14 octobre 2018

Longue vie à la pollution industrielle!

Après l’achat du pipeline Trans Mountain, le projet d’usine de gaz naturel liquéfié (GNL) à Kitimat (Colombie-Britannique) pour fournir les gros méthaniers asiatiques, j’avais écrit ironiquement «pourquoi pas une couple de centrales nucléaires avec ça?».
   Eh bien nous y sommes! Le gouvernement fédéral finance la recherche et la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Totalement à contre-courant (1). Le Canada bitumineux est le plus grand émetteur de GES au monde, et le Canada atomique pourrait devenir la plus grande déchetterie nucléaire du monde. N’arrêtons surtout pas la descente vers l’abîme qu’on appelle croissance économique.

À voir – une imitation de Trudeau parfaitement réussie (à la fois drôle et déprimant) :

L'heure est grave
Justin Trudeau le jongleur

Justin Trudeau (alias Jean-François Nadeau) prouve qu'il est possible de jongler avec l'environnement, le pétrole et l'espèce humaine. 
Pourquoi pollue-t-on autant au Canada?

Émission Moteur de recherche
ICI Radio-Canada Première | Le 12 octobre 2018

À 24,4 tonnes de CO2 générés par habitant, les Canadiens sont les terriens qui polluent le plus l'atmosphère, selon des chiffres du World Resources Institute. Comment notre pays en est-il arrivé à atteindre cette première marche d'un podium peu enviable? Annie Chaloux, professeure au département de politiques appliquées de l'Université de Sherbrooke, nous explique que les sables bitumineux sont en grande partie responsables.
   Mme Chaloux souligne que si la moyenne canadienne de production de CO2 par habitant est de 24,4 tonnes, celle de l’Alberta et de la Saskatchewan se situe plutôt aux alentours de 64 à 65 tonnes par personne.
   Pour cette spécialiste, il ne fait pas de doute que les sables bitumineux sont à montrer du doigt pour expliquer ce déséquilibre. «La production des sables bitumineux est pratiquement un non-sens d’une perspective environnementale, affirme-t-elle. Je regardais les chiffres encore tout récemment et on a besoin d’un demi baril de pétrole pour produire en produire un. C’est intenable au plan environnemental et même économique.»
   Outre les sables bitumineux, l’attitude insouciante d’une partie de la population canadienne est aussi problématique, estime Annie Chaloux. Comme les effets tangibles et dévastateurs des changements climatiques tardent à se faire sentir ici, plusieurs ont tendance à ignorer les conséquences mondiales de la pollution.
   «J’entends parfois même des citoyens dire qu’ils sont heureux d’avoir une hausse des températures au Québec, puisqu’on a des automnes plus cléments. On a vraiment une inconscience par rapport à ça et ça fait qu’on va probablement attendre qu’il soit trop tard [pour agir].»
   L’une des solutions à envisager pour inverser la vapeur au Canada serait de se tourner vers la décroissance, croit Mme Chaloux. Ce mouvement politique, économique et social appelle à revoir l’idée selon laquelle la société doit produire toujours davantage dans une logique de croissance.
   À une échelle individuelle, cela pourrait par exemple passer par le fait de manger moins de viande, explique Annie Chaloux.

Audiofil :

Ottawa pourrait relancer le nucléaire

Fannie Olivier
ICI Radio-Canada Nouvelles | Le 8 octobre 2018

Au moment où plusieurs pays ont choisi d'abandonner progressivement l'énergie nucléaire, le Canada espère quant à lui devenir chef de file mondial dans la production de nouveaux types de réacteurs : les petits réacteurs modulaires. L'initiative du gouvernement de Justin Trudeau suscite des espoirs – l'énergie nucléaire ne générant pas de gaz à effets de serre –, mais elle soulève aussi de nombreuses craintes.
   Les petits réacteurs modulaires (PRM) n'existent encore nulle part en Occident, mais Ottawa les considère comme prometteurs. «Le rôle de mon ministère et du gouvernement fédéral est d'explorer le potentiel de ces nouvelles technologies», explique le ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, en entrevue à Radio-Canada.
   Les intervenants de l’industrie nucléaire planchent depuis cet hiver sur une «feuille de route» pour faire du Canada un leader dans le marché naissant d’une nouvelle sorte de réacteur nucléaire. Ils dévoileront début novembre cette stratégie, commandée par le gouvernement fédéral.

Énergie propre?
L'énergie nucléaire est considérée par le gouvernement de Justin Trudeau comme partie intégrante du «panier d'énergies propres» du Canada.
   «Nous voyons le potentiel de cette technologie pour réduire les impacts environnementaux», note le ministre Sohi. Il affirme que son rôle est de rapprocher l’industrie, les intervenants du secteur et les provinces pour «voir comment les PRM peuvent jouer un rôle dans l’éventail énergétique du Canada».[...]
   Mais s'ils ne génèrent pas de gaz à effet de serre, les nouveaux réacteurs produiront toutefois des déchets nucléaires.
   On ignore pour l’instant où seront entreposés ces déchets, qui resteront radioactifs pendant des milliers d’années. Ce sont les développeurs, notamment des entreprises privées, qui devront proposer un plan de gestion des déchets. [...]  

