24 mai 2016. Au nom de mes amis les chevaux, MERCI à M. Coderre! Que les calèches et la torture imposée aux chevaux soient bannies à Montréal pour toujours!
Give
the World the Best You Have People
are illogical, unreasonable and self-centered; Love
them anyway. If
you do good, people will accuse you of selfish, ulterior motives; Do
good anyway. If
you are successful, you win false friends and true enemies; Succeed
anyway. The
good you do today, will be forgotten tomorrow; Do
good anyway. Honesty
and frankness make you vulnerable; Be
honest and frank anyway. Give
the world the best you have to give and you get kicked in the teeth; Give
the world the best you have anyway. ~ Ken Keyes
Image : Stefanie Lateghan
Diable que nous sommes arriérés!
Un des arguments pour maintenir l’industrie des
calèches à Montréal est qu’elles font partie du patrimoine. Le second argument concerne
les pertes d’emploi – les cochers se prétendent incapables de faire autre chose
pour gagner leur vie (!). Éliminer des coutumes barbares suppose qu’on élimine
les emplois corrélés. Et c’est une bonne occasion d’en créer de plus conscients. Au cas où le maire Denis Coderre
l’ignorerait, désormais le patrimoine
n’inclut pas les animaux car la nouvelle loi sur leur statut stipule qu’ils ne sont pas des objets!
Suggestions : 1. Les ex-cochers pourraient utiliser des tuk-tuk
à pédales – avec option moteur quand la charge est trop lourde (étrangement, les
passagers des calèches sont souvent obèses) 2. Les touristes pourraient visiter la ville en
vélo Bixi. Les deux possibilités sont excellentes pour garder
la forme et un poids santé!
Tuk-tuk
Plus sérieusement, il est complètement insensé de «stationner»
des chevaux sur le pavé pendant des heures au milieu de parcs de voitures. Les
calèches doivent disparaître de notre ville polluée au gaz – on pourra les exposer
dans un quelconque musée d’horreurs patrimoniales.
«Des
véhicules du 18e siècle n’ont pas leur place dans une ville
congestionnée du 21e siècle, où il peut survenir divers accidents à
tout moment.» (Anti-calèches defense coalition, ACDC)
Paris, Toronto, Beijing, Londres, Reno, Santa Fe,
Las Vegas, Palm Beach et d’autres grandes villes ont enrayé l’industrie des
calèches dans les zones urbaines et celle-ci est dénoncée à plusieurs endroits
dans le monde. Bogotá et Mumbai ont emboîté le pas en 2012. Israël a banni les
calèches des rues et des autoroutes, jugeant cette pratique impitoyable. (Si
Beijing et Las Vegas l’ont fait, Montréal devrait être capable...)
Imaginez une grosse moto rutilante qui démarre
subitement dans un vacarme d’enfer à côté d’un cheval. Faudrait-il s’étonner qu’il
s’emballe? Ce genre d’incident s’est produit à côté de moi l’autre jour. J’ai sursauté
si violemment que j’ai craint une crise cardiaque. Et l’idée que le conducteur
allait peut-être s’enrouler autour d’un poteau m’a effleuré l’esprit deux
secondes; mais la compassion a pris le dessus... Sommes-nous
obligés d’endurer la puanteur, le vacarme et la violence de gens hyper égoïstes
et immatures?Non. Les animaux
non plus. Je ne comprends pas qu’en 2016 on débatte encore sur la question. Justice comes when enough is enough.
«Vieux-Montréal. Smog californien, 30°C (35°
avec l’humidex). En cette fin d’après-midi, une accumulation de chaleur
palpable s’échappe de l’asphalte, les émanations d’oxyde de carbone sont à leur
maximum et l’odeur d’essence nous remplit narines et poumons. Des chevaux à
moitié morts, en sueur, la langue pendante, vacillent sur leurs sabots mal
ferrés, les pattes meurtries, voire sérieusement endommagées, sans parler des
flancs usés et abimés par les attelages de bois ou de métal. Du bruit, du
bruit, que du bruit, et des œillères pour ne pas paniquer. (...) On expose sans
pitié les chevaux, des animaux particulièrement sensibles et peureux, au stress
du trafic urbain. Un stress que beaucoup de conducteurs, assis dans leurs autos
climatisées, ne sont même pas capables de gérer sans rage au volant!» Article
intégral : http://situationplanetaire.blogspot.ca/2015/07/les-caleches-en-ville-une-institution.html
Pendant que le cocher est assis à l'ombre, le cheval attend, "stationné" en plein soleil. Ces gars-là prétendent "aimer" leurs chevaux...
Les photos de cet article me scient en deux, me
crèvent le cœur, parce que j’aime les chevaux pour ce qu’ils sont, des êtres vivants qui méritent une vie digne; ce
ne sont pas des utilitaires ou des commodités touristiques. Je les publie malgré
ma répulsion parce que l’ignorance – involontaire
ou crasse – me décourage.
Citation d’Elizabeth Forel, militante
anti-calèches de la ville de New York : «Les chevaux ont toujours été des victimes. On les
amène tout bonnement à la guerre, ou on les tue au travail; on les utilise
comme des jouets dans les rodéos, dans les courses ou dans l’industrie
inhumaine des calèches urbaines.» La
congestion dans les rues causée par la surabondance de véhicules motorisés,
particulièrement dans le secteur du Vieux-Montréal, engendre des maladies
respiratoires chez les chevaux. Les
cochers les plus acharnés font le plus d’argent – plus le cheval travaille
d’heures, plus il est rentable. Le 30
octobre 2012, selon des témoins, le cheval de calèche, Black Jack, se serait
effondré et le cocher lui aurait asséné des coups de pieds alors qu’il était
encore à terre. Les
chevaux doivent tirer des charges très lourdes pendant de longues heures, car les
cochers ne respectent pas la réglementation en vigueur et/ou, celle-ci n’est
pas appliquée par la Ville de Montréal. Ces
nobles et intelligents animaux méritent une vie meilleure où ils peuvent vivre
dans leur environnement naturel. (ACDC)
20 avril
2016 – Collision entre une calèche en mouvement (sans cocher) et une
voiture, dans le quartier Griffintown de Montréal. La vidéo montre un cheval
blanc heurté par une berline foncée, à l’angle des rues Peel et Wellington. Sous
la force de l’impact, la calèche vacille, tandis que les pattes avant du cheval
fléchissent. La bête passe bien près de se retrouver au sol, mais parvient tout
de même à poursuivre son chemin. (Journal de Montréal)
Septembre
2015 – La jument, Cinderella, a paniqué sur la rue Saint-Paul. En trois
semaines au moins trois chevaux ont paniqué dans le Vieux-Montréal. Grâce à
Yannick Lachapelle pour la photo et à Audray Metcalfe pour le témoignage, nous
pouvons documenter l'incident : Aujourd'hui,
j'ai été témoin de quelque chose d'horrible qui me hante et m'empêche de dormir
ce soir. Peut-être anodin pour vous, mais moi, ça m'a secouée. Alors que
j'étais au coin McGill et St-Paul dans le Vieux-Montréal, un cheval s'est fait
frapper et renverser alors que son cocher insistait pour le faire tourner sur
une lumière ROUGE! J'ai tout vu, et le cheval s'est retrouvé au sol, les 4
pattes en l'air. Je suis sortie de ma voiture à toute vitesse pour lui porter
secours. Le cocher n'a rien fait pour le rassurer et ne lui a démontré aucune
marque d'affection (normal puisque pour lui ce n'est qu'un objet) quand je lui
ai dit poliment que son cheval méritait de prendre un break pour la journée
puisqu'il devait avoir mal, il m'a froidement répondu, et je cite : «Pas besoin
de break, il va continuer de travailler! Tu vois bien qu'il est maintenant
debout?! Alors mêles-toi donc de tes affaires toé!» Ensuite
il l'a attaché à un poteau pour le laisser moisir là pendant qu'il allait
donner de la marde au conducteur. Voilà à
quoi ressemble le traitement réservé aux chevaux de calèche, en plus d'être
dans le trafic entourés de voitures qui klaxonnent, à marcher toute la journée
sans eau, nourriture, peu importe la température. Puis ce n'est pas le premier
incident du genre en peu de temps. C'est absolument inacceptable qu'on se serve
d'eux comme ça, juste pour une tradition débile de touriste. Honte à nous! Faut que
ça change, et si vous connaissez des journaux ou médias que ça pourrait intéresser,
je me ferai un plaisir de leur raconter la version longue de mon témoignage
d'aujourd'hui... parce que là je vous épargne tous les détails qui ont suivi.
