Qui mettra des bâtons dans les
roues de ce control freak avant qu’il
ne soit trop tard? Même si plusieurs y songent, bombarder le kremlin de Moscou
serait contreproductif. Poutine appuierait sur le bouton « larguer missiles
nucléaires partout ». Un fou furieux peut se déchainer si on le provoque.
Poutine doit certainement craindre
de se faire assassiner – les psychopathes (1) sont généralement paranoïaques. Son
bunker antinucléaire doit être aussi protégé que Fort Knox. Même s’il mourrait,
une dizaine de clones attendent en ligne pour le remplacer…
L’invasion de l’Ukraine est,
entre autres, un acte terroriste à l’endroit de la population elle-même ; il
est clair que Poutine veut vider le pays pour y installer des prorusses
indécrottables qui ne voudront pas se joindre aux démocraties européennes et
surtout pas à l’OTAN.
Image : Serge Chapleau / La
Presse 2 mars 2022
L’armée russe occupe la première centrale nucléaire
ukrainienne, Moscou accentue la répression
Daphné Rousseau – Agence France-Presse
Kiev, Ukraine / Le Devoir, 4 mars 2022
L’armée russe occupe vendredi la
plus grande centrale nucléaire ukrainienne, où des bombardements dans la nuit
ont fait craindre une catastrophe. Le neuvième jour de l’offensive russe est
accompagné d’une répression croissante de toute voix dissidente en Russie.
Dans le sud de l’Ukraine, la
centrale nucléaire de Zaporojie, la plus grande d’Europe a été touchée dans la
nuit par des frappes d’artillerie russe, selon les Ukrainiens. Elle a aussi été
le théâtre d’un incendie.
Cet incendie a contribué à
l’angoisse grandissante des Occidentaux face à un conflit qui embrase désormais
tout le pays, avec une liste de plus en plus longue de villes bombardées.
En début de matinée, les
autorités ukrainiennes ont cependant indiqué que le feu, qui avait touché un
laboratoire et un bâtiment de formation, avait été éteint et qu’aucune fuite
radioactive n’avait été détectée.
« Le territoire de la centrale
nucléaire de Zaporojie est occupé par les forces armées de la Fédération de
Russie. Le personnel opérationnel contrôle les blocs énergétiques et assure
leur exploitation en accord avec les exigences des règlements techniques de
sécurité d’exploitation », ont-elles ajouté.
L’Agence internationale de
l’énergie atomique (AIEA) a confirmé que les niveaux de radioactivité sont
restés inchangés sur le site de la centrale, qui fournit une grande partie de
l’électricité du pays, et a affirmé qu’aucun équipement « essentiel » n’a été
endommagé.
Son chef, Rafael Grossi, s’est
dit prêt à se rendre en Ukraine pour négocier une solution afin de garantir la
sécurité des sites nucléaires.
Le président ukrainien Volodymyr
Zelensky a quant à lui réclamé un renforcement des sanctions occidentales
contre Moscou après cette attaque.
« Un renforcement immédiat de
sanctions contre l’état terroriste nucléaire est nécessaire », a-t-il déclaré
dans une vidéo diffusée en matinée en appelant les Russes à « descendre dans la
rue » pour arrêter les attaques contre les sites nucléaires en Ukraine.
« L’attaque contre une centrale
nucléaire démontre le caractère irresponsable de cette guerre et la nécessité
d’y mettre fin », a déclaré le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg,
avant une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance
à Bruxelles.
Plus tôt, le Premier ministre
britannique Boris Johnson avait sollicité une nouvelle réunion d’urgence du
Conseil de sécurité de l’ONU, tandis que le président américain Joe Biden «
exhortait la Russie à cesser ses activités militaires dans la zone » de la
centrale.
La centrale de Zaporojie, située
sur le fleuve Dniepr à environ 550 km au sud-est de Kiev, a une capacité totale
de près de 6000 mégawatts, assez pour fournir en électricité environ quatre
millions de foyers. Elle a été inaugurée en 1985, quand l’Ukraine faisait
encore partie de l’Union soviétique.
Le 24 février, des combats
avaient déjà eu lieu près de l’ancienne centrale de Tchernobyl, à une centaine
de kilomètres au nord de Kiev, désormais aux mains des troupes russes.
« Un enfer »
Ailleurs dans le pays, l’Ukraine
a notamment accusé Moscou jeudi d’avoir bombardé une zone résidentielle et des
écoles à Tcherniguiv, au nord de Kiev, faisant 33 morts. Des combats s’y
poursuivaient vendredi, selon les Ukrainiens.
