9 novembre 2012

De «gentils» manipulateurs – 1

Violence au travail

Le manipulateur sympathique compte parmi les plus redoutables…

Notamment parce qu’il peut faire dire, par exemple, à une citoyenne de Laval à propos du maire Vaillancourt (qui on le sait a les deux pieds dans les plats pour ne pas dire autre chose) : «Je suis d’accord qu’il y a de la corruption comme il y en a toujours eu partout, mais, non, je ne trahirai jamais mon maire!» C’est ce qu’on appelle de la dévotion aveugle… Le maire Tremblay semble faire partie de la même catégorie de manipulateurs.

«La non-décision – Lors de réunions décisionnelles avec leurs collaborateurs, certains manipulateurs peuvent rester en retrait. Ils restent flous sans communiquer leurs opinions, ce qui leur évite de prendre une décision. Ils formulent alors des phrases comme ‘Je ne sais pas.’, ‘Vous faites comme vous voulez’, ‘Vous savez ce que vous faites, je n’ai pas besoin de toujours décider à votre place’, ‘Vous savez décider aussi bien que moi’, ou il reste tout simplement silencieux.
       Si les évènements rendent la décision discutable, le manipulateur se décharge rapidement de la responsabilité du problème : ‘Vous êtes des professionnels, oui ou non? Vous n’êtes pas fichus de prendre la bonne décision!’ (dévalorisation, fait croire qu’ils auraient dû le savoir). Les collaborateurs ont cependant repéré que le décideur responsable ne répondait pas à certaines questions. Prétextant de multiples rendez-vous ou une autre occupation, le manipulateur ne se rend pas disponible pour régler les difficultés. Ses collègues n’ont pas toutes les informations et autorisations pour mener à bien le travail demandé.
       Collaborer avec un supérieur hiérarchique manipulateur engendre un grand stress. L’incertitude sur ce qu’il est bon de faire ou de ne pas faire devient une constante et provoque le doute quant aux capacités de chacun. Cela rappelle la situation du double-bind (double-contrainte) : si vous ne prenez pas d’initiatives ou de décisions (à la place du manipulateur), vous avez tort, vous êtes qualifié d’incapable. Mais quand vous décidez seul et que cette décision n’amène pas les résultats escomptés, vous avez aussi tort et vous donnez une occasion supplémentaire au manipulateur de vous faire croire que cela est une preuve de votre incapacité. Tout se joue comme si vous deviez avoir tout pouvoir sur les évènements. Cette situation est horriblement confuse pour celui qui la vit.
       Pour se décharger de toute culpabilité, le manipulateur reportera la responsabilité d’une décision sur les autres (même si c’est lui qui les a fortement influencés à prendre cette décision). Il suffit pour lui de ne pas donner les informations indispensables. Il n’est pas clair, il fuit les questions, il fuit les personnes et retient les informations de son côté.»
(Extrait de : Les manipulateurs sont parmi nous, Qui sont-ils? Comment s’en protéger?, Isabelle Nazare-Aga, Les Éditions de l’homme, 1997 – p. 92-93)

Ce qui se passe dans les municipalités me rappelle aussi la fameuse série CHRONIQUES DE LA VIOLENCE ORDINAIRE diffusée à Télé Québec en 2005; à mon avis elle résumait les livres sur la manipulation et le harcèlement moral des Isabelle Nazare-Aga et Marie-France Hirigoyen.
       J’ai cherché une quelconque rediffusion sur Internet ou un DVD à acheter; malheureusement la série semble réservée au milieu pédagogique via le site du producteur CIRRUS – La Collection des Vidéos Éducatives :
http://cirruscommunications.ca/fr/productions/action/show/Production/nom/chroniques-de-la-violence-ordinaire/
http://video.collectionvideo.qc.ca/catalogue/affiche_info_serie.asp?codeserie=806

C’est vraiment dommage car, à mon avis, cette série à sketchs pourrait profiter au grand public. Qui n’a pas été coincé un jour ou l’autre avec des manipulateurs / agresseurs psychologiques notoires en milieu de travail ou dans son entourage intime? Lors de la diffusion, j’avais copié la présentation sur le site de Télé-Québec. Même minimaliste, la description des comportements associés à la violence psychologique peut suffire pour aider à les détecter – alors, je me permets de la publier.

Vous aimerez peut-être :
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2012/04/detecter-les-pervers.html

***
CHRONIQUES DE LA VIOLENCE ORDINAIRE

Il y a la Violence avec un grand V, celle des faits divers, des bulletins de nouvelles, celle du sang et des bleus, et il y a l’autre, la violence psychologique. Celle que nous portons en nous, dont nous sommes tous, à l’occasion, propagateurs. Mais lorsqu’elle s’érige en système ou en mode de vie, alors, rien ne va plus.
       La violence psychologique est invisible à l’œil nu, on n’en parle pas, mais elle sape la confiance en soi, mine toute joie de vivre, et, subie à répétitions fréquentes, peut causer des états dépressifs profonds, voire suicidaires.
       Qu’elle se manifeste sous forme de harcèlement, au travail ou à la maison, de mensonges chroniques, d’intimidation, de négligence, elle implique toujours un oppresseur qui, par des moyens souvent d’une redoutable subtilité, met au point une stratégie de dévalorisation de sa victime, afin de mieux la dominer.

