13 janvier 2012

La poule aux oeufs d'or

Illustration: J-C Bauer

La poule aux œufs d’or
Par Jean de la Fontaine

(Inspiré de la fable d’Ésope ci-après)

L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
             Je ne veux, pour le  témoigner,
Que celui dont la poule, à ce que dit la fable,
            Pondait tous les jours un œuf d'or.
Il crut que dans son corps elle avait un trésor :
Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable
À celles dont les œufs ne lui rapportaient rien,
S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.
            Belle leçon pour les gens chiches!
Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus,
Qui du soir au matin sont pauvres devenus,
            Pour vouloir trop tôt être riches!

***
La femme et la poule
Par Ésope

Une femme veuve avait une poule qui lui pondait tous les jours un œuf. Elle s’imagina que si elle lui donnait plus d’orge, sa poule pondrait deux fois par jour, et elle augmenta en effet sa ration. Mais la poule devenue grasse ne fut même plus capable de pondre une fois le jour.

Morale : Lorsqu’on cherche par cupidité à avoir plus que l’on n’a, on perd même ce qu’on possède.

***
Parlant d’or … parlons de prêts

Ils* ne trouveront pas l’œuf en or dans leur nid. Leurs rugissements sont affolants, mais en réalité, ils ressemblent à des tigres édentés.

L’effacement de la dette est la seule façon de sortir du trou. Soyons lucides, aucun pays ne pourra rembourser (à des conditions qui relèvent de l'usure la plus outrancière) ceux-là mêmes qui ont creusé le gouffre; surtout qu’en réalité, ce sont eux qui possèdent déjà tout l’or et l’argent de la planète. C’est digne de l’Avare ou l’école du mensonge de Molière. 

Je me demande bien s’il y a de courageux gouvernants, présidents ou aspirants... qui auront l’audace de réclamer l’annulation de ces dettes ridicules? Compteur à zéro pour tous. Puisque de toute façon nous sommes insolvables, tous autant que nous sommes…

* À noter : ce "ils" ne vise pas une nation ou un groupe en particulier, il s'agit d'un ensemble, d'un système global dont la seule préoccupation est le gain et le profit.

Rappel : François Pesant

Photo François Pesant - affiche de l'exposition
http://www.tohu.ca/fr/activites/fiche.aspx?aid=442

À l'émission "C'est bien meilleur le matin", une chroniqueuse mentionnait que des ONG proposent que les recycleurs soient traités comme des employés de la ville, c'est-à-dire, qu'ils soient reconnus et salariés. De plus, on recommande que les recycleurs collectent les objets directement chez les citadins plutôt que de trier dans les immenses dépotoirs. Une alternative vraiment brillante... C'est probablement relié à l'initiative d'Albina Ruiz qui fait la promotion de cette nouvelle forme de recyclage en Amérique du Sud et en Inde; sa conférence : http://www.thersa.org/events/video/vision-videos/albina-ruiz

Rappel
L'industrie du recyclage à Delhi

Entrée gratuite.

Visites commentées par le photographe, samedi le 14 janvier à 11h et 13h.
Nombre de places limité.  

Conférence  présentée gratuitement le mardi 17 janvier à 19 h en présence de François Pesant (photojournaliste), Béatrice Vaugrante (Amnistie Internationale) et Karel Mayrand (Fondation David Suzuki).
Le nombre de places est limité et sur inscription seulement.
Réservation : billet@tohu.ca ou 514 376-TOHU (8648)
Du 11 janvier au 12 février 2012, tous les jours de 9 h à 17 h

À voir : http://www.francoispesant.com/

Compléments d'information à la fin de cet article : 
http://situationplanetaire.blogspot.com/2012/01/cervelle-decureuil.html

11 janvier 2012

Les voisins - Neighbours



Neighbours, par Norman McLaren, 1952
Production de l'Office National du Film du Canada

L'histoire de l'humanité en 8,6 minutes.
Ça commence à se gâter à peu près au bout de 3 minutes... hum.
Je n'ai jamais oublié ce film.  
Un petit rappel, étant donné qu'en ce moment ça sent la guerre à plein nez...

Parlant de cervelle



Un peu d'humour...

Didier Reinach a été conférencier à l’École nationale d’administration à Paris et chargé de cours à l’École Supérieure de Commerce d’Amiens (France). Il a travaillé en Europe, entre autres, pour des organisations comme Volkswagen, Chanel, le Crédit Lyonnais et au Canada pour Transcontinental, la BDC, Telus, Hydro-Québec, Desjardins, HEC Montréal et de nombreuses PME.