Partagez svp, faut en parler. La photo est après l'incident, alors que le
pauvre attendait encore après son poteau, sans l'attention de personne.
~ Audray Metcalfe (ACDC)
Juillet
2015– À 17h50 aujourd'hui à l’angle des rues Notre-Dame O. et Peel, j'ai vu
quelque chose d'horrible. Ce cheval a glissé sur les plaques de métal, souvent
utilisées dans les zones de construction de Montréal. Le pauvre cheval paraissait
horrifié, épuisé, et à chaque fois qu'il essayait de se relever, il glissait et
retombait. Honnêtement, il ressemblait à Bambi sur la glace. Heureusement
il y avait quelques bons samaritains et des policiers bienveillants qui essayaient
d'aider le cheval mais sans beaucoup de succès. J'ai des questions à poser à
Montréal... 1) Pourquoi une calèche à l'heure de pointe, à
l'une des intersections les plus achalandées de la ville? 2) il faisait 28 degrés à l'extérieur (34 degrés
avec l'humidité). N'est-ce pas considéré comme de la cruauté envers un animal? J'en ai
marre de voir ces calèches dans ma ville. Je ne
sais pas s’il a été blessé ou non, mais je l’ai vu tomber environ 5 fois avant qu’on
commence à évacuer les voitures du bouchon... Il n’était pas du tout en bon
état, il était affolé et soufflait très fort. Veuillez
transmettre ces photos au maire Coderre et demandez-lui qu’on accorde aux chevaux
de Montréal une retraite dans un pâturage, leur habitat naturel. Envoyez à msg : https://www.facebook.com/denis.coderre
AGISSONS DÈS
AUJOURD’HUI POUR FAIRE EN SORTE QUE L’INTERDICTION DES CALÈCHES SOIT PERMANENTE!
Aujourd'hui, le maire de Montréal, Denis Coderre,
a interdit pour un an les calèches à Montréal.
Bien que ce soit une bonne première étape, une
interdiction permanente est la vraie solution avec un plan d’action pour bannir
les calèches que donnerait à la ville de Montréal la chance de travailler avec
les propriétaires de chevaux, en collaboration avec la SPCA de Montréal et des
sanctuaires pour chevaux, pour placer ceux-ci dans un foyer aimant et leur
donner une retraite bien méritée. La SPCA de Montréal possède un large réseau
de maisons d’accueil et de sanctuaires pour chevaux, et serait plus
qu’enchantée d’aider au placement de ces chevaux de calèche, comme nous avons
déjà fait pour certains individus dans le passé : http://www.spca.com/?p=4137&lang=fr
Joignez la SPCA de Montréal en faisant parvenir
une lettre au maire afin que l’interdiction des calèches devienne permanente
dans notre ville et ainsi, mettre fin à la souffrance ces chevaux! Rendez-vous
sur : http://www.spca-mtlaction.com/caleches/?g=c1&lang=fr
Ensemble, nous mettrons terme à cette industrie
archaïque, cruelle et dangereuse. #stopcaleches
À voir : le Domaine équestre ÉquiLibre (France). Un paradis pour les chevaux, sans fers et sans mors, libres, sur plus de mille hectares au coeur des Pyrénées http://www.equi-libre.fr
Cocasse cette photo! Pépé n'a pas l'air de bonne humeur.
43 ans plus tard...
La bousculade d’hier prouve une fois de plus que les
Parlements sont des Centres de la petite enfance (CPE) – institutions consacrées à la garde et à
l'éducation de jeunes enfants.
Comme
je l’ai déjà suggéré sur ce site, les parlementaires auraient tout intérêt à
suivre un cours élémentaire d’intelligence émotionnelle – c’est mieux que la
boxe pour négocier...
On
parle d’Intelligence Émotionnelle (ou de Quotient Émotionnel – QE) depuis
quelques décennies déjà. Mais, on ne peut pas dire qu’elle fait «fureur»,
contrairement à l’épidémie de rage universelle. Si j’étais whip j’obligerais tous les
députés participant aux assemblées à lire «Zoom sur l’intelligence
émotionnelle». (Un whip ou chief whip est le membre d'un parti politique élu au
parlement dont le rôle est de s'assurer que les membres du parti soient
présents lors des votes à la chambre et qu'ils suivent les consignes données par les
chefs du parti.) Quand on observe les débats politiques on peut légitimement se demander ce que signifie l’adjectif
«civilisé»!
Au
Québec, la Direction de la protection de
la jeunesse (DPJ) est constituée du personnel administratif et des
«personnes autorisées» qui ont la responsabilité d'appliquer la Loi sur la
protection de la jeunesse.
Dans «la
Loi sur la protection de la jeunesse»
On
entend par :
e)abus
physiques : - lorsque l'enfant court un risque sérieux
de subir des sévices corporels ou d'être soumis à des méthodes éducatives
déraisonnables de la part de ses parents ou d'une autre personne et que ses
parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation.
f)troubles de
comportement sérieux : - lorsque l'enfant, de façon grave ou
continue, se comporte de manière à porter atteinte à son intégrité physique ou
psychologique ou à celle d'autrui et que ses parents ne prennent pas les moyens
nécessaires pour mettre fin à la situation ou que l'enfant de 14 ans et plus
s'y oppose.
À noter
que nos lois interdisent la fessée, les gifles, etc.
Abattoirs :
être cruel pour être rentable? Par Isabelle Sorente, écrivaine – 7 avril 2016 Libération.fr
...Les vidéos de l’association L214 mettent en
lumière les cadences infernales de la filière viande. Les employés sont face à
un dilemme éthique, sauver ou achever. En moins
de six mois, l’association L214 a diffusé trois films tournés dans trois
abattoirs qui, malgré leur taille dite humaine, malgré leur qualification
«bio», ont été le théâtre d’actes de cruauté envers les animaux. Je garde en
mémoire l’image d’un agneau déchiqueté par une machine. L’opérateur arrive trop
tard, la bête est coupée en deux, elle bouge encore. Que feriez-vous à sa
place? À la place de l’opérateur, tel est le nom qui désigne l’employé de
l’abattoir, le nom qui en a remplacé d’autres comme boucher ou saigneur, telle
est la terminologie, au XXIe siècle, l’opérateur, c’est l’homme en combinaison
qui constate que la machine cisaille l’animal qui vit encore. J’ignore
la cadence de travail de l’abattoir de Mauléon-Licharre, mais je connais celle
d’une chaîne de découpe d’un abattoir porcin : 900 animaux saignés à l’heure.
15 saignées à la minute. Tel est le rythme imposé à l’opérateur, par la chaîne
de découpe et les robots fendeurs. Les machines imposent leur rythme aux
ressources humaines, comme aux animaux mis à mort. (...) ...Ce
que dissimule cette optimisation, c’est que la souffrance des êtres vivants -
celle des animaux comme celle des employés – devient une variable ajustable de
l’équation économique. Alors la cruauté? Fonctionnement ou dysfonctionnement?
