23 janvier 2011

Éternité, brièveté

Lamartine a sûrement écrit ce poème à la suite d’une puissante «bouffée» d’illumination… hiiiii.  (Voyez la série «Moments d’illumination»)


Eternité de la nature, brièveté de l’homme

Roulez dans vos sentiers de flamme,
Astres, rois de l’immensité !
Insultez, écrasez mon âme
Par votre presque éternité !
Et vous, comètes vagabondes,
Du divin océan des mondes
Débordement prodigieux,
Sortez des limites tracées,
Et révélez d’autres pensées
De celui qui pensa les cieux !

Triomphe, immortelle nature !
A qui la main pleine de jours
Prête des forces sans mesure,
Des temps qui renaissent toujours !
La mort retrempe ta puissance,
Donne, ravis, rends l’existence
A tout ce qui la puise en toi ;
Insecte éclos de ton sourire,
Je nais, je regarde et j’expire,
Marche et ne pense plus à moi !

Vieil océan, dans tes rivages
Flotte comme un ciel écumant,
Plus orageux que les nuages,
Plus lumineux qu’un firmament !
Pendant que les empires naissent,
Grandissent, tombent, disparaissent
Avec leurs générations,
Dresse tes bouillonnantes crêtes,
Bats ta rive! et dis aux tempêtes :
Où sont les nids des nations ?

Toi qui n’es pas lasse d’éclore
Depuis la naissance des jours.
Lève-toi, rayonnante aurore,
Couche-toi, lève-toi toujours!
Réfléchissez ses feux sublimes,
Neiges éclatantes des cimes,
Où le jour descend comme un roi !
Brillez, brillez pour me confondre,
Vous qu’un rayon du jour peut fondre,
Vous subsisterez plus que moi !

Et toi qui t’abaisse et t’élève
Comme la poudre des chemins,
Comme les vagues sûr la grève,
Race innombrable des humains,
Survis au temps qui me consume,
Engloutis-moi dans ton écume,
Je sens moi-même mon néant,
Dans ton sein qu’est-ce qu’une vie ?
Ce qu’est une goutte de pluie
Dans les bassins de l’océan !

Vous mourez pour renaître encore,
Vous fourmillez dans vos sillons !
Un souffle du soir à l’aurore
Renouvelle vos tourbillons!
Une existence évanouie
Ne fait pas baisser d’une vie
Le flot de l’être toujours plein;
Il ne vous manque quand j’expire
Pas plus qu’à l’homme qui respire
Ne manque un souffle de son sein !

Vous allez balayer ma cendre ;
L’homme ou l’insecte en renaîtra !
Mon nom brûlant de se répandre
Dans le nom commun se perdra ;
Il fut! voilà tout! bientôt même
L’oubli couvre ce mot suprême,
Un siècle ou deux l’auront vaincu !
Mais vous ne pouvez, à nature !
Effacer une créature ;
Je meurs! qu’importe ? j’ai vécu !

Dieu m’a vu ! le regard de vie
S’est abaissé sur mon néant,
Votre existence rajeunie
A des siècles, j’eus mon instant !
Mais dans la minute qui passe
L’infini de temps et d’espace
Dans mon regard s’est répété !
Et j’ai vu dans ce point de l’être
La même image m’apparaître
Que vous dans votre immensité !

Distances incommensurables,
Abîmes des monts et des cieux,
Vos mystères inépuisables
Se sont révélés à mes yeux !
J’ai roulé dans mes vœux sublimes
Plus de vagues que tes abîmes
N’en roulent, à mer en courroux !
Et vous, soleils aux yeux de flamme,
Le regard brûlant de mon âme
S’est élevé plus haut que vous !

De l’être universel, unique,
La splendeur dans mon ombre a lui,
Et j’ai bourdonné mon cantique
De joie et d’amour devant lui !
Et sa rayonnante pensée
Dans la mienne s’est retracée,
Et sa parole m’a connu !
Et j’ai monté devant sa face,
Et la nature m’a dit : Passe :
Ton sort est sublime, il t’a vu!

Vivez donc vos jours sans mesure !
Terre et ciel! céleste flambeau !
Montagnes, mers, et toi, nature,
Souris longtemps sur mon tombeau !
Effacé du livre de vie,
Que le néant même m’oublie!
J’admire et ne suis point jaloux !
Ma pensée a vécu d’avance
Et meurt avec une espérance
Plus impérissable que vous !

