24 octobre 2018

Tourisme de masse

Commençons par le côté loufoque (si on peut dire...) du tourisme de masse  

Questions posées par des touristes américains au Parc National Banff (Oui, elles sont toutes vraies, telles qu’entendues par le personnel des kiosques d’information de Parcs Canada)     
   Ces touristes auraient échoué le test de citoyenneté canadienne qui comporte plusieurs questions concernant : l’histoire sociale et culturelle, les symboles, et la géographie physique et politique du Canada.

J’aime bien les # 8, 11, 14, 16, 17 et 25. Trop drôle.  

Questions Asked in Banff National Park by American Tourists (Yes, they're ALL TRUE as heard at the information kiosks managed by Parks Canada staff!)

1. How do the elk know they're supposed to cross at the “Elk Crossing” signs?
(Comment les orignaux savent-ils qu'ils sont censés traverser aux panneaux «Traverses d’orignaux»?)  

2. At what elevation does an elk become a moose?
(À quelle altitude un orignal devient-il un élan?)  

3. Tourist: “How do you pronounce Elk?”
Park Staff: “Elk”.
Tourist: “Oh”.
(Touriste : «Comment prononce-t-on Élan
Personnel du parc : «Élan».
Touriste : «Oh!».)

Slide: National Film Board of Canada, Banff 1950 

4. Are the bears with collars tame?
(Les ours avec des colliers sont-ils apprivoisés?)

5. Is there anywhere I can see the bears pose?
(Y a-t-il un endroit où je peux voir les ours poser?) 

6. Is it okay to keep an open bag of bacon on the picnic table, or should I store it in my tent?
(Puis-je laisser un sac de bacon ouvert sur la table de pique-nique ou dois-je le ranger dans ma tente?)

7. Where can I find Alpine Flamingos?
(Où puis-je trouver des Flamants des Alpes?) 

8. I saw an animal on the way to Banff today – could you tell me what it was?
(J'ai vu un animal sur le chemin de Banff aujourd'hui – pouvez-vous me dire ce que c'était?)

9. Are there birds in Canada?
(Y a-t-il des oiseaux au Canada?)  

11. Where does Alberta end and Canada begin?
Où s'arrête l'Alberta et où commence le Canada?

12. Do you have a map of the State of Jasper?
 (Avez-vous une carte de l'État de Jasper?) 

13. Is this the part of Canada that speaks French, or is that Saskatchewan?
(Est-ce la partie du Canada qui parle français, ou est-ce la Saskatchewan?)

14. If I go to B.C., do I have to go through Ontario?
(Si je vais en Colombie-Britannique, dois-je passer par l'Ontario?)  

15. Which is the way to the Columbia Rice fields?
 (Quel est le chemin vers les champs de riz de la Colombie?)  

16. How far is Banff from Canada?
(À quelle distance du Canada se trouve Banff?)  

17. What's the best way to see Canada in a day?
(Quelle est la meilleure façon de visiter le Canada en une journée?)  

18. Do they search you at the B.C. border?
(Est-ce qu'on vous fouille à la frontière de la Colombie-Britannique?) 

19. When we enter B.C. do we have to convert our money to British pounds?
(Lorsque nous entrons en Colombie-Britannique, devons-nous convertir notre argent en livres sterling?) 

20. Where can I buy a raccoon hat? ALL Canadians own one, don't they?
(Où puis-je acheter un chapeau de raton laveur ? TOUS les Canadiens en possèdent un, n'est-ce pas?)  

21. Are there phones in Banff?
(Y a-t-il des téléphones à Banff?) 

22. So it's eight kilometers away... is that in miles?
(Donc c'est à huit kilomètres... c'est en miles?)  

23. We're on the decibel system you know.
(On est sur le système décibel, vous savez.) 

24. Where can I get my husband really, REALLY, lost?
(Où puis-je perdre mon mari, vraiment, VRAIMENT le perdre?)   

25. Is that two kilometers by foot or by car?
(C'est à deux kilomètres à pied ou en voiture?)  

26. Don't you Canadians know anything?
(Vous, les Canadiens, savez-vous quelque chose?»

27. Where do you put the animals at night?
(Où mettez-vous les animaux la nuit?)

Archives Banff 

28. Tourist: “How do you get your lakes so blue?”  
      Park staff: “We take the water out in the winter and paint the bottom.”
      Tourist: “Oh!
(Touriste : «Comment faites-vous pour que vos lacs soient si bleus?»  
Le personnel du parc : «On retire l'eau en hiver et on peint le fond.»  
Touriste : «Oh!»)

Le calvaire des ânes

Ici, nous touchons au tourisme de «masse» au sens littéral...
   Les ânes peuvent grimper 500 marches plusieurs fois par jour, avec des passagers pesant jusqu’à 300 lb (136 kg) sur leur dos, sous un soleil incandescent. Inhumain.
   Le pire c’est qu’il y a un téléférique juste à côté! Ah mais, peut-être que les bennes tomberaient – un âne qui s’écroule on ne le répare pas, on l’envoie à l’abattoir... 

 
Pauvre âne, quelle horreur. Comment peut-on être aussi inconscient? On devrait faire grimper les marches de pierre aux touristes obèses dans les mêmes conditions que les ânes, et les forcer à monter même s’ils refusent d’avancer. Bénéfice non négligeable : ils perdraient quelques kilos.

En Grèce, les ânes qui transportent des vacanciers obèses s’estropient et croulent sous le poids

Source :  

Photo : AFP. Un guide conduit un groupe de touristes à dos d'ânes et de mulets dans les rues de Fira, la capitale de l'île grecque de Santorin.  

Les ânes de l'île pittoresque de Santorin s’estropient en montant les escaliers pavés et abruptes des collines avec des vacanciers obèses sur leur dos.
   Un nouveau type d’élevage d’ânes a donc émergé pour faire face à l'excès de poids des touristes qui veulent les monter. Ainsi, les habitants de la région commencent à croiser leurs ânes avec des mulets plus robustes, qui pourront transporter plus facilement les touristes obèses.
   Un porte-parole de l'association caritative Help the Santorini Donkeys a déclaré au Mirror : «Ils doivent recourir à des mules croisées, car les ânes ne sont tout simplement pas assez forts. On recommande que les animaux ne portent pas plus de 20 % de leur poids corporel. Le surpoids des touristes combiné au manque d'ombre et d'eau, à la trop grande chaleur et à la marche sur des surfaces pavées sont à l'origine du problème.» Il ajoutait : «Il devrait y avoir une restriction de poids. Mais comment imposer cela?»
   Santorin est une escale populaire pour les bateaux de croisière. Pendant des décennies, les ânes ont transporté des touristes dans ses collines, mais les militants disent que les animaux sont maltraités.


 
Les ânes et les mulets épuisés passent de longues journées sous un soleil brûlant, transportant des touristes ou des déchets lourds et nocifs, avec peu ou pas d'eau, de nourriture et d'ombre. Le Sanctuaire des ânes s'est engagé à apporter un changement durable à ces pratiques.

Photo : The Donkey Sanctuary. Des rescapés... 

