Le bulletin satirique The Onion (publié depuis 1988) met le doigt sur nos paradoxes et
notre crédulité sans ménagement.
Le corps
poussé à bout... Sportology a simulé en laboratoire les conditions
de travail des équipes de construction du stade olympique de Rio. La rapidité, l’endurance
et la dévotion à sa famille de l’ouvrier brésilien Silva Rodrigo sont mises à
rude épreuve. En fait c'est une vidéo-réalité...
How Do Construction Workers Push Their
Bodies To Finish Olympic Stadiums On Time? The
Onion's Sportology injects science directly into sports' veins. Brazilian
construction worker Rodrigo Silva’s speed, endurance, and devotion to his
family are put to test in the Sportology lab. Today in the lab: how fast are
Rio's Olympic stadium construction crews?
Je ne suis pas «branchée» sur les hystériques
compétitions des JO, mais on en parle tellement que ça me donne juste envie de gratter le vernis patriotique.
L’autre jour j’ai vu le documentaire «Noir Brésil».
Un dramatique bilan de mon ignorance. Nos livres d'histoire parlaient surtout de l’esclavage négrier aux États-Unis; on omettait bien sûr de mentionner
qu’il y en avait eu au Canada. Avant Internet, on croyait que l’esclavage c’était
de l’histoire ancienne, qu’il n’y en avait plus ou presque. À l’heure actuelle, beaucoup
de pays sont assiégés par les bastions colonialistes du néolibéralisme.
Autrement dit, rien n’a changé.
Notes tirées du documentaire :
Plusieurs pays colonialistes occidentaux ont pratiqué
la traite négrière pendant des siècles. Mais, à ce chapitre, le Portugal remporte
la médaille noire.
La transformation de certains quartiers de Rio
pour le tourisme et les Jeux Olympiques, a mis à jour une partie de l’histoire
de l’esclavage au Brésil. En creusant de site en site, on a découvert de
nombreuxrestes d’esclaves. Chaque
pelletée de terre était remplie d’ossements, notamment d’enfants. Les esclaves
noirs qui mourraient peu après leur arrivée étaient jetés dans une fausse
commune avec les ordures – puisqu’ils avaient le statut d’animaux, d’objets, de
bien-meubles. Il s’agit probablement du plus grand cimetière d’esclaves en Amérique
du Sud. Les «Nouveaux Noirs», amenés par les négriers portugais, étaient originaires
du Congo, du Mozambique, de l’Angola, de la Côte d’Ivoire, etc. Durant la diaspora
africaine, des millions de personnes ont été amenées de force.
Le Brésil est le pays qui a le plus développé le système
esclavagiste sur le continent américain. En trois siècles, 4 millions d’hommes
et de femmes ont débarqué sur les côtes brésiliennes. C’est au moins 6 fois
plus qu’aux États-Unis pendant la traite. Ils venaient des colonies
portugaises. Pour les Portugais, l’Afrique était un réservoir de main-d’œuvre
abondante. Beaucoup de jeunes adultes et de préadolescents étaient au service
des classes dominantes. L’économie du Brésil s’est développée entièrement sur
l’esclavage, d’abord dans les plantations de sucre, puis de café, de coton,
etc. Mais, on n’en parle pas. «Ce que la société préfère cacher, l’archéologie
peut le dévoiler. Ce n’est pas en enfouissant les problèmes qu’on les règle»,
dit une spécialiste.
L'esclavage
au Brésil par Jean Baptiste Debret, première moitié du XIXe siècle
Le Brésil compte la plus grande population noire
au monde après le Nigéria. Or, les Afro-Brésiliens souffrent toujours
d’exclusion, vivant en marge de la société. Le fossé entre la population
blanche et noire subsiste.
Noir Brésil
Production : AB Productions, France Réalisateur(s) : Angèle Berland, Aglaé de Chalus,
Nolwenn Hervé, Pierre Begon-Lours, Fabrice Averlan, Raphaël Krafft; Jean-Guy
Michaud (à l'adaptation)
Pendant qu’on se dope aux vapeurs de la fierté
nationale olympique (et autres drogues...), la ville d'Alep, en Syrie, subit
les conséquences d'une attaque chimique qui a fait au moins 3 morts et
plusieurs dizaines de blessés mercredi dernier. La grande majorité des victimes
sont des femmes et des enfants. Les hôpitaux sont submergés et les médecins se
font de plus en plus rares. Les attaques chimiques se multiplient en Syrie,
s'ajoutant aux bombardements réguliers sur les civils et les établissements de
santé. (Reuters)
Après avoir vu Noir
Brésil, j’ai lu le dossier «Commerce triangulaire» au complet sur Wikipédia. Vraiment fou, malade, psychotique. Peut-être
sommes-nous en effet une espèce monstrueuse, cruelle, barbare, venue d’on ne
sait trop où, et totalement irrécupérable.
Extraits
Selon le
Census de Curtin, 9,5 millions d'Africains auraient été introduits dans les
différentes colonies du Nouveau-Monde et, compte tenu de la mortalité au cours
du middle passage, 11 millions,
environ, seraient partis d'Afrique. En décembre 2008, David Eltis lance la plus
large base de données consacrée à la traite négrière atlantique : The Trans-Atlantic Slave Trade Database – en réalité,
12 521 336 Africains auraient été déportés entre
1501 et 1866.
La France a aboli l’esclavage en 1849, les
États-Unis en 1865, et le Brésil en 1888.
Les arguments contre l'abolition Les
arguments idéologiques – Les négriers avaient la possibilité de baptiser l'ensemble des captifs
embarqués en Afrique. Par cet acte, lesNoirs païensquiétaient «voués à
l'enfer éternel»selon les missionnaires chrétiens, avaient une chance d'aller
au paradis. Selon cet argument, les esclaves étaient les grands bénéficiaires
de l'opération. Pour certains hommes, notamment des hommes d’Église, cet
argument était essentiel.
Photo d’origine : shutterstock
La traversée de l’Atlantique Noir
passage – L'historien
et ancien administrateur colonial Hubert Deschamps (1900-1979) qualifiait la
traversée de l'Atlantique de «noir passage». Les captifs étaient enferrés deux par deux.