Alphonse de Lamartine
Harmonies poétiques et religieuses

21 janvier 2011

Infection

Smiling is infectious; you catch it like the flu  
When someone smiled at me today, I started smiling too  
I passed around the corner and someone saw my grin
When he smiled I realized I’d passed it on to him  
I thought about that smile then I realized its worth  
A single smile, just like mine could travel round the earth  
So, if you feel a smile again, don’t leave it undetected
Let’s start and epidemic quick, and get the world infected!
(Author unknown) 


Le sourire authentique est contagieux, tout comme l’amour gratuit;
«ça flotte dans l'air» en quantité illimitée - à nous d'y puiser... 
 

Texte de l'article :

Odd pair proves you can put the CAT before the HORSE

Tigger the cat loves to horse around with his big pal Annie – and play nuzzle the muzzle. Their unusual relationship is the talk of the barnyard at the Victoria, Australia, home of contractor Jack Bellman..

“Tigger is a nasty old cat, who will bite and hiss and scratch, but he just melts around Annie,” says Jack. The paddock pals bonded immediately. The 3-year-old feisty feline loves to jump on the rail fence for a tête-à-tête with 2-year-old Annie.

“They have formed an incredible attachment,” says their owner. Tigger even sleeps in Annie’s food bin. Concludes an amazed Jack; “They are real buddies.”

19 janvier 2011

La tragédie

La fusillade récente chez nos voisins du sud soulève une fois de plus le débat portant sur l’enregistrement des armes à feu, mais aussi un questionnement sur l’influence d’une médiatisation envahissante pouvant inciter aux débordements de violence.

Il y a déjà un bon moment que les recherches en psychologie ont démontré – abondamment – que les humains sont des créatures particulièrement perméables au conditionnement. De vraies éponges… Tout ce que nous apprenons, répétons, copions/collons vient des «autres», de ce réservoir socioculturel de la pensée collective (passé et présent) - tel que je le fais en reproduisant le texte qui suit, emprunté à Joko Beck....

Nous zappons de plus en plus fort…

Et, les médias ne cessent de rabâcher toutes les tragédies planétaires, en boucle, d’heure en heure. Malheureusement, le procédé semble avoir un effet hypnotique ancré dans la peur plus paralysant que mobilisant.

Bien sûr, nous pouvons fermer la radio, la télé et l’Internet, mais les nouvelles tragiques nous parviendront tôt ou tard. Néanmoins, nous éviterons la redondance.

***
Une manière différente d'envisager la tragédie…  

Masques de théâtre; partie d'un haut-relief, Grèce antique

La tragédie (extraits)

Soyez zen … en donnant un sens à chaque acte à chaque instant
Charlotte Joko Beck
Pocket

Voici comment le dictionnaire définit le mot tragédie : «Une œuvre dramatique ou littéraire dont le héros mène un combat auquel il attache une valeur morale mais qui est voué à la catastrophe ou à une profonde déception.» Aux termes de cette définition, la vie a effectivement une dimension tragique, malgré tout le mal que nous nous donnons – en vain – pour essayer de l’oublier. Chacun de nous est le héros de la petite tragédie qu’est sa vie et ressent la dimension morale d’un combat inégal, puisque débouchant forcément sur une défaite, même si nous ne voulons pas nous l’avouer. En dehors des malheureux hasards de la vie qui peuvent nous frapper à tout instant, il y a de toute façon un accident majeur auquel nul ne peut se dérober, en fin de parcours : nous sommes tous condamnés à mort dès le premier instant de la vie. C’est la grande tragédie de la condition humaine que chacun vit comme un drame personnel, passant le plus clair de son temps à tout faire pour éviter l’issue fatale – en vain, bien entendu. En réalité, l’histoire de nos vies est celle de ce combat dérisoire et tragique.

Imaginez que vous habitiez au bord de la mer, dans un endroit où l’on peut nager toute l’année, vu la douceur du climat, mais où l’on est toujours obligé de se méfier, à cause des requins. Si vous êtes malin, vous essayerez de repérer les coins infestés de requins afin de les éviter soigneusement, mais, étant donné les mœurs de ces bêtes-là, vous risquez quand même de vous retrouver nez à nez avec un de ces charmants squales, un jour ou l’autre. Vous n’aurez jamais la certitude d’être tranquilles. Sans compter qu’à part les requins, vous pouvez aussi être emporté par une lame de fond ou un courant contraire. À vrai dire, peut-être pourrez-vous aller nager tous les jours de votre vie sans jamais apercevoir l’ombre d’un requin; n’empêche que la peur de les rencontrer vous aura gâché le plaisir, jour après jour.

