18 décembre 2012

La peur du 21/12/12


Bien sûr, on ne peut guère rassurer les gens qui ont une peur extrême de la mort. D’autant plus que c’est la peur no. 1 dont découlent toutes nos folies pour s’en protéger; par exemple, tuer plein de monde… De toute façon, l’humanité a-t-elle jamais respecté le commandement tu ne tueras point depuis qu'il a été proposé?

Si jamais le ciel nous tombait sur la tête vendredi (je n’y crois pas) rappelez-vous que :

- Tout le monde a une date d’expiration plus ou moins éloignée.
Personne n’y échappe, pas davantage le croyant que l’athée.

- Si quelqu’un croit que la vie continue après la mort du corps physique, et que c’est vrai, tant mieux pour lui… Et s’il n’y a rien, eh bien, ce n’est pas grave, il ne s’en rendra pas compte puisqu’il n’existera plus! ~ Jacques Languirand 

Articles pouvant aider à relativiser un peu : http://situationplanetaire.blogspot.ca/2012/12/science-et-doomsday.html http://situationplanetaire.blogspot.ca/2012/10/choix-cornelien.html http://situationplanetaire.blogspot.ca/2012/08/et-si-apres-la-mort.html http://situationplanetaire.blogspot.ca/2010/07/whoops.html
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Pensée du jour :
Sorry but prayers and giving your kids hugs fix nothing; only having the balls to stand up to our insane selfish gun culture will. ~ Bill Maher, December 17, 2012

17 décembre 2012

Serez-vous là demain?


Le secret d’une vie remplie est de vivre et de se relier aux autres comme s’ils n’allaient pas être là demain, comme si vous n’alliez pas être là demain. Cela élimine le vice de la procrastination, le péché de l’ajournement, les communications ratées, les communions ratées. Cette pensée m’a rendue de plus en plus attentive à toutes les rencontres, à tous les meetings, à tous les nouveaux contacts pouvant renfermer une semence de profondeur et qui pouvaient être négligés par insouciance. Ce sentiment est devenu une rareté, et encore plus rare maintenant que nous avons atteint un rythme plus rapide et superficiel, maintenant que nous croyons être en contact avec un plus grand nombre de gens, plus de gens, plus de pays. C’est une illusion qui peut nous faire croire que nous sommes profondément en contact avec celui qui respire à côté de nous. Une époque dangereuse où les voix mécaniques, les radios et les téléphones prennent la place des intimités humaines, où le concept d’être en contact avec des millions appauvrit de plus en plus l’intimité et la vision humaines.
 
~ Anaïs Nin
 
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Vivez chaque jour comme si c’était le dernier,
on ne sait jamais…
 
Quand allez-vous mourir? Dans cinquante ans? Dans vingt, dix ou cinq ans? Demain? Je me demande souvent, quand j’écoute les informations, si la personne qui s’est tuée dans un accident de voiture en revenant du bureau avait pensé à dire tout son amour aux membres de sa famille. A-t-elle eu une vie heureuse? Pleine et enrichissante? La seule certitude, c’est qu’elle laisse derrière elle un certain nombre de «dossiers à traiter»…
 
Nul ne sait combien de temps il lui reste à vivre. Mais curieusement, nous nous comportons comme si nous étions éternels. Nous renvoyons à plus tard ce qui pourtant nous tient le plus à cœur – dire à nos êtres chers combien nous les aimons, passer du temps seul, faire une longue randonnée à pied, développer notre écoute, etc. Nous ne sommes jamais en panne d’excuses et de prétextes pour justifier nos atermoiements. Résultat : nous dispersons notre énergie en activités dérisoires.
 
J’ai trouvé bon de conclure ce livre par cette simple suggestion : vivez chaque jour comme si c’était le dernier. Non pas pour vous inciter à faire des folies ou à jeter vos responsabilités aux orties, mais pour vous rappeler combien l’existence est un bien précieux. 
 
Richard Carlson, Ne vous noyez pas dans un verre d’eau
 
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Life is too short to be small. ~ Lewis Hyde
[La vie est trop courte pour être petite.]

 

16 décembre 2012

Landfill Harmonic : l’impossible possible



Des instruments de musique fabriqués avec des rebuts de dépotoirs.

