6 février 2011

Les chemins de l’âme

Il y a quelques années, une belle amitié s’est développée entre un client et moi à travers la marche. Nous étions tous les deux des mordus de randonnée pédestre en nature. Comme nous habitions près d’une piste, il était facile de multiplier les rendez-vous à l’improviste. Il n’y avait aucun sentiment amoureux ni désir sexuel entre nous, que de l’amitié, pure et simple; une connexion de cœur à cœur et d’âme à âme.

Que d’heures nous avons passées à nous livrer nos états d’âme, à parler de tout et de rien, et souvent à marcher en silence, un silence rempli d’intimité palpable. Car nous n’avions pas peur du silence ni l’un ni l’autre. J’ai regretté ces échanges lorsque j’ai quitté la région deux ans plus tard. Bien sûr les courriels nous permettent de garder un lien, mais c’est différent. Il y manque la couleur de l’âme qu'on voit dans l’œil de l’autre. D'un autre côté, ironiquement, la connexion à distance par télépathie est parfois plus vive que dans le réel – paradoxe des voies de l’âme…!


Jeudi dernier durant une promenade solitaire en montagne, je réfléchissais à cette période de ma vie avec un sentiment de joie, mais aussi avec un brin de nostalgie. Mes plus beaux souvenirs en amitié se résument à ces moments uniques de confidences, rires, larmes, silences et petites choses vraies.

Hier, je fouillais encore ma biblio en quête d’un texte à partager. Je me suis laissée attirer par le livre «Les âmes sœurs» (du psychologue Thomas Moore) ouvert au hasard, je le jure, à la page 122. Et, de quoi était-il question? De conversation et de marche...

Alors, je vous transmets quelques-uns des propos de l’auteur qui décrivent mieux que je ne saurais le faire cette intimité de l’âme qu’il nous invite à cultiver par la conversation.

Chapitre six
Conversations et lettres

Les «techniques de l’intimité» sont les moyens que nous utilisons pour nouer des liens étroits et les entretenir ensuite, pour exprimer et évoquer leur côté «intimiste» au sein de la communauté et de l’amitié. Il ne suffit pas de désirer l’intimité de manière abstraite ou de la considérer seulement comme un sentiment qui va et qui vient, indépendamment de notre volonté. L’amitié, comme tout le reste, fait appel à l’art.

Je ne parle pas ici de la communication superficielle ou rationnelle. Ce mot, «communication», est devenu le leitmotiv des discussions sur les relations personnelles et c’est une lapalissade que d’affirmer que le problème d’une relation se résume à une rupture des communications. Mais ce que l’on qualifie de communication peut être à la relation ce que l’information est l’instruction, soit un échange de faits dépourvus d’âme. Nous croyons parfois être instruits parce que nous avons amassé un certain volume de données et nous croyons être intimes parce que nous «communiquons» bien. Il est vrai qu’une bonne communication nous permet d’exprimer nos pensées et nos sentiments de manière claire et satisfaisante, mais souvenons-nous aussi que l’intimité peut naître de silences dans la conversation, de silences et de moments embarrassants, d’efforts gauches pour nous exprimer, voire de mensonges et de subterfuges qui apparaissent parfois dans une relation.

Pour cultiver l’intimité, nous devons trouver des formes d’expression qui surgissent de l’âme et parviennent à la toucher. La plupart de ces formes sont évidentes : un cadeau particulièrement significatif, une conversation tardive qui laisse remonter les sentiments en surface, une lettre écrite pendant un moment d’émotion profonde, une promenade dans les bois, en toute tranquillité, sans véritable conversation. Nous savons pertinemment à quel point ces formes d’intimité sont précieuses et pourtant, dans notre société moderne, nous semblons oublier leur importance. Nous acceptons l’engouement actuel pour les communications – nous possédons un système téléphonique très perfectionné ou utilisons le jargon à la mode en psychologie populaire – mais nous négligeons le type d’échange qui fait essentiellement appel à l’âme. Nous confondons peut-être aussi l’expressivité avec l’honnêteté et nous estimons qu’en extériorisant nos sentiments nous encourageons l’intimité.

En cette ère technologique, notre tâche ne consiste pas à inventer une nouvelle théorie des communications ou une nouvelle thérapie. Il s’agit plutôt d’apprendre l’art de l’expression intime. Dans la plupart des cas, cela consiste à accorder de la valeur à des formes d’échange très simples : prendre le temps d’écrire une lettre, d’acheter ou de confectionner un cadeau spécial, d’acheter un joli papier à lettres et un stylo de qualité, de nuancer délicatement le choix de nos présents et de nos paroles pour atteindre l’âme de l’autre. Dès que nous cessons de vouloir à tout prix communiquer, dès que nous essayons d’exprimer l’intimité, nous voyons s’ouvrir devant nous la porte de l’âme.

CONVERSATION

La véritable conversation permet à différents mondes de s’interpénétrer, aux âmes d’entrer en rapport l’une avec l’autre. Elle ne doit pas être consciemment et forcément profonde, mais elle doit effleurer des questions qui intéressent l’âme. Le bref passage qui suit, extrait d’une lettre de Ralph Waldo Emerson datée du 30 septembre 1842, fait allusion à plusieurs éléments de la conversation dotée d’âme.


«Hawthorne et moi allâmes faire une promenade… Aucun incident particulier ne marqua cette promenade. Elle n’en avait d’ailleurs nul besoin, car nous étions tous deux d’excellente humeur, avions beaucoup de choses à nous dire. En effet, nous étions tous deux de vieux collectionneurs qui n’avaient encore jamais eu l’occasion de se montrer leurs buffets.»
Il faut commencer par s’entretenir en marchant. Car la marche peut être une activité privilégiée de l’âme, dans la mesure où elle n’est pas entreprise à des fins héroïques telles que la volonté d’arriver quelque part, la perte de poids ou la course. Par le passé, il était peut-être plus facile d’exercer l’âme ainsi car les endroits propices ne manquaient pas. Il n’y avait pas de danger de se retrouver face à un automobiliste déchaîné et l’accès à la nature était plus facile. Sans compter que les modes de transport n’étaient pas aussi variés. La marche inspire et encourage la conversation qui s’inspire du corps et, par conséquent, offre à l’âme un endroit pour s’épanouir. Je pourrais sans doute écrire un mémoire intéressant sur toutes les promenades importantes que j’ai faites en compagnie d’autres personnes, grâce auxquelles l’intimité n’a pas seulement été vécue, mais aussi enchâssée affectueusement dans le paysage de la mémoire. (…)