De même, nous avons tous des requins qui nous empoisonnent la vie parce que nous nous rongeons les sangs à l’idée qu’ils risquent de nous attaquer. Bien sûr, il est normal et raisonnable de prendre ses précautions pour rester sain et sauf : on prend une mutuelle, on fait vacciner ses enfants et on surveille son cholestérol. Cependant, il y a une erreur qui se glisse dans notre raisonnement. Nous ne nous bornons pas à prendre des précautions raisonnables, nous devenons tellement obsédés par l’idée de risque que nous passons le plus clair de notre temps à essayer de le prévenir ou de l’éviter.

Nous ne sentons pas la différence qu’il y a entre un geste intelligent – prendre ses précautions, raisonnablement – et une préoccupation obsessionnelle – ne plus penser qu’au danger, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. (…)

Il est évident qu’on doit toujours tout tenter pour s’en tirer. En revanche, une fois que le sort en est jeté et qu’on se retrouve suspendu à une liane sans le moindre recours, de deux choses l’une : ou bien l’on gâche son dernier moment de vie en se torturant à l’idée de ce qui va suivre, ou bien on en profite à fond. Et chaque instant de nos vies n’est-il pas le dernier, le seul dont nous disposions? Il n’y en a pas d’autre.

Bien sûr qu’il est raisonnable de prendre soin de soi, physiquement et mentalement; l’ennui, c’est qu’on finit par s’identifier exclusivement à son corps et à son mental. Il y a cependant quelques rares êtres dans l’histoire de l’humanité qui ont su s’identifier aux autres autant qu’à eux-mêmes; et pour eux, la vie a cessé d’être une tragédie, car ils ne se battaient plus contre quoi que ce soit. Lorsqu’on ne fait plus qu’un avec la vie – quelle que soit la forme qu’elle prenne –, la tragédie s’efface car il n’y a plus ni agresseurs, ni lutte, ni héros tragique. (…)

En pratiquant intensément et régulièrement [zazen], on finira par se rendre compte qu’il est absurde de s’identifier complètement et exclusivement à son corps et à son mental. La physique contemporaine montre d’ailleurs bien clairement que tout n’est qu’énergie et que chacun de nous n’est qu’une forme de manifestation de cette énergie unique. Voilà une vérité assez facile à comprendre intellectuellement, mais plus difficile à assimiler au point d’en ressentir la réalité jusque dans la moelle de ses os, jusque dans la moindre de ses cellules.

Lorsqu’on prend ses distances par rapport à cette identification de soi et à son corps et à son mental, on se libère peu à peu de la solidité de cet attachement exclusif, ce qui nous rend beaucoup plus réceptif aux autres. On est capable de partager leur point de vue et leurs préoccupations, même si l’on n’est pas toujours d’accord avec eux. On arrive de mieux en mieux à se mettre dans la peau de l’autre qui cesse d’être perçu comme un adversaire, de sorte que nos rapports sortent de la logique conflictuelle dans laquelle ils étaient enfermés.

Le zen nous aide à démystifier cette identification exclusive de soi à son corps et à son mental. Il nous guérit de cette déformation conceptuelle qu’invente l’ego et qui pervertit toutes nos actions. On se donne l’occasion – trop rare dans nos vies survoltées – de se voir tel que l’on est et de reconnaître l’erreur d’une pensée qui crée l’illusion d’un soi autonome, indépendant du reste de l’existence.

Extraordinairement rusé, l’esprit humain est capable de toutes sortes de tours de passe-passe pour se justifier et il y réussit toujours, tant qu’on joue sur son propre terrain, selon ses règles à lui. Mais lorsqu’on l’attaque avec les armes de la sesshin, la rouerie de ses procédés et de ses manipulations éclate au grand jour et l’on se rend compte de la tension constante à laquelle nous soumet cette grande machine à fabriquer et à entretenir l’ego. Quelle ne sera pas votre surprise en découvrant qu’il n’y a aucune force antagoniste qui vous attaque de l’extérieur, mais que c’est de l’intérieur – de vous-même – que vient la menace et la pression. La seule agression, c’est celle qui est perpétrée par nos pensées, nos envies et notre attachement, eux-mêmes produits de notre identification à cet ego illusoire qui nous gâche la vie en nous isolant des autres et en nous faisant nous replier sur nous-mêmes.

[Si vous persévérez à faire zazen quotidiennement], la pensée illusoire de l’ego fondra comme neige au soleil et, au plus profond de vos ennuis et de vos souffrance, vous découvrirez une qualité d’ouverture, de calme et de joie telle que vous ne l’aviez jamais connue.

