18 juin 2018

Ce monde où le respect des droits humains est une anomalie

Donald Trump a eu le culot de faire l’éloge du dictateur nord-coréen Kim Jong-un : «Il parle et son peuple se met au garde-à-vous. Je veux que mon peuple fasse la même chose». Les journalistes de la Maison Blanche l’ont interrogé aussitôt après son entretien avec Steve Doocy. Trump aurait rétorqué : «Je plaisantais, vous ne comprenez pas la moquerie.» Chine, Corée du Nord, Russie, un trio d'alliés menaçants que l’administration Trump ne veut sans doute pas se mettre à dos. «If you can’t beat them, join them», dit l’adage.


Vladimir Poutine a lui-même rendu hommage au dictateur nord-coréen : «C'est un homme politique tout à fait compétent et déjà mature», avait déclaré en janvier 2018 le président russe, lors d'une rencontre avec les rédacteurs en chef des médias russes. «Je pense que Monsieur Kim Jong-un a sans doute gagné cette partie. Il a résolu sa tâche stratégique: il a une charge nucléaire, un missile d'une portée globale – jusqu'à 13 000 km – qui peut atteindre pratiquement n'importe quel coin de la Terre, en tout cas n'importe quel coin du territoire de son probable ennemi», avait-il souligné.

Si nous avions sincèrement l’intention d’améliorer notre monde, il faudrait propager et appliquer les principes de la Charte de la Terre et de la Charte des Droits de l’Homme, sinon c’est foutu. Ils devraient être affichés dans les institutions gouvernementales, les écoles, collèges, universités, entreprises, etc.

Dans la Charte de la Terre, on dit :
   Nous nous trouvons à un moment déterminant de l’histoire de la Terre, le moment où l’humanité doit décider de son avenir. Dans un monde de plus en plus interdépendant et fragile, le futur est à la fois très inquiétant et très prometteur. Pour évoluer, nous devons reconnaître qu’au milieu d’une grande diversité de cultures et de formes de vie nous formons une seule humanité et une seule communauté sur Terre partageant une destinée commune. Nous devons unir nos efforts pour donner naissance à une société mondiale durable, fondée sur le respect de la nature, les droits universels de l’être humain, la justice économique et une culture de la paix. Dans ce but, il est impératif que nous, les Peuples de la Terre, déclarions notre responsabilité les uns envers les autres, envers la communauté de la vie ainsi qu’envers les générations futures.
   Les modes de production et de consommation qui prévalent actuellement causent des dommages considérables à l’environnement, l’épuisement des ressources et la disparition massive de nombreuses espèces. Les communautés locales sont affaiblies. Les bénéfices du développement ne sont pas partagés d’une manière équitable et l’écart entre les riches et les pauvres est de plus en plus grand. L’injustice, la pauvreté, l’ignorance et les conflits violents sont généralisés et causent de grandes souffrances. Une augmentation sans précédent de la population a surchargé les systèmes écologiques et sociaux. Les fondements de la sécurité planétaire sont menacés. Ces tendances sont dangereuses - mais non inévitables. 

Dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme on dit :
   Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,
   Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme,
   Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression, [...]
   Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande, [...]
   L'Assemblée générale proclame La Présente Déclaration Universelle des Droits de l'Homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des États membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.
   Article 3 Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
   Article 4 Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
   Article 5 Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
   Article 6 Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.
   Article 7 Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration ou contre toute provocation à une telle discrimination.
   Article 8 Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.


Les familles migrantes séparées choquent l’Amérique
Laurence Defranoux – Libération, 18 juin 2018

Depuis deux mois, le gouvernement Trump envoie systématiquement les immigrés illégaux en prison, et les mineurs en centre de rétention. Une application stricte de la loi américaine qui scandalise et déplaît jusque dans le camp républicain.

Photo : Getty Images

Saint Paul, qui selon la légende avait dû fuir avec ses parents les violences de l’armée romaine, a dû se retourner dans sa tombe. Jeff Sessions, ministre de la Justice américain, l’a appelé à la rescousse pour justifier la décision de séparer les enfants de leurs parents arrêtés à la frontière : «Je pourrais vous renvoyer à l’apôtre Paul et à son commandement clair et sage […] qu’il faut obéir aux lois du gouvernement, car Dieu les a décrétées afin d’assurer l’ordre.» Avant d’assurer : «Entrer illégalement aux États-Unis est un délit. […] Et avoir des enfants ne vous protège pas.» Depuis, on peut voir à la télévision des débats surréalistes où, Bible en main, les invités se demandent s’il est chrétien de parquer des enfants, parfois âgés de 2 ans, dans des centres de rétention surpeuplés.
   Chaque mois, plusieurs milliers de personnes tentent de pénétrer aux États-Unis par la frontière avec le Mexique, protégée par des clôtures et des obstacles naturels. Nombre d’entre eux fuient la violence qui ravage les pays d’Amérique centrale. D’après une loi déjà en vigueur sous le gouvernement Obama, ceux qui se font arrêter sont envoyés en prison dans l’attente de poursuites criminelles. Mais les autorités précédentes faisaient des exceptions pour ceux qui étaient accompagnés de mineurs, les relâchant avec une citation à comparaître. Une pratique qui, selon des membres du gouvernement Trump, encourageait les migrants à émigrer en famille aux États-Unis.


