«Les actions du méchant lui sont inspirées par la crainte de souffrir ou par le désir d'accroître sa jouissance, sans qu'il s'aperçoive qu'en les commettant il risque au contraire d'attirer plus de souffrance sur lui et introduit, dans sa joie, le poison de l'insécurité.»
~ Alexandra David-Néel
***
La logique de l'échange
«Nous serions prêts à n'importe quoi pour affirmer le bien-fondé de nos idées : on irait jusqu'à ruiner sa famille ou à précipiter la perte de nations entières... Derrière toutes les guerres, on trouve l'idéologie d'une nation qui prétend détenir la Vérité et l'imposer aux autres.
Le mental dualiste se conduit toujours en dictateur; incapable de s'ouvrir à la réalité de la situation, il veut à tout prix manipuler le monde pour lui faire avaler «sa» vérité. À chaque fois que l'ordre des priorités est renversé - en faisant passer l'idée avant la réalité -, il y a forcément manipulation du réel.
Lorsqu'on vit de cette façon-là, tout notre univers tourne autour de deux syllabes : «je veux». C'est la logique du désir qui domine tout, quels qu'en soient les objets, - multiples et changeants, à l'infini. Cependant, la racine même du désir est toujours la même : le besoin d'affirmer et de conforter l'idée du moi, que nous prenons pour une entité réelle. Voilà pourquoi nous sommes obligés de manipuler la vie pour la faire cadrer avec notre projection du «moi».
À vrai dire, nous ne faisons jamais rien gratuitement; le moindre de nos actes s'inscrit dans la logique de l'échange : je fais ceci, d'accord, mais en échange de cela. La vie devient une série de transactions commerciales, sauf que les termes de l'échange sont beaucoup moins clairs que dans nos achats ordinaires.
Ainsi, si vous voulez passer pour un grand altruiste, vous ferez tout pour donner l'impression que vous n'êtes pas égoïste - même si c'est loin de correspondre à la réalité!
Si vous vous dévouez à une cause ou à une association, vous en attendez quelque chose en retour : la reconnaissance de vos bons et loyaux services, un certain respect, un traitement de faveur. Nous sommes incapables d'un geste gratuit; il y a toujours un échange, quelque chose à gagner. Nous ferions bien d'afficher nos prix dès le départ!
Une bonne partie des rapports familiaux s'inscrivent d'ailleurs dans cette logique vicieuse de l'échange, sous une forme plus subtile - celle du chantage affectif : «Comment, après tout ce que j'ai fait pour toi!»
Cependant, il est rare que la vie nous apporte ce que nous attendons, et, avec un peu de maturité dans la pratique - zazen -, on se rend bien compte qu'on a toujours fait fausse route en envisageant ses rapports avec l'existence en termes d'échanges. Le monde n'est pas là pour satisfaire mes désirs et confirmer mes idées. Il est donc indispensable de se rendre compte à quel point la logique de l'échange domine nos vies, même si cette prise de conscience est douloureuse.
La vraie pratique, la spiritualité authentique, commence quand on constate la faillite de l'échange et de l'attente. Il n'y a pas de meilleur véhicule pour avancer sur la voie. La déception est un ami précieux et un guide infaillible, même si ce n'est pas tout à fait le genre d'amitié dont nous avions rêvé!
Résumons-nous : lorsque nous agissons à partir d'une expérience immédiate - comme quand on ramasse un grain de raisin tombé par terre -, nos actes répondent aux nécessités du moment. Ce sont donc des actes spontanés, sans manipulation de la réalité. À l'inverse, les actes qui découlent de la volonté du moi ressemblent aux diktats d'un tyran qui voudrait soumettre le monde entier à ses désirs. En voulant plaquer ses idées et ses désirs sur la réalité, on manipule le monde et les autres pour arriver à ses fins. C'est une vie de calcul, étrangère à la compassion qui, elle, donne sans rien attendre de personne. La compassion ne connaît pas l'échange.»
~ Charlotte Joko Beck
7 juillet 2011
La Convention
Bientôt le 14 juillet…
Beaucoup de révoltes sur la planète.
L’histoire se répète en boucle. Ou fait penser aux battants d'une porte tournante rivés sur un axe immobile.
Seuls les individus, les costumes, les décors, les armes, les nations et la période historique changent.
Quatre-vingt-treize
Victor Hugo
Livre troisième
La Convention
Extraits
Nous approchons de la grande cime.
Voici la Convention.
Le regard devient fixe en présence de ce sommet.
Jamais rien de plus haut n’est apparu sur l’horizon des hommes.
Il y a l’Himalaya et il y a la Convention
La Convention est peut-être le point culminant de l’histoire.
Du vivant de la Convention, car cela vit, une assemblée, on ne se rendait pas compte de ce qu’elle était. Ce qui échappait aux contemporains, c’était précisément sa grandeur; on était trop effrayé pour être ébloui. Tout ce qui est grand a une horreur sacrée. (…)
II
Le 14 juillet avait délivré.
Le 10 août avait foudroyé.
Le 21 septembre fonda.
Le 21 septembre, l’équinoxe, l’équilibre. Libra. La balance. Ce fut, suivant la remarque de Romme, sous ce signe de l’Égalité et de la Justice que la république fut proclamée. Une constellation fit l’annonce.
La Convention est le premier avatar du peuple. C’est par la Convention que s’ouvrit la grande page nouvelle et que l’avenir d’aujourd’hui commença.
À toute idée il faut une enveloppe visible, à tout principe il faut une habitation; une église, c’est Dieu entre quatre murs; à tout dogme, il faut un temple. Quand la Convention fut, il y eut un premier problème à résoudre, loger la Convention. (…)
Aux Tuileries, où la Convention vint siéger le 10 mai 1793, et qui s’appelèrent le Palais-National, la salle des séances occupait tout l’intervalle entre le pavillon de l’Horloge appelé pavillon-Unité et le pavillon Marsan appelé pavillon-Liberté.
IV
Qui voyait l’Assemblée ne songeait plus à la salle. Qui voyait le drame ne pensait plus au théâtre. Rien de plus difforme et de plus sublime. Un tas de héros, un troupeau de lâches. Des fauves sur une montagne, des reptiles dans un marais. Là fourmillant, se coudoyaient, se provoquaient, se menaçaient, luttaient et vivaient tous ces combattants qui sont aujourd’hui des fantômes. Dénombrement titanique. (…)
V
Au-dessous se courbaient l’épouvante, qui peut être noble, et la peur, qui est basse. Sous les passions, sous les héroïsmes, sous les dévouements, sous les rages, la morne cohue des anonymes. Les bas-fonds de l’Assemblée s’appelaient la Plaine. Il y avait là tout ce qui flotte; les hommes qui doutent, qui hésitent, qui reculent, qui ajournent, qui épient, chacun craignant quelqu’un. La Montagne, c’était l’élite La Gironde, c’était une élite; la Plaine, c’était la foule. (…)
VI
À ces hommes pleins de passions étaient mêlés les hommes pleins de songes. L’utopie était là sous toutes ses formes, sous sa forme belliqueuse qui admettait l’échafaud, et sous sa forme innocente qui abolissait la peine de mort; spectre du côté des trônes, ange du côté des peuples. (…)
VII
Au moment où ils condamnèrent à mort Louis XVI, Robespierre avait encore dix-huit mois à vivre, Danton quinze mois, Vergniaud neuf mois, Marat cinq mois et trois semaines, Le Peletier de Saint-Fargeau un jour. Court et terrible souffle des bouches humaines!
VIII
Le peuple avait sur la Convention une fenêtre ouverte, les tribunes publiques, et, quand la fenêtre ne suffisait pas, il ouvrait la porte, et la rue entrait dans l’assemblée. Ces invasions de la foule dans ce sénat sont une des plus surprenantes visions de l’histoire. Habituellement, ces irruptions étaient cordiales. Le carrefour fraternisait avec la chaise curule. Mais c’est une cordialité redoutable que celle d’un peuple qui, un jour, en trois heures, avait pris les canons des Invalides et quarante mille fusils.
IX
En même temps qu’elle dégageait de la révolution, cette assemblée produisait de la civilisation. Fournaise mais forge. Dans cette cuve bouillonnait la terreur, le progrès fermentait. De ce chaos d’ombre et de cette tumultueuse fuite de nuages, sortaient d’immenses rayons de lumière parallèles aux lois éternelles. Rayons restés sur l’horizon, visibles à jamais dans le ciel des peuples, et qui sont, l’un la justice, l’autre la tolérance, l’autre la bonté, l’autre la raison, l’autre la vérité, l’autre l’amour. La Convention promulguait ce grand axiome : La liberté du citoyen finit où la liberté d’un autre citoyen commence; ce qui résume en deux lignes toute la sociabilité humaine. Elle déclarait l’indigence sacrée; elle déclarait l’infirmité sacrée dans l’aveugle et dans le sourd-muet devenus pupilles de l’État, la maternité sacrée dans la fille-mère qu’elle consolait et relevait, l’enfance sacrée dans l’orphelin qu’elle faisait adopter par la patrie, l’innocence sacrée dans l’accusé acquitté qu’elle indemnisait. Elle flétrissait la traite des noirs; elle abolissait l’esclavage. Elle proclamait la solidarité civique. Elle décrétait l’instruction gratuite. Elle organisait l’éducation nationale par l’école normale à Paris, l’école centrale au chef-lieu, et l’école primaire dans la commune. Elle créait les conservatoires et les musées. Elle décrétait l’unité de code, l’unité de poids et de mesures, et l’unité de calcul par le système décimal. Elle fondait les finances de la France, et à la longue banqueroute monarchique elle faisait succéder le crédit public. Elle donnait à la circulation le télégraphe, à la vieillesse les hospices dotés, à la maladie les hôpitaux purifiés, à l’enseignement l’école polytechnique, à la science le bureau des longitudes, à l’esprit humain l’institut. En même temps que nationale, elle était cosmopolite. Des onze mille deux cent dix décrets qui sont sortis de la Convention, un tiers a un but politique, les deux tiers ont un but humain. Elle déclarait la morale universelle base de la loi. Et tout cela, servitude abolie, fraternité proclamée, humanité protégée, conscience humaine rectifiée, loi du travail transformée en droit et d’onéreuse devenue secourable, richesse nationale consolidée, enfance éclairée et assistée, lettres et sciences propagées, lumière allumée sur tous les sommets, aide à toutes les misères, promulgation de tous les principes, la Convention le faisait, ayant dans les entrailles cette hydre, la Vendée, et sur les épaules ce tas de tigres, les rois.
X
Lieu immense. Tous les types humains, inhumains et surhumains étaient là. (…) Apostrophes, injures, défis. Regards furieux d’un côté à l’autre, poings montrés, pistolets entrevus, poignards à demi tirés. Énorme flamboiement de la tribune. Quelques-uns parlaient comme s’ils étaient adossés à la guillotine. Les têtes ondulaient, épouvantées et terribles. Tous ces hommes! tas de fumées poussées dans tous les sens.