Mouvement antinucléaire
La démarche des libéraux en faveur du nucléaire ne plaît toutefois pas à tous. «Ils n’ont pas de mandat de la population. Il n’y a eu ni consultations ni débat parlementaire. Ils ne devraient pas aller de l’avant», plaide Gordon Edwards, fondateur du Regroupement pour la surveillance du nucléaire.
   Par le passé, Gordon Edwards est monté aux barricades contre un projet d'entreposage de déchets à Chalk River, redoutant que l'eau potable s'en trouve contaminée.
   À l'instar de M. Edwards, Gilles Provost, porte-parole du Ralliement contre la pollution radioactive, estime que la question de la gestion des déchets est au coeur de l'enjeu du nucléaire.
   «L’énergie propre, c’est une question de vocabulaire, signale M.  Provost. Si on veut dire que ce n’est pas dangereux ou que ça ne crée aucune contamination environnementale, alors les PRM ne constituent pas une énergie propre.» Il craint que le Canada devienne parsemé de lieux radioactifs et mal surveillés. [...]

Article intégral :

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En tout cas, ce n’est pas la sagesse qui nous mènera à l’extinction, c’est clair.

Quand les gens ne comprennent ni de la tête ni du cœur ni d’ailleurs, en dernier recours, on utilise l’humour et le cynisme :

Les climatologues confirment qu'il est encore temps de faire sauter la terre

The Onion* | 5 octobre 2018

Groupe d'experts intergouvernemental. Photomontage : The Onion 

GENÈVE, SUISSE – Avertissant que des millions de personnes mourront de faim dans les rues si les dirigeants mondiaux ne prennent pas des mesures décisives, les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat ont confirmé lundi qu'il était encore temps de faire sauter la terre avant que le réchauffement climatique irréversible ne condamne l'humanité à une lente extinction. «En détruisant notre planète dans un maelstrom nucléaire maintenant, nous pouvons éviter les souffrances indues qui caractériseront autrement le siècle prochain», a déclaré le président du GIEC, M. Hoesung Lee, ajoutant qu'un millier d'armes nucléaires stratégiquement placées sur des sites géothermiques actifs cruciaux dans le monde pourrait être suffisant pour inonder la planète de magma blanc et chaud, mettant un terme miséricordieux à cette expérience ratée qu'est l'homme. «Nous avons la technologie pour ce faire; mais ce ne sera pas facile et nous devons agir immédiatement. Nous avions cru qu'il nous resterait au moins un siècle de plus pour faire exploser la terre, mais si l'on veut que l'espèce humaine évite une catastrophe écologique, nous devons commencer hier. Pour ma part, je ne veux pas avoir à regarder mes petits-enfants dans les yeux un jour, et à leur dire que j'aurais pu faire exploser le monde infernal où ils sont forcés de vivre, mais que je ne l’ai pas fait. Ce serait le comble de l'égoïsme.» Lee a ensuite présenté une série de maquettes terrifiantes d'images satellitaires illustrant à quoi pourrait ressembler une terre tragiquement intacte en 2040 et au-delà.

Le PDG d'ExxonMobil, déprimé d'apprendre que le déclin de la terre pourrait survenir avant qu'ils n'aient fini d'extraire tout le pétrole

The Onion* | 10 octobre 2018

Darren Woods. Source photo : The Onion 
IRVING – TX À la suite d'un rapport des scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat qui suggère que la planète ne disposerait que d'une décennie pour éviter un réchauffement climatique catastrophique, Darren Woods, le PDG d'ExxonMobil, se serait senti déprimé mercredi après avoir réalisé que le déclin de la terre pourrait survenir avant qu'ils n’aient terminé d'extraire tout le pétrole. «Quand j'ai lu le rapport, ça m’a frappé comme une tonne de briques – nous pourrions tous mourir et laisser des milliards de barils de pétrole piégés dans le sol pour toujours», a déclaré Woods, essuyant une larme et ajoutant que l'ensemble de l'industrie pétrolière avait le cœur brisé à l’idée qu'elle pourrait ne pas avoir les décennies nécessaires pour extraire tout le pétrole de la planète comme elle l'avait initialement pensé. «Nous avons déjà établi des plans pour la production de gaz par les futures générations d'employés d'ExxonMobil, c'est donc très traumatisant pour moi de penser qu'ils n’auront peut-être jamais la chance de profiter des mêmes bénéfices que nous avons maintenant. Pensez-y, un jour bientôt, nous serons tous partis et le pétrole restera toujours là sous terre, sans jamais être extrait. C'est une parodie.» Au moment d’aller sous presse, Woods a annoncé qu’ExxonMobil allait quadrupler sa production de pétrole pour tenter de tout l’extraire pendant qu'il est encore temps. 

