6 août 2019

La destruction de l’environnement : un crime de guerre

J’ai glissé, parmi les hideuses créations industrielles humaines, quelques éléments de beauté qui passeront éventuellement sous le rouleau compresseur avant ou en même temps que nous. La terre se fait littéralement vitrioler.

Si nous suivons le raisonnement illogique de l’industrie et de nos gouvernements, à savoir qu’il faut extraire et vendre à l’étranger de plus en plus d’hydrocarbures de schiste pour financer notre transition «verte», eh bien la vallée du Saint-Laurent (merci à Questerre/Utica et la CAQ) deviendra une jolie courtepointe constituée de puits de fracturation. Mignon, n’est-ce pas?

Freaking fracking...

Photo: Simon Fraser University, Flickr CC BY 2.0. Vue aérienne de puits de fracturation et de routes qui ont transformé une région rurale en réseau d'infrastructures industrielles.

Peu importe le parti pour lequel vous voterez en octobre, la courtepointe couvrira le pays et nous gardera au chaud dans la serre. L’idéologie néolibérale ne tolère que la «transition lente»... verbale. À tour de rôle, les partis élus ont ignoré les ententes internationales de réduction de GES et ont fait tout leur possible pour accroître la production d’hydrocarbures pour le bien de l’économie. Et ils le font toujours plus agressivement. Alors, amusez-vous, polluez, faites tout ce que vous voulez dans la joie et la bonne humeur car voter n’aidera aucunement la cause environnementale.

Photo : Ashley Cooper / Corbis 
“Boreal forest trees clear felled to make way for a new tar sands mine north of Fort McMurray, Alberta, Canada. The Alberta tar sands are the largest industrial project on the planet, and the world's most environmentally destructive. The tar sands are responsible for the second fastest rate of deforestation on the planet. Second only to that of the Amazon Rainforest. Each 2.5 square Km of Boreal forest supports 500 breeding pairs of migrant birds, as well as being home to Wolf, Lynx, Cougar, Black Bear, Grizzly Bear, Wolverine, Bison, Moose, Caribou, Beaver. It is also an important carbon sink.” (Ashley Cooper)  

L’énorme désastre écologique du pétrole bitumineux – La forêt boréale est la première victime de l’exploitation des sables bitumineux – des millions de sapins, mélèzes et thuyas ont été abattus en Alberta pour aménager les quelque142 000 kilomètres carrés de carrières – une superficie supérieure à celle de l’Angleterre. Et l'on prévoit en ajouter d'autres. 

D'autres photos d'Ashley Cooper :

Gif: Head Like an Orange, European Robin  https://headlikeanorange.tumblr.com/

Vive la transition durable ...à la torchère gazière!

La combustion de carburants fossiles atteint un nouveau record, écrasant les efforts en matière d'énergie propre et de lutte contre le changement climatique

Barry Saxifrage | National Observer, 31 août 2019

Malgré des décennies de promesses visant à prévenir une crise climatique, sa principale cause – la combustion d’énergies fossiles dans le monde – continue d'augmenter rapidement. Celle-ci a battu tous les records l'an dernier selon les dernières données de «BP Statistical Review of World Energy».
   Et l'énergie renouvelable – une solution climatique espérée – n'a pas seulement échoué à stopper l'explosion de la combustion de carbone, elle est de plus en plus en retard.
   J'ai fouillé le dernier rapport de BP Oil sur l'énergie et créé 10 graphiques qui illustrent notre montée en flèche vers le sommet de la crise climatique.

Le feu continue de monter
Au total, l'humanité brûle aujourd'hui deux tiers de plus de combustibles fossiles qu'en 1990.
   Voyez-vous un indice de «progrès climatique» dans ces données? Bien sûr que non. Je vois exactement le contraire. (Les graphiques de cette chronique sont ahurissants)
   Il n'est pas étonnant que des millions de jeunes dans le monde aient de plus en plus peur de ce que les adultes font à leur avenir et qu'ils aient commencé à «faire la grève à l'école» pour essayer de se sauver. Ou que la rébellion contre l'extinction, ou le contrôle de la natalité, ou l’écoanxiété émergent.
   En fait, plus de 80 % de toute la combustion de carburants fossiles s'est produite durant la vie de la génération des baby-boomers. C'est ma génération. Nous avons profité des avantages étonnants d'un climat stable.
   Au lieu de sauvegarder ce patrimoine pour le transmettre aux générations futures, nous y avons mis le feu. Et chaque année, nous agrandissons le bûcher.
   Ce que nous transmettons aux jeunes générations, c'est une Hydre climatique turbocompressée qui commence à s'en prendre aux humains et aux écosystèmes dont nous dépendons.

