11 novembre 2018

Survie ou suicide?

Qui est responsable de l’écosuicide planétaire?
Personne et tout le monde.

Camus disait : «Quand nous serons tous coupables, ce sera la démocratie.»

Je salue l'initiative «Pacte pour la Transition» lancée jeudi dernier. Je suis aussi d’accord avec l’idée que l’addition des actes individuels en matière de consommation peut avoir des retombées positives à long terme. Et l’engagement n’est pas contraignant, un peu comme la COP, chacun est libre de se priver ou non de bœuf et de bacon et d’un tas de choses inutiles, dépendant de l’emprise de ces dépendances. Néanmoins, si les gestes individuels ne sont pas soutenus par des changements législatifs radicaux, c’est peine perdue sur le plan global. Par contre, la simplicité volontaire a l'avantage de nous rendre plus libres... 


J’entendais des commentateurs parler de «crédits compensatoires», qui signifient en réalité «la Nature que l’on détruit à cet endroit sera récréée et sauvée à un autre». De sorte que «je vais payer pour continuer à vivre de la même façon et ainsi me sentir moins coupable ou responsable». Un autre évoquait les gobelets à café en amidon de maïs remplaçant les gobelets en plastique sur un plateau de tournage devenu «écolo». Comme disait George Monbiot : «On ne sauvera pas la terre avec un gobelet à café «écolo» jetable. Nous devons défier les entreprises qui cherchent des moyens «plus écologiques» de nous maintenir dans le système de consommation «acheter/jeter». Personne ne s’interroge sur la quantité de terres agricoles requises pour la monoculture du maïs, reconnue pour causer l’érosion des sols et nécessiter de fortes doses de pesticides et d’engrais. Le problème ne concerne pas uniquement le plastique, mais aussi la masse de choses jetables. Le plastique est certes un fléau environnemental majeur, et les campagnes pour limiter son utilisation sont bien intentionnées et parfois efficaces. Cependant, nous ne pouvons pas faire face à notre crise environnementale en troquant une ressource surutilisée par une autre. La vraie question est : comment devrions-nous vivre?»  

À voir : «Détruisons la planète dans la joie et la bonne humeur» :

Les folles dépenses en GES des G7-8-20... :

Des milliers de tonnes de gaz à effet de serre causées par le G7

David Rémillard | Le 10 novembre 2018  

Les activités du G7 sous la présidence du Canada ont généré plus de 8600 tonnes de gaz à effet de serre (GES) en 2018. Ottawa promet d'en compenser la vaste majorité, voire la totalité.
   Selon l'inventaire réalisé par la firme WSP pour Affaires mondiales Canada, dont Radio-Canada a obtenu copie, au moins 8635 tonnes de GES ont été émises dans l’atmosphère.
   Le rapport tient compte du sommet des 8 et 9 juin à La Malbaie, incluant les activités satellites tenues à Québec. S'ajoutent les quatre rencontres ministérielles du G7 tenues cette année à Montréal, Whistler, Toronto et Halifax, ainsi que quatre réunions préparatoires en vue du Sommet.
   Sans surprise, le sommet de La Malbaie a de loin généré la plus importante quantité de GES. Plus des trois quarts (77 %) des GES sont attribuables aux activités diplomatiques, et 23 % aux mesures de sécurité. Le transport aérien a été le plus important générateur de GES, loin devant tous les autres.

Et la facture des mesures de sécurité ont coûté une méchante beurrée. Je crois qu'ils se préparaient au déclenchement d'une troisième guerre mondiale. 

Jessica Séguin, porte-parole d'Affaires mondiales Canada, confirme que le fédéral achètera des crédits compensatoires sur le marché du carbone pour les 8635 tonnes calculées. «Le processus est en cours afin d'effectuer l'achat de crédits.»
   Le fédéral s’est allié à la Coop de l’Arbre, un organisme de Charlevoix, pour mettre en place un projet de plantation de 100 000 arbres à travers le réseau des réserves de biosphère au pays.
   Ces arbres, affirme Mme Séguin, compenseront 15 000 tonnes de GES supplémentaires. «Les 16 plantations sont encadrées par une entente de suivi sur un horizon minimal de 50 ans, pour laisser le temps à l’arbre d’atteindre sa maturité et de jouer pleinement son rôle de séquestration du carbone », avance-t-elle.
   Ces 15 000 tonnes supplémentaires permettront, dit-on, de compenser les émissions non répertoriées.

Article intégral :

Payer pour avoir le droit de polluer plus

Dans son ouvrage, Ce que l’argent ne saurait acheter, Les limites morales du marché, le philosophe américain Michael Sandel réfléchit sur notre société hyper mercantile. L’entreprise qui achète le droit de polluer, se dédouane-t-elle d'une faute morale envers l'environnement? Peut-on vendre un enfant à l'encan au plus offrant ou faire le commerce d'organes humains? Selon lui, la vie, l'eau et l'air ne devraient jamais être des valeurs marchandes.
   «Avec le protocole de Tokyo sur le changement climatique en particulier, les économistes ont trouvé dans le marché une méthode encore plus éloignée de tout ce qui pourrait ressembler à une mesure vexatoire. Chaque agent pollueur est tenu de rester dans les limites d'un plafonnement décidé à priori mais il peut acheter le droit de dépasser ces limites en payant un autre agent qui, lui, restera en deça de celles qui lui ont été affectées. ... C'est précisément l'avantage que les économistes attribuent au marché qui pose problème : il ne ferait pas de morale. En réalité, il recouvre un mal qui devrait être perçu comme tel (la destruction de l'environnement) par un bien (le droit de polluer) que l'on peut acheter.» ~ Jean-Pierre Dupuy (au sujet de la taxe de carbone)
   Si tous les membres de la secte «Économie marchande» et les politiciens lisaient cet ouvrage, peut-être que la manière de gouverner pourrait s’améliorer.