Co-auteur du livre Les Fabuleuses Richesses Économiques du Cerveau publié aux Éditions Émergences.

10 janvier 2012

Cervelle d’écureuil

Aujourd’hui, j’observais un écureuil traverser sur le câble électrique au-dessus d’un boulevard. On voit souvent ce phénomène maintenant. Je suppose qu’à force de voir leurs petits copains se faire écraser ils ont appris qu’il valait mieux emprunter un autre chemin pour éviter le roadkill. Et je n’anthropomorphise pas en disant cela… Ils sont capables d’apprendre, au même titre que nous. 


Alors, avant de rire de la cervelle des oiseaux, des écureuils et autres, nous ferions mieux de réévaluer notre propre cervelle supérieure. À chaque forme physique sa forme d’intelligence… l’une ne vaut pas mieux que les autres. D’autant que celle que l’espèce humaine privilégie me semble présenter de nombreuses lacunes.

«L’animal a cet avantage sur l’homme qu’il ne peut être sot.» ~ Victor Hugo

«Le jour où l’on comprendra qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte des les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires.» ~ Boris Cyrulnik

«Tout ce verbiage sur la dignité, la compassion, la culture ou la morale semble ridicule lorsqu’il sort de la bouche même de ceux qui tuent des créatures innocentes, pourchassent des renards que leurs chiens ont épuisés, ou même encouragent l’existence des combats de taureaux et des abattoirs. Toutes ces explications, selon lesquelles la nature est cruelle et donc nous sommes en droit d’être cruels, sont hypocrites. Rien ne prouve que l’homme soit plus important qu’un papillon ou qu’une vache. Je considère le fait d’être devenu végétarien comme la plus grande réussite de ma vie. Je ne prétends pas sauver beaucoup d’animaux de l’abattoir, mais mon refus de manger de la viande est une protestation contre la cruauté… Personnellement, je ne crois pas qu'il puisse y avoir de paix dans ce monde tant que les animaux seront traités comme ils le sont aujourd’hui.» ~ Isaac Bashevis Singer

“Animals are reliable, many full of love, true in their affections, predictable in their actions, grateful and loyal. Difficult standards for people to live up to.” ~ Alfred A. Montapert

“I ask people why they have deer heads on their walls. They always say because it’s such a beautiful animal. There you go. I think my mother is attractive, but I have photographs of her.” ~ Ellen DeGeneres

“I think I could turn and live with animals; they are so placid and self-contained… They do not lie awake in the dark and weep for their sins. They do not make me sick discussing their duty to God.” ~ Walt Whitman

Vous aimerez peut-être :
http://airkarma-mestengo.blogspot.com/2010/11/la-preeminence-sur-les-animaux.html

***

Si vous aimez les cervelles d’oiseaux : Serge Beaudette – des photos magnifiques et un parcours «naturaliste» exceptionnel  
http://www.pitpitpit.com/index.htm

J’ai mentionné ce photographe dans l’article suivant  
http://situationplanetaire.blogspot.com/2010/07/deux-pour-un.html

***

Ah, toute cette belle intelligence humaine perdue…

1. La guerre

Hier soir j’ai regardé le pseudo documentaire «Je veux voir» portant sur la reconstruction du Liban (d’après un scénario de Zeima Saab De Melero, réalisé par Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, avec Catherine Deneuve et Rabih Mroué; 2008). J’ai aimé la grande simplicité de ce film et ses silences qui parlaient très fort.

La scène où l’on transporte les matériaux de construction, la pierre et les objets (sauf la ferraille qui se vend bien) provenant des villes bombardés pour les décharger en bordure de mer est frappante. «Il est plus facile et rapide de démolir que de reconstruire», disait Rabih Mroué. 

Et alors, je n’ai pu m’empêcher d’imaginer les familles qui vivaient à l’intérieur des murs de ces maisons en ruine, dans leurs objets. Ce qu’un journaliste décrivait ainsi en 2007 :
«Mais, dans tout le Liban, les tonnes de gravats des vieilles toitures et des immeubles d’appartements sont méthodiquement soulevées et l’on retrouve en dessous des familles entières, se tenant dans les bras des uns des autres au moment de la mort, lorsque l’aviation israélienne écroulait leurs maisons sur eux.» 

