23 mai 2018

«Tu ne mentiras point» dit la Bible des chrétiens

NE MENS PAS, NE VOLE PAS, NE TRICHE PAS, NE VENDS PAS DE DROGUES... LE GOUVERNEMENT DÉTESTE LA COMPÉTITION  

Photo: REUTERS / Jonathan Ernst. U.S. President Donald Trump talks with Philippines President Rodrigo Duterte during the gala dinner marking ASEAN's 50th anniversary in Manila, Philippines November 12, 2017. Mutual praise, warm handshakes and even an impromptu love song at a lavish dinner suggest U.S. President Donald Trump and Philippine leader Rodrigo Duterte want a fresh start after the biggest breakdown in U.S. (Martin Petty – Reuters | World News)

Le mensonge et la dissimulation en politique donne envie de vomir. En particulier quand on lit ce genre de nouvelles :

Un ancien militaire témoin de l’enfouissement de 40 barils d'agent orange à la base de Gagetown

ICI Radio-Canada nouvelles | Nouveau-Brunswick

Un ancien militaire lève le voile sur ce que sont devenus certains des résidus de l'agent orange épandu à la base militaire de Gagetown, près de Fredericton, dans les années 1960.
   Ce défoliant cancérigène a été épandu à titre expérimental dans certains secteurs de la base par l’armée américaine, en 1966 et 1967, avec la bénédiction du gouvernement du Canada.
   Un ancien agent de police militaire à la retraite, Al White, affirme avoir assisté à l’enfouissement d’une quarantaine de barils d’agent orange le long d’un chemin isolé de la base, en 1985. Certains des barils étaient rouillés ou cabossés.
   L’épandage d’agent orange à la base de Gagetown a fait scandale une vingtaine d’années plus tard, lorsque d’anciens militaires ou civils qui avaient été en contact avec le produit ont commencé à avoir de sérieux problèmes de santé. Il est aujourd’hui reconnu que l’agent orange peut causer des maladies de la peau ou du foie et certains types de cancers.
   Ottawa a d’ailleurs accepté en 2007 d’indemniser les victimes. Le programme de 100 millions de dollars a été élargi en 2011 pour inclure de nouvelles victimes exposées au défoliant. (Il y aurait 10 sites d’enfouissement)
   «Je me suis dit : ‘Fini les secrets’. Il faut dire publiquement que ces choses se sont passées. J’aurais peut-être dû en parler il y a des années lorsque j’ai quitté l’armée. J’ai probablement eu tort de ne pas le faire.»
   Il souhaite maintenant que la Défense nationale fasse de nouvelles fouilles à la suite de ses révélations pour que «les gens puissent reposer en paix».

Article intégral :

Les incompétents ont la cote : le «cas» Doug Ford (candidat du parti conservateur ontarien)  

Si Doug Ford est élu, il s’entendra à merveille avec Donald Trump envers qui il a une admiration sans borne. On sait par ailleurs que Ford a payé des comédiens pour ses pubs de propagande sur Internet. On n’a pas cru que Trump serait élu, ne répétons pas l'erreur... 

"Vraies citations". Photo : Nathan Denette / La Presse canadienne

Sondage après sondage, les conservateurs de Doug Ford, cet ancien conseiller municipal torontois, frère et fidèle allié de feu le maire narcomane Rob Ford, arrivent en tête. Doug Ford s’est engagé à injecter 5 milliards de dollars supplémentaires dans le transport en commun. Et en bon conservateur, il a promis de réduire les impôts et de geler à 14 $ l’heure le salaire minimum. Surtout, il s’engage à retrancher 4 % des dépenses du gouvernement ontarien, soit 6 milliards par année.
   Un journaliste a mis en lumière la méconnaissance totale de M. Ford du système parlementaire lorsqu’il lui a demandé d’expliquer comment une loi était adoptée à l’Assemblée législative. M. Ford a refusé de répondre, accusant le reporter de vouloir le coincer. M. Ford fait aussi la guerre aux médias. De manière générale, M. Ford entretient une animosité envers les journalistes qui, pense-t-il, ne lui rendent pas justice. (Hélène Buzzetti à Ottawa | Le Devoir 12 mai 2018)

Article intégral :

On devrait initier une compétition prix «Nobel du Psychopâte»...

Juste pour le plaisir de la chose, j’ai pitonné sur Google «politiciens les plus menteurs».

Réponse 

L’homme politique est-il un menteur?
Agora Vox | Mercredi 7 décembre 2016

Affirmer ce qu’on sait être faux, nier ou taire ce qu’on devrait dire, exagérer ou minorer une situation, cacher des informations constituent des mensonges. Et ceux qui s’y livrent sont des menteurs.

Dès lors, tout le monde ment tout le temps. Les chefs d'entreprise, les syndicalistes, les écrivains, les journalistes, les blogueurs quelquefois aussi d'ailleurs. Tout le monde ment. La seule différence, c'est que les hommes politiques sont sous les projecteurs, donc ça se voit plus. Cela étant, il est incontestable que ce sont plutôt des menteurs éhontés et récidivistes qui parviennent à être élus aux plus hautes responsabilités. Ce qui est important pour les électeurs, c'est donc d'apprendre à détecter les mensonges en politique, pour ne pas se faire arnaquer.

Alors pourquoi la grande masse des électeurs, qui ne croient plus au discours politique, se méfient des promesses et accusent les élus de mensonges, continuent de voter, de plus, pour le même camp qui vient pourtant une nouvelle fois de les décevoir?

Mentir par idéologie. Le responsable politique s’inscrit dans une idéologie. L’emprise de l’idéologie écarte l’action politique de la réalité et de la responsabilité. La plupart des aprioris idéologiques ne tiennent pas devant le principe de réalité.
   Cependant, les promesses irréalisables entretiennent le sentiment profond d'être membres d'une communauté politique identique. L'émetteur et le récepteur de ces messages et de ces signes savent bien que ces promesses sont irréalisables et que ce sont des balivernes. Supprimer la pauvreté ou l'insécurité sont deux promesses intenables mais qui permettent de dire à ceux à qui elles sont destinées, dans leur langage (de droite, de gauche ou du centre) que l'on partage valeurs et vision politique analogues.
   D’ailleurs, ceux qui, par fidélité à leurs principes les plus sacrés, disent ce qu’ils pensent, sont traités en parias par leur propre parti.
   Il est dès lors tout aussi important de condamner les menteurs que de fustiger ceux qui veulent bien les croire alors qu'ils savent qu'ils mentent.

Mentir par médiocrité. La politique, paradoxalement, se contente d'un gouvernement médiocre mais pas de promesses et de joutes oratoires médiocres. Il faut être flamboyant et enflammer un auditoire qui le demande même et surtout en racontant n'importe quoi. Car les responsables politiques aujourd’hui n’ont pas la compétence pour comprendre et gérer la complexité des dossiers qui s’imposent dans le monde moderne. La plupart du temps, l’homme politique fait semblant de connaître les dossiers. Il se croit obligé de donner un avis sur tout et n’importe quoi. Très souvent une promesse qu’il ne tiendra évidemment pas.