Ce que l'argent ne saurait acheter; Les limites morales du marché
Michael J. Sandel Traduit par Christian Cler
Préface de Jean-Pierre Dupuy
Sciences humaines (H.C.) Seuil (02/10/2014)

Article intégral :

J’ai découvert ce document crucial sur Le Partage. À lire, pour mieux comprendre ce que signifie «payer pour polluer et détruire à volonté».  http://partage-le.com/


Le commerce des écosystèmes : lorsque le «paiement pour services environnementaux» équivaut à l’autorisation de détruire

Par Jutta Kill
World Rainforest Movement 2014

Les raisons de publier un document d’information sur le PSE, ou paiement pour «services environnementaux»

Aujourd’hui, les agences de l’ONU, l’industrie, les économistes de l’écologie, un nombre croissant de consultants et d’ONG écologistes, profitent de cet espace pour nous rappeler que le maintien de fonctions telles que la filtration d’eau que remplissent les forêts et les sols, le stockage de carbone que font les sols et la végétation, la biodiversité, la pollinisation des cultures agricultures par les abeilles, etc., est crucial pour l’humanité et que ces fonctions doivent donc être conservées. La démarche qu’ils proposent part de l’idée que le seul moyen d’obtenir que la Nature soit appréciée et protégée est de rendre visible, en termes économiques, la valeur de ces fonctions que   la Nature assure gratuitement. Ils affirment que lorsque les marchés de capital, les politiciens et les grandes entreprises verront l’énorme valeur économique de ce qu’ils appellent les «services écosystémiques», il sera plus facile d'exiger d'eux qu'ils protègent  la  Nature. Certains proposent aussi d’utiliser cette valeur économique qui, apparemment, n’a pas été perçue par les gouvernements, les transnationales  et  le  capital financier, comme moyen de financer  la protection de la Nature, en payant pour  ces  «services écologiques» (PSE). Suivant  ce raisonnement, tout ce qu’il faut pour mettre fin à la destruction de l’environnement est une nature que le capital puisse percevoir.

Cependant, on  peut regarder autrement le paiement pour «services environnementaux» : le PSE fait partie d’un processus par lequel le capital financier déterminera encore  plus comment la nature est utilisée et qui contrôle l’accès aux territoires; ce processus est dénommé «financiérisation» de la nature. Dans cette optique, plutôt que de diminuer la destruction, une nature que le capital puisse percevoir est indispensable  pour  maintenir un système économique qui dépend de la nature pour survivre : d’abord on la réduit à des unités de «services écosystémiques», puis ces services deviennent un nouvel item que les marchés de capital peuvent commercialiser.

Le présent bulletin vient s’ajouter aux numéros 175 [1] (février  2012)  et  181
[2] (août 2012) sur La financiérisation de la nature et le paiement pour services  écologiques.  Ces bulletins portaient sur le développement de la notion de «paiement  pour  services de l’environnement» et sur le rôle et le contenu de certaines études  importantes souvent citées par les défenseurs de cette idée, comme l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (EM) et l’Économie des écosystèmes et de la biodiversité (TEEB). Ces deux rapports en particulier ont été essentiels à la diffusion du concept de PSE ces dernières années, en contribuant à créer l’espace politique nécessaire pour le faire avancer au plan international. Beaucoup de nouvelles tendances  et de développements sont apparus depuis que le WRM a publié ces deux bulletins, et une nouvelle forme du PSE se fait jour : les gouvernements ont commencé à élaborer des «comptabilités du capital naturel»;  le Brésil a changé son Code forestier   pour  permettre le commerce de «crédits de restauration des forêts»; la Commission européenne, le Royaume-Uni et plusieurs autres pays européens étudient des modifications de leur législation environnementale pour créer un marché de crédits de  compensation de biodiversité; l’État brésilien d’Acre a adopté toute une loi dénommée «Système d’incitations pour services environnementaux» (SISA) et, avec le soutien financier du gouvernement allemand, il est en train de créer des institutions,  des  réglementations  et des commissions pour appliquer cette loi SISA, en commençant par l’infrastructure nécessaire  à la  commercialisation de la capacité des forêts à stocker du    carbone, le programme ISA-Carbono. Autrement dit, des gouvernements, de grandes entreprises et le secteur financier, qui ne se sont jamais distingués par leur défense de la nature, ont l’air de s’intéresser beaucoup au PSE.

Nous avons donc pensé qu’il était temps de reprendre cette question, de regarder la  notion  de  «paiement  pour  services  environnementaux» telle qu’elle se présente à l’heure actuelle, d’examiner les arguments de ceux qui affirment que la seule manière  de sauver la nature est de lui apposer un  prix, de montrer quels  sont les protagonistes  et ce qui les pousse à s’intéresser au PSE. Surtout, ce document aspire à documenter comment cette nouvelle version de la théorie du PSE se comporte sur le terrain, dans les territoires dont les communautés forestières dépendent pour leurs moyens d’existence et leur mode de vie.