Investigation Reveals 'Horrific' Abuse Of Donkeys And Mules In Santorini
Animal campaigners have urged Greek Authorities to stop the cruelty
Sept 11, 2018

https://www.plantbasednews.org/post/investigation-reveals-horrific-abuse-of-donkeys-and-mules-in-santorini

La masse s’amuse en croisière 

Ici, nous touchons au tourisme de masse colossal...

Pour divertir les parvenus, on ne cesse de construire des monstres énergivores et polluants – des palaces flottants (que dis-je, des villages!) – qui sillonnent les mers et envahissent les îles et les ports de plusieurs pays autour du monde. Et, avec la fonte des glaciers, les croisières de luxe en Arctique se multiplieront. La pollution causée par ces immenses navires de croisière est extrêmement préoccupante. D’ailleurs, de plus en plus de villes portuaires se plaignent et réclament l’interdiction des escales prolongées.Aucun respect pour les gens qui habitent les lieux. Aucun.

Les effets indésirables du va-et-vient des bateaux de croisière

Un texte de Nahila Bendali
ICI Québec Info | Le vendredi 5 octobre 2018

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe (archives). Un navire de croisière à quai dans le port de Québec.  

Le port de Québec va accueillir 50 000 visiteurs de bateaux de croisière au cours des quatre prochains jours. Si ces mastodontes des mers riment souvent avec retombées économiques alléchantes, d'autres s'inquiètent des impacts environnementaux.

Nataly Rae est une résidente de Québec et s’implique dans l’organisme Nature Québec. Elle a vécu plus d’une douzaine d’années dans la rue Saint-Pierre, pas très loin du terminal des croisières.
   Mme Rae a été témoin du nombre croissant de bateaux qui visitent la ville. La nuit, le vacarme incessant des moteurs l’empêchait de dormir. Excédée par les odeurs et le bruit, elle a pris la décision de déménager pour respirer «l’air pur de Montcalm», il y a trois ans.
   «Les cinq dernières années, c’était de pire en pire tellement l’air était devenu irrespirable. On ne pouvait plus laisser les fenêtres ouvertes à cause des émanations de diesel.» (Nataly Rae, résidente de Québec)  
   Ces immenses navires qui ressemblent à des villes flottantes doivent souvent garder leurs moteurs allumés pour assurer les différents services offerts à l’intérieur.
   Du côté de Montréal, l'Administration du port a décidé d’installer un réseau d’alimentation électrique à son terminal de croisières pour réduire la pollution atmosphérique. Une fois branché, le navire peut éteindre ses moteurs diesels et être alimenté à l’électricité. Cette initiative au coût de 11 millions de dollars devrait éliminer 2800 tonnes de gaz à effet de serre par année, selon l'Administration portuaire de Montréal.
   Le Port de Québec avait envisagé cette idée, mais l’a abandonnée puisque certains navires ne sont pas équipés pour le réseau électrique. L’industrie a plutôt opté pour une technologie de filtration afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre.
   Le directeur général de Nature Québec, Christian Simard, se demande pourquoi ce branchement électrique n’est pas plus répandu dans les ports du Saint-Laurent. Il croit que la pollution provenant des émanations de diesel des bateaux de croisière peut constituer un enjeu de santé publique.
   La directrice de l’organisme Eau Secours s’inquiète quant à elle de l’augmentation du nombre de ces paquebots. «On ne veut pas que le Saint-Laurent devienne une autoroute», souligne Alice-Anne Simard. Elle énumère aussi les impacts qu'ont ces navires sur l'écosystème du fleuve, avec la propagation des espèces envahissantes, ou encore les conséquences pour les mammifères marins.
   «L'industrie s'est prononcée unanimement pour la croissance», explique Marie-Andrée Blanchet, porte-parole de Port Québec. L’an dernier, le port a reçu plus de 200 000 visiteurs. L’objectif est de doubler ce chiffre d’ici 2025.»


Je parie qu’avec la nouvelle administration affairiste de la CAQ l’objectif sera de tripler ce chiffre – soit 600 000 d’ici 2025!

Les eaux usées des bateaux de croisière inquiètent dans l'Arctique

La Presse, le 26 août 2018

Un chasseur traditionnel des Territoires du Nord-Ouest raconte qu'il avait l'habitude d'accueillir les navires de croisière entrant dans la mer de Beaufort, dans l'Arctique canadien. Mais Hans Lennie, d'Inuvik, affirme que son attitude a changé. 
   Certaines de ses préoccupations sont décrites dans un nouveau rapport sur les eaux usées non traitées rejetées par les navires qui traversent les habitats fauniques de la région.
   L'étude commandée par le Fonds mondial pour la nature du Canada indique que la quantité d'eau grise qui provient des éviers, laveuses, baignoires, douches ou lave-vaisselle pourrait doubler d'ici 2035 si les lois ne sont pas renforcées.
   «C'est assez alarmant, a déclaré Melissa Nacke de l'organisme de conservation de la faune. Ces zones de concentration chevauchent d'importantes zones d'habitats de diverses espèces et des secteurs culturels importants», ajoute-t-elle.
   Le nombre de navires circulant dans les eaux nordiques devrait augmenter à mesure que les changements climatiques accélèrent la fonte des glaces. L'étude avance que le tourisme sera la plus grande source de déversement d'eaux grises d'ici 2035.
   «Pensez à l'eau de la douche ou de la lessive, elle contient des détergents, des savons et des shampooings, donne en exemple Melissa Nacke. Elle contient aussi des niveaux très élevés de nutriments et d'autres éléments comme de l'huile et de la graisse. Elle peut contenir des métaux, des particules alimentaires et des microplastiques.»
   «Les navires de croisière qui font le tour de l'Alaska peuvent littéralement utiliser le Canada comme dépotoir», fait-elle remarquer.

La face cachée des bateaux de croisières dévoilée par Thalassa

Le 20 janvier 2017

Un documentaire de Thalassa, Croisières, le prix du rêve!, revient sur ce business extrêmement lucratif, qui coûte parfois bien plus que prévu aux passagers, mais aussi et surtout à l’environnement.
   Si des millions de touristes continuent d’avoir des étoiles dans les yeux à l’idée de traverser les océans à bord de ces immeubles flottants, le coût pour la planète et pour les habitants des villes portuaires est loin d’être nul. Alors que, l’an dernier (2016), ces géants des mers accueillaient 25 millions de passagers (un chiffre qui a doublé en 10 ans et ne cesse de grimper), la journaliste Sophie Rolland est partie enquêter sur les coulisses d’une industrie atteinte de gigantisme pour le compte de l’émission Thalassa.
   Si les croisières au goût du luxe continuent d’avoir un tel succès, c’est qu’elles bénéficient encore d’une image glamour. ...
   D’autre part, certains atolls paradisiaques subissent aujourd’hui les assauts des croisiéristes qui n’hésitent pas à acheter des îles entières pour les transformer en Édens touristiques. Des pratiques qui ont un impact direct sur l’environnement des archipels touchés en toute ignorance des vacanciers qui sont à bord pour se reposer et non pas se questionner sur l’état du corail. Au cours de l’enquête, les journalistes de Thalassa ont également tenu à mesurer le taux de particules fines et de soufre présentes dans cet «air marin» censé profiter aux vacanciers à bord, qui, contre toute attente, est très loin d’être pur. Loin de s’arrêter aux ponts des navires, la pollution émise par les paquebots de croisière se propage également aux villes portuaires. C’est par exemple le cas à Marseille, où l’équipe a mesuré la qualité de l’air en différents endroits avec des résultats étonnants.

