Cette affirmation peut être vraie si tu ne vis pas
dans un État chrétien ou musulman fondamentaliste (1).
Si Dieu
donne la vie, pourquoi s’attendrait-Il à être repayé? Ta vie t’appartient.
Ceux qui
parlent toujours au nom de Dieu font leur large part pour faire damner le
monde.
Sans cesse,
on crée Dieu à notre image et ressemblance.
Quand je
doute, j’affirme. Quand je
sais, je questionne. (Plus notre incertitude est grande plus nous
mettons d’énergie à justifier nos positions.)
~ Denis Gagné, psychologue (L'air de rien)
Photo : Tourisme Montréal.
(1) Notez comme le chef du Hezbollah, Hassan
Nasrallah, n'y va pas avec le dos de la cuillère!
À titre d'exemples voici quelques extraits tirés
d'un article intitulé
Droits LGBTQ+ dans
le monde arabe : «Ça n’allait pas très bien, mais là, ça régresse»
• Alors
que les festivités de la Fierté tirent à leur fin à Montréal, plusieurs organismes
déplorent le recul des droits des personnes LGBTQ+ dans plusieurs pays du
Moyen-Orient et l'augmentation de la répression à leur endroit.
• Au
Liban, pays traditionnellement plus tolérant que d'autres États arabes de la
région, le chef du Hezbollah, Hassan
Nasrallah, avait affirmé en juillet que, selon la loi islamique, tout homosexuel «devrait être tué»,
appelant la population à boycotter tous les produits arc-en-ciel.
• La
semaine dernière, en Irak, les autorités ont ordonné aux médias de ne plus
utiliser le mot «homosexualité» et de privilégier l'expression «déviance sexuelle». Le terme «genre» est
également interdit.
• Samya
Lemrini, avocate en droits de l'immigration, note au passage que le recul des
droits LGBTQ+ est aussi perceptible dans certains pays occidentaux, telle
l'Italie qui a entrepris dernièrement de faire retirer les noms de dizaines de
mères lesbiennes des certificats de naissance de leur enfant (Nouvelle
fenêtre), une régression constante est observée dans les pays du Moyen-Orient
en raison du poids de la religion sur les mentalités. «Bien qu'on ne veuille pas nécessairement associer certains pays
à une religion, il est certain que la montée de l'islamisme, par exemple, va
avoir un impact sur les droits LGBTQ+»,
souligne-t-elle.
• Le
cofondateur de Helem (association pour la protection des droits LGBTQ+
créée en 2004 qui a pour origine l'organisme Helem fondé au Liban en 2000),
Ralph Shayne, tient toutefois à préciser que ce n'est pas seulement l'islamisme
qui nuit aux droits LGBTQ+ dans les pays arabes puisque le catholicisme y
contribue également, notamment au Liban. «Les LGBTQ+ sont utilisés comme boucs émissaires, alors qu'il y a
des problèmes bien plus graves que cela [dans ces pays]. Le seul discours qui
unit les radicaux de tous bords est l’homophobie. Le radicalisme homophobe
religieux au Liban et ailleurs dans le monde arabe [provient] aussi bien des
chrétiens que des musulmans.»~ Ralph Shayne, cofondateur de Helem
• Il
dénonce au passage le discours haineux de l’Église maronite libanaise qui a
cautionné une campagne anti-LGBTQ+
dernièrement dans le but de faire respecter les valeurs religieuses et
invitait les citoyens à ne pas succomber au discours des droits de la personne.
• Ce
n'est pas qu'au Moyen-Orient que les droits des LGBTQ+ font l'objet d'une
répression de plus en plus ouverte. Des pays comme la Russie exercent aussi une
lourde répression, ainsi que l'Ouganda. Ce pays d'Afrique a adopté en mai
dernier sa «loi
antihomosexualité 2023»,
considérée comme l'une des plus répressives du monde, qui a même mené à la
suspension du financement de la Banque mondiale (BM).
•«Le Canada fait partie des pays où la
criminalisation [de l'homosexualité] est terminée, mais aussi où des
protections législatives sont fortes contre les thérapies de conversion [et]
les crimes haineux, et [où on reconnaît les] couples de même sexe et l'accès à
des processus pour créer des familles»,
énumère Samya Lemrini.
