17 avril 2017

«Vous n’êtes pas écoeurés de tuer!»

Adaptation de la phrase-choc de Claude Péloquin :
«Vous êtes pas écoeurés de mourir, bande de caves!» (1970).

Le sort de la planète se joue à coup de ‘my way or the highway’. Chaque despote entend résoudre les conflits (devenus internationaux) en imposant sa volonté, croyant que ses opinions et ses croyances sont les seules correctes. Les alliances et mésalliances entre pays sentent mauvais – on dirait un copié/collé des préliminaires de la Seconde Guerre mondiale.

On ne joue pas au Frisbee avec son chien là, on joue au boomerang nucléaire!


Les lanceurs de bombes nucléaires semblent ignorer le fonctionnement du boomerang. C’est pourtant simple : l’objet lancé revient vers son expéditeur. Dans le film Mad Max, il paraît qu’un des protagonistes utilise un boomerang aux bords tranchants; un sbire d’une bande adverse a les doigts tranchés en interceptant le boomerang en plein vol. Où explosera l’ogive nucléaire interceptée et combien de civils écoperont? (1) 

«Nous vivons à une époque de contraste exagéré qui nous force à choisir ce que nous sommes et ce que nous défendons. Notre pays est polarisé entre deux modèles de valeurs incompatibles. L'un est marqué par la division, la domination patriarcale, le bellicisme, la haine et l'exclusion. L'autre est fondé sur la compassion, l'inclusion, la valeur de la vie, la dignité pour tous les peuples et le respect de notre planète. Espérez et essayez tant que vous voudrez de faire coexister ces deux modèles sous le même toit, vous n’y arriverez pas. En réponse à l'interdiction de voyager, à la construction de murs, aux expulsions et aux crimes haineux contre des groupes minoritaires, un mouvement qui promeut l'inclusion s’est levé. Plusieurs restaurants de ma ville ont mis des enseignes bien en évidence sur leurs devantures : TOUS sont bienvenus ici : TOUTES les religions, TOUS les genres, TOUTES les nationalités, TOUTES les orientations sexuelles, TOUS les systèmes de croyance... [et plus]. Il y a un an, nous n'aurions jamais vu pareilles enseignes. Les vendeurs de peurs nous poussent à clamer la force de l'amour. Parfois «le mauvais train mène à la bonne gare». ~ Alan Cohen (Hawaï)

Tableau : Pawel Kuczynski
http://www.pictorem.com/collectioncat.html?author=Pawel+Kuczynski 

Quand on note le coût de la GBU-43/B (MOAB mother of all bombs) on comprend pourquoi une bonne partie des fonds de l’EPA et des Départements de la Santé et de l’Éducation ont été transférés au Département de la Défense.

C’est un affront aux mères que le surnom de cette bombe. Elle devrait s’appeler «Father of all bombs» (FOAB).

Témoignage de survivants :

“It felt like the heavens were falling”: Afghans reel from MOAB impact
Sune Engel Rasmussen in Kabul
The Guardian ǀ Friday 14 April 2017

Locals describe the moment the “mother of all bombs” was dropped, as critics question the wisdom of deploying the weapon

GBU-43/B (MOAB) One of the most powerful conventional weapons in existence
Cost: $16 m

Tomahawk cruise missile Long-range, jet-powered missile launched from navy ships and submarines Cost: $600,000

BLU-82 ‘Daisy Cutter’ Predecessor to the more powerful MOAB Cost: $27,000

https://www.theguardian.com/world/2017/apr/14/it-felt-like-the-heavens-were-falling-afghans-reel-from-moabs-impact

The bombing of Afghanistan shows the US is led by a one-man wild card
Simon Jenkins
The Guardian ǀ Friday 14 April 2017

