19 août 2022

Bientôt le festival du Mensonge

Campagne électorale : lutte pour remporter la médaille d'or du Mensonge. (Boudabla)  


George Bernard Shaw :

• «Il ne sait rien et croit tout savoir. Cela présage indubitablement une carrière politique.»

• «L’homme raisonnable s’adapte au monde; l’homme déraisonnable s’obstine à essayer d’adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l’homme déraisonnable.»

• «L'humanité serait depuis longtemps heureuse si les hommes mettaient tout leur génie non pas à réparer leurs bêtises, mais à ne pas les commettre.»

• «Liberté implique responsabilité. Voilà pourquoi la plupart des hommes la redoutent.» 

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«Campagne électorale : Hostilités portées sur la place publique par les partis politiques, et menées avec les armes conventionnelles du mensonge, du vol, de la haine, du préjugé, du fanatisme, de la calomnie, de la bassesse et de la canaillerie. La lutte se termine ordinairement par la victoire du parti qui a su faire le plus éclatant usage de ces vertus démocratiques.» ~ Albert Brie (Le mot du silencieux)

«[...] Monsieur Neandertal, avec trente grognements signifiants, dix consonnes et trois voyelles, pourrait aujourd'hui faire une carrière politique.» ~ Boris Cyrulnik (L'Ensorcellement du monde)

«C'était une des rares choses qui l'intéressaient encore. Trahir sans être découvert. Répandre des leurres et des illusions. Ses nombreuses années d'activité politique l'avaient convaincu que la seule chose qui subsiste est le mensonge. La vérité habillée en mensonge, ou le mensonge déguisé en vérité.» ~ Henning Mankell (Le Guerrier solitaire)

«Il existe deux types de travail : le premier consiste à déplacer une certaine quantité de matière se trouvant à la surface de la terre, ou dans le sol même; le second, à dire à quelqu'un d'autre de le faire. Le premier type de travail est désagréable et mal payé; le second est agréable et très bien payé. Le second type de travail peut s'étendre de façon illimitée : il y a non seulement ceux qui donnent des ordres, mais aussi ceux qui donnent des conseils sur le genre d'ordres à donner. Normalement, deux sortes de conseils sont donnés simultanément par deux groupes organisés : c'est ce qu'on appelle la politique. Il n'est pas nécessaire pour accomplir ce type de travail de posséder des connaissances dans le domaine où l'on dispense des conseils : ce qu'il faut par contre, c'est maîtriser l'art de persuader par la parole et par l'écrit, c'est-à-dire l'art de la publicité.» ~ Bertrand Russell (Éloge de l'oisiveté)

«Politique n. : Lutte d'intérêts déguisée en débat de grands principes. Conduite d'affaires publiques pour un avantage privé.» ~ Ambrose Bierce (Le dictionnaire du Diable)

«Dans un monde global hautement interconnecté, il faut être irresponsable pour exercer le pouvoir. Un ordinateur imbécile, qui prendrait des décisions au hasard, ne commettrait pas plus d'erreurs qu'un politique averti.» ~ Thierry Crouzet (Le peuple des connecteurs)

«Promesse : Les promesses n'engagent pas ceux qui les font; mais ceux à qui on les fait. POLIT. – Le politicien démagogue fait cent promesses et n'en tient aucune. Le non-démagogue en fait dix, et n'est pas élu. Quant à l'honnête homme – qui tiendrait ses promesses – il fuit la politique.» ~ Georges Elgozy (L'esprit des mots ou l'antidictionnaire)

11 août 2022

La Faucheuse Mitch McConnell

Le sénateur Mitch McConnell me fait penser à une vieille bonne femme grincheuse qui radote et ne cherche qu'à mettre des bâtons dans les roues. L'autre jour j'ai eu un flash : sa ressemble à la Maxine de John Wagner est criante. Certains internautes comparent aussi McConnell à Granny Clampett de la série Hillbillies, un archétype des habitants de la Bible Belt, héritage des Anglicans purs et durs qui ont fui l'Europe et envahi le sud des États-Unis (Southern Baptists). La “Bible Belt”, littéralement “la ceinture de la Bible”, est un terme fréquemment utilisé pour désigner la quinzaine d’États du sud des États-Unis, dont la population se réclame d’un protestantisme rigoriste, une forme de fondamentalisme chrétien.

Fascinant...

«On se demande ce que les États-Unis attendent pour envahir l'Alabama!»

