18 juin 2019

GES Canada

Longue vie à la pollution industrielle! Le projet de saccager la terre jusqu’au dernier cm2 a le vent dans les voiles. Ce serait dommage que l’humanité disparaisse avant d’avoir vu ça (1).

Notre leader en environnement Justin Trudeau a approuvé l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain aujourd’hui. Trinquons avec les Albertains. À bas l’écologie, cessons d’être à contre-courant. Polluons dans la joie et la bonne humeur! car la disparition de l’humanité permettra à la terre de se rafistoler (une métamorphose radicale) – en combien de milliards d’années? ça on l’ignore...

Certains projets «phare» garantissent l’atteinte de notre objectif : augmentation constante des GES, «consommation ostentatoire» et «paix capitaliste».

Par exemple, tandis qu’on vendra le pétrole albertain aux Asiatiques, nous importerons du pétrole saoudien. Quelqu’un peut allumer ma lampe à pétrole?!

Le Canada accroît ses importations de pétrole de l'Arabie saoudite
ICI Radio-Canada,  28 avril 2019

Depuis 2014, les importations de pétrole venant de l'Arabie saoudite ont augmenté de 66 %. L'an dernier, 6,4 millions de mètres cubes, pour un coût total de plus de 3,5 milliards de dollars, ont été importés de ce pays vers le Canada.
   Le pétrole saoudien répond désormais à environ 10 % des besoins canadiens, contre 8 % en 2017.
  L’Arabie saoudite est ainsi devenue la deuxième source de pétrole étranger, après les États-Unis, pour le Canada. Le Canada vit un paradoxe étrange.
   D’une part, il est le 4e producteur mondial de pétrole, et le 4e plus important exportateur, dont 99 % de la production est exporté aux États-Unis.
   D’autre part, le Canada est aussi un importateur de pétrole, ce qui est rare pour un pays exportateur.


Ottawa ouvre la porte à l’exploitation pétrolière dans les «refuges marins»
Le Devoir, 25 avril 2019

Le gouvernement Trudeau entend autoriser l’exploitation pétrolière et gazière dans des milieux marins pourtant dûment protégés pour leur importance en matière de biodiversité. Mais pour cela, l’exploitation d’énergies fossiles devra être «conforme aux objectifs de conservation» de ces «refuges marins». Onze de ceux-ci se trouvent en eaux québécoises.
   Le gouvernement fédéral a notamment décidé de maintenir l’autorisation d’«activités économiques» dans les «refuges marins», dont l’exploitation pétrolière et gazière, la pêche commerciale et une éventuelle exploitation minière.
   Fait à noter, le fédéral a décrété 11 de ces «refuges marins» dans la portion québécoise du golfe du Saint-Laurent, en 2017. Ces zones, qui se trouvent essentiellement au sud de l’île d’Anticosti, au large de la Gaspésie et au nord des îles de la Madeleine, couvrent une superficie de 8571 km².
   Le gouvernement du Québec ne reconnaît toutefois pas, pour le moment, les refuges marins dans le calcul de ses objectifs de protection des milieux marins.


Le bruit des océans, le silence des baleines
La semaine verte, ICI Radio-Canada, 8 juin 2019

On croyait les océans silencieux, vierges de presque toute pollution sonore. Mais la réalité est tout autre. Les bruits sous-marins générés par l’homme ont doublé chaque décennie depuis 50 ans, en raison notamment du trafic croissant de la marine marchande. L'impact de cette nouvelle forme de pollution sur les baleines inquiète de plus en plus de scientifiques. Une de nos équipes a suivi des chercheurs qui tentent d'en mesurer les effets dans le Saint-Laurent.

Reportage vidéo de Gilbert Bégin

GNL Québec est une filiale de Pacific NorthWest LNG, géré par le géant énergétique privé Petronas Malaisie œuvrant dans le nord de la Colombie-Britannique; il avait proposé une usine de liquéfaction à Kitimat en vue d’acheminer le gaz vers les marchés asiatiques. 
Mise à jour 19.06.2019 : PetroChina et Korea Gas étaient prêts aussi à se lancer dans le projet de la coentreprise LNG Canada. À Petronas Malaisie s'ajoutent d'autres investisseurs tels que Royal Dutch Shell et Mitsubishi. Gros business.

Photo : Reuters/Issei Kato. Un bateau-citerne transportant du gaz naturel au Japon. 

Un projet de gazoduc de 750 km entre le Nord de l’Ontario et le Saguenay
ICI Radio-Canada, 15 novembre 2018


Gazoduq, une nouvelle entreprise fondée par GNL Québec, a annoncé un projet d'une longue conduite souterraine de gaz naturel reliant l'Ontario au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le projet est évalué à 4,5 milliards de dollars.
   Le corridor de 750 kilomètres proposé par Gazoduq débute en Ontario, à l’ouest de Rouyn-Noranda, puis passe par le sud du lac Saint-Jean pour finalement se rendre à Saguenay dans le secteur de La Baie. Il vise à alimenter le port de Grande-Anse.
La société en commandite GNL Québec est propriétaire de Gazoduq ainsi que de l’entreprise Énergie Saguenay. Les deux compagnies ont les mêmes investisseurs, mais les décisions sont séparées selon eux.


Projet gazier – Le Saguenay : l'économie ou l'environnement?
La Presse, 10 mars 2019

(SAGUENAY) Un projet de 14 milliards de dollars. Des centaines d'emplois, voire des milliers durant la construction. Mais des impacts encore méconnus. L'usine de liquéfaction de gaz naturel projetée au Saguenay ainsi que le gazoduc pour l'alimenter laissent la région tiraillée entre son développement économique et la protection de son milieu.
   C'est une désagréable impression de déjà-vu qui habite Daniel Lord. Après s'être «battu» en vain contre le projet de l'Administration portuaire du Saguenay de construire un second terminal sur le fjord, autorisé l'automne dernier, il s'inquiète aujourd'hui du projet d'usine de liquéfaction de gaz naturel Énergie Saguenay.
   Dans un avis scientifique rendu en janvier, Pêches et Océans Canada prévenait que l'usine de liquéfaction et le second terminal de l'Administration portuaire feraient conjointement passer le trafic maritime «de 450 à près de 1300 transits par an», ce qui les rendrait «susceptibles de nuire» au béluga et à son rétablissement.


Le projet gazier est scindé en deux : l'usine de liquéfaction et le gazoduc seraient construits par des entreprises différentes, bien qu'elles aient toutes deux le même actionnaire principal, GNL Québec.
   Il y aura donc deux processus d'évaluation : l'un fédéral, pour le gazoduc ; l'autre provincial, pour l'usine.
   Les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées au projet gazier, de l'extraction à la transformation, représenteraient 7,8 millions de tonnes par an, a révélé fin février une analyse du Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), commandée par Énergie Saguenay.


Projet minier controversé près d'un esker
ICI-Radio-Canada, 19 février 2019

Alors que le gouvernement de la CAQ hésite à recommander un examen du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le contesté projet de mine de lithium à proximité de «la meilleure eau potable au monde», en Abitibi-Témiscamingue, un document consulté par Radio-Canada démontre qu'il ne devrait pas éviter cette option.


La minière australienne n'a jamais caché sa volonté d'éviter cet examen plus approfondi afin de démarrer rapidement ses activités, dès la fin de 2019. Il faut dire que, sur le marché, la demande est forte pour le lithium utilisé dans la fabrication des batteries de véhicules électriques.
   En campagne électorale, le chef de la CAQ François Legault avait plaidé pour que les projets miniers soient autorisés plus rapidement, afin que le Québec soit un joueur plus compétitif sur les marchés. Dans le même temps, il avait aussi répété que les projets miniers doivent absolument obtenir une acceptabilité sociale.