Ils couchaient nus sur les planches. Pour gagner en surface, le charpentier
construisait un échafaud, un faux pont, sur les côtés. Le taux d'entassement
était relativement important. Dans un volume représentant 1,44 m3 (soit un
«tonneau d'encombrement», 170×160×53), les Portugais plaçaient jusqu'à cinq
adultes, les Britanniques et les Français, de deux à trois. Pour les négriers
nantais, entre 1707 et 1793, le rapport général entre tonnage et nombre de
Noirs peut être ramené à une moyenne de 1,41. Le marchand d'esclaves franco-italien
Theophilus Conneau témoigna ainsi en 1854 : «Deux des officiers ont la charge
d'arrimer les hommes. Au coucher du soleil, le lieutenant et son second
descendent, le fouet à la main, et mettent en place les Nègres pour la nuit.
Ceux qui sont à tribord sont rangés comme des cuillers, selon l'expression
courante, tournés vers l'avant et s'emboîtant l'un dans l'autre. À bâbord, ils
sont tournés vers l'arrière. Cette position est considérée comme préférable,
car elle laisse le cœur battre plus librement.» Si le temps le permettait, les déportés
passaient la journée sur le pont. Toujours enchaînés, les hommes restaient
séparés des femmes et des enfants. Ils montaient par groupes sur le pont
supérieur vers huit heures du matin. Les fers étaient vérifiés et ils étaient
lavés à l'eau de mer. Deux fois par semaine, ils étaient enduits d'huile de
palme. Tous les quinze jours, les ongles étaient coupés et la tête rasée. Tous
les jours, les bailles à déjection étaient vidés, l'entrepont était gratté et
nettoyé au vinaigre. Par contre, en cas de mauvais temps et de
tempête, les déportés restaient confinés dans l'entrepont. Il n'y avait pas de
vidange, ni de lavement des corps, ni de nettoyage des sols. Le contenu des
bailles coulait sur les planches de l'entrepont, se mêlait aux choses pourries,
aux émanations des victimes du mal de mer, aux vomissures, au «flux de ventre,
blanc ou rouge». Toutes les écoutilles pouvaient être closes. L'obscurité,
l'air rendu irrespirable par le renversement des bailles à déjection, le roulis
qui faisait frotter les corps nus sur les planches, la croyance d'un cannibalisme
des négriers blancs, terrorisaient et affaiblissaient les captifs.
Je ne vois pas pourquoi les carnivores devraient
craindre les végétaliens. Le carnivorisme vit des heures de gloire. Il n’y a
jamais eu autant d’animaux produits et abattus pour la consommation de viande
sur terre. Ça fait que...
Cette peur a soulevé un tollé contre
la maire de Turin, Chiara Appendino, qui proposait à ses concitoyens un plan
quinquennal d’information sur les avantages d’une alimentation végétalienne /
végétarienne pour des raisons de santé et environnementales.
Les Turinois amateurs
de viande ont accusé la maire de paternalisme. On s’est
dès lors empressé de rapporter des incidents survenus en Italie qui démontreraient que
les régimes végétalien et végétarien peuvent entraîner une malnutrition grave
chez certains.
Les enfants nord-américains consomment beaucoup de
viande, d’oeufs et de produits laitiers. Pourtant plusieurs souffrent de
malnutrition, et souvent d'obésité.
En réalité, on trouve des problèmes de malnutrition
tant chez les carnivores que chez les végétaliens. Ce qui manque, d’un côté
comme de l’autre, c’est l’information et l’éducation. Alors, l’idée de la maire
de Turin me paraît intéressante, et je n’ai pas l’impression qu’elle entendait imposer un régime végan aux Turinois.
~~~ Anecdote à propos d’un athlète végétalien
Kendrick Farris, haltérophile Le régime
alimentaire de l'haltérophile américain Kendrick Farris aux JO de Rio va vous
surprendre
Par Marine Le Breton, Le HuffPost
Ils arrivent à porter des poids tellement
impressionnants qu'on se demande combien de steaks et d'œufs ils mangent chaque
jour pour avoir une telle masse musculaire. Pour Kendrick Farris, le seul
haltérophile américain des Jeux olympiques de Rio, la réponse est étonnante :
aucun.
Participant à la compétition dans la catégorie
moins de 94 kg, le sportif de 30 ans, originaire de Louisiane, est en effet vegan
depuis 2014. Par respect pour les animaux, il a totalement arrêté de consommer
de la viande, mais aussi des produits d'origine animale.
«Je n'ai pas vraiment confiance en la manière dont
la nourriture est fabriquée», explique-t-il à nos confrères du Huffington Post.
«Je ne suis pas d'accord avec la façon dont on tue les animaux en masse. Donc
c'est l'une des choses qui m'a conduit à ce qu'on appelle le régime vegan».
Comment fait-il pour avoir un apport suffisant en
protéines, à un tel niveau de compétition? Il prend surtout sa force dans les
avocats et les haricots. Sa femme, Katrina, qui cuisine régulièrement pour lui,
détaille l'une de ses journées alimentaires types : flocons d'avoine ou
pancakes au petit-déjeuner, boisson protéinée à base de plantes, de vanille ou
de chocolat pour le goûter du matin. Au déjeuner, des enchiladas à l’avocat, de
la lasagne avec du fromage à base de plantes; un goûter de guacamole et de
chips de haricots noirs. Le soir, des quesadillas de haricots noirs.
On est bien loin du régime hyper-protéiné à bases
d’œufs et de bœuf du culturiste Hafþór Björnsson, connu pour son rôle de «La
Montagne» dans Game of Thrones.
Mais cela ne semble pas porter préjudice à
Kendrick Farris, au contraire. Preuve en est, il a remporté les championnats
Pan-American deux années de suite, en 2015 et en 2016, en soulevant,
respectivement, 366 kg et 364 kg dans la catégorie moins de 94 kg.
