14 août 2023

Ta vie t'appartient

Cette affirmation peut être vraie si tu ne vis pas dans un État chrétien ou musulman fondamentaliste (1). 

Si Dieu donne la vie, pourquoi s’attendrait-Il à être repayé? Ta vie t’appartient.        

Ceux qui parlent toujours au nom de Dieu font leur large part pour faire damner le monde.

Sans cesse, on crée Dieu à notre image et ressemblance.

Quand je doute, j’affirme. Quand je sais, je questionne. (Plus notre incertitude est grande plus nous mettons d’énergie à justifier nos positions.) 

~ Denis Gagné, psychologue (L'air de rien)

Photo : Tourisme Montréal.

(1) Notez comme le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, n'y va pas avec le dos de la cuillère!  

À titre d'exemples voici quelques extraits tirés d'un article intitulé  

Droits LGBTQ+ dans le monde arabe : «Ça n’allait pas très bien, mais là, ça régresse» 

• Alors que les festivités de la Fierté tirent à leur fin à Montréal, plusieurs organismes déplorent le recul des droits des personnes LGBTQ+ dans plusieurs pays du Moyen-Orient et l'augmentation de la répression à leur endroit.

• Au Liban, pays traditionnellement plus tolérant que d'autres États arabes de la région, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait affirmé en juillet que, selon la loi islamique, tout homosexuel «devrait être tué», appelant la population à boycotter tous les produits arc-en-ciel.

• La semaine dernière, en Irak, les autorités ont ordonné aux médias de ne plus utiliser le mot «homosexualité» et de privilégier l'expression «déviance sexuelle». Le terme «genre» est également interdit.

• Samya Lemrini, avocate en droits de l'immigration, note au passage que le recul des droits LGBTQ+ est aussi perceptible dans certains pays occidentaux, telle l'Italie qui a entrepris dernièrement de faire retirer les noms de dizaines de mères lesbiennes des certificats de naissance de leur enfant (Nouvelle fenêtre), une régression constante est observée dans les pays du Moyen-Orient en raison du poids de la religion sur les mentalités. «Bien qu'on ne veuille pas nécessairement associer certains pays à une religion, il est certain que la montée de l'islamisme, par exemple, va avoir un impact sur les droits LGBTQ+», souligne-t-elle.

• Le cofondateur de Helem (association pour la protection des droits LGBTQ+ créée en 2004 qui a pour origine l'organisme Helem fondé au Liban en 2000), Ralph Shayne, tient toutefois à préciser que ce n'est pas seulement l'islamisme qui nuit aux droits LGBTQ+ dans les pays arabes puisque le catholicisme y contribue également, notamment au Liban. «Les LGBTQ+ sont utilisés comme boucs émissaires, alors qu'il y a des problèmes bien plus graves que cela [dans ces pays]. Le seul discours qui unit les radicaux de tous bords est l’homophobie. Le radicalisme homophobe religieux au Liban et ailleurs dans le monde arabe [provient] aussi bien des chrétiens que des musulmans.» ~ Ralph Shayne, cofondateur de Helem

• Il dénonce au passage le discours haineux de l’Église maronite libanaise qui a cautionné une campagne anti-LGBTQ+ dernièrement dans le but de faire respecter les valeurs religieuses et invitait les citoyens à ne pas succomber au discours des droits de la personne.

• Ce n'est pas qu'au Moyen-Orient que les droits des LGBTQ+ font l'objet d'une répression de plus en plus ouverte. Des pays comme la Russie exercent aussi une lourde répression, ainsi que l'Ouganda. Ce pays d'Afrique a adopté en mai dernier sa «loi antihomosexualité 2023», considérée comme l'une des plus répressives du monde, qui a même mené à la suspension du financement de la Banque mondiale (BM).

• «Le Canada fait partie des pays où la criminalisation [de l'homosexualité] est terminée, mais aussi où des protections législatives sont fortes contre les thérapies de conversion [et] les crimes haineux, et [où on reconnaît les] couples de même sexe et l'accès à des processus pour créer des familles», énumère Samya Lemrini.

Par David Beauchamp / Radio-Canada Société / 14 août 2023

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2002841/lgtbq-droits-recul-arabe 

8 août 2023

Quid de la haine sur les réseaux sociaux?

