11 octobre 2014

Varia drapeaux rouges

Vult par Imagarth

Déversement de 15 000 litres de pétrole à la raffinerie Jean-Gaulin de Lévis

Tout est sous contrôle selon le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques déclarant que les mesures sont en place pour assurer la sécurité de la population et la protection de l'environnement. Selon le site Internet de l'entreprise Énergie Valéro, les installations de Lévis ont une capacité de stockage de 8,7 millions de barils de pétrole de brut et de produits intermédiaires et raffinés.

http://ici.radio-canada.ca/regions/quebec/2014/10/11/004-deversement-petrole-raffinerie-jean-gaulin-samedi.shtml

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À visiter : Météopolitique. Répertoire des principaux déversements pétroliers en 2014 (et plus -- depuis les débuts de son utilisation). Ahurissant.  

1 litre d'hydrocarbures pollue 1 million de litres d'eau

http://meteopolitique.com/Fiches/petrole/deversements-de-petrole/2014/Deversements-de-petrole-en-2014.htm

Exemples :


10 octobre 2014                                                       
Vingt-six wagons d'un train qui en tirait 100, propriété du Canadien National (CN), dont six qui transportaient des matières dangereuses ont déraillé. Quatre wagons transportaient de l'acide chlorhydrique ou caustique, et les deux autres, des distillats de pétrole. Jim Feeny porte-parole du CN explique que le feu provint du pétrole distillé.
Lieu : À proximité du village de Clair, à environ 200 km à l'est de Saskatoon. Province de la Saskatchewan, Canada.
   La cinquantaine de résidents de la communauté de Clair ont été évacués, de même que plusieurs fermes des environs. Évidemment la fumée qui s'échappe du train pourrait être toxique. De leur côté, les élèves de l'école primaire de Wadena [à une vingtaine de kilomètres de Clair] restent à l'intérieur de l'école aujourd'hui, selon le compte Twitter de l'établissement.


24 février 2014
Une collision entre une barge transportant du pétrole poussée par le remorqueur Hannah C. Settoon (propriété de Settoon Towing LLC de Pierre Part), a heurté un autre remorqueur le Lindsay Ann Erickson (propriété de General Electric Capital Corp. de Irving Texas), qui poussait des chalands remplis de grains.
Lieu : Fleuve Mississippi  près de Vacherie, à environ 76 km à l’ouest de La Nouvelle-Orléans, entre Bâton Rouge et La Nouvelle-Orléans, État de la Louisiane, États-Unis.
   Il s'agirait d'un déversement d'environ 31,500 gallons de pétrole brut léger. À St Charles Parish, une ville voisine, la municipalité a cessé d’utiliser le fleuve comme source pour son réseau d’eau potable par mesure de précaution. La circulation fluviale a été arrêtée durant 2 jours.


30 avril 2014
Un oléoduc attaché à une plate-forme de puits de pétrole à laisser fuir un mélange de gaz naturel, de pétrole brut et d'eau polluée. Les installations sont la propriété de BP.
Lieu : Prudhoe Bay oil field, versant Nord de l'Alaska, États-Unis.
   Découverte le 28 avril 2014, la fuite avait déjà pollué 27 acres de toundra (équivalent à 20 champs de football). La  quantité totale du déversement est inconnue à ce jour.

 Les chiens-de-prairie ne seront pas les seuls à perdre leurs refuges...

«Éteindre les lumières ne suffira pas!» ~ David Suzuki

À 78 ans, après des décennies de bataille pour la défense de l'environnement, l'homme aux yeux bridés et à la barbichette blanche en est à sa dernière tournée. « Sept semaines dans un bus, ce n'est pas facile et je ne le referai plus. Mais cela ne veut pas dire que je ne dirai plus rien. Tant que j'aurai la santé, je m'impliquerai », dit-il en entrevue à Radio-Canada.
   David Suzuki considère que l'environnementalisme a échoué. Après les victoires des années 70 et 80, il faut, dit-il, recommencer exactement les mêmes batailles. L'industrie pétrolière et gazière n'a jamais été aussi forte et les gouvernements font passer l'économie avant l'environnement.
   Il prône un changement de stratégie. «Nous parlons de l'avenir maintenant et nous ne pouvons nous permettre d'avoir des perdants. Donc, nous devons changer complètement notre approche et rencontrer ceux que normalement nous voulons combattre», explique-t-il. 
   Dimanche, David Suzuki participera au Grand rassemblement des générations au Parc Maisonneuve à Montréal, puis à une discussion en soirée en compagnie de l'explorateur Jean Lemire, à Espace pour la Vie.

Le reportage radio de Myriam Fimbry sera diffusé le 12 octobre à «Désautels le dimanche» sur ICI Radio-Canada Première (10h HE).

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/environnement/2014/10/11/001-david-suzuki-quebec-entrevue-environnement-tournee-bleu-terre.shtml

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Cacouna : des opposants menacent Québec de désobéissance civile

Des centaines, peut-être un millier d'opposants aux projets pétroliers de TransCanada ont voulu faire une démonstration de force aujourd'hui. Ils participent à une marche citoyenne à Cacouna contre le projet de port pétrolier, mais aussi contre le projet d'oléoduc Énergie Est du même promoteur.
   Certains parlent maintenant ouvertement de désobéissance civile comme étant «la prochaine étape» de ce mouvement de contestation.
   Selon l'un des organisateurs, l'écologiste Martin Poirier : «M. D'Amour [le député Jean d'Amour] avait dit au lendemain de la manifestation du 27 avril qu'il n'y aurait pas de projet avec TransCanada si la population démontrait qu'elle n'en voulait pas. Donc, pour nous, la manifestation vient lancer ce signal-là», explique M. Poirier
   TransCanada effectue des travaux en vue de construire un terminal pétrolier pour y acheminer du pétrole des sables bitumineux de l'Ouest canadien.
   L'entreprise prévoit reprendre ses travaux le 16 octobre, soit dès la fin de l'injonction qui a été émise par la Cour supérieure au début du mois à la demande de groupes environnementaux.

http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2014/10/11/003-cacouna-marche-citoyenne-transcanada-forages.shtml

9 octobre 2014

Santé mentale

Semaine de sensibilisation 

NORMALITÉ 

Y a-t-il quelqu’un de NORMAL
dans votre famille?
NON.
dans votre parenté?
NON.
parmi vos collègues?
NON.
parmi vos amis?
NON.

