Le documentaire français DEMAIN, diffusé en
décembre 2015, sera enfin présenté au Québec le 27 mai dans divers cinémas. (1 million
de spectateurs en France...)
«Nous passons notre temps à faire des films où
nous sommes éradiqués par des zombies, des bombes nucléaires, des épidémies,
des robots, des extraterrestres, de petits gremlins… Nous adorons ça! Mais où
sont les films qui parlent du contraire? Ceux où nous nous rassemblons et où
nous résolvons les problèmes? Nous n’en avons pas vraiment… L’être humain est
tellement ingénieux, tellement créatif. Nous pourrions faire des choses
extraordinaires, mais pour ça nous avons besoin de nous raconter ces histoires.
Avoir une vision, raconter une histoire, c’est comme de jeter devant soi un tourbillon
qui vous entraîne...» ~ Rob
Hopkins
Alors que l’humanité est menacée par
l’effondrement des écosystèmes, Cyril, Mélanie, Alexandre, Laurent, Raphaël et
Antoine, tous trentenaires, partent explorer le monde en quête de solutions
capables de sauver leurs enfants et, à travers eux, la nouvelle génération. A
partir des expériences les plus abouties dans tous les domaines agriculture,
énergie, habitat, économie, éducation, démocratie..., ils vont tenter de
reconstituer le puzzle qui permettra de construire une autre histoire de
l’avenir.
Photo : Chris Westwood / The Sun. “Stop
destroying my home!”
Vidéo : réalisation, photographie et montage
par Ken Webb Les Ours
Blancs (2012), CharlÉlie
Couture, album Fort
Rêveur
Tant de poussière dans la lumière Tant de nitrate dans les rivières Tant de poissons sortis de la mer Tant de fruits, en hiver Tant de conteneurs sur le quai Tant de richesses accumulées Tant d'opinions manipulées Tant de charges à supporter
Abondance, à outrance Trop de tout d'un côté Pénurie et carence Trop de rien de l'autre côté Nous sommes tous, des ours blancs Nous sommes tous, des ours blancs
Tant de produits fabriqués Tant d'inventions dépassées Tant d'animaux empaillés Tant de gorilles dépecés Tant de grands arbres abattus Pâte à papier qu'on ne lit plus Tant de gâchis dans les poubelles Tant de caprices existentiels
Abondance, à outrance Trop de tout d'un côté Pénurie et carence Trop de rien de l'autre côté Nous sommes tous, des ours blancs Nous sommes tous, des ours blancs
À l'école c'est logique L'écologie faudrait l'enseigner Réapprendre la grammaire de l'eau, de l'air ou de
la lumière D'un côté la misère de ceux qui retournent la
terre De l'autre la loi des marchés et d'utopie de
l'égalité Oh les grands mots brandis comme des étendards; Fraternité,
Égalité, Solidarité Si seulement on pouvait y croire
Abondance, à outrance Trop de tout d'un côté Pénurie et carence Trop de rien de l'autre côté On préfère le nier Feindre de l'ignorer Trop d'excès d'un côté Et de l'autre pas assez Nous sommes tous, des ours blancs Tous, des ours blancs
Note biographique ... Depuis plus de 30 ans, CharlÉlie poursuit une
démarche vers ce qu’il définit comme «l’Art Total», attitude globale consistant
à trouver des interconnexions entre les formes d’expressions de l’Homme que
sont l’Écriture, l’Image et la Musique.
Après l’album ImMortel produit par Benjamin Biolay
et sorti en 2014, il part en Louisiane, un rêve qui l’habite depuis longtemps.
Il s’installe dans le Bayou, dans le mythique Dockside Studio, et co-produit
avec Karim Attoumane un nouvel opus.
Il s’entoure des musiciens de Lafayette,
Accordéon, mandoline, fiddle, washboard (le «frottoir»), harmonica («la musique
à bouche»), sax, trompette et tuba scandent 13 chansons, en français et en
anglais. Zachary Richard, natif du lieu, vient mêler sa voix à celle de
CharlÉlie sur deux titres, ainsi que les Lost
Bayou Ramblers, sur une reprise de The
House of the rising sun.
Avant de continuer à déblatérer contre le pétrole, je
veux lever mon chapeau aux pompiers, littéralement en enfer – quel travail! Ainsi
qu’aux bénévoles qui s’occupent des évacués et des animaux abandonnés.
Lors d’une
conférence organisée dans la région de Fort McMurray, à ceux qui lui faisaient
valoir l'importance économique des sables bitumineux de l'Alberta, Desmond Tutu avait rétorqué : «Le monde n'existera plus si rien n'est
fait au sujet des émissions de gaz à effet de serre.»
«Être
inconscient, c’est tout simplement ne pas savoir ce qu’on fait, c’est-à-dire
être incapable d’évaluer la portée de ses actes.» ~ Charlotte Joko Beck
Fort McMurray me fait penser à Disneyworld. Une
forteresse. Malheureusement flanquée sur une poudrière, avec en bonus, un
dépotoir de déchets radioactifs à moins de dix kilomètres. Invraisemblable. Une
seule autoroute (la 63) mène d’Edmonton aux sites d’exploitation – 400 km
pour aller au trou, un cul-de-sac en fait. On ne peut blâmer les gens d’avoir été attirés par les «salaires mirobolants»
utilisés comme appât par les compagnies. Qui ne souhaite pas s’enrichir à haute
vitesse?
Photo : Jason Franson. Ça prend du jus pour
nourrir ces p'tites bêtes-là.
Au sujet du site d’enfouissement des déchets
radioactifs, Maude-Émilie Pagé déclarait : «Aucun risque immédiat...». Mais, quelle est la durée
de «vie» de l’uranium? (1) L’intégrité physique des cellules d’entreposage a-t-elle
une date de péremption? C’est pour quand les risques? Nos pauvres containers feront
mauvaise figure dans le temps. Selon le
rapport 2013 des Laboratoires nucléaires canadiens, pas moins de 43 282 mètres
cubes de «déchets radioactifs de faible activité» sont stockés au dépotoir de
Fort McMurray, situé à environ 8,5 km au
sud du centre-ville. «Selon
les informations disponibles, il semble que le site ait été affecté par les
feux», confirme Maude-Émilie Pagé, directrice des communications et des
rapports gouvernementaux d'EACL. Ces feux, toutefois, «ne posent aucun risque immédiat pour la santé et la sécurité de
la population et de l'environnement ». «Il n'y
a également pas de préoccupations quant à l'intégrité physique de la cellule [où
sont entreposés les déchets]», précise-t-elle. Cette cellule serait située à
l'extrémité nord du dépotoir. (ICI Radio-Canada Info)
Résumé :
Après le jeu documentaire Fort McMoney,
le film revient à Fort McMurray en
Alberta, troisième réserve mondiale de pétrole et trésor de guerre du Canada.
Avec une obsession qui traverse la démarche du réalisateur David Dufresne
depuis trois ans : la démocratie
est-elle soluble dans le pétrole? Film à la première personne, on y croise
notamment Jim Rogers, natif de la ville, et candidat malheureux aux dernières
élections municipales, qui a vu sa toute petite ville devenir ce qu’elle est
aujourd’hui : une vision moderne, noire comme le pétrole, de la ruée vers l’or.
