17 juin 2020

Commettre le pire sans se poser de questions

Deux espèces différentes, des couleurs, des formes et même un langage différents... pourtant, assis côte à côte dans un silence confortable, elles profitent du don de l'amitié et de la vie...


Réforme au sein des forces policières présumées racistes?
En tout cas certaines pratiques policières impitoyables et sadiques comme la prise d’étranglement devraient être bannies à jamais.

«Le président américain Donald Trump a lancé la veille une réforme limitée de la police avec un décret interdisant les prises controversées d’étranglement, sauf en cas de danger pour la vie du policier. Des mesures qui ne devraient guère satisfaire les manifestants américains qui réclament entre autres l’interdiction pure et simple de ces prises.»  

Voilà qui confirme ce qui sautait aux yeux :  

Le policier qui a tué George Floyd «savait ce qu’il faisait»
Joy Powell
Agence France-Presse / 16 juin 2020

(Minneapolis) «Il savait ce qu’il faisait» : en regardant la vidéo de l’agonie de George Floyd, Andre Balian, professeur d'arts martiaux, a immédiatement reconnu son ancien élève Derek Chauvin lorsqu’il l’a vu appuyer son genou sur le cou de l’homme noir pendant près de neuf minutes.
   «Il est impensable qu’il n’ait pas su quel type de dommages il était en train de provoquer ou pouvait provoquer dans cette situation», assure à l’AFP l’instructeur, au sujet du policier blanc dont le geste fatal a provoqué un mouvement historique contre le racisme et les brutalités policières.
   Au moment où des appels à réformer la police émanent des quatre coins du pays, de nombreux experts plaident pour un meilleur examen psychologique des agents, avant leur embauche. 
   Le souvenir de celui à qui il a enseigné, il y a 20 ans, les techniques de combat, évoque à Andre Balian un sentiment de malaise. C’était «un abruti», qui dévisageait les bras croisés toutes les personnes autour de lui, se rappelle le professeur de la Southern Praying Mantis Kung Fu Association du Minnesota. 


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Cette vidéo satirique n’est même pas caricaturale :

Police Brutality Training


“You are here to serve and protect by using excessive force against the people that you protect. Except that it is illegal for citizens to protect themselves against you while you are protecting them with violence against them. It makes it easier to protect them without consequences.”

Take action and create change. Make a donation if you can to any of the following organizations creating change:
George Floyd Memorial Fund https://www.gofundme.com/f/georgefloyd  
Black Lives Matter https://blacklivesmatter.com  
American Civil Liberties Union https://www.aclu.org

Pas fou comme plaidoyer :

Why the Lockdown Should Last Longer


Here's why the lockdown should never end. In the global pandemic the lockdown has been used and extended. Many think it should end. Here's why they're wrong and it should potentially never end.


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L’ultime solution pour extraire toutes les énergies fossiles :

ExxonMobil Simplifies Oil Extraction By Cutting Earth In Half

Photo: THE ONION * (satirical magazine)


IRVING, TX – Emphasizing that the new process would revolutionize the fossil fuel industry forever, ExxonMobil announced Friday that they had developed a simpler process of extracting oil that involved cutting the Earth in half. “According to our research, there is no faster, easier, and more painless way to find deep, previously undiscovered oil pockets than to chop the planet clean in half and take a look at the cross section,” said spokesperson Christina Hill, adding that the process involved slicing the Earth along the prime meridian and then extracting the reserves to a giant oil rig. “While we understand that this will create a 90-degree drop-off point between the eastern and western hemispheres, as well as unleash the Earth’s molten core, this is still a much safer alternative to fracking. Also, after the Earth has been cut in half, we at ExxonMobil fully intend to stick it back together.” At press time, ExxonMobil was under fire for reportedly spilling all 2.1 trillion gallons of untapped oil outer space.