Conclusion : le bilan macabre des conflits guerriers qui ont eu lieu partout sur la planète entre 1950 et 2007 se situerait autour de 85 millions de morts. En près de 60 ans! - même pas la durée moyenne d’une vie de babyboumeur!

Nous sommes des champions.

2. La main-d’œuvre des pays dits «émergeants»

Après avoir présenté Les réfugiés du climat à La TOHU en 2010, le photojournaliste François Pesant est de retour pour présenter son exposition L’industrie du recyclage à Delhi, du 11 janvier au 12 février 2012.

L’industrie du recyclage à Delhi, met à nu les conditions de vies de plus de 170 000 indiens qui vivent à la solde de 8500 tonnes des déchets à Delhi. Des images émouvantes qui reflètent la dure réalité de ces milliers de migrants défavorisés qui n’ont pour unique gagne-pain que la cueillette et le tri des ordures. Le photographe jette un regard sur les conditions de vies de ces «ragpickers», qui souvent vivent à même les dépotoirs, mais aussi sur l’industrie du recyclage en général, de la matière première, aux différents maillons de la chaine d’intermédiaires jusqu’à la revente des matériaux recyclés. Venez admirer la trentaine de clichés noir et blanc, qui explorent étape par étape ce problème grandissant des sites d’enfouissement à Delhi, mais également les effets néfastes qu’il entraine sur la population.

À voir : http://www.francoispesant.com/

Biographie
Amoureux de l’image, François Pesant développe tardivement un engouement à croquer sur le vif des scènes avec sa caméra d’amateur. La passion du jeune trentenaire devient sa profession, après un stage avec Jacques Nadeau, photographe émérite du Devoir. Il donne d’ailleurs avec ce dernier des cours de photographie de presse à l’Université de Montréal. Diplômé en sociologie de l’Université Concordia, il conjugue ce domaine d’expertise à celui de la photo en s’intéressant particulièrement aux enjeux de droits humains et environnementaux dont ses clichés sont un puissant témoignage.

Récipiendaire de plusieurs distinctions de renom à l’instar du Prix Lux (2009, 2010, 2011) et du Prix Antoine-Desilets (2010, 2011), François Pesant collabore avec plusieurs journaux et magazines notoires comme Le Devoir, La Presse, L’Actualité et The Walrus. Lors de son dernier passage à la TOHU en 2010 avec l’exposition Les refugiés du climat, il dévoilait des images bouleversantes de la vie quotidienne de refugiés environnementaux.

Conférence
Une conférence sur le sujet de l’exposition sera présentée gratuitement le mardi 17 janvier à 19 h en présence de François Pesant (photojournaliste), Béatrice Vaugrante (Amnistie Internationale) et Karel Mayrand (Fondation David Suzuki). Le nombre de places est limité et sur inscription seulement.

Encan silencieux
François Pesant s’associe à Amnistie Internationale pour offrir un encan silencieux de son travail. Toutes les œuvres présentées dans l’exposition seront mises en vente. La moitié des profits servira à financer les futurs projets de l’artiste et l’autre moitié financera les campagnes d’Amnistie Internationale.

Horaire
Du 11 janvier au 12 février 2012, tous les jours de 9 h à 17 h

Vernissage
Le jeudi 12 janvier 2012 dès 18 h
Réservation : billet@tohu.ca ou 514 376-TOHU (8648)

9 janvier 2012

Beauté de la pollinisation



Pendant que nous continuons de nous entretuer et de polluer au nom de la croissance économique, les esprits bienveillants qui gouvernent la nature continuent de créer de la beauté avec les moyens du bord, ceux qui restent. Pour combien de temps encore puisque les exterminateurs se multiplient?

Pas d’abeilles, pas d’insectes, pas de papillons, pas d’oiseaux, pas de pollinisation, pas de fleurs, pas de plantes, pas de champs, pas d’arbres. Pas de nourriture, pas d'eau. De l'alsphalte en masse. On nous balancera par hélicoptère des poches de foin OGM ou de riz au formaldéhyde par la tête.

Est-ce vraiment ce que nous voulons? Il y a moyen de prospérer autrement qu'avec les énergies fossiles et des inventions inadéquates. Passons à autre chose!

***
Jour d’expo des nouveaux modèles de voitures à Détroit. On est encore dans le luxe et le pétro-carburant par-dessus la tête. Hum.

