18 juin 2016

Profession : psychiatre-tortionnaire

Mon antipathie envers les médecins et les législateurs (globalement s’entend) ne cesse de grandir. Je n’espère même plus qu’ils finissent par comprendre que :
«La vie est un droit et non une obligation.» (Ramon Sampedro, 1943-1998)

[Sampedro était atteint de paraplégie complète (des pieds à la nuque) à la suite d’un plongeon, et il fut contraint de vivre pendant plus de 30 ans à cause de l’égoïsme de l’entourage et du pouvoir politique/religieux/médical. Le film biographique La mer intérieure (Mar Adentro), d’Alejandro Amenábar (2004), est un plaidoyer en faveur du libre arbitre face au droit de recevoir de l’aide à mourir quand on ne peut ou ne veut plus vivre et qu’on est incapable de se suicider par soi-même.]

L’important n’est pas de VIVRE LONGTEMPS, mais de BIEN VIVRE!

Autrefois on disait «il est mort de sa belle mort». Cela ne veut plus rien dire de nos jours.



Parmi les conséquences perverses de la Loi C-14 : Une femme âgée de 82 ans se retrouve à la cour parce qu’elle refuse de subir les électrochocs prescrits par son psychiatre. Son choix est tout à fait NORMAL et légal. Par contre l’attitude du psychiatre est injustifiable. User de cruauté (physique et/ou mentale) envers autrui est illégal, quel que soit le prétexte. On pourrait donc lobotomiser le psychiatre, sans son consentement, puisqu’il est inapte à reconnaître ses tendances psychotiques qui «l’empêchent de voir clair et altèrent son jugement».

La mort plutôt que les électrochocs
Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Une veuve dépressive de 82 ans peut-elle se laisser mourir de faim - comme elle le souhaite -, ou doit-elle être alimentée et soumise contre son gré aux électrochocs que l'hôpital veut lui administrer pour soigner sa dépression? 
    C'est le dilemme cornélien auquel fait face une juge de la Cour supérieure de l'Outaouais en ce moment même. 
    La dame hospitalisée, identifiée par ses seules initiales F.G., «demande de ne pas être alimentée ni médicamentée. Elle comprend que la mort interviendra - c'est ce qu'elle souhaite. Son discours est clair et parfaitement cohérent», résume la juge Carole Therrien dans une décision intérimaire rendue la semaine dernière.
[...]
    De l'autre côté, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) cherche à obtenir l'autorisation de la justice pour traiter la patiente pendant trois ans : antidépresseurs, soluté au besoin, médication pour le coeur et électrochocs.

EFFETS DE LA MALADIE

En temps normal, la situation serait relativement simple : les tribunaux ont reconnu depuis longtemps le droit d'un patient de renoncer à tout soin, y compris l'alimentation, y compris quand ce refus conduit à la mort. 
    Mais dans ce cas, les médecins de la vieille dame estiment que la profonde dépression dans laquelle elle est plongée depuis la mort de son mari l'empêche d'y voir clair et invalide son refus. Et que le traitement à lui imposer pour sa dépression prévoit «un maximum de 20 à 22 séances» d'électrochocs. «La décision de se laisser mourir est aggravée par sa cognition dépressive et [son] jugement est altéré par sa maladie actuellement.» (Extrait du rapport du psychiatre cité par la cour) 
    Mais la juge n'a pas été convaincue et les enjeux sont trop gros. Carole Therrien a ordonné une seconde évaluation psychiatrique de la dame, ainsi que la nomination d'un avocat pour représenter ses intérêts, malgré le refus de cette dernière. 
    En outre, il a semblé à la juge Therrien que les pleurs de F.G. dans la salle de tribunal trahissaient l'«exaspération de ne pas voir sa demande respectée, plutôt qu'une absence de sérénité face à sa décision». 
    «Le plan de traitement proposé prévoit qu'elle demeure en institution, qu'elle reçoive des médicaments qui la font vomir et des électrochocs à raison de plusieurs fois par semaine pour améliorer son humeur», explique la magistrate dans sa décision. «Cette perspective peu réjouissante pour elle est objectivement compréhensible.»
    «Si elle est habilitée à consentir et à refuser les soins, on doit respecter son désir et sa volonté, indépendamment de ce qui pourrait arriver», a dit Me François Simard. «C'est déjà bien établi en jurisprudence qu'une personne a le droit de refuser [des soins] dans la mesure où elle est apte à refuser, même si ce refus devait mener à la mort.»
[...]

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/actualites-judiciaires/201606/17/01-4993248-la-mort-plutot-que-les-electrochocs.php

16 juin 2016

Les pitbulls ne sont pas tous des chiens

Le pitbull Pétrolia a reçu le feu noir de Québec. La sauvegarde d’un écosystème aussi précieux que l’Île d’Anticosti, la plus grande île du Québec située dans golfe du Saint-Laurent, ne mérite pas une résiliation de contrat? Diable, c’est heurtant! 

Nos ministres ont plié l’échine les un(e)s après les autres. Difficile de se tenir debout quand les prédateurs attaquent simultanément de toutes parts.


Illustration : Willy Aractingy 

Le Loup et l’Agneau
Jean de la Fontaine

La raison du plus fort est toujours la meilleure
             Nous l'allons montrer tout à l'heure. 

             Un agneau se désaltérait 
             Dans le courant d'une onde pure. 
Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure, 
         Et que la faim en ces lieux attirait.

«Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage? 
             Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
- Sire, répond l'agneau, que Votre Majesté 
             Ne se mette pas en colère; 
             Mais plutôt qu'elle considère 
             Que je me vas  désaltérant 
                     Dans le courant, 
             Plus de vingt pas au-dessous d'Elle;
Et que par conséquent, en aucune façon, 
             Je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé. 
- Comment l'aurais-je fait si  je n'étais pas né? 
         Reprit l'agneau; je tette encor ma mère 
             - Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. 
         - Je n'en ai point. - C'est donc quelqu'un des tiens : 
             Car vous ne m'épargnez guère, 
             Vous, vos bergers et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge.» 
 
             Là-dessus, au fond des forêts 
             Le loup l'emporte et puis le mange, 
             Sans autre forme de procès.
 