Nous sommes nombreux à nous ennuyer de notre éveilleur de conscience Serge Bouchard (1). Je me demande souvent ce qu'il dirait des multiples situations choquantes, locales ou internationales, dont nous sommes témoins en ce moment.

Le texte suivant est tiré de l'ouvrage posthume "La prière de l'épinette noire", une sélection de ses éditoriaux rédigés au fil des ans pour l'émission C'est fou..., sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première de 2010 à 2021.

Il faudra un jour éradiquer la haine

Sur le fil de mon Facebook, oui, sur le fil de mon Facebook, j'entendais un petit auditeur excité dire la phrase suivante à la tribune téléphonique d'une radio de Québec : «Tous ceux qui traînent dans la rue en après-midi, à manifester ou à ne rien faire, on devrait les tirer!» Évidemment, ce grand penseur vous dira qu'il ne voulait pas vraiment dire cela, qu'il ne s'agit que d'une manière de parler. Mais elle est quand même étonnante, cette façon de s'exprimer, elle blesse des oreilles aussi vieilles que les miennes, elle traverse ma couenne de dur à cuire. Rien ne me choque plus que la philosophie d'un mononeuronne. Cela ressemble à : «Les maudits Indiens, y nous coûtent une fortune!» «Les maudites féministes, on devrait toutes les enfermer!» ou pire encore, que je ne dis pas. Où l'on voit combien le propos haineux est hystérique et dangereux. Il conduit à la folie collective. Car on est toujours justifié de s'en prendre à celui ou celle à que l'on hait, pour toutes les fausses raisons du monde. Et l'histoire de l'humanité récente nous enseigne le coût de pareilles dérives.

Le serpent à «sornettes» ~ Serge Bouchard (Source de l'image Getty)

      Pour être un jour de vrais humains, il faudra éradiquer la haine, comme nous avons éradiqué la peste. Car la haine est à l'origine une maladie grave, qui plus est, une maladie très contagieuse. Il suffit de tomber sur un animateur de radio hautement infecté pour être soi-même frappé du mal. Le virus est dans les ondes. Lorsque j'entends un serpent à «sornettes» déguisé en animateur répandre son venin en prononçant des phrases haineuses et vides de sens, des phrases sans queue ni tête, gratuites et aussi méchantes qu'une face de crotale, j'entre en colère dans mon auto, je rage, je veux tuer l'irresponsable, lui casser la gueule, je veux battre cet imbécile qui empoisonne les cerveaux du monde, je voudrais lui fermer le caquet pour toujours, en un mot je le hais. Où l'on voit combien la haine est contagieuse, qu'elle se cultive et s'attise, qu'elle se provoque facilement.

      Il suffit de lire les commentaires gratuits des chialeux anonymes, dans les journaux et sur les réseaux sociaux, pour noter certaines choses. À l'université de la haine, on apprend à parler mal, à écrire avec des fautes, à respirer l'ammoniac de sa propre haleine ainsi qu'à poser un problème de façon claire. La recette est simple : «On s'entend-tu pour dire que les pelleteux de nuages sont des mange-marde, que les BS sont des maudits paresseux, que les écolos sont dans le champ?» La liste est sans fin : on s'en prend aux immigrants, aux femmes, aux gais, à la Gaspésie, aux intellectuels! Nous aurons tous compris que voilà de vraies fautes d'intelligence. Même le corbeau a une capacité supérieure d'envisager le monde. Jamais il ne diviserait la société entre ceux de gauche et ceux de droite, lui qui sait solutionner des problèmes à huit niveaux de difficulté et qui connaît la profondeur de la vie.

      Il est quelques remèdes à la maladie : apprendre la politesse, suivre des cours d'éducation fondamentale, recevoir des injections régulières favorisant le développement de la bonne volonté, de la bonne foi, de la bonté tout court ou, dans l'extrême urgence, se faire greffer un cœur. Tout cela prend du temps, mais c'est tellement important. Autrefois, on lavait la langue avec du savon, mais peut-on vraiment désinfecter un cerveau sans l'endommager plus encore!

