10 octobre 2017

Barcelone / Madrid : un divorce à l’amiable est-il possible?

Mise à jour : Agence France Presse, Barcelone – Pris entre deux feux, le président séparatiste catalan Carles Puigdemont a renoncé mardi soir à déclarer immédiatement l'indépendance, évoquant une «suspension» en vue d'un dialogue et semant la confusion sur ses intentions. «Le gouvernement de Catalogne et moi-même proposons de suspendre les effets de la déclaration d'indépendance», a déclaré Carles Puigdemont, sans fixer de délai, lors d'une allocution historique au Parlement, placé sous haute sécurité. 

Je salue la sagesse du président Carles Puigdemont, qui a choisi de ne pas offrir ses concitoyens en pâture aux chars d’assaut des conquistadors espagnols, ni de les soumettre aux austérités des requins de la finance internationale. Il leur évite peut-être des austérités et des humiliations comme celles que la Grèce a connues... 

Et je reprends la dernière phrase de la citation de Victor Hugo à la fin de cet article : 
«Mon garçon, les carrosses existent. Le lord est dedans, le peuple est sous la roue, le sage se range. Mets-toi de côté et laisse passer.» 

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L’autre jour, une dame d’origine catalane qui vit au Québec disait que la situation entre l’Espagne et la Catalogne ressemblait à un divorce. En effet. Beaucoup de gens utilisent cette comparaison.  

«La plupart de mes problèmes n’ont pas de solution, ou bien les solutions sont pires que les problèmes eux-mêmes.» ~ Ashleigh Brilliant

Des gens brandissent des drapeaux de l'Espagne lors d'une manifestation contre l'indépendance, à Barcelone (7/8 octobre). Photo : Reuters / Eric Gaillard

Divorcer à l’amiable requiert une bonne dose de maturité et de bonne volonté chez les deux partenaires. Chacun est prêt à mettre de l’eau dans son vin. Les couples qui choisissent l’option «divorce conjoint» entretiennent généralement d’excellents rapports après le divorce.
   Tristement, c’est la foire d’empoigne quand les partenaires n’arrivent pas à s’entendre sur divers points de règlement. Si les enjeux financiers sont importants, les conflits risquent de s’envenimer dramatiquement. Certains conjoints refusent toute médiation et négociation. Même si, au Canada, 90 % des causes de divorce finissent par se régler «à l’amiable», c’est au bout de longues et déchirantes négociations et de substantiels frais de justice.
   Est-ce que le divorce signifie appauvrissement systématique? Il semble que non. Certaines personnes sont plus à l’aise financièrement une fois divorcées d’un partenaire dépensier ou radin.

Poursuivons la comparaison.

En droit canadien, il existe deux formes de divorce à l’amiable.   

Le divorce conjoint – Le divorce conjoint est un divorce à deux. Les conjoint demandent le divorce ensemble avec la même paperasse. Ils sont donc codemandeurs du divorce. Les conjoints doivent s'entendre sur toutes les conséquences de leur divorce. Il ne doit y avoir aucun point de discorde entre les conjoints. Le motif du divorce doit être la séparation pour plus d'un an; l'adultère et la cruauté physique et mentale ne peuvent pas être invoqués. L’avocat ou le notaire qui rédigera la paperasse doit conseiller les deux conjoints et ne peut pas favoriser la position de l'un au détriment de celle de l'autre.

– Option impossible entre la Catalogne et l’Espagne.

Le divorce sur consentement – Les conjoints ne sont pas obligés de demander le divorce ensemble, même s'ils s'entendent. Autrement dit, les conjoint peuvent divorcer à l'amiable, mais ils le font séparément. Un des conjoints peut invoquer l'adultère, ou la cruauté physique ou mentale comme motif de divorce. Les conjoints peuvent consigner les points sur lesquels ils sont d'accord dans une entente écrite qu'ils signeront. Cette entente peut aussi s'appeler «projet d'accord» ou «consentement». L'entente pourra faire partie du jugement de divorce.

– Aucun projet d’accord puisque l’Espagne refuse toute médiation et négociation.

Toujours selon la loi canadienne...  

Les motifs du divorce – Les motifs pour divorcer sont les mêmes pour les deux conjoints. Au Canada, les conjoints sont égaux. Un conjoint n'a pas besoin d'obtenir l'accord de l'autre pour divorcer. L'un ou l'autre peut invoquer un des trois motifs de divorce reconnus par la loi : la séparation de fait depuis un an, l'adultère, la cruauté physique ou mentale.

Motif de divorce #3 : La cruauté physique ou mentale  
On parle de cruauté physique lorsqu'un des partenaires s'en prend physiquement à l'autre. Par exemple : frapper ou blesser.
   On parle de cruauté mentale lorsqu'un des partenaires fait souffrir l'autre autrement que par des agressions physiques. Par exemple : harceler, insulter, mépriser, humilier, menacer le partenaire ou sa famille.
   Les actes de cruauté doivent rendre intolérable la cohabitation avec l'autre. Seul le partenaire victime peut utiliser le motif de cruauté physique ou mentale pour demander le divorce. Si le partenaire victime a pardonné la cruauté de son conjoint, il ne pourra plus s'en servir comme motif de divorce.

Le gouvernement espagnol a utilisé la violence physique et psychologique et porté atteinte aux droits fondamentaux de la personne, notamment celui de voter. Ces seuls motifs seraient en soi suffisants pour demander le divorce. Au Canada, la violence conjugale ne requiert pas la séparation de fait (légale) d’un an pour demander le divorce.

Durant l’ère franquiste, certaines classes sociales – les grands propriétaires terriens, la haute bourgeoisie industrielle et financière et une partie des classes moyennes – régnaient dans les coulisses. Rien n’a changé. La Catalogne compte parmi les régions très prospères d’Espagne en raison de ses échanges commerciaux avec le marché européen. Pensez-vous que Madrid la répudierait? Le chantage local et international n’a pas tardé, les intérêts financiers étant au-dessus de tout.

