21 janvier 2021

La Covid-19 mine le corps et l’esprit

 
Photo : Marie-France Coallier / Le Devoir, octobre 2020. Un second confinement engendrerait de très gros dommages structurels, comme en santé, en éducation, et pour des secteurs qui vont absolument avoir besoin d’aide pour se redresser.  

Pourrait définir le confinement : «... le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre.» ~ Victor Hugo (Les Châtiments, IV, 9)

Photo : Jean-Philippe Ksiazek / AFP. Confinement, mai 2020. Cinq leçons à tirer du premier confinement / theconversation.com / octobre 2020

Jusqu’à quel point il faut SOIGNER LE CORPS.

SÉNÈQUE – le Philosophe (1)

[2,14] LETTRE XIV.

Je l'avoue, la nature a voulu que notre corps nous fût cher ; je l'avoue encore, elle nous en a commis la tutelle ; je ne nie pas qu'on ne lui doive quelque indulgence : mais qu'il faille en être esclave, je le nie. On se prépare trop de tyrans dès qu'on s'en fait un de son corps, dès qu'on craint trop pour lui, dès qu'on rapporte tout à lui. II faut se conduire dans la pensée que ce n'est pas pour le corps qu'on doit vivre, mais qu'on ne peut vivre sans le corps. Si nous lui sommes trop attachés, nous voilà agités de frayeurs, surchargés de soucis, en butte à mille déplaisirs. Le beau moral est bien peu de chose aux yeux de l'homme pour qui le physique est tout. Donnons au corps tous les soins qu'il exige, mais sachons, dès que l'ordonnera la raison, ou l'honneur, ou le devoir, le précipiter dans les flammes. Néanmoins, autant que possible, évitons tous genres de malaises, non pas seulement tous périls ; retirons-nous en lieu sûr, veillant sans cesse à écarter les choses que ce corps peut craindre. Elles sont, si je ne me trompe, de trois sortes. Il a peur de l'indigence, peur des maladies, peur des violences de plus puissant que lui. De tout cela rien ne nous frappe plus vivement que les menaces de la force, car c'est à grand bruit, c'est avec fracas qu'elles arrivent. Les maux naturels dont je viens de parler, l'indigence et les maladies, se glissent silencieusement : l'oeil ni l'oreille n'en reçoivent nulle impression de terreur. L'autre fléau marche en grand appareil : le fer et les feux l'environnent et les chaînes et une meute de bêtes féroces qu'il fiche sur des hommes pour les éventrer. Figure-toi ici les cachots, et les croix, et les chevalets, et les crocs ; et l'homme assis sur un fer aigu qui le traverse et lui sort par la bouche ; et va membres écartelés par des chars poussés en sens divers ; et cette tunique enduite et tissue de tout ce qui alimente la flamme ; et tout ce qu'a pu en outre imaginer la barbarie. Non : il n'est pas étonnant que nos plus grandes craintes nous viennent d'un ennemi dont les supplices sont si variés et les apprêts si formidables. Comme le bourreau terrifie d'autant plus qu'il étale plus d'instruments de torture (car l'appareil triomphe de qui eût résisté aux douleurs) ; de même, parmi les choses qui subjuguent et domptent nos âmes, les plus puissantes sont celles qui ont de quoi parler aux yeux. Il y a des fléaux non moins graves, tels que la faim, la soif, les ulcères intérieurs, la fièvre qui brille les entrailles ; mais ceux-là sont cachés : ils n'ont rien à montrer qui menace, qui soit pittoresque : les autres sont comme ces grandes armées dont l'aspect et les préparatifs seuls ont déjà vaincu.
   Veillons donc à n'offenser personne. C'est tantôt le peuple que nous devrons craindre ; tantôt, si la forme du gouvernement veut que la majeure partie des affaires se traite au Sénat, ce seront les hommes influents ; ce sera parfois un seul personnage investi des pouvoirs du peuple et qui a pouvoir sur le peuple. Avoir tous ces hommes pour amis est une trop grande affaire ; c'est assez de ne pas les avoir pour ennemis. Aussi le sage ne provoquera-t-il jamais le courroux des puissances ; il louvoiera, comme le navigateur devant l'orage (2). Quand tu es allé en Sicile, tu as traversé le détroit. Tout téméraire pilote ne tient pas compte des menaces de l'Auster, de ce vent qui soulève les flots de ces parages et les roule en montagnes ; au lieu de chercher la côte à sa gauche, il se jeta sur celle où le voisinage de Charybde met aux prises les deux mers. Un plus avisé demande à ceux qui connaissent les lieux quel est ce bouillonnement, ce que pronostiquent les nuages, et il dirige sa course loin de ces bords tristement célèbres par leurs gouffres tournoyants. Ainsi agit le sage : il évite un pouvoir qui peut nuire, prenant garde avant tout de paraître l'éviter. Car c'est encore une condition de la sécurité que de ne pas trop faire voir qu'on la cherche : tu me fuis, donc tu me condamnes.
