16 décembre 2017

Pourquoi faut-il «quêter» pour les enfants défavorisés?

Aujourd’hui se tenait la 15e édition de la Guignolée du Dr Julien

Qu’est-ce que la Guignolée du Dr Julien?

La Guignolée du Dr Julien permet d’amasser des fonds au profit des centres de pédiatrie sociale en communauté certifiés et membres du réseau de la Fondation du Dr Julien. D’autres centres, en voie de certification, tenaient aussi leur propre guignolée.
    L’argent recueilli lors de ces guignolées sert à offrir des services professionnels à près de 5 500 enfants en situation de grande vulnérabilité, ainsi qu’à leurs familles, à travers le Québec.
    Chaque centre utilise les dons amassés pour financer ses services, incluant des suivis médicaux, psychosociaux, psychoéducatifs et éducatifs; des thérapies innovantes (art-thérapie, ergothérapie et musicothérapie) et des services spécialisés (orthophonie, psychologie, pédopsychiatrie et neuropsychologie). Diverses activités sportives et culturelles (camps de vacances, cours de musique, théâtre, spectacles, etc.) sont également offertes aux enfants dans un but thérapeutique, à la suite du plan d’action établi en clinique. 


Différentes façons de donner à la Guignolée
• En ligne : www.guignoleedrjulien.org
• Par téléphone : 1-855-DRJULIEN
• Par texto : Textez DRJULIEN au 20222
• Par la poste : Fondation Dr Julien, 1601, rue Aylwin, Montréal (QC), H1W 3B9

La collecte de fonds se poursuivra la semaine prochaine.
Pour en savoir plus : www.guignoleedrjulien.org

POURQUOI FAUT-IL «QUÊTER» POUR OFFRIR UNE VIE ET UNE ÉDUCATION DÉCENTES AUX ENFANTS DÉFAVORISÉS?

Quelques réponses.  

Le Canada riche, mais inégalitaire pour les enfants, selon l'UNICEF
ICI Radio-Canada Économie | Le jeudi 14 avril 2016

En 2015, 19 % des enfants au Canada vivaient dans la pauvreté.

Le Canada est l'une des sociétés riches les plus inégalitaires pour les enfants, affirme le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), à l'occasion de la publication du rapport comparant leur situation dans les grands pays occidentaux.
    Le Bilan Innocenti 13 : Équité pour les enfants classe le Canada au 26e rang sur 35 pays dans les quatre principaux domaines utilisés pour comparer le bien-être des enfants, soit le revenu, l'éducation, la santé et la satisfaction à l'égard de la vie.
    Dans ce classement des inégalités, le Canada vient au 24e rang sur 41 pays en matière de revenu, 24e sur 35 en santé, 14e sur 37 en éducation et 25e sur 35 pour la satisfaction des enfants à l'égard de la vie. Le nombre de pays pris en compte varie en fonction de la disponibilité des données permettant de les classer.
    Selon l'UNICEF, le Canada compte en fait «parmi les quelques pays où l'égalité a nettement reculé au cours des dernières années», aux côtés de la France, de l'Islande et de la Suède. Les dividendes n'ont pas été répartis équitablement, dit-elle, et «peu de progrès, voire aucun,» a été réalisé depuis 10 ans.
    L'agence note tout de même que pour certains aspects du bien-être, le Canada «ne se situe pas très loin des pays qui affichent le meilleur rendement».
     L'UNICEF recommande aux différents paliers gouvernementaux d'investir plus tôt et davantage dans les enfants, d'œuvrer à récolter de meilleures données afin d'effectuer un meilleur suivi, et de mettre en place des politiques favorisant des services et des résultats équitables pour tous les enfants.
    «En tant que Canadiennes et Canadiens, nous avons le privilège de vivre dans un pays riche. Nous n'avons aucune excuse pour les inégalités qui continuent d'exister entre nos enfants.» ~ David Morley, président et chef de la direction d'UNICEF Canada
    «On n'a pas investi autant que les autres pays riches pour stimuler les revenus familiaux, pour offrir suffisamment de services de qualité à l'enfance. On a besoin d'investir dès le début pour les enfants qui sont au bas de l'échelle. Parce que les inégalités s'accumulent [pendant] leur vie. Si on investit dès le début, ça va être mieux pour les enfants en général.» ~ Carleen McGuinty directrice adjointe des politiques et programmes internationaux à UNICEF Canada

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Plus d'inégalités encore en 2018?
Gérald Fillion | Le vendredi 15 décembre 2017
[Extraits]  

Photo : Getty Images / Spencer Platt. Près de la moitié des richesses mondiales sont maintenant détenues par seulement 1 % de la population.

