6 janvier 2016

Refus de rendre les armes

Dans le documentaire «L’Amérique ne veut pas rendre les armes», le président de l’association Gun Owners of America dit : «limiter la possession et le port d’armes à feu est une atteinte à l’identité américaine». IDENTITÉ? Wow.

Un promoteur a un jour lancé : «les armes à feu ne tuent pas les gens, ce sont les gens qui tuent les gens». Autrement dit, les fusils et les revolvers sont des objets totalement inoffensifs. Bien sûr, tant que personne n’y touche. Quelle subtile découverte!

Donc, si ce ne sont pas les fusils qui tuent les gens...
Alors, ce ne sont pas les crayons qui font des fautes
Ni les autos qui roulent en état d’ébriété
Ni les fourchettes qui prennent du poids
Etc.

Quelle charmante famille, si chaleureuse et accueillante... on a envie de les connaître :


Photo: Tim & Eric on Gun Culture

About the set-up (Emily Royal –Tim Heidecker – Eric Wareheim)  
Eric: You probably know there's a massive gun-violence problem in the US.
Emily: Yes, we've heard.
Eric: A lot of kids with guns. I've had some personal experience of kids with guns and we'd been looking at these pictures of kids in Middle America that have family portraits, Christmas portraits, school portraits, with these guns. And I wanted to do that, like, "Tim and Eric are these two strange dads teaching their kids how to use guns."
Emily: What did you have to deal with in terms of the parents? Did you have to explain what would be happening?
Eric: Same with our TV shows: you get there and you talk to the parents and the kids at the same time saying, "This is for comedy, but our version of comedy is very serious." So once we get into the characters and the guns we're all laughing for about five minutes and then you kind of calm down and get serious and that's when you get the shot.
Emily: So was the house real?
Tim: Yes, the house was real; I think the photographers found it. This guy was a hoarder, almost.
Eric: It was a little bit art-directed once we got there – the blue-collar vibe.

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Excellent résumé de la controverse ci-après. Néanmoins, je suis persuadée que beaucoup d’Américains sont encore capables de réfléchir et d’exercer leur libre-arbitre à bon escient. On les entend peu parce la brigade pro-armes est omniprésente et bruyante. Mais comme disait Mark Twain «le bruit ne prouve rien; parfois une poule qui vient de pondre un œuf caquette comme si elle avait pondu un astéroïde». Je veux croire à la sagesse des silencieux – pas ceux qu’on installe sur les armes à feu...!


Pourquoi la NRA gagne la guerre
Elspeth Reeve / 14 décembre 2012

http://www.thewire.com/national/2012/12/nra-guns-2012/60008/

[Extraits]

La National Rifle Association a pu maintenir sa réputation d’organisation respectable en défendant le droit de posséder des armes comme moyen de prévenir le crime - un moyen pour avoir une société moins violente. C'est le génie derrière son petit slogan «les armes à feu ne tuent pas les gens, ce sont les gens qui tuent les gens». Mais, dans la foulée d'une année remplie d’actes de violence par armes à feu, il est important de se rappeler qu’en réalité la NRA n’a pas cessé de plaider pour une société plus violente, une société où il y a de plus en plus de scénarios où tuer des gens est sans conséquences. Et les lois préférées de la NRA sont adoptées. La NRA gagne.

La NRA n’a pas seulement poussé pour empêcher l’interdiction des armes très efficaces pour tuer un grand nombre de personnes en quelques minutes [...], elle a poussé pour faire voter des lois permettant aux gens de porter une arme au travail dans 17 états. Elle a poussé sur la campagne «Tenez bon» et fait voter des lois qui encouragent l'utilisation de ces armes dans plus de 20 états. Ces lois élargissent le principe du «château fort» qui autrefois permettait aux gens craignant pour leurs vies d'utiliser une arme pour se défendre dans leurs domiciles (mais pas à l’extérieur), ou de tirer sans préavis sur quelqu'un qui tentait de pénétrer dans leurs domiciles. [...]

... «Le but ultime est peut-être bon, mais en pratique, cela permet aux gens de tirer d'abord et de dire plus tard qu'ils avaient une justification. C’est quasiment une passe gratuite pour tirer.» (David Frankel, ancien procureur du comté de Broward)
[...]

Tandis que la NRA gagne ses batailles juridiques, les lois autorisant plus d'armes dans les lieux publics continuent de se répandre, souvent pour des raisons qui défient toute logique. Par exemple, le raisonnement du sénateur démocrate de l'état d'Alabama, Bedford Roger, qui explique pourquoi il a présenté un projet de loi qui permettrait aux gens de garder leurs armes à feu dans leurs voitures dans le parking de leur lieu de travail : «Cela offre une sécurité et une protection aux travailleurs qui voyagent souvent de 30 à 80 km pour aller travailler.» Qu'est-ce que cela signifie? S'il y a une fusillade en milieu de travail, les gens doivent-ils avoir leurs armes à feu dans le stationnement pour transformer la situation en vrai massacre? Ou veut-il simplement dire que les gens devraient pourvoir tirer et tuer tandis qu’ils roulent sur l’autoroute en se rendant au travail?
[...]

... La peur vis-à-vis de la NRA est tellement ancrée dans la politique américaine que le groupe n'a même plus à punir les partisans en faveur du contrôle des armes à feu. Ce n'est pas de bon augure pour la majorité rationnelle même pas si discrète que ça.

5 janvier 2016

Les animaux ne sont plus des meubles


Je n’ose même pas imaginer l’épouvante des chevaux – on sait qu’ils éprouvent une peur incontrôlable des flammes : «Les flammes ont détruit une écurie à Puslinch, à l'est de Cambridge (Ontario), dans la nuit de lundi à mardi, tuant une quarantaine de chevaux de course. Les propriétaires de l'écurie Classy Lane Stables Training Centre sont en voyage en Floride et tentent de rentrer au pays dès que possible. Selon eux, au moins 43 chevaux ont perdu la vie. Aucun des animaux n'a survécu. La valeur des dommages n'a pas été chiffrée pour l'instant. Des pompiers de cinq services différents, incluant ceux de Guelph et de Hamilton, ont combattu l'incendie, qui a éclaté vers 23 h, lundi.» (ICI Radio-Canada Info) 
   Les proprios vont sûrement regretter les pertes de revenus. Il y aurait plus de 200 chevaux sur le site.

