14 janvier 2018

Indice Dow Jones de l’érosion

Le promoteur
Jean-Louis Fournier

   Un jour sans vent, le promoteur a regardé la mer.
   Elle était basse, elle découvrait des kilomètres carrés de sable. C’était la grande marée.
   Il a pensé à toute cette surface inutilisée. Cette place perdue.
   Il a pensé à tout ce qu’il pourrait gagner sur la mer.
   Il a imaginé des rocades, des tours, des résidences pieds dans l’eau, des avenues à perte de vue, des marinas.
   On a perdu la vue sur mer. Les crevettes se sont tirées et les coquillages ont été murés vivants dans le béton.
   Quand je suis sur le petit morceau de plage qui reste, je vois encore, entre les voitures, un peu de mer. Je ne l’entends plus, j’entends les scooters de mers. Dans le mot «promoteur», il y a «moteur».
   Le promoteur à explosion, il n’est plus là. Il est parti très loin, rechercher la solitude et le silence dans des pays magiques où la mer s’étale sur des plages infinies.
   Il regarde la mer, il pense à toute cette surface inutilisée, cette place perdue, à tout ce qu’il pourrait gagner sur la mer...
   À force de vouloir gagner sur la mer, on perd la mer.

Source : Ça m’agace! Éditions Anne Carrière; 2012

Les plages dévorées par les promoteurs


Les ports de plaisance, les condo resorts, les cruisers géants et les activités nautiques contribuent à la perte de biodiversité marine, à l’érosion côtière ainsi qu'au réchauffement climatique. Le développement urbain le long des grands cours d’eau et de la mer se retourne contre nous.

Pourquoi la Maison-Blanche veut-elle lancer un débat sur les changements climatiques?
Un texte de Valérie Boisclair | Publié le vendredi 12 janvier 2018

Après une année record en coûts liés aux catastrophes naturelles aux États-Unis, la Maison-Blanche en a surpris plus d'un en proposant un débat public sur les changements climatiques. Tour d'horizon d'une administration qui persiste à se positionner à contre-courant du consensus scientifique sur le climat.
   Des feux de forêt en Californie au passage ravageur des ouragans Harvey et Irma au Texas et en Floride, les aléas de la nature ont laissé une facture de 306,2 milliards de dollars aux États-Unis l'an dernier, indique l'agence américaine National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) dans son plus récent rapport.
   «La luxueuse résidence [de Trump] à Mar-A-Lago en Floride a peut-être échappé à la colère d’Irma, mais [avec] les milliards de dollars de dégâts, les coûts du climatoscepticisme commencent à s’empiler aux portes de la Maison-Blanche», prévenait Bob Ward, directeur des communications au Grantham Research Institute on Climate Change and the Environment, dans le journal britannique The Guardian.
   S’il est difficile d’associer directement un seul événement aux changements climatiques, des groupes de recherche arrivent à déterminer si une catastrophe leur est significativement liée, explique le climatologue et directeur général d’Ouranos, Alain Bourque. «Et c’est souvent le cas avec les inondations, les canicules et les tempêtes côtières», précise-t-il.
   L’année 2017, quoique mouvementée, risque toutefois d’avoir peu d’effet sur l’administration Trump, estime M. Bourque. «Les gens qui sont à la Maison-Blanche n’utilisent pas la science pour informer ni décider.»  
   [...]
   «L’APE souhaite instiller le doute et essayer de faire passer l’idée qu’il y a une controverse scientifique. Pourtant, il n’y a plus de débat à savoir si le réchauffement climatique est [causé par l'homme]. Cette distraction permet de repousser aux calendes grecques la mise en place d’une politique sur les changements climatiques.» ~ Jean-Daniel Collomb, maître de conférences à l’Université Jean Moulin Lyon III et auteur de The Ideology of Climate Change Deniers in the United States.
   Selon le climatologue Alain Bourque, un tel débat n'en est pas un de science, mais plutôt d'opinions politiques.
   [...]
   En octobre dernier, Scott Pruitt réalisait l'une des promesses martelées par Donald Trump lors de la campagne présidentielle en signant un projet de loi visant à abroger le Clean Power Plan (CPP), jugé «nuisible au développement économique du pays» par le président.
   [...]
   À la relance de l’industrie du charbon souhaitée par Washington s’ajoutent d’autres dossiers controversés, comme celui de l’exploitation pétrolière et gazière au large des côtes américaines, à laquelle Washington a donné son feu vert pour 2019.
   Forts du soutien apporté par les grands lobbys de l’industrie des énergies fossiles et d’importants groupes de réflexion libertariens (think tanks), qui fournissent expertise, argent et contre-arguments, les républicains sont reconnus comme «plus hostiles aux questions environnementales» que les démocrates, analyse M. Collomb.

[Ndlr : Le triumvirat composé de Scott Pruitt, Rick Perry et Mike Pence, auquel s’ajoute le trio James Inhofe, Myron Ebell et Rick Scott mettent la survie de la population américaine en péril (et la nôtre de par la proximité). Ils s’accrochent aux énergies fossiles comme un naufragé s’accrocherait à son iPad en pleine tempête océanique, convaincu que sa tablette lui évitera la noyade. On pourrait croire que ces hommes politiques sont ignorants et stupides; en vérité ce sont de rusés manipulateurs, à genoux devant le dieu "or noir".] 