Introduction

«Il faut mettre fin à l’invisibilité économique de la nature», [3] écrit dans son blog Pavan  Sukhdev, auteur de l’étude TEEB. Beaucoup d’économistes, d’entreprises et d’ONG de conservation se font l’écho de cette déclaration. La valeur de la nature n’est pas visible, affirment-ils; c’est pourquoi les fonctions que la nature accomplit – la filtration d’eau dans les forêts et les sols, le stockage de carbone dans les sols et la végétation, la biodiversité, la pollinisation des cultures par les abeilles, etc. – sont sacrifiées sans cesse pour réaliser les bénéfices économiques visibles que l’on peut obtenir en la détruisant. «[S]i au moins nous avions  les  outils  nécessaires  pour  mesurer  ces  valeurs et les intégrer aux décisions des entreprises», écrit le World Business Council for Sustainable Development, un groupe industriel de pression très influent auprès de l’ONU, dans son Guide pour l’évaluation des écosystèmes par les entreprises. [4] Des agences de l’ONU, des transnationales, des ONG de conservation et des économistes de l’écologie affirment que le seul moyen de faire en sorte que la nature soit appréciée et protégée est de rendre visible, en termes économiques, la valeur de ce qu’ils appellent «services écosystémiques», c’est-à-dire les fonctions et les processus que le nature fournit à l’humanité. Ils affirment que lorsque les marchés de capitaux, les politiciens et les transnationales verront l’énorme valeur économique de ces «services  écosystémiques», il sera plus facile d’exiger que la nature soit protégée. Les économistes  ont  avancé  quelques  estimations  de  la  valeur  économique  des  «services écosystémiques», et beaucoup d’initiatives, de programmes et de subventions d’aide à la recherche et au développement sont mis en place pour se préparer à la commercialisation future de ces «services».

Dès que les premiers programmes de PSE ont été formulés, les défenseurs du paiement pour «services écologiques» ont affirmé que les communautés tributaires des forêts et les peuples des forêts en seraient les principaux  bénéficiaires.  Mais le sont-ils vraiment? Même les premiers programmes ont eu tendance à bénéficier surtout aux membres les plus fortunés de la communauté. Ils ont montré aussi que la valeur intrinsèque de la Nature tend à être évaluée à la baisse lorsque les valeurs financières des plans de PSE sont introduites. Des exemples concrets suggèrent que ces tendances  se renforceront lorsque le PSE deviendra un marché de «services écosystémiques». Certains Quand le «paiement pour services environnementaux » équivaut à l’autorisation de détruire WRM 2014 proposent aussi d’utiliser cette évaluation économique pour financer la conservation de la nature, en payant pour ces services.

Le  PSE devient de plus en plus un «paiement qui autorise à détruire». Afin de mettre en place ces paiements qui donnent la permission de détruire, la Nature, dans toute sa  complexité, ses interconnexions, sa diversité et son caractère unique, est présentée en unités de «services écosystémiques» à un point tel que cela dépasse largement la marchandisation nécessaire aux programmes PSE précédents. Des certificats (souvent dénommés «crédits de compensation»), utilisés pour garantir que le «service» en question est protégé quelque part, peuvent être achetés par des entreprises, en  échange du permis de détruire un morceau «équivalent» de Nature situé ailleurs. Une  entreprise minière ne pourrait obtenir un permis pour élargir sa  mine dans une zone  protégée où l’extraction est interdite par la loi qu’en achetant des «compensations de biodiversité», de manière à sauver davantage de biodiversité à un autre endroit, pour  compenser celle du parc national que le nouvelle mine va détruire; un aménagement urbain ne peut avoir lieu dans la ceinture verte d’une ville, où il est interdit, à moins que la société immobilière n’achète des «compensations  de  biodiversité»; un éleveur ou  une entreprise forestière peuvent ne pas être obligés de restaurer la forêt qu’ils ont éliminée s’ils achètent à la Bourse des «crédits de restauration forestière». Une fois emballée en unités de «services écosystémiques» comparables entre eux, la Nature peut aussi être commercialisée comme un  actif  financier.  Ainsi, le «service écologique» est ouvert à la spéculation, et la Nature, unique et interconnectée, est  divisée en unités de «services» séparés qui  peuvent être comparés entre eux, mélangés et différenciés, achetés et vendus, parce que chacun est considéré comme un équivalent et un substitut approprié de l’autre. Cette abstraction a transformé la Nature incontrôlable, toujours changeante et interconnectée en unités linéaires, mesurables et comparables de «services écosystémiques».

L’abstraction permet aussi aux négociants en certificats de «services écosystémiques» de faire semblant que les unités existent indépendamment de leur entourage, qu’il n’y a aucune interaction entre elles et les cultures, les pratiques sociales et l’utilisation de la terre qui ont évolué avec cette partie de la Nature devenue un simple «service écosystémique» et qui dépendent d’elle. Par conséquent, le concept de PSE et, en particulier, le commerce des «services écosystémiques», impliquent que la dimension environnementale de la destruction peut être séparée de la dimension sociale. Les  plans de compensation qui  incluent  la permission de détruire pourvu que le «service écologique» soit remplacé ailleurs acceptent volontiers la destruction non compensée et impossible à compenser des rapports sociaux, de la culture et des pratiques sociales liées à la Nature. En cours de route, les lois sont modifiées de manière à remplacer l’obligation d’éviter toute perte de biodiversité par l’obligation, bien plus faible, d’éviter toute «perte nette» de biodiversité. Là où  la règle était d’éviter toute perte, les nouvelles  lois permettront la destruction à un endroit pourvu que le promoteur puisse montrer qu’il n’y aura aucune perte nette parce que, apparemment, la Nature que l’on détruit à cet endroit sera récréée et sauvée à un autre.