La liberté est un oiseau 

«Faisant fi du verdict des urnes, [en 2015] la «nouvelle Rome», le triumvirat constitué du Fonds monétaire international, de la Commission européenne et de la Banque de la commission européenne, n’a pas hésité à imposer aux Grecs sa loi à coups de pied au cul. Un an et demi plus tard, devant une situation beaucoup plus troublante, l’écho des bottes de la guardia civil rappelant les heures sombres du fascisme espagnol, pas de semonces, pas d’ultimatum, pas d’obligation de redresser la barre. Une admonestation du bout des lèvres de la part de la Commission européenne encourageant «tous les acteurs à passer de la confrontation au dialogue». Un point c’est tout. [...]
   L’histoire des 40 dernières années est l’histoire du ratatinement de l’espace politique au profit de l’espace économique. L’ère n’est plus aux grandes idéologies, que ce soit les utopies de gauche ou les projets totalitaires de droite. Les problèmes de l’heure sont presque tous des questions d’argent : la corruption, les inégalités sociales (huit hommes possèdent aujourd’hui autant que la moitié de la population mondiale), le culte des ressources énergétiques massacrant toujours un peu plus l’environnement. Un autocrate comme Donald Trump, un dirigeant qui tous les jours piétine les principes démocratiques, ne serait jamais parvenu au pouvoir sans cette déification du monde des affaires dont il est la pathétique incarnation.
   Le temps serait-il venu d’inverser nos valeurs? Comme nous le rappelle le drame catalan, la liberté est chose bien plus fragile que le prix de l’or. Sans une vigilance de chaque instant, sans réitérer que c’est la capacité de chacun d’entre nous de contrôler son destin qui rend la vie belle, et une société forte, elle aussi peut s’envoler.»

~ Francine Pelletier, chroniqueuse hebdomadaire au journal Le Devoir

La faille dans le cerveau humain 

«Mais à quoi et à qui profite la croissance? Aux gens qui gèrent ou possèdent les banques, aux fonds spéculatifs, aux compagnies minières, aux sociétés de publicité, aux lobbies d’entreprises, aux fabricants d'armes, aux agences immobilières, aux gérants de portefeuilles et de paradis fiscaux. Un marketing très intense et omniprésent, équivalant au lavage de cerveau, veut nous amener à considérer le système comme nécessaire et souhaitable. Un système qui menace notre sécurité, nous rétrécit et nous appauvrit, mais qu’on nous présente comme la seule solution possible à tous nos problèmes. Il n'y a pas d'alternative – nous devons gravir la falaise. Quiconque remet le système en question est ignoré ou vilipendé.
   Qui sont les bénéficiaires? Eh bien, ce sont aussi les plus grands consommateurs dont la façon d’utiliser leur spectaculaire fortune a des impacts des milliers de fois plus grands que celui de la plupart des gens. Une grande partie du monde naturel est détruit afin que les très riches puissent monter sur leurs yachts en bois d'acajou, manger des sushi au thon rouge, saupoudrer de la corne de rhinocéros sur leurs plats, atterrir en jets privés dans des aérodromes construits sur des terres de grande valeur; ils consomment en un jour la quantité de carburant fossile que les citoyens moyens consomment globalement en un an.
   Voilà comment le Grand Sablage Mondial fait son chemin, détruisant les réserves de la Terre, dérobant tout ce qui est distinct et inusité (tant dans les cultures humaines que dans la nature), faisant de nous des automates remplaçables au sein d’une main-d’oeuvre globale homogène, transformant inexorablement les richesses du monde naturel en une monoculture indifférenciée.
   N'est-il pas temps de crier STOP? D’utiliser notre extraordinaire savoir-faire et notre expertise pour changer la façon dont nous nous organisons? N’est-il pas temps de contester et d’inverser les tendances qui ont gouverné notre relation à cette planète vivante depuis des milliers d’années, et dont nous sommes en train de détruire les dernières caractéristiques à une vitesse ahurissante? N'est-il pas temps de contester la croissance illimitée sur une planète limitée? Si ce n'est pas maintenant, ce sera quand?

~ George Monbiot 
The Kink in the Human Brain, The Guardian | October 2, 2014
www.monbiot.com 

Citation du jour

«J'ai vu un jour un hippopotame marcher sur une taupinière; il écrasait tout; il était innocent. Il ne savait pas qu'il y eut des taupes, ce gros bonasse de mastodonte.
Mon cher, les taupes qu'on écrase, c'est le genre humain.

L’écrasement est une loi. Et crois-tu que la taupe elle-même n'écrase rien? Elle est le mastodonte du ciron, qui est le mastodonte du volvoce.

Mon garçon, les carrosses existent. Le lord est dedans, le peuple est sous la roue, le sage se range. Mets-toi de côté et laisse passer.»  

~ Victor Hugo

8 octobre 2017

Les États-Unis en déroute

Une question me taraude à chaque tuerie : comment les Américains font-ils pour vivre dans une société aussi paranoïaque où les gens peuvent tuer ou se faire tuer à tout moment sous n’importe quel prétexte? On dirait un bar ouvert «all you can kill». Las Vegas a été le théâtre de la 273e tuerie de masse au 275e jour de l’année 2017 (Gun Violence Archive 2017). Selon la définition du FBI, une tuerie de masse, perpétrée par un ou plusieurs individus, consiste à tuer quatre personnes et plus dans un laps de temps très court, dans un seul endroit. 


Il y a longtemps que je n’ai pas mis les pieds aux États-Unis, et je n’ai pas l’intention d’y retourner de sitôt... pas envie de me retrouver au mauvais resto au mauvais moment. Suggestion d’articles sur la santé mentale de Donald Trump et les armes à feu (1).

Route 666
Par Serge Bouchard


Cet été, je ne suis pas allé aux États-Unis. C’est pourtant chez moi une vieille habitude. Depuis 50 ans, j’ai tellement roulé ma bosse au sud de la frontière que j’ai fini par avoir la gueule d’un «chauffeur US», la silhouette de ces camionneurs québécois qui s’enivrent d’interstates et de truck stops, promenant leur belle machine entre Sainte-Foy et Santa Fe. Cent fois je suis parti, 100 fois je me suis plongé dans l’histoire de tous ces lieux, heureux comme un enfant qui en apprend toujours un peu plus, un site historique à la fois. Je crois bien avoir roulé dans tous les espaces américains, de la magnifique Chicago jusqu’à Flagstaff, de Tallahassee jusqu’à Anchorage, de El Paso à Omaha, de Charlottesville jusqu’à Bâton Rouge. À chacun de mes voyages, je me suis étonné de tous les paysages et me suis nourri à tous les récits. Mais à l’aube de ma vieillesse, force est d’admettre que l’Amérique de Trump sera venue à bout de mon émerveillement. Si j’ai évité les routes américaines cet été, ce n’est pas à cause de la valeur de notre dollar. C’est que, soudainement, elles avaient perdu de leur charme, comme si elles menaient toutes à des culs-de-sac.

L’élection de cet étrange personnage qu’est Donald Trump nous apparaît encore et encore telle une mauvaise surprise. Comment les Américains ont-ils pu tomber si bas ?