Ce sont ces stratégies, ces armes de destruction psychologique massive, que dissèque Chroniques de la violence ordinaire, tout comme les comportements de la victime, engluée dans une toile d’araignée dont elle ne peut sortir. Chaque émission traite d’une forme de violence psychologique en particulier, dans toutes ses dimensions et manifestations.
       Les demi-heures incorporent trois éléments permettant une approche à la fois claire et rigoureuse. L’émission s’amorce sur un élément de témoignage-choc, issu de la victime, d’un témoin, d’un spécialiste ou, parfois, de l’agresseur, qui plonge le téléspectateur au cœur de la forme de violence abordée. Des spécialistes de sphères connexes – psychologues, travailleurs sociaux, psychiatres – cernent (ou définissent) ensuite la problématique, en démontent les rouages et en dévoilent les ramifications.
       De plus, tout au cours de la demi-heure, s’intègre une dramatique, illustrant la progression de la violence, l’évolution des techniques utilisées par l’oppresseur, de la culpabilisation à l’intimidation, en passant par la duperie et la dévalorisation.

Chroniques de la violence ordinaire, une arme pacificatrice, un outil précieux pour éradiquer la violence au quotidien! Le Centre jeunesse de Montréal – Institut universitaire a participé étroitement à l’élaboration du projet.

LA MANIPULATION

La manipulation est un processus complexe et subtil, que l’on peut mettre du temps à identifier. Elle regroupe diverses formes de violence psychologique : bouderie, contrôle, dénigrement, colère… Le manipulateur dispose ainsi de plusieurs stratégies pour exercer sa violence. Il peut aussi porter différents masques : le séducteur, le culpabilisant, le timide, le dictateur, le faux complice… On dit de lui qu’il exerce un «terrorisme déguisé».

Diane est propriétaire d'une petite entreprise de création de vêtements. Suite à une commande d'un client, elle doit dessiner un nouveau modèle de vêtement pour répondre à cette demande mais elle n'y arrive pas. Pour se sortir d'embarras, elle fait appel à son amie Isabelle.

Objectifs de l’émission
       Reconnaître qu'une personne qu'on estime, mais qui nous manipule, peut être nocive et dangereuse et qu'il faut s'en protéger.
       Repérer les attitudes porteuses de manipulation. S'écouter quand on ressent un malaise.
       Favoriser les communications saines et claires. Le manipulateur prend 56 détours pour arriver à ses fins. Son arme la plus redoutable est de semer le doute.

LE MENSONGE

Savoir mentir est une nécessité. Le mensonge aide à se sortir de l'embarras ou à polir les rapports en société. À condition qu'il ne soit pas un mode de vie. Car mentir de façon chronique est un abus de pouvoir, qui prive l'interlocuteur d'informations essentielles et l'empêche délibérément de faire des choix éclairés. La victime se sent alors trahie et se met à douter de tous les aspects de sa relation avec le menteur.

Alexandre, jeune célibataire, fait passer une annonce dans le journal pour rencontrer une copine. Il se fait passer pour un médecin alors qu'il ne l'est pas. La jeune femme qui répond à son annonce utilise également le mensonge afin de poursuivre la relation.

Objectifs de l’émission 
       Réaliser que mentir, c'est se mentir à soi-même. En troquant la perception qu'on voudrait que les autres aient de nous, on se crée un faux soi. Se mentir à soi c'est être prisonnier de ses mensonges, se priver d'authenticité, de relations saines et vraies.
       Reconnaître les conséquences liées à une relation basée sur le mensonge.
       Faire prendre conscience que c'est à l'enfance qu'on apprend à mentir. Les enfants apprennent à dissimuler la vérité en regardant les adultes. S'il apprend à l'enfance que le mensonge est une façon efficace de se soustraire aux punitions, cela affectera sa conception adulte du mensonge.

LE SILENCE

Le silence est un comportement généralement associé à l'enfance, mais les grands enfants boudent aussi. On a tendance à sous-estimer les malaises causés par le silence. Et pour cause : ils ne font pas de bruit… Pourtant, la bouderie est une forme de cruauté mentale et fait partie de l'arsenal des manipulateurs. Lorsqu’érigé en système, le silence instaure un climat d'incompréhension et de malentendus qui affecte la victime, la culpabilise, la pousse à se remettre en question. Et à porter tout le poids du rétablissement de la communication.

Deux soeurs habitent ensemble dans une maison. Suite à une offre d'achat de leur propriété, l'une des deux aimerait vendre mais elle ne peut pas donner suite à l'offre d'achat puisque sa soeur s'étant réfugiée dans le silence et la bouderie ne répond à aucune de ses questions.