Près de 450 hectares de milieux humides détruits en un an
La Presse, 10 mai 2019

(Québec) Le gouvernement québécois a autorisé l'an dernier la destruction de 444 hectares de milieux humides, l'équivalent de 700 terrains de football. C'est la preuve selon certains que la loi protège mal ces milieux névralgiques en période d'inondations.
   Des documents déposés à l'Assemblée nationale révèlent qu'entre le 1er avril 2018 et le 28 février dernier, le ministère de l'Environnement a délivré 520 certificats d'autorisation pour des travaux dans des plaines inondables, des rives ou des milieux humides.
   Les autorisations touchent un éventail de chantiers. On a permis par exemple à un commerce de remblayer un marécage pour agrandir son stationnement. On a autorisé la construction de ponceaux temporaires pour le futur Réseau express métropolitain (REM). Et à Québec, le réaménagement de l'échangeur qui relie les autoroutes Henri-IV et Félix-Leclerc a nécessité la destruction d'un milieu humide.
   Pris ensemble, tous ces travaux ont entraîné la disparition en moins d'un an de marais, cours d'eau et tourbières d'une superficie plus grande que celle de l'île des Soeurs.
   L'année précédente, la superficie détruite avait été quatre fois plus importante.
   Les milieux humides jouent un rôle névralgique. Non seulement ils abritent une faune riche, mais ils agissent aussi comme des éponges qui captent les eaux de crue des rivières. Leur disparition contribue à empirer les inondations.
    Les chiffres publiés par Québec font bondir Guy Garand, qui milite depuis des années pour la protection de ces habitats à Laval.
   «C'est une catastrophe, a dénoncé M. Garand, qui dirige le Conseil régional de l'environnement de Laval. Les changements climatiques sont là, mais à un moment donné, il va falloir cesser la destruction des milieux humides.»


Changements climatiques : perdre le Nord
Les années lumière, ICI Radio-Canada, 28 avril 2019

Le Grand Nord subit de plein fouet les effets des changements climatiques. La journaliste Chantal Srivastava s'est rendue dans les Territoires du Nord-Ouest pour rendre compte de cette nouvelle réalité.
   À Yellowknife, les effets des changements climatiques sont bien visibles, et leurs répercussions sur la faune et la population, bien tangibles.
   La fonte du pergélisol affecte les rues et les bâtiments. Et cette année, la fonte hâtive de la glace sur le Grand lac des Esclaves a forcé la clôture du Snowking's Winter Festival deux semaines plus tôt que prévu.
   Les Premières Nations sont également touchées par le dégel, qui amincit la glace sur les lacs, mettant alors parfois leur vie en danger.

Audiofil :


L’ère industrielle a modifié le métabolisme des arbres            
ICI Radio-Canada, 8 février 2019

Ne comptez pas sur les arbres pour absorber davantage de carbone. Selon une étude québécoise, ils pourraient atteindre un niveau de saturation même si les émissions de CO2 dans l'atmosphère continuaient d'augmenter.
   «À un certain niveau, la photosynthèse est à son maximum, avance la biologiste Claudie Gigère-Croteau. Même s’il y a plus de CO2 dans l'atmosphère, l’arbre n’est pas en mesure d’en capter plus.»
   Dans son projet de recherche à la maîtrise, Claudie Giguère-Croteau s’est intéressée à la réponse des plus vieux arbres boréaux d’Amérique du Nord à l’arrivée de l’ère industrielle. La conclusion a de quoi étonner.
   L’augmentation rapide et soutenue des émissions de dioxyde de carbone depuis le milieu du 19e siècle a modifié l'interaction entre les arbres et l’atmosphère.
   «On ne peut pas compter sur la végétation actuelle pour stocker les tonnes et les tonnes de carbone qu’on émet avec nos usines», explique Étienne Boucher, professeur au Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).


Les émissions des sables bitumineux sous-évaluées
La Presse, 23 avril 2019

Les émissions de gaz à effet de serre provenant des sables bitumineux de l'Alberta pourraient être considérablement plus élevées que le laissent croire les rapports de l'industrie, révèle une nouvelle étude.
   Dans un document publié mardi, des scientifiques d'Environnement Canada affirment que quatre grandes mines de sables bitumineux émettent en moyenne environ un tiers de dioxyde de carbone de plus par baril de pétrole qu'elles ne le signalent - un chiffre crucial utilisé notamment pour déterminer les niveaux d'émission nationaux et dans le calcul de la taxe sur le carbone.
  

Du nucléaire pour rendre les sables bitumineux plus verts
ICI Radio-Canada, 21 mai 2019

L'exploitation des sables bitumineux produit encore près de 10 % des émissions de gaz à effet de serre du Canada. Une pollution qui pourrait totalement être éliminée d'un coup de baguette, pas si magique, appelée le nucléaire. Mais, entre considérations économique, environnementale et sociale, l'industrie et les gouvernements sont indécis.
   Marier deux énergies aussi polarisantes que les sables bitumineux et le nucléaire peut paraître saugrenu, et pourtant, ces deux industries flirtent avec l'idée d'un mariage depuis des années. Le nucléaire attire la curiosité, pas seulement en Alberta, mais aussi en Saskatchewan. Le premier ministre Scott Moe a entrouvert la porte la semaine dernière.
   C'est qu'au milieu des attaques sur le pétrole «sale», l’argument environnemental du nucléaire a beaucoup de poids, reconnaît Axel Meisen (conseiller d'Alberta Innovates, une agence gouvernementale spécialisée dans la recherche de nouvelles technologies).  
   Les pétrolières brûlent des quantités importantes de gaz naturel pour chauffer l’eau nécessaire à la séparation du bitume des sables. À elle seule, l’industrie consomme un quart du gaz naturel au Canada et produit ainsi des émissions de gaz à effet de serre.
   «C’est une technologie qui mérite d’être étudiée, mais les chances de succès ne sont pas garanties», prévient d’emblée, Axel Meisen.


Le tombeau nucléaire canadien, un projet de 23 milliards
ICI Radio-Canada, 18 janvier 2019

Que doit-on faire des déchets les plus dangereux de nos centrales nucléaires? Le Canada planifie la construction d'un site d'entreposage souterrain à toute épreuve en Ontario, qui pourra même résister aux glaciers qui le recouvriront dans des milliers d'années.
   Les 19 réacteurs CANDU canadiens encore en fonction produisent chaque année 90 000 grappes de combustibles irradiés. On estime qu’il y aura d’ici quelques années 5 millions de grappes hautement radioactives qui s’accumuleront sur le territoire canadien. Ces grappes sont si dangereuses qu’il suffirait d’y être exposé quelques minutes pour recevoir des doses de rayonnement mortelles.
   Lorsque le combustible des centrales quitte le réacteur, il dégage tellement de chaleur qu’on doit plonger les grappes dans des piscines de refroidissement pendant près d’une décennie. Ce n’est qu’après toutes ces années passées dans l’eau qu’on les transfère vers des sites de stockage à sec. Les déchets radioactifs sont alors encapsulés dans des structures de béton armé construites à quelques mètres des réacteurs.
   Au Québec, les déchets radioactifs les plus dangereux se trouvent à l’ancienne centrale nucléaire Gentilly-2, près de Trois-Rivières. Même si la centrale d’Hydro-Québec est fermée depuis six ans, on trouve toujours sur le site 130 000 grappes de combustible irradié.


Voyage au pays des sables bitumineux
Reportages audio (entre 1970 et 2010) ICI Radio-Canada Première

La richesse de l’Alberta gît dans une mer de sable noir et visqueux. L’exploitation des sables bitumineux, qui répond à la demande sans cesse croissante de produits pétroliers, provoque des combats idéologiques entre les partisans du développement économique et ceux de la protection de l’environnement.
Découvrez les enjeux de cette industrie.

Audiofil :

Sables bitumineux du Canda : du pétrole à n’importe quel prix
Carfree


Les deux plus importants gisements au monde se trouvent en Alberta (Canada) et dans le bassin du fleuve d’Orénoque (Venezuela). De plus petits gisements de sables bitumineux existent dans d’autres endroits du monde.
   L’Alberta est ainsi en train de devenir le nouvel émirat pétrolier du XXIe siècle. Au nord de cette province, au pays des Indiens Cree et des élans, on a découvert en effet le deuxième gisement pétrolier au monde après l’Arabie Saoudite. Une particularité géologique : les sables bitumineux recèlent 173 milliards de barils exploitables sur 141 000 kilomètres carrés de forêt boréale (un quart de la France).
   Il faut survoler la zone pour prendre la démesure de cette aventure industrielle. À perte de vue, le long de la rivière Athabasca qui coule vers le nord, les pelles géantes de grues surdimensionnées s’attaquent à la terre noire. Les arbres ont été coupés. Pour atteindre les sables bitumineux, la terre a été enlevée sur une soixantaine de mètres de profondeur. Les excavations ont la taille de cratères. Nuit et jour, des camions-bennes, hauts comme une maison de deux étages (chacune de leurs roues coûte 39 000 euros), charrient jusqu’à 400 tonnes de matériaux.