* La publication satirique The Onion (publiée depuis 1988) met le doigt sur nos paradoxes et notre crédulité sans ménagement.
The Onion | America’s Finest News Source http://www.theonion.com/

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(1) Voyez ce documentaire terrifiant :
The Atomic States of America
By Don Argott, Kelly McMasters, Sheena Joyce ǀ 2012, 1:32

En résumé, le nucléaire ne peut pas être VERT. La confiance aveugle des gens est due à l’ignorance efficacement entretenue par la désinformation, les mensonges, le camouflage et le silence des entreprises industrielles et des institutions gouvernementales. Le pétrole est visible et puant, mais le nucléaire est hypocrite, sournois. Dans l’eau du robinet par exemple, il est invisible, inodore et incolore; c’est sans doute pourquoi on le qualifie «d’énergie propre». Ainsi, les gens ne se rendent compte de rien jusqu’à ce que des épidémies de cancers frappent les populations vivant à proximité des centrales – les fuites sont fréquentes, et personne n’est avisé.
   Le slow poisoning fait son chemin, et le Dr Helen Caldicott explique clairement l’extrême perméabilité du corps aux émissions radioactives invisibles (ce que nient les promoteurs bien sûr). Les compagnies «rassurent» les populations touchées, alléguant le faible taux de particules. Tout le monde croit le baratin et oublie : “mankind is so incredibly stupid”, dit Helen Caldicott. Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’elle dénonce l’énergie nucléaire, et elle affirme qu’elle le fera jusqu’à sa mort. Toutefois, de plus en plus de citoyens se mobilisent pour réclamer la fermeture des centrales, des sites de fracturation hydraulique et des mines de charbon.
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Dans la veine de la radioactivité, voici une nouvelle stupéfiante qui n’est pas un canular ou une parodie. L’administration Trump essaye par tous les moyens possibles d'éliminer les restrictions en matière de pollution radioactive et pétrochimique, à renfort de recherches scientifiques falsifiées. 

Bientôt les travailleurs américains seront exposés à des rayonnements radioactifs bénéfiques et aider le boom économique!

Lloyd Alter | Le 3 octobre 2018

Des scientifiques et des sceptiques prétendent que l’exposition au rayonnement radioactif pourrait améliorer la santé des travailleurs. Le toxicologue Edward Calabrese et ses supporteurs répètent depuis des années qu'il y a en réalité un effet d’hormèse (stimulation des défenses biologiques) quand on expose les cellules à de faibles doses de rayonnement radioactif ou de substances cancérigènes car elles peuvent servir de stresseurs et activer les mécanismes de défense du corps; et par conséquemment rendre les gens en meilleure santé. Calabrese compare cela à l'exercice physique ou la lumière du soleil. Peut-on être contre la vertu?
    Avec cette nouvelle règlementation de l’EPA, les gens pourraient travailler de plus longues heures avec moins de protection, et améliorer leur état de santé. Calabrese dit à propos de cette règlementation : «Cela aurait un impact positif sur la santé humaine et sauverait des milliards et des milliards de dollars.»

Suppositoires au radium 

Depuis les années 50, le consensus scientifique a toujours été qu'il n'y avait aucun taux d’exposition sécuritaire au rayonnement radioactif, pas de seuil, et qu'il suit un trajet linéaire : plus on est exposé, plus le risque est grand. C'est ce qu'on appelle la dose linéaire sans seuil ou dose LNT. Des études portant sur des personnes exposées à des rayonnements ont démontré que même de faibles expositions causent une augmentation significative des taux de cancer.
   Calabrese qualifie ce modèle d’«historiquement corrompu et scientifiquement imparfait». Il affirme qu'il existe une «dose idéale» (sweet spot) où les bénéfices dépassent les risques, où les radiations réduisent en fait l'incidence des tumeurs. Les bénéfices pour la santé sont donc optimisés et les risques minimisés.

Produit de beauté au radium! 

À l'EPA, la thèse de Calabrese est soutenue par Steven Milloy qui affirme que la fumée de tabac est inoffensive, que le changement climatique est un canular, que se débarrasser du charbon est vain. Comme par hasard, la recherche de Calabrese a été financée par la Fondation ExxonMobil, qui doit faire face à de gênantes restrictions lors du forage pétrolier.
   D'autres scientifiques pensent que c'est de la folie. Le physicien Jan Beyea, cité par l’Associated Press, a déclaré que la proposition de l'EPA sur les radiations et autres matières dangereuses pour la santé représente des voix «généralement rejetées par la grande majorité des scientifiques». Cette règlementation entraînerait «une augmentation de l'exposition aux produits chimiques et aux rayonnements sur les lieux de travail, à la maison et à l'extérieur, y compris à proximité des sites d’enfouissement nucléaire (superfund)».
   Mais bon, comme avec règlementation allégée sur le mercure, vous devez d'abord penser à l'économie et à tout l'argent qui sera économisé. Et rappelez-vous que c'est bon pour vous!