Des promesses électorales au Québec et en Ontario. Des élections majeures auront lieu au Canada en 2018 dans les deux plus grandes provinces du pays. Je m’intéresse aux cadres financiers des partis et à leurs promesses. Ces documents signifient quelque chose et il est primordial que ces engagements, qui sont un socle démocratique réel, ne soient pas que de vaines promesses. Pour refaire le lien de confiance entre les décideurs et la population, il est plus que temps que les bottines suivent les babines. Le Québec nage dans les milliards. Pourquoi ne pas lancer un vaste projet en éducation pour amener le Québec au niveau des pays scandinaves en matière d’enseignement, de connaissances, de réussite, avec un taux élevé d’obtention de diplômes professionnels, postsecondaires et universitaires?

Les impôts vont baisser en 2018 aux États-Unis. Le président Trump et les républicains misent sur des allègements fiscaux qui vont profiter à une grande partie de la population dans les premières années, mais qui, à moyen terme, finiront par bénéficier très largement aux plus riches de la société. Ainsi, selon le Tax Policy Center, le revenu après impôt des personnes qui touchent moins de 50 000 $ par année n’aura pas du tout augmenté. En retour, les personnes qui font partie du 1 % des gens les plus riches verront leur revenu croître de 2,6 %, selon la proposition de la Chambre des représentants, ou de 1,1 % selon celle du Sénat. Autrement dit, la réforme fiscale du président Trump va contribuer à aggraver les inégalités.

«Le problème avec les paradis fiscaux, ce sont les paradis fiscaux.» C’est ce que nous disait à RDI économie le philosophe et auteur Alain Denault, début novembre, dans la foulée des révélations sur les Paradise Papers. Croyez-le ou non, 63 % des profits des sociétés américaines sont déclarés dans des paradis fiscaux ou dans des pays à la fiscalité complaisante. N’est-il pas venu le temps que ce genre de mascarade s’arrête? [...] L’équipe de chercheurs de Thomas Piketty, dans un important rapport déposé jeudi sur les inégalités, propose d’imposer les profits des sociétés en fonction de la proportion de leurs ventes dans les différents pays.

L’environnement, ça vous dit quelque chose? «On ne va pas assez vite et c’est ça le drame, a dit le président français Emmanuel Macron cette semaine. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.» Deux ans après la conférence de Paris sur le climat, les choses ne bougent que très lentement. Oui, de plus en plus de banques ont décidé de cesser de financer les énergies fossiles, oui, des grands fonds ont décidé de se retirer progressivement de ces investissements. Mais, dans les faits, le travail de réduction des gaz à effet de serre doit s’accélérer. La France montre du doigt le Canada : il faut cesser de développer les sables bitumineux, ces énergies fossiles parmi les plus polluantes de la planète. Le Canada veut-il faire partie de la solution?


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Une poignée de milliardaires se partagent la richesse du monde

L’organisation non gouvernementale britannique Oxfam dénonçait cette situation lors du Forum économique mondial de 2017. «Il est indécent que tant de richesse soit concentrée dans les mains d'une si infime minorité, quand on sait qu'une personne sur 10 dans le monde vit avec moins de 2 $ par jour», déclarait la porte-parole d'Oxfam France, Manon Aubry.
    Le rapport dévoilé par son organisation montrait «comment les grandes entreprises et les individus les plus riches exacerbent les inégalités, en exploitant un système économique défaillant, en éludant l'impôt, en réduisant les salaires et en maximisant les revenus des actionnaires».
    Les entreprises optimisent leurs profits, notamment en allégeant le plus possible leur fardeau fiscal, privant ainsi les États des ressources essentielles pour financer les politiques et les services nécessaires pour réduire les inégalités. Dans son rapport, Oxfam Canada faisait en outre des recommandations au gouvernement pour rectifier la situation dès son prochain budget, dont l’augmentation des dépenses pour les services publics et autres initiatives sociales. (Ces hommes qui possèdent autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité, ICI Radio-Canada Économie, janvier 2017)

Mettons fin aux paradis fiscaux
Signez la pétition!