   J'ai dit qu'il faut songer à se garantir du côté du vulgaire. D'abord n'ayons aucune de ses convoitises : les rixes s'élèvent entre concurrents. Ensuite ne possédons rien que la ruse ait grand profit à nous ravir ; que ta personne offre le moins possible aux spoliateurs. Nul ne verse le sang pour le sang : ces monstres du moins sont bien rares ; on tue par calcul plus souvent que par haine ; le brigand laisse passer l'homme qui n'a rien sur lui ; sur la route la plus infestée il y a paix pour le pauvre. Restent trois choses, qu'un ancien adage nous prescrit d'éviter : la haine, l'envie, le mépris. Comment y réussir? La sagesse seule nous le montrera. II est difficile en effet de tenir un milieu : je risque de tomber dans le mépris par crainte de l'envie ; et si je me fais scrupule d'écraser personne, on peut me croire fait pour être écrasé : beaucoup eurent sujet de trembler parce qu'ils pouvaient faire trembler les autres. À tout égard prenons nos sûretés : il n'en coûte pas moins d'être envié que méprisé.
   Que la philosophie soit notre refuge. Son culte est comme un sacerdoce révéré des bons, révéré même de ceux qui ne sont méchants qu'à demi. L'éloquence du forum, tous ces prestiges de la parole qui remuent les masses ont leurs antagonistes ; la philosophie, pacifique et toute à son oeuvre, ne donne point prise aux dédains, car tous les arts et les hommes, même les plus pervers, s'inclinent devant elle. Non, jamais la dépravation, jamais la ligue ennemie des vertus ne prévaudront tellement que le titre de philosophe ne demeure vénérable et saint. Qu'au reste notre manière de philosopher soit paisible et modeste.
   Mais, diras-tu, te semble-t-elle modeste la philosophie de M. Caton qui veut repousser la guerre civile avec une harangue, qui se jette au milieu des fureurs et des armes des deux plus puissants citoyens, et tandis que les uns combattent Pompée, les autres César, attaque tous les deux à la fois?
On peut mettre en doute si alors le sage devait prendre en main les affaires publiques. Que prétends-tu, M. Caton? Il ne s'agit plus de la liberté : depuis longtemps c'en est fait d'elle. C'est à qui, de César ou de Pompée, appartiendra la république. Qu'as-tu à faire en cette triste lutte? Tu n'as point ici de rôle : on se bat pour le choix d'un maître. Que t'importe qui triomphera? Le moins méchant peut vaincre : mais le vainqueur sera forcément le plus coupable. Je ne prends ici Caton qu'au dénouement ; mais les années même qui précédèrent n'étaient pas faites pour souffrir un sage, dans ce pillage de la république. Caton fit-il autre chose que frapper l'air de clameurs et s'épuiser en vaines paroles, lorsque enlevé par tout un peuple, jeté de mains en mains et couvert de crachats, il fut arraché du forum, ou qu'il se vit du Sénat traîné en prison?
   Mais nous examinerons plus tard si le sage doit intervenir en pure perte : en attendant je te renvoie à ces stoïciens qui, exclus des affaires publiques, ont embrassé la retraite pour cultiver l'art de vivre et donner au genre humain le code de ses droits, sans choquer en rien les puissances. Le sage ne doit point heurter les usages reçus ni attirer sur lui par l'étrangeté de sa vie les regards de tous. La voilà donc à l'abri des écueils, s'il suit cette ligne de conduite? Je ne puis te garantir cela, pas plus qu'à un homme tempérant la santé, bien que la santé soit le fruit de la tempérance. Des vaisseaux périssent dans le port ; mais que penses-tu qu'il arrive en pleine mer? Combien n'est-on pas plus près du danger quand on exécute et projette mille choses, si le repos même n'est pas une sauvegarde! L'innocent succombe quelquefois, qui le nie? mais le plus souvent c'est le coupable. L'honneur de l'art est sauf quand on reçoit le coup à travers la garde de son épée. En un mot, dans toute affaire c'est la prudence que le sage consulte, non le résultat. Les commencements dépendent de nous : l'événement est à la décision du sort, auquel je ne donne pas juridiction sur moi. Mais les vexations qu'il apporte! mais les traverses! Brigand qui tue n'est pas juge qui condamne.
   Maintenant tu tends la main vers ta stipendie journalière. Tu l'auras pleine d'or pur ; et puisque c'est d'or qu'il s'agit, voici le secret d'en user et d'en jouir avec plus de charme ; Celui-là jouit le plus des richesses, qui a le moins besoin d'elles. – L'auteur? me diras-tu. – Vois combien j'ai l'âme bonne : je m'avise de louer ce qui n'est pas de nous. C'est d'Épicure, ou de Métrodore, ou de tel autre du même atelier. Et qu'importe qui l'a dit, s'il est dit pour tous? Qui a besoin des richesses craint de les perdre ; or une jouissance inquiète n'en est plus une : on veut ajouter à son bien, et en songeant à l'accroître on oublie d'en user. On reçoit des comptes, on fatigue le pavé du forum, on feuillette son livre d'échéances, de maître on se fait intendant.

