16 septembre 2016

Encan de patrimoine naturel et bâti

La privatisation résulte de la mauvaise administration des fonds publics par les gouvernements. «L’État est propriétaire de toutes les ressources y compris l’air! Le peuple doit en devenir le propriétaire», dit un Irlandais dans le documentaire Europe à vendre.

Je n’ai jamais oublié les propos du politicien québécois Pierre-André Paré (alors sous-ministre au Ministère du Revenu) : «Tout est privilège concédé par l’État : votre voiture, votre maison, votre profession, bref votre vie; et ce que l’État donne, il peut le reprendre si vous n’êtes pas un contribuable docile.» (Journal Le Devoir, 6 avril 1996) Avait-il oublié que ce sont les contribuables qui engagent et payent les élus avec leurs taxes pour qu’ils administrent le bien commun à leur avantage, non pas l’inverse? Diable! 

Le parallèle entre ce qu’on voit dans Europe à vendre et ce qui se passe ici est ahurissant. Je pensais à l’Île d’Anticosti, entre autres. Ainsi qu’aux citoyens de Saint-Adolphe-d'Howard qui ont perdu leur bataille :
La Régie de l'énergie autorise Hydro-Québec à aller de l'avant avec son projet de ligne de transport de Grand-Brûlé-Dérivation Saint-Sauveur, qui doit passer en plein cœur de la municipalité de Saint-Adolphe-d'Howard. 
     Le tracé proposé avait soulevé l'indignation de la mairesse de Saint-Adolphe-d'Howard, Lisette Lapointe. «La solution prônée par la société d'État n'a pas été étudiée et optimisée selon les méthodologies applicables en la matière». Elle craignait des «effets négatifs et irréversibles» sur le paysage, l'environnement et le développement économique du territoire. «Le mandat de la régie, c'est de s'assurer que l'investissement d'Hydro-Québec soit le plus rentable possible, que la solution proposée soit économiquement la plus intéressante. Ce n'est pas dans leur mandat de tenir compte des aspects environnementaux.» ~ Lisette Lapointe (ICI Radio-Canada Info, août 2016)




Photo : Panoramio Google Map. Vue sur le lac de la Cabane à partir du sentier du Calvaire à Saint-Adolphe-d'Howard; un sentier en boucle offrant des points de vue sur les lacs Saint-Joseph et Théodore.

Espérons que Saint-Adolphe ne subira pas le même sort que Mont Tremblant. Ce site était d’une beauté remarquable avant que l’entreprise américaine Intrawest (siège social à Denver, CO) acquiert plusieurs hectares de terrains pour y construire son village touristique. On dirait un quartier de parvenus. On peut certainement moderniser une station de ski sans tomber dans le gigantisme et la pollution environnementale lumineuse, visuelle, sonore, etc. (1)  

Mont Tremblant (avant) :


Mont Tremblant (après) :




Heureusement, le Domaine Saint-Bernard, à quelques kilomètres de distance, a échappé aux bulldozeurs par un Acte de fiducie : La Fiducie du Domaine Saint-Bernard, première fiducie d’utilité sociale au Québec créée en novembre 2000, est investie de cette mission de «Protéger à perpétuité le territoire, la faune, la flore et les processus naturels ainsi que permettre aux utilisateurs de bénéficier d’un site naturel, accessible à prix modéré pour des activités éducatives, culturelles, récréatives, sociales, sportives et scientifiques.» Une initiative dont beaucoup de gens pourraient s’inspirer partout dans le monde : http://domainesaintbernard.org/

Domaine Saint-Bernard (un havre de paix et de beauté) :




(1) Les consolidations «mondialisantes» entre grandes sociétés privées se multiplient. L’industrie du tourisme de luxe fonce à plein régime. C’est terrible de regarder la dépossession qui s’opère actuellement. De voir les pays se dépouiller de leur richesse au détriment des populations et petites entreprises locales. Quelle sorte de planète restera-t-il à la fin? Un couvert d’infrastructures de béton, de métal et de plastique? D’énormes colisées pour le spectacle et le sport? Des mégacentres d’achat? Du toc à la Disney World? Que des clouds de photos souvenir de la nature et des animaux? C’est vraiment fou.

En 1986, Intrawest acquiert de la Banque fédérale [canadienne] de développement (une société de la Couronne) Blackcomb Mountain en Colombie Britannique. En 1996, l’entreprise fusionne avec Whistler Mountain Ski Corporation pour créer Whistler Blackcomb Resort, qui servira aux Jeux Olympiques d'hiver de Vancouver en 2010. En 2012, Intrawest vend (transfert?) toutes ses actions à Whistler Blackcomb Holdings. 
     Intrawest est le plus grand développeur et exploitant en Amérique du Nord offrant : ski, snowboard, golf, randonnée cycliste, hébergement et possibilités de développement immobilier dans chacune de ses stations. La société est propriétaire de Canadian Mountain Holidays, la plus grande opération d'héliski au monde. En outre, le Club Intrawest détient neuf centres de villégiature privés situés au Canada, aux États-Unis et au Mexique.

Quelle heureuse coïncidence : les sièges sociaux d’Intrawest / Whistler Blackcomb Holdings et de Vail Resorts sont situés au Colorado CO : 
     Nous apprenions récemment que Whistler Blackcomb Holdings passera aux mains de l'américaine Vail Resorts dans le cadre d'une transaction amicale évaluée à près de 1,4 milliard $. L'entente devrait être clôturée cet automne. 
     Vail Resorts, établie au Colorado, exploite neuf stations de montagne et deux aires de ski aux États-Unis et en Australie. Whistler Blackcomb, le centre de ski le plus grand et le plus visité en Amérique du Nord, deviendrait son premier actif au Canada. 
     «Nous croyons que le fait de travailler avec Vail va accélérer notre plan d'affaires et nous sommes excités d'aller de l'avant (avec cette entente)», a expliqué David Brownlie,  président et chef de la direction de la populaire station. Whistler Blackcomb Holdingd avait dévoilé, plus tôt cette année, un ambitieux projet d'expansion de 345 millions $, surnommé «Renaissance», pour construire des installations moins vulnérables aux conditions météorologiques, améliorer les infrastructures sur la montagne et augmenter l'offre immobilière. 
     Le chef de la direction de Vail Resorts, Rob Katz, a indiqué s'être engagé envers l'expansion du centre de ski, situé environ 125 kilomètres au nord de Vancouver. En outre, il a assuré que la transaction n'avait rien à voir avec la faiblesse du dollar canadien. «L'appui financier de Vail et son large réseau de consommateurs joueront un grand rôle dans l'augmentation des activités de Whistler Blackcomb», a-t-il fait valoir. «Nous sentons depuis longtemps que Whistler Blackcomb est vraiment le mieux positionné des centres nord-américains pour profiter de la croissance à laquelle nous nous attendons (du tourisme chinois), particulièrement dans le contexte où la Chine commencera à se préparer pour les jeux Olympiques d'hiver de 2022 à Pékin», ajoutait M. Katz.
(Via Le Huffington Post Québec)

Station Whistler BC :  



Photo Dominic Boyer

Qui peut se payer un séjour à Whistler (CB), à Fortress Mountain ou Banff (AB)?
Je vous laisse deviner...