Depuis des mois, nous allons de farces en étonnements divers. L’imbécile a pollué la planète politique, déshonorant son pays, un jour après l’autre. Mais le pire, ce sont les effets pervers de ses messages. Les paroles irresponsables de Donald Trump ont fini par libérer la Bête. Elles ont laissé refleurir la théorie d’un grand complot. Le reste coule de source. Néonazisme, suprématie blanche, fascisme extrême, clan, Meute, chevalier de la patrie, le sol, le sang, le mythe, la croisade; les mots veulent dire quelque chose et, à la fin, ils en disent plus qu’ils ne le voudraient. C’est comme si la pensée et les images s’emballaient, allant jusqu’à donner aux mots des résonnances que l’on doit qualifier d’effrayantes. La croix de feu, la croix gammée, les emblèmes mortifères; toutes ces expressions finissent par avoir un uniforme, une couleur, le noir de l’intimidation, la tête de la mort.

Rien ne se perd, tout se recycle, de la vieille photo d’Hitler jusqu’à son infâme svastika, et jusqu’aux peurs qu’il n’a jamais cessé de créer. Il faut se pincer pour réaliser que, aux États-Unis, le KKK enfile encore son costume pathétique, qu’il recrute des membres et reprend du service. Ils ne sont peut-être pas nombreux, ces misérables, ou peut-être le sont-ils; il n’empêche que ce poison est si virulent qu’un seul scorpion est un scorpion de trop. Le mal n’était pas mort, il était simplement tapi, comme une bactérie qui vit à la surface de notre peau en attendant l’heure de pénétrer dans notre corps pour mieux l’envahir en profondeur. Inflammation, douleur, prolifération, contagion, le discours haineux du raciste ordinaire est comme du pus qui s’écoule de l’abcès. Ce pus, c’est la bêtise pure; une bêtise qui suinte, qui fait son chemin en suivant la pente des pires penchants humains.

Non, cet été, j’ai évité les grandes routes américaines comme on se tient à distance d’un foyer d’infection. Je n’aurais pas vu de la même manière ces camions sudistes roulant sur les autoroutes, arborant fièrement le drapeau des confédérés. J’aurais vu d’un mauvais œil ces monuments élevant sur un piédestal des individus abjects. J’aurais été mal à l’aise de simplement séjourner dans cet air empoisonné par tant d’insanités ordinaires.

Il a été dit que la vraie démocratie repose sur une bonne éducation des citoyens. Or, il est là l’échec; il est là, l’abcès. Le président des États-Unis personnifie l’esprit simple; il glorifie l’ignorance. Donald Trump est un être mal élevé; il est l’illustration parfaite de l’inculture. Il ne lit pas; il n’a jamais lu. Ignare, il est le champion de tous ceux qui ne connaissent pas leur géographie, leur propre histoire; des gens qui méprisent les principes élémentaires de la morale, de la philosophie, de la science et qui ne savent rien de ce que cela veut dire, être un humain.

Il s’en faudrait de peu pour que la route 66, légendaire et inspirante, soit rebaptisée la route 666 – eh oui, le chiffre du diable. Bien goudronnée, sulfureuse, elle deviendrait officiellement la grande avenue des défilés fascistes. Imaginez l’effet, monsieur Trump : les casques de fer, le bruit des bottes, la boucane noire des moteurs brûlants… Comme quoi les temps changent rapidement; le climat aussi qui échauffe jusqu’aux mauvais esprits.

Notes de terrain | 05/10/2017 http://quebecscience.qc.ca/accueil  

Serge Bouchard est anthropologue, écrivain et animateur à la radio; il anime avec Jean-Philippe Pleau (sociologue) l’émission C’est fou... diffusée sur ICI Radio-Canada Première. http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/C-est-fou

Citation du jour

 Mr. Fish / Truthdig

«La réalité est prise d'assaut. La confusion verbale règne. La vérité et l'illusion ont fusionné. Ce chaos mental nous empêche de comprendre ce qui se passe. Nous nous sentons piégés dans une galerie de miroirs. On répond aux mensonges par d'autres mensonges. On riposte au rationnel par l'irrationnel. La dissonance cognitive prévaut. Nous ressentons une honte inquiétante et même de la culpabilité.

Des dizaines de millions d'Américains, en particulier les femmes, les travailleurs sans papiers, les musulmans et les afro-américains, vivent l'anxiété aiguë d’être poursuivis par un prédateur. Tout ceci est une tactique. Les démagogues infectent toujours les gouvernés avec leur propre psychose.»

~ Chris Hedges (‘American Psychosis’, January 30, 2017)

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(1) Compléments.

Worried About Trump’s Mental Stability? The Worst Is Yet to Come.

Mehdi Hasan
The Intercept | October 7, 2017

Is Donald Trump psychologically unstable and unfit for office? Does the president of the United States have a dangerous mental illness of some shape or form?

Ask the experts.

In a new book published this week, “The Dangerous Case of Donald Trump,” a group of 27 psychiatrists and mental health experts warn that “anyone as mentally unstable as this man should not be entrusted with the life-and-death-powers of the presidency.” Seemingly in defiance of the American Psychiatric Association’s “Goldwater rule,” which states “it is unethical for a psychiatrist to offer a professional opinion [on a public figure] unless he or she has conducted an examination and has been granted proper authorization for such a statement,” the various and very eminent contributors paint a picture of a president who has “proven himself unfit for duty.”

“The Dangerous Case Of Donald Trump” was conceived of and edited by Professor Bandy Lee, a forensic psychiatrist on the faculty of Yale School of Medicine, who writes of her profession’s moral and civic “duty to warn” the American public about the threat posed by their volatile, erratic and thin-skinned president.



A Sick Country Filled With Guns

Jeremy Scahill
The Intercept | October 7, 2017

We live in a sick country. A country where it’s legal for someone to purchase 30 assault weapons and unlimited ammunition, weapons that really only have one purpose: to hunt and kill other human beings. A country where a cabal of high-powered lobbyists, bought-off politicians, and gun manufacturers profits off of massacres, where the meaning of the Second Amendment has been twisted so intensely that it no longer matters why it was written or what it was actually intended for.

None of what most politicians and TV pundits offer up in the aftermath of these killings is going to do anything to solve the real issue: We are a nation filled to the brim with guns, including assault weapons that are actually meant for assaulting people. Not for hunting. Not for sport, unless your sport is murder.


Las Vegas Terrorist Attack: Every Outing Is A Roll Of The Dice

Linda Sharp
Don’t Get Me Started | October 2, 2017

These days, we have seen repeatedly that no place is safe, no outing is less of a gamble than another. Concert, movie night, company party, school classroom, boring day at the office, worshipping in church – guns, and the creatures firing them, have stolen innocent lives everywhere.


