2 septembre 2012

Voter consciemment...


Être inconscient, c’est tout simplement ne pas savoir – réaliser – ce qu’on fait, c’est-à-dire être incapable d’évaluer la portée de ses actes.
~ Charlotte Joko Beck 
 
Le commentaire récent d’un lecteur (article) à propos de mon introduction (publiée en avril 2010), m’a donné envie d’en reproduire un extrait.
 
- Parce que c’était avant le PB Oil Spill, avant Fukushima, et avant plusieurs autres catastrophes qui se sont additionnées au gros lot. 
 
- Parce que notre superficialité continue de nous cacher la forêt.
 
- Parce que, quand on suit les méandres de l’équipe du SEDNA, l’on se rend bien compte que personne ne bouge le petit doigt. 
 
- Et qu’il faudrait peut-être en tenir compte au vote.
 
J’ai publié de nombreux articles sur ce blog. Ils reflètent ma perception du moment, et celle-ci a parfois changé par rapport à certains enjeux. Par contre, cette introduction reste valide pour moi – et de plus en plus d’ailleurs.
 
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Où en sommes-nous?
 
Soyez rassurés, ce blog ne sera pas sombre d’un bout à l’autre en dépit de la gravité du bilan de santé d’une planète qu’on pourrait croire en phase terminale. Nous sommes encore les propriétaires de notre tête, que je sache, et nous pouvons donc choisir ce que nous mettons dedans. D’ici la fin de cette civilisation en déclin, continuons d’utiliser notre créativité et cultivons l’humour; les arts et l’humour sont d’excellents antidépresseurs, beaucoup plus efficaces que le Prozac.
 
Néanmoins, il faut reconnaitre que regarder une biosphère en dérive s’écrouler sous notre nez est passablement lugubre. En résumé, le mépris et l’irrespect du vivant (humains, animaux, nature) ont atteint un paroxysme. La violence, la corruption et le déni culminent. Les hommes se sautent à la gorge les uns et les autres au moindre prétexte. Les vieux systèmes patriarcaux échafaudés sur le mensonge agonisent. Les tyrans politiques, financiers, religieux et scientifiques pullulent, de même que les petits dictateurs de l’entourage individuel – boulot, famille, etc. À l’heure actuelle, il y a des barbaries plus graves et qui tuent plus de monde que toutes les pandémies de grippe réunies; pourtant, aucun vaccin en vue… Sur l’échiquier du pouvoir, l’ultime bataille pour dominer la terre se joue entre quatre principales nations. Qui l’emportera : Dumpling, Pita, Bagel ou Burger? Par ailleurs, il va sans dire que les bizarreries climatiques, la surpopulation et la disparition rapide d’innombrables espèces et écosystèmes multiplient les problèmes; cela ressemble étrangement à un suicide collectif… inconscient.
 
Déjà dans les années 60, certains biologistes et scientifiques sonnaient l’alarme. Je pense notamment à Rachel Carson dont le livre Silent Spring prédisait que l'empoisonnement graduel et irréversible des écosystèmes rendrait la terre impropre à toute vie - merci aux hydrocarbures chlorés et organophosphorés! Son livre publié en 1962 aura 50 ans en 2012; étrange coïncidence, non? N'écoutant rien, nous avons continué de foncer dans le mur, la pédale de l’accélérateur collée au plancher. Avec le pétrole combiné au nucléaire, nous fonçons désormais vers l’extinction à la vitesse de la lumière. Et bien sûr, avant d’y aboutir, nous aurons détruit et siphonné la terre jusqu’au dernier centimètre carré. Aussitôt que des prospecteurs découvrent des mines et des gisements inexploités, tout le monde applaudit parce que cela signifie qu’on peut continuer, au moins pour un temps, à vivre de la même manière toujours sans se soucier des conséquences. Y a-t-il encore des humains assez naïfs pour croire que notre mode de vie barbare et archaïque (malgré toute la technologie, rien n’a changé sauf le décor) se poursuivra indéfiniment? À quoi sert une intelligence prétendument supérieure qui ne sert qu’à nous exterminer tous autant que nous sommes? Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas la sagesse qui nous tuera, et nous n'avons pas besoin d'une boule de cristal ni d'un calendrier Maya pour prédire un futur déjà présent...
 
Peut-on récupérer l’irrécupérable, décrotter l’indécrottable? La terre choisira-t-elle de balancer dans le cosmos les parasites qui l’ont outrageusement violée et dévastée? Est-elle écœurée des bains de sang et des massacres, lasse d’héberger des visiteurs qui ne songent qu’à l’exploiter et à perpétuer la guerre au nom du profit? Hum… un vrai suspense de série noire.
 
Parfois je me dis que nous ne méritons pas de vivre sur cette planète, et que si nous disparaissions massivement pour plusieurs centaines d’années, davantage si nécessaire, la terre pourrait bénéficier d’un extreme makeover. De grâce cependant, épargnons-lui l’Arche de Noé.
 
Et puis, selon une perspective élargie, toute cette folie déambulatoire ne serait-elle pas le signe qu’il est temps de passer à autre chose? Il n’y a pas de changement sans destruction de l'ancien, tel que l'insinue Jane Roberts à la fin de cet article.
 
Terminons ce bref tour d’horizon avec quelques textes choc, différents mais d’égale perspicacité. Je suis loin d’être convaincue que la peur de l’extinction suffira pour que l’humanité se mette au boulot comme le suggèrent Krishnamurti et Fred Varga. Une fois que nous serons tous égaux dans la dèche, à moitié ensevelis sous des boues de pétrole et des déchets nucléaires, pratiquerons-nous la coopération désintéressée? J’en doute. Comme dans Soylent Green ou The Road, la compétition et la prédation resteront la commune mesure.
 
Pour lire les extraits d’auteurs – visitez l’onglet «Introduction»
 

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