21 février 2017

«Les décharges mortifères, miroir de notre civilisation»

Je suis en train de lire le testament autobiographique de Henning Mankell, Sable mouvant. On dit que nous sommes spontanément attirés par des milieux, des groupes, des personnes avec lesquels nous avons des affinités, dont les idées sont en résonance avec les nôtres. C’est vrai. On dit par ailleurs que ce faisant nous fermons la porte à des points de vue différents qui pourraient nous faire progresser. Possible. Mais je me demande comment je pourrais m’ouvrir aux politiques rétrogrades de l’administration états-unienne, voire les approuver.

Quelque chose m’échappe puisque Trump a remporté 59,7 millions de voix. Ce nombre dépasse la population totale du Canada évaluée à 36 504 508 individus en 2017; rien de rassurant. D'autant plus que Trump a fait de la haine quelque chose de «cool» pour les obsédés de la Bible et de la gâchette. Il criait tout haut ce que ses supporteurs murmuraient : nous haïssons tous ceux qui sont différents, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas blancs, hétérosexuels, misogynes, climatosceptiques, chrétiens, créationnistes, etc.

Réponse : Namasté, Hillbillies!   

Pour mieux comprendre la mentalité créationniste, il faut visiter virtuellement le Musée de la Création (Creation Museum, Petersburg, Kentucky) : creationmuseum.org. On y «enseigne» les origines de l'univers, de la vie et de l'humanité d’après une lecture littérale de la Genèse. La terre et les formes de vie qui s'y trouvent auraient été créées en six jours il y a environ six mille ans (on ne dit pas si Adam avait un nombril). Le clou : la construction de l'arche de Noé. Les théories exposées contredisent toutes les données scientifiques acquises à ce jour. On a répertorié plus ou moins 1,75 millions d'espèces animales sur la planète inluant les oiseaux, les insectes, etc. Si on estime celles qui ne sont pas connues, on pourrait facilement atteindre 10 millions. Selon la logique des concepteurs du musée, Noé aurait logé un couple de chaque espèce dans son arche. Comment les animaux exotiques tels que l'ours polaire, les kangourous, les phoques, etc., ont-ils cheminé à travers le désert pour se rendre à l'arche? Pourquoi avoir sauvé le serpent puisqu'il est la cause de tous nos malheurs? C'est plus désolant que désopilant.
   Inauguré en 2007, le musée de 27 millions $ a été financé par l'Association chrétienne de promotion du créationnisme Answers in Genesis. Pour attirer les enfants et mieux leur bourrer le crâne de faussetés, il y a des dinosaures partout – les enfants adorent les dinos, ça on le sait. Des gourous de la Brigade des Bigots comme Ken Ham offrent des conférences. Il affirme que «même si Dieu a promis qu’il ne punirait pas la terre une seconde fois par un déluge, il punira plutôt l’humanité pécheresse par le feu.» 
   Ham n’a peut-être pas tort sur le mode de punition – pyrotechnique – car les explosions de pipelines ne cessent de se multiplier; sortons nos masques et nos combinaisons ignifuges! Mais, un déluge de pétrole/diésel/plastique pourrait s'intégrer à la punition – mercredi dernier 138 000 gallons (US) de diésel se sont répandus à Worth County en Iowa (compagnie Magellan). Il serait urgent d’enseigner à Ham que ces catastrophes résultent des activités humaines (basées sur la cupidité) et non du péché originel...!

Ce que les climatosceptiques refusent de comprendre :
https://www.theguardian.com/environment/2017/feb/12/humans-causing-climate-to-change-170-times-faster-than-natural-forces?utm_content=buffere74d7&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

En 2013 on estimait à 260 millions de tonnes la production de plastique chaque année dans le monde, dont un dixième se retrouve dans les océans. Plus de 250 espèces animales marines sont touchées par ce phénomène dont les tortues, les dauphins, les baleines et les raies. Ainsi, une baleine ingurgitant des produits dérivés du plastique voit son système digestif obstrué et devient incapable de se nourrir. 
   Patrick Deixonne, chef de mission de l’expédition Septième continent, disait : «Ce n'est pas ce qui était visible à l'oeil nu qui était le plus impressionnant; un des moments les plus marquants est lorsque nous avons été plusieurs à y plonger le bras – il a fallu ensuite utiliser des pinces à épiler pour retirer les petits morceaux de plastique de notre peau. Imaginons la baleine bleue qui ouvre grand sa gueule pour avaler tout ça!» (L’Express/Reuter; 31 mai 2014) 
   Encore récemment, on a trouvé une baleine échouée dont l’estomac contenait des sacs de plastique. Les gens qui mangent du poisson ingurgitent sûrement des microbilles de plastique, car il semble que nos usines d’épuration d’eau soient incapables de les filtrer. Une nouvelle chaîne alimentaire à base de microparticules élémentaires de plastique, et mal dans notre assiette...

Donald Trump va abroger des règles environnementales – Le président Trump s'apprête à annuler plusieurs règles édictées sous Barack Obama en matière de protection de l'environnement, rapporte le Washington Post citant des sources anonymes. Le président américain devrait notamment donner instruction au département fédéral de l'Intérieur de lever l'interdiction frappant l'octroi de nouvelles concessions de mines de charbon sur des terres fédérales. (Reuters)

Collage : Joe Webb http://www.joewebbart.com/ (une satire pour chaque défi)

Revenons à Mankell avec des extraits en rapport avec ce qui précède.

Tout d’abord les sables bitumineux de l’Alberta. Tandis que certains pays s’efforcent de modifier positivement leurs politiques environnementales, les États-Unis et le Canada s’enlisent dans les énergies fossiles. À ceux qui s’inquiètent des accords de l’ALÉNA, je dis : ne craignez rien, les supporteurs de l’industrie pétrolière s’en occupent. J’ai honte d’être canadienne.

Chapitre Boule de feu au-dessus de Paris (p. 161)
   Passons un instant de ces usines de grenades au district de l’Alberta, dans le nord du Canada. Dans un périmètre aussi grand que la Floride, on trouve le plus important gisement mondial de sable bitumineux. Pas de forage en l’occurrence : il s’agit d’une pure activité minière. Au cours des dix dernières années, les États-Unis ont importé plus de pétrole de l’Alberta que de l’Arabie saoudite.
   À court terme et dans une vision unilatérale du monde, on peut y voir une sage décision politique. Mais l’extraction de ce pétrole a un coût environnemental très élevé. Les émissions de gaz à effet de serre sont deux fois plus élevées qu’en Arabie saoudite. à   Certains scientifiques affirment aujourd’hui que la question de l’exploitation du sable bitumineux conditionne celle de savoir si nous allons réussir à maîtriser ou non le réchauffement climatique. 
   James Hansen, un expert des questions climatiques à la Nasa, affirme que «pour ce qui est de contrôler le réchauffement, le match est perdu». 
   Il est essentiel de réduire le recours aux énergies fossiles. Tout le monde le sait, hormis peut-être les menteurs les plus invétérés et les plus corrompus parmi les «experts du climat» travaillant pour le compte des entreprises qui en vivent. Mais l’exploitation du sable bitumineux de l’Alberta est un exemple significatif de notre propension à ignorer les conséquences de projets dont nous affirmons toujours qu’ils vont dans le sens du progrès de l’humanité.