De l’air, de l’air, donnez-nous de l'air!

Curieusement, j’ai reçu cette information pas plus tard qu’hier :

Le constructeur indien Tata Motors prévoit faire sillonner sa voiture à air comprimé, Mini Cat, dans les cités indiennes en aout 2012. La voiture couterait environ 365,757 roupies (soit 8177 $).

La Mini Cat est un véhicule urbain léger, avec châssis tubulaire et carrosserie en fibre de verre. Un microprocesseur contrôle toutes les fonctions électriques de la voiture.

Selon les concepteurs, il en coute moins de 50 roupies par 100 km, soit à peu près un dixième du cout d'une voiture fonctionnant au gaz. Son kilométrage est presque le double de celui de la voiture électrique la plus perfectionnée. Sa vitesse de pointe est de 105 km heure (ou 60mph) et aurait une autonomie d'environ 300 km (ou 185 miles).

Comme il n'y a pas de moteur à combustion, le changement d'huile (1 litre d’huile végétale) se fait à intervalle de 50 000 km (ou 30,000 miles). Cette voiture requiert un minimum d’entretien.
Mignonne la p'tite...

Informations datant de 2007 :
20 mars
Le groupe indien Tata parie sur le moteur à air comprimé français

Tata Motors est aujourd'hui le leadeur indien en matière de recherche automobile, le premier vendeur de véhicules à usage commercial et le second en ce qui concerne les particuliers. Le groupe a signé récemment un accord avec un groupe français, le groupe MDI, qui développe depuis 1998 un moteur à air comprimé.

L'air comprimé sert de carburant dans le moteur, même si le terme de carburant est en fait abusif puisqu'il n'y a pas de combustion. Le principal avantage de ce moteur est qu'il ne rejette que de l'air en sortie, la pollution émise durant le processus est celle qui correspond à l'opération de pressurisation de l'air, ainsi que celle correspondant à l'entretien des filtres.

Or, l'opération de pressurisation peut être réalisée avec de l'énergie électrique, bien moins polluante que les énergies dérivées du pétrole. Par ailleurs, le système est avantageux par rapport à un véhicule électrique puisqu'il n'est pas nécessaire de produire une batterie, élément dont le recyclage est toujours problématique. Le gain écologique est indéniable, mais si cette technologie végète un peu depuis quelques années, c'est principalement pour des raisons économiques, et à cause d'un développement technologique qui n'a jamais réellement pu être finalisé pour des raisons financières.

C'est donc un des enjeux majeurs de cet accord que de parvenir à réaliser un véhicule suffisamment autonome et rentable. Tata Motors va donc soutenir la fin du développement et l'optimisation de la technologie pour une application sous licence en Inde.

8 février
Guy Nègre, le créateur de la société MDI en 1990 et l'inventeur d'un modèle de véhicule à air comprimé, a annoncé qu'un accord entre sa société et le constructeur automobile indien Tata Motors avait été conclu pour la future commercialisation d'un modèle doté d'un moteur à air comprimé. En fait, c'est un moteur propre utilisant de l'air comprimé comme carburant, c'est le "zéro pollution" assuré. Tata Motors s'impliquera dans le développement de cette technologie française déjà utilisée sur la MiniCat. Le fonctionnement? Le réservoir se recharge sur une simple prise électrique en 4h pour un cout de 1,50 euros et permet une autonomie de 150 km. Elle se penche actuellement sur une pompe à air comprimé, ce qui permettrait de faire un plein du réservoir en 3 minutes chrono pour un cout d'environ 2,50 euros.

En Inde, Tata Motors est n°1 sur le marché des véhicules commerciaux et n°2 sur le secteur de véhicules particuliers avec plus de 4 millions de véhicules immatriculés. Il est également le 5e constructeur mondial de camions de poids moyens et lourds et le 2e plus gros constructeur d'autobus.

Guy Nègre a déclaré :
"MDI travaille depuis de nombreuses années à la conception de moteurs respectueux de l'environnement. MDI est heureuse de conclure cet accord avec Tata et de travailler avec cet expérimenté et grand groupe industriel pour développer cette nouvelle et économique technologie ainsi que ses diverses applications sur le marché indien qui doit suivre maintenant une règlementation très stricte en matière de protection environnementale. Nous poursuivons le développement de notre propre concept industriel en licenciant dans les autres pays du monde, des petites unités de productions proches des marchés. Nous avons aussi développé cette nouvelle technologie pour d'autres applications où se combine l'économie en matière de couts dans le respect de l'environnement qui est notre priorité."