… Je me souviens d’une promenade que j’ai récemment effectuée avec un ami dans le parc de Hampstead, à Londres, suivie par une visite de la maison de Keats. Cette promenade demeure gravée dans mon cœur, non seulement en raison de la présence de cet ami, mais aussi grâce à le relation qu’elle m’a permis de nouer avec l’une de mes âmes sœurs, Keats lui-même, dont l’œuvre inspire et guide la mienne bien qu’il soit mort plus d’un siècle avant ma naissance. Je porte également en moi le souvenir douloureux de promenades effectuées pendant les moments déchirants de la séparation et du divorce. Parfois lorsqu’on s’efforce de converser en marchant, l’âme sort de sa cachette et se montre, suscitant une émotion particulièrement intense.

Emerson fait remarquer que sa promenade avec Hawthorne n’a été marquée par aucun incident et que d’ailleurs, nul incident n’était nécessaire. L’âme ne s’intéresse pas autant aux événements et aux actions que l’esprit conscient. Elle n’a nul besoin de ces événements qui peuvent au demeurant l’empêcher d’émerger dans la conversation. Pour Emerson, l’important était que les deux hommes fussent des «collectionneurs», qu’ils eussent chacun en leur possession un «buffet», des souvenirs à échanger, des idées à débattre. L’âme est plus un récipient qu’un instrument et ces deux hommes profonds ont dû faire jaillir de précieuses impressions au long des soixante kilomètres que, selon Emerson, ils parcoururent en deux jours.

La conversation ne doit pas revêtir la forme d’une confession pour être imprégnée d’âme. Je constate que parfois, les gens qui commencent à peine à s’intéresser de près à la psychologie se sentent contraints de dire tout ce qu’ils ont sur le cœur, trop directement ou trop naïvement. Certaines personnes jouent aux confessions réciproques : «J’ai ouvert mon cœur, maintenant c’est ton tour.» Mais l’âme n’apparaît pas grâce à une tentative naïve de mise à nu des sentiments. Ce qui importe, ce n’est pas l’intensité de notre confession, mais la mesure dans laquelle l’âme participe à la conversation. Deux personnes occupées à dresser les plans d’une maison ou à essayer une recette de cuisine peuvent engager une conversation née de l’âme. Il n’est pas nécessaire que le sujet en soit personnel. (…)

… L’âme préfère les paroles proches de la vie, certes, mais pas uniquement pragmatiques et techniques. Elle se plaît surtout dans la rêverie, les réminiscences, les réflexions, tous ces mots qui commencent par le préfixe «re» et exigent de l’âme qu’elle imprègne nos expériences passées d’imagination. La conversation ramène la circulation dans les membres et donne des ailes au corps, précisément parce qu’elle est l’un des conduits principaux de l’âme. C’est l’âme qui vivifie le corps et le soulage du poids de la vie concrète.

La conversation peut également nous soulager des pressions de l’activité quotidienne et de la prise de décisions, en ouvrant la porte à des degrés d’expérience encore méconnus. L’âme réside dans les dièses et les bémols, non dans les notes plates des événements matériels. La conversation exécute une opération alchimique, douce et agréable, sur l’expérience en la sublimant de manière à nous permettre de l’explorer. L’expérience, quant à elle, prend des ailes à partir de la conversation.
(…)
Du point de vue d’Emerson, la conversation est le moyen de venir vers soi-même, d’entretenir une relation avec soi-même autant qu’avec quelqu’un d’autre. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles la conversation est si agréable. Elle nous permet d’apprendre à nous connaître. Combien de fois avons-nous entendu des gens s’exclamer : «Je ne savais pas que je pensais cela avant de le dire!»

… Emerson suggère qu’à nos conversations nous apportions nos trésors de souvenirs et de pensées, toutes ces choses qui sont inextricablement les nôtres, que nous emportons toujours avec nous, où que nous allions. Ce trésor de matériaux personnels, intérieurs, est la trame de la conversation et c’est lui qui nous aide à trouver une âme sœur.

James Hillman fait une constatation importante, à savoir que ce ne sont pas toutes nos idées qui proviennent de l’âme. Certaines sont purement intellectuelles, coupées de l’âme. Bien qu’intéressantes et capables de susciter un certain plaisir, elles n’engagent en rien l’âme. Car l’âme demeure enracinée dans les détails de la vie et de la personnalité, même si ces détails paraissent parfois triviaux et peu pertinents. Au cours d’une conversation avec une âme sœur, nous pourrions explorer des idées d’une manière qui ne se limite pas aux exigences particulières de l’intellect solitaire. Nous pouvons émettre notre opinion, conter l’histoire de notre vie, parler de nos préjugés et nous exprimer à notre façon. (…) La conversation diffère de la discussion ou de la querelle. Elle n’a ni cible ni objet précis.
(…)
Il est difficile de trouver des endroits, publics ou privés, dépourvus de télévisions, téléphones, radios, de tous ces appareils qui semblent uniquement conçus pour décourager les conversations. Il n’y a pas longtemps, je me suis retrouvé dans la salle d’attente d’un hôpital tandis que j’essayais de réfléchir à une maladie précise. Mais la télévision hurlait dans un coin, tandis que vingt personnes la regardaient, hypnotisées. Il m’a été impossible de réfléchir, encore moins d’établir un contact avec l’une des personnes présentes.

… Quiconque est incapable d’écouter ne peut converser. Nous devons assimiler ce que notre interlocuteur nous offre. La conversation consiste à retenir les souvenirs que l’autre personne a sortis de son «buffet» pour les traiter avec attention et respect.

… La conversation thérapeutique présente une autre caractéristique qui la rapproche de la conversation ordinaire. En effet, elle permet à des questions douloureuses et obscures d’entrer dans le dialogue. La «conversation polie», échange superficiel d’agréables platitudes, ne suffit pas toujours à évoquer l’âme. (…) C’est parfois en remuant le couteau dans la plaie que l’on évoque le plus rapidement l’âme.