4 WBCSD Guide to Corporate Ecosystem Valuation. Page 12, en anglais.

Table des matières
Les raisons de publier un document d’information sur le PSE, ou paiement pour «services environnementaux»

Introduction
Du «paiement pour services environnementaux» au «commerce des services écosystémiques
- Des types différents du PSE
- ENCADRÉ : Qu’est-ce qu’on échange dans les marchés des «services écosystémiques»?
- Du simple échange à des transactions financières complexes
- ENCADRÉ : Les projets de compensation et la prétention de savoir ce qui se serait
passé
- Pour repérer les différences

Pourquoi ces différences sont importantes

Les principaux promoteurs du PSE
- Les institutions multilatérales
- Les sociétés multinationales
- ENCADRÉ : Des compagnies minières essaient des plans de PSE compensatoires
- Les ONG écologistes
- Les fonds d’investissement spécialisés, les créateurs de marchés et les systèmes de certification
- Les universités et les cabinets de consultants

Sur les traces des échecs du PSE
- Le PSE compensatoire de biodiversité avance vite malgré la série d’échecs constatés
- Pourquoi le commerce des services environnementaux augmentera les injustices écologiques et socio-économiques
- Les droits des communautés au territoire – de l’accès à l’utilisation – deviennent encore plus précaires
- Les contrats de compensation mettent en grave danger le mode de vie traditionnel des communautés

Les avantages de la destruction
- Le commerce des services écosystémiques a besoin que la destruction continue parce que, sans elle, il n’y aurait rien à «compenser».
- Droits de la nature vs permis de destruction
- Le PSE est un moyen de dépolitiser la lutte pour un modèle différent d’économie et de développement

Se mobiliser pour dire NON au commerce des services écologiques

Après 100 ans de guerres et de carnages

«L'homme fut créé tel un animal sanguinaire et je crois qu'il aura toujours soif de sang, et qu’il s’organisera pour en avoir. Je pense qu'il est de loin le pire animal qui existe; et le seul qui soit indomptable.
   L’homme est le seul animal qui donne dans l’atrocité des atrocités : la Guerre. Il est le seul qui rassemble ses frères pour aller calmement exterminer ses semblables de sang froid. Il est le seul animal qui, pour un salaire minable, marche et tue des étrangers de sa propre espèce qui ne lui ont fait aucun mal et avec lesquels il n'est pas en conflit. Et pendant les intervalles entre les guerres, il lave ses mains souillées de sang en travaillant pour la ‘Confrérie universelle de l’homme’.» ~ Mark Twain (Lettre à William Dean Howells, 1899; My Father Mark Twain; What Is Man?)

Heureusement pour lui, Twain est décédé peu avant la Grande Guerre (en 1910). S’il avait été vivant, la colère aurait probablement eu raison de lui de toute façon...

Suggestion : la série audio 14-18, La grande Guerre des Canadiens

En compagnie de Claude Legault, le narrateur de la série, revivez les moments marquants de la participation des Canadiens français à la Première Guerre mondiale. De l'enrôlement à l'Armistice, de la bataille de Courcelette aux émeutes de Québec, des soldats, des infirmières, des citoyens et leurs descendants livrent leurs témoignages, complétés par des analyses d'historiens.
Audiofil :

Il y avait un site incluant des documents d’archives (photos, lettres, etc.), mais il est introuvable. Dommage. Mais celui-ci comporte plusieurs vidéos :

L’HORREUR est humaine

Photo : Reuters / Yves Herman. Les cérémonies en hommage aux victimes de la Grande Guerre se sont déroulées sous haute surveillance dans la capitale française où quelque 10 000 membres des forces de l'ordre ont été mobilisés dans un contexte de menace terroriste.

«Je ne comprends décidément pas pourquoi il est plus glorieux de bombarder de projectiles une ville assiégée que d’assassiner quelqu’un à coups de hache.» ~ Fiodor Dostoïevski (1821-1881)

Moi non plus!

Combien en faudra-t-il encore pour donner un sens à notre insignifiance?  

Devoir de mémoire mon œil. On se souvient pour mieux récidiver avec des tactiques militaires plus efficaces et sophistiquées pour éliminer l’ennemi. Les guerres ont toujours la même origine – rivalités politiques, économiques et colonialistes, et sont financées par ceux qui ne se battent jamais mais élaborent des stratégies sur des cartes géographiques maintenant modélisées. Les États tirent grand profit de la guerre pour accroître leurs pouvoirs et leurs domaines de compétences. À la tête des forces armées on trouve des hauts-gradés dont plusieurs semblent avoir des caractéristiques de psychopathe, les budgets alloués à l’industrie de la guerre ne cessent d’augmenter et les humains adorent tuer. Alors, l’espèce la plus sanguinaire (l’humain) perpétue les mêmes boucheries écoeurantes, à pied, à cheval, en chars d’assaut, en bombardiers, en sous-marins et à drones. Bien sûr, les militaires ne font pas que tuer des ennemis. Ils participent à des opérations de sauvetage en cas de catastrophes naturelles – incendies, inondations, famines, etc. Mais les pompiers, les membres de la Croix rouge et de Médecins sans frontières le font aussi sans suivre de formation pour tuer du monde.

