19 novembre 2017

Croyez-vous au maintien de la paix?

Question simpliste : pouvons-nous maintenir une chose qui n’existe pas?!  

«La guerre... Peut-être les peuples ont-ils besoin de ces cauchemars. Ils saccagent ce qu'ils ont mis des siècles à construire. On détruit ce que l'on interdisait. On favorise ce que jadis on condamnait. La guerre, c'est une grande main qui balaie le monde. C'est le lieu où triomphe le médiocre, le criminel reçoit l'auréole du saint, on se prosterne devant lui, on l'acclame, on l'adule. Faut-il donc que la vie paraisse aux hommes d'une si lugubre monotonie pour qu'ils désirent ainsi le massacre et la ruine? Je les ai vus bondir au bord du gouffre, cheminer sur son arête et regarder avec fascination l'horreur du vide dans lequel s'agitaient les plus viles passions. Détruire! Violer! Égorger!»
~ Philippe Claudel (Le rapport de Brodeck; Stock, 2007)   

Collage : Who You Fighting For; Joe Webb http://www.joewebbart.com/   

Crevaison

chez les pauvres
on ne décide pas
on ne décède pas
on crève

on crève
comme des chiens
on crève
comme des pneus
avec un son
de gun
dans la nuit.

~ Patrice Desbiens (En temps et lieux 2, éd. L'Oie de Cravan, 2008)

Dernier receuil : Sous un ciel couleur cayenne
Éditeur : Prise de parole | Collection : Poésie | Paru le 13 novembre 2017

Mots de Patrice Desbiens choisis/lus par David Goudreault (1) à Dessine-moi un dimanche (ICI Radio-Canada Première, 19.11.2017) : 

ne pas oublier
d’éteindre la télévision
d’éteindre l’ordinateur
d’éteindre toutes les lumières
et d’étreindre les étoiles  

À quoi sert d’être brillant si t’éclaires personne?

Croyez-vous qu’il faut augmenter la production d’énergies fossiles?


(1) David Goudreault (né le 26 août 1980 à Trois-Rivières au Québec) est écrivain, romancier, poète, dramaturge et performeur québécois. Il est le premier québécois à remporter la Coupe du monde de poésie, en juin 2011 à Paris. Travailleur social, diplômé de l'Université de Sherbrooke en 2004, il a spécialisé sa pratique en intervention auprès des groupes vulnérables, utilisant la poésie comme outil d'expression et d'émancipation.

Le réchauffement du climatoscepticisme 
David Goudreault | La Tribune | 4 novembre 2017

«Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois dans le but de rendre l’industrie américaine non compétitive.» Donald Trump

CHRONIQUE / J’ai le privilège d’être suivi par des lecteurs brillants, des lectrices d’une intelligence remarquable, mais chaque semaine entraîne aussi son lot d’obscurantistes, de misogynes et de gardiens de la vertu en tous genres. Ils m’envoient des messages plus distrayants les uns que les autres. Des climatosceptiques enragés se sont ajoutés à cette belle bande de réactionnaires dans les derniers jours. J’ai découvert la susceptibilité des rébarbatifs du bac brun, l’intransigeance des militants de la pollution décomplexée. Jean-Pierre m’accuse même de relayer les mensonges de Greenpeace et de nuire à l’économie du Canada! Jean-Pierre accorde beaucoup trop de pouvoir à mes chroniques…
     Mon dernier papier exposait les chiffres troublants révélés par l’Agence européenne pour l’environnement et la revue scientifique The Lancet : la pollution cause 9 millions de morts par années, 5 millions pour la pollution atmosphérique seulement. Ce constat n’est pas le résultat de statistiques obtenues avec un échantillon restreint dans le cadre d’une recherche menée par des stagiaires neurasthéniques en réinsertion sociale, ce sont des nombres absolus! Ces données scientifiques rapportées dans une revue médicale laissent pourtant certains individus perplexes. De furieux sceptiques m’écrivent carrément que ces chiffres n’ont aucune valeur et qu’on fait dire ce que l’on veut aux statistiques.
     Comme Donald, président de la première puissance mondiale, pays pollueur à l’empreinte écologique tout aussi indélébile qu’exceptionnelle, de nombreux Québécois rejettent l’idée que l’activité humaine puisse avoir un impact sur le climat. Même si 98 % des scientifiques le reconnaissent! La sortie publique de l’Organisation météorologique mondiale nous mettant en garde contre «une hausse dangereuse de la température» suite à l’évaluation des taux de dioxyde de carbone de 2016, les plus élevés depuis 800 000 ans, n’y pourra rien. La corrélation directe entre l’industrialisation, son apogée moderne grâce à la mondialisation des marchés, et le réchauffement climatique n’est pas recevable. L’incontestable montée en flèche du niveau de CO2 dévoilée lundi dernier les laissera de glace. Une glace qu’aucun réchauffement appréhendé ne fera fondre.
     Mais je ne veux pas m’inquiéter davantage sur la pollution ou le réchauffement climatique, j’y consacre déjà une large part de mon existence; c’est l’ignorance qui m’inquiète aujourd’hui. La mienne, d’abord (j’ignorais l’ampleur du désastre intellectuel dans lequel nous baignons).

Et celles des climatosceptiques aussi...

Près de la moitié des Québécois souffriraient d’analphabétisme plus ou moins fonctionnel. Le nombre doit exploser comme les ventes de VUS si on parle d’innumérisme, cette incapacité à maîtriser les nombres, les calculs et les raisonnements en découlant. Il faut reconnaître que certains chiffres sont vertigineux. Des exemples? La perte de masse de la calotte de glace en Antarctique représente en moyenne 7,8 millions de litres par seconde, les émissions de tétrachlorure de carbone continuent à augmenter malgré leur interdiction et atteignent 39 000 tonnes par an soit 1,24 kilo par seconde. J’en passe et des meilleures. Ceci explique peut-être cela : l’incapacité de lire, comprendre et analyser l’information nous empêche de faire confiance aux données scientifiques.
     À qui profite le crime? Aux pollueurs, évidemment! Moins les populations sont informées, moins elles se mobilisent; plus on peut polluer en paix, privatiser les profits et externaliser les coûts sociaux et environnementaux. Certains gouvernements aussi en bénéficient, il est plus facile de se faire élire sur des campagnes de peur ou des mensonges sans fondements que d’établir un programme cohérent. Et de s’y tenir!
     Le scepticisme en question ici découle peut-être d’un mécanisme de défense. Le doute est confortable, mais le confort se précarise à vue d’œil. Alors qu’il faudrait une mise en action massive et mondiale, on s’obstine encore sur la pertinence de la mobilisation. Si l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles à l’échelle planétaire ne peut convaincre les climatosceptiques; si les données scientifiques et les preuves empiriques ne suffisent pas à démontrer l’évidence, rien ne le pourra. Nous sommes foutus. Le règne de l’opinion creuse propulsera d’autres Donald au pouvoir. Le pétrole coulera à flots, la déforestation et la désertification suivront leurs cours, l’acidification des océans s’accélérera et les millions de morts liés à la pollution crèveront en vain. Mais nous consommerons en paix.
     Peut-être que je me trompe, peut-être que Jean-Pierre et les climatosceptiques ont raison, je ne suis qu’un exalté de la gogauche colportant les fausses statistiques d’un complot écologiste ourdi par les services secrets chinois… Si tel est le cas, c’est déjà assez déprimant, ne m’écrivez pas pour m’insulter en plus. Si vous le faites quand même, prenez le temps d’accorder vos participes passés. Merci!