… Les gens qui essaient à tout prix de damer le pion à leur interlocuteur, de faire admettre leur point de vue, de prêcher des sermons, de présenter longuement une théorie ou de témoigner d’une conviction ne sont pas engagés dans une conversation. Ces activités sont bourrées de narcissisme et accordent peut de place à l’âme. La conversation est une activité à laquelle l’âme participe en raison de sa nature même. Par conséquent elle ne laisse qu’une place limitée à l’ego.

La conversation flotte entre les interlocuteurs, prend son temps pour s’ébranler, trouve son rythme avant de se terminer dans l’apaisement. Je suppose qu’il est possible de nouer une conversation rapide, mais elle sera forcément tronquée et ne pourra véritablement prétendre à l’authenticité. La vraie conversation progresse à son rythme, dans la direction qui lui convient. Vous remarquerez que lorsqu’une conversation bat son plein, les charnières entre les sujets mentionnés ne sont pas toujours logiques ou prévisibles.

Le plus important, en définitive, c’est peut-être d’apprécier la conversation, de comprendre à quel point elle est précieuse à l’âme et d’admettre que nous pourrions soulager certaines de nos souffrances physiques ou psychologiques en donnant à l’âme ce dont elle a besoin, y compris une nourriture aussi frugale que la conversation. Bien des éléments nutritifs de l’âme sont très ordinaires et, par conséquent, nous avons tendance à les négliger ou à les délaisser en faveur de questions apparemment plus importantes qui exigent une notre attention. Il semble peut-être plus important d’aller écouter une conférence que de demeurer tranquillement à deviser avec des amis. Et pourtant, c’est peut-être d’une conversation que l’âme a besoin à ce moment précis, plus que d’un afflux d’information ou de tout autre genre de stimulation.

… La solitude, l’excès d’occupations, le désir d’être aimé, l’hyperactivité suggèrent tous que l’âme a besoin d’intimité et souhaite s’enraciner. (…) Cela ne veut pas dire que nous devrions tous devenir pantouflards pour sauver notre âme, mais il est possible qu’en accordant plus d’attention à des activités triviales, agréables à l’âme, telles que la conversation à bâtons rompus, nous fassions plaisir à l’âme. La conversation est l’activité sexuelle de l’âme et, comme telle, est particulièrement bien placée pour engendrer l’intimité.

Thomas Moore
Les âmes soeurs, honorez les mystères de l'amour et de la relation
Le jour éditeur 

4 février 2011

De crise en crise…

Résolution tranquille

La crise économique étant jumelée à certains bouleversements climatiques, des pénuries en denrées essentielles peuvent se produire n’importe où sur la planète. Nous ignorons quand nous y serons confrontés et à quel degré, mais c’est une possibilité que nous ne pouvons ignorer. Quand on connaît la façon dont fonctionne le commerce, avec les pourcentages rajoutés d’un revendeur à l’autre, il ne faut pas se surprendre.

Le dépannage proposé ci-après peut se faire en individuel ou en communauté réduite – un peu comme dans les Cuisines Collectives. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une pratique pouvant soustraire des populations entières à la famine…

Alimentation vivante  

Lorsqu’on choisit le végétarisme, on veut forcément savoir ce qu’on met dans son assiette. Ce faisant, on découvre à quel point le buffet est empoisonné. Et, c’est encore plus ahurissant aujourd’hui qu’il y a 30 ans. (En passant, on vient de publier les résultats d’une étude scientifique révélant que les poissons du fleuve Saint-Laurent contiennent du Prozac… les poissons vont être moins déprimés!)

Dans les années 80-90, un réel engouement pour l’alimentation vivante s’est manifesté  parmi les végétariens et les personnes soucieuses de conserver ou d’améliorer leur santé. À l’époque, «manger vivant» signifiait adopter une diète composée exclusivement de graines germées et jeunes pousses, de fruits et légumes crus, de végétaux sauvages, de céréales, de graines, d’algues, d’oléagineux et de fruits secs. Cette branche du végétarisme s’appelait crudivorisme (lexique et statistiques à la fin de l’article).  

Photo - site Petit Centre d'art - germinations; sarrazin

Manger vivant garde vivant…

Bref, en cas de pénurie, disposer d’une provision de graines à germer pourrait dépanner. On a besoin de graines, d’eau et de lumière, c’est tout. Et l’on aura au moins quelque chose à se mettre sous la dent…

Pléonasme vertueux : procurez-vous de vraies graines biologiques certifiées tandis qu’on en trouve encore. Le bio-bidon OGM est très répandu…  

Quelques sites dont les explications simples, mais complètes, pourront aider les néophytes à explorer la germination.

Extrait :
Des aliments gorgés de vie – Nous ne sommes pas tous jardinier, néanmoins nous avons tous besoin d'aliments vivants et frais pour nourrir notre corps. Pendant toute l'année, et particulièrement pendant la saison froide, les jeunes pousses et les graines germées, ces mini végétaux que chacun peut faire pousser facilement chez soi sont un vrai don de la nature pour nous aider à conserver notre vitalité.

La production de graines germées est locale et écologique, pas de transport ni de transformation, disponibilité toute l'année.

Les graines sont bon marché, ce sont les aliments qui, avec les algues sont situés au plus bas dans l'échelle alimentaire, et de ce fait, ne concentrent pas les polluants. Leur profil nutritionnel surpasse celui de pratiquement tous les aliments que nous mangeons couramment.

Leur disponibilité est presque immédiate : inutile de semer et d'attendre de longues semaines pour obtenir une récolte qui peut être incertaine : en quatre jours vos graines sont là. Une semaine de plus et vous avez de superbes jeunes pousses.

Les graines germées sont faciles à faire pousser et nécessitent peu de place.

L'on trouve maintenant une grande variété de germoirs

Extrait :
Petit centre d'art - germination http://www.pcda.com/pousses.html
Extrait :
Tout grain vivant germe. La technique est simple et requiert peu d'outils. Le coût des germinations est dérisoire et garantie une alimentation fraîche, sans agents chimiques ou de conservation.

Faire de la germination, c'est créer chez soi une batterie biogénique fort agréable tant pour les enfants que pour les adultes. La récolte fraîche d'aliments organiques de première qualité (exempts de pesticides et produits chimiques ou agents de conservation).