Yes, this country and all her cheerleaders who have their asses in knots about sports players kneeling during the anthem; all the Bible huggers and churchgoers who insist we are a Christian nation; all those patriots who cry about disrespecting the flag; all the idiots I see defending the overt bigotry and negligence of the man they installed in the White House – have empty souls. There is rhetoric aplenty, but no real humanity attached to it. We have "patriots" who have no idea what is even contained in the Constitution. And we have gun owners who willingly ignore the body counts, rationalizing them away just so no one comes near their personal cache of weapons.


‘We will keep coming back:’ Richard Spencer leads another torchlight march in Charlottesville

Susan Svrluga
Washington Post | October 7, 2016

Richard Spencer, who in August led white nationalists and white supremacists in a torchlight march across the University of Virginia campus that touched off a weekend of deadly clashes, returned Saturday night to Charlottesville.

Spencer, a white nationalist, posted video on social media of followers carrying torches to the statue of Robert E. Lee, which the city has sought to remove.

7 octobre 2017

Les mots pour ne pas dire

Un recueil de toutes les phrases insignifiantes de nos politiciens serait probablement aussi épais que le Petit Robert de la langue française.

Mes cellules grises s’agitent quand j’entends «croissance économique»; «créer de la richesse» (au bénéfice de qui?!); «fleuron de l’économie»; «créer de la valeur» (pour les actionnaires); «création d’emplois»; «retombées à long terme»; «nous allons consulter la population» (bien sûr, bien sûr). (1)   


À l’émission Plus on est de fous, plus on lit, Jean-Philippe Cipriani s’est attaqué à la langue de bois.

«Nous, on dit les vraies affaires», quand ce cliché apparaît, c'est une certitude que les vraies affaires ne seront pas dites», estime le journaliste et chroniqueur qui se fait un devoir de dénoncer la langue de bois que pratiquent certains politiciens. Dans cette chronique, il expose les pires clichés entendus dans les conférences de presse et dans les annonces gouvernementales. Une orgie de clichés, de formules toutes faites, du début à la fin.

Cassette VHS
Jean-Philippe Cipriani a rebondi sur l’affaire Mélanie Joly / Netflix, qui a généré beaucoup de réactions, principalement négatives, cette semaine. «Je ne veux pas accabler Mélanie Joly [de reproches]. On a amplement parlé de sa cassette. Elle n’est que le produit d’un système politique gangrené par les relations publiques.»

Vendre une idée
Le journaliste croit que l’univers de la publicité, du marketing et de la vente a contaminé le discours des politiciens. «Quand un ministre fait une annonce, quand il présente un document, ce n’est pas un vulgaire rapport. Il présente un plan, une vision, une stratégie, une plateforme et il aura une ligne directrice. Toutes sortes d’appellations d’origine vraiment pas contrôlées qui sont censées donner une singularité à l’affaire, alors que d’un document à l’autre, ça se vaut souvent», explique-t-il.
   Des gens sont payés très cher pour accoucher de phrases creuses, qui n’ont aucun sens et ne veulent rien dire, mais qui viennent étoffer des mesures qui tiendraient en quelques lignes.

Quelques exemples de phrases creuses :
– «Le document traduit notre nouvelle vision». Traduit en quelle langue? On ne sait pas trop.
– «Cette approche mise sur nos succès». A-t-on déjà vu une approche qui mise sur les échecs? J’en doute, ironise le journaliste. L’approche va toujours être ambitieuse, moderne, prospective – «on va de l’avant avec confiance», «on place la barre haute».
– «Nous allons disposer d’outils stratégiques susceptibles d’appuyer nos industries.»
– «Une feuille de route pour négocier le virage qui s’amorce et pour appréhender notre économie créative selon une optique pangouvernementale.»
– «Garder le cap.»  
– «Se reconnecter avec les objectifs poursuivis.»
– «Oser dire la vérité.»

Audiofil (très drôle) :

Ça me fait penser au jargon œnologique – la personnification a bien meilleur goût. On attribue donc aux vins des traits de caractère tels que aimable, généreux, nerveux, noble, vigoureux; et des défauts tels que acerbe, fatigué, bourru. Quant aux arômes, les associations sont étonnantes : une pointe de beurre frais, pierre à fusil (!), foin coupé, iode, tabac, etc. Le vin goûte-t-il parfois le raisin?!
                                                            
Revenons aux formules usinées des écuries de sport parlementaire.

Une candidate à la mairie de la ville de Longueuil : «Nous ne bloquerons pas de projets. C’est porteur pour la population et ça va nous permettre d’avancer.»
Correction : «Le 6 novembre, moi je suis fonctionnelle, moi je suis prête à travailler. Il n'y aura pas de retard, il n'y aura pas d'arrêt, il n'y aura pas de ralentissement. C'est porteur pour la population, parce qu'on va pouvoir avancer beaucoup plus vite.» 
-- Sylvie Parent, chef d'Action Longueuil et candidate à la mairie 
   Oui, téléportation à la Star Trek garantie!

Quelques citations mémorables de Justin Trudeau :

«Le Canada fait dur en ce moment parce que c’est des Albertains qui contrôlent notre agenda communautaire et socio-démocratique.» (Novembre 2010) 
   Il a chaussé ses bottes de cowboy peu après son élection.

«Le registre des armes d’épaule tel qu’il était fut un échec, et je n’ai pas l’intention de le ressusciter. Je n’ai pas l’impression qu’il y a une contradiction entre le fait de garder nos villes sécuritaires tout en permettant cette facette importante de l’identité canadienne qu’est la possession d’une arme à feu.» (Décembre 2012)
   Tout comme il n’y a pas de contradiction entre augmenter la production de pétrole de schiste et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Tout le monde sait ça, voyons.

«J'ai un certain niveau d'admiration pour la Chine, parce que leur dictature leur permet de faire un virage économique soudain.» (Novembre 2013)
   Sortons nos baguettes et notre bol de riz au formaldéhyde.  

«Mes amis, nous avons battu la peur avec l’espoir. Nous avons battu le cynisme avec le travail acharné. Nous avons battu la politique négative avec une vision rassembleuse et positive.» (Discours de la victoire, 2015)

Un western de troisième ordre

L’ouest à la conquête de l’est : scénario inversé.

