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7 août 2012

Le Pactole du Plan Nord

Publié le 30 mai 2011 - où en sommes-nous en ce 7 août 2012?
Que choisirons-nous?  

La légende du roi Midas

«Selon Ovide, un jour, des paysans phrygiens trouvèrent un vieillard obèse, couronné de roses et ivre mort. Ils le conduisirent à Midas, leur souverain, qui reconnaît dans le vieillard, Silène, le compagnon et le précepteur de Dionysos. En son honneur, Midas offrit une joyeuse bacchanale, puis le roi conduisit son hôte auprès de Dionysos. 
      Heureux de retrouver son ami, le dieu invita Midas à formuler un vœu. S’adressant à Dionysos, Midas lui dit alors : «Fais que tout ce que je toucherai se transforme en or.» Dionysos accéda au désir du roi. 
      Impatient, Midas voulut éprouver son pouvoir et arracha une branche à un chêne; aussitôt, elle se mua en or. Il prit une pierre; elle se transforma en pépite. Il en fut de même d’une motte de terre, d’un épi, d’une pomme, de la porte du palais, et de l’eau quand Midas voulut se laver les mains. L’infortuné éprouva une désagréable surprise lorsqu’il se mit à table et que la nourriture se changea en or. Angoissé, Midas supplia Dionysos de lui pardonner et de le délivrer. Le dieu l’entendit et lui ordonna d’aller se laver dans la source du ruisseau Pactole. Midas fut ainsi débarrassé de son funeste privilège.»

La morale de l’histoire n’est pas difficile à tirer :  
L’avide veut avaler le monde entier.
Mais en définitive, il n’aura que des galettes d’asphalte à se mettre sous la dent.

Notez que je n'ai rien contre la richesse utilisée à bon escient.

***
Flore arctique

Extraits d’un article de Greenpeace

«… La question forestière, [est] pratiquement absente de la couverture médiatique obnubilée par les méga chantiers miniers et hydro-électriques promis. Or ce fameux plan qui couvre pratiquement toute la forêt boréale, ouvre la porte à l’exploitation de nouveaux territoires nordiques fragiles, vierges et actuellement à l’abri des coupes. Un désastre écologique et un potentiel marasme économique qui devraient faire l’objet d’une plus grande attention de la part de tous les québécois. (…)
      Raser le Nord : quand l’avidité dépasse la raison
      Alors que les derniers chiffres du Vérificateur général montre que les Québécois paieront 7171 millions de dollars en dépenses fiscales d’ici 2013 pour subventionner les chemins forestiers pour les compagnies forestières – eh oui, en plus de payer pour le reboisement et autres dépenses forestières, vous payez 90% des chemins forestiers dédiés à la coupe en forêt publique - , voilà que le gouvernement Charest veut faire pénétrer les chemins en zone jusqu’alors impensable économiquement et insensée écologiquement parlant.
      Aucune compagnie forestière n’est assez kamikaze pour investir dans des coupes à plus de 300 km de l’usine sans avoir des subventions généreuses, des crédits d’impôt abondants et autre soutien de l’État. Voilà que le Plan Nord pave la voie pour aller récolter ces forêts peu denses, peu productives, extrêmement fragiles et si lentes à se régénérer. Signe que la forêt du «Sud», mise à mal par une exploitation abusive depuis des décennies, ne suffit plus à rassasier les ardeurs de ce gouvernement avide de développement tous azimuts.»

En savoir plus :
http://www.greenpeace.org/canada/fr/Blog/plan-nord-qubec-ouvre-la-voie-un-nouveau-dsas/blog/34738
Plan Nord : page 65-70 sur la question forestière
Réaction de Greenpeace au Plan Nord
Réaction des groupes environnementaux au Plan Nord

***
Frère Marie-Victorin et Léonard DE VINCI s’arracheraient les cheveux s’ils vivaient au Québec en ce moment - ou n'importe où sur la planète, à vrai dire.  

Extrait de la préface à la première édition de
FLORE LEURENTIENNE
Frère Marie-Victorin, É.C.;
Les Presses de l’Université de Montréal; réédition 1964

«Je dédie ce livre à la jeunesse nouvelle de mon pays, et particulièrement aux dix mille jeunes gens et jeunes filles qui forment la pacifique armée des Cercles des Jeunes Naturalistes. Ce sera mon humble contribution à une œuvre pressante : le retour des intelligences aux bienfaisantes réalités de la Nature, au Livre admirable et trop souvent fermé, à cette Bible qui parle le même langage que l’autre, mais où si peu d’hommes savent lire les rythmes de beauté et les paroles de vie.

Devant les spectacles affligeants d’aujourd’hui, devant le désarroi du monde, beaucoup d’esprits mûrs se demandent si nous n’avons pas fait fausse route en condamnant le cerveau de nos enfants et de nos jeunes gens à un régime exclusif de papier noirci, si la vraie culture et le véritable humanisme n’exigent pas une sorte de retour à la Terre, où les Antée que nous sommes, en reprenant contact avec la Nature qui est notre Mère, retrouveraient la force de vivre, de lutter, de battre des ailes vers des idéals rajeunis!

Au fort de cette inquiétude, nous nous retournerons vers le Passé d’où monte une voix immortelle, la voix de quelqu’un qui croyait que la science complète et l’amour parfait sont une seule et même chose, la voix de cet homme étonnant qui pouvait à la fois s’élever aux plus hautes spéculations mathématiques et rêver le Christ de la Cène.

Léonard DE VINCI parcourait un jour avec ses élèves la campagne ensoleillée de Florence. Après d’une ruine, on venait d’exhumer une admirable statue grecque, une Vénus de marbre encore mal dégagée de sa gangue terreuse. La maître s’agenouilla auprès de la déesse, sortit de sa poche un compas, un goniomètre, un rapporteur de cuivre, et, curieusement, commença à mesurer les proportions des différentes parties du corps. Ses doigts glissaient sur le marbre, vérifiaient des rapports connus de lui seul.