D'un côté il est révoltant de voir des gens  contraints de procéder ainsi tandis que nous prenons tout pour acquis et gaspillons outrageusement. De l'autre côté, on voit que l’âme trouve toujours le moyen d’exprimer sa créativité, qu'elles que soient les limites matérielles… 

Depuis l’aube des temps la musique a eu le pouvoir de nous couper des horreurs de la réalité. 

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«La musique n’est pas un métier, c’est la vie, tout simplement!»
~ Grigory Sokolov

«La musique. Probablement la langue véritable du subconscient, la langue universelle au-delà du possible.»  
~ Louis Geoffroy

«La musique nous aide à construire nos vies spirituelles, nous apaise, nous console, nous redonne de la joie, nous rend allègre, nous fait danser, chanter.»
~ Éric-Emmanuel Schmitt

«Les voies de la musique sont mystérieuses.»
~ Yann Apperry

15 décembre 2012

Manifeste inspirant!

“The Holstee Manifesto”, written by Holstee founders
Michael Radparvar, Dave Radparvar, and Fabian Pfortmüller in 2009 
 
C’est ta vie. Fais ce que tu aimes, et fais-le souvent.
Si tu n’aimes pas une chose, change-la.
Si tu n’aimes pas ton job, quitte-le.
Si tu n’as pas assez de temps, cesse de regarder la télé.
Si tu cherches l’amour de ta vie, arrête; il viendra quand tu commenceras à faire des choses que tu aimes.
Cesse d’analyser, la vie est simple.
Toutes les émotions sont belles.
Quand tu manges, apprécie chaque bouchée.
Ouvre ton esprit, tes bras et ton cœur aux choses et aux gens; nous sommes unis dans nos différences.
Demande à la prochaine personne que tu verras ce qu’est sa passion, et partage ton rêve avec elle.
Voyage souvent; te perdre t’aidera à te trouver.
Certaines opportunités ne se présentent qu’une fois, saisis-les.
La vie c’est les gens que tu rencontres et les choses que tu crées avec eux; alors, sors et commence à créer.
La vie est courte.
Vis ton rêve et partage ta passion.

Une belle équipe de motivés/motivants :
http://blog.holstee.com/
http://refreshed.is/

14 décembre 2012

Pour les enfants de Newtown

Deux magnifiques textes d’Yves Duteil


Pour l’amour d’un enfant

Pour l’amour d´un enfant
Arrêter le temps
Pour seule arme
Une larme
Et pourtant
Les chagrins de la nuit
Se sont évanouis
Le bonheur
Au fond des cœurs
A fleuri

L’aventure
Laisse aux blessures
Un goût de miel
Quand l’amour
Au point du jour
A dans ses ailes
Un morceau du ciel
Un morceau du ciel

Les amis sont partis
Vivre au paradis
Leur silence
Est aussi dense
Que la nuit
Leur histoire
Dans nos mémoires
Est venue faire son nid

Les amis sont partis
Vers une autre vie
Leur bonheur
Était ailleurs
Aujourd´hui

Mais quelque part
Dans nos espoirs
Ils sont encore ici
Où leur histoire
Dans nos mémoires
Est venue faire son nid
Quelque part
Dans nos mémoires
Et dans nos rêves aussi
 
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Pour les enfants du monde entier

Pour les enfants du monde entier
Qui n’ont plus rien à espérer
Je voudrais faire une prière
À tous les Maîtres de la Terre

À chaque enfant qui disparaît
C'est l’Univers qui tire un trait
Sur un espoir pour l´avenir
De pouvoir nous appartenir

J'ai vu des enfants s’en aller
Sourire aux lèvres et cœur léger
Vers la mort et le paradis
Que des adultes avaient promis

Mais quand ils sautaient sur les mines
C´était Mozart qu’on assassine
Si le bonheur est à ce prix
De quel enfer s’est-il nourri?

Et combien faudra-t-il payer
De silence et d’obscurité
Pour effacer dans les mémoires
Le souvenir de leur histoire?

Quel testament, quel évangile
Quelle main aveugle ou imbécile
Peut condamner tant d’innocence
À tant de larmes et de souffrances?

La peur, la haine et la violence
Ont mis le feu à leur enfance
Leurs chemins se sont hérissés
De misère et de barbelés

Peut-on convaincre un dictateur
D’écouter battre un peu son cœur?
Peut-on souhaiter d’un président
Qu´il pleure aussi de temps en temps?