Objectifs de l’émission
       Démontrer que ce n'est pas à la personne boudée qu'il incombe de changer le type de relation. À long terme, la personne boudée qui prend toujours la responsabilité de rétablir la communication se met en grande position de faiblesse, en ne laissant pas au boudeur la chance de faire lui-même son propre cheminement.
       Faire prendre conscience au boudeur qu'il s'enterre vivant. Le boudeur court de grands risques. S'il se sert du silence pour couper la communication, il risque un rejet définitif. Mis au pas, devant des limites claires, le boudeur devra réagir avant de tout perdre.

LA JALOUSIE

La jalousie est un cri d'alarme : «J'ai peur et j'ai mal». Elle se manifeste par la colère, la peur, la tristesse, le doute. Elle repose avant tout sur un manque d'estime de soi : besoin du regard des autres, de leur présence, soif de contrôle. Souvent associée à l'amour, la jalousie provoque chez la victime des réactions de culpabilité, de questionnement, de doute constant. Quel comportement adopter pour rassurer son ou sa partenaire? Entre le jaloux et sa victime, la souffrance est également partagée.

Marc-André laisse sa conjointe quelques instants, le temps de faire des courses mais voilà que chemin faisant il commence à s'imaginer que sa copine profite de son absence pour rencontrer un autre homme.

Objectifs de l’émission
       Identifier les émotions liées au phénomène de la jalousie. Le phénomène de la jalousie entraîne la victime et la personne jalouse dans un cercle vicieux qui fait vivre de part et d'autre de multiples émotions. La jalousie mène à l'usure des émotions.
       Inciter les jaloux à admettre leur jalousie. Cela fait moins mal lorsqu'on accepte d'en parler. Dire tout haut ce qui nous empêche de fonctionner normalement est une démarche en soi, cette démarche peut stimuler la vie de couple et éviter des dégâts d'ordre psychologiques.
       Distinguer les sentiments de l'amour de ceux fondés sur la jalousie. Il n'est pas toujours évident de faire la part des choses, surtout lorsqu'on se sent coupable et n'osons pas en parler à notre entourage.

LE REJET

Nul n'est à l'abri du rejet. On ne saurait plaire à tout le monde. Paradoxalement, les victimes adultes de rejet semblent cultiver ce statut de victime, par manque profond d'estime de soi. Persuadées qu'elles ne valent rien, elles recherchent continuellement l'acceptation des personnes qui les rejettent.

Catherine, une jeune adolescente vit chez son père et sa conjointe. Cette dernière n'accepte pas Catherine et le lui fait sentir de toutes sortes de manières.

Objectifs de l’émission
       Inciter l'agresseur à reconnaître qu'il a lui-même un problème d'image de soi. Le rejet masque un malaise, répond à un besoin émotif (valorisation, reconnaissance, vengeance, insatisfaction dans la vie).
       Démontrer que la victime a aussi du travail à faire sur elle-même. La victime doit apprendre à développer son autonomie émotionnelle, se confronter à elle-même pour mieux confronter ensuite son agresseur. La victime est – elle aussi – responsable de son bien-être.

De «gentils» manipulateurs – 2

Chronique 2 - Le mensonge

L’INTIMIDATION

L'intimidation porte plusieurs noms : taxage, bullying, caïdage. De vastes campagnes dénoncent actuellement ce phénomène, considéré comme un fléau dans les cours d'école. Mais quel que soit le milieu dans lequel elle se manifeste, l'intimidation est toujours une affirmation de pouvoir, à laquelle s'ajoute une menace constante à l'intégrité physique ou à la dignité humaine. Si apparent soit-il, le comportement de l'intimidateur n'est pas pour autant facile à dénoncer. La victime, l'entourage sont souvent figés part la peur, et hésitent à poser des gestes pour le contrer.

Pierre est propriétaire d'une école de boxe et il est victime d'intimidation de la part du propriétaire de l'immeuble dans lequel se trouve son école. Prétextant que la clientèle qui fréquente l'école de boxe nuit à son image, il veut que Pierre déménage. Stéphane fréquente le studio et est témoin des menaces du propriétaire à l'endroit de Pierre.

Objectifs de l’émission
       Comprendre la mécanique de l'intimidation pour mieux la désamorcer. Qui est l'intimidateur? Quelles sont ses motivations? C'est la peur, le besoin de pouvoir, de gagner qui motivent son pouvoir.
       Inciter les victimes à briser le silence, à réagir, à sortir de leur solitude. Le dire, pas trop tard, aux bonnes personnes.
       Passer le message à l'entourage pour qu'il se sente interpelé dans son inaction.

LE CONTRÔLE

Entre la volonté d'influencer, le désir légitime de maîtriser son environnement, le contrôle responsable (relation parent/enfant) et le contrôle abusif et coercitif, la frontière est mince. Ce processus, progressif, peut mener à un climat de violence psychologique. On parle d'abus de pouvoir lorsque le besoin de contrôle répond strictement à des besoins personnels, au détriment de ceux des autres.