Article intégral :

13 octobre 2018

Commode la charia pour saucissonner des dissidents

«Les hommes sont monstrueux dans leurs outrances. Mais comment peut-on être une toute petite planète de rien du tout, 40 000 kilomètres – 40 000 kilomètres, c’est rien – on peut en faire le tour à vélo dans une vie, largement.
   Eh bien, comment se fait-il que les gens se torturent? Je pense à tous les massacres qu’on voit en Afrique du Nord, tout ça partout, au Bangladesh, tous ces gens qui se torturent, qui s’arrachent les tripes et tout, mais pourquoi?! Pour quelle finalité?
   Toutes ces guerres qui finissent par s’oublier, entre guillemets, un jour. Les gars s’entendent après, et il ne reste que les connards. Les autres y ont laissé leur viande quoi! Dans cette aventure, ils ont été torturés, ils ont été hachés pour rien.
   Et comment peut-on être aussi con, comment l’homme peut-il avoir cette connerie mauvaise de continuer cette espèce de massacre? Comme si la mort ne suffisait pas. On a déjà assez de la fatalité de la mort qui nous échappe. Eh bien, en plus, ils ont besoin de pousser le mouvement. Ils ont besoin d’aller plus vite qu’elle. C’est effroyable! Non?»  

~ Frédéric Dard alias San-Antonio, 1921-2000 (Documentaire biographique – Cette Mort Dont Je Parlais, Youtube)

Le droit basé sur la charia

En Arabie Saoudite C’est à partir de la charia que des érudits musulmans émettent des opinions et des interprétations qui façonnent le droit saoudien et guident les juges. Les lois sont aussi subordonnées à la charia. Tout ce cadre juridique s’applique autant aux Saoudiens qu’aux étrangers installés dans le pays ou en visite.
   L’islam est la religion obligatoire, et tout autre culte non musulman est interdit. Donc, officiellement, tous les Saoudiens sont musulmans, en grande majorité des sunnites. Renoncer à l’islam est d’ailleurs un crime passible de la peine de mort.
   L’Arabie saoudite possède une police religieuse, la muttawa, dont le mandat est de s’assurer que la charia est respectée notamment pour arrêter ceux qui se livrent à des activités homosexuelles ou pour s’assurer que les interdictions de manger du porc et de boire de l’alcool sont respectées. En 2012, le Comité pour le commandement de la vertu et la répression du vice, dont dépend cette police religieuse, est intervenu pour 314 122 infractions. La plupart des contrevenants se sont engagés à ne plus avoir de comportements illicites, mais 8 % des cas ont été transférés à la police ou aux tribunaux. Selon Amnistie internationale, les châtiments corporels, surtout la flagellation, mais aussi l'amputation, sont souvent infligés par les tribunaux.
   La muttawa peut d’ailleurs «harceler, poursuivre ou même agresser» les étrangers qui ne respectent pas les règles de conduite et le code vestimentaire du pays, souligne le gouvernement canadien dans son avis aux voyageurs.
   Certaines infractions, dont celles à caractère sexuel, sont automatiquement sanctionnées de peines de flagellation, et dans d'autres cas, comme celui du blogueur Raïf Badawi; ces châtiments sont à la discrétion des juges, qui peuvent imposer de plusieurs dizaines à des milliers de coups de fouet.
   Dans quels cas la peine de mort peut être appliquée? La peine capitale est imposée dans plusieurs cas, entre autres : meurtre; viol; trafic de drogue; terrorisme; adultère; homosexualité. Les condamnés sont le plus souvent soumis à la décapitation au sabre en public. Le droit saoudien prévoit aussi la lapidation dans des cas d'adultère notamment. Parmi les châtiments corporels s’ajoutent aussi la bastonnade et l’énucléation oculaire (loi du Talion – oeil pour oeil).


Photo : Heri Juanda / SIPA. Flagellation publique, Indonésie, 09/06/11  

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Quand même incroyable, ils ont du front tout l’tour de la tête comme on dit en québécois (l’expression désigne une personne effrontée, qui a du culot, du toupet) :

Un parti veut intégrer la charia à la constitution nationale en Belgique

L’heure du monde
ICI Radio-Canada Première | Le 12 octobre 2018

Le programme du parti Islam en Belgique contient plusieurs éléments non controversés comme la réglementation du prix de l'eau ou l'instauration d'un revenu minimal, mais certains points de la plateforme proposée choquent les Belges, comme la légalisation de la polygamie ou l'intégration de la loi islamique à la constitution nationale.
   «C'est simplement le fait que nous voulons officialiser cette polygamie qui s'appelle ‘avoir des maîtresses‘, tout simplement. Les femmes qui se prêtent au jeu de maîtresses, si elles y réfléchissent, elles se diront qu'au moins elles auront un statut pour hériter de leur mari, comme la première épouse.» (Ali Bakkali Tahiri, président du parti Islam)  
   Le parti veut également offrir des espaces dédiés aux femmes aux heures de pointe dans les transports en commun, afin de diminuer les risques d'attouchements. Ali Bakkali Tahiri croit que ces idées ne devraient pas créer de polémique, mais certains conseillers municipaux réclament l’interdiction du parti Islam. Le parti Islam présente deux candidats aux élections municipales en Belgique.

Ouverture à la modernité : les femmes ont maintenant le droit de conduire!  

