20 mai 2016

Ces fameuses calèches «patrimoniales»

24 mai 2016. Au nom de mes amis les chevaux, MERCI à M. Coderre!
Que les calèches et la torture imposée aux chevaux soient bannies à Montréal pour toujours! 

Give the World the Best You Have

People are illogical, unreasonable and self-centered;
Love them anyway.

If you do good, people will accuse you of selfish, ulterior motives;
Do good anyway.

If you are successful, you win false friends and true enemies;
Succeed anyway.

The good you do today, will be forgotten tomorrow;
Do good anyway.

Honesty and frankness make you vulnerable;
Be honest and frank anyway.

Give the world the best you have to give and you get kicked in the teeth;
Give the world the best you have anyway.

~ Ken Keyes


Image : Stefanie Lateghan

Diable que nous sommes arriérés!

Un des arguments pour maintenir l’industrie des calèches à Montréal est qu’elles font partie du patrimoine. Le second argument concerne les pertes d’emploi – les cochers se prétendent incapables de faire autre chose pour gagner leur vie (!). Éliminer des coutumes barbares suppose qu’on élimine les emplois corrélés. Et c’est une bonne occasion d’en créer de plus conscients. Au cas où le maire Denis Coderre l’ignorerait, désormais le patrimoine n’inclut pas les animaux car la nouvelle loi sur leur statut stipule qu’ils ne sont pas des objets!

Suggestions :
1. Les ex-cochers pourraient utiliser des tuk-tuk à pédales – avec option moteur quand la charge est trop lourde (étrangement, les passagers des calèches sont souvent obèses) 
2. Les touristes pourraient visiter la ville en vélo Bixi.
Les deux possibilités sont excellentes pour garder la forme et un poids santé!






Tuk-tuk

Plus sérieusement, il est complètement insensé de «stationner» des chevaux sur le pavé pendant des heures au milieu de parcs de voitures. Les calèches doivent disparaître de notre ville polluée au gaz – on pourra les exposer dans un quelconque musée d’horreurs patrimoniales.

«Des véhicules du 18e siècle n’ont pas leur place dans une ville congestionnée du 21e siècle, où il peut survenir divers accidents à tout moment.»
(Anti-calèches defense coalition, ACDC)

Paris, Toronto, Beijing, Londres, Reno, Santa Fe, Las Vegas, Palm Beach et d’autres grandes villes ont enrayé l’industrie des calèches dans les zones urbaines et celle-ci est dénoncée à plusieurs endroits dans le monde. Bogotá et Mumbai ont emboîté le pas en 2012. Israël a banni les calèches des rues et des autoroutes, jugeant cette pratique impitoyable. (Si Beijing et Las Vegas l’ont fait, Montréal devrait être capable...) 


Imaginez une grosse moto rutilante qui démarre subitement dans un vacarme d’enfer à côté d’un cheval. Faudrait-il s’étonner qu’il s’emballe? Ce genre d’incident s’est produit à côté de moi l’autre jour. J’ai sursauté si violemment que j’ai craint une crise cardiaque. Et l’idée que le conducteur allait peut-être s’enrouler autour d’un poteau m’a effleuré l’esprit deux secondes; mais la compassion a pris le dessus... 
    Sommes-nous obligés d’endurer la puanteur, le vacarme et la violence de gens hyper égoïstes et immatures? Non. Les animaux non plus. Je ne comprends pas qu’en 2016 on débatte encore sur la question. Justice comes when enough is enough.
    «Vieux-Montréal. Smog californien, 30°C (35° avec l’humidex). En cette fin d’après-midi, une accumulation de chaleur palpable s’échappe de l’asphalte, les émanations d’oxyde de carbone sont à leur maximum et l’odeur d’essence nous remplit narines et poumons. Des chevaux à moitié morts, en sueur, la langue pendante, vacillent sur leurs sabots mal ferrés, les pattes meurtries, voire sérieusement endommagées, sans parler des flancs usés et abimés par les attelages de bois ou de métal. Du bruit, du bruit, que du bruit, et des œillères pour ne pas paniquer. (...) On expose sans pitié les chevaux, des animaux particulièrement sensibles et peureux, au stress du trafic urbain. Un stress que beaucoup de conducteurs, assis dans leurs autos climatisées, ne sont même pas capables de gérer sans rage au volant!» Article intégral :
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2015/07/les-caleches-en-ville-une-institution.html

Pendant que le cocher est assis à l'ombre, le cheval attend, "stationné" en plein soleil. Ces gars-là prétendent "aimer" leurs chevaux...




Les photos de cet article me scient en deux, me crèvent le cœur, parce que j’aime les chevaux pour ce qu’ils sont, des êtres vivants qui méritent une vie digne; ce ne sont pas des utilitaires ou des commodités touristiques. Je les publie malgré ma répulsion parce que l’ignorance – involontaire ou crasse – me décourage.

Source des photos : https://www.facebook.com/anticalechedefensecoalition/

Citation d’Elizabeth Forel, militante anti-calèches de la ville de New York : «Les chevaux ont toujours été des victimes. On les amène tout bonnement à la guerre, ou on les tue au travail; on les utilise comme des jouets dans les rodéos, dans les courses ou dans l’industrie inhumaine des calèches urbaines.» 
    La congestion dans les rues causée par la surabondance de véhicules motorisés, particulièrement dans le secteur du Vieux-Montréal, engendre des maladies respiratoires chez les chevaux. 
    Les cochers les plus acharnés font le plus d’argent – plus le cheval travaille d’heures, plus il est rentable. 
    Le 30 octobre 2012, selon des témoins, le cheval de calèche, Black Jack, se serait effondré et le cocher lui aurait asséné des coups de pieds alors qu’il était encore à terre. 
    Les chevaux doivent tirer des charges très lourdes pendant de longues heures, car les cochers ne respectent pas la réglementation en vigueur et/ou, celle-ci n’est pas appliquée par la Ville de Montréal. 
    Ces nobles et intelligents animaux méritent une vie meilleure où ils peuvent vivre dans leur environnement naturel. (ACDC)


20 avril 2016 – Collision entre une calèche en mouvement (sans cocher) et une voiture, dans le quartier Griffintown de Montréal. La vidéo montre un cheval blanc heurté par une berline foncée, à l’angle des rues Peel et Wellington. Sous la force de l’impact, la calèche vacille, tandis que les pattes avant du cheval fléchissent. La bête passe bien près de se retrouver au sol, mais parvient tout de même à poursuivre son chemin. (Journal de Montréal)



Septembre 2015 – La jument, Cinderella, a paniqué sur la rue Saint-Paul. En trois semaines au moins trois chevaux ont paniqué dans le Vieux-Montréal. Grâce à Yannick Lachapelle pour la photo et à Audray Metcalfe pour le témoignage, nous pouvons documenter l'incident :
   Aujourd'hui, j'ai été témoin de quelque chose d'horrible qui me hante et m'empêche de dormir ce soir. Peut-être anodin pour vous, mais moi, ça m'a secouée. Alors que j'étais au coin McGill et St-Paul dans le Vieux-Montréal, un cheval s'est fait frapper et renverser alors que son cocher insistait pour le faire tourner sur une lumière ROUGE! J'ai tout vu, et le cheval s'est retrouvé au sol, les 4 pattes en l'air. Je suis sortie de ma voiture à toute vitesse pour lui porter secours. Le cocher n'a rien fait pour le rassurer et ne lui a démontré aucune marque d'affection (normal puisque pour lui ce n'est qu'un objet) quand je lui ai dit poliment que son cheval méritait de prendre un break pour la journée puisqu'il devait avoir mal, il m'a froidement répondu, et je cite : «Pas besoin de break, il va continuer de travailler! Tu vois bien qu'il est maintenant debout?! Alors mêles-toi donc de tes affaires toé!»
   Ensuite il l'a attaché à un poteau pour le laisser moisir là pendant qu'il allait donner de la marde au conducteur.
   Voilà à quoi ressemble le traitement réservé aux chevaux de calèche, en plus d'être dans le trafic entourés de voitures qui klaxonnent, à marcher toute la journée sans eau, nourriture, peu importe la température. Puis ce n'est pas le premier incident du genre en peu de temps. C'est absolument inacceptable qu'on se serve d'eux comme ça, juste pour une tradition débile de touriste. Honte à nous! 
   Faut que ça change, et si vous connaissez des journaux ou médias que ça pourrait intéresser, je me ferai un plaisir de leur raconter la version longue de mon témoignage d'aujourd'hui... parce que là je vous épargne tous les détails qui ont suivi. Partagez svp, faut en parler. La photo est après l'incident, alors que le pauvre attendait encore après son poteau, sans l'attention de personne.