XI
Esprits en proie au vent.
Mais ce vent était au vent de prodigue.
Être membre de la Convention, c’était être une vague de l’Océan. Et ceci était vrai des plus grands. La force d’impulsion venait d’en haut. Il y avait dans la Convention une volonté qui était celle de tous et n’était celle de personne. Cette volonté était une idée, une idée indomptable et démesurée qui soufflait dans l’ombre du haut du ciel. Nous appelions cela la Révolution. Quand cette idée passait, elle abattait et soulevait l’autre; elle emportait celui-ci en écume et brisait celui-là aux écueils. Cette idée savait où elle allait, et poussait le gouffre devant elle. Imputer la révolution aux hommes, c’est imputer la marée aux flots.
La révolution est une action de l’Inconnu. Appelez-la bonne action ou mauvaise action, selon que vous aspirez à l’avenir ou au passé, mais laissez-la à celui qui l’a faite. Elle semble l’œuvre en commun des grands événements et des grands individus mêlés, mais elle est en réalité la résultante des événements. Les événements dépensent, les hommes payent. Les événements dictent, les hommes signent. Le 14 juillet est signé Camille Desmoulins, le 10 août est signé Danton, le 2 septembre est signé Marat, le 21 septembre est signé Grégoire, le 21 janvier est signé Robespierre; mais Desmoulins, Danton, Marat, Grégoire et Robespierre ne sont que des greffiers. Le rédacteur énorme et sinistre de ces grandes pages a un nom, Dieu, et un masque, Destin. Robespierre croyait en Dieu. Certes!
La Révolution est une forme du phénomène immanent qui nous presse de toutes parts et que nous appelons la Nécessité.
Devant cette mystérieuse complication de bienfaits et de souffrances se dresse le Pourquoi? de l’histoire.
Parce que. Cette réponse de celui qui ne sait rien est aussi la réponse de celui qui sait tout.
En présence des catastrophes climatériques qui dévastent et vivifient la civilisation, on hésite à juger le détail. Blâmer ou louer les hommes à cause du résultat, c’est presque comme si on louait ou blâmait les chiffres à cause du total. Ce qui doit passer passe, ce qui doit souffler souffle. La sérénité éternelle ne souffre pas des aquilons. Au-dessus des révolutions la vérité et la justice demeurent comme le ciel étoilé au-dessus des tempêtes.
XII
Telle était cette Convention démesurée; camp retranché du genre humain attaqué par toutes les ténèbres, immense bivouac d’esprits sur un versant d’abîme. Rien dans l’histoire n’est comparable à ce groupe, à la fois sénat et populace, conclave et carrefour, aréopage et place publique, tribunal et accusé.
La Convention a toujours ployé au vent; mais ce vent sortait de la bouche du peuple et était le souffle de Dieu.
Et aujourd’hui, après quatre-vingts ans écoulés, chaque fois que devant la pensée de l’homme, quel qu’il soit, historien ou philosophe, la Convention apparaît, cet homme s’arrête et médite. Impossible de ne pas être attentif à ce grand passage d’ombres.
Beaucoup de révoltes sur la planète.
L’histoire se répète en boucle. Ou fait penser aux battants d'une porte tournante rivés sur un axe immobile.
Seuls les individus, les costumes, les décors, les armes, les nations et la période historique changent.
***
Quatre-vingt-treize, publié en 1873, est le dernier roman de Victor Hugo (1802-1885). Cette vaste fresque de la Révolution française, à travers l’opposition tumultueuse de trois hommes – un aristocrate royaliste, un républicain intransigeant et un noble passé dans les rangs du peuple – est une incontestable réussite romanesque. Quatre-vingt-treize
Victor Hugo
Livre troisième
La Convention
Extraits
Nous approchons de la grande cime.
Voici la Convention.
Le regard devient fixe en présence de ce sommet.
Jamais rien de plus haut n’est apparu sur l’horizon des hommes.
Il y a l’Himalaya et il y a la Convention
La Convention est peut-être le point culminant de l’histoire.
Du vivant de la Convention, car cela vit, une assemblée, on ne se rendait pas compte de ce qu’elle était. Ce qui échappait aux contemporains, c’était précisément sa grandeur; on était trop effrayé pour être ébloui. Tout ce qui est grand a une horreur sacrée. (…)
II
Le 14 juillet avait délivré.
Le 10 août avait foudroyé.
Le 21 septembre fonda.
Le 21 septembre, l’équinoxe, l’équilibre. Libra. La balance. Ce fut, suivant la remarque de Romme, sous ce signe de l’Égalité et de la Justice que la république fut proclamée. Une constellation fit l’annonce.
La Convention est le premier avatar du peuple. C’est par la Convention que s’ouvrit la grande page nouvelle et que l’avenir d’aujourd’hui commença.
À toute idée il faut une enveloppe visible, à tout principe il faut une habitation; une église, c’est Dieu entre quatre murs; à tout dogme, il faut un temple. Quand la Convention fut, il y eut un premier problème à résoudre, loger la Convention. (…)
Aux Tuileries, où la Convention vint siéger le 10 mai 1793, et qui s’appelèrent le Palais-National, la salle des séances occupait tout l’intervalle entre le pavillon de l’Horloge appelé pavillon-Unité et le pavillon Marsan appelé pavillon-Liberté.
IV
Qui voyait l’Assemblée ne songeait plus à la salle. Qui voyait le drame ne pensait plus au théâtre. Rien de plus difforme et de plus sublime. Un tas de héros, un troupeau de lâches. Des fauves sur une montagne, des reptiles dans un marais. Là fourmillant, se coudoyaient, se provoquaient, se menaçaient, luttaient et vivaient tous ces combattants qui sont aujourd’hui des fantômes. Dénombrement titanique. (…)
V
Au-dessous se courbaient l’épouvante, qui peut être noble, et la peur, qui est basse. Sous les passions, sous les héroïsmes, sous les dévouements, sous les rages, la morne cohue des anonymes. Les bas-fonds de l’Assemblée s’appelaient la Plaine. Il y avait là tout ce qui flotte; les hommes qui doutent, qui hésitent, qui reculent, qui ajournent, qui épient, chacun craignant quelqu’un. La Montagne, c’était l’élite La Gironde, c’était une élite; la Plaine, c’était la foule. (…)
VI
À ces hommes pleins de passions étaient mêlés les hommes pleins de songes. L’utopie était là sous toutes ses formes, sous sa forme belliqueuse qui admettait l’échafaud, et sous sa forme innocente qui abolissait la peine de mort; spectre du côté des trônes, ange du côté des peuples. (…)
VII
Au moment où ils condamnèrent à mort Louis XVI, Robespierre avait encore dix-huit mois à vivre, Danton quinze mois, Vergniaud neuf mois, Marat cinq mois et trois semaines, Le Peletier de Saint-Fargeau un jour. Court et terrible souffle des bouches humaines!
VIII
Le peuple avait sur la Convention une fenêtre ouverte, les tribunes publiques, et, quand la fenêtre ne suffisait pas, il ouvrait la porte, et la rue entrait dans l’assemblée. Ces invasions de la foule dans ce sénat sont une des plus surprenantes visions de l’histoire. Habituellement, ces irruptions étaient cordiales. Le carrefour fraternisait avec la chaise curule. Mais c’est une cordialité redoutable que celle d’un peuple qui, un jour, en trois heures, avait pris les canons des Invalides et quarante mille fusils.
IX
En même temps qu’elle dégageait de la révolution, cette assemblée produisait de la civilisation. Fournaise mais forge. Dans cette cuve bouillonnait la terreur, le progrès fermentait. De ce chaos d’ombre et de cette tumultueuse fuite de nuages, sortaient d’immenses rayons de lumière parallèles aux lois éternelles. Rayons restés sur l’horizon, visibles à jamais dans le ciel des peuples, et qui sont, l’un la justice, l’autre la tolérance, l’autre la bonté, l’autre la raison, l’autre la vérité, l’autre l’amour. La Convention promulguait ce grand axiome : La liberté du citoyen finit où la liberté d’un autre citoyen commence; ce qui résume en deux lignes toute la sociabilité humaine. Elle déclarait l’indigence sacrée; elle déclarait l’infirmité sacrée dans l’aveugle et dans le sourd-muet devenus pupilles de l’État, la maternité sacrée dans la fille-mère qu’elle consolait et relevait, l’enfance sacrée dans l’orphelin qu’elle faisait adopter par la patrie, l’innocence sacrée dans l’accusé acquitté qu’elle indemnisait. Elle flétrissait la traite des noirs; elle abolissait l’esclavage. Elle proclamait la solidarité civique. Elle décrétait l’instruction gratuite. Elle organisait l’éducation nationale par l’école normale à Paris, l’école centrale au chef-lieu, et l’école primaire dans la commune. Elle créait les conservatoires et les musées. Elle décrétait l’unité de code, l’unité de poids et de mesures, et l’unité de calcul par le système décimal. Elle fondait les finances de la France, et à la longue banqueroute monarchique elle faisait succéder le crédit public. Elle donnait à la circulation le télégraphe, à la vieillesse les hospices dotés, à la maladie les hôpitaux purifiés, à l’enseignement l’école polytechnique, à la science le bureau des longitudes, à l’esprit humain l’institut. En même temps que nationale, elle était cosmopolite. Des onze mille deux cent dix décrets qui sont sortis de la Convention, un tiers a un but politique, les deux tiers ont un but humain. Elle déclarait la morale universelle base de la loi. Et tout cela, servitude abolie, fraternité proclamée, humanité protégée, conscience humaine rectifiée, loi du travail transformée en droit et d’onéreuse devenue secourable, richesse nationale consolidée, enfance éclairée et assistée, lettres et sciences propagées, lumière allumée sur tous les sommets, aide à toutes les misères, promulgation de tous les principes, la Convention le faisait, ayant dans les entrailles cette hydre, la Vendée, et sur les épaules ce tas de tigres, les rois.
X
Lieu immense. Tous les types humains, inhumains et surhumains étaient là. (…) Apostrophes, injures, défis. Regards furieux d’un côté à l’autre, poings montrés, pistolets entrevus, poignards à demi tirés. Énorme flamboiement de la tribune. Quelques-uns parlaient comme s’ils étaient adossés à la guillotine. Les têtes ondulaient, épouvantées et terribles. Tous ces hommes! tas de fumées poussées dans tous les sens.
XI
Esprits en proie au vent.
Mais ce vent était au vent de prodigue.