EUROPE À VENDRE
(Documentaire d’enquête, 2014)

Natura-sciences.com | Dernière mise à jour le 26 janvier 2015
http://www.natura-sciences.com/loisirs/europe-a-vendre-arte.html

«La crise aidant l’émergence d’idées farfelues pour réduire les déficits publics, de plus en plus de gouvernements mettent en vente leur patrimoine naturel ou culturel. La tendance est générale : chaque espace ou bâtiment doit désormais être rentable au risque d’être privatisé.» Le documentaire «Europe à vendre», d’Andreas Pichler trace un portrait sans concession de ce nouveau Monopoly.
[...]
L’état des lieux est stupéfiant : partout en Europe, le patrimoine naturel et culturel est mis en vente par des municipalités, régions et gouvernements pour renflouer leurs caisses. L’obsession néolibérale apparaît alors : il faut mettre un prix sur tout. 
     Face aux dettes irlandaises et grecques, notamment contractées pour avoir épongé les dettes des grandes banques, des experts représentant la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international sont chargés d’auditer la situation économique et l’état des finances publiques de ces pays. Ils sont regroupés au sein de la Troïka.

Des états prêts à tout pour éponger leurs dettes

La Troïka a demandé à l’Irlande d’identifier des biens d’une valeur de 3 milliards d’euros et de les mettre en vente pour éponger ses dettes. L’entreprise forestière publique est alors mise en vente grâce à un bail emphytéotique de 99 ans. Là encore, des milliers de manifestants ont défilé en avril 2013 pour demander l’abandon du projet, criant que la forêt est un bien commun. Face à la fronde, le plan a été suspendu, mais pas abandonné. 
     En Grèce, la Troïka exige la vente des principales propriétés d’état et un dégraissage massif du nombre de fonctionnaires. Les plus beaux bâtiments historiques pourraient ainsi être vendus à des investisseurs privés étrangers. La Grèce met d’ores et déjà en vente des terres et îles vierges, convoitées par des chaînes du luxe, des promoteurs et des milliardaires. L’une des rares terres vierges de Corfou a été louée pour 99 ans. Le projet serait un complexe hôtelier et l’installation d’un village de vacances de luxe ...

Que vend-on en France?

En France, c’est l’hôtel de la Marine, place de la Concorde, que France Domaine souhaitait céder pour un bail de 99 ans à des investisseurs privés, avant de renoncer face à l’opposition au projet. 
     France Domaine, responsable de cette éventuelle vente, dépend du ministère du budget. Cette société de services a pour but de céder du patrimoine, quand les charges pour l’état sont trop importantes. L’ensemble des ventes en cours sont mentionnées sur un site Internet dédié : il s’agit de terrains, immeubles, logements, biens d’exception...  
http://www.economie.gouv.fr/cessions
     Selon la Directrice de France Domaine, l’immobilier représente 8 milliards de dépenses par an pour l’état. Depuis 2004, la politique de cession, a rapporté 5,4 milliards d’euros. 680 millions ont été consacrés au désendettement de l’état ; le reste a été alloué au relogement des ministères. Mais la dette publique s’élève toujours à 2000 milliards d’euros... 

Les vestiges romains deviendront-ils privés?

En Italie, les monuments historiques sont aussi menacés. Berlusconi envisageait même de vendre l’ensemble du patrimoine naturel et culturel italien dès 2002. La situation semble absurde : au Colisée, la billetterie est gérée par une société privée. Elle empoche 70% du prix du billet, ce qui ne laisse pas assez d’argent à l’état pour restaurer le monument. La restauration sera donc sponsorisée par Diego Della Valle, le PDG de Tod’s pour 25 millions d’euros. 
     À Berlin, les vestiges du mur de Berlin peinent à être conservés, sous la pression de la spéculation immobilière. À Barcelone, le parc Güell est devenu payant : les riverains ne peuvent plus en profité. 
     Cette enquête montre à quel point la crise économique menace les biens communs : la forêt, la culture, la nature, etc. Toute chose doit désormais être rentable. Madrid a déjà vendu le nom de ses stations de métro pour quelques millions d’euros. Cette enquête passionnante pose une sombre question : Jusqu’où les états seront-ils prêts à aller pour gagner quelques millions d’euros?

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L'article ne mentionne pas la vente à l’encan de vignobles dans la région de Bordeaux dont les spéculateurs chinois raffolent...

10 septembre 2016

Milliardaire ou va-nu-pieds : une question de «mérite»?

Près d’un million de personnes au Québec ne mange pas à sa faim (en quantité et qualité) et le nombre d’itinérants ne cesse d’augmenter au Canada – un pays dit riche!

«Le superflu des riches devrait servir pour le nécessaire des pauvres, mais tout au contraire, le nécessaire des pauvres sert pour le superflu des riches.»
~ Jean Domat (1625-1696)

Diverses études scientifiques ont été menées sur les gens riches. On voulait savoir s’ils étaient plus heureux, vivaient en meilleure santé et plus longtemps, s’ils étaient plus intelligents, moins gentils, plus égoïstes, etc. Deux chercheurs américains, Michael Kraus et Dacher Keltner **, se sont demandé si les personnes riches se sentaient supérieures aux autres et attribuaient leur succès uniquement à leurs qualités personnelles. On s’en doute, il est bien tentant de croire que la richesse vient du travail acharné et que si les autres ne sont pas aussi riches, c’est parce qu’ils travaillent moins fort. Après avoir demandé à un groupe de participants de répondre à toutes sortes de questions concernant le rang social et la profession, Kraus et Keltner sont arrivés à la conclusion que les gens faisant partie des classes sociales les plus élevées ont réellement tendance à croire qu’ils méritent leur succès, et que ceux qui ont moins de succès le méritent, tout simplement. (Source : Actualités MSN / Société 02/09/2016)

Le mérite n’a rien à voir. Faux : les riches ont le mérite de savoir comment exploiter et profiter des classes dites inférieures. (1)


Photo : Catherine Ledner

** How the rich are different from the poor – research by Paul Piff, Michael Kraus, Jennifer Stellar, Dacher Keltner, and Robert Knight is featured in an article on social class in New York Magazine : The Money-Empathy Gap New research suggests that more money makes people act less human. Or at least less humane. (By Lisa Miller) http://nymag.com/news/features/money-brain-2012-7/

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Donner ou ne pas donner?  

Nos préjugés au sujet des mendiants sont généralement faux. Les deux raisons les plus invoquées pour refuser de donner aux itinérants sont :
1) la peur qu'ils ne soient pas réellement des sans-abri ou dans une situation difficile
2) la peur que l'argent soit utilisé pour autre chose que la nourriture, un abri ou le transport.

L'Union Square Business Improvement District, une association de 500 propriétaires fonciers du centre-ville de San Francisco, ont demandé à la firme de recherche GLS Research d’enquêter sur les mendiants en 2013. L’enquête a révélé que le mendiant typique était un homme, célibataire, inapte, d’âge moyen, appartenant à une minorité raciale, et qu’il collectait toujours moins de 25 $ par jour même s’il quêtait à tous les jours. Beaucoup de gens croient dur comme fer que l'argent donné aux mendiants leur sert à acheter de la drogue ou de l'alcool. Or selon cette recherche, 94 % des mendiants réservaient leurs maigres recettes à l’achat de nourriture.

Quelques statistiques étonnantes :
- Seulement 3 % des mendiants refuse un logement permanent qui les sortirait de la rue.
- 48 % des mendiants sont afro-américains.
- 1 mendiant sur 4 aux États-Unis a servi dans l'armée.
- Beaucoup de mendiants qui utilisent les services communautaires locaux ont au moins une maladie mentale qui peut ou non avoir été diagnostiquée en clinique.
- 36 des 50 plus grandes villes américaines ont criminalisé la mendicité.
- Jusqu'à 80 % des mendiants choisissent de dormir à l'extérieur à plein temps espérant recevoir l'argent qu’ils n’ont pas reçu dans le jour (pour s’acheter de la nourriture).