Chapitre La bulle dans la paroi du verre (p. 35) 
   Le temps à venir se perd dans les mêmes brumes que le temps révolu. Quel que soit le côté où nous nous tournons, nous sommes enveloppés de brouillard, ou plutôt d’épaisses ténèbres. Nous pouvons envoyer nos pensées aux quatre points cardinaux et dans toutes les directions temporelles. Mais les réponses qui nous reviennent sont peu convaincantes. Nous ne pouvons aller au-delà de ce que les auteurs de science-fiction eux-mêmes ont du mal à appréhender. 
   Grâce à des modèles mathématiques, les chercheurs sont capables de calculer beaucoup de choses, depuis la création de l’univers jusqu’au jour où le soleil en expansion finira par avaler notre planète, quand les mers se seront évaporées et que le phénomène de la vie aura disparu depuis longtemps. Le soleil dispensateur de vie causera à la fin notre perte. Tel un gigantesque dragon de feu, il dévorera la Terre avant de mourir à son tour et de devenir une naine jaune morte et froide parmi d’autres. Mais les modèles mathématiques ne rendent pas le temps plus compréhensible pour nous. [...]  
   L’histoire humaine, comme celle de tous les êtres vivants, se réduit en dernier recours à des stratégies de survie. Rien d’autre n’a d’importance. Cette capacité se traduit par le fait que nous nous reproduisons, et que nous laissons aux générations suivantes le soin de se confronter aux mêmes enjeux de survie.


Chapitre La décharge flottante (p. 88 - ) 
   La vie des humains est lisible à travers leurs déchets. Les décharges sont un miroir où se laissent déchiffrer des millénaires de vie quotidienne. [...] 
   Les décharges de notre temps se présentent autrement et racontent d’autres histoires. 
   Le plus grand dépotoir du monde, à l’heure actuelle, n’est pas situé sur la terre ferme mais dans l’océan Pacifique, entre la côte californienne et Hawaï. Des millions de tonnes de détritus à la dérive. ... Les déchets se composent de plastique et ont une demi-vie infiniment longue. [...] 
   Bien entendu, un grand nombre de personnes travaillent aujourd’hui à contrer l’avancée de la montagne-poubelle. Nous avons une importante politique de tri et de recyclage qui n’existait pas il y a vingt ans. ... 
   Mais ce n’est pas assez, vu que les plus dangereux des déchets, à savoir le nucléaire à l’échelle globale, ne dispose pas encore de solution viable pour son stockage définitif. Les plus grands consommateurs de nucléaire, tels que la Chine et les États-Unis, ont à peine commencé à construire des stations de stockage provisoire, en attendant d’imaginer des méthodes de stockage définitif et de les approuver politiquement. Ce qui a lieu, ou non, dans un pays comme la Corée du Nord, je ne veux même pas y penser. J’y pense néanmoins. 
   Toutes les civilisations ont laissé des déchets. Quand un empire tombe, son premier souci n’est pas de faire le ménage. Mais l’Égypte des pharaons pas plus que la Rome impériale n’ont laissé derrière elles de déchets mortifères. 
   Nous, oui.

Chapitre Tout cet amour oublié (p. 103) 
   Se peut-il que le nucléaire soit une réalité qui rompt de toutes les façons possibles avec un schéma fondamental? Nous savons que les civilisations ne font pas le ménage derrière elles. Mais aucune n’a jamais laissé derrière elle des déchets qui resteraient mortellement dangereux pendant des millénaires. 
   Là, nous sommes uniques. Absolument les seuls dans l’Histoire.

Chapitre Les hippopotames (p. 121 - ) 
   Choisir, décider, c’était prendre la vie au sérieux. [...] Même s’il m’est arrivé d’avoir tort dans la vie, j’estime que ce ne peut pas être pire que de ne pas prendre position. Je m’étonne souvent de ces gens qui flottent sans résistance au gré du courant, qui ne remettent jamais leur existence en question, qui ne se décident pas à changer de vie même lorsque c’est de toute évidence nécessaire. Les gens divorcent. C’est une forme de changement. Mais qu’en est-il des ruptures plus profondes encore, celles liées aux choix de vie? Voilà les questions importantes auxquelles on est confronté, et auxquelles il faut répondre. [...] 
   La vie consiste la plupart du temps en hasards qui viennent pour ainsi dire à notre rencontre. Tout tient à notre capacité de prendre des décisions conscientes face à la situation ainsi créée. [...] 
   La responsabilité du choix, c’est aussi oser décider de quel côté on se situe dans une société injuste, traversée de conflits et marquée par l’indignité. C’est pourquoi nous sommes tous des êtres politiques, que nous le voulions ou non. Nous vivons dans une dimension politique fondamentale. Par le fait même d’exister, nous passons un contrat avec tous nos contemporains, mais aussi avec les générations futures. 
   Qu’est-ce qui conditionne nos décisions? Qu’est-ce qui oriente les choix que nous faisons, les idées qui sont les nôtres, ce que nous trouvons par exemple inadmissible? Que choisissons-nous de défendre, et que choisissons-nous de rejeter?

Chapitre Dents phosphorescentes (p. 141 - )
   Une année après la découverte des rayons X, Henri Becquerel découvrait la radioactivité, relayé par les expériences de Marie Curie. Avant que les dangers des radiations pour la santé ne fussent reconnus, le radium suscita l’enthousiasme et on lui attribua des vertus miraculeuses. La revue médicale Radium, parue en 1916 aux États-Unis, certifiait qu’il n’y avait «absolument aucun effet secondaire indésirable» et qu’il était aux être humains «ce que la lumière du soleil est aux plantes». [...] 
   La vérité mise au jour était très simple : ceux qui croyaient que le rayonnement radioactif traversait les corps sans laisser de traces avaient eu tort. La radioactivité se fixait sur le squelette. Si la personne avait été exposée à de fortes doses pendant une durée prolongée, cela menait au cancer et à une mort souvent douloureuse. [...] 
   Nous pouvons évoquer de la même manière la souffrance et les dommages irréversibles causés à ceux qui travaillent avec l’amiante. Aujourd’hui encore, le monde occidental exporte ses bateaux destinés à la casse afin qu’ils soient démontés par exemple en Inde. Des bateaux remplis d’amiante. Et ceux qui n’ont pas d’autre choix que d’accepter ce travail n’ont souvent pas d’accès à de simples masques en papier. Beaucoup meurent d’asbestose. ... Les victimes ont l’impression de suffoquer peu à peu : un travailleur de la mine de Wittenom en Australie a dit qu’il avait l’impression d’avoir «les poumons remplis de ciment mouillé». 
   Cela se produit encore et ne cessera jamais. L’être humain se lance constamment dans de nouveaux projets sans chercher à savoir si sa dernière invention en date ne recèlerait pas par hasard une ombre cachée. 
   Le risque existe toujours. Et, parfois, l’ombre cachée génère une catastrophe majeure.

Chapitre Le radeau de la mort (p. 98) 
   Le Radeau de La Méduse raconte l’espoir qui vit encore quand tout espoir est perdu. Le paradoxe qui témoigne, plus que tout, de la volonté de survie qui nous habite toujours, nous autres humains, quelles que soient les circonstances. L’espoir est là, malgré tout. Peut-être n’est-il plus qu’une ombre. Mais il est là.