http://www.seneque.info/lettre14.html

(1) «Lucius Annaeus Seneca, fils du rhéteur et d’Helvia, est né à Cordoue en 4, sénateur sous Caligula, exilé en Corse, sous Claude, en 41, rappelé par Agrippine et nommé précepteur de Néron en 49, consul en 56, ministre en fait pendant le Quinquennium Neronis, disgracié en 62, mort en 65 par ordre de l’Empereur. Comme philosophe, il est le disciple d’une école de moralistes qui a fleuri sous Auguste et Tibère, comprenant les deux Q. Sextius Niger, père et fils, Papirius Fabianus, Attale, Sotion. C’est de cette école que procèdent également les hommes politiques ou philosophes stoïciens tels que Cornutus, Musonius Rufus, Thrasca, Helvidius Priscus.» (René Pichon, Histoire de la littérature latine. Deuxième édition. Paris, Hachette, 1898, p. 488) 

(2) Sénèque n’a pas pu suivre ses propres recommandations – fréquenter un despote et psychopathe comme Néron était périlleux. De sorte qu’il n’a pas eu une mort paisible.  

   À la suite de sa mise en cause, Sénèque demande à Néron d'être relevé de sa charge d’«ami du prince» et propose de lui restituer sa fortune. Néron refuse, mais en 64, bien que Sénèque se soit retiré de la vie publique, Néron, qui a fini par le haïr, tente vainement de l'empoisonner. En 65, il est compromis malgré lui dans la Conjuration de Pison et contraint à un suicide forcé. Il se donne la mort en s'ouvrant les veines sur l'ordre de Néron. 