Article intégral :

Le vendeur d’armes peut-il se soucier des «fourmis»?
On a beau savoir que l’industrie des armes contrôle une très grande part de l’économie mondiale, en voir la réelle ampleur dans les coulisses donne quand même froid dans le dos.

Article intégral :

Photo : AFP / Getty Images / Ludovic Marin. Plus de 70 dirigeants mondiaux réunis sous l'Arc du Triomphe à Paris à l'occasion du 100e anniversaire de l'Armistice.

Un excellent article au sujet de ces commémorations qui nous rappellent que nous sommes perpétuellement en guerre :

11 novembre, le triomphe de l’amnésie
Par Fausto Giudice et Nicolas Casaux

Nous sommes le 11 novembre 2018, et ce sont quelque 72 chefs d’État et de gouvernement qui sont réunis à Paris pour célébrer le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. L’hypocrisie est insupportable, quand on sait que ce massacre à entre autres choses été organisé, délibérément, par les classes dominantes, pour conjurer la menace de la révolution sociale (et nationale dans certaines situations) et mettre fin au processus de démocratisation en cours dans les puissances occidentales.


Les auteurs de l'article mentionnent le livre d’Éric Baratay, Bêtes des tranchées, que je réfère étant donné mon grand respect envers mes amis animaux, «ces oubliés qui ont fait parti de l’incroyable massacre : 11 millions d’équidés, 100 000 chiens, 200 000 pigeons, les animaux enrôlés en masse dans la Grande Guerre, pour porter, tirer, guetter, secourir, informer... Les tranchées ont également abrité des milliers d’animaux domestiques ou de ferme, abandonnés par des civils en fuite, d’animaux sauvages coincés au milieu du front, mais aussi des rats, des mouches, des poux, attirés par l’aubaine.»

Quand on y pense, 11 millions d’équidés. Yack, bande de malades!

Tous les animaux peuvent être conscrits... s’ils ont le moindrement des aptitudes particulières. Nous tuer entre humains à la guerre ne suffit pas. Nous contraignons des êtres intelligents comme les chevaux, les chiens... à collaborer à nos actes les plus morbides, ignobles et psychotiques. Ce que nous faisons à nos meilleurs amis est méprisable. Si vous avez le cœur solide je vous suggère cet ouvrage.

«Tous les animaux ont un comportement décent... hormis les Hommes.»
~ Martin Monestier

Les hommes, non contents de se faire la guerre tout au long des siècles, ont dressé des animaux à leur image afin que ceux-ci participent aux luttes armées.
   Des oies du Capitole aux dauphins de la marine américaine, en passant par les éléphants d'Hannibal et à ceux des Khmers rouges, les renards hébreux, les chiens de guerre japonais, les rats du Mossad, les pigeons, les ânes, les otaries, les cheveux, etc., peu d'animaux ont échappé à l'embrigadement.
   Pendant la Première Guerre mondiale, plus de 14 millions d'animaux furent enrôlés dans les armées belligérantes, et 120 000 d'entre eux décorés pour faits de guerre. Le second conflit mondial verra 30 millions d'animaux servir sur tous les terrains d'opération. Aujourd'hui, les laboratoires militaires de parapsychologie animale continuent à étudier le comportement des animaux pour les éventuelles guerres à venir.
   Martin Monestier, avec force documents – pour la plupart inédits – à l'appui, évoque, depuis les origines jusqu'à nos jours, les missions et les actes d'héroïsme de ces auxiliaires malgré eux des armées.

Les animaux-soldats
Histoire militaire des animaux des origines à nos jours
Martin MONESTIER
Collection Documents; Cherche-Midi, mai 1996

Lloyd Swick et les animaux de guerre

Chiens de guerre

Le vétéran canadien A. Lloyd Swick, décédé le 14 janvier 2017 à l'âge de 94 ans, a servi en Normandie peu après le jour J, ainsi qu'en Corée, en Inde, au Pakistan et à Haïti. Il voulait faire ériger un monument commémoratif en hommage aux animaux de guerre, et il a réussi.

Article intégral :

Encore des illusions au sujet des humains?

Je suis plutôt d’accord avec les arguments de John Gray, car lorsqu’on étudie l’histoire, il est difficile de s’illusionner sur notre espèce. Mais je garde toujours un petit fond d’espoir – j’appartiens à la branche «apôtres de l’humanisme» comme il appelle ceux et celles qui le prêchent, mais qui, selon lui, s’illusionnent. Il perçoit l’humanité comme «une espèce rapace déterminée à détruire toutes les autres formes de vie; les humains ne peuvent pas détruire la terre, mais ils sont capables d’anéantir totalement l’environnement qui les soutient».

