14 décembre 2013

Le Dr Julien

Dr Gilles Julien

En ce 14 décembre, tandis qu’on commémore les sinistres conséquences de la «culture armée» (à Newtown), ici, l'on promeut la «culture des enfants».

J’éprouve une grande admiration pour l’immense travail du pédiatre social Gilles Julien, dont les résultats sont spectaculaires. Sa façon de parler des enfants est si inspirante, qu’on a envie de s’impliquer sur le champ. Il y a toutes sortes de façons de le faire, alors visitez son site pour les détails : http://fondationdrjulien.org/ . La Guignolée du Dr Julien, c’est une fois par année, mais les besoins essentiels du corps et de l’esprit, c’est à longueur d’année qu’on doit les combler…

Le Garage à musique



Mot du Dr Julien
Inspirer et mobiliser
(Octobre 2013)

Un des objectifs de notre approche de pédiatrie sociale en communauté, c'est d'inspirer la communauté, les jeunes et les familles en particulier, pour travailler ensemble à une plus grande équité.

Récemment nous avons eu un témoignage clair sur notre capacité à mobiliser une communauté lors de notre visite aux « Petits gourmets dans ma cour », un projet issu de l'esprit entrepreneurial de la famille de Josée Lefebvre. Le 4 octobre dernier, nous étions conviés à un 5 à 7 à Laval, dans le quartier Duvernay, pour rencontrer nos associés et bienfaiteurs qui rendaient compte de leur grand projet de mobilisation de la communauté. Leur activité-bénéfice, un souper communautaire préparé par les gens du voisinage et servi par les enfants, a permis d'amasser 32 500 $, dont 12 500 $ seront remis au centre de pédiatrie sociale de Laval et le reste, à la Fondation.

Quand des enfants se mobilisent pour une cause, et c'est souvent le cas pour la nôtre, on peut être certain qu'une voie s'ouvre toute grande pour changer le monde.

Voilà qui nous donne espoir et énergie pour continuer notre travail auprès des enfants!

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Plus près de chez nous, dans nos quartiers montréalais, les enfants ne trouvent pas beaucoup de place à eux où on respecte leur droit de vivre pleinement. La rue est dangereuse, les ruelles sont délabrées et peu fréquentables, les logements sont souvent inadéquats, les beaux parcs se font rares et les adultes non recommandables sont nombreux à tourner autour.

En cette période électorale, j'aimerais suggérer des idées pour redonner la ville aux enfants (extrait d'un texte paru dans le livre Rêver Montréal, ouvrage collectif sous la direction de François Cardinal, paru aux éditions La Presse) :
       «Montréal appartient à chacun de nous et c'est à nous tous qu'il importe d'en fabriquer le terreau.
       Relancer Montréal, c'est ramener la créativité au centre de tous ceux qui y habitent, c'est ramener la liberté des initiatives des milieux et de l'entraide spontanée, c'est aussi et surtout ramener le savoir-vivre et le savoir-être tous les jours de l'année entre Montréalais.
       Je propose de commencer par les enfants. C'est plus facile, car ils sont déjà en soi un terreau fertile. Ils sont prêts et pourront certainement nous influencer.
       Commençons par les plus souffrants dans les nombreux quartiers défavorisés de Montréal. Demandons-leur ce qu'ils souhaitent de Montréal, leur ville. Ils la veulent belle et fière, ils souhaitent de beaux parcs et des endroits où ils peuvent jouer en toute liberté et sécurité. Ils optent pour un logement où ils ont un espace à eux sans rats, coquerelles, moisissures et autres rampants qui leur font tellement peur. Mais surtout, ils veulent des adultes qui s'intéressent à eux, qui se conduisent bien avec eux, qui les respectent et qui leur servent de guide et de mentor.
       Puis, il y a tous ceux qui veulent découvrir leur ville, se l'approprier, marcher ses ruelles, franchir sa montagne, explorer son île majestueuse et garder l'espoir d'y contribuer un jour.
       Mon plus grand espoir, c'est celle de redonner notre ville à tous les enfants, une ville où ils sont aimés et privilégiés dans tous ses recoins, cachés ou non, une cité unique où l'on se préoccupe de leur bien-être et de leurs droits, en priorité.
       Mon plus grand souhait, c'est que tous les décideurs de Montréal, toutes les personnes influentes et tous les adultes consentants se mobilisent pour le succès de tous les enfants, pas seulement une fois l'an, mais chaque jour dans son milieu.
       Ce serait le moyen de redonner à notre Montréal toute la fierté qui lui revient.
       Elle se ferait belle pour ses enfants.»