    «Ensuite le fer lui ouvre les veines des bras. Sénèque, dont le corps affaibli par les années et par l'abstinence laissait trop lentement échapper le sang, se fait aussi couper les veines des jambes et des jarrets. Bientôt, dompté par d'affreuses douleurs, il craignit que ses souffrances n'abattissent le courage de sa femme, et que lui-même, en voyant les tourments qu'elle endurait, ne se laissât aller à quelque faiblesse ; il la pria de passer dans une chambre voisine. Puis, retrouvant jusqu'en ses derniers moments toute son éloquence, il appela des secrétaires et leur dicta un assez long discours. [...] Comme le sang coulait péniblement et que la mort était lente à venir, il pria Statius Annaeus, qu'il avait reconnu par une longue expérience pour un ami sûr et un habile médecin, de lui apporter le poison dont il s'était pourvu depuis longtemps, le même qu'on emploie dans Athènes contre ceux qu'un jugement public a condamnés à mourir. Sénèque prit en vain ce breuvage : ses membres déjà froids et ses vaisseaux rétrécis se refusaient à l'activité du poison. Enfin il entra dans un bain chaud, et répandit de l'eau sur les esclaves qui l'entouraient, en disant : «J'offre cette libation à Jupiter Libérateur.» Il se fit ensuite porter dans une étuve, dont la vapeur le suffoqua. Son corps fut brûlé sans aucune pompe ; il l'avait ainsi ordonné par un codicille, lorsque, riche encore et très puissant, il s'occupait déjà de sa fin.»

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Durant les diverses persécutions religieuses qui ont eu lieu à travers les siècles, les humains ont fait preuve d’une imagination débordante en matière de torture. Celle-ci existe depuis l’apparition de l’espèce humaine. Aujourd’hui, les instruments ont été raffinés avec le soutien de la technologie. Les persécutions dérivent d’idéologies religieuses ou politiques et de la soif de domination; certains pays particulièrement rétrogrades se démarquent dans le domaine. 

Wikipédia : L’Inquisition médiévale était un tribunal ecclésiastique d'exception chargé de lutter contre les hérésies. Elle est introduite devant les tribunaux ecclésiastiques par le pape Innocent III en 1199 et atteint son apogée lors de la répression du catharisme, à la suite de quoi son activité décline, concurrencée par les juridictions nationales. Au XVe siècle, l'Inquisition médiévale disparaît et est remplacée par d'autres formes d'inquisition : l'Inquisition espagnole, l'Inquisition portugaise et l'Inquisition romaine, le Saint-Office.     

Sympatico.ca : Le Moyen Âge est sans doute l'une des périodes les plus sombres de l’histoire de l'humanité. Des ravages de la peste noire aux grandes famines en passant par les guerres incessantes, l’ère de la chevalerie n'était pas de tout repos. Pourtant, rien de cette époque n’est peut-être plus effroyable que les tortures infligées à ceux que l'on estimait devoir punir.

La fourche de l’hérétique : Ce terrible petit objet était utilisé au temps des inquisitions. Une fois installée au cou du prisonnier enchaîné, cette petite fourche à double extrémité empêchait celui-ci de s’endormir sous peine de lui enfourcher le sternum et la gorge.

Voici 10 des plus effroyables tortures du Moyen Âge. Cœurs sensibles s’abstenir! 

http://www.sympatico.ca/actualites/decouvertes/histoire/horribles-tortures-moyen-age-1.1484918   

14 janvier 2021

Les alarmantes hostilités trumpistes

Les Républicains devaient avoir perdu la boule pour conduire un Frankenstein à la présidence. Espéraient-ils qu’en devenant président Donald Trump serait magiquement changé en personne honnête malgré son passé criminel – entre autres financier? 


Photo : Menaçant trumpiste gréé d’une arme blanche contondante appelée «coup-de-poing américain» – tragique ironie langagière! [Wiki : C'est le métal qui vient d'abord en contact, avec les conséquences suivantes : la surface de contact étant petite, la force est très concentrée et l'impact plus efficace qu'à poing nu; le corps de l'arme transmet l'impact à la paume, dont les os sont plus solides que ceux des doigts; la personne qui frappe a moins de risque de s'endommager les mains, ce qui lui permet de frapper d'autant plus fort. Au Canada, le coup-de-poing américain est classé comme arme prohibée.]  

