22 janvier 2015

Le monde en déroute

Tableau : Jon Braley, 2010

Réflexions du jour

J’ai trouvé les propos de ce journaliste très équilibrés, d’autant plus que c’était presqu’à chaud, au lendemain de l'attentat.

[Extrait, transcription maison] 

(...) «C’est pas vrai qu’après tous ces siècles d’émancipation culturelle, politique, sociale, après toutes ces luttes pour libérer la parole et la pensée on va une seule seconde se recroqueviller dans une posture de soumission devant la bêtise et devant l’ignorance. Et ce n’est pas vrai non plus que la cause aura été entendue et réglée parce que j’aurai changé ma sainte face sur mon profil de Facebook par Je suis Charlie pour quelques jours, n’est-ce pas? 
      C’est plus difficile que ça. (...) Je pense qu’il faut examiner notre responsabilité dans la fabrication de l’obscurantisme. Et reconnaître que notre insouciance, notre attitude infinie, fantasque et ostentatoire à narguer ceux qui sont dépossédés de tout avec les selfies de notre opulence et de notre indifférence béate peut peut-être contribuer à cela. Et, les kamikazes du fanatisme sont recrutés où? Parmi les milliers de vies souffrantes, de vies sans espoir et des vies qui n’ont rien à perdre, qui n’ont plus rien à perdre. 
      Les seules vraies armes de destruction massive dont nous disposons contre l’obscurantisme, le fanatisme, sont l’éducation, la nôtre, la leur, un meilleur partage de nos ressources, de la richesse, plus équitable, et une résistance farouche à toute tentative de nous emmurer dans la peur et de renoncer à nos libertés.»

~ Camil Bouchard (psychologue, professeur et chercheur à l’UQUAM)

À Bazzo.tv, 8 janvier 2015, Télé Québec :
http://zonevideo.telequebec.tv/media/19594/charlie-hebdo-les-tueurs-ont-fait-de-moi-un-militant/bazzo-tv


Si vous pensez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance… On nous bourrait le crâne en masse, mais on ne nous apprenait pas comment vivre, comment nous relier aux autres; on ne le fait pas davantage aujourd’hui. Le respect résulte spontanément du vrai savoir-vivre.

Le pouvoir de l’ignorance volontaire ne peut être sous-estimé. L’ignorance crasse est une bénédiction quand on veut faire ce qu’on veut en se fichant des conséquences : devant l’éco-destruction systématique de la terre et la cruauté pratiquée à l’échelle planétaire envers les humains et les animaux, nous n’avons qu’à détourner le regard.

“A war is when two armies are fighting, you see?” ~ Bill Hicks
Je dirais même : une guerre c’est quand deux personnes se battent, vous voyez?

Paradoxe : nous fabriquons et vendons de l’artillerie à des nations qui se feront un plaisir de nous détruire avec.

La stupidité est une énergie fossile renouvelable/impérissable; elle ne disparaîtra qu’avec le dernier spécimen de l’espèce humaine. «L’animal a cet avantage sur l’homme qu’il ne peut être sot», disait Victor Hugo.

Si les agneaux s’égarent, «Ô Berger, rassemble-les» sous des cieux qui leur conviennent. On a carrément l’impression que certains individus ne vivent pas au bon endroit ni au bon siècle d'ailleurs.

Personnellement, je ne serais pas étonnée que des robots puissent sauver la planète, à la condition, bien entendu, qu’ils soient programmés par une «intelligence bienveillante» plutôt que par des humains malveillants…

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Une sentence stupéfiante – 21 janvier 2015 : Claude Dubois évite la prison. Le chanteur a été condamné à payer une amende de 3000 $ et son permis sera suspendu durant un an pour avoir conduit avec les facultés affaiblies en juillet dernier, à Québec. En décembre dernier, les parties s'étaient entendues sur une sentence de 90 jours de prison, assortie d'une suspension de permis de trois ans, en échange de son plaidoyer de culpabilité. Mais, visiblement, le juge Gilles Garneau a été plus clément. Le procureur entend faire appel.  
   La question demeure : avons-nous un système judiciaire à deux vitesses?
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2014/12/prenez-un-taxi.html

20 janvier 2015

Rire ou ne pas rire : une question de vie et de mort?

Si le rire est le meilleur remède,
comment se fait-il que les gens
peuvent mourir de rire?


- Assis.
- Reste.
- Pense à ton bref moment d’existence dans ce recoin insignifiant de notre vaste univers.

http://www.savagechickens.com/category/cartoons

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L'esprit est une chose que vous possédez, tandis que l'humour est une chose qui vous possède vous.
~ Robertson Davies (Les anges rebelles)

Je n’ai jamais créé le moindre petit caillou et pourtant je pose en maître de l’univers.
~ Denis Gagné, psychologue (L'air de rien...)