 
Anticosti : Québec donne le feu vert pour forer 
Par Martin Croteau, La Presse
 
(Québec) Le ministère de l'Environnement a délivré un certificat d'autorisation à Hydrocarbures Anticosti (1) pour la poursuite de sa campagne d'exploration du sous-sol de l'île, a confirmé l'opérateur du consortium, Pétrolia.
 
En matinée, le ministre de l'Environnement, David Heurtel, assurait que la demande de la coentreprise était toujours «sous analyse». Son bureau a refusé de commenter la décision, mercredi après-midi.
    Dans un communiqué, le ministère de l'Environnement affirme qu'il mènera un «suivi serré» des travaux sur Anticosti. «Il sera présent sur les sites mêmes de l'exploration pétrolière, et ce, à chacune des étapes importantes du projet, peut-on lire dans le communiqué. Il effectuera également des inspections de façon régulière afin d'assurer la conformité des opérations aux lois et aux règlements applicables ainsi qu'aux exigences et engagements contenus dans les autorisations.»
    La coentreprise a mené des sondages stratigraphiques l'été dernier. Elle doit maintenant mener trois forages par fracturation hydraulique pour confirmer le potentiel d'Anticosti. Elle a demandé un certificat d'autorisation en février. 
    Mais sa demande est survenue quelques semaines après que Philippe Couillard eut pris position contre le projet pétrolier sur Anticosti à la conférence de Paris sur les changements climatiques. Le premier ministre a dit refuser de s'associer au «saccage» de l'île et a maintes fois dénoncé les risques de la fracturation hydraulique.
    Depuis, l'opérateur de la coentreprise, Pétrolia, s'est plaint plusieurs fois de «l'hostilité» du gouvernement libéral (...) pour retarder le projet. Québec a notamment utilisé une procédure rarissime - le recours à un comité d'experts externes - pour analyser la demande de l'entreprise. 
    L'affrontement entre Québec et Pétrolia a culminé il y a deux semaines lorsque le PDG de l'entreprise, Alexandre Gagnon, a démissionné de son poste de porte-parole d'Hydrocarbures Anticosti. 
    Même si elle a obtenu le feu vert de Québec, Pétrolia ne procèdera pas à une campagne de fracturation hydraulique avant l'été 2017. Elle a annoncé le report d'un an de cette phase du projet en critiquant le «retard» dans le traitement de sa demande.
 
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Le pitbull TransCanada / Énergie Est obtiendra sans doute le feu noir pour envahir nos terres et polluer nos cours d’eau. «Des retombées de 9 milliards de dollars», assure Brad Wall, premier min. de la Saskatchewan.
 
Aucune retombée économique ne peut compenser le saccage d’une province... l’Alberta et la Saskatchewan en sont des exemples.
 
Si la Saskatchewan subit des pénuries d’eau en raison des changements climatiques justement, le Québec fournira-t-il de l’eau potable aux sinistrés «en vertu de la péréquation»? (2)
 
Brad Wall – un virulent  climato-sceptique... mais, il n’est pas méchant.
 
ICI Radio-Canada Info – Le premier ministre saskatchewannais n'entend pas demander à Québec de rembourser les sommes qu'il reçoit en vertu de la péréquation advenant un rejet du projet de pipeline Énergie Est de TransCanada, comme il l'avait déclaré en janvier. 
    Dans une conférence tenue avec son homologue québécois Philippe Couillard, Brad Wall a réitéré qu'il appuie sans réserve la construction de ce pipeline, mais que les questions que les Québécois se posent à ce sujet sont légitimes. 
    «Je vais dire cela – et je ne l'ai probablement pas dit assez clairement, je ne l'ai certainement pas dit ici : ce projet est composé aux deux tiers de la conversion d'un pipeline existant, et au tiers d'une nouvelle construction. Mais un fait demeure : la nouvelle construction est presque exclusivement dans cette province», a déclaré M. Wall. «Cela change la donne. Les Québécois vont, à juste titre, avoir des questions différentes que les autres Canadiens », a-t-il poursuivi. «Il revient au promoteur [...] de se soumettre au processus de consultation, et de s'assurer de répondre à ces questions particulières, et uniques à certains égards, parce que la construction est ici.»
 
Rappel : En janvier, Brad Wall avait fait les manchettes en déclarant sur Twitter que les maires de la région de Montréal qui s'opposent au passage du pipeline devraient rembourser leur part de la péréquation, ce qui lui avait valu des accusations de «Quebec bashing». 
    Lorsqu'on lui a demandé jeudi s'il entendait aller de l'avant à ce sujet, il a simplement répondu «Non», sourire en coin. 
    M. Couillard a pour sa part affirmé qu'il avait informé M. Wall des sept conditions que son gouvernement a imposées à TransCanada pour qu'il autorise le projet, et de la démarche qui a été convenue pour la suite des audiences du BAPE. 
    Le chef du gouvernement a par ailleurs déclaré que la décision du chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, de s'opposer au projet Énergie Est constitue un élément «très significatif», qui est «important dans l'histoire de ce projet» et qu'il convient de ne «pas minimiser». 
    D'une part, il est «obligatoire» de consulter les Premières Nations pour ce projet, a-t-il précisé. D'autre part, le Canada vient d'appuyer la Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones, qui reconnaît «la notion de consentement libre et éclairé» des peuples autochtones pour des projets de développement. M. Wall a dit être au courant de cette déclaration, mais s'est borné à dire qu'il faut «reconnaître l'importance» de respecter les Premières Nations dans le processus d'évaluation en cours.
 
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ICI Radio-Canada Info – La construction du pipeline Énergie Est menacerait l'approvisionnement en eau potable de plus de 5 millions de Canadiens qui vivent dans des «zones à risque». C'est la conclusion d'un rapport publié par plusieurs groupes, dont Greenpeace et Équiterre. 
    Les auteurs de l'étude soutiennent que près de 3000 plans d'eau dans plus de 24 régions municipales pourraient être directement affectés par un déversement. Selon eux, une simple fuite pourrait «contaminer les sources d'eau potable pendant des années». 
    Le rapport affirme qu'au total, 5,1 millions de Canadiens vivraient dans des zones menacées par un éventuel déversement, dont 3,2 millions au Québec, un million en Ontario, 676 613 au Manitoba et 130 679 au Nouveau-Brunswick. 
    Près de 2,9 millions de résidents seraient dans des zones à risque situées dans la grande région de Montréal, où le fleuve St-Laurent, les rivières des Prairies, des Mille-Îles et la rivière L'Assomption, entre autres, sont menacés. 
    Un danger pour les écosystèmes – Le projet d'oléoduc Énergie Est de 4600 kilomètres vise à acheminer quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux albertains jusqu'à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. 
    Les auteurs rappellent que le bitume dilué que transporterait l'oléoduc pourrait causer d'importants dommages environnementaux en cas de déversement.
 