McConnell est très âgé et passé date au plan des idées, des convictions et des croyances, notamment religieuses. Que voulez-vous il est né en Alabama et il est devenu le sénateur du Kentucky. Autrement dit, il gravite dans la Bible Belt avec tout ce que cela inclut d'ultra conservateur.

     On ne s'étonne donc pas que le baptiste forcené soit contre l'avortement, le mariage gay, le système de santé équitable, le contrôle des armes à feu, et bien d'autres choses qui amélioreraient la qualité de vie des Américains. En mai 2022 il a déclaré «qu'une interdiction totale de l'avortement était "possible"». Le vieux snoro n'est pas prêt d'abandonner la partie d'échecs, surtout qu'il a réussi à caser ses pions à la Cour suprême; le but ultime étant le mat. On mentionne une probable entente conclue entre Donald Trump, avide de pouvoir, et les fondamentalistes républicains, avides de contrôle religieux : «Donnez-moi votre soutien et je vous donnerai la Cour suprême». Ainsi fut-il, 80 % des évangélistes blancs ont voté pour Donald Trump.

     Dieu / famille / patrie. Dans le sud, la religion est une arme politique. En 1968, l'instrumentalisation de la religion par l’aile la plus extrémiste du parti républicain fut la stratégie principale de la campagne de Richard Nixon pendant l’élection présidentielle. Il profita des divisions raciales du pays ainsi que de la peur du changement pour rallier le sud à sa cause. Par la suite les aspirants à la présidence n'ont pas eu le choix d'adopter cette stratégie vu la croissance tentaculaire du fondamentalisme. «Aucun bon chrétien ne saurait voter démocrate». [Dans certains États du sud, les athées sont privés de certains droits. Sept États ont conservé dans leur Constitution des articles déclarant que les non-croyants sont inéligibles à de nombreuses fonctions d’intérêt public : Arkansas, Mississippi, Tennessee, Texas, les Caroline du Nord et du Sud, et le Maryland. Ce dernier étend l’interdiction aux jurés et témoins des procès.] Et voilà pour le pays qui se prétend le plus libre du monde!

«Quand les arguments sont basés sur la Bible, Dieu et le Jugement dernier, ça en dit long sur la crédibilité.» (Étienne Lareau)

Courte biographie de McConnell / Wikipédia

Addison Mitchell McConnell Jr., dit Mitch McConnell, né le 20 février 1942 à Sheffield (Alabama), est un homme politique américain, membre du Parti républicain. Il est élu sénateur du Kentucky au Congrès des États-Unis depuis 1985.

     Chef de la minorité républicaine au Sénat de 2007 à 2015, il devient chef de la majorité sénatoriale à partir de la 114e session du Congrès, succédant au démocrate Harry Reid. En 2020, il est à la fois le sénateur du Kentucky et le chef du groupe républicain au Sénat à la plus grande longévité.

Souvent accusé d'obstruction durant la présidence de Barack Obama, Mitch McConnell aide le président Donald Trump à nommer un nombre record de juges conservateurs entre 2017 et 2021.

     Bien que dans la minorité, McConnell utilise les moyens d'obstruction parlementaire (en anglais : filibuster) à sa disposition pour retarder les nominations de juges par Barack Obama, y compris pour des juges qui sont finalement confirmés à l'unanimité du Sénat. En effet, au Sénat, 60 sénateurs (sur 100) sont requis pour clôturer les débats sur une nomination; la minorité peut donc faire durer les débats avant qu'un vote ne soit finalement organisé. La même technique est utilisée par McConnell contre certaines nominations au sein de l'administration, provoquant de nombreuses vacances au sein des administrations et des cours de justice fédérales américaines. En réponse à ces blocages, le chef du groupe démocrate Harry Reid choisit de mettre fin à cette règle des 60 votes pour toutes les nominations, à l'exception de la Cour suprême. Pour la presse, McConnell devient le visage de l'obstruction parlementaire.