De gauche à droite: Rick Perry, secrétaire à l'Énergie; Scott Pruitt, secrétaire de l'Agence de protection de l'Environnement; Mike Pence, vice-président des États-Unis. Photo : Reuters/Associated Press/PC

De gauche à droite: Rick Scott, gouverneur de la Floride; Myron Ebell, conseiller; James Inhofe, sénateur de l'Oklahoma. Photo : Reuters/Associated Press/PC

Article intégral :

ClimateFacts: California Mudslides




Mais le vent pourrait tourner :
ICYMI - New York just became the largest US city to sue Big Oil and divest from fossil fuels. This is just the beginning. If the climate movement can make it here, it can make it anywhere. (350 dot org)  
   The New York City government is suing the world’s five largest publicly traded oil companies, seeking to hold them responsible for present and future damage to the city from climate change. The legal strategy has already been embraced by several California cities and counties, but prior lawsuits seeking to blame companies for their role in causing climate change have foundered. https://www.washingtonpost.com


«Plusieurs personnes s’imaginent que ce n’est pas un problème si nos hivers deviennent plus chauds. En fait, ils ne deviennent pas plus chauds, ils deviennent beaucoup plus variables. On devrait avoir plus de redoux qui vont durer plus longtemps et, surtout, on revient rapidement aux conditions thermiques normales. La température passe, par exemple, de 5 à 10 degrés au-dessus de zéro, puis revient à -15 ou -20 degrés Celsius. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur les impacts des changements climatiques sur les oiseaux.» ~ François Vézina, chercheur en écophysiologie à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR)

«Ironiquement, le réchauffement de la planète risque de provoquer de plus en plus de chutes de neige [entre autres] dans la région des Grands Lacs, en exacerbant un phénomène que les météorologues appellent l'effet de lac. La planète se réchauffe et rend la formation de glace plus difficile. Elle dure aussi moins longtemps. La friction avec l’eau chaude réchauffe l'air froid et le rend plus humide. La vapeur d’eau monte, gèle et se change en neige. Le réchauffement de la planète n'est qu'un symptôme des changements climatiques. La hausse du niveau des océans, les pluies abondantes et l’effet de lac sont aussi des symptômes. Au cours des prochaines décennies, on va voir cette neige se changer en pluie. C’est pourquoi il faut agir maintenant pour contrer les changements climatiques.» ~ Katherine Hayhoe, directrice du Centre des sciences du climat à la Texas Tech University et climatologue très connue aux États-Unis

Pour ceux qui croient toujours que les activités de l’homme n’ont aucune influence sur la nature, le climat (par conséquent sur la météo) et les désastres :
Inondations : une menace planétaire
Documentaire complet, 2:34

En résumé

Plus de 136 métropoles côtières sont menacées d’affaissement
Montréal est sur la liste; néanmoins on continue à bétoniser...  


Principales causes? 
– Urbanisation frénétique et continuelle malgré les menaces
– Multiplication des gratte-ciels (toujours plus nombreux et plus hauts)
– Bétonisation des métropoles
– Constructions sur des zones artificielles (fonds sablonneux)
– Liquéfaction des sols
– Barrages, détournements de cours d’eau
– Pompage dans la nappe phréatique
– Disparition des mangroves
– Piscicultures
– Surpopulation urbaine
– Changements climatiques