Être membre de la Convention, c’était être une vague de l’Océan. Et ceci était vrai des plus grands. La force d’impulsion venait d’en haut. Il y avait dans la Convention une volonté qui était celle de tous et n’était celle de personne. Cette volonté était une idée, une idée indomptable et démesurée qui soufflait dans l’ombre du haut du ciel. Nous appelions cela la Révolution. Quand cette idée passait, elle abattait et soulevait l’autre; elle emportait celui-ci en écume et brisait celui-là aux écueils. Cette idée savait où elle allait, et poussait le gouffre devant elle. Imputer la révolution aux hommes, c’est imputer la marée aux flots.
La révolution est une action de l’Inconnu. Appelez-la bonne action ou mauvaise action, selon que vous aspirez à l’avenir ou au passé, mais laissez-la à celui qui l’a faite. Elle semble l’œuvre en commun des grands événements et des grands individus mêlés, mais elle est en réalité la résultante des événements. Les événements dépensent, les hommes payent. Les événements dictent, les hommes signent. Le 14 juillet est signé Camille Desmoulins, le 10 août est signé Danton, le 2 septembre est signé Marat, le 21 septembre est signé Grégoire, le 21 janvier est signé Robespierre; mais Desmoulins, Danton, Marat, Grégoire et Robespierre ne sont que des greffiers. Le rédacteur énorme et sinistre de ces grandes pages a un nom, Dieu, et un masque, Destin. Robespierre croyait en Dieu. Certes!
La Révolution est une forme du phénomène immanent qui nous presse de toutes parts et que nous appelons la Nécessité.
Devant cette mystérieuse complication de bienfaits et de souffrances se dresse le Pourquoi? de l’histoire.
Parce que. Cette réponse de celui qui ne sait rien est aussi la réponse de celui qui sait tout.
En présence des catastrophes climatériques qui dévastent et vivifient la civilisation, on hésite à juger le détail. Blâmer ou louer les hommes à cause du résultat, c’est presque comme si on louait ou blâmait les chiffres à cause du total. Ce qui doit passer passe, ce qui doit souffler souffle. La sérénité éternelle ne souffre pas des aquilons. Au-dessus des révolutions la vérité et la justice demeurent comme le ciel étoilé au-dessus des tempêtes.
XII
Telle était cette Convention démesurée; camp retranché du genre humain attaqué par toutes les ténèbres, immense bivouac d’esprits sur un versant d’abîme. Rien dans l’histoire n’est comparable à ce groupe, à la fois sénat et populace, conclave et carrefour, aréopage et place publique, tribunal et accusé.
La Convention a toujours ployé au vent; mais ce vent sortait de la bouche du peuple et était le souffle de Dieu.
Et aujourd’hui, après quatre-vingts ans écoulés, chaque fois que devant la pensée de l’homme, quel qu’il soit, historien ou philosophe, la Convention apparaît, cet homme s’arrête et médite. Impossible de ne pas être attentif à ce grand passage d’ombres.
4 juillet 2011
La guidance
Je croise des anges visibles, peut-être guidés par les invisibles, quasiment à tous les jours. Ils jouent les rôles de la comédie humaine, ignorant qu’ils sont de véritables anges. S’ils le savent, ils ne s’en vantent pas. Ils sont là au bon moment, prêts à aider, à donner de leur précieux temps, à simplement écouter et à souffler dans les voiles pour que tout s’accomplisse.
Une pensée, un mot, un geste, remplis d’amour, comme un baume pour le cœur, suffisent à faire oublier temporairement les illusions sordides que nous créons parfois ici-bas.
Les miracles que nous prenons pour acquis
et que nous attribuons au hasard, à la chance…
Combien de fois ne l’avons-nous pas échappé bel?
À qui un accident, une hécatombe, un incendie...
«Ah, ton heure n’était pas venue…» dirons-nous.
C’est juste. Mais, je crois qu’il y a plus.
Les miracles ne sont pas des récompenses pour bonne conduite; tout le monde y a droit, incluant le plus vilain des vilains. L’Énergie universelle ne juge pas car elle n’est pas concernée par la notion de «bien et mal». Elle se contente de manifester nos créations.
En 1990, la journaliste et auteur Sophy Burnham publiait un livre intitulé «A Book of Angels», juste avant que les anges ne prennent un regain de popularité et que les livres à leur sujet tapissent les rayons de librairies. (Ayant remporté un vif succès et reçu quantité de témoignages Burnham a publié un second ouvrage : «Angel Letters».)
À l’âge de 43 ans, l’auteur a décidé de raconter les événements mystérieux qui avaient jalonné sa vie et qu’aucune explication logique ne pouvait clarifier. Elle dit dans sa préface que le paranormal ne lui était pas du tout familier, mais qu’à la mi-temps de sa vie elle avait éprouvé le besoin d’explorer puis de témoigner, car elle avait eu la vie sauve de façon miraculeuse à quelques reprises.
Voici un condensé de divers enseignements au sujet de la guidance spirituelle et de l’aide physique que nous recevons, la plupart du temps sans y porter attention. Vous connaissez sûrement les données suivantes; mais il n’est pas défendu de se les remémorer de temps à autre.
L’aide, ou la guidance, provient de plusieurs sources. Il peut s’agir de vieux amis avec lesquels nous avons partagé des vies antérieures (actuellement incarnés ou non), ou de groupe d’âmes dont certains fragments ont terminé leurs classes terrestres; ainsi peuvent-ils nous faire profiter de leur expérience et prodiguer quelques conseils pertinents.
Nous pouvons également contacter durant le sommeil (à l’occasion d’un rêve lucide ou d’une décorporation volontaire) ou en méditation des êtres d’une vibration supérieure (sages, êtres réalisés, etc.) dont nous recevons les messages sous forme d’intuitions, de révélations, de rêves, de visions, etc.; ces derniers interviennent rarement dans le déroulement «terre à terre» de notre vie.
[À ces niveaux la notion de «bien et mal» n’existe pas. En réalité ce qu’on appelle le «mal» n’est constitué que d’énergies moins évoluées, ayant quand même un rôle à jouer dans notre évolution individuelle et collective.]
Certains groupes de guides, communément appelés anges, ont le pouvoir de modifier notre environnement physique de manière à nous protéger ou à faciliter la réalisation de certains buts.
[En passant : Dans l’iconographie angélique, les ailes représentent les énergies émanant d’un vortex dorsal semblable à notre chakra cardiaque; je le dessinerais si je le pouvais… De la même manière, les «assiettes» (auréoles) qu’on voit derrière la tête des saints représentent la spirale d’énergie provenant du chakra dorsal laryngé – gorge/glande pinéale. L’on peut voir ce chakra rayonner chez des gens qui ne sont pas du tout des saints. Les guides utilisent souvent ce vortex comme porte d’entrée dans notre énergie; ceux de haut niveau ne s’introduisent jamais sans notre consentement.]
À la suite de ces contacts, des guérisons mentales et émotionnelles peuvent s’ensuivre, allant parfois jusqu’à la guérison physique.
Des réponses à tout
Ce qu’on appelle l’Esprit universel est accessible à tous, et il n’est pas nécessaire d’être un «médium» chevronné pour recevoir inspiration et autres. Mais la plupart du temps nous ignorons les messages et signes ou bien nous les classons dans le fichier «coïncidences».
Les messages sont rarement spectaculaires. Nous ne sommes pas toujours prêts à recevoir directement par voie télépathique ou clairvoyante, alors il faut être patient et attentif.
Par exemple :
- La première chanson que nous entendons le matin à la radio pourrait contenir une résolution de problème – un mot, ou une phrase, peut suffire. Même chose concernant la télévision : le propos peut nous fournir la connaissance dont nous avons besoin sur le moment.
- Nous entendons une conversation qui pourrait s’avérer significative pour résoudre un problème.
- Nous voyons des mots, des chiffres, des symboles à répétition.
- Un paragraphe de journal, de livre ou de magazine peut également recéler un message adapté à notre situation.
- Nous avons l’intention de rencontrer quelqu’un ou de lui téléphoner, mais plein d’obstacles nous barrent la voie; nous ne sommes peut-être pas dans un état d’esprit adéquat. Par ailleurs, quand on insiste pour défoncer un barrage, c’est souvent à ce moment-là qu’on se casse la gueule. La vie est faite d’obstacles, et malheureusement il n’est pas toujours facile de savoir où finit la détermination et où commence l’obstination.
- Les animaux étant très sensibles aux énergies subtiles, ils peuvent servir de capteurs et de messagers. Si vous avez eu des animaux de compagnie, vous êtes en mesure de comprendre ce que je veux dire.
Les exemples sont légions. En définitive, l’important est de rester à l’écoute et d’agir en conséquence. L’assurance croît avec la pratique…
***
Demandez et vous recevrez
«La grande question demeure : comment inciter les anges à nous aider? Et les histoires, les unes après les autres, ne cessent de réaffirmer ce qu’on nous a dit : demander est la clé. Mais tout aussi étrange est l’aide qui survient alors que nous ignorons être en danger. Des mains invisibles nous stoppent ou nous entendons un avertissement : ‘Ne bouge pas’.»
~ Sophy Burnham*
Voici donc quelques histoires extraites d’Angel Letters. Rien de mieux que les témoignages pour illustrer un propos.
«Nous vivons en Louisiane. Les autoroutes du sud de la Louisiane serpentent de chaque côté des bayous.
Il y a quelques années ma mère et moi allions visiter ma sœur. Nous n’étions pas particulièrement pressées, mais la dame qui conduisait la grosse voiture devant nous nous ennuyait. Elle me rappelait mon professeur de troisième année avec son chignon. Le plus ennuyeux était qu’elle roulait sur les freins. Il n’y avait aucune raison de freiner autant. Nous roulions à près de 45 milles à l’heure, mais elle ne cessait de ralentir. Nous pensions qu’elle ne savait pas du tout où elle s’en allait. Je commençais à être exaspérée puisqu’à tout moment elle ralentissait jusqu’à réduire à 25 milles à l’heure. Puis, elle a quasiment stoppé pour emprunter un long chemin ovale à droite.
Je l’ai observée un moment, puis j’ai regardé la route devant. Je me suis retournée à nouveau vers le chemin; elle n’était plus là. Elle avait disparu très rapidement pour quelqu’un qui conduisait si lentement auparavant.
Nous continuions à rouler quand soudain un frisson m’a parcouru l’échine. Là devant, dans la courbe, un dix-huit roues avait percuté une petite voiture. L’accident venait juste de se produire. Les gens commençaient à sortir de leurs maisons pour aider les victimes. Mais la voiture et le camion étaient dans le fossé.
Nous étions en état de choc en passant à côté. Nous n’avons pas dit un mot pendant une bonne minute. Tout à coup, j’ai réalisé que nous roulions sur l’autoroute 308, sur le côté gauche du bayou Lafouche. L’autoroute du côté droit du bayou est l’autoroute 1. La dame ne pouvait avoir tourné à droite sur ce chemin ovale car elle aurait donné dans le bayou. Il n’y a pas de chemin ovale du côté droit, il n’y a que des maisons bayous. Pourtant nous l’avions vue toutes les deux. Elle avait définitivement viré à droite!