Tous les êtres humains méritent d'être reconnus

Déposer quelques pièces dans la main tendue d'un mendiant ne va pas résoudre les problèmes énumérés ci-dessus, loin de là. Mais elles pourraient contribuer à combler besoin immédiat de nourriture ou une nuit d’hébergement. [...] 
     En fin de compte, le choix de donner ou non est strictement personnel. Faites ce qui vous semble approprié. La chose la plus importante à éviter est de traiter les mendiants comme des sous-humains, ou pire encore, comme s’ils n'existaient pas. Ce sont des personnes comme vous et moi. Et, rappelons-nous qu’un cruel coup du destin peut jeter n’importe qui à la rue n’importe quand. 
     «De nombreux mendiants sont systématiquement ignorés, injuriés, harcelés, volés et attaqués. Les regarder dans les yeux et reconnaître leur statut d’humains peut être très valorisant pour eux», rapporte l'Observatoire canadien des sans-abri. 
     La prochaine fois que passerez à côté d’un mendiant, demandez-vous comment vous aimeriez que les gens réagissent si vous étiez obligé de quêter de l’argent à des inconnus pour survivre. Vous pourriez être surpris de votre réponse.

Beth Buczynski, Care2
Should You Give Money To Panhandlers? (adaptation/traduction maison) 

Make Them Visible. Les sans-abri sont-ils invisibles? Des gens ont accepté de se «déguiser» en mendiants dans leur quartier pour tester la réaction de leur proches. L’expérience d’un jour à New York a permis aux pseudo sans-abri de voir défiler devant eux des membres de la famille et des amis qui n’ont pas daigné leur accorder un seul regard. Cette vidéo a été produite à titre d’expérience avec l’idée de démontrer comment, en tant que société, nous voyons (ou non) nos voisins sans-abri. Toute expérience donne un résultat – c’est ainsi qu’est née la fondation Make Them Visible.



Dans le même ordre d’idée : Left Out. Plus de 7000 personnes dorment par terre dans les rues de Londres. L’artiste Maxwell Ruston a fabriqué un personnage en plâtre enfermé dans un sac à ordures qu’il a déposé en divers endroits de la ville pour étudier les réactions des passants. Que feriez-vous en pareille situation? «J’ai fait cette sculpture pour choquer le public, espérant éveiller une prise de conscience et plus d’empathie envers les sans-abris.» Documentaire (en anglais) : https://vimeo.com/167776522



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(1) Le clan Walton derrière l’entreprise Walmart. La fortune collective des membres du clan est évaluée à 149 milliards de dollars selon Forbes. Les revenus de Walmart en 2015 s’élevaient à l’hallucinante somme de 482 milliards de dollars. Walmart engrangerait maintenant des profits de 1,8 milliard de dollars à l’heure. De tels profits font en sorte que la compagnie est plus riche que plusieurs pays, dont l’Afrique du Sud, les Émirats arabes unis, la Norvège, la Belgique, la Suède. 
     90 % des Américains vivent à moins de 15 minutes d’un Walmart. Plus de 78 % des Américains magasinent chez Walmart (260 millions de personnes fréquentent Walmart à chaque semaine). En 2012, Walmart a ouvert entre quatre et cinq nouveaux magasins par semaine. 
     Ce n’est pas tout le monde qui veut d’un Walmart dans son patelin. En 1993, le Vermont s’est opposé à l’implantation de Walmart. Néanmoins, après vingt ans, la compagnie en ouvrait un. Mais à ce jour, il n’y a que cinq magasins sur son territoire. 
     Walmart exploite maintenant plus de 11 530 magasins dans 28 pays à travers le monde. Environ 90 % des magasins de l’entreprise fonctionnent sous un nom différent à l’international : Walmex à Mexico, Asda au Royaume-Uni, Seiyu au Japon et Best Price en Inde. En tout, Walmart exploite 72 bannières différentes à travers le monde. 
     La compagnie a plus de 2,3 millions d’employés. De ce nombre, environ 800 000 personnes travaillent à l’extérieur des États-Unis. (Source : Actualités MSN / Société)

Malheur à nous... Plus de 20 ans après l'ouverture de son premier magasin au Canada, en 1994, Walmart provoque de sérieuses secousses chez nos détaillants et supermarchés qui subissent la concurrence agressive du mastodonte américain en raison de la multiplication de ses Supercentres caractérisés par une section supermarché complète. Walmart poursuit l’expansion de son empire : «Au Canada, nous nous concentrons sur deux format : le format à escompte, auquel la plupart des gens sont habitués, et lorsque nous ajoutons l’alimentation, ça devient un Supercentre, explique Alex Roberton, porte-parole de Walmart Canada. Tous les projets que nous faisons maintenant sont des Supercentres.» Au Québec, Walmart détient 71 magasins, dont 48 Supercentres; à l’échelle nationale, il y en a 405. Une récente étude a démontré que pour chaque Supercentre Walmart par 100 000 habitants, le taux d’obésité augmentait de 2,3% et l’IMC de 0,24.

La compagnie est régulièrement accusée de sous-payer ses employés. En 2013, un magasin Walmart à Canton en Ohio a fait une collecte d’aliments auprès de ses clients – les denrées étaient destinées à ses employés qui peinaient à joindre les deux bouts. «Donnez des denrées alimentaires, s’il vous plaît, afin que nos associés [terme utilisé par l’entreprise pour désigner ses employés] puissent profiter d’un bon repas à l’Action de grâce», pouvait-on lire sur la boîte réservées aux dons. (!!) 
     Plusieurs compagnies internationales comme Walmart font fabriquer leurs produits entre autres au Bangladesh. Or la sécurité des usines est totalement inadéquate, sans parler des conditions de travail. En 2012, un incendie dans une usine de vêtements a fait 112 morts. En 2013, un complexe abritant cinq usines de ce type s'est effondré, faisant 1135 victimes. Aujourd’hui, 10 septembre 2016, un incendie dans une usine de ce type a fait au moins 21 morts et plusieurs blessés. "God forgives. I don't." (Bumper sticker)  

«Les économistes ont raison, disait un homme de bourse : le capital est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.» ~ Auguste Detoeuf (1883-1947) 
L’industriel milita pour le rapprochement entre le patronat et les syndicats ouvriers. 

7 septembre 2016

«La nef humaine, ce navire perdu» *


«Que feraient les victimes si le naufrage du Titanic se déroulait aujourd'hui?» C’était le thème choisi par le caricaturiste Pierre Brignaud au Concours international d'arts visuels Juste pour Rire 2015, catégorie humour noir (3e place sur 200 participations).

L'exemple du Titanic sert à démontrer l'agressivité des icebergs (perle du bac).
Afin de prévenir une autre tragédie comme celle du Titanic, des patrouilleurs furent chargés de briser les icebergs à l'aide d'explosifs. Cependant, les tentatives de bombardement ont généralement connu un succès bien relatif... Heureusement pour les bateaux, les glaciers fondent à vue d’œil en ce moment!