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ExxonMobil simplifie l'extraction du pétrole en coupant la terre en deux

IRVING, TX - Soulignant que le nouveau processus allait révolutionner à jamais l'industrie des combustibles fossiles, ExxonMobil a annoncé vendredi qu'ils avaient développé un procédé plus simple d'extraction du pétrole qui impliquait de couper la Terre en deux. «Selon nos recherches, il n'y a pas de moyen plus rapide, plus facile et plus indolore de trouver des poches de pétrole profondes jusque-là non découvertes que de couper la planète en deux et de jeter un coup d'œil à la coupe transversale», a déclaré la porte-parole Christina Hill, ajoutant que le processus consistait à découper la Terre en tranches le long du méridien originel, puis à extraire les réserves dans une gigantesque plate-forme pétrolière. «Bien que nous comprenions que cela créera un point de chute de 90 degrés entre les hémisphères est et ouest, ainsi que libérer le noyau de la Terre, cela reste une alternative beaucoup plus sûre que la fracturation. Aussi, une fois que la Terre aura été coupée en deux, nous, chez ExxonMobil, avons bien l'intention de la recoller.» Au moment de publier, ExxonMobil était sous le feu des critiques pour avoir déversé 2,1 billions de gallons de pétrole non exploités dans l'espace.

* THE ONION est un magazine de satire sociale et politique.

14 juin 2020

Synthèse du projet de loi 61

Caricature : Serge Chapleau / La Presse 6 juin 2020

Le ministre de l’Administration gouvernementale et président du Conseil du Trésor, Christian Dubé était extrêmement frustré que l’opposition rejette le beau projet de loi 61 concocté par le Coalition avenir Québec – une étape importante vers une gestion économique dictatoriale, c’est-à-dire sans entrave et avec le minimum de consultation (1).

À la suite de cet échec son discours s’est teinté de chantage émotif et politique quasi vindicatif :
   «Ce n’est pas à nous que l’opposition a dit non. Ils viennent de dire non aux Québécois, aux Québécois qui sont en chômage. Est-ce qu’ils sont au courant qu’on est dans une crise?»
   «On a refusé aux Québécois une façon différente de regarder comment on peut mieux travailler pour réduire les délais. Oubliez ça la ligne [de métro] bleue, oubliez ça!»

L’opposition ne disait pas non à la relance économique, mais à la méthode antidémocratique de la mener.

Photoquotes : Journal Le Revoir, média satirique.
Un site à visiter, c’est hilarant https://twitter.com/journallerevoir?lang=fr

La recette existe déjà pour accélérer les évaluations environnementales, même sans PL61
Pour les projets du REM et de l'échangeur Turcot, les promoteurs ont obtenu des autorisations plus rapides en finançant l'ajout de ressources au ministère de l'Environnement. Et avec beaucoup de pression politique, rappellent les fonctionnaires.
   Pour le REM, le promoteur CDPQ-Infra a financé une équipe de fonctionnaires pour suivre l’évolution de dossier, nous a confirmé le gouvernement. Un moyen aussi utilisé par les promoteurs du nouvel échangeur Turcot pour accélérer les choses.
   Quelque cinq fonctionnaires ont ainsi pu se concentrer exclusivement à l'évaluation du projet du REM, grâce à une entente avec le ministère de l'Environnement du Québec.


Projet de loi 61 : la première grande défaite de la CAQ
Le gouvernement de la Coalition avenir Québec vient de subir sa première grande défaite depuis son élection. Celle-ci n'est pas le fait de l’opposition parlementaire, mais de la société civile. Et, pour le gouvernement, cela est considérablement plus sérieux, et les effets seront plus durables.
   Les partis d’opposition ont certes fait leur travail, mais c’est une société civile unanime qui, à la commission parlementaire, aura fait reculer le gouvernement.
   En fait, le gouvernement ne s’est même pas méfié : il a présenté un projet de loi lui donnant des pouvoirs tout à fait démesurés pour la réalisation de 202 projets de relance économique. Il s’agissait tout simplement de démanteler un autre contre-pouvoir, comme il l’avait fait plusieurs fois depuis le début de son mandat.
   Sauf que le projet de loi 61 était si exagéré que ceux qui se sont présentés à la commission parlementaire étaient unanimes pour dire que les pouvoirs demandés venaient saboter les mécanismes de contrôle essentiels dans une démocratie parlementaire. Et surtout, que le gouvernement n’en avait nul besoin pour réaliser son programme de relance économique.