«Le Canada, tout comme le reste du monde, est à la croisée des chemins. Selon l’équipe de chercheurs de Climate Central, une hausse de 4 degrés veut dire que la montée des eaux submergerait, à long terme, les territoires où vivent actuellement près de 627 millions de personnes dans le monde. Si la communauté internationale stoppe la hausse des températures à 2 degrés, ce nombre baissera à 280 millions de personnes.»
Article intégral :

~~~
Le Sable : enquête sur une disparition

Les enjeux de l’exploitation du sable sont méconnus du grand public, mais sa valeur économique est au coeur d’une guerre entre entrepreneurs, contrebandiers, écologistes et populations locales à travers le monde. Volé ou extrait à prix risible des côtes, des rivières et des océans, le sable est la ressource naturelle la plus consommée sur la planète après l’eau. Essentiel à nos économies modernes, il se retrouve au centre de la fabrication du béton, qui est composé aux 2/3 de sable, en plus d’être essentiel à l’alimentation, aux cosmétiques, détergents, ordinateurs, cellulaires et cartes bancaires. Il est au coeur des stratégies d’expansion de plusieurs territoires.


L’extraction illégale du sable par milliards de tonnes à travers le monde mène les scientifiques et les organisations de défense de l’environnement à prédire une réalité alarmante : à la fin du 21e siècle, toutes les plages auront disparu. Alors que la construction connaît une croissance exponentielle sous la pression des économies émergentes et de la migration des populations vers les villes, plus de 75% des plages sont menacées de disparition et les sites d’extraction illégale se multiplient. Des côtes de la Floride jusqu’en Indonésie, en passant par Dubaï et Singapore, le sable est devenu en quelques années la source d’enjeux mondiaux faramineux.
   Le Sable, enquête sur une disparition révèle par une investigation méticuleuse une réalité peu connue du grand public : la véritable bombe écologique et le drame social et humain que représente l’exploitation massive du sable.

Jusqu’au 1er juin 2018 :
Ou :

Quelques statistiques pour mieux comprendre

Après l’air et l’eau, le sable est la ressource la plus consommée au monde : plus de 15 milliards de tonnes sont utilisées dans le monde chaque année.

Tonnes de sable utilisées dans la construction
– d’une maison de taille moyenne : 200 tonnes
– d’un bâtiment comme un hôpital : environ 3000 tonnes
– d’un kilomètre d’autoroute : au moins 30 000 tonnes
– d’une centrale nucléaire : environ 12 millions de tonnes

Sur la planète, 2/3 de ce qui est construit est en béton armé. Le béton est constitué de 2/3 de sable.

Chaque drague (bateau)
– Peut pomper entre 4 000 et 400 000m3 de sable au fond de la mer par jour.

Les plages
– Entre 75 et 90 % des plages de la planète sont aujourd’hui menacées de disparition.
– Si on ne fait rien d’ici 2100, les plages du monde seront de l’histoire ancienne.

Îles affectées par le prélèvement excessif de sable à proximité
– 25 îles indonésiennes disparues
– 120 îles évacuées aux Maldives

Valeur économique du sable
– Le sable représente un volume d’échanges internationaux de
70 milliards de dollars par an.
– La presqu’île artificielle qu’est Dubaï a coûté plus de 12 milliards de dollars, et a ingurgité près de 150 millions de tonnes de sable pompé au large des côtes de Dubaï.
– Quelque 3500 sociétés australiennes exportent vers la péninsule arabique. Leurs bénéfices ont triplé en 20 ans, et le sable représente aujourd’hui un revenu annuel de 5 milliards de dollars CAD pour l’Australie.

Source :

13 janvier 2018

Masculinisme et empathie : un possible mariage?

Notre hiver est alternatif, un roller coaster. Mais bon, on arrive à s’en accommoder. Aux États-Unis, le mot «accommodement», raisonnable ou irraisonnable, n’existe pas depuis l’arrivée de Trump – l’accommodation est une transaction, un accord pour conclure un différend  en vue d'un armistice.

«Pourquoi tous ces gens provenant de trous à rats viennent-ils ici?», aurait répété le président à propos de l’immigration africaine, selon deux sources qui se sont confiées au Washington Post. Beaucoup d’Américains utilisent le mot shit (merde) à toutes les deux phrases – «shithole countries» pourrait se traduire par «pays de merde».

Ironiquement, en février 2017 j’avais écrit : «Melania doit régulièrement essuyer le caca qui sort de la bouche de son conjoint, comme une mère essuie les fesses de son bébé.» La pauvre, elle avait essuyé de nombreux commentaires désobligeants dans les médias à cause des propos grossiers de Trump à son égard.

On pourrait voir le commentaire infâme et raciste de Trump comme un grand pas vers la destitution – mais les républicains craignent de perdre le pouvoir. Donc ils ne bougent pas. Qui le rappellera à l’ordre? Le pire c’est que la Maison Blanche est elle-même un vrai merdier actuellement.
  «Chaque civilisation porte les semences de sa propre destruction, et ce cycle apparaît dans toutes les civilisations. Une République naît, s’épanouit, se délabre dans la ploutocratie, puis, un cordonnier s’en empare à l’aide de mercenaires et de millionnaires qui feront de lui un souverain. Les gens créent leurs oppresseurs, et les oppresseurs remplissent la fonction pour laquelle ils ont été créés.» ~ Mark Twain, Eruption

Le hasard fait bien les choses parfois. En visitant Thought Maybe, j’ai trouvé ce documentaire au sujet des stéréotypes du masculinisme adoptés par les Américains (on les retrouve néanmoins partout dans le monde). Encore une fois, seule l’éducation pourrait vaincre la promotion de la violence, du racisme et de la misogynie, contribuer à éliminer ce sentiment de supériorité qui n’engendre que mépris et exclusion, et favoriser la réhumanisation «des autres».

The Empathy Gap
Thomas Keith 2015 1:10:02

The Empathy Gap: Masculinity and the Courage to Change investigates how dominant culture bombards young men with sexist and misogynistic messages and argues that these messages not only devalue women but also undercut men’s innate capacity for caring and empathy. The film looks closely at the ways these messages short-circuit men’s ability to empathize with women, respect them as equals, and take feminism seriously, drawing parallels between sexism and racism, spelling out how each is rooted in cultural norms that discourage empathy, and shows how men who break with these norms live happier and healthier lives.

Quelques extraits.

“What’s the difference between a wet racoon and Donald J. Trump’s hair? A wet racoon doesn’t have 7 billion fucking dollars in the bank.” (Donald Trump)  

Trump embodies the American traditional masculinity script (in fact he himself reinforces it) with four central things:

– Amass Personal Fortune: “The beauty of me is that I am very rich.” (D.T.) 