Le naufrage du Titanic ressemble à une répétition générale du naufrage planétaire qui se déroule sous nos yeux en temps réel.
Après 160 minutes, l’insubmersible paquebot a disparu.
Après 160 ans d’industrialisation à toute vapeur, pouvons-nous faire demi-tour et éviter le mur? Comme pour le Titanic, nos vigiles n’ont pas de jumelles, nos opérateurs radio ne transmettent pas les avertissements de danger imminent et le bateau file trop vite... Prenons des photos tandis qu’on le peut.

Depuis les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), on s'est rendu compte que les émissions de gaz à effet de serre par la civilisation industrielle constituent un facteur commun du développement des sociétés actuelles. C'est en effet depuis la révolution industrielle que les sociétés humaines extraient des énergies fossiles (charbon, puis pétrole et gaz naturel), dont la combustion rejette dans l'atmosphère des quantités très importantes de dioxyde de carbone, dont l'accumulation dans l'atmosphère est responsable de l'effet de serre et du réchauffement climatique global. Même si les diverses formes de combustion d'énergies fossiles constituent la source des émissions les plus évidentes, elles ne sont pas les seules : il y a aussi la combustion de la biomasse, la déforestation, la concentration urbaine (déchets), l'agriculture (émissions azotées causées par les engrais), l'élevage, etc. Même si certains facteurs préexistaient à la révolution industrielle, il est indéniable que l'augmentation des émissions du carbone fossile depuis 1860, et surtout depuis la Seconde Guerre mondiale, a provoqué une accélération du changement climatique. Le réchauffement climatique n'est pas la seule conséquence environnementale. Il faut citer également la perte de biodiversité, liée en grande partie à la déforestation, et aux diverses formes de pollution de l'eau, de l'air ou des sols. (Source : Wikipédia)

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Parmi les choses renversantes à propos du naufrage c’est le nombre insuffisant de canots de sauvetage. Au départ, Alexander Carlisle, le directeur général des chantiers Harland & Wolff prévoyait installer 64 embarcations. On réduisit ce nombre à 48. Puis,  par souci d’esthétisme, Joseph Bruce Ismay, président de la White Star Line, limita ce nombre à 20 embarcations, soit 14 canots standards en bois (d’une capacité de 65 personnes chacun), deux chaloupes en bois (d’une capacité de 40 personnes chacune) et quatre canots pliables (d’une capacité de 47 personnes chacun). De sorte que seulement 1178 passagers pouvaient monter à bord des canots en cas de naufrage, Carlisle insista durant la construction pour que le paquebot soit équipé de 64 canots. Malgré ses nombreuses demandes, il ne parvint pas à modifier l'avis de la direction et fut contraint d’accepter leur décision. (Wikipédia)

Les chiffres restent approximatifs puisqu’il n’existe aucune liste officielle de toutes les personnes présentes au moment du naufrage.

492 passagers ont survécu (certains rapports indiquent 499)
37 % des passagers ont survécu
61 % des passagers de première classe ont survécu; 203 sur 325 (ou 337)
42 % des passagers de deuxième classe ont survécu; 118 sur 285
24 % des passagers de troisième classe ont survécu; 178 sur 706 (ou 721)
214 membres d’équipage ont survécu; 212 sur 885 selon certains rapports (24 %).






Source : http://www.titanicfacts.net/

Ainsi, 706 (ou 713?) sur 2223 (ou 2228?) passagers et membres d’équipage ont quitté à bord de canots de sauvetage. Deux des 14 canots standards sont tombés à l’eau sans passagers et ont dérivé. Le premier canot mis à l’eau, le no 7 (capacité de 65), comptait 28 passagers : 24 de première classe dont onze hommes, un homme de deuxième classe et trois membres d’équipage. Le canot no 1 (capacité de 40) comptait 12 personnes : le couple Duff Gordan avec leur domestique, deux hommes de première classe, et sept membres d’équipage. Le couple a refusé de laisser monter des naufragés à bord. Plusieurs bateaux à moitié remplis n’ont pas fait demi-tour non plus une fois l’arrière du bateau englouti.

En voyant ces chiffres on pense «les riches d’abord!», vu le nombre limité de canots et le pourcentage de rescapés de première et deuxième classes. Mais le manque de formation de l’équipage et la mauvaise coordination sont peut-être aussi en cause, puisque la White Star Line, drapée dans sa belle arrogance, croyait son paquebot insubmersible.

Quand la folie des grandeurs s’empare des financiers et des industriels :





Témoignage d’un passager de première classe
Publié par Marc Fourny |13/04/2012 | Le Point.fr

Lorsque le navire sombre dangereusement, John B. Thayer, jeune étudiant de 17 ans, décide de sauter du bastingage à quatre mètres de hauteur dans une mer à zéro degré, en compagnie d'un ami qu'il ne reverra plus. Il ignore que sa mère est déjà dans une chaloupe. Quant à son père, second vice-président des chemins de fer de Pennsylvanie, son corps ne sera jamais retrouvé.

«Ils entendaient les cris et ils ne bougeaient pas...»

«Le froid était horrible. Sous le choc, en atteignant l'eau, mes poumons avaient expulsé tout l'air qu'ils contenaient. Je descendis au fond, très loin, virevoltant en tous sens. Je me mis à nager dans une direction qui me parut être celle qui m'éloignerait du navire. Je parvins à la surface, les poumons en feu, mais sans avoir avalé une goutte d'eau. Ma montre s'était arrêtée et indiquait 2 heures 22... Une sorte de halo entourait le paquebot qui se dressait dans la nuit, comme s'il était en feu. Je le regardais. Je ne sais pas pourquoi, je restais sans nager, fasciné. Le froid et la fatigue commençaient à se faire sentir, mais mon gilet de sauvetage maintenait ma tête et mes épaules hors de l'eau... Soudain, toute la structure du navire parut se scinder en deux et exploser. La seconde cheminée se souleva dans un nuage d'étincelles. Je crus qu'elle allait s'écraser sur moi. Elle s'abattit sur l'eau, me manquant de six ou neuf mètres. Les remous provoqués par sa chute m'entraînèrent au fond, encore plus loin. Je me débattis, à bout de forces. 
     Je remontai à la surface, les bras au-dessus de ma tête pour me protéger de tout ce qui pourrait me blesser. Mes doigts sentirent quelque chose de doux et de ferme, de forme arrondie : un revêtement de liège qui n'était autre que celui dont était recouvert le fond des bateaux pliables. Celui-ci flottait dans l'eau, retourné. Quatre ou cinq hommes tentaient de grimper sur la coque, je donnai à mon tour une poussée pour me lancer hors de l'eau, mais j'étais à bout de forces. Je demandai qu'on me donne la main, quelqu'un le fit, et je me retrouvai sur le fond retourné du bateau, accroupi, en vie et face au Titanic... Il devait rester près de mille cinq cents personnes à bord, et celles qui étaient là s'amassaient en groupes, s'accrochaient par grappes entières qui finissaient par tomber, toutes ensemble ou bien à deux ou trois à mesure que les quatre-vingts mètres formant l'arrière du bateau se levaient dans le ciel... Le paquebot s'enfonça doucement dans l'eau, comme s'il faisait une glissade, et il disparut à nos yeux.
     Une minute s'écoula dans un silence de mort. Puis on entendit un appel au secours, ici ou là, qui peu à peu s'amplifia de la voix des quinze cents personnes tombées à l'eau et se changea en une longue plainte incessante qui nous entoura de toutes parts. Cela ressemblait au crissement des insectes par une nuit d'été. Ce cri terrible et continu se prolongea entre vingt et trente minutes, pour s'éteindre tout à fait quand plus personne n'eut la force de résister davantage à l'eau et au froid... Les canots à moitié remplis que nous voyions à quelques centaines de mètres de nous ne firent jamais demi-tour. Pourquoi? Cela restera toujours un mystère pour moi. Je me demanderai toujours comment un être humain a pu ne pas répondre à ces cris. On dit qu'ils auraient craint d'être submergés par la multitude des gens qui se débattaient dans l'eau. Le plus déchirant dans cette tragédie, c'est peut-être cela : que des bateaux qui n'étaient qu'à moitié remplis ne viennent pas secourir les malheureux. Ils étaient là, à quatre ou cinq cents mètres de nous, ils entendaient les cris et ils ne bougeaient pas. S'ils étaient venus, des centaines de gens auraient pu être sauvés. Personne ne peut expliquer cela... 
     Nous étions vingt-huit sur notre coque retournée, nous flottions très bas sur l'eau. La mer s'était un peu agitée et, par moments, des vagues se déversaient sur nous. Harold Bride, l'assistant radio, était allongé devant moi, les jambes dans l'eau. Et nous chantions des cantiques, nous récitions des prières... C'est à Harold Bride que nous devons de n'avoir pas perdu espoir. Il n'a cessé de nous répéter les noms des bateaux qui avaient répondu à ses signaux de détresse et d'affirmer, dès que quelqu'un commençait à douter, qu'ils n'allaient plus tarder à se montrer. Durant tout ce temps, personne n'osa faire un mouvement de crainte de voir notre périlleux support se renverser et nous jeter à l'eau. La poche d'air sous le fond s'amenuisait inexorablement et nous nous enfoncions de plus en plus. Mais, comme prévu, quelques instants avant 4 heures, nous aperçûmes à l'horizon les feux de tête de mât du Carpathia. Nous lui fîmes une ovation.» (Extraits du livre Le naufrage du Titanic, par John Borland Thayer) 