Mentir par profession. Si les politiciens ont recours au mensonge, c’est parce qu’ils sont convaincus de sa rentabilité. Cette rentabilité n’a-t-elle pas été maintes fois démontrée? Les politiciens qui sont les plus habiles menteurs sont ceux qui durent le plus longtemps et qui obtiennent le plus de succès. Car pour exercer et garder son job, le responsable politique doit être à l’écoute de ses clients, de ses électeurs. Il fera tout pour être élu et réélu. D’où le programme et les promesses généreuses. Et pourquoi le mensonge est-il rentable? Tout simplement parce que le peuple le récompense, car en fin de compte, c’est toujours le meilleur menteur qui gagne.
   Puis il fera tout pour se maintenir au pouvoir. Faute de résultats, il fera des promesses encore et toujours et multipliera les boucs émissaires en cas de non-résultats. Ce qui fait qu’un homme politique au pouvoir passe plus de temps à trouver des excuses ou des raisons de ne pas avoir fait ce qu’il devait faire plutôt que de le faire vraiment.
   «À quoi bon sortir telle ou telle réforme si c’est pour se mettre à dos la moitié de la France et être battus aux prochaines élections. À quoi bon?» La plupart des réformes de fond sont donc repoussées de législature en législature. Keynes disait très cyniquement, «ne nous occupons que du court terme, à long terme on sera mort!»

Mentir par tempérament, par méthode, ou par raison. Simplement, il ne faut pas tout confondre parce qu'il y a plusieurs types de mensonges politiques. Il y a le mensonge d'État, comme il y a les hommes d'État. Il y a le mensonge politique et il y a le mensonge personnel.
   Mensonge d'État, pour prendre l'exemple le plus classique, dans les périodes de guerre. Emmanuel Kant pose la question de savoir si on a le droit de mentir dans certaines circonstances (doit-on dire la vérité à un malade ou dire un mensonge «de finesse» pour éviter un mal?). Pour le philosophe, il faut obéir à l'impératif catégorique qui prescrit une action comme nécessaire en elle-même, et non à l'impératif hypothétique qui subordonne l'action à une fin extérieure (l'intérêt, la diplomatie, la prudence) et donc proscrire le mensonge en toutes circonstances.
   Il y a ensuite les mensonges politiques hyper classiques. Là, on est servi parce qu'on a eu deux grands spécialistes à la tête de l'État, qui était François Mitterrand et Jacques Chirac.
   Et puis, il y a les mensonges qui sont des mensonges personnels, sur la santé, sur la fortune, sur les vacances, sur certains hommes politiques qui se font une spécialité des vertus familiales et qui, quelquefois, mènent une vie de bâton de chaise en même temps.
   Pour autant, il n'y a pas de petits mensonges. À partir du moment où un politique cache la vérité, il commet une faute. Dans la vie courante, promettre quelque chose que l'on sait ne pas ne pas pouvoir ou ne pas vouloir tenir, s'appelle un mensonge et le mensonge n'est pas considéré comme une «vertu».

Conclusion. Les Français, comme d'autres peuples démocratiques, ont développé au fil du temps un certain cynisme acceptant cette politique du mensonge et de la considérer comme normale.
   La question du mensonge est liée au langage, comme celle de la vérité. «Le langage a été donné à l'homme pour dissimuler sa pensée» (on pourrait ajouter ‘pour mentir’) disait, non sans cynisme un homme célèbre pour sa longévité politique : Talleyrand.
   Or le principe démocratique «fondé sur la libre détermination des grands choix par la majorité, se condamne lui-même à mort si les citoyens qui effectuent ces choix, se prononcent presque tous dans l’ignorance des réalités» (in «La connaissance inutile» Jean-François Revel). Nietzsche a souligné la relation essentielle entre la morale et la mémoire. La survie de la société repose sur la capacité des hommes (au moins d'une majorité d'entre eux) à tenir leurs engagements. Par contre Machiavel pense que «la fin justifie les moyens», que l'unité et la stabilité de l’État sont des valeurs absolues. À la question «le mensonge est-il une vertu en politique?», il répondrait donc : oui. Le réalisme politique de Machiavel s'appuie sur une vision pessimiste de l'homme : les hommes sont méchants, inconstants et déraisonnables. Le but de la politique, nous apprend Platon, n'est pas la simple conservation de la cité, mais de permettre aux hommes qui la composent de mener la vie la meilleure possible.
   Y a-t-il un mince espoir pour que la situation change? Seul le peuple a le pouvoir d’effectuer ce changement, en récompensant la vérité et en punissant sévèrement le mensonge. Le mensonge ronge la politique comme un cancer ronge le corps d’un malade. Il constitue un abus de confiance et il doit être condamnable, quelle qu’en soit la forme.

21 mai 2018

Victoria Day ou Journée nationale des Patriotes

Les bannières et les drapeaux sont des symboles identitaires nationaux mais aussi des outils idéologique – ou comme on dit, cela sert à afficher ses couleurs, ses valeurs, ses croyances, sa culture, ses origines, sa confession, son groupe d’appartenance, etc. Même si au départ le patriotisme indique une volonté de se libérer d’un joug quelconque, dans la conduite des affaires humaines, il engendre bains de sang, assassinats, et génocides... «La seule vraie misère ici-bas c’est de ne pas avoir de pays. Toutes les guerres sont faites pour voler celui qu’on n’a pas et garder celui qu’on a», disait Félix Leclerc. Voilà qui résume le drame qui se joue entre la Palestine et Israël. Le pire, c’est que le monde entier s’en mêle, fournissant capitaux et armement des côtés de la clôture. On n’est pas sortis de l’enfer...

Victoria Day 

Je comprends mal qu’on célèbre encore l’anniversaire de naissance de la reine Victoria. Les anglo-canadiens conservateurs sont sans doute très attachés à ce symbole de domination colonialiste. L’ex premier-ministre conservateur Stephen Harper a toujours affiché sa dévotion inconditionnelle envers la monarchie britannique. À l’occasion du jubilé de diamant d’Elizabeth II, Harper a commandé un portrait proportionnel à son admiration, mesurant trois mètres de haut sur deux mètres de large, qui aurait coûté 100 000 $ (peut-être plus) aux contribuables – une dépense que les partis de l'opposition trouvèrent «indécente».

Photo : La Presse canadienne/Sean Kilpatrick, juin 2012. De gauche à droite : le peintre Phil Richards, le premier ministre Stephen Harper, la reine Elizabeth II et le gouverneur général David Johnston, lors de la cérémonie de dévoilement.

Je pense que beaucoup d’anglo-canadiens, qui ne boudent certes pas le congé férié, trouvent néanmoins l’objet de la célébration plutôt ridicule.

