24 novembre 2013

Le point de non-retour

Quelle photo extraordinaire! J'ignore le nom du photographe malheureusement.   

Dans toutes les mythologies païennes et religieuses, le volcan et la foudre, avec leur terrifiant pouvoir de destruction, ont été perçus comme des expressions de la colère de Dieu ou des dieux – voire des vecteurs d’Apocalypse. Œuvre de Dieu, œuvre du Diable, œuvre de la Nature, œuvre du Hasard, nous avons le choix des interprétations – superstitieuses et scientifiques.

Aujourd’hui, nous avons, en bonus, des catastrophes apocalyptiques fabriquées de main d’homme. Génial ça, non? J’ai souvent dit que nous étions des petits dieux inexpérimentés… 

La science peut désormais tout expliquer, même si ça ne nous rassure pas du tout. En plus, certains scientifiques se gourent royalement (sont-ils de mauvaise foi?) en matière de prédictions environnementales à moyen et long termes.
       Si la corruption est répandue dans toutes les sphères de la société, partout dans le monde, je ne vois pourquoi le domaine scientifique en serait exempté. Les désinformateurs scientifiques doivent être grassement payés pour nous faire croire que «tout va pour le mieux dans le pire des mondes» en vertu de la croissance économique.
       En tout cas, ça doit sentir l’aftershave en masse dans les lobbies… histoire de camoufler l’odeur de corruption.

Or, il y a déjà plus de 50 ans, d’autres scientifiques, intègres ceux-là, répandaient une vision claire de ce qui se préparait si nous ne changions pas notre manière de vivre. Ils ont été dénigrés, calomniés, poursuivis en justice, emprisonnés, réduits au silence, etc.

Mais qui ou quoi blâmer?
L’IGNORANCE! 

Voyez :
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2012/04/50-ans-plus-tard.html  
http://situationplanetaire.blogspot.ca/2011/01/ces-etranges-pluies.html  
ou le libellé «Série noire»

À mon avis, nous pouvons sonner le glas.
Je suis donc entièrement d’accord avec ce que dit David Suzuki ci-après.

À refaire circuler, puisque les conférences internationales et réunions G n’aboutissent à rien de concret; en fait ça ressemble plus à une compétition à savoir quel pays polluera le plus (au lieu de l’inverse).

L'échec fondamental de l'environnementalisme
Par David Suzuki
Le 23 mai 2012

L'environnementalisme a échoué. Au cours des 50 dernières années, les environnementalistes ont réussi à sensibiliser les gens, changer les pratiques d'exploitation forestière, arrêter les méga-barrages, les forages en mer et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais nous étions si concentrés à nous battre contre nos opposants et à chercher l'appui du public que nous ne nous sommes pas rendu compte que ces batailles sont le reflet d'une vision fondamentalement différente de la place que nous occupons dans le monde. Et c'est notre vision sous-jacente et profonde du monde qui détermine la manière dont nous traitons ce qui nous entoure.

En tant qu'espèce, nous n'avons pas fait face aux grands événements qui ont changé notre relation avec la planète. Au cours de la majorité de l'existence de l'espèce humaine, nous avons vécu comme des chasseurs-cueilleurs nomades dont l'impact sur la nature pouvait être absorbé par la résilience de la biosphère. Même à la suite de la révolution agricole, il y a 10 000 ans, l'agriculture a continué de dominer nos vies. Nous avions la nature à cœur. Les gens qui vivent près de la terre comprennent que les saisons, le climat, la météo, les insectes pollinisateurs et les plantes sont essentiels pour notre bien-être.

Cette année marque le cinquantième anniversaire de naissance du mouvement environnemental. En 1962, Rachel Carson publiait Printemps silencieux (Silent Spring), qui documentait les conséquences terribles et imprévues de ce qui, jusque-là, était considéré comme une des grandes inventions de la science : le DDT. Paul Mueller, qui a démontré les effets de ce pesticide, gagnait le prix Nobel en 1948. Lors du boom économique qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, la technologie a tenu sa promesse d'innovation sans fin, de progrès et de prospérité. Rachel Carson a souligné qu'il y a un coût à la technologie.