     Après les élections sénatoriales américaines de 2014, les républicains redeviennent majoritaires au Sénat et McConnell réalise son ambition de toujours, devenir chef de la majorité du Sénat. S'il annonce vouloir remettre le Sénat au travail, il poursuit l'obstruction. Durant les deux dernières années du mandat d'Obama, seuls 29 % des juges nommés par le président démocrate sont confirmés par le Sénat dirigé par McConnell. Lorsque Barack Obama quitte la Maison-Blanche en 2017, McConnell a créé une centaine de vacances de postes au sein de la justice fédérale, qui seront remplacées par Donald Trump. L'un des principaux exemples de cette opposition aux juges nommés par Obama est le cas Merrick Garland. En mars 2016, McConnell refuse d'organiser des auditions et un vote sur Garland, juge modéré nommé à la Cour suprême des États-Unis par Barack Obama après le décès du juge conservateur Antonin Scalia. S'agissant d'une année électorale, McConnell avance que c'est au futur président, élu en novembre, de choisir ce juge. Donald Trump choisira le remplaçant de Scalia, Neil Gorsuch, un juge conservateur.

     Malgré ses divergences avec Donald Trump, notamment sur le style, Mitch McConnell devient l'un des principaux alliés du président républicain à Washington. Son épouse, Elaine Chao, est d'ailleurs ministre des Transports sous Trump (2017-2021). [McConnell  rencontre Chao au début des années 1990. Ils se marient le 6 février 1993. Chao, dont la famille a fait fortune dans le transport de marchandises entre la Chine et les États-Unis, est également engagée en politique. Elle fut notamment secrétaire au Travail dans l'administration de George W. Bush (2001-2009).]

     Durant les deux premières années de la présidence de Donald Trump, les républicains contrôlent les deux chambres du Congrès des États-Unis. Malgré cela, le Sénat n'arrive pas à adopter l'abrogation de l'Obamacare, tendant la relation entre Trump et McConnell. Leur relation s'améliore par la suite, notamment pour le passage d'une importante réforme des impôts. Ces deux premières années sont également marquées par un nombre record de confirmations de juges, en raison des vacances organisées par McConnell sous Obama; la désignation de juges conservateurs est un des grands objectifs communs du président et du chef des sénateurs républicains.

     Les élections de 2018 voient les républicains conserver le Sénat, mais perdre la Chambre des représentants. Après la victoire des démocrates à la Chambre des représentants, McConnell refuse de soumettre à un vote de nombreux textes adoptés par la Chambre notamment en matière de droit de vote, de contrôle des armes à feu ou d'immigration. Il est alors surnommé la Faucheuse (Grim Reaper) par Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, puis par la presse et par lui-même. En février 2020, McConnell confirme bloquer environ 400 propositions de lois votées par la chambre basse du Congrès, critiquant la «parade gauchiste» proposée par la Chambre des représentants.

Cartoonist: Dave Granlund. (Grim Reaper McConnell)

Lors de la procédure de destitution de Donald Trump durant l'hiver 2019-2020, Mitch McConnell fixe les règles du procès se tenant devant le Sénat. Avant le procès, il prévient qu'il ne sera pas un juge impartial et prédit un acquittement du président par sa majorité. Donald Trump est effectivement acquitté par le Sénat en février 2020. Son soutien au président lui permet d'améliorer sa popularité dans son État du Kentucky.

     Pendant les quatre années de l'administration de Donald Trump, McConnell fait confirmer plus de juges qu'aucun gouvernement fédéral depuis Jimmy Carter dans les années 1970. En juin 2020, les cours d'appel fédérales et les cours de district du pays ne comptent plus un seul siège vacant, une première depuis quatre décennies. Les juges confirmés par le Sénat sous Trump et McConnell sont davantage conservateurs, mais aussi plus blancs (à 85 % contre 64 % sous Obama) et masculins (à 76 % contre 58 % sous Obama). Ces nouveaux juges sont également relativement jeunes, souvent trentenaire ou quadragénaire, permettant aux républicains de rendre la justice plus conservatrice pour de nombreuses années, au grand dam des démocrates.

     Parmi les juges nommés par Trump et confirmés par le Sénat dirigé par McConnell figurent trois juges à la Cour suprême des États-Unis : Neil Gorsuch en 2017, Brett Kavanaugh à 2018 et Amy Coney Barrett en 2020. Cette dernière nomination est particulièrement décriée par le camp démocrate, qui pointe l'hypocrisie de McConnell : Barrett est confirmée par le Sénat en octobre 2020 à quelques jours de l'élection présidentielle, alors que McConnell avait refusé d'auditionner Merrick Garland en 2016, à huit mois de l'élection, pour laisser les électeurs choisir l'orientation prise par la Cour suprême. McConnell estime cependant que la situation est différente, puisqu'en 2016 le président et la majorité sénatoriale n'appartenaient pas au même parti.