Quand je mourrai, je choisirai le paradis pour le climat, et l’enfer pour la bonne compagnie...
~ Mark Twain

Se prendre au sérieux est la cause de tous nos problèmes, du cancer à la réincarnation.
~ Swami Beyondananda (Steve Bhaerman)

Pour savoir qui vous domine, trouvez simplement qui vous n'avez pas le droit de critiquer.
~ Voltaire

Dans la veine du laïcisme voyez Agendas cachés *  
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2014/01/agendas-caches.html

16 janvier 2015

Ligotés par nos croyances

Que de vains dommages causés par notre identification à des croyances, une profession, un statut social, des symboles de nos valeurs, des causes et autres. Même si ces choses ne nous définissent pas, nous sommes persuadés qu’elles donnent un sens à notre existence. La personne qui s’identifie à ses croyances risque de se sentir menacée quand elles sont contestées et de réagir de façon irrationnelle, par peur.

Cliché du film Apocalypto

Aller au-delà des rôles que nous jouons
Par Marck Paul

Nous semblons tellement réels. Mais nos corps ne nous appartiennent pas vraiment et nous n'avons aucun contrôle sur leur venue et leur départ. Nous jouons des rôles et nous essayons de nous convaincre qu'ils sont réels. Il est instructif de regarder ce processus chez les jeunes, car avec eux, le processus est très transparent. Ils essaient des identités comme ils essaient des t-shirts. Quand ils en trouvent un qu’ils aiment, ils s’identifient à la narration qui le supporte, puis, ils se divisent en groupes antagonistes. Les adultes font la même chose, mais les identités des adultes sont recouvertes d'épaisses couches de justification qui paraît raisonnable.

Shakespeare avait raison lorsqu'il déclarait : «le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs». Les rôles sont une bonne chose dans la mesure qu’ils fournissent une structure et un objectif. Mais lorsque nous commençons à prendre les rôles que nous jouons très au sérieux, à y croire, nous devenons plus facilement prêts à nous sacrifier pour eux ainsi que d'autres personnes.

Le sport en est un parfait exemple. Les sports sont des mélodrames populaires qui sont absolument insensés et sans importance. Nous investissons cependant d’énormes quantités d’émotion dans les sports qui impliquent une forme moins dramatique du sacrifice humain. Heureusement, nous ne traînons plus les gens sur un autel pour les égorger et leur arracher le coeur, mais nous leur mettons des uniformes de football et nous applaudissons en les regardant se battre jusqu’à se démolir le cerveau. J'ai vu une photo de fans brésiliens après que leur équipe ait perdu la Coupe du Monde au profit de l'Allemagne. Si je n’avais pas su de quoi il s’agissait, j'aurais cru que les gens regardaient leurs enfants se faire déchiqueter par des chiens sauvages.

Le but de la religion et des pratiques spirituelles est d’amener la perception de nos drames individuels vers une plus grande vérité transcendante. Toute personne qui pratique une religion le comprend. Néanmoins, la pratique de la religion est essentiellement constituée d'âpres combats au sujet de mythologies en concurrence.

L’attitude consciente n’a rien à voir avec ce que nous croyons. Il s’agit simplement de rester attentif et vigilant dans le moment présent. En consacrant un peu de temps au moment présent, nous constatons qu'il est principalement composé de pensées qui défilent les unes après les autres. Nous haïssons ceci et nous nous plaignons de cela, nous n’arrivons pas à faire taire le mental. Le mental n'arrête pas. Le mental pense. Nous ne pouvons qu'observer ce flot incessant d'histoires et être témoins de notre désir d’y croire, mais refuser d’y croire. Ce n'est pas si facile.

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Citations du jour :

L’homme est incapable d’abjuration. En lui, les croyances se superposent les unes aux autres comme des couches de peinture, sans se mêler, sans s’annuler.
~ Henri Fauconnier

La plupart des hommes sont incapables de se former une opinion personnelle mais le groupe social auquel ils appartiennent leur en fournit de toutes faites.
~ Gustave Lebon

L’opposition systématique se garde bien de demander quelque chose qu’elle pourrait obtenir, car alors il lui faudrait être contente; et être contente pour l’opposition, c’est cesser d’être.
~ Alphonse Karr

Je crois que je pourrais faire un virage et aller vivre avec les animaux; ils sont tellement placides et indépendants… ils ne se couchent pas dans l'obscurité, éveillés, pour pleurer sur leurs péchés. Ils ne me rendent pas malade à discuter de leur devoir envers Dieu.
~ Walt Whitman

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L’esprit moral ou religieux fait erreur quand il condamne le Pouvoir en soi comme une chose que l’on ne doit ni accepter ni rechercher, sous prétexte qu’il est naturellement corrupteur et mauvais. Dans la plupart des cas cette opinion se trouve justifiée, apparemment, mais ce n’en est pas moins un préjugé foncièrement aveugle et irrationnel. Si corrompu et si mal employé qu’il soit (comme le sont aussi, d’ailleurs, l’Amour et la Connaissance), le Pouvoir a été mis ici-bas à notre disposition pour en user à bon escient. Volonté et Pouvoir sont le moteur des mondes; qu’il s’agisse de la force de connaissance, de la force d’amour, de la force de vie, de la force d’action ou de la force du corps, son origine est toujours spirituelle. C’est l’usage qu’en font la brute, l’homme ou le titan dans le monde de l’Ignorance, qui doit être rejeté pour faire place à une action plus haute et naturelle, une action guidée par une conscience intérieure à l’unisson de l’Infini. ... 
   Le déroulement de la Vérité aussi est peut-être infini... ce n’est pas exactement comme une noix dont le contenu aurait été pilé et vidé une fois pour toutes par le premier prophète ou le premier sage, tandis que les autres doivent religieusement piler la même noix à perpétuité.