Aucun gouvernement n'avait de ministère de l'Environnement au moment de la parution du livre de Carson. Des millions de gens autour du monde se sont joints à ce que nous reconnaissons aujourd'hui comme le mouvement environnemental. La décennie suivante voyait la création du Programme des Nations Unies pour l'Environnement et la tenue de la première conférence environnementale à Stockholm en Suède.

Avec l'augmentation de catastrophes telles que les déversements de pétrole et de produits chimiques, les accidents nucléaires, ainsi que l'extinction des espèces, l'épuisement de l'ozone, la déforestation, les pluies acides et le réchauffement climatique, les environnementalistes ont fait pression pour une législation qui protège l'air, l'eau, les terres agricoles et les espèces en voie de disparition. Partout autour du monde, des millions d'hectares de terre ont été protégés sous forme de parcs et de réserves.

Trente ans plus tard, en 1992, le plus grand rassemblement de chefs d'État de l'Histoire avait lieu lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro au Brésil. Cet événement se voulait un signal comme quoi l'activité économique ne pouvait se poursuivre sans que soient considérées les conséquences écologiques. Cependant, les récessions, les explosions des bulles financières ainsi que les dizaines de millions de dollars, en provenance de corporations et de riches néoconservateurs, appuyant un discours cacophonique de climato-septique provenant d'experts de la droite et de groupes de réflexion, la protection de l'environnement en est venue à être décrite comme un frein à l'expansion économique.

Cette prédominance de l'économie sur l'environnement, voire la séparation entre les deux, arrive alors que l'humanité vit des changements profonds. Au cours du 20e siècle, nous sommes passés de quatre à six milliards (plus de sept milliards aujourd'hui), nous nous sommes déplacés des campagnes vers les villes, nous avons développé pratiquement toute la technologie que nous tenons pour acquise aujourd'hui et notre appétit pour la consommation, nourrie par une économie globale, a explosé. Nous sommes devenus une force nouvelle qui altère les propriétés physiques, chimiques et biologiques de la planète à une échelle géologique.

En créant des ministères dédiés, nous avons fait de l'Environnement un autre secteur, tout comme l'Éducation, la Santé et l'Agriculture. L'Environnement englobe tous nos champs d'activités, mais nous avons échoué à démontrer que nos vies, notre santé et nos gagne-pain dépendent totalement de la biosphère — l'air, l'eau, le sol, la lumière du soleil et la biodiversité. Sans eux, nous tombons malades et nous mourons. Cette perspective se reflète dans certaines pratiques spirituelles qui comprennent que tout est inter-relié ainsi qu'au sein de sociétés traditionnelles qui vénèrent la «Terre Mère» comme source de tout ce qui compte dans la vie.

Lorsque nous croyons que le monde entier est rempli de «ressources» illimitées, disponibles pour notre usage, nous agissons en conséquence. Cette vision «anthropocentrique» nous place au centre du monde qui tourne autour de nous. Alors, nous créons des ministères des Forêts, des Pêches et des Océans, de l'Environnement au sein duquel les ministres se soucient moins de la santé et du bien-être des forêts, des poissons, des océans et de l'environnement que des ressources et des économies qui en dépendent.

C'est presque un cliché que de référer à un «changement de paradigme», mais c'est ce dont nous avons besoin afin de relever le défi posé par les crises environnementales que notre espèce a créées. Cela veut dire adopter une vision «biocentrique» qui reconnait que nous faisons partie et sommes dépendants d'un tout vivant qui permet à la planète d'être habitable pour un animal exigeant comme nous.


LIEN EXTERNES:
Rachel Carson
Silent Spring
Programme des Nations Unies pour l'environnement
Sommet planète de la Terre

Mon éternelle question : que préférez-vous?
Ça :

Ou ça :
Photo : Ian Coristine
http://www.1000islandsphotoart.com/Albums/PhotoAlbums/tabid/422/AlbumID/1015-33/Default.aspx

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