SABLE MOUVANT
Fragments de ma vie
Henning Mankell
Traduit du suédois par Anna Gibson
Éditions du Seuil, septembre 2015

«Mourir de faim n’est pas un choix»

La malnutrition fait des ravages chez les jeunes enfants somaliens.
Photo : AFP / MUSTAFA ABDI 

L'agence onusienne des enfants a prévenu que 1,4 million d'enfants sont menacés d'une «mort imminente» par la famine qui frappe des secteurs du Soudan du Sud, du Nigeria, de la Somalie et du Yémen. L'UNICEF lance cet avertissement après qu'une famine eut été déclarée dans l'État d'Unity, au Soudan du Sud, qui est déchiré par la guerre civile depuis 2013 et où une inflation galopante rend les aliments impossibles à acheter. (AP)

Quelques réflexions de Henning Mankell sur la pauvreté (Sable Mouvant). 

Chapitre Les hippopotames (p. 121 - )

[...] Avoir la possibilité de choisir ce à quoi on consacre son existence est un grand privilège. Pour la très grande majorité des habitants de la planète, la vie est fondamentalement une affaire de survie, dans des conditions dramatiques. [...] Au cours des millénaires, très rares sont ceux qui ont pu se consacrer à autre chose qu’à la survie. Ils n’ont certes jamais été aussi nombreux qu’aujourd’hui. La moitié de l’humanité, de nos jours, vit encore sans aucune possibilité de choix. [...] Pouvoir «changer de vie» leur est un luxe inaccessible. 
   Ceux qui n’ont pas été contraints de consacrer leur temps à la survie ont aussi généralement été ceux qui détenaient le pouvoir, quelle que soit la forme de société dont on parle. Ils ont été par exemple prêtres et gardiens du temple, chargés d’amadouer les dieux ou d’interpréter les voies impénétrables du destin. Les révoltes et les révolutions ont toujours eu le même enjeu. Lorsqu’on ne peut survivre alors qu’on s’échine au travail jusqu’au bout de ses forces, il ne reste pas d’autres solution que de se révolter. C’est après le passage à la révolte que la question du «droit à autre chose» s’affirme et se précise. [...] 
   Ceux qui vivent dans les marges extrêmes d’une société n’ont aucun choix. 
   Se coucher dans la rue pour mourir n’est pas un choix. Se laisser mourir de faim n’est pas un choix. Nous avons aujourd’hui tous les moyens nécessaires pour éradiquer la misère absolue et hisser l’ensemble des êtres humains vivants au-dessus du seuil de malnutrition. Nous choisissons de ne pas le faire. C’est un choix que je ne peux considérer autrement que comme un acte criminel. Mais il n’existe pas de tribunal habilité à poursuivre, à l’échelle globale, les criminels responsables du fait que la faim et la misère ne sont pas combattues à l’aide de toutes les ressources disponibles. Et qui nous entraînent tous à être complices et à avoir notre part de responsabilité dans ce choix. [...]

SABLE MOUVANT
Fragments de ma vie
Henning Mankell
Traduit du suédois par Anna Gibson
Éditions du Seuil, septembre 2015

Collage : Joe Webb http://www.joewebbart.com/

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Nous pourrions également faire quelque chose pour les pauvres des pays riches car il y en a de plus en plus.

Qu’arriverait-il si l’on donnait un revenu de base garanti à chacun, quel que soit son statut économique?

La ville sans pauvreté – À Dauphin, au Manitoba, entre 1974 et 1979, les familles qui ont reçu MINCOME (un revenu de base garanti) ont eu moins d'hospitalisations, d’accidents et de blessures. L’hospitalisation en santé mentale a chuté de façon spectaculaire. Et le taux de réussite scolaire a grimpé pendant l'expérience, notamment chez les adolescents de 16 à 18 ans qui ont terminé leurs études. La fréquence des grossesses avant l'âge de 25 ans a diminué, et quand cela se produisait les jeunes femmes avaient moins d'enfants par la suite. 
   Le programme a amené la plupart des bénéficiaires au-dessus du seuil de pauvreté (critères canadiens de l’époque). Et les effets sur l'emploi dans la région de Dauphin ont été négligeables. «Chez les soutiens principaux – ceux qui avaient des emplois à plein temps – il n'y a pratiquement pas eu de déclin», souligne Evelyn Forget. «Personne n'a quitté son travail.» 
   L’argent reçu du gouvernement a réduit l'anxiété liée à la survie économique des familles, leur permettant d'investir dans leur santé et de planifier à plus long terme. Conclusion : meilleur état de santé physique et mentale, moins de stress, d’alcoolisme, de décrochage scolaire... À long terme, les économies réalisées en soins de santé, en assistance sociale, assurance chômage, et en fonctionnaires, représenteraient un gain substantiel pour l’État et la société en général. Tout le monde se porterait mieux.

J'ai choisi l'expérience canadienne, mais l'article est à lire au complet, il est question entre autres du référendum sur le revenu garanti qui devrait avoir lieu prochainement en Suisse.  

What Would Happen If We Just Gave People Money? By Andrew Flowers
http://fivethirtyeight.com/features/universal-basic-income/?ex_cid=538twitter

(Excerpt)

[...] What do we know about giving a guaranteed income to everyone? Not much. Negative income tax policies such as the EITC target specific groups, usually the poor. They have been tested. But basic income is often pitched as universal everyone would get the same amount, regardless of their circumstances. And that has never been examined in a rigorous way.

The closest research we have to how a universal basic income could work comes from a small town in Canada. From 1974 to 1979, the Canadian government partnered with the province of Manitoba to run an experiment on the idea of providing a minimum income to residents. The result was MINCOME, a guaranteed annual income offered to every eligible family in Dauphin, a prairie town of about 10,000, and smaller numbers of residents in Winnipeg and some rural communities throughout the province. MINCOME remains one of the most influential studies of basic income in a rich-world country. 
   Evelyn Forget, now an economist at the University of Manitoba, was a student in Toronto at the time. “I knew this was happening in Manitoba. I just stopped hearing about it,” she said. When Canada’s governing party changed midway through the MINCOME experiment, funding dried up and the researchers were told to archive their data for later analysis. No database was created, and the results of MINCOME were not examined. 
   Decades later, Forget started digging for the data. She unearthed 1,800 dusty cardboard boxes with information on each family receiving MINCOME at Canada’s National Archives. Forget digitized the materials and matched MINCOME records with those in the database of Canada’s universal health insurance program, which was introduced around the same time. That allowed her to compare the health of those receiving MINCOME to the health of similar people who didn’t. It resulted in a blockbuster research paper, decades in the making: “The Town With No Poverty,” published in 2011
https://public.econ.duke.edu/~erw/197/forget-cea%20(2).pdf

Families receiving MINCOME had fewer hospitalizations, accidents and injuries, Forget found. Mental health hospitalizations fell dramatically. And the high school completion rate ticked up during the years of the experiment, with 16-to-18-year-old boys, in particular, more likely to finish school. Younger adolescent girls were less likely to give birth before age 25, and when they did, they had fewer kids. 
   The program brought most recipients above Canada’s poverty line. And the employment effects in Dauphin were modest. “For primary earners those with full-time jobs there was virtually no decline” in work, Forget said. “Nobody was quitting their jobs.” Cash from the government eased families’ economic anxiety, allowing them to invest in their health and plan over a longer horizon. 
   MINCOME is now serving as inspiration for basic income’s comeback in Canada. In its 2016 budget, the provincial government of Ontario announced plans to conduct a basic income pilot this year. [...]