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Les ultra riches ne savent plus quoi inventer pour dépenser leurs surplus d’argent et se divertir, alors ils ne cessent de construire des monstres énergivores et polluants. Des palaces flottants (que dis-je, des villes!) sillonnent les mers et envahissent les côtes paisibles et les ports de plusieurs pays autour du monde. Et, avec la fonte des glaciers, les croisières de luxe en Arctique reviennent en force...

J’ignorais que les cruisers polluaient autant avant de lire l’article de John Vidal hier (The Guardian, mai 2016); celui-ci a fait l’objet d’une poursuite de la part de Royal Carribean International et certaines données ont donc été corrigées.
https://www.theguardian.com/environment/2016/may/21/the-worlds-largest-cruise-ship-and-its-supersized-pollution-problem


Photographe : Peter Nicholls/Reuters

Le plus grand paquebot de croisière du monde, Harmony of the Seas, gréé de 16 ponts, peut accueillir 6780 passagers et 2100 membres d’équipage. Les gens de Southampton étaient très heureux de le voir quitter le port en mai dernier car la pollution de l’air causée par ces mammouths maritimes augmente à chaque année. Les croisières constituent le secteur touristique dont la croissance est la plus rapide et les paquebots sont de plus en plus énormes. 
   À pleine puissance, les deux moteurs du bateau peuvent brûler jusqu’à 1377 gallons US à l’heure, ou 66 000 gallons par jour, du diésel le plus polluant au monde. Accosté ou près des États-Unis, Harmony doit brûler du combustible faible en souffre ou utiliser des technologies de réduction des émissions. Selon Colin McQueen (du groupe Southampton Clean Air), qui vit à 400 mètres des quais, les émissions des bateaux de croisière contribuent définitivement à polluer l’air de Southampton : «Nous pouvons les sentir, les voir et les goûter. Ces bateaux sont comme des immeubles à logements. Parfois il y en a cinq ou plus installés dans le port en même temps. Le vent transporte leurs émissions directement dans la ville, et il est évident que leur pollution n’est pas contrôlée. Non seulement les bateaux polluent, mais les bouchons de circulation maritime qu’ils créent avec les cargos sont aussi énormes.» 
   Selon des analystes en pollution maritime d’Allemagne et de Belgique, un bateau aussi énorme doit probablement brûler 150 tonnes de carburant par jour et émettre plus de souffre que plusieurs millions d’automobiles, plus de CO2 que tout le trafic d’une ville moyenne et plus d’émissions de particules que les milliers d’autobus à Londres. Selon l’expert maritime de Bruxelles Bill Hemmings (du groupe Transport et Environnement) : «Ces bateaux brûlent autant de combustible que des villes entières. Ils utilisent beaucoup plus de puissance que les porte-conteneurs, et même lorsqu’ils brûlent du carburant à moindre teneur en souffre, c’est 100 fois pire que le diésel routier. 
   L’industrie prévoit accueillir 24 millions de passagers en 2016, soit 9 millions de plus qu’en 2006.


Costa Concordia : un Titanic 21e siècle... qui a fait moins de morts tout de même.

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On comprend pourquoi les industries gazières et pétrolières augmentent leur production au lieu de la réduire, et pourquoi Enbridge vient d’acheter Spectra Energy (basé à Houston/Texas) – ces deux compagnies de pipelines transportent le pétrole et le gaz, d’ouest en est et du nord au sud.

Quant aux gigantesques pétroliers maritimes, porte-conteneurs et sous-marins de guerre gréés de missiles, on éprouve un profond sentiment d’impuissance face à ces mastodontes. Et tout ce qu’on souhaite c’est qu’ils ne s’éventrent pas. Je n’ai rien contre les échanges commerciaux internationaux, mais les nouveaux accords risquent de créer beaucoup de remous : compétition agressive, injustices, dépréciations / surestimations, voracité des investisseurs, guerres d’appropriation, etc. Résultat? Plus de cochonneries Made in... dans nos poubelles et dépotoirs, plus de merde noire et plus d’émissions de carbone.

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* «Le cri» http://artdanstout.blogspot.ca/2016/09/le-cri.html

5 septembre 2016

Roundup-trails

C’est en entendant un scientifique déboulonner les «chemtrails» que j’ai concocté ce survol de différents poisons chimiques qui sont dispersés dans notre environnement. Beaucoup de gens croient que les trainées laissées par les avions dans le ciel comportent des substances toxiques délibérément répandues dans l’atmosphère pour nous rendre malades et/ou nous décimer (une sorte de complot). Voyez l’explication scientifique (1).

Il n’y a peut-être pas de complot, mais il est impossible de croire à la bonne volonté du mastodonte de l’agrochimie Monsanto quand on examine les multiples dégâts environnementaux, accidents industriels et scandales sanitaires dont cette entreprise est responsable. Un Tribunal de la société civile (sans portée pénale) jugera Monsanto pour violations des droits humains, pour crimes contre l‘humanité et pour écocide les 14 et 16 octobre 2016 à La Haye, aux Pays-Bas; le procès sera mené selon les procédures de la Cour Internationale de Justice. Ce sera à suivre : http://www.monsanto-tribunalf.org/


L’agriculture avant et après Monsanto. Des questions?

– Vous souvenez-vous du vilain insecticide DDT, massivement pulvérisé dans les années 50/60? «DDT is good for me!», disait la pub. Plusieurs pays commencèrent à l’interdire après la publication du «Printemps silencieux» de Rachel Carson en 1962.





– Comment oublier la dispersion aérienne du défoliant appelé agent orange (un produit Monsanto/DowChemicals)? Il fut interdit seulement en 1970 (2).