An Open Letter From 800+ Scientists To President-Elect Donald Trump On Climate Change

Canada's most shameful environmental secret must not remain hidden
‘Tar sands have been dubbed the largest (and most destructive) industrial project in human history.’ And Canada is on the forefront or their exploitation.
Tzeporah Berman | The Guardian | Tuesday 14 November

17 novembre 2017

La débandade des harceleurs sexuels

Refus : Les refus appartiennent à différents degrés sur une échelle de valeur décroissante : le refus formel, le refus conditionnel, le refus timide et le refus féminin. Par certains casuistes, ce dernier est également appelé le refus consentant. ~ Ambrose Bierce (Le dictionnaire du Diable)

Hum... les charmants partys de bureau à l’horizon!
Image : Anne Taintor Inc.

«Donner un nom, c'est risquer un procès pour diffamation, qui a infiniment plus de chances d'aboutir à une condamnation que des poursuites pour viol, s'indigne l'artiste Mirion Malle. Le système tout entier est fait pour effrayer et dissuader les femmes de parler.» Commando culotte, le blog de Mirion Malle :
http://www.mirionmalle.com/2016/09/limpunite-des-hommes-celebres.html

40% des victimes de harcèlement sexuel au travail ayant dénoncé leur harceleur ont perdu leur emploi. Prise au piège; photo Getty Images / Stockphoto (Source l’express.fr)

«Par harcèlement sur le lieu du travail, il faut entendre toute conduite abusive se manifestant notamment par des comportements, des paroles, des actes, des gestes, des écrits, pouvant porter atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychique d’une personne, mettre en péril l’emploi de celle-ci ou dégrader le climat de travail.
   Le harcèlement sexuel n’est qu’un pas de plus dans le harcèlement moral. Il concerne les deux sexes mais la plupart des cas décrits ou plaidés concernent des femmes agressées par des hommes, le plus souvent leur supérieur hiérarchique.
   Il ne s’agit pas tant d’obtenir des faveurs de nature sexuelle que de marquer son pouvoir de considérer la femme comme son objet (sexuel). Une femme harcelée sexuellement est considérée par son agresseur comme étant «à disposition». Elle doit accepter, et devrait même être flattée, se sentir rehaussée, d’avoir été «choisie» (1). Le harceleur n’envisage pas que la femme convoitée puisse dire non. D’ailleurs, si elle le fait, elle subit en retour des humiliations et des agressions. Il n’est pas rare que l’agresseur dise que c’est elle qui l’a aguiché, qu’elle était consentante ou demandeuse.
   Différents types de harceleurs ont été décrits – tous ayant en commun un idéal de rôle masculin dominant et des attitudes négatives envers les femmes et le féminisme – et différentes catégories de harcèlement sexuel, identifiées :
- le harcèlement de genre, qui consiste à traiter une femme différemment parce qu’elle est une femme, avec des remarques ou des comportements sexistes;
- le chantage sexuel (le seul à être effectivement réprimé en France);
- l’attention sexuelle non désirée;
- l’imposition sexuelle;
- l’assaut sexuel.»
~ Marie-France Hirigoyen, psychiatre (Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien; Pocket 1998)

(1) Le juge Jean-Paul Braun, de la Cour du Québec, a tenu des propos similaires en octobre dernier lors d’un procès pour agression sexuelle – voyez «SexLeak : un problème de taille à  résoudre», 28 octobre 2017.

L’ampleur du mouvement de dénonciation actuel peut certainement aider à contrecarrer le bal des vampires – «excusez-moi, mais vos dents sont dans mon cou». Et puis, il existe plusieurs écoles qui offrent des cours 101 d’autodéfense partout au Québec – ce n’est pas un luxe de nos jours!


7 mythes courants concernant l’autodéfense pour femmes
Je ne suis pas assez forte! Je ne suis pas assez en forme! Les arts martiaux, c’est pour les hommes! L’autodéfense, c’est pour les batailleurs! L’autodéfense rend violent et je n’aime pas la violence! Cela n’arrive qu’aux autres! J’ai passé l’âge! Avez-vous déjà pensé ou dit l’un de ces énoncés? Alors lisez ce qui suit…

Le CRAN des femmes

Agression? Harcèlement? Délais? Un avocat-criminaliste fait le point
Le 19 octobre 2017 | Gravel le matin | ICI Radio-Canada Première

En marge des allégations d'inconduites sexuelles ciblant l'animateur et producteur Éric Salvail et l'homme d'affaires Gilbert Rozon, l'avocat-criminaliste Me Walid Hijazi différencie les différents types d'accusations et précise qu'il n'y a pas de délais pour porter plainte et déposer des accusations criminelles.
   Si auparavant, le Code criminel différenciait le viol, l’attentat à la pudeur et l’attouchement, l’ensemble de ces gestes sont maintenant considérés comme une agression sexuelle : «La plupart des gestes allégués constitueraient une agression sexuelle. Un attouchement, un simple toucher à connotation sexuelle sans le consentement de la personne qui reçoit ce toucher est une agression sexuelle
   Me Walid Hijazi souligne que le harcèlement n’a pas nécessairement une connotation sexuelle : «Il s’agit de communications répétitives qui, dans la répétition, deviennent envahissantes et menaçantes [pour la victime].»

Délai maximal?
Me Walid Hijazi note qu’en droit criminel, il n’y a aucune limite temporelle pour déposer des accusations. Il ajoute toutefois que le temps qui passe peut avoir des répercussions sur la qualité de la preuve recueillie et présentée au tribunal : «Plus le temps avance, plus la qualité de la preuve se perd. La mémoire est une faculté qui oublie. Il y a des gens qui ne se souviennent plus ce qui s’est passé, il y a des gens qui disparaissent. [...] [Il faut être en mesure de colliger une] preuve qui amènerait un procureur à avoir la conviction morale qu’il sera en mesure de convaincre un juge et un jury hors de tout doute raisonnable.»
   L’avocat rappelle qu’au Canada, l’accusé est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire.

«Selon les enquêtes menées par les associations, les femmes qui s’en sortent le mieux sont celles qui ont pu aller jusqu’au bout d’une démarche juridique. Or, quand il s’agit de violence psychologique, c’est impossible puisqu’il n’y a pas de traces, pas de preuves, et que les victimes sont difficilement crues. Dans ce cas, le travail de reconstruction est plus long, c’est comme si la brèche restait ouverte.» ~ Marie-France Hirigoyen, psychiatre (Femmes sous emprise; Pocket 2005)

Allégation 101, par un avocat-criminaliste
Plus on est de fous, plus on lit | Le 10 avril 2017 | ICI Radio-Canada Première

«Une allégation, c'est l'action de citer un fait, une autorité ou un texte comme preuve de ce que l'on affirme pour s'en prévaloir», explique Walid Hijazi. À l'heure où les allégations et rumeurs se transforment trop vite en faits lorsque la machine virale s'en mêle, l'avocat-criminaliste vient remettre les pendules à l'heure.

Un mot à double tranchant
Walid Hijazi explique que ce mot spécifique au vocabulaire juridique correspond à une proposition que l’on avance et que l’on défend comme vraie, en tant qu’avocat. Dans son métier, pour convaincre la cour, il peut lancer ce terme à son adversaire pour que les allégations de son confrère soient considérées comme «de l’ordre du fantasme».

Un terme qui se déplace
Selon l’avocat-criminaliste, si la justice est généralement associée à la cour d’un point de vue historique, les réseaux sociaux font que le tribunal semble changer de plateforme. «Le tribunal de l’opinion populaire est très fort», poursuit-il. Les géants du web semblent s’emparer désormais du problème pour que la vérité soit valorisée avant la popularité dans le référencement.
   Pour Walid Hijazi, les «faits alternatifs» sont des allégations parmi d'autres. Sans preuve, on essaie de nous convaincre par tous les moyens, et les conséquences peuvent être dévastatrices. «Les allégations non démontrées peuvent être meurtrières.»