Let's get rid of Victoria Day – Why, in this country that champions itself as a world leader in multiculturalism and diversity, do we continue to set aside a national holiday to honour a foreign monarch who died 107 years ago and who was once the head of the Anglican Church? Why Canada, which claims to be independent, keeps marking the birth of a long dead British queen who never set foot on this soil, yet doesn't have a single national holiday to honour a Canadian? Indeed, Canada is virtually the last country to mark Victoria Day. ~ Bob Hepburn (Star Columnist  May 15, 2008)

Photo : William James Topley. Archives Canada, PA-013007. Cette souveraine «psychopâte» haute comme trois pommes aurait dit : «Il vaut mieux être cruel que faible.»

Victoria, une femme détestable à plusieurs égards, était en outre férocement contre le «dangereux, antichrétien et antinaturel mouvement des droits de la femme» – elle ne voulait pas de compétition...  

«... Elle s’éleva énergiquement contre l’ingérence du sexe féminin dans la politique et contre l’activité professionnelle des femmes. C’est ce qui ressort d’une lettre adressée au député libéral William Ewart Gladstone. … En 1869, au Royaume-Uni, les femmes avaient recouvré, pour les élections municipales, un droit de vote partiel aboli plus de trente ans auparavant. L’année suivante, une nouvelle loi accordait aux femmes une forme de droit à la propriété même en cas de dissolution du mariage. En 1870, un autre projet de loi, qui prévoyait d’accorder aux femmes un droit de vote illimité, fut rejeté par Gladstone. … Un débat passionné se déchaîna dans l’opinion publique sur la question de savoir quelle était finalement la véritable sphère naturelle de la femme. L’idée d’une stricte séparation entre vertus privées et publiques fut de plus en plus attaquée. La reine elle-même n’était-elle pas l’illustration de la capacité des femmes à jouer le rôle d’un homme dans le règlement des affaires politiques et sociales? Toutefois Victoria s’éleva énergiquement contre toutes les tentatives d’étendre le champ d’activité de ses consœurs au-delà des œuvres de bienfaisance.» 

Lettre de la reine Victoria à William Ewart Gladstone
[Écrite à la troisième personne, bien sûr]

Osborne, 6 mai 1870

«Les circonstances se rapportant à la loi qui voudrait donner aux femmes l’égalité des droits pour les élections au parlement conduisent la reine à faire remarquer qu’elle s’est efforcée depuis un certain temps d’attirer l’attention de Mr Gladstone sur les actuels efforts extravagants et complètement démoralisants qui entendent ménager aux femmes les mêmes positions professionnelles qu’aux hommes, entre autres dans le domaine de la médecine. [...] Elle attache beaucoup de prix à faire savoir que non seulement elle réprouve, mais elle abhorre ces tentatives qui mènent à la ruine de toute bienséance et de tout sentiment féminin – car tel serait le résultat inévitable de ces propositions. La reine est femme elle-même et sait combien sa propre position est anormale. Celle-ci peut manifestement s’accorder avec la bienséance et la raison, encore que cela soit terriblement pénible et pesant. Mais supprimer toutes les barrières et proposer que des femmes étudient avec des hommes, et des choses qui ne peuvent même pas être nommées en leur présence, et certainement pas dans une dans une assemblée mixte, signifierait l’oubli de tout ce qui doit être considéré comme faisant partie des lois et principes de la morale.
   Les sentiments de la reine face à ce cri de guerre dangereux, antichrétien et antinaturel, et à ce mouvement des «droits de la femme» sont si violents [...] qu’il lui importe beaucoup que Mr Gladstone et d’autres entreprennent quelque chose pour écarter ce danger alarmant, en se servant de son nom autant qu’ils le voudront [...].»

Source : «Les plus belles lettres de femmes»; Laure Adler & Stefan Bollmann;  
Flammarion 2012

Journée nationale des Patriotes 

Les révolutions de cette époque (à travers le monde), sous le règne de la reine Victoria, ont toutes été réprimées et les rebelles sévèrement punis : pendaison, exil, torture, saisie des terres et des biens... On reproche d'ailleurs encore à cette souveraine de n'avoir que si peu réagi à toutes les révolutions et leurs fondements, se contentant de les écraser et de réprimander le peuple (Rapport Durham).

Que célèbre-t-on au Québec chaque lundi précédant le 25 mai de chaque année?

À part le Canada anglais (et peut-être l’Écosse?), plus aucun pays, pas même la Grande-Bretagne, ne célèbre l’anniversaire de la reine Victoria. La vaste majorité des Québécois avaient convenu depuis longtemps de la nécessité de revitaliser le sens d’un tel jour férié.
   Le 22 novembre 2002, le gouvernement du Québec a finalement proclamé que le lundi précédant le 25 mai serait désormais connu au Québec sous le nom de Journée nationale des Patriotes visant à souligner «la lutte des Patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance nationale de notre peuple, pour sa liberté politique et pour l`obtention d`un système de gouvernement démocratique. [...] Nous avons choisi d'honorer de cette manière la mémoire des hommes et des femmes qui, depuis l'implantation des institutions parlementaires en 1791, ont milité pour les droits de la majorité, dont celui du peuple à se gouverner lui-même». 

Était-ce une guerre entre francophones et anglophones?

Plusieurs ont vu dans les rébellions de 1837-1838 un affrontement strictement racial, opposant des francophones aux anglophones. La vérité est plus complexe. La cause patriote consiste d’abord à obtenir les réformes juridiques et politiques nécessaires au bien de la majorité, des revendications semblables à celles défendues à la même époque dans d'autres pays et où on mène des luttes comparables, sans que la langue ou la race ne soient en cause. D’abord politique, le projet patriote revêt aussi un volet social et économique consistant à faire en sorte que les agriculteurs et les petits entrepreneurs puissent briser le monopole des riches marchands et administrateurs coloniaux qui s’accaparaient des ressources de la colonie. [Plus ça change, plus c’est pareil...]  

Que sont devenus les Patriotes?

En attendant, la répression sera très dure envers les Patriotes. Rien que pour 1838 on emprisonne 850 hommes, 1 240 au total pour les deux soulèvements. Du nombre, douze sont pendus et 58 exilés en Australie. Il faut aussi rappeler la demi-douzaine de villages qui seront incendiés, les fermes détruites ou pillées, les femmes et les enfants jetés sur les routes. Des milliers de réfugiés sont aussi forcés de quitter le Québec.
   Pour plus de sûreté, le gouvernement anglais abolit le parlement du Bas-Canada où dominaient les Patriotes, suspend les droits de la personne et instaure une loi martiale qui résume le gouvernement du Québec à une simple dictature. La mesure la plus dramatique consiste cependant dans l’union forcée du Bas-Canada avec la colonie voisine du Haut-Canada, afin que jamais plus les francophones ne puissent revendiquer un État français au sein d`une Amérique britannique. Ce n’est qu’en 1841 que d’ex-Patriotes sortent timidement de l’ombre. Parmi eux, un ancien lieutenant de Papineau, Louis-Hyppolite La Fontaine, propose le pari risqué consistant à coopérer avec les institutions de l’Union en échange de certaines garanties en matière de coutumes et de droit. Le plan de La Fontaine connaît son apogée en 1848 quand le Canada-Uni obtient la responsabilité ministérielle. Le Canada peut enfin se dire libre et indépendant, mais le Québec est désormais fondu avec l’Ontario et, progressivement, avec huit autres provinces canadiennes. À son retour d`exil en 1845, Louis-Joseph Papineau monte aux barricades, dénonce La Fontaine et réclame en vain le rappel de l’Union de 1840.