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(1) Hydrocarbures Anticosti est une société en commandite créée dans le but de réaliser des travaux exploratoires sur l'île d'Anticosti. Ressources Québec, une filiale d'Investissement Québec, en est propriétaire à 35 %, tandis que Pétrolia, Maurel & Prom et Corridor Resources possèdent chacune 21,67 % des parts.
 
(2) Dans un tweet, Brad Wall invitait les Québécois à rembourser poliment leur part des 10 milliards de dollars en péréquation qu'ils reçoivent des provinces de l'Ouest. Il avait ajouté dans une publication Facebook qu'il s'agit d'un «jour triste» quand une province qui tire part de sa position dans le pays se montre aussi «bornée» à rejeter un projet avantageux pour l'ensemble du Canada. Il ajoutait que le transport du pétrole par pipelines est plus sécuritaire et plus respectueux de l'environnement que le transport par voie ferroviaire. [Le disque rayé préféré des pro-pétrole.]

13 juin 2016

Séparation de la Planète et de la Religion


Voilà à quoi ressemblerait Abraham en 2016 s’il essayait de tuer son fils en prétendant que Dieu le lui a ordonné.

“I believe in separation of religion and planet.” 

«Le succès de la religion est proportionnel à l’échec de l’éducation.» 

(Via The Godless Utopia)

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Par solidarité avec les victimes (toutes catégories) du fanatisme idéologique, politique, religieux, socioculturel...

«Il arriva que le feu prît dans les coulisses d'un théâtre. Le bouffon vint en avertir le public. On pensa qu'il faisait de l'esprit et on l'applaudit; il insista; on rit de plus belle. C'est ainsi, je pense, que périra le monde: dans la joie générale des gens pleins d'esprit qui croiront à une farce.» ~ Kierkegaard (Displamata

«Le déluge n'a pas réussi, il est resté un homme.» ~ Henry Becque

«Les religions ne sont que les trusts des Superstitions.» ~ Jacques Prévert

«J'ai renoncé à trouver un sens à la phrase de Malraux : «Le vingt et unième siècle sera religieux ou ne sera pas», et je ne crois pas qu'elle en ait un. En effet, religieux ou pas, le vingt et unième siècle sera. Mais il risque (et en cela Malraux pourrait avoir raison) d'être plus religieux que le vingtième, dans lequel les idéologies avaient pris en partie la place de la foi pour justifier le besoin humain d'exterminer des mécréants, et de s'en inventer s'il le faut.» ~ Jean-François Revel (Mémoires

«Nous sommes empoisonnés de religion. Nous sommes habitués à voir des curés qui sont à guetter la faiblesse et la souffrance humaines, afin d'achever les mourants d'un coup de sermon qui fera réfléchir les autres. Je hais cette éloquence de croque-mort. Il faut prêcher sur la vie, non sur la mort; répandre l'espoir, non la crainte; et cultiver en commun la joie, vrai trésor humain. C'est le secret des grands sages, et ce sera la lumière de demain. Les passions sont tristes. La haine est triste. La joie tuera les passions et la haine. Mais commençons par nous dire que la tristesse n'est jamais ni noble, ni belle, ni utile.» ~ Alain (Propos)

«Chez moi, c'est l'esprit scientifique qui a détruit la croyance en Dieu; et je pensais qu'il la détruirait de même chez tous les hommes. J'aurais aussi cru, a priori, que les deux guerres mondiales auraient nui aux religions; on aurait pu penser que Dieu, s'Il existe, ne les aurait pas permises. C'est le contraire qui s'est produit. En présence de ces catastrophes, on a écouté les voix qui bercent la misère humaine plutôt que celle de la raison.
   Et pourtant je crois encore que la science finira par nuire aux religions, mais pas comme je l'avais cru d'abord, en démontrant vraiment que Dieu n'existe pas. Mais le développement de l'esprit scientifique amènera de plus en plus les hommes à réexaminer sans cesse les fondements de leurs croyances, et à ne pas croire aveuglément ce qu'on leur a appris dans leur enfance. Il faudra «reconsidérer» les religions, et il me paraît fatal qu'elles résistent mal à ce perpétuel examen. Combien de temps durera leur décadence? Faudra-t-il quelques générations ou quelques siècles? Je ne sais pas.» ~ Paul Lévy, mathématicien 

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Un bouddhiste, un hindouiste et un catholique se retrouvent dans un débat.

Le bouddhiste chante la paix et la compassion.
Les autres lui répondent :
«C'est merveilleux. Si ça marche pour vous, c'est fantastique».

L'hindouiste célèbre l'enseignement subtil de Krishna.
Les autres lui répondent :
«C'est merveilleux. Si ça marche pour vous, c'est fantastique».

Le catholique célèbre Jésus et la vie éternelle.
Les autres lui répondent :
«C'est merveilleux. Si ça marche pour vous, c'est fantastique».
Mais le catholique s'énerve :
«La question n'est pas que ça marche pour moi, car c'est la vérité universelle, et si vous n'y croyez pas vous finirez tous en enfer!» 
Et les autres lui répondirent :
«C'est merveilleux. Si ça marche pour vous, c'est fantastique».

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Distributrice de chewing-gun bulletson se fait les dents...



Il n'y a pas de chiffres officiels sur les ventes d'armes aux États-Unis, ni de registre sur les propriétaires. La possession d'armes à feu est vue comme un droit constitutionnel qui ne saurait être restreint d'aucune façon. Cependant, on estime que le nombre total d'armes à feu (tant licites qu'illicites) possédées par les civils ou disponibles pour la vente est d'environ 310 millions.