Par David Beauchamp / Radio-Canada Société / 14
août 2023
Nous sommes nombreux à
nous ennuyer de notre éveilleur de
conscience Serge Bouchard (1). Je me demande souvent ce qu'il dirait des multiples
situations choquantes, locales ou internationales, dont nous sommes témoins en
ce moment.
Le texte suivant est tiré
de l'ouvrage posthume "La prière de
l'épinette noire", une sélection de ses éditoriaux rédigés au fil des
ans pour l'émission C'est fou..., sur
les ondes d'ICI Radio-Canada Première de 2010 à 2021.
Il
faudra un jour éradiquer la haine
Sur le fil de mon
Facebook, oui, sur le fil de mon Facebook, j'entendais un petit auditeur excité
dire la phrase suivante à la tribune téléphonique d'une radio de Québec : «Tous
ceux qui traînent dans la rue en après-midi, à manifester ou à ne rien faire,
on devrait les tirer!» Évidemment, ce grand penseur vous dira qu'il ne voulait
pas vraiment dire cela, qu'il ne s'agit que d'une manière de parler. Mais elle
est quand même étonnante, cette façon de s'exprimer, elle blesse des oreilles
aussi vieilles que les miennes, elle traverse ma couenne de dur à cuire. Rien
ne me choque plus que la philosophie d'un mononeuronne. Cela ressemble à : «Les
maudits Indiens, y nous coûtent une fortune!» «Les maudites féministes, on
devrait toutes les enfermer!» ou pire encore, que je ne dis pas. Où l'on voit
combien le propos haineux est hystérique et dangereux. Il conduit à la folie
collective. Car on est toujours justifié de s'en prendre à celui ou celle à que
l'on hait, pour toutes les fausses raisons du monde. Et l'histoire de
l'humanité récente nous enseigne le coût de pareilles dérives.
Le serpent à «sornettes» ~ Serge Bouchard (Source de l'image Getty)
Pour être un jour de vrais humains, il
faudra éradiquer la haine, comme nous avons éradiqué la peste. Car la haine est
à l'origine une maladie grave, qui plus est, une maladie très contagieuse. Il
suffit de tomber sur un animateur de radio hautement infecté pour être soi-même
frappé du mal. Le virus est dans les ondes. Lorsque j'entends un serpent à «sornettes»
déguisé en animateur répandre son venin en prononçant des phrases haineuses et
vides de sens, des phrases sans queue ni tête, gratuites et aussi méchantes
qu'une face de crotale, j'entre en colère dans mon auto, je rage, je veux tuer
l'irresponsable, lui casser la gueule, je veux battre cet imbécile qui
empoisonne les cerveaux du monde, je voudrais lui fermer le caquet pour toujours,
en un mot je le hais. Où l'on voit combien la haine est contagieuse, qu'elle se
cultive et s'attise, qu'elle se provoque facilement.
Il suffit de lire les commentaires
gratuits des chialeux anonymes, dans les journaux et sur les réseaux sociaux,
pour noter certaines choses. À l'université de la haine, on apprend à parler
mal, à écrire avec des fautes, à respirer l'ammoniac de sa propre haleine ainsi
qu'à poser un problème de façon claire. La recette est simple : «On s'entend-tu
pour dire que les pelleteux de nuages sont des mange-marde, que les BS sont des
maudits paresseux, que les écolos sont dans le champ?» La liste est sans fin :
on s'en prend aux immigrants, aux femmes, aux gais, à la Gaspésie, aux
intellectuels! Nous aurons tous compris que voilà de vraies fautes
d'intelligence. Même le corbeau a une capacité supérieure d'envisager le monde.
Jamais il ne diviserait la société entre ceux de gauche et ceux de droite, lui
qui sait solutionner des problèmes à huit niveaux de difficulté et qui connaît
la profondeur de la vie.
Il est quelques remèdes à la maladie :
apprendre la politesse, suivre des cours d'éducation fondamentale, recevoir des
injections régulières favorisant le développement de la bonne volonté, de la
bonne foi, de la bonté tout court ou, dans l'extrême urgence, se faire greffer
un cœur. Tout cela prend du temps, mais c'est tellement important. Autrefois,
on lavait la langue avec du savon, mais peut-on vraiment désinfecter un cerveau
sans l'endommager plus encore!