Nos radio-poubelles ont dû recevoir de généreux dons...

Fuite majeure de la stratégie de TransCanada
ICI Radio-Canada, 18 novembre 2014

Des documents secrets de TransCanada, remis par un informateur à Greenpeace, révèlent en détail la stratégie de la compagnie pour faire accepter par l'opinion publique son projet de pipeline Énergie Est. La centaine de pages consultées par Radio-Canada révèlent que TransCanada est prête à tout, ou presque, même à payer des partisans.

Recruter des partisans
TransCanada compte créer de toutes pièces une mobilisation citoyenne en sa faveur. Son objectif pour l'année 2014 est de pouvoir compter sur 35 000 partisans qui se feront entendre en commentant des articles sur Internet, en écrivant des blogues ou des messages sur Twitter ou Facebook, en envoyant des lettres aux journaux, en appelant leurs élus ou en leur écrivant, voire en intervenant aux audiences du BAPE.

Mettre les scientifiques de son côté
Le document qualifie les professeurs d'université d'influenceurs importants, surtout au Québec. Edelman recommande à TransCanada de tenter de les mettre de son côté avec «une campagne de financement majeure» d'une université québécoise en contribuant à la recherche environnementale. «Cela pourrait aider à montrer le sérieux de TransCanada sur ces sujets et donner une meilleure image». Des discussions sont justement en cours pour le financement d'une chaire de recherche sur le Saint-Laurent axée sur l'étude du béluga à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski.


Énergie Est : les opposants remontent aux barricades
ICI Radio-Canada, 27 avril 2016

Une cinquantaine de groupes écologistes, des représentants du mouvement autochtone Idle No More et des politiciens québécois ont signé une déclaration commune pour réitérer leur opposition au projet de pipeline Énergie Est de TransCanada.
   Les signataires y réitèrent leur «refus catégorique et sans compromis» d'un projet qui constitue une «menace aux écosystèmes, à notre santé, ainsi qu'au climat de notre planète» et leur opposition à «toute tentative d'expansion du complexe des sables bitumineux » albertains.
   «L'oléoduc de TransCanada est bien plus qu'un simple tuyau où couleraient 2000 litres de pétrole à la seconde», notent-ils. «C'est un piège écologique, économique, social qui nous enfermerait pour plusieurs décennies dans la dépendance à une croissance dopée aux hydrocarbures extrêmes.»


----
(1) Conclusion : quand les gens ne comprennent ni de la tête ni du cœur (ni d’ailleurs), en dernier ressort, on utilise l’humour et le cynisme.  

Les climatologues confirment qu'il est encore temps de faire sauter la terre
The Onion* | 5 octobre 2018

GENÈVE, SUISSE – Avertissant que des millions de personnes mourront de faim dans les rues si les dirigeants mondiaux ne prennent pas des mesures décisives, les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat ont confirmé lundi qu'il était encore temps de faire sauter la terre avant que le réchauffement climatique irréversible ne condamne l'humanité à une lente extinction. «En détruisant notre planète dans un maelstrom nucléaire maintenant, nous pouvons éviter les souffrances indues qui autrement caractériseront le siècle prochain», a déclaré le président du GIEC, M. Hoesung Lee, ajoutant qu'un millier d'armes nucléaires stratégiquement placées sur des sites géothermiques actifs cruciaux dans le monde pourrait être suffisant pour inonder la planète de magma blanc et chaud, mettant un terme miséricordieux à cette expérience ratée qu'est l'homme. «Nous avons la technologie pour ce faire; mais ce ne sera pas facile et nous devons agir immédiatement. Nous avions cru qu'il nous resterait au moins un siècle de plus pour faire exploser la terre, mais si l'on veut que l'espèce humaine évite une catastrophe écologique, nous devons commencer hier. Pour ma part, je ne veux pas avoir à regarder mes petits-enfants dans les yeux un jour, et à leur dire que j'aurais pu faire exploser le monde infernal où ils sont forcés de vivre, mais que je ne l’ai pas fait. Ce serait le comble de l'égoïsme.» Lee a ensuite présenté une série de maquettes terrifiantes d'images satellitaires illustrant à quoi pourrait ressembler une terre tragiquement intacte en 2040 et au-delà.


Le PDG d'ExxonMobil, déprimé après avoir réalisé que la fin du monde pourrait survenir avant d’avoir fini d’extraire tout le pétrole
The Onion* | 10 octobre 2018

IRVING – TX – À la suite d'un rapport des scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat qui prévoyait que la planète ne disposerait que d'une décennie pour éviter un réchauffement climatique catastrophique, Darren Woods, le PDG d'ExxonMobil, se serait senti déprimé mercredi après avoir réalisé que la fin du monde pourrait survenir avant qu'ils n’aient fini d'extraire tout le pétrole. «Quand j'ai lu le rapport, ça m’a frappé comme une tonne de briques – nous pourrions tous mourir et laisser des milliards de barils de pétrole piégés dans le sol pour toujours», a déclaré Woods, essuyant une larme et ajoutant que l'ensemble de l'industrie pétrolière avait le cœur brisé à l’idée qu'on pourrait ne pas avoir les décennies nécessaires pour extraire tout le pétrole de la planète comme on l'avait initialement projeté. «Nous avions déjà planifié la production de gaz pour les futures générations d'employés d'ExxonMobil, c'est donc très traumatisant pour moi de penser qu'ils n’auront peut-être jamais la chance de tirer profit des mêmes avantages que nous avons maintenant. Pensez-y, un jour bientôt, nous serons tous partis et le pétrole restera toujours là sous terre, sans jamais être extrait. C'est une parodie.» Au moment d’aller sous presse, Woods a annoncé qu’ExxonMobil allait quadrupler sa production de pétrole pour tenter de tout l’extraire de la terre pendant qu'il était encore temps.

* La publication satirique The Onion (publiée depuis 1988) met le doigt sur nos paradoxes et notre crédulité sans ménagement.
The Onion | America’s Finest News Source http://www.theonion.com/ 

14 juin 2019

La terrible avancée du fondamentalisme religieux

Si la prière marchait, il n’y aurait pas d’appels «911». (The Thinking Atheist)

J’ai lu la plupart des ouvrages de Douglas Kennedy – j’aime son humour, son humanisme, son appréciation de la philosophie et de la culture, ainsi que ses portraits non édulcorés de la société américaine. J’ignore pourquoi, mais «Au pays de Dieu» [1] m’avait échappé. Dans son livre Toutes ces grandes questions sans réponse, Kennedy revient sur ce thème.
   Je suis donc en train de lire l’édition française de 2004, car bien que l’original ait été publié il y a 30 ans (1989), j’y trouverai sûrement des explications/réponses au tsunami chrétien évangéliste qui caractérise l’ère Trump.
   En 1996, Kennedy écrivait :
«La droite chrétienne est devenue une force spécifique, et hautement influente, sur la scène politique du pays. Une force électorale qu’il est impossible de qualifier de ‘marginale et illuminée’ lorsqu’on brigue un siège au Congrès, ou un poste de gouverneur et, bien entendu, la présidence elle-même.»
    Et dans l’avant-propos de l’édition 2004 :
   «Bien que le conservatisme et la religiosité se soient accrus aux États-Unis durant les deux dernières décennies écoulées, et même si des chrétiens évangélistes occupent désormais des postes-clés au plus haut niveau de l’administration, il faut toutefois souligner que la séparation de l’Église et de l’État y demeure une réalité. D’ailleurs, des millions de mes compatriotes éprouvent une sincère inquiétude face à la montée de la droite religieuse. Ils redoutent aussi que, au cas où il serait élu et où certains juges de la Cour suprême prendraient leur retraite, Bush soit en mesure de faire entrer dans la plus haute instance juridique du pays des «compagnons de route» idéologiques et religieux susceptibles de priver les femmes du droit à l’avortement, ou d’introduire la prière dans les écoles.»
   Chose faite. La nomination du juge d’extrême droite Brett Kavanaugh à la Cour suprême des États-Unis, en dépit des allégations d’agressions sexuelles à son endroit (par la Dr Christine Blasey Ford), laissait présager la mort des droits acquis que le juge Anthony Kennedy avait appuyés : abolition de la peine de mort, protection de l’environnement, droit à l’avortement, droits des gays, etc. Pour Kavanaugh, les libertés religieuses (chrétiennes s’entend) passent devant les enjeux constitutionnels! «L'affaire du juge Kavanaugh, ce n'est pas tant l'intrusion du politique dans le système judiciaire américain, mais plutôt l'intrusion du religieux dans le politique. On ne mesure pas la force du fondamentalisme chrétien dans la vie politique de ce pays tant qu'on ne l'a pas vu en action, sur place.» ~ Yves Boisvert (La Presse, le 6 octobre 2018)

Un mème datant de 2004. Hum... le Jesusland a débordé de ses frontières depuis l'élection de Trump. 

