13 avril 2013

Guerre et Misère

Jakarta, Indonésie. Photographe : Beawiharta pour Reuter
 
Les cadavres étaient nus
Par Marie-Noëlle Agniau
 
L’autre jour, j’entends les informations à la radio et cette phrase, dite rapidement, trop rapidement, une phrase parmi d’autres et dont l’ensemble glisse avec autant de rapidité, une phrase qui est dite sans retour possible, sans réflexion, puisqu’il s’agit d’informer. Elle semble alors comme une simple formule, une manière commune de décrire la situation, comme un cliché économisant temps de paroles et temps d’analyse. Ici même, nous le pressentons, le langage fait écran : en disant, il dissimule. Or cette phrase mérite et méritait qu’on arrête le discours et qu’on s’interroge sur elle. Elle n’est pas anodine. En elle et dans le sens qu’elle véhicule, quelque chose ne va pas, quelque chose vient frapper l’entendement.
 
« Les règles de la guerre n’ont pas été respectées. »
 
Cette chose qui vient frapper l’entendement, il faut la nommer. D’un côté, nous avons l’idée de la guerre comme forme de la violence : ce qui n’admet aucune règle, aucune autre règle que celle du rapport de force, aucune autre règle que celle de détruire toutes les règles pour imposer la seule qui vaille : tuer. Détruire. De l’autre côté cette idée des « règles » de la guerre. Comment ce qui vient détruire toute règle pourrait-il obéir à certaines règles? Et lesquelles? Paradoxe. Ce qui vient frapper le sens commun, ce qui vient le questionner, c’est précisément cette contradiction apparente. La guerre qui détruit de fait toutes les règles répond implicitement à certaines règles. Celles-ci ont une histoire. Elles sont désormais un cadre issu du droit international élaboré à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En effet face à l’énormité du fait – 6 millions de juifs exterminés – la raison doit penser avec de nouveaux concepts, notamment celui de crime contre l’humanité. Le fait parce qu’il est terriblement inédit force la raison humaine à penser autrement. D’autant plus que ce vingtième siècle confirme le passage à la guerre moderne, soutenue par les progrès de la puissance technique. Le massacre de populations civiles aboutit au meurtre de masse. L’extermination, incommensurable, est non seulement possible mais réalisable. Pensable idéologiquement et pratiquement. En cela, le champ de bataille n’existe plus, comme dans les guerres archaïques de héros à héros, de soldats à soldats, de cité à cité. Champ de bataille étendu à l’humanité entière, la violence est devenue totale, aveugle, arbitraire. Génocide. Elle circule partout et sait inventer à chaque fois de nouvelles armes (ainsi du viol systématique), de nouveaux circuits, de nouvelles manières de porter les conflits en dehors des droits universels de l’homme. Jusqu’à cet « enfer de fabrication humaine » dont nous parle Hannah Arendt.
 
Nous pouvons dire que les règles de la guerre n’ont pas été respectées. Ou que les institutions internationales n’ont pas su et pu les faire respecter. Les populations civiles meurent. Sont déplacées, affamées, terrorisées. Le conflit est bien celui de la force et du droit. Conflit qui n’échappe pas aux enjeux de la mondialisation. Pourtant il faut réaffirmer la nécessité d’un droit international (comme l’idée d’un tribunal international) car lui seul permet de juger de la responsabilité humaine, singulière et collective. Lui seul peut à la limite déterminer le passage d’une « guerre juste » (obéissant à certaines règles du droit international) à une « guerre injuste » niant toute idée de règle. Sans lui, les actes commis par l’homme seraient complètement abandonnés au relativisme, au nihilisme, au cynisme sans pitié.
 
Certes il ne s’agit pas d’idéaliser un âge mythique de la guerre (où certaines règles d’honneur pouvaient prévaloir) puisque de toutes les façons, la guerre est immorale, puisque de toutes les façons, elle nie la valeur inconditionnelle de la personne. Parce qu’elle considère autrui comme un moyen et non comme une fin en soi. Un tel usage de la violence (sauf à penser qu’il soit légitime au nom de ces mêmes valeurs humaines) est toujours contraire à l’exigence morale de paix qui consiste à « sortir du crime ». Cette phrase du poète et philosophe Michel Deguy doit être prise au sérieux. Elle rejoint le projet de Kant : l’idée d’un accord universel entre les nations, entre les peuples, doit être envisagée non pas comme une vieille utopie mais bel et bien comme un idéal régulateur de l’action politique.
 
Agir comme si cette paix du monde était possible. C’est-à-dire, vouloir faire ensemble le nécessaire pour qu’elle soit réalisable.
 
Extrait de :
MÉDITATIONS DU TEMPS PRÉSENT
La philosophie à l’épreuve du quotidien 2
Éditions L’Harmattan; 2008

Comme une gifle au visage de la misère!
« Tout ce que je veux, c'est plus, plus, plus. Est-ce trop demander? »    

Misère, Pauvreté, puissance et pouvoir
Par Jérôme Ravenet

La misère n'est pas le superlatif de la pauvreté, ne désigne pas seulement l’indigence extrême de ces franges de l’humanité qui n'ont pas accès à l’eau potable, soit un quart de l'humanité. La pauvreté est le manque du superflu; la misère est le manque du nécessaire.