Lorsque les intentions sont bonnes, le
reste vient à l'avenant. Je rêve d'une charte des valeurs qui sacraliserait un
seul groupe de valeurs, toutes celles liées à la bonté, à la bonne foi, à la
bonne éducation. Le propos haineux est immanquablement le fait d'une ignorance
active colorant une petite cervelle surexcitée, une ignorance qui enflamme
l'ignorance des autres, une tache sur une seule pomme qui finit par pourrir
tout le panier en un rien de temps. À la source du mal, la méchanceté, la
grande comme la petite, la pensée pointue qui veut piquer au vif, oui, la
méchanceté, la gratuite, l'inutile. À force d'accumuler les méchancetés, on
devient haineux. À force de tolérer la méchanceté, elle s'incruste dans nos
vies. Et je crois que s'il est illégal de voler ou de tuer ou de faire du mal à
autrui, il devrait être tout aussi illégal d'être notoirement méchant. En fait,
il nous faudrait haïr la haine, comme si c'était notre dernier combat.
Je ne suis pas un enfant de chœur, mais
justement, il se trouve que j'ai un cœur. Nous sommes nombreux dans mon cas qui
préférons une société de compassion et de bonnes intentions à une société
d'affrontements simplistes, de disqualifications violentes et de polarisations
scandaleuses.
Nous nous interrogeons beaucoup pour
savoir s'il existe une intelligence extraterrestre, mais la question est plutôt
de savoir s'il s'en trouve une sur notre propre terre.
(1) Serge Bouchard
(1947-2021) s'est fait connaître comme homme de radio et, en littérature, comme
un chroniqueur et un essayiste de premier plan, dont l'œuvre est marquée à la
fois par l'originalité de la pensée et par la qualité de l'écriture. Au cours
des dix dernières années, il nous a donné une suite de recueils qui lui ont
valu l'attachement d'un vaste public et d'importantes distinctions, dont le
prix Gérard-Morisset du gouvernement du Québec et le Prix littéraire du
Gouverneur général. Ce livre posthume de Serge Bouchard fait suite à L'Allume-cigarette de la Chrysler noire
(2019) et à Un café avec Marie
(2021).
La
prière de l'épinette noire
Les
Éditions du Boréal / Collection papiers collés / 2023
~~~
La
compilation a été préparée et préfacée par le fidèle coanimateur de Serge
Bouchard, Jean-Philippe Pleau, à qui on peut dire un gros merci…
Suggestion : plusieurs
archives sur le site Ohdio (ICI Radio-Canada)
La guerre est déclarée
entre scandinaves et musulmans. L'Irak et l'Iran s'en prennent à la Suède et au
Danemark. Une histoire de profanation de Coran. Les intégristes musulmans
multiplient les manifestations, scandant «Non au diable, oui au Coran!»
«Une
foule, c'est quoi? c'est rien, des pécores inoffensives si on leur cause yeux
dans les yeux. Mais mis ensemble, presque collés les uns sur les autres, dans
l'odeur des corps, de la transpiration, des haleines, la contemplation des
visages, à l'affût du moindre mot, juste ou pas, ça devient de la dynamite, une
machine infernale, une soupière à vapeur prête à péter à la gueule si jamais on
la touche.» ~ Philippe
Claudel (Les âmes grises, Stock 2003)
Les religions servent à
esclavager leurs fidèles en les empêchant de penser par eux-mêmes. Bonaparte
disait aussi que la religion empêchait les pauvres de tuer les riches…
Le
propre de plusieurs religions traditionnelles est de damner ou de condamner, de
restreindre au maximum les droits et libertés de leurs adeptes, voire de les
emprisonner et de les tuer s’ils dérogent de leurs dogmes. La police de la
religion et le spectre de la charia sont toujours dans le décor des dictatures
islamiques.