L’industrie très lucrative d'élevage de chevaux de course compte parmi nos coutumes barbares similaires à celles de la Rome décadente. On pousse constamment les chevaux à bout jusqu’à l’épuisement éventuel complet; ensuite, ils finissent généralement à l’abattoir en nourriture pour les chiens et les humains – à ma connaissance il n'existe aucun plan de survie lorsqu'ils ne sont plus rentables pour les courses. Chaque année, des dizaines de milliers de poulains sont produits pour l'industrie des courses et des centaines de pur-sang sont vendus à des écuries. Les chevaux de course sont exploités comme des marchandises.
http://www.peta.org/


Move ton châr Ben Hur! (Chuckwagon crash)

J’étais si engluée dans le pétrole récemment, que j’ai omis de parler de l’adoption de la Loi 54 sur le statut juridique des animaux. Dommage qu’elle ne soit pas adoptée à la grandeur du pays, et même de la planète. Mais cette initiative est encourageante, on progresse, en effet. Si Frédéric Back n’était pas décédé, il se réjouirait sans commune mesure, lui qui a tant milité pour les droits des animaux, notamment avec la SQDA :
http://www.fredericback.com/artiste/position/proteger-animaux/media_la-sqda_SS_4.fr.shtml

«La protection de l’animal c’est au fond le même combat que la protection de l’homme.» ~ Marguerite Yourcenar

Situation juridique de l’animal

L’animal n’est plus un «bien meuble»

À la suite de l’adoption de la Loi visant l’amélioration de la situation juridique des animaux, le Code civil du Québec a été modifié. Désormais, les animaux sont considérés légalement comme des êtres doués de sensibilité ayant des impératifs biologiques.

La nouvelle loi vise un grand nombre d’espèces animales, à savoir :
- les animaux domestiques tels que le chat, le chien, le lapin, le bœuf, le cheval, le porc, le mouton, la chèvre, la poule et leurs hybrides
- le renard roux et le vison d’Amérique gardés en captivité à des fins d’élevage en vue du commerce de la fourrure.

D’autres espèces d’animaux ou de poissons pourront être désignées par règlement. En ce qui concerne les animaux sauvages qui sont des animaux de compagnie, les inspecteurs du MPAQ vont désormais pouvoir veiller à l’application des règles de bien-être animal. Un animal de compagnie est un animal domestique ou sauvage qui vit auprès de l’humain en tant que compagnon et à des fins d’agrément.

Des amendes plus élevées, des peines plus sévères

La Loi visant l’amélioration de la situation juridique des animaux interdit :
- à quiconque de causer de la détresse à un animal
- l’abandon d’un animal
- les combats d’animaux ainsi que la possession d’équipement de combat.

Également, la Loi :
- exige des permis pour les exploitants d’animaleries et pour toute autre personne qui offre à la vente un animal, pour les éleveurs de renards roux ou de visions d’Amérique, ainsi que pour les propriétaires ou les gardiens de 15 équidés ou plus (cheval, âne, mulet, cheval miniature ou âne miniature)
- oblige les médecins vétérinaires et les agronomes à dénoncer tout cas d’abus ou de négligence envers un animal
- accorde l’immunité à toute personne qui, de bonne foi, rapporterait des cas d’abus ou de mauvais traitements envers un animal
- prévoit des amendes jusqu’à 250 000 $ pour une première offense
- prévoit des peines d’emprisonnement allant jusqu’à 18 mois pour les cas de récidive
- prévoit le pouvoir d’adopter par règlement des normes et des codes de pratiques à l’égard des animaux
- permet à La Financière agricole du Québec ainsi qu’au MAPAQ de tenir compte des prescriptions de cette loi au moment de l’attribution des aides financières. En effet, la conformité d’un exploitant agricole avec la nouvelle loi sera dorénavant une condition du versement d’une aide financière.

Afin d’endiguer les comportements inacceptables, des mesures particulières sur le bien-être et la sécurité de l’animal ont aussi été adoptées.

http://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Productions/santeanimale/securitebea/Pages/situationjuridiqueanimal.aspx