Olivier est peintre et vit seul en appartement. Sa mère est intrusive et exerce sur lui une emprise totale. Il subit son contrôle et ne sait pas trop comment s'en sortir.

Objectifs de l’émission
       Identifier les indices d'un contrôle malsain. Ce qui caractérise le contrôle, c'est l'isolement dans lequel se retrouve la victime. Reconnaître le contrôlant qui nous guette, mais aussi celui qui sommeille en nous. Quand le contrôle devient-il coercitif?
       Comprendre la difficulté qu'ont les victimes à réagir, à se prendre en main à se dégager de cette impasse. Pas simple de sortir de la toile d'araignée, de réapprendre à transiger, à gérer, à assumer.

LE HARCÈLEMENT

Le harcèlement moral est insidieux : il se manifeste souvent sans témoin et ne laisse pas de traces apparentes. Il peut cependant blesser à un niveau très profond. C'est au travail qu'il se manifeste le plus. À une époque où l'emploi est si précaire, le harceleur a beau jeu. Il peut exercer sa conduite abusive en toute impunité, quitte à dégrader de façon désastreuse le climat de travail et atteindre la dignité physique ou psychologique des personnes qu'il a choisies pour cible.

Sébastien, mécanicien dans un garage de quartier, est continuellement harcelé par son collègue de travail.

Ginette, employée dans un commerce de détail ne peut plus supporter le harcèlement de sa supérieure immédiate.

Objectifs de l’émission
       Montrer les rouages du harcèlement, ses mécanismes. Puisque le harcèlement est un phénomène dévastateur et insidieux, il est impératif que nous puissions en voir les étapes, mettre un nom sur ce qui nous empoisonne la vie au travail.
       Faire connaître les moyens pour s'en sortir. La victime en burn out, en dépression, en arrêt de travail est anéantie et souvent isolée. Des recours sont possibles; les moyens à sa portée seront proposés.

LE DÉNIGREMENT

Le dénigrement passe généralement par les mots : des phrases assassines ayant des effets destructeurs à court et à long terme. Il peut aussi se traduire par des regards méprisants, blasés, des soupirs excédés, des allusions malveillantes, des critiques indirectes ou acerbes, parfois sous couvert de plaisanterie. Quelle que soit sa forme, il est facteur de violence psychologique, car il vise à blesser, discréditer ou atteindre à la réputation d'autrui.

François et Chantal reçoivent une amie pour un repas. Chantal multiplie les remarques désobligeantes à l'endroit de François.

Objectifs de l’émission
       Sensibiliser les participants aux conséquences de l'usage de mots et de gestes blessants. Toutes nos excuses sont bonnes pour éviter de reconnaître qu'il s'agit d'un comportement violent. Les coups bas en paroles ou en gestes peuvent créer des dommages psychiques importants.
       Stimuler les témoins de propos ou d'actes dénigrants à réagir, à dénoncer, à s'opposer. Les liens sont ténus entre une raillerie ou une phrase lourde de sens. L'entourage devant le malaise ne réagit pas, paralyse. Cette attitude tacite encourage et légitimise les gestes du dénigreur. Nous avons tous, une fois dans notre vie, exercé un chantage, c'est-à-dire négocié en laissant planer une menace, si nous n'obtenions pas ce que nous demandions. D'ailleurs, les relations parents/enfants sont propices à ce type de rapports.

LE CHANTAGE

Le chantage reste anodin jusqu 'à ce qu'il se transforme en rapport de force. Chantage sexuel, menaces de suicide, abus envers un aîné, autant d'exemples douloureux de ces abus destructeurs. Pour intimider ses victimes, celui qui s'adonne au chantage joue toujours sur la peur, l'obligation et la culpabilité.

Julie, une jeune fille dans la vingtaine demeure seule avec son père âgé. Afin d'obtenir ce qu'elle désire, elle n'hésite pas à se servir de menaces envers ce dernier et de le faire chanter.

Objectifs de l’émission
       Apprendre à casser le rituel, le pattern de capitulation. Souvent la victime joue le rôle d'informateur auprès du maître chanteur et sans s'en rendre compte l'informe sur ses failles sur les techniques à utiliser pour la faire craquer.
       Reconnaître le degré de souffrance de celui qui exerce du chantage. Tous les maîtres chanteurs ont un fond de peur : peur de la défaite, peur du changement, peur du rejet, peur d'une perte de pouvoir. Ils agissent à partir d'une forte angoisse.

LA COLÈRE

Même si elle est mal vue, la colère est une émotion légitime, au même titre que la joie ou la tristesse. Elle surgit lorsqu'un besoin est insatisfait, un désir n'est pas comblé, une attente est restée sans réponses. On sait qu'une colère mal maîtrisée peut dégénérer en violence physique, mais on oublie parfois qu'elle peut créer un climat de violence psychologique. Vivre dans l'appréhension de la colère de l'autre est douloureux. Quand éclatera-t-elle? Où et qui en sera la cible?