Dr Gilles Julien, C.M., O.Q.
Pédiatre social
Président et Chef de la direction

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Vous aimerez sûrement le dernier ouvrage de Matthieu Ricard :

Plaidoyer pour l'altruisme
La force de la bienveillance
Éditions NIL

Abreuvés d'images violentes, confrontés à une société en crise, on n'imagine pas la force de la bienveillance, le pouvoir de transformation positive qu'une véritable attitude altruiste peut avoir sur nos vies au plan individuel et, partant, sur la société tout entière. Moine bouddhiste depuis près de quarante ans, Matthieu Ricard, lui, expérimente les vertus de l'altruisme au quotidien. Au carrefour de la philosophie, de la psychologie, des neurosciences, de l'économie, de l'écologie, Plaidoyer pour l'altruisme est la somme d'années de recherches, de lectures, d'expériences, d'observation et de réflexion.
       Avec le sens de la pédagogie qui le caractérise et toujours en s'appuyant sur des exemples très concrets, l'auteur de Plaidoyer pour le bonheur démontre point par point que l'altruisme n'est ni une utopie ni un vœu pieux, mais une nécessité, voire une urgence, dans notre monde de plus en plus interdépendant à l'heure de la mondialisation. Un essai passionnant, inspiré par un humanisme et une lucidité qui emportent l'adhésion.

http://www.matthieuricard.org/

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Solidarité
Par Jérôme Ravenet  

Qu'est-ce que la solidarité? Elle signifie d'abord l'entraide, le secours mutuel. Mais sous cet angle, la solidarité morale paraît naïve : qu'est-ce qui justifie que j'aide autrui? Le mérite-t-il? Et en ai-je les moyens, si l'on s'avise qu'il y a toujours un autre à aider? La solidarité se coupe même l'herbe sous les pieds! Pourra-elle résister à l'assaut de l'égoïsme si elle n'est qu'un devoir imposé de l'extérieur? C'est pourquoi il a fallu que les états modernes s'en occupent : les ministères de la solidarité sont peut être un peu froids mais déclinent en actions institutionnelles ce que la fraternité (républicaine ou autre) n'a jamais pu faire faire au coeur humain. Béquille sans doute, mais d'une fraternité handicapée qui n'a pas de leçon à lui donner...
       En un sens plus profond, la solidarité est la conscience de ce qui nous relie aux autres, au reste du vivant, voire à l'ensemble de la Nature. Pratityasamutpada ou coproduction conditionnée pour les Bouddhistes (Samyutta Nikaya, II-28), elle est également le principe de la morale taoïste (F. Jullien, 1995) ou le principe de solidarité énoncé à l'article I de la Constitution du GODF. Elle peut prendre un sens métaphysique et désigne alors l'unité foncière qui relie tous les existants par-delà leur individualité apparente, y compris les bêtes, les fleurs et les pierres - car la fraternité universelle peut après tout s'étendre jusque là. Notre individualité n'est qu'un miroitement, un peu d'écume sur l'océan de l'existence, une illusion au-dessus d'une mer d'indifférenciation. Toutes les existences n'en font qu'une. C'est la compréhension de cette vérité qui nourrit ou fonde la Compassion bouddhiste (nous "inter-sommes" dit Thich Nhat Hahn), comme la fraternité universelle des Maçons, ou le sens confucéen de l'humain, etc.
       La solidarité métaphysique ne converge-t-elle pas en profondeur avec l'écologie définie comme science des interrelations? Et si c'est le cas, ces spiritualités ne mériteraient-elles pas d'entrer en dialogue avec elle? Ne mériteraient-elles pas d'être entendues pour la perspective alternative qu'elles apportent aux débats juridico-scientifiques?

Bibliographie
Jullien F., Fonder la morale, Paris, Grasset, 1995.
Le Nouveau Phalanstère
https://sites.google.com/a/volubilys.fr/phalanstere2/philosophie-et-sciences-humaines/soli

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Vous aimerez peut-être «Pourquoi l’égalité profite à tout le monde» :
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2012/09/premier-anniversaire-occupy.html

Extrait de : La juste part, Repenser les inégalités, la richesse et la fabrication des grille-pains par David Robichaud et Patrick Turmel. Tout le monde devrait lire ce livre. À commencer par les gouvernants, les entrepreneurs et les économistes. Un brillant exposé accessible au commun des mortels.

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