http://acracq.com/MemoiresLoi54/dl.pdf

~~~

L’«inhumanité» de l’homme envers les humains n’est surpassée que par son inhumanité envers les animaux. Elle est excusée et même approuvée par plusieurs et fondée sur l’idée que «les animaux sont différents», c’est-à-dire le spécisme. Et le spécisme se situe au niveau du racisme et du sexisme. 
   La majorité des gens se disent contre le racisme, soit traiter différemment les gens en raison de leur race; ou contre le sexisme, soit discriminer les gens en raison de leur sexe. Alors, quelle excuse morale peut-il y avoir pour traiter des groupes d’êtres vivants avec rudesse, indifférence et même cruauté parce qu’ils appartiennent à des espèces différentes? 
   (...) C’est seulement lorsque les humains perçoivent les autres animaux comme des êtres vivants dignes de respect, qu’ils commencent à changer leur attitude, et conséquemment, leurs comportements envers eux. 
   La pensée humaine semble avoir atteint un niveau de polarisation considérable. D’un côté, il y a ceux qui voient les animaux comme des «personnes» dans le sens où ils sont dotés de personnalités individuelles et capables de ressentir et de souffrir tout comme nous, de sorte qu’ils ont certains droits de base. De l’autre côté, il y a ceux qui ont l’impression que la supériorité cérébrale et la connaissance technologique  de l’homme l’élève bien au-dessus des autres espèces de ce monde, c’est-à-dire à un niveau différent, non seulement de pensée mais de sentiment aussi. 
   Plusieurs personnes de cette dernière catégorie se sont persuadées qu’étant donné que les animaux ne pensent pas comme nous, ils n’ont pas la capacité d’éprouver des sentiments ni de ressentir de la souffrance émotionnelle. «Mais les animaux ne ressentent pas les choses comme nous!» disent-ils avec une froide suffisance qui excuse tout. Comment le savent-ils? 
   Je sais que ma chienne Cindy déteste les injections, et elle démontre autant, sinon plus, d’anticipation horrifiée que moi devant l’aiguille. Elle semble aussi ressentir la même douleur à la piqûre que moi. (...)
   Le développement intellectuel, ou son absence, n’a rien à voir avec la capacité de souffrir physiquement. Sinon, pour être logique, il faudrait considérer que les bébés et les handicapés intellectuels sont incapables d’éprouver de la souffrance. 
   Les animaux, tant mieux pour eux, ne semblent pas avoir la même capacité d’anticipation que nous – c’est-à-dire qu’ils ne pensent pas à leur prochaine visite chez le vétérinaire comme nous pensons à notre prochain rendez-vous chez le dentiste. Mais selon toute probabilité, un animal pourrait ressentir la même chose que nous s’il était témoin de tortures infligées à d’autres. Par exemple, le fait que Cindy panique de peur en voyant le vet préparer une seringue en est une preuve. 
   Aucun animal ne présente des indices que sa mémoire serait plus courte que la nôtre. En fait, après plusieurs années, ils montrent des signes de peur et d’appréhension s’ils sont confrontés à une personne, une action ou un ensemble de circonstances, qui éveille le souvenir aigu d’une expérience douloureuse passée.
   Quand j’achetais des chevaux, je pouvais deviner avec pas mal de précision quelques-unes des choses qui leur étaient arrivées chez leurs anciens propriétaires. 
   Le cheval qui détourne constamment la tête (head-shy) quand on l’approche le fait habituellement pace qu’il a été frappé à la tête. Celui qui garde la queue serrée entre ses pattes ou menace de kicker quand vous marchez derrière lui a reçu de brutales raclées. Et l’on peut dire sans se tromper que si un âne ne peut supporter qu’on lui touche les oreilles c’est qu’on l’a probablement tiré par les oreilles, des appendices extrêmement sensibles. 
   Cela fait maintenant cinq and que Cindy vit dans un foyer aimant où elle ne connaît rien d’autre que la tendresse. Mais elle bondit et s’éloigne rapidement si un membre de la famille assis près d’elle bouge soudainement le pied. Il n’est pas très difficile de deviner qu’elle a reçu des coups de pied pendant les huit mois précédant l’adoption. 
   Plus nous connaissons les animaux, plus nous les comprenons. Et plus nous tenons compte des aspects inhérents de la vie et des sentiments, plus nous réalisons qu’il y a peu de différences, voire pas du tout, entre eux et nous. Ce qui rend l’excuse «Mais les animaux ne ressentent pas les choses comme nous!» totalement inacceptable, et le spécisme encore plus; c’est un mot inventé par des fanatiques. (...) 
   Nous devons, en tant qu’humains, reconnaître les similitudes entre les animaux et nous, et cesser de mettre l’emphase sur les différences. Tant que nous refuseront d’admettre que tous les êtres, humains et animaux, font partie d’un formidable et fantastique ensemble qu’on appelle la vie, alors le spécisme, le racisme et le sexisme continueront, et les humains continueront d’exploiter les autres espèces. 
   Presque tous les actes cruels commis par les gens envers les animaux, des petits actes individuels aux pires actes barbares comme la vivisection, sont la conséquence directe de notre refus de voir et d’accepter le fait que les animaux éprouvent des émotions et des souffrances. 
   Les arguments d’aujourd’hui pour justifier notre façon de traiter les animaux sont les mêmes qui servaient autrefois d’excuse à l’esclavage et à la violente exploitation des travailleurs («les noirs primitifs ne ressentent pas comme les blancs!»). «Les classes inférieures ne souffrent pas comme nous», affirmaient les classes supérieures et moyennes des siècles derniers. (...) 
   Dans l’hypothèse que la cruauté engendre la cruauté, tout comme l’amour engendre l’amour, privilégier l’amour, la compassion et la compréhension envers les autres espèces serait un bénéfice pour eux et pour nous.

Ann Walker
Talk with the Animals
Thomas Nelson Australia; 1983 (Out of print)
http://www.annwalkerbooks.com/aboutann.html

Un divertissement! Agrandissez la photo et observez le regard des chevaux : croyez-vous qu’ils ne ressentent rien?



Dans la même veine :
http://situationplanetaire.blogspot.fr/2010/12/au-moins-par-pitie.html

Aussi : libellés Zoofriendly et Végétarisme

2 janvier 2016

Plus de joie. Plus de liberté.



Apprécier (aimer) sans vouloir posséder : plus de joie, plus de liberté.

Pour être heureux avec quelqu’un, il faut apprendre à être heureux seul.
Ainsi, fréquenter sera un choix, non pas une nécessité. 

Se libérer du connu
Krishnamurti
Stock+Plus, 1970

Chapitre 4, p. 43-48

La poursuite du plaisir. Le désir. La perversion de la pensée. La mémoire. La joie.

... Nous sommes engagés à la poursuite du plaisir, sous une forme ou l’autre, intellectuelle, sensuelle, culturelle; nous avons le plaisir de réformer, de donner des conseils, de corriger, de faire du bien; celui de l’érudition, des jouissances physiques; celui d’acquérir de l’expérience, une plus grande compréhension de la vie, et celui de toutes les ruses, des artifices de l’esprit, le plaisir ultime étant, bien sûr, celui de connaître Dieu. 
   Le plaisir est la structure même de la société. Depuis l’enfance jusqu’à la mort, en secret avec ruse, ou ouvertement, nous sommes à sa poursuite. Donc, quelle que soit notre forme de plaisir, je pense qu’il nous faut être très clairs à son sujet, car elle guidera et façonnera toute notre existence. Il est important que chacun explore de très près, avec hésitation et délicatement, cette question, car trouver son plaisir et ensuite l’alimenter est une exigence fondamentale de la vie, sans laquelle l’existence deviendrait morne, stupide, solitaire et n’aurait pas de sens. 
   Vous pouvez alors vous demander pourquoi la vie ne devrait pas être guidée par le plaisir. Pour la simple raison que le plaisir engendre nécessairement de la douleur, des frustrations, la peur, et celle-ci la violence. Si c’est ainsi que vous voulez vivre, vivez ainsi, puisque d’ailleurs presque tout le monde le fait, mais si vous voulez vous affranchir de la douleur, il vous faut comprendre toute la structure du plaisir. 
   Comprendre le plaisir, ce n’est pas y renoncer. Nous ne le condamnons pas, nous ne disons pas que c’est bien ou mal de le poursuivre; mais faites-le, du moins, les yeux ouverts, en sachant que sa recherche constante trouve toujours son ombre : la douleur. Plaisir et douleur ne peuvent être séparés, bien que nous courions après l’un et essayons d’éviter l’autre. 
   Demandons-nous pourquoi le plaisir est un besoin. Pourquoi accomplissons-nous des actes nobles et ignobles, poussés par ce besoin? Pourquoi ces sacrifices et ces souffrances sur le fil ténu du plaisir? Qu’est-il et comment naît-il? Je me demande combien parmi vous se sont posé ces questions en allant jusqu’au bout des réponses. 
   Le plaisir prend forme en quatre étapes : perception, sensation, contact, désir. Je vois, par exemple, une belle voiture; j’en ai la sensation, puis, en la regardant, se produit en moi une réaction; je touche ou je m’imagine toucher la voiture; ensuite vient le désir de la posséder et de me montrer en train de la conduire. Ou encore, je vois un beau nuage, une montagne claire se détachant sur le ciel, une feuille que le printemps vient de faire surgir, une vallée resplendissante, un superbe coucher de soleil, ou le visage, intelligent, vivant d’une personne. Je vois ces choses avec une joie intense et pendant que j’observe, il n’y a pas d’observateur, mais une beauté telle que l’amour. Pendant un instant, je suis absent, moi et mes problèmes, mes angoisses, mes tracas : il n’y a que cette merveille. Je peux la voir avec joie et l’instant suivant l’oublier; mais si la pensée et l’émotion interviennent, le problème commence; je me remémore ce que j’ai vu, je pense à cette beauté, je me suis dis que je voudrais la revoir de nombreuses fois. La pensée se met à comparer, à juger, à vouloir un lendemain : la continuité d’une expérience qui a donné une seconde de plaisir est alimentée par la pensée. 
   Il en va de même du désir sexuel et de toute autre forme de désir. Il n’y a rien de mal à désirer. Toute réaction est parfaitement normale. Si vous me piquez avec une épingle, je réagis, sauf si je suis insensible. Mais dans certains cas, la pensée intervient pour ruminer une réaction. Elle la transforme ainsi en plaisir. Elle veut répéter l’expérience, et plus on la répète, plus elle devient mécanique. Plus on y pense, plus on confère de l’énergie au plaisir. La pensée crée et alimente le plaisir au moyen du désir : elle lui donne une continuité, de sorte que la réaction naturelle qui consiste à désirer un bel objet est pervertie par la pensée. La pensée transforme le désir en mémoire et la mémoire est alimentée parce qu’on y revient maintes fois par la pensée. 
   La mémoire a, bien sûr, sa place à un certain niveau. Dans notre vie quotidienne, nous ne pourrions pas exister sans elle. Il la faut efficace dans son propre champ, mais il existe un état d’esprit où la mémoire occupe fort peu de place. L’esprit que ne mutile pas la mémoire est véritablement libre. 

   Avez-vous jamais remarqué que lorsqu’on réagit, lorsqu’on répond à quelque chose totalement, de tout son cœur, très peu de mémoire s’y attache? Ce n’est que lorsqu’on ne répond pas de tout son être à une provocation que se produit un conflit, une lutte, qui créent de la confusion, du plaisir, ou de la douleur. Cette lutte engendre une mémoire, tout le temps, à laquelle s’ajoutent  d’autres, et ce sont elles qui répondent aux événements. Tout ce qui résulte de la mémoire est vieux, et par conséquent n’est jamais libre. La liberté de pensée n’existe pas. C’est une sottise que de le croire. 
   La pensée n’est jamais neuve, car elle est une réaction de la mémoire, de l’expérience, du savoir. Parce qu’elle est vieille, elle vieillit l’objet que vous avez regardé avec délectation et que vous aves, dans l’instant, senti profondément. Et c’est ce qui est vieux qui donne du plaisir, jamais ce qui est neuf, car, dans le neuf, le temps n’existe pas. 
   Donc si vous pouvez considérer chaque chose sans permettre au plaisir d’intervenir : un visage, un oiseau, la couleur d’un sari, la beauté d’une nappe d’eau brillante de soleil, ou tout autre objet délectable; si vous pouvez la regarder sans vouloir que l’expérience se répète, aucune douleur, aucune crainte n’interviendront, et il se produira une joie immense. 
   C’est la lutte en vue de répéter et de perpétuer le plaisir qui devient de la souffrance. Observez cela en vous. Vouloir cette répétition c’est inviter la douleur, car l’expérience d’hier, répétée, n’est plus la même. On fait de grands efforts pour retrouver non seulement le même plaisir et le même sens esthétique, mais aussi la même qualité interne de l’esprit, et on est blessé et déçu car elle vous est refusée. 

   Avez-vous observé ce qui vous arrive lorsqu’un petit plaisir vous est refusé? Lorsqu’on n’obtient pas ce que l’on veut, on devient anxieux, envieux, on se prend à haïr. Avez-vous remarqué que lorsque vous sont refusés vos plaisirs – boisson, tabac, sexe ou autre chose –, avez-vous observé les batailles qui se livrent en vous? Et tous ces conflits sont des aspects de la peur, n’est-ce pas? Vous avez peur de ne pas trouver ce que vous cherchez ou de perdre ce que vous avez. Lorsque telle ou telle foi ou idéologie, dont vous avez été tributaires pendant des années, chancelle ou vous est arrachée par une logique ou par les circonstances, n’avez-vous pas peur de vous retrouver seuls, sans secours? Cette croyance, pendant des années, vous a procuré de la satisfaction et du plaisir. Lorsqu’elle vous est retirée, vous demeurez égarés et vides, et la peur s’installe en vous jusqu’à ce que vous trouviez une autre forme de plaisir, une autre croyance. 
   Tout cela me semble très simple et parce que c’est si simple nous refusons de voir sa simplicité. Nous aimons tout compliquer. Si votre femme vous délaisse, n’êtes-vous pas jaloux? N’êtes-vous pas en colère? Ne haïssez-vous pas l’homme qui l’a attirée? Et qu’est tout cela si ce n’est la peur de perdre ce qui vous a procuré beaucoup de plaisir, une vie en commun, une sorte de sécurité dans la possession? 
   Donc si vous comprenez que la recherche du plaisir est toujours accompagnée de souffrance, et si vous voulez vivre ainsi, du moins faites-le en connaissance de cause. Mais si, par contre, vous voulez mettre fin au plaisir, ce qui veut dire mettre fin aussi à la douleur, il vous faut être attentifs à toute la structure du plaisir. Il ne s’agit pas de l’expulser à la façon de ces moines et sannyasis qui s’interdisent de regarder les femmes, pensant que ce serait un péché, et qui, de ce fait, détruisent la vitalité de leur entendement, mais de comprendre tout son sens et sa signification. Alors vivre sera pour vous une joie immense. On ne peut penser à la joie : c’est une chose immédiate. En y pensant, on la transforme en plaisir. La vie dans le présent est la perception immédiate de la beauté et la délectation qu’elle comporte, sans la recherche du plaisir qu’elle pourrait procurer.



Santa : Ho, ho,ho.
Kid : De quoi te réjouis-tu?
Pourquoi ne donnes-tu pas aux enfants ce qu'ils veulent vraiment?
Un environnement propre, une bonne éducation...
Et un avenir économique prometteur.
Santa : Quelle quantité de charbon nous reste-t-il? 

28 décembre 2015

À quand le grand virage?


Illustration : Steve Cutts. Oui, la terre est atteinte d’un cancer incurable causé par des «humans». Faut-il envoyer des fleurs ou une couronne mortuaire?

Selon les climato-sceptiques les humains n’ont aucune responsabilité en matière de réchauffement climatique – s’il existe c’est de la faute de l’univers...

Comprendre le réchauffement climatique en 4 minutes 



85 personnes possèdent l'équivalent de ce que la moitié de l’humanité possède. On le sait, on le dénonce, mais ça ne change rien. La corruption est comme un cancer qui se répand et pourrit tout – de la tête à la racine. Cette maladie ronge la vie des femmes et des hommes de la planète. (HUMAN)

L’appropriation des terres par les grandes corporations mondiales a fait en sorte que 85 % de la population se retrouve dans les grandes villes. Les petits agriculteurs ayant perdu leurs moyens de substance s'y réfugient et on les refoule en périphérie, dans des bidonvilles. Comment survivre? Boulots d'esclaves, vol, trafic de drogues, violence, etc. Le cercle vicieux s’installe.

Une personne meurt sous les balles à toutes les deux minutes dans le monde.
Commentaire d'une Américaine au sujet de la polémique entourant les armes :  
   Dear America, Gun ownership isn’t some inalienable right granted by God. Remember, the Constitution was written by men coming out of a long and bloody war near the end of the 18th century. It was written for their time. It also included the “right” to own a human being. Things change. Folks evolve. ~ Sara Benincasa

HUMAN, un documentaire à voir comme un bilan de la situation planétaire telle que vécue par celles et ceux qui paient la facture de l’indécrottable égocentrisme humain.

Parmi les témoignages, j’ai noté :

Moi, je suis un pauvre.
Je vais vous définir ma pauvreté.
Ce qu’est pour moi la pauvreté.
C’est quand je dois aller à l’école,
mais que je ne peux pas y aller.
Quand je dois manger,
mais que je ne peux pas.
Quand je dois dormir,
mais que je ne peux pas.
Quand mes enfants et ma femme souffrent.
Je n’ai pas le niveau intellectuel suffisant
pour nous sortir de cette situation.
Ni moi ni les miens.
Là, je me sens vraiment pauvre.
Physiquement pauvre, mentalement pauvre.
Et vous, les riches qui m’entendez,
qu’avez-vous à raconter de votre richesse?