– Meet Conflict with Aggression: “When someone challenges you, fight back, be brutal, and be tough.” (D.T.) 

– Sexually Objectify Women: “It doesn’t really matter what the media writes, as long as you’ve got a young and beautiful piece of ass.” (D.T.) 

– Suppress All Emotions except Anger: “I don’t like the crying.” (D.T.) 

Caricature : Serge Chapleau. La Presse, 10 janvier 2018.

Among popular slogans:
Women are to be objectified.
Women are sexual sidekicks.
I do alpha male shit (t-shirt).  
Greed is good.

Sport culture:
– “While male athletes comprise 3% of NCAA student body; they make up 19% of sexual assault perpetrators and commit 35% of intimate partner violence.” (Journal of Sport Social Issues)
– “Many athletes who become involved in gang rape play contact team sports like football, basketball, and hockey.” (De Paul University College of Law, 2007)
– “Anyone who finds himself at the center of the world he’s in, has a sense of impunity.” (Ken Dryden, NHL Hall of Fame)

Ça devrait s’appeler Footbull (fights)  

Violent vocabulary and dehumanisation:
“She’s a fucking ugly bitch. I want to hit and tear that shit off.”

Bully culture:
“If rape is inevitable, relax and enjoy it.” (Bob Knight, coach and friend of Trump)

Feminism:
“Let guys be guys. Feminists do not want men to achieve their goals.” (Fox News)

Precisely what goals CAN’T you achieve because of feminism?
– Watch more porn?
– Get drunker?
– Sexually harass more women?
– Sexually objectify more women?
– Start more fights? More road rage?
– Abuse more dogs?
– Celebrate more blood lust?
– Abuse your wife or girlfriend? And your children?

Is that what’s missing once feminism “wussifies” men?

“All men should be feminists. If men cared about women’s right, the world would be a better place. We are off when women are empowered. It leads to a better society.” (John Legend)

“I think misogyny is a disease that needs to be cured. If we could eradicate polio, I don’t see why we can’t eradicate misogyny.” (Alan Alda)

Men and boys are not the problem. The masculine script is the problem.

10 janvier 2018

La barre est haute entre le crève-faim et le PDG

Grand débat autour de l’augmentation du salaire minimum à 15 $ de l’heure. Tout le monde s’affole. Dans les années 1970, le salaire minimum oscillait autour de 10 $ de l'heure (40 heures semaine). Le profil des travailleurs rémunérés au salaire minimum n’a pas changé entre 1997 et 2013. Une faible scolarité est plus souvent associée au salaire minimum chez les femmes**. En 2013 (tout comme en 1997), les jeunes, les femmes et les personnes ayant un faible niveau de scolarité étaient les plus susceptibles d’être rémunérés au salaire minimum, principalement dans le secteur du commerce au détail, de l’hébergement et de la restauration. Le salaire minimum moyen a diminué jusqu’à moins de 8 $ au milieu des années 1980, et n’a pas beaucoup bougé jusqu’en 2005. (Statistique Canada)

** Je vous invite à écouter le récit captivant de l’anthropologue Serge Bouchard au sujet des conditions de travail inhumaines des femmes en usine; le harcèlement sexuel était la norme, nous dit-il.
   Catherine Deneuve et ses cosignataires peuvent aller se rhabiller avec leurs propos stupides et réducteurs sur la liberté que devraient avoir les hommes «d’importuner» les femmes (Le Monde, le 9 janv.). C’est terrible de voir comme les notions de «pouvoir» et de «consentement» sont incomprises ou hypocritement esquivées. Respecter autrui n’est pas du puritanisme, c’est une façon de vivre en société qui permet d’éviter les inconduites, voire les assauts, et nombre de conflits.
   Imaginons que je suis en train de déjeuner avec des collègues. Mon voisin commence à picorer dans mon assiette sans demander ma permission, prétextant que ç’a l’air délicieux. Ce faisant il laisse des traces de bave dans ma nourriture, et du coup je perds l’appétit. Je suis tentée de lui balancer mon plat à la figure. Je le repousse, mais il continue. C’est une agression. Certaines personnes ne se formaliseraient pas, tout comme bien des femmes ne s’offusquent pas si des hommes les tripotent. D’autres n’aiment pas et n’en veulent pas. Il y a pire bien sûr, l’échelle de gravité varie largement : des attouchements au harcèlement, au viol, voire au meurtre. Alors, reprenons la définition du mot REFUS d’Ambrose Bierce : Les refus appartiennent à différents degrés sur une échelle de valeur décroissante : le refus formel, le refus conditionnel, le refus timide et le refus féminin – par certains casuistes, ce dernier est également appelé refus consentant.

Récit : Les dures conditions de travail des femmes dans les manufactures
Publié le dimanche 7 janvier 2018

Les allumettières de la compagnie E. B. Eddy, à Hull (aujourd'hui Gatineau), en 1935. Les conditions de travail étaient non seulement misérables, mais très toxiques. Photo : Réseau du patrimoine de Gatineau et de l'Outaouais / domaine public

«Entre 1850 et 1950, les femmes ont été projetées dans le monde de la manufacture. ...La couturière est devenue une ouvrière, et l'ouvrière une prolétaire.» Serge Bouchard (1) décrit les conditions de travail misérables des femmes et des enfants qui prévalaient dans les manufactures. Il parle entre autres des luttes syndicales de la Dominion Corset, à Québec, et des allumettières de Hull (aujourd'hui Gatineau).


À tout problème, il y a une solution. On pourrait commencer par réduire les salaires exorbitants des PDG : selon le Centre canadien de politiques alternatives, le salaire le plus bas parmi les 100 PDG les plus riches en 2016 était de 2489,62 $ de l'heure. Ça donne quasiment envie de démarrer un #balancetonpdg... 

Les PDG les plus riches ont déjà gagné l’équivalent de votre salaire annuel
Publié le mardi 2 janvier 2018 à 11 h 34
Radio-Canada avec CBC News

Peu avant 11 h, mardi matin, le dirigeant d'entreprise le mieux payé du Canada avait déjà gagné l'équivalent du salaire annuel moyen d'un travailleur, souligne le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA); et chaque année, cette barre est franchie un peu plus tôt.
   Selon un rapport du CCPA, les dirigeants d’entreprise salariés les mieux payés gagneront en 2018 environ 200 fois le salaire moyen d’un travailleur, qui oscille autour de 49 700 $.
   D’après l’organisme qui a étudié les conditions salariales des 100 PDG les mieux payés parmi les entreprises inscrites à la Bourse de Toronto en 2016, ces derniers recevaient en moyenne un salaire annuel de 10,4 millions de dollars à cette époque.
   «Ils font maintenant votre salaire moyen avant votre deuxième tasse de café.» ~ David Macdonald, économiste principal au Centre canadien de politiques alternatives

Joseph Papa, PDG de Valeant Pharmaceuticals International (au centre). Il a bonne mine, mais je ne miserais pas sur sa santé cardiovasculaire même s'il a accès aux meilleurs médicaments disponibles... Photo : Reuters / Christinne Muschi