      Lorsque les intentions sont bonnes, le reste vient à l'avenant. Je rêve d'une charte des valeurs qui sacraliserait un seul groupe de valeurs, toutes celles liées à la bonté, à la bonne foi, à la bonne éducation. Le propos haineux est immanquablement le fait d'une ignorance active colorant une petite cervelle surexcitée, une ignorance qui enflamme l'ignorance des autres, une tache sur une seule pomme qui finit par pourrir tout le panier en un rien de temps. À la source du mal, la méchanceté, la grande comme la petite, la pensée pointue qui veut piquer au vif, oui, la méchanceté, la gratuite, l'inutile. À force d'accumuler les méchancetés, on devient haineux. À force de tolérer la méchanceté, elle s'incruste dans nos vies. Et je crois que s'il est illégal de voler ou de tuer ou de faire du mal à autrui, il devrait être tout aussi illégal d'être notoirement méchant. En fait, il nous faudrait haïr la haine, comme si c'était notre dernier combat.

      Je ne suis pas un enfant de chœur, mais justement, il se trouve que j'ai un cœur. Nous sommes nombreux dans mon cas qui préférons une société de compassion et de bonnes intentions à une société d'affrontements simplistes, de disqualifications violentes et de polarisations scandaleuses.

      Nous nous interrogeons beaucoup pour savoir s'il existe une intelligence extraterrestre, mais la question est plutôt de savoir s'il s'en trouve une sur notre propre terre.

(1) Serge Bouchard (1947-2021) s'est fait connaître comme homme de radio et, en littérature, comme un chroniqueur et un essayiste de premier plan, dont l'œuvre est marquée à la fois par l'originalité de la pensée et par la qualité de l'écriture. Au cours des dix dernières années, il nous a donné une suite de recueils qui lui ont valu l'attachement d'un vaste public et d'importantes distinctions, dont le prix Gérard-Morisset du gouvernement du Québec et le Prix littéraire du Gouverneur général. Ce livre posthume de Serge Bouchard fait suite à L'Allume-cigarette de la Chrysler noire (2019) et à Un café avec Marie (2021).

La prière de l'épinette noire

Les Éditions du Boréal / Collection papiers collés / 2023   

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La compilation a été préparée et préfacée par le fidèle coanimateur de Serge Bouchard, Jean-Philippe Pleau, à qui on peut dire un gros merci… 

Suggestion : plusieurs archives sur le site Ohdio (ICI Radio-Canada)

Liste :

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/rechercher/resultats?pageNumber=1&query=Serge%20Bouchard

• Lus pas Serge Bouchard (il fait bon d'entendre sa voix) :

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/livres-audio/105827/les-yeux-tristes-de-mon-camion-serge-bouchard

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/livres-audio/105710/c-etait-au-temps-des-mammouths-laineux

• Lu par Samian :

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/livres-audio/105931/le-moineau-domestique

• Lu par Pascale Monpetit :

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/livres-audio/105900/un-cafe-avec-marie

24 juillet 2023

Servitude et obscurantisme religieux

La guerre est déclarée entre scandinaves et musulmans. L'Irak et l'Iran s'en prennent à la Suède et au Danemark. Une histoire de profanation de Coran. Les intégristes musulmans multiplient les manifestations, scandant «Non au diable, oui au Coran!»

«Une foule, c'est quoi? c'est rien, des pécores inoffensives si on leur cause yeux dans les yeux. Mais mis ensemble, presque collés les uns sur les autres, dans l'odeur des corps, de la transpiration, des haleines, la contemplation des visages, à l'affût du moindre mot, juste ou pas, ça devient de la dynamite, une machine infernale, une soupière à vapeur prête à péter à la gueule si jamais on la touche.» ~ Philippe Claudel (Les âmes grises, Stock 2003)

Les religions servent à esclavager leurs fidèles en les empêchant de penser par eux-mêmes. Bonaparte disait aussi que la religion empêchait les pauvres de tuer les riches…

Le propre de plusieurs religions traditionnelles est de damner ou de condamner, de restreindre au maximum les droits et libertés de leurs adeptes, voire de les emprisonner et de les tuer s’ils dérogent de leurs dogmes. La police de la religion et le spectre de la charia sont toujours dans le décor des dictatures islamiques.

Islam chiite ou islam sunnite, du pareil au même. Et je suis persuadée que, comme en Arabie saoudite et en Égypte, en Iran et en Irak il est défendu de se déclarer athée sous peine de graves représailles – fouet, lapidation, incarcération, voire, mort. Les querelles entre chiisme et sunnisme tiennent moins du différend religieux que d’un conflit politique entre deux modèles, deux ensembles géopolitiques.  