Une structure d’incitatifs qui risque d’aggraver la corruption
Le gouvernement veut s’émanciper des contrôles bureaucratiques habituels pour accélérer le plus possible la reprise de l’économie québécoise. Cet objectif est peut-être louable. Mais le moyen déployé pour y arriver est dangereusement disproportionné. Au nom de l’efficacité et de la liberté de gestion, le projet de loi 61 confère d’importants pouvoirs au gouvernement. Le problème est qu’en contrepartie, aucune garantie crédible n’est offerte sur le plan de la transparence et de l’imputabilité. Dans un projet de loi qui compte des dizaines de pages pour décrire les nouveaux pouvoirs dont s’arrogent l’exécutif, à peine neuf lignes contenues dans un seul article (29) sont consacrées à la reddition de comptes.

Le ministre de l'Environnement accusé d'être «la boniche des promoteurs»
L'opposition est vent debout contre la directive faite aux fonctionnaires du ministère de l'Environnement d'agir «comme s'ils étaient les promoteurs».
   Radio-Canada révélait, vendredi matin, l'existence d'une directive qui enjoint aux fonctionnaires du ministère de l'Environnement d'opérer «un changement de culture».
   «Il ne faut pas être vus comme ceux qui veulent empêcher la réalisation des projets», dit le sous-ministre Marc Croteau dans cette communication interne datée du 25 février.
   Benoit Charette n'a pas souhaité répondre aux attaques de Québec solidaire, mais en entrevue à Radio-Canada, il confirme et partage ce «changement de culture». «C'est un des mandats qui a été confié au sous-ministre», explique-t-il. «Il faut améliorer le service à la clientèle auprès des promoteurs.» 
Le controversé projet de loi, déposé mercredi, pour accélérer la relance économique, concrétise la vision du ministre et de son sous-ministre en venant alléger et assouplir l'évaluation environnementale pour les promoteurs.
   L'organisme Nature Québec pense que le ministère de l'Environnement "utilise la crise sanitaire actuelle" comme «excuse pour assouplir les règles». Plusieurs groupes écologistes sont d'ailleurs montés au front.

La CAQ perd une bataille politique


Le gouvernement du Québec comme entrepreneur minier

Le Saint-Laurent souffre déjà du réchauffement climatique

Le plan nord, version 2.0


(1) La Coalition avenir Québec a toujours défendu des politiques conservatrices de centre droit : réduction de la taille de l'État, nettoyage des finances publiques, abolition de certaines institutions, grande ouverture au secteur privé, création d’une économie de propriétaires, etc. Les ministres n’aiment pas les syndicats. Bref, il s’agit d’une formation politique à la Thatcher / Reagan ou Mulroney / Institut Fraser ou Donald Trump : le développement économique passe par la privatisation et le démantèlement des services publics. Les électeurs qui ont voté pour la CAQ ont dû croire qu’un gouvernement constitué d’économistes et de spéculateurs les aideraient à devenir riches du jour au lendemain. Malheureusement, ce système fonctionne au mérite. Quant à la protection de l’environnement, la CAQ a ouvert les portes à l’exploitation minière, gazière et pétrolière à la grandeur de la province. Pour une poignée de redevances, la CAQ déroule le tapis bleu et au diable les émissions de gaz à effet de serre et la protection du milieu, la sauvegarde des terres agricoles, des rives du fleuve, etc.

Pourquoi héritons-nous de tels dirigeants? «L’une des raisons est la manière dont les multinationales squattent depuis des décennies le système éducatif canadien. Les universités forment les cerveaux dont l’économie capitaliste a besoin. Comment espérer voir surgir des dirigeants pleins de sagesse dans un pays où les écoles enseignent ce que le pouvoir politique leur enjoint d’enseigner?» (Nancy Huston; BRUT, Lux Éditeur, 2015)

5 juin 2020

Des crises que la pensée magique ne résoudra pas

«Depuis qu’il y eu deux hommes sur la terre, cela a été un écœurant spectacle de les regarder agir; cela n’a pas changé depuis et ne changera vraisemblablement jamais. Est-il absolument inévitable qu’il y ait antagonisme entre l’intérêt de l’individu et celui de la collectivité? – Probablement que non. Mais l’on peut, aussi, se demander, pourquoi notre terre, qui pourrait être d’un séjour passablement agréable pour des êtres intelligents, est transformée en enfer par la stupidité de ses habitants.»
~ Alexandra David-Néel