~ Sri Aurobindo

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COMMENTAIRE

L’école de la souffrance et du martyr

Depuis des millénaires, on s’humilie, on se mortifie et l’on s’offre en sacrifice (ainsi que d’autres humains et des animaux) pour mériter l’amour et un supplément de crédit auprès des dieux ou de Dieu, pour obtenir des récompenses (en particulier après la mort), le pardon, l’illumination, des gratifications, pour se sentir meilleur que les autres. On a utilisé le fétichisme, la magie, le cannibalisme, la prostitution sacrée, le renoncement, la torture, l’auto-flagellation, les persécutions, les alliances, les pactes, le chantage, les menaces, et ainsi de suite. 
   Dans certaines religions la déresponsabilisation (par rapport à ses actes) a été malheureusement renforcée par la notion de salut par procuration : «tu peux faire n’importe quoi, si tu demandes pardon à ta mort, tu es sauvé.» (!) 
   Les mœurs sociales sont toujours en retard sur le progrès évolutionnaire de la civilisation, de sorte qu’elles sanctionnent ainsi les pratiques plus primitives de certaines sociétés évoluantes. La nature humaine est prompte à imposer ses dogmes et ses lois, surtout lorsqu’elle commande au nom de Dieu...

Dans la même veine :

Mais, quelle différence y a-t-il entre une religion, une secte et un club social?
Je n’en vois aucune. Personne ne conteste les religions traditionnelles, les confréries, les sociétés, les associations, les partis politique, les clubs sportifs, etcetera. Pourtant, tous les regroupements sont des contextes qui peuvent favoriser l’identification, la démarcation, l’exclusion, le sexisme, le sentiment de supériorité et les persécutions à petite et grande échelle. Ce sont parfois des foyers de propagation de l’intolérance, de frictions entre des gens de statuts différents, entre nations, cultures, castes, races, civilisations, religions, idéologies, croyances : «Nous ne faisons pas partie de ce groupe qui est différent (menaçant ou opposé à nous), donc inférieur.» C’est sécurisant de penser de la sorte. Suite : http://situationplanetaire.blogspot.ca/2014/10/les-sectes-mythes-et-realites.html

12 janvier 2015

Polluer dans la bonne humeur, c’est encore mieux!

Qui est responsable de l’éco-suicide?
Personne et tout le monde.


Ce film génial mérite de faire le tour de la planète encore et encore... ne serait-ce que pour regarder en face notre incohérence individuelle et collective. C’est plus facile avec l’humour et l’autodérision...

Let's Pollute : Détruisons la planète dans la joie et la bonne humeur
Nominé aux Oscars du court-métrage d'animation 2011. 
«Un court-métrage satirique conçu dans le style des films éducatifs des années 50. Après un bref historique de la pollution, depuis la révolution industrielle jusqu’à maintenant, le film suit une famille nucléaire à travers une journée ordinaire de pollution. Le narrateur explique que la pollution est une partie essentielle de notre culture et contribue à la vigueur de notre économie. Il fait le lien entre le gaspillage, les habitudes égoïstes de consumérisme et leur allié : la grande entreprise. La perte de contrôle de la pollution de l'air, de l'eau et des terres illustrée par des scènes de destruction lamentable est ironiquement accompagnée de musique joyeuse tandis que le narrateur nous encourage à polluer davantage pour un avenir meilleur.» (Wiki)



Let’s Pollute (English Audio) :
https://www.youtube.com/watch?v=uBAyvqWP-VI

More about this Oscar nominated short, and upcoming animation from "HAPPY-GO-DISMAL instructional films" visit: www.happy-go-dismal.com
Film-maker & designer Geefwee Boedoe's website: www.geefwee.com

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Photos : Les Verts de Rage https://www.facebook.com/LesVertsDeRage



Voir aussi : Coalition Vigilance Oléoduc
https://fr-ca.facebook.com/CoalitionVigilanceOleoduc

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Sur Matter – Medium :

WHY 2015 WON’T SUCK
39 reasons why 2015 will be less terrible than 2014, which was garbage.

Reason 39: Every Year Is the Worst Year Ever Until the next one.  
By Will Leitch

https://medium.com/matter/why-2015-wont-suck-f923634eccdb

10 janvier 2015

«Si j’aurais su, j’aurais pas venu»

Voilà ce que disait le p’tit Gibus, dans le film La Guerre des boutons, après avoir été abandonné par son clan à la suite d’une bataille entre gamins.

Guerres d’écoliers, guerres d’adultes, même cause : l’espèce humaine est fondamentalement belliqueuse. Les humains aiment se battre et s’entretuer, et n’importe quel prétexte fait l’affaire. Comme on l’a vu encore ces derniers jours.

Photo : Braminir Jaredic

Une réflexion très pertinente en ces heures de crises - notez la date de publication...

La première et dernière liberté
Par Krishnamurti
Traduction de Carlo Suares 
Préface de Aldous Huxley
Stock; 1954

QUESTIONS ET RÉPONSES

1. Sur la crise contemporaine
(p. 153-155)

– Vous dites que la crise actuelle est sans précédent. En quoi est-elle exceptionnelle?

