20 juillet 2018

Énergies fossiles : des lendemains qui désenchantent

Le premier ministre Trudeau se fait pousser par des provinces ayant souvent des objectifs opposés. Il a donc procédé à un remaniement ministériel pour mieux s’armer en prévision des batailles électorales de 2019. On sent l’épuisement au combat : «La donne est en train de changer, et à travers le pays, avec les différentes élections provinciaux (sic)... Le contexte international est en train de changer...» Des petits bas avec des gants de boxe seraient une bonne idée.
   La légalisation de la marijuana a été une diversion traitée comme une priorité qui a fait perdre beaucoup de temps aux élus. Le protectionnisme américain continue de causer de graves maux de tête. Quand Trudeau parle de l'unité entre les provinces canadiennes, on se demande à quel sujet... Cependant, Trudeau a concrétisé son plan de lutte contre les changements climatiques en achetant le pipeline Trans Mountain à même la cagnotte publique – aux applaudissements de l’Alberta et de la Saskatchewan, mais sans l’approbation des autres provinces ni des contribuables. Chic!

Stade olympique : sept militants de Greenpeace contre Trans Mountain seront accusés

La Presse canadienne 19 juillet 2018 – Sept militants de Greenpeace Canada ont été arrêtés jeudi après avoir déployé une bannière géante sur la tour du Parc olympique de Montréal en protestation contre l’implication du gouvernement du Canada dans l’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain, dans l’ouest du Canada.

Photo : Photo : Greenpeace Twitter

Le gouvernement du Canada a annoncé il y a quelques semaines qu'il se portait acquéreur de l'entièreté du controversé projet d'oléoduc, pour 4,5 milliards $. L'accroissement de la capacité de l'oléoduc actuel de Kinder Morgan devrait permettre de tripler l'acheminement quotidien de pétrole lourd de l'Alberta vers le port de Vancouver, pour fins d'exportation vers l'étranger.

Rappel : «Les oléoducs sont plus sécuritaires» rabâchent les promoteurs. N’allons surtout pas croire que la multiplication des oléoducs réduira le transport ferroviaire qui a l’avantage de faciliter les transbordements. Le pipeline est simplement un moyen additionnel de transporter plus de pétrole et de gaz. Je vous laisse juger des risques : entre 2004 et 2012 en Amérique du nord, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), à distances comparables les oléoducs ont déversé trois fois plus de pétrole que les trains. En outre, les déversements sont rarement détectés sur-le-champ de sorte qu’ils s’échappent dans la nappe phréatique. Voyez les articles Lac-Mégantic 1 et 2 (4 juillet 2018), ainsi que Gisement de Bakken (8 juillet 2018). Tout se déglingue, tant les rails, les wagons que les pipelines, surtout s’ils sont mal entretenus. La solution est simple : réduire, limiter à l’essentiel, au lieu d’augmenter la production et le transport des matières dangereuses issues du pétrole et du gaz.

DES TECHNIQUES DE PERSUASION SOURNOISES

1. Quelqu'un envoie de mystérieux robocalls à travers le canada à propos du projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain

Fatima Syed | The National Observer | Le 16 juillet 2018

Depuis le 1er juillet, les Canadiens reçoivent de mystérieux appels automatisés au sujet du projet d’expansion de l'oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan. Des sources de la région du grand Toronto disent qu'ils ont été appelés la semaine dernière : #kindermorgan # abpoli #bcpoli #cdnpoli #tmx

«Il y avait une voix robotique à l'autre bout de la ligne.» L'appel venait de quelqu'un qui utilisait le code régional 647, identifié sur l'écran du téléphone comme «Dites-le à la mairie» (Tell city hall). Le robot demandait de participer à un sondage sur le pipeline Trans Mountain. «C'était un appel bizarre, a déclaré un résident de Toronto qui voulait garder l'anonymat parce qu'il travaille pour les gouvernements municipal et fédéral. Je pensais que l'appel me demanderait des commentaires sur ma participation passée à plusieurs études sur l'engagement civique.»  


Les Canadiens de partout au pays reçoivent ce genre d'appels depuis la fête du Canada. Quatre résidents de Toronto et de Mississauga ont dit à National Observer qu'ils avaient été contactés par le mystérieux groupe la semaine dernière. Lorsque vous acceptez la demande, un lien envoyé par message texte à partir d'un numéro du Québec, dit «merci d'avoir accepté de partager votre opinion sur des questions importantes pour tous les Ontariens», avant de lancer une série de questions sur l'expansion du pipeline Trans Mountain.
   National Observer a appris que le sondage est mené pour le compte du gouvernement albertain. «Dites-le à la marie» est un programme de la firme spécialisée en études de marché Advanis Inc. dont le siège social est à Waterloo en Ontario. En activité depuis plus de 25 ans elle n’offre ses services qu'au gouvernement et à des organismes sans but lucratif.
   Le «sondage d'opinion» initié le 1er juillet vise 20 000 répondants dans l'ensemble du pays. Aucune ville ou province n'est visée plus qu’une autre; et les territoires sont exclus.
   «Il s’agit d’une recherche pour vérifier l’efficacité des message d’information», a déclaré David Sands, le porte-parole du gouvernement de l'Alberta. «Nous essayons de trouver les gens qui sont préoccupés par le projet Trans Mountain. Nous leur donnons de l'information, et nous leur demandons ensuite s’ils se sentent moins inquiets ou plus préoccupés.»
   L'enquête a été commandée et conçue par l'équipe du service Communications et engagement public du gouvernement albertain. Le coût du sondage téléphonique fait partie de la campagne publicitaire pro-pipeline annoncée en mai par la première ministre Rachel Notley. Elle avait déclaré que la province dépenserait 1,2 million de dollars pour une campagne publicitaire en faveur des pipelines afin de convaincre le public que le pipeline profiterait à tous les Canadiens. À l'époque, elle avait dit que la campagne publicitaire qui résulterait de cet investissement ciblerait principalement les britanno-colombiens.

Article intégral en anglais :

2. Un coup de semonce pour les libéraux de Trudeau en Ontario avec une campagne «pro-pipeline» agressive  

Fatima Syed et Robert Cribb |The National Observer | Le 5 juillet 2018

Le plus important groupe de pression pétrolier et gazier du Canada a mené une guerre de terrain politique qui a ciblé les électeurs de 13 «circonscriptions libérales vacillantes» de l'Ontario avec des panneaux publicitaires installés dans des «endroits de grande visibilité» de la région de Toronto; et 400 000 dépliants pro-pipeline ont été envoyés via Postes Canada, selon une enquête en cours de National Observer / Toronto Star / Global News.

Photo : Alex Tétreault. Canada's Energy Citizens, a group operated by the Canadian Association of Petroleum Producers, set up a booth at the Manning Networking Conference 2018, held at Ottawa's Shaw Convention Centre, on Thursday February 8th, 2018.

Les détails de la campagne de l'Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) figurent dans un dépliant qui fut distribué lors d'un sommet parrainé par le gouvernement, à Vaughan, près de Toronto, où l'Association avait un stand. Le dépliant expliquait comment le groupe de pression s'était engagé dans une «campagne de terrain en Ontario» entre le 8 avril et le 29 mai – période au cours de laquelle le gouvernement fédéral décidait du sort du projet d'agrandissement du pipeline Trans Mountain.
   La campagne d’ACPP incluait 13 manifestations à travers le pays, l’installation de panneaux d'affichage, une énorme pression auprès des médias sociaux et des centaines de milliers de lettres au public concernant leur lutte pour la concurrence et l'accès aux nouveaux marchés du pétrole et du gaz. Le groupe de Calgary a également envoyé 24 000 lettres à des «décideurs clés», dont le premier ministre de la Colombie Britannique, John Horgan, la première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, et le ministre fédéral des ressources nationales, Jim Carr, selon le document divulgué par l’ACPP.