https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/apr/14/donald-trump-afghanistan-bomb-syria-wild-card  

~~~

(1) Je comprends difficilement les survivalistes qui s’organisent pour survivre entre deux et trois ans à la suite d'une catastrophe – guerre chimique, explosion nucléaire, inondation, pandémie, pénurie, etc. J’ai déjà une overdose de vivre sur cette planète très hostile, à la merci de funestes administrateurs, alors autant lever le camp et dire bye-bye world le plus rapidement possible... car de toute façon la mort atteindra tout un chacun à plus ou moins brève échéance. Quel intérêt y a-t-il à survivre à un chaos de grande ampleur et de longue durée? C'est comme rallonger sa vie pour aller vivoter en CHSLD... Non merci.

Le documentaire "Et si l’apocalypse..." aide à mieux connaître les motivations des survivalistes. L’argumentaire est tout à fait logique dans la mesure où l’on veut vivre à tout prix et qu’on est prêt à tuer pour protéger sa famille et ses réserves – la loi de la jungle qu’ils nomment bucoliquement «retour aux sources». Je vois mal des personnes en mauvaise santé, handicapées ou âgées pratiquer des arts martiaux, accumuler des denrées, apprendre à manier des armes à feu, chasser, etc. C’est une combinaison du syndrome de Noé et de la théorie de l’évolution des espèces : les plus forts, ou les mieux armés et les mieux équipés, tiendront le coup pour un temps.

https://www.youtube.com/watch?v=nSr2gMkiWqE&feature=youtu.be
Publiée le 3 avril 2017

Résumé :

Pandémie, effondrement économique, catastrophe naturelle : ils sont nombreux à anticiper une crise qui pourrait entraîner un chaos total. Le documentaire ET SI L’APOCALYPSE... propose une rare incursion dans l’univers de six survivalistes québécois. 
     Pour des milliers de Québécois, une apocalypse n’est pas seulement inévitable, elle est imminente. Ces survivalistes se préparent avec ardeur pour survivre longtemps, voire des années. La clé de leur préparation : devenir le plus autonome possible face aux systèmes en place, de l’alimentation à l’énergie, en passant par l’accès à l’eau potable, les soins ou les communications, entre autres. Les craintes et les motivations des survivalistes interrogés font réfléchir, surtout lorsque des spécialistes ne peuvent nier que notre société ne peut parer à toute éventualité. 
     Alors que la plupart des Québécois n’ont pas le minimum préconisé pour survivre pendant les 72 premières heures d’une situation d’urgence, des hommes et des femmes sont prêts. ET SI L’APOCALYPSE..., un documentaire surprenant sur des gens qui font un retour aux sources.

15 avril 2017

Cratères de bombes : plus d’avant ni d’après

Collage : Joe Webb http://www.joewebbart.com/

     «À en juger par leurs débuts, que pouvions-nous espérer de ces gouvernements, à part une succession ininterrompue de guerres et d’extorsions? 
     Dans sa progression, la guerre implique un tel cortège de situations imprévues, qu’aucune sagesse humaine ne permet d’en prévoir la fin. Une seule chose est certaine : elle fera augmenter les impôts. 
     Celui qui veut conserver sa liberté doit protéger même ses ennemis de l'oppression; car s'il ne s'y astreint pas il créera ainsi un précédent qui l'atteindra un jour. 
     Le despotisme prend sa force et sa puissance uniquement dans la peur de la résistance.»

~ Thomas Paine

Paine disait aussi, «l’arme la plus efficace contre les erreurs de toute nature est la raison». Néanmoins, nous laissons des despotes dépourvus de raison manipuler des bombes nucléaires! Hallucinant.

Parmi les participants à la Compétition Jumbo Bombs 100 % macho.

Caricature : Serge Chapleau (La presse 11 avril 2017) 

Caricature : Serge Chapleau (La presse 13 avril 2017) 

L’article suivant date de 2015. En décembre dernier on se disait que 2016 avait été pourrie et que 2017 serait peut-être meilleure. Or les républicains ont réussi à caser Donald Trump à la tête de la Maison-Blanche, avec les conséquences désastreuses qu’on connaît.

Le climat conjugué au passé, au présent et au futur

Marie Lambert-Chan – Collaboratrice | Science et technologie
Le Devoir 7 novembre 2015 

Pour mieux comprendre les changements climatiques, des chercheurs de l’UQAM s’intéressent à ce qu’était le climat il y a des dizaines de milliers d’années de cela et à ce qu’il sera d’ici la fin du siècle.

Pendant que Philippe Gachon s’emploie à simuler les conditions climatiques qui prévaudront dans quelques décennies au Québec, sa collègue Anne de Vernal étudie des sédiments récupérés au fond des océans qui lui révèlent le climat qui régnait dans les hautes latitudes de l’hémisphère nord il y a des dizaines de milliers d’années. Bien qu’éloignés dans le temps et l’espace, les objets de recherche de ces professeurs de l’UQAM n’en sont pas moins complémentaires et démontrent à quel point le système climatique est complexe.

«Plus on en apprend sur le climat, plus on prend la mesure de notre ignorance», constate Philippe Gachon, professeur au département de géographie et membre du Centre pour l’étude et la simulation du climat à l’échelle régionale. Il rappelle que l’histoire de l’observation du climat est assez courte. Les scientifiques ne peuvent s’appuyer que sur quelques décennies de données satellitaires. Le reste des archives climatiques se cache dans les cernes des arbres, les pollens fossiles et les carottes tirées des fonds océaniques ou des glaciers. «C’est ce qui nous permet de documenter la variabilité naturelle du climat qui est par définition instable», remarque Anne de Vernal, professeure spécialisée en micropaléontologie et paléoclimatologie et membre du Centre de recherche en géochimie et géodynamique.

«Le travail des paléoclimatologues comme Anne contribue à mettre en perspective les changements climatiques d’aujourd’hui et ceux de demain, estime M. Gachon. C’est grâce à eux, par exemple, que nous avons pu reconstituer le contenu en gaz à effet de serre emprisonné dans de petites bulles d’air logées dans de la glace datant de centaines de milliers d’années. Nous avons ainsi découvert que la quantité actuelle de gaz à effet de serre est sans commune mesure avec celle observée au cours des 400 000 dernières années. Cela nous permet de voir à quel point l’activité humaine a contribué à l’augmentation importante du CO2 et du méthane dans l’atmosphère.»

Un avenir tout en extrêmes

Philippe Gachon est un expert des extrêmes, comme les tempêtes et les ouragans, des phénomènes inextricablement associés aux changements climatiques. «Depuis les 30 ou 40 dernières années, on observe une augmentation d’environ 10 à 20 % des désastres d’origine climatique. Ceux qui engendrent le plus de pertes humaines et économiques sont les tempêtes, les inondations et les sécheresses», indique celui dont les travaux ont été cités à plusieurs reprises dans le cinquième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). «Le Forum économique mondial a signé un article dans la revue Nature dans lequel il suggère qu’après les guerres civiles, ce sont les désastres climatiques qui causeront le plus de dommages dans les prochaines décennies», rappelle-t-il.

Le professeur examine plus spécifiquement les répercussions des extrêmes climatiques au Québec et au Canada. Par exemple, il a étudié les répercussions potentielles des pluies torrentielles sur le système d’égout combiné de la Ville de Longueuil, de même que celles des régimes de tempête sur les infrastructures portuaires dans la baie d’Hudson.

Après avoir compilé tous les modèles régionaux à leur disposition, Philippe Gachon et ses collègues en sont venus à la conclusion que le Canada connaîtra dans le futur des précipitations plus intenses, mais moins nombreuses en été. Les précipitations hivernales seront quant à elles plus nombreuses et plus fortes. «L’occurrence et l’intensité des précipitations auront des conséquences importantes, dit-il. Prenez le mois d’août dernier [2014]. On a connu plusieurs jours sans pluie, mais quand il a plu, ce fut si fort que ç’a causé des accidents sur la route. Et ce n’est qu’un impact parmi d’autres.»

Voyage vers le passé

En 2014, Anne de Vernal a participé à une expédition géologique en eaux arctiques. «C’était spectaculaire!» se souvient la spécialiste. Au cours de son périple, elle a récolté une foule de sédiments qui, aujourd’hui, lui en apprennent un peu plus sur l’évolution de l’environnement du centre de l’océan Arctique. «Les premières analyses démontrent que l’accumulation de restes d’organismes vivants s’y déroule très lentement, sur des dizaines de milliers d’années en fait, signale-t-elle. Par contre, je ne sais toujours pas si cette microfaune s’accumule par intervalles réguliers ou si sa présence évoque des moments d’ouverture de la glace de mer qui se seraient produits de manière passagère au cours de centaines de milliers d’années.»