Caricature : Serge Chapleau, La Presse 31 mai 2019 

Les Canadiens auraient intérêt à lire Au pays de Dieu car nous subissons de fortes répercussions de ce fléau mondial terrifiant, et des coups de boutoir de la part de nos partis politiques conservateurs et des militants antiavortement. Les groupes évangéliques mettent en place une stratégie offensive internationale très agressive. Les bénéfices économiques générés par les Églises évangéliques se comptent en millions de dollars.
   «Le capitalisme est nataliste. Les pays avec une population importante bénéficient d'avantages économiques : les gens sont les matériaux bruts de la croissance économique.» (The Economist 20/04/2019) Et tous les chrétiens fondamentalistes sont des «natalistes» invétérés.
   Alissa Golob (issue d’une famille de 9 enfants) et son groupe RightNow travaillent fort. Moins de manifestations, plus de porte-à-porte. Voilà comment on pourrait résumer la stratégie des pro-vie à l’approche des élections fédérales d’octobre. Ils souhaitent faire élire des dizaines de députés opposés à l’avortement, ce qui inquiète bien des femmes au pays. «Vous êtes-vous déjà impliqués politiquement?», demande la femme de 32 ans lors d’un meeting avec un groupe d’étudiants. Eva, qui a entendu parler de la rencontre sur les médias sociaux, fait signe que non. Elle n’est pas intimidée pour autant : «Quand la vérité est de son côté, il n’y a aucun problème», assure-t-elle.
Source :

Il est clair qu’on ne peut pas demander à des fanatiques de tolérer quoi que ce soit qui va à l’encontre de leurs croyances religieuses. La communauté LGBTQ reste une cible de prédilection pour les Églises évangéliques, qui la représente comme le mal personnifié :    
    Le pasteur Grayson Fritts (All Scripture Baptist Church, Tennessee) a réclamé l’exécution des LGBTQ lors d’un sermon le 2 juin 2019. L’homme est détective au bureau du sheriff de Knox County District.
   Referring to LGBTQ as “freaks and animals,” he said that the LGBTQ community should be “put to death”. Have a trial for them, and if they are convicted then they are to be put to death ... do you understand that? It's a capital crime to be carried out by our government.”


Un prêche de macho homophobe d’une extrême violence qui d’une façon détournée encourage l’assassinat civil! – jugez vous-même : 


Vidéo publiée par The Freedom From Religion Foundation https://ffrf.org/ who is calling on the Knox County Sheriff's Department to probe Deputy Grayson Fritts’ wrathful demand for the government to execute LGBTQ citizens.
Read our press release here: https://ffrf.us/2WCNKXu

Toutes ces grandes questions sans réponse
Douglas Kennedy
Belfond (2016)  

Chapitre ‘La spiritualité se trouve-t-elle entre les mains du Tout-Puissant... ou juste au coin de la rue?’ (p. 209 ...)

[Extrait] 

Laissez-moi vous parler de thérapie de groupe chrétienne pour personnes en surpoids. J’ai découvert ses principes dans une salle de classe de l’une des institutions pédagogiques les plus étranges de tout le continent nord-américain : l’université Oral Roberts de Tulsa, dans l’Oklahoma. [...] Oral Roberts a été un précurseur de la vague populaire du «télévangélisme» aux États-Unis. Avant de ce venir une star du petit écran, il avait sillonné, les États du Sud américain avec le mouvement Chautauqua, prêchant, enseignant et guérissant selon les préceptes de la tendance «revival» du christianisme américain. Évangéliste ultramédiatisé, il se targuait donc aussi d’avoir l’inspiration divine nécessaire pour débarrasser d’une tumeur cancéreuse ou d’une infirmité quelconque les participants à ces grands rassemblements exaltés où la prière se transforme en transe.
[...]
   L’histoire du mouvement évangéliste dans l’Amérique de la fin du XXe siècle abonde d’escrocs soi-disant mystiques, qui tout en brandissant la doctrine du puritanisme le plus strict, s’adonne au stupre et à la prévarication. Jim Bakker, fondateur d’un parc thématique chrétien en Caroline du Sud, s’est retrouvé derrière les barreaux pour détournement de fonds de sa propre église, et plusieurs témoignages prouvant qu’il trompait assidûment son épouse, Tammy Faye – une chanteuse de country ringarde à blondeur hyperperoxydée et au visage maintes fois refait –, ont terni sa réputation. Il y a aussi Jimmy Swaggart, un prédicateur qui promettait sans cesse le feu et le soufre à tous dont la vie sexuelle ne se limitait pas au strict cadre de la monogamie chrétienne, mais qui avait la bizarre habitude de payer des prostituées rien que pour leur montrer ses parties génitales, comme si regarder sans toucher était pour lui la déviance le plus pure. Une fois démasqué, il s’est répandu en pleurnicheries télévisées, suppliant ses fidèles de lui pardonner et pontifiant de plus belle sur le péché de la chair auquel, bien entendu, il est si difficile de résister...
   Comparé à ces lamentables imposteurs, Oral Roberts (en dépit des pratiques sexuelles suggérées par son prénom) était la probité personnifiée – du moins n’a-t-il pas eu à souffrir d’un scandale public de son vivant. C’était aussi un homme d’affaires avisé qui, faisant fructifier son galimatias de rebouteux évangélique, s’était constitué un petit empire dont faisait partie le campus de Tulsa en question.
   Je m’étais rendu là-bas, persuadé que j’allais me retrouver plongé dans la plouquerie obscurantiste la plus profonde, et je dois donc admettre que j’ai été agréablement surpris de constater que mes préjugés étaient en partie injustifiés. Nous étions au cœur de la «Bible belt», et la ville comportait bien sûr des églises géantes à l’architecture on ne peut plus kitsch au milieu des centres commerciaux et des stations-service habituels. L’Oklahoma demeure l’un des États les plus conservateurs de l’Union, affichant fièrement ses valeurs religieuses et son attachement sans faille au Parti républicain, mais j’ai aussi découvert à Tulsa des quartiers à l’ambiance bohème et détendue, une vie culturelle assez dynamique et des restaurants étonnamment bons. Des exceptions bien visibles dans un paysage urbain dominé par l’université Oral Roberts.
   [...] il était possible de suivre divers cours sur la vie des Apôtres, l’Amérique en tant que nation chrétienne et autres variantes du créationnisme et, dans l’annexe au bâtiment principal, on pouvait participer à des ateliers de «développement personnel» d’inspiration biblique, parmi lesquels ce «Weight Watchers» évangéliste visiblement très fréquenté.
   Il faut ici préciser qu’en 1988 – année de ce voyage destiné à préparer Au pays de Dieu, mon livre sur le fondamentalisme religieux en Amérique –, je venais de renoncer à la cigarette. En dix-huit mois, j’étais passé de soixante-dix-sept kilos mon poids habituel, à quatre-vingt-cinq. Cette petite surcharge pondérale ne me donnait toutefois pas l’aspect d’un tank, et c’est sans doute pourquoi, lorsque je suis entré dans la salle où se trouvaient déjà une demi-douzaine de dames plus que corpulentes, l’une d’elles a lancé : «Sûr que vous ne vous êtes pas trompé de porte, mon garçon?»
   Comme je leur expliqué que je n’étais là qu’en observateur, en quête de matériau pour mon essai, une autre a demandé :
– Un livre sur notre cher Oral?
– Euh... Il y apparaîtra sûrement, ai-je répondu.
– Soyez le bienvenu, frère.
   Les participantes présentaient toutes un stade d’obésité avancé et semblaient bien se connaître entre elles. Elles se sont levées d’un bloc lorsque leur «conseillère spirituelle» est entrée, une femme mince et vive portant un pantalon rose et un chemisier blanc sur lequel étaient épinglés un petit crucifix en faux diamants et un badge à son nom. [...] Une fois assises, elles se sont tenues chacune par la main et ont baissé la tête, tandis que Bobbi entamait une prière, les invitant à demander au Tout-Puissant de leur donner le courage de ne pas succomber à la tentation et de trouver la «force intérieure» qui leur permettrait de résister au diable. Son invocation terminée, elle a demandé :
– Qui voudrait «partager» la première, aujourd’hui?