~~~
Je sais que plus j’ai d’argent, moins je suis heureux.
Cependant, j’en veux toujours plus.
Et qu’il s’agisse de sexe, d’argent
ou de toutes ces choses éphémères,
tu as toujours du mal à te raisonner,
et à en vouloir moins. 
Je suis matérialiste, j’aime les biens matériels,
mais ils ne me rendent heureux qu’un court instant.
Puis je me retrouve face à mes défis familiaux.
Je n’arrive pas à faire sourire une personne dépressive.
Aucun bien matériel ne la rendra heureuse parce que
son cerveau n’est pas heureux.
Je me sens donc frustré qu’il n’y ait aucun remède.
Je ne peux pas agiter une baguette magique
pour que mon fils...  aille mieux. 

~~~
Les gens les plus généreux que je connais
n’ont pas d’argent.
Et ça devrait être comme ça.
Quand on n’a pas d’argent, on ne voit pas la vie
de la  même façon...
Dans notre langue, il n’y a pas de mots pour dire
«s’il te plaît» ou «merci»,
car ce qui est attendu de nous
est qu’on partage et donne ce qu’on a.
Aujourd’hui, on doit dire «s’il te plaît» et «merci».
On doit mendier.
Avant c’était acquis de partager. 
C’était une partie de nous-mêmes.
Et pas seulement pour les Aborigènes.
J’imagine que dans le monde entier,
on plaçait ces principes avant l’argent.
Mais aujourd’hui, «c’est à moi».
On dit «c’est à moi!» 
On ne partage plus ce qu’on a.
Et ça nous tue en tant qu’humains,
en tant que société, en tant que race.
Quand je dis race, je parle de la race humaine.
Nous refusons l’abri aux autres,
nous leur refusons notre nourriture,
nous leur refusons la survie,
uniquement à cause de l’argent.