Photo : Thalassa 

En développant une certaine folie des grandeurs, et en construisant des bateaux toujours plus longs, toujours plus hauts, les armateurs et les croisiéristes participent activement à la propagation de différents maux qui frappent tant les océans que les villes où ils font escale. De Venise aux îles perdues dans le Pacifique, les écologistes ont, ces dernières années, pointé du doigt l’impact écologique de ces navires gigantesques qui continuent de fonctionner grâce à des carburants très polluants. Pour beaucoup, ces géants des mers symbolisent à merveille une humanité qui a perdu le sens des mesures, surtout quand il s’agit de confort personnel. «Si on peut le faire, pourquoi s’en priver?» est devenu le mot d’ordre. À l’instar du Titanic en son temps, les géants des mers d’aujourd’hui polluent de manière inconsidérée.
   Chargés en fioul lourd, ces paquebots seraient responsables d’une pollution atmosphérique semblable à celle dégagée par un million d'automobiles par jour, même à l’arrêt. Une pollution qui s’explique par le fait que, durant les escales, ces villes flottantes continuent de nécessiter une alimentation énergétique continue. Certaines villes portuaires ont ainsi commencé à se plaindre de cette pollution dont ils en supportent le coût, comme c’est le cas de la ville de Southampton, en Angleterre, qui dénonçait la pollution émise par le grand paquebot de croisière du monde, le «Harmony of the Seas*», qui brûle quotidiennement pas moins de 250 000 litres du diesel le plus polluant au monde. À ce rythme-là, il ne restera bientôt plus aucun iceberg pour barrer la route de ces titans des mers.


* Harmony of the Seas est gréé de 16 ponts, et peut accueillir 6780 passagers et 2100 membres d’équipage. Les gens de Southampton sont toujours soulagés de le voir quitter le port car la pollution de l’air causée par ces mammouths maritimes augmente à chaque année. Les croisières constituent le secteur touristique dont la croissance est la plus rapide. On comprend pourquoi les industries gazières et pétrolières augmentent leur production au lieu de la réduire.

À pleine puissance, les deux moteurs du paquebot peuvent brûler jusqu’à 1377 gallons US à l’heure, ou 66 000 par jour, de diésel extrêmement polluant. À quai sur les côtes américaines, Harmony est contraint de brûler du combustible faible en souffre ou d’utiliser des technologies de réduction des émissions de carbone. Selon Colin McQueen (du groupe Southampton Clean Air), qui vit à 400 mètres des quais, les émissions des bateaux de croisière contribuent définitivement à polluer l’air de Southampton : «Nous pouvons les sentir, les voir et les goûter. Ces bateaux sont comme des immeubles à logements. Parfois il y en a cinq ou plus installés dans le port en même temps. Le vent transporte leurs émissions directement dans la ville, et il est évident que leur pollution n’est pas contrôlée. Non seulement les bateaux polluent, mais les bouchons de circulation maritime qu’ils créent avec les cargos sont aussi énormes.»
   Selon des analystes en pollution maritime d’Allemagne et de Belgique, un bateau aussi énorme doit probablement brûler 150 tonnes de carburant par jour et émettre plus de souffre que plusieurs millions d’automobiles, plus de CO2 que tout le trafic d’une ville moyenne et plus d’émissions de particules que les milliers d’autobus de Londres. Selon l’expert maritime de Bruxelles Bill Hemmings (du groupe Transport et Environnement) : «Ces bateaux brûlent autant de combustible que des villes entières. Ils utilisent beaucoup plus de puissance que les porte-conteneurs, et même lorsqu’ils brûlent du carburant à moindre teneur en souffre, c’est 100 fois pire que le diésel routier
   L’industrie prévoit accueillir 24 millions de passagers en 2016, soit 9 millions de plus qu’en 2006. (John Vidal, The Guardian, mai 2016)

Venise ne veut plus de touristes 
(Reportage de Thalassa)

Chaque jour, ils débarquent par millier, se déversant de paquebots géants qui écrasent la ville. Lors du Carnaval de Venise, ce sont des dizaines de millions de touristes qui envahissent la cité des Doges. À tel point que les vénitiens crient leur ras-le-bol : ils ne supportent plus de voir leurs rues se changer en parc d'attraction. La ville devient un parc d’attraction. «Autrefois, le tourisme était réservé aux élites. Nous ne devrions pas criminaliser le tourisme de masse, parce que c'est l’affirmation de la démocratie», dit un promoteur. Les vénitiens regardent partir le géant et saluent les passagers avec des doigts d’honneur.


Songeons aux gigantesques pétroliers maritimes, porte-conteneurs et sous-marins de guerre gréés de missiles – tout ce qu’on souhaite c’est qu’ils ne s’éventrent pas. Je n’ai rien contre les échanges commerciaux internationaux, mais les accords de libre-échange créent plus de remous que de bénéfices : compétition agressive, injustices, dépréciation / surestimation, voracité des investisseurs, guerres d’appropriation, etc. Résultat? Plus de cochonneries Made in... dans nos poubelles et dépotoirs, plus de merde noire, et plus d’émissions de carbone. Doigt d’honneur aussi.

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La stupidité est la seule énergie fossile durable (inépuisable) – elle ne disparaîtra qu’avec l’extinction de l’espèce humaine.

21 octobre 2018

Aimeriez-vous aider les animaux à la merci de l’agrobusiness?

«Si les abattoirs avaient des murs de verre, tout le monde serait végétarien.»
~ Paul McCartney

Essayer le végétarisme ou le véganisme pendant une semaine ne menacera pas votre santé. Ça n’engage à rien car c’est un choix de vie qu’on est libre d’adopter ou non.
   Je pense qu’il est impossible de faire quelque chose de concret, à la fois pour les animaux et l’environnement, si nous sommes incapables d’enlever nos œillères et de regarder les horreurs en face, au moins une fois dans sa vie. C’est ce genre d’expérience qui m’a donné le coup d’envoi pour cesser de manger des animaux littéralement du jour au lendemain il y a plus de 30 ans, sans effort ni regrets. Non pas pour ma santé, mais par compassion – je ne voulais plus contribuer à la cruauté et aux carnages associés. On n’est pas malheureux parce qu’on ne mange pas de viande ni plus malade ni moins joyeux ou heureux. La désinformation dans ce domaine est aussi agressive et pernicieuse que celle reliée à la propagande pétrochimique. C’est vaste, immense, à l’échelle de la planète entière. Néanmoins, le mouvement pour se nourrir autrement grandit de jour en jour. Un immense merci à celles et ceux qui ont le courage de s’infiltrer, de filmer en caméra cachée et de dénoncer la barbarie. Si vous avez envie de faire le saut végé / végan fouillez Internet ou consultez les libellés Zoofriendly et Végétarisme sur ce blogue.