Comme beaucoup d’autres avant vous, vous m’objecterez sans doute que tous ces beaux raisonnements ne règlent pas le problème de la mort pour autant. Nul ne peut échapper à l’inévitable, certes, mais nous avons cependant la latitude de profiter à fond du temps qui nous reste avant l’issue fatale. Libre à nous de prendre un plaisir fou à notre baignade en mer avant que les requins ne nous repèrent…

(…) Que vous vous sentiez malheureux comme les pierres, ou que vous nagiez dans la béatitude la plus totale, faites pleinement l’expérience de vos émotions, sans pour autant vous attacher à celles qui sont agréables. Soyez tout ce qui va et vient en vous, sans rien y changer. Vivez chaque instant tel quel et vous ne tarderez pas à découvrir l’erreur de la pensée égocentrique – l’identification de soi à son corps et à son mental.

Comme nous l’avions défini au départ, la tragédie repose sur l’existence d’un héros tragique engagé dans un combat auquel il attribue une valeur morale. Or, rien ne nous oblige à vivre en héros de tragédie et à faire de nos vies une lutte sans fin contre des forces soi-disant extérieures à nous. C’est à cause de la déformation de l’ego que nous nous croyons obligés de nous lancer dans un combat aussi vain que dérisoire et, de toute façon, voué à l’échec. Comme le dit le Soutra du Cœur : «Ni vieillesse ni mort, ni absence de vieillesse et de mort… Ni souffrance, ni absence de souffrance.»

Hors chapitre :
La liberté, c’est l’acceptation du risque. On accepte d’être vulnérable face à la vie, on accepte de vivre ce que chaque instant apporte d’agréable ou de pénible. Il faut être prêt à se donner complètement à la vie. Les difficultés deviennent des occasions de mûrir. Si au lieu de se boucher les yeux, on fait l’expérience directe de la confusion et de la douleur qu’on éprouve, on trouvera la clé de la liberté. Tant qu’on n’aura pas compris ce rapport entre la douleur et la liberté, on continuera de souffrir et à faire souffrir les autres – bien que le joyau de la liberté soit déjà entre nos mains, puisque c’est l’expérience de la vie telle qu’elle est.

Le plus étonnant, c’est que la vie coule de source une fois qu’on sait partager tout ce qu’on a – son temps, ses biens – et surtout, tout ce qu’on est – sa personne. À l’inverse, plus on se referme sur soi-même, et plus on s’étiole et on se dessèche.
(Pour d’autres enseignements, consultez le libellé Joko Beck)

***
COMMENTAIRE

Les masques que nous fait porter l’ego sont autant de tentatives pour nous prémunir contre des requins qui ne sont en réalité que des moulins à vent.

Certaines écoles de pensée décrivent les étapes d’évolution d’un individu ainsi :
1. L’être se libère de la violence physique
2. L’être se libère de la violence verbale
3. L’être se libère de la violence mentale  

***

Mieux vaut mourir incompris que de passer toute sa vie à s’expliquer.
~ William Shakespeare

Little things please little minds.
~ Alice A. Bailey

Think before acting, and intend love before thinking.
~ Michael D. Robbins

17 janvier 2011

Qui commande?


Les intelligences éminentes
Nous perçoivent-elles  
Comme une misérable horde
De zombis en déréliction?  

Substrats de particules
Scellées en créatures fragiles
Qui le temps d’une vie
Déshonorent ou ennoblissent  

Est-ce la matière
Qui corrompt l’esprit?
Est-ce l’esprit
Qui corrompt la matière?

Qui commande aux atomes
D’haïr à ce point  
Que la main
Soit fusils et bombes?

Qui commande aux atomes
D’aimer à ce point  
Que la main
Soit fleurs et baumes?

Qui commande aux atomes
D’haïr à ce point  
Que le pied
Soit char d’assaut?  

Qui commande aux atomes
D’aimer à ce point  
Que le pied
Soit sans empreinte?

Qui commande aux atomes
D’haïr à ce point  
Que la langue
Soit venin de vipère?

Qui commande
D’aimer à ce point  
Que la langue
Soit élixir d’hydromel?

Qui commande aux atomes
D’haïr à ce point  
Que le regard
Soit d’acier et furibond?  

Qui commande aux atomes
D’aimer à ce point  
Que le regard
Soit de velours et affable?

Qui commande aux atomes
D’haïr à ce point
Que le cœur
Se mure de barbelés?

Qui commande aux atomes
D’aimer à ce point
Que le cœur
S’envoile de lumière?

Qui commande?
Qui?

Mestengo © 2011

***
Il semble que nous pouvons apprendre des animaux…

Happy family: Pictured from left to right are Toby, a stray Lakeland dog; Bramble, an orphaned roe deer; Buster, a stray Jack Russell; a dumped rabbit; Sky, an injured barn owl, and Jasmine

Meet Jasmine, the rescue dog who has become a surrogate mother for the 50th time
By Daily Mail Reporter

When Jasmine the abandoned greyhound arrived at a wildlife sanctuary shivering and desperate for food, she needed all the love in the world to nurse her back to full health.
Now it appears the kindness and patience shown to her has rubbed off - for the rescue dog has become a surrogate mother for the 50th time.