En vertu de cette définition, Majid Rahnema (prix Nobel d'Économie 2001) nous alerte sur la responsabilité des institutions internationales dans le développement de la misère mondiale qui a chassé la pauvreté.

La misère n’est pas la vie simple et frugale, ni même la pauvreté qui peut être choisie et assumée, partagée et créatrice de liens humains. Ce qui fait la misère de l’indigence, c’est qu’elle est subie, et violente parce qu'elle met en cause l'existence elle-même. Ce qui la rend intolérable, c’est qu’elle est imposée, savamment organisée et entretenue. Les célèbres travaux de Tobin (Prix Nobel d’Économie, 1981) montrent que les grandes institutions mondiales ont les moyens techniques et financiers de résorber la misère mais que la volonté politique, au service des pouvoirs financiers, ne soutient pas cet objectif humaniste, lui préférant le spectacle suffisant de quelques actions humanitaires occasionnelles, au motif qu'il n'y aurait pas d'autre alternative que le libéralisme (TINA). La Misère pose le problème de tous les pouvoirs, de toutes les formes d’organisation économico-politiques qui ont un intérêt à nuire, qui se nourrissent de la puissance dont elles privent les autres.

Le pouvoir joue des passions tristes, diminue les êtres et le monde; cela n’augmente jamais sa puissance. Le pouvoir est la capacité de contraindre et de nuire, d'opérer des soustractions, de séparer l'autre de ce qu'il peut; mais la puissance est la force d’exister. Quand un individu, une entreprise ou une institution ne peuvent se maintenir dans l’existence qu’au détriment d’autrui ou de leur environnement, ils manifestent bien un pouvoir, mais ils n’expriment pas un degré de puissance élevé : « excès de pouvoir (...) qui est avant tout pouvoir de destruction », dira ailleurs J.P. Dupuy (p.18). La recherche et l’exercice du pouvoir est une méprise et un malentendu sur la puissance : mais c’est le seul effort dont les faibles sont capables pour durer, faute de savoir ce qui peut réellement accroître leur puissance.

Au lieu de nuire, la puissance, ayant l'intelligence des rapports, exploite la synergie des convenances : elle suppose toujours des biens qui peuvent se partager, des biens d’autant plus profitables qu’ils se partagent. Le comprendre affranchit de toute avidité. Majid Rahnema explique que, partout dans le monde, ce sont les pauvres qui ont le mieux compris la misère et fourni les meilleurs moyens de lutter contre elle, en inventant des relations économiques et écologiques qui ont toujours été humanisantes. La Banque Mondiale et le FMI font plutôt perdurer le modèle du prolétaire, de l'homme déraciné, force de travail anonyme dont la valeur humaine est inversement proportionnelle à la valeur marchande des produits qui envahissent notre monde.

Depuis Machiavel, la politique, séparée de l'éthique, est devenue conquête et conservation du pouvoir; l'éthique, qui est recherche de la puissance, n’en est plus la fin, mais un simple moyen. Il n’est pas efficace d’être vertueux; il est plus rusé de le paraître. Aussi en sommes-nous là : par choix politique (celui des nations industrialisées qui dumpent leur industrie agricole et ruinent les paysans du Sud), toutes les cinq ou six secondes, un enfant meurt de faim dans les pays du Sud. Triste pouvoir que celui des grandes Puissances (qui ne sont puissance que par homonymie), la véritable puissance étant inséparable du souci de développer l'humanité de l'humain! Chez M. Rahnema, les références à Spinoza ne sont donc pas simplement des faire-valoir.

Bibliographie
- Dupuy J.-P., Pour un catastrophisme éclairé, Seuil, Points Essais, 2002.
- Majid Rahnema, Quand la Misère chasse la Pauvreté, éd. Fayard, Revue Quart Monde, n° 192

Source : https://sites.google.com/a/volubilys.fr/phalanstere2/accueil/simplicite

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10 avril 2013

Au milieu de la cohue


Voûte de cerisiers en fleurs, Bonn, Allemagne 
Photographe : Marcel Bednarz

Circulez tranquillement au milieu du bruit et de la hâte
Par Max Ehrmann (juillet 2006) 

Circulez tranquillement au milieu du bruit et de la hâte, et n'oubliez pas la paix qu’on peut trouver dans le silence.

Autant que possible, sans capituler, essayez de rester en bons termes avec tout le monde. Exprimez votre vérité calmement et clairement; et écoutez les autres, même les sots et les ignorants; eux aussi ont leur histoire. Évitez les individus tapageurs et agressifs; ils perturbent l'esprit.

Si vous vous comparez aux autres, vous pourriez vous sentir futile ou amer; il y aura toujours plus grand et plus petit que vous. Appréciez vos réalisations ainsi que vos buts. Continuez de vous intéresser à votre propre carrière, si humble soit-elle; il s’agit d’une véritable possession au milieu des revers de fortune du temps.