~ Audray Metcalfe (ACDC) 


Juillet 2015– À 17h50 aujourd'hui à l’angle des rues Notre-Dame O. et Peel, j'ai vu quelque chose d'horrible. Ce cheval a glissé sur les plaques de métal, souvent utilisées dans les zones de construction de Montréal. Le pauvre cheval paraissait horrifié, épuisé, et à chaque fois qu'il essayait de se relever, il glissait et retombait. Honnêtement, il ressemblait à Bambi sur la glace.
    Heureusement il y avait quelques bons samaritains et des policiers bienveillants qui essayaient d'aider le cheval mais sans beaucoup de succès. J'ai des questions à poser à Montréal...
1) Pourquoi une calèche à l'heure de pointe, à l'une des intersections les plus achalandées de la ville?
2) il faisait 28 degrés à l'extérieur (34 degrés avec l'humidité). N'est-ce pas considéré comme de la cruauté envers un animal? 
    J'en ai marre de voir ces calèches dans ma ville. 
    Je ne sais pas s’il a été blessé ou non, mais je l’ai vu tomber environ 5 fois avant qu’on commence à évacuer les voitures du bouchon... Il n’était pas du tout en bon état, il était affolé et soufflait très fort. 
    Veuillez transmettre ces photos au maire Coderre et demandez-lui qu’on accorde aux chevaux de Montréal une retraite dans un pâturage, leur habitat naturel.
Envoyez à msg : https://www.facebook.com/denis.coderre

~ Tara Schulz (via eye witness) #notaproudmontrealer (ACDC)

STOPCALECHES

AGISSONS DÈS AUJOURD’HUI POUR FAIRE EN SORTE QUE L’INTERDICTION DES CALÈCHES SOIT PERMANENTE!

Aujourd'hui, le maire de Montréal, Denis Coderre, a interdit pour un an les calèches à Montréal.

Bien que ce soit une bonne première étape, une interdiction permanente est la vraie solution avec un plan d’action pour bannir les calèches que donnerait à la ville de Montréal la chance de travailler avec les propriétaires de chevaux, en collaboration avec la SPCA de Montréal et des sanctuaires pour chevaux, pour placer ceux-ci dans un foyer aimant et leur donner une retraite bien méritée. La SPCA de Montréal possède un large réseau de maisons d’accueil et de sanctuaires pour chevaux, et serait plus qu’enchantée d’aider au placement de ces chevaux de calèche, comme nous avons déjà fait pour certains individus dans le passé : http://www.spca.com/?p=4137&lang=fr

Joignez la SPCA de Montréal en faisant parvenir une lettre au maire afin que l’interdiction des calèches devienne permanente dans notre ville et ainsi, mettre fin à la souffrance ces chevaux! Rendez-vous sur :
http://www.spca-mtlaction.com/caleches/?g=c1&lang=fr  

Ensemble, nous mettrons terme à cette industrie archaïque, cruelle et dangereuse. ‪#‎stopcaleches


À voir : le Domaine équestre ÉquiLibre (France). Un paradis pour les chevaux, sans fers et sans mors, libres, sur plus de mille hectares au coeur des Pyrénées 
http://www.equi-libre.fr  

19 mai 2016

Trudeau Père & Fils – symbolique!

P. E. Trudeau et Justin, 1973 https://twitter.com/PhotosHistos

Cocasse cette photo! Pépé n'a pas l'air de bonne humeur.  

43 ans plus tard...

La bousculade d’hier prouve une fois de plus que les Parlements sont des Centres de la petite enfance (CPE) – institutions consacrées à la garde et à l'éducation de jeunes enfants.

Comme je l’ai déjà suggéré sur ce site, les parlementaires auraient tout intérêt à suivre un cours élémentaire d’intelligence émotionnelle – c’est mieux que la boxe pour négocier... 

On parle d’Intelligence Émotionnelle (ou de Quotient Émotionnel – QE) depuis quelques décennies déjà. Mais, on ne peut pas dire qu’elle fait «fureur», contrairement à l’épidémie de rage universelle. 
    Si j’étais whip j’obligerais tous les députés participant aux assemblées à lire «Zoom sur l’intelligence émotionnelle». (Un whip ou chief whip est le membre d'un parti politique élu au parlement dont le rôle est de s'assurer que les membres du parti soient présents lors des votes à la chambre et qu'ils suivent les consignes données par les chefs du parti.)
    Quand on observe les débats politiques on peut légitimement se demander ce que signifie l’adjectif «civilisé»!

Article intégral :
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2011/03/quotient-emotionnel.html

Un cas pour la DPJ aux Communes? 

Au Québec, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) est constituée du personnel administratif et des «personnes autorisées» qui ont la responsabilité d'appliquer la Loi sur la protection de la jeunesse.

Dans «la Loi sur la protection de la jeunesse»

On entend par :

e) abus physiques :
- lorsque l'enfant court un risque sérieux de subir des sévices corporels ou d'être soumis à des méthodes éducatives déraisonnables de la part de ses parents ou d'une autre personne et que ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation.

f) troubles de comportement sérieux : 
- lorsque l'enfant, de façon grave ou continue, se comporte de manière à porter atteinte à son intégrité physique ou psychologique ou à celle d'autrui et que ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation ou que l'enfant de 14 ans et plus s'y oppose.

À noter que nos lois interdisent la fessée, les gifles, etc.

Un peu d’histoire sur les châtiments corporels :
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/punition/histoire.html .

18 mai 2016

Biocide animal

Abattoirs : être cruel pour être rentable?
Par Isabelle Sorente, écrivaine – 7 avril 2016
Libération.fr  

...Les vidéos de l’association L214 mettent en lumière les cadences infernales de la filière viande. Les employés sont face à un dilemme éthique, sauver ou achever. 
    En moins de six mois, l’association L214 a diffusé trois films tournés dans trois abattoirs qui, malgré leur taille dite humaine, malgré leur qualification «bio», ont été le théâtre d’actes de cruauté envers les animaux. Je garde en mémoire l’image d’un agneau déchiqueté par une machine. L’opérateur arrive trop tard, la bête est coupée en deux, elle bouge encore. Que feriez-vous à sa place? À la place de l’opérateur, tel est le nom qui désigne l’employé de l’abattoir, le nom qui en a remplacé d’autres comme boucher ou saigneur, telle est la terminologie, au XXIe siècle, l’opérateur, c’est l’homme en combinaison qui constate que la machine cisaille l’animal qui vit encore. 
    J’ignore la cadence de travail de l’abattoir de Mauléon-Licharre, mais je connais celle d’une chaîne de découpe d’un abattoir porcin : 900 animaux saignés à l’heure. 15 saignées à la minute. Tel est le rythme imposé à l’opérateur, par la chaîne de découpe et les robots fendeurs. Les machines imposent leur rythme aux ressources humaines, comme aux animaux mis à mort. (...) 
    ...Ce que dissimule cette optimisation, c’est que la souffrance des êtres vivants - celle des animaux comme celle des employés – devient une variable ajustable de l’équation économique. Alors la cruauté? Fonctionnement ou dysfonctionnement? La seule façon de répondre à cette question est de reconstituer l’histoire : Que feriez-vous à sa place? Vous êtes l’opérateur, un agneau coupé en deux tombe à vos pieds, il hurle, vous faites quoi? Vous l’achevez comme vous pouvez? Vous tournez la tête? C’est une histoire sans issue. C’est une histoire tragique. C’est une histoire que les hommes et les femmes qui travaillent dans des élevages industriels connaissent par cœur.