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L’affaire Gerry Sklavounos / Alice Paquet est un bon exemple de cul-de-sac parole de l’un contre celle de l’autre (les agresseurs agissent rarement devant témoin), avec en toile de fond la notion de consentement telle que décrite par Ambrose Bierce : le refus féminin est un refus consentant.

Février 2017 : Le député de Laurier-Dorion Gerry Sklavounos a fait une déclaration en compagnie de sa femme, comme exigé par le premier ministre [Philippe Couillard] pour réintégrer le caucus libéral après avoir été blanchi des allégations d’agressions sexuelles qui pesaient sur lui. Il s'est excusé pour des tentatives de «socialisation» qui auraient pu être mal interprétées. «J'ai peut-être essayé d'être "friendly", charmeur en faisant un compliment honnête et poli. Mais je réalise maintenant que ce n'était pas approprié dans un milieu de travail», juge-t-il. Il refuse de préciser de quels gestes il dit s'excuser. «J'ai pu faire des blagues, je suis passionné, donc spontané. Ç'a été un véritable enfer pour ma famille et moi», avait-il affirmé. (Le Journal de Québec | 9 février 2017)

À l’entendre, on aurait cru que c’était lui la victime. L’homme a une réputation de harceleur à l'Assemblée nationale. On ne saura pas ce qui s’est réellement passé entre Alice et Gerry. Néanmoins, les intentions du député ne semblaient pas aussi équivoques que le refus consentant de la plaignante. Mais, le summum de l’indécence, de la méchanceté, fut d’exiger la présence de son épouse au point de presse – une humiliation publique d’un cynisme insupportable. Sur la plupart des photos publiées dans les médias on pouvait lire sur le visage de cette femme, le malaise, le désarroi, le doute, peut-être la honte et le sentiment d’avoir été flouée pendant des années.

Photo : ICI Radio-Canada  

13 novembre 2017

Pillage et commerce illégal des espèces

L’anthropologue Serge Bouchard disait en 1999 : «Malgré tout ce que les gens disent, à long terme, y’a pas de place pour les animaux sur terre avec nous. Malgré tout ce qu’on dit, y’a pas de place pour les arbres non plus. Y’a pas de place pour rien d’autre que nous, et ce que nous faisons, et ce que nous détruisons. L’être humain détruit, change, aménage, il humanise tout.»

Avant de plonger dans le vif du sujet, deux articles d’intérêt. On ne peut pas être pour et contre une chose. Pas plus qu’on ne peut aller dans toutes les directions à la fois; il faut choisir une voie.

1. Changements climatiques : «l'hypocrisie de Justin Trudeau est claire»
Un texte d'Étienne Leblanc, journaliste spécialisé en environnement
Publié le vendredi 10 novembre 2017 Mis à jour le 13 novembre 2017

Bill McKibben est l'environnementaliste le plus influent des États-Unis. Contrairement à de nombreux militants étrangers qui perçoivent Justin Trudeau comme un grand champion de la lutte contre les changements climatiques, l'écologiste américain juge très sévèrement le premier ministre canadien. Nous l'avons rencontré au Vermont.



«Hypocrite : Personne qui, professant des vertus qu'il ne respecte pas, rend évident l'avantage de sembler être ce qu'il dédaigne.» ~ Ambrose Bierce (Le dictionnaire du Diable)

Je me demande comment on peut serrer la main d’un Duterte qui se glorifie d’être un assassin; il a entre autres déclaré pendant sa campagne électorale «oubliez les droits de l'homme, si je deviens président, ça va saigner».

2. Une COP23 entre urgence climatique et réalité politique
Une analyse d'Étienne Leblanc
Publié le vendredi 10 novembre 2017 Mis à jour le dimanche 12 novembre 2017

Comment maintenir le souffle qui avait poussé 195 pays à signer un accord historique sur le climat, il y a deux ans? Comment les convaincre d'être plus ambitieux? Comment surmonter le retrait annoncé des États-Unis de l'Accord de Paris? Ce sont les défis auxquels sont confrontés les ministres de l'Environnement et les dirigeants qui convergent vers Bonn, en Allemagne, pour le volet politique de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques.


BILAN DÉSASTREUX 

Les gros trafiquants s’en prennent à tout ce qui vit. Ils ne semblent pas comprendre les conséquences irréversibles de leur rapacité à court et moyen terme, et ignorer que les ressources sont limitées et qu’elles ne se renouvellent pas à la même vitesse qu’ils les déciment.

Trafic de peaux d’ours blancs entre un fourreur québécois et la Chine
Stéphanie Bérubé | La Presse | 24 octobre 2017

L'entreprise Fourrures Mont-Royal a été reconnue coupable de trois chefs d'accusation pour avoir exporté des peaux d'ours blancs en Chine, alors que la loi ne le permet pas. Le fourreur, qui avait pignon sur rue dans le Vieux-Montréal, a voulu faire passer des peaux d'ours de la baie de Baffin pour des peaux d'une autre origine. Au Canada, depuis 2010, les peaux d'ours blancs de la baie de Baffin ne peuvent quitter le pays.
   Ce sont des inspecteurs d'Environnement et Changements climatiques Canada qui se sont aperçus du subterfuge. Les informations communiquées par Fourrures Mont-Royal ne concordaient pas avec les peaux destinées à l'exportation. L'entreprise a plaidé coupable à trois chefs d'accusation devant la Cour provinciale du Québec le 3 octobre dernier pour exportation illégale.
   Deux peaux ont quitté le pays, et les autres ont été bloquées lors de l'inspection à la douane. Fourrures Mont-Royal a reçu une amende totale de 22 500 $. «La vente des peaux lui aurait procuré trois fois plus d'argent en profits», indique Jonathan Campagna, directeur régional d'application de la Loi sur la faune à Environnement et Changements climatiques Canada.
   Un ours polaire naturalisé peut même se vendre 50 000 $, explique M. Campagna, qui précise que le chasseur autochtone qui l'a abattu aura reçu autour de 1000 à 1500 $ pour la peau. Seuls les autochtones peuvent chasser l'ours polaire au Canada, selon un programme de gestion de l'espèce. Les Asiatiques sont de bons clients pour ce genre de fourrure ou d'animaux reconstitués. «Environ 90% des peaux d'ours blancs quittent le Canada», précise Jonathan Campagna.

Programme de traçabilité
[...] Les contrevenants auront toutefois la vie plus dure : Ottawa termine un programme de traçabilité pour les ours des régions du Nunavut, du Nunavik et des Territoires du Nord-Ouest, là où sont capturés la plupart des ours polaires canadiens. Les peaux d'animaux seront munies d'une puce, et l'on prélèvera des échantillons de poils et d'ADN, ce qui rendra la fraude presque impossible. Pour le moment, Jonathan Campagna évalue le taux de conformité à environ 90%.
   Quant à Fourrures Mont-Royal, impossible de joindre son propriétaire Konstantinos Dios, qui aurait pris sa retraite depuis l'incident, laissant son commerce de la rue Saint-Paul Est, dans le Vieux-Montréal, à des amis qui ont changé le nom de la boutique.