Philippe va reconduire son épouse Louise à l'aéroport. On sent chez Philippe une tension qui monte et qui risque d'éclater à tout moment. L'inévitable se produit sur la route en direction de l'aéroport.

Objectifs de l’émission
       Comprendre dans quel contexte le droit à la colère est acceptable. La colère est nécessaire : il est normal de réagir à ce qui fait obstacle à notre satisfaction. Aborder la difficulté d'être en colère en société, alors que nous devons contrôler celle-ci pour être socialement corrects.
       Démontrer les conséquences d'une colère malsaine. Démontrer qu'une colère non exprimée peut mener à de la violence psychologique. Sans issue possible, elle risque d'exploser sur la mauvaise cible. Les conséquences sont multiples : ce transfert de responsabilités fait vivre de la terreur et de l'injustice.
       Inciter la personne concernée à nommer sa colère. Faire comprendre l'importance d'identifier ses colères pour mieux canaliser cette énergie.

LE RACISME

Le racisme implique une méfiance excessive et une peur, un rejet de la différence. Tout comportement raciste est porteur d'indifférence, d'exclusion ou d'hostilité. Ces phénomènes font partie de la violence psychologique et provoquent chez la victime un questionnement douloureux sur son identité.

André est propriétaire d'un duplex et il aimerait vendre l'appartement du deuxième. Il précise à son agent d'immeuble qu'il aimerait vendre à quelqu'un avec qui il a des affinités. De plus, Évelyne sa voisine, souhaite qu'il ne vende pas à n'importe qui!

Objectifs de l’émission
       Prendre conscience que le racisme se transmet de génération en génération. Le racisme prend sa source dans l'éducation qu'on a reçue. Le message concerne la différence qui dérange et est perçue comme une menace.
       Inciter les gens à faire attention aux généralisations concernant la race, l'ethnie, la culture et la religion. Dans 90 % des cas, selon des recherches, une seule expérience négative provoque du racisme envers tel ou tel peuple.

LA NÉGLIGENCE

La négligence affective se définit par ses «actes omis» : manque d'attention, de disponibilité, de stimulation, qui peuvent affecter l'enfant tant au niveau cognitif, affectif, social, que physique.

Sur les enfants, qui vivent un abandon, un rejet à l'état pur, son impact est terrible : difficulté à recevoir et à donner de l'affection, absence d'amitiés durables, agressivité, incapacité de créer des liens de confiance avec les adultes. Heureusement, cependant, il y a de l'espoir pour certains enfants «résilients».

Benoît, père monoparental, emmène son fils jouer au parc. Gabriel, son fils, aimerait bien profiter de ce moment privilégié pour jouer avec son père mais Benoît est plus préoccupé à combler ses propres besoins.
Objectifs de l’émission
       Donner le goût plus que jamais de s'occuper de nos enfants. Rien d'aussi séduisant soit-il ne peut remplacer la présence des parents, leur affection, leur soutien.
       Réaliser que l'on peut être important dans la vie de quelqu'un qui a connu de la négligence affective. Ceux qui s'en sortent ont pris la main tendue d'un adulte, d'un ami, d'un voisin qui leur a permis de refaire confiance à la vie.

7 novembre 2012

Atchoum!

À l'heure de la vaccination : avec ou sans vaccination, certains attraperont la grippe et d’autres non…

Une perception différente de ces maux répandus :  

RHUME

Quand le milieu ambiant (famille, travail, ami, voisin) vous «refroidit» car quelque chose ne vous plait pas, vous prenez froid, le nez se bouche pour ne plus rien sentir, la tête se gonfle, et le rhume s’installe. Grâce à lui vous pouvez mettre une barrière médicale entre vous et les Autres… le temps d’un rhume. Triste, vous avez trouvé la possibilité de vous retourner vers votre Moi.
       Un rhume qui ne s’arrête plus exprime les cent fatigues morales d’une assimilation de la vie et des choses qui se fait mal.
       Guérir un rhume par la force des cachets c’est refouler le mal intérieur, mieux vaut le laisser se déchainer pour libérer les miasmes accumulés. Ceux-ci évaporés, votre «nez» vous redonnera le flair pour opérer des changements d’attitude dans l’entourage.

GRIPPE

La grippe commence par de la fièvre, ou un état fiévreux qui donne un malaise général. «Rien ne va plus.» Il faut, pour un temps, ralentir le rythme, se dorloter, s’occuper de soi même si cela ne plaît pas, et au bout de quelques jours tout rentre dans l’ordre. Le corps en sort très fatigué.
       Pourquoi craindre la grippe? Elle libère, par la fièvre qu’elle provoque, des miasmes qui ne pourraient pas sortir autrement. Et vous ne l’«attrapez» que si vous êtes prédisposé à ce moment-là, à l’image d’une allumette qui ne prend feu que si on l’échauffe.

