7 octobre 2018

Une justice «ajustée» au fondamentalisme chrétien

Un an après le déclenchement de #MeToo, on nomme un présumé prédateur sexuel comme juge à la Cour suprême des États-Unis.

Photo : Jim Watson Agence France-Presse Des milliers de manifestants se sont rassemblés jeudi dernier à Washington pour s’opposer à la nomination à la Cour suprême de Brett Kavanaugh. Le juge est accusé d’agressions sexuelles.

«L'affaire du juge Kavanaugh, ce n'est pas tant l'intrusion du politique dans le système judiciaire américain, mais plutôt l'intrusion du religieux dans le politique. On ne mesure pas la force du fondamentalisme chrétien dans la vie politique de ce pays tant qu'on ne l'a pas vu en action, sur place.» ~ Yves Boisvert (La Presse, le 6 octobre 2018)


Qui tire les ficelles du pouvoir derrière Donald Trump? On pourrait croire que Mike Pence est en train de placer les pions d’une future république comme celle du roman de Margaret Atwood The Handmaid’s Tale (La servante écarlate). Résumé : La combinaison de pollutions environnementales et de maladies sexuellement transmissibles a entraîné une baisse dramatique de la fécondité. Les «Fils de Jacob», une secte politico-religieuse protestante fondamentaliste de type restaurationniste, en a profité pour prendre le pouvoir, détruisant la Maison-Blanche, la Cour suprême et le Congrès lors d'un coup d'État. Dans cette version totalitaire des États-Unis, la République de Gilead, les dissidents, les homosexuels et les prêtres catholiques sont condamnés à mort par pendaison. Les relations hommes/femmes obéissent dorénavant à des règles très strictes. Les hommes occupent toutes les positions du pouvoir, et les femmes ont été démises de leur statut de citoyennes à part entière; elles ne peuvent ni travailler, ni posséder d'argent, ni être propriétaires, ni lire (Wikipédia).
   Donc, si jamais un scénario similaire se produisait, les Américains s’exclameraient comme en novembre 2016 lorsque Trump fut élu : «mais nous ne pensions pas que c’était possible!»

When The Handmaid’s Tale television series arrived in April 2017, it went down like a bitter-tasting but restorative tonic.
   Women – and right-thinking men, but especially women – were in despair about the victory of Trumpism, and here was a show that made manifest our fear, anxiety and anger. It felt urgent and necessary.
   A dystopia where women were robbed of their legal, sexual, professional and reproductive freedoms wasn’t a distant danger; it was here, in Washington, D.C., and elsewhere, and if we weren’t hypervigilant, it would get worse. The show wasn’t just set in the near future – it was as if the showrunner, Bruce Miller, and his writers had a window into the actual future.
   In the months since, that has only become truer. Trump and his gang of thieves – honestly, they couldn’t be more like Dr. Evil and his henchpeople if they tried – have rolled back legal protections for LGBTQ+ people, defunded abortion and sex education, and made abstinence the official U.S. policy on birth control. Most of us view The Handmaid’s Tale as a cautionary one, but the Mike Pences of the world see it as a YouTube instructional video.
~ Johanna Schneller | Special to The Star | Wed. April 25, 2018 

Et peut-être que la servante DeMike dira comme la servante DeFred, l’utérus d’appoint du commandant Fred Waterford de la série :
«...Après la catastrophe, lorsqu'ils ont tiré sur le président et mitraillé le Congrès, l'armée a déclaré l'état d'urgence. Les journaux ont été censurés et d’autres fermés, pour des raisons de sécurité, disait-on. Les barrages routiers ont commencé à apparaître, ainsi que les Identipasses. Tout le monde approuvait puisqu'il était évident qu’on ne pouvait pas être trop prudent. Les comptes bancaires des femmes furent gelés, puis fermés, et elles furent forcées de quitter leur emploi. Cela s’est fait étape par étape. Il n’y a aucune pitié pour les membres de la résistance. Je me suis éveillée au monde. Avant, je dormais. C’est comme ça que tout est arrivé. Quand ils ont massacré le Congrès, on ne s’est pas réveillés. Quand ils ont invoqué le terrorisme pour suspendre la Constitution, on ne s’est pas réveillés non plus. Ils ont dit que ce serait temporaire. Rien ne change instantanément. Dans une marmite chauffée graduellement, on meurt bouilli sans s’en apercevoir.»

~~~
J’ai lu sur le site Friendly Atheist que, selon un sondage réalisé la semaine dernière par NPR/PBS NewsHour/Marist, 54 % des républicains (dont les 48 % de chrétiens évangélistes blancs) auraient appuyé la nomination de Brett Kavanaugh même s’il avait été reconnu coupable d’agression sexuelle ou de viol. Les fondamentalistes chrétiens ont travaillé fort pour discréditer le témoignage du Dr Christine Blasey Ford, et les étudiants de Liberty University ont manifesté à la défense de Kavanaugh.
   Kavanaugh représente le cinquième vote décisif pouvant renverser le droit à l’avortement au niveau fédéral par exemple. Pour les Républicains, nommer un juge ultra conservateur à la Cour suprême est tout ce qui importe; ils ont d’ailleurs choisi un candidat à la présidence qui admettait ouvertement avoir commis des agressions sexuelles. Source : http://friendlyatheist.patheos.com/

[Ndlr : Liberty University est une université américaine privée, chrétienne évangélique baptiste, située à Lynchburg dans l'État de Virginie. L'institution enseigne le créationnisme Jeune-Terre, une version radicale du créationnisme, qui interprète la Bible comme un livre de sciences naturelles et d’histoire. Cette interprétation littérale des textes s’appuie sur la conviction qu’ils ont été «dictés par Dieu» et sont des vérités absolues, définitives et indiscutables. (Wikipédia)] 

~~~
Un animateur de Fox News a comparé Kavanaugh au Christ, disant qu’ils ont tous deux été crucifiés
Michael Stone, Patheos, le 5 octobre 2018