Article intégral en anglais :

L’Association pétrolière et gazière du Canada est sur le point de prendre les décisions les plus importantes pour notre économie depuis le crash de 2014

Pour la première fois en quatre ans, il pourrait y avoir plus de 20 milliards de dollars à dépenser dans l'industrie canadienne du pétrole et du gaz qui cherche à s'orienter. Voyez les options : article intégral en anglais par Peter Tertzakian | Financial Post | Le 17 juillet 2018         

LES «VRAIS» LENDEMAINS QUI DÉSENCHANTENT

Le déraillement de Saint-Polycarpe inquiète à Lac-Mégantic
ICI Radio-Canada Nouvelles | Le 17 juillet 2018

Photo : Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST). Le nettoyage et le dégagement de la voie ferrée, la principale ligne ferroviaire du Canadien Pacifique au pays, s'annoncent longs et ardus.

Le gouvernement fédéral et les compagnies ferroviaires n'ont rien appris de la tragédie de Lac-Mégantic, qui a fait 47 victimes dans la nuit du 5 au 6 juillet 2013, selon la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic.

La Coalition réagissait au déraillement survenu à Saint-Polycarpe, où un train de marchandises transportant 95 wagons, dont plusieurs wagons-citernes remplis de diesel et de gaz propane, a quitté les rails lundi. Il s'agit d'un deuxième déraillement en une semaine après celui survenu à Saint-Constant le 10 juillet dernier.
   «Depuis que la loi permet aux compagnies de s'autoréglementer et d'être responsables de leur propre sécurité ferroviaire, on n'entretient plus les voies ferrées, on n'entretient plus le matériel roulant; on les laisse s'user à la corde, jusqu'à ce qu'il se produise un accident», déplore Robert Bellefleur, porte-parole pour la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic.
   «Il faut absolument changer cette façon de faire au Canada. Il faut que Transports Canada redevienne le chien de garde qu'il était auparavant, parce qu'on ne doit pas laisser les compagnies être les maîtres-d'oeuvre de la sécurité ferroviaire... c'est comme laisser la surveillance du poulailler au renard...», image-t-il.


La circulation ferroviaire reprend à Saint-Polycarpe
ICI Radio-Canada Nouvelles | Le 18 juillet 2018 à 14 h 19

Photo : Alexandre Letendre. Le CP a reçu des renforts, mercredi matin.

La circulation ferroviaire est partiellement rétablie à Saint-Polycarpe, en Montérégie, à la suite du déraillement d'au moins 25 wagons-citernes survenu plus tôt cette semaine sur la voie principale des trains de marchandises qui relie Montréal à Vancouver. Mais l'opération nettoyage du Canadien Pacifique (CP) est loin d'être terminée.
   Car les wagons qui ont déraillé n'ont toujours pas encore été vidés de leur contenu – une opération délicate qui pourrait prendre plusieurs jours.
   Les voitures ont été déplacées, tout simplement, ce qui a permis de dégager la voie vers minuit, dans la nuit de mardi à mercredi. Le directeur du Service de sécurité incendie de Saint-Clet, Saint-Polycarpe et Rivière-Beaudette, Michel Bélanger, a confirmé la reprise de la circulation, mais sur une seule voie ferrée du tronçon, celle en direction de l'ouest.
   Les opérations de dégagement sont sous la responsabilité du CP. Toutefois, la société ferroviaire n'a accordé aucune entrevue depuis l'accident.
   C'est plutôt le ministre Martin Coiteux qui a pris la parole, mardi. «Ils vont devoir transvider les matières dangereuses pour les sortir des wagons qui ont déraillé, donc il y a beaucoup de précautions qui doivent être prises, a-t-il expliqué. On veut s’assurer que c’est fait correctement pour la sécurité de la population et la protection de l’environnement.» Ces matières dangereuses seront transbordées dans des camions-citernes, qui sont arrivés sur place mercredi.
   Certains des wagons transportaient du propane et du diesel. Un wagon transportant du propane est même tombé dans la rivière Delisle, mais il ne s'est pas enflammé.
   Les pompiers et le ministère de l'Environnement soutiennent qu'aucun déversement toxique n'a eu lieu.

Photo : Pascal Marchand. Le déraillement du train du CP à Saint-Polycarpe n’a pas causé de déversement de matière dangereuse, selon le ministère de l'Environnement.

Déraillement de train à Saint-Constant
ICI Radio-Canada Nouvelles | Le 10 juillet 2018

Le Canadien Pacifique explique que cinq wagons en tout ont déraillé. Aucune matière dangereuse n'a été déversée, assure le CP. Quatre des wagons impliqués transportaient des rouleaux d'acier et le cinquième transportait du bois. Le train avait en tout 40 wagons, dont deux étaient vides.

17 juillet 2018

Réflexions sur le racisme

Dès qu’on prononce le mot racisme, les boucliers se lèvent. Ça ne prend pas grand-chose pour activer le «gène de Caïn» qui sommeille en chacun de nous. D’après l’une des interprétations religieuses du mythe Caïn et Abel, la lignée de Caïn (le tout premier assassin psychopathe) aurait pris fin au moment du Déluge, à l’époque de Noé. C’est une blague ou quoi? Les tueries entre «frères» rivaux n’ont jamais cessé. On voit des individus de même couleur de peau (blanche ou autre), de même race et de même religion s’entretuer partout dans le monde. Le gène Caïn s’est transmis sans obstacle d’une génération à l’autre, a résisté à l’épreuve du temps et poursuit ses ravages. (1)

Si l’on se fie à la définition du Petit Robert, le racisme repose sur une théorie de la hiérarchie des races, qui conclut à la nécessité de préserver la race dite supérieure de tout croisement, et son droit de dominer les autres.

Cours 101 pour créationnistes : ethnies et génétique

Pour alimenter la réflexion, je vous propose un audio sur l'histoire des zoos humains racontée par l’anthropologue et écrivain Serge Bouchard, un texte de l’écrivain Philippe Claudel sur les parcs de pauvres, et un film sur les origines du racisme américain et du «white power» avec Tim Wise.