--- «Je suis en pleine forme physiquement, et aussi
plus en santé qu’avant. Je récupère plus rapidement de mes blessures. Je mange
quand j’ai faim. Sur le site olympique, je mange ce que je peux : des légumes,
de la salade, des pâtes, des choses simples.» ~ Kendrick
Farris
Contrairement à d’autres athlètes végétaliens, Farris
n’utilise pas les services d’un nutritionniste.
~~~
Souvent, les carnivores considèrent les
végétariens / végétaliens comme une menace pour lespâturages réservés à la production de bétail.
Suggestion : Chaque
jour, des milliers d’innocentes plantes sont tuées pour les végétaliens. Mettez fin
à cette violence : mangez des végétaliens!
~~~ Histoire de rire un peu (beaucoup) : deux
parodies de JP Sears, le «gourou spirituel» le plus hilarant du web. Le moins
qu’on puisse dire, c’est que l’humoriste (très doué) nous oblige à réviser nos systèmes
de croyances. À se tordre : https://www.youtube.com/user/AwakenWithJP If Meat Eaters Acted Like Vegans
Une de mes
amies avait de la difficulté à perdre quelques kilos. Alors, elle s’est
inscrite à un programme similaire à Weight Watchers. À chaque semaine, elle
devait fournir un compte-rendu de tout ce qu’elle avait mangé. Elle est farceuse.
Suit le menu qu’elle a présenté la première fois (une parodie de malbouffe ou de food porn –
qu’est-ce qu’on a rigolé). Il paraît que l’animatrice était bouche-bée puisque le physique ne correspondait pas... En passant, mon amie est végétarienne...
Ce menu
peut sembler exagéré, mais beaucoup de nord-américains mangent de cette façon,
d’où cette épidémie d’obésité alarmante. Je me souviens des portions servies
dans les restos californiens dans les années 2000. Un soir, en voyant ma salade,
j’ai dit à la serveuse «mais il y en a pour trois personnes!». J’ai mangé une
portion «normale» et lui ai demandé de mettre le reste dans un «doggie bag». Même
si les recherches pointent du doigt l’industrie agroalimentaire (des drogues
qui stimulent l’appétit et suscitent une dépendance seraient introduites dans
les aliments), on est loin de comprendre toutes les causes de cette consommation
effrénée et démesurée de viande et de malbouffe (1).
Photo : le clou –
burrito de bœuf haché, pommes de terre, œufs, oignons, morceaux de jambon, une
orgie de fromage sur le dessus, saupoudré de chili. Poids : 3 kg. Pouah. J'espère qu'elle partageait avec quelqu'un d'autre... Est-on
plus heureux après avoir ingurgité ça?!
Jour 5
Matin : 1
croissant, 1 fruit, 2 crêpes, bacon, 2 rôties, café Midi :
entrée de pizza, chaudrée de palourdes, sushi, 2 bières Soir : 4 côtelettes
de porc, frites / sauce, fèves au lard, vin rouge Collation : 1
tarte au sucre (au complet), Seven-Up diète
Photo : gâteau à
la pizza (Boston Pizza)
Jour 6
Matin :
pain perdu, 9 tranches de bacon, fruits, café Midi :
2 hamburgers doubles, poutine, 2 bières Soir : entrée
de pâtes, ragoût de cheval, salade, vin rouge Collation : 1
tarte aux pommes (au complet), fromage cheddar
Étant de grands
producteurs et consommateurs de viande, on peut en déduire que les nord-américains
coûtent cher à la planète en gaz à effets de serre. Et, ça coûte aussi très cher en soins de santé. Mais ce n’est pas mieux ailleurs dans le monde. Ici-même, nos usines porcines produisent pour l'exportation en Asie par exemple -- ensuite, ils nous les revendent préparés, peut-être mêlés avec de la viande de chiens. Big deal.
Manger autant
de viande est une aberration pour l'environnement et la santé (vidéo)
Autrefois
l'apanage des pays riches, la consommation de viande ne cesse de se
démocratiser et d'augmenter dans le monde. L'élévation du niveau de vie dans
les pays en voie de développement amplifie les effets déjà catastrophiques,
mais peu évoqués, d'une surconsommation de viande non soutenable et inutile
dans les pays dits développés.
Entre 1950 et 2000, la consommation de viande au niveau
mondial a été multipliée par 5 alors que la population a «seulement» doublé.
Une tendance qui devrait se confirmer vu l'élévation du niveau de vie dans de
nombreux pays.
La production mondiale de viande était de 302,4 millions
de tonnes en 2012 (FAOSTAT) et pourrait atteindre 465 millions de tonnes en
2050 tandis que la production de lait passerait de 702,1 millions de tonnes à 1
043 millions de tonnes sur la même période au regard de la croissance
démographique et de l'évolution des habitudes alimentaires. Or, pour nourrir le
bétail, la demande en céréales augmente de manière considérable, les céréales
étant de plus en plus l'aliment de base du bétail, au détriment de l'herbe des
pâturages.
C'est pourquoi, selon les prévisions de l'Organisation
des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), il serait
nécessaire de doubler la production agricole d'ici à 2050. En effet, pour
produire un kilo de viande, il faut 7 kilos de céréales. Pour répondre à cette
demande, il est possible d'augmenter la surface des terres cultivées, mais à
quel prix? Déforestation, monocultures intensives, utilisation de pesticides,
d'OGM, destruction d'écosystèmes et perte de biodiversité...
Ainsi, l'élevage extensif et le soja exporté comme
aliment du bétail sont la première cause de la déforestation selon Alain
Karsenty, économiste au Centre de coopération internationale pour le
développement et expert auprès de la Banque mondiale. Après une enquête de 3
ans publiée en juin 2009, Greenpeace affirme que l'élevage bovin est responsable à 80% de la destruction de la forêt
amazonienne...
Quand
j’entends les carnivores dirent que manger de la viande leur fournit
les céréales ou les légumes dont ils ont besoin vu que c’est ce que les animaux mangent (ce qui est loin
d’être toujours vrai), je réponds à la blague : arrêtez de produire des
animaux, mangez des végétariens à la place, vous aurez
tous vos légumes, et sans antibiotiques!
Si le
sujet vous intéresse, voyez les libellés «Végétarisme» et «Zoofriendly».