Bien plus que la version linéaire de l’expérience web, le film en est sa suite
réelle, son miroir, une réflexion sur la démocratie en ruine. (Production :
Toxa, ONF, ARTE France, 2014; Pays :
Canada; Réalisateur / narrateur : David Dufresne)
Les propos de Jim Rogers avaient un côté quasi prémonitoire
: «Si Dieu revenait ici, il dirait :
‘Mais qu’avez-vous fait de toutes ces richesses? Je vous ai offert tant de
cadeaux! Vous ne pouviez pas faire mieux? Bande d’imbéciles! Vous brûlerez en
enfer!’» Il
poursuivait ainsi : «Le
gouvernement, qui dilapide nos ressources, a autorisé les magnats du pétrole à
bâtir une zone pétrolière. Tout à coup, l’argent circule et les occasions de s’enrichir
arrivent. Ce serait bien si les gens devenaient riches. Mais c’est comme dans
la ruée vers l’or, certains meurent en chemin, ou reviennent toxicomanes ou
alcooliques – s’ils en reviennent! Et les gens se retrouvent à devoir lutter
pour survivre comme dans tous les bidonvilles du monde. Ils achètent des
maisons gigantesques au sommet des gisements, faites de panneaux stratifiés en
PVC, qui coûtent 500 000, 700 000 ou 900 000 dollars! Parce
qu’il faut toujours voir grand à Fort McMurray. C’est la folie des grandeurs! Ils
débarquent ici et vivent comme des millionnaires, gros pickups neufs, maisons
neuves. Aussitôt que la demande de pétrole connaît un ralentissement, ils ne
peuvent plus effectuer leurs paiements et retournent à la banque qui leur a
déjà avancé des sommes. C’est comme une gigantesque arnaque. Le coût de la vie
est tellement élevé ici qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’être esclaves de
l’industrie pétrolière, qui, en retour, les traite... comme des mendiants.»
Autre :
un plaidoyer contre la reconstruction de la ville, par un travailleur qui y a
vécu. Un portrait dur et sans compromis qui confirme les descriptions du livre
BRUT. Ne méprenez pas mes
propos, je suis triste pour les gens éprouvés dans cette tragédie, mais je suis
de ceux qui croient que ce malheur en cache un autre bien plus important. ...Dernièrement,
j’ai entendu des politiciens dire à quel point nous devrions être fiers de Fort
McMurray. Non, il y a aucune raison d’être fier de Fort McMurray. Il m’est
arrivé souvent de penser que cet endroit allait exploser, être abandonné ou
même bruler avec tout ce pétrole qui lui sortait par les oreilles. https://jfhotte.com/2016/05/08/fort-mcmurray-le-trou-du-cul-du-monde/
---- (1) L’uranium est un métal lourd radioactif
(émetteur alpha) de période très longue : 44 688
milliards d'années pour l'uranium 238 703,8
millions d'années pour l'uranium 235 Les cinq
plus gros producteurs au monde sont le Kazakhstan, le Canada, l'Australie, le Niger et la Namibie. L'uranium
appauvri, un sous-produit de l'enrichissement de l'uranium, est très prisé pour
sa dureté et sa densité. Il est pyrophorique, et employé comme arme antichar
dotée d'un fort pouvoir à la fois pénétrant et incendiaire : à très haute
vitesse, il perfore aisément les blindages en s'enflammant lors de l'impact,
provoquant un incendie qui fait exploser le véhicule touché. La dose
létale pour l'homme semble être de quelques grammes; certains estiment que
les effets délétères de la radioactivité peuvent exister quelle que soit la
dose. Pour la potabilité de l'eau, l'OMS a fixé une
teneur maximale de 1,4 mg·l-156, tout en recommandant dans ses lignes
directrices une concentration en uranium cent fois plus faible, inférieure à 15
µg/l, pour les eaux de boisson courante. https://fr.wikipedia.org/wiki/Uranium
Demandez aux gens des pays en manque d'eau potable ce qu’ils en pensent. On
n’en parlera jamais assez puisqu’on semble croire la source intarissable. J’ai
écrit cet article la semaine dernière, loin de soupçonner qu’un horrible brasier
allait s’emparer de Fort McMurray (Alberta) hier. Je voulais justement proposer un
changement de vocation pour les réservoirs et les pipelines – ils pourraient servir
à emmagasiner et transporter des réserves d’eau d’Est en Ouest et inversement. Un projet qu'il ne faudrait surtout pas confier à une entreprise exploitée par Nestlé Waters! (1)
Fou? Pas tant que ça.
D’autant plus que les énormes quantités d'eau servant à l’extraction / exploitation
des sables bitumineux pourraient être récupérées pour sauver la vie des gens des provinces de l'Ouest. Des provinces dont
le climat est propice aux incendies. Année après année, de grandes superficies
sont ravagées. En 2011, lors des feux de forêts, survenus
en Alberta je crois, j’ai publié une poignante description de Gabrielle Roy tirée
de son roman Rue Deschambault : Le puits de Dunrea. Cela nous montre une fois de plus qu’en
définitive nous n’avons aucun pouvoir sur les éléments lorsqu’ils se
déchaînent. «... En
ce temps-là, lui avait raconté papa, le feu de Prairies couvait toujours quelque
part en Saskatchewan. Cette province si dépourvue d’eau de pluie, si venteuse,
était vraiment la terre de feu. Tant elle était sèche, le soleil tout seul,
jouant sur des pailles ou sur un tesson de bouteille, pouvait mettre la prairie
en flammes! Et si un courant d’air un peu vif s’élevait alors, aussitôt le feu
partait à courir comme le vent lui-même. Et le vent en cette partie du monde
était déjà un fou furieux qui couchait les moissons par terre, déracinait les
arbres et parfois arrachait leur toit aux bâtiments. Tout démoniaque qu’il fût,
il laissait tout de même l’herbe rase au sol, quelque chose de vivant. Mais
derrière le feu, il ne restait jamais que des carcasses de petits daims, de
lièvres poursuivis par les flammes, rejoints par elles et qui mouraient parfois
en pleine course... et longtemps ces carcasses empuantissaient l’air, car, là
où le feu avait passé, même les oiseaux de proie se gardaient de venir manger
les yeux des bêtes mortes. Ce spectacle était assez fréquent en bien des
régions de la Saskatchewan, et le cœur avait peine à supporter une ruine si
complète.»
On peut imaginer un monde sans pétrole puisqu’il
n’est pas indispensable à la VIE, et ce
serait une bénédiction pour la planète. Mais on ne peut pas imaginer la vie sans EAU potable. L’eau est ce
qui différencie la Terre de la désertique planète Mars où il serait impossible
de faire pousser quoi que ce soit.
Nestlé Waters prélève les réserves d’eau de source
partout sur la planète pour ensuite nous la revendre dans des bouteilles de
plastique! Cette pratique existe depuis longtemps dans plusieurs
provinces canadiennes. Mais les citoyens s’unissent pour s’y opposer comme en ce
moment aux États-Unis – ce fut le cas récemment en Ontario et en
Colombie Britannique.
