20 juillet 2018

Énergies fossiles : des lendemains qui désenchantent

Le premier ministre Trudeau se fait pousser par des provinces ayant souvent des objectifs opposés. Il a donc procédé à un remaniement ministériel pour mieux s’armer en prévision des batailles électorales de 2019. On sent l’épuisement au combat : «La donne est en train de changer, et à travers le pays, avec les différentes élections provinciaux (sic)... Le contexte international est en train de changer...» Des petits bas avec des gants de boxe seraient une bonne idée.
   La légalisation de la marijuana a été une diversion traitée comme une priorité qui a fait perdre beaucoup de temps aux élus. Le protectionnisme américain continue de causer de graves maux de tête. Quand Trudeau parle de l'unité entre les provinces canadiennes, on se demande à quel sujet... Cependant, Trudeau a concrétisé son plan de lutte contre les changements climatiques en achetant le pipeline Trans Mountain à même la cagnotte publique – aux applaudissements de l’Alberta et de la Saskatchewan, mais sans l’approbation des autres provinces ni des contribuables. Chic!

Stade olympique : sept militants de Greenpeace contre Trans Mountain seront accusés

La Presse canadienne 19 juillet 2018 – Sept militants de Greenpeace Canada ont été arrêtés jeudi après avoir déployé une bannière géante sur la tour du Parc olympique de Montréal en protestation contre l’implication du gouvernement du Canada dans l’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain, dans l’ouest du Canada.

Photo : Photo : Greenpeace Twitter

Le gouvernement du Canada a annoncé il y a quelques semaines qu'il se portait acquéreur de l'entièreté du controversé projet d'oléoduc, pour 4,5 milliards $. L'accroissement de la capacité de l'oléoduc actuel de Kinder Morgan devrait permettre de tripler l'acheminement quotidien de pétrole lourd de l'Alberta vers le port de Vancouver, pour fins d'exportation vers l'étranger.

Rappel : «Les oléoducs sont plus sécuritaires» rabâchent les promoteurs. N’allons surtout pas croire que la multiplication des oléoducs réduira le transport ferroviaire qui a l’avantage de faciliter les transbordements. Le pipeline est simplement un moyen additionnel de transporter plus de pétrole et de gaz. Je vous laisse juger des risques : entre 2004 et 2012 en Amérique du nord, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), à distances comparables les oléoducs ont déversé trois fois plus de pétrole que les trains. En outre, les déversements sont rarement détectés sur-le-champ de sorte qu’ils s’échappent dans la nappe phréatique. Voyez les articles Lac-Mégantic 1 et 2 (4 juillet 2018), ainsi que Gisement de Bakken (8 juillet 2018). Tout se déglingue, tant les rails, les wagons que les pipelines, surtout s’ils sont mal entretenus. La solution est simple : réduire, limiter à l’essentiel, au lieu d’augmenter la production et le transport des matières dangereuses issues du pétrole et du gaz.

DES TECHNIQUES DE PERSUASION SOURNOISES

1. Quelqu'un envoie de mystérieux robocalls à travers le canada à propos du projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain

Fatima Syed | The National Observer | Le 16 juillet 2018

Depuis le 1er juillet, les Canadiens reçoivent de mystérieux appels automatisés au sujet du projet d’expansion de l'oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan. Des sources de la région du grand Toronto disent qu'ils ont été appelés la semaine dernière : #kindermorgan # abpoli #bcpoli #cdnpoli #tmx

«Il y avait une voix robotique à l'autre bout de la ligne.» L'appel venait de quelqu'un qui utilisait le code régional 647, identifié sur l'écran du téléphone comme «Dites-le à la mairie» (Tell city hall). Le robot demandait de participer à un sondage sur le pipeline Trans Mountain. «C'était un appel bizarre, a déclaré un résident de Toronto qui voulait garder l'anonymat parce qu'il travaille pour les gouvernements municipal et fédéral. Je pensais que l'appel me demanderait des commentaires sur ma participation passée à plusieurs études sur l'engagement civique.»  


