28 septembre 2021

Vas-y Jenny!

Le poème de Jenny Joseph est à l’origine de la création de la Red Hat Society (RHS) en 1998, aux États-Unis, par Sue Ellen Cooper. Elle était alors dévolue aux femmes de 50 ans et plus mais elle est aujourd'hui ouverte à toutes. En 2011, elle comptait plus de 40 000 chapitres aux États-Unis ainsi que dans 30 autres pays. Il y a eu une troisième vague en 2015. Nous sommes mûres pour une quatrième vague...

Photo : Alamy. La Red Hat Society encourage les femmes à s'amuser et à trouver des âmes soeurs pour discuter des divers rôles que jouent les femmes dans la société.

Ici, on est à l’opposé de la Red Hat Society. Il s’agit d’une séance de propagande ou d’une cérémonie de punition pour les servantes écarlates.... Tout ce qu’on espère c’est que ce roman / télésérie horrifiant ne se réalise jamais, pas même dans les états américains les plus chrétiens-fondamentalistes, qui malheureusement se battent crocs et griffes pour faire abolir le droit à l’avortement, la planification familiale, la pilule anticonceptionnelle, et ainsi de suite (1). 

Photo via Wikipédia 

Avertissement

Jenny Joseph

Quand je serai vieille, je m’habillerai de violet

Je mettrai un chapeau rouge qui jure avec ma robe et ne me va pas

Je dépenserai ma pension en cognac, en gants de dentelle

et en sandales de satin, et je dirai que nous n’avons pas d’argent pour le beurre

 

Je m’assoirai sur le trottoir quand je serai fatiguée

J'avalerai des échantillons dans les magasins et je tirerai les sonnettes d’alarme

Je ferai courir ma canne sur les barreaux des clôtures publiques

Je compenserai la sobriété de ma jeunesse

 

Je sortirai en chaussons sous la pluie

et cueillerai des fleurs dans les jardins des autres

Et j'apprendrai à cracher

 

Tu peux porter d’horribles chemises et grossir encore plus

Et manger trois livres de saucisses d’un coup

ou seulement du pain et des cornichons pendant une semaine

Et amasser des stylos, des crayons, des tapis de souris et plein de choses dans des boîtes

 

Mais maintenant nous devons avoir des vêtements qui nous gardent au sec

Payer notre loyer et ne pas jurer dans la rue

Et donner le bon exemple aux enfants.

Nous devons inviter des amis à dîner et lire les journaux

 

Mais peut-être devrais-je m’exercer un peu, maintenant

Afin que mes amis ne soient pas surpris et choqués

Quand tout à coup je serai vieille

Et que je m’habillerai de violet   

 

(1) LCI / 10 mars 2021 – L'Arkansas a adopté mardi 9 mai une loi interdisant l'avortement même en cas de viol ou d'inceste. La seule exception prévue dans le texte promulgué dans cet État du Sud des États-Unis, longé par le Mississippi et connu pour son conservatisme chrétien, est pour «sauver la vie de la mère lors d'une urgence médicale», a annoncé son gouverneur, le républicain Asa Hutchinson. Il a dit avoir ratifié cette loi en raison de ses «convictions sincères» contre l'avortement.

Mais l'enjeu de cette loi dépasse les frontières de l'Arkansas. Les opposants à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) espèrent pousser à un revirement de la Cour suprême des Etats-Unis qui, en 1973, a déclaré que les Américaines avaient un droit à avorter. Il s'agit du célèbre arrêt Roe VS Wade. Un tel revirement permettrait à chaque État de faire ce qu'il veut et augmenterait encore les inégalités territoriales.

«Le but de cette loi est de préparer le terrain pour que la Cour suprême annule la jurisprudence actuelle », a indiqué sans détour le gouverneur de l'Arkansas, dans un communiqué. Le temple du droit américain est ancré solidement à droite depuis la nomination par Donald Trump de la juge catholique conservatrice Amy Coney Barrett, quelques jours avant sa défaite à la présidentielle.  

Caricature : Serge Chapleau La Presse, 16.10.2020. Amy Coney Barrett portait une robe rouge lors d’une des audiences devant le sénat.

Barrett est chrétienne et membre de la secte People of Praise dont les adeptes suivent les préceptes de la Bible à la lettre et pratiquent la prière en langues (que j’appelle charabia-pizza). Elle affirme haut et fort son opposition à la sexualité hors mariage, à l’avortement et à l’homosexualité.

Depuis une vingtaine d'années, les États du Sud (la «Ceinture de la Bible» comme on les appelle aux États-Unis) et du centre du pays ont multiplié les textes de loi restrictifs sur l'avortement, imposant par exemple une largeur pour les couloirs menant aux blocs opératoires, contraignant de nombreuses cliniques à fermer leurs portes. Par exemple, dans l'Alabama, un médecin qui réalise une IVG, même après un viol, risque 99 ans de prison. Du côté de la Géorgie ou du Tennessee, une femme ne peut pas avorter après six semaines de grossesse.

 

L'avortement divise encore fortement la population américaine, avec une opposition toujours très vive notamment dans les milieux religieux. Cette offensive contre l'IVG a été fortement encouragée par la politique du président américain Donald Trump, soucieux de flatter son électorat fondamentaliste. Lors de son mandat, l'ex-magnat de l'immobilier a eu l'occasion de nommer plusieurs juges anti-avortement à la Cour suprême : Neil Gorsuch et surtout Brett Kavanaugh, un catholique pratiquant. En janvier 2020, Donald Trump avait d'ailleurs été le premier président à participer à une marche anti-avortement.

 

https://www.lci.fr/international/etats-unis-l-avortement-quasi-interdit-dans-l-arkansas-meme-en-cas-de-viol-et-d-inceste-2180354.html

 

Le Texas a emboité le pas : La nouvelle loi, entrée en vigueur le 1er septembre 2021, interdit d’avorter – même en cas de viol ou d’inceste – une fois que les battements de cœur de l’embryon sont détectés, soit à environ six semaines de grossesse.


Peut-on trouver plus stupide? Le pire du pire est arrivé en Alabama. Associated Press 27 juin 2019 – Une femme de l'Alabama atteinte par balle dont le fœtus est mort dans l'altercation a été accusée d'homicide involontaire, tandis que la femme qui aurait ouvert le feu sur elle a été libérée. Selon le média local AL.com, Marshae Jones, âgée de 28 ans, a été accusée mercredi par un grand jury du comté de Jefferson. En décembre dernier, la femme, qui était enceinte de cinq mois, s'était fait tirer dans le ventre par Ebony Jemison lors d'une dispute concernant le père de l'enfant.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1202155/marshae-jones-accusation-grossesse

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