Interview with Evelyn Forget (June 13, 2016): https://www.youtube.com/watch?v=e36U5MQZc5o

17 février 2017

Non, ce n’est pas à Lac-Mégantic en 2013

C’est à Paradis (Louisiane) en 2017. Et, ce ne sont pas des wagons qui ont explosé mais un pipeline. «Les oléoducs sont plus sécuritaire» rabâchent les promoteurs. La preuve!

Pipelines are so safe! Just like the one that just exploded behind me in Louisiana. Josh Fox https://twitter.com/joshfoxfilm 



The day after the U.S. Army Corps of Engineers gave the owners of the Dakota Access Pipeline (DAPL) the final permit it needed to build its line across Lake Oahe, which connects to the Missouri River, a natural gas liquids pipeline owned by one of the DAPL co-owners exploded and erupted in flames in Paradis, Louisiana. Paradis is located 22 miles away from New Orleans. 
     A DeSmog investigation shows that the “third-party natural gas processing plant” is owned by the company Targa Resources, and that plant is fed in part by a gas pipeline owned by Enbridge, another co-owner of Dakota Access
     Merchant of Venice – The Targa Resources plant is also known as the VESCO facility, with VESCO shorthand for the Venice Energy Services Company, located in Venice, Louisiana. [...]
https://www.desmogblog.com/2017/02/15/dakota-access-phillips-66-louisiana-gas-pipeline-explosion

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Bill McKibben https://twitter.com/billmckibben  

Pipeline explosion felt 60 miles away

REFUGIO, Texas – A natural gas pipeline explosion and fire in Refugio shook homes up to 60 miles away early Wednesday morning. The flames from the explosion shot more than 200 feet into the air and could be seen from miles around. 
     "The area was lit up as if it were daylight for miles around," the Refugio County sheriff said in a statement. 
     Kinder Morgan released a statement saying they shut down the pipeline segment as soon as they were notified and regulatory agencies were alerted. 
http://www.khou.com/news/local/texas/pipeline-explosion-shakes-homes-near-refugio/408507389

Sea ice around Antarctica hits record low, preliminary U.S. data show

Cracks are seen on the Fourcade glacier near Argentina's Carlini Base in Antarctica, January 12, 2017.  REUTERS / Nicolas Misculin

Sea ice around Antarctica has shrunk to the smallest annual extent on record after years of resisting a trend of man-made global warming, preliminary U.S. satellite data showed on Tuesday. 
     Ice floating around the frozen continent usually melts to its smallest for the year around the end of February, the southern hemisphere summer, before expanding again as the autumn chill sets in.
     This year, sea ice extent contracted to 2.287 million square kilometers (883,015 square miles) on Feb. 13, according to daily data from the U.S. National Snow and Ice Data Center (NSIDC). 
     "We've always thought of the Antarctic as the sleeping elephant starting to stir. Well, maybe it's starting to stir now," Serreze said.
http://www.reuters.com/article/us-antarctica-ice-idUSKBN15T2SH?utm_content=buffer46480&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

The Oklahoma County Court on Thursday found Trump’s U.S. Environmental Protection Agency (EPA) nominee Scott Pruitt in violation of the state’s Open Act. The Center for Media and Democracy (CMD) filed a lawsuit against Pruitt for improperly withholding public records and the court ordered his office to release thousands of emails in a matter of days. (EcoWatch)

«Quand les cannibales veulent goûter à la connaissance, ils coupent la langue des savants.» ~ Stanislaw Jerzy Lec (1909-1966)

Donald Trump et ses climatosceptiques n’ont pas l’air de comprendre la différence entre météorologie et climatologie. Ou peut-être s’agit-il d’ignorance crasse pour continuer à varloper le pays à fond la caisse.

Météorologie et climatologie

«La météorologie est l'étude des phénomènes atmosphériques et de leurs lois, notamment en vue de la prévision du temps» (Petit Larousse). L'acception commune tend à confondre la météo avec la prévision du temps, plus spécialement du «temps sensible» qui gouverne nos impressions humaines. C'est une définition qui ne sort du milieu atmosphérique que pour étudier ses conséquences humaines les plus directes (sols gelés, inondations, etc.).

Généralement on entend par le mot climatologie, «la science qui donne une description systématique et une explication de la répartition des climats» (Encyclopedia Universalis). On pourrait préciser que la climatologie cherche maintenant à expliquer non seulement la répartition géographique des climats, mais aussi leur évolution au fil des décennies et des siècles, surtout depuis qu'une évolution lente du climat de la planète (vers le réchauffement) est devenue évidente. Pour prendre en compte cette évolution lente, certains ont introduit la notion de «climatologie dynamique». Quant à l'évolution du passé, elle a fait l'objet d'un énorme travail de reconstitution de la part des historiens, glaciologues, sédimentologistes, etc., travail documenté dans de nombreux ouvrages.
     À l'échelle de la décennie ou du siècle, l'évolution de l'atmosphère est largement pilotée par celle des océans (gelés ou pas), des surfaces continentales (couvertes de glace ou pas) et de toute la biosphère. Elle dépend aussi dans une plus faible mesure de facteurs astronomiques tels que l'évolution du rayonnement solaire ou des caractéristiques géométriques de l'orbite terrestre. Pour étudier, comprendre et prévoir l'évolution du climat (souvent en s'aidant de la modélisation numérique), le scientifique est amené à traiter beaucoup de processus physiques extérieurs à l'atmosphère, y compris par exemple ceux affectant l'océan profond et l'hydrologie (lacs, fleuves, glaciers, réserves continentales d'eau profonde), en fait tous les processus affectant ce qu'on appelle «le système climatique».
     Pour le météorologiste chargé de la prévision du temps à quelques jours d'échéance, il n'est pas nécessaire de s'intéresser en détail à tous ces milieux connexes à l'atmosphère, vu qu'ils évoluent beaucoup plus lentement que l'atmosphère elle-même. On peut alors se contenter de modéliser très simplement ces milieux connexes. [...] 
     Ainsi l'ensemble des processus physiques intéressant le météorologiste est souvent plus restreint que celui intéressant le climatologiste. Le «système météorologique» (limité à la prévision du temps) peut donc être vu comme un sous-ensemble du «système climatique», contrairement à l'acception courante du mot «climat» qui peut être vu comme un sous-ensemble de la météorologie.

Jean Pailleux - janvier 2012
http://www.clubdesargonautes.org/faq/climatetmeteo.php

Voir aussi : Climatologie et météorologie
http://www.notre-planete.info/terre/climatologie_meteo/

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«Ne pas tourner le dos à la réalité? Oui, mais est-ce que la réalité ne nous entoure pas de toutes parts?» ~ Stanislaw Jerzy Lec

Les génocides de l’agrobusiness – faut-il s’étonner du phénomène puisque les denrées alimentaires de base sont assujetties à la spéculation boursière. Changements climatiques, guerres, famines et génocides ne font qu’un. 

Si tu veux dominer
rafle des terres et chasse
les communautés locales.
Fais en sorte qu’elles n’aient
ni toit, ni eau, ni nourriture
et parque-les comme du bétail.
Elles seront à ta merci.
Puis, n’oublie pas de leur dire
que c’est toi qui les «sauveras»
de la famine, avec le blé et le riz
...que tu leur as volés.