 
Hercule / Héraclès combattant l'Hydre

Dans la mythologie grecque, Hercule / Héraclès combattit l'Hydre [le serpent à plusieurs têtes – quand on en coupait une, il en poussait deux autres]. Dans notre réalité moderne, nous en nourrissons de plus grandes quantités d’année en année. Les serpents de la sécheresse, des vagues de chaleur, des inondations, de la montée des eaux, des super tempêtes, des incendies de forêt, des océans acidifiés et de l'effondrement écologique, sont de plus en plus puissants et agressifs.
   Les politiciens canadiens aiment à dire que nous sommes des chefs de file mondiaux dans la lutte contre le changement climatique.
   Les données sur l'énergie dans ce rapport de BP montrent le contraire. Il montre que les Canadiens brûlent plus de combustibles fossiles par habitant que dans presque tous les autres pays. Et cela montre qu'au lieu de freiner comme il se doit pour éviter une véritable crise climatique, nous continuons à en produire de plus en plus.
   Si les Canadiens veulent transmettre un système climatique sain et sécuritaire aux générations futures, nous devons rapidement changer de cap. Bon nombre de pays pairs ont atteint un pic de combustion de carburants fossiles il y a des années et ont des politiques que nous pourrions adopter.

Photo : Jacques Demers / Le Devoir, mars 2017. Tim McMillan, président et chef de la direction de l’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP)

Le serpent à cravate ne rit plus. Il sollicite l’aide des accros au pétrole, bitume, béton, etc.

Le lobby du pétrole réclame davantage de soutien pour les pipelines

Le Droit, 3 juin 2019 / mise à jour 4 août 2019

À l'approche de l'élection fédérale de l'automne, le plus grand lobby pétrolier et gazier au pays exhorte tous les partis politiques à soutenir les grands projets de gazoducs et de gaz naturel liquéfié et à créer un régime de réglementation permettant de mener à terme ces projets plus rapidement.
   L'Association canadienne des producteurs pétroliers a publié lundi sa «plateforme» fédérale sur l'énergie, qui décrit les problèmes auxquels est confrontée l'industrie pétrolière et gazière et explique comment le gouvernement fédéral peut créer de meilleures conditions pour la croissance du secteur.
   Le chef de la direction de l'association, Tim McMillan, affirme que le Canada a perdu son avantage concurrentiel à la suite de modifications apportées à la réglementation et aux politiques, qui ont dissuadé les investisseurs.
   Il a ajouté que le gouvernement devrait avoir pour priorité de veiller à ce que les grands projets d'oléoducs tels que Trans Mountain soient complétés, afin de permettre aux producteurs de pétrole de vendre leurs produits sur les marchés mondiaux, où la demande en énergie augmente.
   Le groupe s'est également associé à Manufacturiers et exportateurs du Canada et à l'association canadienne des entrepreneurs en puits de forage pour demander à la Chambre des communes d'adopter les quelque 200 amendements que le Sénat a apportés à la nouvelle législation des libéraux en matière d'évaluation environnementale.
   Le regroupement affirme que sans les changements proposés par le Sénat, le projet de loi C-69 rendrait trop difficile la construction de projets énergétiques au Canada.