     Malgré sa reconnaissance de la défaite de Donald Trump à la mi-décembre 2020, le Sénat dirigé par Mitch McConnell n'organise aucune audition des membres du gouvernement nommés par Joe Biden avant le 19 janvier 2021. Cette date est bien plus tardive que pour les précédentes administrations, intervenant la veille de la prise de fonction de Joe Biden, le 20 janvier.

     En janvier 2021, Mitch McConnell est reconduit sans opposition à la tête du groupe républicain au Sénat. Le groupe devient cependant minoritaire, en raison des victoires démocrates lors des élections sénatoriales (en particulier des victoires de Raphael Warnock et Jon Ossoff en Géorgie) et de la victoire démocrate à l'élection présidentielle, la vice-présidente Kamala Harris devenant en effet la voix décisive du Sénat qui comprend 50 républicains et 50 démocrates (dont deux indépendants siégeant aux côtés des démocrates).

31 juillet 2022

Derrière Glencore : d'authentiques escrocs

Pensez-vous qu'une multinationale comme Glencore se soucie de santé publique d'environnement? Si oui, votre degré de naïveté est incurable. Les propriétaires / actionnaires sont des escrocs, des experts en corruption et pollution. Je ne comprends pas pourquoi les journalistes de la presse officielle ne fournissent pas d'informations sur la bande de crapules à la tête de ce conglomérat. En voici quelques-unes (1) – c'est peu mais c'est mieux que rien.

Steven Guilbeault (au fédéral) et Benoit Charette (au provincial) ne sont pas les ministres de l'Environnement mais les ministres (lobbytomisés) des Énergies fossiles. Ils sont enchaînés à des lobbies qui veillent à la perpétuation de l'extraction / production d'énergies fossiles (entre autres).

Modus operandi des lobbies – «Ce qui est intéressant dans ce mode de pensée, c’est de voir les multinationales, qu’elles soient issues de l’industrie ou du secteur bancaire, et de les penser non plus comme des entreprises engagées dans des secteurs d’activité particuliers, mais comme des pouvoirs qui exercent une autorité avec un mode opératoire qui leur est propre et dans un rapport particulier à la loi.

     Ces groupes industriels ou financiers ont une souveraineté qui est comparable à celle des États. On doit désormais traiter les multinationales comme des pouvoirs et non plus comme des entreprises, c’est-à-dire non plus comme un ensemble sur lequel les autorités publiques sont censés veiller, à la manière d’acteurs relevant de la société civile, mais bien comme des pouvoirs autonomes, capables d’interagir avec les États, avec des dirigeants qui traitent d’égal à égal avec ceux des gouvernements, et qui s’imposent comme des acteurs des relations diplomatiques (comme lorsqu’elles signent l’accord sur le climat en 2015 en leur nom). Ces multinationales sont aussi des entités qui évoluent dans des relations juridiques et des systèmes de règlements des conflits qui n’ont plus rien à voir avec le droit traditionnel et qui sont créés par et pour elles.

     Les multinationales dans leur rapport aux pouvoir politique, mais aussi à la presse, créent les conditions dans lesquelles elles peuvent dicter ces lois. Ce mode opératoire ne peut fonctionner que dans un rapport de domination sur le pouvoir politique et les médias.

     Le rapport à la loi est effectivement complexe. Les multinationales achètent des décisions législatives. Si elles dépensent des sommes aussi importantes dans l’activité de lobbying, c’est bien qu’il y a en contrepartie une marchandise à acheter. … Les législateurs n’ont plus de prises pour réguler ces activités et le rapport entre les dégâts commis sur le plan économique, humain ou environnemental et la contrainte légale ou juridictionnelle est très largement défavorable aux États.» ~ Alain Deneault (extrait d'un entretien au sujet de son essai Le totalitarisme pervers)

https://www.revuepolitique.be/bienvenue-dans-lere-du-pouvoir-totalitaire-pervers-entretien-avec-alain-deneault/

On peut imaginer la quantité d'enveloppes brunes et de gros cadeaux qui circulent…

Photo : Sophie Mediavilla-Rivard, 27 juillet 2022; vue partielle du site de la Fonderie Horne qui sème l'arsenic à tout vent à Rouyn Noranda. Glencore en est propriétaire.

La Fonderie Horne a demandé un plafond d’arsenic 20 fois supérieur à la norme

La Fonderie Horne a proposé au gouvernement Legault un nouveau plafond d'émissions d'arsenic de 60 nanogrammes par mètre cube d'air, soit 20 fois la norme québécoise, a appris Radio-Canada. La demande, qui date de mai, sera dévoilée aujourd'hui par Québec.