Seven-year-old Jasmine is currently caring for tiny Bramble, an 11-week-old roe deer fawn found semi-conscious in a nearby field.

Full story:

16 janvier 2011

Beau et bon dimanche

Un dimanche à 105 ans

Photo ONF

Documentaire hommage d'un arrière-petit-fils à son arrière-grand-mère. L'espace d'un dimanche, l'Acadienne centenaire se prête au jeu du cinéma. Filmée dans son quotidien, Aldéa aborde à sa façon des sujets universels. De la toilette du matin jusqu'au «petit coup» avalé d'un trait avant de se mettre au lit, chaque moment est ponctué d'une boutade inattendue ou d'une réflexion existentielle.

http://www.onf.ca/film/un_dimanche_a_105_ans/?ec=fr20090916 

Réalisation : Daniel Léger (2007)  
Production : Office National du Film du Canada (ONF)
(Avec sous-titrage – l’accent acadien étant difficile à comprendre pour qui n’est pas familier)

COMMENTAIRE :

Vraiment chouette cette centenaire. Pas de canne ni déambulateur! Comme on aimerait être aussi alerte et avoir le même sens de l’humour à son âge… si l’on s’y rend. Je crois que pour faire autant de kilométrage, il faut beaucoup aimer et être aimé!

ONF – un site à visiter notamment pour ses documentaires de grande qualité :

15 janvier 2011

Less bombs, more art supplies!

En relisant «Aux arbres» de Victor Hugo, je me disais qu’à son époque, il devait y avoir plus d’arbres que d’humains sur la planète. De nos jours c’est l’inverse, et même en roulant des milliers de kilomètres on ne trouve plus guère de grandes forêts encore debout.
 
Rosier sous les arbres; Gustav Klimt, 1905

Forêt enchantée
 
De l’autre côté du voile
Immortel, je vis, je bouge
Tout vibrant de lumière
D’une dimension sans commune mesure 

De l’autre côté du voile
Mes oiseaux touchent les constellations
Aucune tempête n’altère
L’explosion de joie, l’étrange liberté

De l’autre côté du voile
Je suis orange, rose, bleu, émeraude ou or
Je prends la teinte et la texture
De celle qui me crée

De l’autre côté du voile
Je suis volutes fleuries, halos délicats 
Sourire tranquille et 
Vision élégante de l’âme

Mestengo © 2004
 
L'arbre rouge; Piet Mondrian, 1909

14 janvier 2011

Du fond du coeur


Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! - vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le cœur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’œil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, - je vous atteste, ô bois aimés du ciel! -
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon cœur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.

Victor Hugo

***
À Aurore

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George Sand

13 janvier 2011

Les transitions

Ah, la croisée de chemins… quand ce n’est pas littéralement un cul-de-sac!

J’en suis là, et l’introspection s’impose si je veux choisir lucidement. Même si ce n’est pas mon premier bilan, je doute encore de mon objectivité et j’étais même tentée d’esquiver l'exercice. Mais ce matin, la petite lumière intérieure me suggérait de relire «À chacun sa mission» de Jean Monbourquette. «Bonne idée» me suis-je dit; je ne me souvenais même pas que j’avais ce livre.

Je partage l’introduction au cas où certains lecteurs seraient également tiraillés entre des choix plus ou moins satisfaisants. Cet ouvrage simple et pratique, qui s’appuie sur des résultats obtenus en ateliers, peut faciliter bilan, tamisage et clarification de buts durant l’entre-deux.

Introduction (extraits)

À qui s’adresse ce livre?
...Le principal objectif de cet ouvrage est d’accompagner les personnes aux prises avec les transitions de la vie, qu’elles aient été voulues ou imposées. Des transitions, nous sommes tous appelés à en vivre, tôt ou tard. Or, beaucoup les vivent sans s’y être préparés ou sans y avoir été initiés : jeunes adultes restés adolescents, adultes confrontés au mitan de leur vie, parents arrivés à l’étape du «nid vide», retraités volontaires ou obligés, personnes âgées voyant déjà venir leur fin prochaine. Dans ces périodes charnières annonçant un changement dans leur vie, tous se posent d’une façon aiguë la question de leur identité, de la signification de leur existence et de leur avenir.