Dans une déplorable démonstration d'arrogance conservatrice, l’animateur de Fox News Greg Gutfeld a comparé Brett Kavanaugh à Jésus-Christ, affirmant que la voie du candidat de Trump pour devenir juge à la Cour suprême était comparable à la crucifixion de Jésus-Christ.
   S'exprimant lors d'un segment de l'émission The Five, Gutfeld disait que Kavanaugh avait été crucifié par les sénateurs démocrates, parce qu’ils avaient demandé une enquête approfondie du FBI sur des allégations crédibles que Kavanaugh avait sexuellement agressé plusieurs femmes durant sa jeunesse. [...]

~~~
À la suite de la nomination de Kavanaugh, le président d’American Atheists, Nick Fish, a publié la déclaration suivante :

   Dès le moment où Brett Kavanaugh a été nommé à ce poste, nous savions qu'il représenterait une véritable menace aux principes constitutionnels de l'égalité religieuse et de la séparation entre la religion et le gouvernement.
   Au cours de ce processus de nomination, nos pires craintes au sujet de la philosophie judiciaire et du tempérament de Kavanaugh ont été confirmées. Il s'est montré à plusieurs reprises comme un idéologue partisan qui s'intéresse davantage à la protection des privilèges religieux des sectes politiquement puissantes qu'à la défense de la véritable liberté religieuse.
   Les vues de Kavanaugh sur les questions religieuses sont profondément en dehors du courant dominant et menacent des décennies de précédent sur des questions allant de la subvention de la religion et du prosélytisme dans les écoles publiques par les contribuables, à la protection des droits civils pour les Américains LGBTQ et à l'accès aux soins de santé reproductive pour les femmes.
   Sa confirmation est un triste jour pour tous les Américains qui attachent de l'importance à l'égalité, à la justice et à l'équité. Ce processus a profondément sapé notre confiance que la Cour demeurera une instance impartiale pour résoudre les questions juridiques les plus importantes auxquelles notre pays est confronté.
   Kavanaugh sera plutôt le vote décisif dans les cas qui assurent que la religion conserve sa position privilégiée dans la politique américaine et étend son utilisation comme une arme contre les personnes vulnérables.

Le prix de la nomination de Brett Kavanaugh à la CS est incalculablement élevé. Elle brisera l'intégrité institutionnelle de la Cour et éviscérera les normes et les attentes en matière d'honnêteté et d'impartialité des candidats à la magistrature pendant de nombreuses années. Les vues de Kavanaugh sur la liberté religieuse sont dangereuses.
Il croit que :
la religion peut servir d'excuse à la discrimination
exiger que le gouvernement soit neutre, c'est comme «établir» l'athéisme
les écoles devraient être en mesure de promouvoir la religion auprès des élèves


~~~
L’Amérique de Trump est un pays de désespoir
Alexandra Samuel National Observer, Opinion le 6 octobre 2018

«... C'est le même nuage noir qui descend chaque fois que je visite les États-Unis de l'ère Trump. Peut-être que ce sont les sillons sur le visage de mes amis progressistes, épuisés par la résistance et ne s’abandonnant que rarement à la vraie joie. Peut-être est-ce le fait de voir de plus en plus souvent des chapeaux, des autocollants de pare-chocs et des T-shirts chauvins, célébrant les armes et la grandeur de l’Amérique. Peut-être est-ce la façon dont les gens baissent la voix quand on parle de politique : pour l'instant, ce choix semble toujours être une question de civilité plutôt que de sécurité, mais cela évoque les dangers de la conversation publique dans un régime autoritaire.
   ...La peur, l'anxiété et la tristesse pèsent sur les visages croisés sur la rue. Je marche les yeux fixés en avant pour ne pas voir les derniers gros titres terrifiants défiler sur un écran proche; je garde mes écouteurs allumés de peur d'entendre un bavardage entre des passionnés de Trump. Les conversations occasionnelles et intimes entre étrangers qui ont été mes moments préférés quand je visitais les États-Unis – n'aimiez-vous pas la façon dont les Américains s'ouvraient facilement? – c’est maintenant une source de crainte : et si cette personne était un partisan de Trump?» 
Image : Justice Kavanaugh, par Jonathan Schmock http://jonathanschmock.com/