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L'Arabie saoudite, État de m*rde  

Patrick Lagacé | Débats | La Presse 13 octobre 2018  

(Extrait)

Les Saoudiens jouent les innocents, ils ont affirmé publiquement que Khashoggi était sorti par une porte dérobée, mais, manque de pot, les services de renseignement turcs ont des caméras qui encerclent l'immeuble : Khashoggi, a fait savoir la Turquie, n'est jamais sorti du consulat. [...]  
   Pour emprunter un cliché cher aux rédacteurs de manchettes diplomatiques, l'affaire Khashoggi «met à l'épreuve la relation américano-saoudienne». En effet, les États-Unis se sont déclarés «préoccupés» par la disparition d'un commentateur qui écrivait dans les pages d'un des plus grands journaux américains, un journal ayant pignon sur rue dans la capitale, Washington.
   C'est évidemment de la bullshit, la relation américano-saoudienne va rester solide comme de l'or, parce que la dictature d'Arabie saoudite est une pompiste de pétrole fiable en plus d'être la rivale de l'ennemi désigné des États-Unis dans la région du golfe Persique, l'Iran.
   Ça fait des décennies que l'Arabie saoudite emprisonne et martyrise ses dissidents (bonjour Raif Badawi). Ça fait des décennies que l'Arabie saoudite traite les femmes en citoyennes de seconde zone. Et ça fait des décennies que l'Arabie saoudite tolère la propagation des versions les plus obscurantistes de l'islam partout dans le monde, propagation qui a joué un rôle dans les attaques de 2001. [...]
Ce n'est pas parce qu'on rit que c'est drôle, mais il y a quelque chose de tristement comique à voir le concert d'indignation qui se fait entendre depuis qu'on soupçonne fortement que Jamal Khashoggi a été torturé et tué dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.
   Voyez plutôt : le régime sanguinaire de Mohammed ben Salmane organise dans deux semaines à Riyad la Future Investment Initiative, où sont conviés penseurs et financiers du monde entier. Une sorte de Sommet de Davos du désert où des investisseurs et brasseurs de fric de partout vont tenter de se téter des miettes du gigantesque fonds d'investissement souverain de la dictature de sable, le PIF, sous le noble vernis de discussions sur la transformation de l'économie saoudienne. [...]  
   Devinez par ailleurs qui était un des commanditaires de la super conférence saoudienne? Le New York Times! [...]
   Avant la disparition du commentateur Khashoggi, il n'y avait pas d'élections libres en Arabie saoudite. On n'y trouvait pas de presse libre, pas de vie politique digne de ce nom et pas de trace de cette pierre angulaire de tout État véritablement démocratique que sont des tribunaux indépendants qui appliquent la règle de droit. Non, on n'y trouvait que des tribunaux inféodés au pouvoir et qui interprètent la loi selon le Coran, comme au XIVe siècle.


Il faut parfois user de cynisme pour dénoncer le mensonge outrancier : 

Les Saoudiens insistent : le journalise disparu était déjà démembré lorsqu’il a quitté le consulat

The Onion * | America’s Finest News Source http://www.theonion.com/

RIYAD, ARABIE SAOUDITE – Le prince héritier Mohammad ben Salman a fait une déclaration lundi, affirmant que le journaliste en exil Jamal Khashoggi, porté disparu la semaine dernière, avait déjà été démembré avant son départ du consulat saoudien à Istanbul, affirmant qu'ils n'avaient pas pu jouer un rôle dans cette disparition. «Selon toutes les sources fiables disponibles à l'ambassade, le torse sans bras et sans jambes de Khashoggi a été vu en train de quitter le consulat jeudi», peut-on lire dans le communiqué, ajoutant que cette affirmation pourrait être étayée par des images de caméras de sécurité montrant le bras droit coupé du journaliste en train de quitter un ascenseur au premier étage le même jour, ainsi que plusieurs témoins ayant vu des morceaux de corps hachés en train d'appeler un taxi devant le consulat dans l'après-midi. «Bien que Khashoggi ait souvent critiqué notre régime, nous pouvons attester que son assassinat et son démembrement n'ont pas pu être le fait du gouvernement saoudien. La chronologie ne correspond tout simplement pas. Tout ce que nous savons, c'est que le journaliste était couvert de sang et qu'il lui manquait plusieurs membres lorsqu'il est arrivé au consulat mardi et qu'il est reparti jeudi – ce qui lui est arrivé après cela reste un mystère pour nous. Vraiment, on était coincés à nettoyer après. C'était impoli d'entrer et de laisser un gros bordel partout.» Au moment d’aller sous presse, les journalistes qui rendaient compte de ce reportage avaient été démembrés.

* La publication satirique The Onion (publiée depuis 1988) met le doigt sur nos paradoxes et notre crédulité sans ménagement.

10 octobre 2018

Le journalisme d’enquête est-il en voie d’extinction?

«En tant que privilège, la liberté d'expression se situe au même rang que le privilège de commettre un meurtre : nous pouvons l'exercer si nous sommes prêts à en assumer les conséquences. Le meurtre est interdit tant dans la forme que dans les faits; la liberté d'expression est accordée dans la forme mais interdite dans les faits. Selon l'évaluation courante, les deux sont des crimes, et profondément haïs par tous les peuples civilisés. Le meurtre est parfois puni, la liberté d'expression toujours.»
~ Mark Twain, 1835-1910, The Privilege of the Grave in Who Is Mark Twain? (1)  

Le journalisme d’enquête relié à la corruption en milieux financiers et politiques risque de disparaître avec la croissance des oligarchies dans le monde.