Faut-il être fiers des Patriotes?

Tous les peuples rendent hommage à des héros qui leur donnent raison d’être fiers de ce qu’ils sont devenus. Les Patriotes de 1837-1838 sont les plus précieux héros du combat pour la liberté dont dispose le peuple du Québec. Loin de se résumer à une poignée de paysans fanatisés, ils furent d’authentiques idéalistes, épris de justice et qui luttèrent ensemble. Leur défaite même devrait les grandir à nos yeux tant elle prouve ultimement qu’ils n’hésitèrent jamais à engager une lutte inégale, au nom d’une cause qu’ils jugeaient juste et dont nous sommes tous redevables encore aujourd’hui.
«Vaincus dans la lutte, ils ont triomphé dans l’histoire»

Source :

Une copie du testament politique du patriote De Lorimier trouvée à Rimouski

ICI Radio-Canada nouvelles, le vendredi 18 mai 2018
Un texte d’Édith Drouin d’après une entrevue de l’émission Le monde aujourd’hui

Photo : Gracieuseté BAnQ

La plus ancienne copie connue du testament politique d'un des grands patriotes, François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier, a été retrouvée dans les archives de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) à Rimouski.
   C’est en cherchant dans une boîte de testaments léguée l’an dernier par le séminaire de Rimouski que Guillaume Marsan, l’archiviste coordonnateur de BanQ Rimouski, est tombé sur un document sur lequel il était inscrit «Prison de Montréal, 14 février 1839, 11 heures PM». Ce détail a piqué sa curiosité.
   Il a par la suite découvert qu’il s’agissait de la transcription exacte du testament politique du patriote De Lorimier et d’une copie du discours de Charles Hindelang, qui a été pendu en même temps que De Lorimier.
   Le testament politique trouvé par Guillaume Marsan serait la plus ancienne copie du document rédigé par De Lorimier, en prison, quelques heures avant qu’il soit pendu.
   Des copies du document ont circulé clandestinement à l’extérieur de la prison alors que la loi martiale était en vigueur, mais la version originale rédigée par De Lorimier lui-même n’a jamais été retrouvée.
   Les copies auraient pu être écrites par d’autres prisonniers ou par des membres de sa famille, comme sa veuve qui s’était exilée au Vermont.
   Une de ces copies s’est retrouvée entre les mains de l’agriculteur Lambert Richard de Saint-Pascal, au Kamouraska, en 1840. Le document a ensuite été légué, de père en fils, et de père en fille. La petite-fille de Lambert Richard l’aurait ensuite donné au curé David Alexandre Michaud de Saint-Octave de Métis en 1937.

Article intégral incluant une transcription du testament :

Dossier BAnQ

20 mai 2018

Je rêve d’un Mois international sans armes

Il y a des Journées internationales sur tous les thèmes imaginables. Pourquoi pas un Mois international durant lequel toutes les armes seraient prohibées. Ce ne serait pas la fin du monde, mais peut-être le début d’un nouveau monde. Un mois de relative paix sans pétarades, explosions, coups de feu, hécatombes, sans cris, gémissements, pleurs et bains de sang, etc. Imaginez cela un moment.
   «Cela pourrait se faire si notre planète n'était pas dominée par l'égoïsme le plus primaire, fondé sur des idéologies ou des croyances de tous ordres, et n'était pas le siège d'un immense gâchis dans tous les domaines, incluant les sommes phénoménales que nous engloutissons dans les armes et les projets militaires.» ~ Alorie Gilbert, journaliste (cofondatrice et militante de Moms Demand Action for Gun Sense in America depuis 2013)

AFP, vendredi 4 mai 2018 DALLAS – Le président Donald Trump a affiché un soutien sans réserve au puissant lobby américain pro-armes, la NRA, promettant de protéger le droit des Américains à détenir une arme, six semaines seulement après la plus grande manifestation de l’histoire des États-Unis réclamant un renforcement des contrôles.  «Cette administration se bat pour protéger le deuxième amendement (de la constitution) et nous le protégerons», a-t-il lancé lors de la convention annuelle de la National Rifle Association (NRA), dans la ville texane de Dallas. Il était accompagné de son vice-président Mike Pence.


Les États-Unis sont le seul pays développé du monde où se répètent désespérément les fusillades en milieu scolaire. Il est désormais plus dangereux d’aller à l’école qu’à la guerre!

Coïncidence? C’est au Texas que la dernière fusillade s’est produite.

Fusillade à Santa Fe, Texas

Encore une fois, la NRA va certainement crier haut et fort que c’est parce qu’il n’y a pas suffisamment d’individus armés.

C’est la 292e fusillade en milieu scolaire depuis le début de 2013 et la 22e depuis le début de 2018.
   Armé d’un fusil et d'un revolver appartenant à son père, le tireur a fait irruption dans une classe et a ouvert le feu, tuant 10 personnes et en blessant 13 autres.
   «C'est le moment du deuil», a déclaré le membre du Congrès Randy Weber à des journalistes. Il s'est montré agacé lorsqu'il a été interrogé pour savoir si la sécurité ne serait pas meilleure si les armes à feu n'étaient pas aussi facilement disponibles.  «N'oubliez pas dans quel état vous êtes. Il y a plus d'armes au Texas que dans tous les autres États», a-t-il dit.
   Il est peu probable que les appels à un durcissement de la législation sur les armes à feu résonnent dans le Texas comme il en avait été question après le massacre d’il y a trois mois, où 17 personnes ont été tuées par un tireur de 19 ans à l’école secondaire de Parkland, en Floride.
   L'administration Trump avait alors assuré qu'elle augmenterait l'aide aux États qui veulent armer les officiers présents dans les écoles, comme ceux qui sont intervenus à Santa Fe. Une promesse qui a peu de soutien de la part du monde éducatif.


Voici une preuve supplémentaire que le port d’arme en tout temps et tous lieux approuvé par le gouvernement américain est totalement irresponsable. La nouvelle suivante n’est pas un canular. Cependant elle symbolise une Amérique en train de se tirer dans le pied.  

Un chien tire accidentellement sur son maitre

Richard Remme, 51 ans, de Fort Dodge en Iowa, s’amusait sur le canapé avec son compagnon à quatre pattes Balew. Voulant le faire descendre de son giron, le chien a alors tenté de retourner sur les genoux de son maître. Or Remme portait à la ceinture son pistolet Ruger 9 mm.
   «J’étais sur le canapé et on faisait les fous, le chien et moi. Je le descendais de mes genoux et il y revenait en sautant», a relaté le quinquagénaire barbu au journal local The Messenger. Balew, un croisement entre un pitbull et un labrador, a semble-t-il désactivé le cran de sûreté de l’arme en l’accrochant avec son harnais, puis a appuyé sur la détente avec sa patte. La balle est partie se loger dans la jambe de son maître.