D’autres transitions sont provoquées par des événements imprévus. En écrivant ce livre, je pense d’une manière spéciale aux personnes qui ont subi de lourdes pertes : brisure d’une relation signifiante, décès d’un être cher, chômage, mise à la retraite, perte de croyances spirituelles significatives, non-actualisation de leur potentiel ou tout simplement absence de raisons de vivre. Je pense aussi à certains lecteurs en pleine crise existentielle, insatisfaits des motivations qui jusque-là les faisaient vivre; aux personnes coincées dans un scénario de vie qui ne leur convient plus; à d’autres éprouvant un ras-le-bol continuel ou un ennui indéfinissable; à tous ceux, enfin, qui ont l’impression d’avoir manqué le bateau de leur vie.

L’orientation de cet ouvrage
Avant le travail d’écriture proprement dit, le contenu de cet ouvrage a été expérimenté auprès de cinq groupes de jeunes et d’adultes rendus au mitan de leur vie. (…) À la fin de la démarche, les participants furent presque unanimes à affirmer qu’ils avaient acquis une meilleure connaissance d’eux-mêmes, de leur mission et de qu’ils désiraient accomplir dans la vie. (…)

Le démarche présentée ici suit, dans ses grandes lignes, le modèle de changement proposé par William Bridges dans Transitions, Making Sense of Life’s Changes. Cet auteur conçoit la vie humaine comme une suite de passages ou de transitions à réaliser selon un thème de croissance à trois temps : le temps du détachement d’une période passée, celui de la «marge» où il est donné à la personne d’approfondir son identité et sa mission et, finalement, celui de la mise en œuvre de sa mission dans le contexte de la communauté.

Certains chapitres se terminent par une série d’exercices pratiques. Le Journal des découvertes de sa mission, placé à la fin de cet ouvrage, permettra au lecteur de compiler les résultats de ses recherches personnelles, de faire la synthèse de ses découvertes et de formuler son projet de vie.

Jean Monbourquette
À chacun sa mission
Découvrir son projet de vie
Novalis, 1999

L’auteur
Jean Monbourquette détient une licence en théologie, une maîtrise en philosophie et une maîtrise en éducation de l’Université d’Ottawa, une maîtrise en psychologie clinique de l’Université de San Francisco et un doctorat en psychologie de l’International College de Los Angeles. Il est l’auteur des best-sellers Aimer, perdre et grandir, Comment pardonner?, Apprivoiser son ombre, et coauteur de Mourir en vie! et de Je suis aimable, je suis capable.


Un être qui semble doté d’une compassion hors du commun…

12 janvier 2011

Moments d’illumination 1

Ces images de la chute El Capitan au Parc National Yosemite en Californie sont exceptionnelles. Elles dépendent de la réunion de deux facteurs précis : fonte de glace et de neige en quantité suffisante pour créer une chute, et soleil.  

Il semble que le phénomène visuel est créé par la réflexion des rayons du soleil atteignant la chute à un angle spécifique. Année après année, les photographes s’arment de patience car les moments propices à la capture de ce phénomène ne se présentent qu’à la fin de février, sur une période de deux semaines. Le lieu est par ailleurs réputé pour l’escalade et le base jump (chute libre, parapente, etc.).  


Or, en voyant ces photos, je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec nos instantanés d’illumination. Cet effleurement accidentel de l’âme provenant d’un autre soleil. On se met à briller, un peu comme cette «chute de feu» lorsque les conditions sont propices. Certains expérimentent une illumination choc d’une ampleur telle qu’ils en restent imprégnés à vie. D’autres illuminent par à-coups. De flash en flash, la lumière fait son chemin.

Ces incidents peuvent dramatiquement modifier notre perception du monde. Néanmoins, une fois «redescendu du Mont Thabor», l’on se rend bien compte qu’il n’y a pas d’illumination ultime, si profonde soit-elle, qu’il n’y a pas de plafond pour ainsi dire.

Dans son ouvrage «Anthologie de l’Extase», Pierre Weil(1) énumère les caractéristiques principales de l’expérience :  