Le Festival végane de Montréal 2018 se terminait aujourd’hui. Visitez le site pour connaître les invités et les exposants que vous pourrez les suivre sur leurs sites web.


Jean-Philippe Cyr était porte-parole de l’événement. Vous l’avez peut-être vu à Tout le monde en parle (émission du 14 octobre, ICI Radio-Canada Télé). Il racontait qu’il avait «allumé» lors d’un gros méchoui où il était «grilleur» 400 agneaux sacrifiés pour la fête, et à la fin, la majorité des convives avaient à peine touché à leurs assiettes. Il était outré de voir ces agneaux, des êtres qui aspiraient à vivre, se retrouver à la poubelle comme des ordures inutiles. C’est là qu’il a fait son virage végan.
   Après une carrière derrière les fourneaux, Jean-Philippe s’affaire maintenant à partager ses recettes véganes avec le plus grand nombre d’amateurs de cuisine via les réseaux sociaux où ses vidéos de cuisine ont été vues à plus de 75 millions de reprises. L’auteur du best-seller La Cuisine de Jean-Philippe à une grande mission : celle de démystifier la cuisine végane et de démontrer qu’elle peut être simple, accessible savoureuse et gourmande.



«Le véritable test moral de l’humanité – le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu’il échappe à notre regard – ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux.» ~ Milan Kundera (L’insoutenable légèreté de l’homme)

«La question que les hommes doivent se poser n’est pas de savoir si les animaux sont capables de penser mais s’ils ressentent de la douleur.»
~ Jeremias Bentham, philosophe

Nous sommes plus de 7,5 milliards d’humains sur terre. Or le nombre d’animaux de consommation abattus à chaque année dépasse ce nombre :
L'abattage des animaux pour fournir de la viande représente plus de 1900 animaux par seconde (compteur) soit 60 milliards d'animaux tués chaque année, représentant 280 milliards de kilos (vs. 44 milliards en 1950) selon la FAO qui prévoit 110 milliards d'animaux tués chaque année en 2050. Les estimations hautes sont de 140 milliards d'animaux en comptant toutes les espèces. Les plus grands producteurs- consommateurs sont les États-Unis, le Brésil et la Chine.

Voyez les statistiques (n’incluant pas la pêche) :

DOSSIER VIANDE

Un documentaire poignant sur la réalité sordide d'un aliment et sur les répercussions de la consommation de viande sur la santé, le climat, la faim dans le monde, notre relation aux animaux. «La viande est vitale pour les bouchers, mais pas pour le reste de la population.» (Prof. Claus Leitzmann, Institut des sciences nutritionnelles, Gießen, Allemagne)
   La consommation mondiale annuelle de viande atteint 250 millions de tonnes (en 2013). L'augmentation constante de la production de viande a non seulement des conséquences dramatiques sur l'équilibre écologique de la planète, mais aussi sur notre santé. Mais d'où vient la viande, et dans quelles conditions est-elle produite? DOSSIER VIANDE donne la parole à des médecins, des scientifiques, des experts en nutrition, un ex-boucher, et lève le voile sur la terrible réalité de l'élevage et de l'abattage des animaux ainsi que sur ses répercussions pour l'homme et la planète.


Californie – Des camps de concentration pour des veaux qui viennent à peine de naître; les rangées de stalles étroites s’étendent à perte de vue.

MISE EN GARDE – si vous êtes le moindrement sensible à la souffrance des animaux, les chutes de vidéos sont très dérangeantes.

Calves in Confinement

Gruesome Footage of Dairy Calves Exposes a Gaping Loophole in California’s Landmark Animal Welfare Law

Saul Elbein | The Intercept | October 8 2018, 8:00 a.m. 

Article intégral :

This article includes graphic images that some readers may find disturbing.


On a chilly night in December 2016, Julianne Perry led a group of volunteers over the shoulder of the highway and into the darkness of California’s Central Valley, toward the sound of lowing cattle. Their headlamps lit the way across dirt fields, their nostrils and throats filling with the choking smell of ammonia and feces floating in the humid air. They walked toward the sound, as one volunteer described it later, of thousands of cattle screaming. After a mile, they came to their target: a complex of low, wooden buildings that seemed to go on forever in all directions.

Still: Direct Action Everywhere. Newborn calves at the farm are fed from bottles (in silver-colored brackets) that are removed at night. Aside from the threat of contagion, one reason dairy calves are kept separately is that they can injure themselves or their neighbors with desperate suckling.

Still: Direct Action Everywhere. About one calf in 20, on average, dies before leaving feedlots, generally of diarrhea or pneumonia. Beside the calf hutches at Hilltop Holsteins, investigators with DxE found a pile of calf corpses that had been there for some time. J'ai vu similaire aux abords d'une méga-porcherie au Québec; les "ramasseurs" étaient en grève. Ces animaux sont envoyés dans l'industrie de nourriture pour animaux, notamment les chiens et les chats. Après on se demande pourquoi les animaux de compagnie développent des tumeurs cancéreuses et toutes sortes de maladies. 

Volunteers for DxE rescue a calf.

The FBI’s Hunt for Two Missing Piglets reveals The Federal Cover-Up of Barbaric Factory Farms

Glenn Greenwald | The Intercept | October 7 2017

Photo: Wayne Hsiung/DxE. A piglet that was ill and close to death at Smithfield recovers as she is cared for after being rescued.

FBI raids animal sanctuaries. Under normal circumstances, a large industrial farming company such as Smithfield Foods would never notice that two sick piglets of the millions it breeds and then slaughters were missing. Nor would they care: A sick and dying piglet has no commercial value to them. Yet the rescue of these two particular piglets has literally become a federal case – by all appearances, a matter of great importance to the Department of Justice. On the last day of August, a six-car armada of FBI agents in bulletproof vests, armed with search warrants, descended upon two small shelters for abandoned farm animals: Ching Farm Rescue in Riverton, Utah, and Luvin Arms in Erie, Colorado. [...]
   In general, the core moral and philosophical question at the heart of animal rights activism is now being seriously debated: Namely, what gives humans the right or justification to abuse, exploit, and torture non-human species? If there comes a day when some other species (broadly defined) – such as machines – surpass humans in intellect and cognitive complexity, will they have a valid moral claim to treat humans as commodities whose suffering and death can be assigned no value?
   The irreconcilable contradiction of lavishing love and protection on dogs and cats, while torturing and slaughtering farm animals capable of a deep emotional life and great suffering, is becoming increasingly apparent.

Article intégral :

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La pratique de la compassion

On cultive la compassion pour attendrir le cœur, et pour devenir plus honnête et plus clément, quand vient le temps de voir les moments où l’on se referme – et les moyens qu’on prend pour le faire. Sans se justifier, sans se condamner, on fait le courageux travail d’ouverture à la souffrance, l’empathie, la cruauté et la terreur qu’on ressent. On ne peut pas procéder autrement. La compassion n’est pas une relation entre guérisseur et blessé. C’est une relation entre égaux. Ce n’est que lorsqu’on connaît bien son propre côté noir qu’on peut se montrer présent à autrui. La compassion devient réelle au moment où l’on reconnaît la condition humaine qu’on partage tous et toutes.