Le premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall a démissionné en août 2017. Mais ce virulent climatosceptique défend toujours agressivement l’exploitation les merdiques sables bitumineux. Retour au «Quebec bashing», à la péréquation, et au blâme contre les Québécois qui se sont opposés au projet Énergie Est de TransCanada.
   Même après le déversement de 250 000 litres de pétrole (Husky Oil) dans la rivière Saskatchewan (Prince Albert) en juillet 2016, il prétendait qu'un oléoduc serait sans risque pour le fleuve Saint-Laurent. Dans un tweet, il avait aussi déjà invité les Québécois à rembourser poliment leur part des 10 milliards de dollars en péréquation qu'ils reçoivent des provinces de l'Ouest. Il avait déclaré sur Facebook que c’était une «journée triste» quand une province, qui profite de sa position au pays, se montre aussi «bornée» en rejetant un projet avantageux pour l'ensemble du Canada.
   Le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta est l'un des plus polluants au monde, selon un classement de l'Institut de recherche ARC Energy, de Calgary. «Certaines sortes de pétrole peuvent produire quatre fois plus de gaz à effet de serre que d’autres sortes», a déclaré Jackie Forrest, directrice de recherche à l’Institut. Le document précise que sur 75 sources de pétrole dans le monde, celui extrait des sables bitumineux albertains arrive en troisième position des plus polluants. (Octobre 2017)  
  
La question à plusieurs millions de dollars : que feront les Albertains et les Saskatchewannais quand ils n’auront plus d’eau potable à la suite de désastres environnementaux dus à l’exploitation du pétrole de schiste? Le Québec leur fournira-t-il de l’eau potable «en vertu de la péréquation»? L’arroseur arrosé...


Pipeline Énergie Est : la logique d'affaires l'emporte
Alexandre Shields | Le Devoir, 6 octobre 2017

La décision d’abandonner le pipeline Énergie Est a été motivée essentiellement par l’inutilité du projet, et non en raison de l’opposition de plus en plus vive à TransCanada ou des nouvelles règles imposées pour l’évaluation environnementale fédérale. Cette situation ne change d’ailleurs rien au fait que la production de pétrole des sables bitumineux continuera de croître au cours des prochaines années.
   «Ce projet de pipeline n’était plus nécessaire, résume Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal. L’abandon du projet n’est pas une victoire du mouvement écologiste. Et ce n’est pas non plus en raison des exigences de l’évaluation environnementale de l’Office national de l’énergie, même si c’est ce que dit TransCanada.»
   Concrètement, le projet Énergie Est a été développé en prévision d’une croissance de la production des sables bitumineux «trop optimiste» qui n’est tout simplement plus au rendez-vous, explique M. Pineau.  [...]

Quel que soit le vrai motif du désistement de TransCanada, l’industrie pétrolière a de nombreux projets en réserve. Il faudra continuer de protester, notamment contre la Loi 106 sur les hydrocarbures, adoptée en décembre en 2016 – le gouvernement Couillard avait imposé le bâillon pour forcer l’adoption du volumineux projet de loi de quelques centaines d’articles. La porte est grande ouverte au forage sous les rivières, les lacs, le fleuve Saint-Laurent, et l’on n’écarte pas l’utilisation de fracturation hydraulique avec des produits chimiques.

Aucune retombée économique ne peut compenser le saccage d’une province. Nous avons le droit de refuser de cochonner le pays davantage.


«La seule manière de m'en tirer vis-à-vis de l'industriel c'est de lui brandir la bannière étoilée du scandale. On a les humbles avec du fric, les bourgeois avec des honneurs, les riches avec des menaces de déshonneur.» ~ Frédéric Dard / San Antonio

Dans la veine pétrolière :
Fort McMoney : suite/conclusion 
Le Québec à vau-pétrole

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(1) Le pétrole souffre, le marché est déçu : pourrions-nous appeler ça de l’économorphisme?

L’économiste Ianik Marcil a consacré un ouvrage entier au jargon économique et politique contemporain qui sert à masquer la réalité et la complexité des phénomènes sociaux.
   «‘Assurer une plus grande transparence de sa gestion’. Que signifie ce terme, réellement? Strictement rien. Il s’agit d’un terme autoréférentiel qui tourne à vide.  Il est probablement le degré ultime de l’enfumage politico-économique.» (p. 125)  
   «Qui à part les économistes patentés, comprend une telle phrase : ‘les gaz à effet de serre produisent des externalités négatives qu’on peut diminuer par un arrangement institutionnel de mise aux enchères de droits de polluer’?» (p. 8)
   «Jadis citoyennes et citoyens, ou tout simplement humains, la femme et l’homme contemporains occupent des rôles compartimentés qui entrent souvent en conflit entre eux, limitant ainsi l’emprise que nous devrions avoir sur notre destinée. On leu accole une étiquette selon le rôle fonctionnel et utilitaire qu’ils peuvent avoir en société, éclatant ainsi l’unicité de leur humanité.
   Graduellement, le citoyen est devenu un contribuable, ou un payeur de taxes dans son appellation la moins jolie mais la plus parlante. Nous payons, donc nous sommes en droit de recevoir des services en échange, comme dans tout échange marchand. Nous ne participons plus, à l’aide de nos taxes et de nos impôts, mais nous sommes transformés par ce discours en clients. De la même manière, il n’y a plus de malades ni même de patientes et de patients dans les hôpitaux, mais des clients voire des consommateurs. [...] Sont considérés sur le même plan les étudiants et quiconque utilise un service de l’État. L’essentiel n’est pas de déterminer à quel point ces relations sont marchandisées, mais plutôt de montrer que le discours invoque un vocabulaire marchand. [...] Ce vocabulaire redéfinit en profondeur les relations sociales et même la perception que nous avons de notre rôle dans la société. Si je me considère comme un payeur de taxes et comme un client de l’État, je ne perçois plus ce dernier comme une institution collective visant à défendre le bien commun, la solidarité et l’universalité, mais comme une banale organisation fournissant des services à l’instar d’une entreprise privée. [...] Les médecins, qui ont des siècles durant développé leur art en entretenant une relation humaine avec leurs patients de manière autonome, sont maintenant des entrepreneurs en concurrence les uns avec les autres, dont la profession est dès lors enchâssée dans un système technocratique et marchand. Le citoyen réduit à la fonction d’utilisateur-payeur s’exclut du social et du corps politique.» (p. 75-76)

Sites de l’auteur :

Quelques extraits du livre Les passagers clandestins, Métaphores et trompe-l’œil de l’économie; Ianik Marcil; Éditions Somme toute, 2016 :


5 octobre 2017

Goodbye Énergie Est

Nous ne pleurerons pas, sinon de joie!