Extraits d’un article sur son ouvrage The Silence of Animals (2013) : 

«Les Napolitains affamés en 1944 chassaient et consommaient des chats errants, ou se nourrissaient de poissons tropicaux trouvés dans l'aquarium de la ville; les prisonniers soviétiques internés par les Nazis bouffaient les cadavres des autres détenus tels des meutes de chiens voraces. Voilà ce qui arrive quand les faux-semblants de civilisation et d'humanisme dégringolent – ils ne sont guère plus qu’une prétention qui procure un support moralisateur à la religion. Dans le jardin d’Éden, Dieu a flatté l’homme en lui accordant la suprématie sur les autres animaux; la vérité est que notre capacité de rationalisation nous a effectivement permis de nous comporter comme des bêtes.
   La barbarie est une maladie de la civilisation. Toutes nos institutions – les familles et les Églises, les forces policières – sont impliquées dans la mesquinerie humaine. Il est absurde de croire à l'évolution de notre espèce ou à l'amélioration progressive de la société : au Congo Belge ou dans la Russie stalinienne ou en Iraq, en Iran et en Syrie, des idéologues qui s'extasient sur la régénération du monde entier comptent sur les massacres à grande échelle pour établir leur version personnelle du ciel sur terre.» (John Gray)
   Les fictions et les mythes que nous élaborons afin de nous sentir à l'aise dans cet univers hostile ou indifférent sont au mieux des ‘nuages de poussière’ facilement dissipés par les explosions d’invectives de Gray, commente l’auteur de la critique, Peter Conrad. Et il conclut : j’ai bien peur que Gray finisse comme le Gulliver toqué de Swift qui, dégoûté de ses semblables, alla vivre avec ses chevaux dans son écurie.

Source :

9 novembre 2018

Potentiels candidats au Prix Darwin

Il suffit d’un changement politique, économique ou climatique, ou d’une guerre civile, pour que tout bascule. Durant toute transformation significative, la saleté, la boue et la puanteur montent à la surface. Nauséabond. Nos vieux systèmes ancrés dans la peur, l’avidité, la corruption, le racisme, la ségrégation, l’égoïsme, le mensonge et l’injustice s’écroulent et doivent être transformés. Néanmoins, plusieurs s’y agrippent. Comme dit le proverbe : «quand ça brasse sur le navire, ne t’accroche à rien qui traîne sur le pont».

Si les objectifs économiques d’un parti politique sont basés sur la contamination de l'eau et des sols, la destruction des terres, des forêts et des espèces, la pollution de l'air, le changement climatique et le mensonge, de nos jours, il est assuré de remporter la victoire.

Ce groupe de pression mérite collectivement un Prix Darwin * :

«Les États-Unis sont le chef de file mondial en matière de réduction des émissions de GES – le gaz naturel produit grâce à des technologies de pointe comme la fracturation hydraulique joue un rôle important dans la réduction des émissions de CO2.» (American Petroleum Institute)
   Selon ce tweet du groupe de pression de l'industrie pétrolière et gazière, la combustion de combustibles fossiles réduit les émissions de carbone. J'ai aussi entendu dire que la guerre c’est la paix et que la liberté c’est l'esclavage. ~ David Sirota, journaliste et chroniqueur américain

Nous avons entendu ce baratin chez nos représentants politiques – ad nauseam.

Il y a probablement des véhicules blindés canadiens qui servent à attaquer la population du Yémen. De sorte que nous sommes indirectement et collectivement complices du génocide et de la famine qui sévit. Ça donne envie de vomir.

Le Canada, vendeur d’armes
Konrad Yakabuski
Le Devoir, 7 juillet 2018 | Chronique

Comment ce gouvernement peut-il prôner sur toutes les tribunes la protection des droits de la personne à travers le monde, tout en continuant de vendre des armes à un régime dont le bilan en matière de droits est parmi les pires au monde ? En patinant comme l’un des meilleurs joueurs de la LNH, semble-t-il.
Article intégral :

Photo : Radio-Canada. Un véhicule blindé léger canadien, construit par General Dynamics. Le contrat d'exportation avec l'Arabie saoudite comprend des véhicules d'assaut, des véhicules antichars et des véhicules de soutien de tir direct.

Le 20 mars 2018 – Le contrat d'exportation de blindés de 15 milliards de dollars conclu entre le Canada et l'Arabie saoudite comprend la vente d'un nombre substantiel de véhicules d'assaut ainsi qu'un contrat après-vente de formation et de maintenance, selon des documents obtenus par CBC.
   C’est la première fois que des détails filtrent au sujet de cette vente d’armement du Canada à ce pays du Golfe, un contrat signé en 2014 par les conservateurs et approuvé en 2016 par le gouvernement de Justin Trudeau. Ce dernier a accordé les permis autorisant General Dynamics Land Systems Canada à exporter ces véhicules.
Article intégral.

Un cadeau d’Ottawa : de Canada bitumineux à Canada nucléaire, aux frais de la collectivité, et sans son consentement. (Voyez l’article Simulacre de démocratie, 06/11/2018)

Ces vendeurs de centrales nucléaires méritent un Prix Darwin * :

Le nucléaire veut être exempté des évaluations environnementales
Publié le 7 novembre 2018

Les acteurs de l'industrie de l'énergie nucléaire demandent au gouvernement Trudeau de ne pas soumettre de nouveaux types de réacteurs – les petits réacteurs modulaires – à une évaluation d'impact avant d'être approuvés par Ottawa. Le ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, ne ferme pas la porte à une telle exemption.
   Dans sa feuille de route, l’industrie demande également qu’Ottawa sorte son chéquier pour subventionner la construction d’un prototype de petit réacteur modulaire.
   «Le gouvernement fédéral devrait affecter des fonds pour partager les coûts de démonstration d’un ou de plusieurs PRM au Canada», peut-on lire dans le document d’une centaine de pages.
   Le rapport ne précise pas quelles sommes le gouvernement serait appelé à investir, mais selon M. Barrett, le coût d’un PRM pourrait osciller entre 500 et 800 millions de dollars.
Article intégral :