Usez de prudence dans vos affaires car le monde est rempli de fourberie. Mais que cela ne vous empêche pas de voir la vertu là où elle existe; beaucoup de gens ont de nobles idéaux, et partout la vie témoigne d'héroïsme. Soyez vous-même. Surtout, ne feignez pas l'affection. Ne soyez pas cynique à propos de l'amour, car face à l'austérité et au désenchantement, il reste aussi vivace que l'herbe.

Accueillez avec bienveillance les conseils des ans, laissez tomber de bonne grâce les choses de la jeunesse. Cultivez la force de l'esprit pour vous protéger des soudaines infortunes. Mais ne laissez pas de sombres chimères vous démoraliser. Beaucoup de peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

Adoptez une saine discipline de vie, mais surtout, soyez bon envers vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers, au même titre que les arbres et les étoiles; vous avez le droit d'être ici. Que cela soit évident ou non pour vous, il n’y a aucun doute que l'univers progresse comme il se doit.

Par conséquent, soyez en paix avec Dieu, quelle qu’en soit votre conception. Et, quels que soient vos espoirs et vos tâches, au milieu de la bruyante confusion de la vie, restez en paix dans votre âme.

Malgré ses trompe-l'œil, ses corvées et ses rêves brisés, ce monde est quand même merveilleux. Cultivez la bonne humeur. Efforcez-vous d'être heureux.

Source (en anglais) :
http://www.awakin.org/read/view.php?tid=933

Voûte de glycines, Ashikaga Flower Park, Japon
Le Matsuri Fuji, ou Wisteria Festival, est célébré chaque année au printemps à Tokyo, Shizuoka et Okazaki.

8 avril 2013

Défaut de civilisation


Peintre : Wendelin, Medicine Crow

Ce que vous appelez civilisation
Victor Hugo (1802-1885)
 
Ce que vous appelez dans votre obscur jargon :
Civilisation – du Gange à l’Orégon,
Des Andes au Thibet, du Nil aux Cordillères,
Comment l’entendez-vous, ô noires fourmilières?
De toute votre terre interrogez l’écho.
Voyez Lima, Cuba, Sydney, San-Francisco,
Melbourne. Vous croyez civiliser un monde
Lorsque vous l’enfiévrez de quelque fièvre immonde,
Quand vous troublez ses lacs, miroirs d’un dieu secret,
Quand vous violez sa vierge, la forêt;
Quand vous chassez du bois, de l’antre, du rivage
Votre frère naïf et sombre, le sauvage,
Cet enfant du soleil peint de mille couleurs,
Espèce d’insensé des branches et des fleurs,
Et quand, jetant dehors cet Adam inutile,
Vous peuplez le désert d’un homme plus reptile,
Vautré dans la matière et la cupidité,
Dur, cynique, étalant une autre nudité,
Idolâtre du dieu dollar, fou qui palpite,
Non plus pour un soleil, mais pour une pépite,
Qui se dit libre, et montre au monde épouvanté
L’esclavage étonné servant la liberté!
Oui, vous dites : – Voyez, nous remplaçons ces brutes;
Nos monceaux de palais chassent leurs tas de huttes;
Dans la pleine lumière humaine nous voguons;
Voyez nos docks, nos ports, nos steamers, nos wagons,
Nos théâtres, nos parcs, nos hôtels, nos carrosses! –
Et vous vous contentez d’être autrement féroces.
Vous criez : Contemplez le progrès! admirez!
Lorsque vous remplissez ces champs, ces monts sacrés,
Cette vieille nature âpre, hautaine, intègre,
D’âmes cherchant l’or, de chiens chassant au nègre,
Quand à l’homme lion succède l’homme ver,
Et quand le tomahawk fait place au revolver!
 
Toute la Lyre, III, XX
 
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Un brin d’histoire «en noir et sang»** 

Les Indiens surnommaient le général américain George Armstrong Custer (1839-1876) «Hard Backside’s» et «Long Hair Custer». Ses exploits au cours de la Guerre Civile et des Guerres indiennes sont légendaires. En 1873, il fut envoyé sur le territoire du Dakota pour protéger la construction d’une ligne de chemins de fer contre les Sioux. La Bataille de Little Big Horn (surnommée «Custer's Last Stand» - «l'ultime résistance de Custer») s'est déroulée le 25 juin 1876 à proximité de la rivière Little Bighorn (affluent de la rivière Yellowstone, au Montana). Cette bataille opposa les 647 hommes du 7e régiment de la cavalerie à une coalition de plusieurs milliers d'indiens Cheyennes et Sioux rassemblés par Sitting Bull. Le commandement des Indiens était assuré par Crazy Horse, le chef Sioux Gall et le chef Cheyenne Lame White Man. Le général Custer et 250 hommes du 7e régiment y trouvèrent la mort.
       «Hourra! camarades, nous les avons! Nous allons les finir, puis rentrer chez nous à la station.» Il s’agit apparemment des derniers mots de Custer avant d’être tué.