L’ours blanc ne compterait plus que de 20 000 à 25 000 individus à travers le monde, dont plus des deux tiers habitent au Canada .L’avenir d’une bonne partie de cette espèce remarquable dans le monde semble donc dépendre grandement de l’attitude du Canada à son égard. Heureusement, le Canada vient à renouveler un accord international signé il y a 40 ans avec d’autres pays nordiques pour protéger ces ours sur son territoire. Mais, plusieurs reprochent au Canada de ne pas prendre au sérieux la principale menace à la survie de cette espèce : le réchauffement climatique. Beaucoup de scientifiques s’accordent pour dire que la santé de l’ours blanc au même titre que les grenouilles dans les pays plus chauds est un baromètre naturel de la santé de notre planète. Ils reconnaissent que le réchauffement climatique fragilise l’habitat naturel de l’ours polaire. D’autres soutiennent que la plus grande menace provient de la chasse. Le gouvernement américain estimait récemment que 3200 produits dérivés de la chasse à l’ours polaire sont exportés commercialement chaque année dans le monde. Une peau d’ours se vend, en moyenne, entre 2000 $ et 5000 $ pendant que les plus beaux spécimens peuvent valoir jusqu’à 12 000 $. Les Russes, de leur côté, avancent que la flambée des prix des peaux d’ours polaire faisait en sorte qu’une peau pouvait valoir jusqu’à 50 000 $ sur son territoire. Une situation qui encourage le braconnage, selon les autorités russes.
Source : Environnement et Changement climatique Canada 

Au Canada, seul pays à autoriser encore la chasse, quelque 400 ours sont tués légalement chaque année. Ultime État à exporter des ours ou des «produits dérivés» comme la fourrure ou les griffes, le Canada s’est en effet fermement opposé au classement de l’ours polaire à l’Annexe I en arguant que les Inuits, peuple autochtone des régions arctiques du pays, proposent un modèle durable de chasse à l'ours polaire.
   D’après la base de données 2012 de la CITES, entre 2001 et 2010, 32 350 «trophées» d'ours polaires ont été commercialisés au niveau international dont 4327 peaux, 3080 morceaux de peau et plus de 5700 griffes et dents.


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Donald Trump autorise l'abattage des ours en hibernation

Ces nouvelles lois «devraient choquer tous les amoureux des animaux en Amérique», déclare l’écologiste Niamh MCINTYRE.
   En Alaska, les chasseurs peuvent maintenant tirer sur les ours en hibernation et utiliser des avions pour traquer leurs cibles, puisque l'administration Trump a abrogé les lois sur la protection de la faune adoptées avant son arrivée au pouvoir.
   Le territoire d’hibernation de l’Alaska inclut16 réserves naturelles nationales, couvrant 76 millions d'acres de terres. 


En vertu de la loi précédente, on interdisait les tactiques agressives comme tirer sur les loups ou les piéger dans leur tanière avec leurs louveteaux, de traquer les grizzlis par avion, de tuer les ours en hibernation, de les piéger au collet, de les appâter avec de la nourriture et de les tirer à bout portant.


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Les profits du commerce illégal des espèces sauvages sont estimés à plusieurs milliards de dollars. Il est souvent organisé par de très grands réseaux de criminels qui font aussi le trafic illicite de drogues, d'armes et de personnes. Ils peuvent même être potentiellement liés à des organisations terroristes.
   Les espèces végétales et animales menacées sont les plus visées en raison de leur valeur économique élevée. Ce qui les pousse encore plus vers l'extinction. Cela a également un impact important sur les ressources naturelles d'un pays et son potentiel touristique.
   Malgré les efforts de conservation au cours des dernières décennies, le braconnage illégal est en augmentation dans de nombreuses régions du monde.  

Un sauveteur a rescapé un éléphant avec les moyens du bord - doublement méritoire vu qu'il ne disposait pas des équipements sophistiqués des braconniers. 

En 2011, 23 tonnes d'ivoire illégal ont été saisies. Cela représente environ 2 500 éléphants tués pour leurs défenses.

Le braconnage des rhinocéros en Afrique du Sud

Le braconnage des rhinocéros en Afrique du Sud est passé de 13 rhinocéros tués en 2007 à 1175 en 2015 (sans compter ceux qui ne sont pas recensés).
   L’augmentation est largement attribuable à une rumeur venant de certains pays asiatiques qui prétendent que la corne de rhinocéros guérirait le cancer. Cette rumeur n’a été validée par aucune recherche scientifique, mais le prix de la corne de rhinocéros rivalise maintenant avec le prix de l'or. La corne de rhinocéros peut valoir jusqu’à 100 000 $ US le kilogramme – une corne peut peser de 1 à 3 kilogrammes. La classe moyenne qui s’est développée en Chine en raffole, de même qu’au Vietnam. Depuis dix ans, les chiffres ont ainsi explosé.
(Source : Care2)

Le nombre des rhinocéros noirs vivant dans la nature est estimé à 5000 individus et celui des rhinocéros blancs à 20 000. En Afrique du Sud et partout en Afrique : chaque jour ce sont près de 4 rhinocéros qui sont tués pour leur corne. Nombre de rhinocéros abattus par des braconniers depuis le 1er janvier 2017 : 1060.

Réserve de Hluhluwe Umfolozi, Afrique du Sud, 17 mai 2016. Un rhinocéros noir est mort, massacré pour ses cornes moins de 24 heures plus tôt au sein de la réserve de Hluhluwe Umfolozi, en Afrique du Sud. Photographe : Brent Stirton (reportage pour le magazine National Geographic), gagnant du prix Wildlife Photographer of the Year 2017.

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Les pangolins, petits mammifères méconnus, sont massacrés massivement pour leurs écailles

Il n'y a pas que les éléphants et les rhinocéros qui se trouvent fortement menacés par le trafic pour leurs cornes et leurs défenses, d'autres espèces moins médiatiques sont elles aussi victimes des trafiquants. Parmi celles-ci figurent les pangolins traqués sans relâche à cause de leurs écailles qui alimentent également les marchés asiatiques où elles sont particulièrement recherchées pour leur pseudo vertu thérapeutique. Actuellement, les pangolins sont les mammifères les plus braconnés dans le monde.


Les pangolins, une famille de mammifères peu familière
De prime abord les pangolins (de la famille des Manidae qui leur est propre), du malais pengguling qui signifie «enrouleur» en référence à la réaction défensive qu'ils ont de s'enrouler fermement sur eux même lorsqu'ils se sentent menacés, ont une apparence tout a fait singulière pour des mammifères (car en effet ils font bien partie du même ordre que notre espèce). En effet leur corps est quasiment entièrement recouvert (hormis la partie ventrale) de sorte d'écailles qui sont en réalité des poils agglomérés qui se sont unifiées et ont durci au fil de l'évolution d'une façon similaire à ce que l'on retrouve chez les tatous (avec lesquels ils présentent un ancêtre commun). Cette armure lui permet même de résister à des attaques de lions.
   Il existe en tout huit espèces de pangolins, uniquement localisées dans les zones tropicales et subtropicales d'Afrique et d'Asie, où ils occupent justement la même niche écologique que les tatous. Les pangolins sont globalement des animaux nocturnes tantôt terrestres, tantôt arboricoles suivant les espèces. Ils ne sont pas particulièrement vifs et agiles car leur bouclier d'écailles et leur habilité à faire de leur corps une sphère «impénétrable», les exposent relativement à la prédation, du moins celle des autres animaux. En revanche les pangolins sont des proies très faciles pour les hommes. Ils sont ainsi consommés depuis fort longtemps en Afrique comme en Asie où ils représentent un met recherché, mais c'est l'ampleur du trafic pour leurs écailles émanant des marchés asiatiques qui inquiète aujourd'hui les différentes instances internationales de protection de la biodiversité et des espèces.