8 janvier 2012

Grains de sagesse


If you want to perceive
And understand objectively,
Just don’t allow yourself
To be confused by people.
Detach from whatever you
Find inside or outside yourself.
Detach from religion,
Tradition, and society,
And only then will you
Attain liberation.
When you are not
Entangled in things,
You pass through
Freely to autonomy.


~ Linji (d. 867)

[Si vous voulez percevoir
Et comprendre objectivement,  
Ne vous laissez simplement pas  
Troubler par les gens.
Détachez-vous de tout ce que vous trouvez
À l’intérieur ou à l’extérieur de vous.
Détachez-vous de la religion,
De la tradition, et de la société,
Et c’est seulement ainsi
Que vous trouverez la libération.
Si vous n’êtes pas
Empêtré dans ces choses,
Vous passerez
Librement à l’autonomie.]  

***
Préoccupe-toi davantage de ta conscience que de ta réputation.
Parce que ta conscience est ce que tu es, et ta réputation c'est ce que les autres pensent de toi... Et ce que les autres pensent de toi... c'est leur problème. 

***
Au cœur même de la prison de nos pensées, de notre absurdité, il y a un pays où nous ne sommes ni jeunes ni vieux, ni beaux ni laids. Une terre de joie et de liberté. Pour voyager dans ce pays, il faut perdre tous ses bagages, le sens de l’orientation et l’adresse de tous les hôtels.

~ Claude Leclerc
(La Sortie est à l'intérieur, Une invitation au voyage spirituel; Éditions du Roseau) 

***
Mind has no color,
Is neither long nor short,
Doesn’t appear or disappear;
It is free from both purity and impurity;
It was never born and can never die;
It is utterly serene.
This is the form of our
Original mind,
Which is also our
Original body.

~ Hui-hai (8th cent)

[L’esprit est incolore,
Il n’est ni long ni court,
Il n’apparait ni ne disparait;
Il est exempt de pureté et d’impureté;
Il n’est pas né et ne mourra jamais;
Il est absolument serein.
Voilà la forme de notre
Esprit originel,
Lequel est aussi notre
Corps originel.]

***
God is too fat to fit in any religion.
(Bump Art)

Comment: but small enough to fit in you...

***
I'd rather be a Could-Be if I cannot be an Are
Because a Could-Be is a May-Be who is reaching for a star  
I'd rather be a Has-Been than a Might-Have-Been by far  
For a Might-Have-Been has never been, but a Has was once an Are  

~ Milton Berle

***
What I have in my heart and soul must find a way out.
That is the reason for music.

~ Beethoven

6 janvier 2012

Mystère et boule de gomme

Ah, la réincarnation … tabou


***********************

Roger Woolger est décédé le 18 novembre dernier. Ce philosophe et psychologue jungien a consacré une bonne partie de sa vie à la recherche sur la réincarnation.

Ce superbe poème du poète persan Hafiz, ci-après, a été ajouté au communiqué annonçant son décès.

From: "The Subject Tonight Is Love"
(60 Wild & Sweet Poems of Hafiz translated by Daniel Ladinsky)


DEEPENING THE WONDER

Death is a favour to us,
But our scales have lost their balance.

The impermanence of the body
Should give us great clarity,
Deepening the wonder in our senses and eyes

Of this mysterious existence we share
And are surely just travelling through.

If I were in the Tavern tonight,
Hafiz would call for drinks

And as the Master poured, I would be reminded
That all I know of life and myself is that

We are just a midair flight of golden wine
Between His Pitcher and His Cup.

If I were in the Tavern tonight,
I would buy freely for everyone in this world

Because our marriage with the Cruel Beauty
Of time and space cannot endure very long.

Death is a favour to us,
But our minds have lost their balance.

The miraculous existence and impermanence of 

Form
Always makes the illumined ones
Laugh and sing.

~ Hafiz

Source : http://www.deepmemoryprocess.com/index.html

COMMENTAIRE

Vous trouverez ci-après divers liens au site de Roger Woolger. Nombreuses études de cas. Son œuvre a été traduite en plusieurs langues, notamment en portugais et en allemand, mais rien en français. Dommage.