~ Pema Chödrön (Bien-être et incertitude)

Il n’y a pas de différence entre la condition humaine et la condition animale; il suffit d’être du mauvais côté de la clôture. Les bourreaux s’en prennent à toutes les espèces.

20 octobre 2018

La famille CAQ

Soixante-quatorze enfants (députés élus) dont vingt-six ministres. 
Ça fait du monde à messe!

Photo : Sébastien St-Jean, Agence QMI. Le mercredi 3 octobre à Boucherville, les deux délégués de la CAQ, ont eu de la difficulté à répondre aux questions des journalistes. M. Jolin-Barrette s'est soudainement esquivé sans s'excuser ni expliqué son départ. Le 18 octobre 2018, Geneviève Guilbault a été nommée vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, et Simon Jolin-Barrette nommé leader parlementaire et ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion.

Si ces deux députés avaient sonné chez moi pendant la campagne électorale, j’aurais claqué la porte en pensant que c’était des Témoins de Jéhovah.

Parmi les choses qui me rebutent dans la formation ADQ / CAQ c’est leur côté catholique pro-vie, anti-avortement, pro-reproduction-familles tout azimut, à principes moraux proches de l’idéologie de Duplessis. Je parie qu’ils vont proposer un deal pour régler le port du voile au sein de la fonction publique (incluant les établissements scolaires) : nous enlevons le crucifix du Salon bleu et en échange les musulmanes ne portent pas de voile dans nos institutions. Paradoxal? Pas du tout, on ne veut simplement pas de conflit ouvert entre catholiques fondamentalistes et musulmans fondamentalistes.

L’ADQ / CAQ a toujours défendu des politiques de centre droit : réduction de la taille de l'État, ménage des finances publiques, abolition de certaines institutions, grande ouverture au secteur privé, création d’une économie de propriétaires, augmentation du salaire des profs en retour d'une évaluation des résultats de leur travail, etc. Des relations houleuses avec les syndicats en perspective. Bref, un système genre Thatcher/Reagan, ou Donald Trump, ou Institut Fraser : le développement économique passe par la privatisation et le démantèlement des services publics. Les électeurs qui ont voté pour la CAQ ont dû croire qu’un gouvernement constitué d’économistes et de spéculateurs les aideraient à devenir riches du jour au lendemain. Bonne chance, ce système fonctionne au mérite. Quant à la protection de l’environnement, la CAQ ouvre les portes à l’exploitation minière, gazière et pétrolière à la grandeur de la province, et prévoit même un retour à Anticosti. Incroyable.

Pourquoi héritons-nous de tels dirigeants? «L’une des raisons est la manière dont les multinationales squattent depuis des décennies le système éducatif canadien. Les universités forment les cerveaux dont l’économie capitaliste a besoin. Comment espérer voir surgir des dirigeants pleins de sagesse dans un pays où les écoles enseignent ce que le pouvoir politique leur enjoint d’enseigner?» (Nancy Huston; BRUT, Lux Éditeur, 2015)

Photo : La Presse. La famille CAQ. Découvrez les têtes en gros plan; si vous avez des notions de morphologie, amusez-vous, c'est passionnant :

Exactement un mois avant la formation du cabinet ministériel caquiste, Léo-Paul Lauzon a pris le soin de mettre en garde les électeurs tentés de faire élire un gouvernement caquiste. Peine perdue. Voici donc ce qui nous attend pendant les quatre prochaines années. J’ai ajouté aux noms des députés mentionnés (en gras) le ministère dont ils ont hérité.


La CAQ: un vrai danger public
Léo-Paul Lauzon *

Journal de Montréal | Mardi, 18 septembre 2018  

Avec la CAQ, c’est le patronat au pouvoir

Sérieusement, dites-moi que ce n’est pas vrai que vous allez voter pour la CAQ, un parti politique pire que le PLQ? Ce n’est pas peu dire, vous n’avez qu’à les regarder aller en campagne électorale. En vrais ignorants qu’ils sont, comme François Legault nous en a fait la démonstration cette fin de semaine sur le dossier de l’immigration, ils font déferler de grands principes flous, ils promettent des choses absolument impossibles à atteindre (comme les «plusses» belles écoles du monde), de baisser les impôts et de réduire la taille de l’État tout en assurant plus de services publics. Ils affichent de la méconnaissance en matière de protection de l’environnement, subjuguée au développement économique à tout crin. Une croissance économique qui n’est qu’une chimère pour eux.

Chaque jour la CAQ s’enfonce

À lire les incongruités déballées par la CAQ au quotidien par son chef et ses supposés gros canons, toute personne dotée d’un minimum d’intelligence et de lucidité peut facilement constater que ce parti politique se ridiculise chaque fois qu’il ouvre la bouche. C’est du n’importe quoi, et de ce fait, ce parti est dangereux. Mes amis, aux prochaines élections, si vous êtes le moindrement conscientisés aux grands enjeux de société, ne votez pas CAQ ou PLQ. À la place, pensez Québec solidaire ou Parti québécois. Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas avertis.

À bas la blague du réchauffement climatique

Un enfant de dix ans est capable de faire preuve de plus de connaissances sur l’environnement que François Legault. Mais quelles méconnaissances environnementales chez celui qui veut être premier ministre! L’avez-vous entendu parler d’environnement? Et puis, comment le trouvez-vous?
   Pour une poignée de redevances très minimes, avec la CAQ, au diable les émissions de gaz à effet de serre et la protection du milieu. Déjà que le PLQ était loin d’être un modèle, la CAQ sera pire. Oui, c’est possible d’être pire. Il ne faut pas sous-estimer les capacités de la CAQ comme celles de Trump l’ont été. Les libéraux, malgré leur déni hypocrite, vont permettre les forages dans les cours d’eau du Québec : «Des forages permis dans les lacs et rivières» (Le Devoir, 3 août 2018). Cours d’eau, réserves fauniques et terres agricoles | «Les réserves fauniques ouvertes à l’exploration pétrolière», et «Exploration pétrolière et gazière | Québec refuse de mettre les terres agricoles à l’abri» (Le Devoir, 18 août et 17 novembre 2016).
   Prix de consolation, le PLQ avait au moins mis fin en 2018 à l’exploration pétrolière et gazière à l’île d’Anticosti, ce à quoi la CAQ s’oppose : «Anticosti | Legault reste ouvert à l’exploration pétrolière» (Le Devoir, 12 septembre 2018). Qu’en pensez-vous? Si la CAQ est prête à «driller» à Anticosti, elle va forer partout. Elle va nous présenter ça au nom fallacieux du développement durable et responsable. Développement durable, un leitmotiv formulé par des démagogues qui rime avec croissance économique à n’importe quel prix. C’est ainsi que l’illustre Jean Charest avait largué cette autre perle : «Selon Jean Charest | La motoneige serait compatible avec le développement durable» (Le Journal de Montréal, 18 décembre 2004). Dans la même lignée que Charest, mais en plus petit : «Environnement | La CAQ veut rouvrir le parc national du Mont-Tremblant aux motoneiges» (Le Devoir, 17 septembre 2018). Et on va recommencer à avoir de vrais gros sentiers de motoneige et de quatre roues au nom de l’«essor économique» et du soutien aux commerçants, comme l’a dit la candidate caquiste «écolo» Nadine Girault [ministre des Relations internationales et de la Francophonie]. Tiens, pourquoi pas ouvrir nos parcs nationaux aux forestières au nom du progrès? Je vous le redis, voulez-vous vraiment céder les rênes de l’État à des gens comme la dame Girault? Ou encore au candidat de la CAQ dans Lac-Saint-Jean, Éric Girard [ministre des Finances], qui pose la question suivante : «Changements climatiques | “On se base sur quoi?” demande Éric Girard, un candidat de la CAQ» (Huffington Post, 17 septembre 2018). Dans l’article on apprend qu’il est «sceptique face aux phénomènes météorologiques extrêmes qui confirment l’impact des changements climatiques sur la planète». Il me semble qu’on doit se baser davantage sur la science que sur son avis personnel.