«Se faire tirer dessus par son chien n’arrive qu’en Amérique», a commenté Shannon Watts, fondatrice de Moms Demand Action for Gun Sense in America, une organisation qui lutte contre la prolifération des armes aux États-Unis. https://momsdemandaction.org/

Qui a besoin de plus d’ennemis? Un coup parti, les Américains devraient armer leurs chiens...

Si la balle avait touché les génitaux du bonhomme, il aurait été éligible à un Prix Darwin. Les Darwin Awards saluent l'amélioration du génome humain en récompensant ceux et celles qui se sont accidentellement retirés du patrimoine génétique global à la suite de comportements particulièrement stupides. Les prix sont le plus souvent décernés à titre posthume sinon à des individus devenus stériles. Il y aussi une catégorie de prix «Numb Nuts». http://www.darwinawards.com/ 

Exemples : 

– An American teenager was in the hospital recovering from serious head wounds received from an oncoming train. When asked how he received the injuries, the lad told police that he was simply trying to see how close he could get his head to a moving train before he was hit. (!!!)

– April 2018, Perth, Australia: Footage posted to Facebook and Instagram shows an athletic male train-surfer waving to the camera before leaping off a moving train as it crosses the Fremantle Bridge. Seemingly ignorant of the effect of momentum on his trajectory, the daredevil nearly smacks a pylon as he slams into the water. Compounding this blatant disregard for personal safety, our Honorable Mention ignores the presence of overhead high-voltage wires that are fully capable of killing a man with a 25,000 volt electric arc. “He surely deserves a Newton Award. A great video for physics teachers to demonstrate the Laws of Motion.” http://www.darwinawards.com/stupid/stupid2018-02.html

– 11 December 2016, England: Drop an iPhone into your bath water, no biggie, all you get is a nasty repair bill. But drop a charging iPhone into your bathwater...and suddenly coroners are demanding warning labels.
   It is with chagrin that this writer, known to bathe while poking at her laptop keyboard, shares news of the explicable demise of Richard Bull and his iPhone. Mr. Bull, 32, plugged his charger into an extension cord and rested the charger on his chest while using the phone in the tub. He received severe burns on his chest, arm, and hand when the charger touched the water in his West London home, which mattered little as he was already dead from heart failure.
   Those of us who plug into plugged-in electronics must heed the coroner's warning and take a breather in the loo. The sparky mix of electricity and water is a fact known to all, yet the doctor who conducted the iNquest plans to send a stern note to Apple. Perhaps one more warning label will solve our problem?

En complément :

18 mai 2018

Incompétence et cupidité chroniques

Le Canada est un buffet chinois «all you can eat» ouvert à tous. Ce terrifiant constat indique un degré d’irresponsabilité alarmant tant chez les élus fédéraux que provinciaux. D’un côté, ils prônent le passage aux énergies durables, et de l’autre, ils invitent les investisseurs étrangers à supporter les projets les plus polluants qui existent, quand ils n’investissent pas eux-mêmes l’argent des fonds publics. Aucune norme contraignante n’est respectée. Certains élus souffrent d’incompétence et de cupidité chroniques incurables. L’ingrédient actif de l’abus de pouvoir est le maintien de la corruption à la base de notre système socioéconomique mondial. 

Les machines à cash sont sans pitié. Je parierais que les profits de Kinder Morgan dépassent le PIB canadien. Pourtant, le gouvernement fédéral offre des milliards de dollars à cette compagnie en compensation et soutien financier. C’est honteux. Pire encore, le gouvernement et Kinder Morgan veulent que la Première Nation Tsleil-Waututh (Colombie-Britannique) paie leurs frais juridiques dus à l’impasse politique interprovinciale et aux délais «significatifs» causés par l’opposition au pipeline Trans Mountain. Un avocat de Kinder Morgan basé au Texas a présenté une requête à la Cour d’appel fédérale le 14 mai. La procureure générale du Canada, Jody Wilson-Raybould, a présenté une requête similaire distincte le 11 mai. Le prétendu désistement de KM est du chantage. De son côté, Notley menace encore la Colombie Britannique de sanctions telles que le rationnement en carburant. 

Cette photo est d'une éloquence... 

“Frankly, John, we don’t give a damn about environment and First Nations.” (Notley & Trudeau Gas Station, Alberta)

Canada and a Texas energy company want a First Nation to pay for their legal fees over stalled pipeline project

Mike De Souza | National Observer | May 16th 2018

Canada and an American energy company want a First Nation in British Columbia to pay for their legal fees following ‘significant’ delay and prejudice to a stalled pipeline expansion project.
   A lawyer for Texas-based Kinder Morgan made this request in a newly-released court submission from May 14 that was sent to the Federal Court of Appeal. Counsel for Canada’s Attorney General, Jody Wilson-Raybould, made a similar request in a separate submission on May 11.
   The submissions were responding to an extraordinary motion submitted on May 2 by the Tsleil-Waututh Nation, requesting that the court compel the government to release uncensored copies of federal documents cited in a recent investigation by National Observer, including the release of new secret cabinet documents.
   The National Observer investigation quoted internal documents and unnamed public servants who said that Prime Minister Justin Trudeau’s decision to approve Kinder Morgan’s Trans Mountain project was rigged. The documents and information released by whistleblowers show how a high-ranking official instructed public servants to find a way to approve the project, even though the government was supposed to be consulting and accommodating First Nations at that time.
   Neither the company, nor the government denies that the high-ranking official provided these instructions, but they both claim any such behaviour is “irrelevant” because it doesn’t reflect the “actions” taken by Trudeau’s government in its official meetings with the affected First Nations.