[Note : Kennedy relate ici les confessions publiques des femmes (semblables à celles du mouvement Alcooliques Anonymes) scandées par des «Louons le Seigneur!», «Louanges à Jésus!», etc. Une des participantes sanglote parce qu’elle a succombé à la tentation...]

À ce stade, je sais ce que vous devez vous dire : Kennedy exagère, c’est trop absurde, trop ridicule pour être vrai. Pourtant, je jure, la main sur le cœur, que ce qui précède correspond presque mot pour mot à ce que j’ai entendu ce mardi matin d’août étouffant, en 1988, à l’université Oral Roberts. Je n’exagère pas non plus en vous racontant qu’à la suite de la confession d’Amy qui avait englouti son litre de Häagen-Dazs, une autre participante, Marge, s’est levée pour avouer que, prise d’une envie irrésistible alors qu’elle circulait sur une autoroute et avait dévoré un poulet frit entier. [...]
   Étant né à Manhattan, je suis non seulement sceptique par nature et laïque convaincu dès lors qu’il est question de l’organisation de la société, mais surtout enclin à prendre les choses au second degré. L’idée d’un Lucifer plongeant la tête d’une malheureuse dans un seau de glace rhum-raisins, celle-ci quémandant ensuite le pardon divin, m’a donc plutôt fait sourire. [...] Ce matin-là, tout en écoutant les autres témoignages, j’ai souvent reporté mes yeux sur Amy. En dépit des consolations de Bobbi, et malgré la garantie que Jésus lui avait déjà pardonné, elle restait avachie sur sa chaise pliante, son corps boursouflé reflétant un accablement tel que je n’en avais jamais vu de semblable. À la faveur de leurs échanges, j’ai appris qu’elle était caissière dans l’une des nombreuses pharmacies Walgreen disséminées dans les stations de métro de Tulsa, gagnant à peine plus que le salaire minimum garanti, tandis que son mari volage, qui collectait les tickets au péage de l’autoroute, arrivait difficilement à lui octroyer deux cent cinquante dollars par mois pour les enfants. Elle n’avait jamais eu accès à une vie culturelle trépidante, comme on peut en trouver à New York, aussi son univers se bornait-il à sa famille et à son église; et maintenant, à l’approche de la cinquantaine, elle se répétait inlassablement : «Je suis une grosse mocheté qui ne connaîtra plus jamais l’amour.» Ses coreligionnaires lui assuraient qu’elle pouvait au moins compter sur celui de sa communauté évangéliste et, bien entendu, sur l’amour de Jésus.
   Mais le ressentait-elle vraiment, cet amour divin? Lui apportait-il quelque réconfort dans le marasme où elle se débattait, une logique infernale la poussait à s’empiffrer pour oublier son chagrin, dont son poids excessif? Avait-elle été heureuse avant l’éclatement de son mariage? Était-ce son obésité qui avait amené son mari à se jeter dans les bras d’une femme plus mince? [...] En la voyant là, tête baissée, les larmes coulant sur ses jours, je me suis demandé à quel point les paroles apaisantes de Bobbi et de ses camarades l’avaient convaincue. [...]  
   Alors, même si je n’aurais jamais pu savoir ce qui se passait vraiment dans la tête d’Amy, j’ai eu une sorte de révélation en la voyant si seule, si accablée par les coups du sort. Jamais encore je n’avais aussi clairement perçu que la foi individuelle est avant tout une recherche d’une consolation face à l’assourdissant mutisme des cieux. Bien sûr, j’avais déjà compris que, à travers la religion, beaucoup de gens tentaient de résoudre les questions métaphysiques les plus insondables, mais l’idée que la croyance religieuse réponde au besoin d’une certaine empathie ne m’était jamais venue à l’esprit. Jusqu’à ces trois mois passés dans l’Amérique la plus profonde, à écouter tous ces récits de vie, à rencontrer ces gens qui par le biais de la foi cherchaient à surmonter le deuil, l’échec, la déception, la solitude en se réfugiant dans la promesse d’amour inconditionnel de Jésus. [...]
   J’ai eu beau essayer – croyez-moi, j’ai pas mal cogité sur le sujet –, je n’ai jamais réussi à  accepter l’idée d’un Dieu omniscient et omnipotent. Même l’hypothèse d’une figure céleste moins impliquée dans les affaires du monde n’a pas réussi à me convaincre : je suis capable d’apprécier la conception déiste telle que Voltaire – et nombre d’autres – l’a développée, selon laquelle Dieu a mis en marche la création avant de la laisser fonctionner sans Son interférence, mais cela me paraît en fin de compte une variation sur le thème agnostique, une manière élégante de convenir qu’il n’y a pas de réponses catégoriques mais seulement des spéculations quant à l’origine de l’univers et de ceux qui le peuplent.
   Il est évident que la foi n’a rien à voir avec les vérités empiriques ou les certitudes démontrables. Le credo religieux est une théorie parmi d’autres, une façon de raconter l’histoire comme il y en a tant, une hypothèse pleine de trous, pareille à un habit mité, que les instruments de la connaissance comme la logique et la science achèvent de mettre en pièces. Avoir la foi, c’est croire à un récit qui, une fois scrupuleusement analysé, ressemble à un conte à dormir debout.
   Prenons les fondements théologiques de la confession mormone, qui stipulent que des tribus de l’ancien Israël seraient parvenues jusqu’au Nouveau Monde sur des radeaux de fortune et que Jésus-Christ aurait effectué une visite dans ce qui allait devenir les États-Unis d’Amérique soixante-dix ans après sa crucifixion, pour jouer les bons shérifs. [...] Il se trouve que l’origine du texte sacré racontant de telles absurdités est aussi douteuse que les doctrines qu’il contient. [...] Peu importe que les circonstances à l’origine de cette nouvelle foi soient aussi loufoques (au point que Mark Twain lui-même dira que le livre de Mormon est tout simplement du «chloroforme imprimé»), la confession mormone compte aujourd’hui plus de quinze millions de fidèles, brasse d’immenses fortunes et a une influence politique considérable aux États-Unis. C’est d’ailleurs un mormon, Mitt Romney, qui a défendu les couleurs républicaines aux présidentielles de 2012. Un État américain entier, l’Utah, applique les préceptes de cette religion par ailleurs représentée dans un très grand nombre de pays du monde entier – à l’exclusion de Cuba et de la Corée du Nord. Malgré le peu de crédibilité de ses origines et de ses dogmes, tous les tenants de cette religion que j’ai rencontrés, le plus souvent quand ils venaient sonner à ma porte avec leurs prospectus, semblaient avoir une foi inébranlable et considérer le récit fondateur comme absolument véridique. Sans oublier la récompense suprême que ces missionnaires enthousiastes vous présentent : «Imaginez-vous rejoindre vos proches au ciel, passer l’éternité en compagnie de votre famille!»
   Je ne pouvais tout de même pas répondre à ce brave démarcheur mormon que cette perspective résumait assez bien ma vision de l’enfer. De même, je me suis abstenu de lui faire remarquer que bon nombre de livres de science-fiction me paraissaient plus plausibles que le dogme qu’il essayait de me vendre. En fin de compte, à quoi bon se montrer désagréable envers quelqu’un qui croit si fort aux contes de fées? Si fermement attachés que nous soyons à la science et à la logique, il n’en reste pas moins que la majorité de la population mondiale – 73 % de celle des États-Unis, d’après certaines études – croit en quelque déité, sous une forme ou une autre. [...]
   [...] La religion n’a jamais été présente dans notre famille. Mes parents ne parlaient jamais de Dieu, ni de la promesse d’aller au paradis. Il y avait là seulement une résignation à vivre ce qui est le lot de tous, ainsi qu’une capacité particulière à déceler les bons côtés de l’existence. Mais les discordances permanentes de mon foyer m’ont poussé à chercher d’autres formes de consolation que la foi, et c’est ainsi que la culture est devenue mon Église.