Vous voyez, personne n’est normal.
Alors, vous pouvez relaxer.

Source :

8 octobre 2014

Ah, la guerre autour du registre des armes

Un prétexte de plus pour se quereller…

Oh my God! sûrement un chasseur sans permis de possession d’arme!
Tss-tss-tss. Est-ce ainsi que se commettent les erreurs de ciblage? 

«Au Québec, toutes les armes de chasse vendues ou échangées doivent être inscrites au registre, ce qui n'est plus le cas ailleurs au Canada. Alors que l'ultime épisode de la saga juridique entourant le registre des armes à feu se joue devant la Cour suprême, les chasseurs souhaitent que Québec échoue dans ses démarches.»

Pourquoi les propriétaires d’armes à feu craignent-ils le registre s’ils n’ont rien à se reprocher?

«Le taux de possession d’armes à feu aux États-Unis est beaucoup plus élevé que dans la plupart des autres pays comparables, avec environ 42,8 % des foyers américains possédant une arme à feu, dont 17,6 % possédaient une arme de poing en 2005. Après les États-Unis, le pays développé avec le taux de possession d’armes à feu le plus élevé est la Finlande, où 37,9 % de la population possèdent des armes à feu, mais où seulement 6,3 % possèdent des armes de poing. La Suisse était le pays avec le second taux de possession d’armes de poing, s’élevant à 10,3 %, pour un taux de 28,6 % pour toutes les armes à feu. Au Canada, 15,5 % des foyers possèdent une arme à feu, dont 2,9 % possèdent une arme de poing.  
       Au Canada, la loi C-19 qui a éliminé l’enregistrement des fusils et des carabines, a aussi éliminé l’obligation pour les marchands d’armes de confirmer la validité du permis d’un acheteur, instaurant maintenant une loi demandant simplement que le marchand n’ait «aucune raison de croire» qu’une personne ne soit pas en possession d’un permis valide, et ce sans avoir la moindre obligation ne serait-ce que de voir le permis en tant que tel. Ceci est une faille qui est connue pour avoir été exploitée par des criminels et des conjoints violents par le passé, comme dans le cas d’Arlène May, où son ex-conjoint a été capable d’acheter l’arme qui l’a tuée avec un permis révoqué, mais dont la copie papier n’avait pas été saisie.» http://controledesarmes

Le chasseur-cueilleur postmoderne – Illustrateur : Todd Schorr
Back to the future... again! Nous avançons à reculons (mon sophisme préféré).

L’autre jour j’ai vu un documentaire sur le trafic d’armes : on jurerait que les hommes ne songent qu’à trouver des moyens de tuer.

Arme : une arme est un outil ou un dispositif autonome destiné dans sa conception ou dans son utilisation à neutraliser, à blesser ou tuer un être vivant, ou à causer une destruction matérielle.
        Selon l'ONU, le trafic d'armes est l'une des quatre activités illégales les plus lucratives avec le trafic de drogues, le trafic de médicaments et la prostitution. Le marché international du trafic d'armes est évalué à 1 200 milliards de dollars par an.
       Selon le rapport Small Arms Survey 2001 :
- une personne meurt tuée par une arme à toutes les minutes
- 15 armes sont produites à la minute  
       L'impact du trafic d'armes est très important : 500 000 civils et militaires meurent chaque année tués par des armes légères et les blessés et mutilés sont innombrables.     
       Selon le rapport Small Arms Survey 2007 :
- 650 des 850 millions de petites armes à feu sur terre (76,5 %) sont en fait détenues par des civils, le reste l'étant par les diverses armées et forces de l'ordre. (Wikipedia)

Alors on va sûrement tirer sur le registre comme on tire sur les oies blanches.

Avant (c'est si beau de les voir vivantes!) :

Après :

3 octobre 2014

Sombre paradoxe


Si vous parvenez à résoudre le kōan* «Guerre Sainte», je vous promets un Satori permanent, foi de Boudacool! 

* Kōan : courte phrase ou brève anecdote absurde, énigmatique ou paradoxale, ne sollicitant pas la logique ordinaire, utilisée en bouddhisme zen. Le kōan est un objet de méditation qui serait susceptible de produire le Satori (l’éveil). (Wiki)

Tableau : Guerre Sainte 

On se croirait au Moyen-âge (back to the future). Incroyable quand même.
Religions ou sectes : mêmes horreurs.
L'humanité n'évolue pas, seules les armes évoluent.

Pour l’histoire : L'Ordre du Temple fut créé le 13 janvier 1129 – il s’agissait d’un ordre religieux et militaire international de la chevalerie chrétienne médiévale dont les membres s’appelaient Templiers. L’ordre fut créé à partir d'une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. L’Ordre veilla pendant les XIIe et XIIIe siècles à l'accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem dans le contexte de la Guerre Sainte et des Croisades. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des Croisades et de la Reconquête. 
   Après la perte définitive de la Terre Sainte en 1291, l'Ordre fut victime de la lutte entre la papauté et Philippe le Bel et fut dissous par le pape Clément V le 22 mars 1312 à la suite d'un procès en hérésie. La fin tragique de l'Ordre mena à nombre de spéculations et de légendes.

1 octobre 2014

Liposuccion budgétaire et autres inepties


Dans quel gras faut-il couper?

Bon, on a annulé la suppression du 4,36$ par jour accordé aux bénéficiaires de l’assistance sociale, notamment les personnes intellectuellement handicapées qui ont des petits boulots de réinsertion sociale. J’entendais le témoignage d’un tel bénéficiaire à C’est pas trop tôt. Vous savez ce qu’il fait? Figurez-vous qu'il le gagne son BS et son 4$! en lavant de la vaisselle, des planchers, des WC, etc. Il trouvait injuste de perdre cette allocation. Qu’en pensez-vous? 
       Beaucoup d’hyper égoïstes pensent que les pauvres n’ont pas droit au plaisir, aux petits extras (une sortie au cinéma, une excursion à la campagne ou un snack au resto) qui peuvent rendre leur vie un peu supportable.