– Ne se tenant pas pour vaincu, Monsanto créa en 1975 l’herbicide Roundup à base de glyphosate (3). Son usage massif débuta au milieu des années 1990 et se poursuit depuis.

– Avec le virus Zika, qui menacerait soi-disant 2,6 milliards d’habitants, imaginez un peu comme il va pleuvoir du Naled sur nos têtes (4).

– Les insecticides néonicotinoïdes, sont plus puissants que le DDT. «En 2013, un ‘Bee Summit’ fut organisé par Monsanto et un ‘Bee care centre’ par Bayer AG pour prouver aux dirigeants politiques européens et américains que les fabricants de pesticides sont de bonne volonté et qu’ils prennent les mesures nécessaires afin de protéger les populations d’abeilles. Selon ces entreprises, leurs pesticides ne posent aucun problème. Par contre, les détracteurs déclarent que la science prouve le contraire. Les insectes disparaissent, puis les plantes «normales», puis les oiseaux, et puis... La chaîne se rompt et compromet l’alimentation planétaire au complet.» (5)

Au diable la chaîne alimentaire, tout ce qui compte c’est le profit. 

70 % de l’eau potable contient du Roundup
[aux États-Unis]

(Monsanto’s Roundup Found in 70% of Drinking Water)
Par Michelle Schoffro Cook *

Si nous sommes ce que nous mangeons et buvons, alors nous avons de sérieux problèmes. Non seulement les recherches indiquent-elles qu’il y a du glyphosate dans nos aliments, mais il s'avère qu’on en trouve aussi en quantité excessive dans notre eau potable. Selon une recherche référée par la coalition nationale Moms Across America and Sustainable Pulse, aux États-Unis la quantité de glyphosate (Roundup) autorisée dans l'eau potable dépasse de beaucoup la limite permise.

D’après cette étude, près de 70 % de l'eau potable testée dans les foyers contenait entre 0,085 et 0,33 parties par milliard de glyphosate. La limite actuelle admise est de 0,4 parties par milliard. Cela semble minime, mais la recherche montre qu’avec seulement le quart (0,1) de cette quantité (limite actuelle de l'Union Européenne), le glyphosate peut endommager 4000 gènes et entraîner plusieurs graves problèmes de santé. Une quantité de glyphosate supérieure à 0,4 se traduit par dix fois plus  de glyphosate dans l'urine des Américains comparativement aux Européens, ce qui est très inquiétant.

Le glyphosate est l'herbicide le plus utilisé dans le monde et il est autorisé dans 130 pays. Les États-Unis utilisent environ 20 % de toute la production de Roundup, soit environ 280 millions de livres (127 millions kg), ce qui équivaut à près d'une livre (2,2 kg) par personne. De sorte qu’il n’est pas du tout étonnant que notre eau potable contienne du glyphosate.

Tandis que l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déjà déclaré que le glyphosate – l'ingrédient principal de l'herbicide Roundup de Monsanto, ainsi que d'autres pesticides – étaient des substances «probablement cancérigènes», le produit chimique est abondamment pulvérisé sur les terres agricoles, les pelouses et les jardins partout dans le monde. Il suffit de se promener dans n'importe quelle quincaillerie pour voir des piles de sacs de Roundup dans les allées.


Pulvérisation (manuelle) de Roundup. (Photo : ICI Radio-Canada)

Des études indépendantes ont associé le glyphosate à la maladie d'Alzheimer, au parkinson et à l'autisme, pour ne citer que quelques-unes des préoccupations relatives à la santé. Selon une étude publiée dans Environmental Toxicology and Pharmacology, il affecte également le système de reproduction et le système hormonal.

Alors, sachant à quel point ce produit est dangereux, et que le nombre de cancers ne cesse d’augmenter, pourquoi le gouvernement l’autorise-t-il encore?

Il semble que les lobbyistes (ceux qui fabriquent, distribuent ou vendent ces poisons) ont les mains dans les poches des fonctionnaires gouvernementaux. Pas convaincu? Voyez EPA Classified Roundup as Carcinogen 30 Years Ago but… Mysteriously Reversed Decision et un article d’Organic Consumers Association intitulé “Monsanto’s Sealed Documents Reveal the Truth Behind Roundup’s Toxicological Dangers. 

Les organismes de réglementation fédéraux devraient tirer des leçons de la crise sanitaire [eau contaminée au plomb entre 2014 et 2016] survenue à Flint au Michigan. Le manque d'éthique corporatif et la corruption des fonctionnaires menacent la santé des Américains.

Il est temps d'interdire complètement le glyphosate, une fois pour toutes.

EPA Classified Roundup as Carcinogen 30 Years Ago
http://www.care2.com/greenliving/has-monsanto-hid-evidence-of-roundups-health-risks-for-decades.html

* Site de l’auteur : http://www.drmichellecook.com/

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(1) Ces vapeurs de condensation qui se forment dans le sillage des avions, les contrails, sont étudiées par les scientifiques depuis les années 1940. «L’air chaud et humide, qui sort des turbines de l’avion, se mélange avec l’air plus froid et plus sec de l’atmosphère. Sous certaines conditions, ce mélange déclenche la condensation de la vapeur d’eau de l’atmosphère en gouttelettes d’eau liquide qui gèlent ensuite quasi-instantanément pour former un nuage de petits cristaux de glace. Tous les avions sont susceptibles de faire des traînées. Cela dépend seulement de la quantité d’humidité et la température de la haute atmosphère. (Olivier Boucher, chercheur CNRS au laboratoire de météorologie dynamique)  Si l’on voit davantage de traînées, c’est surtout en raison de l’augmentation continue du trafic aérien depuis un demi-siècle. De 108 millions en 1960, le nombre de passagers est ainsi passé à 1 milliard au début des années 1990 et à 3,1 milliards en 2013, soit 33 millions de vols, selon les chiffres de l’Organisation de l’aviation civile internationale.  (Source : lemonde.fr)

(2) L’agent orange fut créé pour le département de la Défense des États-Unis par Monsanto et Dow Chemical. C’est le défoliant le plus connu car il fut largement utilisé au Viêt Nam. L’Académie nationale des sciences des États-Unis estime aujourd'hui que près de 80 millions de litres de ce défoliant ont été déversés. Selon Franz J. Broswimmer dans son ouvrage Ecocide, cet épandage a touché 20 % des forêts du Sud Viêt Nam et empoisonné 400 000 hectares de terrain agricole.


Photo : Épandage aérien de l'agent orange dans le delta du Mékong le 26 juillet 1969. Photographe : Brian K. Grigsby, SPC5; National Archives and Records Administration.

Le 8 décembre 2006, le quotidien The Guardian révèle que Sir Richard Doll, épidémiologiste et toxicologue anglais réputé, célèbre pour avoir établi le lien entre l'usage de tabac et le cancer du poumon, a été sous contrat de Monsanto de mai 1979 à mai 1986 (période durant laquelle il aurait reçu selon The Guardian 1 500 dollars par jour de la firme et cela durant un an). C'est durant cette époque qu'il a affirmé à une commission australienne qu'il n'y avait pas de relation entre le cancer et l'agent orange. Richard Doll aurait aussi reçu de l'argent de l'industrie chimique durant plus de vingt ans selon le quotidien. Il avait, avec son collègue Sir Richard Peto, produit en 1981 un article concluant que seuls 1 à 3 % des cancers avaient une cause environnementale.
     En réponse au refus de la justice américaine de juger l'utilisation de l'agent orange, un tribunal d'opinion présidé par Jitendra Sharma s'est tenu du 15 au 16 mai 2009 à Paris. Sans portée juridique, ce tribunal visait à définir les responsabilités dans l'utilisation de ce défoliant et à la dénoncer devant l'opinion mondiale. 
     En septembre 2007 le gouvernement canadien s'engageait à dédommager les victimes de l’épandage de l’Agent Orange et autres défoliants ayant eu lieu sur la base de Gagetown au Nouveau-Brunswick, entre 1966 et 1967. 
     Ce produit était d'usage courant dans l'agriculture aussi bien aux États-Unis qu'en URSS, dans les années 1960. On ne pensait pas alors qu'il était toxique pour l'être humain. (Source Wikipédia)


Aujourd’hui on asperge les animaux à l'intérieur de leurs camps de concentration, à l'abri du regard des consommateurs...