- Maître, dit le disciple Giovanni, comment cherchez-vous ainsi la divine proportion? Voudriez-vous réduire la beauté à la froide mathématique? Les Anciens n’ont-ils pas atteint la perfection en toutes choses, et la nôtre n’est-elle pas de les prendre pour modèles?
- Celui qui peut s’abreuver à la source, n’a que faire de boire dans un vase, fut-il d’or ou de vermeil! dit l’artiste, souriant dans sa longue barbe blanche.
- Maître! s’écria Giovanni, si vous estimez que les Anciens ne nous ont offert qu’une coupe dorée, où donc est la source?
- La Nature! Et Léonard, sourd aux protestations de son disciple, reprit son compas.

L’illustre Florentin ne faisait que rappeler la vérité enseignée par le grand Éducateur du monde à ceux qui le suivaient sur les collines de Judée et dans la plaine des Philistins… Que la jeunesse du pays laurentien écoute la voix du sublime artiste de la Cène, et qu’elle réponde à la douce invite du Christ aux hommes : Considérez le Lis des Champs!»  

3 avril 1935

Daine arctique

«… Sur ce squelette qu’est généralement une flore, nous avons voulu mettre un peu de chair et de peau, faire courir dans ce grand corps les effluves de la vie. Les espèces végétales sont situées dans un système d’antécédences temporelles et spatiales. Le cycle vital de chacune d’elles est une histoire qui se raconte, et toutes ces histoires s’enchaînent, s’engrènent, s’équilibrent dans la grande mosaïque que composent à la surface de l’exceptionnelle planète Terre, les innombrables vies végétales et animales. Enfin, les plantes ont mille points de contact avec l’homme, s’offrant à lui, l’entourant de leurs multitudes pour servir ses besoins, charmer ses yeux, peupler ses pensées : elles ont en un mot une immense valeur humaine.»

Citations de Marie-Victorin concernant les régions arctique et hudsonienne :

«La région arctique du Québec est restreinte à une étroite bande à l’extrême nord, bande qui s’élargit au nord-ouest de l’Ungava en un vaste triangle grossièrement équilatéral, mesurant environ 350 milles de côté. Tout ce pays est occupé par une formation végétale particulière, la toundra, où prédominent les Mousses et les Lichens, particulièrement le Lichen des Caribous. Le sol constamment gelé jusqu’à une grande profondeur, ne dégèle, sur une épaisseur d’un pied au plus, que durant une courte saison.
      Cette mince couche de sol utilisable par la végétation maintient cependant, outre les Mousses et les Lichens, une flore particulière importante, flore fortement xérophytique, dépourvue d’arbres, mais riche en types éricacés, flore en somme intéressante et parfois très belle : on sait en effet que les fleurs arctiques ont souvent une large corolle vivement colorée. Nombre d’espèces d’Hyménoptères contribuent à pollinisation des fleurs, et les Moustiques, qui jouent aussi un rôle pollinisateur en certains cas, abondent partout. L’état de congélation empêche le drainage normal du sol; il en résulte que la toundra est en réalité une immense tourbière dont l’étendue, la solitude, l’uniformité et le silence sont saisissants.»

«Vers le 55° lat. N., on commence à trouver des arbres sur le bord des lacs et des rivières. Vers le 53° les collines sont boisées, sauf sur les sommets, qui reproduisent les conditions des hautes cimes alpines. Enfin, vers le sud de la région hudsonienne, la forêt devient continue. L’Épinette noire est l’arbre dominant, et forme les neuf-dixièmes des peuplements. Même sous ces hautes latitudes, l’arbre peut atteindre un grand âge, cinq cents ans, et une taille relativement élevée, quinze à vingt mètres.

2 août 2011

Conservez vos livres!

J’ai beau être en vacances, celle nouvelle-là ne peut passer sous silence. C’est incroyable!  


Nous savons que l’élimination de la connaissance et du savoir est le premier jalon posé par n’importe quel système visant une forme de dictature – «gardons le peuple dans l’ignorance, nous aurons un meilleur contrôle». À différentes époques, on a brûlé les livres sur la place publique et emprisonné/tué des humanistes et philosophes. L’on pourrait aujourd’hui purger autrement, mais le but et le résultat restent identiques.

Alors, gardez vos bouquins, car une potentielle inquisition/indexation ou une soudaine coupure d’accès à l’Internet pourrait vous priver de toute forme de littérature et d’arts. Ainsi, vous ne serez pas complètement démuni, laissé illettré et inculte, n’ayant plus que la télévision pour vous remplir le cerveau de propagande et de malbouffe mentale.

Parenthèse à propos de la télé
La télévision est le plus puissant outil de lavage de cerveau.

Films publicitaires
75% du réseau commercial est payé par les 100 sociétés les plus riches du monde. La télévision est leur médium privé. La passivité du téléspectateur permet l’induction d’un état alpha dans le lobe occipital du cerveau. Les images et les suggestions peuvent alors être implantées directement dans l'esprit. Cet état d'hypnose incite les téléspectateurs à se soumettre inconsciemment et inconditionnellement à l’éternel flot d'images.

Système nerveux
Les images de violence stimulent l'instinct «attaque/défense/fuite» et induisent un cycle «impulsion/suppression» dans le cerveau. Étant donné que le téléspectateur ne peut généralement pas exprimer sa violence pendant qu’il regarde, l’énergie stockée se libérera éventuellement sous forme de comportements anxieux et hystériques généralement associés à l'hyperactivité.

Confusion
L’imagerie se trouve coincée dans un flot continu d'information qui n'a rien à voir avec la séquence temporelle normale des événements de la vie. La vie ordinaire semble alors très ennuyante en comparaison, et d’une extrême lenteur.

Le réel et l’irréel
Les gens qui se nourrissent de télévision perdent souvent leur discernement. Le flot d'images est un mélange constant d’événements réels, semi-réels et de fiction. Tous ces événements fusionnent les uns aux autres et deviennent juste un autre ensemble d'images stockées qui auront toutes une valeur semblable. (!!!)

“I have never seen a bad television program, because I refuse to. God gave me a mind, and a wrist that turns things off.” (Jack Paar)
Fin de la parenthèse

Revenons aux bibliothèques.  