Le mieux payé d’entre tous en 2016 était Joseph Papa, PDG de la pharmaceutique Valeant, avec un revenu annuel de 83,1 millions de dollars.
   Son plus proche concurrent était Don Walker, PDG de Magna International, fabricant de pièces de voitures, qui a touché un salaire annuel et des avantages de 28,6 millions de dollars.
   Selon le Centre canadien de politiques alternatives, le salaire le plus bas parmi les 100 PDG les plus riches en 2016 était de 2489,62 $ de l'heure.

8 % d'augmentation en moyenne

Côté augmentation de salaire, les principaux dirigeants d’entreprise n’ont pas été en reste, avec des augmentations moyennes de 8 % en 2016 par rapport à leur salaire de 2015. Les salaires des travailleurs canadiens ont quant à eux augmenté de 0,5 % au cours de la même période, souligne le CCPA.
   «Les PDG continuent, année après année, à creuser cet écart avec le travailleur moyen», a déclaré David Macdonald, auteur du rapport et économiste principal du CCPA, un groupe de réflexion qui étudie les questions d'iniquité économique.
   Fait intéressant, le salaire de base octroyé aux PDG n’est pas très élevé, d'après M. Macdonald, qui a compilé tous les avantages monétaires que reçoivent les PDG. En fait, le salaire de base ne représenterait selon lui que 11 % de leur revenu global.
   La majeure partie de leur revenu provenait plutôt d’attributions d'actions (33 %), de primes (26 %) et d’options d'achat d'actions (15 %). Les avantages fiscaux que leur procurera cette formule de rémunération priveront le gouvernement canadien d’environ 840 millions de dollars cette année, estime David Macdonald.

[Ndlr : «Les chantres de la liberté économique encensent les entreprises qui créent de la valeur, ils sous-entendent que leur activité bénéficie de manière désintéressée à l’ensemble de la société. Accordons-leur qu’ils utilisent souvent la formule : créer de la valeur pour les actionnaires. L’hypocrisie en est amoindrie, mais la supposée noblesse collective de l’objectif est répétée jusqu’à plus soif. Dans les faits, l’objectif de l’entreprise capitaliste est de maximiser ses profits au bénéfice de ses propriétaires, les actionnaires, en minimisant les coûts; pas de rendre service à la collectivité.» (Ianik Marcil, Les passagers clandestins, Éditions Somme toute 2016, p. 141)]

Une mauvaise comparaison, selon certains

Or, bien que ces chiffres aient de quoi faire grincer des dents, la comparaison du salaire des PDG le plus riches au pays avec celui des travailleurs moyens est une mauvaise comparaison, selon Ian Lee, professeur d'administration à l'Université Carleton.
   Selon lui, le salaire d’un travailleur moyen ne devrait pas être comparé à celui des patrons les plus riches, car il est normal que «les meilleurs joueurs gagnent beaucoup plus que la moyenne des gens. Il en va ainsi dans toutes les industries, qu’il s’agisse de sport, de finance ou de divertissement», précise Ian Lee.
   Selon lui, ces gens gagnent beaucoup plus que la moyenne parce qu’ils possèdent des talents rares et recherchés dans l’industrie. Au même titre qu’un joueur de hockey vedette touche chaque année plusieurs millions de dollars de plus qu’une recrue de quatrième trio.
   «Les comparer à une personne ordinaire, c'est comme comparer des pommes à des kumquats. C'est une mauvaise comparaison.» ~ Ian Lee 

[Ndlr : Personne ne mérite pareil revenu annuel, quel que soit son talent de PDG, de financier, de sportif ou d’amuseur public. Si c’était au mérite, les pompiers – des personnes ordinaires dont la mission principale est de protéger les gens, les biens et l'environnement en combattant des incendies et en portant secours lors d’inondations, d’accidents, de déversements de matières toxiques, etc. – devraient gagner davantage que leurs employeurs. Le principal talent des PDG consiste à développer les meilleures stratégies pour exploiter la main-d’oeuvre au plus bas coût; c’est d’ailleurs pourquoi les industriels et les manufacturiers se sont tournés vers les esclaves des pays émergeants afin d’accumuler plus de profits et d’esquiver les revendications syndicales. Et, c’est aussi pourquoi plusieurs de nos entreprises florissantes ont été vendues à des multinationales étrangères (2). L’appât du gain est dominant chez la plupart des hommes d’affaires.]

Les femmes presque absentes du palmarès

En ce qui a trait à la présence de femmes dans le palmarès des PDG les mieux payés du Canada, elles se font plutôt rares, note le CCPA dans son rapport. [...] Selon Statistique Canada, les femmes gagnent en moyenne 87 ¢ pour chaque dollar gagné par les hommes au Canada.


«Voulez-vous bien me dire ce que peut faire un être humain avec 200 fois le salaire d’un de ses employés à chaque année? La première année, je peux voir là, tu t’achètes un yacht, pis avec l’argent qui reste tu jettes toute la vaisselle sale aux vidanges, t’es rendu assez riche pour pas avoir à la laver et à secouer les couvercles de tes plats en plastique pour sortir l’eau de la petite craque. La deuxième année, tu fais quoi? Tu t’achètes un deuxième yacht, pis tu payes un chauffeur pour courser avec ton premier yacht?» (Apéro-Intello avec Mathieu Charlebois; Le 15-18, ICI Radio-Canada, 5 janv. 2018)
   J’ajouterais : Une fois que t’as acheté des condos luxueux dans les grandes capitales, une Bugatti Veyron (1,6 million $), un jet privé, des boîtes de cigares honduriens à 1500 $, etc., que fais-tu des millions accumulés année après année? Tu les balances dans un paradis fiscal?
   Si les idées manquent pour joindre le ridicule à l’odieux : «Tout se vend, même si c'est cher et parfois surtout si ça l'est. Si leur rareté ou leur histoire peuvent justifier le prix astronomique de certains objets, d'autres symbolisent la vanité des gens qui ont perdu de vue la notion de valeur au fur et à mesure qu'ils ont vu grossir leur compte en banque... Bienvenue chez les fous.»

Pochette pour infusion de thé sertie de 180 diamants (au rayon des surgelés de la surconsommation). En tout cas on peut dire que le marketing aura réussi à rendre les gens superficiels à un niveau qui dépasse l'entendement. 

«Le Luxe, une drogue? Lors d’une entrevue, j’ai entendu une prostituée raconter à quel point son métier lui permettait de mener un mode de vie luxueux. Pour elle, voiture européenne, condo au centre-ville et vêtements griffés justifiaient le fait de tailler des pipes à des gros dégueulasses. À mon avis, cette femme est une esclave. Elle sacrifie son corps pour tenter d’assouvir des désirs matériels qui sont en fait illimités. Par ailleurs, son corps ne lui appartient plus, il appartient aux créanciers qui lui ont prêté de l’argent pour acheter sa BMW.» Un point de vue intéressant :