Plus de 20 millions de personnes risquent de mourir de faim au cours des six prochains mois dans quatre famines distinctes, prévient l'économiste en chef du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'Organisation des Nations unies (ONU), Arif Husain. 
     Les combats au Yémen, dans le nord-est du Nigeria et au Soudan du Sud ont dévasté plusieurs régions et fait monter les prix. Dans l'est de l'Afrique, c'est la sécheresse qui a ruiné l'agriculture traditionnelle. 
     «Cela fait près de quinze ans que je travaille au Programme alimentaire mondial et c'est la première fois que nous parlons littéralement de famine dans quatre régions différentes du monde en même temps», a dit Arif Husain lors d'un entretien à Reuters. 
     «C'est presque bouleversant de réaliser qu'au 21e siècle, des gens continuent de connaître des famines d'une telle ampleur. On parle d'environ 20 millions de personnes, et tout cela dans les six prochains mois, ou dès maintenant. Au Yémen, c'est maintenant, au Nigeria, c'est maintenant, au Soudan du Sud, c'est maintenant.» 
     «En Somalie, quand je vois que les indicateurs montrent des prix alimentaires extrêmement élevés ainsi que des prix du bétail et des revenus agricoles qui chutent, les choses vont très vite», a-t-il poursuivi. 
     Au Soudan du Sud, les prix des produits alimentaires ont doublé, voire quadruplé en un an
     «J'étais au Yémen il y a deux semaines», dit Arif Husain, «Il y a de la nourriture sur les marchés, mais les gens ne sont pas payés, notamment dans les villes, qui représentent environ un tiers de la population.» 
     «Et puis il y a des endroits comme la RDC [République démocratique du Congo], la RCA [République centrafricaine], le Burundi, le Mali, le Niger, où l'insécurité alimentaire est chronique [...] Il n'y a tout simplement pas assez de ressources pour y arriver.»

Source : Reuters

This is how we must respond. To refugees. To climate. To immigrants. To everyone. (Josh Fox)

14 février 2017

Meeting de gros-becs

Trump vs. Truth: Last Week Tonight with John Oliver  
Dans un clip présenté par Oliver, un journaliste dit : 
“This is what makes covering Donald Trump so very difficult  what does he mean when he says words?” 

Oliver entend offrir des cours de politique 101 au président sur les chaînes de télé (à Washington) https://www.youtube.com/watch?v=xecEV4dSAXE


Agence France-Presse New York : 

John Oliver regrette que le président relaie, voire s'approprie régulièrement des informations non vérifiées et parfois clairement erronées. 
     Constatant qu'il ne pouvait pas faire passer de message au nouveau président par le biais de son émission, car «il ne (la) regarde pas», il a changé de stratégie.
     «Il y a un moyen, modestement, par lequel nous voulons glisser des faits utiles dans son menu média», a expliqué l'humoriste britannique lors de la première émission de la quatrième saison de Last Week Tonight, dimanche soir. 
     Pour ce faire, John Oliver a produit plusieurs spots de publicité et acheté des espaces publicitaires lors des matinales de Fox News, CNN et MSNBC, pour la seule région de Washington, s'assurant ainsi que Donald Trump les verrait s'il est devant son poste à ce moment-là.
     «Jusqu'à ce qu'on nous arrête, nous sommes prêts à éduquer Donald Trump sur des sujets dont nous sommes à peu près sûrs qu'il  les ignore, un par un», a annoncé John Oliver, montrant des extraits de spots à venir. 
    «Faire exécuter les familles de terroristes peut sembler être une démonstration de force, mais selon la convention de Genève, c'est un crime de guerre», explique notamment le cowboy dans une publicité, en référence à une promesse de campagne de Donald Trump.

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Le problème : Trump croyait qu'il pouvait gouverner le pays de la même manière que sa Trump Organization... Il paraît qu'il passe son temps à consulter frénétiquement son entourage et les médias pour la moindre décision ou déclaration. Notamment Breitbart News Network, un média politique d'extrême droite ultra conversateur et raciste soutenu par Steve Bannon (le bras droit de Trump). On dirait que les journalistes de Breitbart se trempent les doigts dans le vitriol avant de taper sur leurs claviers...

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Alors, à incompréhension égale, je préfère les points de presse des gros-becs à ceux des grands jaseurs (pas boréals) politiques!


Ontario FeederWatch (Bird Cams)
http://cams.allaboutbirds.org/channel/38/Ontario_FeederWatch/

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Recycling Bin

Image : Pawel Kuczynski (Génial cet artiste...)
http://www.pictorem.com/collectioncat.html?author=Pawel+Kuczynski

12 février 2017

Lloyd Swick et les animaux de guerre

Je profite de la controverse entourant le rodéo prévu pour le 375e de Montréal, pour parler de mes amis animaux.

Des spectacles aussi primitifs, cruels et inopportuns que les rodéos devraient être bannis, à St-Tite, à Calgary, en fait, partout au Canada. Dans une lettre adressée au maire Denis Coderre, le médecin vétérinaire Jean-Jacques Kona-Boun explique pourquoi il s’oppose à cette activité brutale qui méprise le bien-être animal – Le rodéo n’est pas un hommage à Montréal mais une insulte à la ville et au Québec.

Lettre :
https://situationplanetaire.blogspot.ca/2017/02/svp-pas-de-rodeo-au-375e-de-montreal.html

Si vous voulez contester, vous pouvez écrire au maire ou signer la pétition sur le site de la SPCA https://fr-ca.facebook.com/SPCAMontreal/

Articles du vétérinaire Kona-Boun sur Huffington Post Québec :
http://quebec.huffingtonpost.ca/jean-jacques-kona-boun/

Comment se fait-il qu’en 2017 on ose encore proposer des soi-disant divertissements aussi violents et cruels envers les animaux?
     On se croirait au temps de l’empereur Néron. À l’époque, les plus riches étaient obligés de dépenser de l’argent pour la cité, en construisant des monuments, en aidant les plus pauvres mais aussi en organisant les jeux du cirque. Rien de tel pour se faire bien voir de la population que de lui offrir du pain et des jeux : courses de chars, combats entre gladiateurs et avec des fauves. Le Circus Maximus pouvait accueillir 150 000 spectateurs. Les amphithéâtres étaient équipés de planchers mobiles à coulisses, de souterrains, de trappes et de monte-charge pour faire apparaître les fauves et les gladiateurs. Aujourd’hui ce sont les courses de Formule1, les rodéos, le football, la pizza et la bière.

Au chapitre des traditions ignobles : dans le village San Bartolome de Pinares au nord-ouest de Madrid, la fête religieuse annuelle Luminarias honore Saint-Antoine (saint patron des animaux!) avec un divertissement ultra cruel – des cavaliers montent des chevaux à travers des flammes. Pouvez-vous imaginer ça? Tous les humains et les animaux ont peur du feu ET de mourir. Une coutume aussi tordue que la corrida et les rodéos.



Photo : Reuters / Paul Hanna; 16 janvier 2017


Photo : Reuters / Sergio Perez, 16 janvier 2017  

Les animaux de guerre

Nous tuer entre humains à la guerre ne suffit pas. Nous contraignons des êtres intelligents comme les chevaux, les chiens... à collaborer à nos actes les plus morbides, ignobles et psychotiques. Ce que nous faisons à nos meilleurs amis est totalement méprisable.

Comme le dit si bien Esther Granek «T’es pas beau l’Humain! ... Le cheval a plus de noblesse en chaque patte, en chaque fesse, que toi déployant ton meilleur».

Poème intégral :
https://artdanstout.blogspot.ca/2016/10/la-ou-une-catastrophe-nattend-pas-lautre.html

You want to be stabbed or shot or burned alive or bombed?