J’avais envie de pleurer. Était-ce un ange? Elle nous avait tant fait ralentir. Si nous avions continué à la même vitesse, nous aurions probablement été impliquées dans l’accident.»
~ Stephanie Boudreaux; Usouna, Louisiana
---
«Autour d’un an après le décès de mon mari, j’étais assise au salon, me sentant perdue et bien seule – je ne pouvais cesser de pleurer. Soudain la pièce fut remplie d’une odeur de fleurs – très puissante. Au même moment le téléphone sonna; c’était une amie qui voulait passer me voir. Je lui ai dit que je n’étais pas de très bonne compagnie, mais elle vint quand même. En passant la porte, elle dit : «Où sont les fleurs?» Je lui ai répondu : «Tu les sens toi aussi?» Elle ajouta : «Quelle était la fleur préférée de Till?» J’ai répondu : «Gardénia.» Alors, elle dit : «Il est ici avec toi et te dit de ne pas t’attrister.» Aussitôt, le parfum de fleurs s’évanouit.»
~ Mrs. Renee E. Mastalli; Bethesda, Maryland
---
«J’ai soixante-seize ans et je ne peux résister à vous écrire concernant une expérience vécue il y a longtemps.
Je travaillais au Smithsonian. Un jour, j’étais allé luncher au centre-ville. Au retour, j’attendais que le feu de circulation change à l’intersection Tenth Street et E. Soudain quelqu’un posa fermement la main sur mon épaule droite et me tira vers l’arrière; si rapidement que j’ai failli tomber. À l’instant même, un autobus tourna à droite sur E et passa sur le bord du trottoir directement à l’endroit où je me tenais. Je me suis retourné vers mon sauveteur, mais et il n’y avait personne. Il n’y avait absolument personne autour de moi puisque j’étais seul à attendre pour traverser. J’ai encore regardé autour, étonné, mais je savais qu’il n’y avait personne de vivant qui aurait pu m’aider. Je pense que j’ai été en état de choc pour le reste de la journée.»
~ Bethune M. Gibson; Sedona, Arizona
***
http://www.sophyburnham.com/
Une pensée, un mot, un geste, remplis d’amour, comme un baume pour le cœur, suffisent à faire oublier temporairement les illusions sordides que nous créons parfois ici-bas.
![]() |
| Ange souriant; Cathédrale de Reims |
et que nous attribuons au hasard, à la chance…
Combien de fois ne l’avons-nous pas échappé bel?
À qui un accident, une hécatombe, un incendie...
«Ah, ton heure n’était pas venue…» dirons-nous.
C’est juste. Mais, je crois qu’il y a plus.
Les miracles ne sont pas des récompenses pour bonne conduite; tout le monde y a droit, incluant le plus vilain des vilains. L’Énergie universelle ne juge pas car elle n’est pas concernée par la notion de «bien et mal». Elle se contente de manifester nos créations.
En 1990, la journaliste et auteur Sophy Burnham publiait un livre intitulé «A Book of Angels», juste avant que les anges ne prennent un regain de popularité et que les livres à leur sujet tapissent les rayons de librairies. (Ayant remporté un vif succès et reçu quantité de témoignages Burnham a publié un second ouvrage : «Angel Letters».)
À l’âge de 43 ans, l’auteur a décidé de raconter les événements mystérieux qui avaient jalonné sa vie et qu’aucune explication logique ne pouvait clarifier. Elle dit dans sa préface que le paranormal ne lui était pas du tout familier, mais qu’à la mi-temps de sa vie elle avait éprouvé le besoin d’explorer puis de témoigner, car elle avait eu la vie sauve de façon miraculeuse à quelques reprises.
Voici un condensé de divers enseignements au sujet de la guidance spirituelle et de l’aide physique que nous recevons, la plupart du temps sans y porter attention. Vous connaissez sûrement les données suivantes; mais il n’est pas défendu de se les remémorer de temps à autre.
L’aide, ou la guidance, provient de plusieurs sources. Il peut s’agir de vieux amis avec lesquels nous avons partagé des vies antérieures (actuellement incarnés ou non), ou de groupe d’âmes dont certains fragments ont terminé leurs classes terrestres; ainsi peuvent-ils nous faire profiter de leur expérience et prodiguer quelques conseils pertinents.
Nous pouvons également contacter durant le sommeil (à l’occasion d’un rêve lucide ou d’une décorporation volontaire) ou en méditation des êtres d’une vibration supérieure (sages, êtres réalisés, etc.) dont nous recevons les messages sous forme d’intuitions, de révélations, de rêves, de visions, etc.; ces derniers interviennent rarement dans le déroulement «terre à terre» de notre vie.
[À ces niveaux la notion de «bien et mal» n’existe pas. En réalité ce qu’on appelle le «mal» n’est constitué que d’énergies moins évoluées, ayant quand même un rôle à jouer dans notre évolution individuelle et collective.]
Certains groupes de guides, communément appelés anges, ont le pouvoir de modifier notre environnement physique de manière à nous protéger ou à faciliter la réalisation de certains buts.
[En passant : Dans l’iconographie angélique, les ailes représentent les énergies émanant d’un vortex dorsal semblable à notre chakra cardiaque; je le dessinerais si je le pouvais… De la même manière, les «assiettes» (auréoles) qu’on voit derrière la tête des saints représentent la spirale d’énergie provenant du chakra dorsal laryngé – gorge/glande pinéale. L’on peut voir ce chakra rayonner chez des gens qui ne sont pas du tout des saints. Les guides utilisent souvent ce vortex comme porte d’entrée dans notre énergie; ceux de haut niveau ne s’introduisent jamais sans notre consentement.]
À la suite de ces contacts, des guérisons mentales et émotionnelles peuvent s’ensuivre, allant parfois jusqu’à la guérison physique.
Des réponses à tout
Ce qu’on appelle l’Esprit universel est accessible à tous, et il n’est pas nécessaire d’être un «médium» chevronné pour recevoir inspiration et autres. Mais la plupart du temps nous ignorons les messages et signes ou bien nous les classons dans le fichier «coïncidences».
Les messages sont rarement spectaculaires. Nous ne sommes pas toujours prêts à recevoir directement par voie télépathique ou clairvoyante, alors il faut être patient et attentif.
Par exemple :
- La première chanson que nous entendons le matin à la radio pourrait contenir une résolution de problème – un mot, ou une phrase, peut suffire. Même chose concernant la télévision : le propos peut nous fournir la connaissance dont nous avons besoin sur le moment.
- Nous entendons une conversation qui pourrait s’avérer significative pour résoudre un problème.
- Nous voyons des mots, des chiffres, des symboles à répétition.
- Un paragraphe de journal, de livre ou de magazine peut également recéler un message adapté à notre situation.
- Nous avons l’intention de rencontrer quelqu’un ou de lui téléphoner, mais plein d’obstacles nous barrent la voie; nous ne sommes peut-être pas dans un état d’esprit adéquat. Par ailleurs, quand on insiste pour défoncer un barrage, c’est souvent à ce moment-là qu’on se casse la gueule. La vie est faite d’obstacles, et malheureusement il n’est pas toujours facile de savoir où finit la détermination et où commence l’obstination.
- Les animaux étant très sensibles aux énergies subtiles, ils peuvent servir de capteurs et de messagers. Si vous avez eu des animaux de compagnie, vous êtes en mesure de comprendre ce que je veux dire.
Les exemples sont légions. En définitive, l’important est de rester à l’écoute et d’agir en conséquence. L’assurance croît avec la pratique…
***
Demandez et vous recevrez
«La grande question demeure : comment inciter les anges à nous aider? Et les histoires, les unes après les autres, ne cessent de réaffirmer ce qu’on nous a dit : demander est la clé. Mais tout aussi étrange est l’aide qui survient alors que nous ignorons être en danger. Des mains invisibles nous stoppent ou nous entendons un avertissement : ‘Ne bouge pas’.»
~ Sophy Burnham*
Voici donc quelques histoires extraites d’Angel Letters. Rien de mieux que les témoignages pour illustrer un propos.
«Nous vivons en Louisiane. Les autoroutes du sud de la Louisiane serpentent de chaque côté des bayous.
Il y a quelques années ma mère et moi allions visiter ma sœur. Nous n’étions pas particulièrement pressées, mais la dame qui conduisait la grosse voiture devant nous nous ennuyait. Elle me rappelait mon professeur de troisième année avec son chignon. Le plus ennuyeux était qu’elle roulait sur les freins. Il n’y avait aucune raison de freiner autant. Nous roulions à près de 45 milles à l’heure, mais elle ne cessait de ralentir. Nous pensions qu’elle ne savait pas du tout où elle s’en allait. Je commençais à être exaspérée puisqu’à tout moment elle ralentissait jusqu’à réduire à 25 milles à l’heure. Puis, elle a quasiment stoppé pour emprunter un long chemin ovale à droite.
Je l’ai observée un moment, puis j’ai regardé la route devant. Je me suis retournée à nouveau vers le chemin; elle n’était plus là. Elle avait disparu très rapidement pour quelqu’un qui conduisait si lentement auparavant.
Nous continuions à rouler quand soudain un frisson m’a parcouru l’échine. Là devant, dans la courbe, un dix-huit roues avait percuté une petite voiture. L’accident venait juste de se produire. Les gens commençaient à sortir de leurs maisons pour aider les victimes. Mais la voiture et le camion étaient dans le fossé.
Nous étions en état de choc en passant à côté. Nous n’avons pas dit un mot pendant une bonne minute. Tout à coup, j’ai réalisé que nous roulions sur l’autoroute 308, sur le côté gauche du bayou Lafouche. L’autoroute du côté droit du bayou est l’autoroute 1. La dame ne pouvait avoir tourné à droite sur ce chemin ovale car elle aurait donné dans le bayou. Il n’y a pas de chemin ovale du côté droit, il n’y a que des maisons bayous. Pourtant nous l’avions vue toutes les deux. Elle avait définitivement viré à droite!
J’avais envie de pleurer. Était-ce un ange? Elle nous avait tant fait ralentir. Si nous avions continué à la même vitesse, nous aurions probablement été impliquées dans l’accident.»
~ Stephanie Boudreaux; Usouna, Louisiana
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«Autour d’un an après le décès de mon mari, j’étais assise au salon, me sentant perdue et bien seule – je ne pouvais cesser de pleurer. Soudain la pièce fut remplie d’une odeur de fleurs – très puissante. Au même moment le téléphone sonna; c’était une amie qui voulait passer me voir. Je lui ai dit que je n’étais pas de très bonne compagnie, mais elle vint quand même. En passant la porte, elle dit : «Où sont les fleurs?» Je lui ai répondu : «Tu les sens toi aussi?» Elle ajouta : «Quelle était la fleur préférée de Till?» J’ai répondu : «Gardénia.» Alors, elle dit : «Il est ici avec toi et te dit de ne pas t’attrister.» Aussitôt, le parfum de fleurs s’évanouit.»