Islam
chiite ou islam sunnite, du pareil au même. Et je suis persuadée que, comme en
Arabie saoudite et en Égypte, en Iran et en Irak il est défendu de se déclarer
athée sous peine de graves représailles – fouet, lapidation, incarcération, voire,
mort. Les querelles entre chiisme et sunnisme tiennent moins du différend
religieux que d’un conflit politique entre deux modèles, deux ensembles
géopolitiques.
Dans
les États islamiques, on ne prend pas le port du voile à la légère ni quoi que
ce soit qui touche de près ou de loin à la religion d’État. Tandis qu'au Québec
les musulmanes revendiquent le droit de porter leur voile au sein de la
fonction publique, incluant les écoles, les femmes coincées dans des dictatures
islamiques pures et dures militent avec détermination pour avoir le droit de ne
pas porter de voile. (À vous d’élucider ce paradoxe...)
«En religion et en
politique, les croyances et les convictions des gens sont presque toujours
obtenues de seconde main, sans examen, par des autorités qui n'ont pas
elles-mêmes examiné les questions en cause, mais qui les ont obtenues de
seconde main auprès d'autres personnes non examinatrices dont les opinions à ce
sujet ne valaient pas un clou de laiton.» (The
Autobiography of Mark Twain)
En
passant, si un occidental souille ou brûle une bible, il ne sera pas arrêté,
torturé, lapidé, incarcéré ou assassiné! On a le droit d'être athée et de ne pas aimer les prescriptions d'origine religieuse, quelle que soit la confession.
"Si tu ne crois pas en Dieu, tu vas souffrir et brûler en enfer pour l'éternité."
La violence n'est pas toujours nécessairement physique.
«Si
tu ne t'occupes pas de la nature, la nature s'occupera de toi.» On a l'impression d'être dans la deuxième
partie de l'adage…
Il y a sûrement des
complotistes assez tordus pour prétendre que ces feux sont l'oeuvre de l'élite
et des gouvernements pour nous faire croire aux changements climatiques!!!
À chaque année quand
arrive la saison des feux de forêts je publie ce poème de l'écrivaine Élyane Rejony. Tout comme elle, je suis
bouleversée en imaginant la panique et la souffrance qu'éprouvent les animaux. C'est tout le vivant qui brûle, la flore, les insectes,
les oiseaux, les petits et grands mammifères, le bétail prisonnier des étables,
les animaux domestiques et de compagnie…
Cette année, au début, la
SOPFEU (Société de protection des forêts contre le feu) avait évoqué la
possibilité qu'une majorité des incendies avaient été déclenchés à cause de la
négligence des randonneurs ou des campeurs. La Société demandait aux
gens depuis le mois de mai de s'abstenir d'aller en forêt. Les Québécois sont
bornés et têtus pour ne pas dire carrément stupides. Incapables de se priver
d'un feu de camp. En cas
d'interdiction, ce sont pourtant des infractions criminelles.
Les directives étaient
claires pour l'ensemble des régions du Québec :
• Interdiction de fumer en
forêt
• Interdiction de faire
des feux à ciel ouvert (en forêt ou à proximité)
• Éviter de circuler et de
pratiquer des activités en forêt
• Foyers extérieurs : Optez pour un foyer muni d’un pare-étincelles (disposez le foyer sur un pavé ou
sur un sol dégagé en terre battue, en sable ou en gravier. Installez votre
foyer à au moins trois mètres de la propriété ou d’une construction
potentiellement inflammable (ex : clôture, gazebo, abri, cabanon, etc.).
Ne laissez jamais le feu sans surveillance. Éteignez complètement votre feu
avant de quitter. N’oubliez pas que les cendres peuvent rester chaudes jusqu’à
sept jours. Assurez-vous qu’elles soient bien refroidies avant de les jeter.)
ASTUCE : où que vous marchiez dehors, si vous
fumez, apportez un gobelet à café avec couvercle, mettez-y de l'eau et éteignez
vos cigarettes dedans. Je fumais quand j'étais jeune et c'est ce que nous
faisions. Simple et efficace!
BILAN : plus de 10 millions d'hectares de forêts boréales sont partis en fumée au Canada, d'un océan à l'autre.