Bien que la glace de mer se reforme tous les ans, quel que soit le climat, «on se rend compte, en remontant dans le temps, que certains endroits sont plus sensibles, comme la mer de Barents et la mer de Laptev», indique Anne de Vernal, également citée dans le dernier rapport du GIEC. «Un océan Arctique libre de glace est quelque chose d’exceptionnel et, pour en retrouver des traces, il faut faire un très long voyage dans le temps.»

Il n’en va pas de même pour l’inlandsis du Groenland. «Cette calotte glaciaire est plus vulnérable qu’on ne le croit, affirme Anne de Vernal, qui a réalisé des travaux à ce sujet. On a démontré que le Groenland n’a pas toujours été recouvert de glace; une forêt a déjà occupé ce territoire il y a 400 000 ans. Au départ, la variabilité de cet environnement est naturelle, mais présentement, elle est amplifiée par le réchauffement climatique.»

Encore optimiste il y a quelques années, Anne de Vernal se dit désormais plutôt pessimiste au regard des données sur les changements climatiques «qui ne s’améliorent absolument pas». «Il y a des phénomènes qui sont enclenchés et pour lesquels il n’y a pas de retour possible, à commencer par l’acidification des océans et la fonte de la calotte groenlandaise, se désespère-t-elle. Ce n’est guère encourageant.»

– Maman les p’tits bateaux qui vont sur l’eau, ont-ils des jambes?
– Mais non mon gros bêta. Et puis, ce ne sont pas des bateaux mais des gros morceaux d'icebergs qui vont fondre. Ne crains rien.

13 avril 2017

If we don't end war, war will end us. (H. G. Wells)

Happy Easter Mister President! Jesus must be bigly proud.

Il est plus facile de déclencher une guerre – c’est un jeu d’enfant de nos jours – que de régler un conglit pacifiquement. Sur le coup j’ai cru qu’il s’agissait d’un canular, de «fake news»... Apparemment non. Trump avait envie d’essayer l’un de ses jouets – ces engins contiendraient 21 11 tonnes de TNT, on ne rigole plus là. Imaginez la propagation des particules toxiques dans l'air, au sol, dans l'eau...  

Les États-Unis ont largué leur plus puissante bombe non nucléaire en Afghanistan

Radio-Canada avec Reuters et CNN; le 13 avril 2017

Credit: Eglin Air Force Base, via Associated Press. The GBU-43/B Massive Ordnance Air Blast bomb is the largest conventional bomb in the American arsenal. A Thursday strike in Afghanistan was the first combat use of the bomb.

Un avion C-130 de l'armée de l'air américaine a largué pour la première fois ce matin la plus puissante bombe de l'arsenal conventionnel américain sur des positions du groupe armé État islamique (EI) en Afghanistan.

Développée pendant la guerre d’Irak, la bombe GBU-43/B MOAB pour Massive Ordnance Air Blast Bomb (ou Mother of all bombs, disent les soldats), produit un vaste nuage de nitrate d’ammonium et de poudre d’aluminium qui génère une déflagration qui détruit les bâtiments, les blindés et même des bunkers, dans un rayon de plusieurs centaines de mètres.

Selon le porte-parole du Pentagone, Adam Stump, c’est la première fois que cette bombe était utilisée sur un champ de bataille dans un cadre opérationnel.

La cible visée par l’aviation américaine était un réseau de tunnels utilisés par les troupes de l’EI dans le district d’Achin, dans la province de Nangarhar, rapporte CNN.

On ne connaît pas encore l’ampleur des dégâts provoqués par l’explosion de la bombe de 9800 kilos guidée par GPS.


Moi qui me réjouissais de publier une nouvelle «positive» aujourd’hui (elles sont si rares...). Avec cette dernière frasque de Trump, les planteurs d’arbres auront du boulot sur la planche.

Dan Price (g) et Adrien Taylor (d), qu’on voit en train de planter un arbre, sont les co-fondateurs du projet Trump Forest. (Photo: TrumpForest.com)

"Ces types plantent un arbre à chaque fois Trump dit quelque chose de stupide. Ce sera une immense (bigly) forêt." ~ Bill McKibben

TRUMP FOREST
Là où l’ignorance fait pousser des arbres. 

Respirez mieux, Monsieur le Président.

Le président américain Donald Trump ne croit pas au changement climatique d'origine humaine évoquée par la science. Il veut ignorer l'une des plus grandes menaces à la vie sur Terre.

Trump veut réintroduire le charbon même si les scientifiques disent que nous ne pouvons pas nous permettre d'en brûler, et que les économistes disent qu’il y a plus d'emplois et plus d'argent à faire dans l'énergie renouvelable.

Alors, nous plantons une forêt pour absorber les gaz à effet de serre que Trump entend répandre dans notre atmosphère.

Nous plantons une forêt à l'échelle mondiale pour compenser la stupidité monumentale de Trump.

Nous avons besoin de votre aide.

COMMENT ÇA FONCTIONNE

Nous ne voulons pas de votre argent.

Nous voulons que vous payiez et plantiez des arbres n'importe où dans le monde, au nom de Donald Trump, et que vous nous envoyiez le reçu afin d’ajouter votre généreuse contribution à la carte géo Trump Forest. Avec la participation de beaucoup de gens, plantez des forêts est facile.

REDONNEZ À LA TERRE SA GRANDEUR

Aidez-nous à faire croître la forêt.

Clause de non-responsabilité :
Trump Forest a été fondé à titre d’effort collectif pour motiver et inspirer les gens à planter des arbres pour lutter contre l'ignorance climatique promue par le Président Donald Trump. Nous n'acceptons pas d’argent et n'avons pas l'intention d’en accepter. TrumpForest.com est une plate-forme pour les entreprises et les particuliers qui souhaitent faire connaître les planteurs d’arbres et les responsables du financement et de l'organisation. Nous n'avons aucune affiliation avec des partis politiques. Notre seul objectif est de lutter contre l'ignorance climatique.

(Voyez Here's how it works in two steps)

LA SCIENCE

Le 28 mars 2017, le Président Trump a signé un décret :
«Promouvoir l'indépendance énergétique et la croissance économique».

Alors que ce titre semble encourageant pour certains travailleurs américains, il inclut malheureusement plusieurs détails décourageants… 
     Le plus décourageant, est peut-être d'ajouter à ce qui existe déjà dans l'atmosphère plus d'un demi-milliard de tonnes de gaz à effet de serre au cours de la prochaine décennie. 
     À la base, le décret demande à l'Agence de protection de l'environnement de réécrire le Clean Power Plan, la pierre angulaire de la politique climatique de l'administration Obama. Ce décret entend restaurer l'industrie du charbon (le charbon est le combustible le plus néfaste en matière de réchauffement climatique). 
     Le Clean Power Plan aurait permis de retirer de l'atmosphère environ 650 millions de tonnes de dioxyde de carbone au cours des 8 prochaines années. Conjointement à d'autres actions et règlements (que Trump a aussi décidé d'éliminer), les États-Unis se seraient rapprochés des cibles de l'Accord de Paris. 
     – Le Clean Power Plan prévoyait appliquer les composantes du projet de réduction des gaz à effet de serre après 2016. D'autres composantes incluaient des normes sur les émissions d'échappement, une réduction des émissions de méthane, et l’utilisation d'appareils plus efficaces. (Source : New York Times; Climat Interactive)
     L'Accord de Paris négocié dans la capitale française en décembre 2015 a été accepté par plus de 190 nations. C'était la première fois que la communauté mondiale décidait de s'attaquer au changement climatique en s'efforçant de maintenir l'augmentation de la température moyenne de la planète en dessous de 2°C. Cet objectif ne peut être atteint qu’à la condition que tous les pays s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. 
     L'afflux de gaz additionnels ne fera qu'aggraver le réchauffement climatique et signalera au reste du monde que le gouvernement du deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre n'est pas à même de relever ce défi. 
     Donc nous allons y répondre à sa place. 
     Si TRUMP FOREST réussit à couvrir une superficie de 100 000 kilomètres carrés (37 000 milles carrés), à peu près la taille de l'État du Kentucky, elle compensera pour le surplus de carbone émis dans l'atmosphère si le Clean Power Plan est supprimé. 
     Alors au moins, le volte-face de l'administration Trump sera annulé jusqu'à ce qu'un gouvernement intelligent et logique, qui fonde ses décisions sur des avis scientifiques, gagne les prochaines élections. 
     Bien sûr, il serait plus facile de simplement laisser le Clean Power Plan en place... mais, nous sommes là Don[ald].

Site officiel : https://trumpforest.com/