Les populations de pangolins sont décimées par le braconnage et le commerce illégal


Les deux espèces les plus menacées, en grande partie par le trafic illégal, sont le pangolin de Malaisie (Manis javanica) et le pangolin à queue courte (Manis pentadactyla) tous deux classés en danger critique d'extinction par l'UICN, c'est-à-dire la catégorie la plus élevée d'alerte concernant les menaces d'extinction pesant sur une espèce sauvage. Deux autres espèces asiatiques sont classées comme «en danger» et les quatre espèces africaines comme «vulnérables», preuve du déclin global de cette famille.
   Parallèlement le commerce de ces espèces est donc strictement réglementé par la CITES (en application de la Convention de Washington) qui a placé l'ensemble des pangolins sur son Annexe II depuis 1994, ce qui réglemente strictement leur commerce. L'organisation s'est d'ailleurs ouvertement enquise du sort futur de l'espère durant une réunion spécifiquement axée autour du sort des pangolins, organisée en juin 2015 au Viernam. Malgré ces restrictions on estime que plus de 100 000 pangolins ont été victimes du trafic illégal depuis 2011 selon le World Pangolin Day, mais le chiffre pourrait être bien plus important. En effet, selon le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), entre 2006 et 2015, plus de 1,12 million de pangolins ont été victimes du trafic d'animaux à l'échelle mondiale, ce qui représente plus de 120 000 pangolins tués par an.

Un trafic à grande échelle très lucratif
Le trafic et le braconnage des pangolins sont bien moins risqués que ceux des éléphants et autres pachydermes (qui sont souvent placés sous la protection des gardes) et se révèle extrêmement lucratif. En effet un kilo de pangolin peut être vendu 200 à 300 dollars sur les marchés asiatiques et encore bien plus s'il n'est question que de ses écailles (qui sont arrachées des animaux pour être vendu séparément), on parle alors de plus de 3 000 dollars le kilo. La raréfaction des espèces vivant en Asie a engendré l'effet pervers presque attendu, c'est à dire que le trafic et la traque des pangolins s'est décalée vers l'Afrique pour alimenter les marchés de l'Extrême Orient.
   Au cours des derniers mois, les saisies record de commerce illégal se sont multipliées. Ainsi une saisie «record» eut lieu le 23 avril 2015 en Indonésie où 5 tonnes de pangolins morts furent interceptés puis brûlés dans la ville de Medan au Sud de Sumatra. Cela représente pour donner un ordre de grandeur plus d'un millier d'individus, selon National Geographic. La valeur de ce funeste butin est estimée à près de deux millions de dollars.


L'appétence que peut engendrer de tels profits n'est donc pas favorable à la diminution du braconnage, bien que les autorités nationales et notamment indonésiennes prennent des mesures et des sanctions de plus en plus lourdes envers les trafiquants.
   Malheureusement, le massacre se poursuit : «Début juin 2017, trois semaines après la dernière saisie massive de pangolins à Kuala Lumpur, sept autres tonnes d'écailles de pangolins en provenance du Nigeria ont été saisies à Hong Kong. Une telle quantité d'écailles signifie la mort de milliers de pangolins.» (IFAW)

Notre Planète Info

«Corsaire : Politicien des mers.» (Ambrose Pierce, Le dictionnaire du Diable)

Préparons-nous à voir les flétans disparaître à haute vitesse aux mains des trafiquants.

Le retour du flétan dans les eaux du Saint-Laurent
Gilbert Bégin | La semaine verte, ICI Radio-Canada

Pêche au flétan. Photo : Pierre Aucoin

Le flétan fait un retour spectaculaire dans les eaux du Saint-Laurent. Ce géant des profondeurs prend tout le monde par surprise, y compris les scientifiques.
   Sur le quai de Rivière-au-Renard, près de Gaspé, le capitaine Jean-François Côté a du mal à contenir sa joie. Il rentre de Harrington Harbour, sur la Basse-Côte-Nord. Sa cale déborde de gros flétans. «Certains font plus de 150 livres, lance-t-il fièrement. On a pris notre quota en trois jours. C’est du jamais vu.» Le flétan atlantique est actuellement l’espèce la plus lucrative sur les marchés.
   Voilà plus d’un demi-siècle que le flétan du golfe se fait rare. En 1950, les captures étaient à leur sommet. C’était l’âge d’or de cette pêche. Mais, très vite, le stock décline en raison notamment de la surpêche. Il faudra attendre le début des années 2000 avant que les captures des pêcheurs ne recommencent à grimper.
   Mais cet indice ne suffit plus. Avec un stock en pleine expansion, les chercheurs avouent leur manque de connaissances pour gérer de façon durable cette ressource. «Ça prend maintenant un relevé qui soit spécifique au flétan du golfe, confirme Dominique Robert. Présentement, nous ne sommes pas en mesure de fixer des quotas de pêche qui sont représentatifs de l’abondance réelle de ce stock.»
   Le chercheur affirme du même souffle que ces suivis scientifiques sont plus que jamais nécessaires compte tenu des bouleversements du climat et de ses répercussions sur les océans.
   «Qui sait si les conditions environnementales dans le golfe ne seront pas défavorables au flétan dans le futur. On aura alors les outils pour réagir et éviter de surpêcher la ressource», termine le chercheur.

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Homard sans frontière
Mercredi 26 juillet, 2017 http://www.rcinet.ca/fr

La moitié du homard pêché au pays provient de la Nouvelle-Écosse sur la côte atlantique, et les marchés asiatiques sont de plus en plus friands de ce produit de la mer. Le homard est maintenant un produit recherché, désiré et surtout dispendieux.
   Le Québec et les quatre provinces de l’Est sont de grands producteurs de homards, la Nouvelle-Écosse demeurant le maître incontesté. L’industrie du homard au Canada totalise de nos jours une affaire d’un milliard de dollars puisque les recettes ont doublé depuis 2010.
   Plus qu’auparavant, le homard est surtout désiré ailleurs dans le monde, particulièrement en Asie. Les exportations de homards vers la Chine ont plus que triplé en 2012, un bond spectaculaire. Alibaba, le site internet qui vend à peu près tout en Asie, vend même du homard canadien. Et avec le traité de libre-échange avec l’Europe, les exportations risquent d’augmenter davantage. Comme les Américains n’ont pas d’entente avec les Européens, les 150 millions de dollars de vente de homards entre les États-Unis et l’Europe pourraient bien se réaligner vers le Canada. ...
   Le commerce illicite du homard Le ministre de Pêches et Océans Canada, Dominic LeBlanc, n’aura aucune sympathie pour les usines de transformation qui participent à la pêche illicite non déclarée du homard. Lors d’une réunion des ministres de pêche de l’Atlantique Nord à Shediac, les représentants de six pays et de l’Union européenne se sont engagés à coopérer afin de contrer le «fléau». Le potentiel de fraude est particulièrement élevé chez les homardiers. Contrairement à d’autres pêches, surtout celles assujetties à un quota, il n’y a pas de peseurs sur quai dans l’industrie du homard. Un contrôle sévère est exercé sur le nombre de permis, sur la taille des crustacés, sur les équipements de pêche, mais il n’y a pas de pesée à quai, ouvrant ainsi grande la porte au marché noir. Certains scientifiques avancent que 15% à 30% de tous les débarquements mondiaux proviennent de la pêche illicite.