Mais, évitons de nous réjouir trop vite. Les compagnies vont sûrement contrattaquer car les propriétaires ne pensent qu’en signes de $$$. Le Mamba noir du Canada pourrait se faufiler entre les obstacles... la Ligne 9 d’Enbridge et beaucoup d’autres projets d’oléoducs attendent dans les cartons (1). Sans parler des forages de Pétrolia en Gaspésie que M. Couillard vient de bénir.

[...] «C'est une victoire de la société civile, québécoise d'abord, mais il ne faut pas oublier que dans d'autres provinces, notamment l'Ontario et le Manitoba, les gens étaient contre aussi», a commenté au cours d'une entrevue André Bélisle, président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique.
   À ses yeux, cette annonce constitue un tournant important. Il espère tout de même une réflexion plus large sur l'exploitation du pétrole provenant des sables bitumineux et ses effets sur le climat et l'eau potable.
   De son côté, Patrick Bonin, de Greenpeace, rappelle que les intervenants étaient nombreux à s'opposer au projet, dont les Premières Nations, des comités de citoyens, des municipalités, en plus des groupes écologistes. L'acceptabilité sociale du projet faisait défaut, a-t-il affirmé.
   M. Bonin n'est guère surpris de cet abandon, car il estime que le projet d'oléoduc était devenu illogique, après l'adoption de l'Accord de Paris sur les changements climatiques.
   «Ce sont des milliers d'emplois en génie civil et en construction industrielle qui ne verront pas le jour au Québec, sans compter les millions de dollars d'investissement et plus de 10 milliards de revenus fiscaux à oublier», a critiqué le président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce, Stéphane Forget.
(La Presse, 5 octobre 2017)

Concernant les pertes d’emplois : rien ne se perd, des compétences en génie civil et en construction, c’est recyclable! Un transfert d’emplois dans le développement durable est faisable. Imitons le Vermont!

Humains, réveillez-vous! Regardez au-delà de l’illusion.

Un journaliste à l’émission Midi Info (ICI Radio-Canada Première) disait que les oléoducs étaient plus sécuritaires que tous les autres moyens de transport. Avant de dire pareilles sottises, il devrait consulter les statistiques de fuites et déversements de pétrole via les oléoducs au Canada et aux-États-Unis... Le gaz et le pétrole, ça fuit de partout. Et les détecteurs électroniques des compagnies sont inefficaces; généralement ce sont des fermiers et des villageois qui découvrent les dégâts.


Le 28 juin 2017 – De l’émulsion de pétrole brut fuyait d’un oléoduc propriété de Journey Energy. La découverte permit d’identifier  une autre fuite provenant du même oléoduc. Cette fuite imposante d'une quantité inconnue se déversait dans un milieu aquatique.
   Milieu aquatique (ruisseau) au sud de la ville de Winfield, à environ 80 kilomètres au sud-ouest d’Edmonton. Province de l’Alberta. Canada
   Le ruisseau pollué était habité par des poissons et sert à boire à d’autres animaux.
   Calgary Sun: Crude oil spills from central Alberta pipeline

Le 11 septembre 2017 – Des centaines de fuites et déversements d’hydrocarbures de toutes sortes se sont répandus dans les rues des villes touchées par l’ouragan Harvey. Entre le 23 août et le 3 septembre 2017, temps de durée de l’ouragan, il y a eu 96 rapports et ce n’est que la pointe de l’iceberg selon Ilan Levin, du groupe Environmental Integrity Project. L’eau circulant dans les rues contenait des bactéries et des produits toxiques dont des hydrocarbures. Pour ne prendre qu’un seul cas médiatisé : Kindermorgan a rapporté une fuite de 500 barils le 27 août 2017.
   Est de l'État du Texas. Plusieurs comtés incluant la ville de Houston. États-Unis.
   La porte-parole de l’EPA, Terri White explique qu’il est impossible d’avoir même un estimé de la quantité de déversements de produits chimiques et de leur nature. 
   Il est évident que la situation s'est répétée pour les autres ouragans depuis Harvey.
   RT Media: Feds working on dozens of chemical spills in Texas

Des véhicules stationnés dans une mixture d’eau d’inondation et de résidus d’hydrocarbures dans le stationnement de Motiva Entreprises; à Port Arthur au Texas le 31 août 2017

1 litre d'hydrocarbures pollue 1 million de litres d'eau
Tous les rapports de 1965 à 2017 (partout dans le monde) :

Imitons l’Écosse! La mobilisation citoyenne, ça marche!

The Scottish government has banned fracking after a consultation found overwhelming public opposition and little economic justification for the industry.

Hydrocarbures: l'Écosse va interdire la fracturation hydraulique
AFP/Archives / DON EMMERT Le gouvernement écossais a annoncé mardi qu'il allait faire interdire la technique de la fracturation hydraulique pour exploiter le gaz et le pétrole de schiste
   Le gouvernement écossais a annoncé mardi qu'il allait faire interdire la technique de la fracturation hydraulique pour exploiter le gaz et le pétrole de schiste, évoquant le respect de l'environnement et l'opposition des riverains.
   «Nous avons écrit aujourd'hui aux autorités locales à travers l’Écosse pour leur signifier que le moratoire resterait en place indéfiniment», a expliqué Paul Wheelhouse, le ministre de l’Énergie du gouvernement régional devant le Parlement d’Édimbourg. «Cette décision que j'annonce signifie que la fracturation hydraulique ne peut avoir lieu et qu'elle n'aura pas lieu en Écosse», a-t-il ajouté.


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(1) Résumé du cas Énergie Est

L’oléoduc Énergie Est devait parcourir 4 400 km et transporter 1,1 million de barils de pétrole par jour des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’au port de Saint John (NB) d’où le pétrole aurait été exporté. La compagnie avait aussi prévu de construire un port pétrolier à Cacouna dans le Bas-Saint-Laurent. Ce projet d’oléoduc, le plus important du genre en Amérique du Nord, aurait entrainé une hausse dramatique des émissions de gaz à effet de serre au pays.

En 2014, une pétition «Non aux sables bitumineux» avait circulé pour demander le rejet du projet Oléoduc Énergie Est de la compagnie TransCanada. Entre autres, pour les raisons suivantes.
           
Rien à gagner, tout à perdre!