~~~
José Alberto Mujica Cordano * :
«Notre façon de vivre et nos valeurs sont l’expression de la société dans laquelle nous vivons. Et on s’y accroche. Peu importe que je sois président [d’Uruguay]. J’ai beaucoup réfléchi à tout ça. J’ai passé plus de dix ans seul dans un cachot. J’ai eu le temps... J’ai passé sept ans sans ouvrir un livre. Ça m’a laissé le temps de réfléchir. Voilà ce que j’ai découvert. Soit on est heureux avec peu de choses, sans s’encombrer, car on a le bonheur en soi, soit on n’arrive à rien. Je ne fais pas l’apologie de la pauvreté, mais l’apologie de la sobriété. Mais nous avons inventé une société de consommation... en quête perpétuelle de croissance. Sans croissance, c’est le drame. On s’est inventé une montagne de besoins superflus. Il faut sans arrêt jeter, acheter, jeter... C’est notre vie qu’on dilapide. Quand j’achète quelque chose, ou quand toi, tu achètes, on ne le paye pas avec de l’argent. On le paye avec le temps de vie qu’il a fallu dépenser pour gagner cet argent. À cette différence près que la vie, elle, ne s’achète pas. La vie ne fait que s’écouler. Et il est lamentable de gaspiller sa vie à perdre sa liberté.»

HUMAN, Vol. 1, 2 et 3 : http://www.human-themovie.org/fr/
English version : https://www.youtube.com/user/HUMANthemovie2015

* José Alberto Mujica Cordano fut président de la république du 1er mars 2010 au 1er mars 2015. Il prêche par l’exemple. Un exemple pour nos médecins que l’austérité n’atteint pas... 
   Un Président avec les pieds sur terre
Malgré son élection à la Présidence, Pepe Mujica n'en a pas pour autant changé son style de vie. Il a refusé de s'installer dans le palais présidentiel, préférant rester dans sa ferme située en banlieue de Montevideo, dans laquelle il travaille et vit depuis vingt ans avec sa femme Lucía Topolansky, qui partage son passé de guérillero. 
   Autre originalité peu commune à ce niveau de responsabilité, Pepe Mujica a fait le choix de vivre avec le salaire mensuel moyen de son pays, l'équivalent de 680 euros par mois. Il fait don de 90% du salaire qu'il reçoit pour sa fonction de Président et Commandant en chef de l'armée, soit 9 300 euros, à des organisations caritatives, notamment d'aide au logement et d'éducation. En parallèle de sa charge présidentielle, Mujica continue avec sa femme la culture et la vente de fleurs, un petit commerce qu'ils ont ouvert il y a déjà longtemps. 
   Peu porté sur les limousines et autres bolides, ce Président se déplace toujours dans sa coccinelle Volkswagen achetée en 1987, sauf pour les déplacements officiels au cours desquels il utilise une simple Chevrolet Corsa. «J'ai vécu comme ça la plupart de ma vie. Je peux vivre avec ce que j'ai» explique-t-il. Sur la déclaration de patrimoine, un devoir pour chaque élu uruguayen, ses seules possessions sont sa Coccinelle bleue, la ferme dans laquelle il vit et qui appartient à sa femme, deux tracteurs et du matériel agricole. Ce président ne possède ni dettes, ni compte bancaire. 
   Cet ascétisme peu commun lui a valu le titre de «Président le plus pauvre du monde» par de nombreux médias. Interviewé par les journalistes sur le sujet, la réponse de Pepe Mujica est surprenante : «On m'appelle le président le plus pauvre, mais je ne me sens pas pauvre. Les pauvres sont ceux qui travaillent uniquement pour avoir un style de vie dépensier, et qui en veulent toujours plus...» De cette philosophie de vie qu'il a développée pendant ses années d'emprisonnement, Pepe Mujica dénonce la société de consommation, qui selon lui incite l'homme à «vivre pour travailler» et non «travailler pour vivre». C'est ce qu'il qualifie «d'esclavagisme» moderne. «C'est une question de liberté» conclut-il.