Et, pendant ce temps, nos insensées entreprises
pétrolières continuent à promouvoir leurs activités délétères : La présidente de la Fédération des chambres de
commerce du Québec (FCCQ), Françoise Bertrand, fait valoir qu'on ne peut
prendre de décision dans le dossier d’Anticosti sans connaître les faits. Elle
presse le gouvernement Couillard de permettre à Pétrolia, qui a déjà amorcé des
travaux d'exploration à Anticosti, de l'autoriser à mener ces travaux à terme. (...)
Selon
elle, la conjoncture pourrait justifier une exploitation du pétrole en sol
québécois, en autant que ce soit dans les meilleures pratiques de développement
durable et que ce soit économiquement rentable, surtout que la consommation de
pétrole sera nécessaire encore pour plusieurs décennies. «La compagnie Pétrolia
attend l'autorisation pour une deuxième phase, donc on espère que ça va pouvoir
se faire parce qu'il nous semble que les faits demeureront toujours la
meilleure base pour prendre les décisions par la suite.» (...) Bien que
le premier ministre Philippe Couillard ait répété à plusieurs reprises qu'il
s'oppose à l'exploitation des hydrocarbures sur Anticosti, Mme Bertrand estime
que cela ne constitue pas une fin de non-recevoir définitive en soi. (...) «Tout
en partageant l'objectif de diminuer l'impact sur les GES, on a encore besoin
d'une grande utilisation de pétrole», a-t-elle rappelé. «De penser qu'à
l'intérieur de 10 ans, 15 ans, 20 ans même, on pourrait tomber à aucune
importation, c'est difficile à imaginer, alors peut-être vaut-il mieux
continuer de savoir exactement ce que réserve ce sous-sol.» (La Presse, 30
avril 2016)
Or, une extraction respectueuse de l’environnement, ça n’existe tout simplement pas.
Parce que de un, cela requiert d’énormes quantités d’eau, et de deux, cela entraîne
une extrême pollution. Alors, forer à l’Île d’Anticosti est totalement
irresponsable.
Et, ce que Mme Bertrand ne mentionne pas bien sûr, c’est que le
pétrole extrait chez nous, en Alberta ou ailleurs, sera en majeure partie exporté
vers d’autres pays.
La guerre pour l’eau potable est identique à celle pour les
terres arables. Je ne serais pas étonnée d’apprendre que la Chine possède de substantiels
investissements chez Nestlé Waters. L’envahissement se fait en pantoufles, sournoisement
camouflé derrière des noms de compagnies dites «locales».
-------
(1) Exemples d’initiatives citoyennes.
This Land
is Our Land (Cette Terre est notre Terre)
Octobre 2015
Tandis que les sécheresses sévissent en Californie,
Nestlé Waters – le plus grand embouteilleur d'eau au monde – prélève des
millions de gallons d'eau par année dans la Forêt Nationale de San Bernardino.
La permission de prélever cette précieuse ressource accordée à Nestlé a expiré
en 1988, et le service de gestion forestière aurait dû fermer le robinet à ce
moment-là.
Ce documentaire de quatre minutes explique
l'impact des activités de Nestlé sur la forêt, et demande à la compagnie et au
gouvernement de s'assurer que cette ressource publique soit protégée pour les
générations futures.
Our Water, Our Future (Notre eau, notre futur) Mars 2016
Cascade Locks (Oregon) est un paradis sur terre
– il s'agit d'une petite ville nichée dans l’impressionnante Columbia River Gorge. Quand
Nestlé est arrivé en ville en proposant d’embouteiller leur eau, les citoyens
ont lancé une offensive à tous azimuts pour protéger leur ressource la plus
précieuse. Our Water, Our Future (Notre eau, notre futur) raconte l'histoire de
ces militants courageux. Leurs conseils avisés peuvent aider les collectivités
qui font face à des prédateurs qui veulent s’emparer de leur eau partout dans
le monde.
Image : Godless Utopia COMMENT
FONCTIONNE LA PRIÈRE «Merci mon Dieu de m’avoir aidé à trouver
mes clés perdues!!» (En Amérique) «Fantastique ça! Je vais annoncer la bonne nouvelle à tous les orphelins!» (En Syrie)
~~~
«J'ai
longtemps pensé que les pires problèmes environnementaux étaient la perte de la
biodiversité, l’effondrement des écosystèmes et le changement climatique. Je pensais
qu’avec 30 ans de science valable nous pourrions résoudre ces problèmes. Mais
j'avais tort. Les pires problèmes environnementaux sont l'égoïsme, la cupidité et
l'apathie. Et pour les
régler il faudrait une transformation spirituelle et culturelle; et nous,
les scientifiques, nous ne savons pas comment faire ça.»
~ James GustaveSpeth, avocat en droit environnemental et militant
~~~
Photo : ICI Radio-Canada (le 3 mai 2016). Joanne
Liu, présidente de MSF, devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Son intervention a lieu alors que ce matin
encore, un nouvel hôpital a été touché à Alep, en Syrie, par des tirs d’obus.
Au total, quatre hôpitaux du côté rebelle et deux du côté gouvernement ont été
durement touchés par les violences qui font rage depuis 10 jours.
Plaidoyer contre l'inhumanité Agnès Gruda (La Presse, le 3 mai 2016)
En Syrie,
les attaques contre les hôpitaux sont devenues si courantes que pour échapper
aux bombes, les médecins pratiquent de plus en plus dans la clandestinité. Les
cliniques se déplacent régulièrement pour éviter d'être repérées. Et certains hôpitaux en sont réduits à se
réfugier dans des grottes, voire dans des poulaillers, raconte la présidente
internationale de Médecins sans frontières, Joanne Liu. Cette
organisation humanitaire soutenait l'hôpital qui a été bombardé par les forces
progouvernementales à Alep, mercredi dernier, à 22 h. L'attaque a fait une
cinquantaine de morts, dont Muhammad Wassem Maaz, l'un des derniers pédiatres
d'Alep. Elle
a aussi détruit de grands pans de cet hôpital qui offrait des soins d'urgence,
d'obstétrique et de pédiatrie à des dizaines de milliers d'habitants de cette
ville qui vient de replonger dans l'horreur de la guerre, après une brève accalmie. Et
hier, c'est un autre hôpital d'Alep, largement financé par le Canada, qui a été
détruit par des frappes aériennes par les forces alliées au régime. «C'est
très douloureux de voir mourir des collègues, mais le pire, ce sont les civils
qui perdent l'accès aux soins de santé au moment où ils en ont le plus besoin»,
déplore Joanne Liu, que j'ai rencontrée hier lors de son passage en coup de
vent chez elle, à Montréal. ... Joanne
Liu n'en finit plus de s'insurger contre «les conflits sans limites qui
bafouent toutes les règles de la guerre». En Syrie, bien sûr, mais aussi au
Yémen, en Afghanistan, au Soudan du Sud... ... Au cours de l'année 2015, 75 installations
médicales soutenues par MSF ont subi 106 attaques et 12 ont été réduites à
néant. La Croix-Rouge a documenté 2400 cas d'attaques contre ses cliniques et
hôpitaux entre 2012 et 2014. Par
définition, les guerres font des dégâts, souligne Joanne Liu. Ce qui la choque
surtout, c'est de constater à quel point ces attaques sont devenues banales. Et
à quel point elles ne parviennent plus à émouvoir. ... Joanne
Liu tient aussi à mettre les points sur les i et le poing sur la table dans un
autre dossier : celui de la crise des réfugiés. Ce
qu'elle a vu dans l'île de Lesbos l'a profondément révoltée. Tous ces gens
euphoriques d'avoir survécu à leur traversée se trouvaient plongés dans un
nouveau cauchemar. «Ils étaient traités comme du bétail, ils ne savaient pas où
ils étaient ni ce qui les attendait.» ... Les
attaques contre les civils et la crise des réfugiés sont un peu les deux faces
d'une même médaille : les premières nourrissent la seconde. Elles sont aussi,
aux yeux de Joanne Liu, un révélateur de la montée de l'indifférence face aux
conflits qui accablent la planète.