«Campagne électorale : Hostilités portées sur la place publique par les partis politiques, et menées avec les armes conventionnelles du mensonge, du vol, de la haine, du préjugé, du fanatisme, de la calomnie, de la bassesse et de la canaillerie. La lutte se termine ordinairement par la victoire du parti qui a su faire le plus éclatant usage de ces vertus démocratiques.» ~ Albert Brie (Le mot du silencieux, p.227, Fides, 1978)


Albert Brie, écrivain et humoriste québécois [On trouve toujours de l’argent pour faire la guerre, jamais pour vivre en paix]

Le mouvement pro Trump est largement constitué de Libertariens et de conspirationnistes d'extrême droite (QAnon) convaincus que Donald Trump mène une guerre secrète contre une secte libérale mondiale de pédophiles satanistes qui veut dominer le monde entier. S’inspirant de scandales avérés, par exemple celui des prêtres pédophiles catholiques et des politiciens et célébrités mêlés au réseau de prostitution juvénile de Jeffrey Epstein, ils rajoutent d’épaisses couches de calomnies, médisances et faussetés, sans preuves à l’appui; une fantaisie comme le «Pizza Gate» en est une illustration tragicomique.


Caricature : Pascal / Le Devoir 12.01.2021

Donald Trump deux fois destitué – Jamais les représentants du parti présidentiel n’avaient été aussi nombreux à voter en faveur de son impeachment. Jamais un procès en destitution visant un président n’a été tenu après son départ de la Maison-Blanche. La présidence de Donald Trump aura été marquée par d’innombrables entorses à la tradition. Mais personne n’aurait pu penser qu’elle prendrait fin dans une série de précédents dont les conséquences sont aussi incertaines et potentiellement explosives. À une semaine seulement de son départ de la Maison-Blanche, Donald Trump a vu la Chambre des représentants adopter un article d’impeachment l’accusant d’incitation à l’insurrection et le reléguant au rang de paria. La mise en accusation a été adoptée mercredi après-midi par 232 voix contre 197. Le deuxième procès en destitution de Donald Trump devrait avoir lieu après le 20 janvier, date de l’investiture de Joe Biden à titre de 46e président. La journée marquera également le transfert de la majorité au Sénat des républicains aux démocrates. (Richard Hétu / La Presse 13 janvier 2021)

À l’image de leur idole, les trumpistes ne lâchent pas prise!  

ICI Radio-Canada info 13 janvier 2021 :

Un site web antigouvernemental utilise des serveurs situés à Montréal pour encourager des manifestations armées à travers les États-Unis cette fin de semaine, laissant craindre le risque de davantage de violence lors des cérémonies de la prise de fonction du nouveau président à Washington.

   Le site web Tree of Liberty (Arbre de la liberté) prétend être une «plateforme de presse» du mouvement Boogaloo, dont les adeptes sont des proarmes à feu qui se préparent pour une seconde guerre civile américaine. Plusieurs de ses membres ont déjà été accusés d'une série d'infractions violentes, notamment de meurtre, de tentative de meurtre et d'ouverture de feu sur des officiers de police.

   Le site de Tree of Liberty est hébergé par les serveurs montréalais d'OVH, une multinationale de l'info nuagique, dont le siège social est en France. Le site a suggéré à ses utilisateurs qu'ils peuvent échapper à la surveillance des forces de l'ordre parce que le site web est hébergé en dehors des États-Unis. Dans un courriel adressé à CBC News, un modérateur de site web non identifié a écrit que «la location du serveur était plus rentable au Canada».

   Selon plusieurs médias, le FBI a averti les forces de l'ordre locales de se préparer à des manifestations armées auxquelles pourraient assister des extrémistes de la droite. Un modérateur du site Tree of Liberty a encouragé les partisans à apporter des armes à feu aux manifestations prévues dimanche dans les 50 capitales des États. «Ce sera l'occasion pour les Américains, jeunes et vieux, de montrer physiquement au monde entier la quantité massive de citoyens armés dans ce pays», peut-on lire dans un article faisant la promotion des manifestations. (1)

   Dans la section des commentaires, une personne a écrit que les protestations pacifiques ne suffisaient pas et que les exécutions étaient nécessaires pour résoudre les problèmes aux États-Unis.