Dans les États islamiques, on ne prend pas le port du voile à la légère ni quoi que ce soit qui touche de près ou de loin à la religion d’État. Tandis qu'au Québec les musulmanes revendiquent le droit de porter leur voile au sein de la fonction publique, incluant les écoles, les femmes coincées dans des dictatures islamiques pures et dures militent avec détermination pour avoir le droit de ne pas porter de voile. (À vous d’élucider ce paradoxe...)

«En religion et en politique, les croyances et les convictions des gens sont presque toujours obtenues de seconde main, sans examen, par des autorités qui n'ont pas elles-mêmes examiné les questions en cause, mais qui les ont obtenues de seconde main auprès d'autres personnes non examinatrices dont les opinions à ce sujet ne valaient pas un clou de laiton.» (The Autobiography of Mark Twain)

En passant, si un occidental souille ou brûle une bible, il ne sera pas arrêté, torturé, lapidé, incarcéré ou assassiné! On a le droit d'être athée et de ne pas aimer les prescriptions d'origine religieuse, quelle que soit la confession.  


"Si tu ne crois pas en Dieu, tu vas souffrir et brûler en enfer pour l'éternité." 

La violence n'est pas toujours nécessairement physique. 

19 juillet 2023

Les oubliés des grands feux de forêt

«Si tu ne t'occupes pas de la nature, la nature s'occupera de toi.» On a l'impression d'être dans la deuxième partie de l'adage…

Il y a sûrement des complotistes assez tordus pour prétendre que ces feux sont l'oeuvre de l'élite et des gouvernements pour nous faire croire aux changements climatiques!!!


À chaque année quand arrive la saison des feux de forêts je publie ce poème de l'écrivaine Élyane Rejony. Tout comme elle, je suis bouleversée en imaginant la panique et la souffrance qu'éprouvent les animaux. C'est tout le vivant qui brûle, la flore, les insectes, les oiseaux, les petits et grands mammifères, le bétail prisonnier des étables, les animaux domestiques et de compagnie…

Cette année, au début, la SOPFEU (Société de protection des forêts contre le feu) avait évoqué la possibilité qu'une majorité des incendies avaient été déclenchés à cause de la négligence des randonneurs ou des campeurs. La Société demandait aux gens depuis le mois de mai de s'abstenir d'aller en forêt. Les Québécois sont bornés et têtus pour ne pas dire carrément stupides. Incapables de se priver d'un feu de camp. En cas d'interdiction, ce sont pourtant des infractions criminelles.

Les directives étaient claires pour l'ensemble des régions du Québec :

• Interdiction de fumer en forêt

• Interdiction de faire des feux à ciel ouvert (en forêt ou à proximité)

• Éviter de circuler et de pratiquer des activités en forêt

• Foyers extérieurs : Optez pour un foyer muni d’un pare-étincelles (disposez le foyer sur un pavé ou sur un sol dégagé en terre battue, en sable ou en gravier. Installez votre foyer à au moins trois mètres de la propriété ou d’une construction potentiellement inflammable (ex : clôture, gazebo, abri, cabanon, etc.). Ne laissez jamais le feu sans surveillance. Éteignez complètement votre feu avant de quitter. N’oubliez pas que les cendres peuvent rester chaudes jusqu’à sept jours. Assurez-vous qu’elles soient bien refroidies avant de les jeter.)

https://sopfeu.qc.ca/organisation/

ASTUCE : où que vous marchiez dehors, si vous fumez, apportez un gobelet à café avec couvercle, mettez-y de l'eau et éteignez vos cigarettes dedans. Je fumais quand j'étais jeune et c'est ce que nous faisions. Simple et efficace! 

BILAN : plus de 10 millions d'hectares de forêts boréales sont partis en fumée au Canada, d'un océan à l'autre. 

Des flammes d'un océan à l'autre : le Canada a franchi le seuil de 10 millions d'hectares de forêt partis en fumée cette année alors que les incendies continuent de faire rage dans presque toutes les provinces et tous les territoires, à l'exception du Nouveau-Brunswick, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nunavut. Selon le Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC), près de 900 brasiers faisaient rage au pays en date de vendredi, en légère hausse par rapport au bilan précédent.  