BRONCHITE

La bronchite, pour la Chine*, est classée comme une maladie à glaires, ceux-ci étant le résultat de pensées néfastes qui digèrent mal la vie et ne l’expriment pas verbalement.
       Avant que la bronchite ne se déclare, le personne perd peu à peu le gout de la vie, n’y trouve plus de saveur, a une vision assombrie des êtres ou des choses, «elle ne communique plus avec le Ciel». Son attitude intérieure est celle d’une grande lassitude avec découragement. Elle ne possède pas ce qu’elle désire et ne le dit pas.
      Elle néglige de cultiver le «Temple de son âme» et ne goute pas la saveur de la vie qui pourrait l’aider.
      Si elle ne veut pas que la bronchite devienne chronique, elle doit opérer une mutation dans sa façon de voir la vie. Qu’elle se fasse aider par la vue des arbres et de l’herbe, qu’elle médite dans le silence devant un paysage où des montagnes se profilent dans le lointain et dans la brume : ainsi elle se dégagera de sa lassitude découragée.

«Soigner le corps éthérique* avant que le corps humain ne tombe malade est une médecine asiatique* qui remonte à la plus haute antiquité. Elle est celle des Sages et des Mandarins : elle demande un contrôle de soi permanent pour apaiser les pensées et permettre à l’âme de prendre le pas sur le corps instinctif.» ~ Palma de Mallorca, octobre 1984

Pour une médecine de l’âme
Marguerite de Surany  
Guy Trédaniel Éditeur, 1987

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* En référence à l’acupuncture chinoise qui traite les pathologies et pathogénies énergétiques (circulation du chi dans les réseaux subtils du corps).

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Si rire ne vous fait pas tousser plus, c’est un bon remède… 
 

J’me prépare à rencontrer le nouveau chien
[Preparing to meet the new dog]

5 novembre 2012

La planète de tous les excès

SAMSARA


L’infini cycle de la vie - des morts et des renaissances  

Après Baraka, Ron Fricke et Mark Magidson nous offre un second périple autour de la terre. La dualité avec ses paroxysmes de lumière/obscurité, amour/haine, beauté/laideur, bonté/cruauté, richesse/pauvreté; tous les excès de grandeur et de petitesse, des espaces grouillants d’humains et des déserts de paix vides d’activité humaine. Encore une fois, l’éloquence du visuel et la musique envoutante peuvent se passer de narration. Et, nous ne sommes pas à Hollywood : vrais décors, vrai monde, vrai cinéma-réalité. À voir… 

Bande-annonce, vidéos, info salles de projection en divers pays :
http://www.barakasamsara.com/

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Si tu te crois plus évolué parce que t’es une vieille âme, en réalité, puisque t’es encore ici, c’est que t’as rien compris; et il vaut peut-être mieux ne pas compter tes vies antérieures :-)

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Quand le diable frappe à la porte, on l'invite à prendre le thé.

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- Oui, certes, la vie sans le refuge d’un mysticisme quelconque est une laide aventure. Il y a du mysticisme pour toutes les capacités intellectuelles, comme il y a des articles pour toutes les bourses dans les bazars. Il y a la foi du charbonnier et les rêveries d’esprits agnostiques et sceptiques comme le mien. Il y en a qui sont esclaves de leurs dieux et d’autres qui se savent leur créateur. Nous cultivons des fleurs jolies et parfumées pour le plaisir de nos sens, pourquoi ne cultiverions-nous pas un mental jardin de gracieux mirages… Si nous évitons l’erreur grossière des dévots vulgaires, si nous savons que le mirage est un mirage, il n’y a plus de danger pour nous d’être dévorés par nos chimères.

- Quelle universelle folie! Quelle vaste maison de fous est le monde! De pauvres pantins, d’absurdes marionnettes, c’est là tout ce que sont les plus grands d’entre les humains. Mon Dieu que tout cela est compliqué et que la Paix, le repos sont difficiles à rencontrer si on les cherche en dehors de soi-même dans les circonstances extérieures.

