politiciens. Cependant, la puissance de ce lobby ne tient pas uniquement aux dons qu’elle fait, indique Rafaël Jacob.


«La NRA est une organisation terroriste»

On constate que le nombre de tueries de masse a augmenté au fil des ans. Selon les données du Congrès américain, dans la décennie 2010, il s'écoulait en moyenne 74 jours entre deux tueries, alors que c'était plutôt 282 jours dans les années 1970.
   Selon une autre méthode de calcul qui définit les tueries de masse comme des incidents où quatre personnes ou plus sont blessées ou tuées, en incluant l'assaillant , il y a eu 372 fusillades en 2015, soit un incident presque chaque jour. Quelle que soit la méthode choisie, l'augmentation au fil des ans est indéniable.
   Deux raisons l'expliquent, selon M. Francis Langlois, professeur au Cégep de Trois-Rivières et membre associé à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand. D'une part, on trouve sur le marché des armes de plus en plus efficaces, comme des fusils d'assaut et des pistolets avec de gros chargeurs, ainsi que des munitions plus puissantes. Ensuite, il y a un phénomène de contagion.
   «À un moment donné, il y a tellement de gens qui font ça que ça devient un moyen ‘légitime’ [...] de se venger ou de régler ses comptes avec la société et avec ses proches.» La facilité de l'accès aux armes, combinée à leur puissance, fait en sorte que «quelqu'un qui est dépressif, fâché ou qui a pris de la drogue [peut facilement] commettre un massacre», souligne M. Langlois.
   L'attrait des armes à feu ne se dément pas. En 1986, il y avait 3,5 millions d'armes commercialisées aux États-Unis. En 2013, c'était plutôt 16 millions. C'est surtout parce que la NRA a réussi à passer son message, croit le journaliste Craig R. Whitney. «Ils martèlent que pour se protéger contre les criminels on doit avoir une arme à feu à la maison. Et chaque fois qu'il y a une fusillade, les gens se précipitent acheter des armes.»
   Depuis des années, le puissant lobby réussit à bloquer tout projet visant à durcir les lois sur les armes à feu.
   Comparé à d'autres, le lobby des armes à feu n'est pas très riche, soutient le chercheur Francis Langlois. Par contre, il est capable de livrer des électeurs. Par exemple, la NRA demande à ses membres de voter pour un candidat en particulier parce qu'il est en accord avec leurs positions, ou alors il les mobilise pour envoyer des courriels et prendre part à des manifestations quand ils sont en désaccord avec ce qu'il propose. Elle est très bien implantée au niveau national, mais aussi étatique et municipal. «S'attaquer à la NRA, pour un politicien, c'est vraiment quelque chose. Surtout quand on est au Sud ou dans l'Ouest, c'est très difficile. Ils sont très bien organisés.»


Saisie d’armes à feu en Australie : au moins le gouvernement a décidé d’agir!
Nous devrions les imiter : chassons les armes à feu... 

14 février 2018

M. Macron à la chasse : qui l’eût cru?!

Je n’ai pas réagi sur le coup lorsque le président français a proposé de rouvrir les chasses présidentielles pour «les intérêts de la France», souhaitant en faire «un instrument d'attractivité. C'est quelque chose qui fascine à l'étranger, ça représente la culture française, c'est un point d'ancrage». D’abord, j’ai cru à une fausse nouvelle... Ensuite, j’ai trouvé l’idée trop pitoyable pour la relever : la chasse sportive c’est «tuer pour le plaisir de tuer». Mais étant donné que j’aime les animaux, je me suis ravisée.  

En bref
Le Comité des chasses présidentielles gérait les chasses dépendant des domaines du président de la République, à Rambouillet et Marly-le-Roi, tous deux dans le département des Yvelines, ainsi que celles mises à sa disposition au château de Chambord dans le Loir-et-Cher. À Rambouillet et à Marly-le-Roi, il s'agissait de chasses au petit gibier, à Chambord de battues aux sangliers. Ainsi chaque année étaient organisées une quinzaine de journées de chasse offertes au nom du président de la République à ses invités.
   Traditionnellement, une journée était réservée aux parlementaires, une au corps diplomatique (ambassadeurs étrangers en poste à Paris). D'autres étaient plus mélangées, afin de faire se côtoyer des industriels, des élus ou des hauts fonctionnaires.

Il faudrait apprendre aux animaux à manier le fusil, comme ça la lutte se ferait d'égal à égal... 

Quelquefois dans l'année, des chasses étaient également organisées en l'honneur de chefs d'État étrangers. [Valéry Giscard d’Estaing profitait de sa passion pour soigner ses relations publiques. Il a convié à ses chasses le futur roi d’Espagne Juan Carlos, le duc d’Édimbourg et de nombreux chefs d’États africains qui l’invitaient en retour à des safaris. Le colonel Kadhafi lors de sa visite en France en 2007 a exigé qu’on lui organise une partie de chasse dans la forêt de Rambouillet.]
   Ces séances, outre le fait pour les convives de partager leur passion, étaient aussi l'occasion de rencontres informelles entre «grands de ce monde», lors du dîner clôturant traditionnellement la partie de chasse. ... (Wikipédia)

Supprimer les chasses présidentielles
Le 9 février 2018 – Présidents d’associations environnementales, Audrey Pulvar et Allain Bougrain-Dubourg demandent à Emmanuel Macron de transformer ces territoires en espaces naturels exemplaires. Une autre façon de contribuer au prestige de la France.