– Il est évident que la crise mondiale actuelle est exceptionnelle, qu’elle n’a pas eu de précédent. Il y a, au cours des siècles, des crises de différentes sortes, sociales, nationales, politiques. Les crises arrivent et passent; des dépressions économiques se produisent, subissent certaines modifications et continuent sous d’autres formes. Nous savons cela; ce processus nous est familier. Mais la crise actuelle n’est pas du même ordre. Elle est différente, d’abord parce qu’elle est moins une crise d’argent, d’objets tangibles que d’idées. Dans le monde entier nous justifions le meurtre comme moyen pour des fins morales, ce qui est sans précédent. Anciennement, le mal était reconnu comme mal et le meurtre comme meurtre mais l’assassinat d’individus ou de masses est justifié aujourd’hui, parce que l’assassin, ou le groupe qu’il représente, affirment que c’est le moyen de parvenir à un résultat bénéfique pour l’humanité. Nous sacrifions le présent pour l’avenir et nos moyens importent peu tant que nous affirmons que notre but est le bien général. En somme, nous affirmons que les moyens les plus faux peuvent produire des fins justes, et nous justifions ces moyens par l’idéation.

Les crises précédentes concernaient l’exploitation des choses ou l’exploitation de l’homme. Il s’agit maintenant de l’exploitation des idées, laquelle est bien plus pernicieuse, plus dangereuse, plus dévastatrice. Nous connaissons aujourd’hui la puissance de la propagande; cette utilisation des idées pour transformer l’homme est une des plus grandes calamités qui puissent se produire. Et nous la voyons se produire partout. L’homme n’est pas important; les idées, les systèmes le sont. L’individu n’a plus aucune valeur. Nous pouvons détruire des millions d’hommes pour parvenir à nos fins, et celles-ci sont justifiées par des idées. Nous avons mis au point de magnifiques structures d’idées pour justifier le mal, et cela est sans précédent. Le mal est le mal, il ne peut pas mener au bien. La guerre n’est pas un chemin vers la paix; elle peut nous apporter des bénéfices secondaires comme, par exemple, des avions plus perfectionnés, mais elle n’apportera pas la paix aux hommes. La guerre est justifiée intellectuellement comme moyen pour établir la paix. Lorsque l’intellect prend le dessus dans les affaires humaines, il provoque une crise sans précédent.

D’autres faits aussi indiquent une crise sans précédent. L’un d’eux est l’extraordinaire importance que nous donnons aux valeurs sensorielles, aux possessions, aux noms, aux castes, aux pays et aux étiquettes que nous portons : l’on est musulman, hindou, chrétien, communiste ou autre chose. Tout cela a acquis une importance suprême, ce qui veut dire que l’homme est pris dans des valeurs sensorielles, dans la valeur des choses fabriquées par l’esprit humain ou par la main.

Les choses faites par la main ou par l’esprit sont devenues si importantes que nous nous tuons, égorgeons, liquidons, détruisons à cause d’elles. Nous arrivons ainsi au bord d’un précipice; toutes nos actions nous y mènent; toute notre activité politique et économique nous entraîne inévitablement dans cet abîme de confusion et de chaos. Par conséquent cette crise sans précédent exige une action sans précédent. Il faut en sortir d’un coup, à la façon dont on franchit un seuil, par une action instantanée, une action intemporelle qui ne s’appuie sur aucun système, car toute idée aboutit inévitablement à une frustration et nous ramène à l’abîme par une voie différente. Comme la crise est sans précédent, il faut aussi une action sans précédent. Nous devons comprendre que la régénération de l’individu ne peut être qu’instantanée; elle n’est pas le résultat du temps. Elle doit avoir lieu maintenant, pas demain; car demain est un processus de désintégration. Si je pense me transformer demain, j’invite la confusion, je suis toujours dans le champ de la destruction. Mais est-il possible de changer maintenant? Est-il possible de complètement se transformer soi-même dans l’immédiat, dans le maintenant? Je dis que c’est possible.

La crise ayant un caractère exceptionnel, nous ne pouvons l’aborder que par une révolution de la pensée; et cette révolution ne peut pas nous être apportée par des personnes, par des livres ou par des organisations. Elle doit se produire à travers chacun de nous. Alors seulement pourrions-nous créer une nouvelle société, une nouvelle structure loin de l’horreur de ces forces extraordinairement destructrices qui s’accumulent partout. Et cette transformation ne peut se produire que lorsque l’individu commence à être conscient de lui-même dans chaque pensée, chaque acte et chaque sentiment.

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En complément

La tyrannie des croyances

«Une croyance est l’œuvre de notre esprit. Elle est humaine et nous la croyons Dieu», disait Fustel de Coulanges, historien français (1830-1889), auteur de La Cité antique – ouvrage dans lequel il expose les rapports entre la propriété et les institutions politico-religieuses. Selon lui, les anciens ne connaissaient ni la liberté de la vie privée, ni la liberté de l’éducation, ni la liberté religieuse. La personne humaine comptait pour bien peu de chose vis-à-vis des autorités presque divines de l’Église et de l’État. 