Tous les ans, les États perdent des milliards de dollars d’impôt parce que des individus fortunés et des multinationales dissimulent leurs richesses dans les paradis fiscaux.
   Chaque dollar perdu est une occasion ratée de lutter contre la pauvreté et les inégalités, ici comme ailleurs.
   J’exhorte nos gouvernements québécois et canadien à agir afin de mettre fin à l’ère des paradis fiscaux.

Pétition 2017 OXFAM Québec https://oxfam.qc.ca/campagnes/a-egalite/

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Les cerises sur le sundae...  

1. Les criminels s’en tirent à bon compte au Canada

Pouvons-nous faire confiance à un système de justice aussi dysfonctionnel que le nôtre? Un de mes amis, lui-même avocat, disait de la profession : «Pourquoi appeler ça le Droit, il n’y a rien de plus croche que le milieu juridique!»

L’arrêt Jordan a permis à des tueurs et criminels avérés d’échapper à leurs procès. À titre d’exemple : «Un ancien professeur de chimie de l'Université Laval et ses deux fils, tous les trois accusés d'avoir fabriqué de la drogue de synthèse, n'auront pas à subir de procès. Daniel Cozak, 68 ans, et ses fils Samuel, 26 ans, et Charles, 28 ans, ont obtenu un abandon des procédures en invoquant l’arrêt Jordan sur les délais déraisonnables. La décision a été rendue mercredi au palais de justice de Québec. La poursuite soupçonnait Daniel Cozak et ses fils d’exploiter le plus important laboratoire de drogues de synthèse en Amérique du Nord.» (ICI Radio-Canada, le mercredi 1 novembre 2017)

La nouvelle suivante n’a donc rien d’étonnant :

L'ex-vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau, invoque l'arrêt Jordan pour annuler son procès
La Presse Canadienne | 15 décembre 2017 | Montréal

Dans la requête déposée vendredi auprès de la Cour du Québec, l'avocat de l'ancienne ministre libérale, Maxime Roy, demande l'arrêt des procédures, jugeant que les droits constitutionnels de sa cliente ont été «violés».
    En vertu de l'arrêt Jordan de la Cour suprême du Canada, le délai maximal d'un procès du dépôt des accusations à sa conclusion est fixé à 18 mois pour les dossiers devant les cours provinciales et à 30 mois pour les dossiers devant les cours supérieures ou nécessitant la tenue d'enquêtes préliminaires.
   Si le procès dépasse ce délai, la Couronne se voit obligée de prouver que le dossier revêt des «circonstances exceptionnelles», c'est-à-dire qui «sont raisonnablement imprévues ou raisonnablement inévitables, et qu'on ne peut raisonnablement y remédier», a expliqué le plus haut tribunal du pays dans ce jugement important.
   Nathalie Normandeau a été arrêtée en mars 2016; il s'est donc écoulé 21 mois depuis le dépôt des accusations et son procès doit commencer le 9 avril prochain.
   L'ancienne ministre influente du gouvernement Charest fait face à des accusations de complot, de corruption, de fraude et d'abus de confiance aux côtés de cinq coaccusés, soit son ex-chef de cabinet Bruno Lortie, Marc-Yvan Côté, Mario W. Martel et France Michaud de Roche ainsi que l'ex-maire de Gaspé François Roussy.
    Le procès devrait durer au moins quatre mois, selon la Couronne, qui disposait d'une liste de 139 témoins potentiels en septembre dernier.

2. L’ami controversé de Brian Mulroney

Dans le cadre des Paradise Papers, une autre révélation sans surprise  au sujet de ce promoteur tout azimut du libre-échange, Brian Mulroney :

L’ex-premier ministre Brian Mulroney s’est lié d’amitié avec un milliardaire syrien associé à l’un des plus gros scandales de corruption de l’histoire britannique. L’ami de Mulroney, Wafic Saïd, a aussi la citoyenneté canadienne… obtenue dans des circonstances douteuses, a découvert Radio-Canada. [...]
    En mars 2004, au chic Club Colette de Palm Beach, en Floride, Brian Mulroney organise une grande fête pour célébrer ses 65 ans. De prestigieux invités sont au rendez-vous, dont George Bush, Paul Desmarais, Conrad Black et Pierre Karl Péladeau [dauphin ou prince qu’on sort en désespoir de cause de Pauline Marois, NDLR].    
    Selon des articles de journaux de l’époque, Wafic Saïd et sa conjointe faisaient aussi partie du groupe sélect de convives. [...]

À lire :
Par Frédéric Zalac et Francis Plourde; Enquête 30 novembre 2017

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