Biographie et expérience: http://www.rogerwoolger.com/about.html

Vous trouverez sur cette page un diagramme du corps émotionnel avec les zones de blocages en liens avec les engrammes de vies antérieures qui influencent notre vie actuelle – à notre insu : http://www.rogerwoolger.com/pastlife.html 

Concernant la transition, c’est-à-dire, la mort :
http://www.rogerwoolger.com/pages/transitions.html 
Dans la bibliographie de cet article, Roger Woolger réfère au livre de Sogyal Rinpoche The Tibetan Book of Living and Dying. On reproche à Sogyal Rinpoche des pratiques sexuelles qu’on pourrait qualifier de désaxées – un équivalent des prêtres pédophiles, si l’on veut (il a déjà été poursuivi à ce propos). Certains ex disciples affirment par ailleurs qu’il ne serait pas l’auteur légitime de cet ouvrage.

Encore une fois, qu'on lise ou qu'on étudie n'importe quoi, il faut toujours user de discernement et éviter de mettre les gens sur un piédestal.


***
Autres sites d’intérêt au sujet de la réincarnation :

- Plusieurs témoignages d’enfants : http://www.childpastlives.com/

- Assez percutant comme témoignage d’enfant : http://www.soulsurvivor-book.com/

- Études de cas par Morris Netherton et Thomas Paul : http://www.pastlifetherapycenter.com/PastLife_Regression_Therapy_LA_NYC_News2_CaseStudy.html

- Quand je suis tombée sur ce site, après avoir écrit Air Karma, j'y ai trouvé des affinités de pensée :
http://vonward.com/  

- Dr. Ian Stevenson : http://www.near-death.com/experiences/reincarnation01.html

- Elisabeth Kübler-Ross : http://www.ekrfoundation.org/
Traduction en français, sous toute réserve : http://translate.google.com/translate?u=http://www.ekrfoundation.org/&sl=en&tl=fr&hl=en&ie=UTF-8

Comme j’ai fait mes études et recherches au sujet de la réincarnation en anglais – avant comme après Internet, il m’est difficile de recommander des sites en français.

***
Un de mes bestov – sans  rapport avec la réincarnation, mais utile pour qui veut regarder ses bobos en face - be your own therapist – et gratuit en plus ! :
http://www.helpself.com/book.shtml

Autre - concernant les défis actuels de notre civilisation : http://howardbloom.net/

***
I can relate... :


3 janvier 2012

Les nuages parlent

I'm just moving clouds today - tomorrow I’ll try mountains.
(Ashleigh Brilliant)

Impardonnable!
J’ai oublié de vous souhaiter … la paix, la paix, la paix.
Lumière dans l’ombre. 


A Dove in the Cloud over Concord, North Carolina, US.
Photographe : Lauren Antanaitis

Si vous avez envie de «pelleter des nuages» ou d’y voyager voici un site extraordinaire :
http://cloudappreciationsociety.org/

At The Cloud Appreciation Society we love clouds, we’re not ashamed to say it and we’ve had enough of people moaning about them. Read our manifesto and see how we are fighting the banality of ‘blue-sky thinking’.

*** 
Un poème qui s’harmonise à la vidéo envoyée en commentaire par Citoyen planétaire sur «L’harmonie».

Petits frères 

Peuple d’en haut
Au peuple d’en bas
Parlez maintenant
Parlez clairement
Parlez simplement
Que l’on vous entende bien

Petits frères, écoutez
Écoutez bien
Vous croyez au pire
Et le pire vous vient
La terre vous le dit déjà
Elle vous prévient
Faites mieux que ça
Vous êtes plus que ça

Petits frères
Comprenez bien
La vie attend, elle vous soutient
Dehors, le cri s’élève
Le cri libre et juste
De l’homme qui se lève

Assez, petits frères
Assez de larmes et de vacarme
Lâchez en vous l’esprit chagrin
Sans regrets, sans peur, quittez l’ancien
L’ancien se meurt de l’ignorance
L’ancien se meurt de sa souffrance
Créez le nouveau monde
Où l’amour est loi, ou vous êtes rois

Petits frères
Le cœur vous va si bien
Il vous éclaire
Unissez vous, créez le lien
Formez le cercle
Donnez vous la main

Éternellement à toi petit frère

Le peuple d’en haut

JCadic DZ
28 décembre 2011


1 janvier 2012

L’harmonie

Pourquoi ne pas commencer l’année sur le thème de l’harmonie. Il est de ces relations de couple qui facilitent la réalisation de soi mutuelle et où l’amour grandit au lieu de sombrer dans la rivalité ou l’indifférence. Des relations où, quels que soient les obstacles, il y a une compréhension et un soutien réciproques qui perdurent. En voici un exemple, un peu comme Émilie et Voltaire, Olivia et Mark Twain, et...  