Article intégral :
http://www.liberation.fr/debats/2016/04/07/abattoirs-etre-cruel-pour-etre-rentable_1444674

Derrière les murs – ce que l’industrie ne veut pas qu’on sache : http://www.l214.com/

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Témoignage d’un ex-tueur ayant travaillé dans un abattoir de poulets qui approvisionne Kentucky Fried Chicken (KFC) aux États-Unis.

Dans le crâne d'un tueur
Virgil Butler
Traduit de l'anglais par David Olivier
Article intégral : http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article239

Voici un sujet concret auquel la plupart des gens ne pensent même pas, même ceux qui se battent pour les droits des animaux : comment les personnes dont la tâche est de tuer les poulets sont-elles affectées? C'est que la machine à tuer ne parvient jamais à trancher la gorge de tous ceux qui défilent, surtout de ceux qui n'ont pas été correctement insensibilisés par le bac électrique. Il y a donc un «tueur» dont la tâche consiste à attraper ces poulets de manière à éviter qu'ils soient ébouillantés vivants dans le chaudron. (Évidemment, le tueur ne peut les attraper tous, j'en reparle plus loin.)
     (En lisant ce qui suit, gardez à l'esprit que je travaillais dans le plus petit de tous les abattoirs de Tyson. Ils en ont de bien plus grands qui traitent des centaines de milliers de poulets par nuit. Bien sûr, ils ont aussi plusieurs tueurs; il y a toujours un tueur par chaîne.)

Si les droits des animaux vous intéressent, visitez les libellés «Zoofriendly» et «Végétarisme»

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Suggestions de livres 

Il y a une trentaine d’années, les végétariens étaient abondamment ridiculisés. Quand j’entends les journalistes questionner Aymeric Caron sur la valeur des insectes par rapport à celle aux humains, j’ai envie de sauter au plafond. J’aime bien la réponse qu’il a servie à Marie-Louise Arsenault à l’émission Plus on est de fous, plus on lit (non textuel) : «Pourquoi les gens s’accrochent-ils aux insectes? Pourquoi ne se questionnent-ils pas sur les milliards d’animaux maltraités quotidiennement dans les élevages industriels et les abattoirs par exemple?» Voilà. 



Un passionnant plaidoyer : 

Antispéciste
Aymeric Caron
Éditions Don Quichotte, avril 2016

Présentation de l’éditeur :

Un jour, les animaux auront tous des droits. L’animalisme figure le prochain projet idéologique révolutionnaire, qui réconcilie les hommes avec eux-mêmes et avec leur avenir.
    Certains en possèdent déjà : les animaux de compagnie, les espèces protégées et les animaux d’élevage. Mais les droits que nous leur avons consentis sont minimaux et incohérents. Nous traitons différemment les chiens, que nous considérons comme des membres de la famille, des cochons, réduits au rang d’objets produits en masse et abattus dans d’indignes conditions. Pourtant cochons et chiens possèdent une sensibilité et une intelligence similaires. Comment en sommes-nous venus à les classer dans des catégories si différentes? C’est que nous sommes spécistes.
    Le terme, peu connu en France, fera bientôt partie de notre vocabulaire. À l’instar du racisme et du sexisme, dont il poursuit la logique. Le spécisme consiste à traiter différemment, et sans la moindre raison valable, deux espèces qui présentent les mêmes caractéristiques. Tout comme nous avons longtemps dénié aux femmes les mêmes droits que les hommes. L’affirmation de l’antispécisme sera celle de l’animalisme, un mouvement philosophique qui promeut la nécessité d’accorder des droits à tous les animaux, en raison de leur capacité à souffrir. (...)

http://www.donquichotte-editions.com/donquichotte-editions/Argu.php?ID=125

L’auteur a également publié en 2013 No steak aux éditions Fayard. «Bientôt, nous ne mangerons plus de viande. Nous cesserons définitivement de tuer des êtres vivants – 60 milliards d’animaux chaque année – pour nous nourrir.»



Anthologie d’éthique animale. Apologies des bêtes
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer
Éditions Puf, 2011 

(L’auteur recommande d’acheter son livre à la boutique L214)

Présentation de l’éditeur :

La conduite des hommes à l’égard des animaux fait depuis toujours l’objet d’une évaluation morale par ceux d’entre nous que la souffrance indigne. La philosophie officielle en occident, qui justifie l’exploitation des bêtes pour manger, travailler, expérimenter, nous divertir et nous tenir compagnie, n’a jamais fait l’unanimité. L’éthique animale est l’étude de la responsabilité morale des hommes à l’égard des animaux et cette anthologie est son histoire. Une contre-histoire des animaux, dans laquelle Pythagore, Vinci, Cyrano de Bergerac, Rousseau, Voltaire, Sade, Schopenhauer, Lamartine, Darwin, Wagner, Hugo, Tolstoï, Zola, Gandhi, Russell, Colette, Claudel, Yourcenar, Singer, Lévi-Strauss, Derrida, Houellebecq, Onfray et beaucoup d’autres prennent position sur les droits des animaux, les devoirs de l’homme à leur égard, le végétarisme, la chasse, l’expérimentation, la corrida, les zoos et d’autres questions théoriques et pratiques. Réunissant 180 auteurs, plus de 40 traductions et plusieurs textes inédits, ce livre de référence est la première et la seule anthologie francophone sur le statut moral des animaux. Autres ouvrages et articles de l’auteur : http://www.jbjv.com/-Livres-.html  

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La «glu» dans vos saucisses à hot-dog  

Si seulement les gens savaient ce qu’ils mangent...

L’emballage des saucisses à hot-dog devraient inclure une mise en garde
Par Diane Vukovic (Care2)

Les étiquettent de produits comme les cigarettes et la bière incluent des mises en garde à cause des problèmes de santé qu'ils peuvent causer. Même les produits qui ne sont pas destinés à la consommation, comme les détergents à vaisselle, en ont aussi. Pourtant, des aliments dangereux pour la santé ne comportent aucune mise en garde. Voici pourquoi les saucisses à hot-dog devraient inclure une étiquette de mise en garde.

Les saucisses à hot-dog : de la glu blanche (white slime)

Les résidus de viande déchiquetée mécaniquement (VDM) constituent le principal ingrédient de la plupart des saucisses à hot-dog. On appelle ces déchets organiques «glu blanche» à cause de leur ressemblance à la «glu rose» (1). La VDM est dégueulasse mais la fabrication des saucisses l’est encore plus. On pousse sous haute pression les restes des animaux à travers un tamis. Il en sort une substance pâteuse (glu blanche) qui contient les os, le cartilage, la peau, les nerfs, les vaisseaux sanguins et des débris de chair. À cause de la maladie de la vache folle, transmise par le liquide céphalorachidien qui pénètre les déchets organiques, l'USDA n'autorise pas le déchiquetage mécanique de la viande de boeuf. 
    Ce processus est vraiment dégueulasse. Toutefois, Fooducate souligne que ce n'est pas la seule cause de risques pour la santé. Le problème est que les saucisses ne contiennent que le pire de la viande : des déchets récupérés auxquels on ajoute des agents de conservation et des matières grasses.

(1) La glu rose (pink slime), aussi connue sous les dénominations «lean finely textured beef» (LFTB) et «boneless lean beef trimmings» (BLBT), est un ingrédient de remplissage bon marché à base de bœuf qu’on ajoute à la viande hachée ou aux viandes transformées.