«Des analyses rigoureuses et de nature interculturelle du contenu de témoignages, comme ceux réunis dans ce volume, ont permis d’en brosser un portrait d’ensemble. On pourrait citer, entre autres :
- Le vécu de l’espace comme ouverture de l’être;
- Le vécu d’une lumière intense;
- Le caractère ineffable : il n’y a pas de mots dans notre langage pour en traduire la beauté, la puissance et la nature;
- Le caractère immédiat et soudain : l’expérience «arrive» au moment où l’on s’y attend le moins;
- La dissolution de toute espèce de dualité : sujet-objet, intérieur-extérieur, bien-mal, vrai-faux, sacré-profane, relatif-absolu, etc.;
- La dissolution des trois dimensions du temps et la prise de conscience de leur valeur relative liée au caractère discriminatif de la pensée et de la mémoire;
- L’inexistence d’un moi, self ou ego;
- Des manifestations d’ordre parapsychologique accompagnent le vécu ou se manifestent postérieurement à celui-ci : phénomènes de clairvoyance, télépathie, psychokinésie, rencontre d’êtres en autre dimension, expérience de sortie du corps physique.
     Il convient de faire quelques observations au sujet des manifestations parapsychologiques.
     Bien qu’elles apparaissent souvent pendant ou après les états transpersonnels(2) et constituent l’apanage de nombreux, sinon de tous les mystiques, il ne convient pas de les considérer comme des caractéristiques transpersonnelles. D’une par parce qu’elles impliquent toutes un sujet et un objet, ce qui veut dire qu’elles sont de nature dualiste. D’autre part parce que les phénomènes parapsychologiques apparaissent souvent chez des personnes qui n’ont aucune manifestation d’ordre transpersonnel, et parfois ont une éthique peu recommandable.
     Les grands maîtres n’y prêtent d’ailleurs aucune valeur et recommandent à leurs disciples de passer outre.
     Nous insistons sur ce point car il y a dans le public une grande confusion à ce sujet; on confond le parapsychologique et le transpersonnel.
- Vécus régressifs, vision «comme dans un film» des phases de la vie passée, de la naissance, de la vie intra-utérine, de mémoires ancestrales, réincarnatoires, animales, végétales, minérales, cellulaires, moléculaires, atomiques et sous-atomiques;
- La conviction du vécu de la «réalité» telle qu’elle est;
- Des changements de système de valeurs et de comportement postérieur;
- La perte de la peur de la mort.  

… On peut distinguer deux grandes catégories de témoignages :
- Ceux qui traduisent un vécu authentiquement transpersonnel où il n’existe plus d’ego illusoire et où prédomine l’ouverture de l’espace atemporel de l’Être;
- Ceux où il existe encore un sujet observateur de lumières, couleurs, phénomènes parapsychologiques, etc.

Seule la première catégorie peut être considérée comme authentiquement transpersonnelle, car celle-ci est non duelle. La deuxième catégorie peut être considérée comme pré-transpersonnelle.

Il convient également de distinguer, au niveau transpersonnel, deux types de témoignages : celui d’un vécu sporadique ou expérience transpersonnelle, et celui exprimant une permanence de ce vécu dans la vie quotidienne s’étendant même au rêve et au sommeil. Il s’agit alors d’état transpersonnel qui n’existe que chez des êtres complètement réalisés, ce qui est en fait très rare.

Peut-on d’ailleurs parler d’expérience, dans un état où n’existe plus ni sujet, ni objet, ni relation entre les deux? Notre vocabulaire est pauvre dans ce domaine, ce qui explique l’emploi de métaphores et de symboles qui varient suivant chaque culture et école mystique.

Le vécu transpersonnel est considéré dans le yoga comme un des quatre états de conscience qui sont : l’état d’éveil, de rêve, de sommeil et l’état transpersonnel proprement dit.»    

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Par ailleurs, Pierre Weil mentionne l’ouvrage «La Conscience Cosmique» de Richard Maurice Bucke(3) à titre de référence en matière de recherches :

«Au début du XXe siècle, en 1901, un psychiatre canadien, Richard Maurice Bucke, publie ce qui peut être considéré comme la première analyse de témoignages de ce qu’il appelle la ‘Conscience Cosmique’, titre de son ouvrage devenu un classique depuis dans les milieux du transpersonnel. Il fut lui-même un des premiers contemporains à être passé par une expérience de conscience cosmique dont on trouvera le récit dans cette première partie consacrée aux témoignages de notre époque. Est particulièrement intéressant dans sa contribution le fait qu’il ait prévu que le nombre d’expériences et témoignages irait en augmentant pendant notre vingtième siècle. Voici textuellement ce qu’il en dit :
…des cas de conscience cosmique sont en gros cinq fois plus fréquents que ce qu’ils étaient il y a, disons, mille ans. Cela ne veut pas dire qu’ils deviennent plus fréquents exactement dans cette proportion. Il doit y avoir eu un grand nombre de cas dans les derniers deux mille cinq cents ans, dont la mémoire est complètement perdue. Mais il semble à peu près certain que ces personnes sont plus nombreuses dans le monde moderne qu’elles ne l’étaient dans l’ancien. Ce fait, mis en rapport avec la théorie générale de l’évolution psychique […], tend à confirmer de loin la conclusion suivant laquelle de même que, il y a longtemps, la conscience de soi est apparue chez les meilleurs spécimens de notre race ancestrale à sa phase primordiale, et devint progressivement de plus en plus universelle tout en apparaissant dans l’individu de plus en plus tôt. Maintenant elle apparaît en moyenne aux alentours de trois ans. La conscience cosmique deviendra de plus en plus universelle jusqu’à ce que la race entière possède cette faculté. La même race et pas la même, car la race de la conscience cosmique ne sera pas la race qui existe aujourd’hui, de la même façon que la race d’aujourd’hui n’est pas la même que la race qui existait avant l’évolution de la conscience individuelle. La simple vérité, c’est que pendant des millénaires, au milieu de la foule des êtres ordinaires, est ‘apparu par intervalles’ le commencement encore bien faible d’une nouvelle race; marchant sur la terre et respirant avec nous et en même temps cheminant sur une autre terre et respirant un air différent dont nous ne connaissons que très peu ou rien du tout, mais qui constitue, en fin de compte notre vie spirituelle, tout comme son absence serait notre mort spirituelle. Cette nouvelle race est en train d’être engendrée de nous-mêmes, et dans un futur prochain occupera et possédera la terre.  