Et que les champions de tennis, de hockey, de golf,
de course automobile... Je leur voterais même un meilleur salaire que celui de nos élus – au mérite comme on dit, avec en plus des médailles d'or.
Une médaille d'or aussi à l'homme qui a tenté de sauver le conducteur du camion-citerne tandis que l'essence au sol prenait feu.
Avec l’augmentation tous azimuts du trafic
pétrolier et gazier – par camion, voie ferrée, pipeline et bateau – on n’a pas
fini de voir des pompiers à l'oeuvre. Ça me rappelait l’enfer de Lac-Mégantic.
Comme disait un commentateur, le problème n’est
pas de savoir si ça va arriver ou non, parce que c’est certain ça va arriver, le
problème est de savoir où et quand!
Diable! à quand la mort de l’infernal pétrole? Car
si ce n’est pas l’enfer, je ne sais pas ce que c’est.
En tout
cas, je veux saluer le travail colossal des pompiers.
«Après le temps des rois est venu celui des
individus. Du point de vue des connecteurs, un président élu au suffrage
universel ne diffère guère d'un roi, sinon qu'une assemblée législative pondère
sa toute-puissance. Ce pouvoir à deux têtes peut être considéré comme une
oligarchie, plusieurs personnes exerçant ensemble l'autorité royale, ou comme
un jeu de pouvoirs et de contre-pouvoirs qui se neutralisent. Aucune de ces
deux perspectives n'est réjouissante. La seconde, synonyme d'impuissance, est
caractéristique de la plupart des démocraties. Mieux
nous communiquons, plus nous nous libérons de l'influence des chefs. Leur force
et leur intelligence ne peuvent plus lutter contre celles de l'ensemble,
surtout quand l'ensemble rassemble des millions d'hommes qui dialoguent à la
vitesse de la lumière.» ~ Thierry Crouzet (Le
peuple des connecteurs, Bourin éditeur, 2006)
Collage : Joe Webbhttp://www.joewebbart.com/ Cet artiste nous
met sous le nez nos défis socioéconomiques et environnementaux avec la
précision d’une lame X-ACTO. (Parmi me préférés dans le domaine, avec Pawel Kuczynski
et Steve Cutts)
Montréal
accueille le Forum social mondial
Source : Desautels le dimanche (ICI
Radio-Canada Première, 07/08/2016)
Riccardo
Petrella, politologue et économiste, et Raphael Canet, coorganisateur du Forum social mondial à Montréal. Photo
: Radio-Canada / Philippe Couture
Après Porto Alegre, Mumbai, Nairobi, Tunis, c'est
au tour de Montréal d'accueillir le mouvement altermondialiste, constitué
d'individus et d'organismes soucieux de changer le monde en proposant des
solutions alternatives, tant dans la sphère politique qu'économique ou
sociale. Coorganisateur
de l'événement, Raphaël Canet discute d'abord avec Frank Desoer des défis
logistiques entourant l'événement. À quelques jours du Forum, plus de 200
délégués auraient vu leur demande de visa refusée, notamment Aminata Traoré,
ex-ministre de la Culture et du Tourisme du Mali et candidate au poste de
secrétaire générale de l'ONU. Le
politologue et économiste italien Riccardo Petrella, une des figures de proue
du mouvement, discute quant à lui des nouveaux défis qui attendent les
altermondialistes dans les prochaines années.
L’article suivant a été publié avant que Bernie
Sanders décide d’appuyer Hillary Clinton pour éviter que l’acrimonieux despote Donald
Trump devienne président. Certains partisans de Sanders le considèrent comme un traitre – c’est le
monde à l’envers. Auraient-ils préféré qu’il se fasse assassiner?
Si tous les chefs d’États adoptaient cette vision,
commune au mouvement altermondialiste, le monde se porterait beaucoup mieux... En
voulons-nous vraiment de ce monde meilleur?
Les racines
du socialisme de Sanders Par Andrée
Mathieu, 18 juin 2016(Encyclopédie de l’Agora)
[Extraits]
«Pour moi,
le socialisme ne signifie aucunement que l'État doit être propriétaire de tout.
Il consiste à bâtir une nation, un monde dans lequel tous les êtres humains auraient
un niveau de vie décent.» (B. S.)
Quiconque suit Bernie Sanders depuis ses années
d'activisme étudiant ou depuis son discours épique de huit heures et demie le 6
décembre 2010, devant ses collègues du sénat américain, sait que sa trajectoire
est droite comme un «i» majuscule. Le vieux militant socialiste n'ambitionne
pas de devenir président des États-Unis, il veut porter une vision du monde qui
fait rêver, spécialement les jeunes générations. L'objet de sa lutte est bien
résumé dans ces quelques mots de sa célèbre allocution citée plus haut : «C'est la guerre en ce moment dans notre
pays. Je ne parle pas de ce qui se passe en Irak ou en Afghanistan. Je parle de
la guerre qui oppose les individus les plus riches, les plus puissants, aux
familles américaines, aux humbles travailleurs, à la classe moyenne qui est en
train de disparaître. La vérité, c'est que certains milliardaires veulent
toujours plus et leur cupidité n'a aucune limite». Quand on lit dans le
dernier rapport annuel du Boston Consulting Group (7 juin 2016) que les huit
millions de foyers millionnaires américains (sur une population de plus de 324
millions) détiennent 63% de la richesse du pays, il faut admettre que le
sénateur marque un point!