   [...] Le fond du problème, si difficile à contempler, c’est que le moment viendra où vous, moi, nous ne serons plus là; où rien n’aura plus d’importance, ni tout ce que nous avons désiré et manqué, ni nos succès et nos échecs, ni nos triomphes et nos hésitations, ni nos gains et nos pertes. Tout cela s’évanouira avec notre disparition. Et il s’agit bien de «disparition». Non de «décès», non de «passage» vers un ailleurs. Je parle de l’abolissement total qu’est la mort, de ce que nous pouvons tenter d’habiller d’oripeaux plus acceptables mais qui reste, dans toute sa nudité, la fin absolue.
   Pour ma part, j’ai la conviction que la mort est l’achèvement de l’état conscient, la non-existence, l’interrupteur qui nous coupe du monde, sans possibilité de retour. C’est une perspective accablante, une main glacée toujours prête à s’abattre sur notre nuque, une réalité avec laquelle il faut simplement apprendre à exister, en assumant la mélancolie qui l’accompagne de temps à autre. On peut éventuellement accepter la mort d’autrui – de toute façon, nous y sommes tous confrontés à un moment donné ou à un autre. Ce qui dépasse l’entendement, c’est la perspective de notre propre disparition, la chute dans un trou d’où on n’émergera jamais.

~~~

[1] Au pays de Dieu (In God’s Country: Travels in the Bible Belt, 1989)
Douglas Kennedy; Pocket 2006


Résumé 

Douglas Kennedy ne fait rien comme tout le monde. Quand il décide de partir en voyage, il choisit la «Ceinture de la Bible», ce sud si désespérément profond des Etats-Unis.
   Comme Douglas Kennedy est un homme curieux des autres, il aime les rencontres insolites : un ancien mafieux transfiguré par la foi, de jeunes musiciens chevelus fans de heavy metal chrétien, un prêtre guérisseur de paralytiques, un télévangéliste cynique, une redoutable femme d'affaires qui doit sa réussite à Dieu.
   Et comme Douglas Kennedy est un conteur au talent exceptionnel, cela donne un récit de voyage piquant, grinçant, glaçant aussi, le tableau édifiant d'un des phénomènes de société les plus frappants de ces dernières années.
   «Douglas Kennedy a un don exceptionnel pour repérer l'absurde, sans jamais faire preuve d'arrogance ni porter de jugement. Au pays de Dieu est une réussite parce qu'il est le fruit d'une expérience vécue.» (The Daily Telegraph)

– «Une enquête en forme de road movie dans l’Amérique des ‘fous de Dieu’.»
– «Politiciens prêcheurs, prêtres guérisseurs, mafieux reconvertis en vendeur d'indulgences; intégrisme, surmédiatisation et abus de confiance comme sainte Trinité... Sous la plume alerte d'un Douglas Kennedy mordant, l'état des lieux se révèle glaçant. Baptêmes en blanc et billets verts...»  
– «L'actualité politique récente des États-Unis ne cesse de rappeler le poids considérable que joue la religion – en particulier les fondamentalistes chrétiens – dans la vie publique de ce pays.» (Babelio)
– «Le voyage est en soi assez révélateur sur le pouvoir et l'attraction exercée par la religion. Certaines rencontres prêtent à sourire, d'autres à la réflexion, d'autres encore à l'inquiétude. Le pouvoir des croyances est en cela très bien décrit par Kennedy. À l'heure où les fanatiques de toute obédience portent leur voix, Au pays de Dieu montre que le fanatisme religieux est un danger pour la démocratie et la liberté. Instructif.» (Babelio) 

”Now I'm a pretty hardened atheist ...” ~ Douglas Kennedy, 2001
Site de l’auteur :  

10 juin 2019

Jouer sur tous les fronts

L’industrie du spectacle joue sur tous les fronts. Ce que j’ai vu des commémorations du Jour J «pour éviter de répéter les erreurs du passé» ne m’ont pas convaincue. On pourrait facilement conclure que ces parades sont des shows de boucane puisque derrière les paroles vertueuses, les budgets alloués aux dépenses militaires ne cessent d’augmenter. Imaginer un monde en paix est aussi illusoire qu’imaginer un monde sans pauvreté, puisque guerre et pauvreté sont indissociables (sur fond de croissance économique au-dessus de tout).

Extrait d’un article de François Brousseau (ICI Radio-Canada, 7 juin 2019) :

Lors d'un discours, le premier ministre canadien Justin Trudeau a évoqué «l'histoire des gens ordinaires qui ont risqué leur vie pour sauver celles des autres, pour sauver un monde au bord du gouffre».
   «Ensemble, les Alliés ont entrepris de rebâtir un monde fracturé, pour éviter de répéter les erreurs du passé, entre autres en érigeant des forums qui encourageaient le dialogue et la collaboration. Les célébrations d’aujourd’hui ne sont pas seulement pour se souvenir du sacrifice fait il y a 75 ans par tant de jeunes soldats qui se retrouvaient loin de chez eux, mais bien les idéaux pour lesquels ils combattaient. C'est maintenant à nous de bâtir un monde digne de ceux qui ont tant sacrifié il y a 75 ans.»

Des commémorations très politiques en Normandie
[...] L’Histoire est politique, et la façon d’en parler est toujours un peu soumise aux points de vue des uns et des autres, et à leurs intérêts.
   C’est ce qu’écrivait le 6 juin le directeur de la rédaction du journal Libération, Laurent Joffrin, qui parlait d’une «hypocrisie» et même d’une «trahison» dans le traitement qu’on fait de cet événement.
   Cela dit, le temps fait son œuvre. Les belles commémorations, les paroles convenues, voire hypocrites, dans la bouche d’un Trump, d’un Macron ou d’un Trudeau, ne signifient pas forcément que le travail de mémoire fonctionne automatiquement.
   Dans un monde qui valorise l’instant présent, où la mémoire est courte, où les rumeurs peuvent remplacer l’information, où les citoyens ne sont pas toujours «éduqués» au sens classique, rien ne garantit qu’on puisse empêcher ad vitam la tragédie de se répéter.
   Dans un article publié par Le Monde le 7 juin, Bertrand Legendre, écrivain et professeur à l’Université Paris-13, dit craindre que le «spectacle» ne l’emporte sur le fond, favorisant l’oubli. Que le commerce, le tourisme, les reconstitutions à grand déploiement «plus-vraies-que-nature», le trafic des reliques, la guerre comme spectacle, que tout cela ne finisse par miner le vrai travail sur la mémoire.
   «On en vient à se demander, écrit-il, ce que commémorations et tourisme mémoriel font à l’histoire et à la mémoire. Le parallèle peut être établi avec diverses tendances à l’œuvre dans les industries culturelles : star-system, médiatisation, mise en spectacle, produits dérivés, reproduction à grande échelle... autant de modalités par lesquelles l’économie prend le pas sur la culture.»

Article intégral :

Crédit : Sean Kilpatrick 

Quand une guerre s’achève, une autre commence ailleurs. Il n’y a pas d’ennemis? Eh bien, on en trouvera! Car c’est payant. Si l’économie d’un pays dépend de la vente d’armes et de la guerre, on peut légitimement douter des prétendus accords de paix. «Notre objectif est de tuer l’ennemi. Soit-dit entre nous, la plupart de ces gens sont destinés à mourir, alors, aidons-les. La guerre est match de football, c’est mathématique. Et, nous transformons le sang en argent», disent les développeurs de stratégies militaires. Conclusion : les guerres ne cesseront qu’avec l’extinction de l’espèce humaine. 

«Regardons à nu la cupidité d’une part, la crédulité et l’ignorance de l’autre, qui ont construit ce monde où l’air, l’eau, la terre, les aliments, le silence même, sont pollués; où les gadgets remplacent les réalités; où les tensions et les frustrations causées par une démographie incontrôlée préparent les guerres «absolues» de l’avenir... Trop nombreux dans un sac de farine, les charançons s’entre-dévorent.» ~ Marguerite Yourcenar