Le projet Énergie Est de TransCanada
– ne génèrerait pas d’économie pour les citoyens(nes) : La démonstration a été faite qu’Énergie Est n'entrainera pas une diminution des prix à la pompe. Ce sont plutôt les compagnies pétrolières qui empocheront les profits supplémentaires.
– est largement destiné aux marchés extérieurs : Un faible 7% répondrait à la demande en pétrole des Québécois(es) contre 70-90 % pour l’étranger.
– compromettrait la sécurité des Québécois(es) : Les risques de déversement sont importants; le nombre de fuites dans les pipelines au Canada a triplé depuis 10 ans.
– priverait en eau des millions de personnes : Sur une base quotidienne, l’exploitation des sables bitumeux nécessite l’équivalent en eau d’une ville comme Montréal. En cas de déversement, c’est l’approvisionnement en eau de millions de personnes qui sera compromis.
– aggraverait sérieusement la crise climatique : L’exploitation des sables bitumineux est l’une des industries les plus polluantes sur la planète. Elle représente la source d’émissions de gaz à effet de serre qui connaît la croissance la plus rapide au Canada. – À lui seul, le projet Oléoduc Énergie Est engendrerait l’émission supplémentaire de 30 à 32 millions de tonnes de GES par année (soit l’équivalent d’ajouter 7 millions de voitures sur nos routes).

La Ligne 9 d’Enbridge mettrait en péril :
– L’eau potable de millions d’habitants de la région métropolitaine de Montréal, en traversant la rivière des Outaouais près de sa confluence avec le fleuve Saint-Laurent
– Certaines des meilleures terres agricoles et autres localités rurales du Québec
– D’autres cours d’eau d’importance tels que la rivière des Mille-Îles et la rivière des Prairies
– L’environnement, la santé et la sécurité en zones urbaines. Par exemple, le pipeline traverse plusieurs quartiers résidentiels densément peuplés au nord de Montréal et de la grande région de Toronto…
– En plus d’avoir déjà causé des torts irréparables au niveau du climat, de l’économie, des droits humains et de l’environnement.

Malgré les obstacles et un lobby pétrolier fort et puissant, nous avons ensemble le pouvoir de bâtir un avenir meilleur.

4 octobre 2017

Intègres, ouverts et transparents...

À l’émission Plus on est de fous, plus on lit, l’écrivain Patrick Senécal se disait choqué de l’attitude arrogante des politiciens (prenant en exemple la position de la ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly dans l’affaire Netflix. «On dit souvent que les politiciens sont des imbéciles, euh... je dirais plutôt qu’ils nous prennent pour des imbéciles; ils nous méprisent.»

Netflix dispose sûrement de lobbyistes extrêmement efficaces puisque Mme Joly, en dépit de sa formation en communication et en droit, a privilégié cette plateforme au détriment de nos propres chaînes de diffusion. Un méchant straight punch. Rien contre les échanges internationaux, mais à la condition qu’ils soient équitables; et c’est rarement le cas.

Un de mes amis, lui-même avocat, disait de la profession : «Pourquoi appelle-t-on ça le Droit? Il n’y a rien de plus croche que le milieu juridique!»

Bref, je ne suis plus capable d’entendre nos élus se déclarer intègres, ouverts et transparents... On pourrait se moquer de leurs mystifications (on n’a même pas besoin de détecteur de mensonges!) si les conséquences n’étaient pas graves sinon catastrophiques.

«Je crois que tout politicien qui arrive au pouvoir en partie grâce à son talent d’orateur et de polémiste, qui sait gérer les questions dans les conférences de presse et jouit d’une image télé et radio impeccable, a des atouts pour être un menteur-né. Que les politiciens choisissent ou non de mentir, ils ont les capacités pour le faire. Bien sûr, il y a d’autres voies pour parvenir au pouvoir. Les talents impliqués dans la tromperie ne sont pas indispensables à un dirigeant qui parvient au pouvoir grâce à ses talents de bureaucrate, ou par héritage, ou en battant ses rivaux par des manœuvres privées.
   Le talent oratoire – la faculté de dissimuler ou feindre les paroles avec les expressions et les gestes appropriés – n’est pas nécessaire tant que le menteur n’a pas à discuter avec sa cible ni à se trouver en face d’elle. Les cibles peuvent être trompées par écrit*, par des intermédiaires, des communiqués de presse, etc. Cependant, toute forme de mensonge échoue si le menteur ne possède pas des compétences de stratège et est incapable de planifier ses actions et celles de sa cible. Je présume que tous les dirigeants politiques doivent être des stratèges rusés et réfléchis, mais que seuls certains possèdent les talents oratoires qui leur permettent de mentir au nez de leurs proies.» ~ Paul Ekman (Je sais que vous mentez)

* Ah Twitter, quel merveilleux outil...

 Donald Trump et Justin Trudeau. On sent une belle complicité...  

L’Accolade 
Esther Granek

Ne s’aimant pas,
pourtant voyez :
Par-devant toute l’assemblée
attentive et si éduquée,
l’accolade ils vont se donner,
en chaleureux gestes de bras,
en face-à-face de coeurs glacés,
en relents de hargnes rentrées.
Applaudissez!

Réflexions à ma façon, 1978

Image : Christina Bernazzani. Un homme plongé dans un dépotoir se bouche le nez avec de l'argent.

Les Courtisans
Esther Granek

Ça se faufile à pas glissants,
Les courtisans.
Ça vous parle si humblement.
Ça s’interpose à tout moment.
À tout moment, les courtisans,
Ça se faufile à pas glissants.

Ça sourit d’un air compassé,
Les courtisans.
Tête penchée, le cou rentré
Et la bouche en cul-de-poulet.
Cul-de-poulet, les courtisans.
Ça rit d’un ton acidulé.

Ils ont la face du moment,
Les courtisans.
Quand face est noire, pile sera blanc
Ou le contraire, commodément.
Commodément, les courtisans,
Ils ont la face du moment.

C’est si pur et c’est si décent,
Les courtisans.
C’est bien parfois un peu changeant.
Côté jardin, ça fait manant.
Ça fait manant, les courtisans.
Mais côté cour, c’est l’adjudant.

Car ça sait aussi péter sec,
Les courtisans.
Ça change de manières en cinq sec.
De cette façon, y’a pas d’échec.
Y’a pas d’échec, les courtisans.
Car ça sait aussi péter sec.

Ça se faufile à pas glissants...

Portraits et chansons sans retouches, 1976


Parlant de courtisans :
PL56 – loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme, en 3 minutes (2015)
Via : AmiEs de la Terre de Québec http://atquebec.org/ 



Nous ne pouvons pas compter sur les décideurs politiques / législatifs à la merci des grandes industries qui refusent tout changement de cap. Nous subissons leurs dictats depuis des décennies. Ce qui nous renvoie donc à nos choix individuels en tant que consommateurs. Nous sommes de plus en plus nombreux à modifier notre style de vie et notre mode de consommation, sachant que c’est la seule façon de limiter le gaspillage, le remplissage des dépotoirs de déchets industriels et résidentiels. Le gouvernement canadien a repoussé l’atteinte de ses objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre à 2030... Chic!  
  