À peine élu à la présidence des Philippines en mai 2016, Rodrigo Duterte avait délivré ce message sibyllin à la presse de son pays : «Ce n’est pas parce que vous êtes journalistes que vous serez préservés des assassinats si vous êtes un fils de pute. La liberté d’expression ne pourra rien pour vous, mes chers.»
Et son admirateur, Donald Trump, a qualifié les journalistes d’ennemis du peuple.
Le président de la République tchèque, brandissant une kalachnikov, disait qu’il la réservait aux journalistes. (RSF)

Selon Reporters sans frontières (RSF), en 2017 :  
65 journalistes ont été tués pour avoir exercé leur mission d’information, dont 50 journalistes professionnels, 7 journalistes-citoyens, et 8 collaborateurs des médias 
39 assassinés ou sciemment visés (60 %)
26 tués dans l’exercice de leurs fonctions (40 %)
55 hommes (85 %)
10 femmes (15 %)
  2 disparus
54 pris en otage
326 détenus 
   Par ailleurs la Fédération internationale des journalistes (FIJ) dénombrait 81 journalistes ayant perdu la vie un peu partout sur la planète – lors d’attaques ciblées, d’attentats à la voiture piégée et d’échanges de tirs – et 250 journalistes emprisonnés.
   En 2018, la liste des journalistes assassinés s’allonge : Daphne Caruana Galizia, Jan Kuciak, Hector Gonzalez Antonio, Shujaat Bukhari, Viktoria Marinova... Et peut-être Jamal Khashoggi?

«Et ça a été l'argent qui fait l'argent; peu importe comment vous vous le procurez dès l'instant que vous vous le procurez et que vous l'utilisez pour en gagner plus. […] Quand il s'agit d'argent, les principes ordinaires de conduite prennent congé. L'argent non seulement n'a pas de cœur, mais pas d'honneur ni de mémoire.» ~ John Steinbeck (L’Hiver de notre Déplaisir)

Cette jeune journaliste bulgare s’est malheureusement retrouvée à la une de tous les médias. On soupçonne qu’elle a été assassinée par des tueurs à gage à la solde d’une organisation criminelle d’envergure non identifiée. Le message des commanditaires est clair : voilà ce qui vous arrivera si vous essayez de nous barrer le chemin.

Il n’existe pas de mots pour qualifier ces crimes.

Assassinat d'une journaliste enquêtant sur la corruption en Bulgarie
Agence France-Presse | Le 7 octobre 2018 à 17 h 58

Une journaliste bulgare qui travaillait sur une affaire de corruption présumée a été assassinée à Roussé, une ville située sur le Danube, ont annoncé dimanche les autorités bulgares.


Le corps de Viktoria Marinova, 30 ans, responsable administrative et présentatrice sur TVN Ruse, a été découvert samedi dans un parc de la ville, a annoncé dimanche le procureur régional, Georgy Georgiev.
   La jeune femme a été frappée à la tête et étranglée, d’après le ministère de l'Intérieur, qui précise qu'elle avait aussi été violée.
   Les enquêteurs examinent toutes les pistes, tant liées à la vie personnelle que professionnelle de la journaliste. Elle animait une émission consacrée aux questions de société diffusée localement à Roussé, grand port des bords du Danube, à la frontière avec la Roumanie. [...]
   Dans le dernier numéro de cette émission, le 30 septembre, elle avait diffusé un entretien avec deux journalistes d'investigation réputés, le Bulgare Dimitar Stoyanov et le Roumain Attila Biro, qui enquêtent sur des soupçons de fraude aux subventions européennes qui impliqueraient des hommes d'affaires et des élus. [...]
   Des sources policières ont déclaré à l'AFP douter du lien direct entre le meurtre et la profession de la journaliste. (!!!)
   «Son téléphone portable, ses clés de voiture, ses lunettes et une partie de ses vêtements ont disparu», a précisé le parquet local.
   Selon RSF, les journalistes d'investigation bulgares sont exposés à «de nombreuses formes de pression et d'intimidation» et font face à des «oligarques exerçant un monopole médiatique et à des autorités soupçonnées de corruption et de liens avec le crime organisé».