L’application de la loi est devenue systématique après que, le 7 mai, Jeff Sessions a déclaré que «le département de la Justice des États-Unis allait poursuivre chaque personne qui traverse la frontière du sud-ouest illégalement». «Si vous ne voulez pas que votre enfant soit séparé de vous, alors ne l’emmenez pas», avait prévenu le ministre. Depuis, les parents sont envoyés en prison et les mineurs, qui ne peuvent pas être emprisonnés, en centre de rétention. Selon des chiffres donnés en mai par Kirstjen Nielsen, secrétaire à la sécurité intérieure, le nombre de familles arrêtées à la frontière a bondi de 600 % par rapport au printemps précédent. Et rien qu’en six semaines, entre le 19 avril et le 31 mai, 1995 mineurs ont été séparés des adultes avec lesquels ils voyageaient.
   Depuis plusieurs jours, l’histoire d’un bébé encore nourri au sein séparé de sa mère, ou d’enfants soustraits à leurs parents sous prétexte de les envoyer à la douche, bouleverse l’Amérique. Les autorités nient que ces pratiques existent, et affirment «afficher parmi les plus hautes normes de détention du monde pour les mineurs».

Ancien supermarché

D’après le New York Times, «des milliers d’enfants ont été retirés à leurs parents à la frontière depuis l’an dernier [...], y compris une centaine de moins de 4 ans». En tout, environ 11 000 enfants, arrivés seuls ou non, se trouvent désormais répartis dans une centaine de centres de rétention des États-Unis. Le plus grand, qui compte 1500 garçons de 10 à 17 ans, est installé dans un ancien supermarché Walmart au Texas, les rayons transformés en dortoirs, les stationnements en terrains de sport et les quais de chargement en salle de cinéma. Débordé, le département d’État à la santé a annoncé, jeudi 14 juin, l’installation d’un village de tentes pour 360 jeunes dans la ville frontière de Tornillo. Un centre temporaire de rétention avait été également érigé en 2016 au Texas, sous la présidence Obama. Mais il servait à loger des familles de migrants.
   Faisant semblant de croire que la loi oblige à séparer les familles, Donald Trump, qui avait promis la «tolérance zéro» sur l’immigration durant sa campagne, a déclaré vendredi : «C’est horrible de devoir prendre les enfants. Les démocrates doivent changer leur loi.» Ajoutant un peu plus tard dans un tweet : «Les démocrates forcent la séparation des familles à la frontière avec leur programme législatif horrible et cruel.» Le président américain, qui avait fait de la lutte contre l’immigration clandestine le point fort de sa campagne électorale, compte sur le scandale pour faire voter sa réforme de l’immigration, toujours en discussion au Congrès.
   En mai, une polémique avait déjà éclaté quand un haut responsable avait révélé devant le Sénat américain que, sur 7635 mineurs arrivés seuls à la frontière et placés en foyers d’accueil, les services d’immigration avaient perdu la trace de 1475 enfants.
   Des pédiatres s’inquiètent des traumatismes vécus par les petits privés de leurs parents. Face à la position ultradure du gouvernement, de plus en plus d’élus républicains énoncent publiquement leur malaise. Ce à quoi la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a rétorqué en déclarant qu’il est «très biblique de faire respecter la loi».


Quelle bande d’abrutis dépourvus de coeur! Diable, la série The Handmaid’s Tale se concrétise de plus en plus.

Jeff Sessions (ou plutôt ses enfants -- le bonhomme ne doit plus être capable de se reproduire...) et Sarah Sanders pourraient être éligibles à un Darwin Award (Prix Darwin). [Les Darwin Awards saluent l'amélioration du génome humain en récompensant ceux et celles qui se sont accidentellement retirés du patrimoine génétique global en mourant à la suite de comportements particulièrement stupides de leur part. Les prix sont donc le plus souvent décernés à titre posthume, mais parfois aussi à des individus devenus stériles pour la même raison. Il y aussi une catégorie de prix «Numb Nuts».] http://www.darwinawards.com/ 

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Tent Cities to Imprison Child Migrants

Photo: John Moore / Getty Images. On comprend que cette photo ait fait le tour du monde. Je crois qu'il n'y a rien de plus triste et de plus révoltant.  

‘Despicable’: Outrage Over Trump's Plans for Tent Cities to Imprison Child Migrants
“U.S. authorities should focus on keeping families together, ensuring due process in asylum adjudications, and protecting the rights of children.”
By Julia Conley, staff writer https://www.commondreams.org/

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Exploitation abusive des ressources pétrolières en Alaska  

Complètement dingue. C’est peut-être l’histoire la plus folle de tous les temps :
Les compagnies pétrolières cherchent une façon de regeler temporairement le pergélisol (en train de fondre) afin de continuer à forer plus de pétrole... et le forage fait fondre le pergélisol! – également éligibles à des Darwin & Numb Nuts Awards. 

Photo : Mark Thiessen / AP. Des installations comme celle-ci sur le versant nord de l'Alaska sont conçues pour des conditions de gel. Mais comme le pergélisol dégèle, des entreprises créent de nouveaux produits pour aider l'industrie pétrolière à faire face.