“Dans nos réalités individuelles – familles, cliques, communautés, lieux de travail – nous avons tous connu le patriarche, le suprémaciste masculin, le nationaliste, le raciste, ou juste le grand homme du coin qui ne tolère aucune opposition. Il ne peut jamais se tromper. Il ne peut jamais s'excuser. Il explose de rage chaque fois qu'on lui présente un autre point de vue. Il rabaisse les autres mais ne supporte aucune critique à son endroit. Il peut utiliser le sarcasme ou la cruauté pour démolir les autres, mais sa compréhension de la vie émotionnelle est superficielle. Il ne laissera pas les gens lui parler de ce qui se passe. Il ne cherche pas de résolution, c’est pour lui une impossibilité. Il est mesquin, le genre de personne qui attaque par email, mais qui ne prend pas l'appel quand le destinataire téléphone pour discuter du conflit. Il nie la complexité, et les gens autour de lui ne le contestent pas directement. Sa partenaire, ses amis, les gens qui se sentent protégés ou élevés par lui, ou qui profitent de son pouvoir, s’organisent pour que les autres ne pas s'opposent pas à lui, et ils en sont récompensés. Il ne demande à personne «Qu'est-ce que tu ressens?»; il ne dit jamais «Je ne comprends pas ce qui se passe. Qu’en penses-tu?» Il agit comme si les autres devaient suivre ses ordres, et quand ils refusent, il punit, intimide, fuit, avance de fausses accusations, organise l'exclusion du groupe, déforme les récits, et peut menacer et utiliser la loi ou même la violence. Une fois qu'il affirmé sa position, il s’attend à ce que tous les autres obéissent, se mettent en ligne, car c’est ainsi que la question doit être résolue : par l'obéissance.»
~ Sarah Schulman in Conflict is Not Abuse  

~~~
Dans un régime chrétien fondamentaliste d’Amérique du Sud : 
Argentine – En août dernier, après plus de seize heures de débats, le Sénat avait rejeté la légalisation de l’avortement. L'Église catholique et son soi-disant progressiste pape François en étaient les principales causes. 

5 octobre 2018

L’insulte «suprême»!

Le mouvement #metoo, lancé le 5 octobre 2017, a certes aidé des victimes d’inconduite et de harcèlement sexuels, et de viols, à dénoncer leurs agresseurs, mais les systèmes de justice se trainent les pieds. Et quand on voit la tournure de l’affaire Kavanaugh, on comprend que beaucoup de femmes hésitent à dénoncer. Je salue le courage du Dr Christine Blasey Ford. Je la crois.  

Must be a real dilemma for @DonaldJTrumpJr when Ivanka says “Daddy sort of hit on me and talked about how hot I am and how he'd date me if I wasn't his kid...” Do you believe the woman or side with dad? A real brain teaser!
~ Tim Wise @timjacobwise Oct 2

En parfait sans coeur, le président Donald Trump s'est ouvertement moqué de Christine Blasey Ford qui a accusé son candidat à la Cour suprême d'agression sexuelle, ironisant sur le manque de précision de son récit. Dr Ford a raconté son histoire poignante devant un auditoire constitué uniquement de sénateurs ultra conservateurs. Horrifiant.
   Commentaire d’un avocat de Mme Ford :
   A vicious, vile and soulless attack on Dr. Christine Blasey Ford. Is it any wonder that she was terrified to come forward, and that other sexual assault survivors are as well? She is a remarkable profile in courage. He is a profile in cowardice. https://t.co/UJ0bGxV1EZ ~ Michael R. Bromwich (@mrbromwich) 3 octobre 2018
   Dans un courrier adressé au directeur du FBI, le cabinet d’avocats disait regretter que leur cliente n'ait pas été interrogée par les enquêteurs.

S’agit-il d’une enquête bâclée? Possible.   

Ironiquement, l’acronyme GOP signifie Grand Old Party.


Malheureusement, il est trop tard. Susan Collins vient de faire pencher la balance en faveur de Kavanaugh qui gagne ainsi la bataille.

Photograph: Yuri Gripas/Reuters. Susan Collins spoke for more than 40 minutes before confirming she would vote yes.

– Senate Republicans, with the help of a single Democrat, have voted to advance Brett Kavanaugh to a final floor vote.
– With support from Susan Collins and Joe Manchin, the two final key senators considered “undecided”, Kavanaugh is expected to be confirmed by a 51-49 vote.
– Collins, a Maine Republican, is facing significant backlash, including a major fundraising effort against her and potential high-profile challenges when she is up for re-election.
– Collins cast doubts on Dr Christine Blasey Ford’s story in a lengthy speech announcing her decision to vote yes, saying, “The allegations fail to meet the more-likely-than-not standard.”


Dear Susan Collins: The Opposition to Brett Kavanaugh Includes Churches, Law Professors, and Conservatives – Even His Own Friends

Peter Maass | The Intercept | October 5, 2018

The opposition to Brett Kavanaugh that has gotten the most attention is, naturally, the Senate Democrats who are voting against his Supreme Court nomination, and members of the #MeToo movement who believe Christine Blasey Ford and Deborah Ramirez when they say Kavanaugh drunkenly assaulted them in high school and college.
   But that’s just the tip of the iceberg. Across the country, a diverse array of prominent individuals and organizations have come out against Kavanaugh, quite publicly and quite surprisingly. ...
[...]

«On fait toujours semblant de confondre les juges avec la justice, comme les prêtres avec Dieu. C'est ainsi qu'on habitue les hommes à se méfier de la justice et de Dieu.» ~ Alphonse Karr, écrivain et journaliste français, 1808-1890  

Le matériel qui suit a été colligé avant que la mauvaise nouvelle ne tombe... 

Je me suis tapé une heure d’écoute de la déclaration de Brett Kavanaugh, ce bon père de famille qui va à la messe le dimanche (ce qui ne prouve rien, entre autres quand on songe aux prêtres pédophiles), juste pour observer sa morphologie et son non-verbal. Kavanaugh n’avait sûrement pas consommé d’alcool avant l’audience. Mais, en état d’ébriété ou sobre, l’homme semble habité par une agressivité (colère, haine?) qu’il ne contrôle pas. Selon plusieurs professeurs de droit et juristes, son explosion de rage le disqualifie automatiquement. Il s’est par ailleurs parjuré deux fois. Pourrait-il en effet être impartial?
   Rappelons que la nomination de ce juge d’extrême droite (pro-armes et peut-être raciste) à la Cour suprême signifiera la mort de certaines législations que le juge Anthony Kennedy avait appuyées : abolition de la peine de mort, protection de l’environnement, droit à l’avortement, droits des gays, etc. Pour Kavanaugh, les droits confessionnels – chrétiens s’entend – passent devant les enjeux constitutionnels.

Dans une lettre d'opinion qui sera publiée vendredi dans le Wall  Street Journal, le controversé candidat à la Cour suprême des États-Unis, Brett Kavanaugh, clame être «un juge impartial et indépendant».

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf
ICI Radio-Canada Nouvelles le 4 octobre 2018

Critiqué pour la colère manifestée vendredi dernier lors de son témoignage devant la commission judiciaire du Sénat afin de répondre à des allégations d'agression sexuelle, Brett Kavanaugh justifie son témoignage «passionné» par l’atteinte injustifiée à sa réputation.
   Celui que les sénateurs démocrates ont interrogé sur sa consommation d'alcool et le traitement réservé aux femmes pendant sa jeunesse déplore que son parcours scolaire ait été «ridiculement déformé».
   Les allégations de la chercheuse en psychologie Christine Blasey Ford, qui affirme avoir été agressée sexuellement par lui pendant leur adolescence, avaient amené la commission judiciaire du Sénat à entendre les deux protagonistes. Excluant toute méprise sur l'identité de son présumé agresseur, elle a affirmé devant les sénateurs que Brett Kavanaugh était alors visiblement en état d'ébriété, autant d'allégations farouchement niées par le juge.
   Reconnaissant avoir eu un «ton acerbe» et dit «certaines choses qu’il n’aurait pas dû dire», il écrit qu’il est «possible» qu’il ait parfois été «trop émotif». Il dit avoir témoigné avec cinq personnes en tête : ses parents, sa femme et surtout ses filles.
   «Par moments, mon témoignage, tant dans ma déclaration d'ouverture que lors des réponses aux questions qui m’ont été posées, reflétait la frustration profonde devant le fait d’être accusé à tort, sans corroboration, d’une conduite horrible entièrement contraire à mon bilan et ma personnalité.» ~ Brett Kavanaugh
   «Un bon juge doit être un arbitre neutre et un arbitre impartial qui ne favorise aucun parti politique, aucune partie à un litige ou aucune politique», écrit-il, assurant qu'il est ce type de magistrat.
   Pendant son témoignage, un Brett Kavanaugh parfois visiblement en colère, parfois peinant à retenir ses larmes, s'était dit victime d’une campagne de salissage alimentée par la colère envers le président Trump. Il avait accusé les démocrates d'être prêts à tout pour saborder sa nomination à la Cour suprême.
[...]
   Dans une lettre ouverte publiée dans les pages du New York Times, plus de 2400 professeurs de droit ont soutenu que Brett Kavanaugh n’a pas l’indépendance et le «tempérament juridique» adéquat pour exercer des fonctions à la Cour suprême du pays (1).
   S'appuyant sur l'enquête du FBI sur des allégations sexuelles contre le juge Brett Kavanaugh, les républicains entendent accélérer le processus de sa nomination à la Cour suprême dans les 48 prochaines heures. Au grand dam des démocrates, qui dénoncent une enquête incomplète.

----
(1) The professors say in their letters that Kavanaugh displayed contempt towards members of Congress and showed a political bias that could call into question his future rulings. They also say his temperament is unsuited to a lifetime position on the highest court. [...] 
   One of the letters, from a national group of female legal educators, accuses Kavanaugh of showing a disrespect for women, after he lashed out at Senator Amy Klobuchar of Minnesota. Kavanaugh later apologised for asking Klobuchar about her drinking habits when she tried to ask about his own.
   “Judge Kavanaugh’s lack of respect for our democratic institutions and women in positions of power in particular revealed that he does not have a judicial temperament and is unable to adhere to judicial professionalism,” says the letter. [...]
   That letter has been signed by hundreds of professors, including some from prestigious law schools such as Columbia, Harvard and Yale. [...]
The Guardian:
----

 

Raging Bullshit: The Injustice of Brett Kavanaugh and His Enablers
Jeremy Scahill | Intercepted | October 3, 2018

As Donald Trump mocks Dr. Christine Blasey Ford at a political rally, the FBI continues its investigation into allegations of sexual assault by Judge Brett Kavanaugh. This week on Intercepted: If the Democrats retake the House, Rep. Hank Johnson will be the chair of a subcommittee that has subpoena power to continue the investigation of Kavanaugh. Johnson could pose a real threat to Kavanaugh whether he gets confirmed or not. He explains his position on Kavanaugh and also Justice Clarence Thomas and his history of alleged sexual harassment of Anita Hill. Former White House lawyer, Supreme Court clerk, and current constitutional law professor Kate Shaw and Democracy Now! host Amy Goodman offer an in-depth analysis of the battle over Kavanaugh. The Intercept’s Peter Maass got a copy of Kavanaugh friend Mark Judge’s novel about their drunken high school years. We made a radio drama of some of the scenes from the book, including a character named Bart O’Kavanaugh. ...

Audio:

4 octobre 2018

Et maintenant, qu’allons-nous faire?

L’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ) est simplement une catastrophe environnementale supplémentaire – on ne les compte plus! Il est évident que ce parti a le même style de gérance environnementale que le Parti libéral du Québec (PLQ), qui prévoyait un plus grand empiétement sur les terres agricoles. La CAQ accordera sans doute plus de permis d’exploitation gazière, pétrolière et minière, et privilégiera l’augmentation du trafic de cargos pétroliers sur le fleuve Saint-Laurent. M. Legault a promis des élargissements d’autoroutes : «si on veut avoir un impact sur l’environnement on doit essayer que les automobilistes soient le moins longtemps possible coincés dans le trafic», disait son député Sylvain Lévesque. Il a aussi promis la bétonisation des milieux humides et le retour des motoneiges dans un parc national. Bienvenue au royaume des entrepreneurs et promoteurs de tous acabits. À l’instar de Couillard, Legault pense que l’économie doit rouler à plein régime (le bolide foncera plus vite dans le mur). Voilà pourquoi il entend inciter Investissement Québec à attirer davantage de capitaux étrangers.
Voyez la note (2) de cet article :

Ah oui, j’oubliais, la CAQ compte plusieurs députés climatosceptiques dans ses rangs. 
Le 1er octobre était donc un jour sombre pour la planète.  


La décroissance, un scénario absolument inévitable

Médium large | ICI Radio-Canada Première | Le 4 octobre 2018

«Il y aura décroissance quoi qu'il en soit. Soit on l'organise, et ça fait moins mal, soit on la subit de la nature, et là, ça va être très, très violent.» Selon Yves-Marie Abraham, professeur en gestion, il ne s'agit plus de limiter les effets du réchauffement climatique – une bataille perdue de toute façon –, mais bien de préparer nos sociétés à la vie avec moins de ressources. En compagnie du communicateur scientifique Jérémy Bouchez, de l'auteur écologiste Serge Mongeau et de la consultante zéro déchet Mélissa de Lafontaine, il explique à Catherine Perrin en quoi la protection de l'environnement est liée aux inégalités sociales.
   Nos invités étaient de passage à l’approche du premier Festival de la décroissance, qui aura lieu le 6 octobre au Campus MIL de l’Université de Montréal.