Un extrait du discours qu'il a prononcé à Los
Angeles le soir de la primaire de la Californie nous permet de croire que le
sénateur en est pleinement conscient : «La
démocratie, ce ne sont pas les milliardaires qui achètent les élections. Nous
allons réparer notre système de justice détraqué. Nous allons démanteler les
grandes banques de Wall Street. Nous allons joindre le reste du monde
industrialisé et garantir à tous le droit à des soins de santé. Nous allons
effectuer une véritable réforme de l'immigration et proposer un parcours vers
la citoyenneté. Nous allons dire aux milliardaires et aux entreprises
américaines qu'ils doivent commencer à payer leur juste part. Ce que nous
comprenons et que chacun de nous a toujours compris, c'est que le vrai
changement ne se produit jamais à partir du sommet mais à partir de la base. Voilà l'histoire de l'Amérique, qu'il
s'agisse de la création du mouvement syndical, du mouvement des droits civils,
des mouvements féministes ou du mouvement LBGT. Et c'est la raison d'être de
NOTRE mouvement. Mais vous savez tous que ça va bien au-delà
de Bernie. Il s'agit de nous tous ensemble. C'est la raison d'être de ce
mouvement. Ce sont des millions de personnes d'un océan à l'autre se levant
debout, regardant autour d'eux et constatant que nous pouvons faire mieux,
beaucoup mieux comme nation. Et peu importe si Wall Street aime ça, si les
entreprises américaines aiment ça, si les riches donateurs aux campagnes
électorales aiment ça ou si les empires médiatiques aiment ça, nous, ensemble,
ensemble nous savons ce que nous avons à faire. Et c'est de rassembler le
peuple américain pour créer un gouvernement qui fonctionne pour nous, pas pour
le 1%.»
(...) La réforme du financement électoral s’impose
«puisque que c'est la condition sine qua
non pour restaurer la démocratie». Alors que la candidate Clinton essaie de
convaincre les électeurs que le poste de président serait mieux servi par une
renarde, à cause de sa polyvalence, le hérisson Sanders se concentre sur la
redistribution de la richesse et l'anti-ploutocratie.
“Everybody knows what’s happening –
who wants to know,” Bernie Sanders wrote in June 1972 in Movement, an
irregular Liberty Union Party newsletter he edited. “A handful of people own almost everything … and almost everybody owns
nothing. A handful of people make the decisions and the vast majority of people
have virtually no control over their lives.” Dating all the way back to the
1960s and ‘70s in Vermont, a formative time for Sanders, the message of the
surging socialist presidential candidate has been startling consistent. “The rich are getting richer and the poor
are getting poorer, and the vast majority in the middle are having a harder and
harder time,” he said –in 1974,
and ever since.
Above,
1963: Economic justice has been the central focus of Sanders’ 40-plus-year
political career –as a young
activist at the University of Chicago, though, Sanders agitated more for racial
equality. In 1963 he was arrested during a demonstration protesting the city’s
segregated schools. He also traveled to Washington –his first time in D.C. –to
hear Martin Luther King speak at the March on Washington for Jobs and Freedom.
Incapable de regarder les JO, c’est trop stupide et déprimant ce gaspillage.
«Rio ne traite que la moitié de ses eaux usées» – N’aurait-il
pas été plus sensé d’investir l’argent des JO dans un système d’épuration pouvant
traiter les eaux usées de la ville à 100 %, ou dans l’éradication, à tout le
moins partielle, de la pauvreté urbaine?
Inconcevable...
Loin de moi de plaindre les athlètes, ils ont
couru après, pour la gloriole et/ou le cash. Après tout, les athlètes sont
peut-être victimes de radicalisation sportive...
Par contre, je plains les Brésiliens de tout mon
coeur. Une peuple hétérogène magnifique, un pays d'une beauté exceptionnelle, en train de passer dans la
moulinette de la ploutocratie industrielle. Criminel et infiniment triste. On
entend souvent dire : «les enfants, c’est le futur». Hé, il n’y a plus de
futur!
Des enfants du Complexo
da Mare slum, l'un des plus importants ensembles de favelas de Rio de
Janeiro. Plus de 130 000 personnes y vivent. Photo : Mario Tama (Via ICI
Radio-Canada Info)
Disciplines
nautiques dans les eaux polluées...
Les athlètes qui s'affrontent dans des disciplines
nautiques aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro sont confrontés à une mission
presque impossible. Ils doivent monter dans leurs embarcations, ramer de toutes
leurs forces et tenter d'offrir le meilleur d'eux-mêmes, tout cela en prenant
bien soin d'éviter tout contact avec l'eau. Plus encore, ils ne doivent surtout
pas l'avaler. Rio de
Janeiro ne traite que la moitié de ses eaux usées. Tout le reste est rejeté
dans les cours d'eau qui entourent la région métropolitaine de 12 millions
d'habitants. Il faut
dire que de tenter d'éviter de toucher à l'eau est pratiquement impossible. «Nous
essayons de ne pas faire de contact mains à bouche et de ne pas recevoir d'eau
sur notre bouche», a résumé l'Australienne Kim Brennan, qui avait remporté une
médaille d'argent à Londres. Si les
autorités brésiliennes avaient promis que les eaux de la lagune Rodrigo de Freitas
seraient assainies à temps pour les Jeux olympiques, les échantillonnages de
l'Associated Press font plutôt état d'une contamination répandue.
Allez couvrir les Jeux, c'est a priori sans
danger... sauf que les journalistes qui suivaient l'équitation samedi, dans une
zone militaire pourtant hautement sécurisée, ont eu la désagréable surprise de
voir passer une balle perdue qui a percé le toit du barnum servant de centre de
presse. Le site
de Deodoro, dans le nord-ouest de Rio, est situé dans une vaste zone militaire.
Et il est certainement le plus tranquille des JO, dispersé dans une ville très
exposée aux agressions diverses et aux pickpockets de tous poils. Mais samedi,
c'est bien une balle de calibre militaire qui a traversé la toile en matière
plastique, alors qu'une quarantaine de journalistes et de volontaires se
trouvaient à l'intérieur de la structure provisoire. Personne n'a été blessé.
Petite
explosion
Une petite explosion a secoué les installations
olympiques à Rio de Janeiro près de la ligne d'arrivée de l'épreuve masculine
de cyclisme, samedi, alors que les concurrents étaient à environ 70 kilomètres
du fil d'arrivée. Personne
n'a été blessé et l'événement s'est poursuivi comme si de rien n'était. Les
journalistes ont entendu un bruit très fort à la salle de presse et ils ont
ressenti un tremblement au sol. Un
policier responsable de l'événement a toutefois précisé qu'il s'agissait de
l'explosion contrôlée d'un sac abandonné. Il n'a pas révélé son nom puisqu'il
ne pouvait pas divulguer l'information.