The Great Hunt

I never knew any more beautiful than you:
I have hunted you under my thoughts,
I have broken down under the wind
And into the roses looking for you.
I shall never find any
greater than you.

~ Carl Sandburg, Chicago Poems, 1916

Karl Sandburg a écrit ces mots au sujet de son épouse, Lilian Steichen Sandburg, qui fut l'une des trois personnes les plus marquantes de sa vie.

Karl Sandburg (1878-1967)

Il a décrit la vie des Américains, en particulier celle des ouvriers – leurs soucis, leurs luttes et leurs rêves. Il a parlé de leur courage pour surmonter les difficultés et l'oppression. Sandburg croyait que la classe ouvrière avait un rôle déterminant dans cette Amérique qui était un leader de l’industrialisation.

Sandburg, fils aîné de parents immigrés, est né à Galesburg, Illinois, une ville de campagne. Ses explorations à Galesburg et au Midwest durant l'adolescence et à l’âge adulte allaient former l'homme qu'il est devenu. Au cours de ses explorations, il a rencontré trois personnes qui ont considérablement influencé sa vie : Phillip Wright Green, et Lilian et Edouard Steichen.

Durant ses années postuniversitaires, Charles Sandburg, s’impliqua de plus en plus pour faire connaître les défis de la classe ouvrière. Il travailla aussi au parti social-démocrate du Wisconsin en tant que conférencier pour convaincre les gens d’adhérer et de soutenir cette initiative. Au quartier général du parti, en décembre 1907, Charles Sandburg rencontra la femme qu’il cherchait, sa camarade, Lilian Steichen.

Lilian Steichen (1883-1966)

Fille de John Pierre et de Mary Kemp Steichen, d’origine Luxembourgeoise, Lilian naquit à Hancock, Michigan, le 1er mai 1883. Une américaine de la première génération, indépendante et intelligente. Après avoir gradué du Phi-Bêta Kappa de l'Université de Chicago en 1903, elle enseigna dans des lycées du Dakota Nord et d’Illinois pendant quatre ans.

Cette jeune femme était également membre du parti social-démocrate du Wisconsin; elle traduisait des œuvres littéraires allemandes en anglais. Elle participait souvent aux réunions du quartier général social-démocrate de Milwaukee.

Ils commencèrent à s’écrire pour partager leurs pensées sur le socialisme, la philosophie et la démocratie, et aussi leur poésie. Leur correspondance devenue amoureuse, ils décidèrent de se rencontrer à la ferme des parents de Lilian, au Wisconsin. Cette joyeuse visite fut marquée par deux découvertes significatives. D'abord, Charles et Lilian décidèrent de se marier, et deuxièmement, c’est ainsi que Carl rencontra la troisième personne marquante de sa vie, Edouard Steichen, le frère de Lilian, qui commençait déjà en 1908 à être connu dans le monde de l'art et de la photographie.

Source : http://www.nps.gov/carl/index.htm

The Poet and the Dream Girl
The love letters of Lilian Steichen and Carl Sandburg


Introduction (par leur fille Margaret Sandburg)

Extrait

Ces lettres révèlent la pensée de deux esprits forts et brillants, attirés l’un vers l’autre d’abord à cause de leur intérêt pour le socialisme, leur amour de la poésie, et la similitude de leur éthique et de leurs idéaux. Ma mère a détecté cela dans ses premières proses et poèmes [de Carl]. Ils ont tellement appris sur l'un et l'autre à travers ces lettres, pourtant il semble extraordinaire qu'ils aient eu si peu de contacts personnels. La visite de mon père à la ferme de Steichen à la fin de mars, au moment des vacances de ma mère, dura une semaine. Mais après cela, ils n’ont pu se voir qu’une seule fois avant leur mariage en juin.