RÉCIT
L’histoire des zoos humains
Par Serge Bouchard


L’histoire des zoos humains, c’est l’histoire de l’invention du sauvage, ces prétendus sauvages qu’on a recrutés, on leur a un peu forcé la main, partout en Afrique, en Océanie, en Asie dans les Amériques, Amérique du Sud, Amérique du Nord. On les exposés dans des cirques, des cabarets, des foires, des villages itinérants, dans des expositions universelles, et surtout des expositions coloniales. On est au 19e siècle et ça s’inscrit dans toute la culture de l’Occident. C’est un immense spectacle avec des figurants, des impresarios, des décors, c’était le grand spectacle. Donnons des chiffres : de 1850 à 1940, c’est 1 milliard et demi de visiteurs, c’est quand même pas rien, qui ont regardé 30 000 à 34 000 figurants primitifs sauvages. Ça s’est passé beaucoup en Angleterre, mais le chef de file était la France, beaucoup l’Allemagne et le Danemark, les Danois étaient fous de ça. Les Américains ont aussi plongé là-dedans, et ç’a été jusqu’en Asie, mais on connaît moins. Ça s’est fait beaucoup au Japon aussi.
   Le problème était de savoir qui était l’autre. Un barbare, un monstre, un homme des bois, un cannibale? Christophe Colomb allait découvrir 60 000 parfaits sauvages. On s’est mis à les amener en Europe pour les exhiber.
   Selon la mentalité colonialiste, «l’homme supérieur a le devoir de civiliser l’homme inférieur».
    C’est l’époque du racisme scientifique. Et les spectacles et les zoos humains sont appuyés par les savants, sont appuyés par la science, et par une certaine anthropologie physique, une anthropologie qui est au cœur même du racisme moderne. Cette fausse science créa d’énormes dommages.

Audiofil :

Dans son roman «Inhumaines», Philippe Claudel pousse la caricature, le cynisme et l’ironie à l’extrême, mais ce faisant, il nous renvoie notre image.
   «Le rire contre les armes. Et l’ironie pour se moquer de nous. L’homme est sans doute le seul animal à commettre deux fois les mêmes erreurs. Il est aussi l’unique à fabriquer le pire et à le dépasser sans cesse. À observer le monde comme il va, on hésite alors entre les larmes et le rire.
   J’ai choisi dans Inhumaines de m’affubler d’un nez rouge, d’exagérer le vrai pour en saisir l’atroce. Ma volonté était de cette façon de tempérer la cruauté née de notre société en la croquant de façon grotesque, ce qui permet de s’en moquer, en espérant contribuer à la corriger aussi, même si je n’ai guère d’illusion sur ce point : restons modeste.
   Je suis convaincu qu’il est des situations où la littérature doit se transformer en papier de verre pour décaper les cervelles : cela fait un peu mal au début mais cela chatouille aussi. ... Inhumaines est inspiré de faits réels. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existant est totalement volontaire. J’ai simplement forcé un peu le trait. À peine. Et je n’ai d’autre ambition que faire rire, même jaune, à nos propres dépens, à commencer par les miens. Inhumaines est à la vérité ce que le palais des glaces est au réel : exhibant un reflet convexe, parfois concave, rétréci ou agrandi, même s’il déforme, il ne ment jamais.»

Le chapitre intitulé «Réduction de la fracture sociale» décrit une version contemporaine des zoos humains. Les camps de réfugiés ou ceux des immigrants illégaux aux États-Unis en sont aussi de parfaits exemples...

Depuis peu on a parqué les pauvres. C’est bien mieux. Ça ne pouvait plus durer. Dans une société à deux vitesses où les riches passent leur temps à s’enrichir et où les pauvres passent le leur à s’appauvrir, rien ne sert que les seconds soient dans le même espace que les premiers. Il ne pourrait en découler que de la peine et aussi de l’envie. Le gouvernement a agi. Et pour une fois, il a bien agi. On a ramassé tous les pauvres qu’on a pu trouver. Certains ont dû s’échapper mais pour aller où. Dans les bois. Dans des contrées hostiles. Ils n’y survivront pas longtemps. Les pauvres ont été rassemblés dans des stades qu’ils connaissent bien, qu’ils affectionnent et qu’ils remplissent souvent pour assister à des matchs de football, leur sport préféré, en buvant des bières. En l’occurrence ils étaient dans les gradins mais aussi sur la pelouse. Ça a dû leur faire bizarre. Et plaisir sans doute d’être aujourd’hui là où se trouvaient les héros d’hier. La vie réserve bien des plaisirs à ceux qui savent patienter. Pendant les deux jours suivants, on les a répertoriés et marqués. De façon discrète. Un très léger tatouage sur l’avant-bras gauche. À l’encre bleue. Un simple chiffre. Puis ils ont été entassés dans des trains. Direction les parcs des pauvres. Situés loin. Je veux dire loin de nous. Vers l’intérieur du pays. Dans des espaces désertiques au climat vivifiant. Le pauvre est rugueux. Il est doté d’une étonnante capacité de résistance. Afin de gommer les légères différences et de na pas faire de jaloux, on leur a donné un uniforme composé d’un joli pantalon et d’une agréable chemise de toile bleus à bandes blanches. Quelque chose de tout à la fois léger, confortable et indémodable. Intemporel. Un basique. À quoi ressemble un parc un parc à pauvres. Je veux y répondre. Nous sommes allés en visiter un le mois dernier. Le comité d’entreprise était à l’initiative du déplacement. Nous avons bien ri dans l’autobus. Et chanté. Chauffeur si t’es champion appuie appuie sur le champignon. Nous avons été hébergés dans un hôtel doté de tout le confort moderne, sauna, hammam, massages, golf dix-huit trous, fontaine à champagne, bar à huîtres, hôtesses asiatiques, dociles et insatiables, mâles africains, ougandais ou kényans disponibles en room service vingt-quatre heures sur vingt-quatre. [...] Le lendemain, répartis dans de petits véhicules électriques munis d’un toit ouvrant, nous avons été amenés dans le parc. C’était l’heure du repas. Les pauvres attendaient bien sagement devant leurs dortoirs, de coquets baraquements en bois pouvant accueillir une centaine d’entre eux. On leur distribuait une belle soupe claire ainsi que le quart d’un copieux pain bis. Le directeur du parc qui nous accompagnait nous a précisé que, le soir venu, les pauvres avaient droit au même repas. Ne craigniez pas de trop les gâter. La femme de Brognard aime poser des questions. Il est important de créer un lien de respect et de sympathie. Le directeur se faisait pédagogue. Ma femme se bouchait le nez. L’odeur était il est vrai un peu forte. Pourquoi sont-ils pieds nus dans la neige. On leur donne des chaussures sans lacets pour éviter qu’ils ne se pendent, mais ils les perdent tout le temps. Ensuite nous sommes allés sur leur lieu de travail. Une magnifique carrière à ciel ouvert dans laquelle les pauvres sculptent un grand escalier. Nous avons été fascinés devant le spectacle pharaonique de ces milliers de pauvres travaillant de leurs mains, maniant marteaux et burins avec toute leur énergie, à ce chantier monumental. Déjà aux cent trente-neuf marches. Où mène cet escalier. C’était Leroux cette fois. Nulle part. On les occupe comme on peut. Ils ne s’en plaignent d’ailleurs pas. Le pauvre est oisif. C’est pour cela d’ailleurs qu’il est pauvre. Le parc a une dimension pédagogique et rééducatrice. J’y tiens beaucoup. Belle idée. Beaucoup d’entre nous, debout dans les véhicules, le torse sortant du toit ouvrant, ont pris des photographies. La femme de Brognard a lancé à des enfants qui portaient de grosses pierres une poignée de friandises. L’idiote. Il est pourtant interdit de donner de la nourriture. Des panneaux le rappellent en maints endroits. Les enfants pauvres ont immédiatement lâché leurs pierres, se sont précipités et se sont à demi écharpés pour les ramasser. L’un est resté au sol. Mort sans doute. La femme de Brognard s’est fait réprimander par le directeur. Puis par son mari. L’ambiance était cassée. Nous avons regagné l’hôtel en silence où un repas chaud nous a été servi. J’avais les joues rosies par le froid et les pieds gelés. J’ai repris quatre fois du porc en sauce. Le vin chaud montait à la tête de ma femme. Elle chantonnait. Il faisait bon. Ç’avait été une journée instructive. Dans la contemplation de la différence on prend conscience de sa spécificité. Le bonheur tient parfois à peu de chose. Le lendemain, au petit-déjeuner, Brognard a répudié sa femme. L’incident de la veille ne passait pas. Brognard ne plaisante pas avec les règles. Il l’a jetée hors de l’hôtel. Comme elle vient d’une famille sans fortune, elle s’est retrouvée subitement pauvre. Le directeur a décidé de faire un geste. Il l’a accompagnée lui-même dans le parc. (Inhumaines, Éditions Stock 2017; pp. 71-75)

Voici un film sur les origines du racisme et les raisons pour lesquelles il perdure aux États-Unis.