«Rien ne peut justifier le recours à la
violence contre des patients, du personnel médical et des structures de santé. Dans
le cadre du Droit international humanitaire, les hôpitaux en zone de conflits
sont des espaces protégée»,
disait Madame Liu après le bombardement délibéré du centre de traumatologie à
Kunduz (Afghanistan) en octobre dernier. http://www.msf.ca/fr/nouvelles-du-terrain
~~~
Boucar Diouf (Photo : La Presse)
Le virage «vert» le mur? Boucar Diouf (La Presse, le 3 mai 2016)
Nous
sommes le vendredi 22 avril 2016. C'est le Jour de la Terre et les chefs d'État
de la planète se succèdent pour signer l'accord de Paris sur les changements
climatiques. ... Si on ne négocie pas le virage
maintenant que les prix du pétrole sont bas, quand va-t-on le faire? Est-il
vraiment logique de penser que lorsque l'industrie aura dépensé des sommes
astronomiques dans le projet Énergie Est, dont l'objectif premier est
d'augmenter de 40 % la production des sables bitumineux, ce sera le temps de
parler de ralentissement pendant qu'elle cherche à rentabiliser cet
investissement? Décupler la production est la seule
motivation première de ce projet et la rhétorique argumentaire de sécurité
opposant les pipelines et les trains ne tient pas la route. Non seulement le
pipeline comporte beaucoup plus de risques pour l'environnement, mais sa mise
en marche n'empêchera pas les trains de continuer de charrier du pétrole. ... Alors, si le premier ministre choisit
clairement d'être pro-pipeline, il faut qu'il arrête de faire croire à la
population qu'il a l'environnement à coeur. ... ... Maintenir le statu quo est au virage
vert ce que poser le pied sur la pédale de frein est à l'automobiliste qui ne
veut pas finir dans le fossé, car il n'y a aucune technologie assez verte à ce
jour qui permet d'augmenter de 40 % la production des sables bitumineux tout en
réduisant les gaz à effet de serre de façon concomitante.
À ce qui suit, il faut ajouter les impacts du
réchauffement climatique sur la santé des travailleurs notamment dans les pays de
chaleur et de froid intenses. Beaucoup de travailleurs en agriculture, dans les
minières, les installations pétrochimiques, etc., mettent leurs vies en péril
pour des salaires de crève-faim, tant dans les pays riches que les pays
émergeants.
Le dernier
des bien-portants Nortin
M. Hadler, M.D. Traduit de l’anglais par Fernand Turcotte, M.D. Les Presses de l’Université Laval 2008 The last well person: how to stay
well despite the health-care system McGill-Queen’s
University Press 2004
(Extraits,
p. 181-183; 188-192)
Les risques
pour la santé d’un emploi haïssable
Quelques-unes des menaces pesant sur notre
bien-être se terrent dans les activités de la vie courante. Il existe des
aspects de nos mondes interactifs, de nos écosystèmes, qui peuvent déranger la
biologie et contrôler la destinée. Deux menaces particulièrement puissantes ont
été reconnues et elles sont beaucoup plus significatives pour la longévité de
l’adulte. Ces deux menaces de la vie courante sont liées à des obstacles qui
entravent la capacité de gagner son pain. Une vie
entièrement passée à vaciller à la limite de la pauvreté est mesquine, souvent
décourageante, parfois désespérée et aussi plus courte. Qu’est-ce qui fait
qu’un statut socioéconomique (SSE) précaire puisse être aussi malveillant pour
le bien-être? Multiples sont les facteurs psychosociaux qui émergent des études
portant sur la pauvreté relative. Certains agissent dès la conception, mais la
majorité découle de la perte d’estime de soi, voire du ressentiment et de
l’hostilité, que provoque la vulnérabilité accompagnant la pauvreté.
Quelques-uns sont liés à l’alimentation et à certaines étapes de la vie. Bien
des choses restent inconnues, mais il est évident que l’éventail des défis
psychosociaux qu’il faut relever chaque jour quand on est pauvre, dont certains
peuvent s’avérer insurmontables, pèse plus lourdement sur la santé et la
longévité dans le monde «développé» que n’importe quel autre facteur. La
persistance de la pauvreté dans les pays qui ne manquent pas de ressources
constitue un reproche accablant pour leur système politique et leurs priorités
de santé publique. L’emploi
ne constitue pas en soi, une protection générique contre la malveillance de la
pauvreté. Certaines facettes de la vie des travailleurs modernes rivalisent
avec les facteurs psychosociaux de la pauvreté pour compromettre la santé et la
durée de la vie. Une esquisse de la situation commence à prendre forme et elle
comporte des implications majeures pour la santé du monde. Aimez-vous
votre emploi? Vous apprécie-t-on au boulot? Ces deux questions méritent une
place prioritaire sur l’agenda collectif et sur la liste des soutiens que la
solidarité sociale entend procurer. Elles devraient servir de fondements à une
initiative primordiale de santé publique. Répondre par la négative à ces deux
questions est associé à la morbidité clinique et influence la longévité même de
ceux qui pourraient, s’ils le souhaitaient, changer d’emploi. Par contre, pour
un nombre grandissant de travailleurs, l’option de la mobilité en emploi
n’existe même pas sinon pour aboutir à des emplois encore plus odieux.
Particulièrement pour les travailleurs plus âgés qui ont commencé leur carrière
en comptant sur une sécurité d’emploi, l’insécurité actuelle du marché du
travail est éprouvante. ... Pour
aggraver les défis survenant dans ses relations et au travail, il convient
d’ajouter les fluctuations de l’humeur, les malaises musculosquelettiques
intermittents, les céphalées occasionnelles, les symptômes respiratoires
épisodiques et la détresse physique récurrente. Pour être bien portant et se
sentir invincible, il faut disposer des ressources personnelles requises pour
faire face à tous ces défis, qu’ils soient physiques ou psychosociaux. ... Dans
la culture occidentale, toute perte de bien-être et toute autre forme de
détresse doivent s’exprimer dans un langage de souffrance physique plutôt que
de détresse psychologique. On a vu que le seul fait d’évoquer la possibilité
qu’un facteur d’origine psychosociale puisse exacerber une incapacité est
anathème et analogue à l’accusation infâme : «c’est dans la tête!».De sorte qu’on doit s’accommoder de la
conclusion que le motif pour lequel on ne peut plus faire face aux difficultés
est lié à l’intensité de la souffrance physique. Il arrive que ce soit vrai,
mais ce sont le plus souvent les défis psychosociaux, non les défis physiques,
qui sont les premiers responsables. Au travail, la méprise portant sur les
causes somatiques des troubles musculosquelettiques régionaux a déréglé
l’agenda de la santé et de la sécurité depuis plus de 60 ans. Les
troubles locomoteurs causent la plus grande partie de l’incapacité au travail
de longue durée. La lombalgie rivalise avec la douleur du bras pour être le
principal fléau affligeant les travailleurs de l’Occident. Parce que les
mouvements exacerbent les symptômes, le monde industriel contemporain tend à
attribuer toute incapacité à travailler, au contenu en activité physique des
tâches d’un emploi. Il n’en a pas toujours été ainsi. La compréhension du
mécanisme ayant suscité cette évolution est essentielle pour voir comment les
problèmes locomoteurs en disent long sur la qualité de la vie au travail et,
par extension, sur les menaces pour la santé et la durée de la vie qui
surgissent quand cette qualité est compromise.
