Elon Musk, Donald Trump et J. D. Vance
Voici un portrait lucide de
l'administration psychopathe américaine; on multiplie les décrets stupides, les
mensonges et les insultes odieuses – notamment à l'égard de Volodymyr Zelenski.
C'est J. D. Vance (le chien d'attaque) qui a initié l'affrontement virulent avec le président de
l'Ukraine. Quelle outrecuidance! Ce trio ne cesse de pointer le doigt sur les
minorités visibles, les minorités sexuelles et les immigrants pour tous les
problèmes de l’Amérique; comment se fait-il que les citoyens visés par les propos
violents, le sexisme, le racisme et les mensonges de Trump ont voté pour lui, et même en dépit de sa criminalité?
Le 5 mars 2025, [Claude Malhuret] devient «la nouvelle coqueluche des opposants à Trump» selon un journaliste du Figaro. Sa prise de parole, traduite en anglais américain, est reprise sur les réseaux sociaux puis par les médias aux États-Unis et dans d'autres pays. Interrogé sur l'impact de son discours, il se dit non surpris, loue les traducteurs, et estime que «les Américains souhaiteraient entendre la même chose de la part de leurs élus». (Wikipédia)
[Claude Malhuret est médecin, avocat et homme politique. Président de Médecins sans frontières et cofondateur du site Doctissimo, il est maire de Vichy de 1989 à 2017, député européen de 1989 à 1993, député de la quatrième circonscription de l'Allier de 1993 à 1997 et secrétaire d'État chargé des Droits de l'homme de 1986 à 1988. Il est sénateur de l'Allier depuis 2014 et préside le groupe Les Indépendants – République et territoires (LIRT) au Sénat depuis 2017.] (Wikipédia)
Cette bombe médiatique
mérite d'être écoutée (lue) et diffusée à grande échelle!
Guerre en Ukraine : «Washington est devenu la cour de Néron», lance Claude Malhuret
Transcription [je me suis permis de rajouter des passages omis par le transcripteur]
L'Europe est à un tournant critique de son histoire. Le bouclier américain se dérobe, l'Ukraine risque d'être abandonnée, la Russie renforcée.
Washington est devenu la cour de Néron. Un empereur incendiaire, des courtisans soumis et un bouffon sous kétamine [Elon Musk] chargé de l’épuration de la fonction publique. C’est un drame pour le monde libre, mais c’est d’abord un drame pour les États-Unis. Le message de Trump est que rien ne sert d'être son allier puisqu'il ne répondra pas, qu'il vous imposera plus de droits de douane qu'à ses ennemis, et vous menacera de s'emparer de votre territoire tout en soutenant les dictatures qui vous envahissent.
Le roi du deal est en train de montrer ce qu’est l’art du deal à plat ventre. Il pense qu’il va intimider la Chine en se couchant devant Poutine, mais Xi Jinping, devant un tel naufrage, est sans doute en train d’accélérer les préparatifs de l’invasion de Taïwan. Jamais dans l'histoire, un président des États-Unis n'a capitulé devant l'ennemi. Jamais aucun n'a soutenu un agresseur contre un allié. Jamais aucun n'a piétiné la constitution américaine, pris autant de décrets illégaux, révoqué les juges qui pourraient l'en empêcher, limogé d'un coup tout l'état-major militaire, affaiblir tous les contre-pouvoirs, et pris le contrôle des réseaux sociaux. Ce n’est pas une dérive illibérale, c’est un début de confiscation de la démocratie.
Rappelons-nous qu'il n'a fallu qu'un mois, trois semaines et deux jours pour mettre à bas la République de Weimar et sa constitution. J'ai confiance dans la solidité de la démocratie américaine, et le pays proteste déjà. Mais en un mois, Trump a fait plus de mal à l'Amérique qu'en quatre ans de sa dernière présidence.
Nous étions en guerre contre un dictateur, nous nous battons désormais contre un dictateur soutenu par un traître. Il y a huit jours, au moment même où Trump passait la main dans le dos de Macron à la Maison Blanche, les États-Unis votaient à l’ONU avec la Russie et la Corée du Nord contre les Européens, réclamant le départ des troupes russes. Deux jours plus tard, dans le bureau ovale, le planqué du service militaire donnait des leçons de morale et de stratégie au héros de guerre Zelensky, avant de le congédier comme un palefrenier en lui ordonnant de se soumettre ou de se démettre. Cette nuit, il franchi un pas de plus dans l'infamie en stoppant la livraison d'armes pourtant promise. Que faire devant cette trahison? La réponse est simple : faire face. Et d'abord ne pas se tromper. La défaite de l'Ukraine serait la défaite de l'Europe. Les pays Baltes, la Géorgie et la Moldavie sont déjà sur la liste. Le but de Poutine est le retour à l'Yalta où fut cédé la moitié du continent à Staline. Les pays du Sud attendent l'issu du conflit pour décider s'ils doivent continuer à respecter l'Europe ou s'ils sont libres de la piétiner. Ce que veut Poutine, c'est la fin de l'ordre mis en place par les États-Unis et leurs alliés il y a 80 ans, avec comme premier principe l'interdiction d'acquérir des territoires par la force. Cette idée est à la source même de l'ONU ou aujourd'hui les Américains votent en faveur de l'agresseur contre l'agressé parce que la vision trumpienne coïncide avec celle de Poutine : un retour aux sphères d’influence, les grandes puissances dictant le sort des petits pays. À moi le Groenland, le Panama et le Canada; à toi l’Ukraine, les pays Baltes et l’Europe de l’Est; à lui Taïwan et la mer de Chine.