Gif: Head Like an Orange, Mushroom

Le Québec, route des Indes du pétrole des sables bitumineux

Alexandre Shields | Le Devoir | 1er  mars 2017

La construction du pipeline Énergie Est de TransCanada est essentielle pour permettre à l’industrie pétrolière canadienne de rejoindre un marché indien lucratif et de plus en plus gourmand. La route du pétrole des sables bitumineux passe donc par le Québec, a fait valoir le président et chef de la direction de l’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP), Tim McMillan. [...]
   L’industrie doit plus que jamais se tourner vers de «nouveaux marchés» promoteurs.
   Avec l’approbation du pipeline Trans Mountain, de Kinder Morgan, le pétrole des sables bitumineux devrait se frayer un chemin vers la côte ouest canadienne. S’il est construit, ce pipeline transportera au total 890 000 barils par jour, des barils qui devraient ensuite être exportés vers la Chine.
   M. McMillan a toutefois insisté sur l’importance de rejoindre également le marché indien. Ce pays de plus d’un milliard d’habitants est déjà le troisième importateur mondial de pétrole et de produits pétroliers. Qui plus est, la demande quotidienne de pétrole devrait atteindre 10 millions de barils en 2040. Pour le Canada, qui détient les troisièmes réserves pétrolières mondiales, il s’agit donc d’un marché prometteur.
   Pour rejoindre le marché indien, a insisté Tim McMillan, il faudra impérativement construire le pipeline Énergie Est, de TransCanada. Ce pipeline voué surtout à l’exportation transporterait chaque jour 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux en sol québécois, sur une distance de 625 kilomètres.

Pendant ce temps... explosions et déversements se multiplient. Aucun mode de transport n’est sécuritaire – cargo, pipeline, gazoduc, wagons, camions – aucun. Plus il y aura de matière dangereuses en circulation, plus il y aura d’incidents. Mais les lobbytomisés de l’industrie s’en moquent éperdument.

Gif: Head Like an Orange, Great Spotted Woodpecker  

Quatre explosions dans des installations pétrolières en deux jours (USA)

Au cours des deux derniers jours, quatre explosions survenues dans des installations pétrolières et gazières de différents États, ont eu des résultats tragiques. Ces événements nous rappellent tragiquement ce que notre société n’a pas encore laissé derrière elle.

Mercredi 31 juillet :
– Une personne est décédée lors d’une explosion sur un site pétrolier, près de Windsor, Colorado.
– Cinq personnes ont été blessées et une maison a été rasée par une explosion de gaz naturel dans le comté de Washington, en Pennsylvanie. Columbia Gas effectuait des travaux de maintenance qui ont augmenté la pression dans une conduite de service et causé l'explosion.
– Des rapports contradictoires après l'explosion dans une raffinerie de pétrole d'Exxon-Mobile à Baytown, au Texas : certains rapportent 37 blessés et d’autres 66. Il s'agit du quatrième incendie majeur à cette raffinerie cette année.

Jeudi 1er août :
– Une explosion de gazoduc dans le Kentucky a coûté la vie à au moins une personne et en a fait disparaître sept autres. Les images aériennes de l'explosion montrent des maisons rasées et carbonisées qui traversent une voie ferrée en activité.


Quelques déversements et fuites de pétrole en 2019


28 juillet 2019 La Marine chilienne confirme le déversement de 40 000 litres de pétrole à la suite d’un incident sur le terminal d’une compagnie minière. Lieu : Terminal de l’Île de Guarello dans l'archipel Madre de Dios en Patagonie à 250 kilomètres au nord-ouest de la petite ville de Puerto Natales dans l’extrême sud du Chili. Le pétrole s'est déversé dans une zone réputée pour ses eaux parmi les plus pures de la planète et pour son riche écosystème marin. Source : Sputnik News.  

17 juillet 2019 Le producteur américain d'hydrocarbures ExxonMobil a annoncé que sa plateforme Hibernia a déversé environ 12 000 litres d'un mélange d'eau et de pétrole depuis l'un des réservoirs de la plateforme. La nappe s'étendait, le 18 juillet 2019, approximativement sur un rayon de trois miles nautiques, soit 5.6 km à environ 328 km à l'est de Saint-jean-de-Terre-neuve et dérivait vers l'est à moins de 2km/h. Lieu : Atlantique Nord, au large de l'île canadienne de Terre-Neuve (Terre-Neuve et Labrador, Canada). Source : Agence France-Presse / TVA Nouvelles.