The Loonie (huard)

COMMUNIQUÉ : 120 personnalités et organisations du Québec appellent à la mobilisation d’urgence contre l’expansion du pipeline de Kinder Morgan

RVHQ  | 2018-05-15

Déclaration pour une transition juste

Cette déclaration intitulée «Ensemble contre l’expansion du pipeline de Kinder Morgan et pour une transition écologique juste» est signée par 120 personnalités et organisations solidaires des Premières Nations, des communautés ainsi que du gouvernement de la Colombie-Britannique qui s’opposent au projet de Kinder Morgan. Les signataires de la déclaration ont également lancé un appel à une mobilisation d’urgence le 27 mai prochain à 13h30 à la Place des Festivals à Montréal pour exiger que Justin Trudeau rejette le projet de Kinder Morgan, refuse de le financer et respecte le droit des Premières Nations et le droit pour la Colombie-Britannique de refuser ce projet dangereux. Les organisations qui le désirent pourront signer la déclaration jusqu’au 27 mai prochain.
   La Déclaration rappelle d’ailleurs qu’en tant que «signataire de l’Accord de Paris, le Canada doit s’engager rapidement dans une transition juste et profonde qui réduira significativement notre dépendance aux hydrocarbures, nos émissions de gaz à effet de serre (GES) et créera une économie et des emplois plus écologiques. Cette transition requiert des ressources, une planification et un leadership qui doit venir de tous les paliers de gouvernements.»
   Le projet de pipeline de sables bitumineux Trans Mountain de Kinder Morgan est plus que jamais incertain depuis que l’entreprise a interrompu certains travaux en avril. La mobilisation des Premières Nations et de la population, les nombreux recours légaux, la fragilité économique du projet et les actions bien légitimes du gouvernement de la Colombie-Britannique pour protéger l’environnement ont créé une trop grande incertitude pour l’entreprise. Elle a par conséquent établi une échéance au 31 mai pour résoudre la situation.
   Le Premier Ministre Justin Trudeau s’est pour sa part porté à la défense de l’entreprise du Texas et a annoncé que son gouvernement prendra les moyens financiers et législatifs pour que ce projet se réalise malgré l’impasse politique dans laquelle il est embourbé.
   Les signataires de la déclaration rappellent également que «M. Trudeau a aussi promis de mettre en oeuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, laquelle prévoit que les Premières Nations doivent donner leur consentement libre, préalable et éclairé à des projets sur leurs territoires. De nombreuses Premières Nations en Colombie-Britannique s’opposent farouchement au projet Trans Mountain. 150 Premières Nations au Québec, au Canada et aux États-Unis ont d’ailleurs signé un traité d’alliance contre toute expansion des sables bitumineux et en faveur d’une transition énergétique juste.»

La déclaration est ici et les organisations peuvent la signer d’ici le 27 mai prochain.

Citations des intervenants de la Déclaration :

Dominic Champagne : «À l’heure où la raison scientifique exige que l’on laisse dans le sous-sol 80 % des ressources connues en pétrole, à l’heure où la transition énergétique exige que nous investissions dans un éloignement des combustibles fossiles, il est immoral que le Canada, signataire de l’Accord de Paris, continue de subventionner l’industrie du pétrole mortifère.»
   Le Grand Chef Serge ‘Otsi’ Simon du Conseil Mohawk de Kanesatake au nom de 150 Premières Nations au Canada et aux États-Unis qui ont signé le Traité autochtone contre l’expansion des sables bitumineux : «Alors que Kinder Morgan et le gouvernement Trudeau développent leurs stratégies d’ici la date limite du 31 mai, ils devraient tenir compte du fait que les Premières Nations d’est en ouest se tiendront côte à côte avec les Premières Nations de la Colombie-Britannique qui refusent de donner leur consentement au projet. Le mouvement à l’est qui a stoppé le pipeline de sables bitumineux Énergie Est ne permettra pas à ce même pétrole sale de s’échapper vers l’ouest.»
   Véronique Côté : «Soyons solidaires, soyons visionnaires, et rendons notre monde plus habitable. La justice climatique est le principal défi de notre siècle, tout le monde peut et devrait se mobiliser pour défendre notre droit à vivre ensemble sur une planète hospitalière. Prenons position : choisissons les vivants, et laissons les fossiles où ils sont.»
   Éric Pineault : «En appuyant financièrement le projet d’expansion Trans Mountain le gouvernement Trudeau aide cette entreprise Texane à construire un pipeline qui contribuera à doubler la production de pétrole issu des sables bitumineux. Cette croissance nous enferme à long terme dans une économie qui dépend du pétrole sale et elle nous empêchera de respecter les engagements climatiques que nous avons pris à Paris. Il n’y a pas de conciliation possible entre une économie qui vise la réduction des émissions de GES et l’expansion de la production de pétrole issu des sables bitumineux. Le gouvernement Trudeau, s’il est sérieux dans son désir de respecter nos cibles de réduction de GES, devrait tout mettre en oeuvre pour appuyer les gouvernements, communautés et Premières Nations ainsi que les entreprises qui peuvent contribuer à la transition écologique, pas celles qui en sont le principal obstacle.»
   Anne-Céline Guyon : «Toutes les personnes aujourd’hui présentes ont combattu ou soutenu la lutte contre le projet de pipeline Énergie Est. Il est donc tout naturel de nous réunir à nouveau, d’être ici, ensemble, en solidarité avec nos soeurs et frères de l’ouest pour dire non à Kinder Morgan, non à l’expansion des sables bitumineux.  Mais nous sommes aussi ici afin d’exiger du gouvernement Trudeau une vraie politique de transition énergétique, respectueuse des Premières Nations, des communautés et des travailleuses et travailleurs.»
   Patrick Bonin, Greenpeace Canada : «Le gouvernement Trudeau renie l’Accord de Paris et perd toute crédibilité dans sa volonté de réconciliation avec les Premières Nations quand il propose de financer et de forcer le passage de ce d’un pipeline alors qu’il n’a pas le consentement des Premières Nations et que le gouvernement de la Colombie-Britannique s’y oppose. Après avoir rejeté le projet de pipeline Énergie Est de TransCanada, la population du Québec ne restera pas les bras croisés alors que Justin Trudeau veut imposer un pipeline à une province, à des communautés et à des Premières Nations qui n’en veulent pas.»

COMMUNIQUÉ RVHQ Montréal, le 12 avril 2018 – Aujourd’hui, 40 groupes citoyens et organismes du Québec ont écrit au premier ministre Justin Trudeau ainsi qu’aux ministres Catherine McKenna et Jim Carr afin de les exhorter à retirer immédiatement leur appui au projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan.
   Ces groupes, dont certains ont été pendant des années au coeur de la mobilisation populaire contre le projet d’oléoduc Énergie Est, jusqu’à ce qu’il soit annulé l’automne dernier, estiment que la crise actuelle entourant le dossier Kinder Morgan concerne toute la population du Canada.  
   Les signataires de la lettre évoquent la mobilisation contre Énergie Est et rappellent les promesses du gouvernement Trudeau en matière de climat, d’environnement et de droits des Premières Nations.
   Parmi les 40 signataires, on compte: Alternatives, l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), la Coalition Vigilance Oléoducs (CoVO), le Conseil régional FTQ Montréal métropolitain, Eau Secours, Équiterre, la Fondation Coule pas chez nous, la Fondation Rivières, Greenpeace Canada, Nature Québec, Projet de la réalité climatique Canada, le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), 350.org, et beaucoup d’autres.