90 entreprises sont responsables de 50 % du réchauffement climatique
8 septembre 2017

L’ONG américaine Union of Concerned Scientists (UCS) a publié jeudi 7 septembre au soir dans le journal scientifique Climatic Change une nouvelle étude montrant que 90 entreprises sont responsables de près de 50 % de la hausse des températures et d’environ 30 % de l’élévation du niveau des mers observées depuis l’ère préindustrielle.
Ainsi, selon UCS, les 90 principales entreprises productrices de pétrole, gaz, charbon et ciment sont responsables de 57 % de la hausse de la concentration atmosphérique en CO2, de près de 50 % de la hausse de la température moyenne mondiale, et d’autour de 30 % de la hausse du niveau moyen des mers observées depuis 1880. Parmi ces 90 entreprises, les 50 entreprises privées, dont Exxon, Chevron, Shell BP et Total, sont responsables de 16 % de la hausse de la température et 11 % de la montée des mers.
Cette étude prolonge celle publiée en 2014 par Richard Heede du Climate Accountability Institute, qui avait montré que ces mêmes 90 entreprises étaient responsables d’environ 63 % des émissions cumulées de CO2 entre 1854 et 2010.
   «Nous savions depuis longtemps que les énergies fossiles sont le principal contributeur au changement climatique. Maintenant, nous savons aussi dans quelle mesure les produits de telle ou telle compagnie ont fait monter les températures et le niveau des mers», souligne Brenda Ekwurzel, auteure principale du rapport et directrice des sciences du climat de Union of Concerned Scientists. L’UCS estime que ces compagnies devraient prendre en charge une partie des coûts gigantesques liés aux impacts du changement climatique et aux investissements nécessaires pour l’adaptation au réchauffement à venir.

Source : courriel de l’European Climate Foundation à Reporterre

2 octobre 2017

Des fleurs de laurier pour les Catalans!


J’admire leur courage, leur détermination tranquille, leur sang-froid, leur sérénité et leur maîtrise de soi devant les hyènes qui les attaquaient sauvagement. Voilà peut-être la vraie victoire car, spontanément, ce genre de brutalité gratuite réveille le tueur virtuel qui sommeille en chacun de nous...

La Cueva de Las Manos; Santa Cruz, Argentina. Nous ne sommes pas encore sortis de l'âge des cavernes... 

Nous avançons dans la vie avec des mains rougies de criminel. Le déluge de notre mort les blanchira.

Il faut que le noir s'accentue pour que la première étoile apparaisse.

~ Christian Bobin (L'homme-joie, 2012)

Alpha Canis Majoris  

Comme disait mon bien-aimé Mark Twain :

La guerre n’est rien d’autre qu’un massacre d’étrangers envers qui vous ne ressentez aucune animosité personnelle; des étrangers qu’en d'autres circonstances vous aideriez s’ils avaient des problèmes et qui vous porteraient secours si vous en aviez besoin.  
~ "The Private History of the Campaign That Failed"

Les hommes d’État inventeront de faux prétextes et blâmeront la nation assiégée; et chacun apaisera sa conscience avec ces faussetés, les étudiera diligemment et refusera d'examiner toute contestation. Ainsi l’on se convaincra bientôt que la guerre est justifiable, et l’on remerciera Dieu de nous laisser dormir en paix grâce à ce grotesque processus d’aveuglement.  
~ "Chronicle of Young Satan" 

Ma liberté
Sonia Hamiti

J’use de ma liberté
Quand je décide de m’en aller
J’écrirai mon destin
Sans jamais le graver dans l’airain
J’aime ma liberté
Quand je choisis de changer
Je soignerai mieux mon âme
J’éviterai ainsi les drames
Je jouis de ma liberté
À chaque instant de la journée
Je veux me battre pour le bonheur
Pour sentir encore battre mon cœur
Je suis ma liberté
Quand je me dois de renoncer
Je me donne beaucoup plus de valeur
De quoi ai-je si peur?

1 octobre 2017

La Catalogne n’est pas une carpette


Non, la Catalogne n'est pas une carpette sur laquelle Madrid peut marcher pour un oui ou pour un non.

Empêcher les gens de voter est-il constitutionnel, légal et démocratique? Lors de sa conférence de presse Mariano Rajoy (une réincarnation de Franco peut-être...) disait : «Il n’y a pas eu de référendum aujourd’hui en Catalogne». Totalement dans le déni le Monsieur...

Le ministre catalan des Affaires internationales, Raul Romeva, a annoncé que le gouvernement régional allait s'adresser au Parlement européen en accusant l'administration Rajoy d'avoir violé la charte des droits de l'homme.

Le gouvernement espagnol s’est déshonoré devant le monde entier.


Grâce à Internet, on peut voir les vraies couleurs de l’État espagnol. Les images diffusées resteront à jamais dans la mémoire collective.  

La Guardia Civil (police nationale espagnole) s’est montrée extrêmement violente envers les électeurs pourtant pacifiques et non armés. Les images de répression montrant des civils de tous âges frappés, matraqués, jetés violemment par terre, recevoir des balles de caoutchouc, ont fait le tour du web. Les forces policières ont même attaqué les pompiers catalans qui protégeaient les civils. Dans la vidéo d’Ultimas Noticias, on en voit un sauter à pieds joints sur un électeur qui a chuté en bas d’un escalier, ainsi qu’un pauvre homme jeté au sol et son chien qui s’affole à ses côtés.

Des policiers barbares qui se comportaient comme des picadors à une corrida.

On a recensé 900 personnes qui ont reçus des soins médicaux à la suite des violences.

Je pense que personne n’avait envisagé un tel déploiement de brutalité policière.


Synthèse de la journée :
ÚLTIMAS NOTICIAS - Referéndum 1- 0, La Jornada En Directo - Cataluña


«Je pense que Madrid a perdu à ce jeu parce que la répression, c’est une arme à deux tranchants», estime Anne-Marie Pilote, observatrice internationale accréditée par l’Association des municipalités indépendantes de Catalogne. «Ça peut inspirer la peur et paralyser l’action, ou encore susciter l’indignation et accroître la détermination et la combativité, et c’est vraiment ce qui s’est passé.» L’observatrice québécoise admet que la nuit précédente avait été difficile, en raison du passage incessant des hélicoptères des forces espagnoles, qui braquaient leurs projecteurs sur les bâtiments protégés par la population où les bureaux de vote avaient été aménagés. (ICI Radio-Canada Info)