~~~

Pour comprendre, rien de plus efficace que de voir ce qui nous attend si nous continuons à varloper nos forêts et à polluer nos cours d’eau à la va-comme-je-te-pousse, histoire d’augmenter la croissance économique des grandes corporations et de leurs acolytes.

Pollution en Inde : mourir en respirant

Un reportage de Thomas Gerbet, correspondant pour Radio-Canada en Inde
Publié le 12 avril 2017

La qualité de l'air est devenue un grave enjeu de santé publique en Inde, alors que le pays est maintenant plus pollué que la Chine. Les poumons des Indiens sont mis à rude épreuve et même le Taj Mahal en est victime.
     «Puisse Dieu empêcher l'Inde de s'industrialiser à la manière de l'Occident.» La mise en garde du Mahatma Gandhi, en 1928, n'a pas été entendue.
     Le sage poursuivait ainsi : «Si toute une nation de cette taille se mettait à exercer une exploitation économique du même type, elle dévasterait le monde comme un nuage de sauterelles.» À l'époque, il y avait 300 millions d’Indiens. Aujourd’hui, ils sont un milliard de plus.
     Aucun autre pays au monde, même la Chine, ne subit une telle pression sur son environnement. Pour la première fois l’an dernier, le nombre d’Indiens morts prématurément à cause de la pollution a dépassé le voisin chinois. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime le nombre de victimes à plus d’un million par année. 
     Les hôpitaux de New Delhi ont constaté une augmentation de 300 % des consultations pour des problèmes pulmonaires liés à la pollution. En fait, aujourd’hui, plus de la moitié des Indiens ont des problèmes respiratoires plus ou moins aigus. Les premiers touchés sont les personnes âgées et les enfants. 
     Pour la première fois l’an dernier, le nombre d’Indiens qui sont morts prématurément à cause de la pollution a dépassé celui de la Chine. Il y a maintenant plus d’un million d’Indiens, chaque année, qui meurent à cause de l’air qu’ils respirent.
     L’Inde est encore fortement dépendante du charbon pour produire son électricité. Dans la banlieue de New Delhi, l’une des centrales les plus polluantes vient d’être autorisée à reprendre ses activités.

Article intégral :
http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1027420/pollution-inde-smog-airpocalypse-mourir-respirant-delhi-taj-mahal-greenpeace

12 avril 2017

Dans la foulée du piratage de données

Ce piratage Wifi si répandu...
 
À relire
 
Publié le 29 août 2015
 
L’article qui suit a largement été relayé en octobre  2014, mais on dirait que personne n’a lu ou compris... L’expérience est pourtant concluante et devrait inciter les utilisateurs à redoubler de vigilance. (Voyez aussi «Surveillance intrusive») 

L’affaire Ashley Madison nous donne une autre bonne leçon. Le thème du site est sans importance – je ne parlerai pas des nonos qui se croyaient à l’abri alors que les gouvernements se font eux-mêmes pirater.

Le cybercrime est un business lucratif, et les pirates peuvent se servir à volonté au bar ouvert Wifi. Mais, il existe des «pirates éthiques» qui enseignent aux individus et aux entrepreneurs à se garer des intrusions. Comme le mentionne l’auteur de l'article, on ne le répétera jamais assez : ne vous branchez pas sur les réseaux Wifi des espaces publics sans protection adéquate.
 
Illustration : Kristina Collantes

Auteur : Maurits Martijn, De Correspondent; octobre 2014
Traduction néerlandais/anglais : Jona Meijers
 
(Traduction/adaptation maison)

Nous avons amené un pirate dans un café et, en 20 minutes, il savait où chaque client était né, quels collèges il avait fréquentés et les cinq dernières choses qu'il avait googlées.

Wouter Slotboom, 34 ans, transporte dans son sac-à-dos un appareil noir, à peine plus gros qu'un paquet de cigarettes, gréé d’une antenne. Je le rencontre dans un café au centre-ville d'Amsterdam. C'est une journée ensoleillée et presque toutes les tables sont occupées. Certaines personnes causent, d'autres travaillent sur leurs ordinateurs portables ou jouent avec leurs smartphones.

Wouter sort son ordinateur portable, place le dispositif noir sur la table et le camouffle sous un menu. Nous demandons à la serveuse deux cafés et le mot de passe de connexion Wifi. Entre-temps, Wouter branche le dispositif à son portable et lance certains programmes; bientôt l'écran commence à afficher des lignes de texte vertes. Il devient peu à peu évident que le dispositif de Wouter se connecte aux ordinateurs portables, smartphones et tablettes des clients du café.

Sur son écran, des expressions comme «iPhone Joris» et «Simone's MacBook» apparaissent. L'antenne du périphérique intercepte les signaux envoyés par les ordinateurs, smartphones et tablettes autour de nous.

Plus de texte commence à s’afficher sur l'écran. Nous pouvons voir à quels réseaux Wifi les périphériques avaient été précédemment connectés. Parfois, les noms de réseaux sont composés principalement de chiffres et de lettres aléatoires, ce qui rend difficile de les situer à un endroit précis, mais plus souvent qu'autrement, les réseaux Wifi divulguent leur localisation.

Nous apprenons que Joris est allé chez McDonald's auparavant, qu’il a probablement passé ses vacances en Espagne (beaucoup de noms de réseaux en espagnol), et qu’il a fait du kart-racing (il s’était connecté au réseau local du Kart-Racing Center bien connu). Martin, un autre client du café, s’était connecté au réseau de l'aéroport d'Heathrow et de la compagnie American Airline Southwest. À Amsterdam, il séjourne probablement à l’hôtel White Tulip. Il a également visité le café Bulldog.

Session 1 : Que chacun se connecte à notre réseau fictif!

Une fois connecté au Wifi du café, Slotboom peut fournir à tous les clients une connexion internet fictive et rediriger le trafic vers son petit appareil.

La plupart des smartphones, ordinateurs portables et tablettes cherchent automatiquement à se connecter aux réseaux Wifi. Ils sélectionnent préférablement un réseau où une connexion a déjà été établie. Si vous avez ouvert une session sur le réseau T-Mobile, dans un train par exemple, votre appareil recherchera un réseau T-Mobile dans la région.

L’appareil de Slotboom peut enregistrer ces recherches et prendre l’apparence d’un réseau Wifi fiable. Soudain je vois le nom de mon réseau domestique apparaître sur la liste de disponibilités de mon iPhone, incluant mon lieu de travail, une liste de cafés, de halls d'hôtel, de gares et d’autres lieux publics que j'ai visités. Mon téléphone se connecte à l'un de ces réseaux automatiquement redirigé vers le périphérique noir.

Slotboom peut également lancer un nom de réseau fictif pour faire croire aux utilisateurs qu'ils sont réellement connectés à celui du lieu qu'ils visitent. Si le réseau Wifi de l’endroit est composé de lettres et de chiffres aléatoires (Fritzbox Slotboom XYZ123) il peut changer le nom du réseau pour Starbucks par exemple. Les gens, dit-il, seront beaucoup plus enclins à s’y connecter.