Les dangers
inhérents à un mauvais contexte psychosocial de travail
La recherche de pointe en épidémiologie s’affaire
à trouver une meilleure définition du «contexte psychosocial». C’est un défi
presque aussi redoutable que celui de déterminer les facteurs psychosociaux
qu’on peut associer à la pauvreté. Certaines caractéristiques qui émergent
d’études réalisées en milieu de travail comprennent des aspects du «stress» lié
à l’emploi, de la «tension», de la «charge allostatique» et des «fluctuations»
de motivation.Ces mesures
échantillonnent des fonctions psychosociales complexes comme la satisfaction au
travail, l’autonomie au poste de travail, la motivation et autres. D’une
manière générale, les associations montrées par les variables «psychosociales»
sont faibles, voire inconstantes. Il s’en trouve même plusieurs qui sont
dépourvues de sens. Cette variabilité ne diminue en rien leurs implications;
travailler dans un contexte psychosocial hostile compromet la capacité de
surmonter le prochain épisode de souffrance musculosquelettique et constitue
une menace pour la longévité. [...] La
période contemporaine est riche en exemples de situations où l’hostilité du
contexte peut toucher une entreprise, sinon une industrie. Les menaces liées
aux réorganisations, le recours à la sous-traitance, quand ce ne sont pas les
menaces de faillite, empoisonnent le climat d’entreprises où des travailleurs
se trouvent plongés dans un contexte vicié par l’insécurité et les griefs
personnels. Les effets néfastes de ces contextes pour la santé sont
considérables. [...] Une
solution humaniste ne saurait se trouver dans la réglementation. Elle est sise
dans l’éducation de toute la société à propos de l’importance du contexte
psychosocial du travail et de la valorisation des travailleurs, plus
particulièrement de ceux qui, pour être dotés d’un talent inné, sont capables
d’aider leurs collègues à affronter correctement le stress. Ces leaders qui ont
du cœur sont inestimables. L’atelier contemporain a les moyens d’aider ceux qui
ne sont pas toujours en mesure d’améliorer par eux-mêmes leur estime de soi,
leur attitude à faire face aux difficultés et la protection de leur longévité. Cet idéal
ne peut pas se réaliser tant que les constructions sociales de la blessure, du
«c’est dans la tête» et du capital humain n’auront pas été reléguées aux
oubliettes. [...] Une solution devient possible quand
on connaît la dynamique d’un milieu de travail et qu’on peut reconnaître des
ressources capables d’aider à l’instar de ce qu’on fait tous dans sa vie
privée. La communauté se doit de brider tout comportement traitant le capital
humain comme s’il était remplaçable.
~~~
L’organisation
criminelle de la faim
«Couper les vivres et toutes formes de subsistance
économique aux pauvres devient un moyen de les pousser coûte que coûte au
travail.» ~Joseph Townsend,
représentant britannique (1786).
Dans son essai, Olivier Assouly, professeur de philosophie en France, s'intéresse à
cette stratégie terrifiante que les nazis portèrent à un niveau inédit pendant
la Deuxième Guerre mondiale dans les camps de concentration. Aujourd'hui,
d'autres pratiques continuent d'assujettir les populations en prenant en otage
le fait alimentaire.
L'organisation criminelle de la faim Olivier ASSOULY Actes Sud Sciences humaines Hors collection Octobre 2013
Présentation de l’éditeur :
Si la faim est une arme qui n’a cessé d’être
utilisée en temps de guerre pour faire plier l’ennemi, les nazis portèrent à un
niveau inédit de criminalité l’organisation de la faim au sein de leurs camps
de concentration. Dès lors
que, le 15 décembre 1942, Himmler eut, pour optimiser les performances des
déportés, préconisé de gratifier ceux-ci d’une nourriture plus “saine”, les
nazis s’employèrent à une évaluation scientifique de la résistance physique des
détenus, au calcul vétilleux des calories et des rations alimentaires au nom
d’un ordre biologique supérieur impliquant la transformation des victimes en
“sous-hommes” exploitables à merci puis “retraités” au titre écologique de
déchets organiques. Aussi
terrifiante et scandaleuse qu’en aient été les manifestations sous le joug
nazi, pareille économie exterminatrice n’était cependant pas totalement inédite
au regard de l’instrumentalisation de la faim orchestrée, à la fin du XVIIIe
siècle, par l’avènement d’une ère industrielle contraignant des populations
entières à travailler en usine pour échapper à l’inanition. Bien que les
temps aient changé, d’autres pratiques continuent d’assujettir les populations
en prenant en otage le fait alimentaire. Comment, en effet, ne pas s’interroger
sur l’industrie agroalimentaire qui favorise une libéralisation croissante aux
fins d’une criminelle mise sous tutelle économique du vivant et des denrées
planétaires, érigeant ainsi l’appétit en un redoutable instrument politique de
domination?
Je visite régulièrement
The Intercept pour avoir accès à l’endroit
de la médaille. Hier, j’ai lu un article de Greenwald au sujet des conséquences
psychologiques de la surveillance de masse, dont l’autocensure fait partie.
Avez-vous déjà censuré vos opinions ou vos recherches en ligne même si vous n’avez
rien à vous reprocher, juste au cas où la machine les classerait subversives ou rebelles?
Car tout le monde sait que la bête fonctionne par mots-clés... Par ailleurs, on peut penser au rapport autorité / culpabilité / punition. Par exemple, quand une patrouille nous suit sur l'autoroute, même si nous respectons les limites de vitesse et que nous n'avons commis aucune infraction, on se demande tout de suite 'ai-je fait quelque chose de travers?'. Les policiers (tout comme les religieux) sont de forts symboles d'autorité qu'on associe à faute, transgression et punition. Tout le système éducationnel, familial et social, est basé sur le sentiment de culpabilité; si l'on ajoute une quelconque religion sur le top, avec ses péchés et ses codes restrictifs, alors là, bonne chance. De sorte que la culpabilité et la peur d'être puni surgissent sans qu'on ait commis de faute en raison du conditionnement subi depuis la petite enfance. Aberrant, non? Edward Bernays (neveu de Freud), considéré comme le père de la propagande, a ingénieusement appliqué les enseignements de son oncle à ses méthodes de manipulation de l'opinion publique. Elles se pratiquent à plein régime encore aujourd'hui parce qu'elles sont efficaces.