~ Mrs. Renee E. Mastalli; Bethesda, Maryland
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«J’ai soixante-seize ans et je ne peux résister à vous écrire concernant une expérience vécue il y a longtemps.
Je travaillais au Smithsonian. Un jour, j’étais allé luncher au centre-ville. Au retour, j’attendais que le feu de circulation change à l’intersection Tenth Street et E. Soudain quelqu’un posa fermement la main sur mon épaule droite et me tira vers l’arrière; si rapidement que j’ai failli tomber. À l’instant même, un autobus tourna à droite sur E et passa sur le bord du trottoir directement à l’endroit où je me tenais. Je me suis retourné vers mon sauveteur, mais et il n’y avait personne. Il n’y avait absolument personne autour de moi puisque j’étais seul à attendre pour traverser. J’ai encore regardé autour, étonné, mais je savais qu’il n’y avait personne de vivant qui aurait pu m’aider. Je pense que j’ai été en état de choc pour le reste de la journée.»
~ Bethune M. Gibson; Sedona, Arizona
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* Lire Sophy Burnham est pur délice.
Elle a remporté de nombreux prix en différents styles d'écriture : roman, théâtre, film, radio, discours politique, articles, essais et journalisme d'enquête. Elle est également thérapeute.
Son dernier roman, The Treasure of Montségur, retrace l'histoire d'une jeune enfant, Jeanne, trouvée seule dans un champ. Une matriarche Cathare, Lade Esclarmonde, la prend sous son aile et lui enseigne les coutumes de la secte cathare. Jeanne sera bientôt exposée à la sanglante guerre des Catholiques contre cette communauté du sud de la France qui essaie de survivre aux ravages de l'Inquisition. L'on découvre que l'exceptionnelle Jeanne possède un talent de guérisseuse. Lorsque les Catholiques incendient les forteresses Cathares en série, Jeanne devient la préservatrice des enseignements de la communauté. Ce roman étonnant, brutal et passionné rend compte d'une période historique dont nous aurions intérêt à nous rappeler car lorsque des groupes religieux contrôlent, détruisent et oppriment ceux qui pensent différemment, l'horreur n'a pas de limite.
Dernier ouvrage sur la spiritualité : The Art of Intuition - 2011.
Son dernier roman, The Treasure of Montségur, retrace l'histoire d'une jeune enfant, Jeanne, trouvée seule dans un champ. Une matriarche Cathare, Lade Esclarmonde, la prend sous son aile et lui enseigne les coutumes de la secte cathare. Jeanne sera bientôt exposée à la sanglante guerre des Catholiques contre cette communauté du sud de la France qui essaie de survivre aux ravages de l'Inquisition. L'on découvre que l'exceptionnelle Jeanne possède un talent de guérisseuse. Lorsque les Catholiques incendient les forteresses Cathares en série, Jeanne devient la préservatrice des enseignements de la communauté. Ce roman étonnant, brutal et passionné rend compte d'une période historique dont nous aurions intérêt à nous rappeler car lorsque des groupes religieux contrôlent, détruisent et oppriment ceux qui pensent différemment, l'horreur n'a pas de limite.
Dernier ouvrage sur la spiritualité : The Art of Intuition - 2011.
http://www.sophyburnham.com/
29 juin 2011
S’arrêter
Arrêtez-vous et regardez autour de vous.
Regardez par la fenêtre sans cadre
D’une longue pause.
Laissez les images venir de l’intérieur
Plutôt que de courir après à l’extérieur.
Laissez-vous réorienter
De manière à ne plus être emporté
Par le flot des événements.
Si vous voulez voir différemment,
Vous devez regarder différemment.
Les vents, les eaux, le glacier blanc pur et le cœur de la montagne chantent quelque chose de plus grand que vos précieuses petites pensées.
~ Ji Aoi Isshi
De cultiver le courage.
Et à travers un entraînement rigoureux
De perfectionner l’art du kendo
De tenir en haute estime la courtoisie et l’honneur
De s’associer aux autres avec sincérité.
Et de toujours viser l’amélioration de soi.
Ainsi peut-on :
Aimer sa patrie et sa société;
Contribuer au développement de la culture
Et promouvoir la paix et la prospérité pour tous.
La discipline, l’austérité et le don de soi font partie intégrante de cet art martial. La courtoisie et le respect en sont les principales valeurs. Le kendo aide également à développer la confiance en soi et la concentration. Les adeptes sérieux font d’ailleurs preuve d’une assurance tranquille peu commune.
Regardez par la fenêtre sans cadre
D’une longue pause.
Laissez les images venir de l’intérieur
Plutôt que de courir après à l’extérieur.
Laissez-vous réorienter
De manière à ne plus être emporté
Par le flot des événements.
Si vous voulez voir différemment,
Vous devez regarder différemment.
Les vents, les eaux, le glacier blanc pur et le cœur de la montagne chantent quelque chose de plus grand que vos précieuses petites pensées.
~ Ji Aoi Isshi
***
La voix du pin chuchote toujours,
Pourtant, qui s’arrête pour écouter?
Car, lorsque l'esprit affairé se calme,
Le Diamant du Cœur, à l’intérieur
Reflète même le crépuscule qui tombe, voile l’œil et la branche,
Qui entend, mais n'écoute pas.
Si nous avançons avec courage et bonté,
Sans jamais cesser de nous émerveiller,
Nous suivons notre voie première.
Car la Voie du Sabre [kendo*] est double;
Comme la rose, nous avons des épines,
Et comme la rose, nous fleurissons.
~ Ji Aoi Isshi
Note 3 juillet : J'ignorais que le 2 juillet 2011 avait lieu le 17e Canadian National Kendo Championship en Colombie Britannique. Étrange synchronicité...
Pourtant, qui s’arrête pour écouter?
Car, lorsque l'esprit affairé se calme,
Le Diamant du Cœur, à l’intérieur
Reflète même le crépuscule qui tombe, voile l’œil et la branche,
Qui entend, mais n'écoute pas.
Si nous avançons avec courage et bonté,
Sans jamais cesser de nous émerveiller,
Nous suivons notre voie première.
Car la Voie du Sabre [kendo*] est double;
Comme la rose, nous avons des épines,
Et comme la rose, nous fleurissons.
~ Ji Aoi Isshi
Note 3 juillet : J'ignorais que le 2 juillet 2011 avait lieu le 17e Canadian National Kendo Championship en Colombie Britannique. Étrange synchronicité...
* Kendo – la Voie du Sabre, art martial dont le but est :
De modeler l’esprit et le corps De cultiver le courage.
Et à travers un entraînement rigoureux
De perfectionner l’art du kendo
De tenir en haute estime la courtoisie et l’honneur
De s’associer aux autres avec sincérité.
Et de toujours viser l’amélioration de soi.
Ainsi peut-on :
Aimer sa patrie et sa société;
Contribuer au développement de la culture
Et promouvoir la paix et la prospérité pour tous.
La discipline, l’austérité et le don de soi font partie intégrante de cet art martial. La courtoisie et le respect en sont les principales valeurs. Le kendo aide également à développer la confiance en soi et la concentration. Les adeptes sérieux font d’ailleurs preuve d’une assurance tranquille peu commune.
Antidote au fanatisme
Prière à Dieu
Voltaire
Traité sur la tolérance
Chapitre XXIII
Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui a tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature; que ces erreurs ne fassent point nos calamités. Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supporte ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s’enorgueillir.
Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu'à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.
Extrait d’un commentaire :
À l’occasion de la mort de Jean Calas, Voltaire, rédige le «Traité sur la tolérance» en 1763. Cette œuvre ouvre une réflexion sur la religion et les fanatismes. Il a voulu dénoncer les fanatismes religieux, pour plaider la cause des protestants et de toutes les autres religions. Dans cet extrait, intitulé «Prière à Dieu», Voltaire remet essentiellement en cause les différentes formes d’intolérance religieuse à travers la forme d’une prière; cette prière, apparemment adressée à Dieu est, en réalité, un appel pathétique aux hommes, un appel à la tolérance et à la fraternité.
[L’affaire Calas : un jeune homme, Marc Antoine Calas, a été retrouvé pendu chez lui, et on a accusé son père, Jean Calas, un protestant, d’avoir assassiné son fils, pour l’empêcher de devenir catholique. Jean Calas a été condamné au supplice de la roue (écartèlement) et Voltaire a décidé de reprendre toute l’enquête car il était convaincu qu’il était innocent. Au bout de trois ans d’enquête, d’effort, on a réhabilité Jean Calas.]
Voltaire
Traité sur la tolérance
Chapitre XXIII
Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui a tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature; que ces erreurs ne fassent point nos calamités. Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supporte ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s’enorgueillir.
Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu'à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.
Extrait d’un commentaire :
À l’occasion de la mort de Jean Calas, Voltaire, rédige le «Traité sur la tolérance» en 1763. Cette œuvre ouvre une réflexion sur la religion et les fanatismes. Il a voulu dénoncer les fanatismes religieux, pour plaider la cause des protestants et de toutes les autres religions. Dans cet extrait, intitulé «Prière à Dieu», Voltaire remet essentiellement en cause les différentes formes d’intolérance religieuse à travers la forme d’une prière; cette prière, apparemment adressée à Dieu est, en réalité, un appel pathétique aux hommes, un appel à la tolérance et à la fraternité.
[L’affaire Calas : un jeune homme, Marc Antoine Calas, a été retrouvé pendu chez lui, et on a accusé son père, Jean Calas, un protestant, d’avoir assassiné son fils, pour l’empêcher de devenir catholique. Jean Calas a été condamné au supplice de la roue (écartèlement) et Voltaire a décidé de reprendre toute l’enquête car il était convaincu qu’il était innocent. Au bout de trois ans d’enquête, d’effort, on a réhabilité Jean Calas.]
28 juin 2011
27 juin 2011
Pour en finir avec l’agonie
Saga du mourir dans la dignité (suite)
[Détails de cette triste histoire : messages des 23, 25, 27 mai et 14 juin 2011, ainsi que «Euthanasie - À qui appartient ce corps?» http://situationplanetaire.blogspot.com/2010/09/qui-appartient-ce-corps.html ]
Maintenant 42 jours que ma mère est hospitalisée en attente d’être acheminée vers un CHSLD (soins de longue durée). Espérons qu’elle ne se rendra pas jusque-là…
Étant donné qu’on ne peut/veut pas aider ma mère à mourir dans la dignité, et pour en finir avec son agonie, elle refuse désormais toute nourriture. Faut le faire, à 90 ans!