Quoi?! : Le fusil d'assaut AR-15, utilisé par Omar Mateen dans une discothèque d'Orlando ce week-end, est actuellement désigné arme à autorisation restreinte au Canada. Or, une pétition lancée en janvier dernier sur le site Internet du Parlement canadien réclame que l'arme soit désignée «sans restriction» par le ministère de la Sécurité publique. Depuis janvier, plus de 25 000 personnes l'ont signée. (ICI Radio-Canada Info)

GMO popcorn brain:
“Sorry losers and haters, my IQ is one of the highest – and you all know it! Please don’t feel so stupid or insecure; it’s not your fault.” (Donald Trump)



Don’t worry, we won’t.

10 juin 2016

Un registre des «pitbulls»?

Les animaux de compagnie captent et interprètent nos états émotionnels. Si nous avons peur, les chiens le ressentent et imitent notre peur. Si nous sommes agressifs, ils imitent notre agressivité. Il faut donc apprendre à réguler ou décanter nos propres émotions si l’on veut que le chien se comporte autrement, car si nous sommes la plupart du temps tranquilles et pacifiques, en général il nous imitera. Le chien perçoit sa famille humaine comme sa meute et se conduit selon le modèle du clan.

Parenthèse
C’est pareil avec les enfants. Quel exemple leur donnons-nous? Haine? Violence? Agitation? Douceur? Tranquillité? Affection? Il y a des enfants qui mordent! L’éducation/imitation joue un rôle crucial en bas-âge; voilà pourquoi j’ai déjà recommandé que les couples passent des tests d’intelligence émotionnelle avant de se reproduire...
Fin de la parenthèse

Bien entendu, un chien peut présenter des tares comportementales génétiques, tout comme les humains, et il faut donc en tenir compte. Même si ce n’est pas l’unique cause du comportement agressif, il n’en reste pas moins que si quelqu’un achète un chien génétiquement modifié pour être hyper agressif, il pourra difficilement modifier le comportement social de ce dernier. Le maître devra le garder constamment à vue et en laisse.

On entend les gens comparer les chiens aux armes à feu : «il n'y a pas de chien dangereux, il n'y a que des mauvais maîtres». L’argument pro-armes est boiteux au départ – le révolver n’a pas le potentiel meurtrier d'une mitrailleuse – et c’est la même chose pour les chiens. Un internaute me faisait remarquer que mon argument est fallacieux. En effet, tuer au révolver ou à la mitrailleuse, c'est tuer; sauf que la quantité de victimes risque d'augmenter dramatiquement avec une arme automatique. Alors, disons simplement que tous les chiens n'ont pas le même degré de dangerosité - la morsure d’un Yorkshire ne causera pas les mêmes dommages que celle d’un chien dont la masse corporelle et la mâchoire sont plus imposantes et puissantes.

On sait très bien que des biologistes sans conscience sont capables de sélectionner des gènes spécifiques pour concocter des races d’animaux complètement abrutis, tarés, déformés. La production en usine de races dangereuses devrait-elle être réglementée? «Il faut aussi dénoncer l’existence d’élevages irresponsables et de mauvais traitements envers les animaux qui contribuent à augmenter la population canine ainsi que la production d’animaux au comportement déficient qui peuvent présenter un risque pour la population. Il faut trouver des solutions visant à éliminer ces élevages non contrôlés d’animaux.» ~ Jean Lessard, éducateur canin


Usines à chiots (la réputation du Québec en ce domaine est épouvantable). Les «spécimens» rejetés sont vendus aux laboratoires de vivisection. Les chiennes porteuses une fois usées finissent dans les conserves de viande pour animaux. «Il n’y a aucune différence fondamentale entre les hommes et les animaux dans leur capacité de ressentir le plaisir, la souffrance, le bonheur et la tristesse.» ~ Charles Darwin 

Des chercheurs américains ont conclu que les Berger allemand et les Chow Chow présenteraient le plus de risques d’infliger des morsures nécessitant une consultation médicale. Selon l’étude du SCHIRPT, des 50 races de chiens ayant déjà mordu quelqu’un, les races plus fréquemment mises en cause sont le Berger allemand (40 fois sur 278 cas), suivie de l’épagneul Cocker (16 fois), du Rottweiller (16 fois) et du Golden Retriever (15 fois).

L’Institut français de veille sanitaire a analysé 480 cas de morsure (2011). Voici les quinze types de chiens qui mordent le plus selon cette étude :

Berger allemand 10 % des cas; Labrador 9 %; Jack Russell 6 %; Beauceron 3 %; Border collie 3 %; Boxer 3 %; Rottweiler 3 %; Berger belge 3 %; Braque 2 %; Cocker 2 %; Husky 2 %; Pitbull 2 %; Teckel 2 %; Épagneul 2 %; Yorkshire 2 %.

Il semble qu'en France, l’interdiction de certaines races a fait en sorte que les propriétaires qui recherchaient un chien reconnu pour son potentiel agressif ont jeté leur dévolu sur d’autres races, et même sur des chimpanzés réputés pour leur extrême agressivité!

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À propos des chiens qui mordent 

Qui a mordu, mordra...!
Par Danièle Mirat

Le chien n’est pas une mécanique agissant sans motivation au centre de ce qu’il vit, et proférer sans plus de nuance et réflexion qu’un chien qui a mordu remordra forcément est un raccourci bien affligeant. Alors pourquoi ne pas plutôt se questionner davantage sur un tel fait?
       Chien qui mord ou chien qui ne mord pas : il n’y a rien là de constant et d’inchangeable dans les conduites agressives de cet animal, ou dans leur absence d’apparition d’ailleurs. 
       Car tout chien peut en venir un jour à mordre, il suffit déjà pour cela qu’il ait peur ou qu’il ait mal. Et chaque fois qu’il sera remis dans les mêmes (ou proches) conditions où il avait motif à mordre… alors il y a risque qu’il remorde. 
       Voilà qui semble suffisant pour chercher à comprendre ce qui peut pousser un chien à une conduite agressive, pour veiller ensuite à ce qu’il ne soit plus mis dans les conditions qui l’y ont conduit. Dès lors ce chien ne remordra pas fatalement puisqu’il n’y sera pas motivé.