«Est-il
absolument indispensable qu’il y ait antagonisme entre l’intérêt de l’individu
et celui de la collectivité? Probablement que non. Mais l’on peut aussi se
demander pourquoi notre terre, qui pourrait être un endroit passablement
agréable pour des êtres intelligents, est transformée en enfer par la stupidité
de ses habitants.» ~ Alexandra
David Néel (Sous une nuée d’orages,
Plon 1940)
Extrait de New
Study Shows Mass Surveillance Breeds Meekness, Fear and Self-Censorship, par
Glenn Greenwald (The Intercept) : A newly published study from Oxford’s Jon Penney
provides empirical evidence for a key argument long made by privacy advocates:
that the mere existence of a surveillance state breeds fear and conformity and
stifles free expression. Reporting on the study, the Washington Post this
morning described this phenomenon: “If we think that authorities are watching
our online actions, we might stop visiting certain websites or not say certain
things just to avoid seeming suspicious.” The new
study documents how, in the wake of the 2013 Snowden revelations (of which 87%
of Americans were aware), there was “a 20 percent decline in page views on
Wikipedia articles related to terrorism, including those that mentioned
‘al-Qaeda,’ “car bomb’ or ‘Taliban.'” People were afraid to read articles about
those topics because of fear that doing so would bring them under a cloud of
suspicion. The dangers of that dynamic were expressed well by Penney: “If
people are spooked or deterred from learning about important policy matters
like terrorism and national security, this is a real threat to proper
democratic debate.” As the Post
explains, several other studies have also demonstrated how mass surveillance
crushes free expression and free thought. A 2015 study examined Google search
data and demonstrated that, post-Snowden, “users were less likely to search
using search terms that they believed might get them in trouble with the US
government” and that these “results suggest that there is a chilling effect on
search behavior from government surveillance on the Internet.” The fear
that causes self-censorship is well beyond the realm of theory. Ample evidence
demonstrates that it’s real – and rational. A study from PEN America writers found that 1 in 6 writers had curbed
their content out of fear of surveillance and showed that writers are “not only
overwhelmingly worried about government surveillance, but are engaging in
self-censorship as a result.” Scholars in Europe have been accused of being
terrorist supporters by virtue of possessing research materials on extremist
groups, while British libraries refuse to house any material on the Taliban for
fear of being prosecuted for material support for terrorism. There are
also numerous psychological studies demonstrating that people who believe they are being watched engage in behavior far more
compliant, conformist and submissive than those who believe they are acting
without monitoring.
Il existe
un certain type de vidéos sur YouTube consacrées à une expérience que tout le
monde ici a sans doute déjà vécue. Dans ces vidéos on y voit des gens, qui
croyant être seuls, se lancent dans des comportements exubérants - des chants
endiablés, des danses virevoltantes, des activités sexuelles soft - avant de
s'apercevoir, qu'en fait, ils ne sont pas seuls : quelqu'un les observe. Du
coup, ils arrêtent immédiatement leur activité, horrifiés. La honte et l'humiliation
se lisent sur leurs visages. Leur expression dit : «Je ne suis prêt à faire ça
que si personne ne me regarde.»
Nous
sommes là au cœur du travail auquel je me suis consacré ces 16 derniers mois,
la question de l'importance de l'intimité, une question qui a pris de l'ampleur
dans le contexte du débat mondial, soulevé par les révélations d'Edward Snowden
qui nous ont appris que les US et leurs alliés, à l'insu du monde entier, ont
transformé Internet, autrefois considéré comme un outil de libération et de
démocratie sans précédent, en un espace de surveillance de masse systématique
sans précédent.
Une
opinion courante dans ce débat, même parmi les personnes mal à l'aise avec
cette surveillance, c'est que cette invasion à grande échelle n'entraîne pas un
réel préjudice car il n'y aurait que les personnes agissant mal qui auraient
des raisons de se cacher et de protéger leur vie privée. Cette vision du monde
sous-entend qu'il y a deux sortes de personnes : les bons et les méchants. Les
méchants sont ceux qui planifient des attaques terroristes, ou des crimes
violents, et qui ont donc des raisons de cacher ce qu'ils font, des raisons de
protéger leur intimité. À l'inverse, les gentils sont des gens qui vont au
travail, rentrent chez eux, élèvent leurs enfants, regardent la télé. Ils
n'utilisent pas Internet pour préparer des attentats, mais pour suivre l'actualité,
échanger des recettes, ou pour organiser les activités de leurs enfants. Ces
gens ne font rien de mal, ils n'ont donc rien à cacher et aucune raison de
craindre la surveillance du gouvernement.
Ceux
qui expriment cette opinion s'engagent, de façon extrême, dans un acte d'autodépréciation.
Car ce qu'ils disent revient à dire : «J'ai accepté de devenir une personne
tellement inoffensive et inintéressante que je n'ai pas peur que le gouvernement
sache ce que je fais.» L'expression la plus pure de cette vision du monde a été
énoncée en 2009 par celui qui fut longtemps PDG de Google, Eric Schmidt.
Interrogé sur les multiples façons dont son entreprise porte atteinte à la vie
privée de centaines de millions de personnes à travers le monde, il répondit,
je cite : «Si vous faites quelque chose que vous ne voulez pas que d'autres
sachent, peut-être que, déjà, vous ne devriez pas la faire.»
Il y
a beaucoup de choses à dire sur cette façon de penser. La première est que les
gens qui tiennent ce discours, qui disent que la vie privée n'est pas si
importante que ça, n'y croient pas eux-mêmes. Et on peut démontrer qu'ils n'y
croient pas, parce que tout en disant que l'intimité n'a pas d'importance, ils
mettent en place tout un ensemble d'actions pour protéger leur propre intimité.
Ils verrouillent leurs boîtes mails et leurs comptes de réseaux sociaux, ils
mettent des serrures à leur chambre et salle de bain, tout un ensemble de
moyens pour empêcher les autres d'entrer dans ce qu'ils considèrent leur sphère
privée, et pour protéger tout ce qu'ils n'ont pas envie de rendre public. Ce
même Eric Schmidt, le PDG de Google, a ordonné à ses employés chez Google
d'arrêter de communiquer avec le magazine en ligne CNET après que CNET ait
publié un article rempli d'informations privées sur Eric Schmidt, obtenues
exclusivement grâce à des recherches sur Google avec des produits Google.
(Rires) On retrouve cette même contradiction chez le PDG de Facebook, Mark
Zuckerberg, qui, en 2010, dans une interview tristement célèbre, a déclaré que
l'intimité n'est plus, je cite : «la norme sociale». L'année dernière, Mark
Zuckerberg et son épouse ont acheté non seulement leur propre maison à Palo
Alto, mais aussi les quatre maisons adjacentes, pour 30 millions de dollars
afin de s'assurer qu'ils disposaient d'un espace privé suffisant pour empêcher
d'autres personnes d'espionner ce qu'ils font en privé. Pendant
ces 16 derniers mois, à chaque débat, partout dans le monde, quelqu'un m'a dit
: «Je n'ai pas à m'en soucier car je n'ai rien à cacher.» Je réponds toujours
la même chose. Je sors un stylo et j'écris mon adresse mail. Je leur dis : «Voici
mon e-mail. Quand vous rentrerez chez vous, envoyez-moi les mots de passe de
toutes vos boîtes mail, pas simplement les jolies et respectables, je les veux
toutes. Je veux juste y jeter un coup d’œil, voir ce que vous faites en ligne,
lire et publier ce que j'y trouverai d'intéressant. Après tout, si vous n'êtes
pas malveillant, si vous ne faites rien de mal, vous ne devriez rien avoir à
cacher.»