La sauvegarde des terres agricoles

Au nom de la sécurité nationale et du bien-être collectif, il faut, comme ailleurs en Occident, empêcher à tout prix la cession des terres agricoles à des spéculateurs et à de grosses firmes qui vont alors dicter à leur guise les prix de produits agricoles et, rendement oblige, ne faire aucun cas de la pollution en utilisant plein de pesticides, en détruisant beaucoup de milieux humides et en embauchant beaucoup de travailleurs «temporaires» de l’étranger afin de réduire les coûts de main-d’œuvre.
   Oui, la détention de terres agricoles au Québec depuis quelques années par des fonds d’investissement inquiète avec raison tous les partis politiques au Québec qui veulent légiférer, sauf la CAQ : «L’accaparement des terres agricoles n’inquiète pas la CAQ» (Le Devoir, 7 septembre 2018). La CAQ va même l’encourager afin de faire plaisir au fonds d’investissement privé Pangea, détenu par Charles Sirois, qui détient plus de 6000 hectares de terres au Québec. Charles Sirois est cet affairiste qui a cofondé la CAQ avec son très bon ami François Legault. Vous ne me croyez pas? Alors, lisez le titre de cet article : «CAQ | Legault et Sirois présentent leur plan» (La Presse, 2 juin 2011). Soyez assurés que Charles Sirois va en mener très large au gouvernement si jamais la CAQ est portée au pouvoir (ce qui voudrait aussi dire que vous aurez été assez idiots pour voter pour la CAQ en octobre prochain).

Les trous de mémoire du candidat vedette

L’ex-vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Christian Dubé [ministre de l’Administration gouvernementale et président du Conseil du Trésor], celui qui est pressenti pour devenir ministre des Finances dans un hypothétique gouvernement caquiste, n’est pas très porté sur l’éthique, surtout quand vient le temps d’accommoder des proches et encore plus sa douce moitié : «La Caisse investissait dans une entreprise dont sa conjointe était actionnaire. Dubé ne se souvient plus s’il s’était retiré des réunions» (Le Journal de Montréal, 13 septembre 2018). Pas encore élu, et déjà il vous prend pour des valises. Et pour Christian Dubé, la Caisse de dépôt a bien fait de vendre les actions qu’elle détenait dans Rona à l’américaine Lowe’s : «La vente de Rona était justifiée, dit Christian Dubé» (Le Journal de Montréal, 7 septembre 2018). Pis, commencez-vous à changer d’idée?

Des promesses qui ne se concrétiseraient jamais

Vous croyez vraiment à des promesses comme ça? «Un médecin de famille pour tous les enfants» (Le Devoir, 13 septembre 2018). Et pour les parents des enfants, qu’arrive-t-il? Et puis cette autre : «Un médecin ou une super infirmière en moins de 36 heures promet la CAQ» (Le Journal de Montréal, 2 septembre 2018). Beaucoup de promesses sans jamais rentrer dans les détails, mais c’est Québec solidaire qui est accusé de vivre au pays des Bisounours?

Legault contre les paradis fiscaux

Eugénie Bouchard est cette joueuse de tennis qui a décidé qu’elle ne voulait plus payer d’impôt au Québec. Alors elle vient de s’installer aux Bahamas, un paradis fiscal : «François Legault critique Eugénie Bouchard» (Le Journal de Montréal, 5 septembre 2018). Comme son candidat vedette Christian Dubé, Legault a souvent des trous de mémoire. En 2016 : «Il affirme qu’Air Transat (compagnie dont il était un important actionnaire) n’a jamais créé de filiales dans un paradis fiscal, puis reconnaît ensuite que l’entreprise avait une antenne à la Barbade» (Le Journal de Québec, 25 janvier 2016). L’arroseur arrosé!

Moins d’État et d’impôt, mais plus de services publics

«La CAQ vise l’abolition de 5000 postes dans la fonction publique» (Le Devoir, 29 août 2018). Et aussi le parti promet des baisses d’impôts pour tous, donc moins d’État qui toutefois serait plus «performant» et livrerait plus de services publics. Cela ne tient pas la route. Des maisons des aînés d’ici vingt ans et «5000 classes additionnelles pour la CAQ» (Le Journal de Montréal, 12 septembre 2018). Moins d’argent, moins de fonctionnaires, moins d’État, mais plus de services!

En vrac

«La CAQ créerait deux classes d’université», dont certaines, avec des frais de scolarité plus élevés dans les «grandes» universités (Le Devoir, 29 janvier 2018). Réservées à qui?
   «La députée caquiste Geneviève Guilbault [vice-première ministre et ministre de la sécurité publique] vante le modèle de garderies (commerciales privées non subventionnées)» (Le Devoir, 17 octobre 2017). Faux : les garderies privées commerciales sont «full» subventionnées. Surprise : «Garderies privées | Christian Lévesque (de la CAQ) devient lobbyiste» (Le Journal de Montréal, 16 avril 2013). Malheureusement, les CPE publics n’ont pas de lobbyiste.
   Enfin, la CAQ mise sur l’économiste de la grosse droite Youri Chassin, anciennement de l’Institut économique de Montréal, dans Saint-Jérôme, qui affirme ne pas croire au bien commun. Pour finir : «La CAQ propose le bénévolat forcé chez les jeunes» (Le Journal de Montréal, 8 novembre 2016). Et trop occupé, «François Legault n’a jamais participé au défilé de la Fierté» (Le Journal de Montréal, 21 août 2018). La CAQ et Legault ont des principes moraux très élevés.

* Léo-Paul Lauzon est professeur et homme politique. Lors de l'élection fédérale canadienne de 2006, il était candidat néodémocrate dans la circonscription d'Outremont. Il déclarait s'être lancé en politique dans le but de s'attaquer aux inégalités socio-économiques. Il tient un blogue hébergé par Le Journal de Montréal.