~~~
(1) Site de Serge Bouchard : http://www.sergebouchard.ca/

(2) Autre récit très coloré : Les chasseurs de neige
«Ouvrir des chemins en hiver, enlever de la neige, déneiger, ç'a vraiment fait parti du génie de notre culture.» Serge Bouchard raconte l'histoire du déneigement depuis la Nouvelle-France jusqu'à aujourd'hui. Il parle des inventions qui ont amélioré notre rapport à l'hiver, dont celle de la souffleuse à neige, dans les années 1920. [...]
   Au début du 20e siècle, le mécanicien Joseph-Armand Bombardier met au point un véhicule qui glisse sur la neige. En parallèle, un autre inventeur, Arthur Sicard, crée la souffleuse à neige. [...] C’est à la Ville d’Outremont qu’Arthur Sicard vend sa première souffleuse, à la fin des années 1920. Il fait ensuite fortune avec ces véhicules qu’achètent les municipalités, les aéroports et les gouvernements. Après la mort de l’inventeur, survenue en 1946, son entreprise devient propriété de la famille Simard de Sorel avant d’être rachetée par l’américaine SMI.

En complément 
Histoire de couple : Marie-Christine Lévesque et Serge Bouchard
Publié le lundi 8 janvier 2018

8 janvier 2018

Problème psychologique «stable»

«Des ministres tarés et d’anciennes filles publiques étaient tenus pour des parangons de vertu.» ~ Marcel Proust

Pour se faire une idée de l’état de santé mentale du président américain, il suffit de lire ses tweets intempestifs et grossiers ainsi que ses justifications misogynes des inconduites sexuelles. Sa dernière trouvaille : il serait un genie – “I went from VERY successful businessman, to top T.V. Star to President of the United States (on my first try). I think that would qualify as not smart, but genius... and a very stable genius at that!” (Donald Trump, Twitter)
   Dunning-Kruger effect: “The more limited someone is in reality, the more talented the person imagines himself to be. Difficulties in recognizing one's own incompetence lead to inflated self-assessments.”

Je serais d’accord pour qu’on décerne à Trump un Nobel «pour avoir apporté un plus grand bénéfice à l'humanité», soit, en préservant la stupidité, notre unique ressource renouvelable, dont il ne faut pas surestimer la pérennité cependant.

«On ne sait prévoir que des répétitions, et comprendre, c'est dégager le quelque chose qui se répète.» ~ Antoine de Saint-Exupéry (Carnets, 1953)

«Plusieurs psychiatres ont déclaré que la santé mentale de Donald Trump ne pouvait être évaluée que par des experts lors de rencontres privées avec lui. Je considère cet argument stupide. Il n'y a pas de test sanguin ou de scan cervical pouvant confirmer un trouble de personnalité narcissique; il n’y a qu’une liste de caractéristiques observables. Le professionnel étudie simplement les raisonnements et les comportements du patient à l’aide d’une liste de symptômes servant à le diagnostiquer. Il est absurde de croire qu'un psychiatre qui a passé quelques heures à parler avec un patient dans un bureau est qualifié pour rendre ce diagnostic – mais celui qui a accès à des centaines d'heures d'entrevues, de remarques improvisées, ainsi qu'à une petite bibliothèque d'information biographique et à des témoignages de ses plus proches confidents – le peut. Prétendre le contraire revient à mystifier la pratique de la psychiatrie; c'est prétendre qu'il y a certaines connaissances chamaniques auxquelles seuls les psychiatres peuvent avoir accès en échange d’une rémunération.» (Traduit/adapté de l’article d’Eric Levitz)

The President Is Mentally Unwell – and Everyone Around Him Knows It
By Eric Levitz

For most of his presidency, the conversation about Trump’s mental well-being, and consequent capacity to perform the duties of his office, has been characterized by a willed naïvety. The president’s signs of senility aren’t subtle. His narcissistic self-regard is not mildly delusional; his impulse control is more than a little bit lacking.
   Progressives’ fixation on the 25th Amendment is far less deluded than the rationalizations that keep Republicans from invoking it. By all accounts, most GOP  
Congress members recognize that Donald Trump is a pathological narcissist with early stage dementia and only peripheral contact with reality — and they have, nonetheless, decided to let him retain unilateral command of the largest nuclear arsenal on planet Earth because it would be politically and personally inconvenient to remove his finger from the button.
   You don’t need a degree in psychiatry to call that crazy.


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[Je ne suis pas un expert médical, mais est-il possible que quelque chose ait mal tourné durant la «greffe de cheveux»?]
“I'm no medical expert, but is it possible that something went badly wrong during the 'scalp reduction surgery'?”
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[Quiconque est sain d’esprit peut-il se déclarer lui-même un génie?]
“Does anyone who is stable call himself a genius?”

“America elected Trump. All those qualities we abhor- racism, sexism, deceitfulness, ignorance, adolescent rage, denial of science, white supremacy, violent aggression. These qualities do describe our nation. We need a long look in the mirror. Time we impeach ourselves as well.”
   “Drill. Frack. Pillage. Loot. Destroy. Refute history. Refuse to learn from our mistakes. Burn down the world. Race the climate apocalypse along. Just another day under Trump's obscenity.”

