4 mars 2022

Le fou furieux de Moscou

Qui mettra des bâtons dans les roues de ce control freak avant qu’il ne soit trop tard? Même si plusieurs y songent, bombarder le kremlin de Moscou serait contreproductif. Poutine appuierait sur le bouton « larguer missiles nucléaires partout ». Un fou furieux peut se déchainer si on le provoque.

Poutine doit certainement craindre de se faire assassiner – les psychopathes (1) sont généralement paranoïaques. Son bunker antinucléaire doit être aussi protégé que Fort Knox. Même s’il mourrait, une dizaine de clones attendent en ligne pour le remplacer…

L’invasion de l’Ukraine est, entre autres, un acte terroriste à l’endroit de la population elle-même ; il est clair que Poutine veut vider le pays pour y installer des prorusses indécrottables qui ne voudront pas se joindre aux démocraties européennes et surtout pas à l’OTAN.

Image : Serge Chapleau / La Presse 2 mars 2022

L’armée russe occupe la première centrale nucléaire ukrainienne, Moscou accentue la répression

Daphné Rousseau – Agence France-Presse Kiev, Ukraine / Le Devoir, 4 mars 2022

L’armée russe occupe vendredi la plus grande centrale nucléaire ukrainienne, où des bombardements dans la nuit ont fait craindre une catastrophe. Le neuvième jour de l’offensive russe est accompagné d’une répression croissante de toute voix dissidente en Russie.

Dans le sud de l’Ukraine, la centrale nucléaire de Zaporojie, la plus grande d’Europe a été touchée dans la nuit par des frappes d’artillerie russe, selon les Ukrainiens. Elle a aussi été le théâtre d’un incendie.

Cet incendie a contribué à l’angoisse grandissante des Occidentaux face à un conflit qui embrase désormais tout le pays, avec une liste de plus en plus longue de villes bombardées.

En début de matinée, les autorités ukrainiennes ont cependant indiqué que le feu, qui avait touché un laboratoire et un bâtiment de formation, avait été éteint et qu’aucune fuite radioactive n’avait été détectée.

« Le territoire de la centrale nucléaire de Zaporojie est occupé par les forces armées de la Fédération de Russie. Le personnel opérationnel contrôle les blocs énergétiques et assure leur exploitation en accord avec les exigences des règlements techniques de sécurité d’exploitation », ont-elles ajouté.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé que les niveaux de radioactivité sont restés inchangés sur le site de la centrale, qui fournit une grande partie de l’électricité du pays, et a affirmé qu’aucun équipement « essentiel » n’a été endommagé.

Son chef, Rafael Grossi, s’est dit prêt à se rendre en Ukraine pour négocier une solution afin de garantir la sécurité des sites nucléaires.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a quant à lui réclamé un renforcement des sanctions occidentales contre Moscou après cette attaque.

« Un renforcement immédiat de sanctions contre l’état terroriste nucléaire est nécessaire », a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée en matinée en appelant les Russes à « descendre dans la rue » pour arrêter les attaques contre les sites nucléaires en Ukraine.

« L’attaque contre une centrale nucléaire démontre le caractère irresponsable de cette guerre et la nécessité d’y mettre fin », a déclaré le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, avant une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance à Bruxelles.

Plus tôt, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait sollicité une nouvelle réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, tandis que le président américain Joe Biden « exhortait la Russie à cesser ses activités militaires dans la zone » de la centrale.

La centrale de Zaporojie, située sur le fleuve Dniepr à environ 550 km au sud-est de Kiev, a une capacité totale de près de 6000 mégawatts, assez pour fournir en électricité environ quatre millions de foyers. Elle a été inaugurée en 1985, quand l’Ukraine faisait encore partie de l’Union soviétique.

Le 24 février, des combats avaient déjà eu lieu près de l’ancienne centrale de Tchernobyl, à une centaine de kilomètres au nord de Kiev, désormais aux mains des troupes russes.

« Un enfer »

Ailleurs dans le pays, l’Ukraine a notamment accusé Moscou jeudi d’avoir bombardé une zone résidentielle et des écoles à Tcherniguiv, au nord de Kiev, faisant 33 morts. Des combats s’y poursuivaient vendredi, selon les Ukrainiens.