Pompe, apparat et divertissement au-dessus du pain et du
beurre!
Le Brésil est au cœur d’une grave crise politique
et socioéconomique, et les Jeux Olympiques sont un divertissement patriotique
désastreux en ces conditions. En outre, des fonds de l’État réservés à la
santé, à l’éducation et aux programmes sociaux, ont été détournés au profit des
Jeux pour en assurer la présentation. Quand on songe à la corruption derrière l’organisation
de ce type d’événement, on peut comprendre la grogne généralisée.
Ce sont des «exercices de gymnastique financière» loin d’être démocratiques.
... Le nouveau président, un chouchou de Wall
Street et du secteur financier, a imposé des politiques d’austérité qui
restreignent le niveau de vie et les avantages sociaux des travailleurs
brésiliens, de sorte qu’ils ne pourront pas se permettre d'assister aux
cérémonies d'ouverture ni aux compétitions. Les favelas, les quartiers pauvres
sur les collines de la ville, dont plusieurs sont sous occupation policière,
ont été attaquées depuis que la ville a obtenu les Jeux Olympiques. Des murs
ont été construits pour empêcher les pauvres d’accéder aux lieux touristiques,
des maisons ont été démolies et les gens déplacés pour suivre les plans de
construction du parc olympique, touchant ainsi quelque 30 000 personnes. Un
nombre supplémentaire de 6 000 sans-abri ont été chassés du centre-ville de
Rio.
Samedi dernier, des manifestants de la ville
côtière Angra dos Reis, à 100 milles au sud de Rio de Janeiro, ont éteint la
flamme olympique lors de son parcours vers le stade Maracaná, pour protester
contre les politiques d'austérité de Temer et le détournement de fonds destinés
à rémunérer des enseignants, des fonctionnaires et des employés, au profit des
Jeux Olympiques. Angra dos Reis est une réserve côtière de résidences et
d’hôtels de luxe pour les riches du Brésil et du monde entier. C’est aussi le
site d’une raffinerie pétrolière et d’une centrale nucléaire de Petrobras. La
majorité des habitants sont des pauvres de la classe ouvrière qui vivent dans
des logements précaires sur les collines et subissent des coulées de boue
catastrophiques à répétition. Des manifestations semblables ont eu lieu dans
pratiquement chaque ville le long du parcours de la flamme. En juin dernier, les
élus de la ville Rio de Janeiro ont réclamé une aide financière d'urgence à l'État
pour éviter un effondrement économique.
Rio a l’apparence d’une ville assiégée. Plus de 98
000 agents de sécurité occupent la ville sous prétexte d'assurer la sécurité
des athlètes et des touristes; cela comprend 47 000 soldats et policiers
militaires. 1 200 agents de sécurité supplémentaires ont été affectés à la zone
aéroportuaire de Rio. Les services de sécurité disposent de 60 navires, 70
véhicules blindés et 34 hélicoptères.
Durant les Jeux, les touristes et les riches
brésiliens photographieront les anneaux olympiques et prendront des selfies le
long de la plage de Copacabana. Ils ne verront pas qu’il y a deux Brésils. Cent
millions de Brésiliens (sur environ 204 millions) vivent dans la pauvreté, avec
un revenu mensuel (par habitant) inférieur à 300 $, ce qui en fait la société la
plus inégalitaire du monde. En 2012, les statistiques économiques indiquaient
que les gens de la classe moyenne inférieure (juste au-dessus du seuil de pauvreté),
avaient uniquement le revenu nécessaire pour subvenir à leurs besoins de base.
Les tensions entre les classes sociales sont à un
point de rupture. Tout ce que les autorités brésiliennes peuvent espérer, c'est
qu’il y ait une brève période de paix sociale pendant les Jeux Olympiques, une
«trêve», dans l'esprit de la Grèce antique. Cette accalmie, si elle se produit,
ne sera que temporaire car le Brésil entre dans une période de guerre des
classes.
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Commentaire
Y aura-t-il des retombées économiques et, si oui,
qui les empochera? Au départ, les retombées économiques de ces manifestations
mégalomaniaques ne couvrent jamais les déboursés. L’entretien des infrastructures,
souvent difficiles à rentabiliser après les jeux, deviennent des gouffres à
argent.
Après 40 ans, nous n’avons pas encore rentabilisé (avec
nos impôts) l’horrible stade de Roger Taillibert qui trône, tel un prototype
d’OVNI, dans l’Est de Montréal (JO d’été 1976.) La tour inclinée – si énorme qu'on la voit de partout – représente une
masse de 8 000 tonnes maintenue en place par une masse de béton de 145 000
tonnes, enfoncée à une dizaine de mètres de profondeur. Et puis, l'on se demande encore s’il faudrait installer un quatrième toit
rétractable puisque les trois premiers se sont effondrés; le coût pourrait atteindre
les 300 millions $. Formidable, non?
Ah mais, le bon Maire Jean Drapeau était un mégalomane
qui s’assumait totalement...
J'aime beaucoup le Vermont, pour sa beauté, sa tranquillité, sa propreté, ses espaces verdoyants, son urbanisation intelligente et sa politique orientée vers la protection de l'environnement et la sauvegarde des services sociaux. Et, il n'y a pas de Grand Prix Formule 1, ni de Piknik Électronik hystérique, etc. Néanmoins, je suis certaine que le Vermont bat des records en visites touristiques et retombées économiques.
Citations du
jour :
«Les
dirigeants des grosses entreprises ne sont pas des gens comme nous. Ils paient
beaucoup moins d'impôts.» ~Jean
Yanne (1933-2003)
«Quand les gens juchés sur des échasses viennent à
choir, un sourire accompagne la pitié que leur chute inspire.» ~Anne
Barratin (1845-1911)
En essayant de capturer et contrôler des bibittes
virtuelles, les joueurs perdent tout contrôle de soi, toute capacité d’être
«présents» et de faire des choix rationnels. Avez-vous vu des adeptes butter
les uns contre les autres, contre des murs, des poteaux? Aille-oille. En plus,
tous les trajets sont mémorisés par la machine à cash à l’autre bout de l’application
– une autre sorte de traque et d’arnaque... Ainsi, les joueurs perdent encore
un peu plus de leur intimité et de leur vie privée. George Orwell doit hocher
la tête dans sa tombe.