“Trump's EPA is making it easier to dump 1.4 billion pounds of toxic coal ash into community water supplies per year.” (PSR Environment)

Trump administration approves Eni plan to drill offshore Alaska
WASHINGTON (Reuters) – Eni US will become the first energy company allowed to explore for oil in federal waters off Alaska since 2015 after the Trump administration this week approved a drilling plan on leases the company has been sitting on for 10 years.

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Illustration de Jeffrey Smith. «On a vu en un peu plus d'une heure, un Trump stupéfié se transformer en un Trump incrédule, et ensuite en un Trump horrifié. Mais une transformation finale s’est produite : soudain, Donald Trump est devenu un homme qui croyait mériter d'être le président des États-Unis et entièrement capable de l’être.» ~ Steve Bannon

Une histoire adaptée de Fire and Fury: Inside the Trump White House, par Michael Wolff; Henry Holt & Co.:
Donald Trump Didn’t Want to Be President
Election Night: It “looked as if he had seen a ghost.”
By Michael Wolff




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Ironie du sort (l’arroseur arrosé)

Photo : Reuters/Jonathan Ernst.

Washington, États-Unis – Le nouveau sénateur de l’Alabama, Doug Jones, portait fièrement le drapeau américain à la boutonnière au moment d’être assermenté par le vice-président Mike Pence, lors d’une cérémonie qui se tenait au Capitole, à Washington. Sa femme et ses deux fils assistaient à l’événement, qui fut une occasion pour les photographes de saisir un cliché de M. Pence, reconnu pour ses positions contre les droits des LBGT+, et le fils du nouveau sénateur, Carson, ouvertement gai et militant. La rencontre de deux Amériques...

[Ndlr : Pence devait être indigné au plus profond de ses tripes de Born Again Christian!]

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Bien sûr, l’entourage de Trump et des sénateurs républicains se sont empressés de nier le contenu du livre de Wolff. On le dit dépourvu de rigueur journalistique et qu'il est avant tout un diffuseur de potins. Autre énigme à résoudre : qui fabule? 

Nous sommes de plus en plus biaisés, manipulés et trompés par les médias; la presse «officielle» n’y échappe même pas.

«Le danger, ce n’est pas ce qu’on ignore, c’est ce que l’on tient pour certain et qui ne l’est pas. Si vous ne lisez pas le journal, vous n’êtes pas informé. Si vous lisez le journal, vous êtes mal informé.» ~ Mark Twain

«La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat.» 
~ Hannah Arendt

Par d’exemple :

Comment les climatosceptiques se retrouvent en tête des recherches Google
Les groupes qui rejettent la science climatique établie peuvent utiliser la publicité à leur avantage dans le moteur de recherche, jouant avec le système pour trouver une plate-forme de masse pour faire circuler des allégations fausses ou trompeuses.
   Voulez-vous recevoir les dernières nouvelles sur le climat dans votre compte internet? Tapez les mots «changement climatique» dans Google et vous pourriez obtenir un résultat inattendu : des annonces disant que le réchauffement est un canular.
   «Des scientifiques nient le changement climatique», titrait un message apparu récemment en haut de la page des résultats de recherche et pointant vers le site web DefyCCC qui affirmait : «Rien n'a été mieux étudié et n’est plus inoffensif que les émissions anthropiques de CO2.»

Source :
How Climate Change Deniers Rise to the Top in Google Searches
By Hiroko Tabuchi, Dec. 29, 2017

J’ai visité le site DefyCCC. J’ai reconnu la propagande qu’on entend sur nos radios-poubelles québécoises... Yuck.

Dans la marée des dégâts pétroliers  

Le pétrolier iranien Sanchi, qui brûle depuis plus de 24 heures en mer de Chine orientale après être entré en collision avec un navire céréalier chinois, «risque d'exploser ou de sombrer», affirme le ministère chinois des Transports, alimentant les craintes d'une marée noire. (...)


À titre de comparaison, soulignons que le pétrolier américain Exxon Valdez transportait 1,26 million de tonnes lorsqu’il s’est échoué sur la côte de l’Alaska en 1989, engendrant une des pires marées noires de l’histoire.
   Un responsable de la garde-côtière sud-coréenne souligne cependant qu’une catastrophe pourrait être limitée dans la mesure où le condensat transporté par le Sanchi pourrait s’évaporer, voire brûler plus facilement que le brut lourd qui s’échappait de l’Exxon Valdez.
   La cargaison du pétrolier était destinée à la firme sud-coréenne Hanwha Total, coentreprise entre le français Total et le conglomérat sud-coréen Hanwha.

Je ne sais pas ce que les gérants autoproclamés de la planète ont dans la caboche (s’ils en ont une...), mais ça pue le gaz. Si seulement la clique de la Maison Blanche pouvait freiner la production d’énergies fossiles au lieu de l'augmenter.
   Imaginez-vous donc que la famille Rockefeller craint (depuis 2006) que sa descendance ne puisse plus respirer éventuellement. Preuve que les gens changent uniquement lorsqu’ils sont eux-mêmes menacés par leurs propres entreprises délétères. Rappelons que la famille était derrière Standard Oil qui contrôla 90 % de la production du pétrole jusqu’en 1911, avant que la Cour suprême ne décide de scinder le quasi monopole en 34 compagnies dont l’une fut ExxonMobil...

