1 février 2022

Gibelotte Covid

Mais d’où est venu l’idée d’un passeport sanitaire ou vaccinal?

Aperçu de l’origine du passeport vaccinal. «Cette idée n’est pas nouvelle. Elle découle du «passeport sanitaire», une invention française du XIXe siècle (et pas sans controverses) mais dont le but était tout autre. Le détenteur du passeport sanitaire était considéré «immunisé» au sens médiéval du terme (du latin immunis) c’est-à-dire «exempt» de symptômes et ce, jusqu’à preuve du contraire. En outre, l’inoculation ne figurait pas sur ce document dont l’usage était plutôt de permettre aux autorités de détecter des cas suspects ou déclarés, et par conséquent d’éteindre toute menace épidémique aux portes de la France.

     Le 18 juin 1890, et afin d’empêcher la propagation en France du choléra qui sévissait en Espagne, le ministère de l’intérieur publia une circulaire demandant aux préfets de délivrer aux voyageurs un «passeport sanitaire» ainsi qu’une «carte d’avis» adressée au maire concerné. Le mécanisme consistait à faire examiner chaque voyageur par un médecin, puis à signaler aux autorités locales que la personne avait été «reconnue saine» mais qu’elle devait rester «sous surveillance médicale» pendant la période d’incubation. Ce passeport sanitaire venait s’ajouter au «passeport politique», une autre invention française conçue au XVe siècle initialement pour faire «passe» les marchandises et rapidement étendue aux personnes.» (Le Monde, février 2021)

Sam Rainsy. «L'un des premiers défenseurs des passeports d'immunité pendant la pandémie de COVID-19 était Sam Rainsy, le chef de l'opposition cambodgienne. En exil et en confinement à Paris, il a proposé des passeports d'immunité comme moyen d'aider à relancer l'économie dans une série d'articles qu'il a commencé en mars 2020 et publiés dans The Geopolitics et The Brussels Times. Les propositions ont également été publiées en français. L'idée est devenue de plus en plus pertinente à mesure que les preuves d'une immunité acquise durable devenaient claires.» (Wikipédia)

Caricature : André-Philippe Côté / Le Soleil / 31.12.2021 (Savoureux!) 

La Stasi autrichienne  

Définition de Stasi : Le ministère de la Sécurité d’État, dit la Stasi (abréviation de Staatssicherheit), était le service de police politique de renseignements de la République démocratique allemande (RDA) créé le 8 février 1950. Sous tutelle du gouvernement de la RDA, la Stasi était désignée comme «le bouclier et le glaive du parti». Par plaisanterie, les Est-allemands avaient donné comme devise à cette institution : «Si tu ne viens pas à nous, nous irons à toi».

L'Autriche a annoncé la levée du confinement des non-vaccinés, même s'ils vont bientôt devenir hors la loi avec l'entrée en vigueur de la vaccination obligatoire contre la COVID-19. Depuis mi-novembre, ceux qui n'avaient pas reçu d'injection ou qui ne pouvaient pas présenter de certificats d'anticorps témoignant d'une infection récente n'avaient en théorie plus le droit de quitter leur domicile. Sauf pour travailler, faire leurs courses alimentaires ou pour des soins médicaux. Ils retrouveront bientôt leur liberté de mouvement, mais ils resteront exclus des restaurants, hôtels, lieux culturels et sportifs qui exigent un pass vaccinal. Si l'Autriche lâche un peu de lest, elle va en revanche de l'avant avec son projet de vaccination obligatoire, une mesure inédite dans l'Union européenne et très rare dans le monde. Le Parlement a adopté la loi en vue d'une entrée en vigueur le 4 février. Tous les adultes, y seront soumis, sous peine d'encourir une amende comprise entre 600 et 3 600 euros (soit entre 860 et 5250 dollars canadiens!).

Oseront-ils piquer les gens de force à leur domicile?!

Revenons au Québec

Caricature : Serge Chapleau / La Presse  

Les caquistes se sont peut-être inspirés de l’Autriche pour proposer une taxe appelée «contribution santé» qui pourrait être facturée aux non-vaccinés. Des bien-nantis qui veulent imposer une contribution santé aux non-vaccinés dont certains parmi eux vivent dans la précarité, et ce, dans un système de santé supposé être gratuit et universel...