     Depuis 2021, l'usine doit émettre un maximum de 100 ng/m³, soit 33 fois la norme québécoise. Des négociations sont en cours pour lui imposer un plafond beaucoup plus sévère.

     La norme québécoise est de 3 ng/m³. Selon nos informations, l'ancien gouvernement de Jean Charest avait tenté d'imposer cette norme à la Fonderie Horne, avant de reculer, il y a une quinzaine d'années.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1900912/demande-autorisation-autorisation-fonderie-horne

Arsenic de la Fonderie Horne : le «rendez-vous manqué» de 2004

Québec a essayé, puis renoncé, à imposer la norme québécoise à la Fonderie Horne, il y a près de 20 ans, révèlent des documents et une ex-fonctionnaire de l’époque.

     La Fonderie Horne est passée proche de devoir respecter un plafond d'émission d'arsenic semblable au reste du Québec, mais l'ancien gouvernement libéral de Jean Charest a reculé face aux arguments de l'entreprise. C'est ce que dévoilent des compte-rendu de rencontres entre la compagnie et des fonctionnaires, obtenus par Radio-Canada.

     Les documents montrent que, dès 2004, un comité formé du ministère de l'Environnement et de la santé publique voulait imposer à la fonderie un plafond de 10 nanogrammes d'arsenic par mètre cube (ng/m³) dans l'air, à partir de mai 2006, et contraindre la compagnie à présenter un plan et un échéancier pour atteindre 3 ng/m³, soit la norme valable dans le reste de la province.

     Mais les négociations ont échoué. La compagnie s'en est plutôt tirée avec le droit d'émettre 200 ng/m³, après 2007. La mesure est prise à la station légale d'échantillonnage, dans le quartier Notre-Dame, proche de la fonderie.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1900707/fonderie-horne-archives-etudes-pollution-rouyn-norme

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(1) Un aperçu

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Glencore

Glencore PLC est une importante entreprise anglo-suisse de négoce, courtage et d'extraction de matières premières. Elle résulte de la fusion le 2 mai 2013 de Glencore, et de Xstrata. Elle est basée en Suisse à Baar, dans le canton de Zoug. Le groupe provient d'une société fondée par Marc Rich, un homme d'affaires belge controversé, qui a acquis plusieurs nationalités, dont américaine. Il a été condamné aux États-Unis pour violation d'embargo de 1983 à 2001 et accusé en 1983 par un grand jury fédéral américain de plus de 50 chefs d'inculpation; ayant fui en Suisse, il a finalement été gracié après avoir fait partie de la liste des dix fugitifs les plus recherchés du FBI.

     En 2016, le groupe employait 155 000 personnes (dans 50 pays). Selon les données disponibles (fournies par l'entreprise lors de ses ventes d'actions), Glencore contrôlerait en 2011 environ 60 % du zinc mondial, 50 % du cuivre, 30 ou 38 % de l'aluminium, 25 % ou 28 % du charbon, et environ 10 % du grain et 3 % du pétrole. Le groupe contrôlerait aussi au moins 45 % du marché mondial du plomb, un métal stratégique (pour les batteries, le nucléaire, l'armement et les munitions de guerre, de chasse et de tir sportif, le plomb tétraéthyle, etc.) dont le prix a beaucoup grimpé.

     Son fondateur, Marc Rich a été poursuivi à plusieurs reprises pour corruption et évasion fiscale.

     Depuis 10 ans, Glencore est régulièrement citée dans des affaires de corruption et de pollution. Après avoir œuvré durant 37 ans dans un halo de mystère, cette société très controversée qui a reçu en 2008 le prix du Public Eye Awards de la multinationale la plus irresponsable, est entrée en bourse en 2011. Son patron, Ivan Glasenberg, est présenté comme «le premier courtier du monde», avec 15,8 % des actions du groupe, représentant une enveloppe de 10 milliards de dollars (7 milliards d’euros), ce qui devrait forcer la multinationale à un peu plus de transparence.

Activités

Selon son site internet, Glencore est un groupe international de production intégrée et de marketing des matières premières ayant des activités dans la «production, l'approvisionnement, la transformation, le raffinage, le transport, le stockage, le financement et la fourniture de métaux et minéraux, produits énergétiques et produits agricoles» provenant de la production du groupe Glencore lui-même ou de tiers.