De toute façon il suffit de gratter le vernis de prestige que s’accorde la classe dominante pour découvrir ses comportements ignobles. Ainsi, l’autre jour, j’ai buté sur un article au sujet des «human hunting parties» – on alléguait que de jeunes enfants étaient relâchés dans les boisées de châteaux, nus et drogués, pour être chassés comme du gibier par des «grands de ce monde». Sur le coup, j’ai pensé à une fiction complotiste en vue de dénigrer les classes dominantes. Mais, réfléchissant à la traite (passée et contemporaine) des enfants à des fins d’exploitation, mon étonnement s’est estompé; pensons à la persécution des Noirs aux États-Unis ainsi qu'aux enlèvements et à la vente des enfants autochtones au Canada. Ces pratiques sont indissociables du colonialisme.
   La chasse aux humains peut être motivée par le désir de vengeance, le plaisir, le divertissement ou la subsistance (l'argent). Au cours de l’histoire, des incidents liés à cette pratique ont eu lieu lors de bouleversements sociaux. À titre d’exemple, pendant la guerre civile espagnole, cette pratique est devenue populaire parmi les fils de riches propriétaires terriens. La chasse se faisait à cheval et ciblait des paysans. Cyniquement, ils appelaient cela «reforma agraria» faisant référence à la fois aux fausses communes (charniers) où se retrouveraient leurs victimes et aux réformes agraires que les paysans réclamaient. Dans un rapport de recherche (2016), le conférencier et chercheur en tourisme de l'Université Central Lancashire, Daniel Wright, prédit que la chasse aux pauvres pourrait devenir un passe-temps de super riches à cause de catastrophes économiques et écologiques et de la surpopulation.
   En fait cette pratique a toujours existé; elle persiste et se perpétuera. Les humains n’évoluent pas. Les guerres sont des chasses aux humains à plus grande échelle. Si j’étais une extraterrestre, je virerais de bord net-fret-sec en voyant la bande de psychopathes qui tuent, se nourrissent de chair et de sang, torturent, persécutent et réduisent leurs semblables à l’esclavage – un monde où tout ce qui est anormal est décrété normal.

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Le suspense de Claude Chabrol «Une invitation à la chasse» (qu’on dit inspiré d'une nouvelle de George Hitchcock) m’avait marquée au point d’en écrire un condensé. Ce récit n'a pas l'impact du film bien sûr, mais il peut susciter une prise de conscience. Le film illustrait avec beaucoup de réalisme et d’efficacité la panique que la victime d’une traque (un humain dans ce cas-ci) peut ressentir. Les animaux poursuivis par des chasseurs en mal du «plaisir de tuer» éprouvent la même chose. Il faut se mettre dans la peau de l’autre pour comprendre… préférablement en imagination.

Dans la mire
Le président d’une illustre compagnie française décide un beau jour d’inviter officiellement son (ou un) comptable à une chasse à courre qui doit se dérouler à son château.
   L’employé, flatté, ne porte plus sur terre. Voilà notre homme qui part visiter les plus célèbres boutiques spécialisées pour dénicher un costume et des accessoires dignes de cet événement grandiose. Tous les rêves sont permis. Doit-il cet honneur à son travail dévoué? Est-ce la promesse d’une promotion? Il a beau questionner ses collègues, impossible de savoir. Il attend donc impatiemment l’éventuelle gloire de cette journée, se demandant sans cesse quel effet produira ce costume dernier cri minutieusement ajusté par son tailleur et qu’il essaye tous les soirs.
Suite de l’histoire :
 
Photo : BBC (?)

«L’«inhumanité» de l’homme envers les humains n’est surpassée que par son inhumanité envers les animaux. Elle est excusée, et même approuvée par plusieurs, et fondée sur l’idée que «les animaux sont différents», c’est-à-dire sur le spécisme. Et le spécisme se situe au niveau du racisme et du sexisme.
   La majorité des gens se disent contre le racisme qui consiste à traiter différemment les gens en raison de leur race; ou contre le sexisme qui consiste à discriminer les gens en raison de leur sexe. Alors, quelle excuse morale peut-on avoir pour traiter des groupes d’êtres vivants avec rudesse, indifférence et même cruauté parce qu’ils appartiennent à des espèces différentes?
   Les arguments d’aujourd’hui pour justifier notre façon de traiter les animaux sont les mêmes qui servaient autrefois d’excuse à l’esclavage et à la violente exploitation des travailleurs (les noirs primitifs ne ressentent pas comme les blancs!). «Les classes inférieures ne souffrent pas comme nous!», affirmaient les classes supérieures et moyennes des siècles derniers. Dans l’hypothèse que la cruauté engendrerait la cruauté, tout comme l’amour engendrerait l’amour, privilégier l’amour, la compassion et la compréhension envers les autres espèces serait un bénéfice pour eux et pour nous.» ~ Ann Walker, écrivaine (les animaux sont au coeur de ses romans et essais)   

«Il nous est arrivé à tous de regarder avec horreur et dégoût les scènes d'exécution sur la place publique des peintures du Moyen Âge ou des gravures du XVIIe siècle. Il est arrivé aussi à beaucoup d'entre nous de passer vite, écoeurés, dans quelque petite ville d'Espagne ou d'Orient, devant la boucherie locale, avec ses mouches, ses carcasses encore chaudes, ses bêtes vivantes attachées et tremblantes en face des bêtes mortes, et le sang s'écoulant dans le ruisseau de la rue. Notre civilisation à nous est à cloisons étanches : elle nous protège de tels spectacles», écrivait Marguerite Yourcenar. Ainsi que : «La protection de l’animal c’est au fond le même combat que la protection de l’homme.» 