 Chef Red Cloud

«Je suis pauvre et nu, mais je suis le chef de la nation. Nous ne voulons pas de richesses, mais nous voulons certainement bien éduquer nos enfants. Les richesses ne nous feraient aucun bien. Nous ne pourrions pas les emporter avec nous dans l'autre monde. Nous ne voulons pas de richesses. Nous voulons la paix et l’amour.»
~ Chef Red Cloud

Triste et affligeant de voir les autochtones victimes d’une purge ethnique décrétée par les instances gouvernementales étasuniennes. Pour faciliter la chose, les bisons furent chassés presqu'à l'extinction; en 1880, il en restait seulement quelques centaines. L’armée chassait les bisons pour leurs peaux. On laissait les carcasses pourrir, puis on collectait les os qu’on envoyait vers l'Est pour en faire de l'engrais. Le gouvernement étasunien encourageait l'abattage des troupeaux pour diverses raisons, mais surtout pour affaiblir la population autochtone. En les privant de leur principale source de nourriture on les obligeait à se retrancher dans les réserves.

Big Foot, massacre de Wounded Knee
 
En février 1890, le gouvernement étasunien rompait son traité avec les Lakota en subdivisant la grande réserve indienne Sioux du Dakota du Sud (la plus grande partie de l'État) en cinq réserves, tout en réduisant l’étendue de leur territoire. On voulait satisfaire les intérêts des propriétaires de l'Est et se conformer à la politique gouvernementale voulant  «rompre les relations tribales» et obliger «les Indiens à se conformer au mode de vie de l'homme blanc, pacifiquement si possible, sinon par la force».
 
Une fois les réserves subdivisées, les tribus furent réparties en unités familiales sur des parcelles de terrain de 320 acres, soit 130 hectares. En raison de la sécheresse, les récoltes de 1890 furent insuffisantes pour assurer l’alimentation des Sioux. Et puis, jugeant les Indiens «paresseux», le gouvernement réduisit les rations de moitié. Comme les bisons avaient été pratiquement exterminés de la plaine quelques années plus tôt, les Sioux se retrouvèrent en situation de famine.
 
Le massacre de Wounded Knee s'est déroulé le 29 décembre 1890. L'armée étasunienne, équipée de quatre mitrailleuses Hotchkiss, encercla un campement d'Indiens Lakota avec l'ordre de les convoyer en train vers Omaha dans le Nebraska. Le commandant du 7e régiment avait reçu l'ordre de procéder à un désarmement préalable.
 
Les historiens s’accordent sur le fait que les tirs ont commencé pendant le désarmement des Indiens. Un coup de fusil a retenti et les Indiens, désarmés et encerclés, ont été mitraillés. Au total 26 soldats et 153 Indiens de la tribu Lakota Miniconjou furent tués, dont 62 femmes et enfants. Les cadavres indiens furent enterrés dans une fosse commune sur le lieu du massacre. D'autres Sioux sont morts de leurs blessures ultérieurement ainsi qu'un lieutenant de la cavalerie.
 
Wounded Knee est généralement considéré comme l'évènement qui mit fin à 400 ans de guerres indiennes. À strictement parler pourtant, le massacre n'est pas le dernier conflit entre les Amérindiens et l'armée étasunienne. Plus de quatre-vingts ans après le massacre, le 27 février 1973, Wounded Knee fut le théâtre d'un affrontement entre les autorités fédérales et les militants de l'American Indian Movement. Ce jour-là, près de 300 Sioux Oglala ainsi que des sympathisants occupèrent le village de Wounded Knee pour exiger qu'on reconnaisse leurs droits et leur terre.

Floyd Westerman

«Je voudrais citer une doctrine très préjudiciable transmise par la Cour suprême en 1823. On déclarait que les Nations indiennes n'avaient aucun droit de propriété sur leurs terres parce qu'ils n'étaient pas chrétiens; que les premiers chrétiens à découvrir une région païenne du pays en acquéraient le droit de propriété absolu. Cette théorie devrait être retirée et abolie pour établir une nouvelle base relationnelle entre les autochtones et les autres peuples du monde.»
~ Floyd Westerman (1936-2007); Première Nation Lakota 
 
Sources : http://pinterest.com/aprilw4243/sioux-native-americans/ et Wikipédia
 
COMMENTAIRE
 
J’ai choisi ces épisodes des guerres indiennes parce que la réhabilitation des droits des autochtones est à l’ordre du jour au pays.
 
Le texte de Victor Hugo résume toutes les formes de conquêtes menées par différentes nations au cours de l’histoire. Autrefois, en effet, les conquérants s’attaquaient aux indigènes sous le prétexte de les civiliser.  Paradoxalement, ils utilisaient les mêmes méthodes de massacre que celles des prétendus barbares qui s’entretuaient entre tribus.
 