«La responsabilité du choix, c’est aussi oser décider de quel côté on se situe dans une société injuste, traversée de conflits et marquée par l’indignité. C’est pourquoi nous sommes tous des êtres politiques, que nous le voulions ou non. Nous vivons dans une dimension politique fondamentale. Par le fait même d’exister, nous passons un contrat avec tous nos contemporains, mais aussi avec les générations futures.
   Qu’est-ce qui conditionne nos décisions? Qu’est-ce qui oriente les choix que nous faisons, les idées qui sont les nôtres, ce que nous trouvons par exemple inadmissible? Que choisissons-nous de défendre, et que choisissons-nous de rejeter?
     Avoir la possibilité de choisir ce à quoi on consacre son existence est un grand privilège. Pour la très grande majorité des habitants de la planète, la vie est fondamentalement une affaire de survie, dans des conditions dramatiques. [...] Au cours des millénaires, très rares sont ceux qui ont pu se consacrer à autre chose qu’à la survie. [...]
   Les révoltes et les révolutions ont toujours eu le même enjeu. Lorsqu’on ne peut survivre alors qu’on s’échine au travail jusqu’au bout de ses forces, il ne reste pas d’autres solution que de se révolter. C’est après le passage à la révolte que la question du «droit à autre chose» s’affirme et se précise.
[...]
   Ceux qui vivent dans les marges extrêmes d’une société n’on aucun choix.
   Se coucher dans la rue pour mourir n’est pas un choix. Se laisser mourir de faim n’est pas un choix. Nous avons aujourd’hui tous les moyens nécessaires pour éradiquer la misère absolue et hisser l’ensemble des êtres humains vivants au-dessus du seuil de malnutrition. Nous choisissons de ne pas le faire. C’est un choix que je ne peux considérer autrement que comme un acte criminel. Mais il n’existe pas de tribunal habilité à poursuivre, à l’échelle globale, les criminels responsables du fait que la faim et la misère ne sont pas combattues à l’aide de toutes les ressources disponibles. Et qui nous entraînent tous à être complices et à avoir notre part de responsabilité dans ce choix. »
~ Henning Mankell (SABLE MOUVANT, Éditions du Seuil, septembre 2015)

UN RACISME APPAREMMENT INCURABLE

Il est enraciné depuis si longtemps...

Il aurait été vain que des témoins appellent des policiers pour stopper l’agonie par asphyxie de 8 minutes de George Floyd par un des leurs avec la complicité de trois de ses collègues. On aurait cru qu’il s’agissait d’un meurtre en direct comme on en voit paraît-il sur le dark web. «Vas-tu appeler des policiers à ton secours s’ils sont tes ennemis?», résumait un manifestant afro-américain. La jeune femme qui a filmé le meurtre a publié une vidéo où elle témoigne en pleurant à chaudes larmes de son sentiment de totale impuissance à pouvoir l’empêcher; néanmoins le fait de l’avoir diffusée a fait réfléchir le monde entier.

Homicide involontaire, franchement... Derek Chauvin savait ce qu’il faisait; et c’est en voyant l’arrestation filmée par un autre témoin qu’on l’a bien compris.

Le professeur de droit à l’Université de Montréal Hugues Parent ne veut pas spéculer dans le cas du policier Derek Chauvin, n’étant pas un expert du droit criminel américain, mais il entrevoit déjà la question qui surgira. «La question qui se posera est celle-ci : la technique utilisée pour maîtriser le suspect est-elle enseignée et autorisée? La maintenir aussi longtemps peut-elle la rendre illégale? Considérant que George Floyd était neutralisé, le policier peut-il invoquer qu’il craignait pour sa vie?»

La réponse du magazine de satire sociale et politique THE ONION :

News in brief 5/26/20
Minneapolis Police Now Requiring Officers To Undergo Ergonomics Training To Better Protect Knees

MINNEAPOLIS – Apologizing for a lack of oversight following the death of George Floyd after police officer Derek Chauvin pinned him to the ground, Minneapolis Police Department officials announced Tuesday that they are now requiring all officers to undergo ergonomics training to better protect their knees. “After reviewing video of the incident, we are disturbed by the officer repeatedly placing excessive stress on the knee joint, and will immediately implement stretching protocols to ensure this never happens again,” said a spokesperson for the Minneapolis police, noting that the officer’s actions were completely antithetical to the department’s standards for long-term joint health. “Frankly, the officer could have done permanent damage to his ACL while crushing a suspect’s windpipe like that. If our officers are going to be out in the field kneeing people in the neck over and over again, that’s a repeat-use injury just waiting to happen, and we must address it. We need to ensure all of our officers know how to act in a more dangerous situation where they may be required to lift with their backs.” The Minneapolis Police Department added that normally they would place the involved officer on desk duty, but in this case they didn’t want to risk causing further damage to his knees.