La seule façon de répondre à cette question est de reconstituer l’histoire :
Que feriez-vous à sa place? Vous êtes l’opérateur, un agneau coupé en deux
tombe à vos pieds, il hurle, vous faites quoi? Vous l’achevez comme vous
pouvez? Vous tournez la tête? C’est une histoire sans issue. C’est une histoire
tragique. C’est une histoire que les hommes et les femmes qui travaillent dans
des élevages industriels connaissent par cœur.
Voici un sujet concret auquel la plupart des gens
ne pensent même pas, même ceux qui se battent pour les droits des animaux :
comment les personnes dont la tâche est de tuer les poulets sont-elles
affectées? C'est que la machine à tuer ne parvient jamais à trancher la gorge
de tous ceux qui défilent, surtout de ceux qui n'ont pas été correctement
insensibilisés par le bac électrique. Il y a donc un «tueur» dont la tâche
consiste à attraper ces poulets de manière à éviter qu'ils soient ébouillantés
vivants dans le chaudron. (Évidemment, le tueur ne peut les attraper tous, j'en
reparle plus loin.) (En
lisant ce qui suit, gardez à l'esprit que je travaillais dans le plus petit de
tous les abattoirs de Tyson. Ils en ont de bien plus grands qui traitent des
centaines de milliers de poulets par nuit. Bien sûr, ils ont aussi plusieurs
tueurs; il y a toujours un tueur par chaîne.)
Si les droits des animaux vous intéressent,
visitez les libellés «Zoofriendly» et «Végétarisme»
~~~
Suggestions
de livres
Il y a une trentaine d’années, les végétariens
étaient abondamment ridiculisés. Quand j’entends les journalistes questionner Aymeric
Caron sur la valeur des insectes par rapport à celle aux humains, j’ai envie de
sauter au plafond. J’aime bien la réponse qu’il a servie à Marie-Louise Arsenault
à l’émission Plus on est de fous, plus on
lit (non textuel) : «Pourquoi les gens s’accrochent-ils aux insectes?
Pourquoi ne se questionnent-ils pas sur les milliards d’animaux maltraités quotidiennement
dans les élevages industriels et les abattoirs par exemple?» Voilà.
Un passionnant plaidoyer :
Antispéciste Aymeric
Caron Éditions Don Quichotte, avril 2016
Présentation de l’éditeur :
Un jour, les animaux auront tous des droits.
L’animalisme figure le prochain projet idéologique révolutionnaire, qui
réconcilie les hommes avec eux-mêmes et avec leur avenir. Certains
en possèdent déjà : les animaux de compagnie, les espèces protégées et les
animaux d’élevage. Mais les droits que nous leur avons consentis sont minimaux
et incohérents. Nous traitons différemment les chiens, que nous considérons
comme des membres de la famille, des cochons, réduits au rang d’objets produits
en masse et abattus dans d’indignes conditions. Pourtant cochons et chiens
possèdent une sensibilité et une intelligence similaires. Comment en
sommes-nous venus à les classer dans des catégories si différentes? C’est que
nous sommes spécistes. Le
terme, peu connu en France, fera bientôt partie de notre vocabulaire. À
l’instar du racisme et du sexisme, dont il poursuit la logique. Le spécisme
consiste à traiter différemment, et sans la moindre raison valable, deux
espèces qui présentent les mêmes caractéristiques. Tout comme nous avons
longtemps dénié aux femmes les mêmes droits que les hommes. L’affirmation de
l’antispécisme sera celle de l’animalisme, un mouvement philosophique qui
promeut la nécessité d’accorder des droits à tous les animaux, en raison de
leur capacité à souffrir. (...)
L’auteur a également publié en 2013 No steak aux éditions Fayard. «Bientôt,
nous ne mangerons plus de viande. Nous cesserons définitivement de tuer des
êtres vivants – 60 milliards d’animaux chaque année – pour nous nourrir.»
(L’auteur recommande
d’acheter son livre à la boutique
L214)
Présentation de l’éditeur :
La conduite des hommes à l’égard des animaux fait
depuis toujours l’objet d’une évaluation morale par ceux d’entre nous que la
souffrance indigne. La philosophie officielle en occident, qui justifie
l’exploitation des bêtes pour manger, travailler, expérimenter, nous divertir
et nous tenir compagnie, n’a jamais fait l’unanimité. L’éthique animale est
l’étude de la responsabilité morale des hommes à l’égard des animaux et cette
anthologie est son histoire. Une contre-histoire des animaux, dans laquelle
Pythagore, Vinci, Cyrano de Bergerac, Rousseau, Voltaire, Sade, Schopenhauer,
Lamartine, Darwin, Wagner, Hugo, Tolstoï, Zola, Gandhi, Russell, Colette,
Claudel, Yourcenar, Singer, Lévi-Strauss, Derrida, Houellebecq, Onfray et
beaucoup d’autres prennent position sur les droits des animaux, les devoirs de
l’homme à leur égard, le végétarisme, la chasse, l’expérimentation, la corrida,
les zoos et d’autres questions théoriques et pratiques. Réunissant 180 auteurs,
plus de 40 traductions et plusieurs textes inédits, ce livre de référence est
la première et la seule anthologie francophone sur le statut moral des animaux.
Autres ouvrages et articles de l’auteur : http://www.jbjv.com/-Livres-.html
~~~
La «glu» dans vos saucisses à hot-dog
Si seulement les gens savaient ce qu’ils
mangent...
L’emballage
des saucisses à hot-dog devraient inclure une mise en garde Par Diane
Vukovic(Care2)
Les étiquettent de produits comme les cigarettes
et la bière incluent des mises en garde à cause des problèmes de santé qu'ils
peuvent causer. Même les produits qui ne sont pas destinés à la consommation, comme
les détergents à vaisselle, en ont aussi. Pourtant, des aliments dangereux pour
la santé ne comportent aucune mise en garde. Voici pourquoi les saucisses à hot-dog
devraient inclure une étiquette de mise en garde.
Les
saucisses à hot-dog : de la glu blanche (white slime)
Les résidus de viande déchiquetée mécaniquement (VDM)
constituent le principal ingrédient de la plupart des saucisses à hot-dog. On
appelle ces déchets organiques «glu blanche» à cause de leur ressemblance à la «glu
rose» (1). La VDM est dégueulasse mais la fabrication des saucisses l’est encore
plus. On pousse sous haute pression les restes des animaux à travers un tamis. Il
en sort une substance pâteuse (glu blanche) qui contient les os, le cartilage,
la peau, les nerfs, les vaisseaux sanguins et des débris de chair. À cause de
la maladie de la vache folle, transmise par le liquide céphalorachidien qui
pénètre les déchets organiques, l'USDA n'autorise pas le déchiquetage mécanique
de la viande de boeuf. Ce
processus est vraiment dégueulasse. Toutefois, Fooducate souligne que ce n'est pas la seule cause de risques pour
la santé. Le problème est que les saucisses ne contiennent que le pire de la
viande : des déchets récupérés auxquels on ajoute des agents de
conservation et des matières grasses.
(1) La glu rose (pink slime), aussi connue sous les dénominations «lean finely
textured beef» (LFTB) et «boneless lean beef trimmings» (BLBT), est un ingrédient
de remplissage bon marché à base de bœuf qu’on ajoute à la viande hachée ou aux
viandes transformées.