Pour les enfants du monde entier
Qui n’ont de voix que pour pleurer
Je voudrais faire une prière
À tous les Maîtres de la Terre

Dans vos sommeils de somnifères
Où vous dormez les yeux ouverts
Laissez souffler pour un instant
La magie de vos cœurs d´enfants

Puisque l’on sait de par le monde
Faire la paix pour quelques secondes
Au nom du Père et pour Noël
Que la trêve soit éternelle

Qu’elle taise à jamais les rancœurs
Et qu’elle apaise au fond des cœurs
La vengeance et la cruauté
Jusqu’au bout de l’éternité

Je n’ai pas l'ombre d'un pouvoir
Mais j’ai le cœur rempli d’espoir
Et de chansons pour aujourd’hui
Que sont des hymnes pour la vie

Et des ghettos, des bidonvilles
Du cœur du siècle de l’exil
Des voix s’élèvent un peu partout
Qui font chanter les gens debout

Vous pouvez fermer vos frontières
Bloquer vos ports et vos rivières
Mais les chansons voyagent à pied
En secret dans des cœurs fermés

Ce sont les mères qui les apprennent
à leurs enfants qui les reprennent
Elles finiront par éclater
Sous le ciel de la liberté

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COMMENTAIRE

Curieusement, le drame se passe au moment où Guy Turcotte est libéré. En ce qui me concerne, je doute qu’il soit mûr pour être lâché lousse en société…

Espérons que le personnel médical suivra sa médication quotidiennement. J’ignore ce qu’on lui prescrit, mais juste avec les benzodiazépines l’on peut voir une dépendance physique et psychique s’installer en quatre à six semaines. Résultat : le jour où l’on cesse leur utilisation (ou si le patient ne les prend pas correctement), l’organisme réagit en produisant des symptômes de sevrage semblables aux problèmes qu’on voulait traiter au départ – ils ont été conçus pour soulager l’anxiété et l’insomnie, les attaques de panique, les hallucinations, la dépression, les obsessions, la paranoïa, les poussées de rage et d’agressivité, aider au sevrage d’autres médicaments ainsi qu'à l’alcool. Ce sont des dépresseurs du système nerveux central et ils ont tous des effets profonds sur le corps et l’esprit.

Vous aimerez peut-être, au sujet de l’affaire Turcotte, la seconde partie de l’article «L’enfant» :



Pourquoi pareille tuerie d'enfants?

Je viens tout juste t'entendre la nouvelle. Tantôt je riais de la caricature d'Unger, mais là, j'ai envie de pleurer...

À quand un vrai registre de contrôle des armes à feu – TOUTES catégories?!  
On devrait même imiter le Japon : interdiction des armes à feu. Point.

On rapportait le commentaire de quelqu’un qui disait : «Dieu va s’occuper de tout, il n’est pas nécessaire de renforcer le contrôle des armes à feu.»
Big deal.

NOUS sommes responsables de nos folies meurtrières, ce n'est même pas le diable.

«Je suis partout mais je ne suis pas là.» ~ Dieu

En fait, voilà ce que "Dieu" pourrait faire de nous, car nous avons littéralement perdu la boule! Un clip de Bruno Bozzetto :

Bonne idée!

 
«Elle essaie de stimuler l'économie
avec ma carte de crédit.»
 
Cartooniste: Jim Unger
 
Ouah-ha, au moins y'en a qui ne perdent pas
leur sens de l'humour!


Retour d’ascenseur

All gone! 
 
Intéressant et effrayant de voir comme l’histoire se répète fidèlement
 
Source :
Le Principe de Lucifer  
Une expédition scientifique dans les forces de l’histoire
Howard Bloom
Le Jardin des Livres

Une place au sommet de l’ordre de préséance n’est pas permanente. Le superorganisme dominant s’endort parfois. Il tombe avec suffisance dans le piège fatal, pensant que sa position supérieure est un don de Dieu, que son sort heureux est éternel, que son statut imposant est gravé dans la pierre. Il oublie que tout ordre de préséance est temporaire et ne se souvient plus à quel point la vie peut être affreuse ici-bas. Il doit alors faire face à une désagréable surprise.

Existe-t-il des cultures tueuses?

Il n’y a pas de barbares, mais des cultures barbares. Il y a simplement des cultures que nous n’avons pas pris le temps de comprendre. Des cultures auxquelles nous n’avons pas apporté suffisamment d’aide. Des cultures qui ont besoin de se développer. Sous la peau, les hommes et les femmes sont tous les mêmes. Ils ont les mêmes besoins, les mêmes émotions et les mêmes idéaux. Si vous alliez simplement boire un café avec ces personnes dont vous parles avec mépris, vous découvririez qu’elles sont comme vous et moi.