Sur l'ensemble de l'année 2018, les dépenses militaires mondiales se sont élevées à 1822 milliards de dollars, un bond de 2,6 % sur un an. C'est la deuxième année consécutive que ces dépenses augmentent, ce qui les porte à leur plus haut niveau depuis 1988. En 2017, elles avaient enregistré une hausse de 1,1 %. Elles sont tirées vers le haut par les États-Unis et la Chine. Ces deux puissances totalisent la moitié des dépenses militaires mondiales (SIPRI Arms & Military Expenditure).

«Les armements, la dette universelle et l'obsolescence programmée sont les trois piliers de la prospérité occidentale. Si la guerre, le gaspillage et les usuriers étaient abolis, vous vous effondreriez.» ~ Aldous Huxley (in Ile, 1962)

Classement des dix plus importants budgets militaires en 2018
En milliards de dollars  
   1. États-Unis : 649
   2. Chine : 250 *
   3. Arabie saoudite : 68 *
   4. Inde : 67
   5. France : 64
   6. Russie : 62
   7. Royaume-Uni : 50
   8. Allemagne : 50
   9. Japon : 47
  10. Corée du Sud : 43
* Estimation

En quoi consiste l’arsenal?
(Aperçu non exhaustif)

Terre – char d'assaut; véhicule blindé de combat; véhicule de transport de troupes; véhicule de combat d'infanterie; char de combat; chasseur de chars; chenillette; canon automoteur; véhicule militaire blindé; motos militaires

Air – avions de combat : chasse, interception; attaque au sol; guerre électronique; bombardement tactique ou stratégique
– avions de soutien : reconnaissance surveillance, patrouille maritime; transport de troupe, de matériel; largage de parachutistes; école, entraînement; ravitaillement en vol   
   L'aviation militaire (terrestre et aéronavale) est très émettrice de gaz à effet de serre. Comme tous les carburants, ceux des avions peuvent contenir des additifs toxiques et polluants. Les produits (antigels, produits de nettoyage...) peuvent aussi contribuer à polluer les sols des aérodromes militaires et de leurs environs. Un avion en difficulté se débarrasse généralement de son carburant avant un atterrissage en urgence, souvent au-dessus d'une forêt ou d'une zone agricole ou de la mer, pour éviter de polluer les villes. Les munitions des avions et hélicoptères sont aussi sources de pollution lors de leur usage, des exercices ou en fin de vie si elles ne sont pas démantelées dans les meilleures conditions.

Mer : porte-avions ou porte-aéronefs; frégate anti-aérienne ou de défense aérienne, anti-sous-marine ou de surveillance; corvette, aviso ou patrouilleur; bâtiment de débarquement ; bâtiment de guerre des mines; sous-marin; bâtiments de soutien logistique, de ravitaille
   En 2018, on estimait que 1240 navires de guerre étaient opérationnels dans le monde.

MOINS DE BOMBES, PLUS D’ÉDUCATION!

...nous fermerons des prisons et limiterons la prolifération des guerres...  

En janvier dernier, Raymond Saint-Pierre prenait sa retraite pour des raisons de santé. Quel dommage, il comptait parmi mes journalistes préférés. Non seulement pour la qualité de ses reportages à l’étranger, mais aussi pour sa voix calme et chaleureuse qui me rappelait celle de Philippe Noiret. Cela contrastait avec les reportages lus d’un ton sec, impersonnel, froid et expéditif – reçus comme des balles de Kalachnikov. J’espère que sa santé s’améliore et que nous aurons l’occasion de l’entendre à nouveau.

«La bête n’est jamais bien loin de l’homme»
Entrevue avec Raymond Saint-Pierre à Samedi et rien d’autre | 2 février 2019

À l'aube de la retraite, le correspondant de Radio-Canada pose un regard lucide sur les conflits du monde. Ses reportages dans de nombreuses zones de tension lui ont appris que, dans les guerres opposant les nations ou les religions, l'homme le plus bienveillant peut se transformer en monstre. «L'éducation demeure l'instrument le plus efficace pour éviter les guerres», constate Raymond Saint-Pierre.
   Il a été attaqué en pleine nuit au Zaïre (République démocratique du Congo), frémissant sous le bruit assourdissant d’une kalachnikov. Il a sauté dans le blindé des soldats canadiens en Afghanistan, non sans y vivre une certaine frousse. Il a observé, impuissant, des collègues se faire blesser gravement dans l'exercice de leurs fonctions. Jamais ces situations n'ont découragé Raymond Saint-Pierre d'exercer le journalisme en zone de guerre. «C’est nécessaire et essentiel de fournir aux Canadiens cette information internationale de qualité», affirme-t-il.
   Même s'il a été plus souvent qu'à son tour en contact avec le versant sombre de l'humanité, il n'a jamais cessé de croire que l'être humain peut s'améliorer par l'éducation.
   Il a aussi été un témoin attentif des actions menées par le Canada à l'étranger. C'est l'un de ses sujets de prédilection, même si les médias ne s'y intéressent pas assez à son goût.
   «J’ai toujours voulu couvrir le travail des Casques bleus. C'est important de savoir ce qu'ils font, à quoi sert leur travail et dans quelles conditions ils l'exercent ainsi que comment le pays les soutient. C’est important d’aller voir quelle image ils donnent de nous à l'étranger et ce qu’ils accomplissent. Ça nous concerne hautement.» Raymond Saint-Pierre, correspondant retraité de Radio-Canada
   Ce n'est pas une rare maladie auto-immune qui enlève à Raymond St-Pierre son sourire et sa vivacité d'esprit!

Audiofil :

Quelques suggestions pour en savoir plus sur ce journaliste d’exception.

Raymond Saint-Pierre, un homme et ses lunettes sur le monde
Un texte d'Anne Marie Lecomte | 30 janvier 2019

«L'étranger, ce n'est pas un cliché. L'étranger, ce sont des gens qui vivent comme nous. Il faut essayer d'expliquer et de faire comprendre pourquoi ils sont comme ça à nos gens à nous.» (Raymond Saint-Pierre, au micro de Marc Laurendeau sur ICI Première en 2012)  

Photo : Gracieuseté Raymond Saint-Pierre. Raymond Saint-Pierre après avoir été légèrement blessé en Syrie, non loin de la frontière turque, en mai 2016.

«C'est quelqu'un qui ne se contente pas de décrire la situation, il en tire la signification», dit le journaliste Marc Laurendeau à propos de Raymond Saint-Pierre. De la chute du mur de Berlin à la mort de Deng Xiaoping, le correspondant à l'étranger de Radio-Canada nous a fait comprendre le monde à travers ses lunettes rondes et son regard perçant.

Un jardin vaste comme la planète
Celui qui a été à la barre du Téléjournal 22 h pendant plus de 30 ans ne tarit pas d'éloges sur son ancien collègue. «Je le mets à un très haut échelon, parmi les plus grands correspondants dans l’histoire de Radio-Canada/CBC, de la trempe des Joe Schlesinger Il a fait le tour du jardin... De la planète jardin.» (Bernard Derome, journaliste et ex-présentateur du Téléjournal 22 h à Radio-Canada)
   «Érudit, affable, ironique sans être cynique, Raymond Saint-Pierre n’est pas un prétentieux. Avec lui, il n’y a pas de grands coups de toge, décrit Bernard Derome. C’est la simplicité même.»
   Quand on demande à Raymond Saint-Pierre quelle est l’affectation qu’il ne voudrait jamais avoir à refaire, il parle de ces enfants d’orphelinats de Roumanie et d’Angola si mal en point que, de désespoir, ils se tapaient la tête contre les barreaux de leur lit-prison. Les caméramans qui l’accompagnaient lors de ces reportages terribles pleuraient tout en filmant, dit-il. «Il n’y a rien qu’on puisse faire, il n’y a rien qu’on va faire... Sauf montrer, en espérant que ça va peut-être donner un petit quelque chose. Ça marque», dit-il simplement.

Article intégral et vidéos :

Entrevue de 52 minutes à l’émission Les grands entretiens

Raymond Saint-Pierre, un globe-trotter au service de l’information
«On est toujours journaliste. On ne peut pas dire : "J'arrête d'être journaliste." C'est une vie; ce n'est pas un métier», affirme Raymond Saint-Pierre. Après plus de 40 ans de carrière, le journaliste tire sa révérence contre son gré, foudroyé par une maladie rare. Au micro de Stéphan Bureau, il revient sur son parcours marqué par la curiosité et le plaisir de vivre à l'étranger.