En complément, quelques ministres qui risquent de gérer leurs ministères comme des entreprises privées :

Pierre Fitzgibbon, homme d'affaires, ministre de l’Économie et de l’Innovation. Il était associé directeur de Partenaires Walter Capital depuis novembre 2015.
Marie-Ève Proulx, gestionnaire, ministre déléguée au Développement économique régional. En 2013, elle a démarré son entreprise de consultation et de coaching de gestion.
François Bonnardel, homme d'affaires, ministre des Transports. Il a été élu une première fois comme député de l'Action démocratique du Québec (ADQ) dans Shefford en 2007, puis il a été réélu en 2008. Il s’est ensuite joint à la CAQ, avec qui il a été réélu en 2012 et 2014. (1)
Jonathan Julien, gestionnaire, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles. Il est l’ancien bras droit de l’actuel maire de Québec, Régis Labeaume.
Marie-Chantal Chassé, entrepreneure, ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Elle était en résidence au Centech, l’incubateur de l’École de technologie supérieure qui facilite le démarrage d'entreprises technologiques.
Jean Boulet, avocat, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Il a œuvré au sein des cabinets Heenan Blaikie et Lavery. Il se spécialise dans le droit du travail, la négociation de conventions collectives et le droit de la santé et de la sécurité du travail.
André Lamontagne, homme d'affaires, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Député depuis 2014, il était auparavant propriétaire, partenaire et administrateur de plusieurs entreprises privées.
Pierre Dufour, homme d'affaires, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs. Il est copropriétaire d'une agence de voyages à Amos. Il a aussi été directeur général au sein du Centre local de développement de la Vallée-de-l’Or.

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(1) Bonnardel et Normandeau, un couple suspect – En avril 2009, la vice-première ministre Nathalie Normandeau annonce qu’elle a une relation amoureuse avec un membre de l’opposition, François Bonnardel, député adéquiste de Shefford. Les analystes soupèsent les enjeux éthiques soulevés par cette liaison. Comment assurer le secret des délibérations et des documents du Conseil des ministres, tant au PLQ qu’à l’ADQ? Quel traitement le ministère des Affaires municipales réserve-t-il aux dossiers touchant la circonscription du député de l'opposition? Jean Charest refusera la démission de Normandeau. 

Un beau petit couple quand même. 

Après leur rupture, Normandeau aura une liaison avec l'ancien directeur du Service de police de la ville de Montréal, Yvan Delorme. 
 
Le 17 mars 2016, elle fut arrêtée par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en lien avec du financement illégal de partis politiques. Elle fait face à sept chefs d'accusation qui pourraient lui valoir jusqu'à 20 ans d'emprisonnement. Elle est accusée de complot, fraude, abus de confiance, corruption de fonctionnaires et utilisation de la charge publique pour obtenir des faveurs. D'autres personnalités politiques ont également été arrêtées au même moment. Nathalie Normandeau n’a toujours pas subi de procès, et je doute que ce sera le cas en raison de notre système de justice défaillant et inefficace, surtout depuis l’adoption de l’arrêt Jordan par la Cour suprême – ce système plafonne la durée des procédures judiciaires et du procès à 18 mois pour une cour provinciale et à 30 moins pour les cours supérieures. Beaucoup d’accusés ayant commis des crimes graves ont ainsi été libérés. 

19 octobre 2018

Pourquoi légaliser le cannabis?

Beaucoup de gens se sont demandé pourquoi Justin Trudeau avait tassé des dossiers extrêmement urgents pour réaliser cette promesse électorale.

Mais voyons, c’est simple! Ottawa veut sauver l’Alberta, notre état pétrolier canadien. Pour y arriver, nos émissions de GES augmenteront dramatiquement. Conséquemment, les Canadiens seront de plus en plus malades à cause de la pollution. Et c’est là que la grande sagesse de Trudeau se manifeste : nous pourrons nous doper légalement avec du cannabis de qualité pour apaiser nos souffrances. Génial quand même, il fallait y penser. Comme on dit au Québec, il va falloir en «fumer du bon» en effet...

Caricature : Serge Chapleau; La Presse 13 oct. 2018

La logique économique verte de Rachel Notley

Le 13 octobre dernier, Rachel Notley a livré un discours poignant en faveur de la construction de nouveaux pipelines. Elle a, entre autres, soulevé un point qu'elle considère négligé par les militants anti-pipelines. Selon sa perception, la construction d'un nouvel oléoduc sur la côte Ouest n'augmentera pas les émissions de GES (non textuel) : «Je dirais à ceux qui s'opposent à notre volonté de construire ce pipeline qu'ils sont extrêmement stupides car c’est avec les retombées économiques des sables bitumineux, investies dans les énergies vertes, que nous pourrons réduire nos GES. La construction d'un pipeline nous permettra d'obtenir une juste valeur pour nos ressources et c’est essentiel pour bâtir un avenir plus diversifié et plus sûr. L’action des activistes anti-pipelines n’est pas seulement un désastre pour les travailleurs mais aussi pour le changement climatique. Regardez ma vidéo dans laquelle je défends les intérêts de l'Alberta et de notre industrie contre la désinformation, et pour connaître toute l'histoire.»

“Building a new pipeline to the West Coast will not increase emissions from our oil sands. A new pipeline will simply increase the return we all get for the resources we as Albertans all own. ... I have very little time for any conversation that seeks to shut down or significantly limit our oil sands. The oil sands are massive job and wealth creators here in Alberta and quite frankly across and throughout Canada, and we need to protect the good jobs they create.” ~ Rachel Notley, NDP Premier of Alberta

Photo : Melanie Walsh. "Working to make life better" -- une meilleure vie pour qui?! 

En mai 2018, Rachel Notley s'était rendue à Fort McMurray pour parler aux travailleurs du Oil Sands Discovery Centre, à Fort McMurray.
   Dans son discours, elle a parlé de l'importance de faire construire des pipelines et de ce que pourrait signifier pour la ville l'achat récent du pipeline Trans Mountain par Ottawa. «L'une des choses dont je suis très fière, c'est la façon dont nous avons pu montrer aux gens l'immense valeur du travail qui se fait ici à Fort McMurray», a dit Mme Notley. «Votre travail profite à tous les Canadiens.»
   Selon elle, les opposants sont prêts à sacrifier les milliers de travailleurs de l’industrie (et leurs familles) pour réduire les GES.
   Hum... Nous savons que la majorité des emplois de l’industrie pétrolière albertaine sont temporaires, que les travailleurs viennent d’autres provinces ou de l’étranger et vivent dans des camps de travail provisoires. Leur but est de faire un coup d’argent rapidement, non pas de résider à vie en Alberta. Alors, on ne va pas s’apitoyer sur le sort de «pauvres petites familles» qui n’existent pas. Les emplois à temps plein à Fort McMurray sont liés à l'hébergement, la restauration et les bars, le divertissement et la prostitution que les compagnies pétrolières incluent parmi les bénéfices collatéraux...  