En fait, tout nous indique que la prévision de Bucke est en pleine réalisation. Le nombre de personnes qui entrent dans un état transpersonnel augmente énormément comme le montrent des enquêtes réalisées aux États-Unis.

Les textes de témoignages que nous présentons dans ce chapitre proviennent de sources occidentales, mais leurs auteurs sont souvent engagés dans une voie traditionnelle, ont pratiqué ou pratiquent une religion; d’autres, par contre, sont agnostiques et ont été pris de surprise par l’expérience, sans qu’aucune cause puisse être invoquée, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’existe pas.»  

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(1) Pierre Weil est docteur en psychologie. Élève de Piéron, Wallon, Piaget et A. Rey, il a commencé sa carrière universitaire par des recherches sur les aspects psychologiques de l’émotivité. Il fut président de la Cité de la paix à Brasilia et cofondateur de Holos Transnational (association holistique internationale) et de l’Université holistique internationale. Il est l’auteur de nombreux ouvrages traduits en plusieurs langues, notamment «L’homme sans frontières», «Répression et libération sexuelles»… Anthologie de l’Extase est un recueil de témoignages anciens et modernes; publié chez Albin Michel, 1989; 152 pages

(2) Le transpersonnel : Lorsqu’un jour du troisième millénaire on se posera la question de savoir qu’elle fut la découverte la plus importante du XXe siècle, la réponse ne sera sans doute pas la force atomique ni celle des univers parallèles, mais celle de l’état transpersonnel de la conscience ou conscience cosmique. Cette dernière découverte constitue aujourd’hui le point de rencontre et de convergence entre la physique moderne et la psychologie, rencontre assez inattendue, si l’on tient compte de la distance qui semblait séparer ces deux disciplines; pourtant les états mystiques et les vues des grandes traditions spirituelles de l’humanité ont attiré l’attention de nombreux physiciens.

(3) Né au Canada en 1837, Richard Maurice Bucke a fait ses études à l’Université McGill de Montréal, et a occupé plusieurs postes de prestige dans le cadre de sa profession de psychiatre. Il a œuvré principalement en Ontario, sa province d’origine. Le philosophe-mystique illuminé était un ami intime de Walt Whitman, et fréquenta aussi Carpenter, Thoreau et bien d’autres. Il a écrit plusieurs livres, notamment sur Walt Whitman qu’il admirait profondément et dont il fut «exécuteur littéraire». La Conscience Cosmique est le résultat de son illumination personnelle. La valeur de La Conscience Cosmique tient autant à son aspect mystique qu’à son aspect scientifique, et tout véritable chercheur de connaissance ne peut qu’y trouver de quoi nourrir sa quête. Peu après la publication de Cosmic Consciousness, l’auteur quittait ce monde. Mission accomplie.

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COMMENTAIRE 

Si cette Conscience Cosmique venait à se répandre chez le plus grand nombre, ce ne serait peut-être pas un luxe que de créer des véhicules d’expression mieux adaptés à cette fréquence au lieu de continuer à évoluer dans des gabarits antédiluviens. Et je ne fais pas allusion ici à des clones ou robots humanoïdes concoctés en laboratoire. Oh que non, ce serait régrresser! Je pense plutôt à des êtres de densité moindre, capables d'absorber plus de lumière...

Quoiqu’il en soit, qu’on ait vécu des micros ou macros épisodes d’illumination, ces livres constituent une source d’inspiration et d’aspiration d’une grande richesse.

Billet suivant : quelques témoignages.