[Note : dans les extraits suivants, l’auteur brosse un portrait sommaire des hauts et des bas de l’ordre de préséance dans l’histoire de la Chine.] 

Le mystère de la suffisance

Dans un monde où certaines cultures élèvent la violence au rang de vertu, le rêve de paix peut être fatal. Il peut nous faire oublier que nos ennemis sont réels et dissimuler à notre vue les sombres impératifs de l’ordre de préséance superorganismique.

Pendant des milliers d’années la Chine fut un empire d’une taille et d’une stabilité incroyables. Sa technologie et sa richesse suscitait l’envie de ses voisins. Alors que les empereurs romains utilisaient toujours des catapultes mécaniques, les généraux chinois déployaient des mortiers à poudre à canon. Dès le quatrième siècle avant J.C., les princes chinois envoyèrent des armées d’un demi-million d’hommes à la bataille et ces légions étaient équipées de matériel que les Européens de cette époque ne pouvaient même pas imaginer.

Mais les Chinois étaient de temps en temps aveuglés par leur propre puissance. Glissant dans la conviction réconfortante qu’il leur suffisait de souhaiter ne pas avoir de guerre, ils rejetaient l’idée de la venue des barbares. En 280, Wu Ti regarda le colosse qu’il dirigeait et découvrit qu’il avait des problèmes économiques : le commerce stagnait. Les populations étaient pauvres et accablées d’impôts insupportables. La Chine était attirée dans le vide par un poids qui avait grossi telle une tumeur : son budget militaire. Les impôts étaient absorbés par les besoins de la gigantesque armée et la plupart des pièces de monnaie du pays avaient été fondues pour fabriquer des armes, forçant les marchands à abandonner l’argent et à revenir au troc. Il y avait si peu de monnaie disponible que même les bureaucrates du gouvernement devaient être payés en céréales et en soir. Wu Ti décrétât un désarmement général. Le gouvernement espérait que ces anciens fantassins s’installeraient comme fermiers et deviendraient des citoyens imposables, participant au réapprovisionnement des coffres vides de l’administration.

Une fédération de tribus nomades dépourvues de perfectionnements civilisés et du talent pour la créativité technologique propres aux Chinois rôdaient aux frontières du pays. Mais ses chefs avaient étudié toutes les nuances de l’administration, des armes, et de l’art chinois. Et ils possédaient un avantage significatif. Ils n’avaient aucun scrupule à tuer. En réalité c’était leur divertissement favori. Cette constellation tribale s’appelait les Hsiung-nu. Nous les connaissons mieux sous le nom de Huns. Au premier abord, personne ne pouvait croire que les Huns représentaient une menace sérieuse. Leur armée se composait seulement de cinquante mille hommes. Mais en 309, la machine militaire relativement réduite des Huns attaqua la capitale chinoise, Lo-Yang. Les chinois se défendirent avec ténacité, mais ils avaient un sérieux désavantage. S’étant réorganisé en vue de la paix, ils n’étaient plus équipés pour la guerre. Les Huns ont remporté la victoire. Un empire plus grand que tous les états européens réunis était tombé, parce qu’il avait ignoré la menace des barbares. Pendant deux cents ans la Chine fut gouvernée par un groupe barbare puis par un autre.

Au onzième siècle, à nouveau convaincue qu’elle pouvait utiliser sa grande force pour inaugurer une ère de paix, la Chine opta pour la diplomatie et y réussit parfaitement. Elle découvrit qu’il coutait moins cher de faire la paix avec ses ennemis en leur payant des tributs, que d’entretenir une armée éléphantesque, et elle se mit donc à payer ses ennemis. Pour maintenir ces grosses puissances au loin, la Chine se mit insidieusement en coulisses à semer le trouble. Non pas un trouble qui menacerait sa sécurité, mais qui poussait ses ennemis à se chamailler. Après tout, plus ils se querellaient entre eux, moins ils ennuyaient les Chinois. Le plan fonctionna à merveille, si bien que les Chinois tout comme leurs ennemis purent démanteler leurs complexes militaires et injecter l’argent économisé dans l’économie nationale. Ce trésor détourné entraina un élan de prospérité.