Quelques passages tirés d’un article publié dans Cahiers antispécistes au sujet de l’ouvrage collectif Le lien.

Violences sur les animaux et sur les humains
Le lien, ouvrage collectif sous la direction d’Andrew Linzey
Éditions One Voice

Par Estiva Reus

Si vous êtes aux Jeux olympiques en Corée du sud, il se peut que vous mangiez du chien (de compagnie ou d'élevage) sans le savoir... ça fait partie de la culture gastro-asiatique. Disons que les Occidentaux sont tout aussi obsédés par la consommation de chair animale; il y en a sans doute qui mangent des chiens et des chats de compagnie. 

En septembre 2007, l'Oxford Centre for Animal Ethics organisait un colloque international sur les liens entre maltraitance des animaux et violence envers des êtres humains. Les actes de ce colloque, enrichis de plusieurs contributions complémentaires, sont parus en 2009. One Voice en a publié une traduction française, effectuée par Marc Rozenbaum, en mai 2012, sous le titre Le Lien – Violence sur les animaux et sur les humains.
   L'ouvrage réunit 28 textes rédigés par 37 auteurs. Les contributeurs sont pour certains des enseignants ou chercheurs dans diverses disciplines (philosophie, psychologie, sociologie, sciences politiques, droit…) et pour d'autres des professionnels (police, justice, services sociaux, services de santé, vétérinaires). Il en résulte une diversité d'approches et de thèmes dont cette recension ne saurait pleinement rendre compte.

Une affirmation devenue question
L'intérêt pour les liens entre violence envers les animaux et envers les humains n'est pas nouveau. Comme le rappelle Andrew Linzey dans l'introduction du recueil, la liste des philosophes qui ont soutenu que la cruauté envers les uns favorisait celle envers les autres est fort longue : de Pythagore à Schweitzer, en passant par Thomas d'Aquin, Locke, Kant, Schopenhauer et bien d'autres.
   De même, l'affirmation de ce lien fut au cœur du discours et de l'action de bien des associations de protection animale au XIXe siècle. Comme le rappelle Sabrina Tonutti (Le lien, chapitre 6), les cas ne furent pas rares d'organisations investies à la fois dans la protection des animaux et des enfants, à l'image des Humane Societies américaines, ou des associations mêlant protection animale et éducation et aide aux pauvres. [...]

Crimes envers des humains et envers des animaux
Des recherches ont été menées sur des échantillons de personnes condamnées pour des crimes commis sur des êtres humains.
   Ainsi, une étude réalisée en 1986 par Tringle et al. sur des détenus a montré que 48% des sujets condamnés pour viol avaient des antécédents en matière de cruauté envers les animaux. [...]

Violence domestique
Plusieurs études ont été menées auprès de pensionnaires de foyers pour femmes battues. Une majorité de celles possédant un animal de compagnie déclare que leur conjoint a menacé de s'en prendre à l'animal, ou fait état d'actes de cruauté commis par celui-ci sur l'animal en leur présence.
   DeViney et al. ont étudié en 1983 les familles de 53 enfants reconnus comme victimes de maltraitance. Dans 60% de ces familles il y avait également maltraitance ou négligence des animaux du foyer.
   D'autres études – concernant principalement les enfants – montrent l'existence d'une contagion de la violence : les sujets qui en sont témoins ou victimes présentent davantage de risques que la moyenne d'en être aussi les auteurs. [...]