Je ne sais pas, mais s’il faut couper dans le gras, ne vaudrait-il pas mieux couper dans les allocations promotionnelles des élus (voyages, vêtements haut-de-gamme, repas gastronomiques, etc.)? Il y aurait, au total, j’en jugerais, d’importantes sommes à attribuer aux «vraies affaires».

«Il semble vraiment qu'une volonté méchante préside aux événements humains. À voir comme elle s'entend parfois à tourner tout au pire, on la prendrait pour une providence à rebours. Le hasard seul n'aurait ni cette perspicacité ni cette persistance dans le choix des combinaisons mauvaises.»  
~ Louise Ackermann (1813-1890)

Le monde à l’envers

Photo : via redbubble.com

Je n’en reviens pas de celle-là :

ICI Radio Canada – Grands titres [extraits]
       «Les écologistes sous surveillance – Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) tente de réduire la portée d'une plainte déposée par l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique qui soutient que le SCRS a violé la loi en surveillant des groupes environnementalistes. 
       En février dernier, certains médias ont laissé entendre que le SCRS et d'autres ministères et agences gouvernementales considèrent que toute opposition à l'industrie pétrolière constitue une menace à la sécurité nationale. 
       Le SCRS aurait ainsi exercé sa surveillance sur les organismes Sierra Club of British Columbia, Leadnow, ForestEthics Advocacy Association, le Conseil des Canadiens, Dogwood Initiative, EcoSociety et le mouvement de Premières Nations Idle No More. 
       Jusqu'où peut aller le comité de surveillance du SCRS dans ses activités d'espionnage menées sur des groupes critiques à l'égard de la politique énergétique du gouvernement canadien? 
       L'association des libertés civiles s'est par ailleurs opposée récemment à la décision du comité de surveillance de confier à Yves Fortier l'enquête sur sa plainte, invoquant un conflit d'intérêts puisque l'avocat et ancien diplomate a déjà siégé au conseil d'administration de TransCanada, et a été promoteur du projet d'oléoduc Keystone XL. M. Fortier est l'un des trois membres du comité de révision au sein du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité. Steven Blaney s'est dit sûr que le comité allait examiner en toute impartialité les efforts du SCRS pour protéger les Canadiens contre les activistes ou les radicaux.»

Autrement dit : 
- si vous oeuvrez pour freiner l’extinction des humains, des espèces animales et la destruction de la nature et de ses ressources,
- si vous réclamez de l’air, de l’eau et des aliments moins pollués,
eh bien, vous constituez une menace pour la sécurité nationale.

Ça alors!

Or le point de bascule est à notre porte  

Image : Thomas Friedman

(D’après une entrevue avec Marie-Claude Lemieux, WWF Québec) 

La population mondiale de poissons, d'oiseaux, de mammifères, d'amphibiens et de reptiles a diminué de 52 % de 1970 à 2010 à un rythme plus rapide que prévu, indique l'organisation Fonds mondial pour la nature (WWF). 
       Dans un rapport biennal, l'ONG précise que les besoins humains dépassent désormais de 50 % les réserves naturelles disponibles avec un abattage d'arbres, une exploitation des nappes phréatiques et des émissions de CO2 plus rapides que le temps nécessaire à la Terre pour répondre à ces demandes. 
       «Ces dégâts ne sont pas inévitables, ils sont seulement la conséquence de la manière dont nous choisissons de vivre.» ~ Ken Norris, directeur du département scientifique à Zoological Society de Londres
       «Il est essentiel que nous saisissions l'opportunité tant qu'il est encore temps pour mettre en œuvre un développement durable et créer un avenir dans lequel les gens pourront vivre et prospérer en harmonie avec la nature», précise le directeur général de WWF, Marco Lambertini. Protéger la nature n'est pas seulement protéger les espèces sauvages, mais également sauvegarder l'avenir de l'humanité, «ce qui signifie notre survie même», ajoute-t-il. 
       Le déclin des espèces sauvages vertébrées a été le plus spectaculaire dans les régions tropicales, notamment en Amérique latine. L'indice établi dans le rapport «Living Planet» se base sur 10 380 populations de 3038 espèces de mammifères, d'oiseaux, de reptiles, d'amphibiens et de poissons. 
       Ce déclin de 52 % en moyenne est plus rapide que ne l'avaient anticipé les précédentes études. Le rapport publié en 2012 évoquait un déclin de 28% des espèces sauvages entre 1970 et 2008. 
       Les populations les plus touchées sont les espèces d'eau douce où la disparition atteint 76 % entre 1970 et 2010 tandis que les espèces marines et terrestres ont diminué toutes deux de 39 %.

Les principales raisons de ce déclin sont la perte de l'habitat naturel, la chasse et la pêche ainsi que le réchauffement climatique.
(…)
«Compte tenu du rythme et de l'ampleur du changement, nous ne pouvons désormais plus exclure la possibilité de parvenir à un point de basculement qui pourrait de manière brutale et irréversible modifier les conditions de vie sur Terre.»  

Source :
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/international/2014/09/30/002-especes-sauvages-population-forte-baisse.shtml

Espérons que les élus auront la sagesse de lire ce rapport et d’agir en conséquence, sinon… nous perdrons le nord et bien d'autres choses avec. 