Source de l’article : Radio-Canada
http://www.radio-canada.ca/regions/Ontario/2011/07/27/005-margaret-atwood-librairies-doug-ford.shtml

Mise à jour le mercredi 27 juillet 2011 à 16 h 43 HAE

Margaret Atwood snobée pour sa défense des bibliothèques publiques

L'écrivaine Margaret Atwood

La célèbre romancière canadienne Margaret Atwood a déclenché la colère du conseiller municipal de Toronto Doug Ford en menant une campagne pour protéger les bibliothèques publiques de la Ville.

L'élu, qui est aussi le frère du maire de Toronto, affirme que l'écrivaine devrait se consacrer à l'écriture plutôt que de se mêler de la vie politique.

Margaret Atwood a demandé aux internautes qui sont abonnés à son compte Twitter de signer une pétition visant à empêcher la fermeture des bibliothèques.

La mesure a été recommandée par la firme KPMG, pour permettre à la Ville d'éponger une partie de son déficit budgétaire évalué à 774 millions de dollars pour l'année 2012.

Mais Margaret Atwood joint sa voix au concert de réprobations contre la proposition, qui est loin de faire l'unanimité.

Dans un message qu'elle a redirigé à ses milliers d'abonnés, on peut lire : « Les bibliothèques de Toronto sont menacées de privatisation. Dites au conseil de les garder publiques. »

Plus de 31 000 personnes avaient signé la pétition mercredi matin.

L'écrivaine, très active sur Twitter, a également utilisé le site de microblogue pour se moquer de Doug Ford, après que celui-ci eut déclaré qu'il y avait plus de bibliothèques que de Tim Hortons dans son quartier.

Margaret qui?

Le conseiller municipal répond que l'auteure n'a pas été élue et que peu de citoyens seraient capables de la reconnaître.

Il se vante même de ne pas pouvoir l'identifier s'il la croise dans la rue. Margaret Atwood est pourtant l'une des écrivaines canadiennes les plus connues.

Entre autres distinctions, elle a remporté le Booker Prize, en 2000 pour son roman The Blind Assassin.

Réactions :

Les commentaires du conseiller Ford ont provoqué de nombreuses réactions dans Internet.

Pour l'artiste Charles Pachter, l'invitation de concentrer ses énergies à l'écriture plutôt que de se mêler de politique lancée par Doug Ford à Margaret Atwood est inacceptable.

«Tout citoyen, toute citoyenne a le droit de commenter la vie municipale.»
~ Charles Pachter

Deux commentaires à cet article de R.C. :

«Quand on n'est même pas capable de reconnaître une romancière aussi célèbre que M. Atwood, on ne s'en vante pas, et on s'abstient aussi de suggérer qu'il faudrait ouvrir plus de Tim Hortons.»
~ Étienne Lareau

«Les bibliothèques servent à diffuser la culture et à permettre à ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter des livres d'avoir accès à la littérature et la connaissance autre que ce qui est enseigné à l'école. C'est un formidable outil d'éducation.

KPMG est une firme comptable... les comptables comptent ce qui est comptabilisable, et les bienfaits de la lecture et de l'acquisition d'une plus grande culture ne fait pas partie des bénéfices sociaux comptabilisables... Je doute très fortement que KPMG se préoccupe le moindrement des effets de ces coupures. Le social, l'éducation, la culture, c'est pas leur créneau. Leur créneau, c'est le privé et comment le privé peut faire encore plus de cash.

Quant au conseiller Ford, il démontre autant d'ignorance brute que son digne frère le maire de Toronto. Quand on élit des gens au discours aussi primaire que celui de ces deux-là, il ne faut se surprendre de rien.

Toronto est pogné avec un maire encore pire que le nôtre: tout pour le secteur privé... mais les Torontois l'ont élu. Un jour, l'ère des épais finira... quand ils auront suffisamment détruit leur ville, chacun à leur façon.»  

~ Lorraine Turpin 

-- Plein de commentaires intéressants sur le site.
Voyez aussi le message qui suit -- Fernando Baez et Victor Hugo

21 mars 2011

Le nucléaire – suite

J’ai hâte d’écrire «suite et fin» - pour le bon motif, bien sûr!  
Faites circuler si le nucléaire vous inquiète.  

Site SORTONS LE QUÉBEC DU NUCLÉAIRE :
une mine d’informations de qualité à consulter pour être mieux renseigné
AVEC PÉTITION À SIGNER


LETTRE DE FREDERIC BACK

20 janvier 2010
Att : Christian Simard, directeur
Nature Québec

Bonjour,

Je veux vous remercier pour l’utilisation de mon dessin pour la lutte contre le nucléaire.  Dans mon film Crac!, terminé en 1991, j’espérais donner une bonne idée en suggérant de transformer les centrales nucléaires en musées ou en salles de concert!

Malheureusement, on n’a pas suivi mon conseil, et malgré Tchernobyl et un tas d’autres méfaits cachés, les tenants du nucléaire continuent, aveuglément, à promouvoir cette source d’énergie. Alors que nous sommes assis sur des volcans qui cherchent à se libérer, on ne fait guère appel à cette puissance infinie et non-polluante que l’on exploite d’une manière minimale!!! (Car il y a moins de fortunes à se mettre dans les poches sans doute) On n’entend que les savants fous qui tiennent à faire valoir leurs inventions, advienne que pourra!  Avec le soutien de l’armée, bien sûr.

De tout cœur je soutiens vos efforts pour lutter et vaincre cette vision étroite qui ne veut pas voir les solutions énergétiques qui existent au cœur de la planète.

Bien votre reconnaissant,

Frédéric Back

8 mars 2011

Gastronomie, fastfood et faim

Ou l’obsession de la nourriture

Gastronomie pour les bien-nantis  
Fastfood pour les défavorisés
Faim pour les ultra pauvres
Gustave Doré : Gargantua

Gastronomie : le nirvana de la bectance

Les plaisirs de la bonne chère ont la cote médiatique depuis plusieurs années. Les émissions se sont multipliées et les librairies étalent des ouvrages sur la cuisine en quantité astronomique. Par ailleurs, près des deux-tiers de la publicité télévisuelle se rapportent à la nourriture.

Plusieurs émissions de cuisine se caractérisent par une exhibition de produits de luxe auxquels la majorité des gens n’a pas accès. On frise souvent l’orgie culinaire; en particulier lorsqu’on fait la promotion de vins/alcools et que l’animateur est ivre au point d’avoir de la difficulté à parler.