   «L’espoir qu’on nous vend, c’est un découplage entre croissance économique et [conséquences] écologiques. Tout montre que nous ne sommes pas capables d’accomplir ce découplage», affirme Yves-Marie Abraham, rappelant que même la production à partir de matières recyclables a des effets environnementaux.

Droit de panique

«Je revendique d’être catastrophiste. Ce n’est plus une honte, je le dis clairement, dit-il également. Parlant de ses plus récents contacts avec des chercheurs scientifiques, il ajoute : «J’ai parlé à des gens qui étaient en problèmes de santé mentale. Ils voient ce qui arrive, ils ont les données, ils voient l’inaction générale. C’est comme quelqu’un qui serait au fond d’un bus, qui verrait le mur droit devant et qui crierait, et personne ne l’écouterait. C’est terrible.»

«Les utopistes, aujourd’hui, ce sont ceux qui continuent de défendre ce système [de la croissance]. C’est inadmissible, c’est criminel, même, de défendre ce monde-là. Les réalistes, aujourd’hui, c’est vraiment nous.» ~ Yves-Marie Abraham

L’illusion du développement durable

«Le plus loin que les gouvernements vont, actuellement, c’est de parler de développement durable, déplore Serge Mongeau, père du concept de la simplicité volontaire. Or, le développement durable, c’est continuer dans notre société de consommation, mais retarder un petit peu les échéances. Passer de l’auto à essence à l’auto électrique, ce n’est pas un vrai progrès. On [utilise] moins d’essence, mais finalement, on va la prendre dans la production d’électricité, pour produire tous les métaux que ça prend pour faire des autos, etc. Les gouvernements […] disent : "On va essayer d’améliorer [les choses], mais on ne changera pas fondamentalement.»
  «On n’a rien réglé et on ne réglera rien en donnant un pouvoir d’achat plus grand à tout le monde.» ~ Serge Mongeau

Moins de biens, plus de liens

«Le système économique dominant crée des inégalités parce qu’il n’y a pas de redistribution des richesses et qu’on les surexploite en plus, observe Jérémy Bouchez. Ce qu’on dit beaucoup en décroissance, c’est : moins de biens, plus de liens. Les liens sont là aussi pour recréer l’égalité entre les gens et […] avec les autres espèces. On représente 0,01 % de la masse des êtres vivants sur la planète, et on est responsables de 85 % des dégâts environnementaux et de la problématique de la sixième extinction. Donc, c’est plus large que les inégalités entre êtres humains, c’est avec toutes les espèces. Mais fondamentalement, vivre sur une planète avec des ressources limitées et de les surexploiter, ça crée forcément des inégalités. C’est presque une conséquence logique.»
   «Il ne faut pas que ça vienne seulement d’en haut. Il va falloir que des choses viennent d’en haut, mais qu’elles soient attendues et souhaitées en bas.» ~ Serge Mongeau

Nécessaire double discours

«On essaie de communiquer aux gens de bouger et d’être actifs, mais si on dit des choses négatives, ils ont tendance à figer, à se mettre en boule et à ne rien faire, constate Mélissa de Lafontaine. Il faut, d’un côté, savoir ce qui s’en vient, mais rester positif dans notre discours pour donner le goût aux gens de venir vers nous et d’amener des changements dans leur vie. Ce n’est absolument pas simple.»

Audiofil :
           
Festival de la décroissance :

La vidéo de Rad sur la décroissance (devenue virale en passant...) :

C’est évident que la Nature va nous sortir du décor les deux pieds devant, mais on ne veut pas le savoir. Voici un article très intéressant qui explique en partie pourquoi la CAQ a obtenu la majorité – quand les humains ont peur, ils font n’importe quoi...

Les changements climatiques et le syndrome de l’autruche

ICI Radio-Canada Nouvelles | Le 29 septembre 2018

Photo : Getty Images/Buena Vista Images. Une autruche avec la tête dans le sable.

Les changements climatiques ont le même effet sur la population que sur les politiciens. L'enjeu les préoccupe, mais quand vient le temps de passer de la parole aux actes, il y a un pas qu'ils ne sont pas prêts à franchir. Les scientifiques nous disent pourtant que la planète a un grave cancer et nous faisons l'autruche. Pourquoi?

Un texte d'Étienne Leblanc, journaliste spécialisé en environnement

Au Québec, de gauche à droite du spectre politique, aucun parti ayant fait élire des députés ne remet en question les changements climatiques.
   On peut donc supposer que tous les chefs sont en accord avec le discours scientifique selon lequel le réchauffement se manifeste plus vite que prévu et que les risques qu'il devienne incontrôlable sont grands.
   Au terme d'un été qui a vu se développer des canicules historiques partout dans l'hémisphère nord, est-ce nécessaire de reprendre ici la ritournelle des effets que provoque ce bouleversement du climat? Nous savons que les canicules, les inondations et les événements climatiques extrêmes seront de plus en plus nombreux.

Photo : Getty Images/AFP/Fabrice Coffrini. Un tournesol desséché, Suisse. La canicule européenne affecte les cultures, comme celle des tournesols.

Mais malgré l'alerte climatique lancée par les scientifiques, personne ne semble prendre la mesure des dangers qui s'annoncent.
   Ni la plupart des politiciens qui aspirent à prendre le pouvoir ni les citoyens qui ne sont pas très mobilisés.
   Face à la menace climatique, les premiers proposent d'élargir les autoroutes et continuent d'opposer dans les discours l'économie et l'environnement; les seconds mettent l'environnement au sommet de leur liste de priorités, mais se rebiffent quand on leur soumet l'idée qu'ils devront payer de leur poche ou qu'ils devront changer leur mode de vie (voir les données de la Boussole électorale de Radio-Canada).
   Le décalage entre ce que nous savons et les gestes que nous sommes prêts à poser est immense.
   C'est le fameux syndrome de l'autruche, bien documenté par des sociologues et des psychologues : face à un problème qui nous semble insurmontable, nous faisons tout pour l'ignorer.

Un ennemi mal défini

«Les problèmes auxquels nous portons attention ont un ennemi clair», explique George Marshall en entrevue à Radio-Canada. C'est le cofondateur de l'ONG Climate Outreach et auteur du livre Le syndrome de l'autruche : pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique. Un livre pour lequel il a consulté de nombreux chercheurs qui ont étudié la question de la perception du risque et de la réaction publique qui s'ensuit.

Photo : George Marshall, auteur et cofondateur de l'ONG Climate Outreach 

M. Marshall cite en exemple la lutte contre le terrorisme. «Dans les faits, la menace est très faible pour chacun d'entre nous, dit-il. Mais nous y réagissons très promptement, parce que l'ennemi est clair et notre cerveau est configuré pour y réagir. Les changements climatiques ne sont pas ce genre de menace, car il n'y a pas d'ennemi clair», dit-il.