Les travaux cités dans les deux sections précédentes donnent des résultats globalement concordants : il existe un lien entre certains comportements violents envers les animaux et envers les humains. Ces résultats relativement sûrs s'appliquent à un domaine limité :
il s'agit d'actes moralement réprouvés et légalement sanctionnés, qu'il s'agisse de frapper un enfant ou de brûler un chat, même si la première de ces actions est jugée plus sévèrement que la seconde; il s'agit en outre de comportements dans lesquels le sujet brutalise de ses propres mains la victime, et où il trouve une satisfaction dans l'accomplissement même de cet acte.
   Comme le note Linzey, la violence envers les animaux s'étend bien au-delà de ces cas de figure : «il reste bien sûr l'importante question des formes de maltraitance et de cruauté qui sont parfaitement légales. La maltraitance légale des animaux dans les élevages industriels, les élevages de chiots, les spectacles, la recherche, l'enseignement et l'industrie de la fourrure sont-là autant d'exemples de maltraitance institutionnalisée qui ne sont pas considérés comme de la maltraitance.» (Le lien, p. 31)
   Il existe une foule d'hommes et de femmes dont le travail consiste à faire du mal aux animaux. Ils ne le font généralement pas en raison de la satisfaction tirée de l'acte en lui-même, mais eux aussi brutalisent, de leurs propres mains, des êtres placés à leur merci : ils les mutilent, leurs inoculent des maladies, les entassent à vie dans des hangars, les séparent de leurs petits, les emprisonnent dans des cages minuscules, les poussent dans des camions, les égorgent ou les laissent s'asphyxier... Ils les voient souffrir et mourir en conséquence de ce qu'ils leur font. Ces travailleurs se recrutent-ils plus souvent que les autres parmi des personnes qui, par ailleurs, se livrent à des actes de maltraitance illégale, ou qui, sans aller jusqu'au délit, adoptent plus souvent que d'autres des attitudes d'intimidation, d'insulte, de négligence, de dureté, envers les humains et les (autres) animaux qu'ils côtoient? Le fait que leur travail les conduise à contraindre, meurtrir ou tuer des animaux, en ignorant les signaux de détresse et de douleur qu'ils émettent, finit-il par affecter leur personnalité et par influer sur leur comportement envers d'autres êtres sentients? Ou bien la frontière sociale entre la maltraitance permise (qui ne dit pas son nom) et la maltraitance réprouvée suffit-elle pour empêcher tout lien entre les deux? Aucune des contributions réunies dans Le lien n'aborde ces questions. Sans doute parce que les études qui en traitent sont inexistantes ou trop rares.

La chasse
Certains des contributeurs au recueil édité par One Voice se sont penchés sur le cas de la chasse. Il s'agit pourtant là encore d'un domaine où les travaux de recherche sur «le lien» font défaut.
   On peut deviner les raisons pour lesquelles les auteurs s'interrogent spécifiquement sur un voisinage possible entre la chasse et les formes de maltraitance mieux étudiées évoquées plus haut : la chasse est un loisir; les chasseurs tirent une satisfaction de l'acte même consistant à traquer et tuer des animaux et/ou d'une convivialité organisée autour de cet acte. Si rien ne permet d'affirmer qu'ils prennent plaisir à faire souffrir les animaux, du moins connaissent-ils la souffrance qu'ils causent et cette connaissance ne les dissuade pas de persévérer. 
   Cohn et Linzey (Le lien, chapitre 26) citent des conseils dispensés dans un guide destiné aux chasseurs de cervidés : «Un coup de fusil dans les pattes arrière paralyse l'animal et permet de tirer plus facilement un autre coup»; si la balle a traversé les deux poumons, le cerf ne pourra généralement pas parcourir plus de 70 mètres; si elle n'a atteint qu'un poumon, le cerf peut parcourir au moins 500 mètres; touché aux intestins, le cerf meurt le plus souvent pas moins de quinze à seize heures après avoir été atteint.» Des tirs occasionnant une mort instantanée sont déconseillés : «Évitez de viser la tête [...]. Entre les yeux, c'est bien sûr le moyen de toucher le cerveau et de terrasser le cerf rapidement, mais aussi, par la mauvaise balle, de ruiner le trophée tout aussi rapidement.»  


John Cooper (Le lien, chapitre 25) s'arrête sur le cas de la chasse à courre au Royaume-Uni, et relate une série d'incidents et accidents qui voient les équipages semer la panique chez les habitants, parfois sous les moqueries des chasseurs : une meute de chiens pénètre dans une propriété affolant les enfants; une femme enceinte tente de mettre à l'abri ses chats effrayés par les chiens de chasse qui ont envahi le jardin; un renard est mis en pièce à deux pas d'une maison sous les yeux de ses occupants; le chien d'un promeneur est déchiqueté par une meute... L'indifférence aux dommages collatéraux des parties de chasse n'a rien de nouveau si l'on en croit le texte de cet ancien chant (cité par Cooper) clôturant une course réussie : «oh qu'importaient les pâtures et le blé piétinés [...]; oh qu'importaient les clôtures brisées et le bétail éparpillé; il y avait effervescence et animation, la campagne était gaie; avec toute la pompe, l'éclat et la fierté d'un jour de chasse!»
   Les débordements des chasses à courre ne sont pas propres à la Grande-Bretagne mais ont ceci de particulier dans ce pays qu'ils perdurent alors que cette forme de chasse est interdite depuis 2004. S'y ajoutent désormais d'autres incidents qui voient des chasseurs agresser ou menacer les militants anti-chasse venus sur les lieux constater la tenue de chasses prohibées. N'y a-t-il pas ressemblance avec la conjonction d'une pluralité de comportements à la fois agressifs et délictueux qu'on observe dans d'autres domaines (l'homme qui bat à la fois la femme et le chien, etc.)?
   Cohn et Linzey pour leur part s'interrogent sur l'éventualité d'un lien entre crimes légaux et illégaux en observant qu'il semble y avoir une proportion anormalement élevée de chasseurs passionnés parmi les auteurs de meurtres (d'êtres humains) en zone rurale aux États-Unis. Cependant, l'observation en question porte sur une brève période de temps et ne saurait être concluante en elle-même. Pas plus que Cooper, Cohn et Linzey ne prétendent avoir établi des résultats probants. Leur propos est plutôt d'expliquer en quoi la chasse est une activité «moralement douteuse» et de montrer l'intérêt qu'il y aurait à mener des recherches sur la population des chasseurs : des enquêtes et recoupements statistiques permettraient de déterminer si oui ou non ils expriment plus souvent que d'autres des comportements agressifs ou humiliants envers autrui.