À mieux y regarder

La peur, la douleur, une expérience antérieure traumatique, une mauvaise organisation des relations avec ses propriétaires… sont autant de raisons (parfois ajoutées) pouvant conduire un chien à mordre. 
       Revisiter chaque conduite agressive en la replaçant dans son contexte, fait apparaître qu’on aurait dû mieux y regarder avant de cataloguer l’animal de méchant ou fou et mordeur à tout coup. 
       Cet examen minutieux n’est pas si simple et nécessite de bien connaître les codes de comportements sociaux des canidés, de remonter souvent jusqu’aux conditions de développement précoce de l’animal et d’évaluer le système relationnel que ses propriétaires ont mis en place dans leur cohabitation avec lui. 
       Cette recherche apporte une mesure de la plus ou moins grande tolérance de ce chien à vivre certaines situations. Car c’est bien de seuil de tolérance dont il s’agit et un exemple éclairera mon propos (exemple courant de la cohabitation avec un chien et qui peut prendre un tour des plus dramatiques qui soient)

Ne jamais condamner sans comprendre

Vulcain n’a jamais vécu avec des enfants (ni dans son élevage, ni chez ses propriétaires) et les approches souvent un peu brusques et trop facilement démonstratives des bambins du quartier ou chez les amis, ne le rassurent vraiment pas. 
       Un petit enfant court, saute, crie, lance des objets… C’est ainsi qu’il apprend la maîtrise de l’espace et des choses : c’est normal. C’est aussi parfois de cette manière qu’une brusquerie enfantine déclenche une peur chez le chien. 
       Petit enfant on découvre, on touche, on tire, on tente… C'est ainsi qu'on apprend et qu'on identifie : c'est normal. C'est aussi parfois de cette manière qu’un animal est harcelé. 
       Devant ces situations, un chien peut commencer par menacer, d’abord de manière discrète (oreilles baissées, grognements) puis de façon un peu plus significative (museau froncé, dents découvertes) : ce qui est tout aussi normal. Si l'enfant comprend la menace et en tient compte en cessant de s’agiter et en s’éloignant, tout peut bien se passer.
       Mais un très jeune enfant ne sait pas encore reconnaître les menaces dans les différentes expressions du chien, et comme il ne modère pas ses actions, l’animal peut alors passer des menaces à l’agression avec morsure. 
       Gageons que face à un bambin qui crie fort ou gesticule et le malmène un peu, Vulcain réagira plus vite par des grognements et peut-être une morsure (pour calmer cette agitation enfantine) qu’un de ses congénères qui n’a pas peur du chahut de gamins dont il supporte mieux les débordements. 
       Cela dit, n’importe quel chien et y compris le plus habitué, n’a pas à endurer les agaceries d’enfants qui ne respecteraient pas, par exemple, son repos ou sa gamelle! 
       Le plus permissif et le plus paisible des chiens peut légitimement vouloir faire cesser un abus, et cela en grognant et en mordant si sa menace n’est pas entendue, car il n’est pas supposé devoir tout supporter. 
       C’est aux parents d’apprendre à leur enfant le respect d’un animal et à ne jamais les laisser seuls sans surveillance.
       Toute conduite agressive d’un chien ne doit donc pas être considérée comme un comportement isolé, mais comme un élément d’une situation toute entière, qu’il convient toujours de chercher à comprendre.
       Considérer par exemple qu’un chien «a simplement mauvais caractère» quand il grogne (souvent ou même occasionnellement) c’est déjà se voiler la face et s’exposer à une agression par morsure au moment où l’on ne s’y attendra pas. 
       Par contre, si l'on s'interroge sur ce qui peut incommoder l’animal qui menace de la sorte, on se protège d'une première ou nouvelle morsure dans les mêmes circonstances, et l'on participe à rendre fausse l’assertion selon laquelle: un chien qui a mordu, remordra…

Réactions de peur

Les approches avec déplacements rapides et les cris des enfants peuvent faire peur à un chien peu habitué à leur présence. De même leurs étreintes spontanées et embrassades maladroites peuvent être vécues comme des blocages insupportables, qui conduiront l’animal à mordre pour faire cesser cette situation contraignante. 
       Sa capacité à s’adapter (voire se plier) à ces comportements qui ne lui sont aucunement familiers, ne sera pas aussi grande que celle d’un de ses congénères habitué à mieux gérer sa cohabitation avec des enfants.

Enfants (et adultes aussi) : une nécessaire mise en garde

Nous devons tous ajuster nos contacts à la familiarité dans laquelle on est (ou pas) avec un chien, à sa morphologie robuste ou délicate, ainsi qu’à son âge (un chien délicat ou âgé peut réagir vivement sous la douleur d’une simple caresse). 
       Sur tous ces aspects, les enfants doivent tout particulièrement être mis en garde précocement et pas question d’aller caresser le chien du voisin et encore moins étreindre un chien croisé en balade comme celui de la famille! 
       L’absence de toucher et l’approche neutre mettent adulte ou enfant à l’abri des morsures pour aborder les chiens peu ou pas connus (surtout les plus craintifs!) La plus grande réserve ou neutralité est préférable en attendant de savoir si l’animal est confiant ou craintif d’une part, et bien sûr s’il est animé lui-même d’une envie d’entrer en contact ou pas.

http://www.communicanis.com/chienquiamorduremordra.html

 

3 juin 2016

La terre répond

Avec les moyens dont elle dispose – l’eau, le feu, l’air et le sol.