Les Canadiens de partout au pays reçoivent ce genre d'appels depuis la fête du Canada. Quatre résidents de Toronto et de Mississauga ont dit à National Observer qu'ils avaient été contactés par le mystérieux groupe la semaine dernière. Lorsque vous acceptez la demande, un lien envoyé par message texte à partir d'un numéro du Québec, dit «merci d'avoir accepté de partager votre opinion sur des questions importantes pour tous les Ontariens», avant de lancer une série de questions sur l'expansion du pipeline Trans Mountain.
   National Observer a appris que le sondage est mené pour le compte du gouvernement albertain. «Dites-le à la marie» est un programme de la firme spécialisée en études de marché Advanis Inc. dont le siège social est à Waterloo en Ontario. En activité depuis plus de 25 ans elle n’offre ses services qu'au gouvernement et à des organismes sans but lucratif.
   Le «sondage d'opinion» initié le 1er juillet vise 20 000 répondants dans l'ensemble du pays. Aucune ville ou province n'est visée plus qu’une autre; et les territoires sont exclus.
   «Il s’agit d’une recherche pour vérifier l’efficacité des message d’information», a déclaré David Sands, le porte-parole du gouvernement de l'Alberta. «Nous essayons de trouver les gens qui sont préoccupés par le projet Trans Mountain. Nous leur donnons de l'information, et nous leur demandons ensuite s’ils se sentent moins inquiets ou plus préoccupés.»
   L'enquête a été commandée et conçue par l'équipe du service Communications et engagement public du gouvernement albertain. Le coût du sondage téléphonique fait partie de la campagne publicitaire pro-pipeline annoncée en mai par la première ministre Rachel Notley. Elle avait déclaré que la province dépenserait 1,2 million de dollars pour une campagne publicitaire en faveur des pipelines afin de convaincre le public que le pipeline profiterait à tous les Canadiens. À l'époque, elle avait dit que la campagne publicitaire qui résulterait de cet investissement ciblerait principalement les britanno-colombiens.

Article intégral en anglais :

2. Un coup de semonce pour les libéraux de Trudeau en Ontario avec une campagne «pro-pipeline» agressive  

Fatima Syed et Robert Cribb |The National Observer | Le 5 juillet 2018

Le plus important groupe de pression pétrolier et gazier du Canada a mené une guerre de terrain politique qui a ciblé les électeurs de 13 «circonscriptions libérales vacillantes» de l'Ontario avec des panneaux publicitaires installés dans des «endroits de grande visibilité» de la région de Toronto; et 400 000 dépliants pro-pipeline ont été envoyés via Postes Canada, selon une enquête en cours de National Observer / Toronto Star / Global News.

Photo : Alex Tétreault. Canada's Energy Citizens, a group operated by the Canadian Association of Petroleum Producers, set up a booth at the Manning Networking Conference 2018, held at Ottawa's Shaw Convention Centre, on Thursday February 8th, 2018.

Les détails de la campagne de l'Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) figurent dans un dépliant qui fut distribué lors d'un sommet parrainé par le gouvernement, à Vaughan, près de Toronto, où l'Association avait un stand. Le dépliant expliquait comment le groupe de pression s'était engagé dans une «campagne de terrain en Ontario» entre le 8 avril et le 29 mai – période au cours de laquelle le gouvernement fédéral décidait du sort du projet d'agrandissement du pipeline Trans Mountain.
   La campagne d’ACPP incluait 13 manifestations à travers le pays, l’installation de panneaux d'affichage, une énorme pression auprès des médias sociaux et des centaines de milliers de lettres au public concernant leur lutte pour la concurrence et l'accès aux nouveaux marchés du pétrole et du gaz. Le groupe de Calgary a également envoyé 24 000 lettres à des «décideurs clés», dont le premier ministre de la Colombie Britannique, John Horgan, la première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, et le ministre fédéral des ressources nationales, Jim Carr, selon le document divulgué par l’ACPP.

Article intégral en anglais :

L’Association pétrolière et gazière du Canada est sur le point de prendre les décisions les plus importantes pour notre économie depuis le crash de 2014

Pour la première fois en quatre ans, il pourrait y avoir plus de 20 milliards de dollars à dépenser dans l'industrie canadienne du pétrole et du gaz qui cherche à s'orienter. Voyez les options : article intégral en anglais par Peter Tertzakian | Financial Post | Le 17 juillet 2018         

LES «VRAIS» LENDEMAINS QUI DÉSENCHANTENT

Le déraillement de Saint-Polycarpe inquiète à Lac-Mégantic
ICI Radio-Canada Nouvelles | Le 17 juillet 2018

Photo : Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST). Le nettoyage et le dégagement de la voie ferrée, la principale ligne ferroviaire du Canadien Pacifique au pays, s'annoncent longs et ardus.