The Great White Hoax (Le grand canular blanc) contextualise la politique actuelle aux États-Unis, en mettant l'accent sur la campagne électorale de Donald Trump pour la présidence 2016. Cependant, le film élargit sa portée en montrant comment la rhétorique chargée de Trump s'inscrit dans un modèle historique de longue date dans la politique aux États-Unis, offrant une étonnante perspective sur la façon dont le racisme et le racisme de boucs émissaires ont façonné la politique américaine pendant des siècles. Le film devient une solide ressource pour comprendre les rapports entre races, le privilège blanc, l’entrecroisement des races, la classe, et les identités de genre, la politique présidentielle, et la propagande politique à l'ère des «médias sociaux».

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Tim Wise milite contre le racisme aux États-Unis. Il a formé des éducateurs, des employés de corporations et des policiers pour éradiquer le «racisme» des institutions. Il s’est fait connaître dans la lutte contre l’apartheid et a donné des conférences dans plusieurs collèges et universités. Il est aussi l’auteur de plusieurs livres sur le sujet et on l’a vu dans des documentaires et émissions télévisées. Wise soutient que le racisme aux États-Unis est institutionnalisé en raison du racisme manifeste du passé (et de ses effets permanents) et de la discrimination actuelle. Il soutient que dans les sociétés multiraciales comme les États-Unis, tous les gens (blancs ou de couleur) ont intériorisé divers éléments de la pensée raciste. Toutefois, ce n'est pas parce que la société a été conditionnée de cette façon qu’elle doit rester engagée dans la pensée raciste. Les membres de la société peuvent contester ce conditionnement et apprendre à croire en l'égalité.

The Great White Hoax
Jeremy Earp, Sut Jhally 2017 | 1:12:47
Featuring Tim Wise

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(1) Une explication possible à ce penchant inné de tueur qui habite l’homme, proposée par des chercheurs scientifiques.

La violence : les humains sont-ils mauvais jusqu’à l’os?
Par Gemma Tarlach ǀ 28 septembre 2016

SMACK! POW! BANG! Les humains ont évolué le long d'une branche particulièrement violente de l'arbre de vie. (Photo via Discover Magazine)

Désolée, pacifistes. Une nouvelle recherche, qui a adopté une approche novatrice pour tracer l'évolution de la violence meurtrière, a constaté que l'Homo sapiens descend d'une branche de mammifères particulièrement brutaux. Notre inclinaison à démolir et à tabasser est inscrite dans notre ADN. Cependant, avant de frapper quelque chose parce qu’une manchette vous dérange, prenez courage : les chercheurs ont également constaté que notre propension à nous entretuer peut être atténuée.
   Essayer de comprendre pourquoi les humains ont tendance à tuer d'autres êtres humains tourmente les scientifiques et les philosophes depuis longtemps. Une partie du problème vient du fait que les causes de cette violence impliquent une multitude d’influences potentielles difficiles à isoler de façon scientifiquement rigoureuse.
   Le chercheur José María Gómez et ses collègues ont développé une approche pour parer à cette difficulté en se tournant vers la phylogénie, qui démontre comment une espèce se développe et rayonne ensuite sur différentes espèces.
   En résumé, ils ont découvert que l'Homo sapiens faisait partie d'une lignée particulièrement violente remontant à des millions d'années.
   Dans l'ensemble du spectre des mammifères, le taux de violence meurtrière contre un membre de la même espèce est d'environ 0,30 pour cent – le risque d'être tué par un membre de sa propre espèce est de 1 sur 300. Chez nos ancêtres les grands primates, il était de 1,8 pour cent. Chez l'homme, au point d'origine de l’espèce, le taux grimpe à 2 pour cent – le risque d’être assassiné était de 1 sur 50.
   En d'autres termes, notre espèce est, en tête de liste (telle qu’elle est) avec une augmentation constante de la violence meurtrière intra-espèce qui se perpétue depuis environ 100 millions d'années.
   «Attendez un instant!», me direz-vous en maugréant, comment peuvent-ils connaître ces taux avec les quelques boîtes de fossiles qu’ils ramènent à la fin de journée?» En effet, reconstituer ces évaluations inclut une part d’estimation, mais aussi beaucoup de calcul et de modélisation sophistiquée.
   Les chercheurs, dont le travail a été publié dans Nature, ont recueilli des données provenant de plus de 4 millions de décès chez 1000 espèces de mammifères (des musaraignes aux baleines) et chez 600 populations humaines de chasseurs-cueilleurs de leurs premiers jours (connus) jusqu'à maintenant. En utilisant des méthodes de modélisation similaires à celles qui retracent l'évolution des caractéristiques physiques spécifiques, l'équipe a tracé la prévalence de la violence meurtrière à l'intérieur de chaque espèce.
   Quelques modèles se sont dégagés : certaines espèces animales passablement différentes s'entendent très bien avec les membres de leur espèce, entre autres les baleines et les chauves-souris. Les herbivores sont en général plus kumbaya.
   Mais les chercheurs ont trouvé que plus une espèce était sociale et territoriale, plus la violence entre les membres de la même espèce était répandue.
   C’est logique : si vous vivez avec d'autres membres d’un groupe social, vous avez tout simplement plus de possibilités de vous retrouver dans une prise de bec sanglante. Si vos ressources sont limitées, ou si vous devez protéger vos biens ou si vous sortez du bois, vous avez plus de prétextes pour assommer un concurrent. Hé, j’ai regardé les rediffusions de Law & Order! Motivation et opportunité. Ç’a toujours été une question de motivation et d'opportunité.
   Les primates ne sont pas la seule branche de l'arbre généalogique ayant des tendances meurtrières. Sans grande surprise, les chercheurs ont constaté que les prédateurs carnivores non-primates avaient aussi tendance à être plus violents les uns envers les autres, en particulier, là encore, ceux qui vivaient dans des groupes sociaux et territoriaux.

Ne pouvons-nous pas tous nous entendre?