Alors qu’on s’inquiète de la pollution croissante de nos rivières, notamment à cause des produits toxiques utilisés en agriculture, le gouvernement nous rabâche les oreilles avec sa prétendue impossibilité de contrôler les lobbies des pesticides (qui, il faut le dire, utilisent des  techniques d’intimidation similaires à celles de la mafia : «si tu ne fais pas ce que je te dis, je te ruine ou je te tue»). 
   Le gouvernement du Québec emploie moins d'agronomes qui peuvent aider les producteurs à trouver des solutions alternatives pour protéger les cultures. Leur nombre dans la fonction publique provinciale a chuté en quelques années. Ils étaient 445 dans la fonction publique provinciale en 2010, ils n'étaient plus que 351 en 2014. Québec a aussi considérablement réduit ses subventions dans les programmes de recherche de solutions plus écologiques. «L'industrie te pousse toujours à être plus performant, à sortir le plus de rendement, à avoir les champs les plus propres possible.» ~ Heidi Asnong, agricultrice
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/National/2015/10/21/001-pesticides-quebec-agriculture-rivieres.shtml

Les Grands Reportages OGM, vers une alerte mondiale (Tout savoir)
https://www.youtube.com/watch?v=dFN27TkwLlw



Imaginez la potentielle association morbide entre Monsanto et Bayer... ouch! Autant se jeter en bas du pont Jacques-Cartier tout de suite. Rien à l’épreuve de ces psychopathes : on teste l’intégration de gènes humains non seulement dans les plantes, mais dans les animaux, comme les chèvres par exemple! 



Il est nécessaire que le Québec bannisse ces pesticides et se dote d’un plan d’action sérieux, maintenant. En ce qui nous concerne il est nécessaire de réaliser que chacun de nos achats a des conséquences politiques et environnementales.

Christian Vélot, docteur en biologie :

«Lors de mes nombreuses conférences grand public sur les OGM une question revient de façon récurrente : ‘Nous citoyens, que pouvons-nous faire à notre échelle?’. Face aux OGM, aux pesticides, aux engrais chimiques et autres merveilles de l'agriculture intensive, c'est souvent le sentiment d'impuissance qui prédomine, l'impression d'être totalement démuni face à une machine infernale qui place le respect de l'environnement et la santé publique à la remorque des intérêts financiers de l'agro-industrie. Et pourtant, comme le disait très justement Coluche: Il suffirait que les gens n'en veuillent pas pour que ça ne se vende pas’
       Non, nous ne sommes pas démunis et notre levier d'action ne se résume pas à glisser un bulletin dans l'urne tous les cinq ou six ans. Chacun d'entre nous a un pouvoir immense, au quotidien : ‘celui qui consiste à décider de ce qu'il consomme’. C'est en passant du rôle de consommateur à celui de consom'acteur que nous pouvons renverser la vapeur. En boycottant les produits hors-saison, en faisant la démarche d'acheter ceux issus d'une agriculture respectueuse de l'environnement et de la biodiversité, c'est-à-dire des produits de qualité garantis, sans ces poisons que sont les pesticides. Consommer bio, ce n'est pas seulement préserver sa santé, c'est aussi préserver celle de notre planète.
       En devenant consom'acteur, la consommation se transforme en acte militant qui ne demande aucun engagement personnel, aucune appartenance à une quelconque organisation. C'est un acte individuel mais d'une efficacité redoutable, car justement à la portée de tous. À condition néanmoins d'être suffisamment informé pour ne pas être trompé sur la marchandise. C'est la mission que se donne ce livret. Il constitue un fantastique outil pour soutenir et promouvoir l'agriculture biologique et pour que continue ainsi à se développer la résistance face à tout ceux qui, au nom des profits à court terme, sont prêts à sacrifier la santé des consommateurs et d'hypothéquer les générations futures.» Livret Biosom'acteurs, La bio en question, 25 raisons de devenir bio consom'acteur, janvier 2009



Pour mieux comprendre la chaîne OGM (l’affaire Seralini)
https://www.youtube.com/watch?v=2b3p6mw0ohA

Marketing de la viande de bœuf : une affaire de «virilité»...
Reportage de Jutta Pinzler diffusé sur Arte. Ce documentaire traite des conséquences de l'industrie mondiale de la viande. On oublie totalement que les animaux sont des êtres vivants et non de simples produits. Sans parler des abattoirs. Et pour nourrir ces animaux qui fourniront les 40 millions de tonnes de viande produits chaque année, l'Europe doit importer du fourrage, par exemple du Paraguay, où quelques gros producteurs profitent de ces commandes tandis que la majorité de la population subit les conséquences, parfois dramatiques, de l'utilisation massive des pesticides.
https://www.youtube.com/watch?v=5Xv1H81qy_Q

Réponse aux projets Anticosti, Plan Nord, Old Harry, Énergie-Est-Ouest, etc. :



L'homme détruit la planète, la faune, les forêts, pollue les océans, l'homme s'auto détruit, et il s'en moque!

Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme
Créée en 1990, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme œuvre pour un monde équitable et solidaire qui respecte la Nature et le bien-être de l’Homme. Elle s’est donné pour mission de proposer et accélérer les changements de comportements individuels et collectifs, et soutenir des initiatives environnementales en France comme à l’international pour engager la transition écologique de nos sociétés.
https://formulaires.fondation-nicolas-hulot.org/fra/osons/

Projet C-14 : de la bouillie pour les chats!

«Il faut avoir au moins une certitude : celle de rester maître de sa mort et de pouvoir en choisir l'heure et le moyen.» ~ Milan Kundera (La valse aux adieux)



Le projet C-14 est complètement dans le champ car il met de côté la décision de la Cour : la Cour suprême a invalidé l'article 241 du Code criminel qui interdit l'aide au suicide.

Or, dans son projet de loi C-14 le gouvernement fédéral propose sa sélection des circonstances où il serait permis de participer à la mort d'un individu, et seules ces circonstances strictes mettraient le personnel médical à l'abri des poursuites pénales. De plus, C-14 exclut l'aide médicale à mourir pour les mineurs matures et les personnes souffrant de maladies psychiatriques, ainsi que le consentement anticipé – pourtant validés par la Cour suprême. C’est là où le bât blesse : le parlement fédéral ne respecte pas les principes émis dans l’arrêt Carter de la Cour suprême et ne donne pas suite aux recommandations du Comité mixte spécial sur l'aide médicale à mourir.