Radio-Canada

Le Québec est actuellement aux prises avec le plus important brasier de l’histoire de la province. Le titanesque incendie, qui dévore depuis quelque temps la forêt boréale, à l’est de la Baie-James, s’étendrait désormais sur une superficie de 1 041 769 hectares, soit presque la taille de la Montérégie.

https://www.msn.com/fr-ca/actualites/quebec-canada/le-plus-grand-brasier-de-l-histoire-du-qu%C3%A9bec-fait-rage-dans-la-for%C3%AAt-bor%C3%A9ale/ar-AA1dUG0D?ocid=mailsignout&pc=U591&cvid=180f7ac6da464bc78d0d5cf9448059ad&ei=30

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Bravo au système de justice de la Nouvelle-Écosse qui applique la loi :

Une femme écope d’une amende de 29 000 $ pour un feu extérieur pendant l’interdiction en N.-É.

Une femme de Lantz, une municipalité située à environ 50 kilomètres au nord d'Halifax, a été condamnée à payer une amende de près de 29 000 $ pour avoir allumé un feu en plein air sans surveillance au moment où l'interdiction de brûlage est en vigueur dans l'ensemble de la province.

     Le caporal Chris Marshall, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), indique que des agents se sont rendus sur les lieux d'une propriété privée où brûlait un feu à ciel ouvert vendredi après-midi.

     Ils y ont constaté qu'un feu non surveillé brûlait dans un foyer et ont utilisé un tuyau d'arrosage pour éteindre les flammes.

     Ils ont remis à une femme qui habite la maison construite sur cette propriété une contravention pour avoir allumé un feu à moins de 1000 pieds des bois pendant une interdiction de feu, ce qui entraîne une amende de 28 872,50 $.

     Pendant ce temps, les autorités affirment que le plus grand feu de forêt de l'histoire de la Nouvelle-Écosse continue de brûler sans être maîtrisé samedi mais qu'il ne se propage plus.

     Le ministère provincial des Ressources naturelles et des Énergies renouvelables indique qu'environ 130 pompiers s'efforcent d'éteindre cet incendie de 234 kilomètres carrés qui a débuté le 27 mai près du lac Barrington, dans le comté de Shelburne.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1986896/feux-nouvelle-ecosse-amende-interdiction


Poème de l'écrivaine Élyane Rejony

Introduction :

(…) Je pense beaucoup à ces gens morts, poursuivis par les flammes, sans issue. Je pense à ces gens qui ont vu brûler leur maison. À ceux qui ont eu très peur, qui s'en sont sortis, qui ont abandonné leur véhicule pour fuir. La douleur humaine se partage «naturellement», surtout lorsqu'elle est servie en spectacle sur un plateau au moment de l'apéritif.

Je crois que l'empathie réelle ne doit pas se contenter de notre anthropocentrisme culturel. Mes pensées empathiques se tournent aussi vers les êtres les plus humbles, les plus oubliés. Les animaux souffrent autant que nous en brûlant. Je pense à leur détresse et à leur douleur : comme nous ils ont peur, ils essaient de fuir mais parfois ils sont attachés ou enfermés. Et ils ont mal, et ils hurlent, comme les humains qui se consument.

On nous parlera peut-être, en passant, des milliers de «bêtes» qui rapportent de l'argent (et encore), et je comprends bien l'intérêt légitime des hommes.

Dans notre monde où la sensiblerie est bien plus vilipendée que le cynisme ou la cruauté, il ne me paraîtrait pas superflu d'évoquer, en passant, le fait que de nombreux êtres vivants sont morts dans les incendies. Juste pour rappeler que les êtres humains ne sont pas les seuls êtres vivants de la planète. Mais que vaut un être vivant s'il n'est pas un humain ? Rien du tout. Notre société se moque déjà de la vie humaine, alors pensez, les animaux…

On nous répète en boucle que la prise de conscience écologique avance, que l'humain comprend enfin l'importance du reste de la nature en dehors de lui. L'environnement, les biotopes, la faune, la flore…Tu parles !