Cependant, avant de trop désespérer, disons que la seconde partie de la recherche offre un peu d’espoir. Les chercheurs se sont intéressés aux taux de violence meurtrière à l’intérieur de centaines de populations humaines étudiées selon le modèle de société où les individus évoluaient. L'équipe a constaté que les choses sont devenues particulièrement sanglantes autour de l’an 1000 av. J.-C., mais que, au cours des 500 dernières années ou à peu près, les humains avaient un peu nettoyé le jeu.
   Le pic des carnages se situerait au début de l'âge du fer, cette période où une grande partie de notre espèce abandonna peu à peu la vie nomade de chasseur-cueilleur, quitta les petites bourgades pour des espaces urbains plus importants. C'est aussi le moment où les états s'engagèrent dans la compétition territoriale. Ouais, de plus en plus de monde entassé et en compétition pour les mêmes ressources et territoires. Motivation et opportunité.
   Au cours du siècle dernier, cependant, la diminution de la violence meurtrière, amorcée il y a 500 ans, s'est accélérée. Dans les sociétés d’aujourd'hui, avec les systèmes juridiques et le maintien de l’ordre public (deux groupes distincts d'égale importance...) et, tout aussi important, avec une culture qui rejette la violence, le taux de criminalité est autour de 1 sur 10 000.
   Ainsi, même si l'étude présente un dossier solide qui montre que nous sommes de par nature plus violents que la moyenne des autres mammifères, les chercheurs ont également montré que les systèmes sociaux et les normes culturelles peuvent garder à vue notre tendance innée à démolir et tabasser.

Article original (en anglais) :  

MemeGenerator.Net

16 juillet 2018

«Unsavvy Trump»

Donald Trump a l’habitude d’attribuer des sobriquets (nicknames) à tout le monde – hommes d’État, journalistes, individus qu’il n’aime pas ou qui l’ont critiqué. Par exemple : Wild Bill pour Bill Clinton; Animal Assad pour Bashar al-Assad; Little Rocket Man pour Kim Jong-un; Justin from Canada pour Justin Trudeau; Crazy Bernie pour Bernie Sanders, McMuffin pour Evan McMullin, et ainsi de suite.

J’en propose un pour le président américain : Unsavvy Trump
[unsavvy : dépourvu de bon sens ou d’intelligence politique]  

Trump serait mal avisé d’affubler Poutine d’un quelconque surnom – surtout s’il est vrai que son nouvel ami Vladimir a favorisé son élection en piratant les données informatiques du Parti démocrate, notamment de sa rivale Crooked Hillary. L’inculpation de douze officiers du renseignement militaire russe (GRU) par le procureur Robert Mueller – pour conspiration, piratage, vol et huit autres crimes contre les États-Unis – équivaut à incriminer politiquement le chef d’état russe. Mais l’ancien directeur du FSB (ex-KGB) est bien armé pour faire face à la musique. Trump pourrait peut-être le surnommer Big Rocket Man... Mais, nous venons d’apprendre qu’après sa rencontre avec Poutine aujourd’hui, Trump aurait dit de lui qu’il était «extrêmement fort et puissant».

Image : DonkeyHotey, 2016. Vladimir Putin carrying his buddy Donald Trump.

CV de Trump en quelques mots bien choisis :
   Jonathon Shafi, du regroupement l'Écosse contre Trump, a dit vouloir faire preuve de solidarité avec les Américains contre Trump. «C'est inacceptable qu'un président parle de tripoter les femmes, de séparer les enfants de leurs parents et d'encourager les fascistes, les racistes, les misogynes et les homophobes», a-t-il expliqué. On n'est pas antiaméricains, juste contre Trump et son régime de discorde.»
   Originaire de Californie, mais résident d'Édimbourg, Eli Roth a dit douter que le président prenne acte de ces manifestations : «Je ne crois pas que quoi que ce soit puisse se rendre jusqu'à Donald Trump, mais j'espère que ces manifestations encouragent les citoyens américains à contester son régime. Il faut leur montrer qu'il y a des gens en dehors des États-Unis qui s'intéressent à ce qui se passe et que Trump a un impact sur le reste du monde», a souligné l'homme de 56 ans.
(Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press | 14.07.2018)  

Pendant que Trump se donne en spectacle, derrière les coulisses, sa clique de républicains ultra conservateurs s’acharne à déchiqueter toutes les lois globalement favorables à la société américaine – en santé, éducation, science, environnement, économie équitable, droits humains, etc. Résultat : plus d’injustice, de pollution et de destruction. Par exemple, durant les 18 derniers mois de l’administration Trump, Scott Pruitt a tenté d’éliminer ou de rogner 70 lois environnementales! God bless America!

Image : DonkeyHotey, 2016. Donald Trump’s Big Tent Party has tents for everyone!

«La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.» 
~ Paul Valéry

Les choses seraient peut-être différentes si après la Deuxième Guerre mondiale, on avait enseigné massivement aux gens à «penser par eux-mêmes». Or on a fait tout le contraire.
   «Si l'on parvenait à comprendre le mécanisme et les ressorts de la mentalité collective, ne pourrait-on pas contrôler les masses et les mobiliser à volonté sans qu'elles s'en rendent compte?», disait Walter Lippmann (Public Opinion, 1922).  
   Le neveu de Freud, Edward Bernays, s’empressera de fournir la recette dans un ouvrage intitulé Propaganda; Comment manipuler l'opinion en démocratie qui remporta un vif succès au siècle dernier. Celui-ci disait : «Heureusement, la propagande offre au politicien habile et sincère un instrument de choix pour modeler et façonner la volonté du peuple.» On le considère comme le père de la propagande politique institutionnelle et de l'industrie des relations publiques, ainsi que du consumérisme américain. Pour Bernays, les gens qui ne pensaient pas comme lui étaient tous stupides... de sorte qu’il fallait confier le sort des stupides à l’élite prétendument intelligente. En réalité son système est totalement antidémocratique.
   «La manipulation consciente et intelligente des habitudes et des opinions des masses est un élément important de la société démocratique. Ceux qui contrôlent ce mécanisme constituent un gouvernement invisible qui est le véritable pouvoir dirigeant de notre pays. ... Nous sommes gouvernés, nos esprits sont moulés, nos goûts formés, nos idées inculquées en grande partie par des hommes dont nous n'avons jamais entendu parler. C'est le résultat logique de la façon dont de notre société démocratique est organisée. Un grand nombre d'êtres humains doivent coopérer s'ils veulent vivre ensemble dans une société stable. ... Dans presque tous les actes de notre vie quotidienne, que ce soit dans la sphère politique ou commerciale, dans notre comportement social ou notre pensée éthique, nous sommes dominés par un nombre de personnes relativement petit... qui comprennent les processus mentaux et les structures sociales des masses. Ce sont elles qui tirent les fils qui contrôlent l'esprit du public.» (Propaganda, 1928)

Le world wide web n’est rien d’autre qu’un prolongement plus puissant et pervers de la théorie de Bernays. Penser par soi-même est impossible si l’on ne s’arrête pas pour réfléchir. Le Net est le royaume de l’impulsivité, de la pensée volatile et dissipée, et de la propagande de masse automatisée. Et ça marche. Aujourd’hui, avec Internet, les partis politiques n’ont plus besoin d’agences de publicité pour leurs campagnes préélectorales. N’importe quel twit * peut diffuser son baratin home-made sur le web à peu de frais.

* Twit : Américanisme; vient de l’anglais atwite (to taunt), narguer. Injure fourre-tout qui s’adresse aux ignorants, idiots, bornés, etc., utilisée depuis les années 1980 au Québec. (Dictionnaire des injures québécoises, Stanké 1996)

Cela dit, examinons le phénomène Trump sous la loupe d’une philosophe dont les réflexions sont drôlement pertinentes tandis que les puissants de ce monde jouent au Monopoly de la même manière que dans les années 1930 et 1960.

Citations : 
Hannah Arendt (1906-1975) 
Philosophe allemande et professeur de théorie politique, naturalisée américaine

«Le nationalisme tribal insiste sur le fait que son peuple est entouré d'ennemis.»