Un jardin intérieur, simple à cultiver et aux possibilités infinies, que vous habitiez en ville ou à la campagne.

L'abondance et la rapidité des récoltes dans un minimum d'espace.

Ce site inclut également un dossier complet sur l’alimentation sans gluten.

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LEXIQUE – VÉGÉTARISME

Au départ, le végétarisme, du moins en Occident, se bornait à exclure la chair animale de sa diète – viandes, volailles, poissons, crustacées, etc. Avec le temps, on l’a subdivisé en plusieurs catégories assez sophistiquées. En voici les principales.  

Régime ovo-lacto-végétarien :
Aucune chair animale, mais consommation d’œufs et de produits laitiers.

Régime ovo-végétarien :
Aucune chair animale ni produits laitiers, mais consommation d'œufs.

Régime lacto-végétarien :
Aucune chair animale ni œufs, mais consommation des produits laitiers.

Régime végétalien ou véganien :
Diète exclusivement végétale, et certains excluent le miel. On évite également tous les articles d’origine animale comme le cuir, la fourrure, la laine, les cosmétiques, etc.

Régime crudivorien :
Diète exclusivement végétale, incluant fruits et légumes crus, graines, germinations, noix. Aucun aliment cuit.

Régime fruitalien :
Diète se limitant aux fruits, graines et noix.

Article sur le végétarisme sur ce blog :

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STATISTIQUES

Pourcentage de végétariens dans le monde 

Selon l’Institut de recherche économique et sociale (2010) : 75 millions de personnes dans le monde sont végétariens par choix et 1,450 millions de végétariens le sont par nécessité.

Allemagne : 7,383 millions de végétariens – soit 9% de la population
Amérique : 7,3 millions de végétariens – soit 3,2% de la population
Angleterre : 3,6 millions de végétariens – soit 6% de la population
Autriche : 243 000 végétariens – soit 3% de la population
Belgique : 204 000 végétariens – soit 2% de la population
Croatie : 166 500 végétariens – soit 3.7% de la population
Inde : 399 millions de végétariens – soit 40% de la population
Israël : 595 000 végétariens – soit 8,5% de la population
Danemark : 81 000 végétariens – soit 1.5% de la population
France : 1,2 million de végétariens – soit 2% de la population
Pays-Bas : 720 000 – soit 4,5% de la population
Norvège : 92 000 végétariens – soit 2% de la population
Pologne : 386 000 végétariens – soit 1% de la population
Portugal : 30 000 végétariens – soit 0,3% de la population
Rép. Chine/Taïwan : 1,7 million de végétariens – soit 10% de la population
Rép. Tchèque: 153 000 végétariens – soit 1,5% de la population
Suède : 60 000 végétariens – soit 0,75% de la population

3 février 2011

Le diabète en 5 étapes

Devenir diabétique en 5 étapes faciles  
Par le Dr William Davis

Devenir diabétique en peu de temps! Ou aider quelqu'un que vous n'aimez pas (ex-conjoint/e, ex-collègue, voisin bruyant, belle-mère infernale, etc.) à bousiller sa diète. Voici un plan en 5 étapes faciles à suivre pour devenir ou rendre votre cible diabétique.

1) Coupez le gras et mangez sainement, des grains entiers –
Oui, réduisez les aliments qui induisent la satiété et remplacez-les par des aliments qui augmentent l’appétit tels que le pain de grains entiers qui fait grimper le taux de sucre dans le sang plus qu’une barre de chocolat.

2) Buvez une ou plusieurs doses de jus ou de soda par jour –
Le fructose du saccharose ou le sirop de maïs à haute teneur en fructose augmentera le gras viscéral et induira une résistance à l'insuline.

3) Suivez les conseils de l'Institut Médical à propos de la vitamine D –
Ne prenez pas plus de 600 unités de vitamine D par jour. Cela fera persister la résistance à l'insuline à un niveau anormal, entraînant une hausse de glycémie, augmentant la graisse viscérale, et permettant à des phénomènes inflammatoires anormaux de s’incruster.

4) Mangez un bol de gruau d'avoine à tous les matins –
Étant donné que les produits d'avoine font grimper en flèche le taux de sucre dans le sang, ces apports répétitifs en sucre peuvent endommager les cellules bêta du pancréas (toxicité au glucose), et éventuellement nuire à la production d'insuline du pancréas. (Encouragez votre cible à aller plus loin : «Veux-tu un peu de miel avec ton gruau?») Pour rendre votre petit-déjeuner-diabète encore plus efficace, cuisez votre gruau avec de l'eau embouteillée. Plusieurs eaux embouteillées populaires, comme Dasani de Coca-Cola ou Aquafina de Pepsi, contiennent de l’eau filtrée. Cela signifie qu'elles sont dépouillées de leur magnésium, un minéral important pour la régulation des réactions à l'insuline.

5) Prenez un diurétique (comme l'hydrochlorothiazide, ou HCTZ) ou un bêta bloquant (comme le métoprolol ou l'aténolol) pour la pression artérielle –
Le risque de diabète augmente de 30% avec ces agents communs de contrôle de la tension artérielle.

Et voilà! Peut-être que nous devrions produire un kit pratique «créer-son-propre-diabète-à-la-maison» pour aider, complet avec plusieurs portions de pain à grains entiers, une grande bouteille de jus de canneberge, quelques comprimés de vitamine D de 600-UI, un conteneur de gruau d’avoine irlandais, et de la bonne eau embouteillée.

Plus de détails sur le blog The Heart Scan Blog :

(Ndlr : un cardiologue apprécié pour son humour, entre autres…)

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5 Easy Steps to Becoming Diabetic
By Dr. William Davis

Become diabetic in short order! Or help someone you don't like - ex-spouse, ex-coworker, noisy neighbor, mother-in-law-from-hell, etc, to mess up their dietary choices. Here's an easy-to-follow 5-step plan to make you or your target diabetic.  

1) Cut your fat and eat healthy, whole grains--Yes, reduce satiety-inducing foods and replace the calories with appetite-increasing foods, such as whole grain bread, that skyrocket blood sugar higher than a candy bar.

2) Consume one or more servings of juice or soda per day--The fructose from the sucrose or high-fructose corn syrup will grow visceral fat and cultivate resistance to insulin.