Les soldats qui ont survécu à l’une ou l’autre des deux grandes guerres du siècle dernier pouvaient bien devenir fous après avoir vu autant de boucheries. Lors de la grande offensive franco-britannique sur la Somme qui débuta le 1er juillet 2016 et se termina en novembre de la même année, les Anglais et les Français dénombrèrent ensemble 600 000 morts et les Allemands 450 000.

Par ailleurs, on estime qu’environ 14 millions d’animaux furent enrôlés durant la Première Guerre mondiale – chevaux, mulets, bœufs, ânes, chiens, pigeons voyageurs... En plus du lourd bilan humain (9 millions de morts au cours du conflit), on oublie souvent que la Grande Guerre a entraîné d’énormes pertes animales. Les chevaux ont été les plus touchés, avec environ 10 millions de chevaux furent tués entre 1914 et 1918. Une fois la guerre terminée, beaucoup de «rescapés» ont dû être abattus en raison de leurs blessures, de leur grand âge, ou simplement parce qu’on ne leur trouvait plus d’utilité. En Australie par exemple, sur 13 000 chevaux enrôlés, 15 % ont été euthanasiés à l’issue du conflit car on ne savait pas où les placer. Une bien triste fin pour ces héros de guerre...
Source :
https://lejournaldesanimaux.fr/espace-decouverte/2014/11/10/animaux-chevaux-pigeons-chiens-premiere-guerre-mondiale-301




«J’ai vu tellement de chevaux mourir. Ils hennissaient. Et ils pleuraient. Je ne savais pas que les chevaux pleuraient. Ils étaient tombés et ne pouvaient plus se relever. Ils luttaient contre la mort, leurs flancs éventrés, ils se vidaient de leur sang par tellement de blessures... Certains avaient baissé les armes et attendaient la fin sans bouger, les yeux grands ouverts. De temps à autre, leurs naseaux frémissaient un peu plus fort. Il y avait une telle tristesse dans leur expression... Pour moi, ce sont les victimes les plus innocentes de toute cette guerre. Toutes les nuits je rêve des chevaux.» (La maison des sœurs, Charlotte Link)

A. Lloyd Swick, décédé le 14 janvier 2017 à l'âge de 94 ans, a servi en Normandie peu après le jour J, ainsi qu'en Corée, en Inde, au Pakistan et à Haïti. Photo : Julie Oliver / The Ottawa Citizen

Le vétéran était sans doute motivé par ce qu’il avait lui-même vu pour réclamer un monument commémoratif en hommage aux animaux de guerre. Ce fut son cheval de bataille, et il a gagné! Nous lui devons aussi un hommage.

Seule la mort pouvait arrêter le noble combat de ce remarquable vétéran
Par Kelly Egan / The Ottawa Citizen

Traduction/adaptation libre (abrégée). Article intégral en anglais :
http://ottawacitizen.com/news/local-news/egan-only-death-stops-amazing-veterans-good-fight

J'ai rencontré Lloyd Swick en 2010; il était alors âgé de 87 ans, mais toujours infatigable. Il projetait de faire ériger un monument commémoratif – non pas pour des gens – mais pour les animaux qui ont servi à la guerre. Dans cette ville [Ottawa], où il faut l’approbation de neuf agences administratives pour changer une ampoule, quelle chance avait un soldat retraité depuis longtemps de concrétiser son projet dans un espace public?
     Eh bien, contre toute attente, il a réussi. L’Animals in War Memorial a été inauguré au parc de la Confédération, le 3 novembre 2012 au centre-ville d’Ottawa. (1)
     «C'était un type formidable, un des vétérans les plus connus de la ville», disait son ami Don Dalziel (75 ans), qui a écrit une courte biographie sur Lloyd Swick. La musique était importante pour lui et il a joué du piano tous les jours jusqu’à l’âge de 90 ans. Le golf et le travail du bois le passionnaient, ainsi que plusieurs autres hobbies. Mais, sa passion pour les animaux de guerre fut sans doute la plus significative et la plus durable.
     Swick faisait grand cas d’honorer les sacrifices des animaux. Il démarra sa croisade seul, mais bientôt il fut entendu à la Commission de la capitale nationale et reçut l’appui de Peter Stoffer (NPD). Une association de vétérinaires organisa une levée de fonds et un comité fut formé. Finalement, l'épouse du premier ministre [Laureen Harper] parraina le projet et un accord fut scellé.


Les éléments commémoratifs rendant hommage aux animaux de guerre ont été réalisés en 2012 par l’artiste et sculpteur canadien David Clendining.


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(1) Le monument commémoratif rend hommage aux animaux qui ont servi à la guerre aux côtés de leurs compagnons humains. Cet hommage est symboliquement installé près du Monument de la guerre des Boers, une guerre pour laquelle le Canada a fourni 50 000 chevaux aux troupes à cheval. Trois plaques de bronze représentent les animaux de guerre et racontent des faits intéressants sur le rôle des animaux, leur sacrifice et leur loyauté indéfectible. Les éléments commémoratifs incluent des empreintes de chien, de cheval et de mule gravées dans le ciment pour nous rappeler que ces animaux ont, eux aussi, laissé leur marque sur le champ de bataille. Une sculpture en bronze grandeur nature d’un chien assis monte la garde. Il porte la réplique du sac à dos médical que les chiens de guerre transportaient durant la Première Guerre mondiale. Voici les rôles que les animaux ont joués :

Les mules transportaient des sacoches et des pièces d’artillerie.

Les chevaux transportaient les troupes et tiraient les canons de campagne.

Les pigeons voyageurs transportaient des messages vers des destinations précises.

Les chiens étaient messagers, assistants médicaux, détecteurs de mines et ils participaient à des opérations de recherche et de sauvetage. Les chiens font toujours partie des forces armées.

S.V.P. pas de rodéo au 375e de Montréal

Contexte : Le directeur des rodéos du Festival western de St-Tite, Sylvain Bourgeois, a proposé un rodéo pour les festivités du 375e de Montréal.

La SPCA ne veut pas de rodéo dans le Vieux-Port
La Presse, le 13 janvier 2017

Le rodéo urbain NomadFest doit se dérouler du 24 au 27 août, au quai Jacques-Cartier. Il est produit par la firme TKNL, qui a confié le volet rodéo de l'événement au Festival western de St-Tite. 
     «Les épreuves de rodéo soumettent les animaux à un stress et à des souffrances inutiles dans le seul but de divertir», s'insurge la SPCA dans son message sur Facebook, qui avait été partagé jeudi soir par plus de 1200 internautes. 
     «On se demande vraiment quelle est la pertinence d'organiser un rodéo dans le cadre du 375e, alors que l'objectif des célébrations devrait être d'honorer l'histoire de Montréal. Ce projet, qui sort de nulle part, rate complètement l'objectif», dénonce aussi Sterling Downey, conseiller de la Ville dans l'arrondissement de Verdun et porte-parole de Projet Montréal en matière de gestion animale.