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Une année exceptionnelle pour la pêche au crabe des neiges

«C’est une saison absolument exceptionnelle», affirme Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP), en entrevue à l’émission radiophonique Le réveil Nouveau-Brunswick, d’ICI Acadie.
   «Cette année, le contingent a été plus que doublé. Les pêcheurs ont eu un contingent avec une augmentation de 107% [...] L’année passée, ils avaient à peu près 240 000 livres en moyenne, chaque pêcheur. Donc, si on double ça, on se retrouve avec pas loin d’un demi-million de livres», précise M. Lanteigne. Le crabe est en grande partie exporté aux États-Unis. Jean Lanteigne explique que le taux de change était favorable aux exportations cette année. La valeur des exportations du crabe capturé par les pêcheurs des Maritimes a atteint 280 millions de dollars (2016). La pêche au crabe est la deuxième en importance après le homard.

Un nombre record de baleines noires échouées sur les côtes de l’océan Atlantique

Une baleine noire trouvée morte au mois d'août 2017 dans le golfe du Saint-Laurent. Photo : Pêches et Océans Canada

Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) a signalé une autre baleine noire échouée sur une plage de Cape Cod, au Massachusetts. Il s'agit de la 16e baleine de cette espèce en voie de disparition à mourir depuis le début de l'été au large de la côte atlantique ou dans le golfe du Saint-Laurent. L'IFAW précise dans un message sur Twitter qu'il travaillera de près avec la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) pour déterminer la cause de ce décès.
   Il reste moins de 500 baleines noires dans le monde. La mortalité de cette année représente environ 3% de la population totale de l'espèce.
   Des chercheurs se sont rassemblés à Halifax pour discuter de l'hécatombe sans précédent qui a décimé la population de baleines noires depuis le mois de juin.
   Douze d'entre elles ont été trouvées mortes dans le golfe du Saint-Laurent et quatre autres – incluant la dernière – au large des côtes du nord-est des États-Unis.
   Des nécropsies menées sur les carcasses de six des baleines trouvées dans le golfe ont permis de déterminer qu'elles avaient succombé à des collisions avec des navires ou à l'empêtrement dans de l'équipement de pêche.
   Les chercheurs réunis à Halifax ont exprimé l'urgence d'agir pour limiter les facteurs de risque. Déjà, au cours de l'été, Ottawa a limité la vitesse de croisière des navires dans une zone du golfe du Saint-Laurent pour tenter de mettre fin aux collisions avec des baleines. Le gouvernement avait également écourté une saison de pêche au crabe.

Publié le mardi 24 octobre 2017

Les aires protégées en milieu marin
Publié le dimanche 12 novembre 2017

Le Canada s'est engagé à protéger 10 % de ses milieux marins d'ici 2020, dont 5 % avant la fin de 2017. Le vidéaste sous-marin Mario Cyr connaît très bien les zones visées et les personnes touchées par cette décision.
   L'engagement international a été souscrit lors de la conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya. Pour atteindre son objectif, Ottawa a créé 11 refuges marins dans le golfe du Saint-Laurent, pour un total de 8571 km2. Il s'agit d'une initiative qui soulève plusieurs questions, et ce, autant chez les pêcheurs que chez les environnementalistes.

Dessine-moi un dimanche :

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Le Japon poursuit la pêche à la baleine
Le Monde, 18.01.2017

Depuis 1986, la chasse à la baleine est interdite, mais le Japon contourne le moratoire international sous de faux prétextes scientifiques.
   Au début du mois de décembre 2016, l’ONG Sea Shepherd et les baleiniers japonais jouaient au chat et à la souris dans l’immensité de l’océan Austral. Dimanche 15 janvier, grâce à leur hélicoptère, les écologistes sont parvenus à repérer et à prendre en photo un bateau japonais, qualifié d’«abattoir flottant» : sur son pont gisait une baleine de Minke, espèce protégée, qui venait d’être pêchée. Non loin se trouvaient deux navires de pêche avec harpon. La scène s’est déroulée, selon l’ONG, dans les eaux australiennes de l’Antarctique, au cœur de l’Australian Whale Sanctuary, une zone où toute pêche à la baleine est interdite. Les navires baleiniers japonais ont tué 333 (quota fixé par les autorités nippones) petits rorquals, ou baleines de Minke, dans l’Antarctique au cours de cette expédition.


Le Japon continue aussi de massacrer des dauphins à chaque année sous le même prétexte...

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Mafia des océans

À force d'être raclés et surexploités, les fonds marins se désertifient, et ce malgré les efforts des états pour limiter la disparition de la faune aquatiques. Partout dans le monde, de véritables pirates pillent les océans, contribuant largement à la mise en danger des espèces sous-marines. Ces pêcheurs illégaux travaillent souvent pour d'importantes multinationales qui font fi des réglementations. Outre l'aspect écologique, Jérôme Delafosse s'intéresse au volet humain de ce fléau qui, non content de dévaster les fonds, exploite trop souvent des travailleurs forcés, esclaves modernes de compagnies sans scrupules. 
   Un film écrit par Romain Chabrol, Jérôme Delafosse et Jérôme Pin; réalisé par Jérôme Delafosse et Jérôme Pin; une production de LA FAMIGLIA

«L'océan, c'est le Far West» déclare Jérôme Delafosse. Les pêcheurs illégaux sont les pirates modernes des océans. «Un poisson sur cinq» qui se retrouve dans les assiettes a été pêché illégalement.
   C’est ahurissant de voir ces «fossoyeurs» ratisser et vider les fonds marins avec leurs filets à lamelle. Une véritable hécatombe, un «crime écologique» impardonnable.  Tout y passe, petits et gros poissons, plancton, coraux, etc. Partout les chaluts sillonnent les côtes océaniques. Les patrons des usines ferment les yeux sur la provenance des prises. Les esclaves travaillent 22 heures par jour sous la menace, sont mal nourris et dorment dans des cages. S’ils tombent malades, ils sont remplacés.
   Le Groupe Vidal, dont le siège social est en Espagne, est protégé par des fonctionnaires corrompus et bénéficie  de subventions européennes (détournements de fonds publics). La justice se déclare incapable d’avoir juridiction sur les océans. Quand il y a des saisies, ce sont les esclaves, prisonniers sur les chaluts, qui sont arrêtés. Les responsables en haut de la pyramide sont intouchables.
   Antonio Vidal est associé à un géant de l'agroalimentaire et possède un réseau d’entreprises à l’étranger. Entre 2010 et 2015, il a récolté 5800 tonnes (!) de légines pêchées illégalement en Antarctique. La légine, vendue à 30€ le kilo, est pêchée jusqu’à 2000 mètres de profondeur au casier nasse de grands fonds.  L’espèce est prisée par les grandes tables gastronomiques du monde, particulièrement au Japon et aux E.-U.
   L'organisation internationale de défense des espèces marines menacées, Sea Shepherd, a réussi en 15 mois de campagnes internationales, à faire arrêter les six bateaux de contrebandiers recherchés depuis dix ans par Interpol et ainsi, à stopper les prises illégales de légines.
   On découvre aussi l’implication de l’industrie européenne des armements «dans les pires affaires de crimes océaniques».

Exemple :
Un navire chinois saisi aux Galapagos pour 300 tonnes de pêche illégale
Rédigé par ActuNautique Magazine | Le 28 août 2017

Ce navire chinois de 98 mètres de long avait été détecté dans un premier temps le 13 août près de l'île San Cristobal, alors qu'il traversait les eaux de la réserve marine de l'archipel des Galapagos sans autorisation.


300 tonnes de poisson, plus de 6000 requins protégés
Arraisonné par la marine équatorienne, le Fu Yuan Yu Leng 999 transportait en fait 300 tonnes de produits marins congelés, dont des milliers de requins d'espèces menacées.
   Les vingt membres d'équipage, tous chinois, ont été condamnés dimanche 27 août, à l'issue de trois jours d'audience menés par la juge équatorienne Alexandra Arroyo.
   L'équipage a été inculpé pour possession et transport d'espèces protégées, dont 6623 requins marteau, mako et des requins-renards. Les peines vont de 4 ans de prison pour le capitaine à 3 ans pour ses trois assistants et 1 an pour le reste de l'équipage.