Liens entre
saucisses à hot-dog et cancer
Le problème majeur avec les saucisses à hot-dog,
et plusieurs autres viandes transformées, est qu’elles contiennent des
nitrates. Maintenant, beaucoup d’aliments, y compris certains légumes comme les
carottes, contiennent des nitrates. Mais, les nitrates présents dans les saucisses
se transforment en nitrosamines lorsqu’ils se combinent à l’amine de la viande.
Les nitrosamines sont reconnues pour causer le cancer, notamment du côlon. Quelle
est la gravité du risque? Selon EHSO, manger un hot-dog par jour augmente le
risque de développer un cancer colorectal de 21 pour cent! Des études ont
également démontré que la consommation de viandes transformées augmente le
risque de développer un cancer de la prostate, de l'ovaire, et la leucémie
infantile. Mais qu’en est-il des saucisses étiquetées «sans
nitrates ajoutés»? Elles ne sont pas moins dangereuses. Même si l’on n’ajoute
pas de nitrates, elles en contiennent naturellement, et celles-ci peuvent se
transformer en agents cancérigènes.
Liens entre
saucisses à hot-dog et maladies cardiaques
Les maladies cardiaques sont actuellement la
principale cause de décès aux États-Unis. Nous savons déjà que manger de la
viande, surtout de la viande rouge, est lié aux maladies cardiaques. Cependant,
les viandes transformées, comme les saucisses à hot-dog, augmentent les risques
de beaucoup. La
viande transformée est plus dommageable que la viande non transformée à cause
de sa teneur élevée en sodium, nitrates et additifs alimentaires qui affectent
le coeur. Une étude publiée par l'American
Heart Disease Journal a comparé les effets de la consommation de viande non
transformée à celle de viandes transformées. On a constaté que les hommes qui
mangeaient plus de viandes transformés
avaient un risque plus élevé d'insuffisance cardiaque (28 %) que ceux qui en
mangeaient moins. Pour chaque 50 grammes (un hot-dog) de viande transformée
consommée quotidiennement, le risque d'insuffisance cardiaque augmentait de 8
pour cent.
Les
saucisses à hot-dog contiennent des antibiotiques
On administre des antibiotiques aux animaux pour leur
faire prendre du poids rapidement et les garder en santé dans des usines d’élevage
dont les conditions sont déplorables. Il est impérieux de cesser d’inclure des antibiotiques
dans la nourriture des animaux car cela contribue à l'augmentation de super
bactéries qui résistent aux antibiotiques; ce qui peut constituer une menace
pour la santé humaine. Il y a également de plus en plus de preuves que ces
antibiotiques ont des effets nocifs directs sur la santé humaine, notamment parce
qu’ils favorisent la prise de poids.
Les
saucisses à hot-dog contiennent des protéines hydrolysées
Un autre ingrédient commun inclus dans les saucisses
à hot-dog est la protéine hydrolysée. Si vous mangez des saucisses à hot-dog végé
parce que vous les croyez plus sains, vous serez déçu d’apprendre qu’ils sont
souvent fabriqués à partir de protéines hydrolysées ou des ingrédients de
mauvaise qualité comme l’isolat de soja (protéines végétales texturées). La
protéine hydrolysée est néfaste parce que sa fabrication consiste à la faire
bouillir dans une cuve d'acide pendant plusieurs jours, puis à la neutraliser
avec de la soude caustique. Le processus décompose les protéines afin qu'elles
se transforment en acide glutamique, mieux connu sous l’appellation GMS
(glutamate monosodique). Ainsi, sur l'étiquette d’emballage on remplace
trompeusement GMS par «protéine hydrolysée».
~~~
Pour une spectaculaire crise cardiaque :
Le Bacon
Fest de Sherbrooke (en fin de semaine). Poutine au bacon, saucisses
au bacon, bacon-bonbons, sundaes au bacon, bière au bacon, fudges au
bacon, biscuits Oréo au bacon, macaroni au fromage enrobé de bacon et bombes de bacon gratinées. Le QUÉBEC
BACON FEST offrira un très large éventail de produits décadents à base de porc
salé.
Le documentaire français DEMAIN, diffusé en
décembre 2015, sera enfin présenté au Québec le 27 mai dans divers cinémas. (1 million
de spectateurs en France...)
«Nous passons notre temps à faire des films où
nous sommes éradiqués par des zombies, des bombes nucléaires, des épidémies,
des robots, des extraterrestres, de petits gremlins… Nous adorons ça! Mais où
sont les films qui parlent du contraire? Ceux où nous nous rassemblons et où
nous résolvons les problèmes? Nous n’en avons pas vraiment… L’être humain est
tellement ingénieux, tellement créatif. Nous pourrions faire des choses
extraordinaires, mais pour ça nous avons besoin de nous raconter ces histoires.
Avoir une vision, raconter une histoire, c’est comme de jeter devant soi un tourbillon
qui vous entraîne...» ~ Rob
Hopkins
Alors que l’humanité est menacée par
l’effondrement des écosystèmes, Cyril, Mélanie, Alexandre, Laurent, Raphaël et
Antoine, tous trentenaires, partent explorer le monde en quête de solutions
capables de sauver leurs enfants et, à travers eux, la nouvelle génération. A
partir des expériences les plus abouties dans tous les domaines agriculture,
énergie, habitat, économie, éducation, démocratie..., ils vont tenter de
reconstituer le puzzle qui permettra de construire une autre histoire de
l’avenir.
Photo : Chris Westwood / The Sun. “Stop
destroying my home!”
Vidéo : réalisation, photographie et montage
par Ken Webb Les Ours
Blancs (2012), CharlÉlie
Couture, album Fort
Rêveur
Tant de poussière dans la lumière Tant de nitrate dans les rivières Tant de poissons sortis de la mer Tant de fruits, en hiver Tant de conteneurs sur le quai Tant de richesses accumulées Tant d'opinions manipulées Tant de charges à supporter
Abondance, à outrance Trop de tout d'un côté Pénurie et carence Trop de rien de l'autre côté Nous sommes tous, des ours blancs Nous sommes tous, des ours blancs
Tant de produits fabriqués Tant d'inventions dépassées Tant d'animaux empaillés Tant de gorilles dépecés Tant de grands arbres abattus Pâte à papier qu'on ne lit plus Tant de gâchis dans les poubelles Tant de caprices existentiels
Abondance, à outrance Trop de tout d'un côté Pénurie et carence Trop de rien de l'autre côté Nous sommes tous, des ours blancs Nous sommes tous, des ours blancs
À l'école c'est logique L'écologie faudrait l'enseigner Réapprendre la grammaire de l'eau, de l'air ou de
la lumière D'un côté la misère de ceux qui retournent la
terre De l'autre la loi des marchés et d'utopie de
l'égalité Oh les grands mots brandis comme des étendards; Fraternité,
Égalité, Solidarité Si seulement on pouvait y croire
Abondance, à outrance Trop de tout d'un côté Pénurie et carence Trop de rien de l'autre côté On préfère le nier Feindre de l'ignorer Trop d'excès d'un côté Et de l'autre pas assez Nous sommes tous, des ours blancs Tous, des ours blancs
Note biographique ... Depuis plus de 30 ans, CharlÉlie poursuit une
démarche vers ce qu’il définit comme «l’Art Total», attitude globale consistant
à trouver des interconnexions entre les formes d’expressions de l’Homme que
sont l’Écriture, l’Image et la Musique.
Après l’album ImMortel produit par Benjamin Biolay
et sorti en 2014, il part en Louisiane, un rêve qui l’habite depuis longtemps.
Il s’installe dans le Bayou, dans le mythique Dockside Studio, et co-produit
avec Karim Attoumane un nouvel opus.