Mort de George Floyd : que signifient les accusations contre Derek Chauvin?

Isabelle Richer, chroniqueuse judiciaire  
Radio-Canada Info, 3 juin 2020

La mort de George Floyd par suffocation embrase les États-Unis depuis plus d’une semaine maintenant. Le congédiement du policier Derek Chauvin n’y a rien changé, ni même son arrestation et sa mise en accusation pour meurtre.
   Les accusations contre Derek Chauvin ont été déposées en un temps record à Minneapolis. L’ex-policier a d’abord fait face, vendredi dernier, à un chef d’homicide involontaire et à un autre de meurtre au 3e degré, une accusation qui n’existe pas en droit canadien. D’ailleurs, cette accusation n’existe que dans trois États américains, dont le Minnesota.
   Puis, mercredi après-midi, le procureur général de l’État a annoncé qu’il ajoutait, contre Derek Chauvin, une troisième accusation aux deux autres : un chef de meurtre au 2e degré, soit un meurtre sans l’intention de causer la mort, mais en commettant un crime.
   Il a aussi déposé des accusations de complicité de meurtre pour les trois autres agents de police qui se trouvaient avec lui.

Le 3e degré, proche de la négligence criminelle

L’accusation initiale de meurtre au 3e degré signifiait le fait de "causer la mort de façon non intentionnelle ni préméditée, mais en présentant une indifférence totale à l’égard de la vie d’autrui".
   Cette définition ressemble de façon frappante à la définition de la négligence criminelle dans notre système de droit. Ici, on parle d’"insouciance déréglée ou téméraire à l’égard de la vie d’autrui".
   Quant à l’homicide involontaire, il signifie, comme son nom l’indique, que la mort n’est pas voulue, mais qu'elle n’est pas le résultat d’un accident. La définition, en droit américain, est quasi identique à celle du meurtre au 3e degré.
   Il est hasardeux d’essayer d’établir des parallèles entre le droit américain et le droit canadien. Bien que nous soyons voisins, notre héritage et nos pratiques se distinguent de plusieurs façons.
   On y disait essentiellement que la Cour suprême des États-Unis fait en sorte que les policiers réussissent à s’en tirer même dans des cas de meurtre, en raison d’une immunité relative qui s’est élargie avec le temps.
   Qu’en est-il de cette immunité? De quoi parle-t-on? Existe-t-elle ici?

Immunité relative

Cette «immunité relative» dont on parle aux États-Unis, explique Hugues Parent, professeur de droit à l’Université de Montréal, ne s’applique pas dans les procès criminels. [...]  

Suite :

UNE PANDÉMIE APPAREMMENT DURABLE  

Une crise dont on ne revient pas, selon Alain Deneault

Le Devoir / 1er juin 2020

La lutte contre la COVID-19 nous plonge dans une crise qui bouleverse nos certitudes. Cette crise va-t-elle modifier notre façon de vivre et notre rapport aux autres? Le Devoir a demandé à différentes personnalités de réfléchir aux conséquences de la pandémie dans nos vies. Cette réflexion vous est présentée en page Idées pendant quelques semaines. Aujourd’hui : Alain Deneault, le capitalisme et l’économie.