Nous voyons de plus en plus de gens se connecter à notre réseau fictif. Le chant de la sirène du petit périphérique noir semble irrésistible. Déjà 20 smartphones et ordinateurs nous appartiennent. S'il le voulait, Slotboom pourrait maintenant ruiner totalement la vie des gens connectés : il peut récupérer leurs mots de passe, voler leur identité et piller leurs comptes bancaires. Plus tard aujourd'hui, il me montrera comment procéder. Je lui ai donné la permission de me pirater pour démontrer ce dont il est capable, mais cela pourrait se faire à l’insu de n’importe quelle personne disposant d'un smartphone ou d’un ordinateur portable en quête d’une connexion Wifi.

Mis à part quelques rares exceptions, tout peut être craqué.

L'idée que les réseaux Wifi publics ne sont pas sécuritaires n'est pas nouvelle. Toutefois, c’est une chose qu’on ne répétera jamais assez. On estime qu’il a plus de 1,43 milliard d'utilisateurs de smartphones dans le monde entier, dont plus de 150 millions aux États-Unis; plus de 92 millions d’Américains ont une tablette et plus de 155 millions un ordinateur portable. La demande mondiale pour les ordinateurs portables et les tablettes augmente à chaque année. En 2013, 206 millions de tablettes et 180 millions d'ordinateurs ont été vendus dans le monde. Quiconque possède un appareil portatif s’est sans doute connecté au moins une fois à un réseau Wifi dans un café, un train ou un hôtel.

La bonne nouvelle est qu’il existe des réseaux mieux protégés que d'autres; certains services de courrier électronique et de médias sociaux utilisent des méthodes de cryptage plus sécuritaires que leurs concurrents. Mais, passez une journée en ville avec Wouter Slotboom et vous verrez que presque tout ce qui est connecté à un réseau Wifi peut être piraté. Une étude menée par l’agence de sécurité Risk Based Security estime que plus de 822 millions de données confidentielles ont été divulguées à travers le monde en 2013 : numéros de cartes de crédit, dates de naissance, renseignements médicaux, numéros de téléphone, numéros de sécurité sociale, adresses, noms d'utilisateurs, courriels, noms et mots de passe. Soixante-cinq pour cent de ces données provenait des États-Unis. Selon la société de sécurité informatique Kaspersky Lab, en 2013, 37,3 millions d'utilisateurs dans le monde et 4,5 millions d'Américains ont été victimes d’hameçonnage – ou de fraude – les détails de comptes bancaires ayant été saisis via des ordinateurs portables, des smartphones ou des sites web piratés.

L’un après l’autre, tous les rapports indiquent que le vol d'identité est un problème de plus en plus fréquent. Les pirates et les cybercriminels disposent actuellement de plusieurs outils différents. Mais la prévalence des réseaux Wifi ouverts et non sécuritaires leur rendent la tâche extrêmement facile. Les Centre national de cyber-sécurité des Pays-Bas, une division du ministère de la sécurité et de la justice, n'a pas diffusé cet avertissement en vain : «Il n'est pas recommandé d'utiliser les réseaux Wifi ouverts dans les lieux publics. Il vaut mieux éviter de les utiliser pour le travail ou les activités financières.»

Slotboom se voit comme un «pirate éthique», un bon gars, un mordu de technologie qui divulgue les dangers potentiels d'Internet et de la technologie. Il enseigne aux particuliers et aux entreprises comment mieux protéger leurs données. Comme avec moi aujourd’hui, il le fait habituellement en démontrant à quel point il est facile de causer des dommages. C'est en effet un jeu d'enfant : l'appareil n'est pas cher, le logiciel pour intercepter le trafic est très facile à télécharger et à utiliser. «Vous avez besoin de 70 euros, d'un QI moyen et d’un peu de patience, c’est tout», dit-il. Je m'abstiens d'élaborer sur certains aspects plus techniques, tels que l’équipement, les logiciels et les applications nécessaires pour pirater les gens.

Session 2 : Scanner le nom, les mots de passe et l'orientation sexuelle

Nous nous rendons à un café réputé pour la beauté de ses fleurs dessinées dans la mousse des lattes; un endroit très fréquenté par les pigistes qui travaillent avec des ordinateurs portables. L’endroit est bourré de clients concentrés sur leurs écrans.

Slotboom installe son équipement. Il refait les mêmes étapes et au bout de quelques minutes, une vingtaine de périphériques sont connectés au nôtre. Nous voyons à nouveau défiler des adresses MAC et des historiques de connexion, et dans certains cas des noms de propriétaires. À ma demande, nous passons à une autre étape.

Slotboom lance un autre programme (également facile à télécharger) qui lui permet d'extraire encore plus d'information sur les ordinateurs et les smartphones connectés. Nous pouvons voir les spécifications des modèles de téléphone mobile (Samsung Galaxy S4), les paramètres de langue des différents périphériques, et la version du système d'exploitation utilisée (iOS 7.0.5). Si le système d’exploitation du périphérique est obsolète par exemple, on sait qu’il y a des «bugs» ou des trous dans le système de sécurité facilement exploitables. Avec ce genre d'information, vous avez tout ce qu’il faut pour entrer dans le système d'exploitation et prendre les rênes de l'appareil. Un échantillonnage des clients du café révèle que personne n’a la dernière version du système d'exploitation. Tous ces systèmes ont donc un bug connu répertorié en ligne.

Nous pouvons maintenant voir le trafic Internet des gens qui nous entourent. Quelqu’un navigue avec un MacBook sur le site NU.nl. Plusieurs  périphériques envoient des documents par WeTransfer, certains utilisent à Dropbox et d’autres Tumblr. Nous voyons quelqu'un qui vient de se connecter à FourSquare. Le nom de cette personne est également indiqué, et après l’avoir googlé, nous reconnaissons la personne, assise à quelques mètres de nous.

L'information entre à flot, même sur les clients qui ne sont pas en train de travailler ou de fureter. Plusieurs applications et programmes de messagerie sont constamment en contact avec leurs serveurs – une activité nécessaire pour qu’un périphérique récupère les nouveaux courriels. Dans certains périphériques et programmes, nous pouvons voir l'information envoyée, et à quel serveur.

Et maintenant, ça devient vraiment personnel. Nous voyons l’application Gay Dating Grindr installée sur le smartphone d’un client. Ainsi que le nom et le type de smartphone qu'il utilise (iPhone 5S). Nous nous arrêtons là, mais ce serait un jeu d'enfant de savoir à qui appartient le téléphone. Nous voyons quelqu'un dont le téléphone tente de se connecter à un serveur en Russie, transmettant également le mot de passe du client que nous pourrions intercepter.

Session 3 : Obtenir des informations sur l'occupation, les hobbies et les problèmes relationnels

Plusieurs applications, programmes, sites web, et certains types de logiciels utilisent des technologies de cryptage. On s’assure ainsi que les informations envoyées et reçues à partir d'un périphérique ne soient pas accessibles à des yeux non autorisés. Mais si l'utilisateur est connecté au réseau Wifi fictif de Slotboom, ces mesures de sécurité peuvent être contournées assez facilement à l'aide d’un logiciel de décryptage.