En outre, les lobbies ont réussi à gagner l’approbation de plusieurs communautés autochtones pour le projet de GNL en Colombie-Britannique :
   Près de 90 pour cent des 32 Premières Nations dont le territoire traditionnel est touché par le projet de pipeline ont manifesté leur appui, par l’entremise d’une ou plusieurs ententes sur les retombées économiques du pipeline (Source: Gouvernement de la Colombie-Britannique).
   Un groupe de Premières Nations, First Nations LNG Alliance, se réjouit de la réalisation du projet. «Cela signifie d’importantes retombées économiques, de la formation spécialisée, une gérance de l’environnement, des emplois, de l’éducation et des possibilités pour des entreprises de Premières Nations», mentionnait la PDG de l’Alliance, Karen Ogen-Toews, dans un communiqué.
   La réalisation du projet devrait nécessiter l'embauche de 10 000 personnes pour la construction et par la suite créer 950 emplois à temps plein.
   Toutefois, le chef du Parti vert de la Colombie-Britannique, Andrew Weaver, s'oppose au projet. Il estime qu'il empêchera la province d'atteindre ses cibles de réduction de gaz à effet de serre. M. Weaver, dont le parti détient la balance du pouvoir, a indiqué dans une déclaration qu'il n'appuierait pas les lois requises pour que le projet se réalise.
   «C’est irresponsable pour les gouvernements provincial et fédéral de continuer à permettre à de nouveaux projets d'exploitation de combustibles fossiles», indique de son côté la militante pour la forêt et le climat du groupe Sierra Club, Jens Wieting.
Article intégral :

CBC Alberta – Dès la fin du printemps 2017, les camps ont commencé à se remplir avec une quantité de travailleurs que Rocky Mountain House n’avait pas vus depuis la chute des prix du pétrole, en 2014.
   À la fin de l’été, la municipalité affichait complet dans les hôtels, les commerces et tous les stationnements, affirme Prab Lashar, de la Chambre de commerce de Rocky Mountain House. Ce regain d’activité provient de la formation géologique de Duvernay, riche en hydrocarbures, qui s’étend du centre-ouest de la province jusqu’au nord-est de la Colombie-Britannique.
   D’après l’évaluation de l’Office national de l’énergie, sous le sol de cette région, on trouve plus de 3,4 milliards de barils de pétrole brut, 2,17 milliards de mètres cubes de gaz naturel et 995 millions de mètres cubes de gaz naturel liquéfié (GNL).

***
L'empreinte...

«Rachel Notley a un rôle clé en tant que porte-parole de l’industrie pétrolière, un rôle clé en tant que défenseure de cette industrie. C'est vraiment la seule à pouvoir transmettre ces messages à un public national et international.» (Hommage du président de l'Association des explorateurs et des producteurs du Canada)

Qu'a fait Notley pour mériter cet hommage? En voici un résumé :
– s'est engagée auprès des PDG de l'industrie pétrolière à veiller à ce que les oléoducs soient construits
– en tant que représentante des grandes sociétés pétrolières de l'Alberta et de l'élite financière du Canada, elle a déclaré qu'elle avait peu de temps à consacrer aux opposants à nos sables bitumineux.
– s'est dit confiante que M. Trudeau réaliserait le projet d'oléoduc Trans Mountain
– a interdit au personnel néodémocrate de l'Alberta de faire campagne pour le NPD de la Colombie-Britannique
– a accordé des rabais de taxes aux riches, des subventions aux pétrolières, et instauré des budgets d'austérité pour les travailleurs et travailleuses
– a préparé un faux «Plan d'Action Climat» qui permettra une augmentation de 42 % des émissions de carbone
– a reçu des éloges du porte-parole de l'élite financière, le Globe and Mail, pour sa visite à Washington pour discuter des plans de Keystone XL
– est devenue porte-parole et défenseure des grandes pétrolières
– a maillé son soi-disant «Groupe consultatif» aux élites de l'industrie pétrolière, produisant un rapport qui aide les compagnies pétrolières à éviter des pénalités.

(Source : Citizen Action Monitor)

Le quotient environnemental scientifique de Mme Notley semble à peu près nul. A-t-elle lu le dernier rapport du GIEC? Ou peut-être se fie-t-elle à l’approche scientifique présentée/financée par Syncrude :

Un don de Syncrude fournit 22 trousses scientifiques aux écoles de la FMPSD

Le Fort McMurray Public School District (FMPSD) a reçu vendredi de nouvelles ressources pédagogiques de la MindFuel Science Alberta Foundation grâce à un généreux don de Syncrude.
   Le district a reçu 22 Ignition Packs pour l’enseignement des sciences. Kerry Barwick, directeur de l'entretien chez Syncrude, a déclaré que l'entreprise a établi un partenariat avec MindFuel depuis plusieurs années.
   «Syncrude reconnaît que dans le monde technologique d'aujourd'hui, l'apprentissage des sciences et de la technologie est essentiel à la réussite des étudiants et qu'il est directement lié au travail que font de nombreux employés de Syncrude. C'est pourquoi tous les membres de Syncrude veulent faire leur part pour s'assurer que les élèves de notre région et leurs enseignants aient accès aux meilleurs outils d'apprentissage STEM disponibles.»
   Pour le maire Don Scott, ce don est un «investissement pour nos jeunes» et il espère voir des investissements similaires dans l'avenir.
   La directrice de l'éducation, Merrie-Rae Mitsopoulos, a déclaré que «les trousses, qui sont conçues pour les élèves de la quatrième à la neuvième année fournissent d'excellentes ressources qui sont alignées sur le programme d'études de l'Alberta et mettent l'accent sur l'Alberta.»

Wikipédia : L'exploitation des sables bitumineux consomme d'énormes quantités d'énergie, surtout pour chauffer les dépôts de sable afin de provoquer l'écoulement du bitume. En 2005, la compagnie Energy Alberta a été créée afin de construire une centrale nucléaire qui alimenterait en énergie certaines installations, mais le projet a été abandonné en 2011. Le recours à l'énergie nucléaire refait toutefois surface en 2013, avec un projet de mini-réacteurs construits par Toshiba et dont la mise en service est prévue pour 2020.
   En attendant, l'énergie utilisée provient du charbon, du gaz naturel et du diesel. Les gaz à effet de serre en provenance de cette industrie connaissent le taux d'augmentation le plus rapide au Canada, avec une production de 0,082 tonne de CO2 par baril de pétrole produit in situ et 0,073 tonne/baril de pétrole produit par extraction mécanique. Selon Environnement Canada, «l'augmentation de la production dans le secteur des sables bitumineux devrait conduire à une hausse générale des émissions provenant du secteur pétrolier et gazier de 44 Mt (28 %) entre 2005 et 2020», de telle sorte que l'objectif de réduction des émissions pour le Canada ne sera que de 3 % sur la période 2005-2020 au lieu de 17 %, comme promis par le gouvernement Harper à Copenhague en 2009.
   Un chercheur de la NASA estime que les sables bitumineux contiennent à eux seuls le double de la totalité du dioxyde de carbone émis par l'usage du pétrole dans le monde depuis le début de la civilisation.