   Évoluer au sein de pays autoritaires comportait son lot de défis, dont celui de composer avec une surveillance serrée et une mobilité restreinte. Le journaliste trouvait néanmoins des façons de tirer son épingle du jeu. «Il y a toujours moyen de gratter plus que la surface et d’aller parler aux gens», explique-t-il.
   Si son rétablissement constitue aujourd’hui sa priorité et l’occupe «à 100 %», Raymond Saint-Pierre n’est pas près de dire adieu au journalisme. Sa passion du métier se fait toujours aussi vive après toutes ces années, et il compte bien se remettre à l’analyse de l’actualité internationale à la première occasion. «Je vais continuer à faire ce métier-là», promet-il.

Audiofil

Un reportage de Raymond Saint-Pierre sur le complexe russe de liquéfaction de gaz à Sabetta en Arctique (Mars 2017)

Un immense projet d'exploitation de gaz naturel démarrera bientôt ses activités dans le Grand Nord de la Russie, dans la péninsule du Yamal, dont le sol contient 22 % de toutes les réserves de gaz naturel au monde. État des lieux.
   Le projet est financé par la pétrolière française Total et par les entreprises Novatek de Russie et CNPC de Chine. En raison des conditions de travail arides qu’engendre le froid sibérien, une partie importante de la construction des trois usines de liquéfaction de gaz du projet a été réalisée en Asie.

Article :

LE TOP DU DÉLIRE MILITAIRE

On s’entend qu’il n’y a pas que la Russie qui se sert des mammifères marins pour l’espionnage, le déminage, et comme explosifs, etc. Certains utilisent des enfants, alors pourquoi se priver des bélugas et des dauphins. Plusieurs pays s’adonnent à ces pratiques sadiques conçues par des cerveaux dégénérés. «T’es pas beau l’Humain!»

Un brin d’histoire

Les animaux sont-ils le futur de l’espionnage? 30 millions d’agents
Ulyces, 31 mai 2019

[...]
Zoo d’espions – Dans les années 1960, le Kremlin et la Maison-Blanche ont investi beaucoup de temps et d’argent afin de déterminer comment les animaux pourraient devenir des espions. Les experts du Zoo IQ de Hot Springs, dans l’Arkansas, avaient notamment passé un contrat avec le gouvernement pour former des animaux spécialisés dans le travail de défense et de renseignement. «Il n’y a jamais eu un animal que nous ne pouvions pas entraîner», confie le directeur principal du programme, Bob Bailey. Bailey doit cette idée à Burrhus Frederic Skinner, un psychologue influencé par les travaux du célèbre médecin et physiologiste russe Ivan Pavlov.
   Jusqu’aux années 1960, la plupart des animaux utilisés lors de conflits étaient terrestres ou aériens. Pendant la Première Guerre mondiale, les moutons servaient à déminer les terrains, les chevaux à transporter les soldats, les chiens à livrer des messages et les pigeons prenaient des photos. 


Mais quand l’océan se peuple de sous-marins russes et soviétiques, chacun trouve un moyen de voir sous l’eau sans être vu. Chercheuse en écologie marine à l’université norvégienne de Trømso, Marie-Anne Blanchet a passé 15 ans à entraîner des mammifères marins. «Ils ont des capacités de nage et de plongée qui sont évidemment extrêmes, et ils sont beaucoup moins soupçonnables que des plongeurs humains», explique-t-elle.
   La plupart du temps, ils sont envoyés pour faire du repérage, mais ils peuvent aussi réaliser des missions plus méticuleuses. «Je sais que des dauphins ont déjà été utilisés pour placer des mines sous les bateaux ennemis», raconte Martin Biuw.
   Cet exemple rappelle les chiens antichars envoyés par les Soviétiques se faire sauter sous les blindés allemands, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Chiens de guerre (14-18)

Article intégral :

Au large de la Norvège, à qui appartient ce béluga?
Le Monde, 30 avril 2019

Manœuvres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), sous-marins, navire espion, brouillages des GPS et… bélugas.

Photo : Jorgen Ree Wiig

Aux abords du cercle arctique, la guerre froide n’est pas qu’un lointain souvenir. La rencontre entre des pêcheurs norvégiens et un représentant peu farouche mais étrangement harnaché de l’espèce Delphinapterus leucas, appelé également béluga, baleine blanche, dauphin blanc ou marsouin blanc, l’a brusquement ravivé.
   Le 25 avril, Joar, Håvard et Erlend Hesten, trois frères qui pêchaient au large d’Ingøya, une petite île du comté de Finnmark, en Norvège, ont aperçu un béluga, qui s’est approché à plusieurs reprises de leur bateau, rapporte le quotidien Verdens Gang. L’animal semblait chercher de l’aide pour retirer un harnais qui l’enserrait. Les trois hommes l’ont filmé, pris des photographies et envoyé le tout à la direction de la pêche norvégienne, qui a contacté Jørgen Ree Wiig et Yngve Larsen, deux biologistes marins de Tromsø. Les pêcheurs ont déclaré à la NRK, la télévision publique norvégienne, que le cétacé avait approché d’autres navires, pour chercher de l’aide.
                                      
La marine russe soupçonnée
Vendredi, après plusieurs essais pour l’en délivrer, l’un des frères équipé d’une combinaison de survie a plongé pour libérer l’animal du harnais. Le béluga a ensuite disparu. Des photos du harnais, diffusées par la direction de la pêche norvégienne montrent que l’inscription «Equipement St Peterburg» est gravée sur les attaches du harnais, qui disposait aussi d’un dispositif d’attache pour une caméra embarquée de type GoPro.
   Dans le quotidien Verdens Gang, Jørgen Ree Wiig estime qu’il est probable que l’animal provienne de Russie.

Article intégral :

La Russie veut des dauphins pour des missions  de combat naval

Des documents ont été publiés en Russie indiquant que l’armée du pays cherche à obtenir et à former des dauphins pour des missions de combat naval.

Dauphin transformé en «tueur»...

Les rapports suggèrent que des dauphins prendront part à un nouveau programme de formation et seront livrés avant août à la ville portuaire criméenne de Sébastopol, qui abrite un centre de formation pour dauphins militaires depuis 1965.
   En Juillet 2014, les chefs militaires de l’Ukraine ont demandé à la Russie le retour de “ses” dauphins, qui sont tombés entre les mains des Russes lorsque la Crimée a été annexée en mars de la même année.
   En 2012, la marine américaine a annoncé qu’elle réduirait ses longs programmes de formation pour dauphins pour la détection de mines sous-marines.
   Les dauphins militaires sont confinés et en captivité, ce qui peut provoquer chez eux un stress psychologique et physique extrême et tout comme les autres dauphins du monde entier gardés en captivité dans des parcs aquatiques, ils vivent moins longtemps que s’ils étaient libres dans la nature. Ils souffrent également d’infections, de crises gastriques (déglutition d’un objet étranger), de pneumonie, de fracture vertébrale et de noyade, et meurent fréquemment au cours d’opérations militaires et autres exercices de combat.

Article intégral (10 mars 2016) :

Whale.org https://us.whales.org/

Mythes et réalités sur les comportements «violents» des dauphins : 

La violence chez les dauphins 
(12 mars 2019) 

[...] Alors, info ou intox? Un peu des deux.
La violence existe chez les dauphins, mais elle n’est en rien comparable à celle de bien d’autres espèces, la nôtre en particulier. Les dauphins ne sont pas des disciples de Gandhi, mais il n’y a pas d’Adolf Hitler, de Joseph Kabila ou de Pol Pot parmi eux. La guerre, la vraie, telle que la conçoivent humains et fourmis, n’existent pas chez les autres animaux. Et moins encore chez les dauphins.

Article intégral :
Même site :