En va-t-il autrement aujourd’hui?

Quelques définitions utiles :

Religion : reconnaissance par l’homme d’un pouvoir ou d’un principe supérieur de qui dépend sa destinée et à qui obéissance et respect sont dus; attitude morale qui résulte de cette croyance, en conformité avec un modèle social, et qui peut constituer une règle de vie – incluant des rituels et parfois un accoutrement identitaire spécifique

Politique : relatif à l’organisation et à l’exercice du pouvoir dans une société organisée, au gouvernement d’un État

Croyance : une croyance est une chose qui nous tient à cœur parce que nous pensons qu’elle est vraie; les croyances sont souvent inconscientes, acquises par lavage de cerveau familial*, socioculturel, religieux, médiatique...

Doctrine : ensemble de notions qu’on affirme être vraies et par lesquelles on prétend fournir une interprétation des faits, orienter ou diriger une action

Dogme : point de doctrine établi ou considéré comme une vérité fondamentale, incontestable – dans une religion, une école philosophique, etc. 

* La quantité d’impressions qui s’accumulent en nous est imposante. Les psychologues spécialisés dans l’étude des comportements estiment que les signaux verbaux acquis grâce à nos parents durant notre tendre enfance, et qui continuent à défiler dans nos têtes comme de vieux vinyles usés, correspondent à eux seuls à plus de 25 000 heures de pur conditionnement.

Si le sujet vous intéresse voyez le libellé «Religions»

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Citations du jour :

Avec ces gens là,
Si tu parles, tu meurs
Si tu ne parles pas, tu meurs
Alors parle et meurs!

– Tahar Djaout* (1954-1993)

* Le poète et journaliste algérien a prononcé ces paroles trois semaines avant d'être assassiné; il fut l'un des premiers intellectuels victimes de la «décennie du terrorisme» en Algérie.

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«Vous avez des doutes? Sur quoi, sur qui? Sur Dieu? Mais c'est bien simple : écrivez-lui. – Je n'ai pas son adresse. – Telle est en effet l'état de la question.»

~ Rémy de Gourmont (1858-1915)

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«La plupart des gens qui se jettent dans la Foi y sont bien moins poussés par l'amour de la vérité que par le besoin de calmer certaines terreurs. Ils ferment les yeux et s'abandonnent. L'imagination aidant, ils finissent par se figurer qu'ils croient. Ils sont d'ailleurs si peu soucieux de la vérité, qu'ils fuient tout ce qui pourrait les tirer de cet état d'illusion. Aux objections de la raison ils n'opposent que des réponses absurdes ou puériles, mais qui les tranquillisent. Or, c'est là tout ce qu'ils demandent.»

~ Louise Ackermann (1813-1890)

Sommes-nous capables d’aimer?

«Nous n'éprouvons pas des sentiments qui nous transforment, mais des sentiments qui nous suggèrent l'idée de transformation. Ainsi l'amour ne nous purge pas de l'égoïsme, mais nous le fait sentir et nous donne l'idée d'une patrie lointaine où cet égoïsme n'aurait plus de part.» ~ Albert Camus (Carnets 1; 1938)

Photo : Rosy Hardy

La première et dernière liberté
Par Krishnamurti
Traduction de Carlo Suares 
Préface de Aldous Huxley
Stock; 1954

QUESTIONS ET RÉPONSES

22. Sur l’amour
(p. 237-240)

– Qu’appelez-vous amour? 

– Nous allons découvrir ce qu’est l’amour en comprenant tout ce qui, sous le couvert de son nom, n’est pas lui. L’amour étant l’inconnu, nous ne pourrons le connaître qu’en écartant le connu. L’inconnu ne peut être découvert par un esprit rempli d’éléments connus. Ce que nous allons faire c’est découvrir la valeur du connu, regarder le connu; et lorsque celui-ci sera vu avec pureté, sans condamnation, nos esprits se libéreront de lui; et nous saurons ce qu’est l’amour. Il nous faut donc aborder l’amour négativement et non pas positivement.

Qu’est-ce que l’amour pour la plupart d’entre nous? Lorsque nous disons que nous aimons une personne, qu’entendons-nous par là? Que nous la possédons. D’où la jalousie, car si nous perdons la personne aimée nous nous sentons vides, perdus. Donc nous légalisons la possession, et cet état qui s’accompagne d’innombrables conflits n’est évidemment pas l’amour.

L’amour n’est pas du sentiment. Être sentimental, émotif, ce n’est pas aimer car la sentimentalité, l’émotion, ne sont que des sensations. Le dévot qui pleure sur Jésus ou Krishna, sur son gourou ou sur quelqu’un d’autre, n’est que sentimental, émotif. Il se complaît dans une sensation, laquelle est un processus de pensée, et la pensée n’est pas amour. La pensée est le produit des sensations. La personne sentimentale, émotive, ne peut absolument pas connaître l’amour. Ne sommes-nous pas émotifs et sentimentaux? C’est une façon d’enfler le moi. Être rempli d’émotion ce n’est certes pas aimer, car la personne sentimentale peut être cruelle lorsque ses sentiments ne trouvent pas d’échos et ne peuvent s'extérioriser. Une personne émotive peut être poussée à la haine, à la guerre, au massacre; elle peut verser beaucoup de larmes pour sa religion; mais cela n’est pas de l’amour.