Le gouvernement fédéral et les compagnies ferroviaires n'ont rien appris de la tragédie de Lac-Mégantic, qui a fait 47 victimes dans la nuit du 5 au 6 juillet 2013, selon la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic.

La Coalition réagissait au déraillement survenu à Saint-Polycarpe, où un train de marchandises transportant 95 wagons, dont plusieurs wagons-citernes remplis de diesel et de gaz propane, a quitté les rails lundi. Il s'agit d'un deuxième déraillement en une semaine après celui survenu à Saint-Constant le 10 juillet dernier.
   «Depuis que la loi permet aux compagnies de s'autoréglementer et d'être responsables de leur propre sécurité ferroviaire, on n'entretient plus les voies ferrées, on n'entretient plus le matériel roulant; on les laisse s'user à la corde, jusqu'à ce qu'il se produise un accident», déplore Robert Bellefleur, porte-parole pour la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic.
   «Il faut absolument changer cette façon de faire au Canada. Il faut que Transports Canada redevienne le chien de garde qu'il était auparavant, parce qu'on ne doit pas laisser les compagnies être les maîtres-d'oeuvre de la sécurité ferroviaire... c'est comme laisser la surveillance du poulailler au renard...», image-t-il.


La circulation ferroviaire reprend à Saint-Polycarpe
ICI Radio-Canada Nouvelles | Le 18 juillet 2018 à 14 h 19

Photo : Alexandre Letendre. Le CP a reçu des renforts, mercredi matin.

La circulation ferroviaire est partiellement rétablie à Saint-Polycarpe, en Montérégie, à la suite du déraillement d'au moins 25 wagons-citernes survenu plus tôt cette semaine sur la voie principale des trains de marchandises qui relie Montréal à Vancouver. Mais l'opération nettoyage du Canadien Pacifique (CP) est loin d'être terminée.
   Car les wagons qui ont déraillé n'ont toujours pas encore été vidés de leur contenu – une opération délicate qui pourrait prendre plusieurs jours.
   Les voitures ont été déplacées, tout simplement, ce qui a permis de dégager la voie vers minuit, dans la nuit de mardi à mercredi. Le directeur du Service de sécurité incendie de Saint-Clet, Saint-Polycarpe et Rivière-Beaudette, Michel Bélanger, a confirmé la reprise de la circulation, mais sur une seule voie ferrée du tronçon, celle en direction de l'ouest.
   Les opérations de dégagement sont sous la responsabilité du CP. Toutefois, la société ferroviaire n'a accordé aucune entrevue depuis l'accident.
   C'est plutôt le ministre Martin Coiteux qui a pris la parole, mardi. «Ils vont devoir transvider les matières dangereuses pour les sortir des wagons qui ont déraillé, donc il y a beaucoup de précautions qui doivent être prises, a-t-il expliqué. On veut s’assurer que c’est fait correctement pour la sécurité de la population et la protection de l’environnement.» Ces matières dangereuses seront transbordées dans des camions-citernes, qui sont arrivés sur place mercredi.
   Certains des wagons transportaient du propane et du diesel. Un wagon transportant du propane est même tombé dans la rivière Delisle, mais il ne s'est pas enflammé.
   Les pompiers et le ministère de l'Environnement soutiennent qu'aucun déversement toxique n'a eu lieu.

Photo : Pascal Marchand. Le déraillement du train du CP à Saint-Polycarpe n’a pas causé de déversement de matière dangereuse, selon le ministère de l'Environnement.

Déraillement de train à Saint-Constant
ICI Radio-Canada Nouvelles | Le 10 juillet 2018

Le Canadien Pacifique explique que cinq wagons en tout ont déraillé. Aucune matière dangereuse n'a été déversée, assure le CP. Quatre des wagons impliqués transportaient des rouleaux d'acier et le cinquième transportait du bois. Le train avait en tout 40 wagons, dont deux étaient vides.

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