L’AQDMD (Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité) a pour mission de faire reconnaître l’autonomie pour chaque personne majeure apte et ayant rédigé ses directives médicales anticipées (DMA) d’avoir, lorsque sera venu le temps, une fin de vie conforme aux valeurs de dignité et de liberté qui l’ont toujours animée et pour que soit respectée sa volonté personnelle d’avoir une aide médicale à mourir (AMM) quel que soit son état cognitif à ce moment. http://www.aqdmd.qc.ca/

Le projet de loi C-14 : une invitation aux défis juridiques

Par Dr David Amies (médecin retraité à Lethbridge, en Alberta, et membre du Conseil consultatif de  médecins, DWD Canada)
Le 24 mai 2016

Le gouvernement s’éviterait de graves maux de tête en amendant le projet C-14. Il semble bien que nous allons avoir une loi plutôt contraignante et insatisfaisante pour réglementer l’aide médicale à mourir. Il est difficile de connaître les détails précis des travaux internes du gouvernement, mais il semble que la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould et la ministre de la santé Jane Philpott aient été les principales meneuses derrière le projet de loi C-14. 

Le projet de loi est rédigé dans l'habituel et obscur jargon légal tant aimé du Parlement, rendant sa lecture très ennuyante. Cependant, certains points ressortent.
     Le Paragraphe 2C tente de faire la lumière sur ce que le gouvernement considère comme une «grave et irrémédiable» condition médicale : «une maladie, ou une invalidité ou un déclin qui cause […] des souffrances physiques ou psychologiques intolérables». Les mots importants à retenir : «d'ordre psychologique».
     Le Paragraphe 2D suggère que l’aide médicale à mourir devrait être disponible lorsque «la mort naturelle est raisonnablement prévisible». 
     Paragraphe 3G soutient que la période d'attente de 15 jours entre le moment de la demande d’aide médicale à mourir et son exécution devrait normalement être obligatoire, mais réduite si la mort semble imminente. 

Je ne suis pas avocat, mais je suis très capable de détecter les gros trous dans les arguments, dont les défenseurs professionnels se serviront comme locomotive.
     Le Paragraphe 2C suggère que la souffrance psychologique pourrait bénéficier de l’aide médicale à mourir, et pourtant, le projet de loi semble exclure les problèmes de santé mentale. Il semble y avoir une contradiction fondamentale ici. Une autre procédure rejetée parce que certains législateurs confondent maladie psychologique avec folie. Comme je l'ai dit ailleurs plusieurs fois, les personnes atteintes de psychose ont des épisodes de confusion où ils auraient de la difficulté à prendre des décisions importantes. En dehors de ces périodes, ils sont capables de prendre des décisions comme tout le monde. 
     Le Paragraphe 2D est une farce. Dans la vie, il n'y a qu'une seule chose inévitable : la mort. Si j’étais témoin de la naissance d'une fille en santé, je pourrais prévoir sa mort avec beaucoup d'exactitude simplement en consultant un tableau actuariel. Je pourrais dire la même chose d'un garçon de 10 ans, d'une femme de 50 ans, et ainsi de suite. Alors, que signifie une mort naturelle «raisonnablement prévisible»? L'inclusion de cette clause stupide dans la loi ouvre la porte toute grande aux essaims d’avocats. 
     Le Paragraphe 3G, concernant les périodes d'attente obligatoire, invite aussi aux débats juridiques. En fait, elle stipule que la période d'attente de 15 jours est obligatoire, mais que dans certaines circonstances, elle peut être plus courte. C'est un très gros «mais» –  tellement gros qu'on se demande comment cette clause a pu être incluse. 

Notons par ailleurs que les avocats fédéraux qui ont rédigé le projet de loi C-14 sont ceux qui ont perdu lors du jugement de l'arrêt Carter. Il est également très curieux que les gens qui ont été choisis pour siéger sur le Comité d’enquête sur l’aide médicale à mourir de l’ex-premier ministre Stephen Harper étaient ceux dont les opinions avaient été rejetées par les neuf juges de la Cour suprême. Il y a une étrange similarité de contextes. 
     C-14 sera vraisemblablement adopté par la Chambre des communes et le Sénat, où il pourra faire l'objet d'un examen plus approfondi et être modifié de plusieurs façons avant de revenir à la Chambre basse. Il est possible que le projet de loi final devienne plus généreux et moins restrictif que le projet initial. Toutefois, je crains que ce soit peu probable et je soupçonne que ses principaux pilotes vont faire en sorte qu’au Canada il soit difficile d’obtenir l’aide médicale à mourir à l'aide de toutes sortes de restrictions et d’obstacles. 
     Si cela devait être le cas, nous aurons raté une excellente occasion de soulager les grandes souffrances de beaucoup de gens qui seront finalement abandonnés à leur misère et à leur angoisse. Le projet de loi C-14, tel qu'il est, fournira beaucoup de travail à beaucoup d'avocats pendant plusieurs années à venir.

http://www.dyingwithdignity.ca/c14_challenge

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John Priddle : «Je me sens trahi par le projet C-14»

Par Rachel Phan
Le 28 mai 2016, DWD Canada

Un jour, l’Ataxie de Friedreich laissera John Priddle «piégé» à l'intérieur de son propre corps, incapable de parler ou de se déplacer et en proie à de la douleur chronique. Il sait qu'il n'y a aucun moyen d’empêcher sa maladie de progresser, et pour lui, l'aide médicale à mourir représente une option – une lueur d'espoir et une possibilité de contrôle – au milieu d’une situation incontrôlable. 
     Mais le projet de loi C-14 menace de priver Priddle de cet espoir, de trahir son désir de d’éviter ce sort, comme c'est le cas pour beaucoup d'autres Canadiens.
     Dans une vidéo (à voir absolument), Priddle – co-président de Dying With Dignity Canada à Victoria et membre du DWDC’s Disability Advisory Council – exprime franchement son indignation devant ce qu’il considère comme une insulte. Il veut que le consentement anticipé soit autorisé. «Si l’aide médicale à mourir est accessible, je peux au moins exercer un peu de contrôle sur les circonstances de ma propre mort. Je ne peux pas tricher avec ma maladie. Je ne peux pas la stopper, mais je pourrais mourir selon mes propres termes, non pas selon les termes de ma maladie.» 
     «Le projet de loi est vicieux. Honnêtement, à quoi pensent-ils? On exerce une discrimination envers les personnes handicapées ou qui, comme moi, sont en perte d’autonomie croissante, et même envers les gens physiquement autonomes mais atteints de maladies comme la démence. On ne respecte pas l'autonomie et l'autorité des individus qui souffrent.» 
     «L’aide médicale à mourir me donne l'occasion de vivre ma mort comme j’ai vécu ma vie», explique Priddle. «Tout au long de ma vie, j'ai été responsable et j’ai assumé mes choix, et tout ce que je veux, c'est de vivre ma mort de la même façon. Mais le projet C-14 ne me le permet pas.»