Et pardonner est-ce aimer? Que comporte le pardon? Vous m’insultez, je vous en veux et je m’en souviens; ensuite, par quelque contrainte ou par repentir, je suis amené à vous dire : «je vous pardonne». D’abord je retiens, puis je rejette. Qu’est-ce que cela révèle? Que je demeure le personnage central, que c’est «moi» qui assume l’importance, puisque c’est «moi» qui pardonne. Tant qu’existe cette attitude du pardon c’est moi qui suis important, et non celui qui m’a insulté. Tant que j’accumule du ressentiment ou que je nie ce ressentiment – ce que vous appelez le pardon – ce n’est pas de l’amour. L’homme qui aime n’a pas d’inimitiés et est indifférent à tout cela. La sympathie, le pardon; les rapports basés sur la possession, la jalousie et la peur; rien de tout cela n’est de l’amour, tout cela appartient à la pensée; et dès que l’esprit [the mind] est l’arbitre il n’y a pas d’amour, car l’esprit ne peut arbitrer que par le sens possessif et son arbitrage n’est que possession sous différentes formes. L’esprit ne peut que corrompre l’amour, il ne peut pas l’engendrer, il ne peut pas conférer de la beauté. Vous pouvez écrire un poème sur l’amour, mais cela n’est pas de l’amour.

Il n’y a évidemment pas d’amour si vous ne respectez pas réellement «l’autre», que ce soit votre domestique ou votre ami. N’avez-vous pas remarqué que vous n’êtes pas respectueux, bienveillant, généreux envers les personnes soi-disant «au-dessous» de vous? Vous avez du respect pour ceux qui sont «au-dessus», pour votre patron, pour le millionnaire, pour celui qui a une grande maison et des titres, pour l’homme qui peut vous faire avoir une situation, pour celui dont vous pouvez obtenir quelque chose. Mais vous donnez des coups de pied à ceux qui sont «au-dessous», vous avez un langage spécial pour eux. Où il n’y a pas de respect, il n’y a pas d’amour; où il n’y a pas de charité, pas de pitié, pas d’oubli, il n’y a pas d’amour. Et comme nous sommes, pour la plupart, dans cet état, nous n’aimons pas. Nous ne sommes ni respectueux ni charitables ni généreux. Nous sommes possessifs, pleins de sentiments et d’émotions qui peuvent être canalisés pour tuer, pour massacrer ou pour unifier quelque intention ignorante et sotte. Et comment, dès lors, peut-il y avoir de l’amour?

L’on ne peut connaître l’amour que lorsque tout cela a cessé, est parvenu à un terme, lorsque l’on ne possède pas, lorsque l’on n’est pas simplement émotif dans la dévotion à un objet. Une telle dévotion est une supplication; elle consiste à vouloir obtenir quelque chose. L’homme qui prie ne connaît pas l’amour. Puisque vous êtes possessifs, puisque vous cherchez un résultat au moyen de la dévotion et de la prière – lesquelles vous rendent sentimentaux et émotifs – naturellement il n’y a pas d’amour. Il est évident qu’il n’y a pas d’amour s’il n’y a pas de respect. Vous pouvez dire que vous êtes respectueux, mais vous l’êtes pour vos supérieurs, c’est le respect du quémandeur, le respect de la crainte. Si vous éprouviez réellement du respect, vous seriez respectueux envers ceux qui sont le plus bas, comme envers les personnes soi-disant supérieures. Puisque vous n’avez pas cela, vous n’avez pas d’amour. Combien peu d’entre nous sont généreux, cléments, charitables! Vous l’êtes moyennant bénéfice; vous êtes charitables lorsque vous voyez que cela peut vous rapporter quelque chose. Mais dès que tout cela disparaît, dès que cela n’occupe plus l’esprit et que les choses de l’esprit ne remplissent pas le cœur, il y a de l’amour. Et l’amour seul peut transformer la folie actuelle, la démence du monde. Les systèmes et les théories de la gauche ou de la droite n’y feront rien. Vous n’aimerez réellement que lorsque vous ne posséderez plus, lorsque vous ne serez pas envieux et avides, lorsque vous aurez du respect, de la compassion, de la bienveillance, de la considération pour votre femme, vos enfants, vos voisins et vos malheureux domestiques.

Or ne peut pas «penser» à l’amour, on ne peut pas le cultiver, on ne peut pas s’y excuser. S’entraîner à aimer, à sentir la fraternité humaine, est encore dans le champ de l’esprit, donc ce n’est pas de l’amour. Lorsque tout cela s’est arrêté, l’amour entre en existence et alors on sait ce qu’est aimer. L’amour n’est ni quantitatif ni qualitatif. Lorsqu’on aime, on ne dit pas : «j’aime le monde entier»; mais lorsqu’on sait aimer une personne, on sait aimer le tout. Parce que nous ne savons pas aimer une personne, quelle qu’elle soit, notre amour de l’humanité est fictif. Lorsque vous aimez il n’y a ni «une» personne, ni «les hommes», il n’y a que l’amour. Ce n’est que par l’amour que nos problèmes peuvent être résolus et que nous pouvons connaître la joie et la félicité.