À notre grand étonnement, nous voyons une application envoyer des informations personnelles à une entreprise qui vend de la publicité en ligne. Entre autres choses, les données de localisation, et de l'information technique sur le téléphone et le réseau Wifi. Nous voyons également l’identité (prénom et nom de famille) d'une femme utilisant le bookmarking social du site Delicious (qui permet aux utilisateurs de partager les signets qui les intéressent). En principe, les pages que les utilisateurs de Delicious partagent sont disponibles publiquement, mais nous ne pouvons pas nous empêcher de nous sentir comme des voyeurs quand nous réalisons à quel point nous pouvons en apprendre sur cette femme sur la base de cette information.

Nous entrons d'abord son nom, ce qui nous permet de déterminer immédiatement à quoi elle ressemble et où elle est assise dans le café. Nous apprenons qu'elle est née dans un autre pays européen et qu’elle a déménagé récemment aux Pays-Bas. Par le biais de Delicious nous découvrons qu'elle a visité le site Web d'un cours de langue et mis un signet pour un site web offrant des cours d'intégration.

En moins de 20 minutes, voici ce que nous avons découvert sur cette femme assise à trois mètres de nous : son lieu de naissance, où elle a étudié, elle s’intéresse au yoga, elle a ajouté à ses favoris un site de mantras anti-ronflement, elle a récemment visité la Thaïlande et le Laos, et enfin elle a un intérêt marqué pour les sites qui offrent des conseils pour sauver une relation.

Slotboom me montre quelques astuces supplémentaires de piratage. À l'aide d'une application sur son téléphone, il peut modifier des mots spécifiques sur n'importe quel site web. Par exemple, à chaque fois que le nom «Opstelten» (un politicien hollandais) est mentionné, il est remplacé par le nom «Dutroux» (un individu reconnu coupable de meurtres en série), et c’est ce que les visiteurs voient sur la page. Nous avons testé et ça fonctionne. Nous essayons un autre truc : quiconque télécharge un site Web qui inclut des photos voit une image sélectionnée par Slotboom. Tout cela peut paraître drôle quand on ne cherche pas à nuire, mais cela peut devenir dramatique si, par exemple, un pirate malicieux télécharge des images de pornographie juvénile sur le smartphone de quelqu'un d’autre – la possession de telles photos est une infraction criminelle.

Mot de passe intercepté

Nous visitons un autre café. Ma dernière requête : Slotboom me montrera ce qu’il ferait s'il voulait réellement me causer du tort. Il me demande d’ouvrir Live.com (site de messagerie Microsoft) et d’entrer un nom d'utilisateur et un mot de passe au hasard. Quelques secondes plus tard, l'information que je viens juste de taper apparaît sur son écran. «J'ai maintenant les détails de connexion de ton compte de messagerie», déclare Slotboom. «Je commencerais par changer le mot de passe de ton compte et je signalerais aux autres comptes que tu utilises que ‘j'ai oublié mon mot de passe’. La plupart des gens utilisent le même compte de messagerie pour tous leurs services. Ces nouveaux mots de passe seront ensuite envoyés à ta boîte de réception, ce qui signifie que je les aurai également à ma disposition.» Nous faisons la même chose avec Facebook : Slotboom peut intercepter le nom de connexion et le mot de passe que je viens d’enregistrer avec une relative facilité.

Un dernier truc : Slotboom détourne mon trafic Internet. Par exemple, si j'essaie d'accéder à la page web de ma banque, il demande à son programme de me réorienter vers une page qui lui appartient : un site cloné qui semble identique à Trusted Site, mais en réalité totalement contrôlé par Slotboom. Les pirates appellent ça usurpation DNS. L’information que j'ai entrée sur le site est a été stockée chez le serveur appartenant à Slotboom. En 20 minutes, il a obtenu les détails de connexion et les mots de passe de mes comptes Live.com, SNS Bank, Facebook et DigiD.

Je ne me connecterai plus jamais à un réseau Wifi non protégé sans prendre les précautions de sécurité nécessaires.

Cet article a paru initialement en néerlandais sur le site journalistique De Correspondent. Tous les noms sont fictifs, à l’exception de Wouter Slotboom. Nous avons traité les données interceptées avec le plus grand soin et elles ont été effacées immédiatement après notre dernière rencontre.

Source (en anglais) : Maybe Better If You Don't Read This Story on Public WiFi
We took a hacker to a café and, in 20 minutes, he knew where everyone else was born, what schools they attended, and the last five things they googled.
https://medium.com/matter/heres-why-public-wifi-is-a-public-health-hazard-dd5b8dcb55e6

Comment se protéger (en anglais) :
https://decorrespondent.nl/1103/How-to-safely-use-a-public-Wi-Fi-network/31096879-74f654ff

9 avril 2017

Cui bono?

«Il est des heures dans l'histoire où celui qui ose dire que 2 et 2 font 4 est puni de mort.» ~ Albert Camus (La Peste, 1947)

Pas à pas vers la dictature

Pour assurer la sécurité de Betsy DeVos, la ministre de l’Éducation, les contribuables américains ont payé 8 millions de dollars en près de huit mois. Peut-être qu’un blindé de la Brink’s coûterait moins cher, la compagnie est experte dans le transport de cash. DeVos n’a de valeur marchande qu’en vertu de la fortune du couple qui pourrait intéresser des kidnappeurs. Selon une source anonyme du Washington Post, de tous les ministres de l’Éducation elle est celle qui a reçu le plus de menaces de mort. Imaginez! Toujours est-il qu’il en coûtera au ministère un million de dollars par mois pendant quatre ans, soit 384 millions de dollars qui devraient être attribués au système d’éducation, tout aussi déglingué que celui de la santé. C’est à la fois ridicule et scandaleux.

The cost of Betsy DeVos’s security detail – nearly $8 million over nearly 8 months
April 7, 2017 https://www.washingtonpost.com/


Cet artéfact de l’élite multimilliardaire n’a aucune expérience en éducation, et les réformes qu’elle préconise n’ont d’autre but que de «faire avancer le royaume de Dieu». Un profil en totale concordance avec Mike Pence et le Club des Bigots de l’administration Trump. Comme disait Napoléon, «la religion existe pour empêcher les pauvres de tuer les riches».

Les fondations DeVos incluent entre autres Focus on the Family, un organisme d’extrême droite reconnu pour être passablement haineux envers les gais. Mais il y a pire encore, si l’on peut dire. 