 
Image : Jim Unger

«La liberté d'opinion est une farce si l'information sur les faits n'est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l'objet du débat.» (La Crise de la culture)

«Le mensonge, lorsqu'il est organisé de façon systématique, constitue une arme politique extrêmement efficace.»

«La véracité n'a jamais figuré au nombre des vertus politiques, et le mensonge a toujours été considéré comme un moyen parfaitement justifié dans les affaires politiques.» (Les origines du totalitarisme)

«Le mensonge est plus fort que la vérité, car il comble l'attente.»

«Le pouvoir de la machine réside dans la nécessité, et d’autre part dans l’admiration que ressentent les peuples pour la nécessité. Le mal trouve son terreau dans la nécessité et le non-choix au nom de l’avenir.»

«L’irréflexion (témérité insouciante, confusion sans espoir ou répétition complaisante de «vérités» devenues banales et vides) me parait une des principales caractéristiques de notre temps. Ce que je propose est donc très simple : rien de plus que penser ce que nous faisons.»

«La société de masse est peut-être encore plus sérieuse, non en raison des masses elles-mêmes, mais parce que cette société est essentiellement une société de consommateurs, où le temps du loisir ne sert plus à se perfectionner ou à acquérir une meilleure position sociale, mais à consommer de plus en plus, à se divertir de plus en plus... Croire qu'une telle société deviendra plus «cultivée» avec le temps et le travail de l'éducation, est, je crois, une erreur fatale... l'attitude de la consommation, implique la ruine de tout ce à quoi elle touche.» (La Crise de la culture)

«Le totalitarisme remplace tous les vrais talents par ces illuminés et ces imbéciles dont le manque d'intelligence et de créativité reste la meilleure garantie de leur loyauté.»

«Politiquement, la faiblesse de l'argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu'ils ont choisi le mal.» (Responsabilité et jugement)

«Priver un individu de ses droits fondamentaux, c’est d’abord le priver de la capacité du politique. »

«Les hommes qui ne pensent pas sont comme des somnambules.»

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«En réaction au besoin humain de se connecter à quelque chose de plus profond et de plus satisfaisant que les convoitises suicidaires de nos sociétés, des individus du monde entier font preuve de créativité, de courage et d’intelligence pour s’extirper de leurs façons de vivre conditionnées. Dans un sens, on peut les dire à contre-culture, dans un autre sens, ils se sont engagés à suivre un impératif culturel plus profond, enraciné dans l’appréciation de la terre, de la vie et de la beauté des choses simples. ... Suis-je un anarchiste, un fauteur de trouble, un rebelle, un agitateur, parce que je veux participer à quelque chose de totalement nouveau? Si oui, alors, je suis un ‘anarchiste, non-violent et compatissant’.»
~ William Martin, essayiste, traducteur, peintre et poète américain

Peut-on penser par soi-même?

Que veut dire penser par soi-même? Est-ce penser en dehors de toutes les influences extérieures? Est-ce confronter ses idées à l’expérience de la vie pratique quotidienne?
   Penser par soi-même est le propre d’une démarche philosophique, celle qui consiste à chercher la vérité individuellement pour arriver à mieux se connaître soi-même et les autres et agir en toute liberté, selon des principes applicables en toutes circonstances.
   Penser par soi-même n’est pas un acte naturel. Cela exige un effort, un travail sur soi pour lutter contre ses instincts, ne pas s’attacher à ses pensées et ne pas subir les influences extérieures. Penser par soi-même est d’abord un acte d’un individu responsable et autonome. Mais où se placer pour penser par soi-même? Dans l’Être ou le paraître?

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La philosophie, une réponse à la violence

La violence règne en permanence dans la vie quotidienne et elle devient relativement banalisée par les crimes, les guerres, les discours, les images… Est-elle le fruit d’un comportement naturel qui excuse toute acte violent? Y-a-t’il une autre alternative à la violence?
   Le mot violence vient du grec bia et du latin violentia, qui veut dire l’acte de «violer». La violence implique toute action contraire à l’ordre (moral, juridique, politique) ou à la disposition harmonieuse de la nature. Elle porte en elle un élément de chaos, de transgression et d’imprévisibilité.

La violence : un comportement naturel?
En langage populaire, la violence désigne une utilisation excessive ou agressive de la force physique qui conduit à une relation de brutalité ou d’inhumanité envers l’autre. Mais réduire la violence à un comportement naturel et instinctif conduit à détruire toute notion de responsabilité humaine et, par conséquent, à excuser ceux qui pratiquent la violence.

Article intégral :

12 juillet 2018

«Reculs, victoires et nouveaux dangers»

Pierre Dansereau, qui a consacré sa vie aux sciences  environnementales, se réjouirait de la victoire de la rainette faux-grillon (David) contre Groupe Maison Candiac (Goliath). «L’intégrité de la nature – de toutes ses espèces et de tous ses écosystèmes – est la clé de cette vision globale sans laquelle l’espèce humaine court à sa propre extinction... car l’immense réservoir biologique est en voie de drainage accéléré à cause de notre incurie, de notre manque de respect pour la planète. Nous appauvrissons chaque jour le patrimoine des générations à venir», écrivait-il en 1990 dans l’avant-propos de «La nature aux abois; Les espèces menacées de disparition au Canada» (1).

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava. Xavier Lachapelle-Trouillard montre les feuilles d’un saule irrigué avec des eaux usées. Tandis que les projets gaziers/pétroliers se multiplient, de jeunes chercheurs essaient de trouver des solutions à la pollution galopante. Depuis 2016, à Saint-Roch-de-l’Achigan, dans Lanaudière, les eaux usées irriguent une plantation de saules à croissance rapide dans le cadre du projet PhytovalP, une initiative de l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) de l’Université de Montréal et de Polytechnique Montréal. L’azote et le phosphore qui contaminent les eaux usées sont utilisés comme nutriments.

Je salue donc la décision du juge de la Cour fédérale René LeBlanc. Les juges conscients ne courent pas les rues... euh... les palais de justice.

La rainette faux-grillon peut être protégée sur une terre privée, selon la Cour fédérale

ICI Radio-Canada / Nouvelles | 9 juillet 2018

La Cour fédérale confirme la validité du décret d'urgence qui vise à protéger la rainette faux-grillon sur des terres privées de La Prairie, en Montérégie.
   En juillet 2016, Ottawa avait diffusé ce décret pour préserver l'espèce, menacée par un projet immobilier. Le promoteur Groupe Maison Candiac avait alors contesté la décision, qu'il considérait comme «une forme d’expropriation sans indemnisation».
  Deux ans plus tard, la Cour fédérale vient de trancher : protéger une espèce en péril sur des terres privées est tout à fait constitutionnel et ne peut être considéré comme une expropriation déguisée.
   «Le décret d’urgence ne saurait être invalidé pour l’un ou l’autre des motifs invoqués par Groupe Candiac», conclut le juge René LeBlanc.
   Rendu le 22 juin dernier, ce jugement d'une centaine de pages crée un précédent historique en ce qui a trait à la protection d'espèces menacées, selon Alain Branchaud, biologiste et directeur général pour le Québec de la Société pour la nature et les parcs (SNAP).
   «Le jugement vient dire : "Ce n'est pas une expropriation déguisée. Vous n'avez pas, d'une certaine façon, à avoir peur d'appliquer vos lois et de protéger ces espèces-là", résume-t-il. L'idée de protéger une espèce en péril et son habitat a sa valeur propre et un droit légitime.»
   Pour les écologistes, la décision du juge LeBlanc est donc une grande victoire.
   «Un tel discours – dans un jugement bien étoffé, solide, bien documenté, avec beaucoup de jurisprudence à l'appui – donne espoir à ceux qui militent en ce moment pour notre biodiversité, indique M. Branchaud. Le juge va même jusqu'à référer à la sixième grande extinction! »