     Glencore fournit aussi de l'ingénierie financière et logistique et d'autres services de la chaîne d'approvisionnement pour un large éventail de producteurs et consommateurs de produits.

     Les clients sont principalement des industries métallurgiques, agroalimentaires (270 000 hectares de terres en culture déclarées en 2011), automobiles ou pétrolières et de production d'énergie ou de carburant (3 % du pétrole négocié dans le monde en 2010, avec de gros projets (en développement) en offshore au large de l'Afrique, mais aussi gaz, charbon, coke, etc.).

     Le chiffre d'affaires de Glencore a atteint 177,4 milliards de dollars en 2016. Son bénéfice net aurait été de 3,8 milliards de dollars en 2010.

     Le groupe posséderait aussi 55,7 milliards d’euros (79,8 milliards de dollars) de biens et 13,39 milliards d'euros (19,6 milliards de dollars) de participations dans d'autres entreprises.

     Glencore a mis au point un système d'intégration verticale sans précédent (il était en 2011 par exemple propriétaire de près de 300 000 hectares de terres agricoles productives), tout en ayant «accès unique à l'information sur la production et la distribution» (du grain et des métaux ferreux), renforcé par «des bureaux présents partout dans le monde» note Devlin Kuyek, chercheur à GRAIN, une ONG travaillant sur le thème de la sécurité alimentaire; selon lui il est préoccupant que les gens détenant cette information soient aussi des spéculateurs (Cf. possibles délit d'initié et conflit d'intérêt et possibilité de parier sur l'instabilité des marchés alimentaires et des matières premières).

     Le groupe est aussi devenu assez puissant et monopolistique pour être peut-être devenu «l'une des rares sociétés minières capable de fixer les prix, plutôt que de les subir», selon Chris Hinde, directeur de la rédaction du magazine spécialisé «Mining Journal» qui ajoute que ce groupe qui possède des mines et emploie aussi les agents de change qui dans le domaine du commerce des matières premières œuvrent dans «un monde assez secret» et «fixent effectivement le prix de certains produits très importants».

Controverses et suspicions d'illégalités

En 2001, le groupe a, en Colombie sur le site des mines de charbon de Cerrejon, dont il est coexploitant, rasé le village de Tabaco, brûlé le contenu des tombes du cimetière et exproprié ses habitants de force avec la complicité des autorités et de l'armée. Malgré une décision de justice confirmée par la Cour suprême de Colombie de 2003 de devoir reconstruire le village et indemniser les habitants, celle-ci n'était toujours pas appliquée trois ans plus tard.

     La société est aussi dénoncée par le syndicat des mineurs pour corruption et violations graves des droits de l'être humain. Ailleurs, à Bahia Portete (La Guajira) le peuple indien Wayuu a été chassé de ses terres ancestrales par, entre autres, une unité de l'armée habituellement «employée» par la mine pour surveiller ses installations; une partie de la population, 43 personnes, a été massacrée et les survivants, 600 familles, expulsés au Venezuela.

     Les atteintes à l'environnement (pollution atmosphérique, détournement de rivières, pollution de l'eau) avaient fait l'objet de promesses de Glencore aux populations touchées : approvisionnement suffisant en eau potable et réinstallation pour les villages touchés par la pollution de l'air. En 2016, aucune des promesses n'est tenue, à l'exception d'un approvisionnement insuffisant en eau de qualité douteuse, et la société Glencore indique qu'il s'agit uniquement de retards dont les causes seraient dues en partie aux demandes peu claires des populations concernées.

[Des histoires semblables il en existe dans plusieurs pays, par exemple en France, en Bolivie, en Zambie, au Congo, et actuellement à Rouyn Noranda au Québec!]

Nomination de Tony Hayward

En 2014, la nomination de Tony Hayward comme président de Glencore Xstrata a été très controversée, notamment dans la City de Londres où certains investisseurs ont jugé cette nomination incompatible avec la direction du conglomérat (Tony Hayward est l'ancien président de BP, souvent considéré comme responsable de la catastrophe de Deepwater Horizon 4 ans plus tôt dans le Golfe du Mexique; Hayward était déjà membre du conseil d'administration et président par intérim depuis que Sir John Bond avait été renversé lors de l'assemblée générale annuelle de 2010). L'un des investisseurs institutionnels a vendu toutes ses parts dans Glencore en signe de protestation.