7 janvier 2015

Liberté d’expression : une impasse

Photo : Alexandre Parrot

«Parce que la superstition n'a rien qui vaille au-dedans, il lui est forcé de se parer au-dehors pour éblouir les yeux des ignorants.»
~ Fredrika Bremer

«Vous ne serez pas punis pour votre haine,
vous serez punis par votre haine.»
~ Bouddha

«Le rêve du méchant est son premier supplice.»
~ J. Delille

«[...] ce qu'on emprisonne nous retient dans la prison.
Ce qu'on détruit nous détruit à son tour.»
~ Christian Bobin 

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Le grand événement

Il va survenir très bientôt.
Le grand événement qui mettra fin à l’horreur.
Qui va mettre fin au malheur.
Mardi prochain, au coucher du soleil,
je vais jouer la Sonate à la lune à l’envers.
Ça va renverser les effets de la folle plongée du monde
dans la souffrance depuis les derniers
deux cents millions d’années.
Quelle jolie nuit ce sera.
Quel soupir de soulagement,
quand les rouges-gorges séniles redeviendront
rouge clair comme avant, et que les rossignols à la retraite
relèveront leurs queues poussiéreuses, et témoigneront
de la majesté de la création!

~ Leonard Cohen


Photo : Elliott Erwitt (Colorado 1955) 

La foi

La mer si profonde et aveugle
Le soleil, le sauvage regret
Le gourdin, la roue, l’esprit,
Ô amour, tu n’es pas encore fatigué?

Le sang, la terre, la foi
Ces mots que tu peux oublier
Ton vœu, ton lieu saint
Ô amour, tu n’es pas encore fatigué?

Une croix sur chaque colline
Une étoile, un minaret
Tant de tombes à remplir
Ô amour, tu n’es pas encore fatigué?

La mer si profonde et aveugle
Où le soleil pourtant doit se coucher
Et le temps lui-même se défaire
Ô amour, tu n’es pas fatigué?

~ Leonard Cohen

Livre du constant désir
Éditions de l’Hexagone, 2007
(Traduction : Michel Garneau)

Le fleuve aux grandes eaux : "rappel"

Holy Schiste! on ne comprend toujours pas l'importance de l'or bleu...

Cinq siècles d'exploitation/destruction du fleuve Saint-Laurent -
À VOIR JUSQU’AU BOUT  

Ce film d’animation de Frédéric Back produit par Radio Canada a été présenté la première fois en 1993 – il y a plus de 30 ans! Qu’avons-nous fait pendant les années subséquentes?

Il vaut peut-être mieux que Frédéric ne soit plus là pour voir ce "TORRENT DE VIE" (notre plus grande réserve d'eau douce) se transformer définitivement en déversoir de pétrole.
  



2 janvier 2015

Hé! le fleuve noir, c’est par ici...

Suivi 5 janvier 2014 :
Les hydrocarbures coulent toujours du bateau échoué à Trois-Rivières
Le Nouvelliste (Trois-Rivières) -- Les hydrocarbures coulent toujours des réservoirs du bateau-remorqueur Chaulk Determination échoué et coulé au port de Trois-Rivières depuis plus d'une semaine. Si la Garde côtière canadienne (GCC) se félicite de contenir les fuites de carburant avec efficience, il n'en demeure pas moins que la coque est toujours lézardée et que certaines fissures permettent à l'essence de se répandre directement dans le fleuve Saint-Laurent.
 
Et le froid extrême n'aide pas du tout à résoudre les problèmes...

2015 commençait avec un autre drapeau rouge la nuit dernière :

Un déversement d’essence aux installations de l’entreprise Suncor à Rimouski. La fuite d'essence provient d'une fente dans une valve d'entrée du réservoir qui contenait deux millions de litres d'essence. L'essence est, depuis 2 h la nuit dernière, récupérée à la source de la fuite pendant que des employés de Suncor transvident le contenu du réservoir problématique vers un autre. Une équipe a ensuite installé des équipements permettant de pomper l'essence qui s'échappe de la valve du réservoir directement dans un camion-citerne. Parallèlement, des équipes s'affairent à transvider le contenu du réservoir vers un autre réservoir sécuritaire. (ICI Radio-Canada)

Dans la veine pétrolifère – humour noir d’un réalisme pétrifiant, en particulier le graphique du début  
Segment du Bye Bye 2014 – à voir et à faire circuler :
TRANSCANADA élabore son plan d’oléoduc
https://www.facebook.com/video.php?v=785888478113715

Source : https://fr-ca.facebook.com/CoalitionVigilanceOleoduc 

1 janvier 2015

Entre deux portes

Je peux faire face aux mois et aux années. Ce qui me trouble ce sont les heures et les minutes. ~ Ashleigh Brilliant 


Dans la mythologie romaine, Janus était le dieu des commencements et des fins, des choix, des clés et des portes. L'étymologie de Janus est formée sur la racine *iā provenant elle-même de la racine indo-européenne *ei-(aller), terme abstrait correspondant à la notion de «passer». Cette étymologie correspond au sens que lui donnaient les Anciens. Janus répond au concept de «passage». Le mois de janvier (januarius), auquel le roi Numa donna son nom, lui était consacré. Le passage était célébré en l’honneur du dieu «gardien des portes» le premier jour de la nouvelle année. (Wikipedia)

On le représente avec une tête à deux faces dont l'une est orientée vers le passé et l’autre vers le futur.