Article intégral :

L’ivoire ne suffit pas. Des cèdres qui ont mis jusqu’à 800 ans pour atteindre 200 pieds de hauteur sont abattus en une semaine.

Poachers' New Target: Ancient Trees
This natural resource is centuries in the making, and the black market is thriving
By Elizabeth Armstrong Moore | NEWSER  

When Colin Hepburn, member of the activist group Wilderness Committee, was walking through the woods in May of 2012 in Canada’s Carmanah Walbran Provincial Park, he came across the remains of an 800-year-old cedar tree. It had stood at almost 200 feet, and it was gone, cut off at its giant base, an entire ecosystem of birds, small mammals, mosses, and insects stolen with it. In a lengthy Smithsonian feature, reporter Lyndsie Bourgon details the fate of this and many other trees in what has become a global poaching scheme, only this time it's old-growth trees instead of ivory, and the living creatures in question are centuries in the making. "When it comes to the underground world of black market timber, the case of this 800-year-old cedar is just the tip of the iceberg," writes Bourgon. [...]

11 novembre 2017

L’HORREUR est humaine

Devoir de mémoire mon œil. On se souvient pour mieux récidiver avec des tactiques militaires plus efficaces pour éliminer l’ennemi. Les guerres ont toujours la même origine – rivalités politiques, économiques et colonialistes, et sont financées par ceux qui ne se battent jamais mais élaborent des stratégies sur des cartes géo maintenant modélisées. Les États tirent grand profit de la guerre pour accroître leurs pouvoirs et leurs domaines de compétences. À la tête des forces armées on trouve des hauts-gradés dont plusieurs semblent avoir des caractéristiques de psychopathe, les budgets alloués à l’industrie de la guerre ne cessent d’augmenter et les humains adorent tuer. Alors, l’espèce la plus sanguinaire (l’humain) perpétue les mêmes écoeurantes boucheries, à pied, à cheval, en chars d’assaut, en bombardiers, en sous-marins et à drones. Bien sûr, les militaires ne font pas que tuer des ennemis. Ils participent à des opérations de sauvetage en cas de catastrophes naturelles – incendies, inondations, famines, etc. Mais les pompiers, les membres de la Croix rouge et Médecins sans frontières le font aussi sans suivre de formation pour tuer du monde.

«Je ne comprends décidément pas pourquoi il est plus glorieux de bombarder de projectiles une ville assiégée que d’assassiner quelqu’un à coups de hache.» ~ Fiodor Dostoïevski (1821-1881)

Moi non plus!

On peut penser que la Première Guerre mondiale n’était qu’une avant-première de la Seconde, une sorte de test. Aujourd’hui, les guerres ne sont pas «mondiales» comme tel, car la stratégie consiste à attaquer un peu partout, ouvertement ou sournoisement, en vue de s’approprier les biens et les ressources d’autrui. Rien de nouveau, les voleurs et les envahisseurs ont toujours procédé comme suit : «Donne-moi ta femme, tes enfants, ta terre, ta maison, ton cheval, ta charrette, ton arme, ou donne-moi ton pétrole, tes métaux rares, ton uranium, ton lithium, ton or, tes diamants, sinon je te tue.»

Aide-mémoire d’Ambrose Bierce (1842-1914). L’heureux homme a eu la chance de mourir avant la 14-18; je me demande quel sommet aurait atteint son cynisme s’il en avait été témoin.

Extraits de son Dictionnaire du Diable (écrit en 1881; trad. Bernard Sallé, Rivages/Étranger) 

Frontières : En géographie politique, ligne imaginaire entre deux nations, séparant les droits imaginaires de l'une des droits imaginaires de l'autre.

Occident : Partie du monde qui se trouve à l'ouest (ou à l'est) de l'Orient. Elle est principalement habitée par les Chrétiens, puissante sous-tribu des Hypocrites, dont les principales activités sont le meurtre et l'escroquerie, qu'ils se complaisent à appeler «guerre» et «commerce». Celles-ci étant également les principales activités de l'Orient.

Alliance : En politique internationale, union de deux voleurs qui ont leurs mains si profondément enfoncées dans les poches l'un de l'autre qu'il leur est difficile de s'en prendre séparément à un troisième.

Bataille : Manière de défaire avec les dents un noeud politique qui ne veut pas céder avec la langue.

Paix : Dans les affaires internationales, période de duperie entre deux périodes de combats.

Amnistie : Magnanimité d'un pays envers des coupables qu'il serait trop onéreux de sanctionner.

Politique : Lutte d'intérêts déguisée en débat de grands principes. Conduite des affaires publiques pour un avantage privé.

Sénat : Groupe de gentlemen d'un certain âge chargés de hautes responsabilités et de sombres méfaits.

Vote : Instrument et symbole du pouvoir donné à un homme libre de se conduire comme un sot et de conduire son pays au chaos.

Ministre : Personne qui agit avec un grand pouvoir et une faible responsabilité.

Diplomatie : L'art patriotique de mentir pour son pays.

Consulter : Rechercher l'approbation d'autrui pour un projet déjà bien arrêté.

Reconsidérer : Chercher une justification pour une décision déjà prise.

Société : Un ingénieux dispositif pour l'obtention de profit sans la responsabilité individuelle.

Histoire : Compte rendu hautement douteux d'événements historiques hautement futiles, causés par des chefs d'une haute scélératesse et des soldats particulièrement stupides.

Comment faire la guerre sans jamais se mouiller... mise en scène réussie. Arrivent-ils à dormir le soir? Bien sûr. Seuls le remord et la honte pourraient perturber leur sommeil.
  
Soldats britanniques victimes des gaz lacrymogènes pendant la bataille d'Estaires en avril 1918. [British 55th West Lancashire Division troops blinded by tear gas await treatment at an Advanced Dressing Station near Bethune during the Battle of Estaires, 10 April 1918, part of the German offensive in Flanders.] Photo: Thomas Keith Aitken (Second Lieutenant), from the collections of the Imperial War Museums.   