[...] «Pour être honnête, le changement climatique est très bon pour notre société», déclare Ed Yarmak qui gère Artic Foundations et dont la moitié de son travail provient des compagnies pétrolières du versant nord. «Notre travail consiste à refroidir les choses.» Par ‘choses’ il entend le pergélisol qui recouvre le versant nord de l'Alaska.
   L'industrie pétrolière a construit un vaste réseau de pipelines et de bâtiments sur du pergélisol, et elle a toujours eu recours à l'ingénierie pour s’ajuster. Les opérateurs pétroliers utilisent le produit de Yarmak depuis les années 1970, mais il dit que la hausse des températures signifie qu’ils ont encore plus besoin de lui.
   «À mesure que le pergélisol dégèle, les portes ne ferment plus, le revêtement mural se fissure et les planchers ne sont plus au niveau. Les choses ne sont pas telles qu’ils les avaient planifiées.»

Oil Industry Copes With Climate Impacts As Permafrost Thaws
Elizabeth Harball | NPR June 11, 2018
Article intégral en anglais :
https://www.npr.org/2018/06/11/617240387/oil-industry-copes-with-climate-impacts-as-permafrost-thaws    

Dans le même filon : Le secret de Woody (Guthrie)

L’histoire se répète avec ses promesses de prospérité et de bonheur grâce au pétrole et autres industries qui tuent tout le vivant. On ne mise que sur le profit à court terme, et la terre n’a pas le temps de panser ses blessures!

Je lisais dans la biographie de Woody, qu’en 1920, un «boom d’or noir» à Okemah, avait fait en sorte que des milliers d’ouvriers, de spéculateurs et prospecteurs avaient envahi la petite ville fermière jadis paisible. Après quelques années, le forage pétrolier cessa soudainement et Okemah subit un dramatique revers économique qui laissa ses habitants «déçus, dégoûtés, plus pauvres et suspicieux».

La vidéo donne peut-être un aperçu de ce qui nous attend.

17 juin 2018

Changer notre culture est primordial

«Je viens de lire le quotidien. Je le fais chaque matin – sachant très bien que je vais y trouver les habituelles dépravations, bassesses, hypocrisies et cruautés qui font la civilisation; de sorte que je passerai le reste de la journée à implorer que la race humaine soit damnée. Mes prières ne semblent pas exaucées, mais je ne désespère pas.» ~ Mark Twain, Lettre à William Dean Howells, 1899

On doit cette perle d’ironie à Rita Rudner :
“Someday I want to be rich. Some people get so rich they lose all respect for humanity. That's how rich I want to be.”

“In an interview, the comedian and actor Jim Carrey talked about “getting to the place where you have everything everybody has ever desired and realizing you are still unhappy. And that you can still be unhappy is a shock when you have accomplished everything you ever dreamed of and more.” [...]
   In fact, as Carrey points out, in many ways achieving all your goals provides the opposite of fulfillment: It lays bare the truth that there is nothing you can purchase, possess or achieve that will make you feel fulfilled over the long term. [...]
   Most Americans are depressed, anxious or suicidal because something is wrong with our culture, not because something is wrong with them. Changing our culture is critical.” ~ Kirsten Powers (Bourdain’s suicide) USA TODAY June 9, 2018

Comment se fait-il qu’il y ait tant d’esclaves et de pauvres à travers le monde? Le documentaire The Tax Free Tour (Évasion fiscale) est clair et facile à comprendre pour les analphabètes en fraude fiscale mondialisée...


«Où les multinationales paient-elles leurs impôts, et combien paient-elles? La réalisatrice de Backlight, Marije Meerman («Quants» et «Money & Speed»), s'interroge sur les paradis fiscaux, les personnes qui y vivent et les moyens d'éviter les impôts à l'échelle mondiale. Ces itinéraires passent par des noms retentissants comme «Cayman Special», «Double Irish» et «Dutch Sandwich». Le monde financier opère dans l'ombre et dans le plus grand secret. Un milieu où des flux considérables de capitaux parcourent le monde entier à la vitesse de la lumière afin d'éviter de payer des taxes. The Tax Free Tour est un thriller économique cartographiant le risque systémique pour les gouvernements et les citoyens. Est-ce là le prix que nous devons payer pour le capitalisme mondialisé? Dans le jeu en ligne gratuit «Taxodus» de Femke Herregraven, le joueur peut sélectionner le profil d'une multinationale et chercher l'itinéraire global parcouru par cette multinationale afin de payer le moins de taxes possible. Initialement diffusé par VPRO en 2013. 