Liens entre saucisses à hot-dog et cancer

Le problème majeur avec les saucisses à hot-dog, et plusieurs autres viandes transformées, est qu’elles contiennent des nitrates. Maintenant, beaucoup d’aliments, y compris certains légumes comme les carottes, contiennent des nitrates. Mais, les nitrates présents dans les saucisses se transforment en nitrosamines lorsqu’ils se combinent à l’amine de la viande. Les nitrosamines sont reconnues pour causer le cancer, notamment du côlon. 
    Quelle est la gravité du risque? Selon EHSO, manger un hot-dog par jour augmente le risque de développer un cancer colorectal de 21 pour cent! Des études ont également démontré que la consommation de viandes transformées augmente le risque de développer un cancer de la prostate, de l'ovaire, et la leucémie infantile.
    Mais qu’en est-il des saucisses étiquetées «sans nitrates ajoutés»? Elles ne sont pas moins dangereuses. Même si l’on n’ajoute pas de nitrates, elles en contiennent naturellement, et celles-ci peuvent se transformer en agents cancérigènes.

Liens entre saucisses à hot-dog et maladies cardiaques

Les maladies cardiaques sont actuellement la principale cause de décès aux États-Unis. Nous savons déjà que manger de la viande, surtout de la viande rouge, est lié aux maladies cardiaques. Cependant, les viandes transformées, comme les saucisses à hot-dog, augmentent les risques de beaucoup. 
    La viande transformée est plus dommageable que la viande non transformée à cause de sa teneur élevée en sodium, nitrates et additifs alimentaires qui affectent le coeur. Une étude publiée par l'American Heart Disease Journal a comparé les effets de la consommation de viande non transformée à celle de viandes transformées. On a constaté que les hommes qui mangeaient plus de viandes  transformés avaient un risque plus élevé d'insuffisance cardiaque (28 %) que ceux qui en mangeaient moins. Pour chaque 50 grammes (un hot-dog) de viande transformée consommée quotidiennement, le risque d'insuffisance cardiaque augmentait de 8 pour cent.

Les saucisses à hot-dog contiennent des antibiotiques

On administre des antibiotiques aux animaux pour leur faire prendre du poids rapidement et les garder en santé dans des usines d’élevage dont les conditions sont déplorables. Il est impérieux de cesser d’inclure des antibiotiques dans la nourriture des animaux car cela contribue à l'augmentation de super bactéries qui résistent aux antibiotiques; ce qui peut constituer une menace pour la santé humaine. Il y a également de plus en plus de preuves que ces antibiotiques ont des effets nocifs directs sur la santé humaine, notamment parce qu’ils favorisent la prise de poids.

Les saucisses à hot-dog contiennent des protéines hydrolysées

Un autre ingrédient commun inclus dans les saucisses à hot-dog est la protéine hydrolysée. Si vous mangez des saucisses à hot-dog végé parce que vous les croyez plus sains, vous serez déçu d’apprendre qu’ils sont souvent fabriqués à partir de protéines hydrolysées ou des ingrédients de mauvaise qualité comme l’isolat de soja (protéines végétales texturées). 
    La protéine hydrolysée est néfaste parce que sa fabrication consiste à la faire bouillir dans une cuve d'acide pendant plusieurs jours, puis à la neutraliser avec de la soude caustique. Le processus décompose les protéines afin qu'elles se transforment en acide glutamique, mieux connu sous l’appellation GMS (glutamate monosodique). Ainsi, sur l'étiquette d’emballage on remplace trompeusement GMS par «protéine hydrolysée».

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Pour une spectaculaire crise cardiaque :

Le Bacon Fest de Sherbrooke (en fin de semaine). Poutine au bacon, saucisses au bacon, bacon-bonbons, sundaes au bacon, bière au bacon, fudges au bacon, biscuits Oréo au bacon, macaroni au fromage enrobé de bacon et bombes de bacon gratinées. Le QUÉBEC BACON FEST offrira un très large éventail de produits décadents à base de porc salé.

Suicidaire. Le cœur me lève juste à lire le menu.


Ça me fait penser au Quadriple Bypass Burger du Heart Attack Grill
https://www.youtube.com/watch?v=d-DDbXh1MYc

Voyez «La civilisation porc/bacon émergeante» :
http://artdanstout.blogspot.ca/2013/07/la-civilisation-porcbacon-emergeante.html

15 mai 2016

L’espoir de DEMAIN



Le documentaire français DEMAIN, diffusé en décembre 2015, sera enfin présenté au Québec le 27 mai dans divers cinémas. (1 million de spectateurs en France...)

Réf. : http://ici.radio-canada.ca/emissions/desautels_le_dimanche/2015-2016/

À propos :

«Nous passons notre temps à faire des films où nous sommes éradiqués par des zombies, des bombes nucléaires, des épidémies, des robots, des extraterrestres, de petits gremlins… Nous adorons ça! Mais où sont les films qui parlent du contraire? Ceux où nous nous rassemblons et où nous résolvons les problèmes? Nous n’en avons pas vraiment… L’être humain est tellement ingénieux, tellement créatif. Nous pourrions faire des choses extraordinaires, mais pour ça nous avons besoin de nous raconter ces histoires. Avoir une vision, raconter une histoire, c’est comme de jeter devant soi un tourbillon qui vous entraîne...» ~ Rob Hopkins

Alors que l’humanité est menacée par l’effondrement des écosystèmes, Cyril, Mélanie, Alexandre, Laurent, Raphaël et Antoine, tous trentenaires, partent explorer le monde en quête de solutions capables de sauver leurs enfants et, à travers eux, la nouvelle génération. A partir des expériences les plus abouties dans tous les domaines agriculture, énergie, habitat, économie, éducation, démocratie..., ils vont tenter de reconstituer le puzzle qui permettra de construire une autre histoire de l’avenir.

http://www.demain-lefilm.com/

Interview : https://www.youtube.com/watch?v=rkXluaB5fSY

Bande annonce

11 mai 2016

«L'écologie faudrait l'enseigner»


Photo : Chris Westwood / The Sun. “Stop destroying my home!”

Vidéo : réalisation, photographie et montage par Ken Webb
Les Ours Blancs (2012), CharlÉlie Couture, album Fort Rêveur



Tant de poussière dans la lumière
Tant de nitrate dans les rivières
Tant de poissons sortis de la mer
Tant de fruits, en hiver
Tant de conteneurs sur le quai
Tant de richesses accumulées
Tant d'opinions manipulées
Tant de charges à supporter

Abondance, à outrance
Trop de tout d'un côté
Pénurie et carence
Trop de rien de l'autre côté
Nous sommes tous, des ours blancs
Nous sommes tous, des ours blancs

Tant de produits fabriqués
Tant d'inventions dépassées
Tant d'animaux empaillés
Tant de gorilles dépecés
Tant de grands arbres abattus
Pâte à papier qu'on ne lit plus
Tant de gâchis dans les poubelles
Tant de caprices existentiels

Abondance, à outrance
Trop de tout d'un côté
Pénurie et carence
Trop de rien de l'autre côté
Nous sommes tous, des ours blancs
Nous sommes tous, des ours blancs

À l'école c'est logique
L'écologie faudrait l'enseigner
Réapprendre la grammaire de l'eau, de l'air ou de la lumière
D'un côté la misère de ceux qui retournent la terre
De l'autre la loi des marchés et d'utopie de l'égalité
Oh les grands mots brandis comme des étendards;
Fraternité, Égalité, Solidarité
Si seulement on pouvait y croire

Abondance, à outrance
Trop de tout d'un côté
Pénurie et carence
Trop de rien de l'autre côté
On préfère le nier
Feindre de l'ignorer
Trop d'excès d'un côté
Et de l'autre pas assez
Nous sommes tous, des ours blancs
Tous, des ours blancs

Note biographique
... Depuis plus de 30 ans, CharlÉlie poursuit une démarche vers ce qu’il définit comme «l’Art Total», attitude globale consistant à trouver des interconnexions entre les formes d’expressions de l’Homme que sont l’Écriture, l’Image et la Musique.