Lettre en français :

Version anglaise : https://bit.ly/2qu79vA  

Mise à jour Parano World

Caricature : Dave Granlund http://www.davegranlund.com/cartoons/

Gina Haspel confirmée à la tête de la CIA par le Sénat américain

Radio-Canada avec Reuters | 17 mai 2018 17 h 40

Le Sénat américain a validé la nomination de Gina Haspel à titre de directrice de la CIA, malgré son rôle controversé dans des programmes de torture après les attentats du 11 septembre 2001. Le décompte des votes a été de 54-45 en faveur de sa nomination. Une simple majorité de la chambre, composée de 100 membres, était nécessaire pour obtenir une confirmation. La candidature de Gina Haspel a ainsi été approuvée malgré la vive controverse qu'elle a provoquée. Plusieurs lui reprochaient avoir dirigé en 2002 une prison secrète de la CIA en Thaïlande où les détenus, soupçonnés d'appartenir au réseau terroriste Al-Qaïda, étaient fréquemment torturés. Plus tard, en occupant ses hautes responsabilités au sein de l'agence centrale de renseignement, elle a été impliquée dans la destruction de vidéos montrant des «interrogatoires renforcés», selon l'euphémisme utilisé sous le gouvernement de George W. Bush.  Ces séances de torture incluaient notamment des simulations de noyade.
Article intégral :

Dans une vidéo sur Gina Haspel, on voit des photos prises dans la prison secrète – la CIA n’a pas réussi à effacer tout le matériel compromettant semble-t-il (la pérennité Internet a ses bons côtés...) : 

When you are dead, you don’t know that you are dead. It is difficult only for the others. It is the same when you are stupid.

15 mai 2018

Bienvenue à Parano World

Commençons chez nous : des patrouilleurs armés jusqu’aux dents. Les policiers sont déjà équipés d’une arme de service, d’un fusil à impulsion électrique, auxquels s’ajoute maintenant le fusil d’assaut. Selon l’ancien directeur adjoint de la Sûreté du Québec, M. Marcel Savard, c’est la formation continue qui est l’enjeu car on ne réussit même pas à faire le maintien de compétences des policiers à 100 %. Bonne chance!

Vague d'achats de fusils d'assaut au sein des corps policiers du Québec
Thomas Gerbet | ICI Radio-Canada | Le 15 mai 2018

Des armes de guerre seront mises à disposition dans le coffre des autopatrouilles, pour réagir en cas d'attentat ou de tuerie. Une enquête de Radio-Canada révèle que les corps de police de la province commencent à équiper de fusils d'assaut les patrouilleurs qui circulent dans les rues. La nouvelle tendance ne fait pas l'unanimité, même chez les policiers.
   Le fabricant américain d'armes Colt l'a remarqué : les policiers québécois sont devenus de très bons clients pour ses fusils d'assaut.
   Le 2 février, la Ville de Laval a conclu un contrat gré à gré de 168 000 $ avec Colt pour l'achat d'armes longues et de puissantes munitions. Les fusils d'assaut ne sont pas destinés au groupe d'intervention, mais aux patrouilleurs.
   La police provinciale a reçu, ces derniers mois, 230 carabines Colt C8 des Forces canadiennes. Cent cinquante patrouilleurs doivent être formés «au rythme des budgets». Une centaine ont déjà suivi le cours et une quarantaine d'armes circulent déjà dans autant d'unités de patrouille à travers le Québec.
   En novembre dernier, la SQ a également conclu un contrat de 153 000 $ pour l'achat d'armes longues semi-automatiques et de munitions 300 Blackout à la compagnie MD Charlton.
   Durant l'année 2017, la Ville de Longueuil a conclu pas moins de 11 contrats pour un total de 751 000 $. Une douzaine de fusils d'assaut ont été achetés pour les équipes tactiques, ainsi que des accessoires – silencieux, matériel optique.
   Par ailleurs, des dizaines de milliers de munitions commandées serviront également aux armes longues des patrouilleurs. Ces derniers utiliseront des fusils d'assaut C8 fournis par l'armée canadienne.
«On devrait avoir un débat public sur cette question-là, croit Alexandre Popovic, porte-parole de la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP). Est-ce que c’est encore la police qui doit avoir le dernier mot? Ça va arrêter où? Est-ce qu’il va falloir qu’on ait des soldats à chaque coin de rue pour qu’on se sente vraiment en sécurité?»      
   «L’argent qu’on met là-dedans, pour militariser la police, c’est de l’argent qu’on ne met pas ailleurs, par exemple pour former les policiers à intervenir auprès de personnes qui sont en situation de crise», ajoute le porte-parole de la CRAP.
   Analyse semblable du côté du spécialiste en affaires policières Stéphane Berthomet. «Il est tout à fait compréhensible que les services de police souhaitent s'équiper pour parer à toute éventualité. Ceci doit toutefois s'inscrire dans une stratégie raisonnée face à une menace probable, et non dans une logique de militarisation, au détriment d'autres enjeux sécuritaires importants», souligne-t-il.
   Le professeur à l'école de criminologie de l'Université de Montréal Massimiliano Mulone n'en voit pas non plus l'utilité. «On vit dans une société où il y a de moins en moins de crimes, rappelle-t-il. Rien ne permet de penser que les policiers sont plus en danger qu'avant.»
Article intégral :

Allons chez nos amis étasuniens

Photo: Melina Mara / The Washington Post.
“What a dilemma the Men of Trump have offered feminists. You want a woman? Here’s a woman: Bloody Gina.” Heather Mallick, Star Columnist

Le front torturé de la tortionnaire Gina Haspel  

La morphologie de Gina Haspel présente des traits de personnalité en parfaite concordance avec ce qu’elle fut, et sera, aux commandes de la CIA – une sadique pathologique. En tout cas les Américains pourront compter sur le retour de la simulation de noyade, qui n’est pas de la torture selon les Bush père et fils.

Photo: Alex Wong / Getty Images; via The Intercept (1). J’ai recadré cette photo pour qu’on voie bien les multiples sillons qui ornent le front d’Haspel... présage d’un esprit tourmenté.