Article intégral : lejournalinternational.fr; 18 juillet 2013

«Vous avez tous des montres mais vous n’avez pas le temps.» (Parole de sage) 

«La grande révolution, le grand virage, c’est le passage de la société de la croissance industrielle à la société de la vie durable.» ~ Joanna Macy, écophilosophe et activiste

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À-CÔTÉ POSITIF

Surtout quand on songe à tous les arbres qui ont été abattus à cause de l’agrile du frêne.

375 000 arbres pour le verdissement du Grand Montréal 


Dans la continuité du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) et du Plan d’action canopée de la Ville de Montréal, le projet 375 000 arbres entend augmenter de 3 % l’indice canopée de la région métropolitaine de Montréal en plantant 375 000 nouveaux arbres d’ici 2017. 
   La région écologique du Grand Montréal renferme la biodiversité la plus riche du Québec, ses meilleures terres agricoles et la moitié de sa population. La création d’une ceinture et trame verte et bleue vise à assurer une cohabitation harmonieuse entre la ville, la nature et l’agriculture en se dotant d’une planification à l’échelle de l’écosystème. Depuis les années 1960, la région a perdu la moitié de ses milieux humides et de ses forêts, en plus de perdre un tiers de ses terres agricoles. La création de la ceinture verte du Grand Montréal vise à renverser cette tendance.


1. Financement 
    Tous les acteurs de la région montréalaise sont invités à soutenir financièrement le programme.
2. Appels de propositions 
    Deux appels de proposition sont lancés par an aux organismes planteurs de la région, pour qu’ils soumettent un projet de plantation.
3. Comité scientifique 
    Après chaque appel de proposition, un comité scientifique se réunit pour évaluer la viabilité écologique des projets présentés.
4. Plantation 
    Les plantations ont lieu chaque année, au printemps et à l’automne.
5. Identification 
    Une fois que les arbres sont plantés, nous envoyons les codes d’identification aux citoyens, entreprises et autres organisations qui ont rendu leur plantation possible!

Appels aux entreprises
Plantez 375 000 arbres avec nous et devenez partenaire d’un ambitieux programme de verdissement qui apportera des bénéfices à votre entreprise, à vos employés et à votre communauté!
- Partenaire forêt : 10 000 arbres et plus
- Partenaire boisé : 5000 arbres et plus
- Partenaire arboretum : 1000 arbres et plus (Club des 100 entreprises) 
- Partenaire : 100 arbres et plus

http://375000arbres.org/projet/

20 décembre 2015

Glaucome environnemental

Ne courez pas chez l'ophtalmo, il s'agit de glaucome environnemental (Pékin).

Pékin et Téhéran paralysées par le smog
Pour une deuxième fois ce mois-ci, le smog a fait grimper le niveau d'alerte de la pollution de l'air à son maximum à Pékin. «L'air est suffocant : tu as envie de sortir dehors, mais tu es dehors», explique le cardiologue et spécialiste du lien entre environnement et santé François Reeves pour décrire ce que vivent les habitants de la métropole chinoise en ce moment. 
   Le smog n'a pas seulement des conséquences sur l'environnement. «Il y a un impact massif au niveau cardio-vasculaire», précise le Dr Reeves. Plus d'un décès sur huit serait ainsi dû à la pollution de l'air aujourd'hui. En Chine, deux millions de décès lui sont liés tous les ans, selon le cardiologue. 
   «Il faut s'attaquer à la racine du problème», préconise François Reeves, qui espère que les décisions de la Conférence de Paris sur les changements climatiques feront avancer les choses. (Radio-Canada / Associated Press / Reuters)

Conclusion : n’attendons pas 2050 ni 2020 ni 2017 
Le deadline c’est MAINTENANT  

Prochainement :  

Pipelines, pouvoir et démocratie
Olivier D. Asselin, 2015, 88 min 6 s
Une production de l’Office National du Film


Face aux dangers pour l’environnement que représente l’expansion de l’industrie des sables bitumineux qui exploite l’une des énergies fossiles les plus polluantes de la planète, ce long métrage documentaire rappelle que le pouvoir n’est pas toujours là où l’on croit. Des couloirs de l’Assemblée nationale, où se trouve le pouvoir parlementaire, aux actions militantes des organisations de défense de l’environnement, en passant par les coups d’éclat médiatiques de certains activistes, le réalisateur Olivier D. Asselin s’attache aux parcours de quatre individus qui, chacun avec ses tactiques d’intervention, montrent qu’il est encore possible aujourd’hui de changer les choses.

Bande-annonce https://www.onf.ca/film/pipelines_pouvoir_et_democratie

AQLPA (Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique) :
http://www.aqlpa.com/enjeux-et-reflexions/gaz-et-petrole-de-schiste

Dans la même veine (noire)
Le Mamba noir du Canada (pipeline Enbridge) :
http://artdanstout.blogspot.ca/2015/12/le-mamba-noir-du-canada.html 

21 décembre 2015
 
– Pour ajouter à l’horreur du smog, quatre mois après les deux explosions survenues dans le port industriel de Tianjin (nord-est de la Chine), un glissement de terrain à Shenzhen (sud de la Chine)  33 bâtiments ont été ensevelis dans l’amas de boue. Selon les autorités, le glissement de terrain a été provoqué par un amoncellement de déchets formé dans les environs. Et, faut-il s’en étonner : un gazoduc a explosé... 
 
– En août dernier, le plus important tremblement de terre (magnitude 4,6) causé par la fracturation hydraulique s’est produit en Colombie Britannique. L’épicentre se trouvait à trois kilomètres du site d’exploitation Progress Energy. «Cette secousse sismique a été causée par la fracturation hydraulique», avouait Ken Paulson de la BC Oil and Gas Commission, s’empressant d’ajouter que seulement un pour cent des activités de fracturation provoque des séismes de faible ampleur avec peu de dommages.
 