Après l’album ImMortel produit par Benjamin Biolay et sorti en 2014, il part en Louisiane, un rêve qui l’habite depuis longtemps. Il s’installe dans le Bayou, dans le mythique Dockside Studio, et co-produit avec Karim Attoumane un nouvel opus.

Il s’entoure des musiciens de Lafayette, Accordéon, mandoline, fiddle, washboard (le «frottoir»), harmonica («la musique à bouche»), sax, trompette et tuba scandent 13 chansons, en français et en anglais. Zachary Richard, natif du lieu, vient mêler sa voix à celle de CharlÉlie sur deux titres, ainsi que les Lost Bayou Ramblers, sur une reprise de The House of the rising sun.

http://www.charlelie.com/biographie-2/

9 mai 2016

Gâchis à la chaîne

Avant de continuer à déblatérer contre le pétrole, je veux lever mon chapeau aux pompiers, littéralement en enfer – quel travail! Ainsi qu’aux bénévoles qui s’occupent des évacués et des animaux abandonnés.

Lors d’une conférence organisée dans la région de Fort McMurray, à ceux qui lui faisaient valoir l'importance économique des sables bitumineux de l'Alberta, Desmond Tutu avait rétorqué : «Le monde n'existera plus si rien n'est fait au sujet des émissions de gaz à effet de serre.»

«Être inconscient, c’est tout simplement ne pas savoir ce qu’on fait, c’est-à-dire être incapable d’évaluer la portée de ses actes.» ~ Charlotte Joko Beck 

Fort McMurray me fait penser à Disneyworld. Une forteresse. Malheureusement flanquée sur une poudrière, avec en bonus, un dépotoir de déchets radioactifs à moins de dix kilomètres. Invraisemblable. Une seule autoroute (la 63) mène d’Edmonton aux sites d’exploitation – 400 km pour aller au trou, un cul-de-sac en fait. On ne peut blâmer les gens d’avoir été attirés par les «salaires mirobolants» utilisés comme appât par les compagnies. Qui ne souhaite pas s’enrichir à haute vitesse? 


Photo : Jason Franson. Ça prend du jus pour nourrir ces p'tites bêtes-là.

Au sujet du site d’enfouissement des déchets radioactifs, Maude-Émilie Pagé déclarait : «Aucun risque immédiat...». Mais, quelle est la durée de «vie» de l’uranium? (1) L’intégrité physique des cellules d’entreposage a-t-elle une date de péremption? C’est pour quand les risques? Nos pauvres containers feront mauvaise figure dans le temps. 
    Selon le rapport 2013 des Laboratoires nucléaires canadiens, pas moins de 43 282 mètres cubes de «déchets radioactifs de faible activité» sont stockés au dépotoir de Fort McMurray, situé à environ 8,5 km au sud du centre-ville.
    «Selon les informations disponibles, il semble que le site ait été affecté par les feux», confirme Maude-Émilie Pagé, directrice des communications et des rapports gouvernementaux d'EACL. Ces feux, toutefois, «ne posent aucun risque immédiat pour la santé et la sécurité de la population et de l'environnement ». 
    «Il n'y a également pas de préoccupations quant à l'intégrité physique de la cellule [où sont entreposés les déchets]», précise-t-elle. Cette cellule serait située à l'extrémité nord du dépotoir. (ICI Radio-Canada Info) 



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À voir ou revoir : http://ici.tou.tv/fort-mcmoney

Résumé : Après le jeu documentaire Fort McMoney, le film revient à Fort McMurray en Alberta, troisième réserve mondiale de pétrole et trésor de guerre du Canada. Avec une obsession qui traverse la démarche du réalisateur David Dufresne depuis trois ans : la démocratie est-elle soluble dans le pétrole? Film à la première personne, on y croise notamment Jim Rogers, natif de la ville, et candidat malheureux aux dernières élections municipales, qui a vu sa toute petite ville devenir ce qu’elle est aujourd’hui : une vision moderne, noire comme le pétrole, de la ruée vers l’or. Bien plus que la version linéaire de l’expérience web, le film en est sa suite réelle, son miroir, une réflexion sur la démocratie en ruine. (Production : Toxa, ONF, ARTE France,  2014; Pays : Canada; Réalisateur / narrateur : David Dufresne)  

Les propos de Jim Rogers avaient un côté quasi prémonitoire : «Si Dieu revenait ici, il dirait : ‘Mais qu’avez-vous fait de toutes ces richesses? Je vous ai offert tant de cadeaux! Vous ne pouviez pas faire mieux? Bande d’imbéciles! Vous brûlerez en enfer!’» 
    Il poursuivait ainsi : «Le gouvernement, qui dilapide nos ressources, a autorisé les magnats du pétrole à bâtir une zone pétrolière. Tout à coup, l’argent circule et les occasions de s’enrichir arrivent. Ce serait bien si les gens devenaient riches. Mais c’est comme dans la ruée vers l’or, certains meurent en chemin, ou reviennent toxicomanes ou alcooliques – s’ils en reviennent! Et les gens se retrouvent à devoir lutter pour survivre comme dans tous les bidonvilles du monde. Ils achètent des maisons gigantesques au sommet des gisements, faites de panneaux stratifiés en PVC, qui coûtent 500 000, 700 000 ou 900 000 dollars! Parce qu’il faut toujours voir grand à Fort McMurray. C’est la folie des grandeurs! Ils débarquent ici et vivent comme des millionnaires, gros pickups neufs, maisons neuves. Aussitôt que la demande de pétrole connaît un ralentissement, ils ne peuvent plus effectuer leurs paiements et retournent à la banque qui leur a déjà avancé des sommes. C’est comme une gigantesque arnaque. Le coût de la vie est tellement élevé ici qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’être esclaves de l’industrie pétrolière, qui, en retour, les traite... comme des mendiants.»

Dans la même veine : «Voulez-vous savoir?», un article incluant des extraits du livre BRUT, la ruée vers l’or noir, par Melina Laboucan-Massimo, David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein et Rudy Wiebe.
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2015/05/voulez-vous-savoir.html

Autre : un plaidoyer contre la reconstruction de la ville, par un travailleur qui y a vécu. Un portrait dur et sans compromis qui confirme les descriptions du livre BRUT. 
    Ne méprenez pas mes propos, je suis triste pour les gens éprouvés dans cette tragédie, mais je suis de ceux qui croient que ce malheur en cache un autre bien plus important. 
    ...Dernièrement, j’ai entendu des politiciens dire à quel point nous devrions être fiers de Fort McMurray. Non, il y a aucune raison d’être fier de Fort McMurray. Il m’est arrivé souvent de penser que cet endroit allait exploser, être abandonné ou même bruler avec tout ce pétrole qui lui sortait par les oreilles.
https://jfhotte.com/2016/05/08/fort-mcmurray-le-trou-du-cul-du-monde/

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(1) L’uranium est un métal lourd radioactif (émetteur alpha) de période très longue :
44 688 milliards d'années pour l'uranium 238
703,8 millions d'années pour l'uranium 235 
    Les cinq plus gros producteurs au monde sont le Kazakhstan, le Canada, l'Australie, le Niger et la Namibie. 
    L'uranium appauvri, un sous-produit de l'enrichissement de l'uranium, est très prisé pour sa dureté et sa densité. Il est pyrophorique, et employé comme arme antichar dotée d'un fort pouvoir à la fois pénétrant et incendiaire : à très haute vitesse, il perfore aisément les blindages en s'enflammant lors de l'impact, provoquant un incendie qui fait exploser le véhicule touché. 
    La dose létale pour l'homme semble être de quelques grammes; certains estiment que les effets délétères de la radioactivité peuvent exister quelle que soit la dose. 
    Pour la potabilité de l'eau, l'OMS a fixé une teneur maximale de 1,4 mg·l-156, tout en recommandant dans ses lignes directrices une concentration en uranium cent fois plus faible, inférieure à 15 µg/l, pour les eaux de boisson courante.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Uranium

4 mai 2016

L’EAU c’est la VIE



Demandez aux gens des pays en manque d'eau potable ce qu’ils en pensent. On n’en parlera jamais assez puisqu’on semble croire la source intarissable. J’ai écrit cet article la semaine dernière, loin de soupçonner qu’un horrible brasier allait s’emparer de Fort McMurray (Alberta) hier. Je voulais justement proposer un changement de vocation pour les réservoirs et les pipelines – ils pourraient servir à emmagasiner et transporter des réserves d’eau d’Est en Ouest et inversement. Un projet qu'il ne faudrait surtout pas confier à une entreprise exploitée par Nestlé Waters! (1)  

Fou? Pas tant que ça.