La situation est aussi devenue « un enfer » à Okhtyrka, et « critique » à Soumy, deux villes à quelque 350 km à l’est de Kiev, selon les autorités locales.

Quant au port stratégique de Marioupol, au sud-est du pays, où le maire accusait jeudi les forces russes de vouloir instaurer « un blocus » les autorités régionales indiquent ne disposer « d’aucune communication ».

Dans des déclarations à la télévision russe jeudi, le président Vladimir Poutine n’a donné aucun espoir d’apaisement.

« L’opération militaire spéciale se déroule strictement selon le calendrier, selon le plan », a-t-il affirmé. Il a salué le courage des soldats russes qui combattent contre « des néonazis » et « des mercenaires étrangers » qui utilisent les civils comme « boucliers humains ».

Moscou a toutefois subi un nouveau revers diplomatique avec le vote à une écrasante majorité, vendredi matin au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, d’une résolution en faveur d’une commission d’enquête internationale sur les violations des droits humains et du droit humanitaire en Ukraine.

La résolution a été adoptée par 32 votes pour, 2 contre (Russie et Érythrée) et 13 abstentions.

« Le monde entier est contre vous », a lancé l’ambassadrice ukrainienne auprès de l’ONU à Genève, à l’attention du président Poutine.

Nouvelles lois répressives

Le Kremlin a durci dans le même temps sa répression de toutes les voix dissidentes face au conflit.

Depuis le début de l’offensive le 24 février, arrestations, fermetures des rares médias indépendants restants et nouveaux textes répressifs s’enchaînent, alors que le Kremlin et les grands médias russes présentent le conflit comme « une opération militaire spéciale » et bannissent le mot « invasion ».

Vendredi, les autorités russes ont restreint l’accès aux sites de quatre médias indépendants : l’édition locale de la BBC, la radio-télévision internationale allemande Deutsche Welle, le site indépendant Meduza et Radio Svoboda.

Les députés russes ont également adopté un texte prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à quinze ans de prison pour toute personne publiant des « informations mensongères » qui entraîneraient des « conséquences sérieuses » pour les forces armées.

Alors que Moscou fait face à des sanctions économiques sans précédent infligées par les Occidentaux, un autre texte prévoit de pénaliser les « appels à imposer des sanctions à la Russie ».

Des perquisitions sont aussi en cours vendredi dans les locaux moscovites de l’emblématique ONG des droits humains Mémorial, la plus respectée du pays, après sa dissolution ordonnée par la justice, a indiqué Mémorial.

De nombreux Russes tentent de quitter leur pays. Avec la suspension de la quasi-totalité des vols reliant la Russie à l’Europe, les trains reliant Saint-Pétersbourg à Helsinki arrivent bondés dans la capitale finlandaise, a constaté l’AFP.

« Nous avons décidé de rentrer le plus vite possible, car on ne sait pas quelle sera la situation dans une semaine », a dit à l’AFP Polina Poliakova, une Moscovite étudiant à Paris, à son arrivée à Helsinki.

Ces trains ne sont cependant de facto accessibles qu’aux Russes qui vivent ou travaillent déjà en Europe : ne passent que les personnes avec un visa Schengen en règle, et un vaccin contre la COVID-19 reconnu par l’Union européenne, autrement dit pas le vaccin Spoutnik, qui est le plus administré en Russie.

Couloirs humanitaires

On ignorait pour l’instant si les « couloirs humanitaires », que des négociateurs russes et ukrainiens se sont mis d’accord jeudi pour organiser, se mettaient en place.

Ces négociateurs s’étaient retrouvés à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, après une première tentative lundi, dans l’espoir d’obtenir une trêve. « Malheureusement, il n’y a pas encore les résultats escomptés pour l’Ukraine. Il n’y a qu’une solution pour organiser des couloirs humanitaires », a déploré après les discussions un membre de la délégation ukrainienne, Mikhaïlo Podoliak.