~ Alexandra David-Néel

Le «féminisme rationnel» d’Alexandra (1908). Pour Alexandra, il ne s’agit pas d’entrer en guerre contre les hommes, car ce serait contraire à l’ordre naturel des choses. Plus que les conquêtes d’ordre politique, ce sont les revendications sociales qui doivent rester l’absolue priorité. Le droit de vote ne sert à rien si la femme reste une esclave dont le seul objectif est sa survie et celle des enfants qui souvent lui ont été imposés. Alexandra refusera de jouer les moralisatrices : la nature étant ce qu’elle est, c’est à chacun et à chacune de trouver le modus vivendi permettant de vivre au mieux, selon ses propres aspirations.
      «L’homme tient trop de place dans la vie de la majorité des femmes… Je parle de la place qu’il occupe dans la mentalité féminine… Quelle énorme quantité de jeunes filles ne grandit pas avec, pour unique rêve, la rencontre du prince charmant? Les programmes des pensionnats ne se font pas faute de répéter qu’on les élève pour être épouses. Ne vaudrait-il pas mieux les élever tout simplement pour être des femmes intelligentes et énergiques, aptes au mariage s’il se rencontre, ne restant pas, à jamais, désemparées s’il se rompt un jour et sachant s’en passer au besoin. Cet aboutissement à l’homme, en tout et toujours, est le plus funeste des obstacles que nous avons à surmonter… Apprenons à nous faire une vie propre avec un champ d’activité, des mobiles qui nous soient particuliers. Soyons nous-mêmes. Toute la vie là!»
       Et Alexandra de conclure sur l’absolue nécessité pour les femmes de parvenir à «l’indépendance économique», le seul moyen de sortir de cette sorte d’incapacité sociale qui accable toutes celles dont la survie dépend d’un homme. Ce texte révèle des conceptions extrêmement modernes et montre une femme capable de dépasser son individualisme forcené pour mettre son énergie au service d’une cause plus générale. Mais, selon cette philosophe bouddhiste, il ne faut surtout pas attendre tout des autres, le vrai combat est d’abord individuel et personnel. C’est celui que l’on doit livrer à soi-même et en soi-même, car «ce qui crée la tyrannie, c’est le consentement passif ou actif des tyrannisés. Cela seul et rien d’autre!». (Alexandra David-Néel, De Paris à Lhassa, de l’aventure à la sagesse; Joëlle Désiré-Marchand, Arthaud)

Le rêve (1940-1950)

La réalité
Possible 1

Possible 2

Possible 3

Le cauchemar 2012

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Fascinant reportage à lire à la veille des élections étasuniennes :

Le blogue de Danny Braün 
 
Rêve américain
Instantanés sur la route des États
(21 septembre au 3 novembre 2012) 
 
Un journaliste, une voiture et 5 semaines pour parcourir les États-Unis en pleine campagne électorale présidentielle. Tout au long de ce voyage au cœur de l’Amérique nous proposons des rencontres, des portraits de gens qui nous racontent leurs préoccupations et nous font part de leurs attentes envers l’avenir. Le rêve américain est-il encore bien vivant ou, comme le pensent plusieurs, s’étiole t-il en raison du climat économique morose et de l'essoufflement de cet empire américain?
 
«Sur la route en revenant d’Arvada, je me dis que plusieurs automobilistes autour de moi sont probablement armés. Et qu’ils pourraient utiliser leur arme s’ils se sentent menacés ou s’ils ont une soudaine crise de rage au volant. Bien sûr, la justice déterminera plus tard si c’était justifié ou non, mais pour la victime, il sera trop tard. Étrange sensation. Et bien bizarre culture fondée sur la peur et la crainte de son voisin.» ~ Danny Braün, 3 novembre 2012


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Vocabulaire politique

Il y a des clichés que je ne peux plus entendre…

Quelques-unes de mes définitions :
- Ligne de partis : …sur la coke
- Plan de match : réseau de rencontres illicite
- Flou politique : coma éthylique
- Croissance économique : une ex-croissance
- Parité : tous pauvres!
- Rétroactif : back to 1929
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Pubs vintage incroyables…



2 novembre 2012

La chimérique sécurité


Enracinement adaptatif…
Rien n’est solide
 
S’éloigner de son expérience, s’éloigner du moment présent au moyen de toutes ses habitudes et stratégies, ne fait qu’augmenter la nervosité, l’insatisfaction et le malheur. L’aise qu’on associe à la concrétisation, à l’action de rendre les choses solides, est si transitoire, si brève.
 
Habiter son expérience – qu’il s’agisse de s’ouvrir à une expérience d’amour et de compassion ou de se refermer dans un moment de ressentiment ou de séparation – donne un immense sentiment de liberté : rien n’est solide. Il y a quelque chose dans ce «rien n’est solide» qui commence à correspondre à la liberté. Entretemps, on découvre qu’il est préférable de se sentir pleinement présent à sa vie que de déraper en s’évertuant à tout rendre solide et sûr, à laisser libre cours à ses fantasmes ou aux habitudes auxquelles on est un peu accro. On voit bien que d’entrer en rapport avec son expérience en acceptant d’y faire face est plus sain que de lui résister en déguerpissant. Être présent, même si ça fait mal, c’est mieux que d’éviter les choses. À mesure qu’on s’exerce ainsi à entrer dans le moment présent, l’inexistence d’un terrain ferme devient plus familière, cet état de fraicheur toujours à notre disposition. Prendre ses distances par rapport au confort et à la sécurité, sauter dans l’inconnu, le non-balisé, l’ébranlement, c’est ce qu’on appelle la libération.
 
La vérité dérange
 
La différence entre le théisme et le non-théisme n’est pas liée au fait de croire ou de ne pas croire en Dieu. C’est une question qui nous concerne tous : les bouddhistes et les non-bouddhistes. Le théisme, c’est une conviction fortement ancrée qu’il existe une main à tenir : si on sait faire juste ce qu’il faut, quelqu’un va y être sensible et nous prendre sous son aile. Cela veut dire qu’on s’imagine qu’on aura toujours une baby-sitter à portée de la main, en cas de besoin. Nous avons tous tendance à nous démettre de nos responsabilités et à déléguer notre pouvoir à quelque chose d’extérieur.
 