Sous-titrage français

The Tax Free Tour  
Marije Meerman 2013 51:35

The Tax Free Tour travels the globe to expose the workings of offshore tax havens and the elite banking systems of the world’s billionaires which operate in extreme secrecy. Using examples from multi-national corporations such as Apple Computer and Starbucks, the film traces sizeable capital streams that travel the world literally in milliseconds – all to avoid local laws and paying tax. Such routes go by resounding names like ‘Cayman Special’, ‘Double Irish’, and ‘Dutch Sandwich’. The Tax Free Tour is a sobering look at how the world’s rich live in an entirely different world than the rest of us…

Sur vpro broadcast, vous trouverez des vidéos de non-fiction sous-titrées en anglais, mais aussi en français et espagnol : des documentaires, des interviews courtes et des séries documentaires.
   Vpro Documentary – La mondialisation pousse nos sociétés, économies et cultures à chercher un nouvel équilibre. VPRO Documentary pose la réflexion à ce propos par le biais de nouveaux sujets proposés chaque semaine. Nous explorons des sujets tels que la politique, l’économie mondiale, la société et les sciences avec des experts et nous essayons de saisir l’essence même des développements et tendances proéminents.


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«Chaque civilisation porte les semences de sa propre destruction, et le cycle apparaît dans toutes. Une République naît, s’épanouit, se délabre dans un régime ploutocratique, puis, un cordonnier s’en empare aidé de mercenaires et de millionnaires qui feront de lui un souverain. Les gens inventent leurs oppresseurs, et les oppresseurs s’acquittent du rôle pour lequel ils ont été inventés.» ~ Mark Twain, Eruption

Des décennies de tentatives pour éduquer les gens en matière de droits humains fondamentaux, d’environnement, de conscience morale, de justice sociale, d’égalité femmes/hommes, de contrôle des armes à feu, d’acceptation des différences... ont été balayés du jour au lendemain par Donald Trump et sa clique de «milliardaires blancs suprémacistes».

«C’est le principe d’un groupe humain : si vous êtes dans le vrai mais que tout le monde est dans le faux, ça ne sert à rien. C’est aussi la limite de nos démocraties. Quand le nombre de crétins est plus important que le nombre de gens intelligents, ça ne sert à rien, c’est les crétins qui gagnent. La démocratie est le moins mauvais des régimes. Mais il y a des dysfonctionnements dans la démocratie qui amènent des prises de décision qui s’avèrent des erreurs vitales, alors que quelques personnes, peut-être, avaient l’intelligence de trouver des bonnes solutions, mais elles sont minoritaires.» ~ Philippe Claudel, L’archipel du Chien, Stock, Paris, 2018. (Source de la citation : Le Devoir)

«Nous ne sommes que des échos. Nous n'avons aucune pensée propre, aucune opinion propre, nous ne sommes qu’un tas de compost constitué d'hérédités pourries – morales et physiques.» ~ Mark Twain, Notebook

Les étudiants de Parkland en tournée contre la NRA
Leila Macor | Agence France-Presse | Miami, juin 2018

Photo: Mario Tama Archives Getty Images / AFP. Les élèves de Parkland sont à l’origine d’une mobilisation pour exiger une régulation plus stricte des armes à feu qui avait conduit plus d’un million de personnes à défiler dans les rues fin mars.

Les étudiants de Parkland, où un ancien élève a tué 17 personnes en février, organisent à la mi-juin une tournée à travers les États-Unis pour inciter les jeunes Américains à voter contre la NRA.
   L’objectif est «de s’assurer que les hommes politiques rendent des comptes» en persuadant les électeurs de voter massivement lors des élections parlementaires en novembre contre les candidats soutenus par le puissant lobby des armes, a assuré lundi Cameron Kasky, l’un des étudiants rescapés de la fusillade du 14 février perpétrée par un jeune de 19 ans aux antécédents psychologiques connus.
   La tournée nationale intitulée Route vers le changement (Road to Change) traversera 20 des 50 États du pays, parmi lesquels le Texas, un État conservateur où les armes sont reines et le droit de les porter protégé par les autorités, jusqu’aux scrutins du 6 novembre.


La carapace masculiniste formatée par la culture

Dominant, violent, intimidant, en contrôle, menaçant, puissant, respecté, dur, athlétique, voilà ce qui définit, entre autres, le «vrai» homme... Et «si vous n’avez pas la force physique nécessaire, achetez-vous un gun», scande la NRA.

Tough Guise 2 

Tough Guise
Sut Jhally  | 1999 | 53:53

Tough Guise – Violence, Media and the Crisis in Masculinity examines the relationship between the images pervasive in popular culture, and the construction of so-called masculine identities from them.
   While the social construction of femininity has been widely examined, the dominant role of masculinity has until recently remained largely invisible. Tough Guise is the first educational video geared toward college and high school students to systematically examine the relationship between pop-cultural imagery and the social construction of masculine identities in the U.S. at the dawn of the 21st century. In this innovative and wide-ranging analysis, Jackson Katz argues that widespread violence in American society, including the tragic school shootings in Littleton, Colorado, Jonesboro, Arkansas, and elsewhere, needs to be understood as part of an ongoing crisis in masculinity. This exciting new media literacy tool – utilizing racially diverse subject matter and examples – will enlighten and provoke students (both males and females) to evaluate their own participation in the culture of contemporary masculinity.



TED Jackson Katz : Violence faite aux femmes – c’est un problème d’homme, 2013

La violence domestique et les abus sexuels sont souvent appelés «problèmes de femmes». Mais dans cette conférence courageuse et pleine de franc-parler, Jackson Katz montre que ce sont des sujets intrinsèquement masculins – et montre comment les comportements violents sont liés aux définitions de la masculinité. Un coup de clairon pour nous tous – femmes et hommes – pour critiquer les comportements inacceptables et être les leaders du changement.