L'année dernière, The Intercept a présenté un rapport sur la nouvelle entreprise d’Erik Prince, Frontier Services Group, qui est basée à Hong Kong et a des liens étroits avec le gouvernement chinois. Le BuzzFeed d’Aram Roston a également indiqué que Prince «avait proposé des services d’expertise militaire en appui aux objectifs du gouvernement chinois, et l’installation de deux camps d'entraînement de style Blackwater en Chine». Roston disait aussi que l’initiative de Prince «risquait de violer la loi américaine qui interdit l'exportation de services ou d'équipements militaires en Chine.» 
      En janvier dernier, six jours après un meeting aux Seychelles, The Intercept avait rapporté que Prince conseillait officieusement Trump. L'épouse de Prince a publié des photos de lui en train de regarder les résultats de l'élection en compagnie de Trump et de Pence dans leurs quartiers administratifs. Erik Prince a versé au moins 250 000 $ à la campagne de Trump par le biais du Comité d'Action Politique du milliardaire Robert Mercer. La mère de Prince a également contribué généreusement au CAP. La soeur de Prince, Betsy DeVos, maintenant ministre de l'éducation a aussi contribué. «Toute la famille est plutôt dérangeante», a déclaré le représentant Schakowsky, «et maintenant Erik Prince fait partie du cercle intérieur de cette administration qui a le plus d'influence dans le monde.»
~ Jeremy Scahill, The Intercept 
Source :
Rep. Jan Schakowsky Calls for Investigation Into Trump’s Ties to Blackwater Founder Erik Prince 

Je pense que les films de science fiction n’arrivent pas à la cheville de ce que nous risquons de voir... Au sujet des conflits internationaux, voyez «Armes nucléaires : le mensonge du silence»
https://situationplanetaire.blogspot.ca/2017/02/armes-nucleaires-le-mensonge-du-silence.html

Beaucoup de gens ont refusé de croire que Trump pouvait devenir président. La démocratie s’étiole décret après décret, et le choc sera brutal lorsqu’un beau matin les Américains se réveilleront dans une société totalitaire / théocratique. Un stand-up américain disait : “Bush gave us Obama and Trump will give us Jesus”. 

Dans une série d’interviews (en 2006), Margaret Atwood disait :
«Quand les temps sont durs, les gens troquent volontiers leur liberté si quelqu’un leur dit : ‘Je suis un puissant leader et je vais régler vos problèmes’. Si vous vouliez transformer une démocratie en régime totalitaire, vous présenteriez la chose de façon détournée : ‘En vue de préserver votre liberté, vous devrez la sacrifier pour le moment. Pour préserver la liberté, nous devons la supprimer.’»

Ce long préambule avait pour but d’introduire la minisérie américaine The Handmaid's Tale, créée par Bruce Miller, une adaptation du best-seller de Margaret Atwood (1985). Aux États-Unis, elle sera diffusée à partir du 26 avril 2017 sur Hulu; et au Canada sur Bravo.ca et CraveTV4 à compter du 30 avril.

Cette série mérite de devenir «virale» car elle agite quantité de drapeaux rouges. Il n’est plus possible de se voiler la face aujourd’hui.

Résumé

The Handmaid's Tale raconte la vie des Servantes dans la République de Giléad, une société totalitaire installée dans ce qui était autrefois une partie des États-Unis. Face à des catastrophes écologiques et à une natalité en déclin, Giléad est gouverné par un régime fondamentaliste tordu qui traite les femmes comme des biens de l'état. Étant l'une des rares femmes fécondes, Offred vit dans la maison d’un Commandant et son rôle est d’être mère porteuse. Un service obligatoire afin de repeupler un monde dévasté. Dans cette société terrifiante où un mot de travers peut mettre fin à sa vie – où n'importe qui peut être un espion de Giléad – Offred navigue entre les commandants et leurs cruelles épouses, les domestiques et les autres servantes comme elle, avec un seul but en tête : survivre et retrouver sa fille qu’on lui a arrachée.

http://www.bravo.ca/Shows/TheHandmaidsTale

Theocratic state… in The Handmaid’s Tale, a Christian sect called the Sons of Jacob take over. (Photo: Hulu, 2017)

Dans le conte d’Atwood, les hommes occupent toutes les positions du pouvoir. Les femmes ont été démises de leur statut de citoyenne à part entière. Le gouvernement impose des tenues vestimentaires de couleurs spécifiques identifiant les différentes castes des femmes catégorisées selon leur fonction : les Épouses (femmes légitimes des Commandants, en bleu), les Marthas (domestiques, en vert terne), les Servantes (mères porteuses, en rouge) et les Tantes (surveillantes, en marron ou gris). Il s’agit d’un monde hostile et répressif où la lecture et la communication écrite sont proscrites. De même que l’amour et l’empathie. Cependant on prend soin d’encourager la haine, la jalousie, la méfiance, la compétition, la trahison, la délation, etc.

High Commander Fred Waterford (Photo: Hulu, 2017)

Les parallèles entre la République de Giléad et la République de Trump sont troublants...

“Margaret Atwood wrote this book so long ago that it feels like she was quite psychic. It’s so prophetic. Even in our scripts, it’s like the things that we say are bizarrely simultaneous with Trump. It just makes me think of Melania. It makes me think of every reactionary shot we’ve seen in the news and how the position [of the woman] is so, always completely in support of the president.” ~ Ane Crabtree (costume designer for The Handmaid’s Tale; Hollywood Reporter)

L’administration Trump a considérablement restreint les droits des femmes (notamment le droit à l’avortement, c.-à-d., le choix d’avoir un enfant ou non). Récemment, Trump a demandé aux employées de la Maison Blanche de s’habiller  «comme des femmes». Que signifie s’habiller comme une femme?! Porter un déguisement à la Melania/Ivanka?


Ce président admet ouvertement avoir agressé sexuellement des femmes.
Note - mardi 11 avril 2017: La Trump Organization abandonne le mannequinat -- Trump Model Management. L'activité de mannequinat passait pour l'une des activités chères au milliardaire devenu président.

Serena Joy, l’épouse infertile de Fred Waterford (Photo: Hulu, 2017)

«Ce qui rend The Handmaid’s Tale si terrifiant, c'est que tout ce qui arrive est plausible. Atwood avait l’œil terriblement prémonitoire sur la façon dont un état comme Giléad pourrait en venir à exister : «… après la catastrophe, lorsqu'ils ont tiré sur le président et mitraillé le Congrès, l'armée a déclaré l'état d'urgence. … Les journaux ont été censurés et d’autres fermés, pour des raisons de sécurité, disait-on. Les barrages routiers ont commencé à apparaître, ainsi que les Identipasses. Tout le monde approuvait puisqu'il était évident qu’on ne pouvait pas être trop prudent.» Ensuite, les comptes bancaires des femmes furent gelés, fermés, et elles furent forcées de quitter leur emploi. Cela se fait étape par étape.»
~ Naomi Alderman, écrivaine (The Guardian, March 25, 2017)