Samedi matin ma mère ayant subi une crise d’angine, une infirmière lui a sauvagement flanqué une piqûre dans la fesse sans l’avertir ni la préparer! Extrêmement douloureux.
On pourrait facilement croire que le personnel médical soit largement constitué de psychopathes, c’est-à-dire, d’individus exempts d’empathie et de compassion. Et nous restons des témoins impuissants et révoltés devant cette brutalité dispensée par des robots exécutant les tâches d’un simple job. Néanmoins, je ne veux pas être injuste. Il y a également du personnel bienveillant. Mais il suffit de tomber sur quelques individus indifférents à la souffrance d'autrui pour basculer dans le jugement. Je n'y échappe pas... même si c'est temporaire.
Toujours est-il que le 18 juin dernier, ma mère était désemparée. Elle s’était fait voler ses articles de toilette, dont sa brosse à dents, son dentifrice et ses lunettes, par sa voisine de chambre. Une femme atteinte de démence assez avancée, manifestement capable d’agressivité, j’en ai été témoin.
Je suis donc allée au poste infirmier de l’étage pour signaler le problème. L’infirmière avait l’air de s’en ficher, elle riait même, m’expliquant que cette femme était un peu fêlée mais pas vraiment dangereuse. J’ai haussé le ton pour demander qu’on remplace cette patiente par une personne tranquille. Lorsque je suis allée vendredi dernier, c’était fait. Toujours ça de gagné.
Quelqu’un me racontait qu’on avait jumelé une patiente ayant subi une chirurgie cardiaque à un patient schizophrène qui se cachait régulièrement sous son lit. Facile de récupérer en pareille condition… Quel manque de discernement (ou de gros bon sens), c’est incroyable.
Je me permets de publier la lettre d’une dame dont la mère est logée en CHSLD et qui dénonce ce mixage de patients sains d’esprit avec des déficients mentaux, puisque j’ai moi-même souvent vu pareilles aberrations.
***
Publié le 25 juin 2011 à 12h31
Sans défense
[Détails de cette triste histoire : messages des 23, 25, 27 mai et 14 juin 2011, ainsi que «Euthanasie - À qui appartient ce corps?» http://situationplanetaire.blogspot.com/2010/09/qui-appartient-ce-corps.html ]
Maintenant 42 jours que ma mère est hospitalisée en attente d’être acheminée vers un CHSLD (soins de longue durée). Espérons qu’elle ne se rendra pas jusque-là…
Étant donné qu’on ne peut/veut pas aider ma mère à mourir dans la dignité, et pour en finir avec son agonie, elle refuse désormais toute nourriture. Faut le faire, à 90 ans!
Samedi matin ma mère ayant subi une crise d’angine, une infirmière lui a sauvagement flanqué une piqûre dans la fesse sans l’avertir ni la préparer! Extrêmement douloureux.
On pourrait facilement croire que le personnel médical soit largement constitué de psychopathes, c’est-à-dire, d’individus exempts d’empathie et de compassion. Et nous restons des témoins impuissants et révoltés devant cette brutalité dispensée par des robots exécutant les tâches d’un simple job. Néanmoins, je ne veux pas être injuste. Il y a également du personnel bienveillant. Mais il suffit de tomber sur quelques individus indifférents à la souffrance d'autrui pour basculer dans le jugement. Je n'y échappe pas... même si c'est temporaire.
Toujours est-il que le 18 juin dernier, ma mère était désemparée. Elle s’était fait voler ses articles de toilette, dont sa brosse à dents, son dentifrice et ses lunettes, par sa voisine de chambre. Une femme atteinte de démence assez avancée, manifestement capable d’agressivité, j’en ai été témoin.
Je suis donc allée au poste infirmier de l’étage pour signaler le problème. L’infirmière avait l’air de s’en ficher, elle riait même, m’expliquant que cette femme était un peu fêlée mais pas vraiment dangereuse. J’ai haussé le ton pour demander qu’on remplace cette patiente par une personne tranquille. Lorsque je suis allée vendredi dernier, c’était fait. Toujours ça de gagné.
Quelqu’un me racontait qu’on avait jumelé une patiente ayant subi une chirurgie cardiaque à un patient schizophrène qui se cachait régulièrement sous son lit. Facile de récupérer en pareille condition… Quel manque de discernement (ou de gros bon sens), c’est incroyable.
Je me permets de publier la lettre d’une dame dont la mère est logée en CHSLD et qui dénonce ce mixage de patients sains d’esprit avec des déficients mentaux, puisque j’ai moi-même souvent vu pareilles aberrations.
***
Publié le 25 juin 2011 à 12h31
Sans défense
Francine Lanoix
Résidante de Laval, l'auteure adresse sa lettre ouverte aux ministres de la Santé, Yves Bolduc, et des Aînés, Marguerite Blais.
La Presse
Résidante de Laval, l'auteure adresse sa lettre ouverte aux ministres de la Santé, Yves Bolduc, et des Aînés, Marguerite Blais.
La Presse
Ma famille et moi, nous désirons vous faire part d'une situation inquiétante qui nous fait craindre pour la sécurité de notre mère, placée dans un CHSLD de Laval en janvier dernier. Nous ne le nommerons pas, car nous savons que la situation est la même dans tous les autres CHSLD du réseau public.
Dans ces établissements, selon le mandat qui leur a été confié par le gouvernement du Québec, on place indifféremment les unes à côté des autres les personnes non autonomes, qu'elles soient saines d'esprit ou non, peu importe qu'elles souffrent de démence et qu'elles soient violentes et potentiellement dangereuses pour les autres.
En plaçant notre mère dans un CHSLD, nous espérions au moins atténuer ses inquiétudes et compenser un peu le traumatisme qu'elle vivait, en l'assurant qu'elle y serait en sécurité, qu'elle aurait droit à son intimité, à la paix et à la quiétude. Or, nous avons constaté que ce n'est pas le cas, à la suite d'au moins quatre incidents violents impliquant des résidants dont la chambre est à proximité de celle de ma mère.
Un homme s'est introduit dans la chambre de ma mère en son absence (les chambres ne ferment pas à clé) et mes parents l'ont trouvé en train de fouiller dans les tiroirs lorsque mon père a ramené ma mère.
Une femme s'est introduite dans la chambre pendant que ma mère et moi y étions; elle refusait de sortir et est devenue violente quand on a tenté de la chasser. Il a fallu faire intervenir le personnel.
Ma sœur a été témoin, en présence de ma mère, d'une bagarre où une résidante en a battu une autre.
Pendant que nous discutions paisiblement au balcon de la résidence, une résidante qui avait échappé à la vigilance du personnel est venue nous insulter et nous agresser verbalement. Elle aussi refusait de partir. J'ai alors appelé l'infirmière qui venait elle-même d'être agressée physiquement par cette femme en tentant de lui arracher les mains d'autour du cou d'une autre résidante qu'elle était en train d'étrangler.
Nous dénonçons vigoureusement cette situation qui est inacceptable. Ma mère et toutes les autres personnes âgées qui vivent le même sort sont sans défense. Elles sont prises en otages par le «système». Sous prétexte qu'elles sont non autonomes et donc placées en CHSLD, on bafoue leurs droits les plus élémentaires à la sécurité au moment où elles en ont le plus besoin. On leur fait courir des risques graves et on menace leur santé et leur vie.
Il y a pourtant une solution simple: le CHSLD où réside ma mère comporte plusieurs étages, chacun divisé en trois sections. Il serait facile de placer à des étages différents toutes les personnes saines d'esprit et toutes les personnes potentiellement dangereuses ou violentes.
Lorsque j'ai informé l'un des cadres du CHSLD de la situation et que je lui ai fait cette suggestion, il m'a dit qu'il n'y pouvait rien, que tel était le mandat qu'ils avaient reçu du ministère de la Santé: recevoir et placer côte à côte toutes les personnes physiquement non autonomes, sans tenir compte de leur santé mentale et des risques qu'elles font courir aux autres résidants. Il a reconnu lui-même qu'il y avait de tels risques et que ma mère n'avait d'autre choix que de s'en accommoder au péril de sa vie et de sa santé.
Qu'est-ce qu'on attend pour changer la situation? Faut-il, une fois de plus, un drame pour que les choses bougent? Faut-il que ma mère ou une autre résidante se fasse battre ou étrangler avant que le gouvernement agisse?
***
Pour conclure, une excellente parodie du système de santé, par l’humoriste Laurent Paquin – un extrait des «Parlementeries»
http://www.youtube.com/watch?v=2Qig5z7AfFQ&feature=related
24 juin 2011
T'as faim?
«T’as faim? Mange ta main, garde l’autre pour demain!»
Une vieille boutade de bancs d’école!
Stupide… mais était-elle prémonitoire à notre présent?
En réponse à la nucléo-schisto-mania et à l’infernalia agroalimentaire qui en résulte, voici un article de Pierre Rabhi. Nul besoin d’être un «bolé scientifique» pour comprendre!
J'ai un énorme contentieux avec la modernité
Par Pierre Rabhi le vendredi 14 janvier 2011, 16:33
Je ne partage pas l'idée selon laquelle l'économie de marché à sorti le monde de la précarité. Je suis témoin du contraire. Dans cette oasis du Sud algérien où j'ai grandi, j'ai vu une petite société pastorale bouleversée par l'arrivée de l'industrie houillère. Mon père, qui faisait chanter l'enclume pour entretenir les outils des cultivateurs, a dû fermer son atelier pour s'abîmer dans les entrailles de la terre. Au Nord comme au Sud, des hommes ont été consignés pour faire grossir un capital financier dont ils n'avaient que des miettes. Ils y ont perdu leur liberté, leur dignité, leurs savoir-faire. J'avais 20 ans quand j'ai réalisé que la modernité n'était qu'une vaste imposture.
Je n'ai cessé, depuis, de rechercher les moyens d'échapper au salariat, que je considère, à tort ou à raison, comme facteur d'aliénation. C'est ainsi que je suis devenu "paysan agroécologiste sans frontières". Depuis trente ans, j'enseigne en Afrique des techniques que j'ai débord expérimentées sur notre ferme ardéchoise. Je rencontre des agriculteurs pris dans le traquenard de la mondialisation. Des hommes à qui l'on a dit : "Le gouvernement compte sur vous pour produire des devises avec des denrées exportables. Vous devez cultiver plus d'arachide, de coton, de café. Il vous faut pour cela des engrais, des semences, des pesticides." Dans un premier temps, on leur distribue gratuitement. Cadeau empoisonné. Car, à l'évidence, la terre est dopée et la récolte est plus abondante. Impressionné, le paysan retourne à la coopérative. Cette fois, les produits miracles sont en vente, à prix indexé sur celui du pétrole qui a servi à produire des engrais. "Tu n'as pas d'argent? On va te les avancer et on déduira de la vente de ta récolte."