Cette mode, qu’on appelle aussi foodisme (food-is-me!!), se caractérise par une sorte de je-m’en-foutisme : «je me fiche que des millions de gens meurent de faim, tout ce que je veux c’est continuer à me gaver de mets raffinés. Ce qu’il en coûte ne m’importe pas».

Inconscience? Ignorance? Indifférence?  

On croirait visionner un copier/coller de la décadence romaine. À la seule différence qu’aujourd’hui on s’empoisonne au mercure, au plastique et au gaz au lieu du plomb.


***

Fastfood : le nirvana de la boulimie

«Mangez des burgers-frites-pizza bien gras en quantité illimitée, nous allons bientôt y inclure des médicaments préventifs contre le cholestérol (Statine), le diabète, les maladies cardiovasculaires, des vaccins, etc.»

Malheureux pour ceux qui n’en mangeront pas car les médicaments rejetés par l’urine des consommateurs se retrouvent dans l’eau – cette eau usée sera traitée et retournée dans nos robinets, sauf que les scientifiques n’ont pas encore trouvé la solution pour filtrer les médicaments. Just too bad…


À noter que le fastfood contient déjà des additifs qui stimulent l’appétit et la dépendance. The heart attack grill :


***

Faim : voilà, le couvert est mis…

http://www.youtube.com/watch?v=qymouEV9Dds&feature=related

COMMENTAIRE

Notre Panthéon comptent une multitude de déités : les dieux de l’économie, du droit, de la médecine, de la pharmacologie, de la politique, et dernièrement se sont ajoutés ceux de la cuisine : les grands Chefs.  

Bien sûr, il ne s’agit pas de manger aussi frugalement que des moines ou des yogis. Manger fait partie des plaisirs de la vie et il n'est pas question de se limiter à de la cuisine totalement insipide. Ce qui me dérange, ce sont les excès de maniaques qu’on nous présente comme des «must» et tout le snobisme sous-jacent.  

26 novembre 2010

La machine enchaîne, la main délivre

Le pèlerinage aux sources (1943)
Lanza del Vasto*

13
La machine a gagné l’homme. L’homme s’est fait machine, fonctionne et ne vit plus.

Ses gestes, ses désirs, ses peurs se mécanisent, ses amours et ses haines. Ses goûts et ses opinions. L’éducation des enfants, l’activité productrice, le sport et les divertissements, l’application des lois, la police et l’administration, l’armée et le gouvernement tout commence à tendre à l’inhumaine perfection de la machine.

Quand vous aurez fait de l’État une machine, comment empêcherez-vous un fou quelconque de s’emparer du guidon et de pousser la machine au précipice?

Quand vous aurez fait de l’État une machine, il faudra que lui serviez vous-même de charbon.

14
(…) Pour que subsiste une civilisation divisée comme la nôtre, il faut que l’État affirme toujours plus fortement sa prépondérance, soit qu’il admette la lutte des classes et maintienne l’alternative des partis, soit qu’il abolisse un des extrêmes, mate l’autre et réalise l’unité à son propre profit.

Le but principal du Gouvernement tel que le conçoit Gandhi, c’est de se rendre de moins en moins nécessaire : c’est créer des conditions telles qu’on se puisse passer de lui. «Le meilleur gouvernement, a dit Goethe est celui qui nous enseigne le mieux à nous gouverner nous-mêmes.» Il est clair que la puissance de l’État augmente en proportion de l’incapacité des hommes à s’appliquer la loi sans qu’on les y force, tandis que l’habitude de la soumission à la force éteint le jugement et le contrôle de soi et aggrave le mal. Dans le régime gandhien au contraire, la plus large autonomie administrative viendrait partout corroborer l’autarchie économique, de sorte que les autorités de chaque village acquerraient des droits souverains. (…)

15
Voici les points communs du régime de Gandhi avec les trois qui se disputent l’hégémonie en Occident.

Avec le régime libéral : la liberté politique telle que les libéraux la conçoivent. Le respect de l’opinion de l’opposant. Le sentiment que même le bien des gens ne peut leur être imposé par la force.

Avec le régime communiste, ceci : la primauté du travail. Le devoir pour tous du travail manuel. L’égalité des devoirs et des droits dans la diversité des fonctions et quelle que soit l’inégalité des aptitudes.

Avec le régime nazi-fasciste, ceci : l’autarchie. Le principe de solidarité corporative substitué à celui de concurrence commerciale. L’affirmation du vouloir de l’homme comme indépendant des conditions économiques. Le recours à la personne et à son autorité. La formation des cadres et des chefs.

Mais il est un côté du régime de Gandhi qui n’a rien de commun avec ceux d’Occident, ou présents ou passés. C’est son côté proprement hindou et chrétien.

16
Ce côté se résume en un mot : Ahimsâ – la doctrine et la pratique de la non-violence. Ahimsâ signifie au sens étymologique : abstention de nuire.

***
Commentaire : On a tenté de toutes les manières possibles de dénigrer Gandhi, notamment en disant qu'il se comportait de manière tyrannique envers sa famille. Je n'en sais rien, je n'étais pas là. Néanmoins son message conserve toute sa valeur humaniste.  

***
* Issu d’une famille illustre, Lanza del Vasto est né en Sicile en 1901 et décédé en 1981. En 1936, il entreprend un long voyage en Inde qu’il raconte dans ce livre. À son retour, ce disciple chrétien de Gandhi se fait apôtre de la non-violence en fondant des communautés, en France et dans plusieurs autres pays, pour répandre cette philosophie. Immense a été la répercussion de son œuvre poétique, initiation à la sagesse millénaire de l’Inde, où l’humour a sa place.

19 novembre 2010

Porno aéroportuaire

Cette technologie est un véritable outrage aux droits et libertés de la personne, un viol du respect de la dignité humaine. Sans parler des émissions radioactives dommageables pour la santé...

Plusieurs groupes de citoyens américains se mobilisent pour contester les scanners corporels le 24 novembre prochain, à l’occasion des célébrations de leur Thanksgiving.