Choking women is all the rage. It's branded as fun, sexy 'breath play'
Gail Dines | The Guardian | May 13, 2018

Eric Schneiderman, New York state’s attorney general, who announced he was pursuing a lawsuit against Harvey Weinstein for what he described as “despicable” behavior, was just forced to resign after four women accused him of choking them, as well as other types of physical assault. Schneiderman disputed the allegations, claiming that he had only consensual sexual relations. [...]
   It is ironic that as women are speaking out loud and clear, the porn industry, together with mainstream pop culture, is promoting choking. In so many ways, choking women is a perfect metaphor for how women have been silenced. Women cannot speak the truth of their lives as long as men have their hands round our necks, or their penises down our throats. [...]

14 juin 2018

«Thoughts and prayers» : des paroles creuses

Toronto – Deux fillettes blessées par balle au terrain de jeu

Photo : Jim Young / Reuters

Le premier ministre désigné de l'Ontario, Doug Ford, a écrit dans un message sur Twitter qu'il priait pour les enfants et leur famille et qu'il comptait suivre la situation de près.

"It's time for more than thoughts and prayers. Inaction is costing lives." 

Heard about the two children shot near McCowan Road and Steeles Avenue. My thoughts and prayers are with them and their families. I will be monitoring the situation closely.  
   – Doug Ford (@fordnation) June 15, 2018

Aux États-Unis, 19 enfants sont tués ou blessés chaque jour par arme à feu.
Est-ce que par hasard la culture NRA déteindrait sur nous?!


Notre civilisation (nous sommes déjà dans le bac de recyclage, direction dépotoir...) : LIFE  Bruno Bozzetto / Roberto Frattini (2003) 

12 juin 2018

G7 : dernier tour de valse pour le «club des riches»?

Pourquoi le monde est-il gouverné par des enfants? Pourquoi ne fait-on pas subir aux aspirants chefs d’état des tests d’intelligence, de santé psychologique, de sagesse, d’humanisme, d’empathie, d’intelligence environnementale, de conscience sociale, etc.? Tous les partis politiques devraient inclure sine qua non des philosophes, des humanistes et des (vrais) scientifiques à titre de conseillers. Cela contribuerait à diminuer l’influence des serpents à cravates qui sillonnent les chambres et les antichambres des gouvernements. Ces individus sagaces et astucieux connaissent la nature humaine; ils savent combien les humains sont esclaves de leurs désirs. Ils savent ce que les gens veulent entendre et ne pas entendre. Ils savent flatter et menacer. Ils savent jouer avec les notions de patriotisme, de liberté et de prospérité (croissance économique). Grâce à leurs services dévoués, l’économie est en train de changer radicalement... (1)  

Caricature : Garnotte, Le Devoir 12 juin 2018

«Votre idée de l'intelligence et notre idée de l'intelligence n’ont rien en commun. Par exemple, vous estimez être une espèce intelligente, pourtant vous êtes dangereusement sur le point de rendre la planète inhabitable sauf par de l'asphalte. Vous avez également réussi à vous placer en haut de la liste des espèces menacées. Disons que même un virus démontre une meilleure compréhension de sa situation. Le seul motif pour lequel un virus est enclin à ravager son environnement vient d’une tentative bien calculée de se maintenir en vie. Nous avons aussi remarqué que vous utilisez le mot "smart" en association avec escroquerie et fraude. Vos gouvernements, vos corporations et vos citoyens commettent des atrocités ahurissantes en raison de la fourberie et de la corruption qui caractérisent tout les échanges commerciaux. De plus, bien que de tels actes soient techniquement des fraudes selon vos lois, la fraude n’est pas un problème tant que vous n’avez pas le malheur de vous faire prendre. Autrement, ces actes restent le produit d'esprits brillants et astucieux. Pour des raisons évidentes, nous sommes perplexes devant votre concept de l'intelligence.» ~ Diana Luppi (Instruction manual for planetary evolution, 1990)

Une analyse très intéressante :

Le sommet de La Malbaie sera-t-il le dernier G7?

François Brousseau, journaliste
ICI Radio-Canada/nouvelles | Le 10 juin 17 h 20

A-t-on assisté au dernier sommet des Sept à La Malbaie? Le G7 : R.I.P. 1975-2018? Cette organisation serait-elle sur le point de rendre son dernier souffle? Ces questions sont peut-être un peu prématurées, mais elles sont légitimes. Et tout à fait dans l'air du temps, à la grande décomposition des piliers de l'ordre international.

On l’oublie, mais le G7 était déjà mal en point avant l’implosion de La Malbaie et la spectaculaire volte-face du président américain. Ce regroupement, issu d’un autre siècle et d’une histoire lointaine, était déjà à la recherche d’un «sens» dans le monde du XXIe siècle, avant même que l’ouragan Donald Trump ne mette les relations internationales sens dessus dessous.