3) Follow the Institute of Medicine's advice on vitamin D--Take no more than 600 units vitamin D per day. This will allow abnormal levels of insulin resistance to persist, driving up blood sugar, grow visceral fat, and allow abnormal inflammatory phenomena to persist.

4) Have a bowl of oatmeal or oat cereal every morning--Because oat products skyrocket blood sugar, the repeated high sugars will damage the pancreatic beta cells ("glucose toxicity"), eventually impairing pancreatic insulin production. (Entice your target even further: "Would you like a little honey with your oatmeal?") To make your diabetes-creating breakfast concoction even more effective, make the oatmeal using bottled water. Many popular bottled waters, like Coca Cola's Dasani or Pepsi's Aquafina, are filtered waters. This means they are devoid of magnesium, a mineral important for regulating insulin responses.

5) Take a diuretic (like hydrochlorothiazide, or HCTZ) or beta blocker (like metoprolol or atenolol) for blood pressure--Likelihood of diabetes increases 30% with these common blood pressure agents.

There you have it! Perhaps we should assemble a convenient do-it-yourself-at-home diabetes kit to help, complete with several servings of whole grain bread, a big bottle of cranberry juice, some 600 unit vitamin D tablets, a container of Irish oatmeal, and some nice bottled water.

More details at The Heart Scan Blog
Blog home page:
Plaque is the stuff of coronary heart disease. It is CONTROLLABLE, it is STOPPABLE, it is REVERSIBLE. But you must be equipped with the right information on diet, nutritional supplements, and hopefully the avoidance of medication. This is the blog that accompanies the Track Your Plaque program (www.trackyourplaque.com). Nothing here should be construed as medical advice, but only topics for further discussion with your doctor. I practice cardiology in Milwaukee, Wisconsin.

31 janvier 2011

Vie de chien 1...

Tel que je l’ai déjà mentionné, la principale raison d’être de ce blog est de questionner notre impact sur le vivant  (humains, animaux et nature) en matière de souffrances et de destruction, dans l’espoir d’éveiller une étincelle de compassion chez ceux qui ont encore un cœur «de-béton-taillé».

Bien sûr, il ne s’agit pas de changer le comportement d’autrui avec un revolver braqué sur la tempe. De toute façon, personne ne change avant d’être prêt. Néanmoins, il n’est pas défendu de proposer des alternatives à ce qu’on nous a enseigné. Tout s’apprend, même la compassion. Comme le dit le biologiste Richard Dawkins**, nous naissons tous avec le gène égoïste mais nous ne sommes pas obligés de nous y cramponner pour le restant de notre vie.

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On dit que le chien est le meilleur ami de l’homme, mais l’homme n’est pas forcément le meilleur ami du chien…

Il est malheureusement très répandu d’enchaîner les chiens à une niche (parfois simplement à un poteau) 24h/24h, les exposant ainsi au froid et à la chaleur extrêmes, avec seulement un bol d’eau pour la journée entière.

En juillet 2004, Tammy Sneath Grimes acceptait d’être enchaînée pendant 33 heures dans le cadre de la campagne de sensibilisation/levée de fonds Chain Off organisée par Dogs deserve better. Elle a couché dehors devant une boutique, toujours enchaînée. Elle voulait expérimenter ce que les chiens vivent.

Extraits de son journal de bord – article complet en anglais : http://www.dogsdeservebetter.org/chaineddiary.html  

Journal d’une femme enchaînée
Chain Off 2004, State College, PA


3 juillet

2h30 : Je me réveille, je ne peux pas dormir à cause de Chain Off au matin. Je n’ai jamais rien fait d’aussi brave/fou, je sais que ça prendra tout mon courage, parce que 33 heures, c’est long. J’ai essayé en vain de méditer pour me calmer. Mon esprit s’affole.

5h30 : J’abandonne, impossible de dormir ou de méditer. Plus qu’une demi-heure avant la sonnerie du réveille-matin. J’opte pour une vidéo de yoga. C’est parfait, ça me détend. Je m’occupe des chats et des chiens en attente de foyers d’adoption. Je vérifie la liste des choses qui iront dans la camionnette. Je me douche et m’habille. J’ai opté pour une tenue de bureau, jupe, chemisier et talons hauts, pour signifier que les chiens enchaînés sont dignes d’autant d’attention que les autres chiens. Je sais que ce sera physiquement inconfortable, mais je ressens que c’est le bon choix. Mon ami Rocky m’aide à charger l’auto et amène les deux chiens Max et Chloe. Nous quittons pour le Collège à 6h45. Nous aurions aimé amener Luke aussi, mais il serait trop difficile de s’occuper de trois chiens. Chloe et Max ont plus de chances d’être adoptées.

10h00 : Les gens commencent à arriver. Certains on entendu parler de nous à la télé ou à la radio. Bill Perkins a ramassé 400$, incluant sa propre contribution de 120$.

15h00 : Le soleil est vraiment torride et, le jour passant, l’ombre projetée par l’arbre a disparu. Je m’assois sous la bâche. Je me sens maintenant très fatiguée et assoiffée et les heures à venir me semblent un continuum sans fin. Encore 26 heures! Je craque et me tape une bouteille d’eau. Désolée, les chiens, j’ai trop soif! Je suis toujours avec vous en esprit…

16h45 : Nous démontons le kiosque et je monte avec la niche dans la camionnette. Tandis que nous quittons, les enfants nous traitent de «mangeurs de biscuits» (qu’est-ce-que c’est?), et autres noms savoureux.

17h30 : Nous sommes maintenant au centre-ville en face de la librairie Webster, mais ici personne n’est venu exclusivement pour nous rencontrer. Il n’y a que des passants sur le trottoir. Ils ignorent ce que nous faisons là. Ils nous observent, l’air amusé, intrigué ou dégoûté. Je peux en grande partie passer par-dessus, mais parfois je ne peux m’empêcher de me sentir vulnérable et dénudée devant les regards/attitudes interceptés. Un vieil homme, obèse, les cheveux gras, des lunettes épaisses, regarde l’affiche, se rend au kiosque, puis s’arrête pour s’adresser à des gens à proximité : «Avec ce qui se passe en Irak, le prix du lait qui augmente, le prix de l’essence, ils s’attendent qu’on s’en fasse avec ça?» Je suis furieuse, et je suppose que je commence à être fatiguée et grincheuse. J’ai envie de le bourrer de coups, mais je ne le fais pas, seulement dans ma tête. Je le regarde sans dire mot, et finalement il quitte. Je suis ravie de le voir partir!