Plus de 1,2 million de réfugiés ont déjà fui le pays, selon l’ONU.

https://www.ledevoir.com/monde/681702/l-armee-russe-occupe-la-premiere-centrale-nucleaire-ukrainienne-moscou-accentue-la-repression

Un bilan : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1866175/guerre-ukraine-bombardements-kiev-kharkiv-marioupol-morts-centrale-nucleaire

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(1) Détectez les psychopathes / Profil

Robert Hare a consacré sa vie à étudier ce trouble du comportement qui réunit un ensemble de traits psychologiques particuliers. Selon le psychiatre, les psychopathes possèdent généralement la plupart des caractéristiques suivantes :

De beaux-parleurs : ils sont souvent très doués à l’oral, d’autant qu’ils ne ressentent pas d’anxiété ou d’appréhension à parler en public. Ils ont réponse à tout et sont capables de moucher les meilleurs orateurs. Bagout extraordinaire, verbiage exceptionnel, éloquence hors-norme. Méfiance.

Charme, charisme, aura : les psychopathes sont souvent charismatiques. Certains se transforment en gourous dans des sectes. On leur prête naturellement des qualités de meneurs d’homme. Ce sont de grands séducteurs. Si vous les intéressez (parce que vous avez de l’argent, du pouvoir, du prestige), ils parviendront à gagner votre confiance.

Narcissisme : les psychopathes sont toujours très arrogants, mais certains parviennent à dissimuler ce trait de personnalité déplaisant sous une fausse modestie. Ils ont une vision grandiose de leur propre importance. Ils ont l’impression d’être des surhommes, des individus à part, des bienfaiteurs, des sauveurs. Ils se perçoivent comme le soleil de la scène sociale. Leurs démarches, toujours intéressées, seront souvent présentées comme des faveurs. Dans leur esprit, tout leur est dû car ils sont exceptionnels ; par conséquent, ils se servent. On parle souvent de leur « mégalomanie » ou de leur « égocentrisme ».

Absence d’empathie : les psychopathes sont abominablement dépourvus d’empathie. Ils n’ont pas de sentiments pour les autres : ni amour, ni amitié, ni compassion. Parfois, ils font même preuve de sadisme. Beaucoup mettent en scène, de manière théâtrale, leur empathie. Ils s’efforcent de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas : des personnes sensibles avec un cœur grand comme ça.

Manipulateurs hors-pair : il existe de multiples manières de manipuler autrui. Les psychopathes possèdent un répertoire de techniques de manipulation particulièrement riche. Ils mentent avec un aplomb déconcertant ; ils peuvent vous culpabiliser en évoquant des obligations familiales ou professionnelles ; ils ont recours à des expressions-cadenas pour vous obliger à penser comme eux. Par exemple : « quiconque pense le contraire est hypocrite ». Ils adoptent fréquemment une tonalité docte et se posent en dépositaires du savoir absolu. Ils tiennent des propos ambigus qui visent à vous faire comprendre leur pensée sans avoir à la formuler explicitement, pour éviter de se mouiller, etc.

Gestion virtuose de leur image : ils se comportent différemment selon les personnes à qui ils ont affaire. De sorte que certains les trouveront admirables, alors que d’autres auront perçu l’envers de la médaille : les mensonges, les manipulations, l’arrogance. Ils peuvent aussi se comporter très différemment en public et en privé, si bien qu’on a l’impression d’avoir affaire à un Dr Jekyll et Mr Hyde. Les psychopathes sont des communicateurs instinctifs. Ils ont un talent naturel pour donner d’eux-mêmes une image très flatteuse. Ils se font valoir par le travail et les réalisations de leurs collègues ; ils trafiquent leur CV ; ils arrangent leur histoire ; ils traquent férocement tous ceux qui dans leur entourage ont compris à qui ils avaient réellement affaire et seraient susceptibles de faire tomber le masque.

La labilité logique : les psychopathes ont tendance à multiplier les erreurs de raisonnements. Ils accordent trop d’importance à certains faits, en minimisent d’autre. Leur esprit d’analyse, très sélectif, ne détecte que ce qui les arrange. Leur mémoire fonctionne de la même manière. Il leur arrive de se contredire dans une même phrase. Ils font des promesses qu’ils oublient peu de temps après. Ils commettent des lapsus, interprètent mal une situation. Tout cela pour vous manipuler. Après coup, ils vous diront qu’il s’agissait d’un « malentendu ».