La situation est aussi devenue «
un enfer » à Okhtyrka, et « critique » à Soumy, deux villes à quelque 350 km à
l’est de Kiev, selon les autorités locales.
Quant au port stratégique de
Marioupol, au sud-est du pays, où le maire accusait jeudi les forces russes de
vouloir instaurer « un blocus » les autorités régionales indiquent ne disposer
« d’aucune communication ».
Dans des déclarations à la
télévision russe jeudi, le président Vladimir Poutine n’a donné aucun espoir
d’apaisement.
« L’opération militaire spéciale
se déroule strictement selon le calendrier, selon le plan », a-t-il affirmé. Il
a salué le courage des soldats russes qui combattent contre « des néonazis » et
« des mercenaires étrangers » qui utilisent les civils comme « boucliers
humains ».
Moscou a toutefois subi un
nouveau revers diplomatique avec le vote à une écrasante majorité, vendredi
matin au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, d’une résolution en faveur
d’une commission d’enquête internationale sur les violations des droits humains
et du droit humanitaire en Ukraine.
La résolution a été adoptée par
32 votes pour, 2 contre (Russie et Érythrée) et 13 abstentions.
« Le monde entier est contre vous
», a lancé l’ambassadrice ukrainienne auprès de l’ONU à Genève, à l’attention
du président Poutine.
Nouvelles lois répressives
Le Kremlin a durci dans le même
temps sa répression de toutes les voix dissidentes face au conflit.
Depuis le début de l’offensive le
24 février, arrestations, fermetures des rares médias indépendants restants et
nouveaux textes répressifs s’enchaînent, alors que le Kremlin et les grands
médias russes présentent le conflit comme « une opération militaire spéciale »
et bannissent le mot « invasion ».
Vendredi, les autorités russes
ont restreint l’accès aux sites de quatre médias indépendants : l’édition
locale de la BBC, la radio-télévision internationale allemande Deutsche Welle,
le site indépendant Meduza et Radio Svoboda.
Les députés russes ont également adopté un texte prévoyant des peines
pouvant aller jusqu’à quinze ans de prison pour toute personne publiant des
« informations mensongères » qui entraîneraient des « conséquences sérieuses »
pour les forces armées.
Alors que Moscou fait face à des
sanctions économiques sans précédent infligées par les Occidentaux, un autre
texte prévoit de pénaliser les « appels à imposer des sanctions à la Russie ».
Des perquisitions sont aussi en
cours vendredi dans les locaux moscovites de l’emblématique ONG des droits
humains Mémorial, la plus respectée du pays, après sa dissolution ordonnée par
la justice, a indiqué Mémorial.
De nombreux Russes tentent de
quitter leur pays. Avec la suspension de la quasi-totalité des vols reliant la
Russie à l’Europe, les trains reliant Saint-Pétersbourg à Helsinki arrivent
bondés dans la capitale finlandaise, a constaté l’AFP.
« Nous avons décidé de rentrer le
plus vite possible, car on ne sait pas quelle sera la situation dans une
semaine », a dit à l’AFP Polina Poliakova, une Moscovite étudiant à Paris, à
son arrivée à Helsinki.
Ces trains ne sont cependant de
facto accessibles qu’aux Russes qui vivent ou travaillent déjà en Europe : ne
passent que les personnes avec un visa Schengen en règle, et un vaccin contre
la COVID-19 reconnu par l’Union européenne, autrement dit pas le vaccin
Spoutnik, qui est le plus administré en Russie.
Couloirs humanitaires
On ignorait pour l’instant si les
« couloirs humanitaires », que des négociateurs russes et ukrainiens se sont
mis d’accord jeudi pour organiser, se mettaient en place.
Ces négociateurs s’étaient
retrouvés à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, après une première
tentative lundi, dans l’espoir d’obtenir une trêve. « Malheureusement, il n’y a
pas encore les résultats escomptés pour l’Ukraine. Il n’y a qu’une solution
pour organiser des couloirs humanitaires », a déploré après les discussions un
membre de la délégation ukrainienne, Mikhaïlo Podoliak.