Et en 1114, le scénario s’est reproduit avec des hordes de gueux qui rôdaient autour des frontières chinoises…

Pourquoi la prospérité n’entraine pas la paix

Il y a une faille dans notre croyance selon laquelle, grâce à l’élimination de la faim et à l’augmentation des revenus du tiers-monde, la paix s’étendra sur le monde, et que l’éradication de la famine et de la pauvreté fera disparaitre les agressions et les meurtres. L’histoire montre qu’un niveau de vie en hausse et une plus grande assiette de nourriture peuvent être de véritables catalyseurs qui libèrent une tornade de violence!

Robert L. O’Connell, spécialiste de l’histoire militaire, soutient que les périodes d’optimisme et les explosions de créations de nouvelles armes vont de pair. La guerre et le rêve de conquête sont, semble-t-il, moins alimentés par la pauvreté que par le parfum entêtant des nouvelles richesses.

Au douzième siècle, les Mongols étaient un peuple nomade, vivant dans les plaines de l’Asie orientale. Leur économie était basée sur les chevaux. À la fin du douzième siècle et au début du treizième, les Mongols bénéficièrent d’un essor économique : le beau temps augmenta leurs provisions de fourrage, permettant une hausse spectaculaire du nombre de poulains. Interprétant l’augmentation du pâturage comme un signe que Dieu leur offrait le monde entier, ils partirent se livrer à des saccages. En moins de soixante-dix ans, ils conquirent un territoire presque deux fois plus grand que l’Empire romain. Il comprenait la Chine, la Russie, la Perse, la Syrie, l’Irak et des régions de l’Europe de l’Est. Cet empire ne fut pas réuni grâce à leur douce persuasion. Un descendant mongol, Tamerlan, est célèbre pour avoir construit 120 tours avec des têtes décapitées dans l’opulente cité de Bagdad.

Mais pourquoi le carnage suit-il si fréquemment une augmentation du bienêtre? Un indice peut être fourni par cet étrange phénomène : le taux de meurtres s’accroit après une guerre. L’on pourrait penser que cette hausse concerne principalement les nations vaincues, dont les citoyens sont frustrés et serrent les dents face à leur infortune, mais tel n’est pas le cas. Les meurtres augmentent surtout dans les pays vainqueurs. Le phénomène a été observé chez les animaux. Une fois que la bande victorieuse soumet ses rivaux, les membres de la troupe de vaincus luttent moins fréquemment entre eux. Mais à l’intérieur du groupe dominant, qui est en passe d’acquérir de nouveaux espaces, les interactions agressives augmentent. Pourquoi? Selon des études chez les singes, les niveaux de testostérone augmentent chez les vainqueurs et baissent chez les perdants. La testostérone rend les vainqueurs agités, confiants et agressifs. Les stéroïdes pris par les athlètes, par exemple, sont une version synthétique de la testostérone naturelle – élixir par excellence de la bagarre. Ces substances peuvent engendrer une hardiesse qui frôle la folie. La pauvreté rend passif et inerte, mais l’arrivée de la prospérité stimule un vif désir de profiter encore plus de la vie.

[Dernier paragraphe de l’épilogue]

Mais il y a de l’espoir quant au fait que nous nous libèrerons un jour de la sauvagerie. L’évolution a offert une nouveauté à notre espèce : l’imagination. Grâce à ce don, nous rêvons de paix. Notre tâche, la seule peut-être à pouvoir nous sauver, est de transformer ce dont nous rêvons en réalité. Pour façonner un monde où la violence cessera d’exister. Si nous pouvons atteindre ce but, nous pourrons encore échapper à notre destin de progéniture très précaire, de justes héritiers de ce qui est à la fois le plus grand don et la plus infâme malédiction de la Nature, de derniers enfants du Principe de Lucifer.

12 décembre 2012

Travail de moine

J’ai enfin corrigé tous les messages illisibles – typo trop pâle à cause du design à fond noir installé à un certain moment. Job de moine… j’ignorais qu’il y en avait autant. 

Mais il y a des gens qui sont plus moines que moi.
 
Détermination, minutie, précision, délicatesse et patience : des qualités indispensables au travail de ces artistes.

Mais en réalité, s’adonner à une vraie passion ne requiert aucune patience; le temps n’existe plus. Ô bonheur! Ce sont des exercices de méditation active d’une certaine façon.

De l'éphémère et du fragile...