06 juillet 2019 Un déversement d'hydrocarbures (entre 200 et 400 litres) s’est produit durant une opération de soutage en mer, une opération de transfert de carburant vers le MV Chrysanthi S. battant pavillon libérien. Lieu : Océan Indien dans la baie d'Algoa à Anchorage 1, du port de Ngqura, Province du Cap oriental, Afrique du Sud. La baie d'Algoa qui abrite la plus importante colonie de manchots au monde, a été partiellement souillée. Source : World Maritimes News / Fiducie de soutien à La Presse.
   Ce n'est pas tant la quantité déversée d'un événement de pollution qui effraie mais le nombre de déversements au quotidien qu'un site comme MétéoPolitique ne peut couvrir. Ce n'est pas parce que nous en présentons un en Afrique qu'il n'y en a pas ailleurs. Nous voulons simplement démontrer qu'il y en a partout.  


10 mai 2019 Il y a eu collision entre le Genesis River, un pétrolier de 230 mètres et le remorqueur Kirby Inland Marine tirant deux barges contenant 25 000 gallons d’essence. Environ 9 000 gallons (USA) d’essence se sont déversés dans le canal. Lieu : Houston Ship Channel près de Bayport dans l’État du Texas, États-Unis. C’était le deuxième déversement en deux mois dans le canal qui connecte la ville de Houston au golfe du Mexique. L’hydrocarbure déversé se nomme Reformat, un mélange d’essence produit par le procédé de raffinage par reformage catalytique. Source gCaptain / World Maritimes News.


La calotte glaciaire du Groenland a déversé 197 milliards de tonnes d'eau dans l'Atlantique Nord en juillet seulement 

Il s'agit d'une fonte glaciaire rugissante, sous le pont de Kangerlussiauq, au Groenland, où il fait 22°C aujourd'hui et les autorités danoises disent que 12 milliards de tonnes de glace ont fondu en 24 heures, hier. Deuxième fonte cet été! – Laurie Garrett, scientifique et écrivaine américaine
Vidéo :

Aux amateurs de tourisme de masse – participez à l’accélération de la fonte :

Image : Bob Al-Greene / Mashable

Partout dans le monde, les gouvernements font de plus en plus souvent l’objet de poursuites judiciaires relatives aux droits de la personne pour leur inaction vis-à-vis les changements climatiques. Plus de 20 poursuites sont actuellement en instance devant des tribunaux nationaux et régionaux. Nombre d’entre elles ont été intentées par des acteurs de la société civile représentant de grands groupes de personnes et ont pour but de léguer un environnement viable aux générations de demain.
   En novembre 2018, une demande a été déposée auprès de la Cour supérieure du Québec au motif que les actions du gouvernement du Canada en matière de changements climatiques violeraient les droits des jeunes. En l’occurrence, ENvironnement JEUnesse soutient qu’il y aurait violation du droit à la vie et à la sécurité des jeunes ainsi que de leur droit à l’égalité, garantis respectivement par les articles 7 et 15 de la Charte canadienne des droits et libertés. Ces cas nous amènent à nous demander si les droits environnementaux pourraient, aujourd’hui ou demain, être protégés par la Charte. (Notes de la colline; Ottawa 6 février 2019)


Gif: Head Like an Orange, Patagonian Mara

Un groupe de scientifiques poussent l'ONU à faire de la destruction de l'environnement un crime de guerre

Paola Rosa-Aquino
Mother Jones | 27 juillet 2019

Cette histoire a été publiée à l'origine par Grist et apparaît ici dans le cadre de la collaboration Climate Desk.

«Le tribut toxique de la guerre sur le monde naturel est bien documenté.»