Article intégral :

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1762821/site-heberge-montreal-encourageviolences-etats-unis

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(1) Rosanne Boyland, 34 ans, la trumpiste tuée lors de l’émeute au Capitole de Washington habitait Kennesaw, une petite ville pimpante aux maisons colorées, située en banlieue d’Atlanta. Trente mille personnes, un petit musée, un collège, des églises et un kiosque de crème glacée. Bref, un endroit tranquille connu surtout pour avoir adopté au début des années 80 un règlement obligeant tous les propriétaires de maison à posséder une arme à feu. (Source : Radio-Canada Info)

11 janvier 2021

Masque, confinement, couvre-feu...

On dit que les annonces de location de chiens pour la promenade pendant le couvre-feu entre 20 h et 5 h – une des rares sorties permises – sont des canulars. Pas certaine de ça, moi, les humains sont capables de tout; les money-makers ne ratent jamais une occasion d’exploiter les animaux. En effet, en Espagne, où un couvre-feu similaire avait été imposé en mars 2020, des propriétaires ont réellement mis leurs chiens en location sur des sites pour permettre à d’autres de prendre des marches.


La suite?  

Le confinement? une opportunité de réforme cérébrale :

«... Nous avons grand besoin de miser sur des cerveaux, de structurer cette société en lui donnant autre chose à espérer que le pouvoir idiot de se bronzer sur le sable et de s’enivrer à coups de shooters.» ~ Jean-François Nadeau (article intitulé Emma, Le Devoir 04.01.2021)

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/592659/emma


5 janvier 2021

L’impudence des voyageurs délinquants


Photo : Rajaraman Arumugam / Shutterstock 

Merci aux étourdis et aux députés délinquants (qui devraient donner l’exemple!) d’avoir fait fi des recommandations concernant les voyages non essentiels à l’étranger – c’est un beau cadeau du Jour de l’An dont on paiera la cascade de conséquences longtemps... La probabilité d’un couvre-feu d’une durée d’un mois plane donc au-dessus de nos têtes. Car en effet, la contamination au coronavirus continue de prendre de la vigueur. Le 28 septembre 2020 le Québec comptait 750 nouveaux cas; le 19 novembre : 1207; le 8 décembre : 1470; et le 4 janvier 2021 : 2546! Bien sûr, les voyageurs ne sont pas les seuls à contribuer à la propagation – les anti-mesures sanitaires font aussi leur part.


Photo : Francis Vachon / Le Devoir  

Loin du Dr Arruda... à Punta Cana, malgré la Covid-19  

Marie-Michèle Sioui / Le Devoir, 25 décembre 2020

La plupart des voyageurs qui se dirigeaient vers le comptoir d’Air Transat pour s’inscrire à bord du vol Québec-Punta Cana, mardi matin, ont poliment décliné les demandes d’entrevue du Devoir. «On va passer pour les méchants encore», a lancé une femme qui faisait rouler sa valise vers le comptoir d’enregistrement.

https://www.ledevoir.com/societe/592168/loin-du-dr-arruda-a-punta-cana

Sur les ailes de l’indécence

Marie Andrée Chouinard / Le Devoir, 31 décembre 2020

[...] Aux yeux de tous ceux et celles qui s’astreignent au train d’exigences sanitaires au nom du bien collectif, les voyages dans le Sud, devenus LE sujet de l’heure cette semaine, symbolisent la quintessence de l’individualisme, l’oubli complet des autres au profit d’un plaisir personnel, la mise en veilleuse aussi de ce avec quoi 2020 devrait pourtant nous avoir permis de renouer, soit le respect d’un certain sens civique. Pour la majorité des citoyens qui ont choisi de faire porter leur sollicitude sur la collectivité plutôt que sur leur unique personne, combien d’insouciants mettent en péril la protection des autres ? Voilà le drame sous-jacent à leurs excès : l’immunité des uns s’arrête là où la morale des autres flanche – même des députés et des ministres n’ont pas pu résister à l’appel du large, ce qui dans leur cas dépasse tout entendement, disons-le. Au Québec, 3000 personnes rentraient au bercail en cette seule journée de mercredi, un nombre appréciable au vu de la contagiosité de la COVID. [...]