Extraits d’une interview avec Francis Dupuis-Déri :
«Mais si je mets de côté mon pessimisme ou mon fatalisme, pour répondre à ta question, voilà les réflexions qu’elle me suggère. Le politologue Robert Dahl discutait de cette question du nucléaire, dans Democracy and Its Critics (1989). Selon lui, l’exploitation de l’énergie nucléaire est sans doute l’activité humaine qui nécessite le plus haut niveau de spécialisation et d’expertise. Or, disait-il, la volonté et la décision politique de développer des réacteurs et des armes atomiques, et de les disposer ici plutôt que là, n’a rien à voir – ou si peu – avec l’expertise scientifique et technique. Il s’agit à chaque fois d’un choix politique. En ce sens, il peut être imposé par une élite politique ou discuté par la communauté elle-même, de manière autonome. Surtout, il est tout à fait légitime et juste, pour une communauté qui n’a pas de connaissance scientifique ou technique, de dire «Non!» à un projet de centrale nucléaire ou de déploiement de missiles atomiques. L’expertise scientifique et technique ne devrait pas se traduire en monopole de la décision politique, et l’ignorance scientifique ou technique ne devrait pas priver les communautés humaines de prendre leurs propres décisions.» [...]
   «Quant à savoir s’il faut permettre aux savants de nous gouverner, car ils (ou elles, mais c’est plus rare) seraient plus éclairés que l’individu «moyen», Bakounine expliquait : premièrement, il ne faut pas accorder une confiance aveugle aux savants, car la science est en perpétuelle évolution et transformation et ce qui était vrai un jour peut être faux le lendemain; ensuite, quiconque est en position d’autorité risque d’abuser de cette position et de céder à la corruption, y compris des savants que la soif du pouvoir pourrait détourner de la recherche de la vérité scientifique. Si Bakounine admet, évidemment, que certains individus ont des talents ou des compétences spécifiques, le peuple qui veut conserver sa liberté doit toujours pouvoir écouter librement le spécialiste et avoir la possibilité d’en consulter d’autres, et toujours avoir le droit de le critiquer et de ne pas écouter ses conseils. Si cela est vrai pour le nucléaire, c’est aussi vrai pour des spécialistes comme les cordonniers : on veut avoir leur conseil et bénéficier de leur expertise, mais on ne veut pas que le cordonnier nous oblige à porter tel ou tel soulier.
   Pour revenir à Lewis Mumford, il précisait, dans sa discussion au sujet de la démocratie, que : «La vie, dans sa plénitude et son intégrité, ne se délègue pas.» Voilà sans doute une des plus belles définitions de la démocratie ou une des plus belles critiques de la délégation de pouvoir (le plus souvent, en fait, une simple usurpation). Voilà aussi pourquoi toute cette discussion sur l’énergie atomique, civile et militaire, est si désespérante : des chefs d’États, d’armées et d’entreprises, ont pris des décisions qui mettent à risque la vie, et cela pour des milliers d’années. Et on nous dit : «Les chefs sont encore nécessaires, car ils (parfois elles, mais c’est plus rare) sont les seuls à pouvoir nous sauver.» On se fout de nous, non? Soyons sérieux : les chefs ont créé un monstre qu’ils ne contrôlent pas, ce qui leur importe peu car ils seront sans doute bien protégés quand ça va déraper, ou même morts. Et les États ne nous prémuniront pas contre des désastres majeurs, conséquence inévitable de la (mauvaise) gestion des réacteurs nucléaires, et surtout des déchets. [...]
   En fait, il n’y a peut-être pas de solution politique à ce problème, dans la mesure où le désastre annoncé est inévitable, que le régime politique soit tyrannique ou démocratique, monarchique ou républicain. Si je voulais me laisser aller à de l’humour noir, je dirais que seul un régime théocratique pourra peut-être donner un sens à cette catastrophe atomique, qui entrainera une destruction immense de la vie, sur d’immenses territoires, et pour des milliers d’années. Voilà pourquoi je considère un peu absurde ou même futile cette question sur l’autorité ou la démocratie, quand on parle de pollution atomique.» 

Article intégral : Démocratie directe, violence et technologie : un entretien avec Francis Dupuis-Déri – Note de l’intervieweur (Nicolas Casaux) : je me suis entretenu, par mail, avec Francis Dupuis-Déri (FDD, dans le texte ci-après), professeur de science politique à l’université du Québec à Montréal, militant et auteur de plusieurs excellents livres, que je vous recommande vivement.

Ce qui suit n’est pas une parodie de médias satiriques tels que La Pravda, The Onion ou The Shovel – non, c’est la stricte (triste) vérité!  

On recommande depuis des années aux internautes, jeunes et vieux, de ne jamais publier de photos sexuellement compromettantes (exhibition, actes sexuels proprement dits, etc.) par courriels «privés» ou sur les réseaux sociaux, à moins de vouloir offrir des services porno en ligne à titre personnel.

Ce député conservateur mérite un Prix Darwin * :

Photo : Alex Tétreault (via National Observer). Le député conservateur Tony Clement quitte un caucus de son parti à Ottawa le 24 octobre 2018. Clément a admis le 6 novembre qu'il avait partagé du matériel sexuellement explicite sur lui-même en ligne. 

Ce type, âgé de 57 ans, totalement immature, se comportait comme un ado. Il est marié à l'avocate et auteur Lynne Golding (la pauvre...).  