Prise de risque : les psychopathes ont tendance à s’ennuyer et prennent plus de risques que les autres. Ils sont irresponsables et ont, semble-t-il, du mal à envisager toutes les conséquences de leurs actes. Ils ont fréquemment des trajectoires météoritiques. Du jour au lendemain, tout s’effondre comme un château de cartes. Parce que le psychopathe vit dans une bulle de présent. Il préfère jouir d’une gloire éphémère.

Absence de remords : ils ne ressentent jamais aucuns remords. Ils n’assument pas leurs responsabilités. Ils rejettent systématiquement la faute sur des boucs-émissaires. Ils essaient de culpabiliser les autres et de se faire passer pour de pauvres victimes. Ils minimisent les dommages qu’ils ont commis.

L’agressivité : les psychopathes sont toujours très agressifs et très combatifs. Ils ont aisément recours à des menaces. Ils conçoivent la vie comme une succession de combats avec, à chaque fois, un vainqueur et un vaincu. Ils sont déterminés à faire ce qu’il faut pour sortir vainqueur. Certains ont un tempérament explosif et peuvent en venir aux mains aisément. Ils abusent des procédures juridiques. Ils passent leur temps à dénigrer, à critiquer, à dévaloriser pour alimenter leur soi grandiose. Ce qu’ils font est exceptionnel ; ce que les autres font est banal.

La paranoïa : les psychopathes ont tendance à penser que tout le monde possède le même profil psychologique qu’eux. Si jamais on leur demande des comptes, ils crieront au complot. Ils ont souvent des tendances paranoïaques, pensent qu’on veut leur « faire la peau » ou qu’on leur a « baisé la gueule ». Ils n’ont aucun mal à imaginer que les autres commettent toutes sortes d’ignominies, car c’est ainsi qu’eux-mêmes se comportent. L’humanité est une confrérie de requins selon eux. Les psychologues disent qu’ils « projettent » sur autrui leurs propres dispositions psychologiques. Ils possèdent une connaissance intuitive du vice qui leur permet de voir le mal partout et notamment dans le bien. À leurs yeux, une amitié sincère devient du « copinage », du « piston », des « arrangements ». Ils peuvent se transformer en inquisiteurs féroces. Beaucoup de gens se font avoir et pensent qu’une personne qui dénonce avec virulence l’amoralité d’autrui est nécessairement exemplaire.

L’appétit de pouvoir : les psychopathes sont des « control freak ». Ils éprouvent le besoin de contrôler les gens qui gravitent autour d’eux et qu’ils perçoivent comme des objets ou des robots rats dont la seule fonction serait de subvenir à leurs besoins (psychologiques, matériels, sexuels). Ils sont dominateurs. Certains deviennent de parfaits tyrans domestiques. Ils occupent fréquemment des postes à responsabilité dans leur vie active. Ils s’entourent d’adjoints dociles et traquent tous ceux qui peuvent leur faire de l’ombre.

Ils connaissent la langue, mais pas la musique : le spectre émotionnel des psychopathes est pauvre. Ils apprennent tout au long de leur vie à simuler ces émotions qu’ils ne ressentent pas, notamment toutes celles qui relèvent de l’empathie et du sens moral : l’amour, l’attachement, la compassion, la honte, la tristesse, la dépression. On a souvent remarqué à leur propos qu’ils connaissent la langue, mais pas la musique. Les émotions qu’ils expriment sont parfois fausses. Ils ont tendance à en faire trop, leur style est grandiloquent, ampoulé, fleuri, pompier, truffé de métaphores. Il manque de sincérité. Les psychopathes manifestent leurs émotions à la manière d’adolescents sur MSN, en multipliant les points d’exclamation ou les smileys. Ils donnent l’impression d’une certaine immaturité émotionnelle.

Un style théâtral : les psychopathes ont tendance à en faire trop également sur le plan de la gestuelle. Ils ont un petit côté théâtral et parlent avec les mains, leur corps. Ils multiplient les mimiques, lèvent les yeux au plafond pour vous faire comprendre que vos propos sont stupides, ils soupirent, haussent des épaules, etc. Ils peuvent faire intrusion dans votre espace intime, vous toucher alors que vous les connaissez à peine. Ils outrepassent les étapes traditionnelles de l’amitié qui s’ébauche en s’efforçant de vous faire croire – trop vite – que vous êtes déjà les meilleurs amis du monde.

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