Personne
n'a accepté ma proposition. (Applaudissements) J'ai surveillé cette boîte aux
lettres religieusement : c'est le désert. Et il y a une raison à cela : les
êtres humains, même ceux qui, en théorie, contestent l'importance de
l'intimité, comprennent de façon instinctive son importance fondamentale. Nous
sommes, il est vrai, des animaux sociaux, nous avons besoin de faire savoir aux
autres ce que nous faisons, disons, pensons, et c'est pourquoi nous publions
des informations personnelles en ligne. Mais il est tout aussi essentiel, pour
être quelqu'un de libre et d'épanoui, d'avoir un jardin secret à l’abri du
jugement des autres. Il existe une raison à ce besoin, et cette raison est que
nous tous, pas seulement les terroristes ou les criminels, nous tous, avons des
choses à cacher. Il y a plein de choses que nous faisons ou pensons que nous
racontons volontiers à notre médecin, notre avocat, notre psy, notre époux, ou
notre meilleur ami mais qui nous submergeraient de honte si le reste du monde
les apprenait. Nous décidons chaque jour, quels éléments de notre vie nous
voulons partager et quels éléments de notre vie nous gardons pour nous. Les
gens peuvent facilement déclarer qu'ils ne tiennent pas à leur intimité mais
leurs actes contredisent la sincérité de leurs affirmations.
Il y
a une raison pour laquelle nous recherchons cette intimité, universellement et
instinctivement. Ce n'est pas un réflexe naturel comme respirer ou boire de
l'eau. Quand on se trouve dans une situation, où l'on peut être contrôlé, où
l'on peut être observé, notre comportement change radicalement. Les
comportements que nous adoptons quand nous pensons être observés sont soumis à
une forte autocensure. C'est un simple fait de la nature humaine reconnu par
les sciences sociales, la littérature, la religion, et dans quasiment tous les
domaines. Il existe des dizaines d'études psychologiques qui prouvent que
lorsque quelqu'un sait qu'il pourrait être observé, le comportement qu'il
adopte est beaucoup plus conformiste et consensuel. Chez les humains, la honte
est une motivation très puissante, comme l'est le désir de l'éviter. C'est
pourquoi les hommes, lorsqu'ils sont observés, prennent des décisions qui
résultent, non pas de leur propre réflexion, mais des attentes qu'on a mises
sur eux, ou des règles de la société.
Cette
prise de conscience a été exploitée au maximum, à des fins pratiques, par le
philosophe du XVIIIe siècle Jeremy Bentham, quand il a cherché à résoudre un
problème majeur généré par la société industrielle, dans laquelle les institutions
étaient devenues si vastes et centralisées qu'elles ne pouvaient plus
surveiller et contrôler les individus. La solution qu'il imagina était un
projet architectural, originellement destiné aux prisons, baptisé le
panoptique. Sa caractéristique première était la construction d'une immense
tour au centre de l'établissement depuis laquelle le personnel de surveillance
pouvait à tout instant observer n'importe quel détenu, même s'il ne pouvait pas
tous les surveiller en même temps. L'élément crucial de ce concept était que
les détenus ne pouvaient voir l'intérieur du panoptique, l'intérieur de la
tour. Ils ne savaient donc jamais s'ils étaient surveillés. Ce qui
l'enthousiasmait le plus dans cette découverte était que les prisonniers
devaient présumer qu'ils étaient constamment surveillés, ce qui les forcerait à
intégrer les principes d'obéissance et de discipline. Michel Foucault,
philosophe français du XXe siècle, s'est rendu compte que ce modèle pouvait
être utilisé pour toutes les institutions qui exigent un contrôle des
comportements : les écoles, les hôpitaux, les usines, les lieux de travail.
Foucault a dit que cette vision du monde, cette structure conçue par Bentham,
serait la clé du contrôle social dans des sociétés modernes, occidentales, qui
pourraient se passer des dispositifs typiques des totalitarismes punir,
emprisonner, tuer les dissidents, ni de contraindre légalement un groupe à
rester loyal, car la surveillance de masse crée au sein de l'esprit, une prison
beaucoup plus subtile mais beaucoup plus efficace, une prison qui pousse au
respect des normes sociales et de la doctrine sociale dominante avec plus
d'efficacité que la force brute.
L'œuvre
littéraire la plus emblématique sur l'espionnage et la vie privée est «1984»,
le roman de Georges Orwell, que nous étudions à l'école, et qui est donc
presque devenu un cliché. Lorsqu'on l'évoque au sein d'un débat, les gens le
rejettent aussitôt sous prétexte qu'il n'est pas pertinent. Ils rétorquent :
«Dans «1984», il y avait des caméras dans les foyers, les gens étaient observés
à chaque instant, rien à voir avec le régime de surveillance auquel nous sommes
confrontés.» Ceci est en fait une grossière méprise des avertissements lancés
par Orwell dans «1984». Le danger qu'il pointait n'était pas un régime de
surveillance qui contrôle tout le monde à tout instant, mais un état où les
gens ont conscience qu'ils peuvent être surveillés à tout moment. Voici comment
le narrateur d'Orwell, Winston Smith, décrit le système de surveillance auquel
il est confronté : «Évidemment, il n'y avait aucun moyen de savoir si, à un moment
donné, on était surveillé.» Il continue en disant : «Ils pouvaient nous mettre
sur écoute quand ils le voulaient. On devait vivre, on vivait, l'habitude est
devenue instinct, en admettant que tout son émis pouvait être entendu et, sauf
dans l'obscurité, tout mouvement scruté.»
Les
religions abrahamiques prêchent, elles aussi, qu'il existe une autorité
invisible et omnisciente qui, du fait de son omniscience, observe constamment
ce que l'on fait, ce qui signifie que l'on n'a jamais de moment d'intimité : le
moyen ultime d'imposer l'obéissance à leurs préceptes.
Ce
que ces systèmes de pensée apparemment différents reconnaissent, la conclusion
qu'ils obtiennent, c'est qu'une société où les gens sont surveillés à chaque
instant est une société qui pousse à la conformité, à l'obéissance et à la
soumission, ce pourquoi, tous les tyrans, du plus manifeste au plus subtil,
briguent ce système. À l'autre bout du spectre, et beaucoup plus important, on
a le domaine de l'intimité : qui est la possibilité d'un lieu où l'on peut
penser, raisonner, interagir et parler sans sentir sur nous le jugement
d'autrui, car c'est là que la créativité, la recherche et la différence
d'opinion peuvent se développer. Pour cette raison, lorsque nous acceptons une
société où nous sommes en permanence sous surveillance, nous acceptons qu'on
fasse une entaille profonde à l'essence de la liberté humaine.
La
dernière observation que je ferai sur cette façon de penser, est l'idée que
seuls ceux qui ont quelque chose à se reprocher auraient des raisons de se
cacher et donc de défendre leur intimité. Cette idée envoie deux messages
destructeurs, deux principes destructeurs. Le premier est que les personnes qui
protègent leur intimité, les personnes qui recherchent l'intimité seraient, par
définition, de mauvaises personnes. C'est une conclusion que nous devrions
éviter à tout prix. Surtout parce que lorsqu'on imagine «quelqu'un qui fait du
mal», nous, on imagine des terroristes organisant un attentat, ou un criminel
violent, ce qui est une conception beaucoup plus restreinte que celle de ceux
qui détiennent le pouvoir lorsqu'ils disent «faire du mal». Pour eux, «faire du
mal» signifie faire quelque chose qui pose un défi à l'exercice du pouvoir.