À lire : http://wewontfly.com/

Ainsi que : http://situationplanetaire.blogspot.com/2010/08/scanner-aeroport.html

1 novembre 2010

Consentement «involontaire»

Liberté implique responsabilité.
C’est pourquoi la plupart des hommes la redoutent.
-- George Bernard Shaw

Les stratégies de manipulation  

Rectification 2 novembre :
Les erreurs «involontaires» d'attribution sont légions sur le Net...
L'article «Les 10 stratégies de manipulation de masse» (tel que transmis par Yvan Burtin, Union Planétaire http://www.union-planétaire.org/ ) était par erreur attribué à Noam Chemsky. 

Lisez l’article original de Sylvain Timsi : http://www.syti.net/Manipulations.html 

Toutes nos excuses à l'auteur.

***
Je ne sais pas comment la Troisième Guerre Mondiale sera menée, mais je sais comment le sera la quatrième : avec des bâtons et des pierres. -- Albert Einstein

The earth doesn’t belong to anyone. It is a land upon which all of us are to live for many years, ploughing, reaping and destroying. You are always a guest on this earth and should have the austerity of a guest. -- Jiddu Krishnamurti

6 juillet 2010

Trois peuples

Les tribus de l’OMO


Photographies des peuples de l'OMO : Hans Sylvester

À voir, ça vaut le détour - de toute beauté :

(Note : Le texte suivant provient d’un diaporama en espagnol que j’ai traduit. On le retrouve sur la plupart des blogs concernant ces tribus; difficile de remonter à la source pour créditer l’auteur. Je m’en excuse.)

«Aux abords de l'Éthiopie, à des siècles de la modernité, Hans Sylvester a photographié pendant six années des tribus où hommes, femmes et enfants pratiquent un art très ancien, la peinture digitale. Aux pieds de la rivière Omo, dans le triangle Éthiopie/Soudan/Kenya, la grande Vallée du Rift s’est lentement séparée de l'Afrique, et depuis, le sol de cette région volcanique offre une vaste gamme de pigments argileux de couleurs variées : kaolins blancs, ocres, rouges, verts, jaunes ou gris clair. Ces indigènes ont le génie de la peinture, et leurs corps de deux mètres de hauteur se transforment en véritables chefs-d’œuvre.

La puissance de cet art se résume en trois mots : doigté, rapidité et liberté gestuelle. Ils utilisent leurs mains, la pointe de leurs ongles, parfois un morceau de bois, une canne ou une tige écrasée. Ce qui les anime, c’est un désir de peindre pour décorer, séduire, briller, jouer, pour le plaisir de créer de la beauté selon l’inspiration du moment. Ils n’ont qu’à tremper leurs doigts dans l'argile et, en deux minutes, l’on voit apparaître sur leur poitrine, leurs seins, la zone pubienne, les jambes, un Picasso, un Pollock, un Tàpies, un Klee…»

Connaîtront-ils le même sort que les Pénans? Il ne faudrait surtout pas qu’on découvre des gisements de pétrole à proximité, car à ce moment-là, c’est l’extinction garantie! http://survivalfrance.org/peuples/valleedelomo

James Cameron semble s’être inspiré des peintures corporelles de ces tribus pour son film AVATAR. Le cinéaste a peut-être aussi puisé dans la biographie de Bruno Manser (Sam Worthington lui ressemble étrangement) pour son scénario. L’écologiste Suisse a vécu les dernières années de sa vie chez les Pénans, en Malaisie. Il espérait les sauver des ravages de la déforestation systématique. Depuis sa disparition en 2001, les choses ont empiré malgré tous les efforts des groupes de pression internationaux.

La tribu Pénan et Bruno Manser  

2001 : À Bornéo (Malaisie), 50% des forêts de l’île appartiennent à un propriétaire unique. Il y a quelques décennies, 60% de cette forêt était encore debout – on parle ici d’arbres centenaires de 92 m (300 pieds) de hauteur et de bois rares. Or, le pillage des douze années précédentes fait en sorte qu’il n’en reste que 10%! La majeure partie des coupes sert à fabriquer des résidences, meubles et objets de luxe, entre autres. Par conséquent, les aborigènes de l’île sont en voie d’extinction. L’écologiste Suisse a mystérieusement disparu lors de son dernier voyage à Sarawak en décembre 2000; on n’a pas trouvé trace de lui depuis. Site de la Fondation Bruno Manser : http://www.borneoproject.org/article.php?id=273

Mars 2006 : Aux dernières nouvelles, le gouvernement de l’État du Sarawak (Bornéo) a accompli un pas important vers la protection de l’une des dernières zones de forêt vierge de la Malaisie orientale en créant officiellement le parc national de Pulong Tau. La Suisse contribue pour une large part à la réalisation de ce projet qui bénéficie quand même d’un soutien international.

Mars 2010 : Il ne reste plus qu’une cinquantaine de familles qui habitent à l’intérieur du peu qui reste de la forêt. Une pétition à signer : http://www.borneoproject.org/article.php?id=800 http://www.borneoproject.org/index.php En allemand et anglais.

Bruno Manser est mort une deuxième fois
Par Tristan Ranx (2008)

-Je me souviens qu’à l’époque vous aviez parlé de ce Suisse devenu le défenseur des tribus penans de Bornéo…”
-Bien sûr, c’est Bruno Manser!
-Cela fait des années qu’il a disparu, dis-je.
Bertolino hoche la tête.
-Il a été tué…
Dit-il.

Je laisse Jean Bertolino à son présent minéralisé. Le nom de Bruno Manser aura été prononcé au Baron ce soir. La chose est certainement unique et historique. Une remise à niveau entre 1968 et 2008. La température monte. Le fantôme de Bruno Manser passe devant le bar. Il est torse nu, les cheveux coupés au bol à la manière Pénane et il porte ses petites lunettes rondes d’universitaire. Je le vois faire l’accolade à Thierry Théolier et Samuel Segas. Il leur raconte certainement son combat contre les compagnies forestières japonaises et les potentats locaux, sa lutte acharnée pour sauver la forêt et les derniers hommes libres de Bornéo.

Bruno Manser me fait penser à Learoyd, le Roi irlandais de Bornéo, le personnage de “l’Adieu au roi” de Pierre Schoendoerffer. Je regarde Jean Bertolino, et lui aussi me fait penser à un personnage : Fergusson, l’étrange officier supérieur de Learoyd.