La maltraitance aux mains propres
Les travaux rassemblés dans Le lien se concentrent sur le cas de sujets qui privent de soins, agressent, terrorisent, tuent… eux-mêmes des humains ou des animaux.
Cela laisse à l'écart la masse des chercheurs, experts en marketing, politiques, lobbyistes, techniciens, ingénieurs, ouvriers… qui travaillent à donner les moyens d'exercer des sévices sur les animaux ou à faire que la maltraitance institutionnalisée demeure invisible et non questionnée. Cela laisse à l'écart aussi l'ensemble des usagers des biens et services obtenus au moyen des mauvais traitements infligés aux animaux. Cette maltraitance exercée en gardant les mains propres, qui est le fait de tous, aurait-elle en retour des effets nocifs sur le caractère de ses auteurs?
   En élargissant le propos de Thomas White dans le dernier chapitre de l'ouvrage, on peut se demander si le vice ne nuit pas à l'intellect de celui qui s'y adonne. On tire profit sans entraves ni remords d'activités préjudiciables aux animaux en se rendant aveugle à la réalité. On fabrique ou propage des discours mensongers qui n'ont d'autre mérite que de laisser libre cours à la poursuite de nos désirs et intérêts égoïstes; et on finit par se persuader qu'ils sont vrais. On s'habitue à entendre des arguments spécieux, à user soi-même d'arguties sans queue ni tête pour justifier l'indéfendable. On s'accoutume à remplacer ces arguments par d'autres, au besoin contradictoires avec les premiers, du moment qu'ils servent mieux le même but en de nouvelles circonstances.
   Se pourrait-il que la ruine de la raison logique et de la raison morale – joyaux tant vantés des chercheurs de lignes infranchissables distinguant les hommes des bêtes – soit le prix à payer pour la violence faite aux animaux?

Mis en ligne le 14 mai 2012.


Article intégral incluant notes de référence :

11 février 2018

Des aliments impropres à la consommation

Le libre échange enfoncé dans la gorge : free trade n’est pas synonyme de fair trade ni de qualité 

Les opposants à l’accord Canada / Union européenne  avaient émis des inquiétudes sur les répercussions pour les agriculteurs, le droit du travail, le respect de l’environnement et les pouvoirs des multinationales. Nous avons d’autres excellentes raisons de nous méfier du commerce mondialiste (incluant l'ALENA) qui tue nos propres entreprises et nous empoisonne. C’est une véritable mafia.

Les confessions d’un ancien trader le confirment : 
Vous êtes fous d'avaler ça, Christophe Brusset; Flammarion, 2015

Résumé de l’éditeur
Matières premières avariées, marchandises trafiquées, contrôles d'hygiène contournés, Christophe Brusset dénonce les multiples dérives dont il est, depuis vingt ans, le complice ou le témoin dans les coulisses de l'industrie agroalimentaire.
   Ingénieur de haut niveau devenu dirigeant au sein de groupes internationaux, à 44 ans, il a décidé de «faire aujourd'hui son devoir» et de briser la loi du silence.
   Piment indien rempli de crottes de souris, thé vert de Chine bourré de pesticides, faux safran marocain, viande de cheval identifiée «bœuf», confiture de fraises sans fraises, origan coupé aux feuilles d'olivier, etc.
   Les arnaques qu’il révèle sont nombreuses mais ses conseils rassemblés dans son «guide de survie en magasin» devraient vous permettre d'en déjouer la plupart.
   Christophe Brusset raconte la course de vitesse planétaire entre fraudeurs pour fournir aux industriels des matières premières toujours moins chères. Son récit effarant est une plongée saisissante et pleine d'humour dans un monde souvent sans foi ni loi.
   «Soyons directs, ce qui intéresse les industriels, c’est votre argent. Pas votre bonheur ni votre santé! Prenez conscience une fois pour toutes que c'est vous, les consommateurs qui, in fine, avez le pouvoir. C'est vous qui, dans les rayons, décidez d'acheter ou non ce que l'on vous présente. Ce pouvoir, servez-vous en pour faire enfin changer les choses.» (C. Brusset)

Collage : Joe Webb http://www.joewebbart.com/

Certains crient holà! mais nos gouvernements sont sourds. 

L'Agence canadienne d'inspection des aliments admet que des denrées non sécuritaires peuvent se retrouver sur les tablettes. Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation s'inquiète du manque de contrôle sur les produits venus d'ailleurs. Et des experts affirment que notre chaîne alimentaire est vulnérable. Faut-il trembler devant notre assiette? (Stéphanie Bérubé, La Presse)

Nous laissons l’agrobusiness nous empoisonner. Une preuve de plus que qu’on ne sait pas ce qu’on mange : comment aurions-nous pu savoir que les framboises venaient de Chine?!  Exigeons des étiquettes indiquant les pays d’origine de tous les ingrédients de la bouffe usinée (ici et ailleurs).  