Le paysan sahélien qui cultivait un lopin familial se retrouve alors propulsé par la loi du marché dans la même arène que le gros producteur de plaines américaines ; endetté, puis insolvable. On a ainsi provoqué une misère de masse, bien au-delà de la pauvreté. Le travail que nous faisons au Burkina Faso, au Maroc, au Mali et, depuis peu, au Bénin et en Roumanie, consiste à affranchir les agriculteurs en leur transmettant des savoir-faire écologiques et en réhabilitant leurs pratiques traditionnelles.
Pendant des siècles, on a su travailler la terre sans intrants et sans la crise qui affecte aujourd'hui même les pays dits prospères. Je réfléchis à la création d'un modèle qui s'appellerait "un hectare, une famille, un habitat". Demain, on ne pourra plus assurer les retraites, les indemnités de chômage. Il faudra réapprendre à vivre avec un potager, un verger, un clapier, un poulailler, une ruche et des petits ruminants. Retrouver une performance qui ne se fonde pas sur une croissance illusoire mais sur la capacité à satisfaire ses besoins avec les moyens les plus simples.
Pierre Rabhi
http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php?post/2011/01/14/Jai-un-enorme-contentieux-avec-la-modernite
Une vieille boutade de bancs d’école!
Stupide… mais était-elle prémonitoire à notre présent?
En réponse à la nucléo-schisto-mania et à l’infernalia agroalimentaire qui en résulte, voici un article de Pierre Rabhi. Nul besoin d’être un «bolé scientifique» pour comprendre!
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| Pierre Rabhi, photo de son site |
J'ai un énorme contentieux avec la modernité
Par Pierre Rabhi le vendredi 14 janvier 2011, 16:33
Je ne partage pas l'idée selon laquelle l'économie de marché à sorti le monde de la précarité. Je suis témoin du contraire. Dans cette oasis du Sud algérien où j'ai grandi, j'ai vu une petite société pastorale bouleversée par l'arrivée de l'industrie houillère. Mon père, qui faisait chanter l'enclume pour entretenir les outils des cultivateurs, a dû fermer son atelier pour s'abîmer dans les entrailles de la terre. Au Nord comme au Sud, des hommes ont été consignés pour faire grossir un capital financier dont ils n'avaient que des miettes. Ils y ont perdu leur liberté, leur dignité, leurs savoir-faire. J'avais 20 ans quand j'ai réalisé que la modernité n'était qu'une vaste imposture.
Je n'ai cessé, depuis, de rechercher les moyens d'échapper au salariat, que je considère, à tort ou à raison, comme facteur d'aliénation. C'est ainsi que je suis devenu "paysan agroécologiste sans frontières". Depuis trente ans, j'enseigne en Afrique des techniques que j'ai débord expérimentées sur notre ferme ardéchoise. Je rencontre des agriculteurs pris dans le traquenard de la mondialisation. Des hommes à qui l'on a dit : "Le gouvernement compte sur vous pour produire des devises avec des denrées exportables. Vous devez cultiver plus d'arachide, de coton, de café. Il vous faut pour cela des engrais, des semences, des pesticides." Dans un premier temps, on leur distribue gratuitement. Cadeau empoisonné. Car, à l'évidence, la terre est dopée et la récolte est plus abondante. Impressionné, le paysan retourne à la coopérative. Cette fois, les produits miracles sont en vente, à prix indexé sur celui du pétrole qui a servi à produire des engrais. "Tu n'as pas d'argent? On va te les avancer et on déduira de la vente de ta récolte."
Le paysan sahélien qui cultivait un lopin familial se retrouve alors propulsé par la loi du marché dans la même arène que le gros producteur de plaines américaines ; endetté, puis insolvable. On a ainsi provoqué une misère de masse, bien au-delà de la pauvreté. Le travail que nous faisons au Burkina Faso, au Maroc, au Mali et, depuis peu, au Bénin et en Roumanie, consiste à affranchir les agriculteurs en leur transmettant des savoir-faire écologiques et en réhabilitant leurs pratiques traditionnelles.
Pendant des siècles, on a su travailler la terre sans intrants et sans la crise qui affecte aujourd'hui même les pays dits prospères. Je réfléchis à la création d'un modèle qui s'appellerait "un hectare, une famille, un habitat". Demain, on ne pourra plus assurer les retraites, les indemnités de chômage. Il faudra réapprendre à vivre avec un potager, un verger, un clapier, un poulailler, une ruche et des petits ruminants. Retrouver une performance qui ne se fonde pas sur une croissance illusoire mais sur la capacité à satisfaire ses besoins avec les moyens les plus simples.
***
Un de ses poèmes :
Des songes heureux pour ensemencer les siècles...
Sachez que la Création ne nous appartient pas, mais que nous sommes ses enfants.
Gardez-vous de toute arrogance car les arbres et toutes les créatures sont également enfants de la Création.
Vivez avec légèreté sans jamais outrager l’eau, le souffle ou la lumière.
Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude.
Lorsque vous immolez un animal, sachez que c’est la vie qui se donne à la vie et que rien ne soit dilapidé de ce don.
Sachez établir la mesure de toute chose.
Ne faites point de bruit inutile, ne tuez pas sans nécessité ou par divertissement.
Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu’ensemble ils enfantent, et l’oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel autant que la terre.
Soyez très éveillés lorsque le soleil illumine vos sentiers et lorsque la nuit vous rassemble, ayez confiance en elle, car si vous n’avez ni haine ni ennemi, elle vous conduira sans dommage, sur ses pirogues de silence, jusqu’aux rives de l’aurore.
Que le temps et l’âge ne vous accablent pas, car ils vous préparent à d’autres naissances, et dans vos jours amoindris, si votre vie fut juste, il naîtra de nouveaux songes heureux, pour ensemencer les siècles.
Pierre Rabhi, Extrait du Recours à la Terre, Terre du ciel, 1995
Son dernier livre :
Terre Mère, homicide volontaire?
Nouvel ouvrage de Pierre Rabhi. Entretiens avec Jacques-Olivier Durand. Editions le Navire. "De quoi manque le plus notre monde? D'humain ! ... Humain, humanisme, humanité... autant de termes qui ont la même racine qu'humus, cette vitamine indispensable à la mince couverture de terre qui, à la surface de notre planète, assure notre survie." Dans cet ouvrage, Pierre Rabhi en appelle aux consciences, particulièrement à celles des jeunes, pour que l'humain se réconcilie avec la nature. Pour que chacun cultive, là où il vit, une "oasis d'humain dans ce désert d'inhumanité".
Son site - à lire de A à Z : http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php?post/2011/01/14/Jai-un-enorme-contentieux-avec-la-modernite
23 juin 2011
Haïku Portugais
Fascinant le Fado.
Destin, fatalité?
Lawton McCowl disait : «Le Fado c’est la vie».
La vie dans le passé et la doléance de ce qu’on croit perdu à jamais.
Pourtant…
Quoiqu’il en soit, ce chant traditionnel poétique me fait penser au haïku de par son extrême simplicité. En réalité, c’est ce qui lui donne sa richesse et sa profondeur.
Le nostalgique Fado Menor s’interroge, entre autres, sur l’âme et la nature éphémère de nos désirs toujours exposés à la destruction (par des forces hors de notre contrôle). Le mélodrame passionnel y tient une place d’importance, de même que certaines grandes vérités.
À titre d’exemple, quelques strophes de Fado Menor (menor pour mode mineur, associé en musique à la tristesse, au chagrin, etc.)
Le vent souffle si fort
Que je ne trouve pas de paix
Quelque chose dans mon esprit
Est prêt à s’arrêter
Peut-être que ce qu’on appelle l’âme
Croit que la vie est réelle
Peut-être que c’est ce calme
Qui fait vivre mon âme
Il souffle un vent trop violent
J’ai peur de mes pensées
Mon mystère s’approfondit
Si je me perds dans mes pensées
Le vent qui passe et oublie
La poussière qui monte et retombe
Ah que j’aimerais
Savoir ce qui s’agite en moi
***
Reviens vie que j’ai vécue
Que je puisse revoir
Cette vie perdue
Que je n’ai pas su vivre
J’aimerais tant
Revenir en arrière
Ô ce temps
Il me manque tant
Le printemps revient toujours
Mais la jeunesse ne revient jamais
Le temps passe
Nous refusons de le voir
On rit, on pleure
Mon Dieu, comme le temps passe
Disons-nous parfois
Mais en réalité
Le temps est immobile
Et nous ne faisons que passer
[Commentaire : frappant comme les trois dernières lignes résument la «réalité du temps» en très peu de mots]
Crédit de traduction française des strophes :
Josiane Bardon
Film Fados de Carlos Saura
Je suis une inconditionnelle de ce réalisateur.
De la beauté, de la beauté et encore de la beauté…
La perfection de l’imperfection humaine.
***
Autre stance - non extraite de ce film :
Fado d’amour
Mon corps n’est qu’un bateau sans port
Quand tu n’es pas là
Ton corps n’est qu’un désert
Quand je ne le rencontre pas
Tes yeux sont mémoire de désirs
Que je ne vois plus
Mes yeux sont les larmes du Tage
Que je revois toujours
Destin, fatalité?
Lawton McCowl disait : «Le Fado c’est la vie».
La vie dans le passé et la doléance de ce qu’on croit perdu à jamais.
Pourtant…
Quoiqu’il en soit, ce chant traditionnel poétique me fait penser au haïku de par son extrême simplicité. En réalité, c’est ce qui lui donne sa richesse et sa profondeur.
Le nostalgique Fado Menor s’interroge, entre autres, sur l’âme et la nature éphémère de nos désirs toujours exposés à la destruction (par des forces hors de notre contrôle). Le mélodrame passionnel y tient une place d’importance, de même que certaines grandes vérités.
À titre d’exemple, quelques strophes de Fado Menor (menor pour mode mineur, associé en musique à la tristesse, au chagrin, etc.)
Le vent souffle si fort
Que je ne trouve pas de paix
Quelque chose dans mon esprit
Est prêt à s’arrêter
Peut-être que ce qu’on appelle l’âme
Croit que la vie est réelle
Peut-être que c’est ce calme
Qui fait vivre mon âme
Il souffle un vent trop violent
J’ai peur de mes pensées
Mon mystère s’approfondit
Si je me perds dans mes pensées
Le vent qui passe et oublie
La poussière qui monte et retombe
Ah que j’aimerais
Savoir ce qui s’agite en moi
***
Reviens vie que j’ai vécue
Que je puisse revoir
Cette vie perdue
Que je n’ai pas su vivre
J’aimerais tant
Revenir en arrière
Ô ce temps
Il me manque tant
Le printemps revient toujours
Mais la jeunesse ne revient jamais
Le temps passe
Nous refusons de le voir
On rit, on pleure
Mon Dieu, comme le temps passe
Disons-nous parfois
Mais en réalité
Le temps est immobile
Et nous ne faisons que passer
[Commentaire : frappant comme les trois dernières lignes résument la «réalité du temps» en très peu de mots]
Crédit de traduction française des strophes :
Josiane Bardon
Film Fados de Carlos Saura
Je suis une inconditionnelle de ce réalisateur.