Vous pouvez télécharger le rapport :
http://wwf.panda.org/about_our_earth/all_publications/living_planet_report/

Note, 04.10.2014 : J'ai toujours douté de l'intégrité de WWF International, notamment à cause des aristocrates et des industriels (les plus riches du monde) à la tête du mouvement qui prétendent ne pas exploiter les nations dépositaires de ressources. Un article du Guardian confirme mes doutes : double-message, conflits d'intérêts. Mais, "une illusion de moins est une vérité de plus" (A. Dumas) :

WWF International accused of 'selling its soul' to corporations
Pandaleaks writer says conservation group has forged links with business which is using it to 'greenwash' their operations
 
Its author, Wilfried Huismann, says the Geneva-based WWF International has received millions of dollars from its links with governments and business. Global corporations such as Coca-Cola, Shell, Monsanto, HSBC, Cargill, BP, Alcoa and Marine Harvest have all benefited from the group's green image only to carry on their businesses as usual.
   Huismann argues that by setting up "round tables" of industrialists on strategic commodities such as palm oil, timber, sugar, soy, biofuels and cocoa, WWF International has become a political power that is too close to industry and in danger of becoming reliant on corporate money.
   "WWF is a willing service provider to the giants of the food and energy sectors, supplying industry with a green, progressive image … On the one hand it protects the forest; on the other it helps corporations lay claim to land not previously in their grasp," says Huismann.

Article complet :

29 septembre 2014

Dr Marc Zaffran : la relation entre patient et médecin

«Donne un cheval à celui qui dit la vérité, il en aura besoin pour s’enfuir.» ~ Proverbe persan

Dr Marc Zaffran. Photo : Olivier Paradis-Lemieux, Les éclaireurs, Ici Radio Canada
   Samedi (27 sept.) : l’animateur de l’émission Les éclaireurs, Philippe Desrosiers, recevait le Dr Marc Zaffran. Un point de vue très intéressant sur la profession médicale en général et la médecine de proximité.

Dr Gaétan Barrette, ministre de la santé, se qualifiant lui-même de «redoutable négociateur». Photo : Tout le monde en parle, Ici Radio Canada
   Dimanche (28 sept.) : j’ai écouté en direct (via Internet) l'entrevue avec le Dr Gaétan Barrette. Sa façon de négocier avec ses confrères confirment les propos du Dr Zaffran (ci-après). 

Assez ironique cette congruence entre les deux interviews, à quelques heures d’intervalle.

À mon avis, si nous avions plus de médecins de la trempe du Dr Zaffran, notre système de santé se porterait mieux…

Site Les éclaireurs :
http://ici.radio-canada.ca/emissions/les_eclaireurs/2014-2015/

Ma transcription (pour les visiteurs qui n’ont pas accès à l’Audio fil de Radio Canada); je trouvais que le job de moine valait la peine.

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Q. : Vous avez déjà dit que la médecine familiale était la plus belle. Pourquoi?
R. : Parce qu’un médecin… un médecin, on s’attend à ce qu’il soit un soignant. Les soignants sont les professionnels de la santé de proximité. Les infirmières, les sages-femmes, les médecins de famille et puis les autres professionnels de proximité, les ergothérapeutes, les assistantes sociales sont des soignants de proximité. Il y a beaucoup de métiers de profession de santé, mais ces professions de santé sont les plus belles parce que précisément on s’occupe des gens chez eux ou en tout cas pas loin de chez eux, dans leur environnement. On s’occupe de leur famille, on prend en compte tout un tas de choses. Quand on est un spécialiste très isolé, très éloigné de la vie quotidienne des gens, c’est beaucoup moins facile. Je ne dis pas que ce n’est pas un beau métier, mais que c’est moins facile et beaucoup moins gratifiant à certains égards. C’est plus technologisé. Donc, la médecine de famille, oui… De toute façon quand je voulais devenir médecin je voulais être médecin de famille. Si c’était à refaire, je ferais la même chose.

Q. : On parle beaucoup des disparités salariales dans les soins de santé. Vous parliez des infirmières ou des travailleuses sociales qui sont très peu payées et des médecins qui sont beaucoup mieux payés, les médecins spécialistes. On en parle beaucoup. Qu’en pensez-vous?
R. : Je pense que… Je suis très radical dans ce que je pense. Dans le livre que je viens de publier, je dis «Je pense qu'il ne devrait pas y avoir deux professions de santé invasives, c'est-à-dire les médecins et les infirmières. Il ne devrait y en avoir qu'une. Tout le monde devrait être en premier infirmier et ensuite se spécialiser pour faire un autre métier : médecin, chirurgien, infirmière spécialiste, etc. Ce qui voudrait dire que le salaire des gens devrait être proportionnel à leurs responsabilités et non pas à leur statut» – dans tous les pays, y compris les pays les plus égalitaires, et je pense que le Canada et le Québec sont parmi les pays les plus égalitaires sur ce plan-là.
   Dans tous les pays, il y a une séparation de fait entre le corps infirmier et le corps médical qui à mon avis est injustifiée, qui n’est pas une séparation de formation – il y a des infirmières qui sont bien plus compétentes que certains médecins – qui n’est pas une question de capacité intellectuelle, mais qui est liée aux gens, les hommes étaient médecins, les femmes étaient infirmières. Ce n’est plus vrai maintenant. La profession médicale est beaucoup plus féminisée qu’auparavant, il y a beaucoup d’infirmières. Mais maintenant, c’est lié au statut de classe, à une distinction, et dans une société égalitaire il ne devrait pas y avoir de différence de statut de classe entre les différentes professions de santé, puisque les professions de santé sont destinées à soigner tout le monde collectivement. Il y a un paradoxe fantastique, c’est que pour soigner – le soin est une activité altruiste – si on est en compétition on ne peut pas être altruiste. Or dans les professions de santé, même les médecins parmi eux-mêmes, sont en compétition, en permanence. Ils ne peuvent pas être en compétition les uns avec les autres et être altruistes avec leurs patients, c’est juste pas possible psychologiquement.

Q. : Il y a un truc qui se passe aussi à l’école, c’est-à-dire que pour les gens qui font médecine, c’est un métier extrêmement bien payé, et ça attire les meilleurs élèves.
R. : Non, ça attire des gens qui sont sélectionnés sur des critères particuliers, par exemple, le fait d’être très bon en maths ou en sciences, ceux qui ont les meilleures notes en sciences ou en maths.