«Les valeurs humaines universelles sont celles qu’on ne passe pas en contrebande de pays en pays, car elles ne rapportent rien.» ~ Stanislaw Jerzy Lec

Où est le journaliste Jamal Khashoggi?
Publié le vendredi le 5 octobre 2018

Mardi dernier, Jamal Khashoggi, un journaliste saoudien, est entré au consulat de l'Arabie saoudite à Istanbul en début d'après-midi. Il avait besoin de documents prouvant son divorce pour se remarier à une citoyenne turque. Sa fiancée, Hatice, l'attendait sur le trottoir. Trois jours plus tard, elle attend toujours. Le Saoudien a disparu.
   Jamal Khashoggi est un journaliste et commentateur bien connu qui, au cours d’une longue carrière en Arabie saoudite, s’est montré parfois critique du régime monarchique de son pays. Il a su naviguer habilement dans un espace de liberté d’expression pour le moins exigu. Proche des puissants cercles de la famille royale, il était aussi, pour le monde extérieur, un fin décrypteur du fonctionnement et de la pensée du pouvoir en Arabie saoudite.
   Mais après l’arrivée sur le trône du roi Salmane et la montée fulgurante de son fils, Mohammed ben Salmane, l’auteur s’est retrouvé coincé. Après avoir écrit que la monarchie de l’Arabie saoudite était inquiète de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, Jamal Khashoggi s’était fait intimer de cesser d’écrire dans la presse et de publier sur Twitter. En 2017, il a choisi l’exil aux États-Unis. [...]
   Jamal Khashoggi se croyait plus en sécurité à l’extérieur de l’Arabie saoudite, libre de dénoncer les autorités de son pays. S’il s’avère qu’il est retenu contre son gré au consulat saoudien ou qu’il a déjà été rapatrié malgré lui en Arabie saoudite, ce sera le signe inquiétant d’une monarchie qui ne recule devant rien, pas même ses frontières ni le droit international pour faire taire ceux qui la critiquent. [...]


Couper la tête à tout le monde, ça dépeuple, c’est sûr.

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(1) En décembre 2008, le New York Times a publié The Privilege of the Grave, extrait de l’ouvrage à paraître en 2009 : Who Is Mark Twain? – Twain avait exigé que ce texte soit publié 100 ans après sa mort.
   Dans ce texte de 1905, Mark Twain exprime son point de vue sur la liberté d’expression, à savoir qu’en théorie nous avons le droit de nous exprimer, mais qu’en pratique, la prudence et les conventions sociales nous empêchent de l’exercer, sauf une fois dans la tombe alors que nous ne faisons plus de cas de ce que pensent les autres. Il n’y a rien de mal à s’imposer une certaine retenue, mais cela ne devrait pas étouffer la libre expression et les débats. Mark Twain a peut-être choisi que certains de ses écrits soient publiés seulement après sa mort, mais cela ne l’a pas empêché de dire des vérités «provocantes» sur la politique et la société tout au long de sa vie. S’il vivait aujourd’hui, ses commentaires rempliraient les banques de données de surveillance de la NSA...

The Privilege of the Grave
By Mark Twain

Illustration by Barry Blitt, New York Times

Its occupant has one privilege which is not exercised by any living person: free speech. The living man is not really without this privilege – strictly speaking – but as he possesses it merely as an empty formality, and knows better than to make use of it, it cannot be seriously regarded as an actual possession. As an active privilege, it ranks with the privilege of committing murder: we may exercise it if we are willing to take the consequences. Murder is forbidden both in form and in fact; free speech is granted in form but forbidden in fact. By the common estimate both are crimes, and are held in deep odium by all civilized peoples. Murder is sometimes punished, free speech always – when committed. Which is seldom. There are not fewer than five thousand murders to one (unpopular) free utterance. There is justification for this reluctance to utter unpopular opinions: the cost of utterance is too heavy; it can ruin a man in his business, it can lose him his friends, it can subject him to public insult and abuse, it can ostracize his unoffending family, and make his house a despised and unvisited solitude. An unpopular opinion concerning politics or religion lies concealed in the breast of every man; in many cases not only one sample, but several. The more intelligent the man, the larger the freightage of this kind of opinions he carries, and keeps to himself. There is not one individual – including the reader and myself – who is not the possessor of dear and cherished unpopular convictions which common wisdom forbids him to utter. Sometimes we suppress an opinion for reasons that are a credit to us, not a discredit, but oftenest we suppress an unpopular opinion because we cannot afford the bitter cost of putting it forth. None of us likes to be hated, none of us likes to be shunned.

A natural result of these conditions is, that we consciously or unconsciously pay more attention to tuning our opinions to our neighbor’s pitch and preserving his approval than we do to examining the opinions searchingly and seeing to it that they are right and sound. This custom naturally produces another result: public opinion being born and reared on this plan, it is not opinion at all, it is merely policy; there is no reflection back of it, no principle, and it is entitled to no respect.
                   
When an entirely new and untried political project is sprung upon the people, they are startled, anxious, timid, and for a time they are mute, reserved, noncommittal. The great majority of them are not studying the new doctrine and making up their minds about it, they are waiting to see which is going to be the popular side. In the beginning of the anti-slavery agitation three-quarters of a century ago, in the North, it found no sympathy there. Press, pulpit and nearly everybody blew cold upon it. This was from timidity, the fear of speaking out and becoming obnoxious, not from approval of slavery or lack of pity for the slave; for all nations like the State of Virginia and myself are not exceptions to this rule; we joined the Confederate cause not because we wanted to, for we did not, but we wanted to be in the swim. It is plainly a law of nature, and we obeyed it.