Entrevue avec Alain Deneault à Desautels Le dimanche :


Regard de philosophe : «Non, tout n’ira pas bien si on continue comme on le fait»

«Il faut vraiment saisir cette occasion pour travailler à une régionalisation des modes d’organisation et à une modération de notre rapport à la consommation.»
   Au-delà de l’urgence sanitaire, Alain Deneault pense que la pandémie du coronavirus, aussi douloureuse soit-elle, doit être l’occasion pour la planète d’observer une halte salvatrice et de repenser son modèle de production et de consommation.
   Le philosophe est sans détour. Dans la fièvre du coronavirus qui s’empare du monde, avec son lot de morts et d’effets collatéraux, il est naturel de s’allier solidairement pour faire front commun à la pandémie, mais il faut se garder de verser dans un optimisme béat.
   Il recommande de ne pas trop se gargariser de slogans triomphants, du genre «Tout ira bien», car, prévient-il, «non, tout n’ira pas bien si on continue comme on l’a fait. C’est la leçon qu’il faut tirer, il ne faut pas se fermer les yeux en disant : tenons bon et bientôt tout continuera comme avant.»
   En entrevue à l’émission Désautels le dimanche, le professeur de philosophie à l’Université de Moncton prône une espèce de catharsis en ces temps de crise. «C’est un moment existentiel, c’est un moment aussi intellectuel où on peut collectivement se demander d’où on vient et où on va. Et qu’est-ce qu’on fait, comment on s’organise et comment s’explique la crise dans laquelle on est?»
   En d’autres termes, il faudrait faire du problème «un élément déclencheur pour penser plus largement notre rapport au monde».


Effets secondaires
Grand Corps Malade



En ces temps confinés on s'est posés un peu
Loin des courses effrénées on a ouvert les yeux
Sur cette époque troublée, ça fait du bien parfois
Se remettre à penser même si c'est pas par choix

Alors entre les cris d'enfants et le travail scolaire
Entre les masque et les gants, entre peur et colère
Voyant les dirigeants flipper dans leur confuse gestion
En ces temps confinés, on se pose des questions

Et maintenant…

Et si ce virus avait beaucoup d'autres vertus
Que celle de s'attaquer à nos poumons vulnérables
S'il essayait aussi de nous rendre la vue
Sur nos modes de vie devenus préjudiciables
Si on doit sauver nos vies en restant bien chez soi

On laisse enfin la terre récupérer ce qu'on lui a pris
La nature fait sa loi en reprenant ses droits
Se vengeant de notre arrogance et de notre mépris
Et est-ce un hasard si ce virus immonde
N'attaque pas les plus jeunes, n'atteint pas les enfants
Il s'en prend aux adultes responsables de ce monde
Il condamne nos dérives et épargne les innocents
Ce monde des adultes est devenu si fébrile
L'ordre établi a explosé en éclats
Les terriens se rappellent qu'ils sont humains et fragiles
Et se sentent peut-être l'heure de remettre tout à plat

Et si ce virus avait beaucoup d'autres pouvoirs
Que celui de s'attaquer à notre respiration
S'il essayait aussi de nous rendre la mémoire
Sur les valeurs oubliées derrière nos ambitions
On se découvre soudain semblables, solidaire
Tous dans le meme bateau pour affronter le virus
C'était un peu moins le cas pour combattre la misère
On était moins unis pour accueillir l'aquarius
Et si ce virus avait le don énorme de rappeler ce qui nous est vraiment essentiel
Les voyages, les sorties, l'argent ne sont plus la norme
Et de nos fenêtres on réapprend à regarder le ciel
On a du temps pour la famille, on ralenti le travail
Et même avec l'extérieur on renforce les liens

On réinvente nos rituels, pleins d'idées, de trouvailles
Et chaque jour on prend des nouvelles de nos anciens
Et si ce virus nous montrait qui sont les vrais héros
Ceux qui trimaient déjà dans nos pensées lointaines
Ce n'est que maintenant qu'ils font la une des journaux
Pendant que le CAC 40 est en quarantaine
Bien avant le Corona l'hôpital suffoquait
Il toussait la misère et la saturation
Nos dirigeants découvrent qu'il y a lieu d'être inquiets
Maintenant qu'il y a la queue en réanimation
On reconnaît tout à coup ceux qui nous aident à vivre

Quand l'état asphyxie tous nos services publics
Ceux qui nettoient les rues, qui transportent et qui livrent
On redécouvre les transparents de la république

Et maintenant…

Alors quand ce virus partira comme il est venu
Que restera-t-il de tous ses effets secondaires
Qu'est-ce qu'on aura gagné avec tout ce qu'on a perdu
Est-ce que nos morts auront eu un destin salutaire

Et maintenant…
Et maintenant…
Et maintenant…
Et maintenant…