À quoi bon craindre l’apocalypse zombie? Nous sommes
déjà des zombies.
SAN DIEGO – Un groupe d’individus jouant à Pokémon
Go sur leurs téléphones intelligents ont failli être happés par un camion lors d’une
chasse policière. Qui aurait été légalement responsable de l’accident : les joueurs «distraits» ou le conducteur du camion? En réalité, la technologie ne peut pas nous prémunir contre tous les accidents de la circulation; les gens risquent toujours d’en subir et d’être blessés. Le meilleur moyen de les éviter est d'être attentif, de garder les deux pieds sur terre. Même chose pour les voitures électriques téléguidées. Qui sera tenu responsable d’un accident : le «logiciel» ou le conducteur de la voiture autonome? Ridicule. Beaucoup de travail pour les avocats en perspective...
La traque
automobile
Les voitures autonomes (électriques/téléguidées) ne
règleront pas le problème du nombre croissant de véhicules en circulation, ni les
embouteillages ni la pollution. Il faut de l’électricité pour nourrir les batteries
qui requièrent des composants polluants. Leur durée de vie étant limitée,
comment en disposerons-nous? Cercle vicieux. L’énergie solaire serait idéale,
comme l’a démontré l’expérience formidable de Solar Impulse – zéro carburant et autonomie perpétuelle. Mais cette
technologie, appliquée au mode de transport individuel, n’économisera ni temps
ni énergie ni argent parce qu’il y aura encore des engorgements, en particulier
en milieu urbain où l’auto individuelle devrait déjà avoir disparu. Il y a des
gens qui perdent jusqu’à 60 minutes pour entrer / sortir des grandes villes aux
heures de pointe. Infernal.
Et je n’ai pas hâte de voir les drones remplacer
les oiseaux dans le ciel. Pouah.
«Si seulement ces idiots prenaient le bus, je
serais déjà chez moi.»
Extrait d’un article de Rebecca Solnit (The Guardian) :
Les
voitures autonomes
Nous n'avons pas besoin de voitures autonomes –
nous avons besoin d’abandonner les voitures, totalement.
La voiture autonome peut sembler révolutionnaire
et commode, mais les transports publics nous évitent déjà de conduire. Non
seulement est-ce mieux pour la planète – mais en plus, ils nous épargnent les
embouteillages.
... Trop de voitures c’est trop de voitures, et beaucoup
d’endroits sont submergés de véhicules, encore aujourd'hui. Quant aux émissions
de dioxyde de carbone, dans l’ensemble, il y a déjà trop de voitures sur terre.
Dans les milieux urbains de grande et moyenne
densité, le transport en voiture individuelle mène aux embouteillages, à la rage
au volant et à la perte de temps, ainsi qu'à un énorme gaspillage de
combustibles fossiles dont les émissions atteignent les poumons de quiconque est
coincé dans le trafic ou à proximité. Passer une heure à lire dans un train est
très différent que de passer une heure à faire du surplace dans le trafic en jurant.
Et si vous voulez lire (ou, OK, jouer avec votre téléphone) pendant votre
trajet, vous devriez exiger de meilleurs transports en commun, non pas des
voitures autonomes. Moins de véhicules individuels, moins d'embouteillages.
La promotion des voitures autonomes par Apple,
Tesla, Uber, Google et divers fabricants d'automobiles, vise à préserver et
peut-être même étendre l'utilisation du véhicule individuel. La multiplication
des nouvelles technologies pour accéder au transport en taxi, et les problématiques
sociétés Lyft et Uber ont fourni à la jeune génération plus d’options pour perpétuer
le transport privé, et elles ont ajouté des flottes de véhicules neufs dans des
villes déjà encombrées. À lui seul, Uber a ajouté quelque 11 000 chauffeurs dans
les rues de San Francisco. Ce n'est pas ça l'avenir. C'est maquiller le passé.
Nous avons besoin de gens prêts à utiliser des vélos, des autobus, des
tramways, des trains et leurs jambes, prêts à trouver des moyens de se déplacer
à l’aide de technologies qui réduiront au minimum l'impact des combustibles
fossiles – ou même prêts à envisager de vivre là où ils n'auront pas besoin de
parcourir de grandes distances fréquemment. Il existe de nouvelles applications
pour connaître l'arrivée en temps réel des bus par exemple, ce qui aident
davantage que les nouveaux moyens de gérer une chose obsolète : utiliser une
voiture quand nous n’en avons pas besoin.
On dit que les voitures autonomes pourraient
réduire le nombre d'accidents sur la route, mais, conduire moins souvent offre
le même bénéfice (le fait que les voitures autonomes puissent être piratées ou que
leurs logiciels puissent planter devrait nous préoccuper, parce que quand un
ordinateur plante, il plante); et les accrochages avec les voitures autonomes
de Google suggèrent que les machines ne comprendront peut-être jamais la nature
humaine. À l'instar d’une grande part de la technologie, la voiture autonome est
une solution qui se cherche un problème. Des solutions formidables existent
déjà pour faciliter nos déplacements, plus efficaces en matière de sécurité, de
réduction des émissions, et ainsi de suite.
Nous avons seulement besoin de volonté politique
et d’imagination culturelle pour utiliser le bus. Ou le train. Ou le traversier.
Ou le vélo.
Donald, Hillary, Bill et Melania (mariagede Trump, 2005). Belle
complicité...
En
réalité, les deux aspirants semblent également dangereux. God bless America...