   C'est ainsi qu'il explique l'action internationale prise rapidement en 1987 avec le Protocole de Montréal pour contrer l'expansion du trou dans la couche d'ozone. Il s'agissait de remplacer un type de gaz par une nouvelle technologie.
   Se basant sur les travaux de psychologues spécialistes de la perception du risque, George Marshall affirme que les gouvernements et les citoyens se mobiliseront si la menace est concrète, assez soudaine, assez grave et si on peut l'associer à un rival clairement identifiable.
   «Si les changements climatiques étaient causés par la Corée du Nord, notre réaction serait immédiate.» ~ George Marshall
   Les gens se mobiliseront contre l'aménagement d'un dépotoir de déchets nucléaires, d'une autoroute ou d'un pipeline, mais pas nécessairement contre les changements climatiques. Autrement dit, pas contre les voitures, les avions, la viande ou les maisons trop grandes.
   «C'est difficile à réconcilier, parce que dans le cas du climat, l'ennemi, c'est chacun d'entre nous. Nous sommes grégaires, ajoute M. Marshall, on aime se savoir partie d'un groupe qui se bat contre un autre groupe, mais quand il s'agit de se battre tout le monde ensemble, il n'y a plus d'ennemi».
   Comme tout le monde contribue au problème, tout le monde a une bonne raison de l'ignorer.

Nier la réalité

«On a une grande aptitude à ne pas voir le danger qui va nous frapper, souligne Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Dès qu'on naît, on sait qu'on va mourir. Donc, on essaie de l'occulter de nos vies tous les jours», dit-il.
   Comme la menace est abstraite, comme elle n'est pas immédiate, l'émotion nécessaire à la mise en place d'une réaction vive et appropriée n'est pas là.
   Pour les fins de son livre, George Marshall a consulté des chercheurs en psychologie qui travaillent avec des victimes de catastrophes naturelles. Il s'est aussi rendu dans le New Jersey, qui a été en partie dévasté par l'ouragan Sandy en 2012, où il a constaté que de nombreux riverains sont convaincus que ça n'arrivera plus jamais.

Photo : Reuters/Eric Thaver. En 2012, les fortes marées de l'ouragan Sandy ont déplacé une maison de Mantoloking, au New Jersey.

«Intellectuellement, notre cerveau comprend l'ampleur du problème, mentionne George Marshall. Mais nous ne le ressentons pas. Nous balayons les gros problèmes sous le tapis pour rester sains d'esprit», dit-il.
   Le cerveau ne serait tout simplement pas programmé pour répondre à des menaces si diffuses et si lointaines.
   «Dites à un ado que la cigarette qu'il fume va le faire mourir à 60 ans, et il va vous rire au visage», cite en exemple M. Marshall.
   «On n'arrive pas à croire ce qu'on sait, savoir ne nous oblige pas à croire.» ~ Pierre-Henri Gouyon

Se priver maintenant, mais pourquoi?

Une des raisons pour lesquelles personne n'ose prendre le taureau de la crise climatique par les cornes, c'est qu'elle appelle à un abandon de ce qui rend la vie harmonieuse. Nos véhicules, nos déplacements rapides en avion, nos grandes maisons chauffées ou notre succulent repas quotidien de viande.
   Si elle était prise sérieusement, la crise climatique obligerait aussi les gouvernements à sacrifier de lucratifs projets de développement économique au nom de l'avenir de la planète.
   «Prendre des mesures pour lutter aujourd'hui contre les changements climatiques implique qu'il y a un coût immédiat afin d'éviter des pertes plus importantes dans l'avenir», indique M. Marshall.
   Le problème, c'est qu'il est impossible de connaître ces pertes futures avec précision. Les conséquences sont incertaines, ce qui plombe grandement une possible mobilisation publique, qu'elle soit citoyenne ou étatique.
   De plus, la crise climatique est confrontée au problème économique du resquilleur, qu'on peut illustrer ainsi : si mon voisin prend sa voiture, pourquoi me priverais-je de la mienne? Pourquoi profiterait-il de mes actions alors qu'il ne fait rien?

Photo : Radio-Canada/Jean-Simon Fabien. De la congestion routière sur l'autoroute Laurentienne.

Et de toute façon, qu'est-ce que ça change pour la planète si je ne prends pas ma voiture? Après tout, ce n'est qu'une seule petite voiture parmi des millions d'autres!
   Ainsi, selon cette logique, pourquoi l'Alberta se priverait-elle de ses sables bitumineux au nom de l'environnement alors que la Chine carbure au charbon pour assurer son développement?
   «Chacun d'entre nous a l'impression que l'action personnelle est diluée dans une responsabilité collective à l'échelle planétaire, et que l'impact de notre action n'en vaut pas la peine», explique Pierre-Henri Gouyon.

Un discours positif

Alors, que faire pour stopper cette fuite en avant?
   «Il faut en parler d'une autre façon, pense George Marshall. Si vous me dites que je dois agir pour éviter la catastrophe à mes enfants, cela suggère que si je continue à prendre ma voiture, je me fous de mes enfants! Ça me fâche et ça me donne encore moins envie d'agir», dit-il.
   Il est d'avis que le discours public doit donc mettre l'emphase sur les problèmes concrets, et les avantages que cela nous procure au quotidien. «Quand on parle du transport, il faut mettre les changements climatiques au bas de la liste et parler plutôt de qualité de l'air», suggère M. Marshall.
   Il conseille aussi de parler beaucoup plus des bénéfices de lutter contre les changements climatiques : les emplois, l'image, la fierté nationale.
   «Si je travaillais au Québec, je parlerais d'abord et avant tout du Québec», dit-il. Il suggère ainsi aux élus et aux électeurs de réfléchir à ce qui les rend fiers au quotidien, en tant que Québécois. L'image qu'ils projettent à l'étranger, leur sentiment de faire partie d'un peuple moderne et innovateur ou leur désir d'être du bon côté de l'histoire.
   «Nous savons qu'une des bonnes façons de mobiliser les gens, c'est de les rendre fiers de ce qu'ils font et de ce qu'ils sont», conclut M. Marshall.

2 octobre 2018

Ironique : changer pour le statu quo


«Pour être certain de gagner, inventez votre propre jeu, et ne révélez jamais les règles aux autres joueurs.» ~ Ashleigh Brilliant

Je rêve d’un Parti Mark Twain québécois dont la plateforme s’inspirerait des riches enseignements sociopolitiques que l’on trouve dans ses écrits.
    En 2012, le comédien Richard Garey avait lancé une campagne de conscientisation politique appelée Twain for President, dont le slogan était cette citation de Twain : Whenever you find yourself on the side of the majority, it's time to reform. L'acteur et sa troupe ont présenté le meilleur de la satire politique de Twain dans des salles de théâtre, notamment au Planter's Barn Theater dans la ville natale de l'écrivain, Hannibal. Le but était de faire réfléchir les gens sur la politique et la manière dont elle peut affecter leur avenir. Les spectateurs demandaient à Garey "Quand as-tu écris ça?", et il répondait "C'est uniquement du Mark Twain".