D’autant plus que les énormes quantités d'eau servant à l’extraction / exploitation des sables bitumineux pourraient être récupérées pour sauver la vie des gens des provinces de l'Ouest. Des provinces dont le climat est propice aux incendies. Année après année, de grandes superficies sont ravagées. En 2011, lors des feux de forêts, survenus en Alberta je crois, j’ai publié une poignante description de Gabrielle Roy tirée de son roman Rue Deschambault : Le puits de Dunrea. Cela nous montre une fois de plus qu’en définitive nous n’avons aucun pouvoir sur les éléments lorsqu’ils se déchaînent.
    «... En ce temps-là, lui avait raconté papa, le feu de Prairies couvait toujours quelque part en Saskatchewan. Cette province si dépourvue d’eau de pluie, si venteuse, était vraiment la terre de feu. Tant elle était sèche, le soleil tout seul, jouant sur des pailles ou sur un tesson de bouteille, pouvait mettre la prairie en flammes! Et si un courant d’air un peu vif s’élevait alors, aussitôt le feu partait à courir comme le vent lui-même. Et le vent en cette partie du monde était déjà un fou furieux qui couchait les moissons par terre, déracinait les arbres et parfois arrachait leur toit aux bâtiments. Tout démoniaque qu’il fût, il laissait tout de même l’herbe rase au sol, quelque chose de vivant. Mais derrière le feu, il ne restait jamais que des carcasses de petits daims, de lièvres poursuivis par les flammes, rejoints par elles et qui mouraient parfois en pleine course... et longtemps ces carcasses empuantissaient l’air, car, là où le feu avait passé, même les oiseaux de proie se gardaient de venir manger les yeux des bêtes mortes. Ce spectacle était assez fréquent en bien des régions de la Saskatchewan, et le cœur avait peine à supporter une ruine si complète.»

Suite : http://situationplanetaire.blogspot.ca/2011/06/le-feu.html



On peut imaginer un monde sans pétrole puisqu’il n’est pas indispensable à la VIE, et ce serait une bénédiction pour la planète. Mais on ne peut pas imaginer la vie sans EAU potable. L’eau est ce qui différencie la Terre de la désertique planète Mars où il serait impossible de faire pousser quoi que ce soit.

Nestlé Waters prélève les réserves d’eau de source partout sur la planète pour ensuite nous la revendre dans des bouteilles de plastique! Cette pratique existe depuis longtemps dans plusieurs provinces canadiennes. Mais les citoyens s’unissent pour s’y opposer comme en ce moment aux États-Unis – ce fut le cas récemment en Ontario et en Colombie Britannique.

Et, pendant ce temps, nos insensées entreprises pétrolières continuent à promouvoir leurs activités délétères : 
    La présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Françoise Bertrand, fait valoir qu'on ne peut prendre de décision dans le dossier d’Anticosti sans connaître les faits. Elle presse le gouvernement Couillard de permettre à Pétrolia, qui a déjà amorcé des travaux d'exploration à Anticosti, de l'autoriser à mener ces travaux à terme. (...)
    Selon elle, la conjoncture pourrait justifier une exploitation du pétrole en sol québécois, en autant que ce soit dans les meilleures pratiques de développement durable et que ce soit économiquement rentable, surtout que la consommation de pétrole sera nécessaire encore pour plusieurs décennies. «La compagnie Pétrolia attend l'autorisation pour une deuxième phase, donc on espère que ça va pouvoir se faire parce qu'il nous semble que les faits demeureront toujours la meilleure base pour prendre les décisions par la suite.» (...) 
    Bien que le premier ministre Philippe Couillard ait répété à plusieurs reprises qu'il s'oppose à l'exploitation des hydrocarbures sur Anticosti, Mme Bertrand estime que cela ne constitue pas une fin de non-recevoir définitive en soi. (...) «Tout en partageant l'objectif de diminuer l'impact sur les GES, on a encore besoin d'une grande utilisation de pétrole», a-t-elle rappelé. «De penser qu'à l'intérieur de 10 ans, 15 ans, 20 ans même, on pourrait tomber à aucune importation, c'est difficile à imaginer, alors peut-être vaut-il mieux continuer de savoir exactement ce que réserve ce sous-sol.» (La Presse, 30 avril 2016)

Or, une extraction respectueuse de l’environnement, ça n’existe tout simplement pas. Parce que de un, cela requiert d’énormes quantités d’eau, et de deux, cela entraîne une extrême pollution. Alors, forer à l’Île d’Anticosti est totalement irresponsable.

Et, ce que Mme Bertrand ne mentionne pas bien sûr, c’est que le pétrole extrait chez nous, en Alberta ou ailleurs, sera en majeure partie exporté vers d’autres pays.

La guerre pour l’eau potable est identique à celle pour les terres arables. Je ne serais pas étonnée d’apprendre que la Chine possède de substantiels investissements chez Nestlé Waters. L’envahissement se fait en pantoufles, sournoisement camouflé derrière des noms de compagnies dites «locales».

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(1) Exemples d’initiatives citoyennes.

This Land is Our Land (Cette Terre est notre Terre)

Octobre 2015

Tandis que les sécheresses sévissent en Californie, Nestlé Waters – le plus grand embouteilleur d'eau au monde – prélève des millions de gallons d'eau par année dans la Forêt Nationale de San Bernardino. La permission de prélever cette précieuse ressource accordée à Nestlé a expiré en 1988, et le service de gestion forestière aurait dû fermer le robinet à ce moment-là. 

Ce documentaire de quatre minutes explique l'impact des activités de Nestlé sur la forêt, et demande à la compagnie et au gouvernement de s'assurer que cette ressource publique soit protégée pour les générations futures.




Our Water, Our Future (Notre eau, notre futur)
Mars 2016

Cascade Locks (Oregon) est un paradis sur terre – il s'agit d'une petite ville nichée dans l’impressionnante Columbia River Gorge. Quand Nestlé est arrivé en ville en proposant d’embouteiller leur eau, les citoyens ont lancé une offensive à tous azimuts pour protéger leur ressource la plus précieuse. Our Water, Our Future (Notre eau, notre futur) raconte l'histoire de ces militants courageux. Leurs conseils avisés peuvent aider les collectivités qui font face à des prédateurs qui veulent s’emparer de leur eau partout dans le monde.



http://storyofstuff.org/movies/

3 mai 2016

Les causes : égoïsme, cupidité et apathie


Image : Godless Utopia

COMMENT FONCTIONNE LA PRIÈRE

«Merci mon Dieu de m’avoir aidé à trouver mes clés perdues!!»
(En Amérique) 

«Fantastique ça! Je vais annoncer la bonne nouvelle à tous les orphelins!»
(En Syrie) 

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«J'ai longtemps pensé que les pires problèmes environnementaux étaient la perte de la biodiversité, l’effondrement des écosystèmes et le changement climatique. Je pensais qu’avec 30 ans de science valable nous pourrions résoudre ces problèmes. Mais j'avais tort.

Les pires problèmes environnementaux sont l'égoïsme, la cupidité et l'apathie. Et pour les régler il faudrait une transformation spirituelle et culturelle; et nous, les scientifiques, nous ne savons pas comment faire ça.»