(3) Roundup est le nom commercial (nom de marque) d'un herbicide produit par la compagnie américaine Monsanto et commercialisé depuis 1975. Il est utilisé en épandage et peut l'être en pulvérisateur manuel. C'est un herbicide non sélectif, d'où le qualificatif d’«herbicide total», dont la substance active (herbicide) est le glyphosate. Son usage massif par les agriculteurs depuis la fin des années 1990 (c'était alors l'herbicide le plus vendu au monde) a conduit à l'apparition de mauvaises herbes résistantes au glyphosate. En terme de toxicité aiguë, le glyphosate seul est réputé très peu toxique pour les animaux à sang chaud; cependant ajouté aux additifs et au surfactant qui composent le Roundup, il forme un produit irritant, toxique et écotoxique.
     Le fait est que le glyphosate serait selon Monsanto rapidement dégradé (des bactéries du genre Pseudomonas pourraient dégrader le glyphosate en glycine, en passant par un intermédiaire, la sarcosine CH3 - NH - CH2 -CO2-32), ses produits de dégradation dont l'AMPA s'accumulent en cas d'usage excessif dans les nappes phréatiques. Le glyphosate est également mis en cause dans l'apparition de la maladie cœliaque, qui provoque l'intolérance au gluten. (Source : Wikipédia)

(4) Des apiculteurs de Caroline du Sud, dans le sud-est des États-Unis, ont découvert cette semaine des millions d’abeilles mortes dans leurs exploitations. La cause : une campagne d’épandage aérien d’un pesticide controversé, afin d’éliminer les moustiques porteurs du virus Zika. 
      Apicultrice à Summerville, Juanita Stanley a trouvé des centaines de milliers d’abeilles mortes près de ses ruches de la Flowertown Bee Farm and Supplies, dont elle est copropriétaire. «Notre petite entreprise familiale a été détruite par la pulvérisation aérienne», a-t-elle dénoncé dans un texte posté sur Facebook. Selon la chaîne locale WCSC, le groupe apicole a perdu 46 ruches et 2,5 millions d’abeilles depuis lundi 29 août. Une collecte de dons a ainsi été lancée sur Internet. 
     Le comté de Dorchester, en Caroline du Sud, a reconnu avoir ordonné l’épandage aérien d’insecticide tôt dimanche 28 août, après la détection deux jours plus tôt de quatre cas de personnes touchées par le virus Zika. L’insecticide employé est le Naled, un pesticide organophosphaté servant à la lutte antimoustique depuis des décennies.
     L’Union européenne en a interdit l’utilisation en 2012 en raison des dangers qu’il présente pour la santé et l’environnement. Il peut ainsi se révéler également toxique pour les papillons, les poissons et autres organismes aquatiques. 
     Mais les autorités américaines estiment qu’il est sans danger s’il est utilisé correctement et avec parcimonie. Le site de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) recommande tout de même aux personnes sensibles aux produits chimiques de rester enfermées chez elles, fenêtres fermées, pendant l’épandage. 
     Le territoire américain de Porto Rico, fortement touché par le virus Zika avec 14 000 cas d’infections locales a d’ailleurs refusé les campagnes de pulvérisation de cet insecticide depuis juillet.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/09/03/ 

Le Naled est modérément à fortement toxique par ingestion, inhalation et absorption cutanée. Les vapeurs ou fumées du Naled sont corrosives pour les membranes des muqueuses tapissant la bouche, la gorge et les poumons, et l'inhalation peut causer de graves irritations. Une sensation de serrement dans la poitrine et de la toux sont communément ressentis après l'inhalation. Comme avec tous les composés organophosphorés, le Naled est facilement absorbé par la peau. Si la peau a été en contact avec le produit elle doit être lavée immédiatement avec du savon et de l'eau et tous les vêtements contaminés doivent être retirés. Les personnes qui souffrent de problèmes respiratoires ou hépatiques qui sont exposées à des inhibiteurs du cholinestérase présentent un risque accru de problèmes de santé. Le Naled exposé à des températures ambiantes élevées ou des rayons UV visibles, peut augmenter sa toxicité. L’insecticide est très toxique quel que soit le mode d'exposition.
     Le Naled est modérément à fortement toxique pour de nombreuses espèces d'oiseaux en particulier la Bernache du Canada. On a également prouvé qu'il affecte la reproduction chez les canards colverts. Il est toxique pour les abeilles et les insectes aquatiques.
http://pmep.cce.cornell.edu/profiles/extoxnet/metiram-propoxur/naled-ext.html

(5) Les insecticides néonicotinoïdes, plus puissants que le DDT, qu’on incorpore aux semences ou vaporise au-dessus des cultures, ont un mode d'action commun : ils affectent le système nerveux central des insectes, provoquant la paralysie et la mort. Les néonicotinoïdes sont parmi les insecticides les plus utilisés à travers le monde. Plusieurs études scientifiques ont souligné l'impact négatif de cette famille sur les abeilles et bourdons en laboratoire et lors de tests en conditions contrôlées; et de nombreux apiculteurs mettent en cause ces molécules pour expliquer le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles. Une étude suggère que les néonicotinoïdes pourraient affecter défavorablement la santé humaine, spécialement le développement du cerveau. Alors que la «production mondiale de néonicotinoïdes augmente toujours» et que «tous les autres pollinisateurs sauvages sont affectés», la synthèse recommande d'urgence d'interdire l'usage des néonicotinoïdes et de développer des alternatives aux insecticides qui soient inoffensives pour les pollinisateurs. (Wikipédia)

1 septembre 2016

Travail, argent et style de vie

Dernière énigme Donald Trump : une visite de courtoisie au président du Mexique Enrique Peña Nieto – le pays des «trafiquants de drogues, des violeurs et des criminels», selon les propres mots du candidat. Aussitôt de retour chez lui, il a repris son discours haineux. Les comportements sociaux qu’il attribue aux Mexicains existent aussi chez les blancs d’origine; ce n'est pas une question de nationalité ou de race. Trump devrait revoir la série The Godfather...  

Il semble que les nouveaux riches capitalistes chinois adorent Trump. Bon à savoir puisque le Canada courtise la Chine (et vice-versa). Autrefois, justement en cas de problèmes d’identité raciale, on disait «pass for white»; bientôt on dira «pass for yellow». 
   «Sur le site de microblogage le plus populaire du pays, on trouve une vingtaine de groupes de fans de M. Trump (par ex. : Trump : la lumière du monde, avec 3513 membres). Avec les mots-clés ‘les Chinois soutiennent Trump’, le plus grand moteur de recherche chinois, Baidu, donne 1 800 000 résultats. Selon un sondage réalisé en mars dernier par le Global Times, journal appartenant au gouvernement, 54 % des Chinois sondés déclarent aimer le magnat de l'immobilier.» ~ Ping Huang, chargée de cours, Université de Sherbrooke (Source : La Presse, Opinions)

The world turns on a dime, the same now as it always has – which is to say, money makes the world go 'round. It's also what makes the world go spinning out of control. ~ Joe Murray (History updates current events, Spartanburg Herald-Journal, 1992)


Congé de la fête du travail au Canada et aux États-Unis ce week-end :
argent et bonheur sont-ils indissolublement mariés?