De la beauté, de la beauté et encore de la beauté…
La perfection de l’imperfection humaine.
***
Autre stance - non extraite de ce film :
Fado d’amour
Mon corps n’est qu’un bateau sans port
Quand tu n’es pas là
Ton corps n’est qu’un désert
Quand je ne le rencontre pas
Tes yeux sont mémoire de désirs
Que je ne vois plus
Mes yeux sont les larmes du Tage
Que je revois toujours
22 juin 2011
Pater noster, Mater nostra
Un retour à la catégorie fêtes «obligées», peu révélatrices de l’amour qu’on peut ressentir envers nos proches mais qui rapportent des milliards de dollars aux commerçants. Donner des gadgets ne prouve rien… (Voyez l’article «Les Fêtes», 13 décembre 2010)
Fête des pères
Fête des mères
Une cravate pour Pépé
Un parfum pour Mémé
Le tour est joué!
«Ton père et ta mère tu honoreras» préconise un commandement de l’Église – qu’on retrouve formulé autrement dans diverses cultures.
Les enfants doivent-ils honorer des parents bourreaux?
Actuellement, la quantité de procès corrélés à la maltraitance d’enfants, allant des sévices corporels et psychologiques jusqu’aux meurtres qualifiés, montre que beaucoup de parents souffrent d’un manque de maturité tel, que leur confier la garde de leurs propres enfants devient une entreprise à haut risque.
Mark Twain disait :
«Si ce n’était de l’alcool, la terre serait beaucoup moins peuplée» et
«La familiarité fait naître le mépris – et les enfants».
On peut notamment penser au glorieux party de bureau avec son importante contribution aux naissances involontaires...
Nous touchons donc ici à la poignante misère des «enfants non désirés», car même les «désirés» sont parfois maltraités, voire, assassinés par leurs parents. (Sans parler de l’inceste entre père/fille ou mère/fils, le second n’étant pas si rare qu’on le croit semble-t-il.) Il pourrait y avoir un lien direct entre immaturité sexuelle et immaturité parentale...
Ne vaudrait-il pas mieux tuer un foetus «dans l’œuf» au lieu de tuer un enfant une fois qu’il a commencé à vivre, et mieux encore, utiliser la contraception? Je n’arrive pas à croire qu’en 2011, certaines religions «charismatiques» condamnent encore la contraception et l’avortement.
Malheureusement, il est vrai que la procréation tous azimuts fournit du bétail juvénile qui fait les belles heures de diverses industries – pédophilie et prostitution, guerre, fabrication d’objets polluants, et ainsi de suite. De la main d’œuvre à bon marché, voire, gratuite.
Quelle sorte de monde avons-nous créé pour l’amour du ciel!
Parents toxiques: comment se libérer de leur emprise
SUSAN FORWARD
«Mes parents sont toxiques.» L’affirmation, lourde de sens, vient d’Étienne, qui a coupé les ponts avec ses parents pendant 10 ans. Sans le savoir, il empruntait l’expression de la psychothérapeute et auteure américaine Susan Forward.
«Existe-t-il un mot plus approprié pour décrire les parents qui infligent à leurs enfants des traumatismes, des abus et un dénigrement continuels?» écrit-elle dans son livre Parents toxiques, dans lequel elle identifie les divers types de parents nocifs. D’abord, ceux qui sont déficients: ils sont incapables de répondre adéquatement aux besoins physiques et émotionnels de leurs enfants et, pire, exigent de ceux-ci qu’ils prennent soin d’eux. Dans ce contexte, les rôles familiaux sont inversés et les enfants perdent leurs repères, leurs balises.
Il y a également les parents dominateurs qui exercent une autorité excessive et manipulent, car ils sont incapables de laisser l’enfant faire ses propres expériences. Leur crainte d’être abandonnés ou de n’être plus nécessaires les pousse à étouffer toute tentative d’indépendance de la part de leur progéniture. «C’est pour ton bien», répètent-ils. Les enfants, eux, se sentent impuissants, craintifs, anxieux, et recherchent désespérément l’approbation de leurs parents.
L’auteur cible aussi les parents alcooliques, violents, abuseurs et incestueux. Dans tous ces cas, la confiance de l’enfant envers l’adulte qui devrait être son protecteur est fortement ébranlée, écritla Dre Forward. Souvent , le secret qui entoure la très pénible réalité que vivent ces enfants est malsain. Et il est fréquent qu’ils en gardent des séquelles psychologiques profondes jusqu’à l’âge adulte.
Reprendre le contrôle
Pour briser le cercle vicieux, Susan Forward encourage à se libérer des parents toxiques pour reprendre le contrôle de sa vie. Elle prend pour point de départ le fait qu’il n’est pas nécessaire de pardonner pour aller de l’avant. Le pardon inconditionnel, dit-elle, empêche les personnes d’exprimer des émotions comme la colère et le chagrin. Il n’est utile que quand les parents se sont amendés. La clé est de se soustraire au contrôle des parents toxiques.
Sans prôner une séparation complète,la Dre Forward estime qu’il faut rejeter la responsabilité sur les véritables coupables et cesser de porter le blâme de l’enfance malheureuse. Puis, quand le temps est venu, il faut en venir à la confrontation. C ’est-à-dire avoir le courage d’affronter les parents et de dire la vérité. Et aussi de poser les limites des relations qu’on veut entretenir avec eux.
À partir de là, écrit-elle, l’important est de briser le cercle vicieux. L’enfant devenu parent à son tour doit protéger ses propres enfants et ne pas reproduire le schéma toxique qu’il a lui-même expérimenté.
Par ailleurs, il y aurait beaucoup à dire sur les enfants eux-mêmes devenus toxiques grâce aux médias qui ne cessent de promouvoir la violence sous toutes ses formes. Certains parents paient cher la facture d’hébergement de leurs tortionnaires... notamment avec des «Tanguy» encore plus manipulateurs que lui.
Fête des pères
Fête des mères
Une cravate pour Pépé
Un parfum pour Mémé
Le tour est joué!
«Ton père et ta mère tu honoreras» préconise un commandement de l’Église – qu’on retrouve formulé autrement dans diverses cultures.
Les enfants doivent-ils honorer des parents bourreaux?
Actuellement, la quantité de procès corrélés à la maltraitance d’enfants, allant des sévices corporels et psychologiques jusqu’aux meurtres qualifiés, montre que beaucoup de parents souffrent d’un manque de maturité tel, que leur confier la garde de leurs propres enfants devient une entreprise à haut risque.
Mark Twain disait :
«Si ce n’était de l’alcool, la terre serait beaucoup moins peuplée» et
«La familiarité fait naître le mépris – et les enfants».
On peut notamment penser au glorieux party de bureau avec son importante contribution aux naissances involontaires...
Nous touchons donc ici à la poignante misère des «enfants non désirés», car même les «désirés» sont parfois maltraités, voire, assassinés par leurs parents. (Sans parler de l’inceste entre père/fille ou mère/fils, le second n’étant pas si rare qu’on le croit semble-t-il.) Il pourrait y avoir un lien direct entre immaturité sexuelle et immaturité parentale...
Ne vaudrait-il pas mieux tuer un foetus «dans l’œuf» au lieu de tuer un enfant une fois qu’il a commencé à vivre, et mieux encore, utiliser la contraception? Je n’arrive pas à croire qu’en 2011, certaines religions «charismatiques» condamnent encore la contraception et l’avortement.
Malheureusement, il est vrai que la procréation tous azimuts fournit du bétail juvénile qui fait les belles heures de diverses industries – pédophilie et prostitution, guerre, fabrication d’objets polluants, et ainsi de suite. De la main d’œuvre à bon marché, voire, gratuite.
Quelle sorte de monde avons-nous créé pour l’amour du ciel!
***
Pour conclure cette réflexion, je vous propose un condensé du livre suivant (source : Stéphanie Martin, journal Le Soleil / Québec; 11 février 2008) : Parents toxiques: comment se libérer de leur emprise
SUSAN FORWARD
«Mes parents sont toxiques.» L’affirmation, lourde de sens, vient d’Étienne, qui a coupé les ponts avec ses parents pendant 10 ans. Sans le savoir, il empruntait l’expression de la psychothérapeute et auteure américaine Susan Forward.
«Existe-t-il un mot plus approprié pour décrire les parents qui infligent à leurs enfants des traumatismes, des abus et un dénigrement continuels?» écrit-elle dans son livre Parents toxiques, dans lequel elle identifie les divers types de parents nocifs. D’abord, ceux qui sont déficients: ils sont incapables de répondre adéquatement aux besoins physiques et émotionnels de leurs enfants et, pire, exigent de ceux-ci qu’ils prennent soin d’eux. Dans ce contexte, les rôles familiaux sont inversés et les enfants perdent leurs repères, leurs balises.
Il y a également les parents dominateurs qui exercent une autorité excessive et manipulent, car ils sont incapables de laisser l’enfant faire ses propres expériences. Leur crainte d’être abandonnés ou de n’être plus nécessaires les pousse à étouffer toute tentative d’indépendance de la part de leur progéniture. «C’est pour ton bien», répètent-ils. Les enfants, eux, se sentent impuissants, craintifs, anxieux, et recherchent désespérément l’approbation de leurs parents.
L’auteur cible aussi les parents alcooliques, violents, abuseurs et incestueux. Dans tous ces cas, la confiance de l’enfant envers l’adulte qui devrait être son protecteur est fortement ébranlée, écrit
Reprendre le contrôle
Pour briser le cercle vicieux, Susan Forward encourage à se libérer des parents toxiques pour reprendre le contrôle de sa vie. Elle prend pour point de départ le fait qu’il n’est pas nécessaire de pardonner pour aller de l’avant. Le pardon inconditionnel, dit-elle, empêche les personnes d’exprimer des émotions comme la colère et le chagrin. Il n’est utile que quand les parents se sont amendés. La clé est de se soustraire au contrôle des parents toxiques.
Sans prôner une séparation complète,
À partir de là, écrit-elle, l’important est de briser le cercle vicieux. L’enfant devenu parent à son tour doit protéger ses propres enfants et ne pas reproduire le schéma toxique qu’il a lui-même expérimenté.
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COMMENTAIREPar ailleurs, il y aurait beaucoup à dire sur les enfants eux-mêmes devenus toxiques grâce aux médias qui ne cessent de promouvoir la violence sous toutes ses formes. Certains parents paient cher la facture d’hébergement de leurs tortionnaires... notamment avec des «Tanguy» encore plus manipulateurs que lui.
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