“Fergusson restait imperturbable. Il était un mur, une digue qui résistait à tous les assauts. Pourtant derrière ce masque de certitude, un doute poursuivait lentement son chemin aveugle, jusqu’au jour d’octobre 1946 où comme la solution d’un problème difficile apparait soudain évidente et lumineuse, Fergusson sauta à l’eau.”

La révolte écologique prend la teinte de la tragédie et la petite bouteille d’eau vire au rouge. Le gouvernement malaisien avait envoyé 200 commandos pour traquer et tuer Bruno Manser, le Roi de Bornéo. Aujourd’hui, accompagné des riffs d’Eudeline, entre les suaves velours du Baron, nous pouvons imaginer un nouvel adieu au Roi.

Blessé, Bruno Manser agonise entre le bar et la porte du Baron. Les soldats d’élite ont sortis les kriss pour en finir une fois pour toutes avec le rebelle étranger. Bruno Manser sait qu’il va mourir. “La vie est courte comme un pet!” avait-il l’habitude de dire. Manser fait face à ses tortionnaires, il sait ce qu’il lui reste à faire en tenant fermement son poignard devant lui.

“La nuit, disait-il, c’est toujours pire que dans la journée. Tout est noir autour de toi et tu te traines dans la douleur. Ce que j’ai vécu pendant les quatre semaines après la morsure du serpent, si c’était la fin de ma vie, je me serais directement coupé la gorge ou j’aurais demandé à quelqu’un de le faire. Je ne voudrais pas souffrir comme ça une deuxième fois.”

Bruno Manser était un excellent dessinateur. Tous ses cahiers ont été archivés.
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Que dire de la destruction de la forêt amazonienne, entre autres, pour l’élevage bovin de Ronald McDonald?

«Chaque minute en Amazonie, on déboise l’équivalent de 60 terrains de football. C’est un peu idiot, il n’y aura jamais assez de
joueurs.» (Philippe Geluck) 
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À la suite d’un reportage à l'émission Classe économique de Radio Canada vendredi dernier , j'ai eu envie de fouiller le sujet.

La tribu de l’Île Nauru
Arte - 21 septembre 2006

Nauru, vous connaissez? C’est une toute petite île, de la taille d’une commune française, située dans le Pacifique, à l’est de l’archipel indonésien. Une île sans histoire, ou plutôt dont l’histoire au sens occidental du terme commence avec l’arrivée des Européens. Les Allemands d’abord, qui l’annexent en 1888, puis les Anglais après la première guerre mondiale qui en confient l’administration à l’Australie. Tous se servent abondamment dans les réserves naturelles d’un phosphate très pur qui servira à produire de l’engrais.

En 1968, Nauru accède à l’indépendance. Le phosphate se vent à prix d’or et les devises pleuvent sur les 12 000 habitants de l’île : deux milliards de dollars en trente ans. Soins médicaux gratuits, golfs, courts de tennis, domestiques chinois, voitures à gogo (pour trente kilomètres de route) et placements immobiliers spéculatifs en Australie et à Hawaï, censés produire une rente quand la source se sera tarie [1].

Car, bien entendu, les meilleures choses ont une fin. Les gisements de phosphate s’épuisent, l’argent ne rentre plus, les placements immobiliers s’effondrent, la dette gonfle. Quant aux habitants, gavés de consommation à l’occidentale (ce fameux modèle que le monde nous envie), ils souffrent de diabète (45% de la population) et d’hypertension, ils survivent avec deux cents euros par mois sur une île qui ressemble à un cauchemar. Leur culture d’hospitalité, d’entraide et de partage existe encore, mais de moins en moins : face aux difficultés quotidiennes, la tendance est à l’individualisme et la méfiance. "Nous n’en sommes pas encore à fermer notre porte aux autres, constate un habitant. On partage, encore. C’est dans notre culture. Mais il va falloir qu’on s’en débarrasse. Maintenant, nous sommes dans le monde civilisé, nous sommes dans la compétition."

Ce que nous montre le reportage de Laurent Cibien et Pascal Carcanade, c’est une île grattée jusqu’à l’os. Au delà d’une minuscule frange littorale où rouillent des carcasses de bateaux et des engins de halage, il n’y a plus que des dents rocheuses mortes, là où la terre a été pelletée pour en tirer le phosphate. Enfin, il y a autre chose, aussi : des gigantesques décharges à ciel ouvert : frigos, téléviseurs, meubles, voitures. C’est ce qui reste de Nauru.

Mais ce n’est pas tout : à la misère des habitants et au saccage de la terre s’ajoute la honte de servir de prison dorée. L’Australie donne de l’argent à Nauru, et en échange, elle y parque des demandeurs d’asile (essentiellement des Afghans et des Irakiens) pour une durée indéterminée. C’est ce qui s’appelle la Pacific solution. Il fallait y penser.

Un réservoir de matières premières, une décharge à ciel ouvert pour l’Occident, un camp de détention pour les demandeurs d’asile : Nauru n’est pas un accident de l’histoire ou une déplorable exception exotique. C’est la face noire de la mondialisation, c’est le sort que les pays dits développés réservent au reste du monde.

[1] Nauru, l’île aux désastres, un reportage de Laurent Cibien et Pascal Carcanade pour Arte.

Vidéo-reportage :
http://www.dailymotion.com/video/x7nxdt_limplosion-ecologique-de-lile-de-na_news

Commentaire Dailymotion : Et si nous étions en train de faire pareil à l'échelle planétaire? Nauru était le 2e pays le plus riche du monde, et après avoir extrait tout le phosphate de son sol et détruit la terre cultivable et les forêts, il est sur la banqueroute.

Reportage Arte du 06/12/2008.

Pour un article en profondeur : http://www.article11.info/spip/spip.php?article618

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À propos des conquérants

«Il faut savoir où l’on va, savoir ce que l’on veut; si l’on veut posséder le monde entier. Quand le fils de Sarreault parlait de massacres d’aigrettes, ces merveilleux oiseaux, je pensais : l’oiseau se réjouit des insectes dont il se nourrit, l’homme qui est devant moi trouve son plaisir à détruire l’oiseau, l’Allemand se réjouit en massacrant des Français. Les pionniers belges au Congo ont acheté des petites esclaves en guise d’appât pour la chasse au tigre et les ont attachées sur des fourmilières pour que leurs cris de douleur attirent le fauve; et ils ont coupé, par centaines, les mains des Noirs qui refusaient le service de portage.