Q. : Mais tout notre système d’éducation est orienté comme ça, si vous me permettez. C’est-à-dire que si quelqu’un au secondaire est assez bon, on va l’orienter vers des métiers de science. On va dire ‘pourquoi ne pas faire science pure ou science santé?’, et si on est bon là-dedans, on va dire ‘pourquoi ne pas faire médecine’. Donc il y a une valorisation extrême dans le système d’éducation.
R. : Oui, mais c’est quelque chose de très ancien la valorisation des métiers de savoir, des métiers dans lesquels il faut acquérir un grand savoir scientifique. Il y avait des échelles. Quelle était la profession la plus respectée jusque dans les années 90? C’était le savant. Depuis 1990, c’est le médecin. Donc, il y a une valorisation des métiers de savoir. Le problème n’est pas que les métiers de savoir n’ont pas de valeur, ce n’est pas ce que je veux dire, le problème c’est qu’on ne sélectionne pas les gens qui vont faire un métier de soins sur leur aptitude à soigner, c’est-à-dire plutôt sur leur aptitude à résoudre des problèmes théoriques sur papier … Encore une fois, au Canada c’est beaucoup mieux qu’en d’autres pays, comme la France. Néanmoins, par exemple, aux Pays-Bas, les étudiants en médecine sont tirés au sort, c’est-à-dire s’ils ont un niveau suffisant, quel que soit le type d’études qu’ils aient fait au secondaire, ils sont tirés au sort et peuvent devenir médecins. Pourquoi? Ils disent ‘peu importe que ce type là ait fait de la musique ou de la peinture ou ceci, s’il a des capacités on pourra le former pour devenir un bon médecin’. Donc, ils partent de ce principe et disent que c’est beaucoup plus égalitaire. On sait que statistiquement les gens qui font des études scientifiques viennent des classes plus favorisées; et ça perpétue, ça contribue à égaliser encore l’origine sociale des médecins et donc le type d’attitude qu’ils ont.

Q. : Cette valorisation on la retrouve au Québec. Notre premier ministre est médecin et le ministre de la santé est médecin. Est-ce qu’on a raison de leur attribuer… je ne veux pas faire de politique, mais est-ce que ça veut quand même dire quelque chose?
R. : Au risque de me griller définitivement auprès de tous les hommes politiques et peut-être de tous les médecins du Québec, personnellement je pense que devenir un élu et un ministre est incompatible avec le fait d’être médecin. C’est incompatible. Pourquoi? Un poste d’élu est un poste de pouvoir. C’est du pouvoir. Mais une relation de soin ce n’est pas une relation de pouvoir. Les médecins qui cherchent à devenir ministres, c’est le pouvoir qui les intéressent, ce n’est pas les soins. Si nos trois ministres québécois qui sont médecins étaient si intéressés par le système de santé, vous ne croyez pas qu’il y aurait vraiment une révolution sur le système de santé? Vous ne croyez pas qu’en particulier ils essaieraient de faire quelque chose qui consisterait à dire : ‘mais d’abord, faut-il fermer les CLSC? je n’en suis pas sûr’. Est-ce qu’il ne faudrait pas faire comme tous les gens intelligents qui pensent au système de santé et qui disent : ‘premièrement il faut faire le bilan de ce dont on a besoin dans chaque zone, dans chaque région, puis attribuer les ressources, et non pas faire quelque chose qui va du haut vers le bas.

Q. : Mais attendez, les gens qui font de la politique, c’est des gens de pouvoir, faut pas être surpris, c’est comme ça partout.
R. : Oui! c’est ce que je vous dis. Moi je pense qu’un médecin qui devient un ministre ce n’est plus un médecin; sa préoccupation n’est plus d’être médecin. Donc, c’est un problème, parce que quand un médecin veut devenir un homme politique, se présenter pour être élu, il joue sur son image pour être élu. Et c’est pour ça que je pense que les médecins ne devraient pas être éligibles, comme les juges. Les juges ne sont pas éligibles. Vous ne devriez pas être éligible si vous êtes médecin parce que vous avez un rapport à l’ensemble de la communauté dont vous vous occupez, ce qui fait que les dés sont pipés.

Q. : Qu’est-ce que vous pensez du projet de loi ‘mourir dans la dignité’ commencé sous un gouvernement et fini par l’autre.
R. : Ah ça, je m’incline bien bas parce que c’est la preuve que la société québécoise est bien plus évoluée que la société française.

Q. : Il y a un certain snobisme envers certains médecins en France, qu’il n’y a pas ici. Les médecins qui font des visites familiales sont moins considérés.
M.Z. : Ils sont moins considérés parce qu’ils y a une différence de caste. Vous savez, en France, il y avait quasiment trois castes de médecins. Jusque dans les années 60, il y avait des médecins qui n’avaient jamais vu un patient. Il y avait des médecins qui voyaient des patients mais qui n’avaient aucune responsabilité. Il y avait ceux qui avaient été internes, et ceux-là devenaient spécialistes. Il y avait une médecine, une formation médicale à trois vitesses. Donc, on a toujours méprisé le médecin de famille. Mais pas ici.

Q. : Excusez-moi, je vous ai interrompu tantôt au sujet de ‘mourir dans la dignité’.
R. : Moi, il se trouve que j’ai lu un grand rapport du collège royal canadien et puis ensuite le rapport de la commission d’éthique québécoise qui étaient tous les deux dans le même sens et disaient : il faut décriminaliser un certain nombre de choses, en particulier il faut laisser les gens mourir comme ils ont envie de mourir et ne pas laisser les médecins s’acharner sur eux, et éventuellement les aider, etc.
   C’est compliqué parce que le code criminel canadien interdit qu’on aide quelqu’un à mourir ou qu’on le tue à petit… Mais en tout cas, ce qu’ils ont fait, à mon avis, est tout à fait remarquable parce que non seulement c’est dans le sens de ce qu’ont fait certains pays très évolués mais aussi dans le sens des besoins de la population. … Il y a des moments où on n’en peut plus, si vous voulez, c’est aussi simple que ça.

Q. : Mais vous avez vous-même été placé dans cette situation, en face de quelqu’un qui vous disait ‘je n’en peux plus’… un proche, un ami, votre mère, je crois.
R. : Oui, tout à fait! Un médecin est toujours mis devant ce genre de situation tout simplement parce que contrairement à ce qu’on croit, le médecin ne sauve personne. De temps en temps on sauve quelqu’un si on a de la chance. Tout le monde va mourir.