L'Empire allemand, manquant cruellement de matières premières, utilise alors des produits qu'il possède en abondance, dont le chlore, produit rejeté par les industries chimiques, et disponible en grandes quantités. Les troupes allemandes emploient donc le chlore en le présentant comme un gaz irritant et non mortel, ne portant ainsi pas atteinte aux accords des conférences de la Haye. Le premier emploi massif de gaz a lieu le 22 avril 1915 lors de la deuxième bataille d'Ypres. 150 tonnes de (di138) chlore sont lâchées faisant 5 000 morts et 10 000 blessés. La guerre du gaz avait commencé.
   Les armes chimiques sont contenues dans des bonbonnes, des obus, des bombes ou des grenades. Les gaz utilisés sont très volatils : dichlore, phosgène, «gaz moutarde», arsines ou encore chloropicrine. La détection de certaines de ces armes chimiques est à l'époque quasi impossible. En effet, les conséquences de leur inhalation sur le corps humain n'étant visibles que trois jours après, on ne peut savoir à temps s'il y a eu contamination ou pas. D'où la production de défenses préventives telles que les masques à gaz.
   Durant la Grande Guerre, près d'un milliard de munitions d'artillerie ont été utilisées sur l'ensemble des fronts, ce qui représente quatre millions de tonnes d'explosifs et 150 tonnes de produits chimiques encore actifs et toxiques139, notamment l'arsenic et le mercure dans l'enveloppe métallique des obus conventionnels et l'ypérite dans les obus chimiques, sources de pollution chimique car cette enveloppe se corrode ou provoque de graves accidents lorsqu'ils explosent. Les modalités d'élimination de ces restes explosifs de guerre sont différentes selon les États : déminage, immersion, mise en décharge sauvage, combustion à ciel ouvert ou décontamination dans des installations spécifiquement conçues et équipées.
   Le bilan humain de la Première Guerre mondiale s'élève à environ 10 millions de morts et environ 8 millions d’invalides, soit environ 6 000 morts par jour. Proportionnellement, en nombre de combattants tués, la France est le pays le plus touché avec 1,45 million de morts et de disparus, et 1,9 million de blessés, la plupart lourds (obus, tympans, gaz toxiques), soit 30% de la population active masculine (18-65 ans), la plupart des hommes jeunes de 17 à 45 ans, qui n'auront jamais d'enfants.
   En comptant les pertes civiles, la Serbie et la Roumanie, qui ont subi des occupations militaires et des famines, ont été encore plus durement touchées, perdant 6 à 10% de leur population totale. Les pertes anglaises (colonies comprises) s'élèvent à 1,2 million de tués. Cette saignée s’accompagne d’un déficit des naissances considérable. Le déficit allemand s'élève à 5 436 000, le déficit français à 3 074 000, le déficit russe est le plus élevé et atteint 26 millions. Ainsi, de 25% de la population mondiale en 1914, l'Europe tombe à 24% en 1919-1920 et surtout à environ 20% en 1939.

Bilan – Plus de 60 millions de soldats ont participé à la Grande guerre. Environ 9 millions de personnes sont mortes, et environ 20 millions ont été blessées. De nombreuses populations combattirent côte à côte durant la guerre : 140 000 Chinois; 20 500 Amérindiens – 3500 du Canada et 17 000 des États-Unis (dont seuls 14 000 auraient combattu en Europe).


Outre le bilan humain, les animaux de guerre mobilisés ont également payé un lourd tribut, notamment les huit millions de chevaux, dont un million trouve la mort durant le conflit.

Participation canadienne
Quand la Grande-Bretagne déclare la guerre éponyme à l'Allemagne le 4 août 1914, le Canada et tous les dominions de l'Empire britannique sont automatiquement impliqués, sans aucune consultation au préalable. Le 5 août, le gouverneur général du Canada déclare que le Canada entre en guerre contre l'Allemagne. L’ampleur de la participation militaire aux côtés de la Grande-Bretagne est une décision qui appartenait au gouvernement canadien, lequel demeurait responsable de définir sa contribution. Sir Wilfrid Laurier déclara : «Il est de notre devoir de faire savoir à la Grande-Bretagne, à ses alliés ainsi qu'à ses ennemis que les Canadiens sont animés par un seul et même sentiment et font bloc derrière la mère-patrie.»
   En 1918, 650 000 Canadiens participaient au conflit dont 426 000 sur le front occidental. Les victimes terre-neuviennes ne sont pas comptabilisées avec les victimes canadiennes.

Victimes de guerre canadiennes pendant la Première Guerre mondiale :
Soldats tués    Civils tués       Total tués      Soldats blessés          Total victimes
64 944             2 000               66 944           149 732                       216 676

(Source : Wikipédia)  

14-18, La Grande Guerre des Canadiens

22 août 2014 : Adoption de la Loi sur les mesures de guerre au Canada. Le gouvernement conservateur de Borden adopte la Loi sur les mesures de guerre qui stipule que n'importe quel citoyen peut être arrêté sans mandat et que l'État peut réquisitionner tout bien ou toute propriété s'il les juge utiles à l'effort de guerre. En 1914, la base de Valcartier est trop petite pour accueillir les 30 000 soldats à entraîner. Le ministre de la Défense a ainsi le droit d'exproprier 125 cultivateurs.

Du 11 juin au 17 octobre 1917 : Vers la conscription. Après avoir visité les tranchées des Alliés en Europe en mai 1917, le premier ministre Robert Borden répond à l'appel à l'aide de la Grande-Bretagne, menacée par ses pertes subies au front et les attaques des sous-marins allemands. Durant l'été, Borden dépose un projet de loi sur le service militaire obligatoire. La loi est promulguée le 28 août et appliquée dès la mi-octobre. La majorité des Canadiens français s'opposent à cette mesure, alors que l’opinion publique canadienne-anglaise lui est plutôt favorable.

Octobre 1917 : L’opposition à la conscription. La majorité des journaux canadiens-français prennent position contre le recrutement obligatoire, notamment La Presse, Le Devoir et la presse rurale. Des marches anticonscription réunissent des milliers de personnes. De nombreux conscrits choisissent de se cacher pour éviter le service militaire.

Automne 1917 : Mise en place des tribunaux d’exemption. Au Québec, 98 % des conscrits demandent une exemption. En Ontario, c’est à peine moins, soit 93 % des conscrits. Les hommes qui font appel au tribunal d’exemption de leur localité doivent avoir une raison valable : un motif religieux, un travail essentiel, comme l’agriculture, ou encore, un problème de santé handicapant. Près de 75% des demandes sont acceptées. (1)

Du 26 octobre au 10 novembre 1917 : La pénible bataille de Passchendaele. Les Canadiens viennent prêter main-forte aux armées britannique et française qui mènent une offensive depuis la fin juillet dans cette région du nord de la Belgique. Les pluies diluviennes et les tranchées marécageuses rendent la bataille extrêmement laborieuse parce que les hommes s'enlisent dans la boue glaciale. En deux semaines d'affrontements, plus de 15 600 combattants canadiens meurent ou sont blessés à Passchendaele.

Près d’un demi-million de victimes en 100 jours pour gagner 8 kilomètres de terrain! 

«Les Canadiens font partie des 275 000 victimes au sein des armées sous commandement britannique à Passchendaele. Du côté des Allemands, 220 000 soldats sont morts ou blessés. On en vient à se demander, en fin de compte, pourquoi tout ceci a eu lieu. En 1918, tout le terrain gagné par les Alliés est évacué devant la menace d'une attaque imminente des Allemands. Un siècle plus tard, on se souvient de la bataille de Passchendaele comme d'un symbole des pires horreurs de la Première Guerre mondiale, de la futilité de la plupart des batailles, et du mépris total de certains hauts gradés militaires pour la vie des hommes sous leur commandement

(1) Selon l’historien André Champagne : "Prétendre que seuls les Canadiens français étaient contre la conscription est un mythe. C’est simplement parce qu’ils le disaient ouvertement. Dans les autres provinces canadiennes, tous les jeunes qui recevront leurs papiers militaires pour s’enrôler demanderont des exemptions à 90%. En 2017, dans toutes les provinces, que ce soit l’Ontario, le Nouveau-Brunswick ou les provinces de l’ouest, il y a une réaction d’opposition. Pourquoi? Parce qu’on a besoin de bras sur les fermes, et aussi parce que les emplois dans les usines  de guerre sont très bien payés Et puis, on sait à quel point cette guerre-là est meurtrière. Donc c’est un grand mythe de prétendre que les Canadiens français étaient les seuls qui ne voulaient pas aller se battre." 
J'ajouterais se battre pour le roi et l'empire britannique.

Bêtisier scolaire :

– À la guerre de 14-18, les soldats mouraient plusieurs fois, d'abord à cause des bombes, et ensuite parce qu'on les forçait à manger de la boue.

– Tous les 11 novembre, le président décore les parents du soldat inconnu.

– La ligne Maginot a été construite pour empêcher l'invasion des touristes allemands.