1. L’art de corder son bois. Artiste inconnu.  
Chouette non?  

 
 
2. Calvin Nicholls 
L’artiste ontarien crée des sculptures de papier. Plusieurs de ses oeuvres
ont servi à des campagnes publicitaires, livres pour enfants, etc.
http://www.calvinnicholls.com/
 
 
 
3. Ian Davie
Établi en Angleterre, l'artiste peint sur des plumes de cygnes collectées
au parc national de Snowdonia au Pays de Galles.
Une fois les plumes lavées et séchées, il les peint avec des acryliques spéciaux.
Une œuvre requiert au moins une semaine de travail.



4. Mandalas tibétains
Les moines tibétains réalisent de fabuleux mandalas avec du riz coloré.
Une fois achevés, ils les détruisent pour démontrer qu'on doit ne doit pas
s’attacher aux choses terrestres.

Photo : Henri Guillou
 
 
5. Alexander Folk
Sculpteur de coquilles d'oeufs d’origine russe.
Je n’ai pas trouvé de biographie.

 

11 décembre 2012

Feu l’écriture cursive?!

Retour à la une, vu que la question est dans l'air, ici même...  
Oublions l'ancien titre : Derniers Mots d'été 4, du 23 août 2011.   


L’écriture cursive est une œuvre d’art, un dessin reflétant notre individualité.

Graduellement le geste graphique s’automatise chez l’enfant et avec l’âge la spontanéité motrice permet à l’expression graphique de se personnaliser.

Car l’écriture est geste et expression.

Du gribouillis à l’écriture scolaire, de l’imitation à la calligraphie personnalisée, notre écriture change parce qu’elle suit le mouvement de nos états d’âme et de notre évolution. Elle exposera tour à tour : ouverture d’esprit, repli sur soi, ambivalence, intégration, maturité, générosité, finesse, dissimulation, agressivité, détresse, anxiété, inhibition, volonté, sensibilité, etc.

Son rôle est libératoire. Avec le dessin libre et les rêves, l’écriture est un terrain neutre si l’on peut dire, où les tendances réprimées peuvent s’exprimer, s’extérioriser, et dans une certaine mesure, se libérer. Elle joue souvent le rôle d’une soupape, tout comme le dessin qui utilise le même matériau psychologique. Il n’y a pas de commune mesure entre le dessin par ordinateur et le dessin au pinceau. Les deux servent des buts créatifs, mais ô combien différents! L’écriture et le dessin sont de précieux instruments de connaissance de soi.

Avec l’adoption massive du message électronique, nous sommes désormais inondés d’abréviations, d’acronymes et de jargon indéchiffrable. La langue s’est fait massacrer et parallèlement l’écriture cursive a pris une méchante débarque. Quant aux lettres manuscrites elles se font rarissimes.

Et voilà qu’il se passe une chose étrange en certains états américains où l’on envisage de retirer l’écriture cursive des programmes d’enseignement. Les professeurs se plaignent de ne pas disposer du temps nécessaire pour l’enseigner. Les jeunes ont de la difficulté à déchiffrer l’écriture manuscrite autrement qu'en lettres moulées. Un professeur disait à ce propos : «Lorsque j’écris au tableau, je dois absolument écrire en lettres moulées si je veux que tout le monde comprenne.» Étant donné que tout se fait par ordinateur, même les examens au primaire, les jeunes apprennent à taper sur un clavier d’ordinateur avant d’apprendre à écrire à la main. En Géorgie, l’enseignement de l’écriture cursive ne fait plus partie du curriculum. Mais certains professeurs protestent et font pression pour le réintégrer.

Dans la «vraie vie» nous avons besoin de savoir écrire – des lettres, des étiquettes, des listes, des formulaires, etc. Lorsqu’on pense à toutes ces choses de la vie quotidienne, il semble illogique et inconséquent d’éliminer l’écriture cursive des programmes d’enseignement. Et puis, pouvez-vous imaginer recevoir/envoyer une lettre d’amour en gros caractères bâtons? Simplement prévenir ce scénario constitue une raison suffisante pour voir à ce que chacun apprenne les rudiments de l’écriture cursive – le minimum nécessaire.

Néanmoins, le jour où les parents devront eux-mêmes enseigner à leurs enfants à «se dessiner» par l’écriture n’est peut-être pas si loin…



Brouillon de Victor Hugo - Toute la Lyre