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La sixième grande extinction – L’expression «sixième grande extinction» est souvent utilisée pour décrire la disparition d’un grand nombre d’espèces en raison des activités humaines. On l’emploie par analogie aux cinq extinctions massives qui ont marqué les temps géologiques. Celle du Crétacé, il y a 65 millions d’années, est la plus connue : 70 % des espèces vivantes avaient alors disparu, dont les dinosaures, après la chute d’un astéroïde sur la Terre.
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«Un jugement comme ça, on n'en voit pas souvent. Et c'est certainement un grand pas pour la protection des espères en péril.» (Alain Branchaud)
   Selon le quotidien La Presse+, Groupe Maison Candiac fera appel du jugement – au grand dam des groupes environnementaux qui se battent depuis 2013 pour bloquer la construction du développement résidentiel qui menace la rainette faux-grillon à La Prairie.
   Plusieurs facteurs menacent la survie de ces petites grenouilles, comme l'assèchement des étangs, la présence de castors et le développement immobilier.
   Entre 2004 et 2017, l'habitat de la rainette faux-grillon a diminué de moitié en Montérégie.


Milieux naturels : reculs, victoires et nouveaux dangers

Charles Côté | La Presse (2008)

En 2004, La Presse a publié une liste de 10 milieux naturels menacés autour de Montréal. Quatre ans plus tard, certains sont en voie d'être protégés. D'autres ont disparu, et d'autres encore sont toujours l'objet d'âpres contestations. Mais, dans l'intervalle, les militants sur le terrain constatent un changement dans l'attitude des citoyens et de certains élus.

La grenouille sauvée in extremis à Longueuil
Sur la Rive-Sud, La Presse avait identifié quatre milieux naturels. Le plus important, le marécage appelé Boisé du Tremblay, faisait l'objet de projets immobiliers atteignant 2 milliards en investissements publics et privés. Un nouveau quartier aurait vu le jour dans les 650 hectares abritant une espèce de grenouille en danger de disparition, la rainette faux-grillon, une forêt abritant quatre espèces de chênes, en plus de dizaines d'autres espèces rares.
   Quatre ans plus tard, l'essentiel du Boisé du Tremblay doit être soustrait au développement par la Ville de Longueuil. «Il y aurait entre 400 et 450 hectares protégés, soutient Tommy Montpetit, un biologiste autodidacte et militant tenace, qui a grandi sur la Rive-Sud. Dans les 200 hectares qui restent, il y a aussi beaucoup de rainettes et des milieux humides de qualité. On peut appeler ça une demi-victoire. Mais aussi près de Montréal, préserver 450 hectares, c'est exceptionnel.»


(1) Collectif d’auteurs scientifiques / Environnement Canada; Éd. Broquet Inc. 1990

La nature aux abois 
Les espèces menacées de disparition au Canada

Extrait de l’avant-propos de Pierre Dansereau

Photo : Jacqueline Vincent; Canada Lynx (Faune et flore du pays) 

L’Homme ne peut pas connaître sa place dans la nature s’il n’accepte pas le partage nécessaire avec les autres êtres vivants. Tout le monde ne peut pas avoir une conscience cosmique qui nous fait percevoir notre dépendance envers l’atmosphère, l’eau et la terre. Et pourtant, l’intuition poétique, la vision esthétique, le souci philosophique ne nous conduisent-ils pas tous au questionnement scientifique? Nous risquons de ne pas atteindre à une identité personnelle, sociale, culturelle ou politique si nous ne savons rien nommer des pierres, des plantes et des animaux qui sont en orbite autour de nous. La dimension où se place cette urgence, c’est la solidarité biologique.
   Confiant dans son pouvoir de maîtriser les forces de la nature, de soumettre les animaux, les plantes, le sol, l’eau et l’air, l’Homme a remanié presque tous les écosystèmes naturels. Son génie d’inventeur lui a fait détourner presque toutes les sources d’énergie à son profit. Sa grande intelligence ne lui faisait pourtant pas voir les contraintes sans précédent qu’il imposait à l’air à l’eau et au sol en les polluant, aux plantes et aux animaux en les surexploitant et en leur imposant des stress nouveaux. La face de la planète porte aujourd’hui des plaies qui ne se cicatriseront jamais : des sols irréversiblement érodés, des espèces et variétés de plantes et d’animaux et même des tribus humaines disparues sans retour.
   La belle Gaïa du Septième Jour était un superorganisme qui s’était lentement dégagé d’une matière où le jeu du feu et du froid avaient enfin permis l’assemblage minéral favorable à l’apparition de la vie. Les laves de la pyrosphère, la croûte de la lithosphère, les gaz de l’atmosphère, les ruisseaux et les abîmes de l’hydrosphère se sont assemblés en une matrice enfin hospitalière au déroulement d’une évolution organique conquérante : la biosphère nous apparaît aujourd’hui non pas superposée aux éléments minéraux, mais formant corps avec eux, agissant comme force modératrice des températures, des précipitations, des cyclages minéraux-végétaux-animaux par le prélèvement sélectif que font d’innombrables êtres vivants, dotés de processus complémentaires.

Photo : Larry Kowalchuck; Common Blue Damselfly (Faune et flore du pays) 

L’éclatement de la noosphère, déjà visible chez les nombreux animaux architectes et ingénieurs (abeilles, hirondelles, castors), permet une réorientation des ressources et de leur cyclage, une canalisation des flux d’énergie et même la constitution d’écosystèmes nouveaux. L’escalade de la prise de possession de la planète par l’être humain nous fait voir les étapes de la libération de sources d’énergie latentes. Les paysages de la terre portent diversement la marque des phases successives de cette appropriation et de leur impact croissant. Si l’on peut se réjouir de l’amélioration du blé, du riz et du maïs, de l’efficacité du chemin de fer et de l’avion, du rayonnement de l’Acropole et des bienfaits de la télévision, on ne peut contempler sans angoisse les retombées d’une agriculture simplifiée et empoisonnée, d’une industrie manufacturière et des transports polluante, d’une urbanisation étouffante, d’un réseau d’information asservi aux intérêts matériels.