Des flammes d'un
océan à l'autre : le Canada a franchi le seuil de 10 millions
d'hectares de forêt partis en fumée cette année alors que les incendies
continuent de faire rage dans presque toutes les provinces et tous les
territoires, à l'exception du Nouveau-Brunswick, de
l'Île-du-Prince-Édouard et du Nunavut. Selon
le Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC), près de
900 brasiers faisaient rage au pays en date de vendredi, en légère
hausse par rapport au bilan précédent.
Radio-Canada
Le Québec est actuellement aux prises avec le plus important brasier de
l’histoire de la province. Le titanesque incendie, qui dévore depuis
quelque temps la forêt boréale, à l’est de la Baie-James, s’étendrait
désormais sur une superficie de 1 041 769 hectares, soit presque la
taille de la Montérégie.
Bravo au système de justice de la Nouvelle-Écosse qui applique la loi :
Une
femme écope d’une amende de 29 000 $ pour un feu extérieur pendant
l’interdiction en N.-É.
Une femme de Lantz, une
municipalité située à environ 50 kilomètres au nord d'Halifax, a été condamnée à payer uneamende de près de 29 000 $ pour avoir
allumé un feu en plein air sans surveillance au moment où l'interdiction de
brûlage est en vigueur dans l'ensemble de la province.
Le caporal Chris Marshall, de la Gendarmerie
royale du Canada (GRC), indique que des agents se sont rendus sur les lieux
d'une propriété privée où brûlait un feu à ciel ouvert vendredi après-midi.
Ils y ont constaté qu'un feu non surveillé
brûlait dans un foyer et ont utilisé un tuyau d'arrosage pour éteindre les
flammes.
Ils ont remis à une femme qui habite la
maison construite sur cette propriété une contravention pour avoir allumé un
feu à moins de 1000 pieds des bois pendant une interdiction de feu, ce qui
entraîne une amende de 28 872,50 $.
Pendant ce temps, les autorités affirment
que le plus grand feu de forêt de l'histoire de la Nouvelle-Écosse continue de
brûler sans être maîtrisé samedi mais qu'il ne se propage plus.
Le ministère provincial des Ressources
naturelles et des Énergies renouvelables indique qu'environ 130 pompiers
s'efforcent d'éteindre cet incendie de 234 kilomètres carrés qui a débuté le 27
mai près du lac Barrington, dans le comté de Shelburne.
(…) Je pense beaucoup à
ces gens morts, poursuivis par les flammes, sans issue. Je pense à ces gens qui
ont vu brûler leur maison. À ceux qui ont eu très peur, qui s'en sont sortis,
qui ont abandonné leur véhicule pour fuir. La douleur humaine se partage
«naturellement», surtout lorsqu'elle est servie en spectacle sur un plateau au
moment de l'apéritif.
Je crois que l'empathie
réelle ne doit pas se contenter de notre anthropocentrisme culturel. Mes
pensées empathiques se tournent aussi vers les êtres les plus humbles, les plus
oubliés. Les animaux souffrent autant que nous en brûlant. Je pense à leur
détresse et à leur douleur : comme nous ils ont peur, ils essaient de fuir mais
parfois ils sont attachés ou enfermés. Et ils ont mal, et ils hurlent, comme
les humains qui se consument.
On nous parlera peut-être,
en passant, des milliers de «bêtes» qui rapportent de l'argent (et encore), et
je comprends bien l'intérêt légitime des hommes.
Dans notre monde où la
sensiblerie est bien plus vilipendée que le cynisme ou la cruauté, il ne me
paraîtrait pas superflu d'évoquer, en passant, le fait que de nombreux êtres
vivants sont morts dans les incendies. Juste pour rappeler que les êtres
humains ne sont pas les seuls êtres vivants de la planète. Mais que vaut un
être vivant s'il n'est pas un humain ? Rien du tout. Notre société se moque
déjà de la vie humaine, alors pensez, les animaux…
On nous répète en boucle
que la prise de conscience écologique avance, que l'humain comprend enfin
l'importance du reste de la nature en dehors de lui. L'environnement, les
biotopes, la faune, la flore…Tu parles !