L'autre
principe destructeur, plus insidieux encore, qui découle d'accepter cette
vision du monde, c'est qu'il y aurait un marché implicite accepté par les gens
qui souscrivent ces idées. Ce marché est le suivant : quand vous serez prêts à
devenir suffisamment effacés et suffisamment inoffensifs, pour les pouvoirs en
place, alors, et seulement alors, vous serez à l'abri des dangers de la
surveillance. Uniquement les dissidents, qui défient le pouvoir, doivent s'en
inquiéter. De multiples raisons devraient nous pousser à éviter ce principe.
Peut-être que, aujourd'hui, ces comportements n'ont pas leur place dans votre
vie, mais cela pourrait changer à l'avenir. Même si vous êtes certains de ne
jamais vous y livrer, l'existence des gens prêts à s'opposer au pouvoir,
capables de s'opposer au pouvoir - dissidents, journalistes, activistes et bien
d'autres - est quelque chose qui profite à toute la collectivité et que nous
devrions préserver. Tout aussi primordial, l'indicateur mesurant le degré de
liberté dans une société n'est pas la façon dont elle traite ces bons citoyens
obéissants, mais la façon dont elle traite ses dissidents et ceux qui résistent
à sa doctrine. La raison la plus importante est qu'un système de surveillance
de masse réprime notre liberté de plein de manières. Il proscrit toutes sortes
de conduites sans qu'on s'en aperçoive. La célèbre socialiste Rosa Luxemburg a
dit : «Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes.» On peut tenter de
rendre les chaînes de la surveillance de masse invisibles et indétectables mais
les contraintes qu'elle nous impose n'en deviennent pas moins puissantes.
(Remerciements / Applaudissements)
Bruno
Giussani : Merci, Glenn. Je dois dire que ce plaidoyer était convaincant mais
je voudrais revenir sur ces 16 derniers mois et sur Edward Snowden pour
quelques questions. La première vous est personnelle. Nous avons appris
l'arrestation à Londres de votre partenaire, David Miranda, et vos autres
embarras. J'imagine, en termes d'engagement et de prise de risques, la pression
que vous devez subir pour avoir défié les plus grands organismes souverains au
monde. Dites-nous un peu plus.
Glenn
Greenwald : Je pense que dans ces situations, le courage des gens est
contagieux. Donc même si mes confrères journalistes et moi-même étions
conscients du risque - les États-Unis sont le pays le plus puissant de la
planète et n'apprécient pas que l'on révèle leurs secrets par milliers sur
Internet à volonté, voir une personne de 29 ans, une personne ordinaire, qui a
grandi dans un environnement tout à fait ordinaire, faire preuve d'un courage
moral aussi important que celui d'Edward Snowden, sachant qu'il irait en prison
jusqu'à sa mort ou que sa vie s'effondrerait, m'a inspiré, a inspiré mes
confrères et je pense, des gens du monde entier. Même de futurs informateurs,
qui ont compris qu'ils pouvaient aussi s'engager dans de telles pratiques.
BG
: J'aimerais connaître vos liens avec Ed Snowden, car vous lui avez beaucoup
parlé, et vous continuez très certainement, mais dans votre livre, vous ne
l'appelez pas Edward, ou Ed, vous utilisez «Snowden». Pourquoi?
GG
: C'est certainement une chose qui pourrait être examinée par une équipe de
psychologues. Je ne sais pas vraiment, mais il pourrait avoir une raison : l'un de
ses objectifs les plus importants, et l'une de ses tactiques les plus
importantes, était qu'il savait qu'une manière de détourner l'attention du
contenu des révélations serait d'essayer de diriger l'attention sur lui. De ce
fait, il s'est éloigné des médias. Il a tenté d'éviter que sa vie privée ne
soit examinée. Je pense que l'appeler Snowden est une façon de le présenter
comme un important acteur de l'Histoire plutôt que de lui donner un relief
particulier qui aurait pu détourner l'attention de la véritable question.
BG
: Ses révélations et le travail des journalistes ont beaucoup nourri le débat
et plusieurs gouvernements ont réagi, avec des projets et des programmes pour
remanier le concept d'Internet. De nombreuses choses vont aujourd'hui dans ce
sens. Mais je voudrais savoir : vous, personnellement, quel aboutissement
souhaitez-vous? À quel moment penserez-vous : «Nous avons réussi à faire bouger
les choses»?
GG
: Le dénouement pour moi, en tant que journaliste, est très simple. Il faut
qu'on soit sûr que chaque document digne d'intérêt, digne d'être divulgué, soit
divulgué, que des secrets qui ne devraient pas l'être soient dévoilés. Voilà
l'essence du journalisme et voilà dans quoi je m'engage. Comme je trouve
odieuse la surveillance de masse pour toutes les raisons que j'ai citées, mon
travail aboutira quand les gouvernements du monde entier ne pourront plus
soumettre les populations au contrôle et à l'espionnage sauf s'ils convainquent
un tribunal ou une entité que la personne ciblée a vraiment agi de façon
illégale. Voilà selon moi la façon de restaurer le droit à la vie privée.
BG
: On a vu, à un événement TED, que Snowden se présente comme un défenseur des
valeurs démocratiques et des principes démocratiques. Pourtant, beaucoup de
gens ont du mal à croire qu'il n'avait pas d'autres motivations. Ils ont du mal
à croire qu'il n'y avait pas d'argent en jeu, qu'il n'a pas vendu ses secrets à
la Chine ou la Russie, qui ne sont pas de bons amis des États-Unis en ce
moment. Je suis sûr que beaucoup de gens se posent la question : est-il
possible qu'il y ait une facette de Snowden que nous n'avons pas encore vue?
GG
: Non, je trouve ça absurde et idiot. (Rires) Je sais que vous jouez juste
l'avocat du diable, mais si vous voulez vendre des secrets à un autre pays, ce
que Snowden aurait pu faire, et devenir très riche, la dernière chose à faire
serait de les communiquer à la presse, car ils perdraient toute leur valeur.
Les gens qui veulent s'enrichir vendent leurs secrets discrètement. Je pense
qu'il est crucial de préciser que ces accusations proviennent de représentants
du gouvernement américain, de personnes au sein des médias loyales à ces
différents gouvernements. Je pense que la plupart des gens qui disent : «Je ne
crois pas que Snowden ait agi à cause de ses principes, il doit avoir des
raisons perverses et infâmes.» en disent beaucoup plus sur eux-mêmes que sur la
cible de leurs accusations, car... (Applaudissements) ces personnes, celles qui
émettent ces accusations, agissent toujours en fonction de leurs intérêts
corrompus. Ils pensent donc que tout le monde est infesté comme eux, par cette
maladie qui est l'absence d'âme, d'où leur hypothèse. (Remerciements / Applaudissements) Dans la
même veine : http://situationplanetaire.blogspot.ca/2015/02/lepouvantail-moineaux-tweets-et-autres.html