Q. : C’est une maladie mortelle!
R. : Voilà, la vie est une maladie mortelle, y compris pour les médecins. Et donc il arrive un moment où on se dit : est-ce que je vais traîner et souffrir encore longtemps? est-ce que je vais me morfondre encore longtemps dans ma souffrance et dans mon isolement? ou est-ce que je peux faire un  baroud d’honneur et puis m’en aller avec ou sans éclat? En Belgique, ça fait dix ans que ça existe et il y a un très beau livre de François Damas «La mort choisie» (1) où il raconte comment les gens qui choisissent de mourir accompagnés le font, et que ça peut être apaisant pour tout le monde.

Q. : Est-ce que vous pensez à votre propre mort?
R. : Depuis que j’ai sept ans.

Q. : Depuis l’âge de raison comme on dit.
R. Depuis que j’ai sept ans je sais que je vais mourir. Oui, ça me déplaît beaucoup, mais euh… bon … et c’est aussi pour ça que je suis très…

Q. : Il y a un truc que vous avez déjà dit qui me fait halluciner, c’est que vous ne voulez pas savoir, par exemple faire des tests de dépistage pour des maladies comme le cancer de la prostate, ou le cholestérol, vous ne mesurez pas ça.
R. : Mais c’est parce que je fais des choix rationnels. Je ne rejette pas tout. Mais par exemple concernant le dépistage du cancer de la prostate, il y a plein de gens qui disent qu’il ne faut pas faire dépister parce qu’on risque des effets secondaires beaucoup plus grave que la maladie elle-même. Le cholestérol, ça on sait – je viens de préfacer un livre qui vient de sortir et s’appelle «La vérité sur le cholestérol» – on sait très bien que là, c’est une manipulation de l’industrie pharmaceutique. Donc, j’ai une attitude quand même rationnelle par rapport à ça. Ce n’est pas parce je ne veux pas savoir.

Q. : Ce n’est pas parce que vous avez un comportement risqué, mais vous préférez ne pas le savoir si vous avez ça.
R. : Eh bien, je préfère ne pas savoir des choses qui ne vont rien m’apprendre et ne rien changer. Par exemple, je viens de lire un article très intéressant qui montre que ce qui entretient les prises de poids c’est les sucres rapides plutôt que les graisses. Comme j’ai envie de perdre un peu de poids je vais manger moins de sucres rapides.

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Un autre segment de l’émission portait sur l’immunothérapie (entrevue avec Marie-Pier Élie). Commentaire du Dr Zaffran :
   Ça rejoint l’idée qu’on a maintenant vis-à-vis de certains cancers comme le cancer su sein : les traitements qu’on utilise, qu’on utilisait jusqu’à présent, la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie, diminuent l’immunité. Chez un certain nombre de patients, ça a tendance à accélérer la maladie. Donc maintenant on est en train de revenir sur les dépistages précoces, sur les chirurgies qui sont très mutilisantes, sur les chimiothérapies intenses, etc., en se disant que si le patient va bien et qu’il a une immunité correcte peut-être qu’il faut en faire un peu moins. Il faut enlever la tumeur, mais il faut peut-être en faire un peu moins sur les autres traitements, justement pour ne pas compromettre l’immunité. Et c’est la preuve qu’on peut aussi prendre le problème de l’autre côté, en se disant ‘mais qu’est-ce qui, en travaillant l’immunité, permettrait de soigner les gens?’

Dans le même ordre d'idée :
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2014/06/le-cancer-sans-chimioradiotherapie.html

Dernière publication du Dr Zaffran :
Le patient et le médecin
Marc Zaffran
Les Presses de l’Université de Montréal, 2014

Extraits disponibles :
http://www.pum.umontreal.ca/catalogue/patient-et-le-medecin-le

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(1) La mort choisie - Comprendre l'euthanasie et ses enjeux   
François Damas 
Éditions Mardaga 
http://www.editionsmardaga.com/mort-choisie

Le Dr François Damas à TED : un choix et un droit qui apportent apaisement et sérénité au patient et à son l’entourage.



Si le droit de mourir dans la dignité vous préoccupe :
   Une femme de Colombie Britannique, Gillian Bennett, s’est enlevée la vie parce qu’elle ne voulait pas subir l’indignité de la démence. Elle a créé un site pour expliquer son parcours et son choix. Une femme extraordinaire, brillante, lucide, qui pave le chemin pour nous http://deadatnoon.com/index.html car nous ne sommes pas sortis de la broussaille :
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2014/08/morte-midi.html

Voyez aussi le libellé «Euthanasie».

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Concernant l’installation de caméras de surveillance dans les centres de détention prolongée pour personnes âgées, je suis entièrement d’accord! Cela réduirait le niveau de maltraitance et la fréquence des vols. Ma mère s’est fait voler des vêtements dument identifiés, des friandises, etc. Le personnel de direction est peut-être intègre, mais les préposés ne le sont pas toujours.
   Pourquoi s’indigner puisque nous sommes tous filmés partout où nous allons : coins de rues, épiceries et boutiques (prévention contre le vol), buildings à condos, édifices gouvernementaux, banques, officines d’avocats, etc. La vie privée n’existe plus depuis un bon moment…

27 septembre 2014

Dans l’engrenage du libre échange


Photo : Oscar, film réalisé par Édouard Molinaro (1967) – Un industriel (incarné par Louis De Funès) découvre au cours d'une seule journée que sa fille est enceinte, qu'il a été volé par un employé et que d'autres calamités se sont abattues dans sa maison et son entreprise.

Toutes ces histoires de libre échange avec les États-Unis, l’Europe, le Moyen-Orient, l’Asie ou autres, me font penser à cette fable de Jean de La Fontaine (que tout le monde connaît par cœur, mais…) :

La cigale et la fourmi 

La cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau
Elle alla crier famine
Chez la fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle
«Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'août, foi d'animal,
Intérêt et principal.»
La fourmi n'est pas prêteuse;
C'est là son moindre défaut.
«Que faisiez-vous au temps chaud?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez? j'en suis fort aise.
Eh bien : dansez maintenant.»