Plus de 1,2 million de réfugiés
ont déjà fui le pays, selon l’ONU.
https://www.ledevoir.com/monde/681702/l-armee-russe-occupe-la-premiere-centrale-nucleaire-ukrainienne-moscou-accentue-la-repression
Un bilan : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1866175/guerre-ukraine-bombardements-kiev-kharkiv-marioupol-morts-centrale-nucleaire
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(1) Détectez les psychopathes / Profil
Robert Hare a consacré sa vie à étudier
ce trouble du comportement qui réunit un ensemble de traits psychologiques
particuliers. Selon le psychiatre, les psychopathes possèdent généralement la
plupart des caractéristiques suivantes :
De beaux-parleurs : ils sont souvent très doués à l’oral, d’autant qu’ils ne ressentent
pas d’anxiété ou d’appréhension à parler en public. Ils ont réponse à tout et
sont capables de moucher les meilleurs orateurs. Bagout extraordinaire,
verbiage exceptionnel, éloquence hors-norme. Méfiance.
Charme, charisme, aura : les psychopathes sont souvent charismatiques.
Certains se transforment en gourous dans des sectes. On leur prête
naturellement des qualités de meneurs d’homme. Ce sont de grands séducteurs. Si
vous les intéressez (parce que vous avez de l’argent, du pouvoir, du prestige),
ils parviendront à gagner votre confiance.
Narcissisme : les psychopathes sont toujours très arrogants, mais certains
parviennent à dissimuler ce trait de personnalité déplaisant sous une fausse
modestie. Ils ont une vision grandiose de leur propre importance. Ils ont
l’impression d’être des surhommes, des individus à part, des bienfaiteurs, des
sauveurs. Ils se perçoivent comme le soleil de la scène sociale. Leurs
démarches, toujours intéressées, seront souvent présentées comme des faveurs.
Dans leur esprit, tout leur est dû car ils sont exceptionnels ; par conséquent,
ils se servent. On parle souvent de leur « mégalomanie » ou de leur «
égocentrisme ».
Absence d’empathie : les psychopathes sont abominablement dépourvus
d’empathie. Ils n’ont pas de sentiments pour les autres : ni amour, ni amitié,
ni compassion. Parfois, ils font même preuve de sadisme. Beaucoup mettent en
scène, de manière théâtrale, leur empathie. Ils s’efforcent de se faire passer
pour ce qu’ils ne sont pas : des personnes sensibles avec un cœur grand comme
ça.
Manipulateurs hors-pair : il existe de multiples manières de manipuler
autrui. Les psychopathes possèdent un répertoire de techniques de manipulation
particulièrement riche. Ils mentent avec un aplomb déconcertant ; ils peuvent
vous culpabiliser en évoquant des obligations familiales ou professionnelles ;
ils ont recours à des expressions-cadenas pour vous obliger à penser comme eux.
Par exemple : « quiconque pense le contraire est hypocrite ». Ils adoptent
fréquemment une tonalité docte et se posent en dépositaires du savoir absolu.
Ils tiennent des propos ambigus qui visent à vous faire comprendre leur pensée
sans avoir à la formuler explicitement, pour éviter de se mouiller, etc.
Gestion virtuose de leur image : ils se comportent différemment selon les
personnes à qui ils ont affaire. De sorte que certains les trouveront
admirables, alors que d’autres auront perçu l’envers de la médaille : les
mensonges, les manipulations, l’arrogance. Ils peuvent aussi se comporter très
différemment en public et en privé, si bien qu’on a l’impression d’avoir
affaire à un Dr Jekyll et Mr Hyde. Les psychopathes sont des communicateurs
instinctifs. Ils ont un talent naturel pour donner d’eux-mêmes une image très
flatteuse. Ils se font valoir par le travail et les réalisations de leurs
collègues ; ils trafiquent leur CV ; ils arrangent leur histoire ; ils traquent
férocement tous ceux qui dans leur entourage ont compris à qui ils avaient
réellement affaire et seraient susceptibles de faire tomber le masque.
La labilité logique : les psychopathes ont tendance à multiplier les
erreurs de raisonnements. Ils accordent trop d’importance à certains faits, en
minimisent d’autre. Leur esprit d’analyse, très sélectif, ne détecte que ce qui
les arrange. Leur mémoire fonctionne de la même manière. Il leur arrive de se
contredire dans une même phrase. Ils font des promesses qu’ils oublient peu de
temps après. Ils commettent des lapsus, interprètent mal une situation. Tout
cela pour vous manipuler. Après coup, ils vous diront qu’il s’agissait d’un « malentendu
».