Une crise d’identité

Depuis des années déjà, le G7 «se cherchait» face à l’éclatement des relations internationales, la fin de ce qu’on a longtemps appelé le «bloc occidental» et la multiplication des forums comme le G20, bien plus représentatif des forces économiques actuelles (avec la Chine, l’Inde, le Brésil).
   Un sommet du G7, c’était : quelques positions de principe communes, affirmées et réaffirmées ad nauseam, quelques initiatives ponctuelles valables (annulation de la dette de 14 pays africains, en 2005), une réaction à chaud aux derniers événements (attentats terroristes, crise financière, Corée du Nord), etc. Au-delà, on avait l’impression d’un «machin» sur le pilote automatique, sans inspiration ni objectif.
   Et puis, il y a la crise du multilatéralisme lui-même, cette idée que les grands forums, les traités internationaux, la coopération et les règles convenues par tous représentent la méthode pour affronter les grands problèmes du monde. Une idée battue en brèche par un Donald Trump qui ne jure que par les accords bilatéraux, les rapports de forces individuels et «la lutte de tous contre tous».
   Mais cette critique – couplée à la révolte populiste en Europe, au retour des États-nations et à la manie de faire «cavalier seul» de la Russie – était déjà dans l’air, indépendamment de Donald Trump.

Un sens clair… en 1975

Rappelons que ce «club des riches», ce G5 vite devenu G6 et G7 dans les années 1970, puis G8 pendant une quinzaine d’années avec la Russie, avait un sens et une mission qui étaient clairs en 1975.
   On sortait des Trente Glorieuses, ces années de croissance ininterrompue de l’après-guerre qui furent synonyme de démocratie triomphante, de prospérité et de puissance politique aux États-Unis, au Japon, en Allemagne, au Royaume-Uni et en France, des pays auxquels on avait adjoint, un peu par politesse, l’Italie et le Canada.
   Le G7 du début, c’était, oui, l’arrogance des puissants au faîte de leur gloire, la supériorité de ceux qui font les lois. Mais c’était aussi un ensemble de valeurs qu’on pouvait projeter dans le monde sans que ce ne soit perçu comme ridicule : libéralisme économique, démocratie représentative, État social (Allemagne, France, Grande-Bretagne).
   Aujourd’hui, ce sont des pays qui ont plus que leur part de problèmes, qui sont endettés et présentent une croissance faible comparée à l’Asie ou à d’autres régions du monde.
   Du point de vue de sa représentativité, de son poids et de son influence, le G7 n’est plus du tout ce qu’il a été. L’exemple de la démocratie occidentale ne représente plus la «destinée manifeste» du reste du monde. L’Occident est rabaissé.

Le pouvoir n’est plus là

Le G7 comme ensemble cohérent n’existe plus; il n’en impose plus au reste du monde. Le pouvoir s’est déplacé, il est de plus en plus ailleurs.
   À La Malbaie, l'Europe, le Canada et, dans une moindre mesure, le Japon, ont fait front commun face aux lubies et aux provocations de Donald Trump. Ce n’est toutefois pas d’hier que le G7 est travaillé par les tensions internes, un problème d’autodéfinition et des contestations altermondialistes. Or, la contestation peut aussi venir de l’intérieur et de très haut, par exemple de la droite isolationniste américaine.
   Toutes ces tensions existaient avant Trump, mais il les a amplifiées et mises au premier plan, de manière explosive. Et si le sommet de 2018 à La Malbaie représentait l’éclatement d’un concept qui semble aujourd’hui épuisé, en fin de course?


(1) Pendant que nous nous divertissons en regardant des guignols faire semblant de se parler et de régler le sort du monde...

Le prix naturel de la cupidité

Sans cette cupidité perpétrée contre vous, il n’y aurait pas destruction massive. Sans cette cupidité, ni la vie animale, ni vos grandes forêts ne seraient en train de mourir. Et sans la cupidité, vous n’auriez pas eu de répression du génie et il y aurait eu davantage de démonstrations ingénieuses et d’inventions basées sur autre chose que les carburants fossiles. Vous ne pouvez pas vous permettre de mettre ouvertement au point de nouvelles sources d’énergie. Les grandes idées sont mises en veilleuse à cause de la cupidité!
   Vous déversez des poisons dans la mer... la mer qui baigne tout sur terre. Et cela se fait depuis si longtemps que des bancs complets de poissons en meurent et se jettent sur vos plages. Sans cette cupidité, vous n’assisteriez pas à la mort des forêts vierges. Sans cette cupidité, vous auriez un climat normal et la nature serait en mouvement continu sans éruptions intermittentes. Et vous pourriez poursuivre votre évolution.
   Chaque fois que vous faites démarrer votre voiture et que vous appuyez sur l’accélérateur, vous agrandissez les trous dans la stratosphère. Vous êtes accablés, mais que pouvez-vous y faire? Vous devez continuer de vous déplacer?
   Vous êtes réellement dans le pétrin. Et chaque fois que vous achetez un hamburger, vous favorisez la destruction des forêts autour du monde. En effet, ces forêts sont détruites pour que les bestiaux puissent paître dans le but de satisfaire cet appétit insatiable pour les hamburgers. Et chaque fois que vous jetez le contenant du hamburger, tous les gaz contenus dans cette boîte se logeront dans la stratosphère. Mais c’est un contenant jetable. Alors pourquoi s’en faire?