https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/592568/voyages-dans-le-sud-sur-les-ailes-de-l-indecence

Délinquant/e/s politiques ayant voyagé à l’étranger

• Pierre Arcand, député du Parti libéral du Québec, voyage d’agrément  

• Youri Chassin, député de la Coalition avenir Québec, voyage d’agrément au Pérou pour aller voir son mari (approuvé par François Legault)

• Rod Phillips, ministre des finances (Ontario), voyage d’agrément

• Joe Hargrave, ministre de la Voirie (Saskatchewan), voyage d’agrément 

• Niki Ashton, porte-parole Transports et Langues officielles NPD (Manitoba), visite de sa grand-mère malade en Grèce

• Kamal Khera (PLC), Pierrefonds–Dollard, Montréal, voyage d’agrément aux États-Unis

• Sameer Zuberi (PLC), Brampton-Ouest, voyage d’agrément aux États-Unis

Députés et membres des équipes gouvernementales albertaines dont les voyages ont été confirmés par CBC News en date du 2 janvier au soir :

• Tracy Allard, ministre des Affaires municipales

• Tanya Fir, députée de Calgary-Peiga

• Jeremy Nixon, député de Calgary-Klein 

• Pat Rehn, député de Lesser Slave Lake  

• Ron Liepert, député de Calgary-Signal Hill [2 fois en Californie depuis mars, il devait effectuer une tâche "essentielle d'entretien à son domicile"]

• Jason Stephan, député de Red Deer-South

• Matt Wolf, directeur de la gestion des enjeux, cabinet J. Kenney

• Jamie Huckabay, chef d’état-major, cabinet J. Kenney

L’Alberta remporte la palme de la délinquance pour le moment. Certains députés ou membres d’équipes gouvernementales ont spontanément démissionné, d’autres ont reçu une petite tape sur les doigts. La liste pourrait s’allonger.  Il est évident que tout ce beau monde se croit au-dessus du commun des mortels.

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Autre conversation avec Serge Bouchard

Vous faites partie des endeuillés de la pandémie qui n’ont pas pu accompagner un proche à l’hôpital. Comment ça s’est passé?

Comme à peu près tous les gens qui ont dû laisser aller quelqu’un, et ils sont nombreux, je n’étais pas à côté de Marie lorsqu’elle a perdu conscience pour toujours, au CHUM. Après, elle a été transportée à la maison et nous avons pu la voir durant deux semaines avant qu’elle meure, mais elle était déjà partie, son cerveau était mort. Pendant les 15 jours qu’elle a été au CHUM, je n’ai pas pu la visiter, la toucher, l’embrasser, lui dire au revoir... Je n’ai qu’un mot, et c’est cruauté. Une cruauté dont personne n’est responsable, on ne peut pas montrer du doigt quelqu’un, c’est comme ça. On s’imagine toujours qu’on sera avec l’être aimé quand il ou elle va mourir. On ne peut pas imaginer qu’on ne pourra lui tenir la main. Pour moi, c’est une cicatrice qui ne disparaîtra jamais. [...]

Et pendant tout ce temps, il y avait la pandémie en arrière-plan. Quel genre de réflexions vous inspire la crise que nous traversons actuellement?

Difficile de dire autre chose que des généralités quand on est dans la sauce, mais je pense que ce ne sera plus jamais pareil. Au moment où on se parle, on est à un point de rupture. On va sortir de la pandémie... ou pas. C’est la grande question. Ça va peut-être continuer encore quelques années, on ne le sait pas. On sent bien qu’il y a quelque chose d’inconnu avec ce coronavirus, quelque chose qui s’est transformé dans le système général de la vie sur terre. Ce n’est pas impossible de penser qu’il y a eu tellement de modifications à l’environnement, tellement d’agressivité envers notre planète qui est liée à notre mode de production et au nombre de personnes impliquées dans l’affaire. Nous sommes 8 milliards de personnes, ça ne peut PAS ne pas avoir un impact sur la vie sur terre. Je lisais un rapport récent qui disait que maintenant, l’activité de l’humain dépasse l’activité de la nature…