18h30 : Becky etJane m’apportent un quesadilla végé, et j’ai de l’eau.

20h30 : Je ne me sens pas mentalement aussi à l’aise au centre-ville. J’ai de la compagnie et les chiens n’en ont pas autant!

22h00 : Roccky retourne à la maison pour revenir avec la camionnette; un aller-retour de deux heures. Pauvre lui! Il est si coopérant. Je me sens soudain humiliée et déshumanisée avec cette chaîne. J’ai envie de pleurer. Tout fait mal.


23h00 : Les supporteurs sont partis sauf Bob qui reste jusqu’à ce qu’Eric vienne à minuit. Eric et Rocky vont surveiller à tour de rôle pour que je puisse dormir. Je suis mal à l’aise, mais reconnaissante.

4 juillet

Minuit : Je suis tellement fatiguée; le collier me pèse, il m’égratigne le cou. Je sais qu’il y a un trou dans mon bas; et je pue des pieds. J’ai un coup de soleil en dépit de la lotion protectrice, j’ai mal aux lèvres. J’ai tellement envie de mon lit! Rocky a installé un lit de fortune avec un sac de couchage et un oreiller dans l’alcôve du magasin. J’avais dit que je dormirais sur le sol comme le chien enchaîné, mais je renonce – le sol a l’air tellement sale et dur! Tout ce que je veux c’est dormir!

00h30 : Je suis à mi-chemin. Au moins, en ce qui me concerne, il y a une fin; les chiens n’ont pas ce luxe. Je m’endors.

2h15 : Je me réveille parce qu’on vient de fermer les bars et que tous les saoulons retournent chez eux. Ils ne s’occupent pas de moi. J’essaie de me rendormir.

3h00 : Je me réveille et je vois un homme étrange près de l’alcôve. Je ne vois pas Rocky ou Eric. J’ai une drôle d’impression, j’ai peur.

3h30 : Mon cœur s’ouvre, et je me sens en complète communion avec les chiens. Je me suis mise dans leurs chaussures, et j’ai vécu leur quotidien. J’éprouve aussi de la solidarité envers les sans-abris qui dorment aux portes des magasins tandis que les passants évitent de les regarder.

6h30 : Je suis prête, Un homme nettoie la rue. J’entends les oiseaux chanter. Durant ce moment de tranquillité avant que la ville ne s’éveille, j’ai le temps de penser et de ressentir. J’ai envie de pleurer, et je le fais.


C’est tellement injuste que les chiens soient traités avec si peu de respect. Les chiens sauvent des gens, avertissent en cas de crise d’épilepsie, aident des handicapés... Je les aime tellement! Je pleure leur souffrance. Je vois clairement que j’ai nié le côté inhumain de ma condition dès que j’ai été enchaînée. Je ne voulais pas ressentir l’humiliation. Je me souviens maintenant, 23 heures plus tard, que lorsque j’ai attaché la chaîne au collier j’ai éprouvé un sentiment furtif d’humiliation, de victimisation, que j’ai rapidement étouffé parce que je savais que je devais être forte pour les chiens et capable d’interagir avec ceux qui viendraient me voir. Maintenant, je m’en souviens.

Je ressens une immense tristesse et de l’angoisse. Ça fait longtemps que je n’ai pas pleuré autant; je suis toujours trop occupée, je n’ai pas de temps pour de telles choses. Mon corps est secoué par mes pleurs. Ce n’est pas correct! Pourquoi ne le voient-ils pas? Je n’ai même pas souffert tout ce qu’ils souffrent quotidiennement. Je me sens seule, mais je n’ai jamais été vraiment seule.

Les chiens sont presque toujours seuls. En ce moment même, ils se réveillent aussi, seuls. Ils commencent leur journée, pareille à toutes les précédentes, seuls.

7h30 : Je pense que je vais manger tôt aujourd’hui, et ne rien absorber du reste de la journée. En fait, je suis vraiment seule pour la première fois, et je ressens un pincement, de la peur. Peur d’être abandonnée à cette chaîne, peur d’être blessée parce que je ne peux pas fuir. Je me sens de plus en plus unie aux chiens.

J’ai encore envie de pleurer pour les chiens enchaînés. Cette expérience m’a encore plus unie à eux. Les gens continuent de passer et de regarder ailleurs. Exactement comme ils ignorent le triste sort des chiens enchaînés, ils ignorent celui des sans-abris. Leur attitude me dit : «Ça ne me regarde pas. Je n’y peux rien de toute façon. Je ne veux pas m’impliquer.»

Vous ai-je déjà dit que je pue des pieds? Je réalise que je me suis habillée soigneusement autant pour moi que pour les chiens. Je devinais instinctivement que je serais honteuse, démoralisée, déshumanisée en étant enchaînée. M’habiller comme pour aller au travail me procurait un sentiment de dignité et m’aidait à faire face – quoiqu’il arrive. Et ça me faisait réaliser la valeur inhérente des chiens qu’on laisse dehors comme s’ils étaient moins que rien. Ils ont une VALEUR!

La figure me démange, j’ai mal aux lèvres.

8h00 : Nous déménageons au campus de l’université. Un endroit de plus grande visibilité où y a beaucoup de circulation pédestre. Un policier nous demande nos permis.

Après une journée plus rentable au plan de la visibilité et des dons…  elle écrit :

17h00 : Je saute dans les airs pour célébrer, et j’enlève la chaîne. Quel bonheur que d’être libre! J’en oublie le collier pour un moment, mais peu après, je réalise que mon cou pèse encore lourd. Terri m’aide à l’enlever.

Recettes ventes et dons : 878 $...

Site : http://www.dogsdeservebetter.org/home.html   

***
COMMENTAIRE

Aucun être innocent ne mérite d’être enchaîné.  

Ajout 01/02/11

De la futilité de respecter les animaux

À ce propos, Tammy a écrit :
17h30 : …Un vieil homme regarde l’affiche, se rend au kiosque, puis s’arrête pour s’adresser aux gens à proximité : «Avec ce qui se passe en Irak, le prix du lait qui augmente, le prix de l’essence, ils s’attendent qu’on s’en fasse avec ça?» Je suis furieuse, et je suppose que je commence à être fatiguée et grincheuse.