The Rockefellers vs. the Company That Made Them Rockefellers
The family that pioneered the oil industry in America wants to expose what Exxon hid from the public about climate change.
By Reeves Wiedeman

“Don’t believe for a minute that ExxonMobil doesn’t think climate change is real.” (Steve Coll, a former Exxon manager)  

So what did Exxon know? “There is general scientific agreement that the most likely manner in which mankind is influencing the global climate is through carbon-dioxide release from the burning of fossil fuels,” James Black, an Exxon scientist, told company executives in 1977. “Present thinking holds that man has a time window of five to ten years before the need for hard decisions regarding changes in energy strategies might become critical.” Five years later, an internal report declared that without “major reductions in fossil fuel combustion,” a number of “potentially catastrophic” events, such as the eventual flooding of “much of the US East Coast, including the State of Florida and Washington D.C.,” could occur. The changes wouldn’t come for decades, the report said, but “once the effects are measurable, they might not be reversible.”
   “We considered climate change in a number of operational and planning issues,” Brian Flannery, Exxon’s in-house climate adviser at the time, told the Columbia reporters. In 1989, Shell raised a natural-gas platform in the North Sea by several feet to accommodate rising sea levels, while engineers designing a pipeline owned by several companies, including Exxon, said they would have to account for the “considerable increase of the frequency of storms as a result of climate change.” A researcher at an Exxon subsidiary even argued that climate change offered a silver lining as the company looked for oil in the Arctic: “Potential global warming can only help lower exploration and development costs.”
   Publicly, however, Exxon was working to cloud the debate. In 1988, an Exxon spokesperson wrote a memo arguing the company should “emphasize the uncertainty in scientific conclusions.” In the decades to come, Exxon gave millions to groups that denied climate change, including the American Petroleum Institute, which waged a $6 million public-relations battle in the late ’90s against the Kyoto Protocol, one of the world’s first attempts to deal with the issue. “Victory will be achieved when: average citizens ‘understand’ (recognize) uncertainties in climate science” and when “recognition of uncertainties becomes part of the ‘conventional wisdom,’ ” one memo read. The strategy echoed one promoted by a tobacco executive in 1969: “Doubt is our product.”


Trump Moves to Open 90 Percent of Our Coastal Waters to Oil Drilling
January 04, 2018 Rhea Suh

The administration’s new five-year offshore drilling plan puts polluter profits over the public good – and risks another BP oil spill–style disaster.

«Que feraient les victimes si le naufrage du Titanic se déroulait aujourd'hui?» (thème choisi par le caricaturiste Pierre Brignaud au Concours international d'arts visuels Juste pour Rire 2015, catégorie humour noir)

Our response to the climate crisis has been to rearrange deckchairs on the Titanic – but whatever we do, it isn’t working. It’s time to try something new.
Kevin Buckland

Organizing on a Sinking Ship: The Future of the Climate Justice Movement
Climate change rarely comes up at the top of the list when people are asked about issues that concern them most. While this is not surprising, it is nonetheless disturbing considering the gravity of the climate crisis. Yet the key problem of our collective negligence of the climate crisis is reflected in the question itself, rather than the answer. Let us be clear: climate change is not an “issue.” Rather, it is now the entirety of the biophysical world of which we are part. It is the physical battleground in which every “issue” is played out — and it is crumbling.

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Jouet de l'ouragan qui l'emporte et le mène,
Encombré de trésors et d'agrès submergés,
Ce navire perdu, mais c'est la nef humaine,
Et nous sommes les naufragés.

L'équipage affolé manœuvre en vain dans l'ombre;
L'Épouvante est à bord, le Désespoir, le Deuil;
Assise au gouvernail, la Fatalité sombre
Le dirige vers un écueil.

Le Cri
Louise Ackermann; 1813-1890 (Poésies philosophiques, 1871)

1 janvier 2018

En ce début 2018

Je bois (de l’eau claire) à la revanche
   de l’intelligence sur l’argent
   de la vérité sur le mensonge
   de la bienveillance sur le mépris
   du partage sur l’avarice
   de la liberté sur l’esclavage 
   de la nature sur les poisons industriels
   des animaux sur leurs exploitants

Pour cesser de détruire la terre, il faut appuyer sur stop!


Avec des fusils vous pouvez tuer des terroristes.
Avec l’éducation vous pouvez tuer le terrorisme.
~ Malala Yousafzai

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La grande erreur de notre temps, cela a été de pencher, je dis même courber, l’esprit des hommes vers la recherche du bien matériel. Il faut relever l’esprit de l’homme, le tourner vers la conscience, vers le beau, le juste et le vrai, le désintéressé et le grand. C’est là et seulement là que vous trouverez la paix de l’homme et par conséquent avec la société.
~ Victor Hugo

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Whether we and our politicians know it or not, Nature is party to all our deals and decisions, and she has more votes, a longer memory, and a sterner sense of justice than we do.
~ Wendell Berry


Dans certains États l’on préconise des traitements pour guérir l’homosexualité perçue comme une maladie. À ce compte là, je ne vois pas pourquoi on ne ferait pas la même chose avec les Weinstein & Co.
If women could read minds, every second a man would get slapped...

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JE NE SUIS PAS UN ACHETEUR COMPULSIF, J’AIDE L’ÉCONOMIE!

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Distance : La seule chose que les riches soient prêts à accorder aux pauvres, en souhaitant qu'ils la gardent. ~ Ambrose Bierce (Le dictionnaire du Diable)

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Parmi les principales causes de la cécité, la cataracte est la troisième.
La religion et la politique restent les deux premières.

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Questions pour ceux qui croient à la Bible

Si l’esprit supérieur derrière la Bible est un être
omniscient, omnipotent et parfait,
alors pourquoi ce livre reflète-il uniquement
la culture, la science, l'histoire, la littérature,
la technologie, la morale et les valeurs
de l'époque où il a été écrit?
Et pourquoi y a-t-il autant de versions?
Et pourquoi contient-il autant
d'inexactitudes et d'incohérences?
Et pourquoi est-il exposé à tant
d'interprétations différentes?
Et pourquoi inclut-il la lapidation, la torture,
le meurtre, le bûcher, l'esclavage,
l'homophobie, le fanatisme et le chauvinisme?
Et pourquoi doit-on se poser tant de questions
à propos de la Bible puisqu’elle est censée
être la référence en matière de vérité  
et le guide ultime de la morale?
Quelqu'un peut répondre?