À Singapour, le chef Abraham Tan du Royal Plaza met la touche finale à l’assiette qu’il allait servir à ses clients mardi pendant le sommet.

À cause de la soif de pouvoir vécue intensément à travers la cupidité, l’humanité, hommes et femmes, a abondamment profité des bienfaits de l’évolution de la technologie. C’est une vérité. Pourtant, en raison de la progression des événements, votre terre ressemble à un corps couvert de lèpre, de plaies ouvertes et saignantes, de coupures importantes. Et à propos de l’air que vous respirez, que feriez-vous s’il était continuellement nocif et vous rendait malade? Que feriez-vous si l’eau était remplie de poisons et de bactéries et était en train de dévorer l’intérieur de votre corps physique? La terre n’est pas différente de votre corps. Et, vous ne pouvez pas vivre sans elle.
   Lorsqu’il n’y a plus de choix possible, lorsque les choses arrivent à sens unique pour le monde entier, lorsque votre capacité de choisir s’effondre, et c’est l’objectif dissimulé du gouvernement mondial unique, alors le temps s’arrête. Ce moment marque aussi la fin de l’ère des tyrans (gouvernements, rois, monarques, aristocrates). Personne ne pourra stopper le soubresaut de la nature et sa guérison. Pas même une nation entière ne pourrait l’arrêter. Il y a des changements en perspective. Lorsque la terre entreprendra de se nettoyer, en cours de route, elle pourrait détruire les ordinateurs et le système bancaire mondial. Si la nature doit entrer en jeu et intervenir, les failles sismiques au-dessus des centrales vont se disloquer – la faille sismique ne se préoccupe pas de ce qu’il y a au-dessus. Sur quoi vous tiendriez-vous? Où construiriez-vous votre maison? Les comportements climatiques sont en train de changer de façon dramatique. Et que dire des volcans? S’ils entraient en éruption, beaucoup de gens périraient, c’est toujours ainsi quand la nature gronde. Quel que soit le plan ultime des gérants de la planète, la nature l’emportera. (La dernière valse des tyrans, Judi Pope Koteen, 1989)

FUTURA PLANÈTE Volcans à surveiller – Ne serait-ce qu'en Indonésie, 18 des 139 volcans actifs en 2017 «ont déclenché des alertes pour cause d'activité sismique plus intense que la normale, de déformation du sol ou d'émissions de gaz», écrivent trois spécialistes Ralf Gertisser (université de Keele), Katie Preece (université de Glasgow) et Sylvain Charbonnier (université de Floride du Sud) dans un article sur les volcans à surveiller en 2018.
   Toutefois, soulignent-ils, «ce sont les éruptions petites à modérées qui représentent le plus souvent une menace volcanique constante». Surtout qu'en ce début de XXIe siècle, ce sont quelque 800 millions d'êtres humains qui habitent à proximité de volcans en activité, à moins de 100 kilomètres. Et, parmi eux, 29 millions vivent à moins de 10 kilomètres.
   Si vous redoutez les volcans, mieux vaut éviter d'aller en Indonésie, dans les Philippines, au Japon, au Mexique et en Éthiopie. Ces régions «concentrent à elles seules 90 % du total des menaces volcaniques».
   De tous les volcans actifs qui menacent dans le monde, les chercheurs surveillent de très près le mont Shinmoe au Japon, le Merapi en Indonésie, l'Öræfajökull en Islande, le Popocatepetl au Mexique, le Villarrica au Chili, et le Kilauea à Hawaï (États-Unis).
   Sur Terre, des volcans se réveillent toutes les semaines. Le plus souvent, ils le font calmement, produisant de petites éruptions, mais, parfois, des géants entrent en activité... Les trois volcanologues rappellent que des volcans peuvent aussi se réveiller soudainement, sans prévenir.

Volcans en activité :
Volcanoes Today, 12 Jun 2018: Fuego (Guatemala), Popocatépetl (Central Mexico), Ibu (Halmahera, Indonesia), Dukono (Halmahera), Reventador (Ecuador), Kilauea (Hawaii), Sakurajima (Kyushu, Japan), Sabancaya (Peru)

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Lors d'un événement organisé par le Wall Street Journal, le conseiller aux affaires commerciales de Donald Trump, Peter Navarro, a déclaré avoir fait une erreur en déclarant à propos de Justin Trudeau. «Il y a une place spéciale en enfer pour les chefs qui s'engagent dans une diplomatie de mauvaise foi avec le président Donald J. Trump, puis tentent de le poignarder dans le dos au moment de son départ.»
   Seul un Born Again Christian peut dire pareille sottise.

Voici peut-être un catholique – un cocu content qui croit à l’insémination divine; son épouse doit s’appeler Marie. Pourtant la religion catholique défend l’adultère.
 
 
Via The Thinking Atheist

10 juin 2018

G7 : plus absurde qu'une pièce d’Ionesco

Conclusion : une pièce de théâtre absurde, mal jouée. Pas d’ovation. Pas de remboursements de billets. Un étudiant en politique aurait pu rédiger une déclaration commune que les leaders auraient approuvée ou désapprouvée par courriel / tweet – façon Trump. Ottawa aurait économisé 605 + 2,2 millions de dollars de fonds publics.