Aujourd’hui les Boches ont coupé les mains à des enfants belges. Les Anglais ont martyrisé les Boers, les Boers avaient martyrisé les Noirs du Sud Africain. C’est l’universelle horreur et l’universelle inconscience, il n’y a là ni humanité, ni bien, ni rien du genre, rien que le déchaînement des appétits qui sont engendrés par l’illusion de la réalité du « Moi » et qui gravitent autour de lui. Il y a l’aveugle désir « d’être », de « durer », contraire à la loi immuable qui est l’impermanence de tout. Tous ces gens autour de moi me produisent l’effet d’orties irritantes, leur agitation désordonnée et folle m’est pénible. J’ai hâte de retrouver des montagnes, la solitude, la paix.» (Alexandra David-Néel, Correspondance, 1917)

Conclusion

Qu’est-ce qui nous fait croire que nous sommes supérieurs aux tribus de l’OMO en Afrique ou à la tribu Penan en Malaisie?

Notre fortune, nos châteaux, les tours de béton de nos mégapoles? Notre capacité de forer le monde entier, d’éliminer tout ce qui barre notre route, sur terre, sur mer et dans les airs?

On a parfois l’impression que notre indécrottable complexe de supériorité ne disparaîtra qu’avec nous.

Autrefois, quand des nations voulaient s’emparer d’un territoire, elles procédaient à un génocide de la population indigène, tout en se gardant une réserve d’esclaves, bien entendu. On a vu le phénomène se répéter en Amérique du Sud et du Nord, dans le Pacifique, en Australie, en Afrique, etc. Mais, certains peuples le font d’eux-mêmes en copiant/collant le mode de vie occidental, comme le démontre la triste histoire du peuple de l’Île Nauru. Maintenant, pour asservir les pays occidentaux, on appauvrit les États via la dette nationale, la faillite, la dépendance économique, et ainsi de suite.

Va bene.

29 juin 2010

Bédé souvenir

Note 1er juillet : désolée pour qui aurait aimé revoir/relire ce billet, mais je préfère le modifier simplement pour ne pas donner plus d'énergie qu'il ne faut à ce scénario navrant qui éveille plus d'acrimonie que de compassion. De toute façon, l’événement a été suffisamment médiatisé pour que chacun puisse se faire une opinion. Je veux utiliser mes pixels à plus inspirant.
 
Je laisse néanmoins quelques réflexions pertinentes.

«Depuis qu’il y eu deux hommes sur la terre, cela a été un écœurant spectacle de les regarder agir; cela n’a pas changé depuis et ne changera vraisemblablement jamais.»
«Le plus surprenant dans ce scénario qui se déroule dans un Olympe quelconque et qui a pour personnages de petits dieux qui s’ennuient, c’est que l’actualité y est présente dans ce qu’elle a de plus horrible : la bombe atomique qui a réduit à néant Hiroshima et que les Français viennent d’expérimenter à Bikini. Les petits dieux jouent à la bombe atomique et se bousculent pour mieux voir « le spectacle d’annihilation». - 1946 (Alexandra David-Néel; biographie de Jean Chalon)
 
Toujours les mêmes combats pour la suprématie depuis que le «vivant» a envahi la planète. D’abord chez les animaux, puis au sein des tribus, clans, régions, pays, royaumes, états et continents – voilà l’histoire de notre petite planète. Seuls les décors et l’artillerie ont changé – on ne tue plus avec des flèches, on tue avec des canons, révolvers, tasers, gaz toxiques et autres.
Nous n’avons pas évolué.
Nous vivons dans un monde de brutalité que le vernis socioculturel ou religieux, quel qu’en soit l’épaisseur, n’éliminera jamais.

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Quand les rois préparaient la guerre ils se visitaient toujours avant, histoire de tester les alliances possibles...

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Pour des photos : Reuters / The Globe and Mail
 
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«Les villes et le spectacle d’agitation qu’elles offrent sont affligeants et fatigants. À quoi bon tout le tourment que prennent les hommes? Ils semblent un tas de fous recherchant les moyens de se torturer eux-mêmes. Je souris devant les peintures naïves de l’Enfer que l’on voit dans les temples des diverses religions. Comme elles sont enfantines, en dessous de la réalité! Sans passer en aucun «autre monde» on voit bien mieux en fait de torture tout autour de soi! »
(Alexandra David-Néel, Correspondance)


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Quand on est jeune, on croit dur comme fer qu'on peut changer le monde. Après l'université, on rentre dans le système - il faut bien gagner son droit de vivre. À la retraite, on regarde tout ça et l'on se dit "plus ça change, plus c'est pareil".

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Je pensais à toute la pollution inutile occasionnée. Je regardais les oiseaux dans les rues, eux aussi empoisonnés par les gaz toxiques, les fleurs et les parterres saccagés.
On n’a pas envie d’haïr, on a juste envie de pleurer.


Forgiveness is the fragrance the violet sheds on the heel that has crushed it.
Le pardon c’est le parfum que la violette répand sur le talon qui l’a écrasée.
(Mark Twain)

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«L’industrie lourde est peut-être l’une des principales causes de la guerre. Lorsque l’industrie et l’économie marchent main dans la main avec la politique, elles doivent inévitablement semer la division pour préserver leur stature économique. Tous les pays, grands et petits, agissent de la sorte. Les petits [pays] sont armés par les grandes nations – certains discrètement, clandestinement, d’autres ouvertement. Le besoin d’afficher son arrogance ou de se montrer supérieur aux autres serait-il la cause de toute cette souffrance et de cet énorme gaspillage d’argent en armements?

C’est notre terre, non pas la vôtre ni la mienne. Nous sommes appelés à y vivre, à nous aider les uns et les autres, non pas à nous détruire les uns et les autres… Si vous blessez les autres, si vous tuez les autres, en vertu de la colère ou du massacre organisé qu’on appelle guerre, vous, qui constituez le reste de l’humanité, non pas des individus séparés du reste de l’humanité, vous vous détruisez vous-mêmes.