Mark Twain ne manquait jamais de mots pour dénoncer la corruption et l’escroquerie des milieux politiques. Ce grand écrivain américain, journaliste, philosophe, et satiriste, était d’une lucidité hors du commun et trop intelligent, irrévérencieux et audacieux pour se laisser enfariner.

«Donner tout pouvoir à un seul parti et le maintenir en place assure une mauvaise gouvernance et la détérioration graduelle des mœurs publiques.»
   Autobiography of Mark Twain  

«Regardez la tyrannie du parti – ce qu'on appelle allégeance, loyauté, envers le parti – un piège inventé par des hommes à des fins égoïstes qui transforme les électeurs en biens meubles, esclaves et lapins; et pendant que leurs maîtres hurlent des absurdités sur la liberté, l'indépendance, la liberté d'opinion, la liberté d'expression, ils sont eux-mêmes tout à fait inconscients de la fantastique contradiction [...].
   The Character of Man  

«Tout ce dont vous avez besoin dans la vie est l'ignorance et la confiance, et alors le Succès est assuré.» 

«Un homme n'est jamais plus sincère que lorsqu'il se reconnaît menteur.» 

«La différence entre un Miracle et un Fait est exactement la même qu’entre une sirène et un phoque.»
   Letters from the Earth: Uncensored Writings, ed. Bernard DeVoto, 1939, ouvrage posthume publié pour la première fois en 1962 lorsque la fille de l'auteur, Clara Clemens, a retiré son objection.

«En tant que privilège actif, [la liberté d'expression] se situe au même rang que le privilège de commettre un meurtre : nous pouvons l'exercer si nous sommes prêts à en assumer les conséquences. Le meurtre est interdit tant dans la forme que dans les faits; la liberté d'expression est accordée dans la forme mais interdite dans les faits. Selon l'estimation courante les deux sont des crimes, et profondément haïes par tous les peuples civilisés. Le meurtre est parfois puni, la liberté d'expression toujours 
   The Privilege of the Grave (1905), publié en 2010, l'auteur ayant demandé qu'il ne soit publié que 100 ans après sa mort.

«Dans une république, qui est ‘le Pays’? Est-ce le gouvernement actuellement en selle? Pourquoi le serait-il, il n'est qu'un serviteur un simple serviteur temporaire; il ne peut être de sa prérogative de déterminer ce qui est bien et ce qui est mal, et de décider qui est un patriote et qui ne l'est pas. Sa fonction est d'obéir aux ordres, non pas de les produire. Qui est donc ‘le pays’? Est-ce la presse? Est-ce le prédicateur? Est-ce le directeur d'école? Pourquoi le seraient-ils, ce ne sont que des individus qui ne détiennent qu’une parcelle d’autorité. Ce sont les milliers d’individus qui détiennent l’autorité et doivent déterminer ce qui est juste et ce qui est mal.
   Dans une monarchie, le roi et sa famille sont le pays; dans une république, c'est la voix du peuple. Chacun de vous, de sa propre responsabilité, doit parler pour lui-même et par lui-même. Et c'est une responsabilité solennelle et lourde de conséquences, à ne pas prendre à la légère, à ne pas mettre de côté devant les brimades des prédicateurs, de la presse, du gouvernement, ou des slogans insignifiants des politiciens. Chacun doit décider pour lui-même ce qui est juste et ce qui est mal.»
   Papers of the Adams Family (1939); Part VI: "Two Fragments from a Suppressed Book Called 'Glances at History' or 'Outlines of History' ".

La Coalition avenir Québec est orientée sur le capitalisme néolibéral radical, cette solution miracle qui «fait grandir» l’économie, mais n’enrichit que les tyrans financiers.
   Brian Mulroney, le père du libre échange Canada/États-Unis, a toujours fait l’éloge de l’Institut Fraser.
   Sous son apparence libertarienne, l'Institut Fraser est toutefois reconnu pour être un think tank conservateur. Il vise notamment à abolir le salaire minimum (qui a conduit plusieurs syndicats à le critiquer pour cette position), à privatiser l'enseignement public et à réviser le fonctionnement des mécanismes de protection sociale sans but lucratif tels que les soins de santé, ainsi qu'à affaiblir le rôle politique des associations de protection des droits des travailleurs comme les syndicats, etc. L'Institut s'inscrit clairement dans la filiation idéologique du conservatisme et du libéralisme économique de Margaret Thatcher au Royaume-Uni, de Ronald Reagan aux États-Unis et du monétarisme de Milton Friedman, une école de pensée économique qui laisse à l'État un rôle très limité : celui d'assurer un cadre juridique et institutionnel favorable au bon fonctionnement du marché.
    L’Institut Fraser est un sous-produit des plateformes "éducatives" de Koch Industries. Les deux frères ont significativement contribué à financer des think tanks libertariens et conservateurs visant la réduction des dépenses publiques, notamment en matière de santé, d’éducation et de sécurité sociale. Dotés d'une fortune basée sur les énergies fossiles, ils sont également de fervents supporters d’organisations et de scientifiques capables de légitimer le climatoscepticisme, afin de pouvoir prolonger leurs activités d'extraction pétrolière avec la Koch Industries. Jusque 2010, ils ont également donné environ 100 millions de dollars à des dizaines d'organisations promouvant le libéralisme économique et la dérégulation des marchés. Le président Trump a répondu aux souhaits des frères Koch en réduisant les impôts, en poussant sur la déréglementation de l'EPA, en nommant des juges conservateurs et en freinant la lutte contre les émissions de carbone et le réchauffement climatique. (Wikipedia)

Une petite histoire du néolibéralisme
Par Christopher Pitchon, Département de philosophie, Collège de Maisonneuve

Tout ce que veut le 1 % des plus riches, c’est éliminer l’état social – les méchants socialistes qui se soucient des autres et du sort de la planète.
   «Idéalement ce serait bien que tout le monde soit, sinon riche, au moins à l'aise, qu'on préserve notre biotope, qu'on partage équitablement les richesses, le savoir et l'énergie, qu'on contrôle la natalité, qu'on maintienne les êtres humains en santé, qu'on leur donne à tous des conditions de vie et de développement décents, qu'on édicte des lois qui préservent les hommes, les femmes et les enfants, qu'on abolisse les divers esclavages. Il y a belle lurette que nous en avons les moyens, économiques, techniques et scientifiques. Cela pourrait se faire si notre planète n'était pas dominée par l'égoïsme le plus primaire, fondé sur des idéologies ou des croyances de tous ordres, et si elle n'était pas le siège d'un immense gâchis dans tous les domaines, dont ces sommes phénoménales que nous engloutissons dans les projets militaires.»
~ Alorie Gilbert, journaliste (cofondatrice et militante de Moms Demand Action for Gun Sense in America depuis 2013)