Cette fable me rappelle aussi une anecdote de mon enfance (c’est arrivé pour vrai). Ma cousine et moi étions voisines. J’avais quatre ans et elle sept. Un jour, on nous donna à  chacune un sac de croustilles. À peine dix minutes plus tard, ma cousine vint me voir en minaudant : «Je les ai toutes mangées, veux-tu partager ce qui te reste avec moi?» Je n’ai pas hésité deux secondes et nous avons vidé mon petit sac. Puis, elle est partie chez elle pour revenir quelques minutes après avec son sac toujours scellé… et elle n’a pas partagé. Bien sûr, à cet âge-là on ignore tout des stratégies humaines d’appropriation déloyale. Ce fut le début d’un long apprentissage, car j’avais spontanément tendance, il n’y a pas si longtemps encore, à faire confiance, à croire que les gens étaient sincères, honnêtes. Quelle naïveté! Ma cousine est toujours une manipulatrice chronique (c'est génétique); mais une fois qu’on le sait, c’est pour la vie. Le plus difficile, c'est avec les gens que nous connaissons peu ou mal et qui ne nous ont pas «officiellement» fait de coup bas.  

Dans Les manipulateurs sont parmi nous, Isabelle Nazare-Aga écrit : «Un escroc est presque toujours un manipulateur au masque sympathique.» 
   Et, au sujet de l’opacité : «Le silence et le flou peuvent permettre, quand cela s’avère utile, de modifier les attitudes, prises de position ou opinions en fonction de la tournure des événements. Être clair, c’est dire où, qui, quoi, quand, combien, comment; et éventuellement pourquoi s’il s’agit de donner une consigne à des collègues ou à des subordonnés. Toutes les informations nécessaires doivent être soumises d’emblée pour qu’il n’existe aucun quiproquo, aucune mauvaise interprétation possible. 
   Le manipulateur reste souvent flou pour :
- ne pas se sentir coincé ni découvert;
- se donner une forme d’autorité et donc faire croire qu’il sait mieux que les autres;
- nous laisser interpréter de manière à pouvoir changer d’opinions;
- nous dévaloriser si nous nous trompons;
- se déresponsabiliser;
- séduire par le mystère (cela en fait fantasmer certains, il est vrai). 
   Comment procède-t-il? Le manipulateur ne complète pas ses phrases ou sa pensée de manière à nous laisser imaginer le reste. Le caractère équivoque est suffisant pour attirer l’intérêt dans un premier temps, puis la suspicion et le malaise dans un second temps, puisque le mystère reste entier. Le non-dit crée alors le trouble et la réflexion. Et puisque cela n’est toujours pas explicite, il aurait donc du négatif à camoufler! (interprétation naturelle). Le jeu consiste à ne pas être compréhensible. 
   Si la communication ne sert pas à informer correctement le récepteur, alors à qui cela profite-t-il? 
   Le manipulateur ne demande pas. Il impose. Face à certains sujets, le manipulateur détourne le contenu de la conversation. En une ou deux phrases nous ne parlons plus de la même chose! Le manipulateur s’éloigne de la conversation quand :
- le sujet ne lui est pas assez familier et qu’il ne veut pas qu’on le décèle;
- le sujet est mené brillamment par quelqu’un d’autre que lui;
- le sujet le gêne ou devient ‘dangereux’ pour son image;
- il ne peut démontrer ce qu’il avance, ses arguments manquent de poids;
- il veut attaquer, provoquer, critiquer ou dévaloriser son interlocuteur.»

(Toute ressemblance avec des personnalités publiques est pur hasard.) 

Bref, quel est le lien entre la fable et les accords de libre échange? 
Pourquoi nous précipiter pour donner (ou vendre à rabais) nos ressources à tout venant? Quand nous n’aurons plus rien, danserons-nous pour attraper des poches de maïs OGM, des bouteilles d’eau siphonnée ici mais expédiée/embouteillée chez Nestlé, et des médicaments génériques fabriqués en Asie qu’on nous balancera sur la tête? Parfois il faut dire oui, parfois il faut dire non; ça fait partie du long apprentissage du discernement.

Pensée du jour :
“A war is when you kill enemies that you don’t even see, using the same technology to feed and kill them.” ~ Bill Hicks

Photo : série télévisée «Guerre et paix» parodiée par "Blup!"  
http://www.blup.fr/2007/11/07/guerre-et-paix/

25 septembre 2014

Comprendre les impacts sur les cétacées


Prenez quelques minutes pour regarder les deux vidéos ci-après.

Beaucoup de gens ignorent que les êtres vivants sont de véritables tables de résonance, particulièrement, les mammifères. Toutes les espèces marines sont vulnérables car l'eau est un puissant propagateurs d'ondes. De notre côté, nous ne les percevons pas; nous sommes même plutôt inconscients des effets des sons et du bruit dans nos corps. Nous sommes devenus sourds et corporellement désensibilisés. Or, certains bruits et sons répandent des fréquences destructrices, c’est-à-dire qu’elles peuvent désintégrer la matière, littéralement. Les polluants chimiques ne sont pas les seuls responsables de certains désordres cellulaires pouvant favoriser le développement de divers cancers et l'apparition de problèmes cardiaques… 

Ce serait bien qu'on cesse de nous mener en barge...

Via http://www.care2.com :

Les baleines sont des mammifères, ce qui signifie que ce sont des animaux à sang chaud, qu'elles donnent naissance et s’occupent de leur progéniture, comme nous! Leur intelligence se mesure même (est comparable) à la nôtre.

Elles jouent un rôle important dans notre écosystème marin, et il n'y a pas de doute que ces créatures devraient être appréciées et respectées. Malheureusement, l'activité industrielle, les exercices militaires, l’exploration pétrolière et l’expansion du trafic maritime augmentent constamment la pollution sonore subaquatique, à des niveaux extrêmement dangereux.