~ James Gustave Speth, avocat en droit environnemental et militant

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Photo : ICI Radio-Canada (le 3 mai 2016). Joanne Liu, présidente de MSF, devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Son intervention a lieu alors que ce matin encore, un nouvel hôpital a été touché à Alep, en Syrie, par des tirs d’obus. Au total, quatre hôpitaux du côté rebelle et deux du côté gouvernement ont été durement touchés par les violences qui font rage depuis 10 jours.

Plaidoyer contre l'inhumanité
Agnès Gruda (La Presse, le 3 mai 2016) 

En Syrie, les attaques contre les hôpitaux sont devenues si courantes que pour échapper aux bombes, les médecins pratiquent de plus en plus dans la clandestinité. 
     Les cliniques se déplacent régulièrement pour éviter d'être repérées. Et certains hôpitaux en sont réduits à se réfugier dans des grottes, voire dans des poulaillers, raconte la présidente internationale de Médecins sans frontières, Joanne Liu.
     Cette organisation humanitaire soutenait l'hôpital qui a été bombardé par les forces progouvernementales à Alep, mercredi dernier, à 22 h. L'attaque a fait une cinquantaine de morts, dont Muhammad Wassem Maaz, l'un des derniers pédiatres d'Alep. 
     Elle a aussi détruit de grands pans de cet hôpital qui offrait des soins d'urgence, d'obstétrique et de pédiatrie à des dizaines de milliers d'habitants de cette ville qui vient de replonger dans l'horreur de la guerre, après une brève accalmie.
     Et hier, c'est un autre hôpital d'Alep, largement financé par le Canada, qui a été détruit par des frappes aériennes par les forces alliées au régime.
     «C'est très douloureux de voir mourir des collègues, mais le pire, ce sont les civils qui perdent l'accès aux soins de santé au moment où ils en ont le plus besoin», déplore Joanne Liu, que j'ai rencontrée hier lors de son passage en coup de vent chez elle, à Montréal.
     ... Joanne Liu n'en finit plus de s'insurger contre «les conflits sans limites qui bafouent toutes les règles de la guerre». En Syrie, bien sûr, mais aussi au Yémen, en Afghanistan, au Soudan du Sud...
     ... Au cours de l'année 2015, 75 installations médicales soutenues par MSF ont subi 106 attaques et 12 ont été réduites à néant. La Croix-Rouge a documenté 2400 cas d'attaques contre ses cliniques et hôpitaux entre 2012 et 2014.
     Par définition, les guerres font des dégâts, souligne Joanne Liu. Ce qui la choque surtout, c'est de constater à quel point ces attaques sont devenues banales. Et à quel point elles ne parviennent plus à émouvoir. 
     ... Joanne Liu tient aussi à mettre les points sur les i et le poing sur la table dans un autre dossier : celui de la crise des réfugiés. 
     Ce qu'elle a vu dans l'île de Lesbos l'a profondément révoltée. Tous ces gens euphoriques d'avoir survécu à leur traversée se trouvaient plongés dans un nouveau cauchemar. «Ils étaient traités comme du bétail, ils ne savaient pas où ils étaient ni ce qui les attendait.» 
     ... Les attaques contre les civils et la crise des réfugiés sont un peu les deux faces d'une même médaille : les premières nourrissent la seconde. Elles sont aussi, aux yeux de Joanne Liu, un révélateur de la montée de l'indifférence face aux conflits qui accablent la planète.

Article intégral :
http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/agnes-gruda/201604/30/01-4976768-plaidoyer-contre-linhumanite.php

«Rien ne peut justifier le recours à la violence contre des patients, du personnel médical et des structures de santé. Dans le cadre du Droit international humanitaire, les hôpitaux en zone de conflits sont des espaces protégée», disait Madame Liu après le bombardement délibéré du centre de traumatologie à Kunduz (Afghanistan) en octobre dernier.
http://www.msf.ca/fr/nouvelles-du-terrain

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Boucar Diouf (Photo : La Presse)

Le virage «vert» le mur?
Boucar Diouf (La Presse, le 3 mai 2016)

Nous sommes le vendredi 22 avril 2016. C'est le Jour de la Terre et les chefs d'État de la planète se succèdent pour signer l'accord de Paris sur les changements climatiques. 
   ... Si on ne négocie pas le virage maintenant que les prix du pétrole sont bas, quand va-t-on le faire? Est-il vraiment logique de penser que lorsque l'industrie aura dépensé des sommes astronomiques dans le projet Énergie Est, dont l'objectif premier est d'augmenter de 40 % la production des sables bitumineux, ce sera le temps de parler de ralentissement pendant qu'elle cherche à rentabiliser cet investissement?
   Décupler la production est la seule motivation première de ce projet et la rhétorique argumentaire de sécurité opposant les pipelines et les trains ne tient pas la route. Non seulement le pipeline comporte beaucoup plus de risques pour l'environnement, mais sa mise en marche n'empêchera pas les trains de continuer de charrier du pétrole.
   ... Alors, si le premier ministre choisit clairement d'être pro-pipeline, il faut qu'il arrête de faire croire à la population qu'il a l'environnement à coeur. ... 
   ... Maintenir le statu quo est au virage vert ce que poser le pied sur la pédale de frein est à l'automobiliste qui ne veut pas finir dans le fossé, car il n'y a aucune technologie assez verte à ce jour qui permet d'augmenter de 40 % la production des sables bitumineux tout en réduisant les gaz à effet de serre de façon concomitante.

Article intégral :
http://www.lapresse.ca/debats/nos-collaborateurs/boucar-diouf/201605/02/01-4977279-le-virage-vert-le-mur-.php

1 mai 2016

Travail, pauvreté et faim



À ce qui suit, il faut ajouter les impacts du réchauffement climatique sur la santé des travailleurs notamment dans les pays de chaleur et de froid intenses. Beaucoup de travailleurs en agriculture, dans les minières, les installations pétrochimiques, etc., mettent leurs vies en péril pour des salaires de crève-faim, tant dans les pays riches que les pays émergeants.

Le dernier des bien-portants
Nortin M. Hadler, M.D.
Traduit de l’anglais par Fernand Turcotte, M.D.
Les Presses de l’Université Laval 2008
The last well person: how to stay well despite the health-care system
McGill-Queen’s University Press 2004

(Extraits, p. 181-183; 188-192)