Je peux sembler très cynique, mais le cynique est en fait un réaliste. Le cynisme vous aidera à poser un regard lucide sur ce qui se passe dans le monde. L’instinct biologique est très puissant, et c’est probablement la peur de l’extinction, non pas l’amour ou la compassion, qui sauvera l’humanité.»

(Krishnamurti, conférence datant de 1983)

Note : Pas certaine que même l’instinct biologique puisse sauver l’humanité.
À quand la sixième extinction, le kali yuga?

11 juin 2010

Un vrai déclin

Et pas seulement de civilisation!

«Nous voulons du pain, du vin, et des jeux!»
Pendant qu'on dépense des sommes colossales – je ne trouve pas d’adjectif adéquat – pour les G8/G20, le Grand Prix, le Mondial de soccer, et quoi encore, l'hécatombe se répand.

À partir des baleines et des dauphins jusqu’aux sardines, à partir des étoiles de mer jusqu’aux récifs coralliens, à partir des organismes microscopiques jusqu’à tous les poissons de la mer, le cartel a entamé une tuerie, et il tuera jusqu’à ce qu’on l’arrête. Êtes-vous le bon homme pour faire le travail, Monsieur le Président?
(J. Speer-Williams, Infoguerilla) 

De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages?
De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages?
Aux sources, à l'aurore, à la nuée, aux vents?
De quel droit ôtez-vous la vie aux vivants?
(Victor Hugo; 1802-1885)

On n'a pas deux cœurs, l'un pour l'homme, l'autre pour l'animal…
On a du cœur ou on n'en a pas.
(Alphonse de Lamartine; 1790-1869)

7 mai 2010

Chaos et destruction

Si vous avez lu WORLDSLATE (sinon, voyez l’introduction), vous avez sans doute remarqué que Roberts aborde l’extinction d’une civilisation, la nôtre, ni plus ni moins. De nombreuses espèces, races et civilisations se sont construites et déconstruites sans arrêt depuis les débuts de l’existence de la terre. Le monde matériel appartient à la troisième dimension, une dimension limitée par la loi de la gravité et de la survie. La quatrième dimension est une dimension non matérielle, il s’agit d’une sorte de salle d’attente où nous allons entre nos allers-retours sur terre, via la réincarnation. La cinquième dimension appartient tout simplement à une autre dimension de notre univers, au-delà de la polarisation.

De ce qu’on en sait maintenant, les civilisations/races évoluent en moyenne sur une période de plus ou moins 10 000 ans. On pourrait comparer cela à la durée du corps physique. On naît, on atteint un sommet, et puis on se déglingue jusqu’à la mort. Bien sûr, la durée du parcours varie selon les individus, et il en est de même des civilisations/races. Il s’agit peut-être d’une sorte de «logique» évolutionnaire. Qu’arrive-t-il à la mort? L’énergie qui habite la forme individuelle se retire. Par analogie, il se produit la même chose avec les immenses masses d’énergie fragmentée qui animent globalement humains et espèces terrestres.

Beaucoup de gens pensent qu’ils ont été «droppés» sur terre par Dieu – le leur - pour la durée d’une seule vie, bonne ou mauvaise, en fonction du hasard. D’autres s’imaginent être piégés ici-bas en raison de la loi karmique. Par ailleurs, des utopistes croient qu’un jour les bons l’emporteront sur les méchants et que la terre redeviendra ce paradis perdu que toutes les légendes religieuses, exotériques et ésotériques ont abondamment exposées.

Ce qui me fascine sur terre, c’est que plus on en appelle à la lumière pour alléger les souffrances de la collectivité, plus la tension et l’opposition entre lumière et noirceur s’accentuent, de sorte que les forces de l’ombre combattent, becs et griffes aiguisés, recourant à toutes les formes de violence et de cruauté disponibles.

À quoi bon transmettre lumière et compassion? À quoi bon espérer un changement de paradigme, une coopération, de la beauté et de l’harmonie?

Le futur d’une partie de l’humanité actuelle est sans doute de quitter la terre pour d’autres aventures, d’autres dimensions de conscience, en résonance avec leur taux vibratoire. En passant, cesser de manger des animaux contribue à élever notre taux vibratoire, non pas parce que les vibrations des animaux sont malsaines, mais parce que c’est l’acte de les tuer et de les manger qui réduit notre fréquence.


De nombreuses races galactiques se sont relayées sur terre, retournant par la suite à leurs systèmes stellaires ou en cinquième dimension. Parfois elles reviennent pour aider au processus d’évolution. Nous n’avons pas conscience que la terre ne se résume pas uniquement à «l’humanité» comme telle – la terre a été utilisée de nombreuses fois par différents groupes qui sont repartis vers leurs étoiles d’origine, pendant des âges et des âges. Après chaque exode, la planète doit se nettoyer et se reconstruire pour accueillir de nouveaux groupes. Méchant job!
Le Fort dévore le Faible
Extrait de « Lie Tseu, Les ailes de la joie », par Tsai Chih Chung; Carthame Éditions, Philo Bédé

Tian de Qi fit un sacrifice au dieu des chemins et invita une centaine de personnes avant de partir en voyage. On lui offrit une oie et un poisson, et Tian déclara :
- Que le ciel est généreux avec l’humanité! Il fait pousser les cinq graines et nourrit poissons et oiseaux pour les humains!
- Oui, oui, vrai, vrai, répondirent les invités.
Un sage dit alors :
- Ce n’est pas vrai, Votre Altesse. Tout ce qui existe entre ciel et terre est apparu comme nous et provient d’une même essence. Nulle espèce n’est plus noble qu’une autre. Simplement, le fort dévore le faible. Les êtres se mangent les uns les autres, mais nul n’existe pour le profit de l’autre. Peut-on dire que ce que l’homme mange n’a été créé que pour lui? Les moustiques et les taons mordent notre peau, les tigres et les loups dévorent notre chair. Le ciel a-t-il créé l’homme pour les moustiques, les taons, les tigres et les loups?
- Euh…
- Tout ce qui existe vient de la même source. La forme est différente, mais non l’essence. Nous sommes juste des éléments de la Nature.
Traduit en langage contemporain :
La terre est un immense restaurant où nous nous mangeons tous les uns et les autres. (Woody Allen)