Mise à jour 01.02.2022 : Le PM abandonne l’idée d’une taxe santé. Le premier ministre François Legault doit annoncer à 13 h cet après-midi que son gouvernement n'ira finalement pas de l'avant avec l'imposition d'une contribution monétaire imposée aux personnes qui refusent d'être vaccinées.

Ce qui suit aurait fait son chemin jusqu’au cabinet ministériel? Tant mieux, parce que la façon de traiter les non-vaccinés ressemble de plus en plus à du «racisme systémique»...

La «contribution santé» ne fait pas l’unanimité

Le Devoir, 31 janvier 2022

Le gouvernement Legault compte déposer un projet de loi imposant une contribution santé aux Québécois non vaccinés contre la COVID-19. À la veille de la rentrée parlementaire, deux directeurs régionaux de santé publique et des médecins en médecine préventive émettent des réserves vis-à-vis de cette taxe de plus de 100 $, à l’approche punitive.

     «Cette contribution santé, je ne sais pas exactement dans quelle direction elle ira, mais mon préalable, c’est que j’ai beaucoup de réserves à faire payer les gens pour des décisions en matière de santé», dit le directeur régional de santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier, en entrevue avec Le Devoir.

     L’ancien directeur national de santé publique rappelle que le système de santé québécois est «universel, gratuit et accessible à tout le monde». «On verra sur le plan de l’éthique et des valeurs, poursuit le Dr Poirier. […] Mais ça fait longtemps qu’on dit qu’on ne veut pas tarifer d’une façon ou d’une autre des services médicaux essentiels.»

     En entrevue au Devoir, la directrice régionale de santé publique du Nunavik, la Dre Marie Rochette, dit «ne pas voir en quoi» cette contribution santé «pourrait être utile». Elle explique que la proportion d’Inuits vivant de l’insécurité alimentaire est «vraiment faramineuse». Selon une enquête menée en 2017 par la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik, 52 % des 16 ans et plus affirment ne pas avoir suffisamment d’argent pour subvenir à leurs besoins. Parmi eux figurent des non-vaccinés, signale la Dre Rochette.

https://www.ledevoir.com/societe/sante/667353/coronavirus-la-contribution-sante-est-loin-de-faire-l-unanimite

À ma connaissance, il n’y a pas eu d’éclosions de Covid-19 dans les quincailleries de plus de 1500 mètres carrés... Pourquoi exiger le ridicule et inutile passeport vaccinal? Tous les clients ont pu remarquer que les mesures sanitaires et la distanciation étaient bien respectées dans ces magasins de grande surface, de même que dans les moyens et les petits. Que cherchent les décideurs? Plus de grogne sociale?

Trois doses pour le passeport vaccinal demandent les libéraux provinciaux

Le leader du Parti libéral de l’Ontario, Steven Del Duca, a appelé le gouvernement Ford à faire de la 3e dose du vaccin contre la COVID-19 une condition pour maintenir la validité du passeport vaccinal.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1857193/troisieme-dose-lcbo-cannabis-restrictions

La plupart des médecins ne recommandent pas une troisième dose aux gens doublement vaccinés et qui ont contracté la Covid. Steven Del Duca n’est pas au courant?

Certains internautes ne manquent pas d’humour

«Excellent pour complètement décourager un «non-vacciné», il ne pourra jamais faire le rattrapage. Les vaccinés vont chercher la troisième dose de toute façon. Donc la pass vaccinal en plus d’être obsolète, sera totalement inutile, puisque son but premier était d’encourager les non vaccinés à se faire vacciner.» Marc Cyr

«...Serait-il possible qu'un triple-vacciné infecté à Omicron entre dans un endroit réservé aux triple-vaccinés, et qu'il infecte tout le monde sur place? Si la réponse est oui, alors votre proposition n'a rien de sanitaire, et elle est purement idéologique. Et vouloir imposer son idéologie par la force ou par la répression législative, ça fait partie des dérapes autoritaires qu'une civilisation doit combattre.» Michel Fortier