Les risques pour la santé d’un emploi haïssable

Quelques-unes des menaces pesant sur notre bien-être se terrent dans les activités de la vie courante. Il existe des aspects de nos mondes interactifs, de nos écosystèmes, qui peuvent déranger la biologie et contrôler la destinée. Deux menaces particulièrement puissantes ont été reconnues et elles sont beaucoup plus significatives pour la longévité de l’adulte. Ces deux menaces de la vie courante sont liées à des obstacles qui entravent la capacité de gagner son pain. 
   Une vie entièrement passée à vaciller à la limite de la pauvreté est mesquine, souvent décourageante, parfois désespérée et aussi plus courte. Qu’est-ce qui fait qu’un statut socioéconomique (SSE) précaire puisse être aussi malveillant pour le bien-être? Multiples sont les facteurs psychosociaux qui émergent des études portant sur la pauvreté relative. Certains agissent dès la conception, mais la majorité découle de la perte d’estime de soi, voire du ressentiment et de l’hostilité, que provoque la vulnérabilité accompagnant la pauvreté. Quelques-uns sont liés à l’alimentation et à certaines étapes de la vie. Bien des choses restent inconnues, mais il est évident que l’éventail des défis psychosociaux qu’il faut relever chaque jour quand on est pauvre, dont certains peuvent s’avérer insurmontables, pèse plus lourdement sur la santé et la longévité dans le monde «développé» que n’importe quel autre facteur. La persistance de la pauvreté dans les pays qui ne manquent pas de ressources constitue un reproche accablant pour leur système politique et leurs priorités de santé publique. 
   L’emploi ne constitue pas en soi, une protection générique contre la malveillance de la pauvreté. Certaines facettes de la vie des travailleurs modernes rivalisent avec les facteurs psychosociaux de la pauvreté pour compromettre la santé et la durée de la vie. Une esquisse de la situation commence à prendre forme et elle comporte des implications majeures pour la santé du monde. 
   Aimez-vous votre emploi? Vous apprécie-t-on au boulot? Ces deux questions méritent une place prioritaire sur l’agenda collectif et sur la liste des soutiens que la solidarité sociale entend procurer. Elles devraient servir de fondements à une initiative primordiale de santé publique. Répondre par la négative à ces deux questions est associé à la morbidité clinique et influence la longévité même de ceux qui pourraient, s’ils le souhaitaient, changer d’emploi. Par contre, pour un nombre grandissant de travailleurs, l’option de la mobilité en emploi n’existe même pas sinon pour aboutir à des emplois encore plus odieux. Particulièrement pour les travailleurs plus âgés qui ont commencé leur carrière en comptant sur une sécurité d’emploi, l’insécurité actuelle du marché du travail est éprouvante. 
   ... Pour aggraver les défis survenant dans ses relations et au travail, il convient d’ajouter les fluctuations de l’humeur, les malaises musculosquelettiques intermittents, les céphalées occasionnelles, les symptômes respiratoires épisodiques et la détresse physique récurrente. Pour être bien portant et se sentir invincible, il faut disposer des ressources personnelles requises pour faire face à tous ces défis, qu’ils soient physiques ou psychosociaux. ... Dans la culture occidentale, toute perte de bien-être et toute autre forme de détresse doivent s’exprimer dans un langage de souffrance physique plutôt que de détresse psychologique. On a vu que le seul fait d’évoquer la possibilité qu’un facteur d’origine psychosociale puisse exacerber une incapacité est anathème et analogue à l’accusation infâme : «c’est dans la tête!».  De sorte qu’on doit s’accommoder de la conclusion que le motif pour lequel on ne peut plus faire face aux difficultés est lié à l’intensité de la souffrance physique. Il arrive que ce soit vrai, mais ce sont le plus souvent les défis psychosociaux, non les défis physiques, qui sont les premiers responsables. Au travail, la méprise portant sur les causes somatiques des troubles musculosquelettiques régionaux a déréglé l’agenda de la santé et de la sécurité depuis plus de 60 ans. 
   Les troubles locomoteurs causent la plus grande partie de l’incapacité au travail de longue durée. La lombalgie rivalise avec la douleur du bras pour être le principal fléau affligeant les travailleurs de l’Occident. Parce que les mouvements exacerbent les symptômes, le monde industriel contemporain tend à attribuer toute incapacité à travailler, au contenu en activité physique des tâches d’un emploi. Il n’en a pas toujours été ainsi. La compréhension du mécanisme ayant suscité cette évolution est essentielle pour voir comment les problèmes locomoteurs en disent long sur la qualité de la vie au travail et, par extension, sur les menaces pour la santé et la durée de la vie qui surgissent quand cette qualité est compromise.

Les dangers inhérents à un mauvais contexte psychosocial de travail

La recherche de pointe en épidémiologie s’affaire à trouver une meilleure définition du «contexte psychosocial». C’est un défi presque aussi redoutable que celui de déterminer les facteurs psychosociaux qu’on peut associer à la pauvreté. Certaines caractéristiques qui émergent d’études réalisées en milieu de travail comprennent des aspects du «stress» lié à l’emploi, de la «tension», de la «charge allostatique» et des «fluctuations» de motivation.  Ces mesures échantillonnent des fonctions psychosociales complexes comme la satisfaction au travail, l’autonomie au poste de travail, la motivation et autres. D’une manière générale, les associations montrées par les variables «psychosociales» sont faibles, voire inconstantes. Il s’en trouve même plusieurs qui sont dépourvues de sens. Cette variabilité ne diminue en rien leurs implications; travailler dans un contexte psychosocial hostile compromet la capacité de surmonter le prochain épisode de souffrance musculosquelettique et constitue une menace pour la longévité. [...] 
   La période contemporaine est riche en exemples de situations où l’hostilité du contexte peut toucher une entreprise, sinon une industrie. Les menaces liées aux réorganisations, le recours à la sous-traitance, quand ce ne sont pas les menaces de faillite, empoisonnent le climat d’entreprises où des travailleurs se trouvent plongés dans un contexte vicié par l’insécurité et les griefs personnels. Les effets néfastes de ces contextes pour la santé sont considérables. [...] 
   Une solution humaniste ne saurait se trouver dans la réglementation. Elle est sise dans l’éducation de toute la société à propos de l’importance du contexte psychosocial du travail et de la valorisation des travailleurs, plus particulièrement de ceux qui, pour être dotés d’un talent inné, sont capables d’aider leurs collègues à affronter correctement le stress. Ces leaders qui ont du cœur sont inestimables. L’atelier contemporain a les moyens d’aider ceux qui ne sont pas toujours en mesure d’améliorer par eux-mêmes leur estime de soi, leur attitude à faire face aux difficultés et la protection de leur longévité. 
   Cet idéal ne peut pas se réaliser tant que les constructions sociales de la blessure, du «c’est dans la tête» et du capital humain n’auront pas été reléguées aux oubliettes. [...] Une solution devient possible quand on connaît la dynamique d’un milieu de travail et qu’on peut reconnaître des ressources capables d’aider à l’instar de ce qu’on fait tous dans sa vie privée. La communauté se doit de brider tout comportement traitant le capital humain comme s’il était remplaçable.

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L’organisation criminelle de la faim

«Couper les vivres et toutes formes de subsistance économique aux pauvres devient un moyen de les pousser coûte que coûte au travail.» ~Joseph Townsend, représentant britannique (1786).

Dans son essai, Olivier Assouly, professeur de philosophie en France, s'intéresse à cette stratégie terrifiante que les nazis portèrent à un niveau inédit pendant la Deuxième Guerre mondiale dans les camps de concentration. Aujourd'hui, d'autres pratiques continuent d'assujettir les populations en prenant en otage le fait alimentaire.

Entretien avec Michel Desautels (19 janvier 2014; 11 min.) :
http://ici.radio-canada.ca/emissions/desautels_le_dimanche/2013-2014/chronique.asp?idChronique=325851

L'organisation criminelle de la faim
Olivier ASSOULY
Actes Sud Sciences humaines
Hors collection
Octobre 2013

Présentation de l’éditeur :

Si la faim est une arme qui n’a cessé d’être utilisée en temps de guerre pour faire plier l’ennemi, les nazis portèrent à un niveau inédit de criminalité l’organisation de la faim au sein de leurs camps de concentration. 
   Dès lors que, le 15 décembre 1942, Himmler eut, pour optimiser les performances des déportés, préconisé de gratifier ceux-ci d’une nourriture plus “saine”, les nazis s’employèrent à une évaluation scientifique de la résistance physique des détenus, au calcul vétilleux des calories et des rations alimentaires au nom d’un ordre biologique supérieur impliquant la transformation des victimes en “sous-hommes” exploitables à merci puis “retraités” au titre écologique de déchets organiques. 
   Aussi terrifiante et scandaleuse qu’en aient été les manifestations sous le joug nazi, pareille économie exterminatrice n’était cependant pas totalement inédite au regard de l’instrumentalisation de la faim orchestrée, à la fin du XVIIIe siècle, par l’avènement d’une ère industrielle contraignant des populations entières à travailler en usine pour échapper à l’inanition. 
   Bien que les temps aient changé, d’autres pratiques continuent d’assujettir les populations en prenant en otage le fait alimentaire. Comment, en effet, ne pas s’interroger sur l’industrie agroalimentaire qui favorise une libéralisation croissante aux fins d’une criminelle mise sous tutelle économique du vivant et des denrées planétaires, érigeant ainsi l’appétit en un redoutable instrument politique de domination?

http://www.actes-sud.fr/contributeurs/assouly-olivier-0