Mais au fond, ce que les colonisateurs voulaient vraiment, c’était s’approprier les ressources naturelles des régions conquises : «si je ne peux pas t’acheter, ni te faire esclave, je te bute». Aujourd’hui, le prétexte s’appelle «croissance économique». Et certains entrepreneurs cupides n’hésiteront jamais à affamer des populations entières pour les ôter de leur chemin. En fait, seules les tactiques et les armes changent. C’est toujours le même problème : l’appropriation, l’empiètement. Ça se pratique aussi entre voisins…
 
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** L’expression en noir et sang est tirée du roman Une femme aimée, d’Andreï Makine :  
la vie est «…un dessin animé en noir et sang. L’histoire constitue une farce sanglante aux infinis rebondissements. Tout le monde comprend la folie de cette façon d’exister et pourtant à chaque génération, ça recommence. Oleg fait quelques pas, inspire à pleins poumons et regarde le ciel : le ciel, un vide sans la moindre compassion pour ce qui se passe sous sa voûte.»

Off-shore ou off-planet?

 
Admirons la sagesse de ceux qui rêvent d’habiter la lune après avoir rendu la terre inhabitable.
~ Lanza del Vasto
 
Quand l’homme ne tue pas l’homme, il tue ce qu’il peut, c’est-à-dire ce qui l’entoure. L’homme sort de son cadre, veut prendre la place des forêts et des animaux, souille les rivières, pollue l’air, se multiplie sans raison, se bâtit un enfer et s’étonne ensuite naïvement de n’y pouvoir vivre.
~ René Fallet
 
Quand la nature aura passé, l’homme la suivra.
~ Roger Heim
 
Où ils ont fait des déserts, ils disent qu’ils ont donné la paix.
~ Tacite
 
Nous nous détruisons en détruisant la planète, nous nous réalisons en la respectant… L’univers nous contient autant que nous le contenons, la coupure est un leurre qui engendre tous les massacres.
~ Jocelyne Curtil
 
Progrès dont on demande : «Où va-t-il? Que veut-il?»
Qui brise la jeunesse en fleur! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l’homme!
~ Victor Hugo
 
Homo sapiens demens.
~ Edgar Morin
 
Sélection tirée de :
Cent poèmes pour l'écologie
Choisis par René Maltête
Le cherche midi éditeur; 1991

5 avril 2013

Cher Mark Twain


Dear Mark Twain: Letters from His Readers
R. Kent Rasmussen, Editor
University of California Press
Aussi offert en E-book
 
Quelle bonne idée!
Le réputé «spécialiste» de Mark Twain, R. Kent Rasmussen, a récemment publié 200 lettres tirées de la correspondance de Mark Twain. Les plus poignantes sont celles écrites par des lecteurs voulant lui témoigner leur admiration et leur gratitude; mais la compilation inclut  également quelques lettres de critique.
 
Commentaire de R. Ken Rasmussen (avant publication) :
«Je suis emballé par mon recueil de lettres adressées à Mark Twain par ses lecteurs. Incroyable ce que certaines personnes lui ont écrit! Les meilleures lettres sont remplies de gratitude sincère et émouvante. Plusieurs viennent d'aspirants écrivains, sollicitant des conseils; d'autres viennent d’intrigants hommes d’affaires dont les propositions étaient souvent bizarres. Beaucoup de lettres viennent de gens désemparés, lui demandant de l'argent ou de l'aide. La liste est longue. Ce qui rend ces lettres si intéressantes, cependant, c'est ce qu'elles révèlent de Mark Twain.»

[Il semble que l’auteur ait réservé les plus belles lettres pour une prochaine publication –  si ce premier volume a du succès… Eh bien, on lui en souhaite!]

Faut-il s’étonner que l’humaniste ait reçu autant de courrier sincère?
Il faut dire et redire que cet homme, féministe – anti / esclavage / guerre / vivisection..., avait du cœur. Son humour caustique visait la stupidité humaine et son cortège de barbaries.

En tout cas, avoir lu Mark Twain de son vivant, sûr et certain que je lui aurais écrit!

Deux sélections : 

1. Un homme sachant qu’il allait mourir bientôt lui a écrit le 17 octobre 1906 :

“Dear Mark Twain,
       Writing this letter is one of the pleasantest duties I have to perform before leaving for “Hell or Hadleyburg” – which the doctor tells me must be soon now.
       In fact I’m living beyond my time, – because he said Oct 15 was my last day “on live” – The only reason I didn’t die on that date was that I wanted to read your latest story in Harpers. Some people see Naples and die, – I prefer to read Mark Twain & die. I’ve never seen Naples, – and don’t expect to. I’ve read almost everything you’ve written, – and when I finish your whole output I’ll give up seeing Naples and die happily without that privilege.
       But –
       I want to thank you for all the pleasure your books have given me during many years of confinement to my room. Life would frequently have been dull indeed had it not been for the companionship of Huck Finn, Col. Sellers, et al.
       When I get to Hell the greatest torture that I will have will be the possible knowledge that you shall have written something else I shall not be permitted to read.”
       Yours gratefully
       Benj Ochiltree   

2. Les journaux ayant rapporté que l’état de santé de Twain déclinait, il reçut ce mot émouvant le 19 avril 1910, trois jours avant sa mort :