Des framboises chinoises ont fait des centaines de malades au Québec

Philippe Teisceira-Lessard
La Presse 10 février 2018

Des framboises congelées importées de Chine ont rendu malades des centaines de personnes - et en ont probablement tué certaines - l'été dernier au Québec, selon un récent bilan de la santé publique.
   Les petits fruits contaminés par un virus ont entraîné une grande vague de rappels parce qu'ils ont été utilisés par des transformateurs alimentaires - des brasseurs, des pâtissiers et des glaciers, par exemple -, en plus d'être cuisinés par des cafétérias d'hôpital ou de résidences pour aînés.
   Les framboises étaient contaminées par un norovirus, un type de virus très contagieux qui provoque des gastroentérites souvent longues et sévères. Au moins 724 Québécois sont tombés malades, un nombre qui ne représente que « la pointe de l'iceberg » parce que de nombreuses personnes n'auront pas consulté un médecin pour ce type de symptômes.
   Le fait que plusieurs cafétérias institutionnelles aient servi ces framboises à des clientèles vulnérables a augmenté la gravité de l'éclosion.
   «En général, les gens se sortent bien d'une infection au norovirus. Mais chez des personnes âgées qui ont d'autres facteurs de risque, d'autres problèmes de santé, ça peut être malheureusement fatal. » - Le Dr Yves Jalbert, directeur de la protection à la Direction générale de santé publique du ministère de la Santé
   «C'est assez clair qu'il doit y avoir eu des décès survenus dans cette période-là», ajoute le Dr Jalbert. La santé publique ne suit pas l'évolution de chacun des malades infectés.

Douaniers secrets

Les framboises congelées en question ont été exportées par une entreprise chinoise maintenant visée par un «avis de surveillance» du gouvernement fédéral, assure sans la nommer le ministère de la Santé dans un bulletin mensuel de santé publique.
   L'Agence canadienne des services frontaliers (ACSF), chargée de lancer ce type d'alerte concernant des producteurs étrangers, a refusé de confirmer l'information à La Presse.
   Le porte-parole Nicholas Dorion a d'abord répondu que l'ACSF n'avait «pas l'habitude» de dévoiler le nom de ces entreprises qui posent un danger pour la santé des consommateurs canadiens. Après une relance, M. Dorion a ajouté que c'est «afin de ne pas compromettre ses enquêtes en cours» qu'elle n'avait pas cette «habitude». «L'ACSF doit faire appliquer plus de 90 lois du Parlement et prend cette responsabilité au sérieux», a-t-il ajouté.
   Au Québec, trois distributeurs ont acheté les framboises et les ont vendues à leur tour : Farinex, Mantab et Alasko.
   En entrevue avec La Presse, Farinex a affirmé ne plus faire affaire avec ce fournisseur chinois. «On n'a jamais été fervents de la vente de produits de Chine, on a toujours essayé de vendre plutôt des produits du Chili, du Mexique. Mais, étant donné la compétition très forte et le fait que les clients regardent plus le prix que la qualité, pour garder notre clientèle, on n'avait pas le choix d'acheter des produits chinois, a affirmé Gérard Ohayon, propriétaire de l'entreprise. Je peux vous dire que cet épisode-là nous a rendu un peu service parce qu'il nous a donné raison auprès de la clientèle.»
   La Pâtisserie Jessica inc., qui fabrique notamment des gâteaux pour les épiceries, a acheté presque deux tonnes de framboises congelées au printemps dernier. Elle en a cuisiné une partie avant de devoir jeter toute sa production touchée. «Ça représente des pertes d'environ 220 000 $», a expliqué la directrice du marketing de l'entreprise au téléphone.
   Le brasseur La Barberie, situé à Québec, a dû jeter plus de 5000 litres de bière aux framboises en raison du rappel. «Ç’a été une grosse frousse», a indiqué Guillaume Boulanger, responsable des opérations. Il se félicite toutefois d'avoir pu récupérer virtuellement chaque goutte du liquide avant qu'il n'atteigne le consommateur. «Ç'a été un casse-tête.» L'entreprise n'était pas convaincue que le norovirus aurait pu survivre dans une cuve de bière, mais n'a voulu prendre aucun risque.
   Parmi les autres entreprises touchées, on compte aussi les glaciers Kem Coba, Gélato Cielo et C'Chô-Colat.



Dans la même veine : «les tomates chinoises»
L’empire de l’or rouge Enquête mondiale sur la tomate d’industrie
Jean-Baptiste Malet
Éditions Fayard (mai 2017)

À l’heure des négociations avec l’Empire du Milieu
https://situationplanetaire.blogspot.ca/2017/12/a-lheure-des-negociations-avec-lempire.html  

Pourtant nous savons que les Chinois n’ont aucun scrupule à maquiller des produits impropres à la consommation. En raison d’une législation laxiste en matière de sécurité sanitaire des aliments et des médicaments, nombre de consommateurs de produits chinois s’exposent à des risques de maladies ou d’empoisonnement. Ce risque est présent tant à l’achat d’une denrée aussi banale que de l’huile de cuisson, que lors de la vaccination des enfants.
   En Chine, de nombreux restaurateurs et industriels de l’agro-alimentaire badigeonnent et trempent leurs aliments dans des produits chimiques dangereux. Ces professionnels utilisent du formol ou du formaldéhyde cancérigène pour embellir leurs fruits de mer, et incluent des opiacés dans les nouilles. En matière de trafic de stupéfiants, ils n’ont rien à envier à la mafia internationale. La Chine aura beau couvrir ses pratiques de panneaux solaires et se draper de conscience environnementale, ce n’est qu’un masque.