Il s’entoure des musiciens de Lafayette,
Accordéon, mandoline, fiddle, washboard (le «frottoir»), harmonica («la musique
à bouche»), sax, trompette et tuba scandent 13 chansons, en français et en
anglais. Zachary Richard, natif du lieu, vient mêler sa voix à celle de
CharlÉlie sur deux titres, ainsi que les Lost
Bayou Ramblers, sur une reprise de The
House of the rising sun.
Avant de continuer à déblatérer contre le pétrole, je
veux lever mon chapeau aux pompiers, littéralement en enfer – quel travail! Ainsi
qu’aux bénévoles qui s’occupent des évacués et des animaux abandonnés.
Lors d’une
conférence organisée dans la région de Fort McMurray, à ceux qui lui faisaient
valoir l'importance économique des sables bitumineux de l'Alberta, Desmond Tutu avait rétorqué : «Le monde n'existera plus si rien n'est
fait au sujet des émissions de gaz à effet de serre.»
«Être
inconscient, c’est tout simplement ne pas savoir ce qu’on fait, c’est-à-dire
être incapable d’évaluer la portée de ses actes.» ~ Charlotte Joko Beck
Fort McMurray me fait penser à Disneyworld. Une
forteresse. Malheureusement flanquée sur une poudrière, avec en bonus, un
dépotoir de déchets radioactifs à moins de dix kilomètres. Invraisemblable. Une
seule autoroute (la 63) mène d’Edmonton aux sites d’exploitation – 400 km
pour aller au trou, un cul-de-sac en fait. On ne peut blâmer les gens d’avoir été attirés par les «salaires mirobolants»
utilisés comme appât par les compagnies. Qui ne souhaite pas s’enrichir à haute
vitesse?
Photo : Jason Franson. Ça prend du jus pour
nourrir ces p'tites bêtes-là.
Au sujet du site d’enfouissement des déchets
radioactifs, Maude-Émilie Pagé déclarait : «Aucun risque immédiat...». Mais, quelle est la durée
de «vie» de l’uranium? (1) L’intégrité physique des cellules d’entreposage a-t-elle
une date de péremption? C’est pour quand les risques? Nos pauvres containers feront
mauvaise figure dans le temps. Selon le
rapport 2013 des Laboratoires nucléaires canadiens, pas moins de 43 282 mètres
cubes de «déchets radioactifs de faible activité» sont stockés au dépotoir de
Fort McMurray, situé à environ 8,5 km au
sud du centre-ville. «Selon
les informations disponibles, il semble que le site ait été affecté par les
feux», confirme Maude-Émilie Pagé, directrice des communications et des
rapports gouvernementaux d'EACL. Ces feux, toutefois, «ne posent aucun risque immédiat pour la santé et la sécurité de
la population et de l'environnement ». «Il n'y
a également pas de préoccupations quant à l'intégrité physique de la cellule [où
sont entreposés les déchets]», précise-t-elle. Cette cellule serait située à
l'extrémité nord du dépotoir. (ICI Radio-Canada Info)
Résumé :
Après le jeu documentaire Fort McMoney,
le film revient à Fort McMurray en
Alberta, troisième réserve mondiale de pétrole et trésor de guerre du Canada.
Avec une obsession qui traverse la démarche du réalisateur David Dufresne
depuis trois ans : la démocratie
est-elle soluble dans le pétrole? Film à la première personne, on y croise
notamment Jim Rogers, natif de la ville, et candidat malheureux aux dernières
élections municipales, qui a vu sa toute petite ville devenir ce qu’elle est
aujourd’hui : une vision moderne, noire comme le pétrole, de la ruée vers l’or.
Bien plus que la version linéaire de l’expérience web, le film en est sa suite
réelle, son miroir, une réflexion sur la démocratie en ruine. (Production :
Toxa, ONF, ARTE France, 2014; Pays :
Canada; Réalisateur / narrateur : David Dufresne)
Les propos de Jim Rogers avaient un côté quasi prémonitoire
: «Si Dieu revenait ici, il dirait :
‘Mais qu’avez-vous fait de toutes ces richesses? Je vous ai offert tant de
cadeaux! Vous ne pouviez pas faire mieux? Bande d’imbéciles! Vous brûlerez en
enfer!’» Il
poursuivait ainsi : «Le
gouvernement, qui dilapide nos ressources, a autorisé les magnats du pétrole à
bâtir une zone pétrolière. Tout à coup, l’argent circule et les occasions de s’enrichir
arrivent. Ce serait bien si les gens devenaient riches. Mais c’est comme dans
la ruée vers l’or, certains meurent en chemin, ou reviennent toxicomanes ou
alcooliques – s’ils en reviennent! Et les gens se retrouvent à devoir lutter
pour survivre comme dans tous les bidonvilles du monde. Ils achètent des
maisons gigantesques au sommet des gisements, faites de panneaux stratifiés en
PVC, qui coûtent 500 000, 700 000 ou 900 000 dollars! Parce
qu’il faut toujours voir grand à Fort McMurray. C’est la folie des grandeurs! Ils
débarquent ici et vivent comme des millionnaires, gros pickups neufs, maisons
neuves. Aussitôt que la demande de pétrole connaît un ralentissement, ils ne
peuvent plus effectuer leurs paiements et retournent à la banque qui leur a
déjà avancé des sommes. C’est comme une gigantesque arnaque. Le coût de la vie
est tellement élevé ici qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’être esclaves de
l’industrie pétrolière, qui, en retour, les traite... comme des mendiants.»
Autre :
un plaidoyer contre la reconstruction de la ville, par un travailleur qui y a
vécu. Un portrait dur et sans compromis qui confirme les descriptions du livre
BRUT. Ne méprenez pas mes
propos, je suis triste pour les gens éprouvés dans cette tragédie, mais je suis
de ceux qui croient que ce malheur en cache un autre bien plus important. ...Dernièrement,
j’ai entendu des politiciens dire à quel point nous devrions être fiers de Fort
McMurray. Non, il y a aucune raison d’être fier de Fort McMurray. Il m’est
arrivé souvent de penser que cet endroit allait exploser, être abandonné ou
même bruler avec tout ce pétrole qui lui sortait par les oreilles. https://jfhotte.com/2016/05/08/fort-mcmurray-le-trou-du-cul-du-monde/
---- (1) L’uranium est un métal lourd radioactif
(émetteur alpha) de période très longue : 44 688
milliards d'années pour l'uranium 238 703,8
millions d'années pour l'uranium 235 Les cinq
plus gros producteurs au monde sont le Kazakhstan, le Canada, l'Australie, le Niger et la Namibie. L'uranium
appauvri, un sous-produit de l'enrichissement de l'uranium, est très prisé pour
sa dureté et sa densité. Il est pyrophorique, et employé comme arme antichar
dotée d'un fort pouvoir à la fois pénétrant et incendiaire : à très haute
vitesse, il perfore aisément les blindages en s'enflammant lors de l'impact,
provoquant un incendie qui fait exploser le véhicule touché. La dose
létale pour l'homme semble être de quelques grammes; certains estiment que
les effets délétères de la radioactivité peuvent exister quelle que soit la
dose. Pour la potabilité de l'eau, l'OMS a fixé une
teneur maximale de 1,4 mg·l-156, tout en recommandant dans ses lignes
directrices une concentration en uranium cent fois plus faible, inférieure à 15
µg/l, pour les eaux de boisson courante. https://fr.wikipedia.org/wiki/Uranium
Demandez aux gens des pays en manque d'eau potable ce qu’ils en pensent. On
n’en parlera jamais assez puisqu’on semble croire la source intarissable. J’ai
écrit cet article la semaine dernière, loin de soupçonner qu’un horrible brasier
allait s’emparer de Fort McMurray (Alberta) hier. Je voulais justement proposer un
changement de vocation pour les réservoirs et les pipelines – ils pourraient servir
à emmagasiner et transporter des réserves d’eau d’Est en Ouest et inversement. Un projet qu'il ne faudrait surtout pas confier à une entreprise exploitée par Nestlé Waters! (1)
Fou? Pas tant que ça.