Mise à jour le 12 février 2017 (La Presse)

L'un des principaux commanditaires du 375e anniversaire de Montréal se dissocie du rodéo prévu en août dans le cadre des festivités. Loblaw confirme avoir décidé de ne pas soutenir l'évènement dénoncé par une campagne de groupes luttant contre la cruauté envers les animaux. 
      Depuis quelques semaines, des organisations font pression afin de demander l'annulation du NomadFest Rodéo Urbain, prévu cet été dans le cadre des festivités entourant l'anniversaire de la fondation de Montréal. Parmi celles-ci, l'Alliance pour les animaux du Canada a décidé d'aller plus loin en contactant les 12 principaux commanditaires du 375e afin de les convaincre de ne pas soutenir cette activité. 
     L'Alliance pour les animaux n'est pas la seule à s'en prendre au NomadFest Rodéo. Depuis quelques semaines, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) fait campagne contre la tenue d'un rodéo à Montréal dans le cadre du 375e anniversaire.
     Les organisateurs du NomadFest continuent à défendre leur évènement, assurant qu'il ne donnera pas lieu à des actes de cruauté animale. Ils précisent ne pas planifier des activités fréquemment décriées par les militants pour les animaux, comme les courses Chuckwagon ou attraper des veaux au lasso. 
     Le NomadFest Rodéo Urbain doit avoir lieu du 24 au 27 août 2017. Organisé par le Festival western de Saint-Tite, l'évènement présentera quatre rodéos dans une arène de 5000 spectateurs aménagée au quai Jacques-Cartier, dans le Vieux-Port.

Le rodéo n’est pas un hommage à Montréal mais une insulte à la ville et au Québec

Lettre du vétérinaire Jean-Jacques Kona-Boun adressée au maire Denis Coderre
Source : https://fr-ca.facebook.com/SPCAMontreal/ (voyez aussi la pétition)

Saint-Hyacinthe, dimanche 15 janvier 2017
Destinataire : monsieur Denis Coderre, maire de Montréal.
Expéditeur : monsieur Jean-Jacques Kona-Boun, médecin vétérinaire.
Sujet : Rodéo du NomadFest pour le 375e anniversaire de Montréal.

Monsieur le maire,

J’ai eu la grande déception d’apprendre récemment qu’un rodéo était prévu pour la célébration du 375e anniversaire de la ville de Montréal. J’aimerais, sans aucun irrespect, vous rappeler (ou peut-être vous apprendre), que le rodéo est fondé sur la violence, ainsi que le stress et la peur engendrés chez les animaux qui sont utilisés dans les épreuves de lutte et de domination par l’être humain.

Les adeptes de cette activité prétendent qu’ils aiment leurs animaux, que ces derniers sont en bonne santé et qu’ils n’ont aucun intérêt à les blesser. 
     Tout d’abord, la notion d’amour est très relative et je doute que même parmi les adeptes des rodéos, ceux qui «aiment» leurs animaux de compagnie accepteraient de leur faire subir les mêmes tourments qu’aux animaux de rodéos utilisés dans les épreuves de lutte et de domination (qui, par tradition, ne sont pas considérés comme des animaux de compagnie et n’ont aucune valeur affective, au moins pour les veaux, les bouvillons et les taureaux). 
     Ensuite, il est important de comprendre qu’un état de santé jugé bon avant les épreuves, même suite à un examen vétérinaire, ne signifie absolument pas que ces épreuves n’infligent pas de la souffrance, de même que l’absence de blessures externes ou de troubles locomoteurs après les épreuves n’exclut pas non plus des lésions internes ni la souffrance, qu’elle soit physique ou psychologique. De plus, il faut être conscient que l'absence de blessures visibles extérieurement ne signifie pas l’absence de lésions internes, cachées par les parois musculaires des cavités, la peau et les poils. Ce n'est pas parce qu'un animal ne démontre pas de lésions externes ni de signes cliniques (encore faut-il procéder à un examen physique soigné après chaque épreuve) qu'il ne peut pas ressentir la peur, la douleur ou avoir des dommages internes. 
     Finalement, le désir de ne pas blesser les animaux est uniquement dû au fait qu’ils ont de la valeur économique. Le principal argument présenté pour justifier qu’il n’est pas dans l’intérêt des cow-boys (on ne parle pas de l’intérêt des animaux!) de blesser les animaux est que ceux-ci valent très cher et qu’ils représentent un gros investissement financier! On ne parle cependant que des chevaux et des taureaux de valeur mais on oublie les veaux et les bouvillons utilisés dans les épreuves de lutte comme de la vulgaire chair à canon.

Ces activités brutales engendrent une réponse de fuite chez les animaux et c'est de la peur ainsi que de cette fuite du danger que dépend le succès du spectacle. Le traumatisme psychologique est probablement pire pour les veaux, des animaux juvéniles découvrant le monde et dépourvus de la compréhension de ce qui leur arrive et qui, après avoir été poursuivis, sont brutalement stoppés dans leur course avant d'être plaqués au sol et ligotés. Ces activités imposent inévitablement de la souffrance. Il est trompeur d'insinuer que la courte durée de certaines épreuves atténue l'intensité des souffrances physiques et psychologiques endurées par les animaux. De plus, un spectacle de quelques secondes requiert des heures de pratiques durant lesquelles plusieurs animaux sont brutalisés. Leur souffrance physique est inévitable et il serait erroné de conclure à l'absence de douleur par l'absence de lésions visibles extérieurement. Les animaux pourchassés sont en mode survie et eux aussi sont sous l'influence de l'adrénaline, qui peut masquer bien des manifestations cliniques de dommages corporels internes ou externes.

Dans son énoncé de Position officielle sur l'usage des animaux dans les activités de divertissement, l'Association Canadienne des Médecins Vétérinaires (ACMV) «…s’oppose aux activités, aux concours et aux épreuves qui présentent une probabilité élevée de blessures, de détresse ou de maladies…». L'ACVM soutient également que «…les animaux ne devraient pas être forcés d’exécuter des actes ou des tâches qui suscitent une détresse ou un malaise physique ou mental…». 
     Selon l'ACVM, il est du devoir des vétérinaires de ne pas encourager et même de décourager l'usage des animaux pour le divertissement : «…Les activités qui présentent des actes non caractéristiques à l’espèce ou qui forcent les animaux à exécuter de tels actes devraient être découragées de façon à ne pas blesser l’animal ni à tromper le public quant à la nature réelle de l’animal…». Cela inclut «…notamment les zoos, les aquariums et d’autres expositions d’animaux; les animaux utilisés pour des besoins médiatiques, les cirques et les rodéos; et les concours équestres et autres épreuves sportives auxquelles participent les animaux…». Bien avant cette prise de position officielle en 2010, l'ACVM avait déjà déclaré que supporter la pratique du rodéo était contraire aux principes de base de la médecine vétérinaire: «…Puisque les vétérinaires et la médecine vétérinaire s'occupent du bien-être de tous les animaux, il n'est pas possible pour la profession d'appuyer de façon positive les pratiques qui font partie intégrante des rodéos. Le succès des rodéos se fonde inévitablement sur une exploitation des réactions des animaux à la douleur, au bruit et à la peur, ainsi qu'au désir des animaux de fuir…». (Déclaration de l'Association Canadienne des Vétérinaires au sujet des rodéos, Revue Vétérinaire Canadienne, juin 1985) 
     Les animaux utilisés lors des rodéos sont des êtres sensibles, capables de ressentir la souffrance, aussi bien psychologique (trop souvent ignorée ou négligée) que physique, et c'est cette capacité de ressentir la souffrance qui est exploitée par les adeptes des rodéos, c'est une caractéristique hautement désirée et nécessaire pour la réussite de ce genre d'activité brutale. En effet, quel intérêt y aurait-il à faire des épreuves sur des animaux figés, statiques, qui ne fuiraient pas ni ne se débattraient! L'ACMV s'oppose donc explicitement à toute activité de divertissement susceptible de causer des maladies, des blessures, de la détresse ou un malaise physique ou mental.