«La Chine fut la principale puissance économique des trois derniers millénaires. Malgré un soubresaut de l’histoire, elle redeviendra la principale puissance mondiale dès demain. Un joueur s’est réinventé, un géant à l’appétit gargantuesque prend place à la table du développement économique décomplexé. Avec tous les impacts sociaux et environnementaux qui viennent avec. Que cela nous plaise ou non. Comme les bébelles qui traînent dans mon salon, la Chine prendra de plus en plus de place dans nos existences. On devrait s’y intéresser davantage. À quoi ressemblera le monde Made in China~ David Goudreault, travailleur social, romancier, poète, chroniqueur  (Source La Tribune)


David Goudreault : ttp://www.davidgoudreault.org/  

8 février 2018

Aux producteurs vinicoles de la Colombie-Britannique

MESSAGE : Envoyez la production destinée au marché albertain – par oléoduc – au Québec, ça manque à notre culture vinophile. Nous préférons nettement les pipelines de vin aux pipelines de pétrole – ç’a bien meilleur goût. Et s’il y a des déversements, ils ne mettront pas la nappe phréatique en péril... 


Des organismes environnementaux demandent aux internautes de se photographier avec un verre de vin britanno-colombien et de publier la photo sur les réseaux sociaux en signe de solidarité.

Source photos : #QcAimeLeVin  #QcLovesBCWine

La chicane est pognée dans la cabane

L'expansion de l'oléoduc Trans Mountain permettrait au promoteur Kinder Morgan de tripler la capacité du réseau, qui passerait de 300 000 à 890 000 barils par jour de pétrole lourd acheminé de l'Alberta jusqu'au terminal maritime de Vancouver, à Burnaby. Le gouvernement Trudeau a approuvé le projet en novembre 2016, en plaidant l'intérêt national.
   Le bras de fer entre les deux provinces était écrit dans le ciel : la coalition du premier ministre John Horgan, en Colombie-Britannique, s'est fait élire notamment sur la promesse de bloquer l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, alors que le gouvernement néodémocrate de Rachel Notley tient absolument à ce projet pour avoir une chance d'être reporté au pouvoir en mai 2019.
   La première ministre néodémocrate de l'Alberta, Rachel Notley, a répliqué d'abord par des menaces de poursuites judiciaires. Elle a ensuite annoncé, mardi, un boycottage des vins de la Colombie-Britannique, un commerce annuel de 70 millions de dollars pour les viticulteurs. (Source : ICI Radio-Canada Info)  

Tim McMillan. Un homme volontaire qui, ça se voit, ne s’en laissera pas imposer par des femmelettes (c.-à-d. les Autochtones et les écolos). «La position britanno-colombienne est contraire à la constitution. Une mesure punitive devait être mise en place tôt ou tard contre une province qui refuse d’entendre raison. Il faut investir de manière citoyenne pour promouvoir le développement pétrolier au Canada.» 
~ Tim McMillan, président de l’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP)

Il n’y aura plus de croissance économique ni d’emplois sur une planète morte! 
À moins de suivre Elon Musk sur la planète Mars... sait-on jamais!

Sérieusement, nous avons affaire à des brigands qui devraient être poursuivis pour crimes contre la terre (écocide) et contre l’humanité par voie de conséquence. Faute de cours pénales internationales reconnues en ce domaine, et malgré les preuves accablantes qui pèsent sur eux, il faudra «attendre le verdict de l’histoire». Et il sera trop tard. Les industriels détruisent tout ce qui leur barre la route.

Voulez-vous savoir?

Si vous voulez sortir la tête du sable (bitumineux), ce livre est pour vous! Un bilan déplorable, difficile à avaler (à moins d’être avaleur de feu), mais, quand on sait, on peut au moins choisir son camp en toute conscience : BRUT, la ruée vers l’or noir (Lux Éditeur, 2015)

Extraits

MOT DE L’ÉDITEUR – «On mesure généralement l’ampleur de cette dévastation en comptant les hectares de terre arrachée, les mètres cubes d’eau contaminée, les tonnes de déchets toxiques produits, le nombre d’animaux tués, les millions de dollars empochés, mais ces chiffres vertigineux ménagent notre entendement en le dépassant. Ils ne dévoilent pas l’essentiel : que ce désert toxique qui s’étend au nord du monde est une dévastation de la culture humaine. Les sables bitumineux et leur capitale, Fort McMurray, sont un monument du capitalisme contemporain et de la logique extractiviste selon laquelle le gaspillage, aussi bien dire le scandale, serait de ne pas mettre à profit les moindres replis de la terre. Cette atrophie calculée de la vie habitable, l’appauvrissement de notre rapport à nous-mêmes, au politique, au réel, l’inversion des valeurs qui fondent notre humanité par les passions de l’accumulation, voilà ce que décrivent et décrient les voix ici rassemblées.»

Oléoduc Plains Midstream Canada. Note : le pipeline de 772 km de long a été construit en 1965 et relie Zama à Edmonton. La fuite a été signalée quatre jours après sa survenue, soit au lendemain des élections fédérales de mai 2011. Endroit : 100 km au nord-ouest d’Edmonton, Alberta, Canada. Quantité : 28 000 barils (4 450 000 litres de pétrole brut). Le pire déversement de pétrole depuis 1975. Radio-Canada-Alberta, 3 mai 2011.