D’autant plus que les énormes quantités d'eau servant à l’extraction / exploitation
des sables bitumineux pourraient être récupérées pour sauver la vie des gens des provinces de l'Ouest. Des provinces dont
le climat est propice aux incendies. Année après année, de grandes superficies
sont ravagées. En 2011, lors des feux de forêts, survenus
en Alberta je crois, j’ai publié une poignante description de Gabrielle Roy tirée
de son roman Rue Deschambault : Le puits de Dunrea. Cela nous montre une fois de plus qu’en
définitive nous n’avons aucun pouvoir sur les éléments lorsqu’ils se
déchaînent. «... En
ce temps-là, lui avait raconté papa, le feu de Prairies couvait toujours quelque
part en Saskatchewan. Cette province si dépourvue d’eau de pluie, si venteuse,
était vraiment la terre de feu. Tant elle était sèche, le soleil tout seul,
jouant sur des pailles ou sur un tesson de bouteille, pouvait mettre la prairie
en flammes! Et si un courant d’air un peu vif s’élevait alors, aussitôt le feu
partait à courir comme le vent lui-même. Et le vent en cette partie du monde
était déjà un fou furieux qui couchait les moissons par terre, déracinait les
arbres et parfois arrachait leur toit aux bâtiments. Tout démoniaque qu’il fût,
il laissait tout de même l’herbe rase au sol, quelque chose de vivant. Mais
derrière le feu, il ne restait jamais que des carcasses de petits daims, de
lièvres poursuivis par les flammes, rejoints par elles et qui mouraient parfois
en pleine course... et longtemps ces carcasses empuantissaient l’air, car, là
où le feu avait passé, même les oiseaux de proie se gardaient de venir manger
les yeux des bêtes mortes. Ce spectacle était assez fréquent en bien des
régions de la Saskatchewan, et le cœur avait peine à supporter une ruine si
complète.»
On peut imaginer un monde sans pétrole puisqu’il
n’est pas indispensable à la VIE, et ce
serait une bénédiction pour la planète. Mais on ne peut pas imaginer la vie sans EAU potable. L’eau est ce
qui différencie la Terre de la désertique planète Mars où il serait impossible
de faire pousser quoi que ce soit.
Nestlé Waters prélève les réserves d’eau de source
partout sur la planète pour ensuite nous la revendre dans des bouteilles de
plastique! Cette pratique existe depuis longtemps dans plusieurs
provinces canadiennes. Mais les citoyens s’unissent pour s’y opposer comme en ce
moment aux États-Unis – ce fut le cas récemment en Ontario et en
Colombie Britannique.
Et, pendant ce temps, nos insensées entreprises
pétrolières continuent à promouvoir leurs activités délétères : La présidente de la Fédération des chambres de
commerce du Québec (FCCQ), Françoise Bertrand, fait valoir qu'on ne peut
prendre de décision dans le dossier d’Anticosti sans connaître les faits. Elle
presse le gouvernement Couillard de permettre à Pétrolia, qui a déjà amorcé des
travaux d'exploration à Anticosti, de l'autoriser à mener ces travaux à terme. (...)
Selon
elle, la conjoncture pourrait justifier une exploitation du pétrole en sol
québécois, en autant que ce soit dans les meilleures pratiques de développement
durable et que ce soit économiquement rentable, surtout que la consommation de
pétrole sera nécessaire encore pour plusieurs décennies. «La compagnie Pétrolia
attend l'autorisation pour une deuxième phase, donc on espère que ça va pouvoir
se faire parce qu'il nous semble que les faits demeureront toujours la
meilleure base pour prendre les décisions par la suite.» (...) Bien que
le premier ministre Philippe Couillard ait répété à plusieurs reprises qu'il
s'oppose à l'exploitation des hydrocarbures sur Anticosti, Mme Bertrand estime
que cela ne constitue pas une fin de non-recevoir définitive en soi. (...) «Tout
en partageant l'objectif de diminuer l'impact sur les GES, on a encore besoin
d'une grande utilisation de pétrole», a-t-elle rappelé. «De penser qu'à
l'intérieur de 10 ans, 15 ans, 20 ans même, on pourrait tomber à aucune
importation, c'est difficile à imaginer, alors peut-être vaut-il mieux
continuer de savoir exactement ce que réserve ce sous-sol.» (La Presse, 30
avril 2016)
Or, une extraction respectueuse de l’environnement, ça n’existe tout simplement pas.
Parce que de un, cela requiert d’énormes quantités d’eau, et de deux, cela entraîne
une extrême pollution. Alors, forer à l’Île d’Anticosti est totalement
irresponsable.
Et, ce que Mme Bertrand ne mentionne pas bien sûr, c’est que le
pétrole extrait chez nous, en Alberta ou ailleurs, sera en majeure partie exporté
vers d’autres pays.
La guerre pour l’eau potable est identique à celle pour les
terres arables. Je ne serais pas étonnée d’apprendre que la Chine possède de substantiels
investissements chez Nestlé Waters. L’envahissement se fait en pantoufles, sournoisement
camouflé derrière des noms de compagnies dites «locales».
-------
(1) Exemples d’initiatives citoyennes.
This Land
is Our Land (Cette Terre est notre Terre)
Octobre 2015
Tandis que les sécheresses sévissent en Californie,
Nestlé Waters – le plus grand embouteilleur d'eau au monde – prélève des
millions de gallons d'eau par année dans la Forêt Nationale de San Bernardino.
La permission de prélever cette précieuse ressource accordée à Nestlé a expiré
en 1988, et le service de gestion forestière aurait dû fermer le robinet à ce
moment-là.
Ce documentaire de quatre minutes explique
l'impact des activités de Nestlé sur la forêt, et demande à la compagnie et au
gouvernement de s'assurer que cette ressource publique soit protégée pour les
générations futures.
Our Water, Our Future (Notre eau, notre futur) Mars 2016
Cascade Locks (Oregon) est un paradis sur terre
– il s'agit d'une petite ville nichée dans l’impressionnante Columbia River Gorge. Quand
Nestlé est arrivé en ville en proposant d’embouteiller leur eau, les citoyens
ont lancé une offensive à tous azimuts pour protéger leur ressource la plus
précieuse. Our Water, Our Future (Notre eau, notre futur) raconte l'histoire de
ces militants courageux. Leurs conseils avisés peuvent aider les collectivités
qui font face à des prédateurs qui veulent s’emparer de leur eau partout dans
le monde.
Image : Godless Utopia COMMENT
FONCTIONNE LA PRIÈRE «Merci mon Dieu de m’avoir aidé à trouver
mes clés perdues!!» (En Amérique) «Fantastique ça! Je vais annoncer la bonne nouvelle à tous les orphelins!» (En Syrie)
~~~
«J'ai
longtemps pensé que les pires problèmes environnementaux étaient la perte de la
biodiversité, l’effondrement des écosystèmes et le changement climatique. Je pensais
qu’avec 30 ans de science valable nous pourrions résoudre ces problèmes. Mais
j'avais tort. Les pires problèmes environnementaux sont l'égoïsme, la cupidité et
l'apathie. Et pour les
régler il faudrait une transformation spirituelle et culturelle; et nous,
les scientifiques, nous ne savons pas comment faire ça.»
~ James GustaveSpeth, avocat en droit environnemental et militant
~~~
Photo : ICI Radio-Canada (le 3 mai 2016). Joanne
Liu, présidente de MSF, devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Son intervention a lieu alors que ce matin
encore, un nouvel hôpital a été touché à Alep, en Syrie, par des tirs d’obus.