Ne sommes-nous pas toujours entre deux portes? En transit entre deux mondes, entre deux années, entre deux mois, entre hier et aujourd’hui, entre un instant et un autre?

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«Si l’on pouvait voyager dans le TEMPS, soit dans le futur ou dans le passé, cela voudrait dire que tout serait perpétuellement en train d’arriver. Ce moment existe-t-il pour toujours? Comment ce moment pourrait-il être ailleurs que là où il est, JUSTE ICI, MAINTENANT?

Ne regardez pas en arrière avec regret car vous ne pouvez rien changer au passé.
Ne regardez pas en avant avec anticipation car vous n’avez pas de prise sur le futur.
Faites ou ne faites pas, en ce moment.
Vivez les choses lorsqu’elles se présentent.

Le TEMPS est une échelle que nous avons créée pour mesurer nos créations mondaines. Le TEMPS vous pousse à accomplir des choses. Le temps vous fait croire que vous devriez faire quelque chose de différent que ce que vous avez déjà fait. Les accomplissements, peu importe comment vous les appeler, même s’il s’agit d’une sainte croisade, sont aussi éphémères que votre vie. Les grands artistes, les scientistes – même les saints hommes – meurent aussi. Nous mourrons tous. Naissance égale mort.

Le TEMPS entre les deux est tout ce que nous avons. La mort physique viendra à son heure. Elle vient pour tous. Nous devons tous envisager ce fait. Personne ne peut faire quoi que ce soit pour l’empêcher. Notre seule défense est de vivre le moment présent le plus consciemment possible et d’en tirer le meilleur parti en faisant ce que nous voulons vraiment. Ensuite, lorsque le moment sera venu, nous pourrons quitter notre corps le cœur léger et l’esprit libre.

Se préparer à… Attendre que… Il n’y a aucune garantie que le futur sera.
Lorsque vous rêvez à ce qui arrivera demain, sans agir maintenant en vue de réaliser ce désir, vous assumez que demain sera là et que vous aurez la capacité de réaliser vos désirs plus tard. En vivant ainsi vous ne réaliserez jamais vos rêves et vous ne serez jamais capable d’expérimenter une vie bien remplie et satisfaisante. Vous serez à jamais relié au vice du temps. Un jour, vous n’aurez plus de lendemains! Alors, vivez votre vie MAINTENANT!

Personne ne peut être sûr du lendemain. La vie n’offre aucune garantie. Rien ne dure éternellement. Tout peu changer dans un instant. Même si vous vous cramponnez de toutes vos forces à quelque chose, tôt ou tard, cela disparaîtra; vous ne pouvez rien faire pour changer le modèle de ce monde.

Poursuivre quelque chose est bien. Choisir de ne pas poursuivre quelque chose est bien aussi. Être parfaitement satisfait de l’endroit où vous êtes et de ce que vous avez est bien.

Pourquoi faites-vous autre chose que ce que vous avez envie de faire MAINTENANT?
Ne vous cherchez pas d’excuses telles que
- les responsabilités
- le bonheur de quelqu’un d’autre
- l’argent
- parce que c’est supposé être ainsi.
Aucune excuse!
Faites ce que vous avez envie de faire. Faire ce que vous voulez, mène à la liberté. La liberté mène à l’illumination.

Il n’y a pas de TEMPS perdu. Vous vivez ce que vous vivez MAINTENANT. Vous ne pouvez pas être ailleurs que là où vous êtes, que vous le vouliez ou non.

Si vous pouviez être ailleurs, où seriez-vous?
Qu’y aurait-il là-bas qui n’est pas ici?
Être là-bas prouverait quoi?
En fait, vous ne pouvez pas le savoir puisque vous n’êtes pas là.
Vous présumez simplement qu’une situation ou une personne est là, ailleurs. Cependant, il n’y a aucune garantie qu’une telle projection se concrétise. Rien n’est jamais comme vous le souhaitez.

Le moment présent est aussi important que tous les autres. Vivez-le et expérimentez-le à fond.

Soyez témoin des événements mais ne vous perdez pas dans la quête de sens. Vivez plutôt chaque moment de votre vie aussi consciemment que possible – en acceptant sa perfection – et choisissez d’en être heureux. Ce faisant, vous ne serez plus contrôlé par un quelconque désir de changer ce qui est. Conséquemment, le besoin de regretter ou d’éprouver de la gratitude s’évanouira.

En définitive, on ne peut pas totalement comprendre la vie. En tant qu’humains, nous souhaitons trouver une explication à chaque événement qui se présente. Toutes nos conclusions sont néanmoins des rationalisations du mental, influencées par la connaissance scientifique officielle du temps présent. N’essayez pas de comprendre le moindre petit événement, vous vous sentirez ainsi mille fois plus libre. Si vous comprenez une situation, bravo! Si vous ne comprenez pas une situation, bravo! Tout est parfait. Vivez cette Perfection.»

~ Scott Shaw (Zen O’clock TIME TO BE)