Mon avis de poète paraîtra
peut-être étrange à ceux qui oublient que les animaux ont un cerveau, un
système nerveux, et qu'ils souffrent, qu'ils ont peur, comme nous. Dans le regard
éperdu d'un chien ou d'un chat recueilli, on peut lire la reconnaissance et
l'affection, que l'on ne voit d'ailleurs pas briller dans les yeux de tous les
humains. Alors?
Les poètes sont là pour
faire penser à ce qui s'oublie facilement. Je n'aime ni le racisme, ni le
sexisme, ni l'espécisme.
J'ai écrit, il y a des
années, ce petit texte, pour ne pas oublier les détails «inutiles».
FLAMMES
Incendies en Catalogne en
juillet 2012/ Samedi, 4 août 2012
Dans le grand incendie des
collines, dévoreur de sève et de sang,
Sous les hurlements
sauvages du feu
personne n'entend
crépiter les souris, les
musaraignes au fin minois,
brûler vivants les petits
lézards, les orvets et les salamandres,
les biches, les
marcassins, les blaireaux, les furets,
s'étouffer les oisillons
au nid,
craquer les tortues
calcinées, les fourmis consumées,
les coccinelles
carbonisées,
Suffoquer les petits
lapins épouvantés dans leur abri,
personne n'entend
Milliers de victimes
minuscules,
vivantes, muettes
Humbles vies palpitantes
d'espoir
comme nous,
effacées du monde sans
ménagement
effacées de la vie
et du monde vivant
sans empathie
oubliées des journalistes
et des bilans
niées
effacées
ignorées des braves gens.
Braves gens.
D'après les premières
enquêtes, le feu serait parti d'un mégot
… Un mégot. Un humain serait donc responsable du désastre. Mas il a droit, lui,
par sa seule nature d'humain, à l'empathie humaine. Pourtant les animaux, que nous méprisons officiellement, puisqu'ils
n'ont juridiquement que le statut d'objet, ne jettent jamais de mégot.
~~~
Faim,
intoxication, brûlures, et mort par le feu, voilà le sort des oubliés.
MOURIR BRÛLÉ
Description scientifique
Tout
dépend de la taille du bûcher : si l'on vous précipite dans un grand bûcher
avec de gros rondins, vous mourrez sûrement avant que les flammes ne vous
touchent, empoisonné au monoxyde de carbone; la mort en soi n'est pas
douloureuse. Si le bûcher est petit et mal alimenté, vous pouvez d'abord mourir
d'hypovolémie (en gros votre corps se vide de ses fluides, notamment le plasma
sanguin en voulant "traiter" les brûlures) ou tout simplement d'une
"décomposition thermique" lors de laquelle la chaleur provoque la
rupture des molécules.
Description sous hypnose
Cette
description rejoint celle d’une personne en état d'hypnose. Un psychiatre d’Oxford
a fait de nombreuses recherches sur le sujet avec des personnes capables de se
projeter sous hypnose dans le corps d'une personne en proie aux flammes. Il fut
critiqué pour son attitude non scientifique car l’hypnose n'avait pas la cote.
En 1962, lors d’une session, une femme a décrit la mort par le feu avec une
précision stupéfiante :
«Je
ne savais pas qu’on saignait quand on meurt par le feu. Je pensais que le sang
s’asséchait tout d’un coup dans cette effroyable chaleur. Mais je me suis mise
à saigner abondamment. Le sang se répandait à flots en sifflant dans les
flammes. Le pire était mes yeux. … J’ai
essayé de fermer les paupières, mais je n’y suis pas parvenue. Alors les
flammes ont commencé à m’arracher les yeux avec leurs doigts infernaux…»
Si ce n'était de tous les
à-côtés de la course, franchement y'aurait pas de
quoi faire le détour pour se faire défoncer les tympans… Le pire c'est qu'il semble qu'on vienne
de partout pour profiter de la prostitution juvénile à Montréal (1).