Bien sûr, bien sûr. Tout est sous contrôle et sécuritaire!

15 décembre 2015

Le CAP de la COP

J’ai noté que j’avais plusieurs fois écris CAP21 au lieu de COP21; curieux lapsus (corrigé). Espoir inconscient qu’on doublerait le cap?

Accord ambitieux en effet, pour les espèces en voie d'extinction :
soins de fin de vie
respiration artificielle
phase terminale  
agonie
dernier souffle

Plus de sommets à l’horizon!


Smog à Harbin, province de Heilongjiang, Chine. (Photo : cbc.ca)


Lumière disponible uniquement sur iPhone; elle consulte les prévisions météo.
(Photo : cbc.ca)

Prayer for a Good Death
By Chris Korda

Great Spirit, I am unworthy;
My species has disgraced itself.
Of all the species that live, or have ever lived,
Mine is the lowliest.
Lower than the flowers who fill the air with sweet pollen,
Lower than the trees who encircle the Earth with their roots,
Lower than the insects, rulers of Earth
Since the beginning of time,
Lower than the darting fish,
Lower than the soaring birds,
Lower than the four-legged creatures,
Who are the beating heart of the living Earth.

Great Spirit, my shame is as deep as the ocean,
And my sadness is unbearable.
I pray for enlightenment,
But fear that my prayer is too late.

Great Spirit, if this be so, then I pray for extinction.
Let my species become extinct, and vanish from the Earth.
Let my loins be barren,
Let my seed not sprout,
Let the race of men fall like leaves.
Let my fields grow wild,
Let my fences crumble,
Let my cities turn to dust, and become forests.
Let the grass drink my blood;
Let my body be food for worms.

Great Spirit, let me die, that the Earth may live.

Vidéoclip : Michel Lamarche / Robert Len pour la Ligue ROC



«Je ne suis pas prophète. Je ne sais pas à quoi nos enfants seront soumis mais nous sommes déjà en sursis. Nous avons une espèce d'épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Il faut essayer d'aider ceux qui oeuvrent pour la prise de conscience et le changement. Ne scions pas en chantant la branche sur laquelle nous somme assis.» ~ Hubert Reeves

11 décembre 2015

Smile as you go under

Bienvenu aux mastodontes citernes pétroliers sur le fleuve!

Va-t-en, arrête de détruire ma maison!
Image : Chris Westwood / The Sun

Les délégués canadiens à la CAP21 doivent exhaler une haleine de pétrole à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche... ils feraient mieux de se taire.


Le navire du côté tribord regardant vers l'avant. Photo : Groupe Desgagnés

Y’en a qui vont se péter les bretelles et sabrer le champagne en fin de semaine (un Louis Roederer à notre santé, tiens!). 

Le pétrole d'Enbridge sur le fleuve ce week-end
Thomas Gerbet 11/12/2015

Exclusif -  Moins d'une semaine après l'arrivée des premières gouttes de pétrole à Montréal par le pipeline inversé d'Enbridge, il y en a suffisamment d'accumulé pour pouvoir remplir un tout premier navire. Le bateau est arrivé hier soir au port de Montréal et naviguera cette fin de semaine vers la raffinerie d'Énergie Valéro, à Lévis.

Une longue série d'allers-retours de L'Espada Desgagnés entre Montréal et Lévis débutera dans les prochaines heures. Avec un autre navire-citerne comme lui, ils feront la navette deux à trois fois par semaine pour alimenter la raffinerie d'Énergie Valéro.

Le bateau, de type Panamax, mesure 229 mètres de long et 32 mètres de large. Il est muni d'une double coque et peut transporter jusqu'à 80 millions de litres de pétrole brut. Toutefois, il ne pourra être rempli qu'aux deux tiers, car sinon il toucherait le fond du fleuve.


Pont principal avec la tuyauterie de cargaison et les treuils d'amarrage. Photo : Groupe Desgagnés

Après plusieurs mois de débats, et de multiples reports, Enbridge a commencé à faire couler le pétrole vers Montréal la semaine dernière. De 240 000 à 300 000 barils doivent être acheminés chaque jour à Montréal. Des opposants avaient manifesté il y a quelques jours.

Source :
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2015/12/11/001-enbridge-petrole-pipeline-fleuve-navire-valero-st-saint-laurent.shtml

10 décembre 2015

COP21 (suite) : Jour de la Terre 2035

Parmi les activités humaines dévastatrices qui affectent le climat, la déforestation, inévitablement associée aux grandes exploitations industrielles, est la plus lourde de conséquences : quand on abat des forêts entières, on tue tout ce qui y vit (1).


Selon une récente étude américaine, 80% de la couverture forestière mondiale originelle à été abattue au cours des trente dernières années.

«Certains groupes de défense de l'environnement estiment que l'Indonésie perd chaque année l'équivalent de la surface de la Belgique en forêt tropicale, essentiellement de façon illégale, et pour la majeure partie au profit de la menuiserie industrielle chinoise.»
(Francis Deron, Le Monde du 04.09.07)

Nicolas Hulot : «Non seulement, en dévastant la forêt équatoriale l'Homme commet un sacrilège, anéantissant les plus belles expressions de la biodiversité, mais de plus il commet la plus belle des bourdes à l'égard de l'Humanité car son sort est indissociable de celui de la grande forêt.»

Plus d'info : http://www.terresacree.org/forevieg.htm

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L'esprit du lieu, Québec Science

Les deux par quatre de Hearst
Par Serge Bouchard - 19/10/2015

C’est bien la forêt de Hearst que je vois, couchée dans la cour d’une gigantesque scierie – le panorama depuis ma chambre du Companion Hotel-Motel. Il y a là des arbres et des arbres, au moins un kilomètre de troncs maigres, juste assez larges pour faire des  deux par quatre, des millions de corps d’épinettes noires épluchées et empilées, vision apocalyptique d’une pile de bâtonnets qu’aurait collectionnés un géant pour s’amuser.

Les immenses grues nourrissent la scierie avec des paquets de billots qu’elles tiennent dans leurs grosses pinces comme s’il s’agissait de fétus de paille. Les moulins sont des ogres, jamais repus; les scies mangent la forêt. Cette usine fabrique aussi des copeaux, elle recycle le bran de scie et autres débris, cela fait des files et des files de camions-remorques qui attendent de se faire remplir, l’un après l’autre, par les payloaders, cela fait des voyages et des voyages de camions de copeaux. Cent cinquante personnes, 150 seu­­le­­ment, suffisent pour faire rouler cette machine infernale. 

