29 décembre 2011

Silence, ça tourne


La femme de cette lame sourit presque imperceptiblement. En fait, elle est en train d’observer le spectacle mental. Elle ne juge pas, n’apprécie ni ne déprécie rien. Elle n’essaie pas d’arrêter la film qui se déroule dans sa tête; elle ne s’y identifie pas non plus. Elle regarde comme s’il s’agissait du trafic sur la route ou de vaguelettes à la surface du lac. Les cabrioles de son mental ont même quelque chose d’amusant, avec leurs sauts et leurs contorsions, leurs volte-face et leurs tentatives pour capter son attention et l’entraîner dans leur jeu.

Développer l’habilité de prendre une distance par rapport à l’agitation cérébrale est une des plus grandes bénédictions possibles. C’est cela, la méditation. Non pas psamoldier un mantra ou répéter une  affirmation, mais se contenter d’observer comme si les mouvements cérébraux appartenaient à quelqu’un d’autre.

Vous êtes actuellement prêt à prendre ce recul et à contempler la scène sans vous laisser piéger. Accordez-vous la liberté simple de regarder en vous-même chaque fois que vous en avez le loisir. Votre capacité de méditer grandira et s’approfondira.

Le regard intérieur n’est pas un renversement, le retournement de quelque chose. Le regard intérieur signifie simplement prendre conscience du fait que vous vous êtes sans cesse laissé aiguillonner par des désirs successifs, que vous avez couru dans tous les sens et que chaque tentative s’est soldée par la frustration. C’est se rendre compte que chaque désir génère la souffrance, que jamais il n’aboutit à la plénitude, que vous n’êtes toujours nulle part et que de cette manière le contentement est impossible. Quand cette vérité vous sautera aux yeux, vous vous arrêterez. Cet arrêt ne pourra pas être le résultat d’un certain effort, car refuser de vous leurrer reste encore, subtilement, un désir : vous êtes attaché au détachement.

Si vous essayez de tourner votre regard vers l’intérieur, vous êtes encore en train de vous concentrer sur ce qui n’est pas la vérité profonde. Toutes vos tentatives ne peuvent que vous orienter vers les objets de votre conscience et vous éloigner de cette dernière qui est le sujet.

Les mouvements sont invariablement extravertis. Le voyage intérieur n’existe pas. Comment pourriez-vous avancer vers votre centre conscient? Il a toujours été là, c’est ce que vous êtes. Quand tout mouvement s’arrête, la pérégrination disparaît. Lorsque le désir n’obnubile plus votre esprit, vous demeurez en vous-même, en repos. La découverte de votre nature profonde éternellement présente est ce qu’on appelle tourner le regard vers l’intérieur. Cela veut simplement dire ne plus tendre vers l’extérieur.

TAROT ZEN 
Éditions du Gange  

COMMENTAIRE

La technique d’observation de notre tournis mental peut se pratiquer lorsque nous sommes en présence de gens qui parlent tous en même temps; ce qui est souvent le cas durant les partys des fêtes. Une façon de prendre du recul et de passer au travers sans se retrouver complètement étourdis…

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