Campagne 2022 de la
Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES) https://www.lacles.org/
Après deux jours de
divertissement pour le public, le clou : "les pilotes de F1 parcourent les 4 361
mètres du circuit en moins d'une minute et 15 secondes, avec des vitesses
pouvant atteindre plus de 300 km/h dans les lignes droites. En raison de ses 14
virages serrés et exigeants sur les freins, le circuit Gilles-Villeneuve est
favorable aux dépassements et aux erreurs de pilotage." (Source : site de
l'événement)
Dimanche
18 juin
9h55 à 10h25 F-1600 | 3e
course (14 tours ou 30 minutes)
10h55 à 11h30 Challenge
Ferrari | 2e course (18 tours ou 30 minutes)
11h50 à 12h20 Formule 1 |
Parade des pilotes
13h46 à 13h48 Hymne
national du Canada
14h00 à 16h00 FORMULA 1
PIRELLI GRAND PRIX DU CANADA 2023 (70 tours ou 120 minutes)
(Source : site de
l'événement)
Soit deux heures de vraie course-spectacle!
Prix
des billets / 3 jours
Terrasse 34 VIP 950 $
Terrasse 21 VIP 1050 $
Terrasse CGV VIP 1050 $
Il est évident que
l'événement a des répercussions – particulièrement très négatives sur
l'environnement, la faune et les humains.
IMPACTS
GAZ
À EFFETS DE SERRE
Pour toute la saison de F1
(2019) : 256 551 tonnes de CO2 :Autant que 105 000
voitures.
Grand
Prix du Canada (2019) :
12 000 tonnes de CO2 : Autant que 2600 voitures.
GES émis par les voitures
de la F1 : 0,7 %
GES émis par le transport
du public (2019) : 36 400 tonnes de CO2
Public provenant de
l’extérieur de Montréal : 66 %
ANIMAUX
DÉPLACÉS
Animaux présents au Parc
Jean-Drapeau : marmottes, renards, ratons laveurs capturés avec des pièges et
relocalisés sur l’île Sainte-Hélène
POLLUTION
SONORE
Niveau sonore près de la
piste : 130 décibels
Assister à toute la durée de la course : 85 fois le niveau sonore quotidien
recommandé
Danger de dommages
permanents à l’ouïe
PLUS
DE DÉPENSES QUE DE REVENUS
DÉPENSES
400
millions
Fonds publics versés aux
propriétaires de la F1 pour toute la durée de l’entente avec la Ville de
Montréal (2009 à 2031)
90
millions
Pour l’entretien de la
piste entre 2017 et 2019
REVENUS
63
millions
Retombées
économiques du Grand Prix en 2019
16
millions
Revenus fiscaux pour les
gouvernements fédéral et provincial après le Grand Prix de 2019
BILAN
4,5
millions
Déficit
annuel entre les fonds publics investis et les revenus gouvernementaux
engrangés par le Grand Prix de 2015 à 2019 selon un calcul de La Presse.
Durant cette période :
32,3
millions $ perdus au municipal
avec le Grand Prix
Design et expérience
numérique: Thomas De Oliveira
Sources: CDC, Alpine
Hearing Protection, Formula 1, IRIS, Journal de Montréal, La Presse, Le Devoir,
Société du parc Jean-Drapeau, Tourisme Montréal
~~~
Commentaire
perso : Évidemment on ignore les revenus
non taxés de l'exploitation sexuelle empochés par les proxénètes…
(1)
Au Grand Prix, «il y a une demande pour des filles de plus en plus jeunes»
Jennie-Laure Sully, organisatrice
communautaire à la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES),
admet toutefois que ce phénomène n'est pas unique ni au Grand Prix ni à
Montréal.
«C’est le cas lors du Superbowl aux
États-Unis ou lors du Mondial de soccer dans différentes villes», donne-t-elle
en guise d'exemples.
«Il y a une demande accrue lors de ces
grands événements. Les proxénètes cherchent à répondre à la demande de ces
hommes-là qui cherchent des femmes et des filles», explique-t-elle.
«Il y a une demande pour des filles de
plus en plus jeunes.» Jennie-Laure Sully, organisatrice communautaire (CLES)
Mme Sully souligne que le Grand Prix peut
facilement devenir une porte d'entrée à la prostitution.
«Il y a toutes sortes d’annonces douteuses. Des annonces pour
être hôtesse, où finalement c’est pour être plus qu'hôtesse...»,
précise-t-elle.
Elle ajoute par ailleurs que la fin de semaine de Formule 1 fait place à
beaucoup de «traite» interne et internationale.