«Dernièrement, je lisais qu'il n'est pas recommandé d'avoir une dose de vaccin après avoir récemment contracté la Covid. Je suis doublement vacciné et j'ai été frappé par Omicron. Je n'aurais donc pas le droit au passeport vaccinal, malgré que j’aie suivi toutes les règles de confinement, parce que j'ai été une victime de la progression de la Covid? Alors que le gouvernement interdisait que je me fasse tester parce que le système était en surcharge. Désolé, «chers» députés libéraux ontariens, votre idée ne fonctionne pas du tout.» Erik Harvey-Girard

«Attraper la COVID en étant doublement vaccinés : il faudrait tirer la conclusion qui s'impose d'elle-même...» Jacques Tétreault (en réponse à Erik Harvey-Girard)

«Et bientôt, disons en août 2024 : «8 doses, demandent des politiciens pour maintenir un passeport vaccinal». Marc Perreault

25 janvier 2022

Tandis que certains gagnent 900 000 $ à la minute...

Citations d’Ashleigh Brilliant :

1. Pour être sûr de gagner, inventez votre propre jeu et ne communiquez jamais les règles à un autre joueur.

2. Ne me demandez pas quel est le score – je ne suis même pas sûr du jeu auquel nous jouons.

Ces mots conviennent parfaitement au jeu de fou que le gouvernement Legault et son entourage nous imposent depuis le début de la pandémie.

Un exemple de ce jeu (ouverture, fermeture, ouverture, fermeture) : les restaurateurs ruinés, entre autres à cause des frais d’adaptation aux mesures sanitaires. À ma connaissance, les pertes financières encourues n’ont pas toutes été compensées par les gouvernements. Il est possible que plusieurs restaurateurs aient déjà décidé de mettre la clé sur la porte.

Radio-Canada nouvelles : Le Québec amorce son déconfinement. Dès lundi, les restaurateurs devraient pouvoir de nouveau accueillir des clients en salle à manger, à 50 % de leur capacité. Le premier ministre, le ministre de la Santé et le directeur national de santé publique par intérim doivent en faire l'annonce lors d'une conférence de presse, à 14 h. Il devrait donc être possible, à compter du 31 janvier, de réunir les occupants de deux résidences à une même table.

     Du côté de l'Association Restauration Québec, on accueille cette réouverture, même si elle comporte certaines restrictions, comme une bonne nouvelle. «On est prêts à jouer ce jeu-là parce que le plus important, je vous dirais, c’est d’ouvrir à tout prix nos salles à manger», a expliqué le porte-parole Martin Vézina, en entrevue à RDI Matin. Mais on ne peut plus se permettre de refaire ce yoyo-là si un autre variant apparaît dans les prochains mois et qu'on se retrouve encore à un resserrement des restrictions sanitaires qui nous mène à une fermeture.»

     «On est en pénurie de personnel, si les employés pensent que le milieu n’est pas stable, ils vont aller travailler ailleurs», a-t-il averti.

     Les mesures d'assouplissements présentées mardi constituent un premier pas, mais il ne s'agit pas de la séquence de déconfinement de la santé publique. Le Dr Luc Boileau, directeur national de santé publique par intérim, y travaille toujours.

     Le gouvernement s'adressera toutefois aux artisans du milieu culturel, qui réclament depuis longtemps un plan de déconfinement à long terme afin d'éviter le yoyo des fermetures et réouvertures à répétition, afin de leur faire savoir qu'ils pourraient être les prochains à profiter d'assouplissements.

     En ce qui concerne les gyms et les bars, il est encore trop tôt pour évoquer un quelconque scénario de déconfinement.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1856967/deconfinement-ouverture-restaurants-sports-salles-manger-covid

Adage : «Tais-toi, comme ça t’auras pas besoin de t’excuser» ou de te dédire!

Pendant ce temps-là...

Photo : libre-échange – nos ordures contre leurs fruits et légumes

«L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres.» ~ Coluche

La vie gelée

Jean-François Nadeau / Le Devoir / 24 janvier 2022

En temps de pandémie, la fortune des dix hommes les plus riches du monde a augmenté au rythme effréné de 900 000 $ à la minute. Le club du 1 %, celui des gens les plus riches du monde, a accueilli quelques nouveaux seigneurs, dont les dirigeants de Moderna et de BioNTech. En un an, ce club des milliardaires a engrangé 3600 milliards de dollars supplémentaires. L’équivalent de 30 fois le budget annuel du Québec. Une somme qui représente ni plus ni moins, selon un rapport d’Oxfam, le total des dépenses annuelles consacrées à la santé pour tous les pays du monde. [...]