Qu'il s'agisse de l'épandage de l'herbicide «agent orange» sur la jungle vietnamienne ou sur les marais des barrages de Saddam Hussein en Irak, les conflits humains ont souvent intentionnellement infligé d’immenses dommages à la fois aux écosystèmes et aux populations. Et tout comme certains actes de violence contre les personnes sont considérés comme intolérables, un groupe de chercheurs a demandé qu'un ensemble de préjudices contre l'environnement soit qualifié de «crimes de guerre».
   Les scientifiques ont cosigné une lettre ouverte aux législateurs internationaux les exhortant à adopter un nouvel élément aux Conventions de Genève, l'ensemble des accords internationaux sur le traitement des victimes et des prisonniers des conflits armés, négociés après la Seconde Guerre mondiale. La nouvelle convention proposée ajouterait certains types de destruction de l'environnement – comme l'extinction de la mégafaune et l'empoisonnement des sources d'eau – à la liste des actes inacceptables.
   «Le bilan toxique de la guerre dans le monde naturel est bien documenté; elle a détruit les moyens d'existence des communautés vulnérables et poussé vers l'extinction de nombreuses espèces, déjà soumises à une pression intense», a déclaré Sarah Durant, chercheuse à la Zoological Society of London et l'une des signataires, à The Guardian.
   Les quatre Conventions de Genève existantes et leurs trois protocoles additionnels sont des traités mondialement reconnus pour réglementer la conduite de la guerre, y compris l'établissement de normes en vertu du droit international humanitaire pour le traitement des troupes blessées sur le terrain, des soldats naufragés en mer, des prisonniers de guerre et des civils. Violer les traités équivaut à un crime de guerre.
   «L'industrie militaire doit être tenue davantage responsable de l'impact de ses activités», peut-on lire dans la lettre. Et bien qu'il soit naturel de se concentrer sur le coût immédiat d'une guerre pour la vie humaine, les actes de destruction environnementale peuvent entraîner des douleurs et des souffrances à long terme qui durent de nombreuses années après le conflit.
   Ce n'est pas la première fois que les scientifiques demandent une cinquième convention. Après la guerre du Golfe de 1991, lorsque les troupes de Saddam Hussein ont incendié des centaines de puits de pétrole koweïtiens et que les États-Unis ont largué des bombes et des missiles contenant de l'uranium appauvri sur l'Irak, un mélange de préoccupations environnementales et de droits humains s'est fait jour.
   Comme l'a rapporté le Guardian en 2014, «Les chercheurs ont suggéré que les radiations de ces armes ont empoisonné le sol et l'eau de l'Irak, rendant l'environnement cancérigène».
   Mais l'idée remonte à la guerre du Vietnam. Afin de débusquer les guérilleros, les Américains ont dépouillé les feuillus de la jungle avec des défoliants, dont l'infâme agent orange – un herbicide forestier qui a été associé à de graves anomalies congénitales des décennies après exposition. La Croix-Rouge vietnamienne estime que l'agent orange a touché 3 millions de Vietnamiens, dont au moins 150 000 enfants. Au Vietnam, des bébés naissent encore avec des malformations congénitales dues à l'agent orange.


De même, dans les années 1990, les deux côtés du conflit rwandais et congolais ont déboisé de vastes étendues de végétation que les arbres ne pouvaient plus dissimuler une attaque. Quelque 720 000 Rwandais ont été contraints de s'installer dans des camps de réfugiés en marge d'un parc national, qui a été dénudé et transformé en abris et en bois de chauffage.
   Et aussi au début des années 1990, Saddam Hussein a frappé à nouveau : il a endigué et drainé de nombreux marais célèbres d'Irak pour punir les tribus rebelles qui vivaient à proximité. En l'an 2000, cette série de digues et de canaux avait réduit les marais du pays à moins de 10 % de leur superficie d'origine, transformant le paysage en un désert desséché. Les températures locales ont augmenté de 9 degrés Fahrenheit. (Après le renversement d’Hussein, les habitants ont démoli de nombreux barrages et réparé une partie des dégâts.)
   Les victimes de la guerre environnementale ne sont évidemment rien de nouveau, mais la lettre ouverte des scientifiques aux législateurs est délibérément chronométrée. L'argument arrive juste avant une réunion de la Commission du droit international des Nations Unies, qui se tiendra à l'Office des Nations Unies à Genève, en Suisse, plus tard ce mois-ci. [La réunion se termine le 9 août 2019]
   «Nous espérons que les gouvernements du monde entier intégreront ces protections dans le droit international», a dit M. Durant. «Cela permettrait non seulement de sauvegarder les espèces menacées, mais aussi de soutenir les communautés rurales, tant pendant qu'après les conflits, dont les moyens d'existence sont victimes à long terme de la destruction de l'environnement.»

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