C’est à
se demander si Trump n’a pas été «payé» par le clan Clinton pour jouer les
guignols afin de pousser les Américains à élire Hillary. Alambiqué? Pas tant
que ça. D’autant plus que les républicains n’ont fait aucun effort concret pour
déloger l’arrogant clown. Il ne restait plus qu’à éliminer Bernie Sanders, de
manière odieuse. J’ai écouté des bribes du discours d’Hillary : elle a récupéré
tout le programme de Sanders, et lui a même rendu hommage pour obtenir le vote
des récalcitrants. Quelle hypocrisie! 12 août 2016 - Clin d'oeil : apparemment, nous sommes plusieurs à avoir compris le jeu (trop drôle) :
Qu’est-ce
qu’un complot sinon une conspiration secrète
pour éliminer, voire assassiner, des concurrents ou de prétendus ennemis? (1)
Beaucoup
de gens ont comparé le couple Clinton au couple Underwood. Même l’auteur du
livre, Michael Dobbs, disait récemment qu’Hillary Clinton était la vraie Claire Underwood. Aïe... House Of Cards Creator: Hillary Clinton Is The Real
Claire Underwood Lord Dobbs,
the creator of House of Cards, is considering which real-life individual is
closest to Claire Underwood, the ice-cold political wife played by Robin Wright
in the Netflix series. “Hillary
[Clinton],” Dobbs says after a moment’s thought. “She is a
political figure in her own right – behind the scenes, but now increasingly in
front of the scenes. That is much more of a Claire character than, for
instance, Cherie [Blair], who as far as I’m aware didn’t become actively aware
in politics as such.” It’s not necessarily the endorsement the US
presidential candidate would be after but Dobbs is obsessed with the character
of the former first lady and how it’ll affect her run for the top job. “I’m
fascinated by Hillary of course, because she comes with so much baggage,” he
tells BuzzFeed News. “That baggage is her strength but also her vulnerability.
We just have to wait and see where the balance lies on that. Though it is
bizarre that the system that was bred out of [rejection of a King] has produced
the Bushes, the Kennedys, the Clintons, the Roosevelts...”
«La
nature humaine n'a pas beaucoup changé au cours des millénaires. Quand j'étais
au lycée, j'ai dû lire Jules César. J'ai été totalement captivé par l'écriture
et l'histoire. L'homme le plus puissant du monde fut mis en pièces, poignardé à
mort sur les marches de la curie de sa propre capitale, et par ses meilleurs
amis. Voilà l’histoire de House of Cards. Et de tous les politiciens dans une
certaine mesure. Presque tous les politiciens sont écartés à la fin.» (Michael
Dobbs)
Dans un
article intitulé How'House of Cards' Parallels the 2016 Election
Season, Jackie Strause compare divers aspects de la campagne de 2016 à ce
qui se passe dans House of Cards. Elle conclut en disant que la course réelle pour la présidence sera peut-être
pire que celle de la cinquième saison de House of Cards.
1. The timeline: From the primaries to a brokered
party convention 2. A first lady's quest to be President 3. KKK controversy 4. Debate over whether experience and elected office
go hand-in-hand 5. Social media and the media 6. Transparency, domestic surveillance and ISIS 7. Fear
--- (1) Néron
accusa Sénèque de complot et le contraignit à se suicider... la sagesse dérange,
encore aujurd’hui.
«... Pour
qui sait l'employer, la vie est assez longue. Mais l'un est dominé par une
insatiable avarice; l'autre s'applique laborieusement à des travaux frivoles;
un autre se plonge dans le vin; un autre s'endort dans l'inertie; un autre
nourrit une ambition toujours soumise aux jugements d'autrui; un autre
témérairement passionné pour le négoce est poussé par l'espoir du gain sur
toutes les terres, par toutes les mers; quelques-uns, tourmentés de l'ardeur
des combats, ne sont jamais sans être occupés ou du soin de mettre les autres
en péril ou de la crainte d'y tomber eux-mêmes. On en voit qui, dévoués à
d'illustres ingrats, se consument dans une servitude volontaire. Plusieurs convoitent la fortune d'autrui
ou maudissent leur destinée; la plupart des hommes, n'ayant point de but
certain, cédant à une légèreté vague, inconstante, importune à elle-même, sont
ballottés sans cesse en de nouveaux desseins; quelques-uns ne trouvent rien qui
les attire ni qui leur plaise : et la mort les surprend dans leur langueur et
leur incertitude. Les vices nous entourent et nous pressent
de tous côtés : ils ne nous permettent ni de nous relever, ni de reporter nos
yeux vers la contemplation de la vérité; ils nous tiennent plongés abîmés dans
la fange des passions. Il ne nous est jamais permis de revenir à nous, même
lorsque le hasard nous amène quelque relâche. Nous flottons comme sur une mer,
profonde où, même après le vent, on sent encore le roulis des vagues; et jamais
à la tourmente de nos passions on ne voit succéder le calme. Enfin
parcourez tous les rangs de la société, depuis les plus humbles jusqu'aux plus
élevés : l'un réclame votre appui en justice, l'autre vous y assiste; celui-ci
voit sa vie en péril, celui-là le défend, cet autre est juge : nul ne
s'appartient; chacun se consume contre un autre. Informez-vous
de ces clientsdont les noms
s'apprennent par coeur, vous verrez a quels signes on les reconnaît : celui-ci
rend ses devoirs à un tel, celui-là à tel autre, personne ne s'en rend à
soi-même. Aucun homme ne souffre qu'on s'empare de
ses propriétés; et, pour le plus léger différend sur les limites, on a recours
aux pierres et aux armes. Et pourtant la plupart permettent qu'on empiète sur
leur vie; on les voit même en livrer d'avance à d'autres la possession pleine
et entière. Ou ne trouve personne qui vous fasse part de son argent, et chacun
dissipe sa vie à tous venants. Tels
s'appliquent à conserver leur patrimoine, qui, vienne l'occasion de perdre leur
temps, s'en montrent prodigues, alors seulement que l'avarice serait une vertu.
Mortels
vous vivez comme si vous deviez toujours vivre. Il ne vous souvient jamais de
la fragilité de votre existence; vous ne remarquez pas combien de temps a déjà
passé; et vous le perdez comme s'il coulait d'une source intarissable, tandis
que ce jour, que vous donnez à un tiers ou à quelque affaire, est peut-être le
dernier de vos jours. Vos craintes sont de mortels; à vos désirs on vous dirait
immortels.»
Extraits de
: Sénèque De la brièveté de la vie Trad. de
M. Charpentier, Paris, 1860