Le Code civil patriarcal de Napoléon  

L’Empire masculin – Avec la mise en place du règne de la Vertu par la Terreur, la femme est renvoyée dans l’espace domestique, seul domaine où on la tolère désormais. Déjà présente dans les esprits, l’inégalité homme-femme devient officielle avec l’arrivée de Bonaparte et la rédaction du Code civil : «la femme […] est la propriété [de son mari] comme l’arbre fruitier est celle du jardinier» (1804). Difficile d’être plus clair!
     Dans le même temps, on multiplie les exigences pour rendre pratiquement impossible le divorce. Le mariage et les enfants, il n’y a que ça de vrai! (Hérodote.net) 
     Après son divorce d’avec Joséphine, Napoléon s’était exclamé : «Je veux un ventre!». 
     Napoléon a supprimé bon nombre d’acquis révolutionnaires. Tout d’abord, les cultes révolutionnaires sont abolis. Les libertés d’expression, de réunion, de circulation et de presse sont supprimées au profit d’un État autoritaire et d’une surveillance accrue de la population, orchestrée par Fouché. L’égalité proclamée dans le Code civil n’est pas respectée : la femme dépend de son mari; les patrons ont un très grand pouvoir sur les ouvriers, le livret ouvrier les réduisant à être des quasi-serfs; l’esclavage est rétabli dans les colonies; les fonctionnaires sont privilégiés en matière de Justice… Ensuite, l’instauration de préfets équivalents aux intendants, d’un conseil d’État équivalent au conseil du roi, d’une nouvelle noblesse basée sur la notabilité, les faux plébiscites organisés (des votes sont inventés, il n’y a pas de secret de vote, on ratifie un fait déjà accompli…) font redouter le pire aux jacobins. (Wikipédia)

Dans un article publié dans le New York Times, Margaret Atwood explique ce que signifie ‘The Handmaid’s Tale’ à l’ère de Trump.

Quelques passages.

«Étant née en 1939 je fus amenée à prendre conscience de la Seconde Guerre mondiale, et du fait que l’ordre établi pouvait basculer du jour au lendemain. Le changement pouvait être aussi rapide que l’éclair. L’on ne pouvait pas compter sur ‘ça ne peut pas arriver ici’ : n’importe quoi pouvait arriver n’importe où. 
     »Je voulais un conte dont les événements étaient plausibles. Chaque événement relaté dans le roman devait avoir déjà existé dans ce que James Joyce appelait le «cauchemar» de l’histoire, et les technologies devaient déjà être utilisées en 1984. Aucun appareil imaginaire, aucune loi imaginaire, aucune atrocité imaginaire. On dit que Dieu est dans les détails. Le Diable aussi. 
     »En 1984, les prémisses de base semblaient inacceptables – même à moi! Arriverais-je à persuader les lecteurs qu’un coup d’état s’était produit aux États-Unis et que leur démocratie libérale s’était transformée en dictature théocratique? Dans le roman, la Constitution et le Congrès n’existent plus. La République de Giléad s’édifie sur les croyances puritaines du 17e siècle, rencognées derrière une Amérique qu’on croyait moderne. L’histoire se déroule à Cambridge, Mass., foyer de l’université Harvard, maintenant une institution réputée pour son système d’éducation libéral mais qui fut autrefois un séminaire de théologie puritaine. Les Services secrets de Giléad occupent la Bibliothèque Widener – où j’ai passé des heures à faire des recherches sur mes ancêtres de la Nouvelle-Angleterre et les procès des sorcières de Salem. Certaines personnes seraient-elles offensées que le Mur de Harvard serve à suspendre les corps des exécutés? (C’est déjà arrivé.) 
     »Sous les régimes totalitaires – ou en réalité, dans n’importe quelle société fortement hiérarchisée – la classe dirigeante monopolise tout ce qui a de la valeur. Ainsi, l’élite du régime s’arrange pour avoir des femmes fertiles comme servantes. On s’inspire du Jacob de la Bible : deux épouses, Rachel et Léa, et leurs deux servantes. Un homme, quatre femmes, 12 fils – mais les servantes ne peuvent pas réclamer leurs fils; ils appartiennent aux épouses légitimes. Ainsi va l’histoire. 
     »S’il n’y avait pas de femmes capables de donner naissance, les populations humaines disparaîtraient. C’est pourquoi le meurtre et le viol des femmes, des fillettes et des enfants font si souvent partie des guerres génocidaires et des campagnes visant à soumettre et exploiter une population. ... Le contrôle des femmes et des enfants fait partie de tout régime répressif. Napoléon avec sa «chair à canons», et l’esclavage avec son renouvellement continu de la marchandise humaine s’appliquent ici. À ceux qui promeuvent la procréation forcée, il faudrait demander : cui bono? Qui en profite? Parfois un secteur, parfois un autre. Jamais personne. 
     »Dans le roman, la religion dominante vise le contrôle doctrinal et l’annihilation des religions traditionnelles que nous connaissons. De la même manière que les Bolcheviks avaient détruit les Mencheviks pour éliminer la compétition politique ..., les Catholiques et les Baptistes sont visés et éliminés. Les Quakers se terrent ou se réfugient au Canada. Dans la réalité d’aujourd’hui, des groupes religieux se forment pour protéger les populations persécutées, ainsi que les femmes. 
     »Alors, ce livre n’est pas anti-religion. Il est contre l’utilisation de la religion comme prétexte à la tyrannie, ce qui est une chose entièrement différente. 
     »The Handmaid’s Tale est-il une prédiction? C’est une question qu’on me pose de plus en plus à mesure que les forces à l’intérieur de la société américaine prennent le pouvoir et promulguent des décrets qui concrétisent ce qu’ils entendaient faire, comme en 1984 lorsque j’écrivais ce roman. Non, ce n’est pas une prédiction, parce que prédire l’avenir est impossible. Il y a trop de variables en jeu. En revanche, il est possible d’observer les tendances actuelles, d’extrapoler pour évaluer des milliers de possibilités, d’en choisir une et dire voilà ce qui pourrait arriver si nous suivons celle-là. 
     »À la suite des récentes élections américaines, la peur et l’anxiété prolifèrent. Les libertés civiles de base sont menacées, de même que les nombreux droits que les femmes ont acquis pendant les décennies précédentes, et en réalité, depuis des siècles. Dans ce climat de zizanie, où la haine envers différents groupes semble progresser et écorcher les institutions démocratiques, des extrémistes de tous bords s’expriment. Et, il est certain que des individus (peut-être plusieurs), quelque part, écrivent ce qui se passe tel qu’ils le vivent. Ou, ils s’en souviendront et le raconteront plus tard, s’ils le peuvent. 
     »Leurs messages seront-ils supprimés ou cachés? Seront-ils retrouvés des siècles plus tard dans une vieille maison, derrière un mur? 
     »Espérons que ça n’arrivera pas. J’ai confiance que ça n’arrivera pas.»

Article intégral en anglais, New York Times :
Margaret Atwood on What ‘The Handmaid’s Tale’ Means in the Age of Trump
By MARGARET ATWOOD ǀ March 10, 2017

https://www.nytimes.com/2017/03/10/books/review/margaret-atwood-handmaids-tale-age-of-trump.html?_r=1

Trailer de la minisérie 2017


Scène du film de 1990 – séance de Rédemption/Particicution durant laquelle on pendait soit des Servantes soit de prétendus violeurs qui en réalité étaient souvent des prisonniers politiques.