En 2017-2018, la richesse des plus riches de la planète avait augmenté de 900 milliards, soit au rythme de 2,5 milliards par jour. Au même moment, celle de la moitié la plus pauvre de la population du globe avait chuté pour sa part de 11 %. En 2019-2020, c’était devenu pire encore. Cette accélération s’est poursuivie. Tout a continué de glisser du côté des abysses. Si bien que plus personne ne semble vraiment s’étonner de ces faits, comme s’il s’agissait de l’ordinaire de l’humanité, alors que ce niveau d’accaparement s’avère sans précédent. [...]

Dans une époque où les milliardaires se disputent chaque année les premières places des palmarès des yachts privés les plus longs et les plus luxueux, ce sont 60 % des habitants de la planète qui survivent avec l’équivalent de moins de dix dollars par jour. Depuis la pandémie, selon l’organisme Oxfam, il s’agit de la plus forte augmentation des indicateurs de la pauvreté depuis que ces types de données sont recensés.

Des millions de personnes vivent dans des conditions indignes. Pourtant, l’humanité n’a jamais été aussi bien équipée de moyens pour leur venir en aide, cependant que la faim, les épidémies, la soif et la destruction de l’environnement continuent de détruire des vies à grande vitesse. La misère prospère au milieu d’une désolante opulence.

Au centre-ville de Montréal, une femme est morte de froid. Elle était sans domicile, en plein hiver. Quelques jours plus tôt, un autre itinérant est décédé de la même façon. Ces gens ne meurent-ils pas un peu tous les jours? Les organismes d’aide sont débordés, même pour cette portion de la misère la plus visible. Qui s’en soucie, alors qu’un nombre infini d’immeubles neufs poussent vers le ciel et que les secours ne suffisent plus? La vie continue, comme par le passé. Gelée.

Article intégral : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/663714/la-vie-gelee

Je m’en voudrais de ne pas mentionner l’histoire de deux généreuses personnes qui me réconcilient temporairement avec l’espèce humaine. Leur initiative compte parmi les gestes touchants et inspirants à imiter sans limite...

En passant, Lorne Kalisky racontait à Tout un matin qu’on avait refusé l’accès au métro, ouvert la nuit pour les sans-abri, à une itinérante parce qu’elle n’avait pas de passeport vaccinal – !!! Bravo aux concepteurs sans coeur ni tête de ce pervers passeport vaccinal!


Photo : Victoria Kalisky distribuant des parkas aux sans-abri.

Journal de Montréal : Touchée par le triste sort des itinérants pendant la période de froid polaire, une jeune femme de 23 ans a entrepris de distribuer des centaines de manteaux d’hiver grâce à une campagne de sociofinancement.

     «Dans ces temps incertains, quand on est restreint de plusieurs façons, l’une des choses dont on a le contrôle, c’est de rendre la vie des gens autour de nous un peu plus facile et moins douloureuse», fait valoir Victoria Kalisky.

CBC News : Victoria Kalisky faisait son épicerie la semaine dernière quand, bien qu'elle soit emmitouflée contre le froid brutal du sud du Québec, son visage en a souffert. «J'ai réalisé qu'il y avait cinq hommes et femmes juste à côté de moi qui allaient dormir dehors par ce moins 30 toute la nuit», a déclaré lundi la Montréalaise de 23 ans.»

Journal de Montréal : En l’espace de seulement quelques minutes samedi soir, elle a mis sur pied une campagne de financement avec son père, Lorne Kalisky. Ce dernier a fait appel à un partenaire d’affaires afin d’obtenir à faible coût des manteaux qui valent entre 200$ et 300$ chacun. Lundi, déjà quelque 14 000$ avaient été amassés, permettant l’achat de 581 parkas, de centaines de gants et d'un millier de chapeaux.

     Habitant non loin de l’intersection de l’avenue du Parc et de la rue Milton, l’étudiante de l’Université McGill estime être bien consciente des besoins criants des sans-abri.