Le non-théisme, au contraire, consiste à se détendre dans l’ambigüité et l’incertitude du moment présent, sans rien chercher pour se protéger. On pense parfois que les enseignements bouddhiques sont à l’extérieur de soi-même, quelque chose auquel il faut croire, et qu’il faut être à la hauteur de la voie. Pourtant, le dharma n’est pas une croyance ni un dogme. C’est apprécier pleinement l’impermanence et le changement. Les enseignements se désintègrent lorsqu’on cherche à les saisir. Il faut en faire l’expérience sans fonder d’espoirs. Nombre d’être aussi courageux que compatissants en ont fait l’expérience et les ont propagés. Le message est intrépide; le dharma n’a jamais été destiné à devenir une croyance à laquelle on adhère aveuglément. Le dharma ne procure absolument rien à quoi on peut s’accrocher.
 
Le non-théisme, c’est se rendre compte enfin qu’il n’y a pas de baby-sitter sur laquelle on peut compter. Juste au moment où on en a une bonne, on la perd. Le non-théisme, c’est prendre conscience qu’il n’y a pas que les baby-sitters qui vont et viennent. Toute la vie est comme ça. C’est ça la vérité, et la vérité dérange.
 
Pema Chödrön
Bien-être et incertitude; Cent huit enseignements
 
COMMENTAIRE
 
Nous gaspillons beaucoup d’énergie, de temps, de travail et d’argent (certains consacrent des fortunes en assurances tous-risques), et nous monopolisons des tas de gens en vue d’obtenir la sécurité affective, financière, etc., et nous parer contre tout bouleversement ou changement, jusqu’au jour où nous réalisons que, en effet, la sécurité est un mythe; elle n’existe tout simplement pas. Car comme on l’a vu ces jours derniers, tout peut être emporté en une nuit.
 
Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de donner dans la témérité et la négligence, ni d’éviter la solidarité et l’entraide.
 
La conséquence la plus désolante concernant la peur atavique de perdre notre fausse sécurité (essentiellement liée à la peur de la mort) reste qu’elle en pousse plusieurs à se conduire comme des brutes sans cœur.

Au fond, la PEUR de perdre et de mourir nous fait mentir, trahir et manipuler, nous paralyse, et nous empêche carrément de VIVRE.
«C’est de ta peur dont j’ai peur.» ~ William Shakespeare

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Pensées du jour :
 
«Trahir est plus facile qu’être trahi. Pourquoi? On trouve des excuses quand on trahit, mais quand on est trahi on cherche des raisons.»
«Le bonheur est un entracte entre deux plages de déception. C’est pour ça qu’on l’apprécie quand on l’a et qu’on le cherche quand on ne l’a pas.»
~ Fabienne Larouche

1 novembre 2012

Les dégâts

Le photographe Chris Jordan a toute mon admiration. Il a le don de nous balancer en pleine figure les désastreuses conséquences de nos choix de consommation et de nos gaffes environnementales.

L’histoire se répète. Au lendemain du passage de Sandy, des Caraïbes au Canada, combien de sinistrés se retrouvent dans les décombres de ce qui était leur environnement familier hier?

Ces bouleversements bulldozeurs nous montrent à quel point nous restons des créatures vulnérables, quels que soient nos efforts pour nous protéger des éléments et de la pollution industrielle.

Dans son ouvrage «In Katrina's Wake, Portraits of Loss from an Unnatural Disaster» [Dans le sillage de Katrina, Portraits des pertes d'une catastrophe invraisemblable], «plutôt que de photographier les gens de la Nouvelle-Orléans, Jordan a laissé leurs possessions évoquer leur malheur... le pouvoir de ses images nous le font ressentir» (Républic, 10 décembre 2006)

Les photographies sont accompagnées d’écrits de Bill McKibben, Susan Zakin et Victoria Sloan Jordan. Distribué par la Princeton Architectural Press de New York, la publication a reçu une généreuse donation de la Fondation Lannan de Santa Fe. La totalité des profits ont été versés aux organismes de bienfaisance Gulf Coast hurricane relief. L’édition est malheureusement épuisée.

Voyez ses divers projets photographiques :
http://www.chrisjordan.com/gallery/katrina/#reddoor

 
 
 
 
 
 
 
 
Cette dernière photo d’un cimetière de cellulaires date de 2004. Je n’ose imaginer à quoi cela peut ressembler en 2012, si l’on y ajoute toutes les tablettes intelligentes larguées parce que les modèles changent aux six mois. Rappelons-nous qu’il y a plus de téléphones intelligents que d’humains sur terre. Ahhhhhh, mais ça fait rouler l’économie… de quoi nous plaignons-nous? D’un autre côté, est-ce vraiment ce que nous voulons laisser en héritage?

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