Photo : Getty Images / Leon Neal. Les chefs d'État et de gouvernement des pays du G7 réunis à La Malbaie.

Avant de voir la photo virale, je me disais justement qu’Angela Merkel était probablement la plus intelligente du groupe. Ce qui ne veut pas dire que j’approuve ses politiques puisqu’elle est à la merci des lobbies économiques internationaux et des élites, au même titre que les autres. Mais, on voit dans son œil et ses attitudes qu’elle est alerte, dotée d’un bon sens de l’humour, plutôt décontractée, et on a l’impression que ses homologues ne l’impressionnent pas du tout...

Photo Reuters. Un photographe travaillant pour le gouvernement allemand a publié une image virale où une chancelière pugnace domine un président américain presque passif. Elle semble dire à la grenade cravatée – traduction en français québécois – «Eille ti-gars, arrête de niaiser! Tu signes ou tu signes pas?»

Difficile de faire entendre raison à un individu buté et lunatique qui se prend pour un génie. Photo by Fabien Durand / Equipe Photo G7. German Chancellor Angela Merkel talks with U.S. President Donald Trump during the traditional family photo at the G7 summit in La Malbaie, Que. on June 8, 2018. (The National Observer) 


Méchant arsenal, pas étonnant que la facture en sécurité soit si élevée. Une façon peu subtile de mettre des bâtons dans les roues à toute forme de contestation publique et civile contre des décisions sociopolitiques. Photo by Alex Tétreault. Police officers from multiple forces were on site, such as this militarized RCMP officer in full tactical gear, seen carrying a 5.56mm assault rifle, a Canadian version of the American M-4, and a highly non-tactical water bottle with a bright orange cap sticking out of his backpack, in Quebec City, on Thursday evening, June 8th, 2018. (The National Observer)

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Pendant ce temps-là, un déversement de pétrole de Kinder Morgan est survenu deux jours avant l’achat du pipeline par Ottawa, qui à l'avenir devra payer pour les nettoyages... Et si Québec tourne le dos "pour vrai" au gaz de schiste, NOUS aurons sans doute à payer des compensations aux investisseurs. Que de gaspillage!  

Trans Mountain : une fuite de pétrole beaucoup plus importante qu’annoncée en C.-B.

ICI Colombie-Britannique-Yukon | Le samedi 9 juin 2018 à 22 h 29

Alors que le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique avait initialement évoqué une perte de 100 litres de pétrole brut, le 27 mai dernier, ce sont finalement 4800 litres qui ont été déversés dans le sol après une fuite dans une station de Kinder Morgan.

Ali Hounsel, porte-parole du projet d’oléoduc Trans Mountain, de l’entreprise texane Kinder Morgan, a indiqué à CBC News, samedi, que 4,8 mètres cubes de pétrole brut ont été échappés dans le sol de la station de pompage Darfield, au nord de Kamloops, en Colombie-Britannique.

Le 27 mai, la province avait certifié qu’aucun cours d’eau n’avait été touché par cette fuite, contenue aux abords de la station, alors que Kinder Morgan s'était gardée de commenter sur la quantité de pétrole échappée.

En vertu du code opératoire de Kinder Morgan, le seuil minimal au-delà duquel la compagnie est tenue de rapporter un incident est de 100 litres. L’entreprise a par ailleurs précisé que l’opération de nettoyage touchait à sa fin.

Deux jours après cet incident, Ottawa s’est engagé à acheter à Kinder Morgan le pipeline Trans Mountain pour 4,5 milliards de dollars. La firme avait laissé au gouvernement fédéral jusqu’au 31 mai pour finaliser un accord, en menaçant de mettre fin au projet d'extension de l'oléoduc.

Québec tourne le dos aux gaz de schiste

Alexandre Shields | Le Devoir 9 juin 2018

Photo : Pedro Ruiz Le Devoir. En septembre 2010, quelques mois après l’annonce de Mme Normandeau, la contestation contre les gaz de schiste battait son plein. Sur notre photo, une manifestation organisée par la coalition Vigilance énergie.

«Le contexte actuel n’a jamais été aussi favorable à un déclenchement d’investissements majeurs dans l’exploration des hydrocarbures. Le gouvernement entend bien favoriser un tel déclenchement en mettant en place un encadrement environnemental adéquat […] », promettaient alors les libéraux de Jean Charest, sur le site du ministère. À ce moment, et alors que le terme «gaz de schiste» était totalement inconnu des Québécois, 185 permis d’exploration étaient déjà en vigueur dans la vallée du Saint-Laurent, pour une superficie totale de plus de 32 000 km2. À l’échelle du Québec, on comptait 82 500 km2 de permis, détenus par 27 entreprises.
[...]
Au bout du compte, l’industrie a déjà coûté plusieurs millions de dollars à l’État québécois, mais sans réels bénéfices. Quant au potentiel, il serait «très limité», a répété cette semaine le ministre Moreau. Le jeu en vaut-il tout de même la chandelle? Libéraux et Caquistes estiment que oui.

Article intégral (l'histoire du gaz de schiste au Québec) :

UTICA SCHALE


Carte : Science Direct. En rouge : zone de prospection, rives du fleuve Saint-Laurent