Les Fontaine, les Lévesque et combien d’autres familles sont autrefois venues ici, sur cette terre plate, cette langue d’argile sertie dans le bouclier de roche cambrienne, au cœur de la forêt boréale, au beau milieu des loups, des orignaux et du froid, à la frontière du pays des Ojibwés et de celui des Cris. Les pionniers ont suivi le rail, en 1913, ils sont montés dans des wagons, le godendard sur l’épaule, la sciotte dans une main, la hache dans l’autre. Ils ont emmené des chevaux pour tirer des traîneaux de billots, mais aussi pour faire de la terre. Ils ont construit des maisons modestes. La petite ville de Hearst, qui devrait s’appeler «Bout du Monde», est centenaire aujourd’hui. Elle a l’âme bûcheronne, en souvenir de ces gaillards qui se sont échinés dans le bois, et de ces femmes colonisatrices; en souvenir des petits moulins et des petits «camions à gaz» et de ces voyages de planches que l’on pouvait admirer, bille par bille; en souvenir du travail bien fait.

Oui, c’est la forêt de Hearst que je vois couchée là, juste derrière mon motel. Nous n’en sommes plus à l’échelle humaine, oubliez la Fontaine Lumber des années 1940. Aujourd’hui, la machine grignote la forêt virginale comme un diabétique, un plat de bonbons. Chaque année la cour se vide, chaque année la cour se remplit. Les grosses grues s’activent pour gaver les scieries. Les piles de deux par quatre s’accumulent en retrait, au bout de la chaîne, palettes enveloppées d’un plastique blanc, comme des cadavres ramassés par la morgue, paquets anonymes que l’on chargera sur des wagons ou des remorques de camions. Cela tombe bien : le chemin de fer de la Ontario Northland passe dans la cour de la méga-usine. Quand ces trains-là ne charrient pas des milliers de wagons de pétrole, ils charrient des milliers de wagons de deux par quatre. Cela tombe bien aussi pour le transport routier : Hearst est une oasis le long de la route 11, la route maîtresse du nord de l’Ontario. Ici les camions sont aussi beaux que les ours.

On veut toujours plus de forêts drues à récolter; il faut des arbres, il faut des arbres. L’épinette s’essouffle, elle n’a plus l’énergie ni le temps, la forêt sait de source sûre qu’un mal la ronge, littéralement. La crise du bois est permanente, nous sommes toujours en crise. La ville va-t-elle survivre? En attendant, la forêt s’envole, par grands pans. Voilà l’exploit, voilà l’exploitation moderne de la ressource. Cette avidité exponentielle nous fait aller toujours plus vite vers une catastrophe annoncée : la métamorphose de nos forêts en fardoche.

J’ai choisi de revenir à Montréal par la route 101 qui pique tout droit vers Rapide-Danseur, en Abitibi. Du côté de l’Ontario, dans le coin de Matheson, les arbres viennent justement d’être récoltés, c’est comme s’il y avait eu la guerre, comme si une violente confrontation avait eu lieu. La terre est défigurée. Oui, la bombe de l’exploitation forestière est tombée ici. Elle tombera bientôt du côté de Kanasuta, sur le chemin qui mène de Kirkland Lake à Rouyn. La grande forêt sauvage, les paysages, les arbres, tout se transforme en pick-up F-150, en quatre roues, en seadoo, en voyages au Mexique, une semaine par année.

Il y a une forêt entière couchée dans la cour de ce complexe industriel. C’est le contraire d’une forêt debout. Vue du motel, cette vision est surréaliste. Plus d’un kilomètre de billots étalés, comme un mur. Je pense : le triste mur contre lequel nous allons demain buter.

http://quebecscience.qc.ca/Les-deux-par-quatre-de-Hearst

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J’ai vu la même chose que M. Serge Bouchard, dans une autre région où la forêt était très abondante à l’époque. Des camions de billots ont défilé sans arrêt sur une route secondaire, quotidiennement, durant près d'un an. Un jour j’ai demandé à un camionneur à qui/quoi étaient destinés ces chargements. Il m’a répondu : «Les Japonais raffolent du bois canadien...» 

Récemment, je lisais que les Chinois s’intéressent aux phoques : «L'industrie des produits du phoque canadien est peut-être à la croisée des chemins. Après l'exclusion des marchés en Europe, aux États-Unis et en Russie, les exportateurs canadiens se rabattent sur la Chine qui commence à s'intéresser sérieusement aux produits canadiens. Deux entrepreneurs, le Canadien Robert Millar et le Chinois Kevin Zhao croient que la fourrure et la peau de phoques pourraient plaire aux Chinois.» (ICI Radio-Canada Nouvelles)
   Si par malheur, les Chinois découvrent que les phoques ont des propriétés aphrodisiaques, alors là, garanti que dans cinq ans, il n’y en aura plus! 

Songeons à l’ivoire dont les Asiatiques sont d’avides prédateurs : les meilleurs clients pour les chasseurs d’ivoire sont les pays de l’Asie de l’Est, et notamment la Chine, où les habitants croient que l’ivoire porte chance. La Chine est le pays où les objets décoratifs en ivoire sont le plus saisis. Le prix du kilo d'ivoire a dépassé les 2000 dollars (1500 euros) sur le marché noir asiatique en raison d'une demande en constante augmentation, d'après plusieurs ONG. Le braconnage, avec un chiffre d'affaires estimé à 19 milliards de dollars par an, est devenu le quatrième marché illégal du monde, après la drogue, la fausse monnaie et la traite des êtres humains. Les éléphants sont une espèce en voie de disparition et si l’on continue de les tuer au rythme actuel, il n'en restera plus dans 10 ans.

Bon là, je ne veux pas partir de rumeurs, mais se pourrait-il que les Asiatiques soient en train de «nettoyer» la planète au complet? Ça fait peur.

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(1) «Quand la forêt disparaît, la vie sauvage disparaît» 

Sanctuary lançait une campagne contre la Déforestation en Inde (en 2014) 


Pendant que des scientifiques se mobilisent pour alerter l’opinion sur le niveau de pollution inquiétant des mers par le plastique, Sanctuary Asia choisit de s’occuper d’un autre problème qui affecte la planète celui de la déforestation en Inde.

Éclaboussez les esprits

Pour stopper ce massacre mettant en péril l’écosystème et surtout les nombreuses espèces animales qui y vivent, parmi elles les tigres du Bengale, les créatifs Ganesh Prasad Acharya et Kaushik Katty Roy ont imaginé pour l’ONG Sanctuary Asia une campagne publicitaire choc. Intitulée “When the wood go, wildlife goes.” Autrement dit “Sans les arbres, plus aucune vie sauvage”, celle-ci met en images toutes sortes d’animaux décapités sans pitié par des tronçonneuses alors qu’ils se tenaient sur les branches de ces arbres majestueux et centenaires. (Source : maxitendance.com)