DU PÉTROLE EN TERRITOIRE LUBICON – «À ce jour, il y a plus de 2 600 puits d’hydrocarbures sur nos terres ancestrales. Plus de 1 400 kilomètres carrés de territoire cri lubicon ont été cédés à l’extraction in situ des sables bitumineux et près de 70 % du territoire est déjà loué pour des projets miniers futurs. En Colombie britannique, le pipeline de Kinder Morgan a causé des déversements en 2005, 2007, 2009 et 2012. D’un océan à l’autre, la population est très préoccupée par l’infrastructure des oléoducs. [...] Deux semaines après le déversement de 2011, d’immenses feux de forêts se sont répandus dans la région et, encore aujourd’hui, d’incontrôlables incendies forestiers se déclenchent régulièrement près du site de la catastrophe. Imaginez le danger que représente le fait de ne pas pouvoir contenir des incendies près d’installations pétrolières qui pourraient exploser ou qui ont déjà explosé, ou aux abords d’autres fissures dans l’oléoduc.» ~ Melina Laboucan-Massimo   

LE LOBBYISTE – «Vu que l’industrie pétrochimique promeut l’éducation, paie pour le caoutchouc de vos semelles, allonge notre durée de vie, améliore notre qualité de vie... Je dirais qu’elle bonifie la démocratie.» (Travis Davies) 
   Le lobbyiste avait tout dit. Les compagnies de pétrole sont la démocratie, et la démocratie est pétrole. C’est comme si l’un coulait dans l’autre et, à ce jeu, les compagnies menaient le monde et la danse. Une danse qui ressemble  celle de ces corbeaux que Jim nourrit sur ses terres et qui pullulent dans la région, dévorant la ville comme les pétrolières, le sol. Et si cette danse de la charogne, c’était avant tout la nôtre?» ~ David Dufresne (Les corbeaux – Trois hivers à Fort McMoney

Ndlr : Bilan des incendies Fort Mac et la Bête, un speedoc par David Dufresne. 
3 mai 2016. La plus grande catastrophe du Canada s’abat sur Fort McMurray, le trésor de guerre du pays, troisième réserve mondiale de pétrole. Les pompiers vont l’appeler «la Bête». Il était temps de revenir dans cette ville où j’avais passé trois hivers. Vidéos et photos :

L’ALBERTA, LA GRANDE PRODUCTRICE DE PÉTROLE – «Une des fictions centrales de l’identité albertaine, est la fiction victimaire : «le reste du pays profite de nous». Il est important de ne pas contribuer à cette fiction-là, car elle très puissante; elle se construit avec toute cette histoire, à force de la répéter... Ce que j’ai surtout capté à Calgary, c’est la peur. La peur d’avoir vraiment raté une opportunité. Pour l’instant la province est encore en plein boom économique, mais il se peut que cela diminue déjà; or ils ont raté le coche. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le budget provincial est en déficit! Ils ont mal géré l’explosion spectaculaire des investissements pétroliers. Les redevances et les impôts sont absurdement bas, ils laissent les compagnies pétrolières faire ce qu’elles veulent, écrire et réécrire les lois sur la protection de l’environnement...  Et de toute façon, comme le pétrole est raffiné ailleurs, ce n’est pas à l’Alberta que reviennent les bénéfices des ventes.
   C’est de la pensée à court terme. [...] Ils sont comme le mec qui se réveille avec une gueule de bois carabinée et fait : «Oh, merde!» Donc rien d’étonnant qu’ils s’en prennent aux écolos... Mais le vrai problème, c’est que cette province a besoin de dirigeants capables d’imaginer un chemin pour l’avenir; or ils n’en n’ont pas. [...] L’une des raisons, d’après ce que j’ai pu lire et entendre, est la manière dont les multinationales squattent depuis des décennies le système éducatif canadien. Les universités forment les cerveaux dont l’économie capitaliste a besoin. [...] Et tout cela se construit sur la valorisation d’une forme primitive de virilité. Cette définition-là de la virilité joue aussi un rôle dans la manière dont on valorise les énergies renouvelables. Ce sont des énergies «efféminées». Les vrais mecs brûlent du pétrole et du charbon! On est fier d’être musclé et macho, les Autochtones et les écolos sont des femmelettes. J’ai eu la même impression en Chine : on est fiers d’être bourrus et brutaux. «Réussir sa vie» égale conduire une grosse cylindrée et manger beaucoup de viande! 

Who cares?

Le Canada s’implique dans pas mal de guerres en ce moment. La mentalité coloniale, celle de la frontière indéfiniment repoussée, l’idée qu’il y en aura toujours plus, cette image de la terre comme infinie est profondément ancrée dans notre conception du Grand Nord. Même en Alberta, on se représente le Nord comme une sorte de supermagasin surnaturel où l’on peut se servir indéfiniment... C’est à ce fantasme-là qu’on se heurte. Les compagnies pétrolières possèdent la province, le pays, le monde entier. C’est bel et bien l’avenir de l’espèce humaine sur Terre qui se joue aujourd’hui en Alberta.» ~ Naomi Klein et Nancy Huston (La politique de la terre brûléeDialogue)