“Dear Mark Twain,  
       Together with all other reading men and women, I deeply sympathise with you in your illness, and also together with them I rejoice at the favorable reports from your bed-side which we receive from day to day.
       You have given me more delights than any other author I ever read, and if everyone whom you have charmed as you have charmed me, were to write you now and tell you about it, the post-office at Redding would be blockaded for months to come. – I believe you are better loved than any other living man, and if the heart-felt wishes of each and all of us for your speedy recovery can avail you anything, I am sure you cannot remain long sick. Dear Mark, we simply cannot spare you, you must get well.”
       Again expressing my very best wishes,
       I am Very Truly Your Friend
       Geo. B. Byron


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3 avril 2013

Raison et croyance

Par Jérôme Ravenet*

Paoli, le prix Nobel, reçoit un jour N. Bohr (un autre prix Nobel), chez lui, en Corse. Au dessus de la porte d'entrée : un fer à cheval. Lorsqu'il voit ce fer à cheval sur la porte d'entrée, Bohr s'écrit : «Tout de même, vous! Un homme aussi intelligent, vous ne croyez tout de même pas à ça?» Et Paoli, sereinement : «Il paraît que ça marche, même si on n'y croit pas».

Cette plaisanterie est proche de l'histoire soufie de Nasreddin qui entourait sa maison de miettes de pain lorsqu'un passant lui demanda pourquoi. Nasreddin répondit : «C'est pour me protéger des tigres».Le passant interloqué, répliqua : «Mais il n'y a pas de tigres ici!?» Et Nasreddin : «Alors, vous voyez que ça marche!»

On peut prendre cette histoire 1. comme une méditation sur l'efficacité inexpliquée de certaines superstitions (la foi provoquant des guérisons miraculeuses, etc.), c'est-à-dire comme une méditation sur l'efficacité et la rationalité de ce que la science ne peut pas encore expliquer. 2. ou comme mise en question de la raison, dissimulant ses zones d'ombres, ses incohérences, sa part de folie.

Il y a une certaine sagesse à croire, tant que cette croyance se sait telle et ne prétend pas s'ériger en absolu. Le grand Kant lui-même, dans sa troisième Critique ne voulait-il pas limiter les prétentions de la raison pour laisser une place à la foi? Mais la foi n'est pas un savoir universalisable, et savoir cela évite de tomber dans l'intolérance.

Comme en témoigne l'histoire suivante :
Un bouddhiste, un hindouiste et un catholique se retrouvent dans un débat.
Le bouddhiste chante la paix et la compassion. Les autres lui répondent :
«C'est merveilleux. Si ça marche pour vous, c'est fantastique».
L'hindouiste célèbre l'enseignement subtil de Krishna. Les autres lui répondent :
«C'est merveilleux. Si ça marche pour vous, c'est fantastique».
Le catholique célèbre Jésus et la vie éternelle. Les autres lui répondent :
«C'est merveilleux. Si ça marche pour vous, c'est fantastique ».
Mais le catholique s'énerve :
«La question n'est pas que ça marche pour moi, car c'est la vérité universelle, et si vous n'y croyez pas vous finirez tous en enfer!». Et les autres lui répondirent :
«C'est merveilleux. Si ça marche pour vous, c'est fantastique».

... cela dit, heureusement, les catholiques ne sont pas tous ainsi, mais évidemment vous n'êtes pas obligés de me croire!

Source : Le Nouveau Phalanstère, rubrique humour
Un site à forer – une mine d’inspiration à ciel ouvert
https://sites.google.com/a/volubilys.fr/phalanstere2/accueil/Home

* Jérôme Ravenet
Philosophe agrégé (1994) et docteur en sinologie de l'Université Paris VII (2001), professeur dans le secondaire et à l'IEP d'Aix-en-Provence (depuis 2007). Également diplômé de l'Université de Médecine Traditionnelle Chinoise de Shanghai (2004).

Professeur BEES Amc et Membre du Collège Technique de la Fédé Franç WAEMC, il enseigne également les arts énergétiques et internes, moins comme des techniques sportives que comme des pratiques (laïques) de pleine conscience, mettant l'accent sur la simplicité, c'est-à-dire l'acceptation de la vulnérabilité, les références bibliques, bouddhiques et taoïstes nourrissant sa réflexion.

Loin de tout dogmatisme et de tout sectarisme, candidat pour la défense de la Cause Animale aux Législatives 2012 dans un parti au-delà des clivages politiques, son slogan de campagne était : «Soyez le changement».

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Réflexions du jour :

In a world of hard people with no soul…  
I looked for the man with the kind eyes but I never found him. I was sad. I missed him enormously. When you meet someone that really has a soul, it hurts; it evokes a spiritual longing for a long forgotten place that we all came from. It’s a heartland of some kind that we can’t quite remember.

~ Stuart Wilde, The Man with Kind Eyes

C’est tellement vrai ce que dit Stuart Wilde… Alors, pour illustrer cette pensée, j’ai cherché sur Google des regards d’hommes «with kind eyes» – des pages et des pages, sans grand succès.

Et puis soudain, je me suis souvenu de Raimon Panikkar (1918-2010), ce prêtre et philosophe né d’une mère catholique et d’un père hindou. Selon ma perception, il possède ce regard de bonté, de bienveillance.