Prise de risque : les psychopathes ont tendance à s’ennuyer et prennent plus de risques
que les autres. Ils sont irresponsables et ont, semble-t-il, du mal à envisager
toutes les conséquences de leurs actes. Ils ont fréquemment des trajectoires
météoritiques. Du jour au lendemain, tout s’effondre comme un château de
cartes. Parce que le psychopathe vit dans une bulle de présent. Il préfère
jouir d’une gloire éphémère.
Absence de remords : ils ne ressentent jamais aucuns remords. Ils
n’assument pas leurs responsabilités. Ils rejettent systématiquement la faute
sur des boucs-émissaires. Ils essaient de culpabiliser les autres et de se
faire passer pour de pauvres victimes. Ils minimisent les dommages qu’ils ont
commis.
L’agressivité : les psychopathes sont toujours très agressifs et très combatifs. Ils
ont aisément recours à des menaces. Ils conçoivent la vie comme une succession
de combats avec, à chaque fois, un vainqueur et un vaincu. Ils sont déterminés
à faire ce qu’il faut pour sortir vainqueur. Certains ont un tempérament
explosif et peuvent en venir aux mains aisément. Ils abusent des procédures
juridiques. Ils passent leur temps à dénigrer, à critiquer, à dévaloriser pour
alimenter leur soi grandiose. Ce qu’ils font est exceptionnel ; ce que les
autres font est banal.
La paranoïa : les psychopathes ont tendance à penser que tout le monde possède le
même profil psychologique qu’eux. Si jamais on leur demande des comptes, ils
crieront au complot. Ils ont souvent des tendances paranoïaques, pensent qu’on
veut leur « faire la peau » ou qu’on leur a « baisé la gueule ». Ils n’ont
aucun mal à imaginer que les autres commettent toutes sortes d’ignominies, car
c’est ainsi qu’eux-mêmes se comportent. L’humanité est une confrérie de requins
selon eux. Les psychologues disent qu’ils « projettent » sur autrui leurs
propres dispositions psychologiques. Ils possèdent une connaissance intuitive
du vice qui leur permet de voir le mal partout et notamment dans le bien. À
leurs yeux, une amitié sincère devient du « copinage », du « piston », des « arrangements
». Ils peuvent se transformer en inquisiteurs féroces. Beaucoup de gens se font
avoir et pensent qu’une personne qui dénonce avec virulence l’amoralité
d’autrui est nécessairement exemplaire.
L’appétit de pouvoir : les psychopathes sont des « control freak ». Ils
éprouvent le besoin de contrôler les gens qui gravitent autour d’eux et qu’ils
perçoivent comme des objets ou des robots rats dont la seule fonction serait de
subvenir à leurs besoins (psychologiques, matériels, sexuels). Ils sont
dominateurs. Certains deviennent de parfaits tyrans domestiques. Ils occupent
fréquemment des postes à responsabilité dans leur vie active. Ils s’entourent
d’adjoints dociles et traquent tous ceux qui peuvent leur faire de l’ombre.
Ils connaissent la langue, mais pas la musique : le spectre émotionnel des psychopathes est
pauvre. Ils apprennent tout au long de leur vie à simuler ces émotions qu’ils
ne ressentent pas, notamment toutes celles qui relèvent de l’empathie et du
sens moral : l’amour, l’attachement, la compassion, la honte, la tristesse, la
dépression. On a souvent remarqué à leur propos qu’ils connaissent la langue,
mais pas la musique. Les émotions qu’ils expriment sont parfois fausses. Ils
ont tendance à en faire trop, leur style est grandiloquent, ampoulé, fleuri,
pompier, truffé de métaphores. Il manque de sincérité. Les psychopathes
manifestent leurs émotions à la manière d’adolescents sur MSN, en multipliant
les points d’exclamation ou les smileys. Ils donnent l’impression d’une
certaine immaturité émotionnelle.
Un style théâtral : les psychopathes ont tendance à en faire trop également sur le plan
de la gestuelle. Ils ont un petit côté théâtral et parlent avec les mains, leur
corps. Ils multiplient les mimiques, lèvent les yeux au plafond pour vous faire
comprendre que vos propos sont stupides, ils soupirent, haussent des épaules,
etc. Ils peuvent faire intrusion dans votre espace intime, vous toucher alors
que vous les connaissez à peine. Ils outrepassent les étapes traditionnelles de
l’amitié qui s’ébauche en s’efforçant de vous faire croire – trop vite – que
vous êtes déjà les meilleurs amis du monde.