(...) Les premières lettres ne sont pas vraiment des lettres d'amour. Ils apprenaient d’abord à se connaître, puis, nous les voyons devenir de plus en plus intéressées l'un à l'autre. Tandis qu'au début elle souhaitait simplement l'encourager dans son travail d'organisateur socialiste, les poésies qu'il lui envoyait l’étonnait et la ravissait. «Vous me faites découvrir la seule poésie qui puisse me satisfaire depuis que j'ai appris à penser 20e siècle» lui écrivit-elle. Il n'avait pas souvent rencontré cette sorte d'enthousiasme, même de la part de ses amis, et certainement pas des éditeurs à qui il avait envoyé ses poèmes. (...)

[Quand ils se sont rencontrés la première fois] selon ma mère, ils étaient complètement absorbées l'un par l'autre, parlant, prenant des marches pour être seuls, pour partager des confidences et se renseigner sur les projets, les expériences, les amis, et la famille de l'autre. (...)

[Carl] écrivit plus tard : «l’harmonie de nos idées, de nos projets et de nos fantasmes est une chose que je n’aurais pas crue possible avant de rencontrer cette femme merveilleuse.»

***
(Texte original anglais)  

The Great Hunt

I never knew any more beautiful than you:
I have hunted you under my thoughts,
I have broken down under the wind
And into the roses looking for you.
I shall never find any
greater than you.

~ Carl Sandburg, Chicago Poems, 1916

Carl Sandburg wrote these words about his wife, Lilian Steichen Sandburg, whom he met in 1907, and who was one of the three great influences in his life.

Carl Sandburg (1878-1967)

He wrote about all American people, in particular the working class, their concerns, struggles, and dreams. He wrote of their strength to overcome hardship and oppression. Sandburg believed that the working class was critical to America’s role as a leading industrial nation.

Sandburg, the oldest son of immigrant parents, was born in the prairie town of Galesburg, Illinois. His explorations of Galesburg and the Midwest through adolescence and early adulthood would forever shape the man he became. Through these explorations he would also meet three people who greatly influenced his life, Phillip Green Wright, and Lilian and Edward Steichen.

In Charles Sandburg’s post-college years, he became more involved and vocal in issues of the working people. He, too, worked for the Wisconsin Social-Democratic party as a lecturer, to convince others to become members and support its platform. At party headquarters in December 1907, Charles Sandburg met the woman he had been hunting for, his comrade, Lilian Steichen.

Lilian Steichen (1883-1966)

Daughter of John Pierre and Mary Kemp Steichen of Luxembourg, Lilian was born in Hancock, Michigan on May 1, 1883. She was a first-generation American, independent and intelligent. After graduating Phi-Beta Kappa from the University of Chicago in 1903, she taught high school in North Dakota and Illinois for the next four years.

This young woman was also an active member of the Wisconsin Social-Democratic party, translating German literature into English. She often attended meetings at party headquarters in Milwaukee.

They began to write letters to each other, sharing their thoughts on socialism, philosophy, democratic art, and sharing their poetry. Their letters became romantic and they planned a visit at Lilian parents’ farm in Wisconsin. This joyful visit was marked by two significant discoveries. First, Charles and Lilian decided to marry (renaming each other Carl and Paula); and second, Carl met the third great influence of his life, Lilian’s brother, Edward Steichen, who was already, in 1908, becoming well know in the world of art and photography.

Source: http://www.nps.gov/carl/index.htm

The Poet and the Dream Girl
The love letters of Lilian Steichen and Carl Sandburg

Introduction (written by their daughter Margaret Sandburg)

Excerpt

These letters reveal the thoughts of two fine, strong minds drawn to each other at first by their interest in socialism, then by their love of poetry and similarity of ethics and ideals. My mother recognized this in his early prose and poetry. They learned so much about each other from these letters, yet it seems extraordinary that there were so little personal contact. My father’s visit to the Steichen farm in late March, at the time of my mother’s spring vacation, lasted a week. But after that they were able to see each other only once before their June wedding.

(...) The first letters are not really love letters. They are just getting acquainted, and we see them becoming more and more interested in each other. While at first she meant only to encourage him in his work as a socialist organizer, the poems he sent surprised and delighted her. “You discover to me the only poetry that has ever satisfied me since I learned to think twentieth century thoughts,” she wrote. He had not often met with this kind of enthusiasm, even from friends, and certainly not from any the editors to whom he sent his poems. (...)

[When they first met] according to my mother, they were wholly absorbed in each other, taking, taking rambling walks so they could be alone, exchanging confidences, and learning about plans, experiences, friends, and family of the other. (...)

He wrote later, “The coincidence of our ideas and plans and whims is something I could not have believed till – the Wonder Women came.”