 
Quelques réflexions de Raimon Panikkar :
 
«Je suis parti chrétien, me suis découvert hindou et retourne bouddhiste sans avoir cessé d’être chrétien.»
 
«Mon aspiration ne consiste pas tant à défendre ma vérité qu’à la vivre.» 
 
«Sans une vive conscience interculturelle, nous sommes trop souvent victimes, même inconsciemment, de la pensée unique, qu’on l’appelle marché, démocratie, science, ordre mondial, Dieu ou Vérité, symboles d’autant plus dangereux qu’ils sont inspirés par de bonnes intentions. »

«Un vrai pèlerinage représente le chemin vers son propre centre, la mort de son petit soi et l’union avec le Soi universel»

«Il ne faut pas s’étonner que la violence et la guerre apparaissent inévitables. De fait, il n’existe aucun autre moyen de résoudre les conflits tant que chaque camp se croit en possession de la vérité absolue. Les conséquences politiques de cette situation sont évidentes : si l’on ne transcende pas les tensions dialectiques par un approfondissement des problèmes et par une contribution des autres cultures, le monde s’achèvera avec la destruction de l’Histoire elle-même… Penser que la violence puisse créer de l’ordre ou que l’injustice puisse justifier la guerre n’est rien d’autre que la répétition du syndrome funeste des «Dieu avec nous», «Gott mit uns», «In God we trust», «Dios con nosotros»… La politique deviendrait alors un absolu qui nous conduirait fatalement à la catastrophe.» (Extrait de : Le silence du Bouddha; Acte Sud) 

Site officiel http://www.raimon-panikkar.org/francese/home.html
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«Tel est donc, dans sa terrifiante simplicité, l'implacable dilemme que nous vous soumettons : allons-nous mettre fin à la race humaine, ou l'humanité renoncera-t-elle à la guerre?»
«Le problème aujourd'hui n'est pas l'énergie atomique, mais le coeur des hommes.»
~ Albert Einstein

2 avril 2013

L'Arche à vau-l'eau



Les poèmes suivants sont extraits de :

Cent poèmes pour l’écologie
Choisis par René Maltête (photographe, 1930-2000)
Préface d’Hubert Reeves
Le cherche midi éditeur; 1991

Le Déluge
Par Jean L’Anselme

Il pleuvait comme vache qui pisse
mais il n’y avait plus de vaches.
Il faisait un temps de chien, un temps de cochon
mais il n’y avait plus de chiens ni de cochons.
Il faisait un beau temps pour les grenouilles, les
escargots, les limaces
mais il n’y avait plus ni grenouilles, ni escargots, ni
limaces.
N’y avait plus non plus d’éléphants
ni d’girafes
plus de phoques
plus de pingouins
plus de chats
plus de poules
plus de lapins.
Il n’y avait plus rien.
Plus rien sur cette terre
à force de laisser faire
et de se taire.

Alors Noé,
qui ne pouvait plus compter « un – deux »
en accouplant ses bêtes en marche
hurla « en avant marche,
après moi le déluge! »

Et ce fut la fin du monde,
le grand grabuge.

(Inédit) 


Fable de la rivière
Par Jacques Gaucheron

Un doux pêcheur trempait une ligne dans l’eau
décolorée d’une rivière.
Passe-temps sans malice, avec un peu d’espoir
d’attraper quelque menue friture au moins,
sait-on jamais un gros poisson
pour le repas du soir.

Mais vous ne prendrez rien!
lui dit en se moquant un promeneur malin.
Pêcher ici dans la rivière,
c’était l’affaire d’un autre temps.
Depuis que sans vergogne d’assassines chimies
vont déversant dans le courant
d’invisibles poisons, ici tout s’asphyxie.

Que dites-vous, est-ce possible,
balbutia le pêcheur qui perdait contenance.
Mais c’est un crime, il faut chercher les assassins.

Si par chance un poisson passe auprès de votre bouchon
il aura, monsieur, ventre en l’air
N’en mangez pas c’est du poison.

Pourquoi les hommes de notre temps
perdent simplement la raison,
vous le trouverez bien
avec un peu de réflexion.

En tout cas
pour que poisson devienne grand
il faudra d’abord guérir les rivières.

Les grandes inventions
Par Joël Sadeler

Il inventa la poudre à laver le linge
Le linge fut propre
Mais l’eau polluée
Ça ne fait rien se dit-il
Et il inventa la poudre à laver l’eau
L’eau de la rivière fut propre
Mais l’herbe polluée
Ça ne fait rien se dit-il
Et il inventa la poudre à laver l’herbe
L’herbe de la rivière fut propre
Mais le lit pollué
Ça ne fait rien se dit-il
Et il inventa la poudre à laver le lit
Le lit de la rivière fut propre
Mais la terre polluée
Ça ne fait rien se dit-il
Et il inventa la poudre à la laver la terre
Et la terre fut lessivée…

P.S. Homo Hiroshima lave plus blanc.