Imprimées et rapprochées au milieu du front, avec surélévation des sourcils, ces rides horizontales font penser à l’attention pénible d’un esprit qui sollicite tout son entendement pour résoudre des problèmes qui lui semblent difficiles. C’est la mimique de l'individu qui «cherche sa voie» et examine avec anxiété le milieu où il se débat. Généralement, les rides creusées à la partie moyenne et supérieure du front sont en corrélation avec le «complexe spectaculaire», c’est-à-dire la tendance morbide à voir, à épier et à s’exhiber, accompagnée d’un sentiment de culpabilité, lequel, dans certains cas peut devenir prépondérant, au point que l'individu hésite perpétuellement entre l’affirmation de soi et la crainte de s’affirmer. Les rides abaissées au milieu sont la marque de l’irrésolution, du doute anxieux. Les trajets sinueux et obliques sont le signe de la névrose menaçante, de l’amoindrissement du sens de la responsabilité. La pratique constante et prolongée de l’hypocrisie fait dévier les lignes du front vers les tempes. Plus les courtes lignes verticales au dessus des sourcils sont irrégulières et s’embrouillent, plus le risque de déséquilibre mental est à craindre.
   Tous les sillons verticaux entre les sourcils, au dessus du nez, expriment des sentiments où la volonté et l’intelligence s’exercent activement : convoitise, ambition, réflexion, effort, dégoût, défi, mépris, souci et souvent contrariété douloureuse. L'individu recherche obstinément un équilibre intérieur qui lui échappe. Il concentre des pensées difficiles à concilier, d’où parfois l’expression d’impatience, de maussaderie, de colère même. Les rides verticales intersourcilières font songer que l’individu n’est pas satisfait de la vie et dès lors on peut s’attendre à de la colère, et même à de l’agressivité, si le muscle «pyramidal» fait en outre dessiner à la peau la «ride du lion» juste au-dessus de la racine du nez – Haspel a une fente... (N’oublions pas que la contraction du muscle pyramidal et l’abaissement des sourcils qui en résulte se produisent chez les myopes et les personnes aux yeux sensibles pour des causes uniquement physiologiques. Les intellectuels présentent souvent des sillons intersourciliers très prononcés.)
   Quand une seule ride se dessine entre les sourcils on peut en conclure que l’individu a une propension excessive au repliement intérieur; il se regarde vivre; c’est un obsédé qui rumine indéfiniment son idée fixe en essayant vainement de l’expulser. (Évidemment la loi n’est pas fatale. Il se produit souvent des phénomènes de compensation qui créent un équilibre relatif.) L’individu à ride verticale unique doit suivre une hygiène mentale rigoureuse. Sinon il devrait redouter de choir, en un moment de dépression, dans ses obsessions, ses doutes, ses scrupules qui, chez certains prédisposés, deviennent vite une torture morale. Si le sillon vertical unique intersourcilier monte très haut et s’imprime dans le front (il atteint parfois la racine des cheveux) il faut voir là un indice d’une inclination à de terribles accès de colère et même la signature d’un tempérament violent, capable de céder à des impulsions criminelles. (Mais avant de dénoncer votre voisin porteur de ce signe comme un assassin, examinez si d’autres traits de son visage ne viennent pas atténuer un tel pronostic.)
   L’affaissement oblique de la paupière qui «bride» l’œil à sa partie externe dénote un esprit cachottier, qui sait garder les secrets; un esprit qui rumine des plans en secret, avare, diplomate et calculateur.
   La bouche aux coins rabaissés dénote amertume, volonté, domination de soi, orgueil. La bouche fendue de travers dénote le goût de l’ironie, la propension à la haine si la culture intellectuelle ne dérive pas l’instinct d’hostilité vers le monde des idées. Si les lèvres sont très minces on peut craindre l’insensibilité, la sécheresse, la fausseté.

(Inspiré/adapté de : «Les révélations du visage»; Jean des Vignes Rouges; Éditions J. Oliven, Paris 1937)

(1) Ahead of Vote on Gina Haspel, Senate Pulls Access to Damning Classified Memo
Ryan Grim | The Intercept | May 14 2018, 4:12 p.m.

As the Senate prepares for a Wednesday vote on whether to confirm Gina Haspel as director of the CIA, the Senate Intelligence Committee has restricted access to a classified memo that Democratic staff put together, detailing Haspel’s role in advocating for torture and later destroying related evidence.


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Stop Asking What Happened Before Someone Started Filming Police Brutality
Shaun King | The Intercept | May 14 2018, 1:47 p.m.

Black people don’t wear body cameras. We probably should, but we aren’t filming 360 degrees of our lives 24/7. So when an everyday black man, woman, boy, or girl ends up being confronted with racism or bigotry or police brutality of some kind, it just so happens that the filming tends to start when the horror is already well underway.

Photo: Joshua Lott / Getty Images; via The Intercept

That’s an important and necessary fact to lift up. When black folks are literally just living our lives, going about our business, we don’t think, “Golly, I should probably start filming right now just in case brutality or bigotry breaks out so that I have the beginning, middle, and end of it all on film.”
   That’s not how life works – not for African-Americans – or for anybody.
   So when a horrible viral video of racism or police brutality makes rounds online, it’s rare that the video starts before the encounter begins. By the time a bystander, or the victim, has the thought, “I should I pull out my camera and begin filming this,” the ugliness is normally well underway.
   And it’s that fact that is now producing a tired trope I hear every single day from people who witness the awful videos and then ask the question, “But what happened before this was being filmed?”


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Tweet by Shaun King (Josh Fox https://twitter.com/joshfoxfilm) :
Keeven Robinson, man who died during JPSO arrest, was asphyxiated, is homicide victim, officials say
By Ramon Antonio Vargas | Published May 14, 2018 at 10:10 am

Keeven Robinson, the 22-year-old man who died while being arrested by Jefferson Parish Sheriff’s Office deputies last week, was asphyxiated, and his death is being investigated as a homicide, officials announced Monday.


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Business Is Booming for the U.K.’s Spy Tech Industry
Matt Kennard | The Intercept | May 11 2018, 7:01 a.m.


Driving into Cheltenham from the west, it is hard to miss the offices of Government Communications Headquarters, or GCHQ, the United Kingdom’s surveillance agency. The large, doughnut-shaped building sits behind high-perimeter fencing with barbed wire and many levels of security. The facility – used to eavesdrop on global emails and phone calls – is located on the edge of the sleepy Gloucestershire town, which feels like an incongruous location for one of the world’s most aggressive spy agencies.


For the records!

Raw crude oil spewed from a ruptured Sunoco pipeline in Oklahoma on Thursday
Lorraine Chow | Echo Watch | May 11, 2018 08:01AM EST


The Oklahoma City Fire Department and hazmat crews responded to the situation after receiving reports of a “yellow liquid” shooting into the air near an oil and gas well site in Edmond, a suburb outside of Oklahoma City.
   Officials briefly closed off a section of road on Pennsylvania Avenue and denied access to some homes in the neighborhood north of the release. The neighborhood was not evacuated. “This is all taken care of now,” the fire department tweeted later that afternoon. Cleanup efforts are underway.
   News 4 reported that the leak from Sunoco's pipeline occurred in the area of a natural gas booster plant operated by Colorado-based DCP Midstream.
   The release occurred in a well-populated area, with many houses surrounding the facility. Some residents expressed dismay after their property was coated in oil. One tweeted to DCP Midstream, “A massive leak at your facility in Edmond, OK, just coated my entire house and my neighborhood with crude. What are you going to do to clean it up?!?”


26 avril 2018 – Du diésel de propulsion de navire a été déversé pendant un transbordement. Dans la baie de Newark, au quai du APM Terminal. Ville de Bayonne. État du New Jersey. États-Unis. World Maritime News: USCG: Diesel Fuel Spills at APM Terminal in Bayonne.

23 avril 2018 – Le navire MT Iver Exporter, battant pavillon hollandais, a déversé illégalement 1 400 gallons (usa) d’hydrocarbures. Au marqueur 126 sur le fleuve Mississippi près de la ville de Norco. État de la Louisiane. La cause de l’incident n’est pas connue.  gCaptain: Coast Guard: Dutch-Flagged Tanker Spills HFO in Lower Mississippi River World Maritime News: Iver Ships’ Tanker Spills HFO in Mississippi River