Photo : Adam S. Vanbergeyk; Pond (Faune et flore du pays)

En cette fin de siècle, les imprévoyances accumulées au cours des étapes de la «progression des peuples» nous laissent en présence de gaspillages, de destructions, d’extinctions, de perversions et de crimes inscrits visiblement non seulement sur la face des villes, sur les effluents des usines, sur les cultures et les pâturages, mais aussi sur les forêts, les savanes, les prairies, les lacs, les rivières, les falaises et même sur les glaces de l’Antarctique. Ce spectacle alarmant de la ville, de l’usine, de la campagne et de la nature est le résultat d’une ingéniosité humaine dangereusement en avance sur la raison, la sagesse, la compassion auxquelles il faut faire appel pour arrêter l’élan de l’espèce humaine vers le suicide. Nous ne sommes pas des lemmings, et nous avons le pouvoir de faire échec à l’étrange attirance de l’autodestruction.
   Le salut est dans la solidarité, dans une désormais plus humble reconnaissance de notre appartenance à Gaïa, notre mère, menacée par notre ignorance, notre avidité, notre imprévoyance, notre indiscipline. La constatation de cette crise sans précédent nous oblige à «penser globalement» – à voir les conséquences universelles de nos erreurs accumulées – et à «agir localement» – à prouver par des gestes positifs que nous croyons l’individu et le petit groupe capables de contribuer au bien commun.
   Si nous mettons en perspective les problèmes et les urgences de la ville, de l’industrie, de la campagne et de la nature, quelle priorité pouvons-nous donner à la protection des espèces menacées? Confrontés à la faim dans le Sahel et le Bangladesh, au sida et au cancer dans le monde entier, par le nombre croissant des sans-abri dans le monde, à la pollution des eaux, des sols et de l’air, à l’analphabétisme et à la persécution religieuse et politique, nous reste-t-il des ressources à consacrer à un oiseau ou à une plante rares?

Photo : Bill McMullen; American Bittern (Faune et flore du pays) 

Oui, la solidarité que j’ai voulu définir ci-dessus nous y engage. Nous ressentons certes plus vivement les génocides qui ont touché diverses races et cultures humaines au cours du XXe siècle que la disparition de la tourte, du manchot boréal, du rhinocéros blanc. Et pourtant l’intégrité de la nature – de toutes ses espèces et de tous ses écosystèmes – est la clé de cette vision globale sans laquelle l’espèce humaine court à sa propre extinction ... [car] l’immense réservoir biologique est en voie de drainage accéléré à cause de notre incurie, de notre manque de respect pour la planète. Nous appauvrissons chaque jour le patrimoine des générations à venir.

Pierre Dansereau 1911-2011 – Un phare intellectuel et moral
Louis-Gilles Francoeur
Le Devoir | 30 septembre 2011| Environnement

Si Pierre Dansereau est reconnu aujourd'hui comme un des grands pionniers des sciences environnementales, un secteur qu'il a profondément marqué de son empreinte, cet homme au sourire en coin, un brin moqueur, et à l'oeil pétillant, était accessible à tous.
   Confiant dans l'intelligence humaine, mais jusqu'à un certain point dans la technologie à cause de ses dérives, ce scientifique d'une rigueur reconnue internationalement n'hésitait pas à s'en prendre aux excès du système économique actuel.
   Autant Darwin mettait l'accent sur l'impact de la compétition dans l'évolution des espèces, Dansereau a toute sa vie mis plutôt l'accent sur la «collaboration» entre les plantes, animaux et humains.

Portrait du scientifique environnemental :

Pour avoir une idée des espèces menacées au Canada en 2018 : 
Faune et flore du pays http://www.hww.ca/fr/ 

Nous sommes pris en sandwich entre l’eau et le feu 
(entre montée des océans, inondations et pétrole/gaz, incendies) 

Les grandes puissances industrielles se ruent vers le Grand Nord pour forer, extraire, chasser et pêcher, bref s’approprier toutes les ressources possibles. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien, nada! Le sénateur démocrate Bernie Sanders disait récemment :
“We are the 99% and it’s time we took power away from the 1%.”
Indeed. When enough is enough, justice comes.

Le jour où les glaciers du Groenland vont commencer à dégringoler par plaques, le Québec pourrait boire son bouillon d’onze heures...

LE MONDE – Une équipe de recherche de l’université de New York a passé une décennie à observer les glaciers du Groenland. Ils viennent de publier les images en timelapse d’un iceberg qui s’est détaché du glacier d’Helheim. D’une largeur de 6 km, de 800 m de profondeur et de 1,6 km de long, cet iceberg pèse entre 10 et 14 milliards de tonnes. C’est 3 % de la glace qu’apportera le Groenland en 2018 à la mer qui s’est détaché en trente minutes.
   Les chercheurs qui l’ont capturé étudient comment il contribue à l’élévation catastrophique du niveau de la mer dans le monde. Car ces phénomènes pourraient rendre l’Antarctique, au pôle Sud, instable. Les chercheurs cherchent à comprendre et à modéliser un éventuel effondrement de l’Antarctique. Le glacier d’Helheim, au Groenland, leur sert de laboratoire «naturel».



L’avenir de bien des pays insulaires et villes côtières est menacé par la montée des océans. Selon Climate Central, si la communauté internationale respecte ses engagements dans la lutte aux changements climatiques, la hausse des océans pourrait être limitée à 4,7 mètres... au lieu de 9 mètres. Les grandes villes côtières partout dans le monde devront s'adapter à cette nouvelle réalité.
   Selon des données collectées par la NASA Shuttle Radar Topogra, si le niveau de l’eau s'élevait de 60 mètres au-dessus du niveau de la mer, Montréal (QC) serait elle aussi menacée de disparaître en quasi totalité... ne laissant que ses plus hauts sommets comme le Mont-Royal, hors de l'eau. Un scénario du pire certes, qui donne tout de même à réfléchir...

Carte interactive villes et villages du Canada :

Pour voir à quoi pourrait ressembler votre ville selon différentes hausses de températures et du niveau des océans au Canada :

La situation des baleines noires semble s’améliorer à la suite des restrictions de pêche. Par contre la survie des petits rorquals serait menacée.

La mortalité des petits rorquals augmente, surtout au large du Nouveau-Brunswick

Photo: Alexandre Shields / Le Devoir

Halifax – Une quinzaine de petits rorquals ont été retrouvés morts, depuis le début de février, en mer ou sur les plages des Maritimes.
   Un groupe de protection des animaux affirme que le nombre de morts semble augmenter au sein d’une espèce de petites baleines au large de la côte Est, ce qui fait craindre que les cétacés soient victimes des mêmes menaces que les baleines noires de l’Atlantique Nord.
   Selon Tonya Wimmer, de la Marine Animal Response Society, une quinzaine de petits rorquals ont été retrouvés morts, depuis le début de février, en mer ou sur les plages des Maritimes, surtout dans le nord du Nouveau-Brunswick.

La Presse canadienne  9 juillet 2018 | Environnement

OIL-RIG/LEAK 7 juin. Déclaré le 9 juillet.

Presse Canadienne – Plus de 100 000 litres de pétrole et d'eau ont été déversés dans un marais à l'est de Jenner, dans le sud de l'Alberta, selon le nouveau propriétaire de puits de pétrole et de gaz naturel qui appartenaient jusqu'à récemment à Imaginea Energy.
   La fuite provient d'une ligne appartenant à Cor4 Oil, établie à Calgary, et les liquides ont descendu le long d'une colline pour rejoindre un marais, a indiqué la société de réglementation de la province, l'Alberta Energy Regulator (AER), sur son site web. «La fuite semble provenir d'une connexion entre un pipeline d'alimentation et une installation de traitement du pétrole», a déclaré le chef de la direction de Cor4, Colin Davies. «Le déversement touche des terres agricoles qui ne sont pas actuellement utilisées pour le pâturage», a-t-il ajouté.

Powerful Explosion in Wisconsin TownAt least two firefighters were taken to a hospital after a powerful explosion in Sun Prairie, Wisconsin, near Madison. The blast occurred after a contractor reportedly struck a natural gas line. (Associated Press July 10, 2018)