Au total, quatre hôpitaux du côté rebelle et deux du côté gouvernement ont été
durement touchés par les violences qui font rage depuis 10 jours.
Plaidoyer contre l'inhumanité Agnès Gruda (La Presse, le 3 mai 2016)
En Syrie,
les attaques contre les hôpitaux sont devenues si courantes que pour échapper
aux bombes, les médecins pratiquent de plus en plus dans la clandestinité. Les
cliniques se déplacent régulièrement pour éviter d'être repérées. Et certains hôpitaux en sont réduits à se
réfugier dans des grottes, voire dans des poulaillers, raconte la présidente
internationale de Médecins sans frontières, Joanne Liu. Cette
organisation humanitaire soutenait l'hôpital qui a été bombardé par les forces
progouvernementales à Alep, mercredi dernier, à 22 h. L'attaque a fait une
cinquantaine de morts, dont Muhammad Wassem Maaz, l'un des derniers pédiatres
d'Alep. Elle
a aussi détruit de grands pans de cet hôpital qui offrait des soins d'urgence,
d'obstétrique et de pédiatrie à des dizaines de milliers d'habitants de cette
ville qui vient de replonger dans l'horreur de la guerre, après une brève accalmie. Et
hier, c'est un autre hôpital d'Alep, largement financé par le Canada, qui a été
détruit par des frappes aériennes par les forces alliées au régime. «C'est
très douloureux de voir mourir des collègues, mais le pire, ce sont les civils
qui perdent l'accès aux soins de santé au moment où ils en ont le plus besoin»,
déplore Joanne Liu, que j'ai rencontrée hier lors de son passage en coup de
vent chez elle, à Montréal. ... Joanne
Liu n'en finit plus de s'insurger contre «les conflits sans limites qui
bafouent toutes les règles de la guerre». En Syrie, bien sûr, mais aussi au
Yémen, en Afghanistan, au Soudan du Sud... ... Au cours de l'année 2015, 75 installations
médicales soutenues par MSF ont subi 106 attaques et 12 ont été réduites à
néant. La Croix-Rouge a documenté 2400 cas d'attaques contre ses cliniques et
hôpitaux entre 2012 et 2014. Par
définition, les guerres font des dégâts, souligne Joanne Liu. Ce qui la choque
surtout, c'est de constater à quel point ces attaques sont devenues banales. Et
à quel point elles ne parviennent plus à émouvoir. ... Joanne
Liu tient aussi à mettre les points sur les i et le poing sur la table dans un
autre dossier : celui de la crise des réfugiés. Ce
qu'elle a vu dans l'île de Lesbos l'a profondément révoltée. Tous ces gens
euphoriques d'avoir survécu à leur traversée se trouvaient plongés dans un
nouveau cauchemar. «Ils étaient traités comme du bétail, ils ne savaient pas où
ils étaient ni ce qui les attendait.» ... Les
attaques contre les civils et la crise des réfugiés sont un peu les deux faces
d'une même médaille : les premières nourrissent la seconde. Elles sont aussi,
aux yeux de Joanne Liu, un révélateur de la montée de l'indifférence face aux
conflits qui accablent la planète.
«Rien ne peut justifier le recours à la
violence contre des patients, du personnel médical et des structures de santé. Dans
le cadre du Droit international humanitaire, les hôpitaux en zone de conflits
sont des espaces protégée»,
disait Madame Liu après le bombardement délibéré du centre de traumatologie à
Kunduz (Afghanistan) en octobre dernier. http://www.msf.ca/fr/nouvelles-du-terrain
~~~
Boucar Diouf (Photo : La Presse)
Le virage «vert» le mur? Boucar Diouf (La Presse, le 3 mai 2016)
Nous
sommes le vendredi 22 avril 2016. C'est le Jour de la Terre et les chefs d'État
de la planète se succèdent pour signer l'accord de Paris sur les changements
climatiques. ... Si on ne négocie pas le virage
maintenant que les prix du pétrole sont bas, quand va-t-on le faire? Est-il
vraiment logique de penser que lorsque l'industrie aura dépensé des sommes
astronomiques dans le projet Énergie Est, dont l'objectif premier est
d'augmenter de 40 % la production des sables bitumineux, ce sera le temps de
parler de ralentissement pendant qu'elle cherche à rentabiliser cet
investissement? Décupler la production est la seule
motivation première de ce projet et la rhétorique argumentaire de sécurité
opposant les pipelines et les trains ne tient pas la route. Non seulement le
pipeline comporte beaucoup plus de risques pour l'environnement, mais sa mise
en marche n'empêchera pas les trains de continuer de charrier du pétrole. ... Alors, si le premier ministre choisit
clairement d'être pro-pipeline, il faut qu'il arrête de faire croire à la
population qu'il a l'environnement à coeur. ... ... Maintenir le statu quo est au virage
vert ce que poser le pied sur la pédale de frein est à l'automobiliste qui ne
veut pas finir dans le fossé, car il n'y a aucune technologie assez verte à ce
jour qui permet d'augmenter de 40 % la production des sables bitumineux tout en
réduisant les gaz à effet de serre de façon concomitante.
À ce qui suit, il faut ajouter les impacts du
réchauffement climatique sur la santé des travailleurs notamment dans les pays de
chaleur et de froid intenses. Beaucoup de travailleurs en agriculture, dans les
minières, les installations pétrochimiques, etc., mettent leurs vies en péril
pour des salaires de crève-faim, tant dans les pays riches que les pays
émergeants.
Le dernier
des bien-portants Nortin
M. Hadler, M.D. Traduit de l’anglais par Fernand Turcotte, M.D. Les Presses de l’Université Laval 2008 The last well person: how to stay
well despite the health-care system McGill-Queen’s
University Press 2004
(Extraits,
p. 181-183; 188-192)
Les risques
pour la santé d’un emploi haïssable
Quelques-unes des menaces pesant sur notre
bien-être se terrent dans les activités de la vie courante. Il existe des
aspects de nos mondes interactifs, de nos écosystèmes, qui peuvent déranger la
biologie et contrôler la destinée. Deux menaces particulièrement puissantes ont
été reconnues et elles sont beaucoup plus significatives pour la longévité de
l’adulte. Ces deux menaces de la vie courante sont liées à des obstacles qui
entravent la capacité de gagner son pain. Une vie
entièrement passée à vaciller à la limite de la pauvreté est mesquine, souvent
décourageante, parfois désespérée et aussi plus courte. Qu’est-ce qui fait
qu’un statut socioéconomique (SSE) précaire puisse être aussi malveillant pour
le bien-être? Multiples sont les facteurs psychosociaux qui émergent des études
portant sur la pauvreté relative. Certains agissent dès la conception, mais la
majorité découle de la perte d’estime de soi, voire du ressentiment et de
l’hostilité, que provoque la vulnérabilité accompagnant la pauvreté.
Quelques-uns sont liés à l’alimentation et à certaines étapes de la vie. Bien
des choses restent inconnues, mais il est évident que l’éventail des défis
psychosociaux qu’il faut relever chaque jour quand on est pauvre, dont certains
peuvent s’avérer insurmontables, pèse plus lourdement sur la santé et la
longévité dans le monde «développé» que n’importe quel autre facteur. La
persistance de la pauvreté dans les pays qui ne manquent pas de ressources
constitue un reproche accablant pour leur système politique et leurs priorités
de santé publique. L’emploi
ne constitue pas en soi, une protection générique contre la malveillance de la
pauvreté. Certaines facettes de la vie des travailleurs modernes rivalisent
avec les facteurs psychosociaux de la pauvreté pour compromettre la santé et la
durée de la vie. Une esquisse de la situation commence à prendre forme et elle
comporte des implications majeures pour la santé du monde. Aimez-vous
votre emploi? Vous apprécie-t-on au boulot? Ces deux questions méritent une
place prioritaire sur l’agenda collectif et sur la liste des soutiens que la
solidarité sociale entend procurer. Elles devraient servir de fondements à une
initiative primordiale de santé publique. Répondre par la négative à ces deux
questions est associé à la morbidité clinique et influence la longévité même de
ceux qui pourraient, s’ils le souhaitaient, changer d’emploi. Par contre, pour
un nombre grandissant de travailleurs, l’option de la mobilité en emploi
n’existe même pas sinon pour aboutir à des emplois encore plus odieux.