C’est comme s’il y avait 14 milliards d’éléphants sur terre, ça paraîtrait. Or, un humain, c’est beaucoup plus gros qu’un éléphant, car chaque humain aspire au bonheur. Et le bonheur, c’est la consommation. Et la consommation, elle n’est plus nationale, elle est mondiale. La planète ne peut pas supporter ces 8 milliards de personnes, alors la nature fait son travail toute seule, elle essaie de nous détruire un peu, de réduire notre démographie. C’est comme ça que je vois les choses. Je sais qu’on n’est pas si heureux en disant les choses comme ça, mais ce n’est pas moi qui le dis. Je vous fais part de mes lectures.

Que pensez-vous de la manière dont le Québec répond à cette crise sans précédent?

Nous sommes une société de 8 millions d’habitants et je considère que les citoyens québécois sont parmi les meilleurs citoyens qu’on puisse trouver. Je suis content d’être québécois. Nous sommes un microcosme de gens qui ne sont pas cons, qui sont bienveillants et relativement gentils. Nous traînons notre proportion de crétins, mais je n’ai jamais vu une société dans le monde avoir éliminé ses crétins.

J’aime penser qu’on est plus proches de créer une humanité que n’importe quel pays que je connais. Nos jeunes générations sont aux études, on a des gens bien formés dans à peu près tous les secteurs de l’activité sociale, on est préoccupés par le sort des démunis. J’en aurais long à défiler… Mais on l’oublie souvent parce qu’on se chicane pour toutes sortes de raisons. Toute ma vie, j’ai entendu dire : «Nous, les Québécois, on est comme ci, comme ça…» On devrait avoir l’honneur de nos propres chicanes et le respect de nos propres débats. [...]

Nathalie Collard

Des nouvelles de serge Bouchard / La Presse, 2 janvier 2021

https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2021-01-02/des-nouvelles-de-serge-bouchard.php

1 janvier 2021

Souhait pour 2021

La pandémie avec ses épisodes de confinement a fourni à plusieurs l’occasion de découvrir la nature et les animaux, ce qui est très positif...

«Marcher dans la nature, c'est comme se trouver dans une immense bibliothèque où chaque livre ne contiendrait que des phrases essentielles. Nous devrions rendre grâce aux animaux pour leur innocence fabuleuse et leur savoir gré de poser sur nous la douceur de leurs yeux inquiets sans jamais nous condamner.» ~ Christian Bobin

Photo : Alexandre Parrot

Les chiens ne se débarrassent jamais des humains.

J’emprunte le souhait de l’écrivain/poète David Goudreault, qu’il a lui-même emprunté. Voici l’origine de ces paroles truffées de sens.

– Patrice Roy : Qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2021...

~ David Goudreault : Pour 2021, je vous transmets le plus beau souhait qu’on m’ait fait dans une activité avec des gens de la Coalition Travail de rue à Sherbrooke. Y’a un homme qui m’avait écrit sur un bout de papier : «Je te souhaite tout le bien que tu penses de moi». Et c’est ce que je vous souhaite, tout le bien que je pense de vous.

Tiré d’une interview au Télé journal de Radio-Canada, le 18 décembre 2020 :

https://ici.radio-canada.ca/tele/le-telejournal-18h/site/segments/reportage/336674/auteur-goudreault-ecriture-poete  


Ce message nous invite à faire attention à ce que nous pensons de nos relations – voyons-nous surtout leurs défauts ou ce qu’elles font de moins bien? Avant d’envoyer ce souhait à quelqu’un, concentrons-nous sur ses aspects positifs et ce qu’il fait de bien, comme ça le souhait sera fondé...

Un «à-côté» :

L'autre midi à la table d'à côté, épisode 3, Louis-José Houde et David Goudreault

L’étoile montante de la littérature et l’humoriste phare de sa génération reviennent sur la genèse de leur élan créatif. Ils échangent également sur la paternité et avouent tous les deux ne pas avoir le bonheur facile.

https://ici.tou.tv/l-autre-midi-a-la-table-d-a-cote/S01E03?lectureauto=1