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Beaucoup de gens qui considèrent le respect des animaux comme une impertinence vu les horribles conditions de vie humaine, n’ont pas l’air de comprendre qu’il s’agit d’un miroir. Si nous traitions les animaux avec compassion, nous en ferions autant avec les humains.  

Toutes les théories «spécistes» ou «antispécistes», pour qui veut bien s’y familiariser, n’ont d’autre effet que de nous faire comprendre que les humains n’ont pas de quoi se faire péter les bretelles… et que notre complexe de supériorité nous mènera droit à l’extinction. Le monde matériel est basé sur la survie et l'interdépendance, et aucune espèce n’y échappe :

** «Les animaux développent des astuces pour trouver et attraper de la nourriture; pour éviter de se faire attraper et manger à leur tour; pour éviter la maladie et les accidents; pour se protéger des conditions climatiques; pour trouver des membres du sexe opposé et les convaincre de s’accoupler; et pour assurer les meilleures conditions de vie possibles à leur progéniture.» (Richard Dawkins, The Selfish Gene)

«Le sentiment que les membres d’une espèce méritent une considération morale privilégiée par rapport à ceux d’autres espèces est ancien et profond. Tuer des gens pour d’autres motifs que la guerre reste un crime défendu et sérieusement jugé. Manger des humains (même s’ils sont déjà morts) est le crime le plus prohibé de notre culture. Par contre, nous aimons manger d’autres espèces. Plusieurs frissonnent devant l’exécution judiciaire d’ignobles criminels humains tandis qu’ils approuvent joyeusement l’exécution sans procès d’animaux tout à fait pacifiques. En effet, nous tuons les membres d’autres espèces inoffensives, juste pour nous récréer et nous amuser. Un fœtus humain, qui n’a pas plus de sentiment qu’une amibe, jouit d’une révérence et d’une protection légale qui dépassent largement celles qu’on accorde au chimpanzé adulte. Pourtant, le chimpanzé ressent et pense et – selon les résultats d’une expérience récente – peut même apprendre une forme de langage. Le fœtus appartient à notre propre espèce, et à cause de cela, on lui accorde automatiquement des privilèges et des droits spéciaux. Je ne sais pas si l’éthique «spéciste» est plus valable que l’éthique «raciste». Tout ce que je sais, c’est qu’elle n’a pas de base valide dans la biologie évolutionniste.» (Richard Dawkins, The Selfish Gene, 1976) 

*** 
À propos des chiens voyez les articles suivants :

Vie de chien 2

Le beau, le bon et l’odieux : cette implacable réalité terrestre où paradis et enfer se côtoient depuis des temps immémoriaux.
 
Commençons par le beau et le bon (quel magnifique texte!). D'habitude on garde le dessert pour la fin; j'ai inversé le menu au cas où vous ne voudriez pas lire la seconde partie.  
 
Source : Cyberpresse
Publié le 07 février 2011
Vieillir sans le savoir

Photo : Robert Nadon, archives La Presse
Sans nécessairement envier sa chienne Clara, Jean-François Beauchemin trouve beau la manière qu'elle a de vieillir sans souffrance morale, précisément parce que la conscience ne joue pas de rôle dans cette vieillesse : apparemment, son corps seul sent sur lui l'inexorable passage du temps.

Jean-François Beauchemin
L'auteur est un écrivain qui réside à Sainte-Anne-des-Lacs.

Je songe beaucoup à ma chienne Clara, depuis un moment. Cette belle tête penchée continue de m'émouvoir. J'aime formidablement le lourd museau qui tombe sur mon bras, les yeux qui déjà se ferment plus tôt qu'avant, cèdent de plus en plus à la fatigue.

Chaque fois que j'en ai voulu à la vie de ne m'accorder que si peu de temps, je me suis tourné vers cet animal. Ce n'est pas que j'apprenais de lui : mes modèles étaient ailleurs que dans cette existence passée à dormir, à manger, à rêver de jeux simples, et dans laquelle la seule durée ne fut jamais que celle enfermée dans l'immédiat.

Mais je suis toujours touché par le fait que Clara vieillisse sans le savoir. D'une certaine façon, elle se croit immortelle. C'est cette vie vécue sans conscience, c'est-à-dire hors du temps, sans autre attente que d'aimer et d'être aimé, qui m'émeut tant.

Je ne l'envie pas: je préfère encore ma dure mais exaltante conscience de mortel, et la capacité que j'ai de réfléchir à ma fin, de m'y préparer, je veux dire: de lui donner un sens.

Simplement, je trouve beau la manière qu'a Clara de vieillir sans souffrance morale, précisément parce que la conscience ne joue pas de rôle dans cette vieillesse : apparemment, son corps seul sent sur lui l'inexorable passage du temps.

Je pose ma main sur ces flancs imperceptiblement amaigris, entre lesquels palpite depuis 12 ans un cœur d'or. Je découvre dans ce regard qui pourtant commence à s'éteindre de nouvelles irisations, un furtif miroitement d'étoile. J'y rencontre les faibles signes d'un abandon, graduel mais serein, celui d'un être qui cesse peu à peu de se mêler au jeu de la vie pour s'attarder plus complètement à celui de l'amour: je ne fus jamais observé avec autant de bonté que dans la vieillesse de cette bête-là.

Je ne partage plus désormais avec elle les amusements que son amitié me réclamait autrefois. Nous n'en sommes plus là: d'autres accords plus confidentiels, plus tendres, mais non moins exigeants, ont été conclus entre nous.

La balle mille fois lancée puis rapportée a été laissée sous la neige : elle n'intéresse plus ma vieille compagne, qui se consacre à présent à de plus méditatifs bonheurs. Ce qui lui reste de vieillesse se passera sans trop de heurts, auprès d'un homme qui, comme elle, trouve sur une épaule aimée et dans l'observation du monde presque tout ce qu'il lui faut.

Je ne voudrais pas qu'on juge trop sévèrement ce que j'écris ici: à l'instant de ma mort, lointaine mais en quelque sorte déjà visible, ma dernière pensée ne sera pas que pour ma femme.

J'aurai aussi en tête l'image, à jamais inscrite dans ma mémoire, d'une vieille chienne aux yeux las, cernés de poils gris.