J’ai moi-même assisté, avec d’autres personnes soucieuses du bien-être animal, à des rodéos, dont un à Saint-Tite en 2015. Nous avons filmé et photographié les épreuves, notamment celles de la prise des veaux au lasso et du terrassement des bouvillons. Ces images ne mentent pas et démontrent clairement la brutalité, la violence exercée durant les épreuves de lutte et de domination. Il existe beaucoup d’autres photographies et vidéos disponibles sur internet mais je vous montre celles-ci afin que l’on ne puisse pas rétorquer que je n’ai jamais assisté moi-même à un rodéo ou encore que cela ne se passe pas au Québec ou encore que cela fait longtemps et que les choses ont changé depuis. 
     Sur les deux photographies suivantes, on voit deux bouvillons pendant des épreuves de terrassement, se faisant violemment projeter au sol (une définition de «terrasser» est: «jeter à terre avec violence au cours d'une lutte»). On peut remarquer que le cou des pauvres animaux est soumis à une torsion de près de 180 degrés dans son axe longitudinal, cette torsion étant survenue avec force et rapidité.

Terrassement du bouvillon, rodéo de Saint-Tite 2015

Terrassement du bouvillon, rodéo de Saint-Tite 2015

Comment peut-on prétendre qu'aucune lésion cervicale (vertébrale, spinale ou autre) ne peut se produire suite à un tel stress mécanique! Ces animaux sont même chanceux d'avoir pu se relever (ce n'est pas toujours le cas!), toutefois cela n'exclut certainement pas la présence de douleur cervicale et possiblement de lésions osseuses et neurologiques pouvant se manifester plus tard, quand l'animal sera rendu à l'abri des regards et que personne ne pourra témoigner des conséquences de cette brutalité barbare! Sans image photo ou vidéo, il est très facile de manquer cela car tout se déroule très vite, tout comme beaucoup d’autres coups, tractions, projections infligés aux animaux. 
     Voici une vidéo de prise de veau au lasso, produite également lors du rodéo de Saint-Tite de 2015 : https://www.youtube.com/watch?v=S4veBpRpKZ0&feature=youtu.be

Dès les premières secondes, on peut constater la violence exercée sur les fragiles animaux juvéniles que sont les veaux. Alors que le veau court à pleine vitesse (on peut se demander pourquoi un veau courrait aussi vite en ligne droite s’il n’y est pas forcé!), il est violemment stoppé dans sa course par une strangulation qui le fait lever dans les airs et retomber au sol sur son dos. On n’oserait jamais infliger cela à des chiots! Imaginez faire courir un jeune chien et tirer soudainement sur sa laisse de manière à l’étrangler et le projeter au sol à la renverse! Cette brutalité est susceptible de causer des lésions laryngées, trachéales, musculaires, vertébrales, etc., et il est arrivé que des veaux ne se relèvent pas, comme le démontre la vidéo entre les temps 1 minute et 1 minute 20 secondes : https://www.facebook.com/wildedreams/videos/1006231756155461/
Vous constaterez aisément que les situations sont très similaires, alors pourquoi risquer de causer des blessures possiblement fatales dans une activité qui n’est absolument pas nécessaire, tout simplement?

En ce qui concerne les épreuves de monte des chevaux et taureaux dits «sauvages» l’usage d’une sangle abdominale n’est pas associé à des risques de dommages comme dans le cas des épreuves précédentes. Toutefois, le but de cette sangle est de causer chez l’animal une réponse aversive de fuite, un comportement d’évitement vis-à-vis d’un stimulus désagréable dont il veut se soustraire. Cela n’a pas besoin d’être atrocement douloureux, c’est aussi une forme de souffrance infligée aux animaux dans le seul but de se divertir. 
     Dans une entrevue réalisée en 2013 par Le Nouvelliste, le vétérinaire en chef de l'équipe Rodéo-Vet se rappelle qu’un cheval sauvage qui avait souffert d’une fracture à la patte avait été euthanasié à l'intérieur du manège (Des animaux qu’on bichonne, Le Nouvelliste, 11 septembre 2013). 
     Afin d’éviter de bouleverser les spectateurs, l'équipe de Rodéo-Vet avait adopté des mesures afin de ne plus tuer les animaux devant la foule : «…On ne veut pas blesser de gens sensibles. Les gens en général aiment les chevaux. Maintenant, quand survient un accident de rodéo, on a une équipe de manège sur place qui est entraînée de façon à minimiser l'impact de l'accident. Elle peut transporter l'animal sur civière hydraulique jusque dans une remorque d'urgence toujours garée en attente et de là, dans nos écuries. [...] Les accidents de rodéo les plus courants sont surtout des fractures…».
Ce médecin vétérinaire admet lui-même que les risques sont très réels et que les accidents causent du stress, de la souffrance et parfois la mort. Il parle cependant principalement des chevaux, passant sous silence le sort des animaux plus vulnérables au rodéo, notamment des petits veaux.

Le Québec s’est récemment doté d’une loi afin d’améliorer la protection des animaux : la loi B-3.1 sur le bien-être et la sécurité de l’animal : http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/pdf/cs/B-3.1.pdf.

L’usage des animaux dans les rodéos contrevient clairement à plusieurs dispositions de cette loi.
     Dans son deuxième chapitre, «Obligation de soins et actes interdits», la loi B-3.1 stipule par son cinquième article que «…Le propriétaire ou la personne ayant la garde d’un animal doit s’assurer que le bien-être ou la sécurité de l’animal n’est pas compromis. Le bien-être ou la sécurité d’un animal est présumé compromis lorsqu’il ne reçoit pas les soins propres à ses impératifs biologiques…». 
     La loi exige que l’animal «…ne soit soumis à aucun abus ou mauvais traitement pouvant affecter sa santé…». 
     Le sixième article du même chapitre «Obligation de soins et actes interdits» stipule que «…Nul ne peut, par son acte ou son omission, faire en sorte qu’un animal soit en détresse…». 
     Les situations causant de la détresse sont ensuite énumérées :
«…1° il est soumis à un traitement qui causera sa mort ou lui fera subir des lésions graves, si ce traitement n’est pas immédiatement modifié;
2° il est soumis à un traitement qui lui cause des douleurs aiguës;
3° il est exposé à des conditions qui lui causent une anxiété ou une souffrance excessives…».

Au vu de cette loi, il devient de plus en plus évident que le rodéo tel qu’il existe actuellement n’est plus une activité qui peut être tolérée par la société québécoise.

En conclusion, monsieur le maire, le rodéo n’est pas du tout une activité représentative de la ville de Montréal. À une époque où le Québec essaie de changer son image très négative relativement au traitement des animaux parmi les autres provinces canadiennes, autoriser qu’une telle activité brutale et méprisant le bien-être animal se déroule à Montréal représente une insulte à la ville et à la population québécoise plutôt qu’un hommage.

Sincèrement,

Jean-Jacques Kona-Boun, DMV, MSc
Diplômé de l’American College of Veterinary Anesthesia and Analgesia

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Note personnelle : aux États-Unis on électrocute encore les chevaux pour les rendre plus ‘fougueux’. Voyez l'onglet MPH ci-haut.