Particulièrement pour les travailleurs plus âgés qui ont commencé leur carrière
en comptant sur une sécurité d’emploi, l’insécurité actuelle du marché du
travail est éprouvante. ... Pour
aggraver les défis survenant dans ses relations et au travail, il convient
d’ajouter les fluctuations de l’humeur, les malaises musculosquelettiques
intermittents, les céphalées occasionnelles, les symptômes respiratoires
épisodiques et la détresse physique récurrente. Pour être bien portant et se
sentir invincible, il faut disposer des ressources personnelles requises pour
faire face à tous ces défis, qu’ils soient physiques ou psychosociaux. ... Dans
la culture occidentale, toute perte de bien-être et toute autre forme de
détresse doivent s’exprimer dans un langage de souffrance physique plutôt que
de détresse psychologique. On a vu que le seul fait d’évoquer la possibilité
qu’un facteur d’origine psychosociale puisse exacerber une incapacité est
anathème et analogue à l’accusation infâme : «c’est dans la tête!».De sorte qu’on doit s’accommoder de la
conclusion que le motif pour lequel on ne peut plus faire face aux difficultés
est lié à l’intensité de la souffrance physique. Il arrive que ce soit vrai,
mais ce sont le plus souvent les défis psychosociaux, non les défis physiques,
qui sont les premiers responsables. Au travail, la méprise portant sur les
causes somatiques des troubles musculosquelettiques régionaux a déréglé
l’agenda de la santé et de la sécurité depuis plus de 60 ans. Les
troubles locomoteurs causent la plus grande partie de l’incapacité au travail
de longue durée. La lombalgie rivalise avec la douleur du bras pour être le
principal fléau affligeant les travailleurs de l’Occident. Parce que les
mouvements exacerbent les symptômes, le monde industriel contemporain tend à
attribuer toute incapacité à travailler, au contenu en activité physique des
tâches d’un emploi. Il n’en a pas toujours été ainsi. La compréhension du
mécanisme ayant suscité cette évolution est essentielle pour voir comment les
problèmes locomoteurs en disent long sur la qualité de la vie au travail et,
par extension, sur les menaces pour la santé et la durée de la vie qui
surgissent quand cette qualité est compromise.
Les dangers
inhérents à un mauvais contexte psychosocial de travail
La recherche de pointe en épidémiologie s’affaire
à trouver une meilleure définition du «contexte psychosocial». C’est un défi
presque aussi redoutable que celui de déterminer les facteurs psychosociaux
qu’on peut associer à la pauvreté. Certaines caractéristiques qui émergent
d’études réalisées en milieu de travail comprennent des aspects du «stress» lié
à l’emploi, de la «tension», de la «charge allostatique» et des «fluctuations»
de motivation.Ces mesures
échantillonnent des fonctions psychosociales complexes comme la satisfaction au
travail, l’autonomie au poste de travail, la motivation et autres. D’une
manière générale, les associations montrées par les variables «psychosociales»
sont faibles, voire inconstantes. Il s’en trouve même plusieurs qui sont
dépourvues de sens. Cette variabilité ne diminue en rien leurs implications;
travailler dans un contexte psychosocial hostile compromet la capacité de
surmonter le prochain épisode de souffrance musculosquelettique et constitue
une menace pour la longévité. [...] La
période contemporaine est riche en exemples de situations où l’hostilité du
contexte peut toucher une entreprise, sinon une industrie. Les menaces liées
aux réorganisations, le recours à la sous-traitance, quand ce ne sont pas les
menaces de faillite, empoisonnent le climat d’entreprises où des travailleurs
se trouvent plongés dans un contexte vicié par l’insécurité et les griefs
personnels. Les effets néfastes de ces contextes pour la santé sont
considérables. [...] Une
solution humaniste ne saurait se trouver dans la réglementation. Elle est sise
dans l’éducation de toute la société à propos de l’importance du contexte
psychosocial du travail et de la valorisation des travailleurs, plus
particulièrement de ceux qui, pour être dotés d’un talent inné, sont capables
d’aider leurs collègues à affronter correctement le stress. Ces leaders qui ont
du cœur sont inestimables. L’atelier contemporain a les moyens d’aider ceux qui
ne sont pas toujours en mesure d’améliorer par eux-mêmes leur estime de soi,
leur attitude à faire face aux difficultés et la protection de leur longévité. Cet idéal
ne peut pas se réaliser tant que les constructions sociales de la blessure, du
«c’est dans la tête» et du capital humain n’auront pas été reléguées aux
oubliettes. [...] Une solution devient possible quand
on connaît la dynamique d’un milieu de travail et qu’on peut reconnaître des
ressources capables d’aider à l’instar de ce qu’on fait tous dans sa vie
privée. La communauté se doit de brider tout comportement traitant le capital
humain comme s’il était remplaçable.
~~~
L’organisation
criminelle de la faim
«Couper les vivres et toutes formes de subsistance
économique aux pauvres devient un moyen de les pousser coûte que coûte au
travail.» ~Joseph Townsend,
représentant britannique (1786).
Dans son essai, Olivier Assouly, professeur de philosophie en France, s'intéresse à
cette stratégie terrifiante que les nazis portèrent à un niveau inédit pendant
la Deuxième Guerre mondiale dans les camps de concentration. Aujourd'hui,
d'autres pratiques continuent d'assujettir les populations en prenant en otage
le fait alimentaire.
L'organisation criminelle de la faim Olivier ASSOULY Actes Sud Sciences humaines Hors collection Octobre 2013
Présentation de l’éditeur :
Si la faim est une arme qui n’a cessé d’être
utilisée en temps de guerre pour faire plier l’ennemi, les nazis portèrent à un
niveau inédit de criminalité l’organisation de la faim au sein de leurs camps
de concentration. Dès lors
que, le 15 décembre 1942, Himmler eut, pour optimiser les performances des
déportés, préconisé de gratifier ceux-ci d’une nourriture plus “saine”, les
nazis s’employèrent à une évaluation scientifique de la résistance physique des
détenus, au calcul vétilleux des calories et des rations alimentaires au nom
d’un ordre biologique supérieur impliquant la transformation des victimes en
“sous-hommes” exploitables à merci puis “retraités” au titre écologique de
déchets organiques. Aussi
terrifiante et scandaleuse qu’en aient été les manifestations sous le joug
nazi, pareille économie exterminatrice n’était cependant pas totalement inédite
au regard de l’instrumentalisation de la faim orchestrée, à la fin du XVIIIe
siècle, par l’avènement d’une ère industrielle contraignant des populations
entières à travailler en usine pour échapper à l’inanition. Bien que les
temps aient changé, d’autres pratiques continuent d’assujettir les populations
en prenant en otage le fait alimentaire. Comment, en effet, ne pas s’interroger
sur l’industrie agroalimentaire qui favorise une libéralisation croissante aux
fins d’une criminelle mise sous tutelle économique du vivant et des denrées
planétaires, érigeant ainsi l’appétit en un redoutable instrument politique de
domination?