It is desire to be in the swim that makes successful political parties. There is no higher motive involved – with the majority – unless membership in a party because one’s father was a member of it is one. The average citizen is not a student of party doctrines, and quite right: neither he nor I would ever be able to understand them. If you should ask him to explain – in intelligible detail – why he preferred one of the coin-standards to the other, his attempt to do it would be disgraceful. The same with the tariff. The same with any other large political doctrine; for all large political doctrines are rich in difficult problems – problems that are quite above the average citizen’s reach. And that is not strange, since they are also above the reach of the ablest minds in the country; after all the fuss and all the talk, not one of those doctrines has been conclusively proven to be the right one and the best.

When a man has joined a party, he is likely to stay in it. If he changes his opinion – his feeling, I mean, his sentiment – he is likely to stay, anyway; his friends are of that party, and he will keep his altered sentiment to himself, and talk the privately discarded one. On those terms he can exercise his American privilege of free speech, but not on any others. These unfortunates are in both parties, but in what proportions we cannot guess. Therefore we never know which party was really in the majority at an election.

Free speech is the privilege of the dead, the monopoly of the dead. They can speak their honest minds without offending. We have charity for what the dead say. We may disapprove of what they say, but we do not insult them, we do not revile them, as knowing they cannot now defend themselves. If they should speak, what revelations there would be! For it would be found that in matters of opinion no departed person was exactly what he had passed for in life; that out of fear, or out of calculated wisdom, or out of reluctance to wound friends, he had long kept to himself certain views not suspected by his little world, and had carried them unuttered to the grave. And then the living would be brought by this to a poignant and reproachful realization of the fact that they, too, were tarred by that same brush. They would realize, deep down, that they, and whole nations along with them, are not really what they seem to be – and never can be.

Now there is hardly one of us but would dearly like to reveal these secrets of ours; we know we cannot do it in life, then why not do it from the grave, and have the satisfaction of it? Why not put these things into our diaries, instead of so discreetly leaving them out? Why not put them in, and leave the diaries behind, for our friends to read? For free speech is a desirable thing. I felt it in London, five years ago, when Boer sympathizers – respectable men, taxpayers, good citizens, and as much entitled to their opinions as were any other citizens – were mobbed at their meetings, and their speakers maltreated and driven from the platform by other citizens who differed from them in opinion. I have felt it in America when we have mobbed meetings and battered the speakers. And most particularly I feel it every week or two when I want to print something that a fine discretion tells me I mustn’t. Sometimes my feelings are so hot that I have to take to the pen and pour them out on paper to keep them from setting me afire inside; then all that ink and labor are wasted, because I can’t print the result. I have just finished an article of this kind, and it satisfies me entirely. It does my weather-beaten soul good to read it, and admire the trouble it would make for me and the family. I will leave it behind, and utter it from the grave. There is free speech there, and no harm to the family. 


TWAIN PAPERS


Who Is Mark Twain?
By Mark Twain
Published April 21st 2009 by Harper

“You had better shove this in the stove,” Mark Twain said at the top of an 1865 letter to his brother, “for I don't want any absurd ‘literary remains’ and ‘unpublished letters of Mark Twain’ published after I am planted.” He was joking, of course. But when Mark Twain died in 1910, he left behind the largest collection of personal papers created by any nineteenth-century American author.
   Here, for the first time in book form, are twenty-four remarkable pieces by the American master – pieces that have been handpicked by Robert Hirst, general editor of the Mark Twain Project at the University of California, Berkeley. [...]
   Wickedly funny and disarmingly relevant, Who Is Mark Twain? shines a new light on one of America's most beloved literary icons – a man who was well ahead of his time.

En complément

HUGO PAPERS


«La presse a succédé au catéchisme dans le gouvernement du monde. Après le pape, le papier.» ~ Victor Hugo
           
Hugo journaliste; Articles et chroniques
Victor Hugo (éd. prés. par Marieke Stein)
Éditeur : GF Flammarion 2014

Résumé :
Figure tutélaire et conscience éclairée de son temps, Victor Hugo fut de toutes les luttes. La première d'entre elles? La liberté de la presse. Dès 1819, il fonde Le Conservateur littéraire, qu'il rédige avec ses frères et plusieurs jeunes écrivains romantiques. Il y critique les dernières parutions ou y éreinte de mauvais dramaturges. Sa plume est allègre et audacieuse : il va jusqu'à encourager un Lamartine de douze ans son aîné! Ses convictions, il les exprima d'abord dans la presse. Devenu républicain, il stimulera sans relâche la création de nouvelles feuilles et soutiendra les journalistes opprimés.
   La présente anthologie entend mettre à l'honneur l'œuvre de Hugo journaliste. Celle-ci est marquée par d'importants combats – pour la justice, contre la peine de mort... –, et par d'autres qui montrent parfois un grand homme soucieux de l'image qu'il destine à la postérité. Si Hugo prit quelquefois ses distances avec le journalisme, qu'il estime trop rivé aux faits, il comprit très vite l'importance du phénomène journalistique, qu'il a vu naître et s'amplifier. Pour lui, la mission de la presse n'est rien de moins qu'une mission civilisatrice. Contre l'anecdotique, il veut restaurer la primauté de l'Idée. Une leçon de journalisme.