~~~
Fournissons l'Asie et augmentons notre volume de GES. Pourquoi pas une couple de centrales nucléaires sur la côte du Pacifique avec ça? Si un tremblement de terre se produit, nous aurons la totale, genre Fukushima. Cette nouvelle est scandaleuse et marquera l’histoire :   

À Kitimat, le projet de GNL obtient l’aval de deux investisseurs

Publié le dimanche 30 septembre 2018

Un immense projet de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le nord de la Colombie-Britannique a fait un pas en avant vendredi lorsque deux des cinq principaux investisseurs ont donné leur accord définitif.

Photo : Reuters/Issei Kato. Un bateau-citerne transportant du gaz naturel liquéfié au Japon.

PetroChina et Korea Gas ont ainsi indiqué qu’ils étaient prêts à se lancer dans le projet de 40 milliards de dollars mené par la coentreprise LNG Canada.
   S’il venait à terme, le projet verrait un pipeline de 640 kilomètres transporter du gaz naturel de Dawson Creek dans le nord de la Colombie-Britannique jusqu’à Kitimat. Une usine de refroidissement dans cette ville côtière permettrait de transformer le gaz en liquide afin de le transporter dans de gros méthaniers vers l’Asie.
   Le maire de Kitimat., Phillip Germuth, s’est dit surpris, mais heureux de la décision: «Nous espérons avec impatience [...] devenir la capitale du GNL au Canada».
   Les trois autres investisseurs, Royal Dutch Shell, Petronas de Malaisie et Mitsubishi du Japon, doivent encore donner leur avis, explique Patti Schom-Moffat, une porte-parole de LNG Canada : «Nous espérons avoir des décisions dans les deux prochaines semaines».
   L’industrie du gaz naturel liquéfié est en plein boom aux États-Unis, mais peine à s’envoler depuis quelques années en Colombie-Britannique, notamment pour des raisons politiques et environnementales.


~~~
Quebec's tectonic shift: change for the sake of change isn't always a good thing

By Toula Drimonis in Opinion, Politics
National Observer | October 2nd 2018

Photo by Philippe Ruel. Coalition Avenir Québec Leader François Legault celebrates victory at the party's election rally in Quebec City on Mon. Oct. 1, 2018.
[Ndlr : Cri primal de l'homo sapiens qui découvre le pouvoir!]

Quebec's election is finally over, and whether one is happy with the results or not, there’s no denying that last night was one for the history books.
   The big question now is whether history will be kind to Quebec for resoundingly electing a majority, first-time Coalition Avenir Québec (CAQ) government without the checks and balances of a strong opposition.
   In their desire to “stick it” to the establishment, many Quebecers don’t seem overly concerned by the major debates of our era, writes @ToulasTake #electionqc #QuebecElection #qcpoli  [...] 

CAQ is more of the same
Despite its relatively new party status, in many ways, the CAQ is more of the same: either a centre-right party that is seen as a conservative alternative by many middle-of-the-political-spectrum voters, or an alarmingly right-of-centre party to progressive voters, with plans to enact major budgetary cuts of its own, or as “moderate left” if you’re Conrad Black and completely out of touch with Quebec reality. Regardless of definitions, the CAQ is a party that campaigned on a lot of negatives in its relentless pursuit of power. [...]
   In their desire to “stick it” to the establishment, many Quebecers don’t seem overly concerned by the major debates of our era – the rise of populism and intolerance, the climate crisis, and increased protectionism that time and again, translates into widespread immigrant and diversity bashing. So while many Quebecers voted against austerity, against neo-Liberalism and against sovereignty, I wonder, were they paying attention to what they voted for? And if they did, did they not care because it didn't directly or immediately affect them?

~~~
Five Kinder Morgan executives can cash out millions in stock options and bonuses

By Mike De Souza in News, Energy, Politics | 
National Observer | August 10th 2018

Alberta Premier Rachel Notley and Kinder Morgan Canada president Ian Anderson sign a message of support for pipeline expansion at an event in Calgary on May 30, 2018. Twitter photo posted by Rachel Notley. 

The executives are entitled to these stock options based on their existing employee plans with Kinder Morgan and would be allowed to cash out the assets early because they are all leaving the parent company to join a subsidiary that is being purchased by the government.
   Justin Trudeau has said the project is critical to Canada’s economy, supporting jobs as well as national efforts to address climate change. The new details show how some Kinder Morgan executives would personally benefit from the transaction. #cdnpoli
   The early settling of their stock options won't be the only benefit that executives are getting out of the deal. Three of the top executives at Kinder Morgan Canada, Ian Anderson, David Safari and Scott Stoness, will also be entitled to a combined $3.9 million in bonuses if they remain in their jobs for the next two years. [...