Mon avis de poète paraîtra peut-être étrange à ceux qui oublient que les animaux ont un cerveau, un système nerveux, et qu'ils souffrent, qu'ils ont peur, comme nous. Dans le regard éperdu d'un chien ou d'un chat recueilli, on peut lire la reconnaissance et l'affection, que l'on ne voit d'ailleurs pas briller dans les yeux de tous les humains. Alors?

Les poètes sont là pour faire penser à ce qui s'oublie facilement. Je n'aime ni le racisme, ni le sexisme, ni l'espécisme.

J'ai écrit, il y a des années, ce petit texte, pour ne pas oublier les détails «inutiles».

FLAMMES

Incendies en Catalogne en juillet 2012  / Samedi, 4 août 2012 

Dans le grand incendie des collines, dévoreur de sève et de sang,

Sous les hurlements sauvages du feu

personne n'entend

crépiter les souris, les musaraignes au fin minois,

brûler vivants les petits lézards, les orvets et les salamandres,

les biches, les marcassins, les blaireaux, les furets,

s'étouffer les oisillons au nid,

craquer les tortues calcinées, les fourmis consumées,

les coccinelles carbonisées,

Suffoquer les petits lapins épouvantés dans leur abri,

personne n'entend

Milliers de victimes minuscules,

vivantes, muettes

Humbles vies palpitantes d'espoir

comme nous,

effacées du monde sans ménagement

effacées de la vie

et du monde vivant

sans empathie

oubliées des journalistes et des bilans

niées

effacées

ignorées des braves gens.

Braves gens.

D'après les premières enquêtes, le feu serait parti d'un mégot … Un mégot. Un humain serait donc responsable du désastre. Mas il a droit, lui, par sa seule nature d'humain, à l'empathie humaine. Pourtant les animaux, que nous méprisons officiellement, puisqu'ils n'ont juridiquement que le statut d'objet, ne jettent jamais de mégot.

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Faim, intoxication, brûlures, et mort par le feu, voilà le sort des oubliés.

MOURIR BRÛLÉ

Description scientifique

Tout dépend de la taille du bûcher : si l'on vous précipite dans un grand bûcher avec de gros rondins, vous mourrez sûrement avant que les flammes ne vous touchent, empoisonné au monoxyde de carbone; la mort en soi n'est pas douloureuse. Si le bûcher est petit et mal alimenté, vous pouvez d'abord mourir d'hypovolémie (en gros votre corps se vide de ses fluides, notamment le plasma sanguin en voulant "traiter" les brûlures) ou tout simplement d'une "décomposition thermique" lors de laquelle la chaleur provoque la rupture des molécules.  

Description sous hypnose

Cette description rejoint celle d’une personne en état d'hypnose. Un psychiatre d’Oxford a fait de nombreuses recherches sur le sujet avec des personnes capables de se projeter sous hypnose dans le corps d'une personne en proie aux flammes. Il fut critiqué pour son attitude non scientifique car l’hypnose n'avait pas la cote. En 1962, lors d’une session, une femme a décrit la mort par le feu avec une précision stupéfiante :

     «Je ne savais pas qu’on saignait quand on meurt par le feu. Je pensais que le sang s’asséchait tout d’un coup dans cette effroyable chaleur. Mais je me suis mise à saigner abondamment. Le sang se répandait à flots en sifflant dans les flammes. Le pire était mes yeux. … J’ai essayé de fermer les paupières, mais je n’y suis pas parvenue. Alors les flammes ont commencé à m’arracher les yeux avec leurs doigts infernaux…»

18 juin 2023

Le Grand Prix : loin d'être glam!

Si ce n'était de tous les à-côtés de la course, franchement y'aurait pas de quoi faire le détour pour se faire défoncer les tympans… Le pire c'est qu'il semble qu'on vienne de partout pour profiter de la prostitution juvénile à Montréal (1). 

Campagne 2022 de la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES) https://www.lacles.org/

Après deux jours de divertissement pour le public, le clou : "les pilotes de F1 parcourent les 4 361 mètres du circuit en moins d'une minute et 15 secondes, avec des vitesses pouvant atteindre plus de 300 km/h dans les lignes droites. En raison de ses 14 virages serrés et exigeants sur les freins, le circuit Gilles-Villeneuve est favorable aux dépassements et aux erreurs de pilotage." (Source : site de l'événement)

Dimanche 18 juin

9h55 à 10h25 F-1600 | 3e course (14 tours ou 30 minutes)

10h55 à 11h30 Challenge Ferrari | 2e course (18 tours ou 30 minutes)

11h50 à 12h20 Formule 1 | Parade des pilotes

13h46 à 13h48 Hymne national du Canada

14h00 à 16h00 FORMULA 1 PIRELLI GRAND PRIX DU CANADA 2023 (70 tours ou 120 minutes)

(Source : site de l'événement)

Soit deux heures de vraie course-spectacle!