     «Plusieurs étudiants viennent ici pour manger et vivent dans les alentours, alors on est exposé à la crise de l’itinérance tous les jours, ce qui fait en sorte qu’on a plus d’empathie, j’imagine», a soutenu la Montréalaise.

     Celle qui a été ébranlée par le décès d’une deuxième personne itinérante dû au froid depuis le début de l’année espère simplement que son geste convaincra d’autres personnes de l’imiter. «On va continuer tant qu’on a le momentum», a indiqué Mme Kalisky.

CBC News : Lorne Kalisky possède une entreprise de liquidation. Après avoir parlé à un fournisseur qui était prêt à l’aider, l'équipe père-fille a pu acheter environ 650 manteaux d'hiver au prix très bas de 25 dollars chacun.

     Et comme les efforts de sociofinancement en ligne prenaient rapidement de l'ampleur, Victoria et son père ont chargé une remorque et transporté près de 250 manteaux au centre-ville pour les distribuer près de Résilience Montréal, un centre d'hébergement de jour sans but lucratif situé à l'angle de l'avenue Atwater et de la rue Ste-Catherine.

     Lorne Kalisky, qui habite à Laval, a indiqué que certains de ses amis du monde des affaires ont participé à l'opération en se montrant immédiatement sensibles à la cause et en aidant à recueillir plus de 14 000 $ au cours du week-end.

     En plus des manteaux, il a apporté des chapeaux, des gants, des pantalons d'hiver, des articles pour enfants et environ 2 000 masques jetables. Il a dit qu'il allait revoir les soldes et déterminer ce qu'il pouvait acheter d'autre, mais il pense avoir dépensé jusqu'à présent 16 000 dollars et espère atteindre l'objectif de sociofinancement de 25 000 dollars.

Journal de Montréal : Son initiative a été chaleureusement accueillie par la communauté itinérante, qui recevait lundi un deuxième lot de manteaux. Lors de notre passage, plusieurs ne portaient qu’une veste ou n’avaient tout simplement pas de tuque ni de gants.

CBC News : Victoria Kalisky souhaite encourager les autres à tendre la main. «Cela fait du bien de réduire la souffrance humaine.»

17 janvier 2022

Bioterrorisme rampant – 3

Photo : Antonio Pierre De Almeida (via Le Devoir). Au cours de l’épidémie de variole qui a frappé Montréal en 1885, une charrette sillonnait les rues de la ville. On y embarquait les enfants infectés, le plus souvent des francophones des quartiers défavorisés, afin de les mettre en quarantaine.  

Inciter plutôt qu’«emmerder» les non-vaccinés 

Radio-Canada 2022-01-16

«Vivre avec le virus, ça veut dire d'abord avoir le plus de personnes possible vaccinées», a défini le premier ministre, évoquant le «grand défi» des personnes encore non vaccinées.

Il n’irait cependant pas jusqu’à les «emmerder», comme a proposé de le faire le président français Emmanuel Macron. «Ce qu’on veut, c’est leur donner un incitatif.»

Rappelant l’élargissement à venir de l’utilisation du passeport vaccinal, M. Legault a aussi donné plus de détails concernant la «contribution santé» qu’il envisage, déjà sévèrement critiquée.

«D’abord, on va essayer de rejoindre les 600 000 personnes [adultes au Québec qui ne sont pas adéquatement vaccinées] une par une pour être bien certains que ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas au courant ou qu’ils n'ont pas des problèmes de santé mentale, qu’ils sont itinérants», a expliqué le premier ministre. «Ce qu’on veut c’est vraiment d’abord que les personnes soient informées.»

«Ces personnes-là, si vraiment elles refusent, bien, étant donné qu’elles amènent un fardeau énorme sur notre réseau de la santé, je pense, c’est normal qu’ils paient une contribution», a-t-il poursuivi. «Je pense que les Québécois sont d’accord avec ça.»

Je n’ai même pas été capable d’écouter le segment du jovialiste, tellement je suis allergique, c'est épidermique. Quoi? «Rejoindre les non-vaccinés un par un» – les fonctionnaires ont du temps à perdre? – au lieu de régler les vrais problèmes organisationnels du système de santé.