Visitez le site de Joshua Horwitz, auteur de War of the Whales (La guerre des baleines) pour mieux comprendre ce qui se passe dans les océans. Joshua Horwitz est le fondateur des éditions Living Planet Books (Washington, DC), des publications rédigées par des scientifiques, des médecins et des psychologues réputés, concernés par l’avenir de la planète. http://warofthewhales.com/

Les baleines échouent, les bancs de poissons s'effondrent, les tortues de mer fuient. le bruit extrême menace toute la vie marine -- bruit induit par les tests militaires au sonar, la recherche de pétrole et de gaz et les immenses hélices de bateaux.

Silent oceans – Campaign against ocean noise pollution:
http://www.oceancare.org/en/sos_from_ibiza.cfm



Sons meurtriers – les sonars détruisent les baleines
Il est prouvé scientifiquement que bruit assourdissant des sonars représente un grave danger pour la vie marine, mais son utilisation continue de se répandre dans tous les océans. Ce film éloquent, proposé par Natural Resources Defense Council et narré par Pierce Brosnan, montre les effets des sonars sur les cétacées qui se retrouvent dans leur champ et explique comment les baleines, les dauphins et d'autres espèces marines pourraient être protégées des sonars meurtriers.

24 septembre 2014

Mise à jour forage à Cacouna

Bravo à la juge Claudine Roy!

Le jugement ne va pas assez loin à mon goût, mais c'est peut-être un pas vers le moratoire qu'on espère de tout coeur.


Les changements fondamentaux sont toujours venus d'individus qui prêtaient attention aux autres. ~ Pekka Himanen (L'éthique hacker)

[...] ce ne sont ni les brigands ni les incendies qui détruisent le monde, mais la haine, l'hostilité, les petites intrigues... ~ Anton Tchékhov (1860-1904)

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Le Tribunal ordonne à la compagnie albertaine de cesser ses travaux géotechniques jusqu'au 15 octobre.

Dans son jugement, la juge Claudine Roy note plusieurs lacunes dans le processus de délivrance du certificat des travaux par le ministère de l'Environnement.
       Les quatre fonctionnaires mandatés par le gouvernement, souligne la juge Roy, n'ont pas consulté les spécialistes des bélugas pour connaître les conséquences du projet sur l'habitat du béluga. La juge considère de plus que le ministre de l'Environnement n'avait pas en mains tous les documents et expertises scientifiques nécessaires pour délivrer les certificats d'autorisation à TransCanada.
       Le premier ministre Couillard admet qu'il y a eu des problèmes de communication entre le ministère des Pêches et des Océans et le ministère de l'Environnement. Les communications entre les deux doivent être plus fluides, croit le premier ministre.
       Pierre Béland, directeur scientifique de la recherche sur l'écotoxicité du Saint-Laurent et père de la recherche sur le béluga, considère aussi que toutes les règles n'ont pas été suivies. Le béluga est une espèce menacée et sa protection est régie par la Loi sur les espèces en péril et par la Loi sur les espèces menacées et vulnérables, fait valoir le scientifique.
        D'après la loi, explique M. Béland, Ottawa comme Québec auraient dû requérir l'avis des meilleurs scientifiques en la matière. Or, indique Pierre Béland, ils travaillent tous à l'Institut Maurice-Lamontagne et personne ne leur a demandé leur avis.

«Le béluga est une des espèces qui symbolisent le plus la lutte pour l'environnement.» ~ Pierre Béland, directeur scientifique de la recherche sur l'écotoxicité du Saint-Laurent et père de la recherche sur le béluga

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Le député de Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, François Lapointe, s'est réjoui de la décision et exige que l'avis des spécialistes sur la protection des espèces menacées soit entendu.

Le député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Guy Caron, estime pour sa part que les tribunaux sanctionnent aussi le manque de transparence du gouvernement conservateur.

Le NPD a maintes fois réclamé un moratoire sur les forages au large de Cacouna.

Source :
http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2014/09/24/005-bsl-cacouna-reax-politiques.shtml

22 septembre 2014

Arrivée du Minerva Gloria : alléluia!

Empreintes :  
 
 
«Ça fait au moins vingt ans qu’on m’accuse de pessimisme parce que je dis que nous sommes au milieu d’une catastrophe. Ce qu’il faut maintenant c’est trouver l’attitude à  adopter dans cette catastrophe. Tu n’es qu’un petit morceau de bois dans un torrent, une autre personne arrive, tu lui dis quoi? Je suis de gauche et tu es de droite? Es-tu pour ou contre l’avortement? On n’en a rien à foutre quand tout est en train d’exploser.» ~ Leonard Cohen

Deux reportages/articles de Thomas Gerbet (ICI Radio Canada)



1. Pétroliers : le trafic des navires de brut pourrait doubler sur le Saint-Laurent

Exclusif -  L'arrivée du pétrolier Minerva Gloria n'est que le début d'une longue série. Selon des chiffres obtenus auprès de sources gouvernementales et dans l'industrie, le nombre de navires chargés de pétrole brut pourrait doubler, voire tripler, sur le fleuve avant la fin de la décennie. Les ports de Montréal et de Lévis accueilleront à leur tour du pétrole des sables bitumineux.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/national/2014/09/22/001-croissance-transport-petrole-fleuve-saint-laurent-navires-quebec.shtml


2. Pétrole des sables bitumineux : un navire géant arrive à Sorel-Tracy

Exclusif -  C'est le début d'une révolution dans le transport du pétrole brut sur le fleuve Saint-Laurent. Un navire pétrolier géant a jeté l'ancre dimanche après-midi à Sorel-Tracy. Il vient récupérer un chargement de pétrole brut issu des sables bitumineux.

(…) Depuis le mois de juillet, la pétrolière Suncor transporte son pétrole brut de l'ouest jusqu'aux réservoirs de Kildair, en traversant la Montérégie. Des citoyens inquiets s'y opposent. Monique Hains et le groupe Alerte Pétrole Rive-Sud manifestaient d'ailleurs dimanche à Boucherville : «Imaginez un déversement, c'est catastrophique. Le fleuve, c'est 3 millions de personnes qui s'approvisionnement en eau potable». (…)

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/national/2014/09/21/001-petrolier-sorel-petrole-sables-bitumineux.shtml