***
Et maintenant l’odieux... malheureusement.

Pétition pour bannir la course Iditarod 
(Original English version hereafter)  

Vous pouvez signer la pétition à l’une ou l’autre de ces adresses :  

ECCE CANIS!


IDITAROD
COURSE DE CHIENS DE TRAÎNEAUX

L'Iditarod Trail Sled Dog Race (La dernière grande course sur Terre / Last great race on earth) est une course annuelle de chiens de traîneaux (un musher pour 12 à 14 chiens) qui débute le premier samedi de mars.

Elle couvre une distance d'environ 1757 km à travers l'état d'Alaska.
Elle relie les villes d'Anchorage à Nome (Mer Behring) en empruntant deux routes :
-l'itinéraire du Nord (1,151 miles) dans les années paires
-l'itinéraire du Sud (1,161 miles) dans les années impaires.


Pétition adressée : aux commanditaires et promoteurs d’Iditarod, à Celebrity Suporters, à Dean Parnell, gouverneur de l’Alaska  
Parrainée par : Shannon Allen, Dogs Deserve Better

Nous vous prions d’aider à mettre fin aux horribles traitements infligés aux chiens de traîneaux de la course Iditarod. Imaginez la souffrance qu’ils endurent pendant cette course de 1,000 miles, avec des facteurs de refroidissement aussi bas que moins 50°F, fouettés par des vents de la force d’un ouragan, courant sur de la glace ou dans de l’eau à moitié gelée, à travers des gorges chutant à des centaines de pieds de profondeur, avec peu ou pas de repos. Au moins 142 chiens sont morts pendant l’Iditarod, incluant les deux chiens de l’équipage d’un médecin, à cause des vents glacials. Voilà ce qui arrive aux chiens pendant la course : mort, paralysie, engelures (là où ça fait le plus mal!), ulcères hémorragiques, diarrhée sanglante, dommages pulmonaires, pneumonie, ruptures de disques, maladies virales, fractures, muscles et tendons déchirés, et entorses.

Selon le Journal of Veterinary Internal Medicine de janvier/février 2010, la quantité d’anticorps chez les chiens qui participent à l’Iditarod diminue considérablement durant la course. Sans une quantité  suffisante d’anticorps, un chien ne peut pas lutter contre les infections.

Les chiens encourent même des risques d’infection lorsqu’ils reposent sur la paille fournie par l’Iditarod. Un musher a déclaré qu’on trouve parfois de la sétaire dans la peille. Lorsque la sétaire sèche et devient paille, la graine se détache facilement et adhère à la fourrure des chiens. Les graines de vulpin pénètrent le corps du chien par la peau, le nez, les oreilles, les pattes et les yeux. Une fois entrés, ils s’accrochent comme des piquants de barbelé. La sétaire peut pénétrer le corps n’importe où. On en a trouvé à l’intérieur du cerveau, des glandes anales, des yeux, des oreilles, des bajoues, des pattes, de la moelle épinière et des poumons. Les graines de vulpin peuvent être mortelles pour les chiens.

Il est commun de fouetter et de battre les chiens. Au cours de l’Iditarod 2007, des témoins oculaires ont rapporté que le musher Ramy Brooks avait roué ses chiens de coups de pied, de coups de poing, et battus avec un bâton de ski et une chaîne. Jon Saraceno a écrit dans sa chronique de USA Today : «Le colonel Tom Classen a confirmé qu’on avait donné des raclées aux chiens et fait pire encore. Tel que les affamer pour qu’ils aient le poids le plus avantageux, les écorcher pour faire des mitaines ou bien les traîner jusqu’à ce qu’ils meurent.»  

JE domine parce que JE possède
JE suis parce que JE t’écrase
(Slogan emprunté à un site anti chasse-à-courre)

COMMENTAIRE 

Je suis bien consciente que tous les mushers n'appartiennent pas à cette catégorie de brutes qui participent à l'Iditarod pour la gloire et l'argent, mais il reste que toutes les compétitions sont propices aux exagérations.

Par ailleurs, il existe des conducteurs de traîneaux qui aiment vraiment leurs chiens et qui sont en mesure d'offrir de magnifiques randonnées à leur clientèle touristique.  

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IDITAROD
TRAIL SLED DOG RACE

Please sign the petition:  

Target: Iditarod Sponsors and Promotors, Celebrity Supporters, Alaska Governor Sean Parnell
Sponsored by: Shannon Allen of Dogs Deserve better

Please help end the horrific treatment of dogs. Imagine the suffering dogs endure while racing 1,000 miles in the Iditarod with wind-chill factors as low as minus 50°F, battered by hurricane force winds, over slippery ice, down steep gorges with drops of hundreds feet, and through icy waters with little or no rest. At least 142 dogs have died in the Iditarod, including two dogs on a doctor’s team who froze to death the brutally cold winds. What happens to dogs during the race includes death, paralysis, frostbite (where it hurts the most!), bleeding ulcers, bloody diarrhea, lung damage, pneumonia, ruptured discs, viral diseases, broken bones, torn muscles and tendons and sprains.

According to the Jan-Feb 2010 Journal of Veterinary Internal Medicine, dogs running in the Iditarod have substantially decreased numbers of antibodies in their systems. Without an adequate number of antibodies, a dog can’t fight off infections.  

The dogs are even at terrible risk while resting on straw that’s been provided by the Iditarod. An Iditarod musher reported that foxtails are sometimes found in the straw. When foxtail grass dries out and becomes straw, the seed detaches easily and sticks to a dog’s fur. Foxtail seeds enter a dog’s body through the skin, nose, ears, paws, and eyes. And once they enter, they’re like a barbed fishhook. A foxtail can go anywhere inside a dog. They have been found inside the brain, anal glands, eyes, ears, jowls, feet, spinal cord and lungs. Foxtail seeds can be life-threatening to dogs.

Dog beatings and whippings are common. During the 2007 Iditarod, eyewitnesses reported that musher Ramy Brooks kicked, punched and beat his dogs with a ski pole and a chain. Jon Saraceno wrote in his column in USA Today, “He [Colonel Tom Classen] confirmed dog beatings and far worse. Like starving dogs to maintain their most advantageous racing weight. Skinning them to make mittens. Or dragging them to their death.”