Trêve de conneries politiques désespérantes. Le pire c’est que la CAQ n’a rien inventé (1).

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Voici quelques extraits complémentaires tirés du roman prémonitoire Je suis Pilgrim / TERRY HAYES, 2012 / V.F. Le livre de poche 2014

Pourquoi? Parce que la similitude avec ce que l’on vit est sidérante.

Remise en contexte

Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan. Un zoologiste, père de famille, décapité en public sous le soleil d'Arabie Saoudite. Le directeur adjoint d'un institut médical énucléé en Syrie. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l'humanité. Et en fil rouge, reliant ces événements, un dénommé Pilgrim.

Pilgrim n'existe pas officiellement. Sous ce nom de code se cache un homme qui, autrefois, a dirigé une unité d'élite des services secrets et qui, avant de se retirer dans l'anonymat le plus total, a écrit un livre de référence sur la criminologie et la médecine légale. Un homme rattrapé par son passé d'agent secret.

Un ex-djihadiste né en Arabie saoudite décide un beau jour qu’il est temps de rayer les Américains de la carte. Dans ce but, il concocte un variant de la variole plus violent que celui d’origine. Aucun vaccin au monde ne protégera contre cette version trafiquée. Pour le tester, avant d’infecter ses trois cobayes (deux hommes et une femme), l’homme avait pris soin de les inoculer avec le meilleur vaccin existant qu’il avait volé dans un laboratoire ultra sécurisé. Le surnom de cet homme est le Sarrasin.

En l’absence d’un vaccin efficace, aucun pays au monde ne pourrait survivre à une attaque de variole de grande ampleur, pas même un pays comptant trois cents dix millions d’habitants, à l’origine de cinquante pour cent de la richesse du monde, détenant suffisamment d’armes nucléaires pour détruire plus de cent fois la planète, et ayant produit plus de Prix Nobel en sciences et en médecine que toute autre nation. Il serait aussi impuissant face à la variole majeure que les trois prisonniers gisant morts dans leurs propres sécrétions au fond de leur tombeau de pierres.

Pour lire les premiers extraits :

https://situationplanetaire.blogspot.com/2021/12/bioterrorisme-rampant.html

Progression du projet morbide

Le Sarrasin avait fait livrer ses dix mille fioles d’holocauste liquide au laboratoire Chyron Chemicals, à Karlsruhe, Allemagne, où «il avait obtenu une place de magasinier dans l’équipe de nuit. Chyron Chemicals était l’un des fabricants et exportateurs de médicaments les plus respectés au monde».   

(Précédemment)

P. 302-308

Il décida très vite que son premier objectif devait être de se protéger lui-même : la variole est un agent pathogène impitoyable et le risque était grand que, au cours de processus de synthèse complexe et instable, il commette une erreur.

Une fois la forme naturelle de la variole éradiquée de la planète, l’OMS se retrouva à la tête d’un énorme stock de vaccins... bien qu’un grand nombre de gens, par habitude, aient été vaccinés contre la variole – surtout des enfants du monde occidental –, le Sarrasin savait aussi que le vaccin perdait de son efficacité au bout de cinq ans. Résultat, plus personne au monde n’était immunisé. Ce qui était idéal compte tenu de ses objectifs. Sauf que sa cible, les États-Unis s’inquiétait de plus en plus d’une attaque terroriste par des armes biologiques et, à la suite du 11 septembre, avait décidé de produire et de conserver plus de trois cents millions de doses de vaccin, une par habitant. Le Sarrasin découvrit que jusqu’à vingt pour cent d’une population resterait sans protection : le vaccin ne prenait pas chez un certain nombre de personnes, et on ne pouvait pas l’administrer aux femmes enceintes, ni aux nouveau-nés, ni aux personnes âgées, ni à quiconque ayant un système immunitaire déficient.

P. 448-449

Il [le Sarrasin] arriva à Beyrouth, retrouva son austère petit appartement d’el-Mina et se remit au travail sans tarder. Avant de démissionner de l’hôpital local quelques mois plus tôt, il était allé faire une razzia dans la réserve, qui était affreusement mal rangée, et avait emporté avec lui deux combinaisons de protection et leur alimentation d’air, des boîtes contenant dix mille petite ampoules de verre qu’il avaient commandées spécialement pour ses projets, et un carnet d’étiquettes d’expédition officielles de l’hôpital.