Tony Clement chassé du caucus conservateur dans la foulée d'un scandale de sextage

Radio-Canada avec CBC et La Presse canadienne | Publié le 7 novembre 2018

Le chef conservateur Andrew Scheer a demandé mercredi après-midi au député Tony Clement de démissionner du caucus de sa formation politique. M. Clement a reconnu avoir envoyé des photos et une vidéo explicites de lui-même à une femme qu'il croyait être une destinataire consentante.
   Plus tôt aujourd'hui, le chef conservateur avait pris la décision de maintenir M. Clement au sein du caucus. Il disait croire «sur parole» son député lorsque ce dernier affirmait que le partage de photos et vidéo explicites était un incident sans précédent dans sa vie.
   Mais, dans le courant de la journée, Andrew Scheer affirme avoir eu vent de nombreuses autres allégations : «Alors, considérant cela, j'ai demandé à Tony de démissionner du caucus de sorte qu'il puisse répondre à ces allégations. De nouvelles informations donnent à penser que ce n'était pas un incident isolé», a déclaré M. Scheer, chef du Parti conservateur du Canada
   Le départ de M. Clement du caucus est le dernier épisode d'une affaire qui soulève des interrogations en matière de sécurité nationale, à Ottawa.
   C'est le premier ministre canadien Justin Trudeau qui avait nommé Tony Clement au sein du Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement. Un comité ultrasecret qui a le pouvoir d’examiner les activités de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et de l’Agence des services frontaliers, entre autres. À son arrivée à la réunion hebdomadaire de son caucus, mercredi matin, le premier ministre Trudeau a refusé net de faire des commentaires sur l'impact potentiel des agissements de Tony Clement sur la sécurité nationale. «Je n'ai pas de commentaire à faire sur Tony Clement», a-t-il lancé avant de tourner les talons.
   À la suite des révélations voulant qu'il soit la présumée victime d'une tentative de sextorsion, Tony Clement a dû démissionner de ce comité stratégique. «Évidemment que c'est un problème. C'est une très mauvaise décision, et les ramifications que cela pourrait avoir sur le plan de la sécurité nationale sont actuellement à l'étude au Bureau du conseil privé et dans les agences de renseignement.» ~ Andrew Scheer
[...]
   ...«Je reconnais que j’ai emprunté une mauvaise voie et que j’ai fait preuve de mauvais jugement», a écrit M. Clement, qui présente ses excuses à sa famille et à ses collègues. Le député s'engage à obtenir de l'aide «pour que cette situation ne se reproduise plus».
   Tony Clement a été l'un des piliers du PCC. Il a été ministre sous Stephen Harper et a tenté à deux reprises de se faire élire à la tête de la formation. Avant d'arriver sur la scène fédérale, il avait été ministre au sein du gouvernement de Mike Harris, à Queen's Park.

Mise à jour 08/11/2018 : Le député reconnaît maintenant que plus d'un échange compromettant a eu lieu. Il explique qu'à «la suite de l’un de ces échanges inappropriés, une femme s’est vu offrir de l’argent de la part d’un compte anonyme dans les médias sociaux pour qu'elle publie ces informations intimes et personnelles».
   «J’ai immédiatement rapporté cette affaire personnelle au Service de police de l’Ontario l’été dernier», affirme-t-il encore. Tony Clement ajoute que «plus récemment, un autre échange inapproprié a conduit des agents étrangers à tenter de profiter de mon indiscrétion pour m’extorquer de l’argent, ce que j’ai rapporté sans hésiter à la Gendarmerie royale du Canada».
   «Les gens sont capables de faire preuve de manques de jugement inexplicables, a conclu M. Scheer. Les gens commettent des erreurs.»

Lors de la dernière course à la direction du Parti conservateur fédéral, Tony Clement s'est retiré très tôt et a appuyé Maxime Bernier. 

Clement n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres.

Au chapitre des «bavures compromettantes» : En mai 2008, Maxime Bernier avait dû démissionner de son poste de ministre (régime Harper) après avoir admis qu'il avait oublié pendant plusieurs semaines des documents confidentiels chez sa petite amie, Julie Couillard, qui avait déjà eu des liens avec des motards. «L'infraction à la sécurité qui s'est produite est de ma faute et de ma faute uniquement, et j'en assume l'entière responsabilité», avait soutenu M. Bernier.
   Une autre bourde joue en sa faveur pour l’obtention d’un Prix Darwin * : Maxime Bernier, qui a quitté le parti conservateur pour fonder le Parti populaire du Canada, s’est ridiculisé en remettant en question le lien entre la production de dioxyde de carbone (CO2) par l’activité humaine et le réchauffement climatique : «Le CO2 n’est pas de la pollution, c’est ce qui sort de votre bouche quand vous respirez et ce qui nourrit les plantes». Il n’a pas mentionné ce qui sort des tuyaux d’échappement des moyens de transport à essence / diésel, des usines, etc.

Photo : Michael Vesia / Getty images. Ça c'est du CO2, cher M. Bernier! 

---- 

* Je tiens à spécifier qu'il s'agit bien sûr d'humour noir 

Les Prix Darwin (Darwin Awards) saluent l'amélioration du génome humain en récompensant ceux et celles qui se sont accidentellement retirés du patrimoine génétique global en mourant à la suite de comportements particulièrement stupides de leur part. Les prix sont donc généralement décernés à titre posthume, mais parfois à des vivants devenus stériles pour la même raison. http://www.darwinawards.com/