(Croquis et croque-vie)


 Dans sa préface  (1991), Hubert Reeves disait : 
«Notre planète, nous le découvrons avec stupeur, est bien malade. Chaque semaine, pratiquement, on nous signale une nouvelle agression à la biosphère, restée jusque-là insoupçonnée. Nous savons que si tout espoir n’est pas perdu, il faudra agir vite et avec efficacité pour que la Terre de nos enfants soit encore habitable.
[…]
Comme on le verra dans ces pages, la préoccupation écologique, (même si le mot est relativement récent), n’est pas un thème nouveau pour les poètes. Jamais pourtant cette préoccupation n’avait pris une telle ampleur; jamais la situation n’a été aussi dramatiquement pressante. Il faut remercier les éditeurs d’avoir rassemblé ici un ensemble de poèmes étalés le long des âges. Leur message prend aujourd’hui une nouvelle actualité.» 

Eh bien, en 2013, chaque jour, pratiquement, on nous signale une couple de catastrophes – celles qui ne peuvent pas nous échapper. Ensuite, toutes celles qu’on peut nous dissimuler... c’est ben maudit, mais avec Internet, c’est de plus en plus difficile.

Aux antiquaires, les arbres!
À la fourrière, les animaux!
À la glacière, les oiseaux!
Disait Jacques Prévert

J’ajouterais : Aux charniers, les humains?

À voir si vous avez accès à la zone – matière à réflexion :
Cas de conscience, La cupidité
http://www.tou.tv/cas-de-conscience/S01E10

1 avril 2013

Comment noyer le poisson…


La chaîne alimentaire commence et finit dans l’eau.

Nous pensions naïvement qu’il n’y avait pas de conséquences à balancer notre merde à l’eau puisque nous ne la voyions plus? Oui, engloutie, disparue, ni vue ni connue je t’embrouille!

Mais après tout, l’important n’est-il pas de brasser de grosses affaires? 

Poisson d’avril 1

Déversements
La pétrolière Exxon Mobil a annoncé que des équipes travaillaient toujours à contenir et à nettoyer un déversement de pétrole survenu à Mayflower, en Arkansas, après le bris de l'un de ses oléoducs transportant du pétrole issu des sables bitumineux albertains.
       La rupture d'un oléoduc de l'entreprise a causé la fuite d'environ 10 000 barils de pétrole provenant de la région de Wabasca, en Alberta. (…)
       La structure permet d'acheminer 90 000 barils de pétrole quotidiennement de Patoka, en Illinois, jusqu'à des raffineries situées près de la côte du golfe du Mexique, au Texas.

Projet Keystone XL
(…) Certains affirment que le pétrole des sables bitumineux est plus corrosif que le pétrole conventionnel, ce qui rend son transport par pipeline plus hasardeux.
       Il s'agit du deuxième évènement du genre à se produire dans les derniers jours. Mercredi, un train transportant du pétrole brut canadien a déraillé au Minnesota, déversant des milliers de litres de carburant.

Source :
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2013/03/31/001-arkansas-oleoduc-fuite-petrole-canadien.shtml

Or Bleu ou Or Noir? L'eau propre, c'est vital...



Poisson d’avril 2

Fermeture définitive de la Région des lacs expérimentaux
Le gouvernement fédéral ferme définitivement la Région des lacs expérimentaux, un centre de recherche unique au monde qui comprend une soixantaine de lacs du nord de l'Ontario. Un labo grandeur nature où l'on prenait le pouls de la vie aquatique depuis 45 ans.
Le gouvernement Harper refuse de permettre à une étude sur les eaux potables déjà entièrement financée d'avoir lieu cet été dans la région reculée des lacs expérimentaux, dans le nord-ouest de l'Ontario. (…)
Selon le gouvernement fédéral, la fermeture des installations permettra d'économiser environ 2 millions de dollars par année. Bien que l'entente fédérale n'arrive pas à échéance avant septembre, et que des négociations pour le transfert se poursuivent, une porte-parole de Pêches et Océans Canada a déclaré qu'aucun chercheur ne serait admis sur l'un ou l'autre des 60 lacs cet été puisque, en date du 31 mars, ces installations ne seront plus intégrées au sein des activités fédérales.

Les années lumière, Radio Canada
http://www.radio-canada.ca/emissions/les_annees_lumiere/2012-2013/chronique.asp?idChronique=283030

Depuis sa création en 1968, le programme des lacs expérimentaux a permis à un grand nombre d'organismes gouvernementaux, d'universités et d'entreprises privées de conduire des recherches sur les systèmes aquatiques. Le programme a permis de faire des découvertes importantes notamment sur les pluies acides, les barrages hydroélectriques et l'utilisation du phosphate.

«Des découvertes majeures y ont été faites et sa fermeture est une catastrophe pour la communauté scientifique et pour l'ensemble des connaissances que l'on peut apporter en milieu aquatique, en eau douce en particulier.» - Jérôme Marty, chercheur et vice-président de l'Association internationale de recherche sur les Grands Lacs.

http://www.radio-canada.ca/regions/manitoba/2012/11/16/005-transfert-possible-lacs-experimentaux.shtml

http://www.radio-canada.ca/regions/ottawa/2013/03/29/007-fermeture-lacs-experimentaux-ontario.shtml

Miracle! changement de fréquence :
Cartooniste : Diane English