Tout cela, il l’avait conservé dans son garage. Portant l’une des combinaisons et un réservoir d’oxygène, il s’employa à produire autant de supervirus que possible. [...]

Jour après jour, travaillant à partir de réservoirs pharmaceutiques qu’il avait bricolés pour en faire une sorte de bioréacteur de fortune, il transféra le virus mortel dans des flacons de verre, scella leurs bouchons de caoutchouc et les stocka dans des réfrigérateurs industriels d’occasion qu’il s’était procurés à Beyrouth.

P. 450-451

Ayant pris presque toutes les dispositions [d’expédition], le Sarrasin revint à son appartement et alla au garage. Les machines de séquençage de gènes, les tenues de protection contre les périls biologiques et le reste de l’équipement avaient déjà disparu, mis en pièces et brûlés en une bouillie non identifiable, puis transportés à la décharge du coin dans le coffre de sa voiture. Il plaça les flacons de virus hermétiquement fermés dans des cartons, colla les étiquettes officielles d’expédition de l’hôpital et, dans le champ approprié, les désigna comme «vaccin périmé».

Il mit les cartons au réfrigérateur, verrouilla le garage et monta à l’appartement. [...]

...trois hommes appartenant à une association caritative locale arrivèrent avec une camionnette pour récupérer son lit, son bureau et d’autres objets domestiques. Une fois tout ça chargé, il se retrouva seul dans son appartement vide.

[...] Pour la mort douce de l’Amérique, il avait fixé une date connue de lui seul, un jour qui perdurerait dans l’histoire, longtemps après sa propre disparition. [...] Il avait travaillé dur, mais, s’il voulait respecter son calendrier, il ne devait pas perdre de temps. Il sortit de son appartement, verrouilla la porte et mit le cap sur l’Allemagne.

P. 667-669 (Une fois au laboratoire) 

Quand bien même les cartons contenaient un agent pathogène de classe 4, aucun d’eux ne fut ouvert pour inspection, encore moins pour analyse. Les fonctionnaires débordés crurent ce qui figurait dans les documents qui les accompagnaient : il s’agissait de vaccinés périmés renvoyés à leur fabricant en Allemagne.

[Avisé de la livraison] le Sarrasin stocka immédiatement les cartons dans une zone rarement visitée de l’entrepôt [Chyron Chemicals], réservée aux emballages à jeter, et apposa, en turc et en allemand, une affichette sur le devant : NE PAS DÉPLACER. EN ATTENTE D’INSTRUCTIONS SUPPLÉMENTAIRES.

Son plan originel avait été de détourner des fioles d’un certain médicament destiné aux quarante plus grandes villes des États-Unis, de les vider de leur contenu et de le remplacer pas sa propre création. Un processus qui aurait été lent et dangereux. En arrivant le premier jour à son travail, cependant, il s’était rendu compte que ce ne serait pas nécessaire. Les fioles de verre dont il s’était servi au Liban ressemblaient tellement à celles utilisées par Chyron que même un œil d’expert aurait bien du mal à faire la différence. Il n’avait plus qu’à étiqueter. [...]

[...] Les petits flacons de virus de la variole seraient expédiés parfaitement camouflés aux États-Unis dans les quarante villes et il pourrait compter sur le système de santé américain pour faire le reste.

Il savait que changer les étiquettes serait long et fastidieux, mais, heureusement, il était seul dans l’équipe de nuit, et il y avait peu de travail réel pour le détourner de cette tâche. [...] Il serait prêt pour la date fatidique. Il ne restait plus que neuf jours.

P. 743

Il était évident qu’ils [président et directeur national du Renseignement] étaient sur la piste du vecteur humain et, même s’ils avaient raison quant à la méthode de dispersion, plus de cinq mille immigrants pénétraient chaque année dans le pays – preuve évidente de l’inefficacité de toute tentative de boucler les frontières.