L’argent selon David Suzuki
Par Claudine Hébert (Le fric et moi)
Les affaires plus, printemps 2016

Habitué à discuter de génétique, d’écologie et de Premières Nations, David Suzuki accepte à l’occasion de parler d’argent.

Quel est justement votre rapport avec l’argent?

J’aborde un peu le sujet dans mon dernier livre, Lettres à mes petits-enfants. Je n’ai jamais eu l’appât du gain, je n’ai jamais été impressionné par le pouvoir et la notoriété. Je n’ai jamais acheté d’accessoires ou de biens dont je n’avais pas besoin. Je suis issu d’une génération où l’on se contentait du strict nécessaire, soit la nourriture, les vêtements, la cuisinière, le réfrigérateur, des casseroles, un lit et des draps. J’ai appris à travailler pour mes besoins, et non mes désirs. Évidemment, il faut aimer ce que l’on fait et y croire pour mieux faire nos choix dans la vie. Pendant ma deuxième année de baccalauréat en biologie, au Massachusetts, j’ai découvert la génétique. Ma mère était déçue que je délaisse une possible carrière de médecin pour étudier les mouches à fruits. Je n’ai pourtant jamais regretté mon choix.

Dans quoi alors dépensez-vous le plus d’argent?

La majeure partie de mes revenus, qui proviennent principalement des conférences que je donne, des droits d’auteur qu’on me verse et des propriétés que je possède à Vancouver, sont versés à ma fondation.

Quel a été à ce jour votre meilleur investissement?

Ce sont les expériences de vie que j’ai pu offrir à mes enfants. Je les ai régulièrement emmenés en voyage. Au Kenya, en Tanzanie, au Brésil. À la fin des années 1980, mon épouse et moi avions participé à un événement pour empêcher la construction d’un barrage sur les terres de la tribu Kayapo au Brésil. Pour nous remercier de notre engagement, les responsable de la manifestation avait invité toute la famille à séjourner en Amazonie. Ce furent 14 journées extraordinaires passées à pagayer, à pêcher, à vivre dans un village en pleine forêt tropicale amazonienne où les coutumes sont les mêmes depuis des millénaires. Mes enfants ont adoré.

Et l’immobilier?

L’immobilier a effectivement grimpé de façon exponentielle à Vancouver. La maison familiale achetée pour moins de 150 000 dollars en 1975, au bord de l’eau, vaut aujourd’hui quelques millions en raison de l’inflation de l’immobilier. C’est une maison où mes parents et mes beaux-parents ont vécu. J’aimerais la léguer à mes enfants à ma mort. Ils ont tous refusé... Incapables, disent-ils, d’assumer le coût des taxes.

Y a-t-il une dépense que vous regrettez?

Des regrets? Si peu. Il y a tout de même cette histoire qui remonte au début des années 1970. J’ai voulu aider un jeune étudiant qui souhaitait organiser un événement «Woodstock» en banlieue de Vancouver. Cet étudiant m’avait convaincu d’investir 5 000 dollars dans son entreprise. Oui, c’était beaucoup d’argent à l’époque. Il m’avait promis de me rembourser 10 fois la mise. Le spectacle devait réunir une vingtaine de groupes. Les propriétaires des terrains ont eu peur des excès. Tout a été annulé. Je n’ai jamais revu mon argent, qui a servi à dédommager les groupes.

Enfin, avez-vous un conseil à nous donner pour économiser?

Cessez d’acheter des bouteilles d’eau. C’est fou, l’eau en bouteille coûte plus cher que l’essence. Youhou! On est au Canada, entourés d’eau douce. Quand je pense en plus qu’il y a une entreprise de l’Alberta qui vend maintenant des bouteilles remplies d’air de Banff. Une centaine de bouffées d’air pour une vingtaine de dollars...



«Rien ne tue plus sûrement la pensée, la créativité, le rêve, la lucidité ou le délire que le travail intensif, l’efficience, l’amour frénétique du gain, la course au profit et aux boulots profitables.» ~ Jacques Sternberg

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“Tomorrow and plans for tomorrow can have no significance at all unless you are in full contact with the reality of the present, since it is in the present and only in the present that you live. There is no other reality than present reality, so that, even if one were to live for endless ages, to live for the future would be to miss the point everlastingly. 
   [...] The future is a hoax. There is no point whatever in making plans for a future which you will never be able to enjoy. When your plans mature, you will still be living for some other future beyond. You will never, never be able to sit back with full contentment and say, ‘Now, I've arrived!’ Your entire education has deprived you of this capacity because it was preparing you for the future, instead of showing you how to be alive now.”

~ Alan Watts (The Wisdom of Insecurity: A Message for an Age of Anxiety) 

«Il n’est guère de château d’un entretien aussi dispendieux que les châteaux en Espagne.» (Auteur inconnu)

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Vu qu’il est question du Mexique, revoyons l’histoire du pêcheur mexicain (publiée des milliers de fois sur le web). Le rapport argent / travail peut changer au cours d’une vie. En fait, tout dépend de notre capacité de vivre simplement ou non. Ça doit être difficile pour les gens hantés par le besoin de toujours posséder plus – plus d’or, plus d’argent, plus de propriétés, plus d’entreprises, plus de collections d’objets, plus d’armes, etc.

«La première partie de la vie se passe à désirer la seconde; la seconde à regretter la première.» ~ Alphonse Karr

(L’homme d’affaires de l’histoire pourrait être de n’importe quelle nationalité)

Un chalutier vient d’accoster sur la plage d’un petit village mexicain. Un touriste américain aborde le pêcheur. 
  – Belle pêche! Il vous a fallu beaucoup de temps? 
  – Non, pas beaucoup, répond le Mexicain. 
  – Mais alors, pourquoi n’êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en ramener davantage?, demande l’entrepreneur. 
   Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffisent à assurer la subsistance de sa famille. 
   L’Américain demande alors : 
   – Mais que faites-vous le reste du temps? 
   – Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir, je vais au village voir mes amis, nous buvons un peu de vin et jouons de la guitare. J’ai une vie bien remplie. 
   L’homme d’affaires reprend : 
   – J’ai un MBA de l’université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l’argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous possédiez une flotte. Au lieu de vendre votre poisson à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l’usine et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez ensuite quitter votre petit village pour Mexico, Los Angeles, et même New-York d’où vous pourriez gérer toutes vos affaires.» 
   Le Mexicain demande alors : 
   – Et combien de temps cela prendrait-il? 
   – 10 ou 20 ans, répond l’Américain. 
   – Et après? 
   – Ensuite? C’est là que ça devient intéressant, répond l’Américain en riant. Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions. 
   – Des millions... Et après? 
   – Après? 
   – Eh bien, vous pourrez prendre votre retraite, vivre dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis...

«Je suis d’avis que si le travail était une chose vraiment merveilleuse, les riches en auraient gardé pour eux.» ~ Bruce Grocott