English video: http://www.dyingwithdignity.ca/john_priddle_video

«L'homme, bien qu'il soit lui-même mortel, ne peut se représenter ni la fin de l'espace, ni la fin du temps, ni la fin de l'histoire, ni la fin d'un peuple, il vit toujours dans un infini illusoire.» ~ Milan Kundera (Le livre du rire et de l'oubli) 

Les pires dans tout ça, ce sont les personnes financièrement démunies, sans famille ni réseau d’amis. Aucun moyen d’avoir de l’aide pour mettre fin à leurs jours si elles ne veulent plus être . Leur corps appartient à l'État.

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Aide médicale à mourir : doit-on permettre d'y consentir à l'avance?

Par Madeleine Blais-Morin
Le 24 mai 2016

Des voix s'élèvent pour permettre aux personnes qui savent qu'elles vont perdre leurs facultés mentales de faire une demande anticipée d'aide à mourir. Mais d'autres voix prônent la prudence.

Lorsqu'il a appris que le projet de loi fédéral sur l'aide médicale à mourir ne permettrait pas les demandes anticipées, Marcel Boulanger a été déçu. Le projet C-14 propose tout au plus d'étudier cette délicate question. Mais pour l'homme de 86 ans, médecin à la retraite, cofondateur de l'Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité, la réflexion est déjà toute faite. Depuis longtemps.


«Je ne veux pas me ramasser recroquevillé en chien de fusil dans un lit, dans un CHSLD. Non. Ça, je ne veux pas!» ~ Dr Marcel Boulanger (Photo : Benoit Roussel)

Ses directives anticipées

Dans un document écrit en 1998, il a fait part de ses volontés. Marcel Boulanger indique que s'il venait à perdre ses fonctions cérébrales, il voudrait qu'on interrompe tout traitement. Cette partie du document ne pose pas problème. Ce genre de directives anticipées est pratique courante. Mais il demande aussi qu'on mette fin à ses jours, par euthanasie, si un traumatisme ou une maladie dégénérative comme l'Alzheimer lui faisait perdre ses capacités intellectuelles. Une requête qu'il voudrait voir appliquée si elle devenait légale.
     «À partir du moment où vous êtes devenu un être qui cesse d'être vous, celui que vous avez été pendant 80 ans, vous pouvez bien rejeter ce qui reste d'os et de chair.» ~ Marcel Boulanger
     Mais demander l'aide médicale à mourir de façon anticipée n'était pas possible en 1998, ce ne l'est pas non plus aujourd'hui, et le projet de loi C-14 ne le permettrait toujours pas. Cela inquiète Marcel Boulanger.

Les adeptes de la prudence

Du côté de l'Association médicale canadienne (AMC), qui représente plus de 80 000 médecins du Canada, on prévient qu'il faut faire preuve de prudence avec les directives anticipées.
     La directrice de l'éthique à l'AMC, Cécile Bensimon, note que parfois, des patients qui émettent des directives médicales anticipées changent d'idée par la suite. «C'est pour ça que c'est problématique d'interpréter les souhaits antérieurs d'une personne qui ne peut plus donner son consentement. Et c'est pourquoi nous nous devons d'étudier cette question en profondeur.»
     Elle note que certains médecins font une distinction entre l'acte de mettre fin à des traitements et l'acte de l'aide à mourir.
     «Le gouvernement fédéral s'est proposé d'effectuer une étude approfondie sur ces questions dites "Carter-plus" et l'AMC est tout à fait d'accord avec cette approche. Nous préconisons depuis un certain temps d'adopter une approche prudente et mesurée.» ~ Cécile Bensimon

Torturé sur la façon de voter

Pour le député libéral de Madawaska-Restigouche, René Arseneault, C-14 ne va pas assez loin, mais représente tout de même un pas de géant.
     Le projet de loi exige qu'un examen indépendant soit lancé, au plus tard 180 jours après la date de sanction de la loi, non seulement sur les demandes anticipées, mais aussi sur les demandes faites par les mineurs matures et celles où la maladie mentale est la seule condition invoquée.
     René Arseneault était l'un des membres du Comité mixte spécial sur l'aide médicale à mourir, qui s'était prononcé sur ces questions. Il raconte que celle des demandes anticipées avait à peine posé problème. Ce comité recommandait de les autoriser sous certaines conditions.
     «Les deux enjeux qui nous ont infligé des tortures intellectuelles, c'étaient les mineurs matures et les personnes souffrant d'incapacités mentales ou intellectuelles avant diagnostic. Mais quelqu'un qui a la maladie d'Alzheimer et qui ne souffre pas de maladie intellectuelle préexistante, ça c'était clair, ça a fait quasiment l'unanimité.» ~ René Arseneault

La crainte des dommages collatéraux

Le sénateur Serge Joyal siégeait lui aussi au Comité mixte spécial sur l'aide médicale à mourir. Il craint que des personnes qui se voient refuser la possibilité de faire des demandes anticipées décident de se suicider lorsqu'elles sont encore capables de le faire.
     «Vous poussez les gens au suicide si vous n'aménagez pas le régime à l'intérieur duquel ils peuvent maintenir l'exercice de leur liberté jusqu'à la fin. Et c'est ça l'implication du consentement préalable. Ou encore, vous forcez les gens à inciter leur entourage à commettre un acte illégal.» ~ Le sénateur Serge Joyal 
     Marcel Boulanger n'exclut pas ce scénario.
     «Si je m'en viens tout croche, c'est pas fermé complètement, que je pourrais de façon réglée, déterminée, l'air de rien, disparaître. Ce n'est pas impossible. Je ne veux pas me ramasser recroquevillé en chien de fusil, dans un lit, dans un CHSLD. Ça, je ne veux pas ça!» ~ Marcel Boulanger

Témoignage du Dr Boulanger (vidéo) :
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2016/05/24/002-aide-medicale-mourir-consentement-prealable.shtml?isAutoPlay=1