On appelle cela dans les soirées des oligarques de Mar-a-Lago le réalisme diplomatique.
Nous sommes donc seuls. Mais le discours selon lequel on ne peut résister à Poutine, est faux. Contrairement à la propagande du Kremlin, la Russie va mal. En trois ans, la soi-disant deuxième armée du monde n'a réussi à grappiller que des miettes d'un pays trois fois moins peuplé. Les taux d'intérêt à 25 %, l'effondrement des réserves de devises et d'or, l'écroulement démocratique montrent qu'elle est au bord du gouffre. Le coup de pouce américain à Poutine est la plus grande erreur stratégique jamais commise lors d'une guerre.
Le choc est violent, mais il a une vertu : les Européens sortent du déni. Ils ont compris en un jour à Munich que la survie de l’Ukraine et l’avenir de l’Europe sont entre leurs mains et qu'ils ont trois impératifs : accélérer l’aide militaire à l’Ukraine pour compenser le lâchage américain, pour qu'elle tienne et bien sûr pour imposer sa présence et celle de l'Europe dans toute négociation. Cela coûtera cher, il faudra en terminer avec l'utilisation des avoirs russes gelés, il faudra contourner les complices de Moscou à l'intérieur de même l'Europe par une coalition des seuls pays volontaires, avec bien sûr le Royaume-Uni. En second lieu, exiger que tout accord soit accompagné du retour des enfants kidnappés, des prisonniers, et de garanties de sécurité absolues, Après Budapest, la Géorgie et Minsk nous savons ce que valent les accords Poutine. Ces garanties passent par une force militaire suffisante pour empêcher une nouvelle invasion. Enfin, et c'est le plus urgent, parce que c'est qui prendra le plus de temps, il faut rebâtir la défense européenne négligée au profit du parapluie américain depuis 1945 et sabordée depuis la chute du mur de Berlin. C’est une tâche herculéenne. Mais c'est sur sa réussite ou son échec que seront jugés dans les livres d'histoire les dirigeants de l'Europe démocratique d'aujourd'hui. Friedrich Merz vient de déclarer que l'Europe a besoin de sa propre alliance militaire, C'est reconnaître que la France avait raison depuis des décennies en plaidant pour une autonomie stratégique. Il reste à la construire. Il faudra investir massivement, renforcer le front européen de défense hors des critères d'endettement de (…?), harmoniser les systèmes d'armes et de munitions, accélérer l'entraide de l'Union à l'Ukraine qui est aujourd'hui la première armée européenne, repenser la place de la dissuasion nucléaire à partir des capacités françaises et britanniques, relancer les programmes de boucliers anti missiles et de satellites
Le plan annoncé hier par Ursula von der Leyen est un très bon point de départ. Et il faudra beaucoup plus. L'Europe ne redeviendra une puissance militaire qu'en redevenant une puissance industrielle. En un mot il faudra appliquer le rapport Draghi pour de bon. Mais le vrai réarmement de l'Europe, c'est son réarmement moral. Nous devons convaincre l'opinion face à la lassitude à la peur de la guerre et surtout face aux comparses de Poutine, l'extrême droite et l'extrême gauche. Ils ont encore plaidé hier à l'assemblée nationale contre l'unité européenne, contre la défense européenne. Ils disent vouloir la paix. Ce que ni eux ni Trump ne disent c'est que leur paix c'est la capitulation, la paix de la défaite, le remplacement d'un De Gaulle-Zelenski par un Pétain ukrainien à la botte de Poutine, la paix des collabos qui ont refusé depuis trois ans toute aide aux Ukrainiens. Est-ce la fin de l'Alliance Atlantique? Le risque est grand, mais depuis quelques jours, l'humiliation publique de Zelenski et toutes les décisions folles prises depuis un mois ont fini par faire réagir les Américains. Les sondages sont en chute, les élus Républicains sont accueillis par des foules hostiles dans leurs circonscriptions, même Fox News devient critique. Les Trumpistes ne sont plus en majesté, ils contrôlent l'exécutif, le parlement, la cour suprême et les réseaux sociaux, mais dans l'histoire américaine les partisans de la liberté l'ont toujours remporté. Ils commencent à relever la tête.
Le sort de l'Ukraine se joue dans les tranchées, mais il dépend aussi de ceux qui aux États-Unis veulent défendre la démocratie et ici de notre capacité à unir les Européens à trouver les moyens de leur défense commune et à refaire de l'Europe la puissance qu'elle fut un jour dans l'histoire et qu'elle hésite à redevenir.
Nos parents ont vaincu le fascisme et le communisme, au prix de tous les sacrifices. La tâche de notre génération est de vaincre les totalitarismes du XXIe siècle.
Vive l'Ukraine libre! Vive l'Europe démocratique!