P. 746 – 749

On était en Allemagne; les camions arrivèrent donc à l’heure. (...) Le gars de l’entrepôt était déjà au volant du charriot élévateur à fourche, prêt à aider au chargement des cartons de produits pharmaceutiques à expédier vers l’Amérique. (...) le Sarrasin était parvenu à entreposer le tout à l’arrière des camions en moins de cinq minutes. Tous les documents d’expédition étaient prêts et les chauffeurs savaient qu’avec lui point n’était besoin de vérifier : tout était toujours en règle.

[...] C’était fini, hors de son contrôle désormais, et le soulagement fût tel que les larmes montèrent. Il se sentit allégé de l’écrasante responsabilité de ces trois dernières années, de l’énorme fardeau consistant à accomplir le travail d’Allah. Il n’avait plus aucun contrôle sur son arme, et le sort de la mission, le bien-être des nations, la survie de ce qui restait d’innocence dans le monde, reposaient sur un système d’inspection aux frontières que le Sarrasin jugeait fragile, au point d’être quasi inexistant. Mais cela ne dépendait plus de lui; il avait fait tout ce qu’il pouvait, le reste était entre les mains de Dieu.

L’Amérique – le grand Satan – deviendrait ground zero, le taux de mortalité serait astronomique. [...] À court terme, le monde serait paralysé et voyager deviendrait impossible car les nations chercheraient la sécurité dans la quarantaine et l’isolement. [...] Personne ne pourrait prévoir oû allaient se déverser les rivières de l’infection.

Fin des extraits

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(1) D’hier à aujourd’hui, l’adhésion vaccinale jamais entièrement acquise

Mathieu Gobeil / ICI Radio-Canada Santé / 15 janvier 2022

À chaque époque – que ce soit au temps de la variole, de la polio ou de la rougeole – les autorités publiques ont déployé toutes sortes de moyens pour convaincre les populations de se faire vacciner, avec plus ou moins de succès. L’ère de la COVID-19, et l’hésitation vaccinale qui semble la caractériser, n’est pas si différente, rappellent des experts.

[...]

La variole à Montréal

En 1885, Montréal et le Québec vivent une épidémie de variole qui fera des milliers de morts, dont beaucoup d’enfants, et défigurera nombre de survivants.

     Durant l’épidémie, la Ville commence par vacciner les citoyens, puis impose la vaccination et l’isolement des malades. Beaucoup dans la population canadienne-française s’opposent aux vaccins, les jugeant inutiles et dangereux, mais se méfient aussi des autorités anglaises et de la médecine moderne.

     La population montréalaise, pauvre, connaît aussi à l’époque un des pires taux de mortalité infantile en Occident. Les vaccins, eux, pouvaient être de mauvaise qualité et l’injection se faisait dans des conditions d’hygiène inadéquates.

     «C'était un vaccin très expérimental et dangereux, au regard de ce qu'on connaît maintenant, de la science vaccinale. [...] Il y avait des accidents, des morts et d'autres infections qui naissaient de la vaccination antivariolique. C'est une des raisons pour lesquelles les gens la refusent à l’époque», rappelle Laurence Monnais, professeure d’histoire à l’Université de Montréal et spécialiste de l'histoire des maladies infectieuses.

     Des policiers vont chercher des enfants dans les maisons pour les faire vacciner de force. Des amendes sont données en cas de refus vaccinal.

     Le 28 septembre, des centaines de gens manifestent au centre-ville, s’en prenant aux immeubles et aux autorités; les policiers ripostent. Les violences cesseront par la suite. Les ecclésiastiques et la presse devront exhorter la population à se faire vacciner.

     «Les contextes épidémiques créent des angoisses particulières, rappelle Mme Monnais, professeure au Département d’histoire de l’Université de Montréal. Il y a un contrôle particulier de l'État, où l'urgence justifie des mesures extrêmes. On est aussi souvent face à des situations de polarisation sociale, d'aggravation des inégalités et des vulnérabilités.»

     «En 1885, l’obligation vaccinale va attiser les oppositions et les frustrations et pousser les gens à manifester, à se dire antivaccins. Mais pas forcément parce qu'ils sont antivaccins; ça devient un geste politique», explique-t-elle.

     L’historienne trace un parallèle avec la pandémie actuelle de COVID-19. Beaucoup refusent de se faire imposer quelque chose par les autorités ou l’État, mais ne sont pas nécessairement contre l’injection, à la base, rappelle-t-elle.

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