Prix des billets / 3 jours

Terrasse 34 VIP 950 $

Terrasse 21 VIP 1050 $

Terrasse CGV VIP 1050 $

Il est évident que l'événement a des répercussions – particulièrement très négatives sur l'environnement, la faune et les humains.

IMPACTS

GAZ À EFFETS DE SERRE

Pour toute la saison de F1 (2019) : 256 551 tonnes de CO2 : Autant que 105 000 voitures. 

Grand Prix du Canada (2019) : 12 000 tonnes de CO2 : Autant que 2600 voitures.

GES émis par les voitures de la F1 : 0,7 %

GES émis par le transport du public (2019) : 36 400 tonnes de CO2

Public provenant de l’extérieur de Montréal : 66 %

ANIMAUX DÉPLACÉS

Animaux présents au Parc Jean-Drapeau : marmottes, renards, ratons laveurs capturés avec des pièges et relocalisés sur l’île Sainte-Hélène

POLLUTION SONORE

Niveau sonore près de la piste : 130 décibels

Assister à toute la durée de la course : 85 fois le niveau sonore quotidien recommandé

Danger de dommages permanents à l’ouïe

PLUS DE DÉPENSES QUE DE REVENUS

DÉPENSES

400 millions

Fonds publics versés aux propriétaires de la F1 pour toute la durée de l’entente avec la Ville de Montréal (2009 à 2031)

90 millions

Pour l’entretien de la piste entre 2017 et 2019

REVENUS

63 millions

Retombées économiques du Grand Prix en 2019

16 millions

Revenus fiscaux pour les gouvernements fédéral et provincial après le Grand Prix de 2019

BILAN

4,5 millions

Déficit annuel entre les fonds publics investis et les revenus gouvernementaux engrangés par le Grand Prix de 2015 à 2019 selon un calcul de La Presse.

Durant cette période :

32,3 millions $ perdus au municipal avec le Grand Prix

8 millions $ perdus au fédéral

17,9 millions $ gagnés au provincial

Source https://www.journaldemontreal.com/2023/06/14/un-grand-prix-qui-coute-cher

En cinq minutes

Recherche et rédaction: Sarah-Florence Benjamin

3D: Wilfried Vougny

Graphisme: Osama Jeljeli

Design et expérience numérique: Thomas De Oliveira

Sources: CDC, Alpine Hearing Protection, Formula 1, IRIS, Journal de Montréal, La Presse, Le Devoir, Société du parc Jean-Drapeau, Tourisme Montréal

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Commentaire perso : Évidemment on ignore les revenus non taxés de l'exploitation sexuelle empochés par les proxénètes…

(1) Au Grand Prix, «il y a une demande pour des filles de plus en plus jeunes»

Jennie-Laure Sully, organisatrice communautaire à la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES), admet toutefois que ce phénomène n'est pas unique ni au Grand Prix ni à Montréal.

     «C’est le cas lors du Superbowl aux États-Unis ou lors du Mondial de soccer dans différentes villes», donne-t-elle en guise d'exemples.

     «Il y a une demande accrue lors de ces grands événements. Les proxénètes cherchent à répondre à la demande de ces hommes-là qui cherchent des femmes et des filles», explique-t-elle.

     «Il y a une demande pour des filles de plus en plus jeunes.» Jennie-Laure Sully, organisatrice communautaire (CLES)

     Mme Sully souligne que le Grand Prix peut facilement devenir une porte d'entrée à la prostitution.

     «Il y a toutes sortes d’annonces douteuses. Des annonces pour être hôtesse, où finalement c’est pour être plus qu'hôtesse...», précise-t-elle.

     Elle ajoute par ailleurs que la fin de semaine de Formule 1 fait place à beaucoup de «traite» interne et internationale.

 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1988801/f1-montreal-prostitution-lutte